
Un projet immobilier engagé en 2024 ne se pilote pas avec les repères de 2022. Les taux de crédit ont fortement augmenté depuis deux ans, le volume de transactions a reculé à l’échelle nationale, et plusieurs dispositifs fiscaux ont été remaniés ou remplacés. Comprendre ces mécanismes permet de calibrer un achat, un investissement locatif ou une rénovation sans subir le calendrier du marché.
Diagnostic de performance énergétique et valeur du bien immobilier
Le DPE pèse désormais directement sur le prix de vente. Les logements classés F ou G, souvent qualifiés de passoires thermiques, subissent une décote à la revente parce que les banques intègrent le coût des travaux de rénovation dans leur analyse de solvabilité.
Lire également : Les dernières tendances à connaître pour réussir dans le monde du business en ligne
Pour un acheteur, cette contrainte ouvre un levier de négociation. Un bien mal classé dans une ville comme Bordeaux ou Saint-Étienne peut s’acquérir avec une marge de prix significative, à condition de budgéter précisément les travaux de rénovation énergétique avant la signature du compromis.
Côté vendeur, réaliser un audit énergétique avant la mise en vente et engager des travaux ciblés (isolation des combles, remplacement du système de chauffage) permet de remonter d’une ou deux classes. Un DPE amélioré avant la vente réduit les délais de transaction et limite les renégociations tardives.
A lire également : Astuces et conseils pratiques pour réussir tous vos travaux de bricolage à la maison
Pour ceux qui souhaitent approfondir les dynamiques du secteur, découvrir l’immobilier sur Maison Créa offre un panorama utile des typologies de projets, de l’achat résidentiel à l’investissement locatif.

Montage financier en 2024 : PTZ élargi et dispositif Jeanbrun
Le Prêt à Taux Zéro a été élargi en 2025 pour financer jusqu’à 50 % du coût global d’acquisition selon les revenus, la composition du foyer et la localisation. Pour un projet lancé dès 2024, anticiper cette évolution dans le plan de financement change la structure du crédit : la part empruntée à taux zéro réduit mécaniquement le coût total des intérêts sur la durée du prêt.
Le dispositif Jeanbrun pour l’investissement locatif
Créé par la loi de finances 2026 et en vigueur depuis le 21 février 2026, le dispositif Jeanbrun permet aux bailleurs privés d’amortir 80 % du prix d’acquisition d’un logement neuf ou rénové. L’engagement porte sur une location nue d’au moins neuf ans, et le mécanisme s’applique sans zonage jusqu’au 31 décembre 2028.
Cette absence de zonage constitue la vraie rupture par rapport aux anciens dispositifs type Pinel, qui concentraient les avantages sur les zones tendues. Un investisseur peut désormais cibler des villes moyennes en France (Limoges, Pau, Perpignan) où les rendements locatifs bruts restent supérieurs à ceux des grandes métropoles.
Trois critères à vérifier avant de s’engager dans un montage Jeanbrun :
- Le bien doit être neuf ou avoir fait l’objet d’une rénovation lourde attestée par un professionnel certifié
- La durée d’engagement de neuf ans est ferme, une revente anticipée entraîne la reprise de l’avantage fiscal
- Le loyer pratiqué doit rester dans les plafonds fixés par décret, même en l’absence de zonage géographique
Reprise du marché du neuf : calendrier et stratégie d’achat en VEFA
Après la contraction de 2023-2024, les autorisations de construire ont augmenté de près de 20 % en 2025, et les mises en vente de logements neufs de près de 10 %. Les livraisons de programmes neufs coïncident avec un cycle de reprise, ce qui modifie le rapport de force entre promoteurs et acquéreurs.
Un achat en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) signé en 2024 débouche généralement sur une livraison entre 2026 et 2027. Pendant cette période de construction, les appels de fonds sont échelonnés, ce qui limite la pression de trésorerie par rapport à un achat dans l’ancien avec travaux immédiats.
Points de vigilance sur les programmes neufs
L’offre de logements neufs reste concentrée sur certains territoires. Les métropoles où la demande locative est soutenue (Lyon, Bordeaux, Nantes) absorbent les programmes rapidement. Dans d’autres villes, le stock invendu pèse sur les prix et ouvre des marges de négociation avec les promoteurs.
Avant de réserver un lot, vérifiez la garantie financière d’achèvement du promoteur et comparez le prix au mètre carré avec les reventes récentes dans le même quartier. Un écart de prix trop marqué entre le neuf et l’ancien dans un même secteur peut signaler un risque de surévaluation du programme.

Gestion locative et arbitrage entre location nue et meublée
Le choix du régime locatif conditionne la rentabilité nette d’un investissement. La location meublée (LMNP) offre un cadre fiscal qui permet d’amortir le mobilier et le bien, réduisant ainsi le revenu imposable. La location nue, combinée au dispositif Jeanbrun, propose une logique différente centrée sur l’amortissement du prix d’acquisition.
L’arbitrage dépend de trois facteurs :
- La localisation du bien : dans les villes universitaires ou touristiques, la demande en meublé est structurellement forte
- La capacité de gestion : un meublé impose un turnover plus fréquent et une gestion plus active qu’une location nue longue durée
- L’horizon de détention : au-delà de neuf ans, la location nue sous Jeanbrun génère un avantage fiscal cumulé supérieur dans la plupart des configurations
La gestion locative peut être déléguée à un administrateur de biens, mais les frais de gestion (généralement calculés en pourcentage des loyers perçus) doivent être intégrés dès le prévisionnel pour éviter un rendement net décevant.
Le marché immobilier de 2024 récompense les acheteurs qui maîtrisent trois leviers techniques : le DPE comme outil de négociation, le montage financier adapté aux nouveaux dispositifs, et le choix du régime locatif aligné sur la durée de détention. Chacun de ces leviers se prépare avant la première visite, pas après.