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Haïti

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    Envoyé : 15 Apr 2008 à 11:45

Une semaine d’émeute en Haïti

à Port-au-Prince, les échauffourées provoquées par la flambée des prix ont soulevé une crise politique et la chute du premier ministre.

Un calme apparent semblait avoir repris le dessus dans les principales villes haïtiennes, après une semaine de manifestations contre la cherté de la vie qui auraient fait au moins 5 morts et plus de 500 blessés. Ces émeutes de la faim ont entraîné une crise politique. Samedi, seize sénateurs sur les dix-sept présents (la Chambre haute du Parlement compte 27 sièges) se sont prononcés en faveur d’une motion de censure contraignant à la démission le premier ministre, Jacques Édouard Alexis. Cette instabilité politique pourrait durer puisque, depuis l’élection présidentielle, aucune formation politique ne dispose d’une majorité à même de désigner un nouveau chef de gouvernement. Autant dire que le président René Préval est dans une position inconfortable.

La pression populaire a par ailleurs contraint le chef de l’État à annoncer une série de mesures censées juguler la crise sociale. Un compromis a été passé, samedi, avec les importateurs de riz. Ces derniers, dans « un geste patriotique », ont-ils fait valoir, ont décidé de baisser de trois dollars la vente du sac de riz aux grands distributeurs (48 dollars contre 51 actuellement) tandis que l’État en subventionnera la vente à hauteur de 5 dollars.

Même à 43 dollars le sac de riz, il n’est pas dit que la population ait plus facilement accès à cette denrée de base puisqu’aucun cadre n’est imposé aux grands distributeurs. Ce qu’a d’ailleurs reconnu à demi-mot le président Préval. Les clignotants restent donc au rouge.

« La libéralisation de l’économie a entraîné une forte dégradation dans le secteur agricole avec l’exposition aux importations des produits alimentaires », rappelle Iderle Brenus, porte-parole adjointe du Mouvement Paysan Papaye (MPP). Les paysans, qui représentent 60 % de la population haïtienne, n’ont pu faire face à l’invasion de produits étrangers, essentiellement en provenance des États-Unis, conséquence, selon Iderle Brenus, « des politiques néolibérales d’ajustements structurels et de libéralisation du marché qui ont considérablement réduit les taxes d’importation ».

Il y a à peine un siècle de cela, Haïti produisait près de 80 % de sa nourriture de base. Le gouvernement a emboîté le pas au dogmatisme du FMI et de la Banque mondiale qui conditionnent leur aide à la libéralisation du marché mais également à la restructuration de l’État, selon le MPP. « Si ce gouvernement était conséquent, il intégrerait un calendrier qui réponde réellement aux enjeux pour un pays agricole qui, hier encore, assurait sa sécurité alimentaire », estime Iderle Brenus. Or, dénonce-t-elle, « l’État s’est retiré de toute politique de l’emploi ».

Face à la crise, la France a annoncé une aide de 1 million d’euros, et l’Organisation des États américains l’envoi de 1 million de dollars. De son côté, le président René Préval a déclaré que l’État entendait dorénavant « valoriser la production agricole nationale » en subventionnant, notamment, le prix de l’engrais et des travaux de restructuration et d’irrigation dans plusieurs départements en vue d’accroître la production de riz, entre autres. Des mesures d’urgence qui devraient néanmoins difficilement faire le compte au vu de l’ampleur de la catastrophe alimentaire.

Cathy Ceïbe

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 May 2009 à 18:49
 

REFLEXIONS DE FIDEL
On ne peut rien improviser en Haïti

• J’AI lu voilà cinq jours, dans une dépêche de presse, que Ban Ki-moon allait nommer Bill Clinton comme son envoyé spécial en Haïti. Selon cette dépêche,

« Clinton a, en mars dernier, accompagné le Secrétaire général durant une visite officielle de deux jours en Haïti afin d’appuyer le plan de développement élaboré par le gouvernement de Port-au-Prince qui cherche à éveiller l’économie haïtienne assoupie.

« L’ancien président s’est fortement engagé sur le plan philanthropique envers la nation antillaise à travers l’Initiative mondiale Clinton.

« "C’est un honneur pour moi d’accepter l’invitation du Secrétaire général à être son envoyé spécial en Haïti", a déclaré l’ancien président.

« Selon Clinton, le peuple et le gouvernement haïtiens sont en mesure de surmonter les graves dommages causés par les quatre tempêtes qui ont frappé l’île l’an dernier. »

Le lendemain, cette même agence de presse informait que Mme Clinton, secrétaire d’État, avait déclaré toute heureuse que « Bill était un envoyé vedette ». De son côté, « le Secrétaire de l’ONU a confirmé avoir nommé Bill Clinton comme son nouvel envoyé spécial en Haïti. Nous avons été ensemble dans ce pays voilà deux mois et sa présence a contribué à conscientiser la communauté internationale au sujet des problèmes de ce pays caribéen. »

"L’ONU craint qu’après plusieurs années de calme relatif grâce au concours de la MINUSTAH, l’instabilité politique ne s’empare de nouveau du pays. »

La nouvelle dépêche répète l’histoire des « quatre cyclones et tempêtes qui ont causé 900 morts, laissé 800 000 sinistrés et détruit la maigre infrastructure civile du pays. »

L’histoire d’Haïti et de sa tragédie est bien plus complexe.

Après les Etats-Unis qui se déclarèrent souverains en 1776, Haïti fut le second pays du continent à conquérir son indépendance en 1804. Dans le premier cas, les descendants blancs des colons qui fondèrent les Treize Colonies, croyants fervents, austères et instruits, propriétaires de terres et d’esclaves, secouèrent le joug colonial anglais et jouirent de l’indépendance nationale, ce qui ne fut le lot ni de la population autochtone ni des esclaves africains et de leurs descendants qui restèrent privés de tout droit malgré les principes inscrits dans la Déclaration d’Indépendance.

C’est en Haïti, où plus de 400 000 esclaves travaillaient pour 30 000 propriétaires blancs, que les hommes et les femmes soumis à l’odieux système furent capables, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, d’abolir l’esclavage, de maintenir et de défendre un Etat indépendant en lutte contre les soldats qui avaient mis les monarchies européennes à genoux.

Cette étape coïncida avec l’essor du capitalisme et l’apparition de puissants empires coloniaux qui dominèrent les terres et les mers de la planète durant des siècles.

Les Haïtiens ne sont pas coupables de leur pauvreté actuelle : ils sont les victimes du système imposé au monde. Ils n’ont pas inventé le colonialisme, le capitalisme, l’impérialisme, l’échange inégal, le néolibéralisme, ni les formes d’exploitation et de pillage qui sévissent sur la planète depuis deux cents ans.

Haïti mesure 27 750 kilomètres carrés et abrite d’ores et déjà en 2009, selon des estimations fiables, 9 millions d’habitants. Soit 885 habitants par kilomètre carré de terre arable, l’un des taux les plus élevés au monde, dans un pays sans le moindre développement industriel ou d’autres ressources qui lui permettraient d’acquérir le minimum de moyens matériels indispensables à la vie.

La population rurale représente 53 p. 100 des habitants ; le bois de feu et le charbon constituent le seul combustible domestique à la portée d’une grande partie des familles haïtiennes, ce qui entrave la reforestation. Les forêts qui retiennent l’eau grâce à l’humus des feuilles, des branches et des racines sont rares, de sorte que les pluies intenses provoquent des dommages humains et économiques aux localités, aux chemins et aux cultures. Les cyclones, on le sait, causent des dommages supplémentaires considérables et qui seront toujours plus graves si le climat continue de changer à rythme accéléré. Ce n’est un secret pour personne.

Notre coopération avec la population haïtienne a débuté voilà dix ans justement quand les cyclones George et Mitch ont frappé les Caraïbes et l’Amérique centrale.

René Préval était alors président et Jean-Bertrand Aristide chef du gouvernement. Les cents premiers médecins cubains furent envoyés le 4 décembre 1998, et le chiffre de coopérants de la santé s’éleva par la suite à 600.

C’est à cette occasion que nous avons créé l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) où plus de 12 000 jeunes latino-américains font actuellement des études. Et c’est aussi à partir de là que nous avons concédé à de jeunes Haïtiens des centaines de bourses d’étude à la faculté de médecine de Santiago de Cuba, l’une des meilleures du pays.

En Haïti, la quantité d’écoles primaires avait augmenté et continuait de le faire. Même les familles les plus modestes rêvaient que leurs enfants puissent faire des études, seul espoir pour eux d’échapper à la pauvreté en travaillant dans le pays ou à l’étranger. Le programme cubain de formation de médecins fut bien accueilli. Les jeunes sélectionnées pour étudier à Cuba avaient une bonne préparation de base, héritage peut-être des progrès de la France dans ce domaine. Ils devaient faire une année de propédeutique, dont des cours d’espagnol. Ce programme a constitué une bonne pépinière de médecins de qualité.

À ce jour, 533 jeunes Haïtiens ont conclu leurs études comme spécialistes de Médecine générale intégrale dans nos facultés de médecine, et 52 d’entre eux étudient maintenant à Cuba une seconde spécialité en fonction des besoins. Un autre groupe de 527 continuent d’en faire, selon le quota de bourses adjugé à la République d’Haïti.

Actuellement, 413 personnels cubains de la santé travaillent en Haïti, prêtant des services gratuits à ce peuple frère. Les médecins cubains sont présents dans les dix départements du pays et dans 127 des 137 communes. Par ailleurs, plus de 400 médecins haïtiens formés à Cuba y exercent aussi, ainsi que les élèves de dernière année qui font leur pratique aux côtés de nos médecins, soit un total de plus de 800 jeunes Haïtiens consacrés à l’exercice de la médecine dans leur patrie. Les nouveaux diplômés haïtiens ne cesseront d’augmenter cette quantité.

Ce fut là un défi difficile à relever. Les médecins cubains se sont heurtés à des problèmes compliqués. La mortalité infantile se chiffrait à plus de 80 décès pour mille naissances vivantes ; l’espérance de vie était inférieure à soixante ans ; on comptait 120 000 sidéens adultes en 2007. Des dizaines de milliers d’enfants et d’adultes continuent de mourir tous les ans de maladies infectieuses et contagieuses comme la tuberculose, le paludisme, la diarrhée, la dengue et la malnutrition, pour ne signaler que quelques indicateurs. Le VIH est désormais une affection à laquelle on peut faire face pour préserver la vie des patients. Mais ceci ne se fait pas en un an : il y faut absolument une culture de la santé que le peuple haïtien acquiert avec un intérêt croissant. On note des progrès qui prouvent qu’il est possible d’améliorer considérablement les indicateurs de santé.

Les trois centres ophtalmologiques ouverts en Haïti ont permis d’opérer 37 109 personnes de la vue. Les cas trop compliqués pour être opérés sur place sont envoyés à Cuba et soignés gratuitement.

Grâce à la coopération économique du Venezuela, on est en train d’ouvrir dix Centres de diagnostic intégraux, dotés d’une technologie de pointe déjà achetée.

Il est quelque chose de plus important que les ressources que la communauté internationale pourrait apporter : le personnel humain qui les utilise.

Nous avons pu aider modestement le peuple haïtien bien que les cyclones dont a parlé Clinton nous aient aussi frappés. C’est là une bonne preuve que ce qui fait défaut dans le monde, c’est la solidarité.

Je pourrais parler également de la contribution cubaine aux programmes d’alphabétisation et à d’autres domaines, malgré nos ressources économiques limitées. Mais je ne tiens pas à m’appesantir sur notre contribution, et cela n’est pas souhaitable. Je me suis borné à la santé, qui est un point incontournable. Nous ne craignons pas que d’autres fassent ce que nous faisons. Les jeunes Haïtiens qui se forment à Cuba sont en train de se convertir en ces prêtres de la santé dont ce peuple frère a de plus en plus besoin.

Le plus important, c’est la mise en place des nouvelles formes de coopération dont ce monde égoïste a tant besoin. Les organismes des Nations Unies peuvent attester que Cuba apporte ce qu’ils qualifient de Programmes de santé intégraux.

On ne peut rien improviser en Haïti, et rien ne sera le fruit de l’esprit philanthropique d’aucune institution.

À l’Ecole latino-américaine de médecine, s’est ajouté ensuite le nouveau Programme de formation à Cuba de médecins provenant du Venezuela, de la Bolivie, des Caraïbes et d’autres pays du Tiers-monde, à mesure que leurs programmes de santé les réclamaient d’urgence. Aujourd’hui, plus de 24 000 jeunes du Tiers-monde font des études de médecine dans notre patrie. En aidant d’autres pays, nous nous sommes développés aussi nous-mêmes dans ce domaine et nous constituons une force importante. Voilà ce que nous pratiquons, et non le vol de cerveau ! Les pays riches et surdéveloppés du G-7 peuvent-ils en dire autant ? D’autres suivront notre exemple, que nul n’en doute !

Fidel Castro Ruz
Le 24 mai 2009
16 h 17

 
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Le CADTM exprime sa solidarité avec la lutte du peuple haïtien

13 juin par Virginie de Romanet

 
Le CADTM condamne la répression menée par le gouvernement haïtien contre sa population, et en particulier contre les étudiants qui mènent depuis début mai un mouvement de protestation. Depuis un mois et demi, les étudiants en médecine et pharmacie sont en grève pour protester contre les conditions de travail, rejoints ensuite par les étudiants dans d’autres disciplines pour exiger l’augmentation du salaire minimum. Actuellement de 70 gourdes par jour (environ 1,7 dollar), il ne permet pas la satisfaction des nécessités les plus fondamentales. La revendication de base est donc qu’il soit porté à 200 gourdes (5 dollars). Les étudiants ont été rejoints par de nombreux autres secteurs de la société sur cette revendication fondamentale et l’agitation a commencé début juin dans les rues de Port-au-Prince. Les étudiants revendiquent également la libération de leurs camarades emprisonnés suite aux manifestations.

Si le parlement haïtien a voté une loi concrétisant cette revendication le 5 mai dernier, le président René Préval, influencé par le patronat (l’Association des Industries d’Haïti) qui agite le spectre de licenciements massifs dans le secteur du textile, se refuse à la promulguer.

La répression menée par la police haïtienne et la Minustah (Mission des Nations unies en Haïti |1.|), qui s’étendant jusqu’à l’intérieur de l’Hôpital universitaire de Port au Prince, a fait plusieurs blessés. Le CADTM demande à l’ONU de rappeler fermement à l’ordre la Minustah qui n’a pas pour mandat de réprimer violemment une population en lutte pour ses droits les plus légitimes.

Haïti, l’Etat le plus pauvre des Amériques, est classé à la 146e place (sur 179) du classement pour l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement. Environ 90% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

Haïti, l’histoire d’une domination incessante

Colonie française sous le nom de Saint Domingue elle faisait faire d’énormes profits à l’industrie sucrière du fait de l’exploitation esclavagiste. Un soulèvement victorieux des esclaves en 1791 a abouti à l’abolition de l’esclavage et à la nomination de Toussaint Louverture comme premier gouverneur noir. Par la suite, Napoléon a envoyé des troupes pour tenter de rétablir l’esclavage mais le peuple haïtien a remporté la double bataille pour la liberté et pour l’indépendance qui a été promulguée le 1er janvier 1804, Haïti devenant alors le premier pays débarrassé de l’esclavage et la première république noire.

La France n’a jamais pardonné cette indépendance à Haïti et Charles X l’a obligée à signer un traité inique la condamnant à verser d’énormes dédommagements aux anciens propriétaires d’esclaves. « Les habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue verseront à la caisse fédérale des dépôts et consignations de France, en cinq termes égaux, d’année en année, le premier échéant au 31 décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité. Nous concédons, à ces conditions, par la présente ordonnance, aux habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue, l’indépendance pleine et entière de leur gouvernement |2.|. »

Les richesses (comme celles provenant de la vente du café) ont donc dès le début servi à rembourser une dette illégitime, dite "dette de l’indépendance", équivalant au budget annuel de la France de l’époque. Toutes les richesses du pays ont été hypothéquées annihilant dès le départ les possibilités de développement. Au moment de la première guerre mondiale, la domination française établie grâce à la dette a été remplacée par une domination états-unienne tout aussi dramatique pour les populations.

Le long règne des Duvalier père et fils (1957-1986) a apporté encore davantage de misère et de violations des droits humains fondamentaux. La dette a explosé, du fait des détournements massifs réalisés par la famille Duvalier.

L’élection en 1990 du prêtre Jean-Bertrand Aristide apporte une lueur d’espoir qui ne se concrétisera pas. Renversé peu de temps après son investiture en 1991 par un coup d’Etat militaire, il revient au pouvoir en 1994. Contrôlé par les Etats-Unis, il avalisera toutes les mesures néolibérales impulsées sous la houlette des institutions financières internationales. Réélu en 2000, il est sommé de quitter le pays en février 2004 par la France et les Etats-Unis, suite à quoi la Minustah s’installe en Haïti.

Aujourd’hui, l’Union européenne cherche à imposer à Haïti la signature d’un Accord de partenariat économique (APE), visant à libéraliser les échanges et à imposer sur le marché haïtien des produits agricoles européens hautement subventionnés sapant encore un peu plus les bases de l’économie haïtienne.

Après d’intenses mobilisations organisées par le mouvement social haïtien depuis deux ans, la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA), membre du réseau CADTM, peut écrire : « La Coalition Nationale « Bare APE », composée d’une dizaine d’organisations haïtiennes, réalise depuis début 2007 jusqu’à aujourd’hui encore, de façon très intense, des activités d’information, de sensibilisation, de mobilisation auprès de divers secteurs de la population haïtienne contre la signature des APE. Notre travail de plaidoyer direct auprès du gouvernement haïtien, des structures de l’Union Européenne et de la CARICOM a en quelque sorte joué son rôle dans ce refus du gouvernement de signer les APE.[...] D’autres activités de plaidoyer et de sensibilisation sont prévues dans les semaines à venir afin de porter les autorités haïtiennes à confirmer leur refus de signer de tels accords qui n’ont rien à voir avec la nécessité de développer le pays ni à court, moyen et long terme |3.|.

La longue résistance du peuple de Guadeloupe contre l’élite béké locale (descendants de colons), qui domine toute l’économie de l’île, a abouti à la concrétisation de la revendication du collectif LKP : une augmentation de salaire de 200 euros |4.|. Le peuple haïtien doit suivre cet exemple prometteur pour toute la région des Caraïbes.

Le CADTM exige la récupération par le peuple haïtien des biens mal acquis par la famille Duvalier |5.|, l’annulation totale de la dette d’Haïti et le versement de réparations de la part des anciennes puissances dominantes. De telles revendications sont réalistes puisqu’une petite avancée avait eu lieu en février dernier avec la décision du gouvernement suisse de restituer 7,6 millions de francs suisses (5,1 millions d’euros) à Haïti. Le peuple haïtien doit lutter de toutes ses forces pour défendre ses droits.


Notes

|1.| Composée de 9 000 hommes dont plus de 7 000 Brésiliens

|2.| http://www.cadtm.org/spip.php?article405

|3.| http://www.papda.org/article.php3?i...

|4.| http://www.cadtm.org/spip.php?artic...

|5.| Il est estimé qu’à la chute de Jean-Claude Duvalier « Baby Doc » en 1986, la famille Duvalier aurait détourné la somme faramineuse de 900 millions de dollars.

 
Interwiew d'Henry Boisrolin du comité démocratique haïtien : Notre peuple continuera a résister aux troupes d'occupation des Nations Unies
Des médecins haïtiens formés à Cuba soigne des haïtiens

Edité par T 34 - 16 Aug 2009 à 16:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Oct 2009 à 15:40
Bill Clinton fait l’éloge de l’aide apportée par le Venezuela et Cuba à Haïti

vendredi 9 octobre 2009

L’ex président des Etats Unis, Bill Clinton, envoyé spécial de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour Haïti, a fait ce mardi l’éloge du travail accomplis par le Venezuela et Cuba dans leur aide à ce pays des Caraïbes qui fait face actuellement à une situation sociale et économique difficile.

Lors de la Conférence des Amériques, à Miami aux Etats-Unis, Clinton a présenté son “bilan d’étape” et a assuré que “jamais il n’y a eu un tel appui de l’Amérique Latine à Haïti comme aujourd’hui” , appuyant son propos en déclarant que “l’appui du Venezuela et de Cuba est plus qu’un simple accord politique.”

Clinton raconta que durant un de ses voyages à Haïti, il dut enquêter sur les politiques de prévention des ouragans et que “le président Hugo Chávez a donné 87 millions de dollars, par mesure de prévention"

La nation haïtienne utilisa ce don pour acheter des équipements pour déblayer les terres dans les zones affectées par des inondations provoquées par les ouragans.

Clinton a également expliqué qu’aux Etats-Unis 80% des dommages sont causés par le vent et 20% par les inondations alors qu’à Haïti ; c’est tout le contraire.

Dans son rapport, Clinton fait l’état des lieux des mesures à prendre en Haïti pour faire face à la saison des ouragans, comme la réforestation, le renforcement des services basiques, la création d’emplois, l’approvisionnement en eau potable et la construction de routes pour relancer l’agriculture et le tourisme dans la nation caribéenne.

L’ex Président des Etats-Unis conclut déclarant qu’il y avait une “nécessité supérieure” à aider le pays, alors les quatre derniers ouragans et leur dommages ont fait régresser de 15% le PIB du pays.


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La situation d’Haïti cinq ans après l’invasion du pays par l’ONU

Haïti : Etan Dupain, collaborateur haitien de Vive TV interviewé par les membres de l’Ecole nationale Florestan Fernandez (Brésil)

lundi 7 décembre 2009

Quelle est la réalité des jeunes haïtiens aujourd’hui ?

R- Cela fait 205 années qu’existe la République d’Haïti, pays ayant vécu une des premières révolutions au monde et cité en exemple dans le combat contre n’importe quel pouvoir impérial dans le monde. Aujourd’hui la situation des jeunes est très difficile et triste pour les suivantes raisons : l’influence du capitalisme, le déracinement culturel, fruit des différentes occupations militaires et esclavagistes de la France, des États-Unis et de l’ONU avec le soutien continu de l’Église, centre de toutes les activités. Nous sommes libres car nous ne sommes plus dans les campagnes à travailler en tant qu’esclaves mais nous restons esclaves dans nos têtes car l’Église enseigne au peuple que le ciel est plus important que la famille, le pays, tout ça, n’a aucune valeur, il faut lutter pour sauver ta vie et c’est tout. C’est cela la base de notre société.

La majorité des jeunes n’ont pas la possibilité d’étudier, l’État applique une politique conservatrice et religieuse où l’Église est responsable de l’éducation à tous les niveaux. Sur dix enfants qui ont la possibilité de suivre l’école primaire et le secondaire, seul 2 ou 3 parvienne à entrer à l’université, alors que l’éducation de tous est un besoin fondamental dans n’importe quel pays. Actuellement, la jeunesse est opprimée par la classe politique dominante, la bourgeoisie et l’Église. Mais il ne faut pas oublier que Haïti est un pays qui a de l’avenir, 50% de la population ayant moins de 25 ans.

Quelles sont les conséquences de la présence des troupes de l’ONU en Haïti ?

R-En premier lieu, dans toute l’histoire du pays depuis 1804, nous n’avions jamais connu de cas de torture. Après l’arrivée des militaires onusiens (Minustah) en 2004 ils ont commencé leur “programme”, un programme qui consistait à organiser les troupes pour faire pression sur les familles pour gagner de l’argent, et “revaloriser” le pays en lui donnant une image de pays criminel, et en même assurer la présence étrangère sur la terre de Jean Jacques Dessalines, Boukman, et Toussaint Louverture.

Les scandales continuent, et aujourd’hui c’est le quotidien des Haïtiens. Un général brésilien, membre des forces de l’ONU s’est suicidé après l’ouverture d’une enquête sur une grande quantité d’argent retrouvé frauduleusement sur son compte bancaire, ce genre de chose est permis par le terrorisme légal des Nations Unies qui n’accomplissent pas leur mission d’organisation de paix dans le monde mais qui garantisse la mainmise des grands capitaux transnationaux et qui légitiment la violence des grandes puissances mondiales.

Depuis l’arrivée de l’ONU, il y a plus de faim dans le pays, la dette externe a augmenté, une campagne de dénigrement contre le pays s’est ouverte pour éliminer une des Histoires les plus importantes au monde, il y a plus de prostitution, de viols de garçons et de filles par les soldats de l’ONU, la privatisation de ce qui restait de services publics, ce qui est fondamental pour étendre l’impérialisme et l’approfondir. Il y a également une sur exploitation des ressources naturelles par des entreprises étrangères plus particulièrement du Canada, des États Unis, de France et du Brésil, qui crée une dépendance du pays à tous le niveaux.

Comment les jeunes haïtiens s’organisent-ils ?

Il y a très peu de mouvements sociaux en Haïti mais il y a de nombreuses formes d’organisation par exemple, j’ai été membre d’un mouvement social qui s’appelait SODA, mouvement de travailleur de base. Le mouvement s’occupait de 7 écoles totalement gratuites et portait des projets d’élevage de volaille, on travaille avec les enfants de la rue aussi. Une autre organisation importante est PADPA, qui lutte pour l’élimination de la dette externe du pays. Mais comme je l’ai déjà dis, nous sommes dans un processus extrêmement complexe, avec l’oppression de la bourgeoisie et de l’Église, 100% des Haïtiens parlent KREYÓL (créole), mais l’école et l’État nous obligent à parler français, une langue qu’à peine 15% de la population pratique. Tout ça ce sont des formes de répression que la jeunesse haïtienne vit aujourd’hui.

Nous devons expliquer quelque chose de très important à propos de la présence de nombreux pays en Haïti. Dans la seule ville de Rio de Janeiro, il y a plus de violence qu’en Haïti, au Pakistan, à New Zork, Buenos Aires , en Colombie, tous ces lieux ont plus de faits de violence qu’en Haïti tout entier. Alors pourquoi y a-t-il des soldats en Haïti ? L’ONU travaille-t-elle pour la paix ou pour les intérêts du capital ?

C’est certain, en Haïti ils ne voient qu’un nouveau marché, la richesse naturelle, l’eau, le gaz, matière première pour l’exploitation, et ils convertissent donc le pays en un véritable marché et nous font consommer des produits transgéniques.

Avec l’occupation militaire, des leaders importants ont visité Haïti au nom du développement, mais le travail de ces messieurs a été en fait de trouver des espace pour exploiter toujours plus l’économie haïtienne et la population. Le résultat final c’est que cinq des plus importantes multinationales du monde sont présentes dans le pays et contribuent à l’augmentation de la misère et de la violence. Tous les moyens de production sont privés et à tous les niveaux, il n’y a donc aucune possibilité de véritable développement.

Quel message souhaites-tu adresser aux jeunes brésiliens ?

R- Aujourd’hui le Brésil est le nouvel empire sud américain, on peut le voir par exemple avec ce qui se passe en Haïti ou au Paraguay, cela nous montre la véritable nature du gouvernement et de la bourgeoisie de ce pays qui est impérialiste et criminelle. Ils continuent d’assassiner les haïtiens depuis cinq ans et d ’exploiter un pays voisin comme le Paraguay. C’est un pays où 22% de la population contrôle toutes les richesses, un pays qui est la cinquième puissance économique du monde mais où la majorité du peuple continue de vivre dans la misère et sans terre.

La jeunesse brésilienne doit bien regarder avec attention al trajectoire de la classe politique de la bourgeoisie du Brésil aujourd’hui, quand le Brésil investit 20 à 30 fois pour la préparation d’une force armée que pour l’éducation, c’est un message clair et objectif donner par ce petit groupes de puissants.

Il faut regarder également le rôle du Brésil dans la protection des capitaux internationaux et de l’impérialisme. Si ces jeunes sont de véritables brésiliens et brésiliennes, ils doivent lutter pour éviter que le Brésil ne devienne un nouveau pouvoir impérial fasciste.

Au nom de Dessalines, Boukman, Che Guevara, Toussaint Louverture, Martin Luther King, Simon Bolívar et de tous les vrais peuples du monde, la lutte continue jusqu’à l’élimination de l’impérialisme et la victoire finale. Vive Haïti libre et indépendante. Que vive l’humanité.

Etant Dupain est membre de l’école populaire Latino-américaine de Cinéma et de Télévision et est également collaborateur social de Vive TV

Traduction : Grégoire Souchay pour : http://www.larevolucionvive.org.ve/



Edité par T 34 - 08 Dec 2009 à 12:11
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Jan 2010 à 17:35
Etant DUPAIN. Haïti, un pays de notre Amérique

mercredi 6 janvier 2010

En ce temps historique que nous vivons actuellement dans le monde en plus particulièrement en Amérique Latine, nous voyons de grands mouvements contre la triade "capitalisme, néolibéralisme, impérialisme".

Depuis dix ans en Amérique Latine sont nés des nouveaux courants révolutionnaires, qui ont commencés au Venezuela au travers du processus bolivarien, et qui ont pris de l’ampleur dans divers pays importants du continent, en Bolivie, Équateur, Brésil, Argentine, et d’autres, où l’on trouve des gouvernements révolutionnaires ou réformistes qui ont pris le pouvoir, tandis que d’autres pays maintiennent l’ancien modèle, qui s’ancre toujours un peu plus, comme à Panama, au Colombie ou en Haïti.

Haiti est un cas intéressant à analyser, où les dirigeants sont sur un chemin différent de celui du peuple, un peuple depuis toujours victime d’une gauche démagogique qui au final travaille pour les grands intérêts des capitaux étrangers, ce qui n’est pas si différent des autres pays d’Amérique Latine.

Aujourd’hui, Haïti est dans une situation extrêmement critique avec occupation militaire et une certaine forme d’esclavage apparent avec 70% de la population qui vit avec moins de 2 dollars par jour, ce qui rend compte de la situation économique du peuple.

Au niveau politique, c’est bien pire, avec plus de 70 partis politiques sans structures ni organisation. Les partis n’ont pas la capacité de s’autofinancer ce qui génère une dépendance de l’extérieur et nous voyons bien ici que chaque groupe qui prend le pouvoir n’est là que pour accomplir la volonté de ses patrons. Autre problème, quand un gouvernement vient avec un projet d’intégration du peuple, la bourgeoisie haïtienne tout comme les grands pays qui ont des intérêts économiques l’expulsent du pouvoir, avec l’exemple en 2004 du président Jean Bertrand Aristide.

En Haïti, il est quasiment impossible de trouver du travail et l’Etat n’accomplit pas sa mission de garantir le bien-être social de tous et toutes.

Le pays a un taux d’analphabétisme supérieur à 50% et la population dispose de moins de huit heures de courant électrique par jour, sans parler du très fort taux de prostitution et de criminalité qui sont le fruit du système capitaliste dans le pays.

Nous devons également souligner la très forte influence de l’Eglise, qui provoque et génère la résignation dans la majorité de la population, avec ses messages et ses politiques de dépendance qui aliène la population.

Tout cela a une influence sur les mouvements sociaux et paralyse toute forme d’organisation vers un véritable changement.

Nous ne pouvons pas parler de situation critique sans évoquer la présence des ONGs qui sont qui systématiquement l’expression des grandes puissances capitalistes, présentes dans tout le pays et responsable de toutes les supposées “aides” qu’elles nous apportent, en sachant pertinemment que ces “aides” viennent surtout remplir leur portefeuille.

Si nous analysons la conjoncture socio-politique actuelle de l’Amérique Latine avec l’Alba, l’Unasur ou le Mercosur, en tant que nouveaux espaces d’intégration, le moment est propice pour qu’émerge un grand changement en Haiti. Historiquement, en comparant avec les autres mouvements populaires du passé, nous pouvons affirmer que nous sommes proches d’un soulèvement populaire.

Depuis Haïti, Etant Dupain

Traduction : Grégoire Souchay pour : http://www.larevolucionvive.org.ve/

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2010 à 15:55
Etant Dupain : La dette extérieure d’Haïti, une hypocrisie française

dimanche 10 janvier 2010

En 1803, après 300 ans d’esclavage, un grand mouvement souleva Haïti et mit en déroute l’armée française. Vint ensuite la déclaration d’indépendance abolissant l’esclavage en janvier 1804. Les Français menacèrent de revenir pour coloniser le pays, en refusant de reconnaitre l’indépendance et en appelant à la guerre.

En 1825, le gouvernement français exigea que le gouvernement haïtien paye une quantité équivalente à 21 milliards de dollars actuels, condition pour reconnaitre l’indépendance du pays.

Le gouvernement d’alors craignant une nouvelle invasion fut obligé de payer et la France reconnut ainsi l’indépendance.

La relation actuelle de la France avec Haïti et l’influence de ces faits sur la vie politique haïtienne, démontre hypocrisie de la France. Si celle-ci tient un discours en faveur du développement du pays, jamais elle n’a fait un geste pour mettre en pratique son discours.

L’obligation d’Haïti de payer d’énormes sommes au FMI provient de l’injustice faite par la France qui dispose d’un poids important dans cette organisation. La position est claire et n’a rien à voir avec une quelconque volonté d’aider et de participer à la reconstruction du pays, appauvri par toutes ces politiques.

Cette attitude de la France de refuser de payer sa dette se répète aujourd’hui. La France a en effet accueilli l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier, avec sa fortune personnelle de 900 millions de dollars, somme volée dans les caisses de l’Etat haïtien, soit une somme supérieure à la dette externe du pays d’alors, où il s’exila après 29 ans de dictature de père en fils.

Ainsi, si la France souhaite changer son attitude vis-à-vis de l’Histoire, son premier devoir est de payer à Haïti ce qu’elle lui doit et de rendre possible l’extradition de l’ex-dictateur Duvalier pour qu’il soit jugé devant la justice haïtienne et ainsi permettre au pays de récupérer l’argent volé par le gouvernement du dictateur.

Etant Dupain

Traduction : Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve/

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2010 à 05:50
Haïti rasé par un séisme
http://news.google.fr/news/story?pz=1&cf=all&ned=fr&ncl=dHXLwvYB2b28CVMV2Do7iCjYjn9lM&topic=h
Et la Republique dominicaine n'est pas touchée ? C'est la même île.
 
Gageons que la France et les USA vont renvoyer des hommes en armes, les médecins cubains eux, sont déja présent et au travail.
A ceux qui me souhaitent la mort, je leur souhaite une très longue vie pour qu'ils continuent à voir la Révolution Bolivarienne avancer de bataille en bataille, de victoire en victoire. Hugo Chavez
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2010 à 14:44
Aucun risque que cela touche la République Dominicaine, il s'est produit en mer.
 
 
 
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2010 à 19:28

Laurent Fabius a égaré "son" dictateur.

(extraits d’un article de Maxime Vivas, publié le 2 novembre 2005 par LGS
www.legrandsoir.info/Laurent-Fabius-a-egare-son-dictateur.html)
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Portrait d’un assassin et d’un voleur.

Entre 1971 et 1986, Haïti a saigné sous la férule de Jean-Claude Duvalier, dit « Bébé Doc », président à vie à 19 ans par la grâce de son père et avec le soutien des Etats-Uniens. Il put impunément massacrer 60 000 personnes dont des écoliers de moins de dix ans, livrer la rue aux sinistres « tontons macoutes » avant d’être obligé de prendre la fuite, non sans avoir vidé les caisses de son pays. On estime à 600/800 millions de dollars les sommes détournées par les Duvalier père et fils et à 500 000 le nombre de morts de faim sous leur règne (sur moins de 7 millions d’habitants). Haïti est aujourd’hui un des pays les plus pauvres du monde. Si pauvre que les écoles ferment, que l’analphabétisme progresse, que le français, qui est encore la langue officielle de ce pays, n’est plus enseigné.

Fabius, où l’avez-vous caché ?

Bébé Doc en cavale fut accueilli en France en 1986 par le Premier ministre, Laurent Fabius qui, devant l’indignation générale, jura qu’il y resterait 8 jours. Dans quelques mois, Bébé Doc fêtera ses 20 ans de bombances dans la patrie des Droits de l’Homme.

Le tyran a d’abord séjourné 9 ans sur la côte d’Azur, achetant un château par ci, une résidence par là pour changer d’air, louant des hôtels (en 1986, il séjourna à l’Abbaye de l’hôtel de Talloires avec une suite de 23 personnes, dont ses hommes de main). Partout où il est passé (palaces, boutiques de luxe, grands restaurants, concessionnaires Mercedes) les commerçants éblouis gardent le souvenir d’un grand seigneur payant cash. Tous ? Presque : en 1995, il quitte l’hôtel l’Eden Bleu de Mougins dans les Alpes-Maritimes en laissant une ardoise faramineuse. La police ne donne pas suite à la plainte de l’hôtelier et déclare avoir perdu la trace de l’escroc. Le commerçant la retrouve sans mal. Les Renseignements Généraux le mettent alors en garde contre les risques d’une balle perdue. Affaire classée.

Crimes contre l’humanité, détournements de fonds publics, grivèlerie : des broutilles, puisque Bébé Doc est libre comme l’air. En dépit des demandes du gouvernement qui lui a succédé à Port-au-Prince et d’associations d’anciennes victimes, aucun mandat international n’a été lancé contre lui, et la France n’a jamais engagé une procédure d’extradition.

Des parlementaires se sont alors avisés que Bébé Doc était un sans papier et qu’il pouvait être expulsé à ce titre (Al Capone est « tombé » pour une histoire d’impôts !). Ainsi, dans le meilleur des cas, si les autorités françaises qui déclarent à ce jour ne pas savoir où il est (alors que les journalistes le voient parader) le décident, le bourreau nous quittera avec sa suite de tontons macoutes et les restes de la fortune volée.

Depuis 1986, Fabius n’a jamais pensé qu’il fallait le renvoyer chez lui, ou le présenter à un tribunal international et l’obliger à rendre le magot. Il est trop occupé à dénoncer Cuba qu’il appelle « L’île de nos rêves brisés ».

Fabius ou l’indignation calculée.

« Répression à Cuba, il faut agir », écrit-il dans Libération du 29 octobre 2005.

Et de dénoncer les « conditions de détention barbares » imposées là-bas aux « combattants de la liberté » dont plusieurs font « une grève de la faim de plusieurs semaines ».

Il appelle à se mobiliser contre un régime qui « démontre une fois de plus son caractère odieux » et il « appelle le gouvernement français et l’Union européenne à faire pression sur le gouvernement cubain ».

Et cet homme qu’on n’a pas entendu depuis bientôt 20 ans dire un mot d’indignation contre un assassin qu’il a accueilli et qui dépense, sous ses fenêtres, l’argent des pauvres ajoute : « Nous ne pouvons rester silencieux ».

Cachez ces vérités que je ne saurais voir.

Que la police et l’armée de Cuba n’aient jamais tiré sur le peuple depuis 46 ans, que les écoliers y soient choyés et non pas abattus dans la rue, que les exécutions extrajudiciaires aient disparu avec Batista, que les ressources du pays soient réparties pour que la misère (bidonvilles, famine, SDF) qui sévit un peu partout en Amérique latine soit éradiquée, que le niveau d’instruction soit proche de celui des pays riches, que la médecine soit gratuite et l’espérance de vie supérieure à celles des autres pays de l’arrière-cour US, cela n’interpelle pas Fabius et ne pousse pas cet esprit fin à la nuance. Que le système politique diffère du nôtre parce que le contexte diffère entre un grand pays comme la France, riche, possesseur de l’arme atomique, menacé par personne et un petit pays comme Cuba, dont les USA annoncent l’invasion (dans un document de 450 pages, ils détaillent le futur système de gestion sous leur protectorat – lire le document-), alors que les troupes ennemis sont déjà sur place à Guantanamo, voila des détails que Fabius, pourtant subtil quand il le veut, ne considère pas. Que les dirigeants de cette île ne soient pas propriétaires de palais chez eux où chez nous, qu’ils aient prévenu qu’ils mourront les armes à la main si les USA attaquent, l’énarque en sourirait, tant la chose lui paraît impossible s’il en juge par ce que sa carrière lui a appris des politiciens.

Et pourtant, nul ne contestera sa capacité à se renseigner. Il faut donc en déduire que taper sur Cuba (qui résiste à l’Empire) et oublier Haïti (vassalisée par l’Empire et ruinée par des dirigeants soudoyés) découle d’une allégeance à la pensée d’une organisation internationale et d’un choix calculé pour un bon positionnement en vue d’une candidature en 2007.

Les silences de Fabius.

En effet, qui peut citer un article indigné de Fabius sur Guantanamo, contre les « conditions de détention barbares » imposées là-bas à des malheureux, raflés dans leur pays et dont plusieurs font « une grève de la faim de plusieurs semaines » ? Personne.

Qui connaît un papier de Fabius contre le blocus imposé au peuple cubain par les USA et condamné chaque année depuis 13 ans par l’ONU ? Personne.

Quelqu’un a-t-il lu dans Libération ou Le Monde, médias qui le reçoivent régulièrement, un long cri de colère de Fabius contre les capitaines argentins qui firent disparaître 30 000 démocrates et vivent libres ? Fabius a-t-il offert à notre presse un texte de soutien aux « Dames en blancs » de Buenos Aires, ces mères, filles, épouses de disparus ? On en serait surpris. Mais il nous dit son intérêt pour le Mouvement des « Dames en blanc » cubaines : « Leur combat est exemplaire. Tous les démocrates doivent le soutenir ».

Il parle là des femmes des mercenaires cubains arrêtés en 2003, lesquelles marchent parfois sur la place de la Révolution à La Havane (librement, Fabius, librement, sans matraquages par des CRS, ni tirs d’escadrons de la mort, ni coups de machettes, ni enlèvement pour être jetées d’un avion en pleine mer !) et qui ont usurpé le nom des « Dames en blanc » de la Plaza de Mayo de Buenos Aires.

Une « dame en blanc »

L’écrivain et intellectuel français Salim Lamrani a interviewé le 4 juin 2005 (voir document complet ) Mme Hebe de Bonafini, présidente de l’Association des Mères de la Place de Mai de Buenos Aires qui, tous les jeudis depuis 28 ans, se réunit avec ses amies sur cette place pour exiger la vérité sur la disparition de ses trois enfants et de toutes les autres victimes assassinées. Son combat lui a valu de nombreux prix décernés par des institutions internationales (prix « Education et paix » de l’UNESCO en 1999), des universités du monde entier, des municipalités, des syndicats etc. Elle est membre permanent du Comité contre la torture de New York.

Ecoutons-là réagir quand elle apprend comment leur mouvement est récupéré : « Tout d’abord, laissez-moi vous dire que la Plaza de Mayo se trouve en Argentine et nulle part ailleurs. Notre foulard blanc symbolise la vie alors que ces femmes dont vous me parlez représentent la mort. Nous n’allons pas accepter que l’on nous compare ou qu’elles utilisent nos symboles pour nous piétiner. Nous sommes en total désaccord avec leurs propos. [...] Ces femmes ne se rendent pas compte que la lutte des Mères de la Plaza de Mayo symbolise l’amour que nous portons pour nos enfants disparus, assassinés par les tyrans imposés par les Etats-Unis. Notre combat représente la Révolution, celle que nos fils et nos filles avaient voulu mettre en oeuvre. Leur lutte est différente car elles défendent la politique subversive des Etats-Unis qui n’est faite que d’oppression, de répression et de mort. »

Sur sa lancée, cette mère-courage évoque Haïti où, dit-elle « au lieu d’envoyer des troupes, Cuba envoie des médecins. », déplore que, « En Argentine, dans (s)on pays, chaque mois, 100 enfants meurent de faim ou de maladies curables. On fête ce mois-ci [avril] la journée internationale de l’enfant. 250 millions d’enfants sont actuellement exploités dans le monde. Le seul pays d’Amérique latine où il n’y pas un enfant qui soit forcé de travailler est Cuba. C’est à partir de ces données qu’il faut parler ou non de démocratie. »

15 000 Morts ! Mais c’est incroyable !

Enfin, s’informant sur le nombre de personnes âgées mortes de chaleur en France en 2003, elle s’exclame : « 15 000 ? Mais c’est incroyable ! Comment un pays qui laisse mourir ses parents et grands-parents peut-il donner des leçons à Cuba. » (Heureusement qu’elle ne sait rien de cette histoire de sang contaminé. Affaire jugée, n’en parlons plus).

Elle poursuit : « Laissez-moi vous dire une chose. En août dernier [2004], un cyclone a ravagé Cuba. Toute la population a été mobilisée et on a dû déplorer 4 décès. Comment, dans un pays développé comme la France, 15 000 personnes peuvent-elles mourir de chaleur ? Et après, la France se permet de condamner Cuba pour violations des Droits de l’Homme ? Donnez-moi une explication. »

S’il vous plaît, Mme Bonafini, frappez à la bonne porte.

Mme Hebe de Bonafini, on vous respecte et on vous aime bien mais, sur les incohérences de nos politiciens de gauche, sur leurs indignations sélectives, sur leur sensibilité hémiplégique, sur leurs larmoiements borgnes, posez plutôt la question à Laurent Fabius, voulez-vous ?

Voici ses coordonnées :

www.agirpourlegalite.org
www.laurent-fabius.net
lfabius@assemblee-nationale.fr.

Mais, permettez à un habitué de nos mœurs politiques de vous prévenir que vous n’obtiendrez aucune réponse publique à ses propos publics. Tout au plus, une réponse privée, assortie d’une belle leçon de démocratie. Quant à la presse qui le publie, elle ne passe JAMAIS un droit de réponse ou une tribune libre qui ne soit à 100% hostile à Cuba.

Les « combattants de la liberté » en Amérique latine, chacun les aime quand l’Empire les a ainsi baptisés, quand ils se font payer par lui pour participer à son effort de désinformation, prélude à ses efforts de « libération » à l’irakienne. Ailleurs et ici, on les préfère muets, muselés, surtout s’ils voient la liberté dans la résistance au FMI, à l’OMC, à la Banque Mondiale et dans l’intrusion des peuples dans les rouages décisionnels, pour une démocratie participative, égalitaire, solidaire.

Par suite, des citoyens pensent que la seule façon de toucher nos politiciens et d’obtenir d’eux une réaction publique et bien médiatisée est de leur lancer des œufs sur la tête.

Maxime Vivas

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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jan 2010 à 09:37

La nuit dernière, Haïti a été frappée par un violent séisme de 7 sur l'échelle de Richter, dans la région de la capitale Port-au-Prince. Les premières estimations, dont on peut redouter qu'elles ne soient revues à la hausse, font état de plus de 100.000 morts (article du Point). Sur une population de 10 millions d'habitants ! C'est un véritable massacre, l'équivalent de plus de 600.000 morts en France...

Depuis l'annonce de la catastrophe, les pathétiques trémolos ont envahi les ondes (et les oreilles du petit-bourgeois occidental) : Haïti, "l'île maudite", la "malédiction" a encore frappé ce petit pays le plus pauvre des Amériques...

Une malédiction, vraiment ? Effectivement, 7 sur l'échelle de Richter c'est beaucoup. Pour donner un ordre d'idée, c'est légèrement un peu plus que le séisme de San Francisco en 1989, qui avait fait... 63 morts.

Et, nous rappelle-t-on, l'île avait été frappée en 2008 par quatre terribles cyclones, qui ont fait des milliers de victimes. Mais voilà, des cyclones il en passe tous les ans sur les Antilles françaises, les Bahamas, la Floride ou Cuba, et on relève, tout au plus quelques dizaines de victimes.

La réalité, c'est que Haïti n'est pas victime d'une "malédiction" de la nature. Haïti n'est pas victime de l'acharnement des éléments, d'on-ne-sait quelle "fatalité". La malédiction d'Haïti, c'est la misère, qui entasse des millions d'affamés (près de 4 millions à Port-au-Prince) dans des baraques de planches, de tôles et d'agglos que le premier cyclone ou tremblement de terre balaye.

Ce qui s'est produit, c'est un génocide de la misère, et cette misère a une cause : la domination néo-coloniale impérialiste.

Car Haïti a une histoire glorieuse, mais une histoire que - au sens littéral - elle paye, au prix lourd.

A l'aube du 19e siècle, elle fut en effet le premier pays d'Amérique et la première colonie au monde (après les Etats-Unis) à conquérir son indépendance. Et surtout, le premier pays peuplé de Noirs, descendants des esclaves de ce qui était le plus riche territoire du monde, le pilier de l'empire colonial français, grâce à la culture de la canne à sucre.

Pas n'importe quelle indépendance... Pas, contrairement aux pays d'Amérique espagnole, une indépendance conquise par une poignée, une petite élite locale "créole" - même si celle-ci a effectivement joué un rôle.
L'indépendance haïtienne, est le fruit d'une révolte d'esclaves, de ces esclaves noirs sur lesquels s'est bâti le capitalisme primitif européen et nord-américain, commencée en 1791à Bois-Caïman.
Menée par Toussaint Louverture, ce révolte fut une des toutes premières guerre de libération, à forte dimension populaire.
Napoléon tentera, en 1801, de reprendre le contrôle de la colonie - pour y rétablir l'esclavage. Louverture est arrêté (il mourra au fort de Joux dans le Jura), mais face à la résistance héroïque du peuple (et malgré une des premières guerres d'extermination moderne - un Noir ayant connu la liberté étant impossible à remettre en esclavage, il devait mourir), la Terreur de l'Europe lui-même dut renoncer, et l'indépendance est proclamée le 1er janvier 1804 par Dessalines - successeur de Louverture.

On peut facilement imaginer, ce que représentait un tel exemple à l'époque. Les puissances coloniales ne lui laisseront pas le loisir de prospérer.

Dès 1806, Dessalines est assassiné, et "l'unité nationale" éclate entre l'élite métisse (mûlatre) née libre et le petite bourgeoisie (souvent affranchie) noire, l'une dirigée par Pétion (président au Sud) l'autre par Christophe (roi au Nord).

Puis vient la question du PRIX de l'indépendance. Car depuis la proclamation de l'indépendance, la France exige pour sa reconnaissance une indemnité de 150 millions de francs - une somme colossale pour l'époque.
Détournée pendant un temps de son ancienne colonie par les guerres napoléoniennes, puis la défaite et la Restauration, elle revient à la charge à partir de 1816, et sous la menace d'une reconquête militaire (14 navires de guerre avaient déjà pris la mer), Haïti accepta finalement de payer (la dette fut ramenée à 90 millions en 1838).

Le point de départ de la "tragédie", de la "malédiction" d'Haïti, il est là. Alors que l'île était extrêmement prospère sous Boyer, successeur de Pétion, qui avait réussi à réunifier l'île et même à dominer la partie espagnole (actuelle République dominicaine), aucun développement des forces productives ne sera plus possible.
Impôts et corvées écrasent les paysans et la petite bourgeoisie.

Le conflit entre la bourgeoisie métisse (dominante au Sud) et noire (dont le bastion est au Nord) est permanent, et hormis de courtes périodes de stabilité (comme Faustin Soulouque, empereur de 1849 à 1859) ce sont les coups d'Etat, les révoltes, les guerres civiles et les sécessions Nord-Sud qui se succèdent.

Petit à petit, la France qui a renforcé ses autres colonies sucrières (Guadeloupe, Martinique, Réunion), développé le sucre de betterave et s'est reconstitué un Empire colonial (Afrique, Indochine) - et empoché l'indemnité ! - se désintéresse de son ancienne possession.

Haïti est un peu un no man's land sans maître, puis passe curieusement sous la domination de l'Allemagne - nouvelle puissance - qui y dispose d'une très importante colonie d'expatriés, liée à l'élite mûlatre, tient pratiquement toute l'économie et le commerce maritime, et intervient militairement 2 fois pour une affaire de dette.

Mais en 1914, l'Europe entre en guerre, et le destin d'Haïti va dès lors, surtout, s'inscrire dans la "Méditerranée américaine" qu'est devenu la Caraïbe. L'île va passer principalement sous la botte des Etats-Unis (qui contrôlaient déjà la banque nationale).

Prétextant une révolte (un énième président avait été assassiné) menaçant ses ressortissants, les troupes US envahissent le pays en 1915, et l'occupent... jusqu'en 1934 !

Cette domination, n'a pour ainsi dire jamais cessé, bien que sous la dictature des Duvalier père et fils (tristement célèbre par les fameux "tontons macoutes") le pays ait pris une orientation plus pro-européenne (pour dire les choses clairement, pro-française) et que les relations aient été tendues avec les Etats-Unis (qui ne seront pas pour rien dans la chute de Duvalier junior en 1986, réfugié... en France).

Depuis, l'histoire haïtienne  a surtout été dominée par la figure de Jean-Bertrand Aristide, "prêtre rouge" inspiré de la théologie de la libération. Mais il se révèlera finalement à l'image de ses prédécesseurs, corrompu et despote, et, surtout proche du parti démocrate US (via les "lobbies" noirs), la famille Bush ne le porte pas dans son coeur...
Elu triomphalement par les masses pauvres en 1990, il est renversé l'année suivante avec l'appui de la CIA et de Bush père (lui-même ancien directeur de l'agence).
Rétabli en 1994 par... Clinton, réélu une nouvelle fois en 2000, c'est alors Bush fils qui lui inflige une "révolution orange" en 2004 ("groupe des 184" et mouvement étudiant) et installe une marionette.
Comme les partisans d'Aristide ne renoncent pas si facilement, une force des Nations Unies, la MINUSTAH, est envoyée. La situation de l'île aujourd'hui, bien que le bras droit d'Aristide ait été élu en 2006, en est là : un protectorat ONUsien.

Le pays est le plus pauvre des Amériques, et l'un des plus pauvres du monde. 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, 65% est sans emploi. L'agriculture est arriérée, éclatée en mini-exploitations incapables de produire assez pour une exportation sérieuse (en fait, le pays n'exporte pratiquement rien, sinon un peu de textile, son intérêt est surtout stratégique pour le contrôle de la mer Caraïbe).
En raison le faiblesse extrême du rendement agricole (et de la pénurie d'énergie) les paysans ont littéralement anéanti la fôret, et la mondre pluie tropicale provoque des coulées de boue dévastatrices.
Le menu gastronomique de Cité Soleil (plus grand bidonville du pays, 400.000 habitants) est la galette de boue, pour masquer la faim en donnant l'illusion qu'on mange !

Et la principale exportation, c'est surtout la force de travail : presque autant d'haïtiens (ou d'origine) vivent hors du pays que dedans, surtout aux Antilles françaises, en République dominicaine, aux Etats-Unis, au Canada, en France (45.000)... Leurs envois de devises sont, pour ainsi dire, la perfusion du pays.

Un pays ruiné, sinistré pour être né en défiant les puissants. Puis pour son agriculture mais, surtout, sa position stratégique...

Tout cela fait un tableau bien misérabiliste. Mais il n'y a pas (comme les médias nous le rabachent à longueur de journée) de fatalité de la misère et de la souffrance.

La seule loi universelle de l'existence humaine, c'est la lutte des classes.

Et Haïti a une glorieuse histoire de lutte, depuis Bois-Caïman et Toussaint Louverture !

Il y a eu la révolte de Charlemagne Péralte en 1918, qui faillit rejeter l'occupant yankee à la mer.

Le soulèvement populaire contre les Duvalier en 1986... Et en 2008, le pays a été secoué par de violentes émeutes de la faim, brutalement réprimées par les troupes brésiliennes de l'ONU : plusieurs manifestants avaient été tués.

Il y a eu Jacques Roumain, dirigeant et penseur communiste d'une grande profondeur, et Antoine G. Petit, qui anima la résistance aux Duvalier depuis Cuba, avant de se rallier aux positions maoïstes.

Que les masses haïtiennes bientôt se lèvent, comme toutes les masses des Amériques, et que la guerre victorieuse du Peuple balaye la misère et la barbarie de l'impérialisme ! Ouvrant à l'héroïque Haïti l'avenir radieux qui lui a été volé depuis plus de 2 siècles !

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Par Servir_Le_Peuple - Publié dans : Amérique Latine - Communauté : A QUAND LA REVOLUTION ?

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La Havane. 15 Janvier 2010

REFLEXIONS DE FIDEL
La leçon d’Haïti

Voilà deux jours, à partir de six heures de l’après-midi à Cuba, mais déjà de nuit en Haïti du fait de sa situation géographique, les chaînes de télévision ont commencé à informer qu’un violent séisme de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter avait sévèrement frappé Port-au-Prince, l’épicentre ayant été repéré dans une faille tectonique située en mer à seulement 15 km de la capitale haïtienne, où 80% de la population vit dans des maisons de pisé et de torchis.

Les nouvelles ont continué d’arriver presque sans interruption pendant des heures. Les images manquaient, mais on apprenait que de nombreux bâtiments publics, des hôpitaux, des écoles et des installations plus solides s’étaient effondrés. J’ai lu qu’un séisme de force 7,3 équivalait à l’énergie libérée par une explosion de 400 000 tonnes de TNT.

Les descriptions étaient tragiques. Les blessés en pleine rue réclamaient en criant des secours médicaux, au milieu des ruines sous lesquelles des familles étaient ensevelies. Personne n’a pu toutefois, après bien des heures,  transmettre la moindre image.

La nouvelle a surpris tout le monde. Nous avions déjà eu connaissance d’informations sur des cyclones et de grandes inondations en Haïti, mais nous ignorions que notre voisin courait des risques de fort tremblement de terre. C’est alors qu’on a appris que le dernier grand séisme survenu dans cette ville remontait à 200 ans en arrière, quand elle ne comptait sans doute que quelques milliers d’habitants.

A minuit, l’estimation du nombre de victimes était encore approximative. De hauts fonctionnaires des Nations Unies et plusieurs chefs de gouvernement parlaient de ces événements bouleversants et annonçaient l’envoi de secouristes. Comme des troupes des Nations unies de plusieurs pays étaient déployées en Haïti dans le cadre de la MINUSTAH, des ministres de la Défense évoquaient des pertes éventuelles parmi leur personnel.

C’est réellement hier matin, mercredi, que des nouvelles attristantes ont commencé à arriver au sujet d’énormes pertes humaines dans la population, et des organisations comme les Nations unies signalaient que certains de leurs bâtiments s’étaient effondrés, une expression qui ne dit rien en soi ou qui peut au contraire signifier beaucoup.

Des nouvelles toujours plus bouleversantes au sujet de la situation dans ce pays frère ont continué d’arriver pendant des heures. Les estimations du nombre de morts variaient, selon les sources, de 30 000 à 100 000. Les images sont désolantes. Cette catastrophe a reçu une large divulgation mondiale, et de nombreux gouvernements sincèrement émus s’efforcent de coopérer dans la mesure de leurs moyens.

Toute tragédie bouleverse de bonne foi un grand nombre de personnes, surtout quand il s’agit de désastre naturel. Mais rares sont sans doute celles qui se demandent: pourquoi Haïti est-il un pays si pauvre? Pourquoi sa population dépend-elle à presque 50% des envois de fonds familiaux en provenance de l’étranger? Comment ne pas procéder à une analyse des réalités qui ont conduit à la situation actuelle en Haïti et à ses énormes souffrances?

Le plus curieux de cette histoire, c’est que personne ne rappelle à aucun moment qu’Haïti a été le premier pays où 400 000 Africains victimes de la traite et de l’esclavage des Européens se soulevèrent contre 30 000 Blancs, maîtres de plantations de canne à sucre et de café, déclenchant la  première plus grande révolution sociale sur notre continent. Ils écrivirent des pages d’une gloire insurpassable. Ils mirent en déroute le plus éminent général de Napoléon.

Haïti est le pur produit du colonialisme et de l’impérialisme, de plus d’un siècle d’utilisation de ses ressources humaines aux travaux les plus durs, des interventions militaires et de la ponction de ses richesses.

Cet oubli historique ne serait pas aussi grave que le fait réel qu’Haïti constitue une honte de notre époque, dans un monde où l’immense majorité des habitants de la planète continue d’être exploitée et mise à sac.

Des milliards de personnes en Amérique latine, en Afrique et en Asie souffrent de carences semblables, quoique toutes ne les subissent peut-être pas dans des proportions aussi élevées qu’en Haïti.

Des situations comme celles de ce pays ne devraient exister nulle part sur la Terre, et pourtant des dizaines de milliers de villes et de villages y connaissent des conditions semblables, voire pires, à cause de l’ordre économique et politique international injuste qu’on a imposé au monde. La population mondiale n’est pas seulement menacée par des désastres naturels comme celui d’Haïti, qui est un pâle reflet de ce que le changement climatique peut provoquer, bien que ces risques aient été vraiment tournés en dérision à Copenhague.

Il est juste de dire à tous les pays et à toutes les institutions qui ont perdu des citoyens ou du personnel dans le désastre naturel d’Haïti: nous ne doutons pas que vous ferez les plus grands efforts pour sauver des vies et soulager la douleur de ce malheureux peuple; nous ne pouvons vous rendre coupables du phénomène naturel qui vient d’y avoir lieu, bien que nous soyons en désaccord avec la politique qu’on a suivie vis-à-vis d’Haïti.

Je ne peux m’empêcher de le dire: il est grand temps de chercher des solutions réelles et véritables pour ce peuple frère!

Dans le domaine de la santé et d’autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ 400 médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins 400 jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu'à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n’importe quel Etat qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés.

De nombreux autres jeunes Haïtiens font actuellement des études de médecine à Cuba.

Nous coopérons aussi avec le peuple haïtien dans d’autres domaines à notre portée. Aucune autre forme de coopération ne sera toutefois plus digne de porter ce nom que celle de la bataille dans le monde des idées et dans l’action politique pour qu’on mette fin à la tragédie sans borne que souffrent de nombreuses nations comme Haïti.

La responsable de notre brigade médicale a informé: «La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies.» Tel était le message laconique qu’elle a pu envoyer quelques heures après son arrivée, hier, à Port-au-Prince, à la tête de renforts médicaux.

Elle a fait savoir, tard dans la nuit, que les médecins cubains et les Haïtiens diplômés de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM) de La Havane étaient en train de se déployer dans le pays. Ils avaient déjà soigné à Port-au-Prince plus de mille blessés, après avoir  refait fonctionner d’urgence un hôpital qui ne s’était pas effondré et en recourant, en cas de besoin, à des tentes. Ils se préparaient à installer sans retard d’autres centres de soins d’urgence.

Nous sommes fiers à juste titre de la coopération que les médecins cubains et les jeunes médecins haïtiens formés à Cuba prêtent à leurs frères d’Haïti en ces moments tragiques!

 

Fidel Castro Ruz
Le 14 janvier 2010
20 h 25

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Daniel Ortega dénonce que les Etats-Unis profoitent de la situation pour déployer leurs militaires à Haïti.
 
Les Etats-Unis ont prévus de déployer plus de 10 000 militaires à Haïti.
 
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jan 2010 à 18:20
Les Escapades Bolivariennes de Grégoire Souchay

 

Haïti. Pornographie compassionnelle néocoloniale

jeudi 14 janvier 2010

Il est des pays qui semble attirer par malchance tous les malheurs possible.

Haïti, le pays le plus pauvre de l’Amérique Latine a été de nouveau frappé par un violent tremblement de terre de 7 ;3 degré sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre se trouve au milieu d’une zone extrêmement peuplée.

Les images sont Bouleversantes.

Atroces

Dramatiques

Insoutenables

Et tous les grands médias, télévisés ou écrits, de CNN à Telesur, de Libération à la Dépêche du Midi font leur chou gras de cela.

Bien sûr on exprime sa "solidarité avec les victimes de la catastrophe".

Même si l’on est parfaitement conscient que "la gamine qui pleure ensevelie sous les décombres, excellent c’est bon ça coco, double tirage demain, avec encart central !".

Car il faut montrer : Il y a urgence à transmettre, tout et n’importe quoi.

Au point de faire quelques erreur. Vous comprenez, dans la précipitation ...

Séisme : Libé confond Haïti et la Chine

Haïti : France 3 utilise des images de Californie

Bah ! Me direz-vous : après tout les images de France 2, service public, sur la répression en Iran n’étaient-elles pas en réalité des images de la répression au Honduras ?

Et puis bon, on va pas non plus compter les morts un à un.

Enfin si ! certains,

nos bons "Français".

Ou les braves soldats de la mission de pacification de l’ONU.

Deux victimes françaises, un drame,

10 victimes une tragédie.

50 une catastrophe.

100, un cataclysme.

Parfois, si dans le tas, il se trouve un auteur connu, on peut l’évoquer.

Sinon dans tous les cas on dira 100 000 morts.

Et puis on retrouvera les bons françois rescapés qui raconteront l’horreur.

Bien sûr que nous allons envoyer une mission d’aide d’urgence.

Et les ONG lanceront une collecte de fond, ou de produits de première nécessité.

Vous comprenez ces pauvres, il FAUT les aider.

Et notre bonne conscience s’en portera d’autant mieux.

Et puis on oubliera, on aura fait notre devoir de "citoyen du monde", et les choses reprendront leur cours normal. accident : trois chiens écrasés, deux chats amputés.

Et Le pays sombrera de nouveau dans la violence, l’exploitation, et peut être subira une nouvelle catastrophe naturelle ... mais celle là, il n’y aura pas de Français, pas de soldats de l’ONU, alors forcément, seulement 25 000 nouveaux morts ça ne fera pas la couverture des gazettes. Ainsi va la hiérarchie de l’information humanitaire.

Je suis cynique ? Certainement.

En colère ? également.

Nous avons depuis quelques mois à Vive Tv des camarades venus d’Haiti qui travaillent avec nous et qui se forment à la communication populaire.

Et les premiers mots qui leurs viennent voyant l’attitude de l’Occident, c’est :

"hypocrisie"

"mensonge"

"honte"

Pourquoi ?

Parce qu’ils ont une mémoire, ils connaissent leur Histoire.

Outre les cataclysmes, l’ile est actuellement victime d’une crise sociale et environnementale. Et celle-ci ne tombe pas de la Punition Divine.

Elle remonte à très loin, au temps où la population menait la première révolution des Amériques, contre l’esclavage et la colonisation.

Au temps lointain où la France fit payer le pays pour accepter son Indépendance.

Dont la dette tient aujourd’hui encore le pays par la gorge.

Au temps un peu moins lointain où les Etats Unis envahirent l’ile, et façonnèrent la Constitution selon leur dessein, permettant de favoriser les intérêts des firmes étasuniennes.

Mais plus récemment ...

"Entre 1971 et 1986, Haïti a saigné sous la férule de Jean-Claude Duvalier, dit « Bébé Doc », président à vie à 19 ans par la grâce de son père et avec le soutien des Etats-Uniens. Il put impunément massacrer 60 000 personnes dont des écoliers de moins de dix ans, livrer la rue aux sinistres « tontons macoutes » avant d’être obligé de prendre la fuite, non sans avoir vidé les caisses de son pays. On estime à 600/800 millions de dollars les sommes détournées par les Duvalier père et fils et à 500 000 le nombre de morts de faim sous leur règne (sur moins de 7 millions d’habitants)." (source : ici)

C’est ce même Duvalier qui a été accueilli lui et sa fortune, en France en 1986 par Laurent Fabius, premier ministre d’alors. Un socialiste voyez-vous.

Ou encore plus récemment, en 2004 cette mission de l’ONU, MINUSTAH, à laquelle participe la France et le Brésil entre autres, qui se comporte en véritable armée d’occupation, les soldats de la "mission de stabilisation" violant les femmes, tuant les hommes, pillant et massacrant comme à la cité du Soleil en 2005. Tout en menant ce "programme de développement" qui n’a constitué qu’à procéder à la déforestation de presque l’ensemble du territoire.

Tout ça pour quoi ?

Assurer le contrôle des ressources naturelles, et répondre à l’appétit des entrepreneurs des multinationales du monde entier, convoitant les riches ressources naturelles de ce pays.

Ainsi, oui l’on peut parler d’hypocrisie. Aide humanitaire en pleine catastrophe, mais domination néocoloniale le reste du temps, y compris sous mandat de l’ONU, dont les soldats ont été jugés mais non condamnés, pour cause de vide juridique.

Ici au Venezuela, Haïti est un pays frère, leur processus révolutionnaire fait l’objet de respect de la part des chavistes. la population qui se mobilise largement pour faire des collectes et les dons ne sont aps seulement le vieux jeand e l’oncle Albert mais bien des produits de qualité et surtout de première nécessité.

C’est l’Etat qui organise le tout, et qui envoie immédiatement ses troupes les plus entrainées pour aider le pays. Mais qui ne se borne pas à l’aide d’urgence. Depuis des annés le Venezuela aide économiquement le pays, tout comme Cuba envoie ses meilleurs médecins.

Et n’oublions pas une chose, ce pays n’est pas simplement une îlot misérable, où tout s’écroule en permanence, mais aussi un terre de luttes sociales, avec une histoire, un contexte sociopolitique et des espoirs.

Il y a urgence à décoloniser notre imaginaire néocolonial

Un de ces camarades haïtiens de VIVE TV a écrit quelques papiers que je vous invite à lire pour mieux saisir comment les Haïtiens voient les choses Son point de vue est violent pour notre conscience d’Occidentaux, mais néanmoins chargé de vérité, et se retrouve chez tous les Haïtiens que j’ai rencontré ici jusqu’à ce jour. Je vous invite a le lire.

Grégoire Souchay

Etant DUPAIN, Maxime VIVAS : La dette extérieure d’Haïti, une hypocrisie française (suivi de "Laurent Fabius a égaré "son" dictateur")..

Etan Dupain, collaborateur haitien de Vive TV interviewé par les membres de l’Ecole nationale Florestan Fernandez (Brésil)

Patrick Mettelus : les mouvements sociaux d’Haiti se préparent à intégrer l’ALBA Etant DUPAIN. Haïti, un pays de notre Amérique

Source de cet article : Escapades Bolivariennes

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Haïti : vers une nouvelle occupation américaine ?

 

Claude RIBBE

L’envoi de 10 000 marines en Haïti, la prise de contrôle par les USA de tous les points stratégiques, à commencer par l’aéroport de Port-au-Prince, le refus de laisser atterrir, sous prétexte de saturation, un avion français : tout semble annoncer une prise de contrôle d’Haïti par Washington.

L’attitude de Paris le confirme : nomination de personnes notoirement incompétentes pour enterrer le dossier, absence du gouvernement à la cérémonie de Notre Dame du 16 janvier (alors que le président de la République et de nombreux ministres devaient initialement s’y rendre), retrait des protestations contre la mainmise américaine sur l’aéroport Toussaint-Louverture… La marche arrière est totale.

Certes, l’engagement américain, présenté comme humanitaire, a été le plus rapide. Mais on sait que l’humanitaire est un pavillon qui peut flotter sur toutes sortes de marchandises. Des émeutes révèlent qu’en réalité les Haïtiens tardent à être secourus, ou du moins que les secours sont sélectifs. On peut s’attendre à des émeutes qui seraient réprimées grâce à un impressionnant déploiement militaire.

La mainmise sur Haïti est un scénario étudié depuis longtemps. La preuve en est que l’ambassade des USA, récemment construite, n’a pas souffert du séisme, à la différence de l’ambassade de France. Depuis plusieurs années, dans le programme de rénovation de toutes les ambassades américaines dans le monde entier, celle de Port-au-Prince était présentée comme aussi stratégique que celle de Bagdad.

Le séisme qui frappe aujourd’hui Port-au-Prince est une bonne occasion de prendre le contrôle d’un pays, présenté comme misérable à cause de la couleur de ses habitants, mais doté d’un riche sous-sol, avec des réserves pétrolifères qui pourraient être supérieures à celles du Vénézuela, d’importants gisements d’or et de cuivre et surtout des ressources en iridium, matériau extrêmement résistant et utilisé dans l’industrie de l’armement (protection des têtes de missiles balistiques intercontinentaux).

Il faut savoir que le seul autre pays au monde à détenir d’importantes ressources d’iridium est l’Afrique du sud. Comme par hasard l’Afrique du sud était la seule nation à aider Haïti au moment de la célébration du bicentenaire de son indépendance. La France avait pourtant déployé des efforts considérables pour l’en dissuader. Depuis le coup d’État franco-américain de 2004, c’est l’Afrique du Sud qui accueille et protège l’ex-président Aristide, lequel n’a jamais fait mystère de la richesse du sous-sol de son pays.

On ne pourrait suspecter les Américains de mauvaises intentions s’il n’y avait des précédents. Le 28 juillet 1915, sous prétexte de sortir Haïti d’un prétendu « chaos », les marines débarquaient comme aujourd’hui à Port-au-Prince et s’emparaient des réserves d’or de la banque nationale. Des milliers de paysans, les Cacos, s’insurgèrent alors sous la conduite de Charlemagne Péralte qui, trahi et arrêté en 1919, fut cloué par l’occupant sur une porte. La répression fut particulièrement féroce. Pour réduire les derniers foyers de résistance, les USA inaugurent en 1919 les bombardements aériens massifs. Tout résistance est écrasée en 1920. Les USA ne quittèrent le pays qu’en 1934. Dix-neuf ans d’occupation après un débarquement à des fins, comme aujourd’hui... humanitaires.

Claude Ribbe
www.claude-ribbe.com

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Avant et après le séisme
 

Comment ils ont ruiné Haïti (Counterpunch)

 

Ashley SMITH
photos : www.thewe.cc

Un terrible tremblement de terre, le pire depuis 200 ans, a frappé Port-au-Prince mardi, provoquant d’innombrables dégâts et victimes. L’intensité du séisme était de 7,0 sur l’échelle de Richter et a été suivi durant toute la nuit jusqu’au matin par 30 autres secousses, toutes supérieures à une magnitude de 4,5.

Le séisme a fait tomber des maisons, des hôtels, des hôpitaux et même les principaux bâtiments publics de la capitale, dont le palais présidentiel. L’effondrement de tous ces batiments a provoqué un gigantesque nuage qui a plané au-dessus de la ville et une pluie de poussière sur le sol dévasté.

Selon les estimations, on compterait plus de 100.000 morts pour une métropole de 2 millions d’habitants. Ceux qui ont survécu vivent dans la rue par crainte de retourner dans les constructions qui sont encore debout.

Partout dans le monde, les Haïtiens tentent d’entrer en contact avec leurs familles et amis mais la plupart des lignes téléphoniques du pays sont coupées.

Alors que la majorité des gens ont réagi à cette crise en cherchant comment fournir de l’aide ou faire un don, le fanatique de la Droite Chrétienne (US), Pat Robertson, s’est distingué par une déclaration raciste abjecte. Il a expliqué que les Haïtiens étaient maudits parce qu’ils avaient signé un pacte avec le diable pour se libérer de l’esclavagisme de leurs maîtres français lors de la révolution haïtienne, il y a 200 ans.

Les grands médias ont expliqué que le séisme avait été provoqué par un glissement de plaques tectoniques le long d’une faille située sous la capitale de Port-au-Prince, et que la misère et l’impuissance du gouvernement Préval avaient amplifié le désastre. Mais ils n’ont pas tout dit.

« La couverture médiatique du séisme se caractérise par une déconnexion quasi totale entre le désastre et l’histoire sociale et politique d’Haïti », explique le militant de la solidarité avec Haïti, le Canadien Yves Engler. « Ils répètent que le gouvernement n’était pas du tout préparé pour faire face à une telle crise. C’est vrai. Mais ils n’ont pas expliqué pourquoi. »

Pourquoi est-ce que 60 pour cent des bâtiments à Port-au-Prince étaient-ils mal construits et dangereux, même dans des conditions normales, selon le maire de la capitale ? Pourquoi n’y a-t-il pas de réglementation sur les constructions dans une ville située au-dessus d’une faille ? Pourquoi est-ce que la population de Port-au-Prince est-elle passée de 50.000 habitants dans les années 50 à 2 millions de miséreux aujourd’hui ? Pourquoi l’état a-t-il été totalement dépassé par les évènements ?

Pour le comprendre, il faut examiner une deuxième ligne de fracture – la politique impériale des Etats-Unis à l’égard d’Haïti. Le gouvernement des Etats-Unis, les Nations Unies, et d’autres puissances ont aidé la classe dirigeante haïtienne à soumettre le pays aux plans économiques néolibéraux qui ont appauvri les masses, provoqué des déforestations, ruiné l’infrastructure et rendu le gouvernement impuissant.

La ligne de fracture de l’impérialisme US a amplifié la ligne de fracture géologique et a transformé une catastrophe naturelle en une catastrophe sociale.

Pendant la Guerre Froide, les Etats-Unis ont soutenu les dictatures de Papa Doc Duvalier et ensuite Bébé Doc Duvalier – qui ont régné sur le pays de 1957 à 1986 – pour faire un contrepoids à Cuba.

Sous la supervision de Washington, Bebé Doc Duvalier a ouvert l’économie haïtienne aux capitaux US dans les années 70 et 80. Les produits agricoles importés des Etats-Unis ont inondé le pays et ruiné la paysannerie locale. Des centaines de milliers de gens sont venus se réfugier dans les bidonvilles de Port-au-Prince pour fournir une main d’oeuvre extrêmement bon marché aux « ateliers à sueur » (sweat shops) US situés dans les zones franches.

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Dans les années 80, les Haïtiens se sont soulevés pour chasser les Duvalier et ont ensuite élu à la présidence le réformiste Jean-Bertrand Aristide sur un programme de réforme agraire, d’aide aux paysans, de reforestation, d’investissement dans les infrastructures, d’augmentation des salaires et des droits syndicaux pour les travailleurs.

En réaction, les Etats-Unis ont soutenu un coup d’état qui a chassé Aristide en 1991. En 1994, après que Bill Clinton ait envoyé ses troupes sur l’île, le président élu a retrouvé son poste mais à la condition d’appliquer le plan néolibéral US, appelé « plan de la mort » par les Haïtiens.

Aristide a résisté à certaines mesures du programme US pour Haïti, mais en a mis d’autres en oeuvre, brisant ainsi la perspective de réformes. Et puis un jour, les Etats-Unis ont perdu patience devant les résistances d’Aristide qui refusait de se soumettre totalement, surtout lorsqu’il a demandé au cours de sa dernière année de mandat 21 milliards de dollars en guise d’indemnisations pour son pays. Les Etats-Unis ont imposé un embargo économique qui a étranglé le pays et plongé les paysans et les travailleurs dans une misère encore plus profonde.

En 2004, Washington a collaboré avec la classe dirigeante haïtienne dans son soutien aux escadrons de la mort qui ont renversé le gouvernement puis enlevé et déporté Aristide. Les Nations Unies ont ensuite envoyé des troupes pour occuper le pays et le gouvernement marionnette de Gérard Latortue a été installé afin de poursuivre les plans néolibéraux de Washington.

Le court règne de Latortue a été marqué par une profonde corruption – lui et ses partisans ont empoché une bonne partie des 4 milliards de dollars injectés par les Etats-Unis et d’autres pays après la levée de l’embargo. Le régime a démantelé les timides réformes qu’Aristide avait réussies à mettre en place. Ainsi, le processus d’appauvrissement et de dégradation des infrastructures du pays s’est accéléré.

En 2006, les Haïtiens ont massivement élu à la présidence René Préval, allié de longue date d’Aristide. Mais Préval n’a pas fait preuve de beaucoup de détermination et a fini par collaborer avec les plans US et ignorer la crise sociale qui s’amplifiait.

En fait, les Etats-Unis, les Nations Unies et les autres puissances impériales ont court-circuité le gouvernement Préval en injectant de l’argent directement dans les ONG. « Aujourd’hui, en Haïti, le nombre d’ONG par habitant est le plus élevé au monde » dit Yves Engler. Le gouvernement Préval n’est plus qu’un paravent derrière lequel les véritables décisions sont prises par les puissances impériales qui les mettent en application par l’intermédiaire d’ONG qu’elles ont choisies.

Le véritable pouvoir dans le pays n’est pas exercé par le gouvernement Préval mais par la force d’occupation des Nations Unies appuyée par les Etats-Unis. Sous direction brésilienne, les forces de l’ONU ont protégé les riches et ont collaboré avec – ou ont fait semblant de ne pas voir – les escadrons de la mort d’extrême droite qui terrorisent les partisans d’Aristide et de son parti Lavalas.

Les forces d’occupation n’ont rien fait pour lutter contre la misère, la dégradation des infrastructures et la déforestation massive qui ont amplifié les effets d’une série de catastrophes naturelles – de violents cyclones en 2004 et 2008 et maintenant le séisme.

Au lieu de cela, elles se sont contentées de faire la police au milieu d’une catastrophe sociale et ont commis les crimes habituels et caractéristiques de toutes les forces de police. Selon Ban Beeton, dans un article de la NACLA sur les Amériques, « la mission de stabilisation de l’ONU à Haiti (MINUSTAH), qui a commencé en juin 2004, a été marquée pratiquement dés le premier jour par des scandales de meurtres, de viols et autres violences commises par ses troupes. »

L’administration Bush d’abord, et maintenant l’administration Obama, ont toutes deux profité du coup d’état, des crises sociales et des catastrophes naturelles pour étendre les projets néolibéraux des Etats-Unis.

Sous Obama, les Etats-Unis ont annulé une partie de la dette, pour un montant de 1,2 milliards de dollars, mais n’ont pas annulé la totalité de celle-ci – Haiti rembourse encore d’énormes sommes à la Banque Inter-Américaine pour le Développement. L’annulation d’une partie de la dette fait partie de la mise en scène habituelle destinée à occulter la véritable politique d’Obama à Haiti, qui est encore et toujours la même.

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En étroite collaboration avec le nouvel envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, l’ancien président Bill Clinton, Obama est intervenu pour faire appliquer un programme économique similaire à celle du reste des Caraïbes – tourisme, ateliers de textiles, et la réduction du contrôle de l’état sur l’économie par le biais des privatisations et des déréglementations.

Plus précisemment, Clinton a dirigé un plan visant à transformer le nord d’Haïti en un terrain de loisirs pour touristes, situé le plus loin possible des bidonvilles de Port-au-Prince. Clinton a convaincu la compagnie Royal Caribbean Cruise Lines d’investir 55 millions de dollars pour construire un port le long de la côte de Labadee, loué jusqu’en 2050.

A partir de là, l’industrie touristique de Haïti espère organiser des expéditions vers les forteresses haut perchées de Citadelle et de Palais Sans Souci, toutes deux construites par Henri Christophe, un des dirigeants de la révolution des esclaves d’Haïti. Selon le Miami Herald, le plan de 40 millions de dollars comprend la transformation de la ville paisible de Milot, base de départ pour la Citadelle et le Palais Sans Souci, en un village touristique animé comprenant des galeries d’arts, des marchés d’artisanat, des restaurants et des rues pavées. Les touristes seront transportés en contournant le cap embouteillé de Cap-Haïtien jusqu’à la baie, puis transportés par autocars le long des plantations paysannes pittoresques. Une fois à Milot, ils pourront grimper à pied ou à cheval jusqu’à la Citadelle... classée patrimoine mondial depuis 1982...

Dés lors que la Royal Caribbean a prévu de faire venir le plus grand navire de croisière au monde, provoquant ainsi une demande en excursions, l’industrie du tourisme d’Haiti encourage le développement de l’écotourisme, d’explorations archéologiques et de démonstrations voyeurs de rites vaudous.

Ainsi, tandis que Pat Robinson compare la grande révolution des esclaves d’Haïti à un pacte avec le diable, Clinton s’active à la réduire à un piège à touristes. Dans le même temps, les plans de Clinton pour Haïti prévoient une expansion des « ateliers à sueur » (sweat shops) pour profiter de la main d’oeuvre bon marché fournie par les masses urbaines. Les Etats-Unis ont détaxé les importations en provenance d’Haiti pour faciliter le retour de la production de ces ateliers.

Clinton a vanté les opportunités offertes par le développement des « ateliers à sueur » lors d’une visite éclair d’une usine à textile appartenant et géré par la célèbre Cintas Corp. Il a annoncé que George Soros avait offert 50 millions de dollars pour un nouveau parc industriel d’ateliers qui pourrait créer 25.000 emplois dans l’industrie du textile. Clinton a expliqué à une conférence de presse que le gouvernement d’Haïti pourrait créer « plus d’emplois en baissant le coût des investissements, y compris le prix des loyers ».

Le fondateur de TransAfrica, Randall Robinson, a déclaré à Democracy Now ! (radio progressiste US – NdT) « Haïti n’a pas besoin de ce genre d’investissement. Il a besoin d’investissements en capital. Il a besoin d’investissements qui lui permettraient d’atteindre l’autosuffisance. Il a besoin d’investissements pour pouvoir se nourrir. »

Une des raisons pour lesquelles Clinton a pu promouvoir aussi facilement les « ateliers à sueur » est que le coup d’état appuyé par les Etats-Unis a éradiqué toute forme de résistance. Ils se sont débarrassés d’Aristide et de sa manie qui consistait à augmenter le salaire minimum. Ils l’ont forcé à l’exil, ils ont terrorisé ses alliés restés sur place et ils ont interdit à son parti politique, Fanmi Lavalas, le parti le plus populaire du pays, de se présenter aux élections. De plus, le régime issu du coup d’état a attaqué les syndicalistes présents dans les « ateliers à sueur ».

Clinton pouvait ainsi annoncer aux hommes d’affaires que « Le risque politique en Haïti est le plus faible que je n’ai jamais vu de ma vie ».

Ainsi, à l’instar des présidents américains avant lui, Obama a aidé les classes privilégiées d’Haïti, a soutenu les multinationales qui voulaient profiter des coûts de main-d’oeuvre, a réduit le pouvoir de réglementation de l’état haïtien et a réprimé toute forme de résistance politique.

Les conséquences directes de ces politiques sont un état haïtien impuissant, une infrastructure en ruines, des constructions hasardeuses et une misère noire qui, conjuguées aux cyclones et maintenant au séisme, ont transformé une catastrophe naturelle en une catastrophe sociale.

Tout le monde devrait soutenir la fourniture d’aide à Haïti, mais personne ne devrait le faire avec des oeillères. Comme l’a dit Engler : « l’aide destinée à Haïti a toujours été employée au profit d’intérêts impérialistes. Ceci est évident lorsqu’on observe comment les Etats-Unis et le Canada ont traité le gouvernement Aristide en contraste au traitement réservé au régime issu du coup d’état. Les Etats-Unis et le Canada ont affamé Aristide en supprimant pratiquement toute aide. Mais après le coup d’état, ils ont ouvert en grand les robinets financiers pour appuyer les forces les plus réactionnaires de la société haïtienne. »

Ils ne faut pas se tromper sur le rôle des ONG internationales. Tandis que de nombreuses ONG tentent de répondre à la crise, les Etats-Unis et d’autres gouvernements fournissent une aide destinée à miner le droit à l’autodétermination du pays. Les ONG internationales n’ont aucun compte à rendre au gouvernement haïtien, pas plus qu’au peuple haïtien. Par conséquence, toute aide qui passe par ces ONG ne fait qu’affaiblir un peu plus le peu d’emprise sur leur propre société encore entre les mains des Haïtiens.

L’administration Obama devrait aussi lever l’exil d’Aristide et lui permettre de retourner en Haïti, et lever aussi l’interdiction faite à son parti politique, Fanmi Lavalas, de participer aux élections. Après tout, un criminel et trafiquant de drogue notoire, Guy Philippe, et sont parti le Front National pour la Reconstruction (FNR) ont été autorisés à participer aux élections. Aristide et son parti, par contraste, sont encore la force politique la plus populaire du pays et devraient être autorisés à participer à une élection libre et démocratique.

Les Etats-Unis devraient aussi cesser de déporter les Haïtiens qui ont fui leur pays déchiré par la crise et leur accorder une statut temporaire de réfugiés. Ce qui permettrait aux Haïtiens qui ont fui la crise politique et sociale que traverse le pays depuis le coup d’état, les cyclones et à présent le séisme, de rester aux Etats-Unis.

Par-dessus tout, nous devons exiger que les Etats-Unis cessent d’imposer leurs programmes néolibéraux. Les Etats-Unis ont pillé Haïti depuis des décennies. Ce n’est pas Haïti qui a une dette envers les Etats-Unis, et d’autres pays, mais l’inverse. Les Etats-Unis, la France, le Canada et les Nations Unies doivent au peuple haïtien une indemnisation pour le pillage de leur pays.

Avec ces indemnités et un espace politique, les Haïtiens pourraient commencer à déterminer leur propre avenir politique et économique – tel qu’il avait été rêvé par la grande révolution des esclaves, il y a 200 ans.

Ashley Smith

Article original : http://www.counterpunch.org/smith01...

Traduction par le Grand Soir

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jan 2010 à 12:20

Haïti : de l’aide ou des marines ?

Si Haïti a besoin d’une mobilisation internationale exceptionnelle, sa prise de contrôle militaire par Washington revêt des aspects contre-productifs et n’est pas sans arrière-pensées géostratégiques.

Cinq jours après le séisme qui a ravagé Haïti on est toujours très loin d’avoir fini de mesurer l’étendue de la désolation qui touche le pays. Les secouristes à pied d’oeuvre avouent souvent leur impuissance. Catherine Bremer, envoyée spéciale de l’agence Reuters, relevait ainsi samedi : « Le chaos est tel que tout manque ici : médecins, infirmiers, médicaments. Des blessés gémissent un peu partout, couchés sur des lits de camp, des matelas ou des planches, souvent en plein soleil, en attendant qu’on s’occupe d’eux, s’ils ne meurent pas avant. » L’ONU rapportant à la population du pays le nombre de victimes (sans doute bien supérieur aux 50 000 évaluées officiellement jusqu’ici), évoque l’une des plus graves catastrophes qu’ait connues la planète. C’est dire le besoin d’une mobilisation internationale exceptionnelle pour sauver les derniers rescapés et surtout ces dizaines de milliers de survivants en sursis.

L’envoi de 10 000 marines

La plupart des États, et en premier lieu les voisins d’Haïti, se sont efforcés de répondre aussitôt aux appels à l’aide d’urgence. On comprend donc bien que la première puissance mondiale, les États-Unis dont les côtes sont à quelques encablures d’Haïti et qui abritent une importante communauté haïtienne, ait décidé de déployer de très gros moyens. Barack Obama a déclaré que son pays s’engageait dans « l’une des plus grandes opérations de secours  » de son histoire. Et d’appeler ses deux prédécesseurs à la rescousse, « compte tenu de leurs expériences avec Haïti », pour lancer un « fonds Clinton- Bush » destiné à financer l’intervention. Problème, si Washington a pris incontestablement le « leadership mondial de l’aide », comme il ne cesse de l’affirmer, sa méthode a consisté d’abord, sous couvert de désorganisation du pays, à en prendre totalement le contrôle, en commençant par dépêcher sur place la bagatelle de 10 000 marines. La méthode apparaît plus que contestable, d’abord sur le plan de l’efficacité humanitaire elle-même.

L’armée US qui a pris le contrôle de l’aéroport de Portau- Prince ne se fie qu’à ses propres priorités pour autoriser ou non les appareils en provenance du monde entier à atterrir. C’est ainsi qu’un avion français ayant à son bord un hôpital de campagne a dû être dérouté vendredi sur Saint-Domingue. Ce qui a été à l’origine d’une brouille franco-états-unienne de quelques heures. Le ministre de la coopération, Alain Joyandet, soulignant d’abord devant la presse qu’il avait « protesté » officiellement auprès de Washington. Avant d’être corrigé un peu plus tard par le Quai-d’Orsay qui, fidèle à son suivisme à l’égard des orientations de la Maison- Blanche, a nié l’incident, clamant que la coopération entre les deux pays s’effectuait « de la meilleure façon possible ».

logiques impériales

La France n’est pas la seule à avoir fait ce genre d’expérience. Un avion-cargo de l’armée argentine transportant du matériel médical et une unité de purification d’eau est resté bloqué à Saint-Domingue. Deux appareils mexicains ont connu les mêmes déboires. Et 40 tonnes d’aides en provenance du Pérou ont dû finir le trajet par voie terrestre depuis le pays voisin. Michel Clancy, responsable d’un comité haïtien chargé de coordonner la distribution de l’eau et de la nourriture, déplorait le manque d’informations des autorités US qui contrôlent l’aéroport : « Les Haïtiens, dit-il, ne sont pas avertis de l’arrivée des appareils. »

Plus grave, le déploiement militaire US est programmé dans la durée. Hilary Clinton, en visite sur place samedi, a insisté sur ce point. D’où les craintes de voir se confirmer, comme sous d’autres formes au Honduras ou en Colombie, un attachement tout particulier de Washington à de vieilles logiques impériales. D’autant qu’Haïti est situé dans une position stratégique aux confins de l’Amérique centrale et du Sud. Daniel Ortega, le président du Nicaragua, a évoqué sa « très forte préoccupation » samedi : « Il semble, a-t-il déclaré, que les bases militaires (sur le continent latino-américain – NDLR) ne suffisent pas et que Washington souhaite tirer profit de la tragédie du peuple haïtien pour s’installer en Haïti. Et je veux le dénoncer. »

Bruno ODENT http://www.humanite.fr/De-l-aide-ou-des-marines

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Haiti met à l’épreuve l’esprit de coopération

 

Fidel CASTRO
 

Les nouvelles qui parviennent d’Haïti confirment le grand chaos qu’on était en droit d’attendre dans la situation exceptionnelle engendrée par la catastrophe.

Surprise, étonnement, commotion dans les premiers instants, désir dans les recoins les plus éloignés de la planète de prêter de l’aide sans retard… Qu’envoyer et comment le faire vers une petite île des Caraïbes depuis la Chine, l’Inde, le Vietnam et d’autres endroits situés à des dizaines de milliers de kilomètres de distance ? L’ampleur du séisme et la pauvreté du pays génèrent dans les premiers instants des idées de besoins imaginaires qui donnent lieu à toutes sortes de promesses possibles qu’on s’efforce ensuite de concrétiser par tous les moyens.

Pour nous, Cubains, nous avons compris que le plus important était de sauver des vies, ce pour quoi nous sommes entraînés face non seulement à des catastrophes de ce genre, mais aussi à d’autres désastres naturels de nature sanitaire.

Des centaines de médecins cubains étaient déjà sur place, ainsi qu’un bon nombre de jeunes Haïtiens aux origines modestes, convertis en de bons professionnels de la santé, car c’est à cela que nous avons consacré notre coopération avec ce pays frère et voisin depuis de longues années. Une partie de nos compatriotes était toutefois en vacances, tandis que des Haïtiens se formaient ou étudiaient à Cuba.

Le tremblement de terre a dépassé tous les calculs : les modestes demeures de pisé et de torchis – dans une ville de presque deux millions d’habitants – ne pouvaient pas résister. De solides bâtiments publics se sont effondrés, des îlots entiers se sont écroulés sur leurs habitants qui se trouvaient chez eux alors que la nuit tombait et qui furent ensevelis sous les ruines, vivants ou morts. Les personnes blessées qui remplissaient les rues réclamaient des secours. La force des Nations Unies (MINUSTAH), le gouvernement et la police se sont retrouvés sans direction ni commandement. Ces institutions employant des milliers de personnes se sont attelées dans les premiers moments à la tâche de savoir quelles sont celles qui étaient en vie et où.

La première chose qu’on faite nos médecins dévoués en Haïti et les jeunes spécialistes de la santé formés à Cuba, c’est de communiquer entre eux afin de connaître leur sort et de savoir sur quoi ils pouvaient compter pour aider le peuple haïtien dans cette tragédie.

Ceux qui étaient en congés à Cuba et les médecins haïtiens qui suivaient une spécialisation dans notre pays se sont aussitôt préparés à partir. D’autres experts cubains en chirurgie qui avaient rempli des missions difficiles se sont offerts à les accompagner. Ainsi, en moins de vingt-quatre heures, nos médecins avaient déjà soigné des centaines de patients. Aujourd’hui, 16 janvier, à peine trois jours et demi après la tragédie, ils avaient traité plusieurs milliers de victimes.

Ce samedi midi, la direction de notre brigade a informé entre autres :

« Ce que font les compagnons est vraiment digne d’éloge. Ils sont tous d’avis que ce qui s’est passé au Pakistan (*) pâlit en comparaison [il y a eu là-bas un grave séisme où certains ont travaillé]. Là-bas, ils avaient dû soigner bien des personnes ayant souffert de fractures, parfois mal consolidées, ou l’écrasement de membres, mais ici ça dépasse tout ce qu’ont peut imaginer : de nombreuses amputations ; il faut pratiquement amputer en plein air : c’est l’image de ce qu’ils avaient supposé se passer pendant une guerre.

« … l’hôpital Delmas 33 fonctionne déjà ; il compte trois blocs opératoires dotés de groupes électrogènes, des secteurs de consultation, etc., mais il est absolument bondé.

« …douze médecins chiliens nous ont rejoints, dont un anesthésiste, ainsi que huit médecins vénézuéliens, et neuf religieuses espagnoles ; on attend d’un moment à l’autre dix-huit Espagnols auxquels l’ONU et le ministère haïtien de la Santé publique avaient confié l’hôpital, mais qui n’avaient pas les ressources d’urgence qui n’avaient pas pu arriver, si bien qu’ils ont décidé de se joindre à nous et de commencer à travailler sans retard.

« …trente-deux médecins haïtiens résidents ont été envoyés ici, dont six allaient partir directement à Carrefour, un endroit totalement dévasté. Les trois équipes de chirurgiens cubains qui sont arrivées hier ont aussi fait le voyage.

« …nous opérons dans les installations médicales suivantes à Port-au-Prince : l’hôpital La Renaissance, l’hôpital de la Sécurité sociale et l’hôpital de la Paix.

« …quatre centres de diagnostic intégral fonctionnent aussi. »

Cette information donne une petite idée de ce que font en Haïti les personnels médicaux de Cuba et ceux d’autres pays qui travaillent avec eux, parmi les premiers à être arrivés dans ce pays. Notre personnel est disposé à coopérer et à joindre ses forces avec tous les spécialistes de la santé envoyés de partout pour sauver des vies dans ce peuple frère. Haïti pourrait se convertir en un exemple de ce que l’humanité peut faire pour soi. La possibilité et les moyens existent ; c’est la volonté, toutefois, qui fait défaut.

Plus l’on mettra de temps à enterrer ou à incinérer les morts, à distribuer des aliments et d’autres produits vitaux, et plus les risques d’épidémies et de violences sociales s’aggraveront.

Haïti permettra de prouver combien de temps l’esprit de coopération durera avant que ne l’emportent l’égoïsme, le chauvinisme, les intérêts mesquins et le mépris d’autres nations.

Les changements climatiques menacent toute l’humanité. Le séisme de Port-au-Prince nous rappelle à tous, à peine trois semaines après, à quel point nous avons été égoïstes et suffisants à Copenhague !

Les pays observent de près tout ce qu’il se passe en Haïti. L’opinion publique mondiale et les peuples seront de plus sévères et implacables dans leurs critiques.

Fidel Castro Ruz
Le 16 janvier 2010

(*) Fidel Castro fait ici allusion au tremblement de terre dévastateur de 2005 au Pakistan où Cuba a envoyé de nombreux médecins. (NdR)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jan 2010 à 12:51
Haïti : Chávez craint une occupation américaine
 
Maxime VIVAS

Le président vénézuélien Hugo Chávez a accusé dimanche les États-Unis de vouloir occuper Haïti sous prétexte d’aider ce pays, terrassé par un violent tremblement de terre.

« J’ai lu que 3000 soldats allaient arriver. Des marines armés comme s’ils allaient en guerre. Mon Dieu, il n’y a pas pénurie d’armes là-bas ! Des médecins, des médicaments, du carburant, des hôpitaux de campagne, voilà ce que les États-Unis devraient envoyer ! » s’est exclamé Hugo Chávez dans son allocution télévisée hebdomadaire.

Ils [les Américains] occupent Haïti sans le dire.

Le président vénézuélien ne comprend pas pourquoi les soldats américains ne sont pas dans la rue à aider les sinistrés. « Le bouquet, c’est que vous ne les voyez pas dans les rues. Est-ce qu’ils recueillent les corps ? Est-ce qu’ils recherchent des blessés ? Vous ne les voyez pas. Je ne les ai pas vus. Où sont-ils ? » s’est-il interrogé.

Près de 10 000 soldats américains sont déployés en Haïti. À la demande du gouvernement haïtien, ils contrôlent l’aéroport de la capitale où arrive une importante aide internationale. De plus, un navire-hôpital américain doit arriver dans les jours à venir à Port-au-Prince.

Le président haïtien René Préval a fait savoir dimanche que les troupes américaines contribueraient à ramener l’ordre dans les rues, où la tension commence à être palpable en raison de la confusion dans laquelle se fait le ravitaillement des populations.

Les propos du dirigeant vénézuélien font écho à ceux de son allié nicaraguayen Daniel Ortega, qui avait lui aussi critiqué vendredi l’envoi de 10 000 militaires américains dans l’île caribéenne.

Le Venezuela augmente son aide à Haïti.

Le Venezuela a annoncé l’envoi de 5600 tonnes de vivres et de 225 000 barils de carburant en Haïti.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, a indiqué par ailleurs que le gouvernement russe avait mis à la disposition de son pays deux avions cargo, d’une capacité de 40 tonnes, afin de renforcer le pont aérien vers Haïti.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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Sophie Perchellet - Eric Toussaint : Haïti, au-delà des effets d’annonce

lundi 18 janvier 2010

L’une des plus grandes opérations d’aide de l’histoire risque fort de ressembler à celle de l’après tsunami de 2004 sauf si un modèle de reconstruction radicalement différent est adopté. Haïti a été partiellement détruit suite à un violent séisme de magnitude 7. Chacun y va de sa larme et les médias, en nous abreuvant d’images apocalyptiques, relayent les annonces d’aides financières que les généreux Etats vont apporter. On entend qu’il faut reconstruire Haïti, ce pays où la pauvreté et « la malédiction » s’abattent. Aujourd’hui donc, on s’intéresse à Haïti. Les commentaires ne vont pas au-delà du terrible tremblement de terre. On nous rappelle précipitamment que c’est l’un des pays les plus pauvres de la planète mais sans nous en expliquer les causes. On nous laisse croire que la pauvreté est venue comme ça, que c’est un fait irrémédiable : « c’est la malédiction qui frappe ».

Il est indiscutable que cette nouvelle catastrophe naturelle entraîne des dégâts matériels et humains tout autant considérables qu’imprévus. Une aide d’urgence est donc nécessaire et tout le monde est d’accord sur ce point. Pourtant, la pauvreté et la misère ne trouvent pas leurs sources dans ce tremblement de terre. Il faut reconstruire le pays parce que celui-ci a été dépossédé des moyens de se construire. Haïti n’est pas un pays libre ni même souverain. Au cours des dernières années, ses choix de politique intérieure ont été réalisés par un gouvernement qui est constamment sous la pression d’ordres venus de l’extérieur du pays et des manœuvres des élites locales.

Haïti est traditionnellement dénigré et souvent dépeint comme un pays violent, pauvre et répressif dans le meilleur des cas. Peu de commentaires rappellent l’indépendance acquise de haute lutte en 1804 contre les armées françaises de Napoléon. Plutôt que de souligner la démarche humaine et le combat pour les Droits de l’Homme, la sauvagerie et la violence seront les caractéristiques assimilées aux Haïtiens. Edouardo Galeano parle de la « malédiction blanche » : « A la frontière où finit la République dominicaine et commence Haïti, une grande affiche donne un avertissement : El mal paso - Le mauvais passage. De l’autre côté, c’est l’enfer noir. Sang et faim, misère, pestes (1). »

Il est indispensable de revenir sur la lutte d’émancipation menée par le peuple haïtien, car en représailles à cette double révolution, à la fois anti-esclavagiste et anti-coloniale, le pays a hérité de « la rançon française de l’Indépendance » correspondant à 150 millions de francs or (soit le budget annuel de la France de l’époque). En 1825, la France décide que « Les habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue verseront à la caisse fédérale des dépôts et consignations de France, en cinq termes égaux, d’année en année, le premier échéant au 31 décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité. (2) » Cela équivaut à environ 21 milliards de dollars d’aujourd’hui. Dès le départ, Haïti doit payer le prix fort, la dette sera l’instrument néo-colonial pour entretenir l’accès aux multiples ressources naturelles de ce pays.

Le paiement de cette rançon est donc l’élément fondateur de l’Etat haïtien et a débouché sur la constitution d’une dette odieuse. En termes juridiques, cela signifie qu’elle a été contractée par un régime despotique et utilisée contre les intérêts des populations. La France puis les Etats-Unis, dont la zone d’influence s’élargit à Haïti, occupée par les marines états-uniens dès 1915, en sont pleinement responsables. Alors qu’il aurait été possible de faire face aux douloureuses responsabilités du passé en 2004, le rapport de la Commission Régis Debray (3) préfère écarter l’idée d’une restitution de cette somme en prétextant qu’elle n’est pas « fondée juridiquement » et que cela ouvrirait la « boîte de Pandore ». Les requêtes du gouvernement haïtien en place sont rejetées par la France : pas de réparations qui tiennent. La France ne reconnaît pas non plus son rôle dans l’ignoble cadeau qu’elle fît au dictateur « Baby Doc » Duvalier en exil en lui offrant le statut de réfugié politique et donc l’immunité.

Le règne des Duvalier commence avec l’aide des Etats-Unis en 1957 : il durera jusqu’en 1986, date à laquelle le fils « Baby Doc » est chassé du pouvoir par une rébellion populaire. La violente dictature largement soutenue par les pays occidentaux a sévi près de 30 ans. Elle est marquée par une croissance exponentielle de sa dette. Entre 1957 et 1986, la dette extérieure a été multipliée par 17,5. Au moment de la fuite de Duvalier, cela représentait 750 millions de dollars. Ensuite elle monte, avec le jeu des intérêts et des pénalités, à plus de 1 884 millions de dollars (4). Cet endettement, loin de servir à la population qui s’est appauvrie, était destiné à enrichir le régime mis en place : il constitue donc également une dette odieuse. Une enquête récente a démontré que la fortune personnelle de la famille Duvalier (bien à l’abri sur les comptes des banques occidentales) représentait 900 millions de dollars, soit une somme plus élevée que la dette totale du pays au moment de la fuite de « Baby Doc ». Un procès est en cours devant la justice suisse pour la restitution à l’Etat haïtien des avoirs et des biens mal acquis de la dictature Duvalier. Ces avoirs sont pour l’instant gelés par la banque suisse UBS qui avance des conditions intolérables quant à la restitution de ces fonds (5). Jean-Baptiste Aristide, élu dans l’enthousiasme populaire puis accusé de corruption avant d’être rétabli au pouvoir comme marionnette de Washington et finalement d’en être chassé par l’armée états-unienne, n’est malheureusement pas innocent en ce qui concerne l’endettement et les détournements de fonds. Par ailleurs, selon la Banque mondiale, entre 1995 et 2001, le service de la dette, à savoir le capital et les intérêts remboursés, a atteint la somme considérable de 321 millions de dollars.

Toute l’aide financière annoncée actuellement suite au tremblement de terre est déjà perdue dans le remboursement de la dette !

Selon les dernières estimations, plus de 80% de la dette extérieure d’Haïti est détenue par la Banque Mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID) à hauteur de 40% chacune. Sous leur houlette, le gouvernement applique les « plans d’ajustement structurel » remaquillés en « Documents Stratégiques pour la Réduction de la Pauvreté » (DSRP). En échange de la reprise des prêts, on concède à Haïti quelques annulations ou allégements de dette insignifiants mais qui donnent une image bienveillante des créanciers. L’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PTTE) dans laquelle Haïti a été admise est une manœuvre typique de blanchiment de dette odieuse comme cela été le cas avec la République démocratique du Congo (6). On remplace la dette odieuse par de nouveaux prêts soi-disant légitimes. Le CADTM considère ces nouveaux prêts comme partie prenante de la dette odieuse puisqu’ils servent à payer cette antique dette. Il y a continuité du délit.

En 2006, quand le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris acceptèrent que l’initiative PPTE s’élargisse à Haïti, le stock de la dette publique extérieure totale était de 1.337 millions de dollars. Au point d’achèvement de l’initiative (en juin 2009), la dette était de 1.884 millions. Une annulation de dette d’un montant de 1.200 millions de dollars est décidée afin de « rendre la dette soutenable ». Entre temps, les plans d’ajustement structurel ont fait des ravages, notamment dans le secteur agricole dont les effets ont culminé lors de la crise alimentaire de 2008. L’agriculture paysanne haïtienne subit le dumping des produits agricoles étasuniens. « Les politiques macro-économiques soutenues par Washington, l’ONU, le FMI et la Banque mondiale ne se soucient nullement de la nécessité du développement et de la protection du marché national. La seule préoccupation de ces politiques est de produire à bas coût pour l’exportation vers le marché mondial (7) ». C’est donc scandaleux d’entendre le FMI dire qu’il « se tient prêt à jouer son rôle avec le soutien approprié dans ses domaines de compétence (8) ».

Comme le dit le récent appel international « Haïti nous appelle à la solidarité et au respect de la souveraineté populaire » : « Au cours des dernières années et aux côtés de nombreuses organisations haïtiennes, nous avons dénoncé l’occupation du pays par les troupes de l’ONU et les impacts de la domination imposée par les mécanismes de la dette, du libre-échange, du pillage des ressources naturelles et de l’invasion par des intérêts transnationaux. La vulnérabilité du pays aux catastrophes naturelles – due en grande partie aux ravages causés à la nature, à l’inexistence d’infrastructures de base, et à l’affaiblissement de la capacité d’action de l’Etat – ne devrait pas être considérée comme étant sans lien avec ces politiques qui ont historiquement sapé la souveraineté du peuple. Il est maintenant temps que les gouvernements qui font partie de la MINUSTAH, des Nations unies et en particulier la France et les Etats-Unis, les gouvernements latino-américains, revoient ces politiques qui s’opposent aux besoins élémentaires de la population haïtienne. Nous exigeons de ces gouvernements et organisations internationales qu’ils substituent à l’occupation militaire une véritable mission de solidarité, et qu’ils agissent pour l’annulation immédiate de la dette qu’Haïti continue de leur rembourser. »(9)

Indépendamment de la question de la dette, il est à craindre que l’aide prenne la même forme que celle qui a accompagné le tsunami qui a frappé, fin décembre 2004, plusieurs pays d’Asie (Sri Lanka, Indonésie, Inde, Bangladesh) (10) ou encore l’après-cyclone Jeanne en Haïti en 2004. Les promesses n’ont pas été tenues et une grande partie des fonds ont servi à enrichir des compagnies étrangères ou les élites locales. Ces « généreux dons » proviennent pour la majorité des créanciers du pays. Plutôt que de faire des dons, il serait préférable qu’ils annulent les dettes d’Haïti à leur égard : totalement, sans conditions et immédiatement. Peut-on vraiment parler de don quand on sait que cet argent servira en majeure partie soit au remboursement de la dette extérieure soit à l’application de « projets de développement nationaux » décidés selon les intérêts de ces mêmes créanciers et des élites locales ? Il est évident que, sans ces dons dans l’immédiat, il ne serait pas possible de faire rembourser cette dette dont la moitié au moins correspond à une dette odieuse. Les grandes conférences internationales d’un quelconque G8 ou G20 élargi aux IFI ne feront pas avancer d’un iota le développement d’Haïti mais reconstruiront les instruments qui leur servent à asseoir le contrôle néo-colonial du pays. Il s’agira d’assurer la continuité dans le remboursement, base de la soumission, tout comme lors des récentes initiatives d’allégement de la dette.

Au contraire, pour qu’Haïti puisse se construire dignement, la souveraineté nationale est l’enjeu fondamental. Une annulation totale et inconditionnelle de la dette réclamée à Haïti doit donc être le premier pas vers une démarche plus générale. Un nouveau modèle de développement alternatif aux politiques des IFI et aux accords de partenariat économique (APE signé en décembre 2009, Accord Hope II …), est nécessaire et urgent. Les pays les plus industrialisés qui ont systématiquement exploité Haïti, à commencer par la France et les Etats-Unis, doivent verser des réparations dans un fonds de financement de la reconstruction contrôlé par les organisations populaires haïtiennes.

Eric Toussaint Sophie Perchellet

Notes :

1) Sophie Perchellet est vice-présidente du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde – France (CADTM France- www.cadtm.org ) et Eric Toussaint, président du CADTM Belgique, est coauteur avec Damien Millet de La Crise, quelles crises ?, ADEN, Bruxelles, 2010

2) http://www.cadtm.org/Haiti-la-maled...

3) http://www.haitijustice.com/jsite/i...

4) http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IM...

5) http://www.imf.org/external/pubs/ft... (page 43)

6) http://www.cadtm.org/Le-CADTM-exige...

7) Voir la brochure CADTM, Pour un audit de la dette congolaise, Liège, 2007 en ligne : http://www.cadtm.org/spip.php?page=...

8) Voir http://www.cadtm.org/Haiti-Le-gouve...

9) http://www.liberation.fr/monde/0101... Les conditions attachées aux prêts du FMI à Haïti sont dans la droite ligne du Consensus de Washington : augmenter les tarifs d’électricité et refuser toute augmentation de salaires des fonctionnaires publics.

10) http://www.cadtm.org/Haiti-nous-app...

11) Voir Damien Millet et Eric Toussaint, Les Tsunamis de la dette, coédition CADTM-Syllepse, Liège-Paris, 2005.

Anne Cauwel : Honneur et respect pour Haïti

lundi 18 janvier 2010

La catastrophe qui frappe Haïti a soulevé un élan de solidarité impressionnant à l’échelle mondiale. Cela est bon : la solidarité c’est la tendresse des peuples ! Et l’aide d’urgence est indispensable, quand tout manque -à commencer par l’eau potable-, quand on ne parvient même pas à enterrer les dizaines de milliers de morts…et quand le chaos occasionné par le tremblement de terre vient s’ajouter à une réalité quotidienne déjà marquée par la pénurie d’eau potable et par la faim pour l’immense majorité du peuple haïtien.

Mais cette aide s’accompagne d’un discours tenu par tous les médias et les gouvernements occidentaux qui est une offense à Haïti et qui laisse présager le pire quant aux principes qui régiront la reconstruction du pays. On nous rabâche à longueur d’antenne et d’articles ce qui caractériserait Haïti : pauvreté extrême, délinquance et violence, proximité avec la France qui fait tout pour aider ce pays francophone. Enfin, Haïti, éprouvée il y a deux ans par quatre ouragans dévastateurs et aujourd’hui par ce séisme, serait frappée par une malédiction ! Quand on est maudit, c’est qu’une puissance divine vous punit : on doit être bien criminel pour attirer pareil châtiment !

Ne faudrait-il pas commencer par se demander pourquoi Haïti est si pauvre ?

Haïti colonie française jusqu’à la fin du XVIIIème siècle -alors appelée Saint Domingue et surnommée « la perle des Antilles »- a fait, grâce aux denrées qui y étaient produites au premier rang desquelles le sucre, la richesse de la France. Plus de 400 000 noirs travaillaient pour 30 000 propriétaires français. Les conditions de l’esclavage étaient si atroces que l’espérance de vie des esclaves ne dépassait pas 9 ans et que par conséquent la majorité d’entre eux étaient des « bossales » directement venus d’Afrique.

Lorsque ces esclaves se soulèvent contre leurs bourreaux et la puissance coloniale, leur chef Toussaint Louverture est emprisonné par les Français et meurt dans une prison glaciale du Jura ; Napoléon envoie son armée pour mater la révolte. Le général Leclerc, son beau-frère, dirige l’expédition et écrit à l’empereur : « Voilà mon opinion sur ce pays : il faut supprimer tous les nègres des montagnes, hommes et femmes, et ne garder que les enfants de moins de douze ans, exterminer la moitié des Noirs des plaines, et ne laisser dans la colonie aucun mulâtre portant des galons. » (1) L’armée française est défaite : en 1804, Haïti devient un état indépendant. C’est la première et l’unique fois dans l’histoire de l’humanité que des hommes et des femmes soumis à l’esclavage furent capables à la fois d’abolir l’esclavage, de rendre leur pays indépendant, de le défendre contre une armée réputée invincible et de mettre fin aux structures coloniales. La révolution haïtienne fut et demeure un exemple pour les peuples opprimés : antiesclavagiste, anticoloniale, dès l’indépendance elle offre sa solidarité à ceux qui luttent pour libérer leurs propres peuples : le Venezuela, Cuba, le Mexique et la jeune république des Etats Unis (où l’esclavage perdurait) reçoivent l’aide d’Haïti pour leur propre émancipation du joug colonial ou de l’esclavage.

Considérée comme un exemple hautement dangereux pour les autres peuples, Haïti fut soumise à un long blocus international. Et elle fut lourdement châtiée, non par un quelconque dieu, mais par la France : alors qu’elle avait été dévastée par la guerre contre la France où un tiers de sa population avait péri et où toutes les infrastructures avaient été détruites, en 1825

Haïti fut sommée, sous la menace d’une invasion militaire, de payer à la France une rançon de 150 millions de francs or pour dédommager ce pays des pertes subies par les colons. Le gouvernement haïtien se plia à cette exigence et Haïti, pour rembourser à la France cette somme dont l’équivalent actuel serait de plus de 20 milliards de dollars, coupa ses arbres pour vendre du bois précieux et surtout s’endetta auprès de banques étrangères : c’est ainsi que se constitua au XIXème siècle la première dette extérieure d’un pays du Sud. Haïti mit près de soixante dix ans à s’acquitter de sa rançon et les ultimes agios couraient encore au début du XXème siècle…

Par la suite, le trésor haïtien fut pillé par une expédition de marines en décembre 1914. S’en suivit une occupation militaire du pays par les Etats Unis qui dura vingt ans, à la fois parce que la résistance haïtienne fut particulièrement farouche (Charlemagne Peralte qui dirigea la résistance paysanne est un martyr dont les Haïtiens gardent la mémoire), parce que les Nord Américains tentèrent d’instaurer à nouveau de grandes plantations qui furent à l’origine d’une nouvelle déforestation et parce que les Etats Unis ne se retirèrent qu’après avoir obtenu l’abolition de l’article de la Constitution qui interdisait à des étrangers de posséder des entreprises en Haïti.

La dictature de la famille Duvalier dura ensuite 29 ans. A leur chute, ils furent accueillis en France avec une fortune de 900 millions de dollars, une somme qui dépassait le montant de la dette extérieure d’alors. Les Duvalier jouissent tranquillement de ces biens en France (tandis que la Suisse vient de restituer à l’Etat haïtien 6 millions de dollars déposés par les Duvalier dans des banques suisses : c’est peu par rapport aux sommes volées à Haïti, mais c’est dans ce sens que la justice devrait s’exercer). En 1971, Bébé Doc avait succédé à son père : alors que le pays produisait son alimentation jusqu’à cette époque, il fut investi président par le Département d’État pour lancer les politiques qui allaient mettre fin à la souveraineté alimentaire d’Haïti, avec l’intervention du FMI et de la Banque mondiale.

A titre d’exemple : tous les porcs « créoles », base de l’économie de toute unité familiale rurale, furent abattus par un organisme spécialisé pour enrayer la peste porcine africaine soi disant imminente en Haïti –ce dont aucune preuve ne fut apportée-. Cet organisme haïtien d’élimination des porcs opérait à l’instigation des Etats Unis via la BID (Banque Interaméricaine de Développement) et avec la complicité d’autres pays tels le Canada.

Les Etats Unis, en inondant le marché haïtien de riz subventionné dont le prix était inférieur au prix du riz produit localement ont brisé la filière nationale de production de riz. Il en a été de même de tous les produits agricoles de base, de sorte que le dumping des denrées nord-américaines subventionnées par l’État nord-américain pour détruire la production locale qui n’a ni subventions ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place. Victime de cette concurrence déloyale, Haïti est devenue le réceptacle des produits alimentaires de mauvaise qualité des Etats-Unis.

Il faut se demander pourquoi les Etats Unis se sont livrés à cette destruction délibérée de l’agriculture haïtienne au cours des quarante dernières années : au-delà de l’intérêt à disposer d’un marché pour ses produits, intérêt fort relatif au demeurant vu le pouvoir d’achat limité des Haïtiens, a primé le besoin qu’avaient les Etats Unis d’installer des entreprises d’assemblage dans un pays proche de façon à approvisionner le marché nord américain. Les « maquilas » sont massivement installées au Mexique dans la région frontière avec les USA ; elles le sont également en Haïti. Tout a donc été fait pour disposer dans ce pays d’un réservoir de main d’œuvre réduite à l’oisiveté suite à l’exode rural et prête à accepter n’importe quels salaire et conditions de travail. La voie de l’émigration est pratiquement bloquée et l’on sait combien l’émigration clandestine sur des embarcations de fortune est meurtrière. Des dirigeants haïtiens se sont flattés du résultat de cette politique, qui constitue pour eux l’avantage comparatif d’Haïti dans la compétition mondiale : elle place la main d’œuvre haïtienne parmi les moins chères du monde. Tout au long de la frontière avec la République dominicaine et dans la capitale se sont donc développées ces entreprises d’assemblage. L’année 2009 a été marquée par de longues luttes ouvrières, relayées par les étudiants, pour obtenir une augmentation du salaire minimum : le président Préval s’est lui-même impliqué fortement dans ce débat pour éviter l’augmentation de ce salaire minimum initialement votée par l’assemblée nationale ; il faut dire qu’il subissait la pression de chefs d’entreprise menaçant de fermer leurs usines au cas où les salaires augmenteraient.

Il nous faut terminer cette revue de l’histoire de deux siècles où la misère d’Haïti est fabriquée par les grandes puissances qui ont continué à faire payer à ce pays de noirs son audace anticoloniale. En 1991, au cours des premières élections démocratiques que connaît Haïti, est élu le prêtre Aristide, issu de la théologie de la libération. Il est renversé par un coup d’état neuf mois plus tard. Il reviendra à la présidence en février 2001, non sans un passage par les Etats Unis qui rend à Haïti un personnage qui n’a plus grand-chose à voir avec le président qui avait soulevé tant d’espoir dix ans plus tôt. Pourtant, à l’approche de la célébration du bicentenaire de la Révolution, Aristide a l’audace de réclamer à la France réparation du tort qu’elle a causé à Haïti en demandant la restitution de la somme qui lui fut extorquée au siècle précédent. La réponse ne se fit guère attendre : en 2004, Aristide fut à nouveau renversé par une expédition militaire menée par les Etats Unis, la France et le Canada. Enlevé manu militari, il fut expulsé et vit depuis lors en exil en Afrique du Sud.

L’expédition a fait place à une occupation militaire déguisée en mission de paix : la MINUSTAH, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti. Déployée depuis juin 2004, son mandat a été récemment prolongé à la demande du président Préval. Alors qu’elle est composée de près de 9000 hommes -dont d’importants contingents de Brésiliens, Argentins, Chiliens et des contingents moins nombreux de Guatémaltèques, Boliviens et Equatoriens-, seuls 2 des 20 membres de l’Etat Major sont sud-américains et les Etats Unis contrôlent le renseignement militaire. Cette « intervention sous-traitée par les Etats-Unis », selon l’expression du Prix Nobel de la paix l’argentin Adolfo Esquivel, est pour les Haïtiens le symbole de la perte de l’indépendance nationale. Qui a visité Haïti sait que la majorité de la population haïtienne ressent la présence de la MINUSTAH comme une offense. La tension s’est aggravée quand les 114 soldats du Sri Lanka, accusés de viols de femmes et d’adolescentes, ont été rapatriés. Ils ont bien sûr bénéficié d’une totale impunité.

*Alors, qu’on ne vienne surtout pas nous parler d’une quelconque malédiction ! La pauvreté d’Haïti n’est pas tombée du ciel, elle a été fabriquée au cours de deux siècles d’interventions étrangères, elle a été l’œuvre délibérée de grandes puissances au premier rang desquelles figurent la France et les Etats Unis. Les Français d’aujourd’hui doivent connaître l’histoire tragique des relations entre la France et Haïti, le rôle que la France, directement et à travers les Institutions financières internationales, joue dans le maintien et l’aggravation de la misère d’Haïti. Patrick Poivre d’Arvor, au titre d’ambassadeur de l’UNICEF, ose écrire dans le Figaro du 15 janvier : « c’est un des peuples…les plus maudits par l’histoire. Mais il n’est pas responsable de cette histoire là. Le peuple français non plus ». Ce ne sont pas là d’innocentes âneries, mais l’expression de la pensée unique à l’œuvre sur Haïti.

Nous ne pouvons pas oublier que l’extrême précarité de la situation sociale haïtienne, d’où dérive réellement la dimension gigantesque de la présente catastrophe, est le résultat de deux siècles de colonialisme violent, d’interventions militaires et de pillage qui ont amené Haïti à recevoir le triste titre de " pays le plus pauvre de l’Amérique". Cette situation a été aggravée au cours des deux dernières décennies avec l’application sauvage des programmes d’ajustement néolibéral dans l’économie et la société haïtienne, avec le maintien d’une dette extérieure illégitime qui épuise les ressources de la nation, avec la dévastation de l’environnement et de l’agriculture et avec l’imposition des intérêts des compagnies transnationales.

Voilà deux siècles que l’histoire d’Haïti est le symbole du racisme et de l’anti-humanisme blanc, exprimé sans ambages par le président Jefferson au XIXème siècle quand il évoquait « cette peste indépendantiste et antiesclavagiste de nègres qui ont pris leur indépendance par les armes » L’uruguayen Eduardo Galeano l’écrivait déjà en 1996 : « L’histoire de l’acharnement contre Haïti, qui de nos jours prend des dimensions tragiques, est aussi l’histoire du racisme dans la civilisation occidentale » (2).

*Tout porte aujourd’hui à craindre que, sous couvert d’aide d’urgence puis de reconstruction, face à un état haïtien déliquescent et fragilisé -ce dont l’écrasement du palais national, du palais de justice et de divers ministères est comme la matérialisation symbolique-, des puissances étrangères ne profitent de la situation offerte par le chaos pour mettre de manière radicale et définitive le pays sous tutelle. La MINUSTAH constituait déjà une mise sous tutelle militaire, la mission d’envoyé spécial des Nations Unies confiée à l’ex-président Bill Clinton au cours de l’année 2009 ouvrait la voie à une mise sous tutelle économique. Aujourd’hui, les Etats Unis ont pris le contrôle de l’aéroport et ont annoncé le déploiement de dix mille soldats dont deux mille marines. Ailleurs ou en d’autres temps, cela provoquerait une protestation mondiale. S’agissant d’Haïti et sous couvert de mission humanitaire, la nouvelle occupation a un coût diplomatique presque nul (la France a élevé une légère protestation face à l’impossibilité d’atterrir à Port au Prince pour un avion français chargé d’un hôpital, quand le besoin de soins hospitaliers de la part d’innombrables blessés est des plus criants). C’est le Commandement Sud de l’armée nord-américaine qui a pris la direction des opérations. Il est nécessaire ici de rappeler que la position géostratégique d’Haïti dans la mer des Caraïbes fait de son contrôle un élément essentiel de la politique nord-américaine dans la région. La catastrophe qui frappe Haïti fournit une occasion rêvée aux Etats Unis d’exercer ce contrôle.

*On ne peut non plus manquer d’être choqués du mensonge par omission de nos médias : apparaissent chaque jour à l’écran un médecin français, ou canadien ou nord-américain. Leur dévouement est magnifique. Mais pas un mot et pas une image de l’aide apportée par Cuba à Haïti. Or elle est sans commune mesure avec l’aide des pays occidentaux et n’est pas seulement donnée dans l’urgence : elle a commencé il y a plus de dix ans à la suite de l’ouragan Mitch. Les 100 premiers médecins cubains sont arrivés en Haïti fin 1998. Des centaines d’Haïtiens étudient à Cuba avec des bourses. Près de 400 médecins et personnel de santé cubains travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Le Venezuela et Cuba ont un programme commun de coopération pour monter en Haïti dix centres de santé (appelés centres de diagnostic intégral) : les quatre premiers, déjà installés, dispensent une assistance médicale gratuite et de qualité à des milliers d’Haïtiens. Cuba a envoyé à la suite du tremblement de terre son Contingent international de médecins spécialisés dans les situations de désastres et d’épidémies baptisé Henry Reeve formé de 152 médecins. Pourquoi nos médias passent-ils sous silence la solidarité de ce petit pays de la Caraïbe, d’autant plus exemplaire que Cuba est un pays appauvri par un blocus d’un demi-siècle et par les ouragans qui l’ont durement frappé en 2008 ?

*Je voudrais enfin récuser absolument cette réputation de violence qui est faite aux Haïtiens. La délinquance n’est d’ordinaire pas plus forte à Port au Prince que dans les autres grandes villes du Sud. Hors de la capitale, on vit plus en paix en Haïti que dans bien des pays. Il n’est jamais rien arrivé de mal aux médecins cubains dispersés dans le pays. Les chaînes de télévision montrent à plaisir des images de pillages dégradantes pour Haïti : n’est-il pas légitime, quand on est depuis plusieurs jours sans eau et sans nourriture, d’aller les chercher là où on peut les trouver, quand plus rien ne fonctionne normalement ? Qui vit en Haïti sait à quel point la dignité des Haïtiens est blessée par l’image fausse qu’on présente d’eux. Cette image s’est renforcée depuis le tremblement de terre : misère, chaos, délinquance et incapacité de résoudre leurs propres problèmes.

Qui vit en Haïti sait aussi à quel point ce peuple est dans la vie quotidienne doux, hospitalier, bienveillant, courageux, travailleur, créatif. Ce pays fourmille de poètes, de déclamateurs, d’écrivains, de peintres, de sculpteurs, comme si créer de la beauté était la seule dignité de ceux à qui l’on a tout pris, la seule échappatoire à la laideur de la misère. Par ailleurs, il n’est pas un illettré haïtien qui ne connaisse et ne tire fierté de l’histoire de son pays.

Ce peuple fait aussi face avec un courage et un optimisme rares aux épreuves successives qui l’accablent. Le 16 janvier, sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro, au cours du rassemblement pour rendre hommage aux victimes du tremblement de terre et pour se recueillir, les Haïtiens sont venus dire qu’ils n’étaient pas un peuple maudit, mais un peuple vaillant qui se relèvera de ses cendres.

*Comment exprimer notre solidarité avec le peuple haïtien ?

D’abord ne pas prêter nos consciences à l’infâme discours dominant tenu sur Haïti basé sur l’hypocrisie et la charité : même l’héritier des Duvalier nettoie sa conscience en offrant aujourd’hui les fonds d’une fondation familiale, dérisoires par rapport au vol commis par cette même famille ! Etre en permanence en alerte pour défaire mentalement cette pensée dominante. Etre convaincu que le peuple haïtien est un grand peuple qui ne quémande pas d’aide pais mérite une totale solidarité et un engagement à ses côtés pour briser les entraves à son émancipation.

Au-delà de l’indispensable aide d’urgence, il faudra exiger réparation : non seulement l’annulation de la dette extérieure d’Haïti mais le remboursement des sommes indûment ponctionnées par les Institutions Financières Internationales (IFIs) au titre de la dette extérieure et la mise en place d’un fonds correspondant à la rançon payée à la France afin que soient menés des projets de reconstruction.

Il faut savoir que des milliards pourraient être déversés sur Haïti : cela ne changerait rien et ne ferait que renforcer la dépendance et la corruption, s’ils sont administrés par un Etat soumis au diktat des grandes puissances et des institutions financières internationales, ou pire encore si ces puissances (ou l’une d’elles) décident de prendre en main le sort d’Haïti, lui déniant ainsi sa capacité à s’administrer elle-même. Une manière d’aider les Haïtiens, c’est de lutter pour la non-ingérence de chacun de nos gouvernements pour qu’enfin, une fois pour toutes, les Haïtiens puissent être responsables de leur destin. Il faudra exercer une pression politique pour empêcher que la catastrophe ne serve de prétexte à l’aggravation de la mise sous tutelle d’Haïti.

Enfin être à l’écoute des demandes de la société civile haïtienne et leur répondre. Le directeur de la PAPDA (Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) a fait parvenir le 14 janvier une première information dont je reprends l’essentiel de la partie concernant la « SOLIDARITE STRUCTURANTE » qu’appelle cette plateforme d’organisations populaires :

« C’est l’heure d’une grande vague de solidarité de peuple à peuple qui permette de :

a)Vaincre l’analphabétisme (45 % de la population)

b) Construire un système d’enseignement public efficace gratuit qui respecte l’histoire, la culture, l’écosystème c)Vaincre la crise de l’environnement et reconstruire avec la participation massive des jeunes et des internationalistes les 30 bassins hydrographiques

d)Construire un nouveau système de santé publique en articulant médicine moderne et traditionnelle et en offrant des services primaires de qualité accessibles à 100 % de la population pour vaincre la mortalité infantile, la malnutrition, la mortalité maternelle

e)Reconstruire une nouvelle ville avec une autre logique basée sur une urbanisation humaine et équilibrée en respectant les travailleurs et les vrais créateurs de richesse, en privilégiant les transports collectifs, la recherche scientifique, l’agriculture urbaine, l’artisanat et les arts populaires, les parcs qui favorisent la biodiversité

f)Construire la souveraineté alimentaire sur la base d’une réforme agraire intégrale, avec priorité aux investissements agricoles pour utiliser les réserves de productivité dans une logique qui respecte les écosystèmes, la biodiversité ainsi que les besoins et la culture de la majorité de la population. g)Détruire les liens de dépendance avec Washington, l’Union Européenne et l’impérialisme. Abandonner les politiques dictées par les diverses versions du consensus de Washington. Rompre avec les IFIs et leurs plans (…) »

PAPDA propose enfin d’en finir avec la MINUSTAH et de construire des brigades de solidarité de peuple à peuple.  Que chacun et chacune de nous se mobilise !

Anne Cauwel, Paris, 18 janvier 2009

(1)cité par Michel Collon dans « les sept pêchés de Chavez » (2)Galeano « los pecados de Haiti »

Patria socialismo o muerte

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