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Economie : Ne demandons rien, prenons tout

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Oct 2012 à 20:00

Electrolux sacrifie 400 emplois en France malgré des profits en fortes hausses

Le fabricant suédois d'électroménager a annoncé lundi son intention de fermer une usine de lave-linge à Revin (Ardennes), qui emploie plus de 400 personnes, alors que le bénéfice du groupe a grimpé de 19% au troisième trimestre. La raison : "S'adapter à la baisse de ses ventes en Europe" mais surtout augmenter ses bénéfices.

Le numéro deux mondial du secteur derrière l'américain Whirlpool, qui a fait état d'une hausse, supérieure aux attentes, de son bénéfice d'exploitation du troisième trimestre, a précisé qu'il allait entamer des pourparlers avec les représentants syndicaux de l'usine de Revin (Ardennes) afin de mettre un terme à la production de machines à laver afin pour réduire ses coûts en Europe en raison de conditions de marché difficiles. En d'autres termes, avec un bénéfice qui a grimpé de 19% à 983 millions de couronnes (115 millions d'euros), le groupe d'électroménager suédois, qui dit avoir constaté une "demande faible sur les marchés traditionnels en Europe" préfère sacrifier une usine en France où travaillent plus de 400 personnes pour se concentrer sur les marchés émergents et ainsi augmenter ses bénéfices.

"La demande d'électroménager dans certains des marchés mûrs d'Electrolux a continué à baisser au troisième trimestre par rapport à l'année précédente, tandis que celle sur les marchés émergents a continué à croître", a indiqué le groupe dans un communiqué. "La croissance des ventes a été particulièrement forte en Amérique latine. L'Amérique du Nord et des marchés émergents tels que l'Asie du Sud-Est et la Chine ont également contribué à cette évolution positive du chiffre d'affaires", a expliqué le groupe. En revanche, Electrolux a constaté une "demande faible sur les marchés traditionnels en Europe", où son chiffre d'affaires recule. 

Cette "faiblesse" l'a amené à annoncer son intention de fermer son usine de lave-linge à Revin (Ardennes)bqui emploie 419 personnes. "Une consultation débutera avec les représentants du personnel concernant l'arrêt de la production des lave-linge à chargement par le dessus dans l'usine de Revin (France) et pour chercher des solutions externes afin de réindustrialiser le site", a indiqué Electrolux. L'usine de Revin avait été touchée en 2010 par l'annonce de la délocalisation de la production de Faure, la marque d'entrée de gamme des lave-linge d'Electrolux, vers un autre site du groupe en Pologne. A l'époque les syndicats avaient estimé que cette délocalisation faisait courir le risque d'une fermeture de l'usine sous quelques années.

Cette usine se trouve dans un département déjà durement touché par la désindustrialisation. Revin, bourg industriel de plus de 7 000 habitants, a vu en 2011 la fermeture de l'usine de sanitaires Porcher (groupe Ideal Standard), qui employait 146 personnes.

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Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Oct 2012 à 19:53

Le Front de gauche ne votera pas le budget 2013

Pour les députés du Front de gauche, c'est non. "En l'état actuel, nous ne voterons pas la partie recettes de ce projet de loi de finances, nous prendrons notre décision à l'issue des débats, ce sera un vote contre ou une abstention", a expliqué leur chef de file André Chassaigne ce mardi.

Le député PCF du Puy-de-Dôme et président du groupe Gauche démocrate et républicaine a expliqué lors de sa conférence de presse hebdomadaire que le texte ne taxait pas suffisamment le capital. Les onze députés Front de gauche se sont prononcés contre le nouveau traité budgétaire européen et la loi organique qui le met en oeuvre.

"Le chemin est pris pour trouver des recettes nouvelles mais on estime qu'il ne va pas suffisamment loin. D'autant que les recettes supplémentaires seront mobilisées pour réduire le déficit: elles ne serviront pas le peuple de France mais préserveront les intérêts financiers européens", précise André Chassaigne. Dans l'état actuel du projet de budget, "nous ne voterons pas la partie recettes" et nous déciderons au vu des débats, "si nous nous abstiendrons ou si nous voterons contre" mardi prochain, a précisé M. Chassaigne.

Propositions alternatives

Dans l'Humanité de ce mardi, Nicolas Sansu, député communiste du Cher, explique que le Front de gauche porte d'autres solutions budgétaires et annonce que ses députés proposeront des amendements en ce sens. "La poursuite des politiques d’austérité nous emmène dans le mur, affirme ainsi le maire de Vierzon. Nous portons des propositions budgétaires alternatives pour récupérer les milliards qui s’enfuient dans les paradis fiscaux, qui échappent à l’impôt, afin de relancer la dépense publique et sociale sans toucher aux couches populaires et aux classes moyennes. Nous ferons des amendements car, si on continue comme aujourd’hui, 
la gauche et le pays iront encore plus mal demain.

André Chassaigne a dévoilé le contenu des amendements Front de gauche

  • renforcer la progressivité de l'impôt sur le revenu
  • durcir l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en rétablissant rétablir l'assiette et le taux antérieurs à 2007
  • taxer plus le capital, notamment via une imposition additionnelle des indemnités de départ des dirigeants d'entreprises
  • obtenir "le dégel et la refonte totale du barème avec des tranches supplémentaires allant jusqu'à 70%" concernant l'impôt sur le revenu
  • maintenir, contrairement aux socialistes, un amendement pour intégrer les oeuvres d'art dans le calcul de l'ISF, en étant "ouverts à une forme de modulation en fonction de l'usage des oeuvres d'art"

Radicaux et EELV pour le budget 2013

En revanche le groupe des Radicaux de gauche et celui des écologistes ont confirmé qu'ils voteraient le projet de budget. Le projet de budget prévoit de ramener le déficit public de la France à 3,0% du produit intérieur brut fin 2013 contre 4,5% prévu fin 2012, un non-sens pour 120 économistes qui ont appelé à combattre le spolitiques d'austérité mises en oeuvre par le gouvernement.

Source


Pourquoi le Front de gauche a voté contre le projet de programmation des finances publiques

André Chassaigne, chef de fil du groupe Front de Gauche à l’Assemblée nationale explique et motive les décisions de son groupe parlementaire de voter contre le projet de programmation des finances publiques et de s’abstenir sur le projet de loi de finances lui-même. "Nos votes sont réfléchis. Nous ne sommes pas sur une posture politique. Nous ne sommes pas dans l'opposition mais dans la construction". Les deux projets ont été adoptés par la majorité PS, PRG et Verts en fin d’après-midi ce mardi.

Les députés du Front de gauche se sont abstenus lors du vote sur les recettes du budget 2013 et ont "toutes les raisons de voter contre" le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dans l'état actuel du texte. C’est ce qu’a expliqué ce mardi André Chassaigne. S'ils voteront contre le projet de loi de programmation des finances publiques 2012-2017, les députés du groupe s'abstiendront sur le volet recettes du projet de loi de finances 2013. Ce budget, dans sa première partie, comporte des "avancées extrêmement timides", notamment un début de taxation du capital via une nouvelle fiscalisation des dividendes.
Parmi les "éléments négatifs", il faut citer le refus du dégel du barème et la progressivité insuffisante de l'impôt sur le revenu. Mais aussi le "recul pas acceptable" sur la taxation des plus-values de cessions d'entreprise face à la fronde des "pigeons, ces champions de la plus-value à court terme, au risque de compromettre la mise en œuvre du principe que toute la gauche appelait de ses vœux, à savoir l’alignement de la taxation du capital sur celle du travail."

"Le gouvernement a l’œil rivé sur les 3 %"

Ce mardi à l’Assemblée, avant le vote et pendant les questions au gouvernement, le député PCF Nicolas Sansu a résumé ainsi les profondes réserves du groupe parlementaire : "Il n’est à notre sens pas opportun de s’accrocher à l’objectif de 3% de déficit budgétaire, avec pour conséquence la déprime des dépenses publiques et sociales utiles, et au bout du compte, le risque d’une nouvelle explosion du chômage." 

Autre sujet majeur de mécontentement: le gel de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) au bénéfice des collectivités locales, avant une baisse en 2014 et 2015. "Cela représente une baisse de 6 à 7% des recettes sur deux ans. Les effets seront catastrophiques et se répercuteront soit dans une hausse des impôts locaux, soit dans une baisse des prestations", a-t-il prévenu. "Sans compter de nouvelles réductions d’effectifs dans la fonction publique, 2% en moyenne d’ici 2015".

"Nous n’avons de cesse de tenter de convaincre que c’est la croissance qui nous permettra de réduire nos déficits, et non l’inverse."

Quant au projet de budget de la Sécu, "dans l'état actuel du texte, nous avons toutes les raisons de voter contre". C’est un budget "d'une extrême gravité, sans rupture avec le gouvernement précédent qui fait courir à la catastrophe, en particulier dans les hôpitaux". Il a cependant évoqué quelques "points intéressants" comme le remboursement à 100% des interruptions volontaires de grossesse (IVG), la retraite à 60 ans pour les travailleurs de l'amiante ou la lutte contre les fraudes des employeurs.

Enfin sur le volet dépenses du budget, les députés Front de gauche se prononceront "au cas par cas", décidés par exemple à voter pour le budget de la Justice.

Source

Programmation des finances publiques 2012-2017, explication de vote par André Chassaigne (Front de Gauche)

Programmation des finances publiques 2012-2017 et projet de loi de finances pour 2013. EXPLICATION DE VOTE André Chassaigne, Front de gauche

Nous achevons la discussion du projet de loi de finances pour 2013 dans un contexte économique et social marqué par l’accroissement des difficultés.

Pour la France, le FMI prévoit désormais une croissance économique de 0,1 % cette année contre 0,3 % attendu par le gouvernement, et surtout de 0,4 % seulement en 2013, moitié moins que le chiffre retenu dans le projet de loi de finances que nous examinons.  Dans la note de conjoncture publiée la semaine dernière, les économistes de l’OFCE sont catégoriques : la France n’atteindra pas les 3 % de déficit public en 2013. Au mieux, il s’établira à 3,5%. Selon leurs prévisions, la croissance atteindrait 0,1% en 2012 et 0% en 2013.

Vingt-neuf économistes, interrogés par Reuters, vont dans le même sens, prévoyant de leur côté un déficit à 3,5% pour une croissance de 0,3%.   

Malgré ces prévisions convergentes, vous persistez à vouloir faire revenir les déficits publics sous la barre des 3% l’an prochain. C’est une entreprise dangereuse, car si l’objectif inatteignable doit   être atteint coûte que coûte, ce sera au  prix réajustements brutaux, évalués à plus de 20 milliards d’euros, qui risquent de plonger un peu plus l’économie française dans la récession et, au bout du compte, d’accroître encore l’endettement public, comme le montrent les exemples de l’Italie, de l’Espagne ou encore de la Grèce. 

Nous n’avons de cesse de tenter de vous convaincre que c’est la croissance qui nous permettra de réduire nos déficits, et non l’inverse.  Dans le contexte actuel, marqué par un niveau record du chômage et une situation de l’emploi qui risque encore de se dégrader l’an prochain, nous jugeons déraisonnable de faire de la réduction du poids de la dette l’unique priorité.

C’est pourtant l’orientation prise par le projet de loi de programmation, qui prévoit à cet effet de nouvelles réductions d’effectifs dans la fonction publique, 2% en moyenne d’ici 2015, de nouvelles coupes dans les dépenses de fonctionnement des ministères, 5% d’ici 2015, un quasi-gel des investissements, la réduction des concours de l’Etat aux collectivités locales de 750 millions d’euros par an à compter de l’an prochain…

Les efforts budgétaires consentis sur les missions jugées prioritaires représentent bien sûr une avancée, mais ils restent prisonniers d’une logique étroitement comptable.

Nous retrouvons la même inspiration, la même hantise du déficit, dans votre stratégie fiscale. Si nous nous félicitons de la volonté de mettre à contribution les revenus des contribuables aisés et des grandes entreprises, qui furent les grands bénéficiaires de la gestion calamiteuse de la précédente majorité, rien ne justifiait de maintenir le gel du barème de l’impôt sur le revenu que François Hollande s’était engagé à supprimer et qui va se traduire, malgré la décote, par une augmentation significative de l’imposition de plus de dix millions de nos concitoyens. 

Nous regrettons en outre  que vous soyez demeurés, sur bien des  sujets, au milieu de gué. Sur l’ISF, sur la réforme du barème, sur le taux marginal d’imposition… vous avez reculé enfin devant les protestations des prétendus « pigeons », ces champions de la plus-value à court terme, au risque de compromettre la mise en œuvre du principe que toute la gauche appelait de ses vœux, à savoir l’alignement de la taxation du capital sur celle du travail.

Nous ne pouvons que constater au terme de l’examen de la première partie du PLF, que la véritable révolution fiscale, qui se fixerait pour objectif de combattre les inégalités, de pénaliser la croissance financière des capitaux, de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale, demeure d’actualité.  Vous n’avez pas donné de suite favorable à nos amendements et êtes demeurés, comme l’exprimait notre collègue Nicolas Sansu, « l’œil rivé sur la ligne bleue des 3%. »

Nous voterons en conséquence contre le projet de programmation et exprimons les plus vives réserves sur le projet de loi de finances lui-même. Nous nous abstiendrons sur cette première partie, dans l’attente d’évolutions significatives.

André Chassaigne

Source
Languedoc-Roussillon : explosion des chantiers low-cost

En un an, le nombre de salariés étrangers en situation de détachement employés dans le bâtiment a augmenté de 60 % dans le Languedoc-Roussillon. Une pratique qui masque une dégradation des conditions de travail et un dumping social à l’échelle locale.

Département de l’Hérault, juin 2012. Alertée par la Fédération française du bâtiment (FBB) du Languedoc-Roussillon et la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), l’inspection du travail a mené une campagne de contrôles inopinés de chantiers. Résultat : sur 18 chantiers contrôlés (toutes maîtrises d’ouvrage confondues – public et privé), 14 employaient des salariés en situation de détachement, soit 123 ouvriers sur 387 (30 % des effectifs). « Globalement, les deux tiers des situations de détachement présentaient des irrégularités », rapporte Michel Marty, secrétaire général de la FFB de l’Hérault.

La directive européenne sur le détachement de salariés prévoit qu’une entreprise d’un autre pays de l’Union puisse détacher des salariés sur un chantier dans un autre pays membre. Toutefois, ce détachement doit être déclaré préalablement à l’inspection du travail, et l’entreprise doit respecter la réglementation française du travail, notamment en matière de rémunérations minimales et d’horaires de travail. Ce qui est loin d’être le cas.

« Diverses infractions ou suspicions d’infractions (…) ont été relevées : non-respect ou calcul incorrect des salaires minimaux, non-respect des durées de travail, cas de fausse sous-traitance, prêt de main-d’œuvre, marchandage », énumère la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), qui, à l’échelle de la région, a constaté une augmentation de 60 % par rapport à 2011 des détachements de salariés étrangers. « Cette situation a deux conséquences : d’une part, on constate une détérioration des conditions de travail ; d’autre part, une dégradation des conditions économiques du marché », s’inquiète Michel Marty, qui parle de « dumping social ».

Dans l’Hérault, ce ne sont pas les Polonais ou les Roumains qui affluent, mais les Espagnols et, dans une moindre mesure, les Portugais, embauchés par des entreprises low-cost. « Avec la crise, l’Espagne est en train de se casser la figure, du coup les entreprises ibériques viennent prendre les marchés ici », constate Mario Ferral, responsable départemental de la CGT construction. « Nous sommes situés dans une zone frontalière, ce qui permet plus facilement aux entreprises communautaires de venir concurrencer les entreprises locales avec des prix défiant toute concurrence », renchérit Michel Marty, tout en évoquant le cas d’ouvriers payés le Smic, mais qui « font en réalité 50 à 60 heures par semaine, bien loin des 35 heures réglementaires ». « On sait que des organisations proposent des hommes, avec des contrats de travail irréprochables, mais ces ouvriers travaillent 15 ou 16 heures par jour, six jours d’affilée. Et je ne parle même pas de leurs conditions de vie, lamentables ! Certains vivent à 10 ou 15 dans un deux pièces, quand ils ne dorment pas dans leur bagnole. »

« Il y a un lien entre main-d’œuvre locale et sécurité. Certaines structures négligent les conditions élémentaires de travail », a récemment déclaré Patrick Ceccotti, président de la FFB Languedoc-Roussillon. « Les marchés sont passés dans de telles conditions qu’il y a une prise de risque élevée », corrobore la Direccte. Le bâtiment, qui emploie 58 000 salariés dans la région, voit les conditions de travail se dégrader, confirme l’inspection du travail : « Il y a des risques identifiés sur certains chantiers, faisant courir des risques graves et imminents aux ouvriers. » En 2011, l’unité territoriale de l’Hérault, à la 
Direccte, a recensé une dizaine de morts dans le département. « Ce bilan serait plus lourd si nous n’avions pas arrêté 119 travaux », précise-t-on d’ailleurs.

Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), le secteur du BTP emploie 9 % des salariés du régime général mais représente 18 % des accidents avec arrêts de travail et 30 % des décès. En 2010, 118 décès ont été recensés sur le territoire. Dans l’Hérault, tous les partenaires sont unanimes pour dire qu’il y a un lien entre les chantiers low cost et la dégradation des conditions de travail. « L’an dernier, il y a eu 14 accidents mortels sur la région. On nous dit que les accidents du travail diminuent, mais on sait comment ça se passe : un ouvrier qui se blesse, on le fait travailler dans un bureau ou on le laisse chez lui tout en le pointant sur un chantier. Du coup, on fait baisser les statistiques, et surtout, ça ne fait pas augmenter la cotisation accident du travail de l’entreprise concernée », explique Mario Ferral. À la FFB 34, on se dit aussi conscient que nombre d’accidents sont dissimulés. « Quelqu’un qui se fait sauter un ongle avec un marteau, on l’envoie chez le médecin qui l’arrêtera deux jours. Et au passage, on lui fait comprendre que s’il se déclare en accident du travail on ne fera plus appel à lui », admet Michel Marty, tout en reconnaissant que ces pratiques ont aussi lieu dans des entreprises françaises.

« Les donneurs d’ordres qui rognent sur la sécurité et sous-traitent au 7e ou 8e niveau ont leur part de responsabilité », fulmine Mario Ferral. De l’aveu du secrétaire général de la FFB 34, « l’arsenal juridique » existe : « Toute personne salariée en France doit dépendre du droit français. C’est le Code du travail. Mais le problème, c’est de faire appliquer la loi. » Pour lui, les donneurs d’ordres doivent faire « des choix socio-responsables » et ne « pas aller au moins-disant ». Un peu plus offensif, Mario Ferral regrette qu’on « ne mette pas le paquet sur ces entreprises véreuses, d’autant plus qu’on les connaît ».

En attendant, l’inquiétude est de mise. « Si on ne bouge pas dans les mois à venir, je crains que les entreprises françaises, pour survivre, n’adoptent ces mauvaises pratiques et que ces dysfonctionnements ne deviennent la règle », avoue Michel Marty.

Des mesures anti-dumping à l’échelle de l’UE s’imposent, de même que des contrôles renforcés en France. Mais cela ne dispensera pas les employeurs de l’Hexagone de prendre leurs responsabilités pour améliorer les conditions de travail chez eux.

Repères

L’artisanat du BTP dans l’Hérault, c’est 10 000 entreprises, 
soit 46 % du total de PME dans 
le département. C’est aussi plus de 30 000 actifs et un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros en 2010.

Deux entreprises du BTP sur trois emploient moins de 20 personnes.

129 milliards d’euros, c’est le montant des travaux de bâtiments réalisés en 2010.

Le BTP représente 9 % 
des salariés du régime général, mais 18 % des accidents avec arrêts 
de travail et 30 % des décès. Le coût des accidents du travail représente 5 à 10 % de la masse salariale selon les corps de métier.

Selon l’OPPBTP, l’organisme 
de prévention du bâtiment, 
un décès a lieu sur un chantier 
tous les trois jours.

Alexandra Chaignon

Source

Grève chez Ikea ce week-end  pour la défense des salaires

Plusieurs magasins du géant suédois de l’ameublement ont vu leur fonctionnement 
perturbé, samedi, en raison d’un mouvement 
de grève de salariés à l’appel des syndicats CGT, 
CFDT, FO. Ceux-ci dénoncent notamment une baisse de la prime d’intéressement, la politique salariale et réclament l’embauche de personnels supplémentaires. « La prime d’intéressement est un déclencheur, une goutte d’eau. Cela fait un bout de temps que c’était tendu », avoue Pierre Derez, délégué FO de l’Ikea de Lomme (Nord).

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Compétitivité-emploi, acte II

Le patronat veut ressusciter les accords initiés sous l’ère de Nicolas Sarkozy.

Compétitivité-emploi, le retour. Vendredi, lors de la troisième séance de négociations sur la sécurisation de l’emploi, le Medef a fait un saut dans le passé en reposant sur la table les mêmes propositions que pendant l’ère Sarkozy. ­Patronat (Medef, CGPME, UPA) et syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FO et CFE-CGC) étaient réunis pour discuter du ­chômage partiel et des accords de compétitivité-­emploi, via une modulation du temps de travail ou du ­salaire du personnel. Le patronat a proposé, pour le salarié qui refuse la mise en place du dispositif rebaptisé « maintien dans l’emploi », que la rupture du contrat de travail ne puisse « être imputée à des motifs économiques ou à une faute du salarié ».

Sans le nommer, le patronat ressort du tiroir le licenciement « sui generis », troisième voie pour éviter le coût d’une ­procédure de licenciement ­économique et d’un plan ­social en cas du refus de plus de dix salariés. Sur ce point crucial de la négociation, les syndicats font bloc. Pour Agnès Le Bot, de la CGT, énervée, « le ­Medef a sorti l’artillerie lourde ». ­Patrick Pierron, de la CFDT, dénonce « une provocation, on ne peut nier le motif économique d’une telle rupture ». La séance de jeudi prochain sur les licenciements collectifs s’annonce tout aussi tendue.

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« Nul ne peut invoquer à son profit ses propres turpitudes… »

par Tiennot Grumbach, avocat.

En invoquant ses propres « turpitudes » pour sanctionner un salarié, un employeur se voit imposer le respect de ses obligations.

Mme X. est embauchée le 13 juin 2005 par une société de Blénod-lès-Pont-à-Mousson. Elle bénéficie alors du statut de cadre et d’un régime de forfait-heures fixé à quarante-deux heures. Sept ans plus tard, le 13 juin 2012, son employeur lui fait deux propositions de modification de la durée de son travail de quarante-deux à trente-cinq heures et diminution proportionnelle du salaire. La salariée refuse, par courrier du 23 avril 2012. L’employeur fait la sourde oreille. Il notifie sa décision unilatérale. Mme X ne veut pas se plier à cette décision. Elle l’estime arbitraire. Le patron croit alors pouvoir passer à la vitesse supérieure de son pouvoir disciplinaire. Il sanctionne la salariée. Il lui inflige un avertissement. Elle se rebelle. Elle conteste la sanction devant le juge des référés prud’homal. Elle estime qu’il s’agit d’un abus de droit et d’un trouble manifestement illicite. Elle rappelle à la société qu’elle a été élue suppléante au comité d’entreprise et que, de ce fait, elle bénéficie des protections exorbitantes du droit commun qui assurent la protection statutaire des représentants du personnel. Cela interdit à l’employeur de modifier unilatéralement leurs contrats de travail. Or, dès le 23 avril 2012, Mme X. a fait connaître son refus de l’ultimatum patronal. C’est là que l’affaire devient burlesque.

L’employeur, pour se justifier face au juge, fait soutenir par son avocat que la modification s’est imposée à lui. Il invoque un arrêt de la Cour de cassation. Burlesque ! Cet arrêt est postérieur au contrat initial de Mme X. S’il est vrai qu’il interdit depuis 2006, aux employeurs d’embaucher par des forfaits-heures des cadres autonomes, il ne permet pas aux patrons de camoufler leur pouvoir de direction. En invoquant l’illicéité du contrat qu’il a fait signer à Mme X, la société caricature le droit. Sans barguigner il croit pouvoir mettre à la charge de la salariée une modification dont il a pris seul la décision.

Le juge des référés (1) ne se laisse pas impressionner. Il s’appuie sur le vieil adage du droit romain : « Nul ne peut invoquer à son profit ses propres turpitudes. » Il prononce une ordonnance qui retient que la modification du contrat de travail est unilatérale, du fait du refus par Mme X. de signer un avenant. Par conséquence directe, il constate le trouble manifestement illicite et ordonne à la société d’exécuter de bonne foi le contrat initial. En outre le juge fait interdiction au patron de maintenir ses propositions. Il le condamne à un rappel de salaire conforme au contrat initial. Il prononce une astreinte de 800 euros par jour de retard à compter du 15e jour de la notification de la décision en se réservant son éventuelle liquidation. La société a fait appel. Elle doit toutefois s’exécuter avant que la cour ne statue. À suivre !

(1) CPH Metz. Référé 13 septembre 2012 no 12/00173. Présidence salariée. Laurent Paté, avocat à Metz. Cette décision est consultable sur le site www.loysel.fr

Tiennot Grumbach


Pour en finir avec le coût du travail

 
 
Robert GIL

Il est dans l’air du temps de parler du coût du travail et de la compétitivité, mais le vrai problème ce n’est pas le coût du travail, mais le coût du capital. Regardez les pays autour de nous, en Grèce, en Espagne ou au Portugal, le salaire d’un ouvrier est souvent la moitié de celui d’un ouvrier français, est-ce que ces pays vont mieux ? Non, eux aussi doivent baisser le coût du travail et accepter plus de compétitivité. Renault a délocalisé en Roumanie, parce que le coût du travail était moins élevé et maintenant c’est au Maroc qu’il va produire parce que le coût du travail y est encore moins important ! Alors, jusqu’ou voulez-vous aller ? Allez-vous accepter de travailler pour 10 euros par jour ? Peut-être moins, parce qu’en mettant sans cesse les travailleurs en concurrence ils trouveront toujours moins cher. N’avez-vous pas compris que pour eux le système idéal, c’est l’esclavage ? Leur feuille de route a été expliquée de manière très claire par Friedman, il faut que l’Etat ne s’occupe plus que de la répression, et soit aux services des multinationales et des banques, il faut liquider les services publics, supprimer tout impôt et nous plonger dans la misère.

Les représentants du grand capital et du Medef, pour détourner le problème, mettent en avant les difficultés du petit artisan ou du boulanger confrontés à la compétitivité et au coût du travail. Mais d’une part, le boulanger et l’artisan travaillent dans leur région et ne sont pas concernés par la compétitivité face à la concurrence internationale. D’autre part, lorsque le patronat fait le forcing pour faire voter une loi qui l’avantage, il ne se soucie pas de l’épicier du coin ! Il faut faire une loi cadre générale, et aménager ensuite des modalités d’application pour les différentes catégories d’entreprises. Dans l’agriculture par exemple, on cite le cas du maraîcher qui, avec ses deux ouvriers, a du mal à s’en sortir ; mais dans ce cas-là, ce n’est toujours pas le coût du travail qui est en cause, mais une mauvaise rémunération du fruit de son travail. Les grosses centrales lui achètent le kilo de tomates à 20 centimes et le consommateur le retrouve à 2,50 euros dans les rayons du supermarché ! Si les tomates étaient achetées à leur juste prix, on ne parlerait pas de coût du travail, encore une fois ce qui coûte le plus cher, c’est ce que le capital prend au travail !


On s’aperçoit
que le coût du travail cher est de l’enfumage, L. Parisot, le confirme lorsqu’elle déclare : « les profits des entreprises ne sont pas négociables, seul l’actionnaire peut décider du montant de ses dividendes ». Car pour elle, le salarié n’a aucun droit sur les richesses produites : l’actionnaire est tout, le salarié n’est rien ! Et toujours plus fort, le Medef ne veut pas que l’Etat intervienne dans la gestion des entreprises, par contre il est d’accord pour faire payer les cotisations patronales par la collectivité… c’est beau le système capitaliste !

je vous propose d’imprimer et de distribuer autour de vous le tableau disponible sur le site "Conscience Citoyenne Responsable", qui explique comment augmenter le salaire des salariés sans augmenter ni le coût du produit, ni les cotisations patronales.

http://2ccr.unblog.fr/2012/10/22/en-finir-avec-le-cout-du-tr...

Montebourg%20fait%20vendre%20des%20marinières%20Made%20in%20France



Edité par T 34 - 24 Oct 2012 à 18:28
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Oct 2012 à 18:49

BTP: un prestataire propose des ouvriers polonais pas chers

"Gagnez du temps tout en réduisant vos coûts! Nous disposons pour vous de travailleurs Polonais, compétents et fiables pour réaliser vos chantiers en sous-traitance en France", proclame un site web qui inonde de mails publicitaires tous les porfessionnels du batiment et de la construction.

A l'origine de cette réclame pas banale que nous a transmis un internaute vigilant de l'Humanité.fr (notre contact: poleweb@humanité.fr) , une société nébuleuse domiciliée à Poznan, en Pologne, AAA COMPANIE. Celle-ci a peaufiné le référencement de son site web pour que les moteurs de recherche le retrouvent facilement, en l'appelant explicitement "Ressources humaines BTP". Le contact en France de cette société, délibérément flou, ne propose qu'un numéro de téléphone portable et un nom énigmatique en guise de "chargé de clientèle en France".

Se présentant comme un intermédiaire, cette société polonaise propose ni plus ni moins que du dumping social en mettant à disposition des professionnels de la construction "clé en main", de l'ouvrier de base au chef de chantier. "La Pologne, championne Européenne de la croissance, nous permet de procéder sur le terrain à des tests d'aptitude, de performance et de compétences sur nos propres chantiers de construction. Ainsi nous détachons pour vous du personnel sélectionné", explique la mail publicitaire.

Qui poursuit: "Plus rentable que l'intérim en France, la sous-traitance vous apporte une flexibilité dans la gestion du travail et de votre personnel. Nous mettons à votre disposition des équipes qualifiées, performantes et motivées. Vous êtes déchargé des formalités administratives."

Dumping social orchestré par l'Union européenne

Une récente enquête publiée dans l'Humanité montre que cette mise en concurrence des ouvriers européens et ce dumping social est particulièrement florissant dans la construction en France. L'Union européenne le permet. La directive européenne sur le détachement de salariés prévoit qu’une entreprise d’un autre pays de l’Union puisse détacher des salariés sur un chantier dans un autre pays membre. Toutefois, ce détachement doit être déclaré préalablement à l’inspection du travail, et l’entreprise doit respecter la réglementation française du travail, notamment en matière de rémunérations minimales et d’horaires de travail. Ce qui est loin d’être le cas.

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PSA-GM: les syndicats inquiets pour l'emploi

Légères, floues et inquiétantes pour la préservation de l'emploi. Tels sont les avis des syndicats de PSA Peugeot-Citroën ce mercredi après les annonces de rapprochements de leurs activités faites par les deux groupes automobiles PSA et General Motors.

Sur les quatre projets, qui déboucheront sur des véhicules commercialisés d'ici à la fin de 2016, à part celui attribué à Rennes, "quand on demande qui fera quoi pour la conception, la réalisation, la fabrication, nous n'avons eu aucune réponse", a commenté Bruno Lemerle (délégué CGT) en marge du comité de groupe européen au siège de PSA à Paris.

Après l'officialisation de la décision que la remplaçante de la Citroën C5 serait assemblée à Rennes, Bruno Lemerle a ajouté: "c'est plutôt bon signe et cela signifie que la plate-forme pourra peut-être aussi être utilisée par GM. Mais cette remplaçante n'arrive qu'en 2016 et n'enlève rien aux 1.400 suppressions de postes programmés" sur ce site.

Ces premières annonces depuis l'alliance nouée au printemps avec GM, "c'est assez léger par rapport aux attentes des salariés", a réagi de son côté Ricardo Madeira (CFDT). Christian Lafaye (FO) ne se dit lui pas déçu mais "aimerait que ça aille un peu plus vite et qu'on sorte de cette torpeur".

PSA joue la montre

Pour Xavier Lelasseux (CFDT), PSA "joue la montre". "On avait réussi à gagner du temps sur le plan de sauvegarde de l'emploi (3.000 suppressions de postes à Aulnay-sous-Bois, 1.400 à Rennes, ndlr) en suspendant la procédure le temps de l'expertise réalisée par Secafi, mais PSA va attendre fin décembre pour communiquer sur la répartition des fabrications" des véhicules communs avec GM. Notre travail va consister à reporter les décisions sur le plan social pour que soient prises en compte les retombées de l'alliance sur l'emploi. Notre inquiétude, c'est que les 8.000 suppressions de postes (annoncées en juillet par PSA) ne soient qu'un préambule à l'alliance."

Electrolux veut s’enfuir des Ardennes

Le groupe fait des profits, les salariés de Revin, au cœur de la vallée de la Meuse, ont un projet garantissant la pérennité de leur usine, mais le géant suédois de l’électroménager ne pense qu’à filer à l’anglaise...

Pour les 420 salariés d’Electrolux de Revin (Ardennes), en particulier, et pour cette ville ouvrière au cœur de la vallée de la Meuse, en général, c’est un coup de massue : le groupe suédois a officialisé hier matin son intention de se débarrasser, dans les deux ans, de son site de fabrication de lave-linge. « Une consultation débutera avec les représentants du personnel concernant l’arrêt de la production des lave-linge à chargement par le dessus dans l’usine de Revin (France) et pour chercher des solutions externes afin de réindustrialiser le site », indique la multinationale spécialisée dans l’électroménager dans un communiqué sur ses résultats trimestriels, en hausse de près de 20 % (lire notre encadré). Sur place, les salariés ont immédiatement arrêté le travail. Et mercredi, à Senlis (Oise), ils devraient être nombreux à crier leur colère lors d’un comité central d’entreprise (CCE).

Au nom de l’intersyndicale CFDT-CGT-CGC d’Electrolux à Revin, Lysian Fagis ne décolère pas. Depuis des mois, les syndicalistes travaillaient sur un projet « interne au groupe » qui devait permettre de garantir la survie de leur activité pendant quatre à cinq ans, au moins. Ce plan confidentiel, élaboré avec le cabinet Syndex et présenté fin septembre à la direction d’Electrolux, était, d’après l’intersyndicale, viable et même extrêmement lucratif. Il consistait à fabriquer pour le groupe Electrolux des produits qui sont aujourd’hui vendus par le groupe mais qui ne sont pas produits par lui. « La direction nous dit que notre projet est bon, mais qu’il n’entre pas dans la logique du groupe, confie le syndicaliste CFDT. Mais la stratégie du groupe, c’est quoi ? C’est comme partout, fabriquer dans les pays à bas coût et vendre dans les pays émergents. Mais avec ce qui se passe aujourd’hui, en France, en Europe, à un moment, ça ne pourra plus tenir. Quand tous ces pays émergents se réveilleront, je me demande où tous ces grands groupes iront. Il arrivera un moment où ils iront sur la banquise et ils iront faire fabriquer leurs produits par les phoques… »

l’Emploi bradé, pas les profits

Tout en annonçant son projet d’abandonner son usine de Revin (Ardennes), fragilisée par la délocalisation en Pologne d’une partie de ses productions en 2010, Electrolux a publié lundi 
des résultats supérieurs aux attentes, avec un bénéfice net 
en hausse de 19 % au troisième trimestre, à 983 millions 
de couronnes (115 millions d’euros). Selon le groupe, les ventes sont fortes en Amérique latine, en Amérique du Nord, en Asie du Sud-Est et en Chine, mais la demande serait « faible en Europe ».

Thomas Lemahieu

Les dégâts humains de la stratégie d’Alcatel-Lucent

L’équipementier 
en télécoms 
a annoncé, 
en fin de semaine dernière, un énième plan social, censé supprimer 5 490 postes, dont 1 430 en France. La CGT dénonce les choix stratégiques délétères du groupe.

La série noire se poursuit chez Alcatel-Lucent : suivant son rythme d’un plan social par an, l’équipementier télécoms a annoncé, jeudi, 5 490 nouvelles suppressions de postes dans le monde, dont 1 430 en France, soit 15 % des effectifs, dans le but d’économiser 1,25 milliard d’euros d’ici à la fin de 2013. Le plus gros site du groupe en France, à Vélizy (Yvelines), qui compte 2 700 salariés, fermerait ses portes d’ici à 2014. Et les reclassements promis à Nozay (Essonne) laissent peu d’espoir : « Seul un quart des effectifs de Vélizy pourrait y être reclassé », estime Claude Josserand, délégué central CGT. Confronté à une dégradation de ses résultats sur le premier semestre 2012, le groupe de télécommunications décide une nouvelle fois de tailler dans le vif, essentiellement dans les services administratifs et de support, mais également dans la recherche & développement, d’après la CGT. « Ce sont des calculs de tableurs de financiers qui ne partent pas du tout de la réalité du terrain, des besoins dans les équipes », critique Claude Josserand, qui explique que le fait d’avoir cédé de nombreuses filiales au fil des années, en se concentrant sur des activités de plus en plus limitées, a contribué à nuire aux résultats du groupe. « C’est la même logique mortifère qui frappe dans chaque territoire : les actionnaires veulent continuer à prélever une part de plus en plus importante de la plus-value industrielle pour maintenir leurs profits », a immédiatement dénoncé le PCF, exhortant le gouvernement à adopter des lois pour « stopper les plans de licenciements et garantir un avenir industriel à notre pays ».

Pour se redresser, le groupe table paradoxalement sur la baisse de son chiffre d’affaires. L’objectif : se concentrer sur les clients les plus rentables, à savoir les États-Unis et la Chine, qui comptent un nombre d’opérateurs beaucoup plus restreint et concentrés qu’en Europe. « L’Union européenne est le marché le plus perméable », juge Claude Josserand, qui regrette que la Commission européenne ne suive que le credo du « toujours moins cher pour le client », qui contribue à tirer les coûts à la baisse en ayant recours à des productions extracommunautaires. À l’annonce du plan de suppressions d’emplois, le ministère du Redressement productif a réagi jeudi, assurant la mise en place dans les mois prochains d’un « plan d’action, pour l’ensemble de la filière des équipementiers de télécoms, passant notamment par une relance des investissements des opérateurs dans les réseaux à très haut débit ». Sans attendre ces mesures, les syndicats ont d’ores et déjà décidé de mobiliser : des assemblées générales se sont déjà tenues en vue d’actions cette semaine.

Loan Nguyen

Source
Emploi : la collectivité nationale doit cesser de se faire « pigeonner »
 

Quelque 8 000 suppressions de postes 
chez Peugeot Citroën, 5 122 chez Air France, 900 chez Sanofi, 267 chez Merck Serono, 1 430 chez Alcatel-Lucent… La liste des plans de suppressions d’emplois s’allonge. L’Insee considère qu’au total, en 2012, 
« les pertes d’emplois des secteurs marchands (…) atteindraient (…) 67 000 au second semestre. Le taux de chômage continuerait d’augmenter, et atteindrait 10,6 % à la fin de l’année ». Mais les prévisions de l’institut risquent d’être dépassées par la réalité.

Le gouvernement tente de faire face à cette vague en annonçant 40 000 nouveaux contrats aidés dans le secteur non marchand d’ici à la fin de l’année, qui s’ajouteraient aux 80 000 déjà annoncés en juin. Compte tenu de ceux créés précédemment par la droite, leur nombre dans les secteurs marchands et non marchands devrait s’élever à 500 000 à la fin de l’année.

Le coût de tels dispositifs pour le budget 
de la nation est considérable : plus de 1 milliard d’euros. Il paraît d’autant plus lourd que toutes les études réalisées montrent qu’ils favorisent bien insuffisamment le retour à l’emploi durable.

L’ampleur et la conjonction des suppressions d’emplois risquent de donner le sentiment 
qu’il s’agirait d’un cataclysme quasi naturel, 
une sorte de typhon provoqué par la crise, contre lequel on ne pourrait pas grand-chose, sinon en augmentant encore des aides publiques aux entreprises que la CGT évalue, tous secteurs confondus, à environ 200 milliards d’euros, soit l’équivalent quasiment de la moitié du budget de l’État.

Pour faire refluer les vents contraires, 
la collectivité dispose, en vérité, d’au moins 
trois leviers qui pourraient constituer autant d’armes de dissuasion et d’incitation. 
En premier lieu, l’État, les régions pourraient conditionner leurs aides de manière à infléchir les gestions des entreprises privées en faveur 
de la création d’emplois, de l’innovation et 
de la promotion des qualifications.

Le second levier consisterait à réformer la politique du crédit. Aujourd’hui, les prêts que leur accordent les banques incitent les entreprises à se fixer des objectifs de rentabilité plutôt que d’efficacité. Il s’agirait de transformer la démarche en pratiquant une modulation des taux d’intérêt favorable à l’emploi efficace. Le troisième viserait à mettre de l’huile dans ces dispositifs en permettant aux salariés d’intervenir dans la gestion de leur entreprise.

Bref, à notre sens, la collectivité nationale 
doit cesser de se faire « pigeonner » par 
des dirigeants qui considèrent que l’entreprise se réduit à leur petite personne et qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne sinon 
à leurs actionnaires.

Pierre Ivorra



Edité par T 34 - 24 Oct 2012 à 21:25
Patria socialismo o muerte

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"Nous avons des idées, écoutez-les"

Dans l'Humanité de ce jeudi, des salariés de Petroplus, ArcelorMital, PSA, Rio Tinto et Sanofi interpellent le gouvernement et disent leur refus de l'impuissance politique. Sandrine Caristan, déléguée syndicale CGT Sanofi Montpellier, se dit "pour une nationalisation brutale".

Sandrine Caristan est responsable de laboratoire sur le site de Sanofi Montpellier. À quarante-sept ans, elle en a passé vingt-six dans le groupe. « Aujourd’hui, je suis dans le pôle recherche et développement mais j’ai commencé en bas de l’échelle au laboratoire Choay (Seine-Maritime). Je n’avais alors que le bac en poche. » En 1991, Sanofi rachète le laboratoire et déjà elle se retrouve sous la menace d’un licenciement : « La seule solution c’était la mutation. » Après des cours du soir, elle décroche un DESS de pharmacie industrielle. Une belle ascension pour cette fille d’ouvrier. « Papa était tourneur sur métaux », glisse-t-elle. En 2000, une énième fusion laisse place au dégoût : « C’est là que tout a commencé. Je peux dire que j’ai été fière de travailler pour Sanofi jusqu’à cette date. » Huit ans plus tard, place à la lutte. Elle intègre la CGT (« J’ai ouvert les yeux et compris ce qui se passait ») et est maintenant déléguée syndicale. « Mais je n’ai pas fait tant d’études pour aller manifester dans la rue. Ce n’est pas notre métier ! » Pour elle, c’est un vrai gâchis car tous ces chercheurs seraient bien plus utiles derrière leurs paillasses. Dorénavant, la balle est dans le camp du gouvernement : « On n’attend pas de l’aide mais des choses rapides car c’est maintenant qu’on a besoin d’eux ! »

D’abord, elle s’offusque du fait qu’Arnaud Montebourg soit si sensible aux informations de la direction : « Il reprend leur chiffre des 900 suppressions de postes alors que les syndicats en dénombrent entre 1 500 et 2 500 ! Il faut en plus savoir qu’ils déguisent les licenciements par des départs volontaires. » Ensuite, elle en appelle à une loi sur les suppressions d’emplois boursiers, « et pas sur les licenciements, la nuance est importante », précise-t-elle. « Le PS a la majorité au Sénat, à l’Assemblée et est à l’Élysée. Qu’est-ce qui les empêche de promulguer cette loi sinon les lobbys industriels ? » Sanofi étant en tête du CAC 40, « s’ils lâchent, c’est la porte ouverte car qui pourra empêcher une entreprise française de licencier ? » Et d’ajouter : « Je lutte pour le maintien de nos emplois mais aussi pour des embauches. Ils veulent être innovants, alors qu’ils le prouvent en recrutant des jeunes ! » Avec les 150 millions d’euros de crédit impôt recherche, « c’est comme si le gouvernement payait un salarié sur dix ! Il faut donc qu’il rentre dans le conseil d’administration pour avoir un droit de veto ». Sandrine rappelle d’ailleurs la revendication de l’intersyndicale : « À l’origine Sanofi s’est fait grâce à des fonds publics. Les actionnaires se sont maintenant largement rémunérés depuis. Il faut donc une nationalisation brutale car c’est l’avenir des vaccins et des médicaments qui est en jeu. »

Nicolas Séné

Plan social chez Coca Cola France

170 postes en moins dans le marketing et les équipes commercial. C'est ce qu'a annoncé ce jeudi la direction de Coca Cola Entreprise, qui emploi 2.8000 personnes en France.

Selon la direction, ce plan de suppression de postes annoncé par une porte-parole de l'entreprise à l'AFP, alors qu'un Comité central d'entreprise (CCE) était en cours, qui vient s'ajouter à un autre plan prévoyant de supprimer 29 postes dans la finance, vise à "répondre aux transformations profondes" du marché, avec une hausse du coût des matières premières (principalement le sucre) et un pouvoir d'achat des consommateurs en baisse, afin "d'assurer la sauvegarde de la compétitivité".

La direction souligne qu'"aucun salarié" des cinq usines du groupe en France ne sera concerné", le plan concernant "principalement l'organisation commerciale". Elle s'engage à "mettre en oeuvre un programme d'accompagnement personnalisé pour les salariés qui seraient concernés" en privilégiant les redéploiements internes "pour limiter les licenciements".

Coca-Cola en France repose sur deux entités distinctes, Coca-Cola Entreprise, chargée de l'embouteillage et de la distribution, et Coca-Cola Compagnie, propriétaire des marques, qui fabrique le concentré, et élabore le marketing consommateur.

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"Journée de tous les dangers" pour PSA Aulnay

Les salariés de PSA Aulnay sont mobilisés depuis 8 heures ce matin devant le siège parisien du groupe, où se réunit un CCE extraordinaire. La journée est cruciale, les syndicats réclament la sauvegarde du site mais pour l’instant, seul un projet industriel de 600 emplois est proposé avec l’implantation de la société ID Logistics.

La CGTdu site PSA d’Aunlay-sous-Bois réclame le maintien de tous les emplois et la poursuite de la fabrication des 450 000 C3 qui donnerait du travail à tous les salariés au moins jusqu’à 2016. Mais pour l’instant, la seule proposition faite est un plan industriel bien trop partiel. Six cents postes seraient créés et réservés aux salariés de PSA sur le site d'Aulnay-sous-Bois, après la fermeture de l'usine.  C’est ce que la direction a annoncé aux élus du comité central d'entreprise, réuni jeudi au siège dans le cadre d'un CCE extraordinaire. L'entreprise ID Logistics devrait s'installer sur le site d'Aulnay dès fin 2013 pour un démarrage en 2014. Elle créerait 600 emplois "complètement proposés" aux salariés d'Aulnay, selon une source syndicale.

Une réunion tripartie doit toujours avoir lieu à Bercy à 16 heures, avec le ministre Montebourg. La CGT questionne justement : "Si le projet de la direction passe le matin au CCE, quelle sens à la réunion tripartite ? En tout état de cause, la CGT constate que les appels du Ministre Montebourg à la fin de l’été à la négociation sont restées lettre morte. Encore une fois, la direction de PSA a démontré la valeur de ses paroles quand le PDG, Philippe Varin s’engageait à mettre en place un dialogue social exemplaire."

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En piste contre l’austérité à Air France

Le syndicat CGT lance un mouvement de grève dans tous les secteurs de la compagnie aérienne contre le plan Transform 2015 qui prévoit 5 100 suppressions d’emplois et 20 % d’augmentation de la productivité. 

«Salaires, conditions de travail, emploi, déroulement de carrière, ancienneté, plannings pouvant être changés 72 heures à l’avance sans aucun respect de la vie familiale… c’est la totale », commente David Ricatte, porte-parole du syndicat CGT d’Air France qui appelle, à partir d’aujourd’hui, et jusqu’à lundi, à la grève dans tous les secteurs de l’entreprise contre le « plan d’austérité » imposé par la direction à travers son projet Transform 2015. Le volet « social » de ce plan, annoncé en juin, prévoit 5 100 suppressions d’emplois (10 % des effectifs) d’ici à la fin 2013, et une hausse de la productivité de 20 % d’ici à 2014, à travers une renégociation de tous les accords d’entreprise. « Mais notre colère se tourne aussi vers le gouvernement, qui ne respecte pas son engagement d’abroger la loi Diard (qui impose l’obligation aux grévistes de se déclarer individuellement 48 heures à l’avance – NDLR), et qui reste totalement muet sur l’aérien ! » s’emporte David Ricatte. Du côté d’Air France, l’arsenal antigrève est en place. Si le PDG, Alexandre de Juniac, déclarait hier, sur RTL, que le mouvement serait « peu suivi » et n’entraînerait aucune annulation de vol, seulement des retards, c’est au prix d’un coûteux recours à des partenaires commerciaux, autrement dit des compagnies concurrentes qui vont assurer les vols pour le compte d’Air France. «déplore David Ricatte. Alors que M. Juniac annonce 700 grévistes pour aujourd’hui, la CGT a eu vent d’un millier de formulaires de déclaration de grève déjà retirés parmi le personnel au sol de Roissy, secteur où elle est le mieux implantée.

Le syndicat prévoit un rassemblement samedi matin au terminal F, un autre lundi matin devant le siège d’Air France au Dôme à Roissy, auxquels pourront se joindre l’ensemble des salariés de la plate-forme (ADP, fonctionnaires, sous-traitants et intérimaires), à l’appel de l’union locale CGT, mais aussi d’autres entreprises en lutte comme PSA Aulnay.

Un rouleau compresseur
« La direction se comporte en véritable rouleau compresseur, écrasant sur son passage soixante ans d’histoire sociale », dénonce la CGT dans son tract d’appel à la grève, allusion au statut des salariés d’Air France qui date de 1953. Le plan Transform 2015 vise 2 milliards d’économies par la suppression de 5 122 postes sur 49 300, dont 1 700 départs en retraite et le reste en départs « volontaires », par une augmentation de la productivité dans tous les secteurs, et par le développement de l’activité low cost.

Fanny Doumayrou

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La face noire du "service civique"

On en trouve partout. Dans les collèges et lycées, associations culturelles, centres de loisirs, gendarmerie, tennis club... Depuis deux ans, plus de 
20 000 jeunes, âgés de 16 à 25 ans, ont effectué un service civique. Ce dispositif créé par Martin Hirsh en 2010, du temps où il était le secrétaire d’État aux Solidarités actives de Nicolas Sarkozy, entre doucement dans les mœurs. « Une belle idée que j’entends relancer », a même noté François Hollande, lors de son discours d’investiture. C’est vrai, comment ne pas soupirer d’aise devant une mesure prônant l’engagement citoyen ? Seulement voilà. Derrière le vernis solidaire, on découvre une armée de jeunes volontaires dont le sort ferait bondir n’importe quel inspecteur du travail...

Sur le site www.service-civique.gouv.fr, on apprend que les volontaires, embarqués dans des missions d’intérêt général de six à douze mois, travaillent de 24 heures par semaine jusqu’à 48 heures réparties « au maximum » sur six jours... Seule garantie : le temps de travail des 16-18 ans ne peut excéder 35 heures. La rémunération est un autre moment de bravoure. Le volontaire touche une indemnité financée par l’État de 465,83 euros net par mois, quel que soit le temps de travail. « En clair, ce système déconnecte la durée du travail de la rémunération, c’est ahurissant », analyse Marianne Auxenfans, militante de la FSU.

Comment de telles entorses au droit du travail sont-elles possibles ? Simplement parce que ce dispositif du service civique, né sur les décombres du service militaire, ne relève pas du Code du travail mais du Code du service national. On ne parle pas d’emploi mais de mission, pas de salaire mais d’indemnité. Le volontaire n’a pas officiellement de lien de subordination à l’égard de son employeur et ne signe pas de contrat de travail mais de collaboration. Pour l’employeur, pardon, le recruteur, la venue de volontaires du service civique (VSC) est une bonne nouvelle financière. Sa seule obligation est de leur verser une « prestation nécessaire à leur subsistance, leur équipement, leur hébergement ou leur transport » d’un montant minimum mensuel de 105,96 euros, qui peut être « servie en nature », espèces ou même ticket restaurant.

« Il est tentant, pour une association étranglée par la baisse de ses subventions, une collectivité territoriale prise à la gorge ou un service public saigné par la RGPP, de recourir à des ‘‘embauches’’ de VSC pour assurer certaines missions à prix serré », s’inquiète Marianne Auxenfans. Elle a fait le tour de plusieurs dizaines d’offres parmi les 10 000 sur le site du service civique. Et la tentation est déjà là. Jusqu’à mi-septembre, plus de 80 missions étaient proposées pour de l’accompagnement éducatif des élèves, l’aide aux devoirs, l’animation de foyer socio-éducatif... Des tâches dédiées normalement aux assistants d’éducation. Certaines collectivités recherchent des volontaires pour faire tourner leur « plate-forme téléphonique de suivi des élèves décrocheurs » ou encore pour aider à la formation des enseignants sur le numérique. Des annonces ont même été déposées par la Protection judiciaire de la jeunesse pour intervenir auprès de mineurs en danger ou délinquants...

Sous couvert d’appel à la citoyenneté, beaucoup semblent être utilisés pour palier à moindre frais le manque de personnel statutaire. La définition de leur mission est assez floue pour le permettre : « L’action des volontaires en service civique ne doit pas se substituer à l’action des professionnels mais la compléter », peut-on lire sur le site. Avouons que la frontière entre substituer et compléter peut être ténue... Victor, lui, a été recruté pour organiser et animer des « soirées associatives et intergénérationnelles ». « À la base, je devais être encadré par un tuteur, mais dès le premier jour, j’étais tout seul. Et je me suis vite rendu compte que ma mission n’était pas une simple action citoyenne. Il fallait un certain niveau dans le management et, comme par hasard, je suis titulaire d’un BTS de management commercial... » Le jeune homme a rencontré de nombreux autres VSC. « La plupart étaient diplômés du supérieur et pas mal avaient, au final, le sentiment de s’être fait exploiter... »

Pour Marianne Auxenfans, « une politique qui envisage sans sourciller de sortir une partie des travailleurs du bénéfice du Code du travail n’est tout simplement pas acceptable et doit être fermement recadrée ». Il y a urgence. Le gouvernement veut amplifier le mouvement et vise les 100 000 jeunes en service civique par an dès de 2014.

Des jeunes bossant jusqu’à 48 heures par semaine, six jours sur sept pour 600 euros mensuels, le tout hors du Code 
du travail... Derrière le vernis solidaire, le dispositif de Martin Hirsh crée surtout une nouvelle main-d’œuvre précaire.

Laurent Mouloud

« le gouvernement doit nous entendre »

Yannick Bacaria, syndicaliste CGT 
à l’usine savoyarde de Rio Tinto Alcan.

À la mi-mars, devant une assemblée d’ouvriers de l’usine d’aluminium Rio Tinto Alcan de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), menacée par l’insatiable appétit des actionnaires (ils réclament une marge opérationnelle de 40 %), Arnaud Montebourg donne le meilleur de lui-même : « Nous allons au-devant d’une confrontation avec ces grands groupes financiers qui ne sont intéressés que par la rentabilité financière. Rio Tinto ne pourra pas fermer ce site car il s’exposerait à une sanction de la loi et à une reprise sous forme d’expropriation que nous ferons voter. » Six mois plus tard presque jour pour jour, à la mi-octobre, le projet de loi a été retiré de la circulation et la direction du groupe a annoncé officiellement aux représentants du personnel son intention de céder l’usine ou de la fermer. Devenu ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg « prend acte, fait-il savoir, du processus de recherche de repreneur initié par Rio Tinto Alcan ».

« On a l’impression que Rio Tinto Alcan et Arnaud Montebourg font leur sauce dans notre dos, témoigne Yannick Bacaria, syndicaliste CGT sur place. On nous dit qu’il y a quelques repreneurs, mais les syndicats sont complètement tenus à l’écart. Déjà que tout ce qui avait été promis avant les élections paraît oublié : les licenciements boursiers, par exemple, on n’en entend plus parler ! »

Or, pour sauver la dernière usine d’aluminium dans l’un des berceaux de cette industrie, « l’État a les cartes en main », veut croire Yannick Bacaria. « Il faut développer nos atouts, mais pour ça, il faudrait un peu écouter les professionnels comme nous, incite encore le syndicaliste. Dans des industries électro-intensives comme les nôtres, on nous dit toujours que, grâce au nucléaire, le coût de l’énergie est un atout pour la France. Mais ce n’est plus vrai car le processus de libéralisation à l’échelle européenne conduit à augmenter les tarifs au nom de la libre concurrence. En l’état actuel des choses, je dirais même que nous sommes doublement pénalisés : non seulement les prix augmentent pour nous, mais en plus, pendant ce temps-là, l’Allemagne, qui produit son électricité avec des méthodes polluantes, avec des centrales à charbon notamment, met en place une forme de taxe carbone dont elle réaffecte directement les recettes à son industrie ! »

En Savoie, les ouvriers, désabusés, viennent de barrer les écussons Rio Tinto Alcan sur leurs tenues de travail. « Arnaud Montebourg est très bon pour le bla-bla, mais maintenant, le bras de fer commence vraiment, prévient Yannick. On voudrait être sûr que le gouvernement se donne tous les moyens pour préserver la filière aluminium en France. Et pour l’heure, on a quand même un doute… »

Source

« se battre et obliger le gouvernement à faire son boulot »

Philippe Julien, secrétaire de la CGT à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois

La mesure de la tâche à accomplir se lit dans son regard. Philippe Julien le précise bien, il « n’attend » rien du gouvernement : « Attendre, ce n’est pas le mot : on va se bagarrer pour obliger le gouvernement à faire son boulot et à intervenir auprès de Peugeot pour les mettre autour de la table des négociations », insiste le dirigeant de la CGT à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois. Entré en lutte depuis plus d’un an contre la fermeture du site de Seine-Saint-Denis et la suppression des 3 300 emplois qui vont avec, le syndicaliste a vu défiler les réunions dans les ministères, comme celle qui se tiendra cet après-midi à Bercy, « où chacun dit ce qu’il pense et tout le monde rentre tranquillement chez lui ». Ce qu’il appelle de ses vœux est tout autre : une réelle négociation pour faire reculer PSA sur le plan social, qui engage à la fois la direction et le gouvernement, bien loin de la consultation de façade qui s’annonce dans le cadre de la procédure du PSE, « où la voix des élus n’est que consultative et le patron décide de tout ».

Sur son bleu de travail au liseré rouge et bleu, l’indéboulonnable badge martèle encore : « Non à la fermeture d’Aulnay ». Manière de rappeler que les salariés en lutte ne se satisferont pas d’un simple « reformatage » du plan social ou de pseudo-garanties de reclassement, que le ministre du Redressement productif présente comme indispensables depuis l’annonce en juillet des 8 000 suppressions d’emplois dans l’ensemble du groupe. Et ce ne sont pas les « contreparties » évoquées par le même ministre en échange d’un soutien de l’État à hauteur de 7 milliards d’euros à la Banque PSA Finance qui convainquent davantage Philippe Julien. « Les contreparties, elles existent déjà dans les conventions signées entre l’État et PSA pour le paiement du chômage partiel à 90 % depuis 2009 ! Dedans, article 2 : maintien de l’emploi ! » cite-t-il de mémoire. « Sauf que justement, le gouvernement ne veut déjà pas faire appliquer les accords qui existent. Il n’a pas le courage de s’opposer à la famille Peugeot. Alors maintenant qu’on nous parle d’autres contreparties, on n’y croit pas », assène le syndicaliste. Pourtant, il n’est pas de ceux qui pensent que le politique est démuni : « L’État intervient en permanence dans la vie sociale et c’est bien mieux ! On lui demande d’interdire les licenciements, comme il a interdit le travail des enfants – pour lequel il a quand même fallu des dizaines d’années de lutte – ou comme il a fixé une durée maximale du temps de travail », rappelle Philippe Julien, qui estime aussi que rien qu’en « coupant le robinet des subventions », le gouvernement pourrait faire pression sur les grands groupes.

Pour parvenir à faire bouger les lignes, le syndicaliste compte évidemment sur la mobilisation des salariés « mais pas n’importe laquelle », précise-t-il. « Avec une lutte isolée, comme actuellement, où on se fait casser la figure les uns derrière les autres avec des usines qui ferment, clairement, on ne s’en sortira pas », insiste le délégué, qui semble mentalement faire l’inventaire des plans sociaux qui tombent en cascade. « On ne pourra pas sauver l’usine juste avec la mobilisation des salariés d’Aulnay, il faudrait qu’elle s’étende à l’échelle du groupe et qu’elle soit relayée au niveau politique », interpelle-t-il. Pour tisser les liens d’un front commun avec les collègues de l’usine de Poissy, qui devrait récupérer la C3 produite à Aulnay, ou avec les ouvriers des équipementiers sous-traitants, voire avec les salariés voisins d’Air France à Roissy, où des milliers d’emplois sont menacés, les idées ne manquent pas. Reste à vaincre l’attentisme de nombre de salariés et le sentiment que « c’est une bagarre au-dessus de leurs forces », comme le rapporte Philippe Julien. Et à venir à bout de l’illusion que ceux sur qui ne tombent pas les plans sociaux aujourd’hui sont à l’abri.

Loan Nguyen

« Pour une nationalisation brutale »

Sandrine Caristan, déléguée syndicale CGT Sanofi Montpellier

Correspondance. Sandrine Caristan est responsable de laboratoire sur le site de Sanofi Montpellier. À quarante-sept ans, elle en a passé vingt-six dans le groupe. « Aujourd’hui, je suis dans le pôle recherche et développement mais j’ai commencé en bas de l’échelle au laboratoire Choay (Seine-Maritime). Je n’avais alors que le bac en poche. » En 1991, Sanofi rachète le laboratoire et déjà elle se retrouve sous la menace d’un licenciement : « La seule solution c’était la mutation. » Après des cours du soir, elle décroche un DESS de pharmacie industrielle. Une belle ascension pour cette fille d’ouvrier. « Papa était tourneur sur métaux », glisse-t-elle. En 2000, une énième fusion laisse place au dégoût : « C’est là que tout a commencé. Je peux dire que j’ai été fière de travailler pour Sanofi jusqu’à cette date. » Huit ans plus tard, place à la lutte. Elle intègre la CGT (« J’ai ouvert les yeux et compris ce qui se passait ») et est maintenant déléguée syndicale. « Mais je n’ai pas fait tant d’études pour aller manifester dans la rue. Ce n’est pas notre métier ! » Pour elle, c’est un vrai gâchis car tous ces chercheurs seraient bien plus utiles derrière leurs paillasses. Dorénavant, la balle est dans le camp du gouvernement : « On n’attend pas de l’aide mais des choses rapides car c’est maintenant qu’on a besoin d’eux ! »

D’abord, elle s’offusque du fait qu’Arnaud Montebourg soit si sensible aux informations de la direction : « Il reprend leur chiffre des 900 suppressions de postes alors que les syndicats en dénombrent entre 1 500 et 2 500 ! Il faut en plus savoir qu’ils déguisent les licenciements par des départs volontaires. » Ensuite, elle en appelle à une loi sur les suppressions d’emplois boursiers, « et pas sur les licenciements, la nuance est importante », précise-t-elle. « Le PS a la majorité au Sénat, à l’Assemblée et est à l’Élysée. Qu’est-ce qui les empêche de promulguer cette loi sinon les lobbys industriels ? » Sanofi étant en tête du CAC 40, « s’ils lâchent, c’est la porte ouverte car qui pourra empêcher une entreprise française de licencier ? » Et d’ajouter : « Je lutte pour le maintien de nos emplois mais aussi pour des embauches. Ils veulent être innovants, alors qu’ils le prouvent en recrutant des jeunes ! » Avec les 150 millions d’euros de crédit impôt recherche, « c’est comme si le gouvernement payait un salarié sur dix ! Il faut donc qu’il rentre dans le conseil d’administration pour avoir un droit de veto ». Sandrine rappelle d’ailleurs la revendication de l’intersyndicale : « À l’origine Sanofi s’est fait grâce à des fonds publics. Les actionnaires se sont maintenant largement rémunérés depuis. Il faut donc une nationalisation brutale car c’est l’avenir des vaccins et des médicaments qui est en jeu. »

Nicolas Séné

« Non, la sidérurgie n’est pas archaïque »

 
Lionel Burriello, délégué du personnel CGT chez ArcelorMittal

Florange (Moselle), envoyée spéciale. «Ça me fait mal au bide de voir ça. » Lionel Burriello, trente-cinq ans, délégué du personnel CGT, enrage devant les deux hauts-fourneaux de Florange (Moselle). Condamné par ArcelorMittal, le groupe a laissé jusqu’au 1er décembre au gouvernement pour trouver un repreneur sur cette partie des installations. Comme tous à la CGT, Lionel ne croit pas en cette reprise partielle. « On espérait un nouveau souffle avec l’arrivée au pouvoir des socialistes, mais le gouvernement nous banane ! »

Après douze ans passés à la coulée d’acier, la possible fermeture du P3 et du P6, à l’arrêt depuis plus d’un an, est un crève-cœur pour lui. « C’est un génocide social. En six ans, Mittal a fait mourir notre vallée, il est en train de casser un siècle et demi de patrimoine. » Pourtant, Florange a été jugé viable, fiable et rentable dans son intégralité par le rapport Faure, commandé par le gouvernement. « Il n’y a pas 36 solutions pour sauver la sidé, il faut nationaliser, interpeller les pays voisins où Mittal ferme ses boutiques comme la Belgique, le Luxembourg…Pour cela, il faut un front commun de lutte ! » Mais Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’y oppose, arguant « qu’à chaque fois qu’on a nationalisé, l’État n’a pas été un très bon gestionnaire » et que les caisses sont vides.

Les échecs des nationalisations de la sidérurgie en Lorraine dans les années quatre-vingt ? Le leader du collectif jeunes de la CGT les balaye d’un revers de main. « Ce n’est plus la même époque. Aujourd’hui, il faudrait au moins que le gouvernement ait une minorité de blocage dans le capital d’ArcelorMittal, soit 35 % des actions. » Avec le cabinet d’expertise Sécafi, la CGT a simulé une prise de capital de 35 % par l’État français. Il en coûterait 1,47 milliard. Lionel en a marre que le gouvernement les laisse en plan. « Tout le monde est d’accord avec notre combat, du pape à ma petite fille de deux ans, ironise-t-il. Mais qu’est-ce qu’il attend pour agir ? Pendant la campagne, Arnaud Montebourg avait des discours très à gauche, maintenant, il porte des pulls marine ! » Le bouillonnant syndicaliste voit plus loin. « J’aimerais que les ministres européens de l’Industrie se réunissent pour fixer une ligne de conduite. Ils s’étaient bien mis d’accord pour créer Arcelor (groupe né de la fusion entre Aceralia, Espagne, Arbed, Luxembourg, et Usinor France – NDLR) ! Pour l’instant, ils ne font rien », s’énerve-t-il.

Pour ce fils de sidérurgiste et petit-fils de mineur italien, son industrie a de l’avenir. « Je ne veux plus entendre parler de la sidérurgie comme si elle était archaïque ou sortait d’un film de Charlie Chaplin. » Petit à petit, la nationalisation fait son chemin chez les salariés. Fin septembre, lors de la venue d’Arnaud Montebourg à la mairie de Florange, pour annoncer la cession des hauts-fourneaux, même des gilets orange de la CFDT scandaient « nationalisation », contrairement à leurs leaders syndicaux. Hier, l’intersyndicale CGT, CFDT et FO a bloqué les grands bureaux dès l’aube. Pour Lionel, la lutte continue jusqu’au 1er décembre, date du début du plan social si aucun repreneur ne se manifeste. Ses yeux brillants en disent long sur sa détermination. « Je suis un compétiteur, je me suis engagé de A à Z depuis quatorze mois dans le combat, on continue. »

(1) Lionel Burriello est l’invité des Amis de l’Humanité, 
le dimanche 2 décembre, à 11 heures, à Paris, 
au cinéma les 3 Luxembourg. La rencontre s’ouvrira 
par un portrait du jeune syndicaliste réalisé 
par Éric Molotodzoff, journaliste à France 3 Lorraine.

Cécile Rousseau

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Sidérurgie : le Parti communiste offensif

Le PCF ne veut pas se limiter au seul soutien des luttes. Pour livrer la bataille politique, une première rencontre avec les syndicalistes d’ArcelorMittal a eu lieu, hier, au siège parisien du Parti.

Décidé à s’attaquer à la réindustrialisation, le Parti communiste français a organisé, hier, une première rencontre avec les syndicalistes et militants politiques salariés d’ArcelorMittal. À l’origine de l’initiative, sa cellule de veille, de propositions et d’actions, mise en place au début de l’été alors que la menace de plans de licenciements commençait à se concrétiser. De Florange ou de Gandrange en Moselle, de l’Oise, de la Nièvre, du Nord, ou de Saône-et-Loire, les salariés ont fait le déplacement jusqu’à la place du Colonel-Fabien, à Paris. L’urgence au cœur, pour échanger sur leur situation, mais aussi ouvrir une perspective à la bataille qu’ils livrent au quotidien pour la sauvegarde de leur emploi et l’avenir de la sidérurgie dans l’Hexagone.

L’intervention de l’État n’est souvent pas jugée à la hauteur, alors que les syndicats sont porteurs de projets alternatifs novateurs ou encore que le rapport de Pascal Faure, commandé par le gouvernement, juge viable le site de Florange. « En vingt-quatre heures, les pigeons ont obtenu satisfaction, un symbole quand on voit la situation des deux grands dossiers que sont Gandrange et Florange », estime Éric Corbeaux, responsable aux luttes sociales du PCF.

Le site de Florange, qui a fait les gros titres encore récemment, lors de l’annonce de l’arrêt des hauts-fourneaux et d’un délai jusqu’à décembre pour la recherche d’un repreneur, est « symptomatique de la stratégie de désengagement de Mittal en Europe », estime l’un des syndicalistes CGT. Tous en conviennent : « De mauvais coups vont probablement tomber sur d’autres lignes de production. » La salle s’interroge. « Les salariés sont touchés par le fatalisme alors que notre projet tient la route. Il faut obliger Mittal à s’asseoir à la table des négociations, mais comment ? D’autant que le gouvernement n’en prend pas le chemin », questionne Jacky Mascelli, de la CGT de Gandrange. « La bataille est difficile mais elle n’est pas finie », assure en retour l’économiste communiste Yves Dimicoli.

Si la loi contre les licenciements boursiers, redéposée par les députés du Front de gauche à l’Assemblée, trouve son utilité, du fait des « départs volontaires », elle ne peut être l’alpha et l’oméga pour les salariés, qui évoquent avec les dirigeants du PCF nombre d’autres pistes pour « peser dans le rapport de forces » : nationalisation qui gagne du terrain, y compris auprès d’élus socialistes comme le président de la région Lorraine, Jean-Pierre Masseret ; moratoire sur les licenciements ; Banque publique d’investissement qui pourrait conditionner le crédit à l’emploi et la formation pour sortir des griffes de la finance, commission d’enquête parlementaire sur la situation et l’avenir de la sidérurgie, comme l’a déjà demandée le député PCF-Front de gauche Alain Bocquet… Les propositions fusent avec une exigence : articuler urgence et perspective d’avenir, bataille politique et syndicale.

Cette journée ne sera pas un coup pour rien, promet-on. D’ores et déjà, rendez-vous est pris à l’Assemblée nationale pour y imposer le débat, probablement d’ici la mi-novembre.

Julia Hamlaoui

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Edité par T 34 - 26 Oct 2012 à 20:00
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Fiscalité : un cas d'école

 
Dwaabala

Ou : du yacht au pédalo.

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour trouver l’occasion de placer ce scoop.

Sans commentaire. En effet, pour comprendre l’humour de l’intéressé cité ci-dessous, il suffit de comparer ce que rapportent à l’État :

100 000 personnes qui dépenseraient chacune 100 euros taxés à 10 euros ( = 1 000 000 d’euros de taxe à 10% prélevés sur les « pauvres »)...

et 10 personnes qui dépenseraient chacune 100 fois plus, soit 10 000 euros taxés au même tarif (= 10 000 euros de taxe sur les « moyennement riches »).

C’est-à-dire 100 fois moins d’impôt fourni par des moyennement riches, qui se maintiennent grâce à leurs dépenses (somptuaires d’apparence seulement car il y a le train de vie à soutenir), que par les pauvres qui restent pauvres (car ils n’ont fait qu’entretenir leur pauvreté) en subvenant à leurs besoins vitaux.

C’est tout le principe « égalitaire » bien connu de l’impôt indirect, donc de la TVA.

Pour en venir au fait, Jean-Marie Cavada, interviewé dimanche dans les coulisses de la réunion de lancement de l’UDI (le nouveau parti de JL Borloo) a déclaré ce qui suit au micro de la télévision :

« La TVA ne relève pas de l’injustice fiscale, puisque plus on est riche plus on consomme donc plus on est taxé. »

C’est exactement le genre de logique qui nous a mené pendant 5 ans :

« Travailler plus pour gagner plus »
« Puisqu’on vit plus longtemps il faut travailler plus longtemps. »

... logique de la droite certes, mais que moyennant leurs coups de pouce, les socialistes perpétuent sans barguigner.

Pour compléter la réflexion et permettre quelques exercices de calculs :
TVA : 130 Milliards de revenus pour l’état.
IR : 52 Milliards.
IS : 44 Milliards.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Oct 2012 à 18:29

« Nous, on y croit à la politique»

Nicolas Vincent, syndicaliste CGT, et Yvon Scornet, 
porte-parole de l’intersyndicale CGT, CFDT, CGC de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime).

Petit-Couronne (Seine-Maritime), envoyé spécial.

Les téléphones sonnent encore. Plus que jamais, même. Pas morts, les Petroplus  ! Nicolas Vincent, sept ans d’ancienneté à la raffinerie, et Yvon Scornet, trente-huit ans de boutique, décrochent, en bougonnant parfois – pas moyen d’être tranquilles cinq minutes. Et quand la conversation vire à l’anglais, le plus jeune des deux prend, car il fait mieux que baragouiner. Puis il revient et glisse à son aîné : « On va avoir de la visite ! »

Yvon, interloqué : « Tout de suite ? »

Nicolas, blasé : « Non, non, ils prennent leur vol, là. Demain, je crois… »

Les affaires ont repris, des candidats sont toujours sur les rangs, rien n’est fini, toute la reprise est à faire, la lutte continue de plus belle jusqu’au 5 novembre, date butoir fixée pour les ultimes offres. Les syndicalistes reçoivent à la fois les dossiers des repreneurs et les CV des candidats pour les 80 postes à pourvoir en cas de relance. « On a demandé un droit de regard sur les embauches, racontent-ils en chœur. Maintenant, on sait mieux que quiconque ce dont la boîte a besoin pour tourner. On voit mal comment une petite direction locale pourrait demain nous reprendre des prérogatives qui auront, on l’espère, sauvé la raffinerie… »

Il y a une semaine, à la sortie du tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime) qui venait, à la surprise générale, de prononcer la liquidation judiciaire de la raffinerie de Petit-Couronne, les gars sont restés KO quelques heures. « Je ne l’ai pas vue venir, cette décision », confie aujourd’hui Yvon Scornet, porte-parole de l’intersyndicale CGT, CFDT, CGC. À l’intérieur, au cours de l’audience à huis clos, le procureur de la République a reproché sa « cécité » au représentant des salariés, accusé de ne pas voir la « faiblesse » des offres de reprise en présence. Une « trahison » pour les syndicalistes, un « lâchage pur et simple », selon les salariés. Vendredi soir, trois jours après cet épisode, malgré le décorum de l’Élysée, encore renforcé par l’arrivée de François Hollande au beau milieu d’une réunion qui ne devait être qu’avec des conseillers, Nicolas Vincent, syndicaliste CGT et, par ailleurs, militant au PS, ne s’est pas privé de railler, amèrement : « Je tenais à vous remercier pour le soutien que vous ne nous avez pas apporté, bien au contraire, lors de l’audience au tribunal de commerce. On nous parle de l’aide du gouvernement en permanence, mais le jour J, c’est quand même le représentant du ministère public qui nous a enfoncés… »

Pour les syndicalistes de Petroplus qui, depuis le début de l’année, se battent sur tous les terrains possibles et imaginables pour sauver leur outil industriel, il est impensable de ne pas gagner à la fin ! « On a trop construit de choses pour ne pas l’emporter, avance Yvon Scornet. On sait qu’on a fait des choses qu’on n’aurait jamais faites, mais ce n’est pas ça qui remonte le moral, en fait. Moi, ce qui m’a permis de me relever, c’est qu’on a trouvé de nouvelles armes pour continuer, ça bouge encore ! Chacun devra être mis devant ses responsabilités : est-ce que la France peut se permettre de ne plus avoir de raffinage ? Il y a quelques mois, on avait l’impression que le PS était sur notre ligne, mais là, aujourd’hui, on n’est plus tout à fait sûr. »

Pour étayer le propos, l’intersyndicale de Petit-Couronne ressort ses quatre propositions législatives avec lesquelles le candidat François Hollande s’était, à une semaine du premier tour de la présidentielle, déclaré en plein accord : obligation de cession d’un site ; égalité de traitement, par le biais d’une taxe, avec les produits finis fabriqués en dehors du territoire européen ; responsabilité du cédant en cas de défaillance ultérieure ; obligation de provisionner la dette sociale (congés payés, compte épargne temps, etc.) sur un compte bancaire séparé… « C’est sidérant, ce sont des projets de loi que nous avons discutés avec eux, constate Yvon Scornet. Hélas !, les occasions n’ont pas été saisies par le gouvernement. »

Sur le fond, Nicolas Vincent – « un pitbull avec les dircabs de Bercy ou de l’Élysée », rigole Yvon – se fait plus offensif. « À l’Élysée, j’ai tenté d’expliquer que nous, nous aurions besoin d’à peine 1 % des 42 milliards de la Banque publique d’investissement (BPI). Avec ça, on pourrait garantir la production de 7 millions de tonnes de carburants, sur les 85 millions qui sont nécessaires. Ce serait une nationalisation partielle. Mais il faut voir le fond du problème : moi, ma mère, elle est au Smic et l’énergie, c’est un tiers de son budget. L’essence, l’électricité, le gaz, ce sont des biens communs, indispensables, vitaux pour le pays. » Le jeune insiste : « Je crois à la politique, mais il faut arrêter de dire : “On ne peut pas faire !” Hollande est aux responsabilités, son obligation, c’est de sauver l’industrie ! Les gens ont d’abord voté pour garder leur boulot, leur pouvoir d’achat, leur toit. Là, on est contre un mur, mais à force de pousser, il va bien finir par y avoir une brèche. » Yvon Scornet écoute, sourire en coin, mais sans taquiner : « On parle de réquisition, c’est vrai, mais ce n’est qu’une proposition. Et si certains considèrent qu’elle n’est pas valable, qu’ils le disent et qu’ils proposent autre chose. La nationalisation, ce n’est pas un but en soi pour nous, mais ce qui est sûr, c’est que la France ne peut pas se permettre d’avoir une raffinerie en moins. » À Petit-Couronne, le porte-parole de l’intersyndicale en est persuadé : « Ici, on peut imaginer d’avoir une victoire, une des premières victoires depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir… Une victoire qui en appellerait d’autres ! »

Thomas Lemahieu

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Sanofi : jeudi de la colère à Lyon

Mille manifestants hier dans la capitale 
des Gaules contre le plan de restructuration.

Près d’un millier de salariés de Sanofi ont manifesté hier à Lyon pour exiger le retrait du plan de restructuration prévoyant 914 suppressions de postes en France. Parti du quartier de Gerland, où Sanofi compte plusieurs sites, le cortège a rallié le conseil régional, où une délégation devait être reçue. Alors que le laboratoire est le plus gros employeur privé de la région lyonnaise, avec plus de 6 500 salariés, les syndicats craignent « l’arrêt de nombreuses productions de vaccins sur Marcy-l’Étoile (Rhône) ». « Nous demandons le retrait du plan boursier de Sanofi qui reste inacceptable. C’est une boîte qui fait 6 milliards d’euros de bénéfices et qui a de très bons résultats trimestriels, elle ne peut pas se permettre de casser l’emploi et détruire son potentiel industriel et scientifique en France », a déclaré Pascal Vially, coordinateur CFDT.

La veille, le comité central d’entreprise avait assigné en justice Sanofi Aventis Recherche & Développement, contre le plan de réorganisation du groupe. « On va se lancer dans une bagarre juridique », a promis Thierry Bodin, coordonnateur CGT. « Légalement, ce plan ne devrait pas exister, il faut le combattre. » Une audience en référé doit avoir lieu devant le tribunal de grande instance d’Évry, lundi 29 octobre. « Si on gagne, ils devront revoir la philosophie même de leur plan », a précisé l’avocat du CCE, Me Emmanuel Gayet. Une procédure similaire devrait être engagée contre Sanofi Pasteur à Lyon. « Les comités d’entreprise initient une série de démarches juridiques visant dans un premier temps à redémarrer la procédure d’information et de consultation en respectant toutes les règles légales, notamment avec les documentations d’information ad hoc », a indiqué l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, qui a également sollicité Matignon et l’Élysée.

Alexandra Chaignon

La direction de PSA lâche sur la forme, mais pas sur le fond

Sous la pression, le constructeur automobile accepte de ne pas pousser à marche forcée les ouvriers de Rennes ou d’Aulnay à quitter leurs usines dès maintenant. Mais il maintient son ambition de supprimer 8 000 emplois.

C’est un petit recul, mais pour les syndicats de PSA Peugeot-Citroën, toujours bon à prendre… Hier matin, au cours d’un comité central d’entreprise (CCE), avenue de la Grande-Armée à Paris, quelques heures avant la réunion tripartite en présence du gouvernement, les représentants syndicaux ont réussi à déjouer le passage en force de leur direction qui prétendait accélérer sur les mobilités internes pour les salariés d’Aulnay (fermeture du site, 3 000 emplois supprimés) et de Rennes (1 400 emplois supprimés). « Ils veulent proposer des mobilités pour les gars d’Aulnay et de Rennes, sans condition ni garantie ! dénonçait avant l’entrée au CCE Jean-Pierre Mercier, délégué CGT d’Aulnay. Ils les prennent au piège et essaient de vider l’usine avant même le début des PSE (plan de sauvegarde de l’emploi – NDLR). » Pour les syndicats, pas question de discuter de ce sujet, tant que tous les départs sont gelés par la suspension du PSE, dans l’attente, fin novembre, du rapport Secafi, mandaté pour évaluer la justification du plan de restructuration. Alors que près de 1 000 salariés ont signé une pétition contre cette grossière manœuvre sur les mobilités internes, la direction a fini par accepter l’ouverture, à partir du 7 novembre, de négociations sur les modalités du plan social (mutation, accompagnement, formation, plan seniors). « On a bloqué la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans négocier sur les mobilités », s’est félicité le syndicaliste CGT. Pour Tanja Sussest, du SIA, « c’est un tournant, un pas dans le dialogue, une première victoire ».

En milieu d’après-midi, la direction de PSA est arrivée à Bercy avec l’intention de ne rien lâcher sur le fond devant les syndicats et, cette fois, le gouvernement. « C’est une réunion et pas une négociation », répétait hier matin Philippe Varin, président du directoire de PSA. Alors que PSA considère son plan comme une « affaire interne », le gouvernement cherche à monnayer la garantie de 7 milliards d’euros, qu’il est disposé à fournir à la banque PSA Finance, la société de crédit aux acheteurs de véhicules du constructeur, d’ici à la fin 2015, contre une limitation de l’impact social du plan qui doit, selon Bercy, « se chiffrer en centaines d’emplois préservés ». Le patron de PSA n’entend rien céder sur le sujet : certes, il accepte l’idée de ne pas verser de dividende ainsi que la désignation d’un administrateur indépendant chargé de faire le lien avec l’État, mais pour lui, la fermeture d’Aulnay est inéluctable. Pour arriver à ses fins, Philippe Varin met en avant la « revitalisation » du site, avec l’annonce de l’installation d’un groupe de logistique qui devrait réserver 600 postes aux ouvriers de l’automobile.

Le PCF s’invite à la « tripartite » 

Juste avant la réunion tripartite direction-syndicats-gouvernement, hier après-midi, à Bercy, Hervé Bramy (PCF Seine-Saint-Denis) revendiquait « un moratoire sur les licenciements et le maintien de la production de la C3 sur le site d’Aulnay jusqu’à la fin de la date de sa commercialisation ». « Ces deux mesures permettront de préserver les emplois du site de PSA Aulnay jusqu’au rebond du marché de l’automobile, prévu en 2016 par les experts », argue-t-il.

Thomas Lemahieu



Edité par T 34 - 28 Oct 2012 à 19:43
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Oct 2012 à 19:14

Reprise des hauts-fourneaux de Florange : les syndicats vigilants

Les syndicats d'ArcelorMittal de Florange se sont montrés prudents mardi, après l'évocation par le quotidien Les Echos d'une possible reprise des hauts-fourneaux par le groupe russe Severstal, la CFDT évoquant une "bonne nouvelle", mais la CGT craignant "un écran de fumée".

"Ce n'est pas un repreneur partiel qui va garantir les emplois" a souligné le représentant de la CGT, Jean Mangin, qui s'est voulu "réaliste", estimant qu'il pouvait s'agir d'un "écran de fumée". "C'est la première bonne nouvelle depuis 15 mois, mais on va rester très prudent. On a connu suffisamment de douches froides ces dernières semaines", a pour sa part commenté le leader CFDT du site, Edouard Martin. "Cela nous conforte en tout cas dans l'idée que cette usine peut intéresser des repreneurs, contrairement à ce qu'ont pu dire des oiseaux de mauvaise augure", a-t-il poursuivi.

Dans son édition de mardi, Les Echos ont affirmé que "le sidérurgiste russe Severstal a entamé des discussions avec ArcelorMittal il y a deux semaines environ pour la reprise des hauts-fourneaux de Florange". Le quotidien économique a ajouté que Severstal aurait déjà envoyé un représentant en Lorraine, ce que les syndicalistes sur place n'ont pas pu confirmer. "Si c'est le cas, il a été très discret. Mais d'après ce que l'on sait, les contacts avec Severstal sont sérieux", a toutefois dit le syndicaliste de la CFDT.

Pour le représentant de Force ouvrière Walter Broccoli, l'intérêt de Severstal pour Florange n'est "pas une surprise". "ça ne sont que des projets, rien n'est finalisé, et la direction locale n'est au courant de rien", a-t-il toutefois souligné. "La question est de savoir, en cas de reprise, quels seront les personnels, vont-ils faire revenir des gens mutés?", a-t-il demandé.

Les Echos ont aussi affirmé que "deux autres candidats sont sur les rangs" pour reprendre le site appartenant à ArcelorMittal, sans les nommer. "On croit savoir que des industriels asiatiques porteraient de l'intérêt aux hauts-fourneaux", a indiqué Edouard Martin, Walter Broccoli ajoutant que "plusieurs sociétés sont prêtes à nous reprendre". Severstal, contrôlé par le milliardaire Alexeï Mordachov, est spécialisé dans l'acier destiné au secteur automobile et à l'électroménager. En 2006, ce groupe avait subi un cuisant échec lors d'une tentative de fusion avec Arcelor, qui lui avait préféré l'indien Mittal.

"Florange, c'est peut-être pour Severstal une possibilité d'avoir une base arrière en Europe de l'ouest. Pour nous, c'est plutôt rassurant", a commenté Edourd Martin, indiquant que lorsque le groupe russe avait racheté l'italien Lucchini, en 2010, "il avait investi dans l'outil, notamment dans le laminoir à chaud". Mais pour la CGT, "seule une reprise totale du site de Florange (filières chaude et froide, NDLR) assurerait une cohérence industrielle et la garantie des emplois: "Notre atout essentiel, c'est que le site soit intégré".

Le groupe ArcelorMittal a confirmé début octobre la fermeture définitive des deux hauts-fourneaux de Florange, à l'arrêt depuis 14 mois. Cette décision concerne directement 629 des 2 500 salariés.

Le ministère du Redressement productif d'Arnaud Montebourg n'a "ni confirmé ni infirmé" mardi la piste du groupe de sidérurgie russe Severstal pour la reprise des hauts-fourneaux de Florange, en Moselle, faisant valoir que "plusieurs accords de confidentialité ont été signés". "Nous ne confirmons ni n'infirmons la piste Severstal. Nous ne pouvons faire aucun commentaire dans ce dossier, car plusieurs accords de confidentialité ont été signés", a expliqué à l'AFP une source de l'entourage du ministre.

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Vers une TVA à 12 % dans la restauration ?

Le rapport du député PS Thomas Thévenoud, qui est remis aujourd’hui au gouvernement, proposerait un relèvement de la taxe.

La réaction des organisations patronales de la restauration devrait être vive aujourd’hui, après la fuite, dans le Parisien hier, du contenu du rapport parlementaire de Thomas Thévenoud, député PS de Saône-et-Loire, sur la TVA dans la restauration. D’après le quotidien, le député préconiserait de relever ce taux à 11 ou 12 %, ce qui permettrait de rapatrier dans les caisses de l’État 1,5 milliard d’euros par an.

En juillet 2009, ce taux avait été abaissé à 5,5 % par la droite, en échange d’engagements des employeurs du secteur à créer 50 000 emplois en deux ans, et à baisser les prix des consommations de 9 %. Compte tenu du manque à gagner que représentait cette mesure pour les finances publiques (3,2 milliards d’euros par an), le taux avait déjà été relevé à 7 % le 1er janvier dernier, mais la ministre du Commerce, Sylvia Pinel, menait depuis plusieurs mois une concertation avec les patrons du secteur pour évaluer le respect de leurs engagements. Les conclusions devaient être rendues à la mi-novembre.

Dans ce contexte, le rapport Thévenoud risque d’accélérer le débat puisqu’il estime que les restaurateurs ont créé seulement « 5 000 emplois supplémentaires entre 2009 et 2011 », ce qui signifierait que chaque création d’emploi a été subventionnée à hauteur de 150 000 euros. Bref, la mesure a « coûté très cher aux finances publiques, sans être intégralement affectée aux baisses de prix », cite le Parisien. De leur côté, les deux principales organisations patronales du secteur, l’UMIH et le Synhorcat, soutiennent qu’un relèvement du taux réduit de TVA « risque d’entraîner la suppression de près de 100 000 emplois sur tout le territoire ». Interrogé hier sur RTL, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a répété à ce sujet qu’aucune décision n’était prise mais qu’il n’y avait pas de tabou.

  • Lire aussi :

Mission sur la TVA dans la restauration
Une TVA qui restaure les profits

Fanny Doumayrou

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Compétitivité%20:%20Hollande%20préfère%20la%20trajectoire%20au%20choc


Éditorial par Michel Guilloux

Bétons armés...

La « politique de justice sociale » appelle désormais des actes, des actes véritables, des actes forts.

« On ne changera pas ce pays sans le peuple et encore moins contre lui. » Là est toute la question posée à la majorité de gauche au pouvoir comme à toutes les forces qui ont permis la victoire de François Hollande et la défaite de Nicolas Sarkozy, il y a à peine cinq mois. Certains voudraient nous faire croire que cela fait déjà cinq ans… Et que 
les Français qui ont voté seraient déjà amnésiques. Sans mémoire, ce serait se tromper lourdement ; impatients, exigeants, dubitatifs, voire déçus, sans doute davantage. Personne n’a pensé voir son sort changer d’un coup de baguette magique. Mais lorsque l’on dit « le changement c’est maintenant », pareil engagement oblige. Il est donc heureux d’entendre, en ce mois d’octobre, le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste en appeler 
au peuple dans la région de Jaurès, voire se rappeler 
à son bon souvenir. Rien ne se fera en effet sans lui. Il n’y aura aucun changement en profondeur, aucune rupture avec la « rupture » ultralibérale de la parenthèse sarkozyste, sans un mouvement populaire d’ampleur. 
Et, disons-le : un nouveau front populaire.

Harlem Désir l’a souligné hier à la tribune 
du congrès de la formation présidentielle, dénonçant « un nouveau mur du privilège et de la rente, comme l’on parlait hier du mur de l’argent, dressé pour faire obstacle à notre politique de justice sociale ». Là résident les deux autres questions d’ampleur. Hier, ils tenaient les rênes du pouvoir pour servir exclusivement les intérêts égoïstes de leur caste. Aujourd’hui, ils déploient des efforts d’une brutalité sans précédent pour peser sur les choix de la nouvelle majorité. À droite, c’est la course à l’extrême. Et du côté patronal, le Medef a déclenché un tir de barrage à l’artillerie lourde. De Laurence Parisot aux jeunes vautours déguisés en pigeons jusqu’à, hier encore dans les colonnes ouvertes avec complaisance par un titre du milliardaire Lagardère. Les 80 patrons des plus grands groupes industriels et financiers du pays montent en première ligne pour décliner le diktat posé depuis un an : tailler le pays et l’Europe aux normes anglo-saxonnes. Leur « tout pour le profit immédiat » n’est pas un « choc 
de compétitivité », mais une régression de société, voire 
de civilisation.

Le nouveau locataire de la rue de Solferino défend jusqu’à des droits nouveaux pour les salariés. Le fait mérite d’être souligné. Hors 
les murs de la réunion toulousaine et à sa tribune même, on a évoqué les luttes des salariés de PSA, de Florange, de Technicolor, on a entendu les voix des Pilpa, des Sanofi, et de syndicalistes s’opposant à l’austérité, préfigurant l’appel à manifester lancé par les principales centrales syndicales françaises et européennes, le 14 novembre prochain. La voix des salariés et des citoyens doit s’entendre, et doit être aidée à se faire entendre face au concert des puissants qui soumettent le gouvernement à une pression sans précédent. La « politique de justice sociale », comme celle de relance industrielle attendue 
par des millions de salariés, de chômeurs, de jeunes comme de retraités, appelle désormais des actes, des actes véritables, des actes forts. Les élus communistes et du Front de gauche au Sénat comme à l’Assemblée se sont, depuis la victoire de la gauche, déclarés prêts à soutenir tout ce qui irait dans le bon sens, refusant tout ce qui s’apparente à la retombée dans les ornières qui conduirait dans le mur, comme l’acceptation du traité d’austérité Sarkozy-Merkel. Ils ont déposé des propositions 
de loi contre les licenciements boursiers. Ils font 
des amendements aux orientations budgétaires qui vont 
dans le sens du changement promis aux Français. Alors, si l’on veut s’attaquer au mur du privilège et de la rente...

Michel Guilloux

Les employeurs ont déjà inventé le CDI précaire à Roissy

Sur la plate-forme aéroportuaire, quelque 40 000 salariés travaillent pour des sous-traitants dans le nettoyage, la sûreté et l’assistance en escale. Les transferts de marché par les donneurs d’ordres, tous les trois ans, induisent une précarité de leurs emplois et des acquis qu’ils ont pu arracher.

Scène inhabituelle, le 29 mai dernier, au siège national du Medef à Paris. Aux fenêtres flottent des banderoles qui dénoncent « la fin du CDI à Roissy », un « patronat qui nous conduit à la ruine », et réclament un « accord de transfert avec 100 % des acquis ». Une action coup de poing des militants CGT de l’union locale de Roissy, qui ont réussi à se faufiler dans le très surveillé immeuble patronal pour dénoncer la précarité grandissante de milliers de salariés de la plate-forme aéroportuaire.

C’est que, si le Medef profite de la crise pour réclamer, dans les négociations interprofessionnelles en cours, un « CDI flexible », dans les faits il est déjà passé aux travaux pratiques dans son laboratoire de Roissy, avec la bénédiction de l’État. Avec l’expansion du trafic aérien depuis vingt ans, le nombre d’emplois dans le premier aéroport de France a été multiplié par deux et demi, pour atteindre 90 000 salariés aujourd’hui. Mais cette croissance s’est accompagnée d’un recours massif à la sous-traitance pour les tâches d’exécution comme le nettoyage, le transport, l’assistance en escale (bagagistes, piste, réception, etc.), et même pour la sûreté aéroportuaire autrefois assurée par la police de l’air et des frontières. Sous la houlette des gros donneurs d’ordres que sont Aéroports de Paris et Air France – entreprises ex-publiques – et les autres compagnies 
aériennes, l’activité de la plate-forme est aujourd’hui éclatée en un maquis de 700 entreprises sous-traitantes, employant au total 40 000 salariés environ.

Pour ces employés et ouvriers, non seulement le travail est pénible et sous pression, les salaires bas, les perspectives d’évolution très faibles, mais tout le système de sous-traitance place sur eux une épée de Damoclès. Les contrats entre donneurs d’ordres et prestataires étant passés pour une durée de trois ans en général, à leur issue, le marché passe à une autre entreprise, proposant un prix inférieur. En principe, les conventions collectives prévoient la reprise de 85 % des salariés (sûreté), voire 100 % (nettoyage, piste et manutention aéroportuaire), et garantissent le maintien de la rémunération globale. Mais ces passations sont toujours l’occasion de laisser sur le carreau une partie ou la totalité des salariés – en premier lieu, les plus anciens et les plus revendicatifs –, de remettre en cause les acquis obtenus par la lutte, mais aussi les mandats des délégués, qui repartent de zéro. « Parfois, il s’agit de violations pures et simples du droit, quand l’entreprise refuse de reprendre les salariés, explique un agent de l’inspection du travail de Roissy. Mais elle peut aussi jouer sur le périmètre du marché repris pour refuser une partie du personnel. On a aussi vu des cas où les sociétés entrantes et sortantes ne relevaient pas de la même convention collective, ce qui empêchait le transfert des salariés. »

« Depuis quelques mois, avec la crise et l’accélération de la baisse des coûts chez les donneurs d’ordres, il y a une multiplication des conflits liés aux passations de marchés », constate Serge Nybelen, secrétaire général de l’union locale CGT de Roissy. Dans l’affaire Vigimark, ancienne filiale de Servair (groupe Air France) liquidée en mars, le repreneur, Capital Securité, a mis en avant la question du périmètre pour ne proposer la reprise qu’ à 75 salariés sur 163, ce qui n’a abouti qu’à 43 transferts de contrats. « Sur les 30 représentants du personnel, seuls 3 ont été repris, il y a clairement une discrimination », souligne Didier Frassin, de l’union locale CGT. Pour Colitel, société de transport de pièces, la convention collective n’impose pas de reprise des salariés, ce qui a permis à Geodis, à qui Air France a transféré le marché, de réembaucher seulement 18 salariés de son choix et à ses conditions, dont aucun délégué…

Axée sur la baisse des coûts par la mise en concurrence, la sous-traitance constitue une arme aux mains des donneurs d’ordres et des prestataires pour contenir les salaires, comme l’illustre l’histoire des blanchisseurs de Net Éclair. Dans cette société qui lavait le linge d’avion pour le compte de compagnies aériennes, les 42 salariés se sont mis en grève fin 2008. « Au bout d’une demi-journée, on a obtenu 9 embauches d’intérimaires, 3 % d’augmentation et un treizième mois », raconte Kaer Singh, déléguée CGT. Mais dès le mois suivant, le patron a « perdu » un à un les contrats le liant aux compagnies, puis il a obtenu la liquidation judiciaire en octobre 2011. Le concurrent apparu en parallèle pour assurer l’activité n’a repris aucun des anciens grévistes. De même, chez Airelle (filiale de Keolis, groupe SNCF), 76 chauffeurs de bus sont sur le carreau depuis deux ans car la société Flybus n’a pas voulu les reprendre en arguant de conventions collectives différentes. « Les salariés avaient obtenu par la lutte des avancées salariales, on avait une super section syndicale, les employeurs se sont arrangés pour s’en débarrasser », commente Serge Nybelen. En janvier, la cour d’appel de Paris a ordonné le transfert des salariés, mais Flybus refuse de s’exécuter. « Notre travail existe toujours, mais ils le font faire par de nouveaux embauchés qui gagnent 500 ou 600 euros de moins par mois », déplore un ancien d’Airelle, aujourd’hui au RSA.

« Nos CDI en vérité, ce sont des CDD déguisés », résume, amer, un ancien de Colitel. « Le fait de se retrouver au chômage, alors que leur travail est toujours là, est insupportable pour ces salariés », appuie Didier Frassin. L’union locale CGT a lancé, au printemps, une série de manifestations pour obtenir un accord qui garantirait sur les aéroports d’Île-de-France la reprise de 100 % des salariés en cas de passation de marché, avec tous les acquis, quel que soit le secteur d’activité. Après l’action au Medef, l’organisation patronale s’est engagée à étudier la faisabilité d’un tel accord, mais n’a pas donné suite, ce qui pousse la CGT à annoncer la reprise de la mobilisation pour cette ébauche de sécurité sociale professionnelle.

sous-traitance contre droit de grève Le recours à la sous-traitance permet d’abaisser les coûts « mais aussi de contourner le droit de grève, souligne un agent de l’inspection du travail de Roissy. Quand les salariés d’un sous-traitant sont en grève, il suffit de conclure un contrat avec un autre, pour assurer la continuité de l’activité ». D’où l’intérêt de diviser le marché en une multitude d’intervenants. « À Roissy, on voit apparaître des microentreprises de quelques salariés qui cassent les prix avec des conditions sociales au rabais.»

repères

Selon les derniers chiffres d’Aéroports de Paris, en 2010 la plate-forme de Roissy représentait 86 000 emplois directs (hors intérim, qui représente entre 2 000 et 3 000 salariés). En dix ans, 20 600 emplois directs ont été créés.

Avec 61 millions de passagers et 2,4 millions de tonnes de fret en 2011, Roissy se place au deuxième rang européen pour le trafic 
de passagers et au premier rang pour celui du fret.

La productivité a bondi de 24 % en vingt ans, passant de 1 344 emplois par unité de trafic en 1991, à 1 076 emplois en 2010.

77 % des salariés travaillent en horaires décalés. La part de CDD est de 13 % dans la sûreté aéroportuaire et de 10 % dans 
les services aéroportuaires.

Fanny Doumayrou

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Valse des employeurs, précarité des acquis

Entré en 1998 comme agent de piste chez un sous-traitant d’Air France, Abdel Dif a déjà connu quatre employeurs différents.

Le parcours d’Abdel Dif illustre le phénomène permanent d’instabilité et de division des collectifs de travail à l’œuvre à Roissy. Entré en 1998 comme agent de piste chez Europe Handling, qui assure pour Air France les services d’assistance aéroportuaire (chargement des bagages, repoussage des avions, etc.), il est repris en 2003 avec ses collègues par la société Trac Piste (groupe VE Airport, Veolia), à l’occasion d’une passation de marché. Ils sont alors 350 salariés, mais en 2009 Veolia scinde l’activité en deux : d’un côté, Trac Piste, de l’autre, une nouvelle filiale, Traffic Air Service. « Comme on était revendicatifs, ils ont voulu nous affaiblir en nous divisant, estime Abdel Dif, délégué syndical CGT chez Trac Piste, qui s’est retrouvé chez Traffic Air Service. Le syndicat était coupé en deux, il a fallu tout -reconstruire. »

Au printemps dernier, nouvelle tempête lorsqu’Air France décide de confier l’activité des deux filiales à la société Swissport, nettement moins chère. Swissport reprend les ex-Veolia et maintient leur rémunération globale, mais veut aligner leurs conditions de travail sur celles de son personnel. « Par la lutte, on avait obtenu des améliorations, explique Abdel Dif. On avait des plannings à l’année, sur un rythme régulier de 5 jours travaillés, trois jours de repos, alors que chez Swissport, ils sont prévenus le mois précédent et c’est très irrégulier. » Fin juillet, après deux mois de débrayages et manifestations, les salariés ont obtenu en justice le maintien de leur régime de travail. « Mais l’objectif de Swissport est maintenant de se débarrasser des anciens de Veolia, dénonce le délégué. Ils ont déjà licencié cinq d’entre nous pour faute. »

À Air France, la résistance s’organise

Contre la casse de leurs emplois, plusieurs centaines de salariés ont défilé à Roissy, samedi.

Ils n’étaient pas des milliers, et pourtant, dans les allées des terminaux E et F de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, samedi, on n’entendait qu’eux. « Retrait du plan Transform ! » ont scandé avec détermination quelques centaines de salariés d’Air France en grève à l’appel de la seule CGT, la plupart des autres syndicats représentatifs de la compagnie aérienne ayant ratifié l’accord de 20 % de gain de productivité prévoyant notamment un gel des salaires et la suppression de 5 122 postes dans l’entreprise d’ici à 2015. « Déjà qu’on travaille sur des rythmes déstructurés, ils veulent en plus toucher à nos repos, à notre pouvoir d’achat, à nos conditions de travail… tout ça pour nous dégoûter et nous pousser à partir dans leur plan de départs volontaires ! » a dénoncé Jennifer, vingt-huit ans, agent de passage non syndiquée. Si la direction s’est empressée de communiquer sur un taux de grévistes avoisinant 1 % des salariés – soit 700 personnes –, la CGT comptait les grévistes en milliers ce week-end. « Si, selon ses dires, ce mouvement est un échec, pourquoi la ­direction de l’entreprise a‐t‐elle ­mobilisé 6 500 salariés pour remplacer 1 % de grévistes ? » a d’ailleurs pointé la CGT dans un communiqué. « C’est une première journée de manifestation, un point d’étape. Et on a prouvé qu’on pouvait se mobiliser malgré la loi Diard », a fait valoir le secrétaire de la CGT à Roissy Escales, Yann Hervé, appelant ses collègues à amplifier le mouvement à l’occasion d’un rassemblement, aujourd’hui, avec les sous-traitants et les salariés de PSA devant le siège d’Air France.

Issus essentiellement des ­activités passage, piste et fret, les salariés grévistes ont, une fois de plus, déploré l’effet paralysant de ce texte – qui les oblige à se déclarer ­individuellement grévistes auprès de leur employeur 48 heures au préalable –, ­appelant à nouveau le gouvernement à l’abroger.

Loan Nguyen

L’austérité, ça suffit, ici et ailleurs !

L’intersyndicale appelle à manifester le 14 novembre contre les « traitements de choc ».

C’est une première depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir. Vendredi après-midi, au terme d’une réunion de l’intersyndicale nationale, la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires et l’Unsa ont lancé ensemble un appel à la mobilisation nationale, le 14 novembre prochain, dans le cadre de la journée d’action de la Confédération européenne des syndicats pour l’emploi et la solidarité sur tout le continent. Dans une déclaration commune, l’intersyndicale condamne les « mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession ». Pour les organisations syndicales, « les traitements de choc infligés aux travailleurs, notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, montrent l’impasse des politiques qui conduisent à la destruction des droits sociaux. (...) Cette situation est insupportable et menace la construction européenne elle-même ».

Alors qu’un appel à la grève générale a d’ores et déjà été lancé au Portugal et que des actions sont également programmées en Grèce et en Espagne, l’intersyndicale appelle « partout en France à manifester selon des modalités permettant la participation la plus large ». Elle incite les « salariés du privé et du public, les retraités et les chômeurs » à « manifester leur volonté de voir apporter des réponses concrètes aux difficultés que vivent tous les travailleurs en France et en Europe et en solidarité avec les travailleurs espagnols, portugais et grecs ».

Thomas Lemahieu

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Mieux encadrer le portage salarial
 
Par Jean-François BOLZINGER, secrétaire général 
adjoint de l’Ugict-CGT
 

L’accord signé en 2010 encadre 
le portage salarial en le canalisant dans un champ précis et ouvre aux salariés des droits et garanties réels.

En cohérence avec les propos de campagne 
de François Hollande, président de la République, sur l’importance du dialogue social, le gouvernement va-t-il prendre ses responsabilités au regard 
de la réglementation du portage salarial ?

À la différence de l’intérim, le portage salarial 
se caractérise par le fait qu’un salarié porté prospecte 
et négocie lui-même la prestation auprès d’une entreprise cliente. Dans cette nouvelle forme d’organisation 
du travail, le salarié trouve lui-même sa mission, choisit son statut et son employeur, lequel est mandaté pour facturer cette mission. L’entreprise de portage salarial qui conclut le contrat de prestations de services avec l’entreprise cliente fournit à son salarié porté accompagnement et formation, tout en assurant le suivi du bon déroulement des travaux.

Destiné initialement à des consultants, des cadres seniors ou en reconversion, ce dispositif s’est développé en liaison avec les politiques d’externalisation des entreprises. 
Il séduit y compris de plus en plus de jeunes diplômés 
et de femmes cadres qui refusent le mode de management coercitif des entreprises. Cette nouvelle forme d’emploi a fait l’objet d’une bataille politique 
de la part des gouvernements de Nicolas Sarkozy 
et du Medef pour en faire un cheval de Troie de 
la déréglementation du Code du travail : l’objectif était, ni plus ni moins, que de légaliser le prêt de main-d’œuvre, de contourner le lien de subordination et d’introduire des contrats commerciaux dans le régime du salariat.

L’accord signé en 2010 après deux années de négociations, entre les syndicats CGT, CFDT CFTC et CGC avec Prisme (patronat de l’intérim mandaté par le Medef), encadre le portage salarial en le canalisant dans un champ précis et ouvre aux salariés des droits et garanties réels. Ce faisant, cet accord percute les pratiques d’un certain nombre d’entreprises, faisant du portage salarial une simple boîte aux lettres 
de transformation des factures d’activité chez 
le client en salaires des portés, pratiquant de l’intérim déguisé sans les garanties, ou tout simplement 
de l’arnaque pure.

Obligés de se mettre en conformité pour être dans 
la légalité, les employeurs concernés ont trouvé un appui dans les précédents gouvernements pour multiplier les manœuvres dilatoires afin de retarder l’extension 
de l’accord et le processus de négociations ultérieures prévu pour parfaire la réglementation.

Malgré les interventions des secrétaires généraux 
des quatre confédérations signataires en novembre 2011, le pouvoir sarkozyste à persisté jusqu’au bout dans 
son refus de faire passer le droit collectif avant le business et a préféré laisser se poursuivre des pratiques illégales sur le terrain.

Pour les syndicats qui viennent de réitérer leur demande, il est temps aujourd’hui, pour le nouveau gouvernement, d’agir dans le sens du respect du dialogue social et de décider de l’extension d’un accord qui à la fois limite la précarité et fournit un cadre clair à des salariés qualifiés et autonomes pour gérer leur trajectoire professionnelle.

Jean-François BOLZINGER

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Le bus de la CGT, pleins gaz avec les très petites entreprises

Depuis le printemps, le syndicat parcourt toute la France pour se rapprocher des salariés des TPE. ­Objectif : 
les convaincre de l’importance de participer au vote qui se déroulera du 28 novembre au 12 décembre.

Clermont-Ferrand, Marseille, Lille… le bus jaune et rouge de la CGT en a vu de toutes les couleurs. Spécialement affrété pour la campagne pour les premières élections syndicales dans les très petites entreprises (TPE), il a parcouru l’Hexagone en vingt-cinq villes étapes. À son bord, Philippe Crigny, qui a géré la logistique, et Stéphane Fustec, de la fédération CGT du commerce et des services, ont été rejoints par les militants de chaque ville traversée. Le but, aller à la rencontre de ces salariés et les convaincre de l’importance de leur vote lors au scrutin qui se tiendra du 28 novembre au 12 décembre.

aller à la rencontre de ces travailleurs isolés

Première difficulté : les trouver, ces fameux salariés des TPE. Coiffeurs, assistantes maternelles, vendeurs ou jardiniers, s’ils sont 4,7 millions d’électeurs potentiels dans des secteurs ­variés, leur point commun, c’est l’isolement. La CGT a donc fait le choix d’une campagne de terrain. « On souhaitait créer des espaces d’information, en nous appuyant sur notre réseau de militants », explique Stéphane Fustec. Mercredi dernier, c’est sur le parvis de la mairie du 11e arrondissement de Paris que le bus a fait escale. L’occasion de s’adresser aux salariés des particuliers employeurs.

Sous le barnum installé face au bus, Sylvie Gramunt discute avec les militants. À cinquante-neuf ans, la nounou gagne 1 400 euros par mois pour s’occuper de deux enfants, dix heures par jour et cinq jours par semaine. « Il faudrait surtout aider les employeurs à connaître nos droits et que les gens comprennent que notre métier, ce n’est pas seulement de changer les couches ! » Mais si Sylvie attend le scrutin avec impatience, d’autres ignorent encore qu’ils vont pouvoir voter. « Certaines filles ne savent même pas qu’il y a des syndicats ! » témoigne Irène Ara, de l’association l’Amicale d’auxiliaire parentale et humanitaire.

Alors, pour toucher un maximum de salariés, les militants CGT misent sur les tracts dans les parcs publics. Le lendemain, ce sont les rues commerçantes du centre-ville de Versailles qui ont été prises d’assaut par les militants des Yvelines. Martine, Alexandre, Isabelle et les autres s’invitent dans les restaurants, salons de coiffure et petites boutiques pour faire passer le message : « Votez ! » L’accueil est le plus souvent chaleureux, y compris de la part des patrons. « On se retrouve parfois à refaire le monde avec eux autour d’un café », sourit Stéphane Fustec.

Beaucoup de salariés des TPE entretiennent une relation de proximité avec leurs patrons. « C’est aussi ce qui peut rendre la revendication difficile », ­estime Michèle Chay, secrétaire générale de la fédération CGT du commerce. Pourtant, ils ­disposent bien souvent de droits inférieurs aux autres salariés. « Au centre commercial 
Parly 2, c’est vraiment marquant, explique Philippe Valla, du syndicat du site. Lorsque l’amplitude horaire du samedi a changé, les salariés du BHV, où la CGT est très présente, ont obtenu que cela se fasse sur la base du volontariat. Ils ont aussi des bons d’achat pour les repas. Ceux des petites enseignes n’ont rien. On pourrait mieux les défendre s’il y avait une ­représentation nationale. »

Les mêmes droits que les autres et une meilleure reconnaissance du travail des salariés de TPE. C’est la revendication principale que porte la CGT. Mais la route est longue, alors si le bus est désormais rentré au garage, sur le terrain, la campagne continue.

Candidats, mais pas syndicats ?Existe-t-il des candidatures de syndicats factices à côté des sigles des confédérations ? C’est la question que devra trancher désormais la justice saisie par la CGT, qui conteste la décision 
de la direction générale du travail de ne retenir pas moins de 
41 organisations en lice pour les élections dans les TPE. Pour 
le syndicat, il n’y a pas eu de contrôle sérieux de ces organisations alors même que le choix d’un scrutin sur sigle leur évite déjà d’avoir à faire la preuve de leur capacité à présenter des candidats. Une situation contraire à l’esprit de la loi sur la représentativité des syndicats qui visait justement à renforcer 
leur légitimité en mesurant leur audience réelle sur le terrain.

Marion Perrier

Enjeux et défis d’un scrutin inédit

4,7 millions d’employés sont concernés, l’occasion de peser sur le dialogue social.

Mobiliser. C’est sans doute le principal défi que doivent relever les syndicats à l’occasion des élections dans les très petites entreprises (TPE). Une première qui n’a pas vraiment fait l’objet d’une intense communication. Difficile donc de compter sur une participation massive. D’autant que le scrutin se ­déroulera par correspondance ou par vote électronique, et que les salariés voteront pour un sigle et non pour une liste ou une personne. « La même chose pour les élections législatives nous semblerait pour le moins curieux », s’étonnait Bernard Thibault, la semaine dernière.

Pour les 4,7 millions de salariés concernés, c’est pourtant une occasion de peser sur le dialogue social, ce qui leur est actuellement difficile. « L’enjeu de ce scrutin rejoint notre préoccupation d’implanter le syndicalisme dans tout le salariat, ce qui implique de mieux travailler l’offre syndicale », estime Philippe Lattaud, secrétaire confédéral de la CGT.

Le syndicat défend ainsi la mise en place de commissions de négociations régionales dans l’ensemble des branches professionnelles. « Les salariés pourraient ainsi voter pour leur représentants, ce qui donnerait un sens concret aux élections », estime le dirigeant syndical, qui rappelle que c’était l’esprit de la loi sur la représentativité syndicale, dont découle celle de 2010 sur les élections dans les TPE.

Car, c’est aussi l’enjeu du prochain scrutin. Ses résultats s’agrégeront à ceux des autres élections professionnelles pour mesurer l’audience des organisations syndicales. Seules celles ayant obtenu plus de 8 % des voix seront considérées comme représentatives. Sur ce point, Bernard Thibault se veut confiant. « La CGT arrive première aux élections prud’homales, il n’y a pas de raison pour que cela ne soit pas le cas dans les TPE. » Verdict à la fin de l’année.



Edité par T 34 - 30 Oct 2012 à 20:34
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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Les sénateurs communistes rejettent en commission la loi de programmation budgétaire

La commission des Finances du Sénat a rejeté mercredi le projet de loi de programmation budgétaire pour les cinq prochaines années. Les sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) ont voté contre un texte qui "s'inscrit dans la perspective du pacte budgétaire européen" auquel ils sont opposés.

Le 23 octobre dernier, lors du vote de la loi de Finances publiques à l'Assemblée nationale, les députés du Front de gauche avaient voté contre. Ce budget n’est pas « un budget de rupture » à même « de répondre aux attentes du pays » avait déclaré André Chassaigne, député PCF pour expliquer le vote, selon lui « les avancées, réelles, étaient bien trop timides », ce budget n’était pas « un budget de rupture » à même « de répondre aux attentes du pays ».

>>> Lire : Les explications d'André Chassaigne, président du groupe Front de gauche à l'Assemblée

Ce matin, les sénateurs du groupe CRC ont voté contre le projet de loi de programmation budgétaire 2012-2017, texte qui fixe notamment les objectifs du gouvernement sur la durée de la législature, en particulier un déficit limité à 3% du Produit intérieur brut en 2013 (après 4,5% cette année), et à 0,3% en 2017. Les sénateurs communistes ont indiqué que leur vote contre est motivé par le fait que ce texte "s'inscrit dans la perspective du pacte budgétaire européen" auquel ils sont opposés. "Ce n'est pas le projet de budget mais une loi de programmation", font-ils valoir.

À gauche, des appels à la résistance

Le gouvernement écarte le transfert des cotisations sur la TVA, mais prépare un traitement de choc. Le Front de gauche appelle le pouvoir à détourner le regard des patrons.

Déclenchée en plein congrès du PS, la nouvelle offensive patronale, avec l’Afep en fer de lance, a provoqué, dans les discours, une volée de bois vert. « Cela suffit, que chacun fasse son travail, s’est exclamée, par exemple, Martine Aubry. Je dirai aux patrons qu’ils n’ont qu’à commencer par s’occuper de la compétitivité dans leurs entreprises. Mettent-ils plus d’argent sur l’investissement que sur la distribution de dividendes ? » Président du groupe socialiste à l’Assemblée, Bruno Le Roux dénonce un « oukase » des grands patrons : « Je ne suis pas sûr que ce soit l’intérêt général qu’ils aient véritablement mis en avant toutes ces dernières années. Les intérêts des actionnaires dans ces grandes sociétés ont pris le pas sur l’intérêt général. » À la CGT, on n’est guère impressionné : « La déclaration de l’Afep, c’est une sinistre plaisanterie, peste l’économiste Pierre-Yves Chanu. Les grands groupes réalisent leurs profits à l’extérieur du pays. C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Ils sont largement responsables de la situation en ayant massivement délocalisé, et ils ont une croissance qui est essentiellement financière. »

Sur le fond, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, a d’ores et déjà exclu de compenser la baisse des cotisations par une hausse de la TVA ou d’ailleurs de la CSG, car, selon lui, « cela grèverait le pouvoir d’achat des Français qui sont les clients de ces entreprises ». Mais quand l’Afep réclame 60 milliards d’euros d’économies au cours des cinq prochaines années, le gouvernement s’en distingue certes, mais pas tant que ça : pour les dépenses publiques, la cure promet d’être sévère. « Vont-ils faire la guerre parce qu’on fait 50 milliards d’euros d’économies, et qu’eux en réclamaient 60 ? » croit pouvoir ironiser Jérôme Cahuzac, en tentant de railler les très grands patrons. Porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles propose, lui, « au ministre du Budget, d’accomplir une simple rotation en tournant sa tête vers sa gauche ». « Pas moins de 40 amendements budgétaires ont été proposés par les députés Front de gauche et aucun n’a été retenu », se désole-t-il. Éric Coquerel, secrétaire national du PG, appelle aussi à la « résistance ». « Ces patrons estiment manifestement avoir de bonnes chances de faire entendre tout ou grande partie de leurs exigences, constate-t-il. Quoi d’étonnant : le budget d’austérité en cours de discussion au Parlement, les mises en cause régulières par le gouvernement du “coût du travail” au nom de la compétitivité et la publication prochaine du rapport Gallois les poussent à l’offensive. »

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Une hausse du Smic profite à tous les salariés

C’est la démonstration que viennent de réaliser des économistes de l’Insee dans le dernier numéro d’Économie et statistiques, qui vient de paraître. Un démenti à la propagande libérale.

Après cinq années de vaches maigres, près de 3 millions de salariés attendaient le changement. Rompant avec la politique menée par Nicolas Sarkozy, le gouvernement Ayrault annonçait enfin un coup de pouce… de 0,6 % pour les Français payés au Smic. Une hausse ridicule mais jugée « raisonnable » au vu de la « situation économique », dixit le ministre du Travail, Michel Sapin. En quoi une hausse du Smic mettrait-elle en danger une économie dont le premier moteur reste la consommation ? Si l’étude de l’Insee, publiée la semaine dernière, ne répond pas à cette question, elle tord le cou à l’idée selon laquelle « les classes moyennes se sentent rattrapées par le bas de l’échelle salariale », puisqu’il n’y aurait aucun effet d’entraînement pour les autres salariés d’une revalorisation du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic). Les auteurs expliquent que ce sentiment est renforcé par le fait que, durant la deuxième moitié des années 1990, les plus hauts revenus ont fortement progressé, alors que dans le même temps la part des salaires dans la valeur ajoutée a stagné. La faute, donc, à la montée des inégalités et à la modération salariale.

Contrairement aux études réalisées sur le sujet, les économistes de l’Insee ont travaillé, non pas sur l’effet d’une revalorisation à un moment donné, mais sur la période qui a suivi la création du salaire minimum de croissance en 1970. Une analyse dynamique qui change les conclusions. Jusqu’ici considéré comme nul, l’effet sur le salaire moyen par tête est « progressif » et « très renforcé » à moyen terme.

La revalorisation s’effectue de deux façons : une indexation sur l’inflation constatée l’année précédente et à hauteur de la moitié de l’augmentation du pouvoir d’achat du salaire horaire ouvrier de base, ou le fameux coup de pouce du gouvernement. Pour les analystes, si son influence sur le salaire moyen est proche de zéro à court terme, le coefficient augmente et avoisine 0,3 point à moyen terme. En clair, lorsque le Smic augmente de 1 point, le salaire moyen augmente de 0,3 point. Les économistes ont tenté de mesurer l’impact d’une revalorisation lorsque le salaire moyen est indexé sur l’inflation. Dans ce cas, l’effet « coup de pouce » atteint 0,74 point.

Malheureusement, les auteurs, au diapason du gouvernement, font de cette conclusion, non pas un hymne à une forte hausse du salaire minimum pouvant entraîner un effet dynamique sur l’ensemble des salariés, mais concluent en alertant sur les risques en termes de compétitivité que pourrait entraîner une hausse des salaires… Un autre débat, qui semble bien mal parti.

Clotilde Mathieu

Les syndicats poussent les États à sauver l’acier

Hier, des syndicats français, luxembourgeois et belge ont interpellé leurs gouvernements contre la casse industrielle. Pour eux, une entreprise publique européenne de la sidérurgie doit être envisagée.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a eu sa tournée européenne sur ArcelorMittal cet été. À présent, ce sont les syndicats de la sidérurgie qui reprennent le flambeau afin de ne pas laisser s’éteindre l’un après l’autre tous les hauts-fourneaux en Europe de l’Ouest. Leurs militants avaient déjà l’habitude de se côtoyer dans les manifestations contre la casse industrielle à Liège, en Belgique, au Luxembourg ou à Florange (Moselle). Mais hier, dans la capitale du grand-duché, des représentants de l’OGB-L, de la FGTB et de la CGT ont rendu public une série de courriers communs adressés aux gouvernements luxembourgeois, wallon et français.

Dans ces missives, les syndicats constatent qu’ils se battent depuis des mois pour « trouver une solution à l’intérieur d’ArcelorMittal » afin de « maintenir l’ensemble des outils de production et notamment les sidérurgies intégrées ». Mais après avoir cité les très nombreux rapports d’expertises demandés par les instances représentatives des salariés au Luxembourg, en Belgique et en France qui ont conclu à la viabilité des sites intégrés, ils déplorent le fait que, malgré les nombreuses tentatives de conciliation locales, régionales et nationales, la multinationale dirigée par Lakshmi Mittal est « restée sourde aux alternatives ».

Ensemble, les syndicats interpellent les pouvoirs publics : « C’est à vous de peser sur les choix ! » Appelant à un front commun entre les gouvernements et les syndicats contre la direction d’ArcelorMittal, ils réclament que les États européens « envisagent une alternative aux sociétés transnationales par une initiative industrielle publique et la création d’une entreprise publique européenne de la sidérurgie ». Faute de quoi, avertissent l’OGB-L, la FGTB et la CGT dans leurs courriers, « nous aurons la fermeture d’usines encore rentables, des déserts industriels dans certaines régions d’Europe, du chômage massif et la pollution de l’air en plus ». Pour les signataires de cette lettre qui, pour la France, a été envoyée à Arnaud Montebourg, il y a « des solutions juridiques et politiques » pour éviter la casse de la sidérurgie européenne. Tous en appellent à un « mini-sommet européen » rassemblant les ministres de l’Économie de chaque État où ArcelorMittal détient des sites avec les organisations syndicales.

Un cri contre le prédateur Pour la CGT, la FGTB belge et l’OGB-L luxembourgeoise, la stratégie du groupe ArcelorMittal s’apparente à celle d’un véritable « prédateur ». Dans leurs courriers aux gouvernements, les trois syndicats la décortiquent : la fermeture des hauts-fourneaux à Liège, à Florange ou dans le grand-duché sert à « raréfier l’acier » et à « maintenir de fortes marges » ; une fois dégagés, ces profits ne servent pas à renforcer les outils existants en Europe, mais à acheter des usines dans les pays à bas coûts. Pour les organisations syndicales de la sidérurgie, les plans de fermeture décidés par la multinationale visent à consolider les activités minières du groupe car ce sont celles qui garantissent la meilleure rente actionnariale. Faute d’interventions politiques, cette rapacité des dirigeants d’ArcelorMittal risque de conduire à la « destruction totale de toute la valeur ajoutée en Europe ».

Contre Transform 2015, « un combat qui dépasse Air France »

Au dernier jour de la grève lancée par la CGT, salariés d’Air France et des sous-traitants, eux aussi impactés, se sont rassemblés hier devant le siège de la compagnie, à Roissy.

Faire front commun contre l’austérité, tel était l’objectif de la CGT qui a rassemblé, hier matin devant le siège d’Air France, à Roissy, plus d’une centaine de salariés de la compagnie aérienne – appelés à la grève depuis vendredi par ce seul syndicat – mais aussi des entreprises sous-traitantes de la plate-forme, comme Alyzia, ICTS, TFN, Airelle, pour dénoncer ensemble le plan Transform 2015.

Si Air France compte, avec ce projet, supprimer 5 100 emplois dans ses effectifs d’ici à fin 2013, et augmenter de 20 % la productivité du personnel qui restera, les répercussions économiques se feront sentir bien au-delà de l’entreprise, souligne David Ricatte, porte-parole de la CGT : « Air France est l’un des poumons économiques de la région, le plan va entraîner une paupérisation de la Seine-Saint-Denis et de l’Île-de-France, et aura des conséquences sur les sous-traitants, à qui la compagnie a demandé de baisser leurs prix de 20 %. Chez ces prestataires, les salariés sont déjà à peine au-dessus de 1 000 euros par mois, cela va encourager le dumping social et le non-respect du droit, et accélérer le rythme des changements de marché. » Pour Serge Nybelen, de l’union locale CGT de Roissy, qui regroupe 150 bases syndicales sur la plate-forme, « le plan Transform 2015 va dégringoler sur les sous-traitants avec violence, avec des baisses d’effectifs et des conditions de travail dégradées ».

«On est 90 000 sur la plate-forme, c’est dire le poids qu’on pourrait avoir si on lançait un mouvement de l’ensemble des salariés », a lancé Danièle Hanryon, de la CGT d’ICTS, une des entreprises de sûreté aéroportuaire qui a connu la grève en décembre dernier, tandis que Makan-Oulé Dembele, délégué syndical CGT chez TFN (nettoyage), appelait de ses vœux un « blocage de la plate-forme ». Pour l’union départementale CGT, Hervé Ossant, secrétaire général, a souligné la nécessité de « faire converger les luttes » face à une austérité qui n’est « pas la solution mais le problème », et a annoncé l’organisation d’une « marche pour l’emploi » en Seine-Saint-Denis, en janvier prochain.

10.000. C’est le nombre de suppressions de postes parmi les personnels au sol d’Air France qui auront été réalisées en six ans, à l’issue du plan Transform 2015, d’après la CGT.

Fanny Doumayrou




Edité par T 34 - 31 Oct 2012 à 17:42
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Les salariés de Bricorama pourront se reposer le dimanche

La Cour d'appel de Versailles a ordonné mercredi à l'enseigne de bricolage Bricorama de ne plus ouvrir le dimanche en Ile-de-France sans avoir obtenu de dérogation, confirmant ainsi un jugement en première instance. L’enseigne fermera ses 31 magasins ouverts illégalement le dimanche, à partir du dimanche 11 novembre.

Dans son arrêt, la cour d'appel confirme le jugement de première instance, qui "fait interdiction à la société Bricorama France d'employer des salariés le dimanche dans tous les magasins visés par les demandeurs sans avoir obtenu au préalable une dérogation administrative". L'enseigne, qui emploie 2.614 salariés dans ses 95 magasins français, dont une trentaine en Ile-de-France, compte 300 collaborateurs réguliers travaillant le dimanche. Le groupe Bricorama a indiqué vouloir se pourvoir en cassation et avoir déposé des référés pour faire condamner pour concurrence déloyale "tous les autres magasins de bricolage ouvrant le dimanche".

En janvier, à la demande du syndicat Force Ouvrière et au nom du respect du repos dominical, "moment essentiel pour se retrouver en famille et se reposer", Bricorama avait été condamné à ne plus ouvrir le dimanche sous peine d'une astreinte de 30.000 euros par établissement. L'enseigne avait fait appel de cette décision qui s'appliquait à l'ensemble de ses magasins en Ile-de-France. Elle avait dénoncé une "injustice", rappelant que le bricolage, troisième loisir des Français, était exclu de la liste des commerces autorisés le dimanche, contrairement à l'ameublement et au jardinage.

Malgré le caractère non suspensif de son appel, le groupe, qui réaliserait 15% de son chiffre d'affaires le dimanche, avait maintenu coûte que coûte ses ouvertures dominicales. Constatant que l'interdiction avait été bravée, le syndicat FO avait de nouveau saisi le tribunal de grande instance de Pontoise pour réclamer la liquidation des astreintes. Cela représente au total le versement d'un peu plus de 18 millions d'euros, c'est-à-dire 30.000 euros pour chacun des 30 magasins sur une vingtaine de dimanches.

Le tribunal avait finalement décidé mi-septembre de surseoir à statuer, en attendant la décision de la cour d'appel.

  • Lire aussi :

Bricorama : plus que jamais, défendre le repos dominical (Ian Brossat)

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La justice valide le « plan social » du Ritz

Le tribunal de grande instance de Paris a débouté la CGT, qui demandait l’annulation du PSE « frauduleux » mis en place par le Ritz pour ses deux ans de fermeture pour travaux. Le syndicat a annoncé qu’il fera appel.

La justice a validé hier le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) assorti d’un plan de départs volontaires (PDV) mis en place par le Ritz pour ses 470 salariés, pour gérer la période de deux années de fermeture pour travaux. Le tribunal de grande instance de Paris a débouté le syndicat CGT qui avait demandé l’annulation du plan, qu’il estimait « frauduleux ». À l’audience du 11 septembre, l’avocate de la CGT, Marie-Laure Dufresne-Castets, avait plaidé que les 470 emplois n’étaient pas supprimés et que le Ritz avait effectué un montage pour « contourner le droit » et faire porter une partie du coût de la fermeture à la collectivité, puisque des salariés allaient pointer à Pôle emploi. En face, l’avocat du Ritz avait répliqué que le plan, assorti de primes incitatives, était « extrêmement satisfaisant », avec pour preuve le fait que la majorité des salariés avaient choisi le départ volontaire. «Il semble que le tribunal se soit aligné sur la jurisprudence Viveo », qui ne permet pas l’annulation d’un PSE pour absence de motif économique, a expliqué hier Claude Lévy, de la CGT, qui a annoncé que le syndicat fera appel. Par cette action, la CGT veut éviter que les palaces parisiens, dont plusieurs doivent fermer pour rénovation, ne s’inspirent du Ritz au lieu de maintenir les emplois et les salaires pendant la durée des travaux.

Fanny Doumayrou

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De l’élevage à la découpe, le porc a la tête sur le billot

Le gouvernement entend mettre en place, d’ici à la fin janvier 2013, une stratégie de sauvetage de la filière porcine. Une urgence, alors qu’éleveurs et entreprises d’abattage sont en souffrance.

Le porc va mal. Les producteurs se sont retrouvés, hier, avec les entreprises de transformation et les distributeurs, autour d’une table ronde organisée par ministère de l’Agriculture. Objectif : aboutir à la mise en œuvre, fin janvier 2013, d’une stratégie de redressement de la filière, tout entière en souffrance. Côté éleveurs, « nous perdons en moyenne 16 centimes au kilo depuis dix ans, 24 centimes sur ces cinq dernières années », relève Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes-d’Armor. « Sans nos quelques hectares de céréales et les aides de la PAC, nous serions tous finis. » La production, après s’être fortement intensifiée, a décru, affichant une baisse de 2,6 % entre 2002 et 2010 (1). En bout de course, les abattoirs fonctionnent en surcapacité chronique. Alors que l’on s’attend à une baisse de la production d’environ 3 % en 2012, suivie d’une autre encore plus affirmée en 2013, le risque d’une casse industrielle est jugé imminent. En septembre, déjà, le groupe Gad, l’un des plus importants, annonçait la suppression de 140 postes d’intérimaires. Pourquoi cette hécatombe ? Mises en cause par tous, les hausses récurrentes des prix des matières premières. Alors qu’une nouvelle flambée était enregistrée cet été, la production affichait, dans le Grand Ouest (2), une chute de 5 % à 6 % entre juillet et septembre. La grande distribution aussi se fait unanimement épingler, pour n’avoir pas répercuté la fugace hausse du prix du porc enregistrée cet été.

La FNSEA pointe, en outre, « l’effet environnement » (voir encadré), ainsi que les pratiques de dumping social de l’Allemagne et de l’Espagne, dont les productions ont respectivement augmenté de 23 % et de 10 % depuis 2002 (1). La Confédération paysanne, enfin, accuse un système de surproduction qui a conduit à tirer l’ensemble des prix vers le bas. « Il faut des mécanismes de maîtrise de la production afin de mieux adapter l’offre à la demande », souligne Pierre Brosseau, responsable de la commission porc. Tous, syndicats, industriels, distributeurs, doivent se réunir en groupe de travail dès novembre.

(1) Rapport du Conseil général 
de l’alimentation, de l’agriculture 
et des espaces ruraux, janvier 2012.

(2) Région où se concentrent 
plus de 72 % de la production

Rebutantes mises aux normes D’ici le 1er janvier, les éleveurs de porcs devront avoir mis leurs installations aux normes européennes dites « bien-être animal », ce qui en inquiète beaucoup. « Près de 10 % des exploitants n’ont pas déposé de dossier de mise aux normes, certains parce qu’ils ont des difficultés financières, d’autres parce qu’ils sont découragés par la lourdeur des contraintes administratives », notent Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FPN, affiliée à la FNSEA). L’organisation revendique leur allégement ainsi qu’une aide au financement des infrastructures.

Marie-Noëlle Bertrand

Les Russes sauveront-ils Florange ?

Severstal aurait manifesté de l’intérêt pour les hauts-fourneaux. Les syndicats restent prudents.

Selon le quotidien les Échos, le gouvernement aurait reçu des marques d’intérêt émanant de plusieurs groupes en vue d’une reprise des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal de Florange (Moselle). Le géant russe ­Severstal qui, en 2006, avait tenté de contrer l’OPA de Mittal sur Arcelor, aurait entamé des ­discussions sur le rachat partiel du site lorrain. Un émissaire de l’oligarque Alexeï Mordachov se serait déjà rendu sur place pour visiter les installations. Mais, tout en révélant cette information, le journal économique la prend avec des pincettes : d’après un analyste moscovite qu’il cite, le site de Florange serait « bien trop vieux et inefficace pour Severstal, qui a déjà compris que c’est beaucoup trop cher de produire de l’acier en ­Europe ». L’AFP prend le relais avec un autre « expert » russe, qui ne croit pas que « qui que ce soit achète en ce moment des actifs en France, ils ne sont pas rentables ».

Au ministère du Redressement productif, l’entourage d’Arnaud Montebourg, qui a obtenu de Lakshmi Mittal un délai jusqu’au 1er décembre afin de trouver un repreneur pour les hauts-fourneaux, n’a « ni confirmé ni infirmé la piste Severstal ». De son côté, le groupe russe dit « ne pas commenter les rumeurs ». En ­Moselle, les syndicalistes ne s’emballent pas. « C’est la première bonne nouvelle depuis quinze mois, mais on va rester très prudents, invite Édouard Martin, syndicaliste CFDT. Cela nous conforte en tout cas dans l’idée que cette usine peut intéresser des ­repreneurs, contrairement à ce qu’ont pu dire des oiseaux de mauvais augure. » Délégué CGT, Jean Mangin redoute un « écran de fumée ». « Ça n’est pas un repreneur partiel qui va garantir les emplois, souligne-t-il. Seule une reprise totale du site de Florange assurerait une cohérence industrielle. Notre atout essentiel, c’est que le site soit intégré. »


Élections dans les TPE :  deux listes bidon invalidées

À la suite de recours déposés par la CGT et la CFDT, le tribunal d’instance du 15e arrondissement a invalidé, lundi, deux des listes fantaisistes présentées pour les élections dans les TPE, intitulées Libres et Syndicat antiprécarité.

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Edité par T 34 - 01 Nov 2012 à 21:23
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travail du dimanche

Tous ouverts ou tous fermés ?

La distorsion de concurrence peut se résoudre par une généralisation des fermetures.

Dans cette affaire des dimanches, les salariés de Bricorama sont soumis à une pression intense de la part de la direction. Depuis des mois, celle-ci répète que, si jamais elle devait payer les 18 millions d’astreinte demandés par Force ouvrière, ce serait une catastrophe économique. Hier dans le Parisien, la chargée de communication de l’entreprise affirme que « le versement des primes et de l’intéressement des 2 500 salariés français sera supprimé cette année » si l’astreinte est liquidée. Et que si les magasins devaient tous fermer le dimanche, certains seraient menacés de fermeture définitive car « ils ne deviendraient plus assez rentables », puisque Bricorama affirme réaliser 15 % de son chiffre d’affaires ce jour-là. « Bricorama est en danger », résume le PDG de l’enseigne, qui a dégagé l’an dernier 24,1 millions d’euros de bénéfices, pour un chiffre d’affaires de 951 millions d’euros.

En faisant ce chantage à l’emploi, le PDG Jean-Claude Bourrelier pousse depuis janvier pour obtenir du gouvernement une dérogation permanente, accordée au secteur du bricolage. Il souligne notamment, à juste titre, la distorsion de concurrence introduite par la création des périmètres d’usage de consommation exceptionnel (Puce), qui fait qu’à quelques kilomètres de distance, certains magasins ayant les mêmes caractéristiques peuvent, ou non, ouvrir légalement le dimanche. Dans le Parisien, hier, il affirme que les Leroy-Merlin et les Castorama ont fait jouer leurs relations pour que leurs établissements fassent partie de ces Puce, ce que n’a pas fait Bricorama, qui se retrouve aujourd’hui épinglé par la justice.

La bonne concurrence ne passe pourtant pas forcément par une ouverture généralisée des commerces, comme finit par le reconnaître Jean-Claude Bourrelier en appelant, dans le Figaro, les politiques à « mettre en place une règle équitable : soit tous les magasins sont ouverts, soit ils sont tous fermés le dimanche ».

Bricorama perd une nouvelle bataille du dimanche

La cour d’appel de Versailles a confirmé, mercredi, l’interdiction faite à l’enseigne de bricolage d’ouvrir le dimanche sa trentaine de magasins en Île-de-France. Bricorama annonce un pourvoi en cassation et des actions contre ses concurrents.

C’est un sérieux avertissement pour les employeurs du commerce, après des années d’ouverture dominicale illégale en toute impunité. Mercredi, la cour d’appel de Versailles a confirmé le jugement du tribunal de grande instance de Pontoise du 6 janvier dernier, interdisant à la société Bricorama d’employer, le dimanche, des salariés dans sa trentaine de magasins d’Île-de-France, sans avoir obtenu au préalable de dérogation administrative. Et la condamnant à payer, en cas de non-respect, une astreinte de 30 000 euros par magasin et par dimanche d’ouverture au syndicat Force ouvrière, à l’origine de l’action en justice.

« Les juges ne se sont pas laissé manœuvrer par l’enseigne », s’est félicitée la fédération FO du commerce, satisfaite de voir l’arrêt réaffirmer le principe du repos du dimanche dans l’intérêt des salariés, et 
infliger un camouflet au lobbying intense déployé par Bricorama. Depuis le début de l’affaire, en effet, l’enseigne est consciente de ses faibles chances de victoire devant les tribunaux. Elle ne conteste pas que, tous les dimanches, ses magasins de région parisienne sont ouverts depuis des années sans autorisation administrative. Et sait que si la loi Maillé d’août 2009 a élargi les possibilités de dérogation au repos dominical dans les zones touristiques et dans les « périmètres d’usage de consommation exceptionnel » (Puce), ses établissements n’entrent pas dans ces cas de figure. D’où la tentative de 
déplacer le débat sur le terrain politique, pour obtenir une modification de la loi.

Bricorama décidé à poursuivre la bataille

Après sa condamnation en janvier, Bricorama fait appel, maintient ses magasins ouverts, et entame son lobbying auprès du gouvernement. Non sans succès puisque, dès mars, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, annonce un décret accordant aux enseignes de bricolage une dérogation permanente, sur le modèle des magasins de meubles ou de jardinage. Avec le changement de gouvernement, le projet tombe à l’eau, mais Bricorama maintient le cap. Fin juin, Force ouvrière menace de saisir le juge de l’exécution pour faire payer les astreintes, qui s’élèvent à 18 millions d’euros pour une vingtaine de dimanches ouverts. Le syndicat propose d’abandonner les poursuites à condition que l’enseigne ferme ses magasins et reverse la somme aux salariés. Bricorama ayant décliné l’offre, FO saisit le juge qui, à la mi-septembre, reporte sa décision pour attendre la position de la cour d’appel. Un sursis que Bricorama emploie pour intensifier son lobbying. Dénonçant la distorsion de concurrence avec les enseignes qui ouvrent le dimanche, déclarant que le paiement des astreintes menacerait 500 emplois (sur un effectif de 2 614) et la pérennité de certains établissements, il se paie des pages de propagande dans la presse, fait distribuer une boîte à outils aux parlementaires, obtient d’être reçu au ministère du Travail. Lundi, à deux jours de la décision de la cour d’appel, il publie un sondage indiquant que 50 % des Français et 76 % des Franciliens sont favorables à l’ouverture des grandes surfaces le dimanche.

Mercredi, le PDG Jean-Claude Bourrelier s’est dit « abasourdi » par la décision de justice, mais poursuit la bataille. Alors que la justice se prononcera, le 9 novembre, sur la liquidation des astreintes, il annonce un pourvoi en cassation et le dépôt d’assignations en référé contre ses concurrents ouvrant le dimanche. Mais, alors que ses avocats lui conseillent de fermer ses magasins concernés dès dimanche prochain pour se conformer à la décision de justice, il confie au Parisien que la décision n’est pas encore prise.

un salarié sur trois concerné En 2011, pas moins de 29 % des salariés ont travaillé le dimanche, soit de façon occasionnelle (16 %), soit de façon habituelle (13 %), d’après une étude de la Dares publiée lundi. En tête des travailleurs du dimanche figurent ceux des secteurs participant à la protection et à la sécurité des personnes (gendarmes, pompiers…), concernés à 80 %. En deuxième place, figurent les personnels du secteur médico-social, 60 % travaillant le dimanche. En troisième position, les salariés qui participent à la continuité de la vie sociale, regroupant l’hôtellerie-restauration, le commerce, les transports, 
les loisirs et la culture, sont concernés à 50 %. En dix ans, le taux de salariés du dimanche a grimpé de quatre points.

Fanny Doumayrou

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Pierre Khalfa : "C’est une véritable cure d’austérité que le gouvernement prépare"

Gallois%20au%20rapport

Le président de la fondation Copernic, qui a signé un rapport intitulé « En finir avec la compétitivité » (ci-dessous), réagit aux mesures annoncées par le gouvernement qui reprend pour l’essentiel les préconisations du rapport Gallois. Extraits.

Quelle est votre appréciation globale des mesures annoncées par le gouvernement ?

Pierre Khalfa. Le gouvernement reprend pour l’essentiel les préconisations du rapport Gallois qui lui-même reprenait principalement les propositions du patronat.

Quel regard portez-vous sur le transfert annoncé d’une partie de la fiscalité des entreprises vers les ménages ?

Pierre Khalfa. Le rapport Gallois préconisait un transfert direct des cotisations patronales sur les ménages, les mesures du gouvernement prévoient un transfert indirect par le biais du crédit d’impôts. C’est un cadeau au patronat de 20 milliards d’euros. L’augmentation de la TVA qui en finance une partie est particulièrement injuste puisqu’elle touche de manière disproportionnée les classes populaires qui consomment l’essentiel de leur revenu. Il s’agit d’un retour de la « TVA sociale » de Nicolas Sarkozy que François Hollande avait condamnée et que son gouvernement a abrogée. C’est un reniement majeur. De surcroît,  les ménages payeront deux fois. Car une nouvelle baisse des dépenses publiques de 10 milliards d’euros est également prévue. Elle s’ajoute à celles déjà programmées d’ici 2017. C’est une véritable cure d’austérité que le gouvernement prépare.

Cette mesure est-elle de nature 
à permettre la relance de l’économie ?

Pierre Khalfa. Alors que l’économie stagne, que l’investissement des entreprises est au plus bas, couper dans les dépenses publiques et réduire la consommation des ménages, en augmentant la TVA, ne peut qu’entraîner la France dans une logique récessive qui enfoncera le pays dans la crise. Les allégements de cotisations sociales représentent déjà plus de 30 milliards d’euros en contrepartie desquels le patronat s’était engagé à embaucher. Résultat : un simple effet d’aubaine. Même la Cour des comptes a indiqué que l’effet sur l’emploi est incertain.

Ces mesures visent la réduction du « coût 
du travail ». Est-ce le véritable problème ?

Pierre Khalfa. En France, le coût du travail dans l’industrie est inférieur à celui de l’Allemagne. Mais le coût du capital n’est jamais abordé. Les dividendes versés aux actionnaires en 2010 représentaient 9 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières, contre 5,6 % en 1999. Il faut s’attaquer à la financiarisation des entreprises. Leurs dépenses en recherche et développement, par exemple, sont passées de 44 % des dividendes en 1992 à 25 % aujourd’hui. Il existe de multiples solutions pour bloquer cette financiarisation, comme limiter le montant des dividendes versés aux actionnaires.

Vous avez signé un rapport intitulé « En finir avec la compétitivité » (1). En quoi cette notion, sur laquelle prend appui le gouvernement, 
vous paraît-elle nuisible ?

Pierre Khalfa. L’objectif de la compétitivité est de réduire la masse salariale, et donc la demande intérieure, pour exporter et gagner des parts de marché contre ses voisins. Or aujourd’hui les économies de l’Union européenne sont totalement intégrées et les excédents commerciaux des uns sont les déficits des autres. Croire que l’on peut transformer tous ces pays en exportateurs sur le modèle allemand est une illusion dont la conséquence, avec la réduction de la demande interne, est un effet récessif global. Cette notion est mortifère : elle favorise la concurrence de tous contre tous et la guerre économique permanente au lieu d’un modèle de développement basé sur la coopération, sur la satisfaction des besoins sociaux et sur la transition écologique.

  • Le rapport intitulé" En finir avec la compétitivité" (Attac/Fondation Copernic) 

 

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Quatre raisons de rejeter le plan de compétitivité du gouvernement

Un soutien aux entreprises sans grande contrepartie, sur le dos de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics. Les reproches à l'encontre du pacte national de croissance et de compétitivité dévoilé ce mardi par Jean-Marc Ayrault ne manquent pas

Le Premier ministre ne s'en est pas caché devant les députés ce mardi. Son plan pour relancer la compétitivité de l'économie française a d'abord pour vocation de "redonner des marges à nos entreprises". Le crédit d'impôt de 20 milliards d'euros en faveur des entreprises est "une nécessité, une ardente obligation", a-t-il lancé.

  • Un plan au service du capital

"On reste enfermé dans le postulat que c'est le coût du travail qui freine la croissance économique", lui objecte André Chassaigne. Le patron du groupe Front de gauche à l'Assemblée déplore: "Ces mesures considèrent qu'il faut financer l'investissement du privé de façon prioritaire mais au détriment de l'investissement public. On fait l'impasse complète sur le coût du capital, les prélèvements financiers des entreprises c'est-à-dire les intérêts, les dividendes aux actionnaires".

Jean-Luc Mélenchon lui emboite le pas sur TV5 Monde. " Pourquoi parle-t-on toujours du prix du travail et jamais du prix du capital? Comment se fait-il que dans notre pays on paye deux fois plus d'argent aux actionnaires qu'on en donne en cotisation sociale aux travailleurs? On fait comme si le capital n'y était pour rien, c'est seulement le travailleur, ce pelé, ce galeux qui doit payer davantage et être payé moins lui-même." Le co-président du Parti de gauche relève: "C'est un choc qui est fait où on transfère sur le dos de la masse des travailleurs contribuables ce qui ne sera pas acquitté par l'entreprise au moment de la production de la richesse", a-t-il ajouté.

 

  • Sans condition ni contrôle

Les conditions posées par Jean-Marc Ayrault au versement des 20 milliards d'euros pour les entreprises semblent particulièrement floues et peu contraignantes.  "Les comités d'entreprise devront être régulièrement informés de l'utilisation du crédit d'impôt", prévoit le premier ministre. Par ailleurs, "un comité de suivi du pacte associant l'Etat et les partenaires sociaux sera mis en place pour dresser à intervalles réguliers un constat partagé sur le bon fonctionnement du dispositif. Enfin, il appelle les entreprises à l'"exemplarité en matière de rémunération et de civisme fiscal, comme en matière de gouvernance".

Pas de quoi rassurer Henri Emmanuelli. "Dubitatif", le député des Landes et ancien ministre du Budget, Henri Emmanuelli, se demande "pourquoi est-ce que cela concerne toutes les entreprises alors qu'il y en a impactées par la mondialisation (ayant) un problème de compétitivité et d'autres pas, dans la banque ou l'assurance ou la distribution ?" Comme d'autres, l'élu craint que le crédit d'impôts sur les sociétés serve la distribution de dividendes et non l'investissement".

 

  • Rien pour les salaires et le pouvoir d'achat

"C'est un véritable coup de massue contre le pouvoir d'achat. Un choc oui, mais un choc avant tout pour celles et ceux qui, 6 mois après la défaite de Nicolas Sarkozy jour pour jour, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d'austérité", s'exclame Pierre Laurent dans un communiqué.

Le secrétaire national du PCF déplore que ces 20 milliards de crédit d'impôts aux entreprises soient financés pour moitié par une hausse de la TVA de 19,6% à 20%, soit l'impôt le plus injuste et qui touche le plus les classes populaires; par des coupes budgétaires dans les services publics de l'autre. Il aurait préféré d'autres mesures.

"Au contraire, le PCF préconise la baisse des charges financières d'intérêts et des dividendes qui étouffent le système productif français. Simultanément, il faut soutenir l'emploi, les qualifications et la demande avec la mise en place d'un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d'intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d'emplois et de formation", ajoute-t-il.

 

  • Les services publics vont payer

Le gouvernement devra trouver 10 milliards d'économies dans son budget ainsi que dans celui des collectivités locales.

"Cela va taper où" se demande Jean-Claude Mailly, leader de FO qui juge pourtant le plan gouvernemental assez positivement. Idem pour l'UNSA: "Les économies réalisées sur les dépenses publiques ne risquent-elles pas de mettre en cause les interventions de l'Etat?"

Ces interrogations sont d'autant plus cruciales que le gouvernement pourrait être contraint à un collectif budgétaire drastique pour coller au dogme du 3% de déficits publics. Soit des coupes claires dans les services publiques qui s'ajouteraient aux 10 milliards d'efforts demandés par le plan de compétitivité énoncé par Jean-Marc Ayrault ce mardi.

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Compétitivité : la "quasi totalité" du rapport Gallois reprise par le gouvernement

 

Crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour les entreprises, hausse de la TVA, fiscalité écologique...  Le Premier ministre a annoncé que le "pacte de compétitivité" du gouvernement "reprend la quasi-totalité des préconisations" du rapport Gallois qui en compte 22. Le détail des principales mesures annoncées.

"Nous ouvrons une étape majeure et décisive dans la sortie de crise de notre pays et de son économie", a déclaré le Premier ministre à Matignon à l'issue d'un séminaire gouvernemental au lendemain de la remise du rapport Gallois sur la compétitivité des entreprises.

Les principales mesures :

  • Les entreprises bénéficieront d'un crédit d'impôt d'un montant de 20 milliards d'euros. Il s'étalera sur 3 ans : 10 milliards la première année, 5 milliards la seconde et 5 milliards la troisième. Il portera sur les salaires compris entre un et 2,5 fois le Smic".
  • Les taux de la TVA vont changer au 1er janvier 2014. La TVA sur les produits de première nécessité à 5,5% passe à 5%. La restauration et les travaux de rénovation de logement passent de 7% à 10%. Le taux normal, actuellement à 19,6%, augmente à 20%. 
  • Un groupe de travail sur la fiscalité écologique annoncé lors de la conférence environnementale conduira ses travaux dans la perspective de la mise en place d'une recette d'au moins 3 milliards d'euros d'ici à 2016.
  • Baisse des dépenses de l'Etat de 10 milliards en 2014 et 2015.
  • Un projet de réforme bancaire serait soumis au Conseil des ministres du 19 décembre.
  • Améliorer les dispositifs favorisant la détention et transmission d'entreprises.
  • Aider les jeunes entreprises innovantes.
  • Un fonds de 500 millions d'euros pour les PME "confrontées à des difficultés de trésorerie" pour favoriser les "incitations aux investissements dans les PME".
  • Porter "le nombre d'apprentis à 500.000".

Rapport Gallois / Ayrault : « un coup de massue contre le pouvoir d'achat » (Pierre Laurent)

Jean-Marc Ayrault a annoncé que le gouvernement reprendrait la « quasi-totalité » des préconisations du rapport Gallois. Tout en ne suivant pas la voix d'une baisse des cotisations sociales, il confirme le choix d'un « choc de compétitivité », dès 2013, qui boostera les profits des entreprises de 20 milliards d'euros. Cela prendrait la forme d'un crédit d'impôt indexé sur la masse salariale jusqu'à 2,5 fois le SMIC, équivalent à une baisse de 6 % du « coût du travail ».
La perte de recettes pour l’État serait compensée, dès 2014, par une nouvelle baisse des dépenses publiques (10 milliards d'euros) et une hausse des impôts indirects (10 milliards d'euros) qui concernera la TVA, frappant aveuglément la consommation populaire.

Simultanément, le gouvernement entend mettre en place  une « nouvelle fiscalité écologique »  avec un prélèvement supplémentaire possible (3 milliards d'euros)  sur la consommation.
Les profits accrus ainsi dégagés iront principalement vers le placements financiers et les délocalisations puisque la demande intérieure s'en trouverait encore plus handicapée. En effet, le manque à gagner pour l’État serait payé cash en rationnement des services publics et en prélèvements accrus sur le pouvoir d'achat et la consommation, laquelle représente 56 % de la demande finale en France.

C'est un véritable coup de massue contre le pouvoir d'achat. Un choc oui, mais un choc avant tout pour celles et ceux qui, 6 mois après la défaite de Nicolas Sarkozy jour pour jour, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d'austérité.

Au contraire, le PCF préconise la baisse des charges financières d'intérêts et des dividendes qui étouffent le système productif français. Simultanément, il faut soutenir l'emploi, les qualifications et la demande avec la mise en place d'un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d’intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d’emplois et de formation.
Une relance des services publics, soutenant la demande et l'efficacité de l'offre, avec l'exigence que la BCE en finance directement l'expansion en Europe est plus que nécessaire.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Rapport Gallois: compétitivité, un choc contre le travail (décryptage)

La mise en œuvre d’un « choc de compétitivité » par une baisse massive de cotisations sociales serait une impasse économique. Le but véritable 
de l’opération ? 
Réduire la masse salariale pour mieux servir le capital. 
La crise appelle 
un nouveau mode de développement. Décryptage avec l’économiste Nasser Mansouri.

  • À qui profite la compétitivité ?

« La crise systémique en cours doit nous faire réfléchir. Pour reprendre une formule d’Einstein, on ne peut résoudre les problèmes avec les modèles de pensée qui les ont engendrés. Nous sommes dans un monde mondialisé où, sous la pression du capital et des firmes multinationales, l’élément essentiel est devenu la mise en concurrence des travailleurs et des systèmes socioproductifs, des régimes de protection sociale, au bénéfice des firmes multinationales. La compétitivité renvoie à cette conception : il faut être plus fort par rapport aux autres. Mais qui va être gagnant, qui sera perdant ? En regardant ce qui s’est passé au cours des trente dernières années, on voit que les gagnants sont les détenteurs de capitaux et la partie la plus riche de la population partout dans le monde. Et les perdants, les salariés, les sans-emploi, les retraités. Une régression, dans la mesure où les richesses créées par le travail sont de plus en plus accaparées par les détenteurs de capitaux. Si on veut sortir de cette crise, ce qui est en jeu, c’est de dépasser cette mise en concurrence des travailleurs et des systèmes socioproductifs, et d’établir des coopérations permettant le développement et le progrès social partout dans le monde. Plutôt qu’en termes de compétitivité, mieux vaudrait donc poser la question : quelle performance globale, ou quelle efficacité économique et sociale pour répondre aux besoins qui s’expriment dans nos sociétés, en France, en Europe ou dans le monde ? »

  • Capital, travail, qu’est-ce qui coûte vraiment à l’économie française ?

« Les déterminants de la compétitivité sont de deux ressorts : compétitivité coût et compétitivité hors coût. Bizarrement, lorsqu’on parle de compétitivité coût, le débat est focalisé sur le coût du travail. Or, il y a deux facteurs de production : le travail et le capital. Qu’est-ce qui coûte vraiment à l’économie française ? Si on prend le cas des entreprises non financières (industrielles et de services), leur masse salariale a été multipliée par 3,6 depuis une trentaine d’années. Pendant ce temps, la somme des dividendes versés aux actionnaires a été multipliée par 20. Si le travail était vraiment l’élément de blocage de l’économie, il aurait fallu que le rapport soit inverse. Non, ce qui a coûté pendant ces trente années, c’est le capital qui s’est accumulé et dont le coût s’est renchéri. Si on prend en compte les revenus de propriété versés aux propriétaires, dont les dividendes, ainsi que les charges d’intérêts des entreprises, on voit la même chose : ces charges augmentent beaucoup plus vite que les autres postes dans les comptes des sociétés. Et cela a un impact négatif sur l’emploi et l’investissement : depuis 2003, le montant des dividendes dépasse les investissements réalisés dans les entreprises. Quant à la compétitivité hors coût, donc tout ce qui a trait à la qualification des travailleurs, à la recherche et développement, à l’innovation, en France, ce sont des éléments de faiblesse. Par exemple, les dépenses de R&D représentent 2,21 % du PIB, contre 2,8 % en Allemagne, 3,4 % en Suède, 3,9 % en Finlande, près de 3 % aux États-Unis et 3,5 % au Japon. Rappelons que l’objectif de Lisbonne était de 3 %. »

  • Un choc contre la rémunération du travail

« Les cotisations sociales, c’est du salaire socialisé. Quand le patronat demande un choc de compétitivité en baissant de 40 milliards les cotisations, cela signifie concrètement qu’il demande une baisse de salaires, de la masse salariale, d’autant. Le coût sera reporté sur les ménages, avec tous les effets négatifs que cela induit sur la consommation, la demande intérieure, et in fine la croissance économique. On nous dit qu’il faut le faire pour affronter la concurrence. Mais cette baisse de cotisations, le patronat la demande pour toutes les entreprises, tous les secteurs, même ceux qui ne sont pas exportateurs et ne sont pas menacés par des concurrents qui viendraient de l’extérieur. La concurrence est un prétexte : l’enjeu, en vérité, c’est moins pour le travail, plus pour le capital. Admettons qu’on baisse de 5 points par exemple les cotisations. Dans le secteur de l’automobile, devenu déficitaire en quelques années, pour une voiture vendue 10 000 euros, cela permettrait de baisser le prix de 60 euros. Pense-t-on vraiment qu’on va résoudre comme cela notre déficit commercial ? On cherche en réalité à éviter ce constat : les constructeurs n’ont pas eu une stratégie de développement sur le long terme, la politique de délocalisation a été désastreuse. Et derrière cela, il y a la question fondamentale de la conception du travail : est-ce un coût à réduire, ou bien un atout pour la société qu’il faut valoriser ? »

  • Le rôle clé de l’investissement public

« L’appel lancé récemment par 98 patrons dit : “L’État doit dépenser moins.” Mais ils ne précisent pas quelles dépenses… L’investissement public joue un rôle déterminant pour l’environnement des entreprises, les infrastructures. Aujourd’hui, les deux tiers des investissements publics sont réalisés par les collectivités locales, lesquelles sont confrontées au problème de financement et ont du mal à avoir accès au crédit bancaire. Par ailleurs, la puissance publique, État et collectivités, accorde chaque année quelque 170 milliards d’euros aux entreprises sous forme d’aides, abattements, exonérations. Pour quelle efficacité ? Mais quand le patronat parle de diminuer les dépenses publiques, il ne parle pas de celles-là. Dans la mesure où ils veulent payer moins d’impôts, et ne veulent pas remettre en cause ce genre de dépenses, l’économie porterait sur les dépenses socialement et économiquement utiles. »

  • Le contre-exemple de l’Allemagne

« Derrière la compétitivité, l’idée c’est que le salut viendrait essentiellement des exportations, qu’on aurait besoin d’une stratégie axée sur les exportations. Or, historiquement on le voit, une telle stratégie ne permet pas d’avoir un développement équilibré. Les pays exportateurs de pétrole en fournissent un exemple caricatural. L’essentiel du commerce extérieur des pays européens se réalise en Europe. Qu’est-ce que cela signifie ? Si tous les pays européens voulaient exporter, cela conduirait à une stratégie d’appauvrissement des voisins. Chacun voulant augmenter sa part sur un marché qui est limité et qui se rétrécit avec la généralisation de l’austérité, tout le monde ne peut gagner. On l’a vu en Allemagne avec la stratégie non coopérative mise en œuvre dans les années 2000. En exerçant une forte pression sur les salaires, l’Allemagne a augmenté ses 
exportations, mais au détriment des autres pays de l’UE, y compris la France. Et cela a été aussi catastrophique pour les travailleurs allemands : il y a eu affaiblissement de la consommation des ménages, donc de la demande, et au final une récession plus forte outre-Rhin qu’en France, et la précarité et la pauvreté se sont développées, avec, notamment, les “emplois à deux euros”. On n’a pas besoin d’un “choc” de ce genre, mais d’un nouveau mode de développement répondant aux besoins sociaux. »

  • Changer de mode de développement

« Pour sortir de la crise, il faut changer de mode de développement. Plusieurs leviers pour cela. Si on pense que la crise résulte de la dévalorisation du travail, la clé pour en sortir est de revaloriser le travail. Cela revêt plusieurs dimensions : l’emploi, et l’emploi qualifié en particulier, les salaires, les conditions et le contenu du travail. Pourquoi toujours chercher de la flexibilité du côté du travail ? La rentabilité exigée par les marchés financiers est considérée comme intouchable, et il faudrait moduler le social en fonction de cette exigence : voilà ce qu’il faut inverser. Deuxième levier : la promotion de l’investissement productif, pris au sens large,– les équipements mais aussi l’immatériel, la R&D, la qualification des salariés. Pour ces deux objectifs, il faut se poser la question du financement : comment changer la logique de l’intervention des banques, qui doit être la promotion de l’investissement productif, de l’emploi qualifié, de la recherche ? On voit l’importance d’avoir un pôle financier public. Le taux de change de l’euro est également un facteur important. Toutes ces questions renvoient aussi aux objectifs et au fonctionnement de la Banque centrale européenne. Il faut aussi réformer la fiscalité, en sorte que l’impôt sur les sociétés pénalise les entreprises qui privilégient le versement de dividendes, plutôt que l’investissement productif. Ici aussi des coordinations sont indispensables au niveau européen. Enfin, si la politique économique peut créer un cadre favorable, la stratégie des entreprises compte autant. Il est donc important que les travailleurs puissent intervenir sur les choix de gestion des entreprises afin qu’elles répondent aux exigences de la société. »

propos recueillis par Yves Housson

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Après le rapport Gallois, 20 milliards de crédit d'impôts pour les entreprises

20 milliards d'euros sous forme de crédit d'impôts sur trois ans plutôt que 20 milliards d'euros de baisses des cotisations patronales préconisées par le rapport Gallois. C'est ce que le gouvernement devrait proposer aux entreprises ce mardi après le séminaire interministériel consacré à la compétitivité à Matignon le matin.

"Sauf revirement de dernière minute", cette mesure sera annoncée mardi par le Premier ministre à l'issue d'un séminaire gouvernemental à Matignon, a précisé une source proche du gouvernement citée par l'AFP ce lundi soir, qui confirme une information du Point.

Les services publics et les consommateurs passent à la caisse

Au lieu d'un transfert des cotisations sociales vers la fiscalité, tel qu'il a été préconisé par le commissaire à l'Investissement Louis Gallois, il s'agirait donc d'un chèque aux entreprises dans le but de faire progresser leurs marges qui ont dégringolé ces dix dernières années. Le coût en serait supporté en grande partie par une réduction supplémentaire des dépenses de l'Etat et des  collectivités territoriales dans leurs budgets 2014.

Selon le Point, ce crédit d'impôt aux entreprises se traduirait par une baisse des cotisations sociales de 6% sur les salaires compris entre 1 et 2,5 fois le Smic. Coût total: 20 milliards d'euros. Le gouvernement financerait cette mesure:

  1. en économisant 10 milliards d'euros sur le budget 2014 de l'Etat et des collectivités
  2. en augmentant légèrement le taux principal de la TVA de 19,6% à 20%.
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Pour Jean-Luc Mélenchon : "Tout est à jeter" dans le rapport Gallois

Vidéo. Le député européen et co-président du Parti de gauche a assurer sur les antennes de France Info que "tout est à jeter, il faut reprendre la copie à zéro" au sujet du rapport Gallois sur la compétitivité

L'ex-candidat du Front de Gauche à l'Elysée a dénoncé "une comédie" autour de ce document, avec "pendant des semaines, un matraquage sur le thème: le prix du travail est excessif, répété sur tous les tons et sur toutes les antennes. Ce matin, l'oeuf est pondu et que voyons-nous ? Le prix du travail est excessif !". "Ceci est un mensonge", a tranché l'eurodéputé. "Ce qui coûte cher en France, c'est le coût du capital. On paye deux fois plus d'argent pour les dividendes aux actionnaires qu'on en paye pour les cotisations sociales".

"De Louis Gallois, qui a été à la tête des plus grands entreprises du pays, les plus innovantes, on on attendait mieux que cette misérable redite de la propagande du Medef", a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

"Le moins pire" c'est Obama

Interrogé sur le duel Obama-Romney, Jean-Luc Mélenchon a ironisé: "Je suis bien dressé, comme tout le monde. On nous a conditionnés. Il y a le moins pire et le très pire. Le moins pire, c'est Barack Obama, le très pire, c'est l'autre", a-t-il dit sans citer le nom de Mitt Romney. "Ces deux personnes-là sont d'accord sur l'essentiel. C'est un club très fermé où on entre avec 1 milliard de dollars pour faire campagne en disant du mal de son concurrent. C'est une forme de la démocratie très discutable", a poursuivi l'eurodéputé.

le rapport Gallois taillé sur mesure pour le patronat

Au nom de la compétitivité, le travail de Louis Gallois satisfait largement aux attentes du Medef, préconisant surtout une baisse sans précédent des cotisations sociales, compensée par une hausse de la CSG et de la TVA. Applaudissements à droite, vives critiques à gauche, jusqu’au sein du PS. Pour l'économiste Yves Dimicoli, membre de l'exécutif du PCF, qui répond aux questions de l'Humanité, "la baisse des cotisations entraînerait une hausse des impôts des salariés".

En rendant son rapport 
sur la compétitivité 
de l’économie française, 
Louis Gallois a confirmé la piste pressentie d’une baisse massive des cotisations sociales patronales. Est-ce une solution juste et efficace pour sortir de la crise ?

Yves Dimicoli. Le rapport Gallois insiste sur le besoin d’abaisser 
les cotisations sociales patronales, tout en prétendant qu’il y a d’autres éléments que le coût 
du travail sur lesquels on peut agir pour relancer la compétitivité des entreprises. Cette baisse des cotisations aurait pour contrepartie une hausse 
des impôts et des contributions, contre le pouvoir d’achat des salariés et de leurs familles. Quant aux mesures proposées pour améliorer la « compétitivité hors coût du travail », elles reviendraient à favoriser les profits des entreprises en situation d’exporter, d’innover, de consentir un effort de recherche, au lieu 
de développer l’emploi, 
la formation, les qualifications et 
les salaires avec les investissements nécessaires dans tout le système productif français.

Mais ce « choc de compétitivité » est présenté comme profitable, 
à terme, tant aux employeurs 
qu’aux salariés. Qu’en pensez-vous ?

Yves Dimicoli. Le pacte de compétitivité ainsi proposé 
aux Français, au nom du prétendu « patriotisme économique », 
ne ferait qu’accentuer l’insuffisance de demande et de qualifications. Il aggraverait la croissance financière et la spéculation contre le redressement national, avec un bond en avant dans la guerre économique intra-européenne. Enfin, le rapport Gallois, qui ne dit rien à propos de la Banque centrale européenne (BCE), s’inscrit pleinement 
dans le cadre d’un rationnement du financement des services publics avec le respect de 
la contrainte folle de ramener 
à 3 % du PIB le déficit public 
en 2013. Ce faisant, les mesures qu’il propose contribueraient à mettre en cause des facteurs décisifs de soutien de la demande et d’efficacité de la production comme l’éducation, la santé, 
la recherche, les transports, 
le logement…

Quels autres choix 
préconisez-vous ?

Yves Dimicoli. Il y a une alternative possible : la baisse des prélèvements financiers qui asphyxient les entreprises avec les intérêts payés aux banques, les dividendes versés aux actionnaires. Ce sont eux qui minent en profondeur l’efficacité de notre système productif. En 2011, selon les comptes de la nation (Insee), les charges d’intérêts payés aux banques par les sociétés non financières totalisaient 309 milliards d’euros, alors que les cotisations sociales, qui, en finançant la protection sociale, sont un facteur essentiel de productivité, ne coûtaient que 145 milliards d’euros ! Il est possible d’alléger massivement 
ces prélèvements financiers avec 
la mise en œuvre d’un nouveau crédit bancaire pour les investissements matériels et de recherche de toutes les entreprises. Le taux d’intérêt de ce crédit serait d’autant plus allégé, jusqu’à être nul, voire négatif (avec une diminution des remboursements), que les investissements programmeraient plus d’emplois et de formations. Un pôle bancaire public serait chargé de développer ce nouveau crédit, au lieu du quasi-subventionnement des entreprises les plus profitables qui caractérisera les aides de la Banque publique d’investissement (BPI). Quant à la BCE, il faudrait qu’elle finance massivement, 
par création monétaire, une grande expansion des services publics en Europe et que le taux d’intérêt du refinancement dont elle fait bénéficier les banques soit d’autant plus abaissé que leurs crédits aux entreprises servent à des investissements programmant plus d’emplois et de formations.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel

Compétitivité: la restauration veut garder sa TVA réduite

Le "pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi", présenté par Jean-Marc Ayrault ce mardi, prévoit une hausse de la TVA pour la restauration de 5,5% à 7 ou 10%. Mais Bercy ne s'interdit pas d'augmenter jusqu'à 20% cette mesure dont le coût est estimée à 3,2 milliards d’euros par 
la Cour des comptes pour les finances publiques.

"Ce qui est dans le pacte de compétitivité est décorrélé de la concertation qui se poursuit (entre gouvernement et représentants de la branche, ndlr) et qui peut, dans l'absolu, aboutir à une remontée à taux plein", indique ce mardi à l'AFP une source à Bercy. L'enjeu pour les restaurateurs est donc désormais de savoir s'ils seront taxés à terme à 10% ou à 20%, le taux plein étant lui aussi augmenté au 1er janvier 2014, dans le cadre des mesures pour la compétitivité annoncées mardi.

Destruction d'emploi...

De quoi susciter la colère de Didier Chenet. Le président du Synhorcat, deuxième organisation professionnelle de la restauration, conteste la "décision brutale, prise comme ça par le gouvernement" de cette première hausse de la TVA liée au pacte national de croissance. "C'est faire fi de toutes les discussions que nous menons. Il est clair qu'il y aura un nombre d'emplois très important sacrifiés à terme", a-t-il ajouté. La profession avait jusqu'à présent menacé d'une destruction de 10.000 emplois dans le secteur par point de TVA supplémentaire. "Ca va être la baisse du pouvoir d'achat des Français puisque les prix vont augmenter", ajoute Didier Chenet.

... ou opération blanche

Bercy a dores et déjà expliqué que les allègements de charges sur les salaires inférieurs à 2,5 fois le Smic, intégrées elles-aussi dans le pacte du gouvernement, "devrait compenser" selon Bercy la hausse du taux de TVA intermédiaire.

TVA à 5,5%, un bilan incertain. Abaissé en 2009, sous le quinquennat Sarkozy, de 19,6% à 5,5%, le taux de TVA dans la restauration était remonté ensuite à 7%. Le nouveau gouvernement a lancé une concertation sur cet avantage fiscal, pour examiner si les engagements pris par les professionnels en échange (baisse des prix, création d'emplois, conditions d'emplois et investissements) avaient été tenus. Deux réunions de travail doivent encore se tenir avec les professionnels, dont la dernière mi-novembre, où la ministre en charge du dossier Sylvia Pinel présentera son bilan de la TVA réduite.


Rapport Gallois : Rien de neuf sous le ciel libéral (Parti de gauche)

 

Le patronat et l’UMP attendaient Louis Gallois comme le messie des bonnes nouvelles libérales, ils ne doivent pas être déçus : baisse des cotisations sociales, exploitation des gaz de schiste, amplification des contrats d’alternance, fiscalité plus favorable pour l’assurance-vie placée en actions etc ...

Un pas de plus est ainsi franchi dans ce matraquage idéologique sur le coût du travail alors même que les dernières enquêtes démontrent par exemple que la crise de l’automobile vient plus d’une chute de la demande que d’un problème de coût.

Les visions financières et à court terme sont le plus sûr chemin pour poursuivre la descente vers la récession de notre pays.

Le Parti de Gauche s’opposera à toute mesure qui aurait comme conséquence la baisse du pouvoir d’achat (hausse de la TVA et de la CSG) et l’aggravation du réchauffement climatique. Il présentera mi-novembre un contre-budget pour montrer qu’une autre politique est possible.

Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche

Montebourg au créneau sur la compétitivité

Le ministre du Redressement productif préconise une baisse de 20 milliards d’euros des ­cotisations sociales patronales, en contrepartie d’investissements productifs.

Jour J pour le rapport Gallois, commandé par le gouvernement Ayrault pour préparer des réformes visant officiellement à redresser la compétitivité des entreprises françaises. L’ancien président d’EADS remettra le document ce matin au premier ministre. Le lendemain, mardi, à l’occasion d’un séminaire gouvernemental, des premières mesures devraient être annoncées, sachant que, dit-on désormais en haut lieu, après avoir avancé l’idée d’un « choc » de compétitivité, l’action sur cette question devrait être étalée sur la mandature. Quelle sera la marque, dans le rapport Gallois et, surtout, dans ces premières mesures, du formidable pressing organisé par le patronat ces dernières semaines pour obtenir une baisse massive des cotisations sociales, compensée par une hausse de l’imposition des ménages ainsi qu’une réduction des dépenses publiques ? Des débats se sont fait jour au sein du gouvernement, des ministres prenant ouvertement position contre un alourdissement de la CSG dont, rappelons-le, l’essentiel du rendement est tiré des revenus du travail. Mais l’idée, libérale, très contestable (lire notre entretien avec l’économiste Nasser Mansouri pages 12-13), d’une réduction des cotisations patronales pour améliorer la performance des entreprises n’est guère remise en question dans l’équipe gouvernementale. Témoin le « mémorandum en faveur d’un dispositif de relance productive », élaboré par Arnaud Montebourg, révélé par le journal les Échos. Dans ce paquet de propositions, « soumises à l’arbitrage du gouvernement », le ministre du Redressement productif préconise d’étendre le dispositif des allégements de cotisations patronales (qui porte sur les salaires jusqu’à 1,6 Smic) aux rémunérations jusqu’à 2,5 fois le Smic. 3,1 millions de personnes seraient concernées, un peu plus d’un salarié sur cinq, dont 1 million travaillant dans l’industrie. Cette baisse d’environ 8 % du coût du travail s’élèverait à 20 milliards d’euros. Mais elle serait réservée aux entreprises qui investissent dans « de nouveaux produits ou processus ». Arnaud Montebourg en espère la création de « plusieurs centaines de milliers d’emplois ». Pour compenser le manque à gagner pour la Sécu, le ministre prévoit de mettre à contribution « les secteurs protégés de l’économie », tels « la restauration, le secteur bancaire et l’immobilier », et de baisser les dotations de l’État aux collectivités locales et d’accroître les prélèvements sur « les retraités les plus fortunés ». Enfin, de créer « une taxe carbone aux frontières ». De son côté, Benoît Hamon, ministre délégué à l’Économie sociale, a fait entendre hier un autre son de cloche en mettant en garde contre le « choc de pouvoir d’achat immédiat » qu’engendrerait un transfert de 30 milliards de cotisations sociales vers les ménages.

Yves Housson

les Français passent à la caisse pour le plan compétitivité
 

"L’idéologie qui guide ces mesures proposées par Jean-Marc Ayrault reste dans les sillons du libéralisme pour qui travail vivant et secteur public sont un coût à réduire et pas une source de progrès", estime Michel Guilloux qui signe l'éditorial de l'Humanité de ce mercredi.

Le moins pire est-il mieux que le meilleur du pire ? Pierre Dac aurait sans doute eu une réponse affûtée à la question, mais lorsqu’il s’agit de l’état du pays, de ceux qui y vivent, y travaillent ou aspirent à travailler, le rire se fige au jaune. Depuis un an, le Medef pariait sur le cheval Sarkozy pour obtenir un coup de massue de 60 milliards sur les ménages et dépenses publiques afin d’accroître, encore plus, la rentabilité financière de ses mandants. Les Français ayant tranché, le syndicat des grands patrons, la droite revancharde, les « experts » à œillères de la doxa ultralibérale, secourus par le FMI, l’OMC, la Banque mondiale et autres agences de notation financières – dont on se souvient le rôle dans la crise des subprimes puis de la dette publique grecque – tous se sont arc-boutés sur un objectif : ce qu’ils n’avaient pu obtenir par les urnes, ils l’obtiendraient par une offensive à la brutalité sans précédent.

Alors non, ce ne seront pas 60 milliards en une fois mais le tiers sur trois ans à partir de 2014… Il n’en demeure pas moins que le fond de l’analyse demeure, d’où l’embarras d’une bonne partie de la droite qui ne trouve à redire que sur la méthode, répétant en boucle la formule d’« usine à gaz », n’ayant point d’autre critique à porter au fond. Certes, point de baisse directe et massive des cotisations sociales, donc pas d’attaque frontale de la protection solidaire comme en rêvait la réaction. Il n’en reste pas moins que l’impôt indirect, la TVA, pèse sur les ménages et est d’autant plus injuste que son poids est à mesure inverse de la modestie des revenus. Ajoutons la baisse des dépenses publiques, un crédit d’impôt sans aucune contrainte hormis une « transparence » réclamée… L’idéologie qui guide ces mesures reste dans les sillons du libéralisme pour qui travail vivant et secteur public sont un coût à réduire et pas une source de progrès.

S’agissant du secteur financier, le gouvernement envisage de séparer les activités « utiles à l’investissement et à l’emploi » de « leurs opérations spéculatives ». Le mot spéculation fut lâché hier en un lapsus dont beaucoup auront fait leurs choux gras mais là réside bien le cœur du problème. La majorité gouvernementale croit en l’orthodoxie de l’austérité budgétaire – fût-elle « juste » – et espère tirer le pays du gouffre en misant sur la spécialisation de la production dans des secteurs de « pointe ». Comme le soulignait hier Pierre Laurent pour le PCF, « les profits accrus ainsi dégagés iront principalement vers les placements financiers et les délocalisations puisque la demande intérieure s’en trouverait encore plus handicapée ». Nulle part il n’est question de s’attaquer aux 309 milliards d’euros qui, chaque année, vont du fruit du travail vers les dividendes aux actionnaires et le service financier de la dette des entreprises. Ce point aveugle nourrit depuis des années l’enfoncement du pays comme l’idée de fatalité devant la crise.

Les syndicats, tout comme certains jusqu’au sein du Parti socialiste ou de son allié Europe-Écologie-les Verts ont accueilli fraîchement le train de mesures annoncé hier. Seul le Front national se frotte les mains, qui dénonce d’autant plus fort « le retour de la TVA sociale » qu’il ne dit mot sur le cancer financier qui ronge le pays, et hurle le mot « protectionnisme » pour éviter de même que soit mise en débat une éventuelle réorientation de la Banque centrale européenne. La France mérite mieux que la résignation ou le repli raciste et populiste. Et après, tous les rapaces déguisés en pigeons ont montré la voie : les espoirs mis dans la rupture avec le sarkozysme ont plus que jamais à se transformer, à tous les niveaux, en autant de voix audibles pour être entendues du pouvoir actuel.

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Petroplus: un fonds "souverain" libyen candidat à la reprise

La raffinerie Petroplus de Petit-Couronne en liquidation judiciaire, pourrait bénéficier d'un nouveau sursis. Arnaud Montebourg a annoncé que de nouveaux repreneurs potentiels, dont un fonds libyen voudrait proposer une offre.

Selon l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC et la direction, le tribunal de commerce de Rouen qui doit faire le point mardi après-midi sur l'état du dossier pourrait reporter la date limite de dépôt des offres. "Outre les offres formulées par NetOil et Alafandi Petroleum Group (APG), trois nouvelles marques d'intérêt, dont celle du fonds souverain libyen, sont apparues", a assuré Yvon Scornet, porte-parole de l'intersyndicale, en se refusant à citer d'autres noms. De son côté, la direction a évoqué "plusieurs nouvelles manifestations d'intérêt". Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait indiqué ce lundi matin avoir reçu une lettre du fonds souverain libyen lui indiquant vouloir "examiner" le dossier.

Toujours mobilisés ! 

Dès 6 heures ce lundi matin et malgré la pluie battante, des salariés grévistes ont distribué des tracts aux automobilistes sur trois ronds-points qui desservent le port de Rouen. Le mouvement a été soutenu par les partis de gauche et les syndicats qui ont appelé à une journée "ville morte" à Petit-Couronne et Grand-Couronne avec fermeture des magasins durant deux heures et rassemblement à midi devant la raffinerie. En solidarité, la Fédération nationale des industries chimiques (FNIC-CGT) avait appelé à une journée de grève nationale dans toutes les raffineries et les dépôts pétroliers.

Le tribunal de commerce avait prononcé le 16 octobre la liquidation de l'entreprise qui emploie 470 salariés. C’était un véritable coup de massue, puisque le tribunal rejetait les deux offres de reprise en lice, déposées respectivement par APG basé à Hong Kong et NetOil, dont le siège est à Dubaï. Ces candidats prévoyaient pourtant tous deux de conserver tous les salariés et d'investir lourdement sur le site mais le tribunal a estimé qu'ils ne présentaient pas de garanties suffisantes.

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Autoentrepreneur ou gagne-misère ?

Selon un communiqué diffusé vendredi par l’Acoss, 828 400 autoentrepreneurs « administrativement actifs » étaient dénombrés fin août, mais moins de la moitié d’entre eux affichent un chiffre d’affaires positif. Seuls 6,1 % de ces entrepreneurs (environ 47 700) ont déclaré plus de 7 500 euros de chiffre d’affaires pour la même période de référence. Si on fixe la barre à 10 000 euros, leur nombre descend à 24 300.

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L’affaire n’est pas dans le sac !
 
par Slim Ben Achour, avocat
 

Monsieur X est un ouvrier 
depuis 2000 dans une entreprise française 
d’un groupe spécialisé dans le découpage du métal et de la pierre. 
Il y travaille sans aucun problème pendant dix ans… et puis, au printemps 2011, il est licencié pour faute grave (privé de ses indemnités de rupture) au motif qu’il aurait volé 50 kg de cuivre. La preuve… la caméra du parking l’a filmé. Il a placé deux sacs dans le coffre de sa voiture, deux jours de suite. La vidéo montre même qu’il a du mal à porter ces sacs. « L’affaire est dans le sac », se dit l’employeur, ce n’est pas tous les jours qu’on a la preuve d’un vol ! Eh bien non… La détermination du salarié, la compétence d’avocats grenoblois et des juges qui ont le rôle actif que l’on attend d’eux ont permis l’œuvre de justice. Fait remarquable, les juges, avant même l’audience de plaidoiries, se sont déplacés dans l’entreprise afin de visionner la vidéo censée prouver le vol. Résultat de l’enquête : certes, le salarié est vu porter des sacs… mais il s’agit selon le salarié de vêtements d’hiver qu’il entend nettoyer en ce début de printemps pour l’hiver prochain et d’ustensiles de cuisine servant à réchauffer le repas d’équipe. Par ailleurs, l’enquête établit que des personnes peuvent entrer dans l’entreprise sans se placer dans le champ des caméras. La gendarmerie nationale qui avait reçu la plainte pour vol ne conclura pas autrement : il ne peut être démontré que Monsieur X a volé du cuivre. Exit donc la faute grave. Le dossier n’était pas si bon pour l’employeur… mais son objectif était probablement atteint, puisque le contrat de travail était rompu. Eh bien, encore une fois, non. Le conseil de prud’hommes a fait droit à l’argumentaire du salarié. Non seulement il n’y a pas de faute 
grave, mais Monsieur X doit être réintégré au sein de l’entreprise. 
En effet, le salarié a été arrêté 
par son médecin, concomitamment au fait ayant provoqué le licenciement, pour un accident du travail s’étant déroulé une dizaine de jours auparavant. Or, l’application conjuguée des articles 1226-13 et 1226-9 du Code du travail aux faits de l’espèce conduit à la nullité du licenciement (le licenciement est censé n’avoir jamais existé). Le juge applique la loi et permet le retour du salarié auprès de ses collègues, dans ses fonctions, avec sa rémunération et quelques indemnités pour le préjudice subi (1). Décidément, l’affaire n’était pas dans le sac.

(1) Décision consultable sur le site loysel.fr

Slim Ben Achour



Edité par T 34 - 09 Nov 2012 à 01:35
Patria socialismo o muerte

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Les pigeons et le boomerang

 

La stratégie du choc. C’est ainsi que la journaliste canadienne Naomi Klein avait caractérisé la manière dont les classes dominantes s’y prennent depuis trois décennies pour imposer des régressions aux peuples : la brutalité même des politiques mises en œuvre provoque un effet de sidération censé paralyser les résistances.

Plus récemment, le Medef n’a pas craint de reprendre le terme à son compte, en exigeant un « choc de compétitivité » – compétitivité signifiant classiquement « reculs sociaux massifs ». Mais il a fallu attendre l’élection du nouveau président français pour voir apparaître le « choc budgétaire », selon l’expression ouvertement assumée par le gouvernement pour caractériser le projet de loi de finances 2013.

On a beaucoup évoqué le volet fiscal et ses 20 milliards d’impôts supplémentaires, censément pris dans la poche des plus aisés. La stupéfiante précipitation avec laquelle Matignon a satisfait la revendication exprimée par quelques centaines de patrons « high tech » – et ce, la semaine même où explosaient le désespoir des salariés de Thomson, d’Arcelor-Mittal ou de Petroplus – montre s’il en était besoin de quel côté se trouvent les « pigeons ». Mais c’est en réalité en matière de dépenses publiques que le budget 2013 donne sa véritable mesure : 10 milliards « économisés » (un ordre de grandeur jamais osé par Nicolas Sarkozy), cela signifie des coupes drastiques dans la fonction et les services publics venant s’ajouter à la dégradation imposée à ceux-ci par les gouvernants précédents. Le locataire de Bercy, Pierre Moscovici, proclame par exemple vouloir éliminer 2350 postes rien que parmi les fonctionnaires des finances. Ce qui revient à préparer, pour ce seul ministère, un des plus grands plans sociaux de 2013. Car, qu’on le veuille ou non, chaque emploi supprimé signifie un chômeur de plus à l’échelle collective.

Outre la réduction brutale des dépenses publiques, l’agenda de François Hollande comprend deux autres objectifs majeurs : la « flexibilisation » du marché du travail (simplification des licenciements, « adaptation » des horaires …) nommée de manière orwellienne « sécurisation des parcours professionnels » ; et l’exonération du capital en matière de protection sociale (baptisée « allègement du coût du travail »). Louis Gallois – un patron réputé de gauche – devait remettre le 5 novembre un rapport choc en ce sens. Le chef de l’Etat compte pour sa part sur une méthode jugée prometteuse : le « dialogue social ».

Une méthode clairement mais discrètement importée de Bruxelles (qui a entendu parler du « sommet social » européen qui s’est déroulé le 17 octobre ?). En réalité, ce n’est pas seulement la méthode, mais bien les objectifs élyséens qui constituent, quasiment à la virgule près, un copié-collé des orientations européennes. Tel est du reste le sens du Traité (TSCG) que les parlementaires français ont massivement ratifié en octobre : à travers des normes et des sanctions toujours plus redoutables, maintenir une pression permanente et sans fin sur chaque gouvernement national.

Mais l’encre du traité était à peine sèche que la chancelière allemande en exigeait déjà un nouveau, d’ampleur bien plus considérable puisque l’objectif serait d’instituer la zone euro en fédération politique intégrée. En d’autres termes, il s’agirait d’étendre à tous les pays le principe de la tutelle politico-économique à laquelle sont soumis, avec le bonheur que l’on sait, les trois cobayes que sont la Grèce, l’Irlande et le Portugal. En arrière-plan se dessine cette triple obsession desdites élites mondialisées : imposer un partage de la valeur toujours plus favorable à la rémunération du capital ; redonner à ce dernier la haute main sur des activités qui lui avaient été arrachées (privatisations) ; et dessaisir les peuples des ultimes leviers de décision.

Mais les plus lucides le constatent avec angoisse : l’UE fait désormais l’objet d’un rejet populaire croissant. La stratégie du choc pourrait bien avoir des limites. Et préparer des chocs en retour.

PIERRE LÉVY

Editorial paru dans l’édition du mensuel Bastille République Nations du 31/10/12
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La justice ne veut pas de Scop pour les salariés de SET

Le tribunal de commerce d'Annecy a écarté mardi le projet de reprise de l'entreprise de composants électroniques SET, basée à Saint-Jeoire-en-Faucigny (Haute-Savoie) par des salariés sous forme de coopérative (Scop), lui préférant l'offre du groupe capitaliste américano-singapourien K&S.

"Le tribunal a estimé que l'envergure financière du groupe K&S était bien plus importante que celle de l'offre des salariés et que c'était un gage pour la garantie de l'emploi et le développement de l'entreprise", a indiqué Pascal Metzger, salarié de SET. "C'est une très grosse déception. On a dépensé beaucoup d'énergie dans ce dossier. On avait l'impression d'être dans l'air du temps", a-t-il ajouté.

Spécialisé dans l'assemblage de composants électroniques de très haute précision, SET, qui fait partie des leaders mondiaux du marché des capteurs à infrarouge et qui occupe une position unique, en France et en Europe, a été placée en redressement judiciaire en avril 2012 à la suite de difficultés financières. 32 des 42 salariés de l'entreprise s'étaient associés pour monter un projet de reprise sous forme de Scop (société coopérative de production). Ils avaient rassemblé quelque 164 000 euros en fonds propres, auxquels s'ajoutaient la participation de plusieurs banques, de fonds d'investissements et la garantie de la banque publique dédiée aux PME Oséo. La décision du tribunal de commerce d'Annecy n’est pas définitive, le Parquet ayant manifesté sa volonté de faire appel.

Benoît Hamon, sous la pression, s'était rendu sur place le 26 octobre pour apporter son soutien à cette "solution de reprise dotée d'un solide tour de table financier". Le ministre délégué en charge de l'Economie sociale et solidaire a réagit à la décision du tribunal, il rappelle son soutien "plein et entier à la solution de reprise en SCOP portée par les salariés, qui ancre les emplois à Saint- Jeoire et maintient une technologie de pointe sur le sol français".

Fondé en 1951, le groupe de composants électroniques Kolicke & Soffa (K&S) emploie 2.950 personnes dans le monde avec des implantations aux Etats-Unis, en Suisse, en Israël, en Chine, en Malaisie et à Singapour

Renault embraye sur la baisse du coût du travail

Profitant de la polarisation du débat politique autour du « coût du travail », la direction de la marque au losange a décidé d’accélérer son calendrier de négociation en vue d’imposer à ses salariés un accord de compétitivité.

Enhardie par les fuites autour du rapport Gallois préconisant de nouveaux cadeaux au patronat au nom de la sacro-sainte compétitivité, la direction de Renault s’est dépêchée d’amorcer un cycle de négociation avec les organisations syndicales pour aboutir rapidement à « des solutions innovantes permettant de préserver une base industrielle, de recherche et développement et tertiaire en France solide et durable », dixit le constructeur. Comprendre : un accord de compétitivité sur fond de chantage à l’emploi pour rogner un peu plus sur la masse salariale.

Alors qu’aujourd’hui devait avoir lieu la dernière réunion du groupe de réflexion paritaire mis en place cet été par la direction pour discuter des questions de compétitivité en amont d’une phase de concertation, cette séance a finalement été escamotée pour entrer dans le vif des négociations. « Pour la direction, c’est opportun que ces négociations interviennent en plein milieu du rendu du rapport Gallois et en pleine période de sous-activité pour de nombreuses usines, pendant lesquelles il est difficile d’échanger avec les 
salariés », juge Fabien Gache, délégué CGT central chez 
Renault, qui déplore que les organisations syndicales (CFDT, CFE-CFC, CGT et FO) soient « prises de vitesse ». « On sait vers quoi veut nous emmener 
Renault : c’est savoir être moins nombreux pour travailler plus et être payés moins cher », explique le syndicaliste, au terme de six séances de « réflexion », menée par la direction à coups de comparaison de coût horaire avec des ouvriers turcs et espagnols.

Ce qui revient à ne faire qu’aggraver la politique actuelle de destructions massives d’emplois et d’intensification du travail du groupe, d’après le syndicaliste. « Il y a une double opération de lobbying du patronat, auprès du gouvernement pour dire : “Si vous voulez qu’on garde un minimum d’activité en France, il faudra nous faire des concessions”, et auprès des salariés pour leur dire qu’ils doivent accepter des sacrifices s’ils veulent garder leur boulot », résume Fabien Gache. Alors que les derniers résultats trimestriels de la marque au losange, parus fin octobre, font état d’un recul des ventes mondiales de 5,8 % par rapport au troisième trimestre 2011, nul doute que la direction devrait jouer sur ces chiffres pour tenter de faire accepter de nombreux reculs sociaux à ses salariés, à l’image de l’accord de compétitivité mis en place dans l’usine PSA de Sevelnord cet été qui comprend, notamment, une flexibilisation à outrance du temps de travail et un gel des salaires sans pour autant empêcher les suppressions de postes. « Un détricotage des conventions collectives et du Code du travail », comme le résume Fabien Gache.

Loan Nguyen

Un rapport taillé sur mesure pour le patronat

Au nom de la compétitivité, le travail de Louis Gallois satisfait largement aux attentes du Medef, préconisant surtout une baisse sans précédent des cotisations sociales, compensée par une hausse de la CSG et de la TVA. Applaudissements à droite, vives critiques à gauche, jusqu’au sein du PS.

Depuis le début de ce long feuilleton, lorsque le gouvernement lui a passé commande l’été dernier, c’était son credo. Il n’en aura finalement pas varié : au cœur du rapport présenté hier au premier ministre, Louis Gallois propose bien un « choc de compétitivité », rebaptisé « choc de confiance », dont la principale disposition consiste en un abaissement rapide, sans précédent, des cotisations sociales, transférées en grande partie sur les ménages. Vingt milliards d’euros sur les cotisations famille et maladie versées par les employeurs, dix milliards sur celles versées par les salariés. Cette mesure, selon l’ancien président d’EADS, désormais commissaire à l’investissement, devrait être appliquée en deux ans maximum. Une préconisation cohérente avec l’analyse des causes des faiblesses de l’industrie française, portée par l’auteur, pour qui la responsabilité principale incombe au coût du travail. Pour donner un « ballon d’oxygène » aux entreprises, il propose donc de les soulager d’une partie de cette « charge ». Diagnostic très contestable au regard des chiffres montrant que le coût du travail n’est pas si élevé en France, alors que la productivité horaire y bat des records. Contestable aussi par l’impasse faite une fois encore sur le coût du capital, soit la part sans cesse croissante de la valeur ajoutée qu’absorbent les revenus versés aux actionnaires, alors que les revenus du travail stagnent (voir l’Humanité d’hier).

Proposition sidérante : développer l’actionnariat

À la différence des précédents, ces nouveaux allégements de cotisations ne se limiteraient pas aux bas salaires mais s’appliqueraient également aux rémunérations représentant jusqu’à 3,5 Smic, soit près de 4 990 euros brut mensuels. En contrepartie, pour assurer le financement de la protection sociale, 20 à 22 milliards d’euros seraient récupérés en augmentant la CSG de 2 points, 
5 à 6 milliards en relevant la TVA de certains produits qui bénéficient de taux réduits, et 2 à 3 milliards en jouant sur la fiscalité antipollution (taxe carbone), des transactions financières, de l’immobilier et les niches fiscales. Ainsi Louis Gallois est resté sourd aux très nombreuses mises en garde contre un « choc de pouvoir d’achat » qu’induirait un transfert de cotisations des entreprises sur les ménages, et ses conséquences prévisibles sur l’activité économique.

Pour soi-disant assurer le financement des entreprises, Louis Gallois fait une proposition sidérante qui revient à accentuer la financiarisation de l’industrie et plus généralement de l’économie, en développant l’actionnariat. Le rapport préconise ainsi de détourner l’assurance-vie des obligations d’État vers les actions d’entreprise. Dans cette même logique financière, il propose que la Banque publique d’investissement (BPI) investisse dans les entreprises avec des actions sans droits de vote mais offrant une rémunération « privilégiée ».

«Approuvé totalement», à droite

Par ailleurs, l’ex-patron d’EADS propose de créer un « small business act » en faveur des PME, sur le modèle de ce qui existe aux États-Unis. Il s’agirait de favoriser l’accès des PME-PMI aux marchés publics en leur réservant un pourcentage. En 2009, un dispositif similaire avait vu le jour. Mais il n’a jamais été utilisé par les pouvoirs publics. Cependant, associer les PME du territoire aux projets locaux est une bonne chose, à condition toutefois que le cahier des charges prenne en compte des critères sociaux et environnementaux, et non celui du moins-disant social.

Affirmant une volonté de renforcer les filières industrielles, le rapporteur souhaite encore que les aides aux grandes entreprises soient conditionnées à un travail plus étroit avec fournisseurs et sous-traitants, et que les entreprises qui ne respectent pas la réglementation sur les délais de paiement soient sanctionnées. Un peu court pour définir une stratégie industrielle de filière. Plus efficace serait de contraindre les donneurs d’ordres à payer les productions de leur sous-traitant au prix du marché et non à perte comme c’est le cas pour beaucoup d’entre eux, notamment dans l’automobile ou l’aéronautique.

Au chapitre du dialogue social, Louis Gallois innove quelque peu en avançant l’idée de faire entrer au moins quatre représentants de salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance des entreprises de plus de 5 000 salariés, avec voix délibérative. La France compte un peu plus de 200 sociétés de cette taille, employant près de 4 millions de personnes. Un représentant du personnel pourrait également présider le comité d’entreprise. Une version encore étriquée de la démocratie sociale, ignorant notamment la demande de la CGT d’un droit suspensif des CE sur les plans de restructuration, obligeant les directions à examiner les propositions alternatives des syndicats.

Par ailleurs, s’il demande la « sanctuarisation » des budgets de la recherche et du soutien à l’innovation, le rapport devrait susciter de vives réactions en préconisant l’entrée de représentants des entreprises dans les conseils d’administration de lycées techniques et professionnels.

« Approuvé totalement », à droite, par Jean-François Copé, le rapport a été sévèrement épinglé par le PCF (voir encadré page 2), y voyant « la même vieille rengaine qui nourrit les grands groupes sur le dos des salaires et de l’emploi ». « Rien de nouveau sous le ciel libéral », renchérit le Parti de gauche. Au sein même du PS, des voix critiques se sont élevées. Députée PS des Hautes-Alpes, Karine Berger affirme qu’elle « serait profondément hostile à un transfert de cotisations sociales sur la fiscalité des ménages » et récuse « ce langage guerrier, ce langage très viril » du « choc de confiance », « à mon sens pas ce qu’il faut pour organiser mieux la croissance ». Sénatrice socialiste de Paris, Marie-Noëlle Lienemann déclarait hier matin que « l’idée selon laquelle le coût du travail plomberait notre compétitivité ne tient pas » et avertissait qu’une éventuelle hausse de la CSG ou la TVA entraînerait une réaction « très négative » de l’aile gauche du PS.

« ET la finance ? » rappelle Le PCF

« La même vieille rengaine qui nourrit les grands groupes sur le dos des salaires et de l’emploi », a dénoncé le Parti communiste français dans un communiqué, à propos du rapport Gallois. Le PCF prône une alternative, avec « la baisse des prélèvements financiers qui asphyxient les entreprises ». « En 2011, selon l’Insee, les charges d’intérêts payés aux banques par les sociétés non financières totalisaient 309 milliards d’euros, alors que les cotisations sociales ne coûtaient que 145 milliards d’euros ! »

Yves Housson, 
Clotilde Mathieu.

Source
Yves Dimicoli. « La baisse des cotisations entraînerait une hausse des impôts des salariés »

Pour l’économiste Yves Dimicoli, membre de l’exécutif du PCF, il faut s’attaquer aux prélèvements financiers, qui minent l’emploi, par une refonte du système bancaire.

En rendant son rapport 
sur la compétitivité 
de l’économie française, 
Louis Gallois a confirmé la piste pressentie d’une baisse massive des cotisations sociales patronales. Est-ce une solution juste et efficace pour sortir de la crise ?

Yves Dimicoli. Le rapport Gallois insiste sur le besoin d’abaisser 
les cotisations sociales patronales, tout en prétendant qu’il y a d’autres éléments que le coût 
du travail sur lesquels on peut agir pour relancer la compétitivité des entreprises. Cette baisse des cotisations aurait pour contrepartie une hausse 
des impôts et des contributions, contre le pouvoir d’achat des salariés et de leurs familles. Quant aux mesures proposées pour améliorer la «compétitivité hors coût du travail», elles reviendraient à favoriser les profits des entreprises en situation d’exporter, d’innover, de consentir un effort de recherche, au lieu 
de développer l’emploi, 
la formation, les qualifications et 
les salaires avec les investissements nécessaires dans tout le système productif français.

Mais ce «choc de compétitivité» est présenté comme profitable, 
à terme, tant aux employeurs 
qu’aux salariés. Qu’en pensez-vous ?

Yves Dimicoli. Le pacte de compétitivité ainsi proposé 
aux Français, au nom du prétendu «patriotisme économique», 
ne ferait qu’accentuer l’insuffisance de demande et de qualifications. Il aggraverait la croissance financière et la spéculation contre le redressement national, avec un bond en avant dans la guerre économique intra-européenne. Enfin, le rapport Gallois, qui ne dit rien à propos de la Banque centrale européenne (BCE), s’inscrit pleinement 
dans le cadre d’un rationnement du financement des services publics avec le respect de 
la contrainte folle de ramener 
à 3 % du PIB le déficit public 
en 2013. Ce faisant, les mesures qu’il propose contribueraient à mettre en cause des facteurs décisifs de soutien de la demande et d’efficacité de la production comme l’éducation, la santé, 
la recherche, les transports, 
le logement…

Quels autres choix 
préconisez-vous ?

Yves Dimicoli. Il y a une alternative possible : la baisse des prélèvements financiers qui asphyxient les entreprises avec les intérêts payés aux banques, les dividendes versés aux actionnaires. Ce sont eux qui minent en profondeur l’efficacité de notre système productif. En 2011, selon les comptes de la nation (Insee), les dividendes et  les charges d’intérêts payés aux banques par les sociétés non financières totalisaient 309 milliards d’euros, alors que les cotisations sociales, qui, en finançant la protection sociale, sont un facteur essentiel de productivité, ne coûtaient que 145 milliards d’euros ! Il est possible d’alléger massivement 
ces prélèvements financiers avec 
la mise en œuvre d’un nouveau crédit bancaire pour les investissements matériels et de recherche de toutes les entreprises. Le taux d’intérêt de ce crédit serait d’autant plus allégé, jusqu’à être nul, voire négatif (avec une diminution des remboursements), que les investissements programmeraient plus d’emplois et de formations. Un pôle bancaire public serait chargé de développer ce nouveau crédit, au lieu du quasi-subventionnement des entreprises les plus profitables qui caractérisera les aides de la Banque publique d’investissement (BPI). Quant à la BCE, il faudrait qu’elle finance massivement, 
par création monétaire, une grande expansion des services publics en Europe et que le taux d’intérêt du refinancement dont elle fait bénéficier les banques soit d’autant plus abaissé que leurs crédits aux entreprises servent à des investissements programmant plus d’emplois et de formations.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel

Les raisons de l’appel des grands patrons à baisser les dépenses publiques

Alors qu’ils portent une lourde part 
de responsabilité dans la crise qui secoue la France, les patrons de l’Association française des entreprises privées (Afep), 
qui regroupe des dirigeants des grandes entreprises françaises, se posent en accusateurs. Ils somment les Français 
et leurs représentants d’accepter une baisse 
de 60 milliards d’euros des dépenses de l’État et une réduction des cotisations sociales de 30 milliards. Ils jettent par-dessus bord l’expression du suffrage universel en exigeant de la nouvelle majorité qu’elle applique le programme de celle qui a été battue.

Comment expliquer cette brutalité du grand patronat français ? La pression des marchés financiers sur leurs choix de gestion est considérable, même s’ils en sont eux-mêmes des acteurs importants.

L’évolution de l’indice des valeurs vedettes de la Bourse de Paris, le CAC 40, témoigne du dégonflement considérable de la capitalisation boursière des grands groupes français. 
Entre la mi-2007, au début de la crise, 
et novembre 2012, il a baissé de 72 %. D’un côté, cette chute a pour effet de relever le ratio cours sur bénéfice et la rentabilité des actions pour des acheteurs potentiels. De l’autre, 
la chute de la valeur des titres (PSA a reculé de 1 143 % depuis mai 2007, Axa, la compagnie d’assurances, de 157 %, Carrefour de 185 %) nécessite que le groupe concerné procède à des dépréciations dans son bilan qui viennent amputer son bénéfice net. Dans ce contexte, 
il s’agit avant tout pour les directions d’empêcher que le cours des actions ne dévisse encore. Il leur faut donc, à tout prix, cracher du dividende. Aussi, en 2012, les groupes du CAC n’ont pas hésité à verser en moyenne 44 % de leurs bénéfices à leurs actionnaires et, en 2013, ils entendent les augmenter 
de 5 %. Mais ce qui sera donné aux actionnaires sera forcément pris à d’autres, cela d’autant plus que la croissance fléchit encore. Pour y parvenir, la nomenklatura de l’Afep utilise les outils habituels : des politiques salariales restrictives et des suppressions massives 
de postes. Mais l’ampleur de la crise les pousse à vouloir donner une dimension institutionnelle et politique au basculement qu’ils veulent obtenir. « Il faut changer notre modèle social », déclarent aussi bien Christian Noyer, 
le gouverneur de la Banque de France, que Denis Kessler, dirigeant des assurances.

Nous sommes ainsi à la croisée des chemins. Nous courons le risque d’un abaissement social sans précédent, mais nous avons aussi l’opportunité d’aller vers de nouveaux progrès 
de civilisation. Nous n’avons pas le choix : 
il faut faire refluer la domination de la finance.

Pierre Ivorra

À Revin, bataille pour le maintien d’Electrolux

Les salariés ont travaillé dix mois pour imaginer 
un projet industriel assurant la viabilité financière de leur usine. 
Tous comptent 
sur l’appui 
du gouvernement pour forcer 
le groupe suédois à revenir sur 
la fermeture qu’il a annoncée.

Revin (Ardennes), envoyé spécial. Près des machines à café, à l’intérieur de l’usine Electrolux de Revin (Ardennes), la pause casse-croûte de l’équipe du matin touche à sa fin. Il est 9 h 15, en ce lundi matin. Un micro a été installé sur un pied. Une centaine d’ouvriers se massent dans les allées tout autour, le long des chaînes de production de leurs lave-linge à chargement par le dessus. Béret vissé sur le crâne, barbe qui descend sur son torse, Lysian Fagis, syndicaliste CFDT et porte-parole de l’intersyndicale, s’apprête à prendre la parole. L’attention est perceptible.

« L’état est de notre côté »

L’usine, qui emploie 419 salariés dans ce bassin déjà passablement sinistré des Ardennes, le géant suédois de électroménager l’a fait savoir il y a trois semaines, il prétend la céder ou la vendre d’ici deux ans. Pour les salariés, c’est inenvisageable : depuis le début de l’année, leurs représentants syndicaux ont élaboré, avec le concours du cabinet d’expertise Syndex, un projet industriel à l’intérieur du groupe Electrolux qui, assurent-ils, permettrait de garantir tous les emplois et de poursuivre l’activité pendant au moins cinq ans. Mais la multinationale, après avoir encouragé le travail, a fini par l’écarter d’un revers de la main, il y a plusieurs semaines. Mercredi dernier, après une grève de quelques jours, les syndicalistes sont allés plaider leur cause à Paris, au ministère du Redressement productif.

« Bon, tout le monde m’entend ? » Au nom de l’intersyndicale qui, à la sortie de Bercy, avait fait le choix de réserver ses premiers commentaires aux salariés, Lysian Fagis marmonne, mais on monte le son. « On n’est pas seuls, l’État est plutôt de notre côté, mais ça, il ne faut pas le dire, adresse-t-il avec un clin d’œil à la petite foule. Dans les trois mois qui viennent, le gouvernement va demander au groupe Electrolux de rouvrir le dossier sur lequel nous avons travaillé. Et cette fois, ça se fera sous la supervision de l’État. On a de l’appui, ce n’est pas n’importe quoi ! » Au bout de quelques minutes, le syndicaliste renvoie tout le monde au travail. Pas un cri, ni un applaudissement : la foule se disperse à mots couverts. Et déjà la chaîne de production repart. Un ouvrier de cinquante-deux ans s’attarde, le cœur qui saigne : « Il y a un certain fatalisme, confesse-t-il. On sait que l’usine n’est pas pourrie, qu’elle est rentable, mais on se demande quand même comment contraindre Electrolux d’écouter le projet pour la sauver, au fin fond des Ardennes. »

Un projet à « 7 millions d’euros »

Quelques minutes plus tard, les syndicalistes CFDT, CGT et CGC se rassemblent dans une salle vide, dite de l’amicale, à l’entrée de la petite bâtisse qui leur est réservée. En chœur, ils entrent dans le détail de leur projet industriel : il s’agit de produire, à côté des lave-linge à chargement par le dessus – un marché en régression –, de nouvelles machines comme des hottes aspirantes haut de gamme et des machines à laver avec séchoir intégré. « Pour le moment, le groupe achète ses hottes à un sous-traitant en ­Italie, avance Didier Muszalski, délégué CGC. On pourrait les fabriquer en interne dans le groupe, notre groupe de travail a démontré que ça serait rentable ! » De son côté, Miguel Vassaux, de la CGT, insiste : « Ce projet a convaincu tout le monde. Mais, maintenant, si Electrolux ne veut pas en tenir compte, ça sera la preuve qu’ils nous ont juste lancé des leurres, qu’on a été pris pour des jambons ! Alors que la fermeture de l’usine coûterait entre 120 et 150 millions d’euros à Electrolux, ce projet ne réclame que 7 millions d’euros d’investissements, c’est vraiment rien… »

Pour les représentants syndicaux, l’usine est viable et même rentable, bien que, comme ils le pointent tous, le groupe se soit organisé depuis des années afin de délocaliser les profits en imputant à son usine ardennaise des « frais de structure ». « Le gouvernement doit envoyer un beau coup de pied au cul à Electrolux », invite encore Miguel Vassaux. Lysian Fagis rappelle : « On a trois mois devant nous, il n’est pas question de parler d’autre chose que de notre projet indus­triel ! On ne veut pas de valises dorées, on veut garder nos emplois ! »

Pas « compétitif », leur œil !   

Alors qu’à Paris Louis Gallois remet son rapport 
sur la compétitivité, les ouvriers d’Electrolux 
sont bien placés pour désamorcer l’artillerie patronale sur le « coût du travail ». « Le patron se met à nous dire qu’on est trop chers, pas compétitifs », remarque Miguel Vassaux (CGT). Les salariés ardennais récusent toute concurrence avec leurs collègues d’une usine Electrolux en Pologne. « Même en transférant sur la TVA ou la CSG les 30 milliards de cotisations sociales dont on parle, comme on en parle, ça ne réglerait pas un problème posé en ces termes », juge Didier Muszalski (CGC). Pour Lysian Fagis (CFDT), ce discours tient de l’arnaque : « Je veux bien qu’on parle du coût du travail mais il faut aller jusqu’au bout. Ici, le personnel, ça représente 12 % du prix de revient d’une machine à laver. Pour nous, ce qui coûte, ce sont les matières premières sur lesquelles on sait qu’il y a une spéculation mondiale. Puis, si on se met à parler de coût, il faut aussi parler de notre productivité, de notre rendement en France. »

Thomas Lemahieu

Des emplois menacés dans les maisons de retraite

L’AD-PA, association regroupant les directeurs d’établissements pour personnes âgées, s’inquiète 
du maintien de la convergence tarifaire dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2013). 
« Il s’agit d’organiser un plan social dans les établissements pour personnes âgées », estime l’association dans 
un communiqué. D’autant que « ce plan vise injustement les établissements publics et privés non lucratifs ». 
8 000 emplois seraient concernés.

Source


Edité par T 34 - 07 Nov 2012 à 20:17
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Nov 2012 à 00:54

Les mesures du plan Ayrault

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À l’issue du séminaire ministériel, le premier ministre a détaillé son pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi contenant 35 mesures qui s’inspirent largement du rapport Gallois.

La facture est salée : Le taux normal de la TVA, actuellement à 19,6 %, passera à 20 % en 2014. La TVA sur les produits de première nécessité, comme l’alimentation et l’énergie, actuellement à 5,5 % sera réduit à 5 % et celui de la restauration et des travaux de rénovation de logement progressera de 7 % à 10 %. 10 milliards en trois ans pour financer le plan gouvernemental sur la compétitivité. Un plan qui épouse le postulat de départ que la désindustrialisation serait avant tout le résultat d’une pression fiscale trop soutenue qui pèserait sur la marge des entreprises et un manque de manœuvre les empêchant de développer leurs investissements.

1. Des baisses d’impôts toujours sans conditions

Pas d’allégement de cotisation mais un « choc fiscal » permettant aux entreprises de diminuer « de 20 milliards d’euros par an les coûts des entreprises ». Dès 2013, la baisse s’élèvera à 10 milliards d’euros puis progressivement passera à 15 milliards l’année suivante, puis 20 milliards en rythme de croisière annuel. Sur demande, les PME et ETI pourront bénéficier de l’effet sur leur trésorerie dès 2013, les autres en verront les effets sur leurs impôts calculés au titre de l’année 2013, donc en 2014. Une mesure qui revient à baisser de 6 % des cotisations sociales sur les salaires de 1 à 2,5 Smic.

Le « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » (Cice) sera attribué en fonction « de la masse salariale brute de l’entreprise hors salaires supérieurs à 2,5 fois le Smic ». Une mesure qui profitera de fait aux plus grosses entreprises, aux banques, aux grandes entreprises de services… Les bénéficiaires auront dès lors comme unique obligation de présenter, devant leur comité d’entreprise, l’utilisation des marges créées par ce crédit pour embaucher. « Les marges financières doivent être utilisées à bon escient et dans la transparence », a fait valoir le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. De plus, le Cice s’ajoute aux baisses de cotisations patronales pour les salaires versés inférieurs à 1,6 fois le Smic mises en place par le gouvernement Fillon.

2. Plus de droits aux salariés sans rééquilibrer le rapport de forces

Tout comme le proposait avant-hier le rapport Gallois, le gouvernement envisage qu’au moins deux représentants, dans les grandes entreprises, des salariés siègent au sein du conseil d’administration ou de surveillance comme membres délibérants afin d’associer les salariés aux « prises de décision ». Selon quelles modalités ? « Elles seront à étudier avec les partenaires sociaux », note-t-on à Matignon. Par ailleurs, « Les entreprises qui le souhaitent seront autorisées à faire présider le comité d’entreprise par un représentant des salariés ».

3. Plus de financements aux PME… mais plus de financiarisation aussi

Outre la création de la Banque publique d’investissement en 2013, qui doit faciliter l’accès au financement des PME avec une capacité d’intervention de 42 milliards d’euros (dont 32 milliards de prêts et garanties), le gouvernement ajoute une garantie publique supplémentaire de 350 millions d’euros, « permettant d’apporter plus de 500 millions d’euros de crédit de trésorerie aux PME ». Le gouvernement souhaite également conduire les banques à « consacrer leurs ressources en priorité au financement de l’économie réelle », au travers d’une réforme bancaire qui sera exposée en Conseil des ministres le 19 décembre. Un accroissement des moyens de financement des PME mais pas de changement relatif à une tout autre sélectivité de crédits alloués sur des critères autres que ceux de la rentabilité ou de l’innovation. François Hollande envisage de créer, dès le premier trimestre 2013, une Bourse des PME pour « favoriser l’accès aux marchés de capitaux des PME et des ETI ». Cette financiarisation s’accentuera au travers d’un PEA-PME (plan d’épargne en actions pour PME) qui, grâce à un nouvel avantage fiscal, encouragera les épargnants à orienter plutôt leur investissement vers les PME et ETI que vers les grandes entreprises cotées.

4. Un pas vers l’amélioration des relations donneurs d’ordres et sous-traitants mais quid des salariés ?

Un « plan d’action sur les délais de paiement », a promis Jean-Marc Ayrault. Par ce dispositif, le gouvernement compte sanctionner directement le donneur d’ordres qui ne respectera pas les délais de paiement, sans que le sous-traitant ne soit contraint de l’attaquer en justice. Par ailleurs, l’État, mauvais élève en la matière, s’engage à réduire ses propres délais de paiement à vingt jours d’ici à 2017. Les aides publiques seront désormais conditionnées « à leur capacité à nouer des partenariats avec leurs fournisseurs et sous-traitants ». Par ailleurs, le gouvernement mettra en place des « dispositifs sectoriels » dans de « nouvelles filières répondant aux défis de demain : technologies numériques et génériques, santé et économie du vivant, dont l’agroalimentaire, transition énergique, sécurisation des informations et des transactions ».

5. Créer des champions 
à l’exportation et création d’une «marque France»

1 000 ETI et PME identifiées par la Banque publique d’investissement seront accompagnées personnellement et soutenues par Ubifrance. D’autres mesures de financement seront apportées pour « permettre à nos entreprises de se battre à armes égales avec leurs concurrentes » : une garantie de refinancement des créances export, une garantie de change, une garantie de crédits élargie et un mécanisme de financement public direct. La « marque France » serait à la fois un outil de soutien à l’export et un atout pour l’attractivité économique et touristique de la France

6. Allégements de cotisations sociales et patronales aux entreprises innovantes

Les start-up ont décidément le vent en poupe. Le gouvernement envisage de restaurer les sept années d’exonération sociales et fiscales dont bénéficient les « jeunes entreprises innovantes » et ce, comme « avant 2011 ». Des prêts bonifiés pourront être également octroyés aux PME qui souhaiteraient investir dans l’utilisation de technologies numériques de pointe, et le dépôt de brevets. Enfin, Les acheteurs publics seront mobilisés (60 milliards d’euros par an pour l’État et ses opérateurs, 20 milliards d’euros pour les collectivités territoriales) pour soutenir les PME innovantes. Enfin, Les acheteurs publics seront mobilisés (60 milliards d’euros par an pour l’État et ses opérateurs, 20 milliards d’euros pour les collectivités territoriales) pour soutenir les PME innovantes.

 

Précision. L’économiste Yves Dimicoli nous prie de préciser que, dans l’entretien paru dans notre édition d’hier, les 309 milliards d’euros imputés aux « charges d’intérêts payés aux banques par les sociétés non financières » en 2011 comprennent aussi les dividendes versés aux actionnaires, selon les comptes de la nation (Insee).

Clotilde Mathieu

Thierry Lepaon (CGT): le plan compétitivité est "une erreur politique"

Le futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a estimé jeudi que le plan du gouvernement pour la compétitivité était une "erreur politique". Le syndicat poursuit son offensive contre les annonces d’Ayrault entamée hier par Bernard Thibault.

L'octroi d'un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour favoriser 300.000 créations d'emploi, "ça fait environ 70.000 euros l'emploi" dans le privé "alors qu'on refuse de donner les moyens au service public de notre pays de fonctionner normalement, je pense que c'est une erreur politique", a déclaré sur RTL celui qui succèdera en mars à Bernard Thibault. Le financement de ce plan au moyen notamment d'une hausse de la TVA signifie que "ce sont les salariés, les ménages qui vont une nouvelle fois être mis à contribution".

"On confie encore l’avenir des salariés à un patron"

Thierry Lepaon rappelé qu’en France, le problème n'est pas le coût du travail, "c'est le problème du coût du capital". Pour sa première interview suite à sa nomination officielle, Le futur secrétaire général poursuit l’offensive lancée mercredi par Bernard Thibault : "La CGT conteste fortement les volets essentiels du dispositif" présenté mardi par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en soutien à la compétitivité avait-il lancé. Le syndicat dénonce "une vaste campagne consistant à culpabiliser les salariés sur le coût du travail", mais aussi le financement du plan, via la hausse de la TVA, "un impôt très inégalitaire".

Autre point de contestation, les 20 milliards d'euros de crédit d'impôt prévus par le plan, "vont bénéficier à toutes les entreprises y compris à celles qui distribuent des dividendes. C'est inacceptable pour nous". Surtout que ces milliards "s'ajoutent à 160 mds d'exonérations déjà accordées. Je dis stop".

  • Et de rappeler que pour l’instant, "87 manifestations et rassemblements sont prévus" le 14 novembre à l’appel de la Confédération européenne des syndicats, dont sont membres notamment la CGT et la CFDT.
Vidéo
Le coût du capital, une piste oubliée

Des voix à gauche appellent à s’attaquer à ce que coûte au pays la prédation financière, et à réorienter cet argent vers le travail.

Dès le départ, le postulat sur lequel repose le déficit supposé de compétitivité de l’industrie française a sciemment évacué une donnée essentielle : celle du coût du capital, pour se concentrer exclusivement sur le coût du travail supposé trop important. Résultat : les recettes imaginées par le gouvernement Ayrault restent dans les clous du rapport Gallois, refusant d’envisager les moyens de s’attaquer au coût improductif du capital, dénonce un collectif d’économistes d’Attac et de la Fondation Copernic.

Pour eux, « le thème de la compétitivité est un marronnier des débats de politique économique. (…) La rengaine est connue : notre pays souffrirait d’un déficit de compétitivité dû à un coût du travail trop élevé ». Les auteurs contestent ce diagnostic et pointent une autre réalité : la part de la valeur ajoutée « dévolue aux actionnaires a crû dans des proportions considérables ces douze dernières années », en doublant quasiment, et « cette part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité ». Pour eux, « la conclusion s’impose donc de relier la baisse de compétitivité de l’économie française, particulièrement de son industrie, au choix du capitalisme néolibéral de donner la priorité quasi exclusive à la rémunération des actionnaires. (…) Ainsi, puisque ce que coûte le capital à la collectivité prend le pas sur ce que “coûte le travail”, un projet politique alternatif consisterait à inverser radicalement » cette tendance, soulignent-ils.

Comment ? Les pistes évoquées au sein de la gauche sont multiples : priorité aux services publics, à la réduction du temps de travail et aux qualités sociales et environnementales de la production – un « gisement d’emplois de bonne qualité », souligne le collectif d’économistes – mais aussi mobilisation du crédit sous l’impulsion d’un pôle public bancaire à partir de nouveaux critères, favorisant les projets créateurs d’emplois et pénalisant la distribution des dividendes aux actionnaires, comme le propose le PCF.

Sébastien Crépel

Les Français vont payer sans contrepartie

Reprenant la thèse de la nécessaire baisse du coût du travail, le gouvernement annonce une cure d’austérité touchant les services publics et le pouvoir d’achat 
des Français avec le risque d’aggraver la situation sociale et celle de l’emploi.

« Nous ouvrons une étape majeure et décisive dans la sortie de crise de notre pays et de son économie. » C’est par ces mots que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à la suite du séminaire gouvernemental sur la compétitivité tenu hier matin à Matignon, entamait la présentation de son plan pour « redonner des marges de manœuvre aux entreprises » et « relancer la dynamique d’investissement et la création d’emplois ».

À lire dans le détail (voir le décryptage en page 4) ce plan, qui reprend pour l’essentiel les préconisations du rapport du patron d’industrie Louis Gallois, risque de coûter cher, très cher, aux Français sans pour autant permettre à notre pays de sortir de l’impasse de la crise économique et financière, et donc de développer l’emploi.

D’abord parce qu’il part du principe, rabâché depuis des années et des années, que la baisse des marges des entreprises, le manque d’investissements qu’elles réalisent, donc au final leur manque de compétitivité, seraient dus au coût du travail. Or, la réalité s’inscrit en faux avec cette affirmation. Ainsi l’Insee montre qu’en trente ans, si la masse salariale a été multipliée par 3,5, les dividendes versés aux actionnaires l’ont été par 20. Ainsi encore, en 2010, les entreprises non financières ont versé 200 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires mais investi dans le même temps seulement 170 milliards d’euros.

Le pouvoir d’achat des Français sera affecté

Cette erreur de diagnostic amène le gouvernement, non pas à prendre l’argent là où il est, mais à subventionner avec l’argent public une fois encore les entreprises sans obligation de résultats. Ainsi, le gouvernement prévoit d’instaurer un « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » de 20 milliards d’euros, ce qui représenterait, selon le premier ministre, « une baisse d’environ 6 % du coût du travail ». Toujours cette obsession. « Crédit d’impôt » qui pourrait être utilisé, dès 2013, à hauteur de 10 milliards d’euros. Ceci pour donner aux entreprises les moyens d’« accélérer la montée en gamme et favoriser l’innovation et la spécialisation », selon Jean-Marc Ayrault, qui compte sur « les acteurs économiques » pour faire « preuve d’un grand esprit d’équipe ». Seulement, l’expérience passée montre, comme à PSA, à ArcelorMittal ou dans bien d’autres entreprises, que des fonds publics donnés sans contrepartie peuvent être utilisés à toute autre fin qu’à l’investissement et à l’emploi. Or, dans le dispositif gouvernemental, aucune condition d’objectifs, ni en termes d’investissement, ni en termes d’emploi, n’est mise à l’obtention de ces crédits d’impôt. Même une entreprise qui licencie pourra, selon Matignon, en bénéficier. Un comble. Pire même, ce crédit d’impôt pourrait, dans l’absolu, servir à améliorer le rendement des dividendes des actionnaires. Impossible ? Pourtant, cela s’est déjà vu dans un passé récent. La « transparence » voulue et annoncée par le gouvernement ne saurait suffire.

Qui va payer ces 20 milliards d’euros ? La réponse à cette question est claire : tous les Français, salariés en activité ou à la retraite, avec ou sans revenus, vont financer cette somme en lieu et place du patronat. Comment ? Le gouvernement, en plus des 10 milliards de réduction de la dépense publique prévue dans le budget des finances 2013, annonce, pour 2014-2016, 10 milliards supplémentaires de coupes. Conséquence, les services publics seront gravement touchés et particulièrement les collectivités territoriales, qui risquent de payer le prix fort avec des réductions drastiques des dotations d’État. Ce qui ne sera pas sans conséquences sur leurs investissements, donc sur l’emploi, mais aussi sur les services publics de proximité.

Dix autres milliards d’euros seront directement ponctionnés dans la poche des Français dès 2014 avec l’augmentation de la TVA, qui devrait rapporter dans les caisses de l’État 6,5 milliards d’euros, 3,5 autres milliards l’étant avec la mise en place d’une taxe écologique. Le pouvoir d’achat des Français, particulièrement celui des couches populaires et des classes moyennes, sera donc affecté, comme c’est le cas depuis maintenant plusieurs années.

Ainsi, le gouvernement, en droite ligne du traité austéritaire européen voté il y a peu à l’Assemblée nationale par la majorité présidentielle et la droite, s’enfonce dans une politique d’austérité dont tous les exemples, en France et en Europe, montrent qu’elle emmène dans le mur. Il serait temps d’écouter les voix qui, à gauche, appellent à changer de cap.

Il ne suffit pas de le dire...

Jean-Marc Ayrault s’est senti obligé, dans sa déclaration devant la presse, de préciser quant à son plan que « cette démarche est résolument de gauche car son objectif, c’est l’emploi et le redressement du pays dans la justice ». S’il le dit…

Max Staat

Choc de compétitivité

C’est le grand item du moment, le choc de compétitivité. Le rapport Gallois remis, tout le travail 
du gouvernement va consister à prouver qu’en matière de recherche de paternité du terme compétitivité, 
il s’agit bien du terme emploi qui est concerné. 
Et au lieu de « choc », le voilà prônant le « pacte » de compétitivité. Car, en effet, la mesure phare du rapport est la baisse du coût du travail, via celle des charges sociales de l’entreprise. Définition de la compétitivité, qui est dénoncée tant par le manifeste des économistes atterrés, que par le collectif Roosevelt ou le groupe 
formé autour de Gaël Giraud et Cécile Renouard, 
Vingt Propositions pour réformer le capitalisme 
(Champs Essais, nouvelle édition, 2012). C’est bien simple, le terme même de compétitivité est absent 
de leur glossaire. On y parle à l’inverse de revalorisation salariale, fiscalité déterritorialisée des multinationales, taxation européenne écologique et sociale, réforme 
de la BCE, régulation des marchés financiers…

On le sait, mais rappelons-le encore : Platon proposait un écart de 1 à 4 entre les riches et les pauvres. À la fin du XIXe siècle, le banquier John Pierpont Morgan parlait d’un écart de 1 à 20. Henry Ford, de 1 à 40, au grand maximum. Et les années 1980 ont fait voler en éclats toute notion de compromis salarial, avec des écarts allant de 1 à 500 en 2000, voire de 1 à plusieurs milliers, les années suivantes (Vittori, 2009). Contre cela, Frédéric Baule propose de rendre publics les montants globaux distribués au titre de la performance de l’entreprise, ainsi que la part attribuée respectivement aux dix bénéficiaires les plus importants et aux dix les plus modestes. De mettre en œuvre, par ailleurs, un cadre réglementaire conduisant l’entreprise à ne pouvoir faire croître la rétribution globale de ses actionnaires et mandataires sociaux plus vite que la part de ses profits qu’elle alloue à la rémunération 
de la performance de son capital humain salarié.

Autre mesure symbolique et paradigmatique, la modification de l’article 1 832 du Code civil, dans le sens suivant : « La société est constituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat d’affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de poursuivre un projet d’entreprise qui respecte l’intérêt général, financé au moyen du profit. » En somme, corréler la maximisation du profit à son utilité sociétale et mettre à l’abri les dirigeants d’une action en responsabilité de la part des actionnaires mécontents au titre d’actes qui ne privilégieraient pas leur propre intérêt.

Autre nécessité, celle de déconstruire le mythe de l’échec du protectionnisme. Des années 1890 à 1914, tous les pays industrialisés, à l’exception de la Grande-Bretagne, ont poursuivi des politiques commerciales d’inspiration protectionniste. Au niveau du commerce international, la période a été extrêmement florissante. À l’inverse, entre 2008 et 2009, la contraction de 20 à 30 % du commerce international n’était absolument pas liée à quelque mesure protectionniste que ce soit. On connaît la catastrophe des plans d’ajustement structurel imposés par le FMI aux pays en développement. Même la Banque mondiale reconnaissait, au travers du modèle Linkage, que les gains du passage aux règles de l’OMC profitaient essentiellement à la Chine et à l’Inde, qui – faut-il le rappeler – ne jouent nullement le jeu du libre-échange. En fait, la plupart des pays qui se sont développés au cours du dernier demi-siècle – Japon, Inde, Vietnam, Chine, Corée du Sud, Singapour, Taïwan – sont ceux qui ont le moins participé aux accords commerciaux de l’OMC. Comme preuve de compétitivité du capitalisme libre-échangiste, on a vu mieux.

Cynthia Fleury



Edité par T 34 - 09 Nov 2012 à 01:37
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France : le FMI prône de nouvelles mesures ultralibérales

 
 
Capitaine Martin

Le rapport Gallois qui vient à peine d’être dévoilé a reçu un sérieux renfort avec la publication du rapport annuel du FMI (Fonds monétaire international), lequel prône à son tour des mesures ultralibérales.

Selon une antienne désormais bien connue, l’institution financière, partant du constat que la compétitivité de notre pays était en perte de vitesse, a en effet tiré la manche de l’Élysée et du gouvernement pour que ces derniers suivent ses recommandations… Sous peine de voir l’Italie et l’Espagne, qui ont par ailleurs entrepris des réformes si profondes que la pauvreté et le chômage y explosent à vue d’œil, nous damer le pion.

« Les perspectives de croissance de la France demeurent fragiles en raison de la faiblesse des conditions économiques en Europe, mais la capacité de la France à rebondir est aussi contrainte par un problème de compétitivité », a ainsi annoncé le FMI dans son rapport du 29 octobre 2012 et publié le 5 novembre 2012.

Pour l’essentiel, l’organisation mondialiste basée à Washington estime que le redressement de notre compétitivité passe par trois chantiers :

- la réduction de la dette publique (autrement dit, le démembrement de tous les services publics),

- la correction des dysfonctionnements du marché du travail qui entravent l’investissement, l’emploi et, en fin de compte, la croissance pour accroître la concurrence dans le secteur des services (on ne peut pas être plus clair). Le FMI suggère ainsi de transférer le coût des allégements de cotisations patronales vers les taxes indirectes (par exemple la TVA)… au risque de voir l’addition devenir encore plus salée pour les classes populaires,

- une rationalisation de la fiscalité de l’épargne pour assurer un financement adéquat à long terme des entreprises, y compris le financement en actions. Un non-sens quand on sait que la masse salariale a été multipliée par 3,5 en trente ans alors que les dividendes versés aux actionnaires l’ont été par 20 sur la même période (données Insee).

Les technocrates de la finance ne manquent pas au passage de distribuer des bons points en « saluant particulièrement le gouvernement sur le dialogue social qu’il a mené jusqu’ici (sic) avec la participation des partenaires sociaux. Ce dialogue doit constituer une chance unique, qui ne doit pas être ratée, de parvenir à une masse critique de réformes qui permettra d’améliorer la compétitivité de l’économie française et d’accroître sa capacité à créer des emplois ».

Autrement dit, le mot d’ordre que les argentiers lancent à Paris est de continuer la politique menée jusqu’ici par le gouvernement socialiste et de créer un système dans lequel l’embauche et le licenciement seront terriblement facilités au détriment des salariés et des jeunes arrivant sur le marché de l’emploi. Le FMI exigera à terme, on peut lui faire confiance, un marché du travail très flexible et moins coûteux pour le patronat avant d’imposer toute une série de réformes impopulaires destinées à porter un coup fatal au code du travail.

Autre mesure suggérée par l’organisation mondialiste basée à Washington aux instances dirigeantes françaises : « la modération salariale, notamment en matière de réévaluation du SMIC ». « Comme le montrent de nombreuses études (faites par qui et pour qui ? – NDLR), le niveau du SMIC, son uniformité sectorielle, et son mécanisme d’indexation contribuent aux difficultés que connaissent les personnes peu qualifiées et les jeunes à entrer dans le monde du travail ». Il faut se pincer pour le croire ! Le chancelier allemand Gerhard Schröder (social-démocrate de son état…) n’avait-il pas libéralisé le marché du travail en son temps, permettant aux employeurs de payer des salaires de 400 euros mensuels aux salariés ou d’un euro par jour aux chômeurs de longue durée ? Ce n’est ni plus ni moins la même rengaine que le FMI nous ressert dix ans après.

Rien de neuf donc sous le soleil plombé de la finance internationale qui veut imposer des sacrifices aveugles aux travailleurs français après s’être fait la main en Grèce et en Espagne. Gageons que le retour du bâton sera pour nos banquiers, nos bourgeois et leurs collaborateurs à hauteur des préjudices subis.

Capitaine Martin

Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-france-le-fmi-pro...


Le laitier Candia ferme trois usines et supprime 313 emplois

Nouveau séisme pour l'industrie agroalimentaire française. Après Doux, c'est au tour de Candia, premier producteur de lait de consommation en France, qui va fermer trois de ses usines avec à la clé, 313 emplois supprimés.

La fermeture des sites de Saint-Yorre (Allier) et de Villefranche-sur-Saône (Rhône) est planifiée fin 2013 et celle de Lude (Sarthe) mi-2014, a détaillé Maxime Vandoni, directeur général de Candia, hier, aux partenaires sociaux lors d'un comité d'entreprise. Pas moins de 313 emplois sur un total de 1 465 sont ainsi menacé. "On s'attendait à une restructuration, mais pas de cette ampleur" a confié Yvon Gérard, délégué syndical central CFDT chez Candia. "On ne comprend pas pourquoi la direction a repris il y a deux ans l'usine de Villefranche et récemment Saint-Yorre, deux sites qui marchaient bien, pour les fermer aujourd'hui", a regretté de son côté Rik Deraeve, délégué syndical central FO.

Pour la direction du numéro un français du lait en bouteille, détenue par le groupe coopératif Sodiaal (Yoplait), "ce projet de réorganisation et de modernisation est nécessaire pour améliorer nos coûts de production et lutter contre nos concurrents" les Allemands notamment et Lactalis en France (marque Lactel). Candia affirme que sa première préoccupation est le devenir des 313 salariés qui seraient concernés par ce projet de réorganisation. Dans le cadre de la concertation sociale qui s'ouvre, la société s'engage à proposer à chacun d'eux "une offre de reclassement au sein des autres sites industriels du groupe et examinera par ailleurs toutes les options possibles pour préserver la vocation industrielle des sites concernés", précise le communiqué de la direction de Candia.

L'usine de Lude, dans la Sarthe, occupée par les salariés

Depuis ce matin, l'usine du Lude est à l'arrêt, une trentaine de salariés se trouvaient devant l'entrée de l'usine où ils ont disposé des palettes et deux braseros, empêchant la collecte du lait. Une vingtaine d'autres salariés attendaient à l'intérieur des locaux. Ils ont disposé devant l'usine un mannequin avec un autocollant Candia sur le T-shirt et l'inscription: "Vandoni tête de mort". En outre, ils ont écrit à la bombe de peinture sur des cartons les mots suivants: "Ici cimetière Candia", au pied d'un grillage face à l'usine. Des vestes de travail étaient posées sur le grillage. Des représentants des salariés doivent rencontrer à 16H30 en préfecture le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, ancien député du département.

La marque appartient à Sodiaal, coopérative laitière qui détient entre autre Entremont ou Yoplait. Sodiaal emploie près de 7.000 salariés en France et travaille avec plus de 12.000 producteurs de lait auprès desquels il récupère le lait pour le transformer. Candia produit environ 1,5 milliard de litres de lait par an, 500 000 sous marque Candia et 1 milliard sous marque distributeur. Ses ventes s'élèvent à quelque 1,2 milliard d'euros par an. Candia  précise que la collecte du lait auprès des 12.400 producteurs de la coopérative resterait inchangée.

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est exprimé en marge de l'inauguration du salon Made in France après l'annonce de fermeture des trois sites, "la France a une économie qui a des difficultés. Il faut une mobilisation de la nation autour du système productif", a-t-il déclaré à des journalistes. "Les dégâts que nous constatons aujourd'hui sont le fruit de dix ans d'immobilité des gouvernements précédents", a-t-il estimé, soulignant que l'heure était "venue de se redresser et de se ressaisir".

Source
Renault prépare ses salariés à des sacrifices
 

Arguant d’une conjoncture défavorable, le groupe veut amener les syndicats à signer un accord de compétitivité d’ici à janvier.

Pas à pas, Renault pose les jalons d’un accord de compétitivité dans ses usines françaises, en mettant en avant un « contexte automobile européen durablement déprimé », dans un communiqué. Après plusieurs réunions d’un groupe de réflexion paritaire lancé en juin, la direction a décidé d’accélérer le calendrier en tenant une première séance de négociations avec les organisations syndicales représentatives (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO) mardi après-midi, dans le but d’aboutir à un accord écrit pour janvier 2013. « Toutes les propositions et solutions seront étudiées et débattues, qu’il s’agisse d’organisation et de temps de travail, de qualité de vie au travail, d’efficacité des organisations ou de politique de rémunération », explique la direction. Dans le même esprit que les reculs sociaux – flexibilisation du temps de travail, gel des salaires, notamment – sur fond de chantage à l’emploi imposés par la direction de PSA dans l’usine de Sevelnord, Renault a d’entrée de jeu cadré la négociation en ces termes : « Si Renault considère que les engagements pris par les uns et par les autres dans la négociation sont compatibles avec les besoins de l’entreprise, la direction générale pourra s’engager sur des garanties : concernant des affectations de véhicules permettant d’assurer un niveau d’activités minimum et nécessaire au fonctionnement des usines (…), concernant une définition claire et stable du cœur de métier de Renault en ingénierie et fonctions tertiaires que l’on doit maintenir en France (…), relative à un plan d’action sur l’amélioration de la qualité de vie au travail », rapporte la CGT dans un communiqué. Le syndicat rappelle que ces soi-disant contreparties avancées par la direction ne relèvent pourtant que de ses « obligations encore inscrites dans notre Code du travail ».

Loan Nguyen

Le plan social chez Ethicon validé
 

Alors que les 350 ex-salariés du fabricant de matériel chirurgical Ethicon, à Auneau (Eure-et-Loir), étaient parvenus en première instance en 2011 à faire invalider le plan de licenciements dont ils étaient victimes 
pour absence de motif économique, la cour d’appel 
de Versailles a finalement validé hier le contenu 
du PSE, après avoir donné gain de cause à la direction sur le principe de la mise en place d’un plan social 
en juin dernier. Le groupe propriétaire Johnson & Johnson cherche manifestement à délocaliser sa production 
à moindre frais en Amérique du Sud.


Blocage d’un abattoir Doux

Environ 250 ex-salariés du groupe volailler Doux 
ont bloqué hier l’abattoir de Pleucadeuc (Morbihan), rejoints par des employés du site, pour exiger 
le paiement des salaires dus et de leurs indemnités 
de licenciement. « Nous ne lèverons pas le camp tant qu’il n’y aura pas d’engagement écrit, sinon on ira 
à Châteaulin (le siège du groupe Doux dans le Finistère – NDLR) allumer le feu comme on le fait ici », a mis en garde un délégué CFDT, Gérard Gillet. L’abattoir de Pleucadeuc fait partie des cinq sites du pôle frais de Doux ayant fait l’objet de reprises partielles après le placement de ce pôle en liquidation judiciaire.


Le groupe Parisot dans la tourmente 

Le groupe d’ameublement Parisot, dont trois oncles 
de l’actuelle patronne du Medef sont actionnaires, a été placé en procédure de sauvegarde mardi par le tribunal de commerce de Vesoul (Haute-Saône) pour six mois 
en raison d’un « retournement brutal du marché ». Plus de 2 000 salariés, dont 1 400 en France, sont concernés. L’une des filiales vosgiennes du groupe spécialisée dans les meubles de cuisine, qui emploie 380 personnes, 
a même été placée en redressement judiciaire hier.

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Edité par T 34 - 09 Nov 2012 à 22:38
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Compétitivité, piège à salariés !

 
Didas Kalos

Qu’elle doive s’imposer par un « choc » (Laurence Parisot) ou progressivement (François Hollande), elle fait consensus au Medef et à l’UMPS.

Le raisonnement est simple : si la casse de l’emploi (notamment industriel) s’accélère en France (où 500. 000 postes d’ouvriers ont déjà disparu sous Sarkozy…), c’est parce que la force de travail y est trop chère. Les entreprises ne peuvent donc pas faire face à la concurrence.

Ce raisonnement présuppose que nous sommes en compétition – ce qui est indéniable en économie capitaliste. Il suppose également que cette compétition est complètement ouverte, et qu’il est impossible, par exemple, de protéger la production nationale aux frontières – ce qui est indéniable dans l’Europe des traités supranationaux.

Il oublie soigneusement un détail : c’est que la première cause du « manque de compétitivité » des entreprises françaises est la surévaluation de l’euro, dont toutes les économies d’Europe souffrent – sauf celle de l’Allemagne, dont l’industrie assemble des produits achetés en Europe centrale… hors zone euro !

« Modèles »

Sans compter que le Kapital d’outre-Rhin a tellement comprimé les salaires que 25% des travailleurs y touchent moins de 9 € 15 de l’heure (brut !). Sans parler de la précarité, qui y a littéralement explosé. Tout cela sans qu’on l’accuse de concurrence déloyale – l’Allemagne est intouchable, et l’inénarrable Montebourg, ministre du « redressement productif », préfère faire diversion avec la Corée…

Au passage, économistes et journalistes osent maintenant vanter les progrès réalisés en matière de compétitivité par l’Italie et… l’Espagne (mais oui !). Il faut dire que dans ce dernier pays, le taux de chômage officiel dépasse maintenant les 25 % : l’arme absolue contre les salaires ! D’ici à ce qu’on nous vante le modèle grec…

Le cri d’alarme sur la « compétitivité » n’est donc rien d’autre que la remise au goût du jour du refrain de la « concurrence » entonné par les capitalistes dès le 19ème siècle, transposé dans l’économie mondialisée : les patrons de tous les pays sont d’accord pour se livrer à une concurrence effrénée, qui les oblige à casser les salaires – c’est-à-dire que la concurrence entre patrons s’impose aux salariés. Dans cette compétition, le travailleur de France (qu’il soit français ou immigré d’ailleurs), est sommé d’accepter une amputation de son salaire et de sa retraite, une dégradation de son statut et de ses conditions de travail, etc., pour rester « compétitif » avec les travailleurs allemands, italiens, espagnols, polonais, chinois…

« Naïveté »

Remarquons au passage que lesdits Chinois dopent leurs exportations – donc leur production – qvec une monnaie non-convertible et administrée par eux-mêmes. Ce qui fait dire à nos économistes en vue : « nous avons été naïfs… », et d’ajouter tout bas : « … et nous le resterons ! ». Car la mise en concurrence soi-disant « libre et non faussée » de produits vendus dans une monnaie sous-évaluée comme le yuan avec des produits vendus dans une monnaie surévaluée comme l’euro est d’une redoutable efficacité pour laminer les salaires en Europe.

Ce qui se cache derrière la « compétitivité », c’est donc la guerre. Non pas une guerre de l’Europe contre la Chine, ni de la France, contre la Pologne, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne. Non : c’est la bonne vieille guerre du capital contre le travail.

Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Warren Buffet, l’homme d’affaires multimilliardaire étasunien : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. » (25 mai 2005, sur CNN).

Et tant que la France sera dans la zone euro, qui plombe ses exportations et sa production ; tant qu’elle sera dans l’Union Européenne, qui organise la « concurrence libre et non faussée » (en réalité : forcée et truquée) entre les salariés d’Europe et du monde entier, les travailleurs de France se feront écraser dans cette guerre de classe.

Mais pour qu’ils la gagnent, il faudra qu’ils cessent d’être perpétuellement sommés d’accroître leur « compétitivité », et donc qu’ils mettent fin à la compétition… c’est-à-dire au capitalisme.

Didas Kalos

Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-competitivite-pie...


France : Le “Pacte avec les Loups

 
Pedro da Nóbrega
 

Il est des images qui valent parfois bien des analyses : celle de voir en première ligne la patronne des patrons français, Laurence Parisot herself, rendre un hommage appuyé aux dernières décisions annoncées par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans le cadre de ce qu’il a souhaité aimablement intituler « pacte de compétitivité » pour, semble-t-il, atténuer le « choc traumatique ».

Au vu de ce satisfecit du patronat, vite passé des effarouchements de pigeons philanthropiques aux « dents de la mer » des requins du capital avec l’ultimatum des 98 grands patrons du CAC40, pas sûr que les travailleurs de France lui sachent gré de ses précautions oratoires au regard du contenu de ce « Pacte ».

Car bien évidemment, si la cheftaine Parisot se félicitait de voir le gouvernement prendre enfin en compte les analyses patronales sur le supposé déficit de compétitivité dû, bien sûr, à un « coût du travail » qui serait trop élevé en France, c’est bien que le contenu de ce pacte vise d’abord à répondre aux exigences patronales plus qu’à réellement prendre la mesure des attentes sociales pourtant fortes en ces temps de licenciements massifs et de précarisation accrue.
 
On pourrait à cet égard rappeler benoîtement à Monsieur Ayrault le propos sans ambiguïté de Paul Krugman, prix Nobel d'économie, « contre la “dangereuse obsession” de compétitivité de l’Union européenne » car « la compétitivité est un mot vide de sens lorsqu’il est appliqué aux économies nationales ». Mais aussi insister sur le fait que c’est le travail qui crée de la richesse et donc que les salaires et les cotisations sociales ne constituent pas des coûts mais la rémunération d’une ressource qui est à la base de la création de valeur.
 
Donc pourquoi continuer à évoquer, contre toute évidence, le « coût du travail » ?
 
Certainement pour mieux masquer une évidence que s’acharnent à masquer tous les « chiens de garde » experts du barnum médiatique, à savoir que ce qui coûte effectivement très cher, c’est la rémunération du Capital. En effet, les revenus nets distribués représentent aujourd’hui 9 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières, niveau historique record depuis la Seconde Guerre mondiale, contre 5,6% en 1999. En trente ans, la masse salariale des entreprises a été multipliée par 3,6 alors que la somme des dividendes versés aux actionnaires a été multipliée par 20. Le rapport de la Commission Européenne sur "L'emploi en Europe" (2007) indiquait déjà que la part des revenus du travail dans le PIB a chuté de 10 points depuis 1981, ce qui correspond environ à 100 Milliards d'euros par an ! Ces chiffres permettent de mieux mesurer l’arnaque du discours patronal visant à rendre le niveau des rémunérations du travail, cotisations sociales inclues, responsable de la baisse des investissements.
 
Céder au diktat patronal exigeant un transfert massif des cotisations sociales vers les ménages et les salariés, par le biais de la TVA et de la CSG, c’est refuser de s’attaquer à ce « pouvoir de la finance », que pourfendait pourtant avec ardeur le candidat Hollande lors de son discours du Bourget, pour qui l’essentiel reste de préserver à un niveau toujours plus élevé la rémunération des actionnaires. D’ailleurs, en 2011, selon l'INSEE, les dividendes distribués aux actionnaires des sociétés non financières plus les intérêts versés aux banques totalisaient 309 milliards d'euros, alors que les cotisations sociales ne coûtaient que 145 milliards d'euros ! Et pour ce qui est du bilan des exonérations actuelles de cotisations sociales et leurs incidences sur l’emploi, voilà ce qu’en disait la Cour des Comptes en 2009 : « La Cour avait relevé que les nombreux dispositifs d’allègement des charges sociales étaient insuffisamment évalués en dépit de la charge financière croissante qu’ils représentaient pour les finances publiques (27,8 milliards d’euros en 2007, soit 1,5 % du PIB). S’agissant des allègements généraux sur les bas salaires, leur efficacité sur l’emploi était trop incertaine pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité. »
 
Sans parler de la mesure jamais réalisée des incidences sur l’emploi des 170 milliards d’euros d’aides publiques diverses versées aux entreprises.
 
Mais c’est pourtant bien là que réside la première cause réelle de la baisse des investissements, dans cette volonté inébranlable de garantir au capital le plus haut niveau de rémunération, quel qu’en soit le coût social comme aussi dans sa vision à court terme.
 
Car il est surprenant, ou peut-être pas justement, que les thuriféraires de la liturgie néo-libérale et de la compétitivité à tout prix omettent d’évoquer à ce sujet d’autres facteurs que ces salariés qui « coûteraient » trop cher. S’agissant d’un de leurs exercices préférés, la comparaison avec l’Allemagne, le niveau insuffisant de la Recherche et Développement en France : 2,1 % du PIB contre 2,8 %. Ce différentiel est également très marqué si l’on considère les dépenses en R&D du secteur privé : 15 milliards d’euros de ce côté-ci du Rhin, contre 31 milliards de l’autre en 2008. La faute aux salaires, Madame Parisot ? Hélas pour vous non, les dividendes sur la richesse créée par les sociétés non financières s’élevaient en 2010 à près de 230 milliards d’euros soit plus que l’investissement.
 
Mais avant que la nostalgie de l’époque dorée du sarkozysme ne vous étreigne trop intensément, Monsieur Ayrault à tenu à vous rassurer sur le caractère peu « dangerous » de sa politique à l’égard de vos intérêts avec un Pacte de compétitivité. Un « Pacte avec les loups » venant après l’adoption en catastrophe du Traité d’austérité Merkozy qu’il vouait pourtant aux gémonies six mois auparavant.
Pour en revenir à cette fumeuse injonction de compétitivité, il serait bon de rappeler à certains qui semblent l’avoir oublié le temps d’une élection, qu’elle relève de la compétition et non pas de la compétence. Quelle est donc cette logique absurde qui vise à instaurer une compétition féroce entre des peuples parties d’un même ensemble qui prétend vouloir instaurer un mieux vivre entre ces mêmes peuples ? Qui plus est par l’instauration autoritaire de politiques d’austérité socialement dévastatrices qui détruisent l’emploi, généralisent la précarité, remettent en cause l’accès à des droits aussi fondamentaux que la santé, l’éducation, le travail et le logement, asphyxient la consommation et étouffent l’investissement au sein de pays dont l’essentiel des échanges s’effectue pourtant entre eux ? En exacerbant au passage tous les particularismes les plus chauvins. 
 
 
Et pour parler d’austérité, qui dit mieux qu'un orfèvres en la matière comme le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, dans ses « Quatre leçons sur la Crise » en décembre 2011 :
 
« Les investisseurs financiers sont schizophréniques s’agissant des plans de rigueur et de la croissance. Ils réagissent d’abord positivement aux annonces de plans de rigueur, mais négativement ensuite lorsque la rigueur conduit à une plus faible croissance – ce qui est souvent le cas. Les estimations du FMI suggèrent ainsi que la rigueur peut conduire à une hausse plutôt qu’à une baisse des taux d’intérêts sur la dette souveraine. »
 
Malheureusement les situations de récession que subissent les peuples de l’Espagne, de la Grèce, de l’Italie ou encore du Portugal, ne font que confirmer ce scénario catastrophe auquel la France risque d’être confrontée faute de courage politique pour s’attaquer aux fondements de cette logique destructrice. Un certain Karl Marx écrivait en son temps : « Le Capital a horreur de l'absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime. » Chacun pourra mesurer l’actualité de cette phrase et ce n’est certainement pas en se soumettant à cette logique carnassière ni à la rhétorique patronale que les peuples trouveront une issue.

Et pour ce qui est du changement, pour l’instant c’est surtout sur le plan du vocabulaire et des postures qu’il se manifeste mais certainement pas au niveau de la perspective.

L’Amérique Latine offre pourtant un contre-exemple riche d’enseignements d'un processus d’intégration régionale solidaire, fondé sur la coopération et le respect des souverainetés populaires. Mais il a fallu pour cela avoir le courage de s’affranchir de la tutelle des marchés financiers et faire aussi grandir les processus participatifs d’intervention populaire dans la mise en marche de ce processus.

Il serait bon de s’en inspirer tant en France qu’en Europe, aussi bien pour les formations politiques que pour le mouvement social, afin de fermer la porte à la montée de toutes les logiques totalitaires et xénophobes, qu’elles portent le col blanc ou aient la nostalgie de la chemise brune.
 
Date de parution de l'article original: 10/11/2012


Edité par T 34 - 11 Nov 2012 à 17:59
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Les patrons brasseurs veulent profiter de la hausse de la TVA sur la bière

Les grands patrons des brasseries alsaciennes profitent de la prochaine hausse des taxes sur la bière pour faire pression sur l'emploi et les salaires de leurs employés, afin de conserver leurs bénéfices.

C'est ce que dénonce la fédération du Bas-Rhin du  Parti Communiste Français, dans un communiqué publié ce lundi. Les communistes alsaciens démontent la "campagne d’enfumage lancée par les grands patrons des brasseries alsaciennes". Selon eux, ces patrons usent de la prochaine augmentation de 160% des taxes sur la bière, contenue dans le projet de financement de la Sécurité Sociale pour l’année 2013, pour faire pressions sur leurs salariés.

Compressions d'emploi et de salaires

"Les communistes s’opposent à ce que cette hausse de la taxe sur la bière soit répercutée sur les consommateurs et servent d'alibi à de nouvelles compressions de l’emploi et des salaires dans la filière brassicole qui au nom de la rentabilité financière a déjà subi de nombreuses vagues de plans sociaux. C’est sur les revenus du capital, sur les dividendes des actionnaires des grands groupes brassicoles que cette taxe doit être prélevée", insiste le communiqué.

"Rappelons que les grands patrons brasseurs n’ont pas attendu cette taxe pour "mettre en bière" les brasseries, pour liquider notre patrimoine régional. Depuis des années, les salariés subissent diminutions de salaires, aggravations des conditions de travail et licenciements alors que des bénéfices sont réalisés et que les actionnaires réclament toujours plus de dividendes. Rappelons à la droite alsacienne revancharde qui pleure aujourd'hui des larmes de crocodiles en s’inquiétant du sort des travailleurs des brasseries, qu'elle n'a rien fait hier pour défendre ce secteur important de notre économie régionale."

Label "bière d'Alsace"

La fédération PCF du Bas-Rhin appelle à la mise en place d'un contrôle sur toutes les aides publiques perçues par les grands brasseurs. Elle propose aussi la création d'un label "bière d'Alsace", pour "empêcher les délocalisations, garantir la qualité des productions, l’emploi, le pouvoir d’achat, le contrôle de la production (localisations des productions, de la main d’oeuvre etc…) et des prix à la consommation".

  • A lire aussi:

Face aux stratégies patronales, les salariés des brasseries ne doivent pas trinquer (PCF Bas-Rhin)

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Automobile: Faurecia supprime 1500 emplois en Europe

L'objectif de l'équipementier détenu à 57,4% par PSA Peugeot-Citroën est de réduire ses coûts en Europe occidentale alors que son chiffre d'affaires y baisse.

Faurecia n'a pas dévoilé les sites concernés par cette restructuration, lors d'une réunion pour les investisseurs à Londres ce lundi. "Le nouveau contexte européen impacte les objectifs financiers à moyen terme du groupe, la réduction significative des perspectives de production appellent un plan d'action supplémentaire", a indiqué le groupe dans une présentation aux analystes.

Remonter ses marges

Il a ainsi retardé de deux ans son objectif d'une marge opérationnelle supérieure à 5%, désormais envisagé pour 2016. A cet horizon, Faurecia compte réaliser un chiffre d'affaires de 22 milliards d'euros, grâce surtout au marché nord-américain et à la demande des constructeurs asiatiques.

Le groupe avait annoncé cet été qu'il engagerait de nouvelles mesures de restructuration sur le continent, mais sans apporter de précision sur les emplois concernés. Les charges de restructuration, estimées juqu'ici à 80-90 millions d'euros pour l'année en cours, atteindront 100 millions, contre 60 millions en 2011. Faurecia prévoit également 90 millions d'euros de charges supplémentaires en 2013, ce qui affectera sa trésorerie l'an prochain et l'année suivante.

Source
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Bloquer les fermetures de sites rentables », Rachid Aït Ouakli, délégué syndical CGT 
de l’usine Pilpa de carcassonne.

« Vendredi, s’est tenue la dernière réunion du comité d’entreprise dans la procédure de plan de sauvegarde 
de l’emploi. Les 123 salariés de l’usine vont commencer 
à recevoir leurs lettres de licenciement la semaine prochaine. Nous allons nous battre sur le plan juridique pour contester ce plan social et nous envisageons de monter une Scop. Le cabinet du ministre Montebourg nous parle de trois repreneurs intéressés, mais sans donner de noms, 
ni le nombre d’emplois concernés.

Ce que nous disons, c’est qu’il y a urgence à voter une loi pour protéger 
les entreprises comme la nôtre, qui sont rentables et dont la fermeture a pour seul but de faire plus de profit 
au détriment des salariés, sans tenir compte que deux cents familles vont se retrouver sur le carreau, alors que le taux de chômage est déjà à 13 % dans le bassin d’emploi. Le groupe R&R (qui a racheté l’entreprise il y a neuf mois – NDLR) est venu piller l’entreprise, il nous a rachetés pour avaler son principal concurrent et récupérer nos licences, puis se débarrasser de nous. Nous avons prouvé – et la direction ne le conteste même plus – qu’il n’y a pas de motif économique à ce plan, que les ventes de glaces en France augmentent, contrairement à ce qu’elle affirme, et que notre site est rentable. Il faudrait une loi pour bloquer ce type de plans sociaux et pour donner plus de pouvoir aux élus des comités d’entreprise pour pouvoir dire non. »

Source


Écrémage chez le laitier Candia
 

Afin de gagner en compétitivité, le groupe coopératif prévoit la fermeture de trois usines. Une restructuration inacceptable, 
qui s’accompagne de la suppression de 313 emplois.

L’annonce, par la direction de Candia, de la fermeture de trois de ses sites, compte parmi les plus brutales. Elle prévoit la suppression de 20 % des 1 450 salariés employés par la coopérative laitière. Vendredi, les 185 salariés du site du Lude, dans la Sarthe, appelé à mettre la clé sous la porte mi-2014, ont entamé des débrayages, de même que les 106 employés de l’usine de Saint-Yorre, dans l’Allier, dont la fermeture a été programmée pour fin 2013. Seul le site de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône (23 salariés), lui aussi promis à fermeture en 2013, n’avait pas entrepris d’action. « Cette restructuration est inacceptable, la direction doit revoir sa position », notait la CFDT, majoritaire dans l’entreprise. « Le système coopératif dans son ensemble a échoué à anticiper les changements de marchés », commente pour sa part Yvon Gérard, délégué central du syndicat. « Nous payons ses erreurs. »

Le fait est que Candia se trouve dans une sale passe. Le groupe coopératif prévoit d’enregistrer 26 millions d’euros de perte opérationnelle en 2012. Baisse continue de la consommation de lait en France et hausse du prix des matières premières ont fragilisé l’entreprise. La concurrence acharnée du lait allemand, qui déferle depuis quelques mois à 50 centimes d’euro le litre dans les grandes surfaces, serait sur le point de l’achever. « C’est environ 5 centimes moins cher que notre lait vendu en marque distributeur (MDD) ou premier prix », note ainsi Jean-Baptiste Froville, directeur associé chez Candia. Un vrai problème pour le groupe, qui réalise 60 % de son chiffre d’affaires en MDD. « Impossible de faire le poids », poursuit-il quand, en Allemagne, à 450 kilomètres de Paris, est implantée une usine de lait dont la capacité de production annuelle égale 1,3 milliard de litres… soit l’équivalent de la capacité annuelle des huit usines de Candia. Seule solution avancée par le groupe : concentrer, avec la volonté affichée de gagner en compétitivité. « Malheureusement, le site du Lude n’offre aucune extension possible. Alors que celui de Cambon, à 200 km de là, peut être agrandi et modernisé », poursuit Jean-Baptiste Froville.

Problème de stratégie ?

Reste que Candia est loin d’être un veau sans mère, ayant pour appui le groupe coopératif Sodiaal, cinquième laitier européen aux 4,42 milliards de chiffre d’affaires (1), dont 37 % réalisés dans le lait. Propriétaire de Candia (Grandlait, Candy Up, Viva), il détient également CFR (Cœur de Lyon, Le Rustique, Richemont), la moitié de Yoplait et la totalité d’Entremont, racheté en 2009 – non sans avoir, là encore, procédé à une « rationalisation » de ses coûts en fermant une usine au passage. En septembre, en outre, Sodiaal signait un contrat avec le groupe chinois Synutra, lequel lui garantit une livraison annuelle de 280 millions de litres de lait et de 30 000 tonnes de lactosérum.

La direction de Candia, enfin, se voit interrogée, alors que le groupe avait décidé d’acquérir les usines de Saint-Yorre et Villefranche il y a deux ans à peine. Problème « de stratégie ou de gouvernance ? » s’interrogeait Stéphane Le Foll, en visite, vendredi, sur le site du Lude. Le ministre de l’Agriculture, qui se dit lui aussi surpris par l’annonce de Candia, 
affirme qu’elle ne sera pas acceptée sans plus d’explication de la part de Sodiaal ni une contre-expertise. Insuffisant, estime Yvon Gérard : « Nous exigeons que tous les acteurs de la filière lait se réunissent immédiatement pour remédier à ce démantèlement. »

(1) Chiffres 2011.

Marie-Noëlle Bertrand

Le CCE débouté face à Sanofi

Le juge des référés d’Évry a rejeté, vendredi, la demande du comité central d’entreprise (CCE) de Sanofi recherche et développement, qui avait assigné l’entreprise 
pour qu’elle revoie ses projets de réorganisation.
Le laboratoire avait en effet annoncé la suppression 
de 914 postes en France d’ici à 2015, sur la base 
du volontariat. Le CCE a décidé de faire appel 
de cette décision. Ironie du sort, la veille, 
la capitalisation boursière de Sanofi a supplanté Total 
et trône désormais au sommet du CAC 40.

À Rennes, PSA prétend reclasser
 

Avec la fermeture du site automobile breton, 400 salariés seraient concernés par une réindustrialisation du site et 1 000 par un dispositif de mobilité interne et externe.

La direction de PSA s’acharne à communiquer sur des solutions de reclassement pour les salariés des usines d’Aulnay-sous-Bois, promise à la fermeture, et de La Janais, près de Rennes, où 1 400 suppressions d’emplois sont prévues d’ici à 2014. La CGT rappelle qu’aucune garantie concrète n’existe pour l’instant. À l’issue d’une réunion tripartite en préfecture de Rennes, vendredi, regroupant direction, syndicats, État et élus locaux au sujet de l’avenir de l’usine bretonne, le directeur industriel du groupe automobile, Denis Martin, a déclaré à l’AFP que « 400 mobilités (seront proposées) aux salariés de La Janais sur l’ensemble des sites de PSA », ainsi que « 400 (postes dans le cadre de la) réindustrialisation et 600 mobilités vers l’extérieur, que nous accompagnerons ». Si plusieurs syndicats ont trouvé matière à réconfort dans ces déclarations – à l’image du représentant FO, Pascal Steinbach, qui s’est dit « plutôt satisfait de l’ouverture de cette réunion qui va permettre de construire » –, la CGT n’y a vu aucune avancée. « La seule chose que j’ai ressentie, c’est que Martin est venu pleurer auprès des élus locaux pour avoir de l’argent », a commenté Michel Bourdon, secrétaire de la CGT. « Les 400 volontaires pour la 
mobilité, faudrait déjà les trouver ! Et les 600 emplois externes, ils les trouvent où, alors que le chômage est déjà fort en Bretagne et que les boîtes comme Doux licencient aussi ? » a en outre critiqué le syndicaliste. Rappelant que la CGT s’était battue, mercredi, à l’occasion d’une première réunion de négociations concernant l’ensemble du plan de 8 000 suppressions d’emplois à l’échelle du groupe pour que des dispositifs de préretraite soient discutés pour les plus de cinquante-cinq ans, Michel Bourdon évalue à 943 le nombre de salariés rennais qui correspondent à ce critère d’âge. « Avec les 360 postes que l’expertise du cabinet Secafi a estimé qu’on pourrait sauver grâce à l’arrivée de la remplaçante de la Citroën C5, on pourrait presque boucler le plan », note le délégué CGT, qui déplore que la direction ait pour l’instant choisi d’ignorer ces paramètres. Prochaine réunion tripartite concernant La Janais prévue en 2013.

Loan Nguyen

« Le juge a remis en cause le management d’Airbus »

Délégué central CGT, Xavier Pétrachi revient sur la suspension du système d’évaluation d’Airbus en 2011. Une première.

Le 21 septembre 2009, la justice infligeait un désaveu sévère à Airbus en interdisant au constructeur aéronautique de retenir certains critères de comportement pour décider des primes à octroyer à ses cadres en France. La cour d’appel de Toulouse avait en effet suspendu le système d’évaluation des 5 000 cadres des usines Airbus en France car il intégrait des « critères comportementaux non conformes aux exigences légales ». « Le juge a remis en cause la façon de manager le personnel et rappelé qu’on ne peut pas juger une personne à partir de son comportement mais sur des objectifs de travail. Sur ce point-là, on peut dire qu’on a fait avancer le débat, car au-delà d’Airbus, ce sont tous les systèmes d’évaluation basés sur des critères comportementaux qui ont été reconnus illicites », raconte Xavier Pétrachi, délégué syndical central CGT d’Airbus. Et pour cause, l’arrêt de la cour d’appel de Toulouse fait désormais jurisprudence.

Et s’il y a encore aujourd’hui peu de batailles juridiques portant sur l’évaluation des salariés, de nombreux syndicats se penchent sur la question. « On est régulièrement contactés par des militants du privé et du public. On sent que cette idée d’évaluer les salariés dans leur travail fait des émules. Les directions s’orientent vers l’individualisation des salaires et la rémunération au mérite. C’est oublier qu’un travail se fait collectivement », déplore le syndicaliste d’Airbus.

Lui-même avoue d’ailleurs ne pas être « satisfait à 100 % » de ce jugement. « Personnellement, je suis pour la suppression de tous les systèmes d’évaluation. Cette méthode note non pas la réalité du travail, mais ce que veut la hiérarchie. »

Les systèmes d’évaluation dans le collimateur des syndicats

Les systèmes d’évaluation suscitent de plus en plus de contentieux, notamment en raison d’introduction de critères comportementaux. Chez General Electric Medical Systems (GEMS), les syndicats CGT et FO, ainsi que le CHSCT se battent depuis des années contre ces pratiques anxiogènes.

« Agir avec courage », « faire preuve d’imagination », « oser prendre des risques »… Les critères comportementaux sont devenus la bête noire des syndicats, qui, de plus en plus, contestent les systèmes d’évaluation mis en place par les directions. Alors qu’auparavant, celles-ci se basaient essentiellement sur des critères quantitatifs, elles veulent aujourd’hui évaluer aussi l’engagement des salariés et leur adhésion aux valeurs de l’entreprise. Snecma, Hewlett Packard, Mornay, IBM, Airbus, 
Sanofi… les exemples de contentieux ne manquent pas. Dernier en date, la contestation, par les syndicats CGT et FO et le CHSCT, du système d’évaluation de General Electric Medical Systems (Gems). Cette méthode, à laquelle chaque salarié est confronté une fois par an sous la forme d’un entretien individuel, était dénoncée par les syndicats qui la considéraient comme « illicite » car basée sur le comportement et non uniquement sur le travail accompli. Mais, contrairement aux attentes des syndicats, la cour d’appel de Versailles a de nouveau estimé, dans un arrêt d’octobre dernier, que les compétences évaluées, « dans la mesure où elles sont développées en relation avec le travail effectué, entrent dans le cadre de l’évaluation professionnelle au sens strict du terme ».

En contestant la légalité de cette méthode devant la cour d’appel de Versailles, les syndicats espéraient créer une jurisprudence qui établirait que ce genre de méthode d’évaluation, fondée sur trop de critères 
comportementaux, est illicite et nocive pour la santé des salariés. La méthode d’évaluation du géant mondial des technologies et des services médicaux repose sur des critères tels que l’ingéniosité, l’engagement, l’énergie ou encore l’imagination. Les mieux notés ont droit à une augmentation, tandis que ceux qui sont jugés trop mauvais doivent se soumettre à un « plan d’amélioration ». « À l’origine, General Electric a créé ce système pour faire tourner les effectifs en poussant vers la sortie 10 % du personnel par an, à coups de licenciements pour insuffisance professionnelle », affirme Jocelyne Chabert, élue CGT au CHSCT.

D’ailleurs, la militante n’entend pas en rester là. « Laisser une telle décision en suspens serait préjudiciable à toutes les autres entreprises qui envisagent d’aller en justice », assène-t-elle. Une ligne de conduite partagée par son syndicat. La CGT de cette filiale française de General Electric, tout comme FO, a l’intention de se pourvoir en cassation. Et tout laisse à penser que le CHSCT de Gems, qui doit se réunir d’ici à la fin novembre, pourrait lui aussi s’associer à cette démarche. « Nous sommes convaincus que la question du système d’évaluation est à double entrée : il y a cette question de droit – est-ce licite ou non ? Mais il y a aussi et surtout les conséquences de ce système sur la santé des salariés », expose l’élue CGT.

C’est d’ailleurs la conclusion de 
l’expertise du cabinet Isast, mandaté par le CHSCT, qui a mis en évidence, lors de son enquête en 2009, des problèmes d’irritabilité, des troubles du sommeil et de l’alimentation en lien avec le système mis en place. Un rapport d’expertise rendu fin 2006 pointait déjà la responsabilité du système d’évaluation des salariés comme l’une des causes du mal-être au travail. « L’avocate de la direction entretient une confusion entre le jour de l’entretien, qui occasionnerait du stress, et le reste de l’année, où rien ne se passerait. Nous, nous soutenons que c’est l’ensemble du système qui est pervers. Nous parlons d’un système anxiogène, qui met en concurrence les salariés toute l’année. Or, les juges ont balayé cet aspect-là », déplore Jocelyne Chabert.

« Un entretien doit évaluer le travail effectué par un salarié, son savoir-faire et non son savoir-être », précise David Métin, avocat spécialisé dans le droit du travail, qui défend les syndicats de Gems. « Or actuellement, chez Gems, l’important n’est pas de faire, mais de faire savoir qu’on sait faire », a argumenté l’avocat, qui insiste sur l’importance de « déconnecter 
compétences et comportement ». De son côté, le directeur des ressources humaines de Gems, 
Matthieu Willot, assure pourtant qu’il ne s’agissait pas d’évaluer des « éléments personnels ». « Nous avons défini des comportements professionnels et on s’est efforcés de les rendre les plus précis possible en fonction des métiers. »

Le fond du problème, c’est que la loi n’encadre pas les entretiens d’évaluation. En 2002, la Cour de cassation en a fait un droit de l’employeur, dont les limites sont fixées au fur et à mesure de la jurisprudence. L’an passé, c’est Airbus qui a dû suspendre les siens, après que la CGT a porté l’affaire devant la justice. Elle considérait comme illicites des éléments de ces entretiens d’évaluation visant à apprécier le comportement des cadres. La cour d’appel lui a donné raison (lire ci-contre). En 2008, le tribunal de grande instance de Nanterre avait débouté le groupe de presse Wolters Kluwer France, qui utilisait des critères « flous basés sur des valeurs » pour évaluer ses employés. Parmi elles, l’intégrité, la responsabilité ou le travail en équipe.

En juillet, plusieurs syndicalistes de Renault avaient fait le déplacement à Versailles pour assister à l’audience de Gems. Pour s’informer. « Dans nos entretiens individuels, quand on est notés E ou F, on est soumis à un plan de progrès individuel. Ça signifie qu’on est coachés avec un audit tous les trois mois. Je ne vous dis pas la pression et les conséquences au niveau des risques psychosociaux », témoigne William Audoux, secrétaire CGT du CHSCT du département fonderie de Renault Cléon. « Du coup, on se renseigne sur la procédure, on cherche la bonne porte d’entrée », renchérit Didier Carbon, membre du CHSCT tertiaire sur le même site.

Repères

Novembre 2007, arrêt Mornay : la mise en place d’un système d’évaluation des salariés doit être soumise à la consultation du CHSCT.

Mars 2008, arrêt Snecma : 
un juge peut suspendre la mise 
en œuvre d’une réorganisation 
du travail s’il considère que celle-ci ne garantit pas la santé 
et la sécurité des salariés.

Septembre 2008 : le tribunal 
a jugé illicite un système d’évaluation individuel des salariés basé sur les comportements 
et autres critères « flous » 
chez le groupe de presse Wolters Kluwer France (WKF).

Janvier 2012 : le dispositif 
de « reconnaissance et d’évaluation de la performance » des cadres de Sanofi a été jugé illicite par le tribunal de grande instance de Paris.

Alexandra Chaignon

GALLOIS, LE PERE NOEL DU PATRONAT !

 
Alex

C’est Noël en novembre pour le patronat ! Le gouvernement lui offre 20 milliards d’euros, soit une baisse de moitié de l’impôt sur les sociétés. C’est un cadeau sans contrepartie. Le gouvernement prétend que ces milliards doivent « inciter » le patronat à investir, mais depuis des années, les grandes entreprises, celles qui exportent et qui n’ont que le mot « compétitivité » à la bouche, dépensent plus en dividendes reversés qu’elles n’investissent !

« Choc », « pacte », « compétitivité », « confiance »…, depuis des semaines ces mots tournent en boucle, du patronat au gouvernement, en passant par les « économistes ». Après traduction, il faut comprendre que les salariés dans ce pays sont trop payés, ne travaillent pas assez et profitent indûment d’une des meilleures protections sociales encore existantes en Europe. S’il y a du chômage, des licenciements, des fermetures d’entreprises, des suppressions d’emplois, ne cherchez plus, c’est parce qu’on n’est pas assez « compétitifs » !

Le rapport Gallois, d’un ancien patron de la SNCF et d’EADS, épaulé par un responsable de l’UMP dans son travail « d’expert », a été applaudi par le MEDEF qui n’en peut plus de satisfaction : normal, c’est un rapport de patron pour les patrons ! Ces 20 milliards d’exonération de cotisations sociales pour le patronat ouvrent la voie à un véritable hold-up sur la partie de nos salaires versée directement par les employeurs, pour assurer à chacun des services sociaux de qualité. Et Gallois voudrait nous faire avaler cela au nom d’un prétendu « pacte social » et de la « solidarité nationale » ! Il parle même de « patriotisme », un vocabulaire qui rappelle le temps des guerres : c’est en l’occurrence une vraie guerre sociale qui est ainsi lancée contre les classes populaires.

Ayrault n’a pas tardé pour annoncer qu’il suivrait la quasi-totalité des « recommandations » de Gallois. 20 milliards de cotisations sociales sur les salaires entre 1 et 2,5 fois le SMIC seront offerts aux patrons sous forme de crédit d’impôt dès 2013 ! Ce manque à gagner pour l’Etat sera financé à moitié par une augmentation des taux de TVA, cet impôt le plus injuste car il frappe les pauvres de la même manière que les riches. Et l’autre moitié sera financée par une baisse supplémentaire de la dépense publique. Les couches populaires sont attaquées sur trois fronts : les dépenses quotidiennes, la protection sociale et l’accès aux services publics. Le changement promis par Hollande, c’est en pire !

Depuis plusieurs semaines, pas un jour où ne sortent des statistiques plus ou moins manipulées sur le coût du travail en France, sans que personne ne parle des dividendes records que s’octroient les actionnaires (9 % de la valeur ajoutée des sociétés non-financières, du jamais vu depuis 1949 selon l’Insee). Hollande a dit qu’il souhaitait un « compromis historique », un accord « gagnant-gagnant », « donnant-donnant ». Tout ça, c’est bien sûr du vent, mais surtout un coup de massue pour celles et ceux qui, six mois après la défaite de Nicolas Sarkozy, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d’austérité.

Pour financer son cadeau au patronat, le gouvernement piétine sans vergogne son engagement de ne pas augmenter la TVA. Mais si cette TVA était injuste sous Sarkozy, elle le reste avec Hollande ! Les travailleurs vont payer à double titre : par l’augmentation de la TVA et par la réduction des dépenses publiques qui va encore dégrader les hôpitaux, l’Éducation, les transports, et priver les collectivités de ressources indispensables pour la population. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le gouvernement socialiste montre à quel point il est prêt à s’aplatir face au patronat, et est capable des pires attaques contre les travailleurs.


Ces mesures
partent du principe qu’il faut financer l’investissement du privé de façon prioritaire, mais au détriment de l’investissement public. D’une part, on fait l’impasse complète sur le coût du capital et les prélèvements financiers des entreprises, c’est-à-dire les intérêts et les dividendes aux actionnaires. D’autre part, pourquoi cette mesure concerne-t-elle toutes les entreprises, alors que logiquement la compétitivité ne concerne que celles qui sont impactées par la mondialisation ? L’on peut craindre que ce crédit d’impôts sur les sociétés serve une nouvelle fois la distribution de dividendes et non l’investissement.


Alex d’après des communiqués du NPA de LO et du FDG

http://2ccr.unblog.fr/2012/11/12/gallois-le-pere-noel-du-pat...



Edité par T 34 - 14 Nov 2012 à 15:58
Patria socialismo o muerte

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Chantage à l’emploi chez Renault

Le constructeur automobile français s’engage à ne pas fermer d’usines en échange d’un accord de compétitivité. "Comme à son habitude, le chantage reste la seule voie que connaissent nos dirigeants », a critiqué Fabien Gâche, délégué central CGT.

Comme chez PSA, à ­Sevelnord, le « dialogue social » chez Renault a surtout des allures de racket. Surfant sur le traumatisme de l’annonce de la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay, la direction de Renault s’est voulue, en contraste, rassurante, hier, à l’occasion d’une deuxième réunion de négociation avec les syndicats représentatifs (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO), conditionnant son engagement à ne pas fermer d’usine en France à la signature d’un accord de compétitivité. Si les plus gros reculs sociaux (flexibilisation de la durée du temps de travail et des rémunérations) devraient faire l’objet de séances ultérieures, la direction a esquissé hier plusieurs perspectives de rationalisation des coûts : concentration des sites de production en pôle régionaux industriels, mutualisation des activités de back-office (management, ressources humaines, communication, comptabilité…), et recours accru à la mobilité interne des salariés ont notamment été mis sur la table.

« Dans le cadre d’un accord global sur l’ensemble des mesures proposées au cours du cycle de négociations, (la direction) pourrait s’engager à ne pas fermer d’usine en France, malgré un marché européen sans véritable croissance », a fait savoir le constructeur automobile, dans un communiqué. « Comme à son habitude et comme en Espagne, le chantage reste la seule voie que connaissent nos dirigeants », a immédiatement critiqué Fabien Gâche, délégué central CGT, lors d’une conférence de presse, hier. Rappelant que la marque au losange a engrangé 786 millions d’euros de bénéfice net au premier semestre 2012, le syndicaliste a insisté sur l’idée que « c’est précisément cette logique qui appauvrit les salariés et les peuples et ferme, à moyen terme, des débouchés de vente pour notre entreprise ».

Loan Nguyen

La France, leader européen des faibles coûts, selon une agence officielle

«L’attractivité de la France est en hausse » : ce constat établi en mars 2012 par la chambre de commerce américaine en France est mis en exergue de son rapport annuel par l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii). Dans un rapport précédent, cette agence affirmait : « En termes de coût global d’une entreprise, la France est leader européen des faibles coûts. En France, les coûts d’implantation d’une entreprise, incluant la main-d’œuvre, l’immobilier, le transport, les services publics et les taxes, sont très compétitifs. » L’Afii n’est pourtant pas un repère de syndicalistes. Elle a été créée en 2001, par un gouvernement de droite, alors que Jacques Chirac était président de la République. L’Afii fait en outre référence à l’étude biennale « Choix concurrentiels » du cabinet anglo-saxon KPMG, qui compare les coûts d’exploitation d’une entreprise dans plus de 100 villes dans 9 pays. La France s’y distingue par des coûts globaux particulièrement avantageux pour l’implantation d’une entreprise. Ces coûts concernent la main-d’œuvre, l’installation, les transports, les services publics (électricité, gaz naturel, télécommunications), l’impôt sur les bénéfices…

Et il est vrai que notre pays attire nombre de capitaux internationaux. Depuis 2007, la France a accueilli 256,2 milliards d’euros d’investissements étrangers, contre près de 200 milliards pour l’Allemagne.

Ces arguments exposés par l’Afii à l’adresse d’investisseurs étrangers contredisent singulièrement la campagne de la droite et du Medef – à laquelle le gouvernement cède – présentant une économie française plombée par un coût du travail. Il est vrai que la France a des atouts, notamment grâce à ses services publics mais, pour autant, elle perd des parts de marché à l’international et son déficit extérieur devient béant. Cherchez l’erreur.

Nous avons déjà pointé cette contradiction 
dans le discours de la droite et du Medef : 
pour eux l’entreprise, ce sont les patrons, 
mais quand il s’agit d’évaluer les coûts 
de production, il n’y a plus que les salariés et le coût du travail. En vérité, la notion de compétitivité ne peut déboucher sur autre chose, elle est piégée dans la mesure où son véritable critère d’évaluation est la rentabilité des capitaux, leur rémunération. Est compétitif un pays qui « rapporte ». À l’opposé, si l’on se place du point de vue du peuple travailleur, 
c’est le critère d’efficacité sociale qui doit prévaloir : comment faire pour que les ressources soient utilisées de la manière 
la plus efficace en termes d’emploi, de valeur ajoutée, de développement humain ? 
Telle est la bonne question.

Pierre Ivorra

Télécoms : prêts à tout pour leurs marges

Les employés des opérateurs téléphoniques se mobilisent aujourd’hui 
et demain pour sauver l’emploi dans le secteur 
et revoir la stratégie des groupes.

Les salariés des télécoms sur le pied de guerre. Aujourd’hui et demain, l’intersyndicale CFDT, CGT, Sud et Unsa appelle à la mobilisation dans ce secteur plombé par les suppressions d’emplois. En septembre, Bouygues annonçait un plan de 556 départs volontaires pour économiser 300 millions d’euros. Chez SFR, un plan social est dans les tuyaux. Les disparitions de postes oscilleraient entre 500 et 2 000 d’après les syndicats. Même topo chez France ­Télécom qui table sur 10 000 postes supprimés entre 2013 et 2015 contre 4 000 embauches.

Pour justifier cette saignée, les opérateurs mettent en avant la concurrence du quatrième opérateur mobile, Free, sur un marché déjà mature. Mais ­l’argument a fait long feu. Comme le précise Damien Bornerand, délégué syndical CGT chez SFR, « seulement 30 % de la part du recul du chiffre d’affaires sont dus à Free, le reste est lié principalement à des modifications réglementaires concernant les taxes et coûts de connexion. Il faut arrêter ! SFR reste bénéficiaire, même si son chiffre d’affaires s’est contracté. Les départs volontaires sont prévus pour maintenir le taux de profit ».

L’entreprise semble prête à sacrifier sa masse salariale pour conserver ses dividendes. Le syndicaliste précise que leur montant restera le même en 2012. Chez France Télécom, pour faire illusion, la direction avait annoncé une baisse de son dividende à 0,80 centime contre 1,40 euro. Mais 2 milliards seront tout de même distribués aux actionnaires. Christian Pigeon, de la fédération SUD PTT, constate que « le montant des dividendes chez France Télécom est équivalent au coût de l’emploi dans le pays ».

Une obsession de la marge difficilement compatible avec les exigences d’un secteur en pleine mutation. Toute la ­filière est concernée par les suppressions de postes, chez les opérateurs, les centres d’appels ou les équipementiers comme Alcatel-Lucent. Pour Christian Pigeon, « il y a un problème de stratégie dans les entreprises comme SFR, Bouygues et France Télécom qui retardent des investissements dans la 4G et dans les fibres optiques pour maintenir leur niveau de rentabilité. Il faut améliorer la régulation dans le secteur et l’accès à la communication pour tous dans le pays. Et pour répondre à ces priorités, on aura besoin de salariés » !

Ce matin, les syndicalistes seront reçus au ministère du Redressement productif pour faire part de leurs revendications et réfléchir à un développement durable du secteur. Pour Jean-Paul Gristi, de la FAPT-CGT, « il est essentiel de demander au gouvernement de développer la 4G et de nouvelles fréquences, mais en contrepartie d’engagements fermes sur l’emploi ».

Cécile Rousseau



Edité par T 34 - 14 Nov 2012 à 19:40
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