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Crise du capitalisme international |
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T 34
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Envoyé : 25 May 2010 à 23:38 |
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«Des enfants meurent à cause des gangsters de la Bourse »
LA CAIDA DEL CAPITALISMO SALVAJE
Dans ses livres qui ont marqué l’opinion, Jean Ziegler n’a cessé de dénoncer le caractère absurde et criminel des politiques du capitalisme envers les peuples du tiers monde. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme aux Nations unies de 2000 à 2008. Michel Collon l'a interrogé à Genève sur la crise, la Bourse, la faim, Obama, Israël…
La crise t’a surpris ? Tu as été, de 2000 à 2008, le rapporteur des Nations-Unies sur le problème de la faim dans le monde. Quel bilan tires-tu ? As-tu servi à quelque chose ? Source: michelcollon.info Edité par T 34 - 04 Jun 2010 à 18:03 |
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Patria socialismo o muerte
Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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Envoyé : 26 May 2010 à 15:40 |
De la bancocratie en Europe
Yann FIEVET
Plus personne n’en doute désormais : ce sont les pauvres qui vont payer l’addition vertigineuse de la crise financière. Addition d’autant plus salée que ladite crise est loin d’être terminée. Les riches, les vrais sont d’ores et déjà à l’abri grâce à l’opportun sauvetage des banques qui gèrent leurs juteux avoirs. Le théâtre européen de la crise est particulièrement édifiant à tous égards. Si la crise de l’Euro n’est que le prolongement de la crise plus large de la finance mondialisée, elle nous révèle que la solidarité des nations et des peuples européens dont on nous rebat les oreilles depuis cinquante ans n’était guère plus depuis longtemps qu’un mot. Ce n’est pas la Grèce qui menace l’Euro mais l’Euro qui a fait tomber la Grèce si bas qu’elle ne s’en remettra peut-être pas. Il est temps d’asséner quelques vérités, histoire de se persuader définitivement que les économistes de connivence et les dirigeants politiques ont piteusement choisi le camp des nantis et des brigands. Des nantis ? Il se dit possiblement que les 850 plus gros milliardaires du Monde sont plus riches que l’Afrique avec ces 850 millions d’habitants. Des brigands ? Maurice Allais, Prix Nobel de sciences économiques 1988, a écrit un jour que « par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire, pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. » Des chiffres vertigineux ? Alors que Le new deal de Roosevelt en 1933 représentait 50 milliards de dollars d’aujourd’hui, et le plan Marshall, 100 milliards de dollars, Le plan européen adopté le 10 mai dernier atteint quant à lui 750 milliards d’euros et ne représente pourtant qu’à peine plus de 10% de la dette de la zone euro grosse de 7000 milliards d’euros. Et le vertige s’accentue quand à l’envolée des chiffres s’ajoute la superbe incertitude du devenir de l’économie européenne. Sur la somme de 750 milliards d’euros, où l’intervention du FMI est considérée comme complémentaire de l’intervention européenne, plus de la moitié, soit 440 milliards, sont considérés comme « mobilisables », c’est-à-dire qu’ils n’existent tout simplement pas à ce jour. Le plan de sauvetage de l’Espagne, seul à avoir été estimé par Natixis, réclamerait entre 400 et 500 milliards d’euros. Alors, si on ajoute l’Italie et l’Irlande… La crainte grandit encore quand on sait que ce ne sont plus les producteurs de richesses matérielles, susceptibles de nourrir, loger, améliorer l’existence des populations, mais les spéculateurs, au travers des banques et de leurs produits financiers toujours plus risqués, qui dirigent l’économie. Ils vampirisent l’économie réelle dans son entier, et aussi désormais les ressources publiques des États. Ce délirant renversement des rôles conduit forcément à la spoliation des peuples, par le chômage, la misère, les reculs civilisationnels… La crise n’est pas non plus une crise du déficit budgétaire de la Grèce, mais bel et bien une crise des banques européennes. Ainsi, l’opération de sauvetage de la Grèce ne lui est pas destinée, mais profite aux banques européennes. Il s’agit d’un véritable hold-up, au crédit de la spéculation et au débit de la dette publique, qui a été perpétré. On assiste médusé à une permutation de créancier ; les contribuables européens se substituent aux banquiers qui récupèrent ainsi leur mise. Le reste de l’Europe va emprunter pour « sauver » les banques qui ont prêté à la Grèce qui ne peut pas rembourser ! L’économiste irlandais David McWilliams remarque à quel point nous sommes passés de la démocratie à la « bancocratie ». Par le biais de l’État, en effet, les richesses sont transférées des « non-initiés », le peuple, vers les « initiés » du système bancaire. Il ajoute que l’on ne doit pas s’y tromper : ce que l’on a présenté comme le sauvetage d’un État en faisant appel au supposé sentiment de solidarité européenne, n’est rien d’autre qu’un transfert direct d’argent de la poche des citoyens à celle des créanciers étrangers de banques françaises et allemandes. On tient là la recette de la division et de l’instabilité. Le prix Nobel Joseph Stiglitz dit à propos de la crise financière de 2008-2009 aux États-Unis que les banques ont réussi à mutualiser leur pertes avec les contribuables mais qu’ils privatisent leurs bénéfices au profit des seuls actionnaires. L’Europe aide aujourd’hui à faire de même. L’État n’est tout bonnement plus dans son rôle de défenseur du bien commun appartenant à tous les citoyens. En volant ( !) à la rescousse des rufians et des rupins, l’État est devenu privé. Le règne tyrannique des nouvelles féodalités est advenu. Yann Fiévet Bernard Thibault « On s’apprête à faire payer la crise une seconde fois aux salariés »Pour le secrétaire général de la CGT, la crise
provient pour l’essentiel
de la sous-rémunération
du travail humain.
Pour lui, la bataille engagée sur les retraites n’est pas jouée d’avance, alors que 200 rassemblements sont prévus jeudi. La loi de finance modificative, telle qu’elle est aujourd’hui, ne soutient pas plus le monde du travail qu’elle ne favorise le développement économique. C’est un plan qui attaque le travail et tout particulièrement l’emploi public et les retraités. Il n’offre aucune perspective au secteur privé : ceux qui sont en train de perdre leur travail et n’ont plus droit à la protection sociale, les nouvelles générations victimes de l’emploi précaire, etc. Depuis deux ans, le gouvernement a menti aux Italiens, et maintenant il corrige ces mensonges avec une décision budgétaire modificative de 25 milliards qui sera payée presque exclusivement par les travailleurs et les retraités. À la CGIL nous avançons depuis deux ans une taxation sur les grandes richesses et le patrimoine, à partir de 800 000 euros. Le gouvernement de Berlusconi n’a pas daigné répondre. Nous exigeons une lutte contre l’évasion fiscale, qui représente un manque à gagner de 100 milliards d’euros. Le problème est qu’en Italie, l’évasion fiscale est le double de ce qu’elle est en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni. À cela s’ajoute le travail au noir. Pour être dans l’Union européenne (UE), il serait juste que nous soyons au même niveau de légalité que le reste de l’Europe. Cela signifie : lutte contre l’évasion fiscale, le travail au noir et la corruption. Il faut assumer la légalité et faire payer les fraudeurs du fisc – et non pas comme le gouvernement le fait –, leur permettre de rentrer en Italie en payant une amende de seulement 5%. Ce plan pose également un problème pour le développement de l’Italie. La croissance est aujourd’hui en dessous de 1 %. Il nous faudrait 3 % pour nous désendetter. Et cela veut dire, comme dans les autres pays européens, qu’il faut davantage d’investissements. Car sans investissement, pas de croissance ! Nous rejetons les mesures d’austérité du gouvernement Zapatero car elles sont injustes et déséquilibrées. Elles reposent sur les plus défavorisés. Le plan annoncé déprime la consommation, en limitant le pouvoir d’achat des retraités et des salariés alors que nous subissons déjà une crise de la demande. Or, il faut au contraire stimuler la production. Les mesures prévoient une réduction des œuvres publiques d’un montant de 6,045 milliards. Cela revient à renoncer à réactiver l’économie et à créer du chômage alors que l’Espagne compte 4,6 millions de chômeurs. Ces mesures remettent en cause la légitimité du dialogue social, à savoir la régulation prévue par notre législation puisqu’elles ont été adoptées de manière unilatérale. C’est vrai pour le gel des retraites mais également des salaires alors que nous avions souscrit un accord, en décembre dernier, prévoyant une hausse modérée des salaires sur trois ans. Cette façon de faire affecte de manière générale la négociation collective, le secteur privé décidant de s’aligner sur les mesures qui frappent la fonction publique. Celle-ci sera en grève le 8 juin prochain. Nous poursuivons nos activités dans toutes les entreprises. Car les marchés vont continuer à faire pression sur le gouvernement pour que ce dernier généralise son plan d’austérité. Dès lors, nous n’aurons pas d’autre choix que d’appeler à une grève générale. D’autant qu’il existe des alternatives viables. Il faut flexibiliser les contenus et le calendrier du pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne. Ce cadre référent pousse à des mesures drastiques qui ne tiennent pas compte des réalités des pays. Il faut reconstruire en Espagne un système fiscal, après des années de suppression ou d’allégement des impôts sur les successions, le patrimoine, et les plus importants revenus. Nous voyons actuellement en Grèce une véritable colère des travailleurs. Ce sont eux qui paient le prix de cette crise économique. Ils sont donc entrés en lutte. Les syndicats organisent la réaction des travailleurs contre la politique néolibérale mise en place par le gouvernement, de l’UE et du FMI. La colère prend la forme d’une résistance sociale. Au sein de notre syndicat, nous proposons donc d’abord d’en finir avec le pacte de stabilité. Nous souhaitons aussi que la Grèce sorte du mécanisme de soutien de l’UE et du FMI qui impose des conditions inacceptables. Il faut soutenir la base productive du pays. Il faut aussi rétablir un nouveau système fiscal, juste et équitable, et qui permette à l’impôt de rentrer convenablement. Il faut renégocier la dette du pays. Le pays doit aussi pouvoir emprunter à des taux plus bas. Mais il faut de toute façon résister immédiatement et en commun. La dernière grève qui a eu lieu le 20 mai a été, comme d’autres auparavant, organisée en commun par les deux organisations Adedy (confédération du secteur public) et GSEE (confédération du secteur privé). La prochaine étape qui a déjà été décidée aura, elle aussi, le visage d’une action commune entre les deux syndicats. Il est vrai que la GSEE n’a pas pris part aux premières actions. Il y a différents courants dans notre syndicat. La majorité d’entre eux avait décidé d’attendre les premières annonces du gouvernement avant de réagir. Elle voulait en savoir plus sur les décisions politiques et sur le contenu des mesures. Nous pensons organiser une prochaine action commune, probablement une grève générale, lorsque le gouvernement déposera le projet de loi sur la Sécurité sociale à l’Assemblée. La crise économique et financière est bien loin d‘être terminée : qui recourt aujourd’hui à des coupes budgétaires de manière si brutale ne fait que renforcer la crise et la prolonger. Ce dont nous avons besoin, c’est d’investissements publics plus importants dans les infrastructures et dans la protection du climat. Au lieu de réduire les dépenses publiques à l’aveuglette, l’État doit avant tout améliorer l’assiette de ses recettes. Si les impôts allemands autour des droits de succession et du patrimoine étaient ajustés à la moyenne de ceux en vigueur chez les voisins d’Europe de l’ouest, cela suffirait à dégager des recettes supplémentaires de quelque 33 milliards d’euros par an. Nous allons informer de manière très exhaustive les salariés et la population sur les conséquences qu’auraient ces coupes budgétaires imminentes. Nous irons dans les entreprises. Et si les communes et collectivités locales s’opposent à ce que l’État fédéral comme les länder les étranglent financièrement, nous nous tenons à leur disposition comme allié. L’Allemagne a agi correctement en se décidant pour un programme complet d’aide à l’euro, même si ce ne fut qu’après de longues hésitations. En plus de la force de nos exportations, des investissements publics sont nécessaires de toute urgence dans le pays comme dans la consolidation du pouvoir d’achat. C’est seulement de cette manière que nous pourrons venir à bout des disparités économiques entre les différents pays européens. Edité par T 34 - 26 May 2010 à 20:48 |
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Envoyé : 26 May 2010 à 20:50 |
Les États au garde-à-vous face aux marchésLes cures d’austérité se succèdent et se ressemblent. Le Royaume-Uni a annoncé la sienne lundi. L’Italie a fait de même hier. Salaires des fonctionnaires et dépenses sociales sont dans la ligne de mire.
La dette n’a que des vertus pour les légionnaires du marché. « Ceux qui ne veulent pas toucher au système social ne pourront jamais diminuer la dette », prévient le président de la commission des Finances du Bundestag, Volker Wissing, dans un entretien à la Tribune. Dans les colonnes du même quotidien économique, Marc de Scitivaux, coprésident des Cahiers verts de l’économie, s’écrie : « Merci à la Grèce ! » La crise aurait ouvert les yeux des investisseurs : « L’épargne mondiale se détourne des États providence », justifie-t-il. Faute de pouvoir emprunter à un taux réduit auprès de la Banque centrale européenne, les États sont au garde-à-vous face aux marchés. Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a annoncé hier une loi de finances rectificative : une cure de 24 milliards d’euros. Deux tiers de réductions des dépenses, pour « sauver notre pays du risque grec », selon son bras droit Gianni Letta. Au programme : gel des salaires des fonctionnaires, baisse de 10 % des dépenses des ministères. Les collectivités territoriales seraient mises à contribution alors même que le pays s’achemine vers une organisation fédérale de l’État. En 2009, le déficit public italien n’était pourtant que de 5,3 %, contre 7,5 % en France, 11,5 % au Royaume-Uni ou 14,3 % en Irlande. Ces deux derniers pays étaient encore donnés en exemple à la veille de la crise. Le gouvernement conservateur britannique de David Cameron y est lui aussi allé de son plan lundi, d’un montant de 7,2 milliards d’euros. Essentiellement des économies dans l’administration, mais ce programme n’est que l’entrée du menu de super-austérité que devraient avaler les Britanniques à l’automne. Réduire toutes les pensions de retraite de 5 % Les pays occidentaux ne sont pas les seuls touchés. En Lettonie, le salaire moyen de la fonction publique devrait être réduit de 28 % entre 2008 et 2012. Mercredi dernier, 50 000 Roumains ont manifesté contre leur gouvernement qui prévoit de tailler de 25 % dans les salaires des fonctionnaires. « Ils veulent réduire toutes les pensions de retraite de 5 %, quel que soit leur montant : de 15 euros pour les plus petites à 9 000 pour les plus importantes ! » se plaint Bogdan Hossu, président du syndicat Cartel-Alfa. Les dépenses sociales aussi seraient réduites. La lettre d’intention du gouvernement au Fonds monétaire international, qui doit être envoyée cette semaine, prévoit également « plus de flexibilité sur le droit de licenciement, sur les salaires, sur le droit du travail », prévient Bogdan Hossu. Car hormis les cures d’austérité, les libéraux préparent l’avenir : ils s’attaquent à la capacité de résistance des salariés. « En Espagne, vous avez beaucoup de rigidité, le marché du travail ne fonctionne pas », attaque maintenant le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Au Portugal et en Espagne, les gouvernements annoncent une réduction des investissements dans les infrastructures. À tel point que certains économistes s’inquiètent de ce que, si elles ne sont pas contrées, les cures d’austérité, en empêchant les dépenses d’avenir et en réduisant la demande intérieure, puissent déboucher sur une décennie perdue pour la croissance, telle que l’a connue le Japon dans les années 1990. Gaël De Santis Edité par T 34 - 27 May 2010 à 19:28 |
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Envoyé : 27 May 2010 à 13:36 |
Après le capitalisme, quelles alternatives ? Pourquoi je soutiens l’expérience cubaine ?
Andrea DUFFOUR, François HOUTART
François Houtart a été invité à s’exprimer sur ces deux questions, soumises par l’Association Suisse-Cuba à Fribourg, Suisse, lors d’un séminaire suivi d’une conférence publique en Novembre 2008. Le sujet avait été défini bien avant « la crise » qui éclatait en automne 2008. Les questions ont été poursuivi avec d’autres conférenciers par la la suite. Ci-dessus un résumé de ses pensées.
François Houtart, docteur en sociologie, professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain, fondateur du Centre Tricontinental et de la revue Alternatives Sud. Prêtre marxiste, proche de la théologie de la libération, membre du comité international du Forum Social Mondial. François Houtart, qui a visité Cuba une cinquantaine de fois depuis 1953, a brièvement analysé les 50 ans de la révolution socialiste cubaine, ses exploits et ses difficultés, la nécessité de se défendre face aux menaces externes et internes et de la manière exceptionnelle de survie dans les furies économiques et sociales, provoquées par l’impérialisme nord-américain et, surtout, après la débâcle du camp socialiste et l’extinction de l’URSS. Houtart a souligné le fait que la révolution cubaine n’a pas seulement transformé les structures sociales et politiques, mais aussi les mentalités. Il ne s’agit pas d’idéaliser la Cuba révolutionnaire, qui est ni le paradis, ni l’enfer, mais de s’étonner de la continuité du processus révolutionnaire et de s’interroger sur les défis futurs. Pour les jeunes cubains aujourd’hui, cela va de soi que la santé et l’éducation sont gratuites, qu’il y a onze fois plus de médecins et d’infirmières qu’en 1959, que la mortalité enfantine a baissé de 60 à 5,3 pour mille et que l’espérance de vie a augmenté de 19 ans. Houtart ne croit pas à une trahison de cette pensée et à un retour vers le capitalisme. Les leçons à tirer pour arriver à un socialisme approfondi : l’importance de l’éducation populaire, les valeurs comme sa solidarité internationale (Cuba envoie plus de médecins dans le monde que l’OMS), les efforts constants de formation politique (fidèle à la pensée de José Martí) et l’importance d’un cadre de valeurs éthiques, comme la solidarité, la dignité, l’amour. La ministre chargée d’affaires de la République Bolivarienne du Venezuela, une des 20 participantes du séminaire, a insisté à plusieurs reprises que sans l’exemple de Cuba, la révolution bolivarienne du Venezuela n’aurait pas eu lieu. Comme Samir Amin, François Houtart insiste sur le fait que la crise financière se construit sur un système qui était déjà en crise et que toutes les crises (financière, économique, alimentaire, énergétique et sociale) sont liées entre elles et liées à la même logique, la logique du système capitaliste qui est basée sur l’accumulation du capital et le profit maximum, l’exploitation du monde avec l’intérêt du capital comme moteur de l’économie et l’appât du gain comme seule fin. La crise financière, prévisible, s’inscrit dans la logique d’une économie libéralisée, dominée par le capital financier. Il s’agit d’une crise globale. Elle n’est qu’un épiphénomène d’une crise beaucoup plus profonde. Houtart donne des exemples exhaustifs et effrayants par rapport à la crise alimentaire, climatique et énergétique, exemples puisés dans ses innombrables voyages sur les trois continents. Il cite le rapport de M. Nicolas Stern de la Banque Mondiale qui stipule que si les choses continuent ainsi, d’ici la moitié de notre siècle, on aura entre 150 et 200 millions de migrants climatiques, et qu’il nous reste dix à quinze ans pour prendre des mesures. Après, la situation sera irréversible. Houtart dénonce ensuite le fait que les solutions proposées ne sont pas des solutions réelles, mais des voies qui permettent aux mêmes pouvoirs économiques de dominer le secteur de l’énergie et de continuer avec un modèle qui permet de faire des gains extrêmement rapides sur les revenus du capital. Face à la consommation totalement irresponsable de l’énergie, on n’essaye pas de changer, mais on cherche à continuer avec le modèle du capitalisme pour essayer de résoudre un problème qu’il a créé lui-même ! Si l’Europe consacrerait toute sa terre arable à la production d’agrocarburants, elle ne couvrirait que 10-15% de sa consommation actuelle, ce qui ne suffirait même pas à couvrir l’augmentation de la demande dans 10 à 20 ans. Elle exige donc que les autres continents sacrifient des millions d’hectares. Houtart dénonce la destruction de millions d’hectares arables par des pesticides pour planter des palmiers, par exemple. La biodiversité disparait, on chasse des millions de petits paysans avec l’aide de l’armée et des paramilitaires. Il revient sur l’absurdité d’appeler les agrocarburants des « biocarburants », alors qu’ils n’apportent pas la « vie » (bios en grec), mais la mort (Frei Betto, théologien de la libération, les appelle les « nécrocarburants »). Pour le capitalisme, les coûts sociaux et environnementaux n’entrent pas dans les calculs économiques. Ce sont des externalités, sauf quand ces dégâts commencent à affecter le taux de profit ! C’est donc la logique même du capital qui est à l’origine de chacune de ces crises ! Il ne suffit pas de dénoncer les abus et les excès, de dénoncer un capitalisme sauvage, comme s’il existait un capitalisme humain. Comme dans son ouvrage en 2005, Houtart réclame que nous délégitimions ce système, qu’il faut trouver des alternatives sérieuses, et pas seulement des régulations, comme par exemple vider les caisses de l’Etat pour sauver les banques ! C’est ici qu’il commence à aborder les alternatives. Pour parler d’un socialisme du XXIe siècle, François Houtart propose quatre grands axes : 1. l’utilisation renouvelable des ressources naturelles, avec leur contrôle collectif et un usage rationnel, excluant leur privatisation ; 2. la valorisation de la valeur d’usage sur la valeur d’échange, ce qui constitue le centre de la doctrine économique du socialisme et sa contradiction fondamentale avec le capitalisme 3. une démocratie généralisée, non seulement dans le champ politique, avec l’adoption d’une démocratie participative, mais aussi dans le champ économique et dans toutes les institutions (par exemple l’eau, qui a été privatisée pendant 20 ans à Paris, redevient aujourd’hui un bien public). 4. la multiculturalité. Pour construire une société nouvelle, toutes les cultures, tous les savoirs traditionnels, les diverses philosophies et religions peuvent contribuer à l’éthique nécessaire à la poursuite des objectifs. Le monopole de la culture occidentale ne peut pas continuer. C’est aussi cette culture qui a porté le système capitaliste. Il s’agit de (re)construire des utopies, non comme des illusions mais comme des éléments, petits et grands, qui sont réalisables concrètement, qui n’existent pas aujourd’hui, mais qui pourraient bien exister demain. Toutefois, il ne faut pas oublier l’immédiat. Des réformes sont nécessaires : 30’000 personnes meurent aujourd’hui ! Mais pas simplement des réformes pour adapter, pour rendre plus humain le système, mais dans le cadre d’une prise de conscience des acteurs pour transformer et remplacer le système actuel. Houtar cite la marche des indigènes sur Bogota, la conscience politique de ces gens qui risquent la mort au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, beaucoup moins au Brésil, au Paraguay. Et toujours, l’exemple de Cuba. Toutes ces économies alternatives donnent des pistes dans les domaines culturels, économiques, etc. L’ALBA, la Banque du Sud, le Petrocaribe, etc. se traduisent en politiques concrètes. Grâce aux méthodes de Cuba appliquées en douze mois, le Venezuela a été reconnu par l’Unesco comme le seul pays du continent avec Cuba à avoir éliminé l’analphabétisme. Il est clair que nous ne sommes pas sortis du capitalisme. Certains le reprochent aux leaders du Sud. Pour François Houtart, c’est un manque de pensée dialectique : Nous nous trouvons devant des réalisations nouvelles qui ne sont peut-être pas parfaites mais qui montrent que c’est possible d’avancer. Les porteurs de ce grand projet et de cette utopie sont les mouvement populaires. Après avoir vu, analysé, jugé, il s’agit maintenant de commencer à travailler. Pourtant, Houtart nous met en garde : « Chaque petite chose doit être effectuée dans la perspective de la grande utopie, d’une transformation de la logique du système dans lequel nous sommes, sinon elle va être absorbée par le système. L’action doit se situer à court terme (par exemple avoir nationalisé l’eau à Paris), à moyen terme (par exemple la taxe Tobin ou l’abolition des paradis fiscaux, etc) et à long terme, en fonction de nos quatre grands axes » Andrea Duffour Des enregistrements audio intégrales des conférences suivantes peuvent être empruntés à la BCU de Fribourg et sont déposés pour archivage et écoute sur place à la phonothèque suisse http://www.fonoteca.ch Vincent Vauclin
Imaginons un individu qui, possédé par le démon du jeu et particulièrement malchanceux, multiplie les comptes en banques, et les découverts sur ses comptes, pour alimenter son obsession. Imaginons ensuite que cet individu criblé de dettes et totalement dépendant, organise une fraude lui permettant de jouer avec une fortune fictive bien plus grande que celle qu’il possède en réalité. Imaginons enfin qu’à l’issue de ces arnaques, incapable de rembourser ses dettes, notre ami se retrouve face aux inspecteurs de la Brigade de Répression des Fraudes. On découvre alors que la fortune fictive avec laquelle il cherchait à s’enrichir était constituée de fonds appartenant à d’honnêtes citoyens, qui croyaient naïvement que notre margoulin investissait leur argent dans des projets à la fois utiles, sûrs et concrets. Que mérite notre homme ? Une interdiction définitive de jeu ? L’obligation de rembourser ceux qu’il a arnaqué ? Non. Il verra l’ensemble de ses dettes remboursées par les autorités, et repartira libre commettre de nouveaux forfaits du même acabit. C’est un scénario absurde non ? C’est pourtant en substance cette logique qu’applique le gouvernement envers les financiers, courtiers et autres spéculateurs. Mieux, le gouvernement cherche à les rassurer. En effet, dernièrement, dans le contexte de la fameuse « crise grecque », Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont présenté un vaste plan de rigueur pour « assainir les finances publiques » et « rassurer les marchés ». Il s’agit en clair de diminuer encore davantage la puissance publique, afin de coller servilement à ligne néo-libérale de l’Union Européenne, dans un geste particulièrement incohérent. Car ces mesures s’accompagnent en parallèle d’un plan d’aide de 16,8 Milliards d’euros (voté par l’UMP et le PS) destiné aux créanciers de la Grèce. Ces derniers pourront à nouveau se servir de ce joli pactole pour alimenter leur démon du jeu, et spéculer sur tout et n’importe quoi (y compris les ressources naturelles, les dettes publiques, les monnaies), du moment que ça rapporte. Ainsi, la France, non contente de voir son économie s’effriter jour après jour à cause de la spéculation, fournit à ces mêmes spéculateurs davantage de moyens pour accomplir leur besogne. Le gouvernement français se montre ici plus soucieux pour les marchés que pour les Français, qui eux ne bénéficient ni de plan d’aide, ni même d’un quelconque soutien. Il apparaît clairement que ce gouvernement n’est pas au service des français, mais à celui des marchés, et de l’Union Européenne. Et si au lieu de rassurer les marchés, on les fermait ? Et si on en finissait avec le règne de la spéculation, de l’enrichissement, de l’endettement sans limites ? Et si, tout simplement, le gouvernement français se mettait au service des français ? Avec des « si » on ferait beaucoup de choses me répondra-t-on, oui, et il serait temps de les faire. Car la France arpente depuis plusieurs années le chemin du déclin. La présidence Sarkozy ne fait que catalyser ce processus de délitement généralisé, qui est le fruit d’une série d’erreurs des gouvernements successifs. Ce qu’il faut à la France c’est un nouvel élan, un vaste projet de société articulé autour d’une alternative systémique à la fois économique, sociale, politique, internationale et environnementale. C’est une nécessité et un défi historique, dont la première étape est sans aucun doute la sortie de l’Union Européenne, dont nous n’avons plus rien à attendre. Vincent Vauclin
Edité par T 34 - 27 May 2010 à 22:33 |
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Envoyé : 27 May 2010 à 22:33 |
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Chávez et la crise : comparez avec nos politiciens !
Hugo Chávez, lors de son émission hebdomadaire Alo Presidente n°357 du 16 mai 2010, explique sa politique protectrice vis à vis des travailleurs "pendant que les gouvernements européens jettent les gens de partout". Il explique que sa pensée est profondément liée au christianisme.
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Envoyé : 28 May 2010 à 15:19 |
L’hérésie des Grecs nous offre quelque espoir
John PILGER
photo : "La Grèce n’est pas à vendre", sur www.johnpilger.com
Dans son dernier article publié par le New Statesman, John Pilger renverse la perception de la Grèce “ pays poubelle ” : le soulèvement des Grecs de la rue qui ont manifesté contre le “ renflouement ” d’une économie ruinée par l’évasion fiscale des riches donne à espérer. Selon lui, la Grèce est un microcosme du monde développé, où l’expression “ guerre de classe ” est rarement utilisée parce qu’elle est porteuse de vérité.
Au moment où la classe politique britannique prétend que le mariage arrangé des conservateurs et des libéraux-démocrates – bonnet blanc et blanc bonnet – incarne la démocratie, nous préférons, quant à nous, nous inspirer de l’exemple grec. Il n’est guère surprenant de voir la Grèce présentée non pas comme un phare mais comme un “ pays poubelle ”, qui n’a eu que ce qu’il méritait, vu son “ secteur public pléthorique ” et “ sa manière d’arrondir les angles ” (L’Observer). La Grèce est hérétique parce que le soulèvement des gens ordinaires fournit un véritable espoir, contrairement à celui que l’on avait mis dans le seigneur de guerre de la Maison-Blanche. La crise qui a débouché sur le “ sauvetage ” de la Grèce par les banques européennes et le FMI est le produit d’un système financier grotesque, lui-même en crise. La Grèce est le microcosme d’une guerre de classe moderne, rarement nommée comme telle, et menée dans l’urgence et dans la panique par les riches de l’empire. La singularité de la Grèce, c’est qu’en deux générations, elle a connu une invasion, une occupation ennemie, la trahison du monde occidental, la dictature militaire et la résistance populaire. Les gens ordinaires ne sont pas intimidés par le corporatisme et la corruption qui règnent dans l’Union Européenne. Le gouvernement de droite de Kostas Karamanlis, qui a précédé l’actuel gouvernement travailliste (Pasok) de Geórgios Papandreou, a été décrit par le sociologue suisse Jean Ziegler comme « une machine à piller systématiquement toutes les ressources du pays ». Cette machine a des amis bien peu reluisants. Le comité directeur de la Banque centrale des États-Unis enquête actuellement sur le rôle de Goldman Sachs et d’autres fonds de couverture (hedge funds) étatsuniens qui ont spéculé sur la faillite de la Grèce, quand ses actifs publics étaient bradés et quand ses riches fraudeurs fiscaux avaient déposé 360 milliards d’euros dans les banques suisses. Les plus grands armateurs grecs ont transféré leurs sociétés à l’étranger. Cette hémorragie de capital se poursuit avec l’assentiment des gouvernements européens et des banques centrales. À 11 pour cent, le déficit de la Grèce n’est pas plus élevé que celui des États-Unis. Cependant, lorsque le gouvernement de Papandreou essaya d’emprunter sur le marché international, il fut efficacement barré par les agences de notation étatsuniennes qui rétrogradèrent la Grèce au rang de nation “ poubelle ”. Ces mêmes agences avaient attribué un triple A à des transactions de milliards de dollars concernant les prétendus titres hypothécaires (subprimes), ce qui provoqua l’effondrement de l’économie en 2008. Nous avons assisté en Grèce à un casse de dimension épique, mais pas inhabituelle. En Grande-Bretagne, le “ sauvetage ” des banques, telles la Northern Rock ou la Royal Bank of Scotland a coûté des milliards de livres. Grâce au dernier Premier ministre, Gordon Brown, et à son enthousiasme pour les instincts cupides de la Cité de Londres, ce cadeau sur fonds public fut fait sans contrepartie. Puis les banquiers ont continué de se payer mutuellement un butin qu’ils rebaptisèrent “ primes ”. La monoculture politique britannique étant ce qu’elle est, ils peuvent agir comme bon leur semble. Aux États-Unis, la situation est encore plus étonnante, puisque, selon le journaliste d’investigation David DeGraw : « [les principaux établissements de Wall Street] qui ont ravagé l’économie n’ont pas payé un centime d’impôt et se sont fait rembourser 33 milliards de dollars. » En Grèce, comme aux États-Unis et en Grande-Bretagne, on a dit aux gens ordinaires qu’ils devaient acquitter les dettes que les riches et les puissants avaient contractées. Des pirates se chargeront d’opérer des coupes claires et de réduire en cendres les emplois, les retraites et les services publics. Pour l’Union Européenne et le FMI, l’occasion est bonne de « changer de culture » et de démanteler la protection sociale grecque, de la même manière que le FMI et la Banque Mondiale ont « structurellement ajusté » (autrement dit, appauvri et pris en main) des pays en voie de développement. La Grèce est haïe pour la raison qui a provoqué la destruction physique inéluctable de la Yougoslavie au prétexte de protéger le peuple kossovar. La plupart des Grecs sont des agents de l’État, et les jeunes et les syndicats constituent une alliance populaire qui n’a pas encore été pacifiée. Les chars d’assaut des colonels sur le campus de l’université d’Athènes hantent toujours la vie politique. Une telle résistance est une abomination pour les banques centrales européennes, et elle gêne les capitaliste allemands dans leur conquête de nouveaux marchés suite à la difficile réunification de leur pays. En Grande-Bretagne, une propagande de trente ans au service d’une théorie économique extrémiste, d’abord connue sous le nom de monétarisme, puis sous celui de néo-libéralisme, fut d’une efficacité telle que le nouveau Premier ministre peut, comme son prédécesseur, qualifier d’acte de « responsabilité fiscale » l’obligation pour les gens ordinaires de payer la dette de véritables escrocs. Les mots pauvreté et classe sont tabous. Presque un tiers des enfants britanniques sont sous-alimentés. Dans le quartier ouvrier de Kentish Town à Londres, l’espérance de vie pour les hommes est de 70 ans. À trois kilomètres de là, à Hampstead, elle est de 80 ans. Lorsque la Russie fut soumise à une “ thérapie de choc ” similaire dans les années 1990, l’espérance de vie chuta brutalement. Aux États-Unis, une population record de 40 millions de personnes reçoiventt des tickets d’alimentation : de fait, elles ne peuvent se nourrir par leurs propres moyens. Dans les pays en voie de développement, il y a longtemps qu’un système de triage imposé par la Banque Mondiale et le FMI décide qui doit vivre ou mourir. Chaque fois que les droits de douane, que les aides alimentaires ou en combustibles sont éliminés sur ordre du FMI, des petits paysans savent qu’ils seront sacrifiés. L’Institut des Ressources Mondiales estime qu’entre 13 et 18 millions d’enfants meurent chaque année. Comme l’a écrit l’économiste Lester C. Thurow, « Ceci n’est ni une métaphore ni une comparaison guerrière : c’est la guerre elle-même. » Les mêmes forces impériales ont utilisé des armes militaires abominables contre des pays sinistrés dont la majorité des habitants sont des enfants, et ont légitimé la torture comme instrument de politique étrangère. Le fait qu’aucun de ces attentats contre le genre humain, dans lesquels la Grande-Bretagne a une grande part de responsabilité, ne put s’immiscer dans la campagne des récentes élections législatives, relève du déni. Les gens ordinaires à Athènes ne connaissent pas ce malaise existentiel. Ils savent pertinemment qui est l’ennemi et ils se considèrent, une fois encore, sous occupation étrangère. Et, une fois encore, ils se soulèvent, courageusement. Quand David Cameron ampute les services publics de son pays de 6 milliards de livres, il espère que la Grande-Bretagne ne connaîtra pas une situation à la grecque. À nous de lui prouver qu’il se trompe. John Pilger Traduction de Bernard Gensane pour Le Grand Soir |
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T 34
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Envoyé : 28 May 2010 à 22:56 |
Le doute existentiel des chantres du libéralisme"L’avenir du capitalisme", c’est le thème d’un récent Forum de l’OCDE, où les participants, chantres du libéralisme anglo-saxon, s’interrogent sur l’avenir de leur système. Récit.
Photo : le siège de l’OCDE, à Paris. « Jusqu’où cela va-t-il nous mener ? » Le vieux lord Skidelsky, historien et membre du Parti conservateur britannique, en lèverait les bras au ciel. « Cela », c’est la crise, une crise qui pour lui n’est pas seulement économique et financière, mais aussi idéologique. Après la « crise des démocraties sociales » de la fin des années soixante-dix et le développement de la révolution conservatrice de Reagan et Thatcher, on assiste aujourd’hui, affirme-t-il, à la « crise du conservatisme ». Il faut mesurer la portée de tels propos prononcés dans une telle enceinte. Ils ont été tenus hier, à Paris, dans le cadre d’une table ronde ayant pour thème « l’avenir du capitalisme », à l’occasion de la seconde journée du Forum de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE. Cette institution a été créée en 1960 à l’initiative des États-Unis afin de propager dans les pays développés les conceptions américaines du développement économique. Une telle interrogation traitée dans un débat public au sein d’une institution traditionnellement sous l’emprise des Anglo-Saxons aurait été impensable il n’y a ne serait-ce que deux ans. « Les dirigeants politiques ont dû intervenir pour renflouer un capitalisme en capilotade, a poursuivi le lord anglais. Cela a nourri l’idée que les États sont au service d’une finance dont il faudrait pourtant couper les ailes car elle est devenue trop puissante. Et cela a aussi entretenu le sentiment que les banquiers s’en mettent plein les poches, ce qui est vrai. » Jusqu’où ira ce retour de balancier ? Le baron Robert Skidelsky, aujourd’hui homme d’affaires et membre de plusieurs instituts, n’en sait rien. Il pense, certes, qu’« il faut trouver un juste équilibre entre État et marché », mais il considère « que l’on n’y arrivera pas, car c’est une sorte de quête du Graal ». Ce doute qui saisit la finance n’est pas le fait d’un individu isolé. Anatole Kaletsky, chroniqueur économique au Times, de Londres, considère également que l’idée que « la révolution conservatrice allait créer plus de richesses aura été une illusion ». Pour lui, « l’après-crise devrait être une période de moindre croissance ». Adrian Blundell-Wignall, directeur adjoint des affaires économiques et des entreprises à l’OCDE, fait lui l’hypothèse (vraisemblable) d’une « prochaine plus grande crise que celle traversée, qui forcerait à réaliser des changements ». Lesquels ? Pour Sharan Burrow, syndicaliste australienne et présidente de la Confédération syndicale internationale, il faut en finir avec « une société à deux vitesses dans laquelle le décalage dans le partage des richesses s’accroît ». Pour elle, « il y a des éléments fondamentaux comme l’accès à l’eau qui ne peuvent pas être laissés au marché », il y a aussi « besoin d’accroître la protection sociale, la négociation, de développer les conventions collectives, de renforcer les dépenses d’éducation et de formation ». Autour de la table, y compris chez la responsable syndicale, il y a cependant une incapacité à envisager un après au capitalisme. Les intervenants, sollicités depuis la salle par un participant demandant si l’on ne courait pas le risque d’un « retour du communisme », se sont bien gardés de répondre à la question. L’une des oratrices à la tribune, Avivah Wittenberg-Cox, créatrice d’une association de femmes qu’elle définit elle-même comme « très sensible à la culture d’entreprise », a certes affirmé que l’avenir du capitalisme n’est autre que la femme et que si « Lehman Brothers s’était appelé Lehman Sisters, il n’y aurait pas eu de crise », mais elle n’a convaincu personne. Christina Romer, chef des conseillers économiques du président des États-Unis, n’a pas d’états d’âme. Tout donne à penser que pour elle, l’avenir du capitalisme, c’est Obama. Chargée par les organisateurs du Forum d’intervenir sur le thème « Emploi et croissance », elle a clairement laissé entendre que la politique de réduction drastique des dépenses publiques, c’est peut-être bon pour les Européens, mais qu’il n’en est pas question dans l’immédiat aux États-Unis. Outre-Atlantique, en effet, le souci de l’emploi est davantage affirmé comme une priorité de l’action publique que sur le Vieux Continent. Interrogée sur le sujet, elle a répondu que si « certains pays doivent en passer par des mesures d’austérité, aux États-Unis et dans certains autres pays, on peut prendre davantage de temps ». Pour elle, pourtant, « la consommation des ménages ne sera pas le moteur de la reprise ». La responsable économique mise plutôt sur deux autres facteurs : la dépense publique, qui doit continuer à soutenir l’économie, et le développement des exportations. Pour stimuler ces dernières, les États-Unis comptent moins sur l’Europe, dont la croissance est trop faible, que sur les pays émergents, particulièrement la Chine. Pauvre Europe !
Edité par T 34 - 30 May 2010 à 22:30 |
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Envoyé : 02 Jun 2010 à 18:59 |
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Envoyé : 04 Jun 2010 à 16:08 |
De simples travailleurs auraient été licenciés sur le champ s’ils avaient foiré autant que les banquiers (Alternet)La Caída: Despidos, la "solución" capitalista
Dean BAKER
photo : Les Guignols de l’économie (Mervyn King, Ben Bernanke, Jean-Claude Trichet, Dominique Strauss-Kahn, Alistair Darling, Henry Paulson, Jean-Claude Juncker)
Le monde connaît la pire crise depuis la Grande Dépression. La crise a provoqué des dizaines de millions de chômeurs aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs. L’énorme génération de baby boomers aux Etats-Unis, à présent proche de la retraite, a vu une bonne partie de ses biens partir en fumée avec l’effondrement de la bulle immobilière. Il serait difficile d’imaginer un désastre économique pire que celui-ci. Les crises précédentes, comme l’inflation persistante des années 70, paraissent bien modestes comparées à la tempête qui a balayé l’économie mondiale. Il n’y a là rien de nouveau. Les gens n’ont pas besoin d’un économiste pour leur expliquer que les temps sont durs. Cependant, ce que les gens ne se savent peut-être pas, c’est que ceux qui ont provoqué ce désastre sont toujours aux commandes. Plus précisément, il n’y a eu pratiquement aucun changement dans le personnel et aucune reconnaissance des erreurs commises par les banques centrales dont l’incompétence a provoqué cette crise. Incroyablement, cette bande d’incompétents prétend encore détenir une infaillibilité papale et met les gouvernements et l’opinion publique en garde sur la tournure des évènements si jamais ils étaient soumis à un contrôle plus strict. Pire encore, les banques centrales et leurs complices du FMI dictent encore leurs politiques à des gouvernements démocratiquement élus. Partout leurs objectifs semblent être les mêmes : diminuer les retraites, réduire le financement public de la santé, affaiblir les syndicats et imposer aux travailleurs des diminutions de salaires. Etant donné l’ampleur de leurs échecs, il est étonnant que ces responsables de banques centrales aient encore le culot de se montrer en public. Ils ont de la chance d’avoir encore un emploi – et très bien payé qui plus est. (Beaucoup d’employés du FMI peuvent prendre leur retraite à 50 ans avec des pensions à six chiffres.) Les travailleurs ordinaires, comme les enseignants, les ouvriers, seraient virés sur le champ s’ils avaient fait leur boulot comme les dirigeants des banques centrales. A quoi pensaient-ils lorsqu’ils ont vu aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Espagne et ailleurs les prix de l’immobilier flamber sans raison ? Comment pensaient-ils que cette bulle allait finir ? Croyaient-ils que ces milliers de milliards allaient tout simplement disparaître sans impacter l’économie ? Ou est-ce qu’ils pensaient tout simplement que la bulle immobilière continuerait de grossir indéfiniment ? Et que dire de ces dirigeants des banques centrales qui ont permis que l’euro soit imposé à un ensemble hétéroclite d’économies qui n’avaient pas grand chose en commun et sans aucun organisme de contrôle gouvernemental ? Pensaient-ils que les salaires et les prix allaient évoluer de la même manière en Grèce et en Allemagne ? Dans le cas contraire, quel mécanisme d’ajustement avaient-ils prévus pour lier par une même devise des économies aussi différentes ? Eh oui, à présent de nombreux dirigeants des banques centrales affirment qu’ils savaient que l’euro, dés sa création, était une mauvaise idée. Certains ont même murmuré quelques remarques dans ce sens. Mais en 1998, les banques centrales et le FMI ne faisaient pas encore de déclarations fracassantes et n’imposaient pas encore de directives à des gouvernements élus quant à l’organisation de la zone euro où ils réclament à présent le démantèlement de l’état providence. En d’autres termes, ces banquiers ont lamentable échoué, alors pourquoi sont-ils encore en poste et pourquoi diable leur accorder-t-on encore la moindre crédibilité ? Tout en haut de la liste des méchants dans cette histoire se trouve le FMI. Son incompétence a réussi à renverser les flux fondamentaux du capital dans l’économie mondiale. En temps normal, le capital est censé circuler des pays riches où le capital est concentré, comme les Etats-Unis et l’Europe, vers les pays en voie de développement qui ont besoin de ce capital pour leur financer leur développement. L’échec du FMI à créer un système financier international opérationnel a produit le phénomène inverse : d’énormes flux ont circulé en sens inverse. Les pauvres du monde entier ont vu leur capital migrer vers les Etats-Unis parce que le FMI ne leur a pas laissé d’autres choix. Il est important d’être clair sur le rôle des banques centrales et du FMI dans ce désastre totalement prévisible. D’abord pour une question de responsabilité, très important pour les économistes qui croient encore à l’économie. La théorie économique dit que si les travailleurs n’ont pas de comptes à rendre sur la qualité de leur travail, alors le travail en pâtira. Si tous ceux à la tête des banques centrales et du FMI peuvent échouer aussi lamentablement et continuer à toucher leur paie à la fin du mois comme si de rien était, pour quelle raison feraient-ils mieux la prochaine fois ? Ensuite pour ne plus avoir à prêter oreille à des personnes qui n’ont apparemment aucune idée de quoi ils parlent. Avant de prêter la moindre attention aux propos de Ben Bernanke (Federal Reserve US), de Jean-Claude Trichet (Banque Centrale Européenne) ou de Dominique Strauss-Kahn (FMI), il faudrait d’abord que ces messieurs nous précisent à quel moment ils ne se sont pas trompés. Nous ne pouvons plus nous permettre de laisser ces banquiers des prêts à risque aux commandes de la politique économique. Dean Baker http://www.alternet.org/economy/147... Traduction VD pour le Grand Soir Bilderberg, vous connaissez ? Je crois que vous devriez.
Serge CHARBONNEAU
Bilderberg, vous connaissez ? Je crois que vous devriez. Nous sommes le 3 juin (2010). C’est aujourd’hui que s’ouvre en Espagne, à l’hôtel Dolce Sitges à une trentaine de kilomètres au sud de Barcelone, la rencontre du groupe secret de Bilderberg. Avez-vous vu une seule manchette le mentionnant ? NON, RIEN ! Ni sur Cyberpresse, ni sur Radio-Canada, ni dans Le Devoir, ni sur Le Monde, ni sur aucun média. RIEN. Étrange tout de même ! Plus qu’étrange, invraisemblable ! Cette rencontre réunit les personnes les plus riches de la planète. Juste pour cette rencontre, on doit déployer des mesures de sécurité considérables. Pas un mot sur ces préparatifs, pas un mot sur la tenue de cette rencontre. Pourtant, cette rencontre a bel et bien lieu, chaque année. Cette année elle se tient du 3 au 6 juin. Nous vivons dans un monde où de petits groupes d’individus brassent des MILLIARDS et où des milliards de personnes vivent dans l’indigence la plus totale. Ces quelques individus qui se sont accaparé les richesses du monde se réunissent de temps en temps. Le groupe de Bilderberg est un de ces regroupements des trrrrrès riches du monde. C’est un groupe qui a des pouvoirs bien difficiles à cerner. Les rencontres de Bilderberg se font derrière des portes closes et le secret est de mise. Qui est le groupe de Bilderberg ? Le nom du groupe provient du premier lieu de rencontre, l’hôtel Bilderberg, situé à Oosterbeek aux Pays-Bas. Ce groupe représentant l’oligarchie mondiale, illustre à merveille ce que signifie « l’oligarchie ». Le "club" sélect Bilderberg regroupe une centaine de personnes (on dit 130). Il a été initié par, entre autres, David Rockefeller, ancien président de la Chase Manhattan Bank, toujours à la tête d’un « empire » capitaliste effarant, un des principaux actionnaires de la plus grande compagnie planétaire ExxonMobil (45 milliards DE PROFITS en 2009) http://money.cnn.com/magazines/fort... Les principaux membres-invités pour 2010 sont : - Les monarchies européennes (reines Sofia (Espagne), Beatrix(Pays-bas), prince Philippe (Belgique) (depuis le début) - Henry Kissinger, un des membres les plus importants (présent à chaque année depuis le début http://publicintelligence.net/1957-... ) - Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI - Pascal Lamy, Commissaire européen chargé du commerce - Richard Perle, ex-conseiller à la sécurité de George W. Bush, l’un des concepteurs de la guerre en Irak, membre important de l’American Enterprise Institute - Paul Wolfowitz, ancien président de la Banque mondiale, ex-conseiller de George W. Bush, ex-vice-ministre de la Défense des États-Unis, principal responsable de la guerre en Irak - Robert Zoellick, président de la Banque mondiale - Richard Holbrooke, représentant spécial d’Obama pour le Pakistan et l’Afghanistan - Kieth Alexander, directeur de le la NSA (National Security Agency, USA), nommé récemment à la tête du " Pentagon Cyber Command" http://online.wsj.com/article/SB124... Et plusieurs autres. Ceux mentionnés plus haut participent aux rencontres de Bilderberg depuis plusieurs années. On peut dire qu’ils en sont des membres "permanents". Le lieu et la liste des invités sont toujours bien difficile à découvrir. Ce n’est qu’il y a quelques mois que nous sommes assurés du lieu de rencontre et ce n’est qu’il y a quelques jours que nous connaissons la liste des invités. Une liste qui n’est diffusée par aucun média officiel. Une liste qui nous parvient généralement de façon "non officielle ". Étrange que cet événement ne soit pas plus médiatisé. Il regroupe pourtant les plus importants directeurs des plus grands organes médiatiques du monde et même du Canada. Par exemple : - Robert S. Prichard, Canada, directeur du groupe de médias TORONTO STAR, http://www.uottawa.ca/services/mark... et président de Metrolinx, http://www.metrolinx.com/en/bioRobP... la compagnie de transport des villes de Toronto et Hamilton. (présent depuis 2005) Et les autres grands comme : - Fareed Zakaria, rédacteur en chef de NEWSWEEK International, commentateur politique sur ABC News, au NEW YORK TIMES, au WALL STREET JOURNAL, au NEW YORKER et sur CNN - Francisco Pinto Balsemão, ex-premier ministre portugais, actuel PDG de la principale holding de presse écrite et audio-visuelle portugaise, IMPRESA (présent depuis 2000 et peut-être même avant) - Nicolas Baverez, éditorialiste de l’hebdomadaire LE POINT (propriété du Groupe Pinault) (depuis 2008) - Franco Bernabè, président de TELECOM ITALIA, vice-président de ROTHSCHILD EUROPE (présent depuis 2000 et peut-être même avant) - Alexandre Bompard, PDG de EUROPE 1 (propriété du Groupe Lagardère) (depuis 2009) - John Micklethwait, directeur de THE ECONOMIST (participant depuis 2001) - Martin Wolf, rédacteur en chef au FINANCIAL TIMES (présent à la réunion de 2001) - Donald E. Graham, PDG du WASHINTON POST (présent depuis 2000 et peut-être même avant) - Oscar Bronner, patron de presse autrichien (présent depuis 2005) - Juan Luis Cebrián, président de PRISA, groupe de médias espagnol, et co-fondateur d’EL PAÏS (premier quotidien espagnol, trrrrès critique contre les gouvernements progressistes d’Amérique latine) (présent depuis 2001) - Matthias Nass, rédacteur en chef adjoint du premier quotidien allemand DIE ZEIT (présent à la plupart des rencontres depuis 2000) Ainsi que de nombreux autres journalistes et rédacteurs en chef de moindre calibre, mais tout aussi dévoués pour livrer la "bonne parole". Comme on peut le constater sans l’ombre d’un doute, les plus importants directeurs de médias sont présents et… c’est le silence médiatique le plus complet face à un événement d’une telle envergure. Trrrrrès peu de nouvelles filtres sur nos médias "officiels" d’information. Sur le site de Radio-Canada, il faut remonter à 2006 pour trouver une nouvelle concernant Bilderberg. Il aurait été gênant de ne pas en parler, le Bilderberg de 2006 se tenait à Ottawa. Je vous invite à lire la nouvelle de Radio-Canada : « Conférence Bilderberg : Dans le plus grand secret » http://www.radio-canada.ca/nouvelle... On y dit que : « les premiers ministres Pierre Elliott Trudeau, Jean Chrétien et Stephen Harper y sont tous allés à un moment ou à un autre. - Chrétien en 1996, http://www.ameriquebec.net/2006/06/... - Trudeau, en 1985, http://publicintelligence.net/1985-... - Harper en 2003, http://derphilosoph.npage.de/06_bil... - Mike Harris, en 1996, http://iciplaneteterre.e-monsite.co...,le-groupe-bilderberg,103662.html - Paul Martin Jr en 1996, http://iciplaneteterre.e-monsite.co...,le-groupe-bilderberg,103662.html - Paul Martin Sr http://archives.cbc.ca/politics/fed... en 1957 http://publicintelligence.net/1957-... - Bernard Lord, en 2001 http://www.voltairenet.org/article8... - Frank McKenna à toutes les réunions depuis 2004 http://derphilosoph.npage.de/06_bil... et toujours présent en 2010. http://XXXXXX.org/fr/spip.php?ar... Sur Radio-Canada, on dit : … impossible de savoir si la centaine de participants à la conférence possède un véritable pouvoir occulte. Il est cependant certain qu’ils sont tous influents dans leurs domaines respectifs. » Ce secret entourant ces rencontres de "grands" donne l’impression que d’importants enjeux qui nous concernent y sont discutés. Le secret n’est jamais rassurant. D’ailleurs, il y a quelques jours, au Parlement européen, Daniel Estulin, journaliste d’enquête, a présenté sa recherche de longue haleine : "Le groupe Bilderberg, la véritable histoire". http://infoguerilla.fr/?p=2152 Déjà en novembre 2009, le député Mario Borghezio s’était insurgé contre le secret de cette organisation. Il exigeait plus de transparence de la part du groupe pratiquement "occulte". Voir son intervention : http://realinfos.wordpress.com/2010... On constate qu’il y a un réel embargo sur ce groupe de Bilderberg. Nous devons rechercher des gens comme Mme Flore Vasseur, http://blog.florevasseur.com/ pour avoir quelques informations sur le déroulement de ces rencontres secrètes. Mme Vasseur a décidé d’aller visiter Sitges, où a lieu la fameuse rencontre Bilderberg 2010. Il faut lire son journal : « Tout près du groupe Groupe Bilderberg... » Flore Vasseur - Auteur | Jeudi 3 Juin 2010 à 11:01 http://www.marianne2.fr/Tout-pres-d... Oui, ce groupe comme celui de la Commission Trilatérale ou du Council for Foreign Relations sont pour le moins "mystérieux". Outre les patrons médiatiques, on y trouve les patrons des plus grandes banques de la planète ainsi que les chefs militaires de l’empire de l’Occident. Il y a aussi les plus grands actionnaires-propriétaires-directeurs-PDG des plus grosses compagnies capitalistes du monde. Et pour compléter le tout, les plus grands politiciens de droite du monde sans oublier plusieurs représentants des monarchies européennes. On constate aussi qu’il y a plusieurs représentants du milieu universitaire et spécialement du Canada : - Indira Samarasekera, présidente de l’Université d’Alberta (présent en 2009 et sur la liste de 2010) - Sanata Seketa de l’Université du Canada ( ?) (présent en 2009) - Heather Munroe-Blum, Principal and Vice Chancellor de McGill University (2005 et 2010) Peut-être discute-t-on de la privatisation des Universités. Contrôler le savoir et la formation de la main-d’œuvre doit sûrement intéresser ceux qui recherchent de la chair à profit. En résumé ce groupe essentiellement composé d’Américains et d’Européens représente toutes les forces vives qui contrôlent le monde actuel, de l’économie à la politique en passant par le militaire et même l’éducation. De quoi peuvent bien parler tous ces gens ? De solutions pour sauver le monde ? Ou de stratégies pour protéger leurs acquis ? Depuis 1954, peut-on dire que nous constatons que leurs travaux (très secrets) ont mis en œuvre des mesures efficaces pour faire diminuer la pauvreté, les inégalités et réduire la souffrance dans le monde ? De toute évidence NON. Le monde continue de plus en plus à creuser l’abime entre les quelques riches (eux) et les milliards d’individus extrêmement pauvres. La réunion de 2009 avait lieu en Grèce qui vit présentement des tourments sociaux-politico-économiques. Le hasard fera-t-il de l’Espagne le prochain pays à vivre le même genre de tourments ? Bilderberg a-t-il hésité entre le Portugal et l’Espagne pour tenir sa réunion secrète ? On peut laisser aller notre imagination, lorsque nous sommes confrontés au secret, l’imagination s’active. Il faut questionner nos braves journalistes pour savoir pourquoi ils s’intéressent SI PEU à ces groupes oligarchiques qui possèdent le monde et à la limite nous possèdent aussi d’une certaine façon. Serge Charbonneau Québec P.S. : Pour compléter, je vous invite à lire :
« Cette réélection de Monsieur Barroso, ça m’a fait penser à Bilderberg ! » Bilderberg 2010 : liste des participants. Liste officielle de 2009 Liste des participants à Bilderberg de 2000 à 2009 Bilderberg Meetings Participant Lists 1954-2009 The Bilderberg Archive 2005 & Before Liste des participants par catégorie (par pays et par catégories : politique, économique, médiatique, militaire, etc.) Liste et photos des participants Bilderberg 2008 Liste des participants à la conférence Bilderberg 2006 à Ottawa Liens d’info sur Bilderberg Edité par T 34 - 05 Jun 2010 à 18:08 |
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Envoyé : 07 Jun 2010 à 21:05 |
Procès en rouge et noirLe ver qui ronge le fruit, ce n’est pas un petit trader ou même tel ou tel établissement, eût-il la taille de Goldman Sachs. C’est la mécanique du capitalisme qui a engendré les acrobaties spéculatives.
L’accusé ne paraît pas à la hauteur du procès. Pour bien tenir son rôle, il lui aurait fallu plus de panache, le goût de sombres défis et la volonté de provoquer ces puissants avec qui il a joué. Mais Jérôme Kerviel n’est pas un personnage de Stendhal. Étourdi par ses succès sur les contrats à terme, il s’est laissé grisé par un sentiment de toute-puissance et d’impunité. La chute venue, la Société générale en a fait un parfait bouc émissaire, l’arbre qui cache la forêt des comptes propres où se cachent les opérations des banques, un Madoff au petit pied jugé en lieu et place du système. Sans doute, des procédures plus rigoureuses auraient-elles limité les pertes provoquées par Kerviel et les actionnaires de sa banque née avec les Schneider et les maîtres de forges, s’en seraient-ils encore mieux portés. Mais la crise financière et économique qui ravage la planète aurait connu la même ampleur. Le ver qui ronge le fruit, ce n’est pas un petit trader ou même tel ou tel établissement, eût-il la taille de Goldman Sachs. C’est la mécanique du capitalisme qui a engendré les acrobaties spéculatives. Pour réaliser toujours plus de profits, les multinationales ouvrent à une baisse toujours plus forte du coût du travail. Mais ce faisant, elles étouffent la consommation et donc la croissance. Elles ont trouvé une échappatoire en poussant les populations à s’endetter, à construire des montagnes de subprimes pour se loger ou pour se nourrir. Elles y ont ajouté des produits financiers pourris qui rapportaient gros en coupant à blanc l’activité productive. Ces artifices et ses contradictions ont explosé en 2008. Les finances publiques ont joué les pompiers de service en transformant les dettes privées en dettes d’État que les gouvernements veulent désormais facturer aux peuples. Quitte à tuer l’activité, la crise est instrumentalisée pour accélérer le remodelage ultralibéral de la société. Des sommes gigantesques ont été prêtées au taux dérisoire de 1 % - par exemple par la Banque centrale européenne - non pas pour dynamiser une activité industrielle ou moderniser les services publics, mais pour rétablir la santé des marchés. Le serpent se mord toujours la queue et les établissements financiers ont relancé à nouveau la machine à spéculer. Un nouveau krack n’est pas loin : les banques répugnent déjà à se prêter de l’argent comme au plus fort des épisodes précédents. La faillite des réponses capitalistes à la crise, patente alors que le G20 se réunit, éclate au grand jour. On est loin des rodomontades toulonnaises de Nicolas Sarkozy. Ses numéros sur les tréteaux de la régulation tombent désormais à plat. Au fond, c’est toute une séquence politique qui tombe en ruine, celle qui avait vu les dirigeants de divers bords promettre la prospérité avec le traité de Maastricht ou la justice sociale avec le traité de Lisbonne. Même la fraternité est passée par-dessus bord et on voit en Allemagne, encouragé par les responsables gouvernementaux, poindre un racisme anti-grec. Cette banqueroute politique peut semer les pires ferments. Elle peut aussi inciter à dépasser la société des égoïsmes financiers et des aveuglements mortifères, en en contrecarrant tous les méfaits sans attendre. Le noir ou le rouge en quelque sorte. Procès Kerviel : comment la spéculation est devenue un cancer au cœur du capitalismeAlors que s’ouvre mardi le procès de l’ex trader de la Société générale, retour sur les causes premières. La fin de la convertibilité du dollar en or, en 1971, a ouvert un immense continent à la spéculation qui a pu mobiliser des liquidités considérables fournies par les banques.
Dans un ouvrage récent [1] , les économistes Michel Aglietta et Sandra Rigot posent la question : « Peut-on rendre le capitalisme viable en dépit de l’instabilité financière » qui le caractérise et, pourrait-on ajouter, de la spéculation ? Pour sa part, l’économiste communiste, Paul Boccara, répond sans ambages par la négative. « L’immensité de la spéculation, déclarait-il dans une interview récente à notre journal), renvoie à une crise radicale du système capitaliste. La spéculation l’envahit comme un cancer. » [2] Comment l’expliquer ? La spéculation contemporaine a pris son envol avec les marchés financiers dont l’essor est lui-même lié à la décision prise en 1971 par les États-Unis de mettre un terme à la convertibilité de leur monnaie en or. Cette « révolution » a permis une création monétaire effrénée, surtout en dollars. Le flottement des monnaies, les variations de taux de change ou d’intérêts ont ouvert un continent à la spéculation. Des capitalistes ont ainsi pu réaliser des fortunes considérables en misant sur la baisse de la livre anglaise ou la hausse du mark, l’augmentation des taux d’intérêt de la Banque de France ou la réduction de ceux de la Fed américaine. Deuxième stimulant de la spéculation : les formidables économies de moyens permises par les nouvelles technologies, dégageant des disponibilités considérables qui ont été utilisées comme autant de munitions pour la spéculation. Troisième facteur : le crédit. Michel Aglietta, encore, souligne dans un autre ouvrage [3] ce lien entre le crédit et la spéculation financière. Il note que la crise de 2008 a été « d’une ampleur exceptionnelle dans la mesure même où le crédit a atteint des niveaux jamais égalés auparavant. Le levier du crédit, en effet, a permis de nourrir cette dynamique d’achat et donc une hausse des actifs, notamment des actifs immobiliers, sur une durée sans précédent et tout à fait insolite ». D’autres économistes [4] disent sensiblement la même chose. On en déduira que la spéculation est inhérente aux marchés financiers et que la meilleure façon de la circonscrire est de réduire le rôle de ces derniers, notamment en mobilisant le crédit pour l’emploi et la croissance plutôt que pour la finance. Notes :[1] Crise et rénovation de la finance, Odile Jacob. [2] Voir aussi l’ouvrage Transformations et crise du capitalisme mondialisé, quelle alternative ?, 2e édition, édition le Temps des cerises. [3] La Crise. Pourquoi en est-on arrivé là ? Comment en sortir ?, éditions Michalon [4] De la crise des subprimes à la crise mondiale, ouvrage collectif, La Documentation française. Un trader fou dans un système fouLe procès de Jérôme Kerviel, ex-trader de la Société générale, tenu pour responsable d’une perte de 4,9 milliards d’euros en 2008, s’ouvre aujourd’hui à Paris. Deux thèses vont se faire face, celle d’une banque qui se dit victime et celle d’un trader se posant en simple rouage d’un système.
« J’ai le devoir de vous informer que la direction de la Société générale a découvert une fraude interne d’une ampleur considérable, commise par un collaborateur de sa division de banque de financement et d’investissement. » 24 janvier 2008. Devant une foule de journalistes, Daniel Bouton lâche sa bombe : par la faute d’un de ses traders, une des plus grosses banques en France a perdu 4,9 milliards d’euros. Jérôme Kerviel ? Rien de moins qu’un « terroriste », lance alors le PDG, dans un grand numéro de défense qui laisse circonspect. Qui a trompé qui ? Deux ans après les faits, l’affaire est jugée, à partir d’aujourd’hui, devant le tribunal de grande instance de Paris. Seul prévenu, poursuivi pour « faux et usage de faux, abus de confiance aggravé et introduction frauduleuse dans un système informatisé de données », l’ancien trader encourt une peine de cinq ans de prison, 375 000 euros d’amende et des dommages et intérêts à hauteur du préjudice subi par la banque, partie civile. Jusqu’au 25 juin, les deux parties promettent des « surprises à l’audience ». Deux thèses s’affronteront : d’un côté, celle d’une banque qui se dit victime des agissements de son employé, « un menteur, un faussaire », selon l’avocat de l’établissement, Me Jean Veil ; de l’autre, Kerviel, se posant en simple rouage d’un système financier intrinsèquement « malsain », encourageant la fraude tant qu’elle ne se voit pas… ses chefs augmentent sa marge de manoeuvre Entré à la SG en 2000, le jeune Breton fait ses premières armes de trader en 2005. Son job : investir dans des produits dérivés, dits « futures », autrement dit spéculer à la hausse ou à la baisse sur les indices boursiers européens. Très vite, il fait preuve d’une audace hors du commun, en prenant des risques au-delà des limites autorisées, sans en référer à son supérieur. Ce dernier, Alain Declerck, trader senior, s’en rend rapidement compte. À la suite d’un premier incident, et bien qu’il ait fait gagner 500 000 euros à la banque, il se voit privé de sa prime. Fin de l’histoire ? Pas du tout. Curieusement, ses chefs décident de lui augmenter sa marge de manœuvre en termes de prise de risque. Janvier 2007. Le trader senior Declerck quitte la banque. Kerviel se retrouve sans encadrement. Dès lors, il s’enfonce dans une véritable spirale, explosant sans cesse les frontières du risque. Selon son expertise psychiatrique, « son vécu dominant est la gratification, qu’elle soit financière, professionnelle ou personnelle ». Il veut prouver qu’il est le meilleur, et valider son intuition selon laquelle les marchés vont s’effondrer. « En mars 2007, racontera-t-il au juge d’instruction, la question des subprimes commençait à agiter le monde bancaire (…). Cette fois, j’engageai progressivement rien de moins que la somme de 30 milliards d’euros (…). Il me fallut donc continuer à porter cette position colossale. Je l’ai fait de mars à juillet. » À l’époque, la limite des engagements autorisés pour l’ensemble de son équipe de traders était fixée à 125 millions d’euros. Fin 2007, effet des subprimes, les marchés financiers de la planète s’effondrent. Kerviel, qui avait misé en ce sens, fait gagner à sa banque 1,4 milliard d’euros. Gain qu’il camoufle pour ne pas éveiller les soupçons. Il ne déclare que 55 millions d’euros de profit. Janvier 2008, l’opérateur de marché poursuit sur sa lancée et engage 50 milliards d’euros, mettant la banque en situation théorique de banqueroute. Le 18 janvier, la direction de la Société générale déclare découvrir l’ampleur des positions du trader. Sur un marché en forte baisse, a contrario des positions prises par Kerviel, la banque boit le bouillon à hauteur de 4,9 milliards d’euros. À qui la faute ? « Je ne suis qu’un homme qui a commis des erreurs au sein d’une banque qui les a longtemps admises, parce qu’elle en tirait profit », plaide l’ex-trader dans son livre. Selon lui, ses supérieurs « ont été régulièrement alertés de ses opérations fictives » mais, « ils n’ont jamais réagi. Mes résultats étaient complètement délirants et ils les validaient tous les jours ». La banque, de son côté, reconnaît des défauts de contrôle. Y a-t-il eu incompétence ou complaisance ? Parmi les pièces versées au dossier, deux lettres d’Eurex, la Bourse des produits dérivés basée à Francfort font état de 6 000 contrats passés en deux heures par Kerviel pour la bagatelle de 1,2 milliard d’euros. Une somme astronomique qui n’a pourtant pas attiré l’œil de son supérieur direct… Outre les zones d’ombre du dossier une question demeure : une grande banque doit-elle tout simplement s’engouffrer dans des activités spéculatives ? Chez Lehman Brothers pas de Jérôme Kerviel mais des positions délirantes sur des produits risqués qui l’ont conduite à sa perte. Rappelons que les banques ont perdu 3 000 milliards de dollars dans les subprimes. À quand le procès du système ? Clotilde Mathieu Chronologie de l’affaire 2000 : entrée de Jérôme Kerviel à la Société générale. 2007 : le trader multiplie les prises de positions jusqu’à atteindre 30 milliards d’euros. Novembre2007 : une alerte est lancée par Eurex, le marché à terme germano-helvétique. 21 et 23 janvier 2008 : La Société générale liquide les positions d’un montant d’environ 50 milliards d’euros. 24 janvier : La banque révèle l’affaire. 28 janvier : Kerviel est mis en examen pour « abus de confiance ». L’activité spéculative des banques repart de plus belleProfits, bonus… deux ans après l’affaire Kerviel et les subprimes, les établissements bancaires ont gardé leurs pratiques.
Des grands discours sur la moralisation financière à la publication des comptes des grandes banques internationales, tout le monde a la sensation que, comme si de rien n’était, les banques recommencent à jouer comme avant. En dichotomie totale avec la récession qui sévit actuellement. Fin février, les cinq groupes bancaires français ont tous annoncé leurs résultats pour l’année 2009. À eux cinq, ils ont réalisé 11 milliards d’euros de profits, soit deux fois plus qu’en 2008. BNP Paribas a réalisé à elle seule plus de la moitié du total (5,8 milliards, + 93 % par rapport à 2008). Le groupe Crédit agricole a annoncé 2,7 milliards (+ 12,1 %). Un mouvement qui ne se cantonne pas aux frontières de l’Hexagone mais qui englobe la majorité des établissements bancaires internationaux. À la lecture des résultats, les métiers de la banque d’investissement (activités de marché) ont été une source importante de revenus. Si les profits reviennent en 2009, les bonus aussi ! 20 milliards de dollars chez Goldman Sachs, 500 millions d’euros distribués par la BNP à ses 4 000 traders, soit un bonus moyen de 125 000 euros par agent. La taxe anglaise sur les bonus a rapporté 2,2 milliards d’euros soit deux fois plus que ce que le gouvernement britannique avait envisagé. La cupidité est de retour et l’économie casino rouvre de plus belle ! « Il y a quelques années, les banques d’investissement devenaient riches grâce à l’argent de leurs clients, a analysé un banquier fin 2009. Lorsque ces ressources devinrent trop faibles, elles se retournèrent sur l’argent de leurs actionnaires. À présent, elles se sont procurées le plus important réservoir que le monde puisse offrir : l’argent des contribuables. » Fin, 2008, les États multipliaient les aides aux banques et les banques centrales ont ramené le loyer de l’argent à zéro. Les banques ont donc utilisé cet argent public sur les marchés financiers plutôt que pour financer l’économie. Pis, elles ont attaqué les États contraints de s’endetter pour leur venir en aide. Clotilde Mathieu Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières sur le pied de guerre. Si le peuple américain permet un jour aux banques privées de contrôler le devenir de leur monnaie, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, les banques et les compagnies qui fleuriront autour des banques priveront le peuple de tous ses biens jusqu’au jour où ses enfants se retrouveront sans toit sur la terre que leurs parents ont conquise. Thomas Jefferson 1802 Edité par T 34 - 16 Jun 2010 à 16:26 |
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Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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Envoyé : 08 Jun 2010 à 14:51 |
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Envoyé : 10 Jun 2010 à 21:30 |
Kerviel « Le système,je ne l’ai pas inventé »Au deuxième jour de son procès, l’ancien trader de la Société générale a affi rmé que ses patrons savaient parfaitement qu’il dépassait le cumul des risques autorisés.
Selon l’expertise psychologique conduite pendant l’instruction judiciaire, Jérôme Kerviel était avant tout en quête de « gratification », de « starification ». Et pour lui, ça, au moins, c’est gagné ! Depuis mardi, « l’homme qui valait 5 milliards » déplace les foules devant la 11e chambre du tribunal de Paris pour assister au procès du jeune trader et, en creux, à celui de la Société générale. Au cours de la première journée de procès, différents thèmes ont été abordés en vrac, le président du tribunal, Dominique Pauthe, s’empêtrant dans les termes techniques, entre « barrières désactivantes », « warrants » et « put knockés ». Hier, la deuxième journée de procès devait tenter de clarifier le partage des responsabilités entre Kerviel et son employeur. Et ainsi déterminer si la perte de 4,9 milliards d’euros en janvier 2008 a été causée par les fraudes d’un individu ou par un système qui encourage les prises de risques. Selon l’accusation, Jérôme Kerviel a pris, à l’insu de sa hiérarchie, des positions spéculatives exorbitantes sur les marchés financiers, atteignant près de 50 milliards d’euros début 2008, alors que le cumul des risques est normalement plafonné à 125 millions. Il aurait pour ce faire déjoué les contrôles à l’aide d’opérations fictives et de fausses déclarations. Kerviel affirme de son côté que ces limites étaient « poreuses », et que ses chefs le laissaient faire tant qu’il gagnait de l’argent. « UN SOMNAMBULE DANS UN CHAMP DE TIR » Premier témoin à la barre, Jean-François Lepetit, ancien président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), lui-même ancien trader, s’est lancé dans une explication ambiguë. La régulation et le contrôle de l’activité des marchés sont « centrales » et « indispensables », a-t-il souligné. Mais derrière la règle, il y a la « vie quotidienne », où les traders peuvent déplacer les plafonds « sous la pression des clients » et où, le soir, « on n’a pas le temps de tout mettre au carré ». « Il y a des centaines de milliers d’opérations chaque jour, c’est normal qu’à la fin, tout ne colle pas », a expliqué benoîtement Jean-François Lepetit. Questionné sur l’attitude de Kerviel, il a estimé qu’il ne devait pas bien réaliser ce qu’il faisait, en le comparant à « un somnambule dans un champ de tir ». À l’inverse, l’intéressé a affirmé que lui et ses supérieurs savaient parfaitement ce qui se passait dans la salle de marché. Prendre des positions purement spéculatives « n’entrait pas dans mon mandat », mais « mes supérieurs m’ont demandé de le faire, parce que ça faisait gagner de l’argent », a affirmé l’ancien trader au président du tribunal correctionnel. Pire, selon Kerviel, l’équipe de huit traders à laquelle il appartenait dépassait « quasiment tous les jours » la limite de risques cumulés autorisés. « On recevait un e-mail tous les matins, nous informant d’un dépassement », mais on n’avait « jamais de remontrance sur les dépassements de limites », a-t-il assuré. L’ex-trader a reconnu avoir « saisi des opérations fictives » pour ajuster artificiellement ses positions. Là encore, il affirme ne pas être un cas isolé : « les techniques, le système, je ne les ai pas inventés ». Au deuxième jour de son procès, Jérôme Kerviel tient tête à ses anciens patrons : « On peut voir toutes les opérations. En trois clics, ça prend trente secondes. » MEHDI FIKRI, AVEC CYRIL CHARON ET CLOTILDE MATHIEU Parcours d’une « Gagneuse »Selon Jérôme Kerviel, « l’absence de contrôle » et les encouragements de ses supérieurs l’ont clairement conduit
à « réitérer sa stratégie » au fil des années. La dérive de celui
que ces supérieurs qualifiaient de « bonne gagneuse » commence en 2005. Cette année-là, il prend une position de 500 000 euros, crevant ainsi le plafond de 125 000 euros, et gagne 5 millions.
En 2006, ses gains montent à 10 millions d’euros. « L’année suivante, j’en faisais 55 », raconte Jérôme Kerviel. En janvier 2008,
la Société générale découvre que la « gagneuse » a investi près
de 50 milliards d’euros, soit une fois et demie le montant des fonds propres de la banque.
Proçès Kerviel. La Société générale mise en accusationLa défense de Jérôme Kerviel, hier, a marqué des points face
à la Société générale. Et, de jour en jour, les indices s’additionnent qui pointent les limites et les failles de tout un système.
La cloche du tribunal retentit, hier, à 9 h 30, dans la salle des criées du tribunal de grande instance de Paris. La troisième séance du procès Kerviel peut commencer. Hier, la matinée a été largement consacrée aux interrogatoires de l’accusation. Et Claire Dumas, représentante de la banque dans le procès, ne s’est en effet pas souvent assise, souvent sollicitée, voire bousculée, par les reparties et l’argumentaire bien rodés de Me Metzner et de son associé, avocats de l’ancien trader qui a fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société générale. En ouverture de séance, Dominique Pauthe, le président du tribunal, a fait projeter une vidéo réalisée par la Société générale. Sur un grand écran de la salle d’audience, le public a découvert le fonctionnement d’une salle des marchés. L’un des enjeux majeurs du procès consiste en effet à savoir si les prises de positions colossales de Jérôme Kerviel étaient connues, ou pas, de sa hiérarchie. Le petit film montrait un open space où des hommes, accrochés à leur téléphone, scrutent les six à huit écrans qui surplombent leur bureau respectif, frappant nerveusement sur leur clavier. Difficile de croire que, dans une telle promiscuité, les membres de l’équipe de Kerviel n’aient pas eu connaissance de ses agissements. Pourtant, après la projection, la réponse de l’accusation fuse dans la bouche de Claire Dumas, également adjointe du directeur aux « risques » : « Vous savez, les traders ont une charge de travail qui les empêche de s’occuper de leurs voisins. Le voisin de Kerviel aurait dû l’observer toute la journée pour se rendre compte. » Et de préciser : « En un clic, on peut prendre des millions ». La réponse ne convainc pas. Quant aux responsables de la banque, disposaient-ils des moyens de savoir ce qui se passait ? Claire Dumas tente bien de répondre à la question, mais tout semble confus. Il existe une multitude d’outils de veille (le Bacardi, le Craft…), mais, d’après elle, aucun n’aurait su repérer les mouvements exponentiels effectués par Jérôme Kerviel. Me Huc-Morel, assistant de Me Metzner, vient à la barre et fait mine de s’étonner : « Tous les jours, les managers de Kerviel validaient le coût de ses opérations, ses frais de courtage ! » Confirmation de l’intéressée : « Oui, les managers reconnaissaient les frais de courtage. » Pour autant, précise Claire Dumas, fidèle à sa ligne de défense, « compte tenu des temps de traitement et de calcul, on se réfère à une photo de l’activité des traders, prise le soir ». Une sorte de radar, qui ne flashe qu’en fin de journée. « Est-ce à dire, tonne Me Metzner, que pendant la journée, on peut rouler à 250 en ville ? » L’avocat de Jérôme Kerviel pointe ici, LA question. Celle du dispositif de limitation des positions prises par les traders. Il existait bien, mais n’était pas activé par les managers, comme en attestent deux mails, présentés par la défense. Jérôme Kerviel, assis sur sa chaise, exulte. À plusieurs reprises, Claire Dumas le répète, comme un aveu d’impuissance, sinon de culpabilité : « Il n’existait pas de limite en nominal, et c’était une erreur… » Si Claire Dumas a donc reconnu des dysfonctionnements dans les procédures de contrôle, elle a estimé que « les opérations de M. Kerviel ont été permises par la concomitance de l’absence de limite nominale et du recours à des faux ». Les fameuses opérations fictives réalisées par Jérôme Kerviel. Les torts semblent donc largement partagés, entre l’ancien trader et son employeur. Comme l’a rappelé le président du tribunal, sûr de lui, à l’accusé : « Il n’y a pas d’évidence dans cette affaire, M. Kerviel. Et ça, il va falloir vous le mettre dans le crâne ! » Pourtant, une évidence semble s’imposer de jour en jour dans ce procès : le manque de régulation est probablement le coupable originel de cette affaire. Cyril Charon Les cons !
Les « subprimes » tricolores en débatDans le cadre du vote de la loi de « régulation bancaire et financière », l’Assemblée nationale est appelée à se prononcer en faveur de la titrisation des prêts immobiliers.
« Pour lutter contre le capitalisme financier, faisons encore plus de finance » : telle est la philosophie du projet gouvernemental soumis au débat des députés à partir de demain et qui prétend améliorer la « régulation bancaire et financière » en tirant les leçons de la crise. Derrière cet intitulé rassurant, le texte contient quelques brûlots qui méritent d’être relevés. C’est particulièrement le cas des articles 19, 20 et 21 du titre II qui, si l’on en croit l’exposé des motifs, « visent à soutenir les financements à l’habitat au bénéfice des ménages ». Une nouvelle catégorie de titres est créée, « les obligations à l’habitat ». Des « sociétés de financement de l’habitat » pourront financer des opérations de prêts immobiliers en émettant des obligations, appelées donc « obligations à l’habitat ». L’activité de ces nouvelles sociétés va consister à transformer les crédits consentis aux ménages en titres financiers négociables, qui pourront être achetés, vendus et revendus, et même faire l’objet de spéculations, à la hausse ou à la baisse. L’objectif du dispositif est de permettre aux banques d’élargir leur base d’investisseurs, de faciliter l’accès des capitaux étrangers, allemands notamment, au marché immobilier français. Le procédé rappelle évidemment les fameuses « subprimes » américaines, des prêts hypothécaires consentis aux ménages, transformés également en titres revendus un peu partout dans le monde et qui, en raison de la défaillance de leurs bénéficiaires, ont contribué à l’éclatement de la crise financière mondiale de 2007-2008. Le rapprochement est d’autant plus tentant que ces prêts aux ménages pourront être garantis par « une hypothèque de premier rang ou une sûreté immobilière ». La création de ces « subprimes » à la française risque de déstabiliser un peu plus un marché immobilier déjà rongé par une spéculation qui a surenchéri la charge logement des ménages. Le reste du texte est à l’avenant. S’il prévoit d’augmenter le nombre de gendarmes en créant un « conseil de la régulation financière et du risque systémique », en élargissant les pouvoirs de l’Autorité des marchés financiers (AMF), en instituant un contrôle – a minima – des agences de notation, il n’entend pas changer le sens de la circulation des capitaux vers toujours plus de rentabilité. C’est ainsi notamment que les articles 11 et 12 visent à faciliter l’accès des PME et des entreprises de taille intermédiaire aux marchés financiers. Le capitalisme financier étend son empire. Pierre Ivorra Edité par T 34 - 12 Jun 2010 à 19:44 |
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Envoyé : 12 Jun 2010 à 18:20 |
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14% de millionnaires en plus en 2009
Malgré la crise, le nombre de millionnaires a augmenté dans le monde en 2009. Moins d'1% des foyers de la planète réunissent ainsi 38% de la richesse privée mondiale.Les riches font de la résistance. Malgré la crise, le nombre de millionnaires a augmenté de 14% en 2009, selon le rapport annuel «Global wealth 2010» publié jeudi à New York par le Boston Consulting Group (BCG). Cette hausse porte le nombre total de foyers millionnaires en dollars à 11,2 millions. Moins d'un pour cent des foyers de la planète possèdent ainsi 38% de la richesse privée mondiale, évaluée à 111.500 milliards de dollars, soit quasiment son niveau de 2007 (111.600 milliards de dollars).
4,7 millions de millionnaires aux Etats-Unis«L'année 2008 était dominée par la morosité. Le retour à un niveau de richesse d'avant la crise a été plus rapide que nous ne le pensions », a expliqué Monish Kumar, «senior partner» du BCG lors de la présentation du rapport. Dopée par la faiblesse du dollar, les économies émergentes ont connu de fortes progressions de leur richesse. La région Asie-Pacifique (hors Japon) fait partie des régions les plus dynamiques. Elle a vu sa part dans la richesse mondiale bondir de 22 %, à 3100 milliards de dollars en 2009. Le nombre de millionnaires a bondi de 35 % à Singapour, de 33 % en Malaisie, et de 31 % en Chine où sont recensés 670.000 millionnaires. Au Japon, où l'on compte 1,23 million de millionnaires, l'augmentation n'a été que de 6 %. Les Etats-Unis conservent de loin le plus haut niveau de richesse privée avec 4600 milliards de dollars, et quelque 4,7 millions de foyers millionnaires
Edité par T 34 - 13 Jun 2010 à 14:55 |
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Envoyé : 13 Jun 2010 à 15:03 |
Le G20, un popcorn qui coûte cher !
Serge CHARBONNEAU
Imaginez, TROIS jours, un MILLIARD ! Eh oui !, MILLE MILLIONS pour trois petites journées… pour 72 heures. Ça nous revient à presque 14 millions par heure (précisément : 13 888 888.89 $ de l’heure). C’est 231 481.48 $ de la minute et on peut même le calculer à la seconde, ça revient à 3 858.02 $ pour une petite seconde ! Vous rendez-vous compte, presque QUATRE mille dollars (4 000 $) par seconde pour assurer la sécurité de ces "bien-aimés" (sic). Précisément, à l’heure actuelle, on dit que pour les G8 et G20, la facture s’élève à plus de 1,1 milliard. [1] Pour notre courageux et juste Premier Sinistre, Stephen Harper, 1 milliard pour la sécurité au G20 et au G8 c’est une dépense « indispensable » ! [2] En mars 2010, au Sommet du Millénaire de Montréal, le communiqué de Presse disait : « 1,4 milliard de personnes vivent avec un revenu inférieur à 1,25 dollar par jour. » Et on ajoutait : « Cette statistique fait peur, mais c’est une réalité. » [3] Toujours en mars, au Parlement européen, on notait que « 100 millions de nouvelles personnes ont rejoint le milliard d’êtres humains en situation d’extrême pauvreté. En Afrique subsaharienne, ce sont entre 30 et 50 000 enfants supplémentaires qui sont décédés des suites de la crise » "économique". [4] L’automne dernier, Robert B. Zoellick, le missionnaire de l’oligarchie néolibérale qui ne roule pas en trottinette ni ne couche à la belle étoile déclarait suite à une étude sérieuse et approfondie : "D’après nos estimations, « à cause de la crise mondiale », 90 millions de personnes de plus basculeront dans l’extrême pauvreté d’ici la fin de l’année prochaine ; jusqu’à 59 millions de personnes de plus perdront leur emploi cette année ; et entre 30 000 et 50 000 nourrissons de plus mourront en Afrique subsaharienne". [5] Malgré son grand cœur de missionnaire, cette observation ne lui a pas coupé l’appétit. Bilderberg la semaine dernière, G8, G20, Monsieur Zoellick est le pique-assiette de toutes ces belles rencontres. Selon un rapport récent de la BM et du FMI (ces organismes-outils du néolibéralisme qui font semblant de sauver le monde), il y aurait 920 millions de personnes qui devront continuer à vivre dans l’extrême pauvreté d’ici 2015. [6] Il va sans dire que un MILLIARD de $$ pour assurer la "sécurité" pendant les quelques heures de ces "Sommets" face à cette extrême pauvreté est d’une indécence incroyable. L’indécence est à ce point révoltante que le mille millions dépensés pour la "sécurité" s’auto justifie tellement il donne le goût d’aller poser une bombe pour faire sauter ce beau monde qui se la coule douce pendant que des milliards d’individus vivent dans l’indigence la plus complète. [7] Chaque G-20 a son thème "chéri". Devinez quel sera le thème de cette année où l’on se sécurise pour un milliard de $$ ? L’austérité, mes amis, l’austérité ! Oui, nous devons tous nous serrer la ceinture pendant que l’oligarchie détache son pantalon. Les organismes-outils (BM, FMI), ces missionnaires du capitalisme sans contrainte, vont nous sermonner. Comme on sermonne la Grèce, l’Espagne, le Portugal et tous ces gouvernements qui auraient tendance à "trop" en donner à leurs citoyens. On s’inquiète de tous ces gouvernements qui ont tendance à « trop » offrir de services ou à « trop bien payer » ces affreux (sic) "fonctionnaires" parce qu’il se pourrait que ces gouvernements aient "besoin" de faire payer de justes impôts à ces "missionnaires" capitalistes (dirigeants de compagnies privées multinationales) dont la cupidité mine « un brin » leur goût "inné" (sic) du partage de la richesse. Nous sommes en période d’austérité ; voyez le milliard dépensé pour "sécuriser" ces trois jours de festivité et voyez le 1531 milliards dépensés pour aller tuer. [8] Juste au Canada, là où l’austérité est de mise, on déniche en un claquement de doigts mille cent millions pour faire la fête et on trouve facilement plus d’une vingtaine de milliards pour le militaire (21,19 G$). [9] Ah ! Si seulement on pouvait trouver aussi facilement des milliards pour soulager les ventres affamés ou pour soigner la population vieillissante et améliorer les conditions de vie des citoyens pauvres et de classe moyenne ! Le mot d’ordre lancé par ceux qui contrôlent le monde (les Bilderberg et Cie) est suivi à la lettre par les gouvernements fidèles à l’église capitaliste. Ces gouvernements pieux répondent promptement à leurs attentes. Le capitalisme se porte mal, alors on a décidé de tout mettre en œuvre pour accentuer le mal. On continue avec une ardeur incroyable à creuser le fossé entre la luxuriance et la pauvreté en permettant la concentration scandaleuse de la richesse et en favorisant l’exploitation des plus pauvres. On prône la réduction des salaires, la désyndicalisation et l’abolition des services universels de santé et d’éducation. Des campagnes massives de manipulation de l’opinion se fait pour faire accepter le fameux principe de "l’utilisateur-payeur" qui est la consécration des services à deux vitesses, c’est-à-dire : si tu es riche tu peux te faire soigner et bien éduquer et si tu es pauvre, tu restes dans ta crasse sans grande chance (sic) de pouvoir un jour être invité aux rencontres du Bilderberg. Dans notre pays (encore considéré comme une province), notre bon (sic) Premier Ministre Charest assisté de son bras droit économique, Raymond Bachand, nous a offert, cette année, le pire budget de notre Histoire. 12,5 milliards de mesures que le gouvernement libéral ira chercher directement dans les poches des "contribuables". On augmente les taxes qui s’appliquent à tous et on épargne les impôts qui s’appliquent aux riches. Ici, comme en Grèce, les gens ont manifesté. À Montréal, au lendemain du dépôt du budget épargnant les riches et faisant payer les pauvres, « 12 000 manifestants » ont dénoncé la privatisation des services publics et l’impact des hausses de tarifs sur les ménages à moyen et à faible revenu. Le quartier des affaires de Montréal a été envahi pour dénoncer la tarification et la privatisation des services publics. [10] Quelques jours plus tard, c’est le Parlement de Québec qui était ceinturé par 50 000 personnes venues dénoncer haut et fort le budget fait sur mesure pour les riches dirigeants d’entreprises. Un budget puisant directement dans les poches de la classe moyenne et même des plus démunis pour assouvir la croissance de nos cupides "missionnaires" économiques. [11] L’an passé [12] je disais que le G-20, avec un popcorn, on aimait bien, mais cette année, je crois que de moins en moins de gens peuvent se payer un popcorn pour assister à la belle photo de famille qui sortira de cette magnifique rencontre. Et la photo cette année en vaudra spécialement le coût. Elle sera probablement prise en ayant en arrière-plan un magnifique lac ! En effet, spécialement pour l’événement et pour quelques millions de plus, un lac artificiel a été "construit" au cœur du centre des congrès de Toronto [13]. Comme on dit pour le G-20, "Lake is not the limit !" Mais austérité oblige, on a dû se limiter. La fameuse expression "Sky is the limit", prend cette année tout son sens. Pour ce qui est de l’an prochain, on verra… Peut-être que le G-20, par mesure de sécurité, se fera sur la lune ? Qui sait ? « Sky won’t be no more "the limit ! » Ce serait bien, la lune... Serge Charbonneau [1] G8 et G20 : la facture s’élève à plus de 1,1 milliard
http://www.cyberpresse.ca/actualite... [2] 1 milliard pour la sécurité au G20 et au G8 : une dépense indispensable dit Stephen Harper [3] Communiqués de presse, 18 mars 2010 [4] Les pays pauvres, principales victimes d’une crise qu’ils n’ont pas causée [5] Afrique : 90 millions de personnes de plus basculeront dans l’extrême pauvreté d’ici 2010, selon la banque mondiale [6] FMI - BM : 920 millions de personnes continueront de vivre dans l’ extrême pauvreté d’ici 2015 selon un nouveau rapport [7] Un sixième de l’humanité souffre de la faim dans le monde, selon les Nations unies [8] Dépenses militaires dans le monde Principaux budgets de la défense dans le monde [9] Le Canada a le 13e plus gros budget militaire du monde Les dépenses militaires à un sommet au Canada [10] 12 000 manifestants dénoncent le budget Bachand [11] Les Québécois se soulèvent contre le budget Bachand Manif monstre des cols rouges [12] Le G20, ça ne change pas le monde, mais avec un "popcorn" on aime bien ! [13] Sommets du G8 et du G20 - Faux lac et écran géant simuleront Huntsville à Toronto |
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Patria socialismo o muerte
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T 34
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Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 15 Jun 2010 à 15:37 |
Crise : De la Dette Publique ou du Contrat Social ?…
Georges STANECHY
Illustration : Le peuple portant le fardeau des privilèges
« L’essentiel, c’est de rester gai. C’est un moyen que j’ai préconisé contre la peste. Il n’y a qu’à voir les pauvres. Pourquoi meurent-ils en masse ? Parce qu’ils sont tristes. »
Soyons gais ! Sans crouler de rire toutefois : l’heure est grave. Mais comment s’en empêcher, lorsqu’on apprend que les petits marquis, politiciens enrubannés de nos cours gouvernantes, veulent que les budgets de nos nations soient examinés, autorisés, par la faune technocratique de l’Union Européenne, avant leur vote et leur application ?... Pour contraindre les Etats à réaliser vertueusement des « économies »… Rien qu’à lui seul, le président de la Commission Européenne, Barroso, a jeté par les fenêtres en frais de missions et déplacements, lors du dernier exercice budgétaire de cette plantureuse et gloutonne bureaucratie : € 730.230… Oui : plus de € 700.000 de frais de déplacements. En un an… Une seule personne… Rajouter les autres membres de la vénérable “Commission”, c’est se retrouver au pied d’une montagne de gaspillages. Et, encore, ne s’agit-il que de la partie visible de l’iceberg… Il existe tellement d’astuces comptables, budgétaires, pour basculer, noyer, dépenses, gaspillages, détournements, d’un poste budgétaire à un autre. Alors, frais de location d’avion, de voiture, ou d’hôtel : rien de plus facile. Que dire des autres charges et gabegies de cette gigantesque usine à gaz que sont l’administration de l’Union Européenne et son “Parlement” aux dépenses somptuaires ?... Des dizaines d’ouvrages d’analyses, de patients décorticages, n’y suffiraient pas. Qui vote le budget de cet abyssal fourre-tout kafkaïen ?... Ce carrousel des lobbies, pompeurs de subventions mirobolantes et autres passe-droits dévastateurs. Le “peuple” européen ?... Economisons ! Economisons ! Ne pas vivre au dessus de ses moyens ! Ce matraquage moralisateur est la feuille de vigne dissimulant l’impitoyable application de la politique économique et sociale de l’Ultralibéralisme, planifiée par le Traité de Lisbonne. Seul moyen de contrer impopularité et résistance des populations, face à une telle opération prédatrice des castes dominantes : La Peur !... La Grèce a servi d’épouvantail, d’exemple, de test, amplifiés par les trompettes médiatiques des « experts-économistes-charlatans », pour affoler le citoyen européen. Conditionnement psychologique impératif, pour lui faire admettre l’inadmissible. Mais la Grèce, nous le savons, n’est pas en faillite. C’est un pays riche, ne serait-ce que par son industrie touristique édifiée sur fond de colossales exonérations fiscales, au profit de ses clans familiaux au pouvoir, les mêmes depuis des décennies, dissimulés derrière hommes de paille et sociétés-écrans.... (2) L’argent prêté à ce pays est autrement plus en sûreté qu’aux mains des banquiers et traders à la Lehman Brothers et autres arnaqueurs, spécialistes des “investissements courants d’air” et “fortunes virtuelles”. Car, il y a deux mondes, entre “ne pas pouvoir rembourser ses dettes” et “ne pas vouloir rembourser ses dettes”… Ce pays a tout simplement été pillé par son oligarchie. Les caisses une fois vidées, ces mafieux privilégiés ne veulent surtout pas payer d’impôts correspondant aux énormes butins accumulés au détriment de la Nation Grecque. Obligeant salariés, travailleurs précaires et faibles revenus, à apurer l’endettement du pays en diminuant leurs ressources, retraites, accès à la consommation (augmentation de la TVA) et protection sociale. Dans une “politique d’austérité”, passage obligé dicté par la ploutocratie mondiale, sous la caution “scientifique” du FMI. Dont on se demande comment elle envisage de “relancer” un système économique, en sabrant aussi sauvagement le pouvoir d’achat de la majorité de la population. On sait, pourtant, où se trouve l’argent détourné par la caste dirigeante grecque. Il suffirait d’en nationaliser les biens, immobiliers et fonds placés dans des banques complices, en Grèce et à l’étranger… La “dette Grecque” serait apurée instantanément. Les exemples ne manquent pas. Tous les pays occidentaux ont saisi les avoirs de l’Iran (représentant souvent des avances sur contrats de fournitures industrielles ou militaires jamais exécutés) à la suite du renversement de leur polichinelle, le Shah d’Iran, et du nouveau régime qui s’en est suivi. Fonds “gelés”, non productifs d’intérêts… Ces fonds appartiennent, pourtant, à la Nation Iranienne. Alors pourquoi ne pas saisir des fonds privés, de ceux qui se sont livrés au pillage de la Grèce ?... Mais, cette panique organisée, encouragée par toutes les nomenklaturas européennes, relève de la tactique “d’une pierre deux coups”. Le premier : une baisse de l’Euro, sans dévaluation officielle. Opération souhaitée depuis longtemps par les exportateurs, tout particulièrement les industries d’armements, allemande (la première exportatrice d’Europe devant celle de la France…), française, italienne et belge. Normal, elles sont coincées : maîtriser leurs secrets de fabrication oblige, les unes et les autres, à ne pas délocaliser (remarquez-le : on ne délocalise jamais usines et bureaux d’études d’armement !...). Face aux USA, Israéliens, Britanniques, Canadiens, Russes, Brésiliens, Chinois, en termes de prix, elles ne passent plus. Sans parler des autres grands lobbies : pharmacie-chimie (engrais-pesticides), agriculture industrielle subventionnée par centaines de milliards, etc. Le deuxième : casser les politiques sociales européennes, pour préserver les privilèges fiscaux des grandes fortunes, du “capital spéculatif” plus précisément. En quoi la Grèce est-elle plus en faillite, avec un “déficit public” de 13,6 % que la Grande-Bretagne avec 11 %, ou les USA avec 12 ,5 % ?... Le pays dont le “déficit public” est le plus élevé dans le monde, par rapport à son PNB, est le Japon, largement supérieur en pourcentage à celui des USA. C’est toute la différence entre deux catégories de pays : ceux qui dictent la règle du jeu, la modifiant à leurs convenances, et ceux qui la subissent. Dans le cas présent, ceux qui créent leur propre monnaie l’imposant dans les échanges internationaux (le dollar US, le yen japonais), pouvant user et abuser de leur planche à billet. Et, les utilisateurs de monnaie, qui n’en contrôlent ni l’émission, ni la circulation. Ceux que les analystes financiers qualifient de “sovereign issuers of currency”, et de “non-sovereign issuers”. Retenons le terme de “souverain”. Il donne la clé de la situation : le souverain règne en maître… Le “Déficit Public” d’un pays développé, pays riche par définition, ne représente que la part des impôts non payés par une catégorie de privilégiés. A ce cumul d’impôts, non encaissés par l’Etat, est substituée : la “Dette Publique”. L’exemple de la France est particulièrement éclairant. Il suffit de lire la feuille bla-bla-bla intitulée « A quoi servent nos impôts » envoyée à tous les foyers français, par le ministre des finances en accompagnement de la dernière déclaration fiscale, au titre du budget 2010. Que lit-on ?... En recettes, la TVA payée par les français sur leurs consommations quotidiennes, y compris les plus modestes, les plus pauvres, exonérés d’impôts sur le revenu, rapporte : 126,5 milliards d’euros. Soit : 30% des recettes, établies à 270,5 milliards d’euros. En comparaison, l’Impôt sur le Revenu (IR) n’atteint que 48,9 milliards d’euros, soit 11,6% des recettes. Alors qu’on sait que 20% des français, possédant 80% de la richesse nationale, ne cessent de s’enrichir. L’IR devrait atteindre, au minimum, le montant de la TVA si l’assiette fiscale était équitablement appliquée. Pire pour l’Impôt sur les Sociétés (IS), son chiffre est inférieur à l’IR de 14 milliards : 34,9 milliards d’euros. Moins du tiers (28 %) de la TVA !... Soit : 8,3% des recettes fiscales. Ce ne sont pas les PME-PMI, à traçabilité du chiffre d’affaires et valeur ajoutée facile, mais les grandes entreprises et groupes multinationaux, industriels et financiers, qui échappent en grande partie à l’IS. Son produit devrait atteindre lui aussi, au minimum, le montant de celui payé quotidiennement par chaque français via la TVA. Ainsi, cumulés IR et IS atteignent difficilement le montant de 83,8 milliards. Permettant à nos castes au pouvoir (tous partis confondus), d’afficher un “déficit” de 149,2 milliards d’euros… Alors que notre pays, le cinquième plus riche du monde, affiche un PNB annuel de plus de 3.000 milliards d’euros… (3) Le cœur du problème n’est pas un « déficit public », artificiellement créée par les castes au pouvoir. Ouvrant un boulevard à « l’endettement public », servant à culpabiliser et à pressurer les revenus faibles ou précaires. Pas plus, contrairement à la propagande qui en fait sa tarte à la crème et un leurre, que les hauts salaires, parachutes dorés et bonus, des dirigeants et traders. Même si une régulation s’impose, quant à leur amplitude par rapport à une moyenne salariale. Ils sont fiscalement transparents, aisément repérables et taxables. Par contre, c’est tout un pan de l’enrichissement d’une minorité privilégiée qui, par l’opacité et l’énormité des revenus qu’elle engrange, équivaut à un colossal détournement de la Richesse Nationale : L’essentiel du revenu des Grandes Fortunes, en progression constante et, pour certains, exponentielle d’une année sur l’autre, échappe à l’impôt. Pas seulement par les “niches fiscales”, utilisées comme os à ronger pour polariser les frustrations de l’opinion et détourner son regard du gros steak... L’art du faux débat… Un aperçu : => Dans leurs placements spéculatifs, maximisant leurs revenus par les jeux boursiers. Générateurs des comportements erratiques de l’économie casino. Ces revenus sont “hors bouclier fiscal”, par le truchement du prélèvement libératoire. Impôt prélevé à la source entre 5 et 30%, suivant les pays et les placements financiers, permettant de ne pas intégrer le revenu dans sa déclaration annuelle puisque l’impôt est réputé, ainsi, déjà payé. Avantage considérable pour les tranches de hauts revenus. => Il est évident que les placements des Grandes Fortunes, fiscalement logés dans les paradis fiscaux (simple boîte aux lettres, pour les plus exotiques, car toujours gérés d’une place financière internationale), échappent totalement aux impôts nationaux. => Les multiples exonérations permettant aux grandes fortunes de diminuer l’assiette fiscale de leurs patrimoines et revenus. Comme, par exemple, ne pas payer d’impôt sur la fortune (ISF) en maquillant tout son patrimoine sous forme « d’outil de travail ». Quelques hectares de vignes, et on fait passer son château pour une société productrice de vin. Le yacht de luxe, domicilié dans un paradis fiscal sous couvert d’une société charter. L’avion privé camouflé sous forme de société charter, ou “casé” dans le matériel de transport d’une société dont on détient le contrôle, etc. Ou encore, exonérations sur les œuvres d’art permettant évasion et dissimulation de patrimoine. Au prétexte d’encourager le marché de l’art, pour n’encourager, en fait, qu’une aberrante spéculation aux prix délirants dans la béatitude médiatique. L’escroquerie au bénéfice de ces privilégiés peut être évaluée, annuellement, par le différentiel de recettes entre l’IR (48,9 milliards) et la TVA (126,5 milliards). Soit : 77,1 milliards, qu’on peut arrondir à 80 milliards d’euros par an, au minimum, de détournements fiscaux des Grandes Fortunes au détriment de la collectivité. Les grands groupes, industriels et financiers, et entreprises exportatrices, “stockant” l’essentiel de leurs marges bénéficiaires dans les paradis fiscaux ou les pays à faible fiscalité (Chypre, pays du Golfe, Hollande, ils sont légions…), par des cascades de holdings, filiales avec sièges à l’étranger, servant de paravent. Les “spécialistes” (hors appareil de désinformation) s’accordent sur une estimation d’un maximum de 20% d’imposition de ces Grands Groupes par rapport à leurs bénéfices réels. (4) Echantillon en farces et attrapes du « business fiscal » : => Je vends un produit pratiquement au coût de revient à une de mes filiales dans un paradis fiscal, qui le revendra majoré de sa véritable marge bénéficiaire, échappant ainsi à l’impôt national. => Je vends un produit avec une marge très faible, à partir de mon pays d’origine. Je facture, à partir d’une plateforme dans un paradis fiscal, des frais de démarrage, d’assistance, de gestion (les fameux management fees), de redevance pour usage de marque, etc. Sous ce déguisement (le nombre d’appellations est infini), j’encaisse ainsi ma véritable marge bénéficiaire dans un paradis fiscal. => En Afrique, je collectionne toutes les concessions de services publics (téléphonie, distribution d’eau, d’électricité, ramassage des ordures ménagères, gestion des ports et des aéroports, transport maritime et aérien, etc.) et monopolise tous les grands marchés, en imposant des régimes corrompus et dictatoriaux, sous la férule de l’armée française et de ses services spéciaux. Férule “payée” par le contribuable français. Sachant cyniquement qu’aucun gouvernement n’oserait refacturer ces “coûts de support”, à des groupes connus pour ne devoir leur “compétitivité” qu’à la présence de la soldatesque. Avec les taux les plus faibles en nombre de création d’emplois, par rapport aux chiffres d’affaires et marges bénéficiaires… Toute ma fastueuse marge générée par des tarifs démesurés (5) au regard de ceux pratiqués en Europe ou en Amérique du nord (horreur : les Chinois, viennent mettre la pagaille en cassant les prix !) se retrouvera évidemment dans un paradis fiscal… En toute légalité, par dizaines, par centaines, au vu et au su de tout responsable économique, politicien, un tant soit peu informés, ce sont des milliards, qui échappent ainsi, chaque année, à l’impôt national. Comme pour l’IR l’escroquerie, au bénéfice exclusif des actionnaires de ces grandes entreprises et groupes internationaux, peut être évaluée annuellement par le différentiel de recettes entre l’IS (34,9 milliards) et la TVA (126,5 milliards). Soit : 99,1 milliards, qu’on peut arrondir à 100 milliards d’euros par an, au minimum, de détournements fiscaux au détriment de la collectivité. On atteint ainsi 180 milliards par an, d’impôts non perçus sur deux d’entre eux, IR et IS. Le “déficit 2010” de 150 milliards (149,2) serait non seulement inexistant, mais l’Etat aurait un surplus de recettes de 30 milliards à répartir pour la santé et la retraite des français. Rien qu’en appliquant une assiette fiscale avec équité et sérieux. Mais, tout va mal, les caisses sont vides, la compétition internationale implacable, la mondialisation impitoyable : telle est l’incantation chamanique de notre caste gouvernante… La France, cinquième pays le plus riche du monde rappelons-le, aurait besoin de réduire son “déficit” de 100 milliards d’euros en deux ans, se lamentent nos gouvernants. Les mêmes qui, en quelques heures, avaient trouvé plus de 300 milliards d’euros pour les banques privées en faillite, dont 163 immédiatement injectés dans leurs coffres, vidés auparavant par leur incompétence. Si, seulement, les Grands Groupes, les Grandes Fortunes, étaient soumis aux mêmes taux d’imposition que le Travail ou le Salariat, les 100 milliards d’euros seraient tout aussi facilement trouvés que pour les banques en faillite. En moins de 24 heures. Si, seulement, la Spéculation, tout placement financier à moins de trois mois non lié à une nécessité industrielle ou commerciale, était taxée à hauteur de 50% (équitable moitié-moitié avec le spéculateur), l’Etat ne connaîtrait jamais de déficit. Au contraire, son budget serait en excédent. Mais, pour cela il faudrait appliquer une réforme fiscale que les privilégiés ne veulent pas. Nous sommes, on ne cesse de le répéter, dans la même configuration qu’à la fin de l’Ancien Régime. Le Tiers Etat supportait alors l’ensemble du fonctionnement de l’Etat et de ses investissements, par l’impôt indirect principalement. La nomenklatura française, comme dans les autres pays européens et occidentaux, invoque en permanence “la logique de la rigueur” quant aux dépenses sociales : santé publique et retraites, en priorité. A commencer par “la rigueur comptable” : les dépenses doivent être équilibrées par les recettes. Les remboursements, ou les pensions, sont à couvrir par les cotisations. Impérativement. Pourquoi pas ?... Mais alors, qu’en est-il des multiples budgets de l’Etat échappant miraculeusement à ce raisonnement ?... Non seulement, on ne leur impose aucune contrainte de recettes, mais ils bénéficient d’une régulière augmentation d’une année sur l’autre. Où sont les recettes couvrant les dépenses : => De la défense nationale ?... Les milliards engloutis dans les massacres en Afghanistan ?... Dans les armements nucléaires ?... => Du ministère de l’intérieur ?... => Du ministère des affaires étrangères ?... En particulier, son énorme réseau diplomatique dans tous les coins du monde, aux faramineuses dépenses annuelles (sans parler des fumeux “crédits à la coopération”…), s’ajoutant à ceux des 27 autres pays de l’UE. Gouffre à milliards, aussi ringard que désuet à l’heure des nouvelles technologies de l’information et de la communication, jamais remis en cause : ambassades, consulats, centres culturels, centres du commerce extérieur, et autres Villas Médicis, représentations folkloriques et tape-à-l’œil, permettant de distribuer de moelleux fromages pour engraisser courtisans et pistonnés de tous poils... => Des organisations internationales ?... Gavées, sans contrôle, de contributions versées, entre autres par notre pays. Dont la plupart sont plus connues par l’intensité de leur gabegie, et le grand train de vie de leurs dirigeants et “fonctionnaires internationaux”, que par leur rigueur scientifique ou administrative. Telle l’OMS, lamentable dans sa gestion de la grippe, en collusion inacceptable avec tous les lobbies pharmaceutiques. La pire : l’OTAN. Pôle d’incompétence, et de gaspillage, dans le bellicisme mégalomaniaque le plus outrancier, au service des lobbies de l’armement (ils veulent que l’Europe investisse dans un bouclier anti-missiles dont on sait qu’il est aussi inefficace qu’inutile. Mais, il présente l’avantage de coûter cher)... Là… Surtout ne pas parler « d’économies » ! Au contraire. S’incliner devant le Totem de la Dépense, dans un silence respectueux… Se taire face aux milliards partant en fumée… Par contre, le budget au centre de l’hystérie de nos castes dirigeantes, véritable obsession des politiciens et de leurs médias : celui de la Santé Publique. Avec, présenté en Dracula aux sanguinolentes canines : le mythique « Trou de la Sécu »… Schéma identique dans toute l’Europe. Il est vrai, sous la pression des assureurs ou des banquiers-assureurs, tout doit être mis en œuvre pour en privatiser la gestion et l’accès… Et, pourtant, contrairement à la propagande : « Les français … figurent parmi les plus mal remboursés des Européens, même pour l’accès aux médecins et aux médicaments et surtout pour les dents et lunettes. » (6) Même, si on se livre à un examen impartial, clinique, l’orthodoxie financière, pratiquée par nos pays en ce domaine, a le souffle court... Car, en France comme dans d’autres pays, les gouvernements, les représentations nationales (députés et sénateurs), tous partis confondus, sont complices d’un pillage de la Santé Publique. Faisant supporter par la collectivité des charges et une responsabilité qui ne lui incombent pas : les pollueurs de la Santé Publique ne sont pas, en effet, les payeurs. Pollueurs encaissant des profits mirobolants, distribuant des dividendes luxueux à leurs actionnaires, sur fonds de ravages, ou de détournements comptables, exercés à l’encontre des citoyens qui en épongent les excès. Un exemple : la ““Sécu” consacre environ 60 % de ses ressources à l’hospitalisation (7). L’essentiel de ces dépenses servent à traiter les pandémies dont on ne parle jamais : le tabagisme et l’alcoolisme. A ces pollueurs s’ajoute l’agro-industrie provoquant les ravages considérables, à présent, de l’obésité et du surpoids. Autre fardeau pour la Santé Publique : les rentes de situation consenties aux industries pharmaceutiques par le pouvoir politique. Bien sûr, il ne s’agit pas de prêcher une prohibition, un quelconque puritanisme, mais d’identifier le véritable « Trou » de la Santé Publique, dans lequel s’engouffrent ces lobbies sans scrupules pour les intérêts de notre communauté nationale, ne cessant de le creuser et de l’élargir : celui séparant “le plaisir” de “l’addiction”. Ce sont les responsables de la diffusion, promotion, addiction, qui doivent payer la facture des ravages, en tant que “pollueurs” et “massacreurs” d’une collectivité, tenue en otage via leurs relais politiques. En relevant les tranches d’imposition sur les bénéfices, en taxant les dividendes distribués, en taxant davantage les produits diffusés ?... Peut-être… En tous cas, en “nationalisant” ces industries pour que la collectivité en encaisse les exorbitants profits et les affecte au budget de la Santé Publique… Quelques brèves données, systématiquement occultées : Les “Tabageurs” ou “Cigarettiers” sont une industrie aux marges bénéficiaires plantureuses, très capitalistique, hyper automatisée, faible employeur, très peu créatrice d’emplois, dotée d’un trésor de guerre lui permettant d’acheter tous les politiciens. Comme le rappelle Gérard Dubois, un des meilleurs spécialistes français de cette industrie : « Ce qui est clair, c’est ce qui sépare l’industrie du tabac de l’industrie du crime n’a plus que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes. » (8) Le tabagisme tue, en France, une moyenne de 60.000 personnes par an (66.000 l’année dernière). Non compris les centaines de milliers de personnes hospitalisées pour cause de cancers ayant pour origine le tabagisme : poumon, gorge, langue, etc. Ce rythme s’accélère, puisqu’à présent le nombre de femmes, atteintes de cancer du poumon, quadruple chaque année. (9) L’UE, face à ces énormes lobbies, est incapable d’harmoniser une politique fiscale, favorisant ainsi la contrebande, se réfugiant, au contraire, dans la subvention de la culture du tabac : plus d’un milliard d’euros par an… (10) Le coût de l’alcoolisme est tout aussi cataclysmique, évalué à environ 1% du PNB des pays développés. Ce qui représente pour la France, environ 30 milliards d’euros par an. Certaines études estiment le coût à plus de 39 milliards de dollars pour la Grande-Bretagne, et près de 20 milliards d’euros en France (11). En France, en moyenne, 60.000 personnes meurent d’alcoolisme chaque année, non compris les centaines de milliers de cancers (foie, notamment), et autres dégâts collatéraux tels qu’absentéisme, accidents de voiture, violences, criminalité. Sans oublier la naissance chaque année de 5000 à 7000 bébés avec des malformations graves (syndrome d’alcoolisation fœtale)… A eux deux ces lobbies, Tabageurs et Alcooliers, infligent à la France 120.000 morts. Par an. Des centaines de milliers de pathologies au traitement très couteux pour notre système de santé. Pour leur plus grand profit. Très loin, dans un écart intergalactique, devant les 4000 morts par accidents de la circulation (4.262 en 2009), les 500 morts du SIDA (809 morts en 2006, la mortalité ne cessant de baisser) et les xxx (pas de statistiques officielles) morts du terrorisme… Pourtant, silence médiatique et inaction politique sont de rigueur. Pas de lutte contre ces fléaux. Des milliards pour la lutte antiterroriste et beaucoup d’agitation, mais là : pas de moyen. Tabou ! Personne pour prendre à la gorge ces mafias qui s’empiffrent, se goinfrent, par milliards, avec la complicité des politiciens, élus du peuple, alors qu’on devrait leur faire payer le « Trou » de la Sécu. Car, au-delà des dégâts astronomiques pour les générations futures (1.200.000 morts en 10 ans…), des drames humains, individuels et collectifs, ce sont des milliards pillés par ces “intérêts privés” sur la Santé Publique. Suivant le principe que les banquiers véreux appliquent régulièrement : Privatisons les profits, nationalisons les pertes… Remarquez-le, dès qu’on traite du « Trou » de la Santé Publique : quel est le réflexe des politiciens et de leurs perroquets, les médias de la propagande ?… Taper sur le malade et son médecin. L’un et l’autre accusés d’exagérer dans les dépenses, à partir de quelques cas particuliers médiatiquement instrumentalisés. Mais, bizarrement, “grand silence” sur les industries pharmaceutiques. Leur impact sur le « Trou » de la Sécu ?... Ces braves politiciens, jamais, ils n’en parlent, ni ne l’évoquent. Jamais. Alors que ces groupes, ces médicamenteurs, s’engraissent outrageusement sur la Santé Publique. (12) En France, les contribuables on assisté au récent scandale du 1 milliard d’euros, octroyé généreusement par nos politiciens à cette industrie lors de la vaccination contre la « grippe-bidon ». Mais, cela fait quarante ans qu’abus et pillages de ces lobbies sont connus, identifiés, répertoriés. Depuis une étude menée aux USA, entre 1957 et 1963 par le Comité Anti-Trust du Sénat et son rapporteur Estes Kefauver. (13) Etablissant, déjà, que les dépenses en Recherche-Développement (RD) de ces groupes ne dépassaient pas 6% de leur chiffre d’affaires, celles du marketing-ventes absorbant l’essentiel (25 %). Rien n’a changé depuis, puisqu’une autre étude, menée par Julie Froud et son équipe sur l’industrie pharmaceutique, démontre que les dépenses de RD ne dépassent pas les 13-15 %, alors que les dépenses de marketing-ventes excèdent les 30 %. Selon les mêmes pourcentages que les grandes marques de l’industrie alimentaire, lessiviers, limonadiers (Procter & Gamble, Nestlé, Coca-Cola, etc.). Rien qu’aux USA, les dépenses de lobbying par ces groupes auraient franchies le 1 milliard de dollars en 2003. (14) En 2000, par exemple, le groupe pharmaceutique Pfizer a battu Coca-Cola en termes de dépenses marketing-ventes (39 % contre 36 %), pour des dépense en RD équivalentes : 15 %... Autrement dit une “nationalisation” de cette industrie entraînerait pour la Santé Publique une économie de 30 % minimum, sur tous les médicaments. Mais, la Santé Publique n’est pas vécue, par les actionnaires de ces groupes et les politiciens, comme la concession d’un service public. Elle est, au contraire, rigoureusement conçue et gérée en rente de situation aux fructueuses retombées pour la nomenklatura… Avantage supplémentaire d’une telle “nationalisation”, la suppression définitive des tares imposées à la collectivité par ces industriels-pillards, si bien mises en évidence par le rapport Kefauver : 1. Durée abusive de protection des brevets, entraînant prix prédateurs (predatory prices) et marges déraisonnables, plus élevés que dans la plupart des autres productions industrielles (à part celle de l’armement…). 2. Coûts et prix largement “gonflés” par d’excessives dépenses de marketing, notamment publicitaires. 3. Beaucoup trop de produits inefficaces, dont certains dangereux du fait du manque d’indépendance des autorités de régulation. Que dire des ravages par les Engraisseurs, ces industriels de l’alimentaire qui provoquent l’addiction, l’intoxication, alimentaires, par les abus de sel, de sucre, de colorants, de produits de synthèse, de conservateurs, d’hormones, etc. ?... Imposant à nos collectivités, dans la recherche de profits faciles, ces nouvelles maladies que sont l’obésité et le surpoids. Avec tous les dégâts collatéraux, de l’hypertension aux cancers en tous genres. Beaucoup dénoncent ces nouveaux pollueurs qui eux aussi ne sont pas les payeurs. Sans être entendus par les politiciens. Je ne les mentionne que pour mémoire, rappelant ce que dit José Bové : « … Certes, on fait un poulet (bon marché), mais on ignore combien chaque kilo de poulet a induit d’effets négatifs payés par la société. » (16) Ces prédateurs, aussi, doivent être mis sérieusement à contribution pour combler le « Trou » qu’ils creusent dans la Santé Publique, en piochant comme des forcenés dans cette mine pour y en extraire les pépites en or de leurs dividendes… Ce bref survol de gisements d’économies, focalisé sur l’immense et capital domaine de la Santé Publique, en dehors de toute considération d’assiette fiscale, démontre l’incapacité de nos institutions, partis et leaders politiques, à aborder, honnêtement, courageusement, les véritables problèmes de fond. Comme le rappelait l’économiste américain, J.K. Galbraith : « Le déficit budgétaire est désormais un instrument utilisé … contre les actions socialement nécessaires mais politiquement combattues. La plupart des critiques contre les actions sociales tiennent dans l’argument qu’elles augmenteront le déficit budgétaire et les charges fiscales de nos petits-enfants. Cette conception est à l’évidence, une erreur et une stupidité redondante. » (16) En fait, sous prétexte de “déficit public” ou “dette publique”, c’est à un méthodique, cynique, dynamitage du Contrat Social liant les membres de notre collectivité dans un projet commun, auquel se livre notre nomenklatura, à l’exemple des autres pays occidentaux. Dans cette terrible régression de notre civilisation s’écroule le fragile pilier de tout progrès humain qu’est “la justice sociale”. Au sens où l’entendaient Locke, Kant, Rousseau et beaucoup de chercheurs, dont un des plus acharnés sur ce plan, sa vie entière, fut John Rawls. (17) La justice comme équité, fondant l’association entre membres d’une même collectivité ; accord tacite, pour reprendre les expressions de Rawls, édifié sur la justice sociale et économique, dans la solidarité. Une minorité de privilégiés, paradoxalement dès la Chute du Mur de Berlin, s’est emparée de tous les pouvoirs, les détournant, manipulant, à leur profit exclusif. Rejetant les Principes que nos ancêtres avaient naïvement inscrits dans notre Constitution, lors du renversement de l’Ancien Régime détesté par la brutalité et l’arrogance de son arbitraire : liberté, égalité, fraternité. Dans un féroce retour à La Réaction, comme le revendiquaient nos monarchies post-napoléoniennes du XIX° siècle. Certaines s’affichant “républicaines” tout en rejetant furieusement l’idée, l’existence, la réalisation. Dans une impitoyable violence, qu’on se souvienne des massacres par “l’armée d’Afrique” des ouvriers de la soie à Lyon, ou de La Commune à Paris, pour conserver les privilèges d’une poignée de nantis adossés à la force de leurs appareils de répression. Un régime, quelle que soit son appellation, sans la Justice n’est qu’une autocratie, une dictature. Même s’il s’efforce de ne pas être sanguinaire à l’intérieur de ses propres frontières, réservant cette pratique à ses aventures coloniales ou néocoloniales. Crise ?... Oui. Du “sens” de nos sociétés, de notre vie en collectivité, de leur fondement. Nous assistons, à la rupture du Contrat Social, nous liant les uns les autres dans une communauté de destin, par des prédateurs s’érigeant en ploutocratie dictatoriale. Considérant les peuples, dont ils sont issus, en serfs destinés à les servir et les enrichir… Georges STANECHY (1) Cité par Jean-Dominique Nuttens, Bertrand Tavernier, Editions Gremese, 2009, p. 18. A propos du film de ce metteur en scène, le meilleur sur cette époque : Que la fête commence ! Avec des acteurs au sommet de leur art, notamment : Marielle, Noiret, et Rochefort. (2) La répartition du pouvoir politique et économique entre clans familiaux milliardaires en Grèce, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, avec leur clientèle d’obligés et de politiciens de service, est similaire dans sa structure et ses rouages à celle des Philippines. Je reviendrai sur le simulacre des récentes élections présidentielles, aux Philippines, dans un futur billet. (3) http://www.populationdata.net/index... (4) Se référer, par exemple, aux ouvrages, articles et déclarations d’une des meilleures spécialistes européennes de la traque des évasions fiscales : Eva Jolly. (5) L’omerta médiatique, académique (recherches en économie et en sciences politiques…) est totale sur ces rentes de situation contribuant à l’appauvrissement et au retard économique des pays ainsi exploités. Exemples de cette désinformation : Aucun comparatif entre le tarif facturé à la minute par le même opérateur téléphonique occidental dans son pays d’origine et par ses filiales dans les pays en développement. Aucun ratio comparatif entre le tarif facturé à la minute et le SMIC ou salaire moyen local, etc. (6) Béatrice Majnoni d’Intignano (Professeur Paris XII – membre du Conseil d’analyse auprès du Premier Ministre – Consultant de l’OMS), Economie de la Santé, PUF, mai 2001, p. 297. (7) Economie de la Santé, Op. Cit., p. 296. (8) Gérard Dubois, Le Rideau de Fumée – Les méthodes secrètes de l’industrie du tabac, Seuil, 2003, p. 268. (9) http://www.lemonde.fr/societe/artic... (10) Economie de la Santé, Op. Cit., p. 76. (11) 17,4 milliards d’euros dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Alcoolisme (12) Julie Froud, ouvrage collectif, Financialization and Strategy – Narrative and Numbers, Routledge, London, 2006, Part II – Cases, 1. sur le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline : keeping it going ?, p. 149-223. (13) Julie Froud, ouvrage collectif, Op. Cit., p. 161. (14) Julie Froud, ouvrage collectif, Op. Cit., p. 163. (15) José Bové et François Dufour, Le Monde n’est pas une Marchandise – Des Paysans contre la Malbouffe, La Découverte, 2000. (16) John Kenneth Galbraith, Economie Hétérodoxe, Seuil, 2007, p. 1091-1092. (17) On se doit de lire et relire John Rawls, notamment : => Justice et Démocratie, Collection Points, Seuil 2000 => Libéralisme Politique, PUF, 1995 => Théorie de la Justice, Seuil 1987
Edité par T 34 - 16 Jun 2010 à 02:11 |
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Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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Envoyé : 16 Jun 2010 à 21:53 |
Kerviel était un « trader star »Une semaine après le début du procès, les plus proches collaborateurs de Jérôme Kerviel témoignent à la barre. Pour Taoufik Zizi, tout le monde connaissait ses agissements.
Le premier témoin appelé à la barre, hier, ressemble à ceux qui défilent devant le tribunal depuis une semaine. Jeune, costume foncé, chaussures noires en cuir, chemise claire. Impeccable. État civil : Taoufik Zizi, 26 ans, trader junior à la Société générale à partir de juin 2007. L’année de toutes les folies pour Jérôme Kerviel, qui obtient jusqu’à 1,4 milliard de bénéfices. Discret et courtois, Taoufik Zizi a été auditionné pendant près d’une heure sur le climat du desk Delta One et les contrôles qui y étaient menés. Voisin de Jérôme Kerviel sur le desk Delta One, Taoufik Zizi était aussi son élève. « Il ne me divulguait pas ses positions, se souvient-il, mais je lui posais des questions basiques sur le trading. » Car Taoufik Zizi n’avait qu’une faible expérience du trading, son diplôme de l’École centrale de Paris lui permettant, à vingt-trois ans seulement, de devenir trader dans la célèbre tour de la Défense. Au terme d’une seule journée de formation en poste, il se retrouve à manipuler les millions sur le desk Delta One. « La formation se fait sur le tas », lance-t-il à la barre. Jérôme Kerviel prend en charge sa formation et le jeune apprenti n’est pas avare de compliments envers son maître : « C’était un trader star. Ce n’est pas souvent qu’on gagne 1 million d’euros par jour ! » Mais le jeune homme ne s’arrête pas là. « Il me conseillait de ne jamais prendre de risque sans qu’on en ait parlé à l’avance. » Un comble ! Impossible de ne pas voir les ordres qu’il passait Dominique Pauthe, président du tribunal, reprend l’audition : « Pensez-vous que, selon l’expression consacrée dans ce procès, on ne pouvait pas ne pas voir ? » Taoufik Zizi confirme : « Tout le monde connaissait forcément ses agissements (de Jérôme Kerviel – NDLR). On ne pouvait pas ne pas voir qu’il passait des ordres toute la journée. » Un avis qui, pense-t-il, pourrait être à l’origine de son licenciement survenu peu après l’instruction, en octobre 2008, officiellement pour « insuffisance professionnelle ». Après une interruption de séance, le tribunal convoque un autre collaborateur de Kerviel. Son broker, son courtier, le fameux Moussa Bakir. Celui auprès duquel Jérôme Kerviel passait ses énormes engagements sur les marchés. Son ami aussi, avec qui il sortait après les journées de travail. Dès le début de son exposé, M. Bakir est coupé par le président. « Vous ne vous adressez pas à des brokers de profession ! », raille-t-il avant d’aborder le vif du sujet. Il faut dire que le vocabulaire du courtier – « rôle », « maturation juin » – suscite l’incompréhension de la cour. Mi-2007, M. Bakir se fait tirer les oreilles par sa direction. « Si on ne faisait pas de chiffre, explique-t-il, on risquait d’être muté à Londres. » Il va à la recherche de nouveaux clients et tombe sur Jérôme Kerviel, qui accepte de travailler avec lui. Très vite, Jérôme Kerviel le fait travailler pour un certain Matt, un personnage fictif travaillant pour un fonds d’investissement, qui lui permet de justifier les nombreux ordres passés à Moussa Bachir. « Après le travail, quand on prenait des verres, il me parlait de Matt… Matt, jusqu’à la fin j’y crois… Il m’a menti », reconnaît, le regard en l’air, le témoin au tribunal. Pour autant, Les opérations de Kerviel ont permis à Moussa Bakir de toucher un bonus de 438 000 euros au troisième trimestre 2007, et plus de 1 million d’euros au quatrième trimestre ! Jérôme Kerviel et sa défense ont tenté hier de démontrer que l’évolution erratique de la trésorerie de l’ex-trader en 2007 ne pouvait qu’alerter sa hiérarchie sur les opérations hors normes qui lui sont maintenant reprochées. Cyril Charon Affaire Kerviel « Deux tiers de leur épargne perdus »Maître Richard Valeanu défend les salariés, premières victimes de l’affaire Kerviel.
Entretien réalisé par Clotilde Mathieu Edité par T 34 - 18 Jun 2010 à 20:57 |
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Envoyé : 18 Jun 2010 à 23:36 |
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Envoyé : 23 Jun 2010 à 16:19 |
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Il y a trois ou quatre ans de cela, lors d’une interview à un journal sud-américain, argentin, je crois, j’ai sorti, dans une sucession de questions et de réponses, une déclaration dont j’imaginais qu’elle susciterait indignation, débat et scandale – j’étais à ce point naïf-, en premier lieu parmi les troupes locales de la gauche, et, qui sait, se propagerait comme une onde dans les milieux internationaux, qu’ils soient politiques, syndicaux, ou culturels, et tributaires de la dite gauche. Dans toute sa cruauté, ne reculant en rien face à sa propre obscénité, ma phrase, ponctuellement reproduite par le journal était celle-ci: »La gauche n’a pas la moindre putain d’idée du monde dans lequel elle vit. » A mon intention, délibérement provocatrice , la gauche ainsi interpellée a répondu par le silence le plus glacial.
Le temps a passé, le temps a passé, l’état du monde est devenu de plus en plus compliqué, et la gauche impavide, a continué à jouer les rôles qui, au pouvoir ou dans l’opposition, lui avaient été distribués. Et moi, qui entre-temps avait fait une autre découverte, , à savoir que Marx n’avait jamais eu autant raison qu’aujourd’hui, j’ai imaginé, quand il y a un an a éclaté l’escroquerie cancéreuse des hypothèques aux Etats- Unis, que la gauche, où qu’elle fut, si elle était encore vivante, allait enfin ouvrir la bouche pour dire ce qu’elle pensait de l’affaire. J’ai l’explication: la gauche ne pense pas, n’agit pas, ne risque pas. Il s’est passé ce qui s’est passé ensuite, jusqu’à ce jour, et la gauche, lâchement, continue à ne pas penser, à ne pas âgir, à ne pas risquer. Ne vous étonnez donc pas de l’insolente question du titre: « Où est la gauche? » Je ne verse pas d’obole, j’ai déjà payé bien trop cher mes illusion.
Edité par T 34 - 24 Jun 2010 à 18:04 |
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Envoyé : 24 Jun 2010 à 20:39 |
Cinq ans de prison dont quatre ferme requis contre KervielCinq ans de prison dont quatre ferme ont été requis jeudi contre l’ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel, jugé depuis le 8 juin pour avoir causé début 2008 une perte historique de 4,9 milliards d’euros. Cinq ans de prison dont quatre ferme ont été requis jeudi contre l’ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel, jugé depuis le 8 juin pour avoir causé début 2008 une perte historique de 4,9 milliards d’euros. Le maximum encouru était de cinq ans de prison ferme et 375.000 euros d’amende, pour abus de confiance, faux et usage de faux, et introduction frauduleuse de données dans un système automatisé. Durant leur réquisitoire, les deux représentants du ministère public, Jean-Michel Aldebert, chef de la section financière du parquet, et Philippe Bourion, ont démontré, selon eux, que les trois infractions étaient clairement constituées. «Jamais la qualification pénale d’abus de confiance n’a aussi bien porté son nom», a estimé Jean-Michel Aldebert. «Votre tribunal le jugera pour ce qu’il est: un manipulateur, un tricheur et un menteur», il a causé «un traumatisme planétaire», «il s’agit d’arrêter le discrédit sur les banques», «il en va de l’ordre public, économique et financier», a conclu Jean-Michel Aldebert. Après le réquisitoire jeudi, la défense aura la parole vendredi, avec la plaidoirie de l'avocat de l'ancien trader, Me Olivier Metzner. Le tribunal mettra alors son jugement en délibéré. « L’argent qui corrompt » (Le Monde Diplomatique)
Pierre RIMBERT
Illustration : Michael Mucci
« Qui dirige – les gouvernements ou les marchés financiers ? » La question, posée par l’économiste Robert Skidelsky (Financial Times, 17 juin 2010), ne soulève pas un suspense insoutenable alors que, sous la pression des investisseurs, les pouvoirs publics européens imposent des politiques d’austérité à leurs populations. En l’espace de quelques semaines, Allemagne, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Royaume-Uni, Roumanie, etc, ont annoncé des mesures de restriction budgétaire destinées à contenir l’endettement : report de l’âge de départ en retraite, baisse du salaire des fonctionnaires, rabotage des prestations sociales et suppression de certaines allocations, hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), privatisations. Un éventail complété comme il se doit – car il importe d’opposer le gramme au kilo sur l’autre plateau de la balance sociale – par une hausse insensible de la fiscalité sur les hauts revenus, bonus et stocks options. Pareil virage économique pris sous la pression des marchés ne figurait pas dans les programmes électoraux sur la foi desquels les dirigeants furent portés au pouvoir. Ces choix sont légaux ; sont-ils légitimes ? Leur orientation sociale apparaît tellement déséquilibrée que l’interprétation n’appelle nul recours à la « complexité » : sous la pression des riches, les gouvernements font payer aux pauvres la facture de la spéculation financière. Car pour les possédants, la crise semble passée. « En 2009, le nombre de foyers millionnaires en dollars a augmenté d’environ 14 % et atteint 11,2 millions, quasiment autant qu’en 2007 », jubile le Boston Consulting Group dans son rapport 2010 sur la richesse mondiale intitulé « Regagner le terrain perdu ». Au même moment, et comme si la leçon ne pouvait être administrée que par une forme de pédagogie du pire, se succèdent en France les révélations sur le train de vie des dirigeants et les conflits d’intérêts qu’engendrent leurs activités lucratives privées ou celle de leurs famille. Au-delà de la situation de M. Jean-François Copé, avocat d’affaires chez Gide-Loyrette-Nouel et président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, ou de Mme Florence Woerth, qui fut simultanément épouse du ministre du budget (et trésorier de l’UMP), administratrice du groupe de luxe Hermès et gestionnaire des actifs de la milliardaire Liliane Bettencourt, la confusion de la chose publique et des intérêts privés atteint un point inédit. Elle procède d’un double mouvement de « privatisation » des grands commis de l’Etat et de « nationalisation » des catégories de pensée en vigueur dans le privé. Bien connue sous l’appellation de « pantouflage », la première dynamique implique des hauts fonctionnaires plus disposés que jamais à vendre leurs services, leurs connaissances et leurs carnets d’adresse à de grandes entreprises. Deux cas exemplaires parmi tant d’autres : celui de M. François Pérol (ancien élève de l’Ecole nationale d’administration [ENA], de Sciences Po et de HEC, inspecteur des finances), passé en 2009 du secrétariat général adjoint de la présidence de la République à la présidence du groupe bancaire BPCE qu’il a lui-même contribué à fonder en tant que conseiller économique du chef de l’Etat ; celui de Mme Emmanuelle Mignon (ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, de Sciences-Po, de l’ENA, de l’Essec), ancienne directrice de cabinet de M. Nicolas Sarkozy quittant en mai 2010 le Conseil d’Etat, son corps d’attache, pour prendre la direction stratégique du groupe Front Line, société du cinéaste Luc Besson. Les nouvelles vies de MM. Anthony Blair et Gerhard Schröder, chefs de gouvernements devenus respectivement administrateur de LVMH et responsable d’un groupe pétrolier russo-britannique, révèlent la dimension internationale du phénomène. Le second mouvement, moins souvent évoqué, consiste en une importation au sein de la sphère publique de l’idéologie de l’entreprise privée (où, faut-il le rappeler, l’excellence se jauge à la capacité de satisfaire les actionnaires plutôt que d’assurer le bien-être de la collectivité) : non seulement cette vision du monde domine l’enseignement des grandes écoles menant aux carrières administratives mais une part croissante des élites d’Etat sort à présent d’écoles de commerce (1). Le recrutement au gouvernement d’anciens dirigeants de cabinets de conseil (Mme Christine Lagarde : Baker & McKenzie ; M. Eric Woerth : Arthur Andersen ; M. Jean-Louis Borloo, etc.) accentue la tendance. Avocats d’affaires, avocats du monde des affaires ? En la matière, la France n’égale-t-elle pas les Etats-Unis où la liste des personnalités de l’administration Obama occupant ou ayant occupé des positions dans la finance privée donne le tournis (2). L’histoire enseigne que la corruption des élites et de l’esprit public enfante plus souvent le ressentiment stérile que les mobilisations émancipatrices. Vieille comme le gouvernement des humains, l’émulsion de l’argent et de la politique ne se défait pas facilement. Les liens entre ces deux composantes s’avèrent si foisonnants qu’aussitôt tranchés, ils se reconstituent sous des formes parfois insoupçonnées (lire notre dossier « Le triomphe de l’oligarchie » dans Le Monde diplomatique de juin, en kiosques). Trente-six ans avant que le chef de l’Etat français ne consomme sur le yacht de l’un de ses amis milliardaires la « République irréprochable » promise au cours de sa campagne, François Mitterrand annonçait, lors du Congrès d’unification des socialistes à Epinay (juin 1971), la rupture avec « toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ». Un septennat de pouvoir et un tournant libéral feront peu après de lui l’homme des « années fric » et des affaires. Pierre Rimbert (1) Lire Alain Garrigou, « Comment Sciences-Po et l’ENA deviennent des “business schools” », Le Monde diplomatique, novembre 2000. (2) Lire John Bellamay Foster et Hannah Holleman, « The financial power elite », Monthly Review, vol 62, n°1, mai 2010, p. 1-19. Edité par T 34 - 25 Jun 2010 à 17:19 |
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Envoyé : 25 Jun 2010 à 21:51 |
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