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Haïti

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Haïti
    Envoyé : 02 Sep 2010 à 17:28

Haïti et l’UNASUR décident d’un Plan de reconstruction

Port-au-Prince, 1er septembre, (RHC)--. Rafael Correa, sous son chapeau de président tournant de l’UNASUR, l’Union des Nations Sud-américaines et René Préval, le Chef de l’Etat haïtien, ont signé à Port-au-Prince un plan d’action pour la reconstruction d’Haïti.

Le programme comprend d’importantes mesures pour réparer les dégâts causés par le séisme du 12 janvier à l’infrastructure urbaine et productive.

Adopté d’avance par les pays signataires de l’UNASUR, le Plan d’action vise à réduire la vulnérabilité de la population haïtienne et à consolider les capacités de réponse aux inondations et aux ouragans.
Conçu sur les bases des priorités du gouvernement haïtien, le programme prévoit plusieurs déboursements jusqu'à totaliser les 100 millions de dollars.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Aug 2010 à 21:18

Haïti Un pays appauvri par une dette coloniale

Une pétition rendue publique la semaine dernière demande le remboursement de la « dette d’indépendance » d’Haïti.

Le 1er janvier 1804, Haïti proclame son indépendance au terme d’une bataille victorieuse contre les troupes napoléoniennes. Mais vingt ans plus tard, en 1825, la première République indépendante noire est contrainte par Charles X de payer une indemnité de 150 millions de francs or au titre du dédommagement des anciens colons. Le souverain menace d’envahir l’île et d’y rétablir l’esclavage en cas de non-paiement. Réévaluée à 90 millions de francs or, cette dette, honorée en 1947, a paralysé le développement d’Haïti pendant plus d’un siècle.

C’est pour demander à la France le remboursement de cette dette inique, aujourd’hui estimée à plus de 17 milliards d’euros, qu’un groupe d’intellectuels et d’hommes politiques a adressé au président de la République une lettre ouverte publiée dans Libération la semaine dernière. Rassemblant les signatures de plusieurs dizaines de personnalités, universitaires (tels Noam Chomsky, Étienne Balibar, Jacques Rancière ou Alain Badiou), représentants politiques, journalistes, écrivains et cinéastes, le texte insiste sur la nécessité de restituer cette somme au nom de «l’idéal d’égalité, de fraternité et de liberté cher à la France», alors qu’Haïti ne parvient pas à se relever du séisme du 12 janvier 2010. Depuis cette catastrophe, la sphère politico-médiatique n’a cessé d’insister sur la pauvreté de l’île, sans pour autant s’attarder sur l’origine de ce dénuement. Or cette dette illégitime a largement participé au naufrage du pays, «les besoins vitaux et les aspirations au développement de générations entières d’Haïtiens» ayant été sacrifiés pour son remboursement. Pourtant, en 2003, quand le gouvernement haïtien réclame le remboursement de ces fonds spoliés, «le gouvernement français a participé à son renversement». Pour les signataires de la lettre, il faut mettre fin au plus vite à cette injustice et répondre enfin à «une demande qui est moralement, économiquement et légalement inattaquable».

Virgile Dessirier

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Aug 2010 à 22:32

Haïti : « La France refuse d'accueillir nos enfants »

L'Humanité n'oublie pas : Huit mois après le terrible séisme qui a ravagé l'île, causant la mort de près de 300 000 personnes et faisant 1,3 million de sans-abris, la reconstruction du pays bute contre de nombreux obstacles de taille, tandis que les promesses françaises ne sont pas tenues. 

Outre les protestations de la population haïtienne à l’encontre d’un gouvernement accusé de corruption et critiqué dans sa gestion du plan de reconstruction, le mécontentement de la communauté haïtienne installée en France est de plus en plus vif. En janvier, le ministre de l’Immigration Eric Besson avait annoncé un allègement des conditions du regroupement familial afin de permettre aux 80 000 ressortissants haïtiens d’accueillir plus facilement leurs proches frappés par la catastrophe. Néanmoins, de multiples associations telles que Réseau éducation sans frontières (RESF) dénoncent les obstacles administratifs au regroupement familial qui déçoivent les espoirs placés par beaucoup, en France et en Haïti, dans cette procédure.

Trois problèmes fondamentaux peinent à être résolus : le logement, la santé et l’agriculture. De nombreux Haïtiens ont trouvé refuge dans des abris temporaires qui ne protègent pas des intempéries. Quant à ceux qui se sont réfugiés chez des proches dans les régions rurales, leur nombre accru fait pression sur les ressources des familles, déjà soumises à une précarité structurelle. En ce qui concerne l’agriculture, pilier de l’économie haïtienne, il est nécessaire de « relancer le circuit agricole en distribuant les semences qui manquent, pour que les populations puissent faire la prochaine récolte », préconise Pascal Bernard, directeur des opérations d’Acted (Agence d’aide à la coopération technique et au développement). Le pays a perdu sa souveraineté économique sous l’injonction des politiques d’ajustements structurels, anéantissant, notamment, le secteur agricole.

Vous trouverez mardi dans L’Humanité du 24 août un dossier complet sur ces questions préoccupantes, avec reportages et entretiens à l’appui.

Lors de la Fête de l'Humanité, le Village du livre rendra hommage, en leur présence, aux écrivains haïtiens, le dimanche à 14 heures. Le Secours populaire français, dans son espace, poursuivra la campagne de collecte de dons, tandis que Copains du monde sensibilisera les enfants, tout le week-end, à l'espace Enfance.

Elodie Vergelati

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Aug 2010 à 18:44

Le rappeur Wyclef Jean candidat à la présidence de Haïti

La candidature du chanteur et producteur est controversée dans l’île.

Wyclef Jean, ancien leader des Fugees et vedette internationale du hip-hop, a déposé jeudi sa candidature à l'élection présidentielle de novembre en Haïti où, fort d'une grande popularité, il s'avancera en possible vainqueur. L'annone a d'abord été faite dans le show TV de Larry King sur CNN, puis devant ses partisans réunis dans le centre de la capitale Port-au-Prince. "J'aimerais dire au président Barack Obama que les Etats-Unis ont Obama et que Haïti a Wyclef Jean", a dit le musicien, triple lauréat d'un Grammy award.

Il s'exprimait avoir déposé officiellement sa candidature devant la commission électorale, une formalité qui devait être remplie avant samedi. Le scrutin est prévu le 28 novembre. Wyclef Jean sera le candidat du parti Viv Ansanm, a précisé à Reuters le chef de cette formation politique, Daniel Jean Jacques. Wyclef Jean, qui aura 38 ans au moment de l'élection, n'a jamais exercé de mandat électoral. Mais cet auteur-compositeur-interprète est très admiré dans son île d'origine, qu'il a quitté à neuf ans pour émigrer aux Etats-Unis. L'ancien leader du trio Fugees, également connu pour sa collaboration avec la Colombienne Shakira et leur tube 'Hips don't lie" en 2006, est né le 17 octobre 1972 à Haïti, mais il a grandi à New York puis dans le New Jersey.

Il lève depuis des années des fonds pour aider les Haïtiens grâce à sa fondation Yele Haiti après le séisme du 12 janvier, qui a fait dans les 300.000 morts. La catastrophe a détruit de grandes parties du pays, dont la capitale, et a privé 1,5 million de personnes de toit. 

Taclé par Sean Penn

Wyclef Jean est considéré comme un prétendant crédible à la présidence du pays le plus pauvres des Amériques pardles analystes, dont certains le voient même gagner facilement, et sa candidature a semé la panique dans la classe politique. L'acteur américain Sean Penn en revanche a fait part de ses réserves sur cette candidature, mettant notamment en doute les motivations du musicien et de ses soutiens. Sean Penn, très impliqué dans l'aide à Haïti après le séisme dévastateur du 12 janvier, a affirmé que le chanteur n'avait pas été présent pendant les mois qui ont suivi la catastrophe. Reconnaissant que le chanteur était "une voix importante", Sean Penn l'a cependant accusé d'avoir détourné 400.000 dollars de dons dans le cadre de levées de fonds pour son ONG. "Je veux quelqu'un qui veuille vraiment, mais vraiment, se sacrifier pour son pays et pas juste quelqu'un que j'ai vu personnellement dans un convoi de voitures de luxe, exhibant une richesse qui me semble déplacée à Haïti", a ajouté l'acteur.

Le gouvernement du président sortant René Préval, qui ne peut briguer sa propre succession, a subi un feu nourri de critiques en raison de son incapacité à mieux aider les victimes du séisme et à lancer le chantier de la reconstruction.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Aug 2010 à 15:13

66 nouveaux médecins haïtiens reçoivent leur diplôme à la faculté de médecine de Santiago de Cuba

Santiago de Cuba, 5 août, (RHC)--. 66 jeunes Haïtiens ont terminé cette année leurs études à la faculté de médecine de Santiago de Cuba.

Ce centre d’études supérieures a d’ores et déjà formé 614 médecins haïtiens, une importante contribution au système de santé du pays le plus arriéré de notre continent.

Aujourd’hui, Haïti recense 2,7 praticiens pour 10 000 habitants.

Les jeunes médecins formés à Cuba recevront leur diplôme au cours d’une cérémonie à Port-au-Prince où ils ont consacré une partie de leur internat à l’attention des sinistrés du séisme dévastateur du 12 janvier.

Quelque 440 autres Haïtiens font actuellement leur médecine à la Faculté de médecine de Santiago de Cuba.

Un nouvel élan est donné au projet de reconstruction du système de santé haïtien

La Havane, 5 août (RHC-PL).- La 4è réunion tripartite Haïti, Brésil et Cuba s’est terminée par un important élan au projet de reconstruction du système de santé dans ce pays caribéen, dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier dernier.

Jacques Hugues Henry, doyen de la Faculté de Médecine de Port au Prince, a mis l’accent sur les vertus de relier les polycliniques avec la communauté, le traitement humain et personnalisé aux patients et l’approche cubaine de préserver la santé.

Les participants à cette réunion tripartite ont visité l’Institut d’hygiène, d’épidémiologie et de microbiologie où ils ont été reçus par Lorenzo Somarriba, vice ministre de la santé publique et par Mariano Bonet, le directeur du centre.

La visite a permis un échange de points de vues sur la collaboration en vue de la mise au point d’un programme qui prévoit la création de laboratoires sanitaires, la formation d’activistes de contrôle hygiénique et des vecteurs, ainsi qu’un travail éducatif dans les communautés d’Haïti.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Aug 2010 à 02:07

Les pays occidentaux comptent-ils honorer les promesses d'aide humanitaire faites à Haïti et annoncées en fanfare ?

Par emcee le jeudi 5 août 2010, 23:47 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent

Probablement pas. En tous cas, c'est mal parti.
Comme je l'ai signalé précédemment, malgré six mois déjà écoulés et la saison des pluies qui menace gravement les réfugiés, seulement 2% des aides promises ont été versées par les principaux pays occidentaux, dont les US et … la France, acteurs majeurs à Haïti.
Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir joué des coudes pour se presser devant les caméras et verser des larmes de crocodile sur le sort de ces "pauvres Haïtiens".
Une fois encore, la communauté internationale prouve sa totale lâcheté et sa mesquinerie face aux malheurs des populations en détresse par sa faute.
Dans l'article qui suit, l'auteur Ashley Smith, enfonce à nouveau le clou et dénonce le cynisme des puissants de ce monde.
Haïti est une chasse gardée des Etats-Unis, qui punissent les Haïtiens de vouloir s'émanciper en les maintenant dans la misère et en réprimant violemment toute rébellion. Tout cela avec l'aide active de la communauté internationale, dont la Mission de Stabilisation de l'ONU à Haïti (MINUSTAH).
N'oublions pas Haïti.
Source: The Betrayal of Haiti, par Ashley Smith / 2 août 2010

haiti_gravats.jpg



La trahison des promesses faites à Haïti

Six mois après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti, les promesses des gouvernements les plus puissants du monde de verser des milliards de dollars d'aides à un des états les plus pauvres et les plus faibles du monde n'ont toujours pas été tenues.
A la suite du tremblement de terre à Haïti, le 12 janvier de cette année, il y a eu un immense élan de solidarité, et des particuliers depuis les US jusqu'en Palestine et ailleurs ont donné aux ONG et aux organisations caritatives, même s'ils ne possédaient pas grand-chose eux-mêmes.
Fin mars, les Nations-Unies tenaient une conférence internationale pour que des donateurs financent la reconstruction d'Haïti, où des dizaines de pays avaient promis près de 100 milliards de dollars pour les prochaines années et plus de 5 milliards de dollars pour les 18 premiers mois de la reconstruction d'urgence.
Mais la réponse des grandes puissances mondiales est inversement proportionnelle à la générosité de leurs citoyens. Les Etats-Unis, la France, le Canada et les Nations-Unies - sans parler d'une série d'organisations non-gouvernementales (ONGs) qui ont des liens avec les milieux hauts placés, n'ont pratiquement rien fait pour reloger les réfugiés. Ils n'ont pas fait enlever les gravats, a fortiori commencé la reconstruction, et ont trahi leur promesse de distribuer des aides.
Au lieu de cela, le tremblement de terre d'Haïti sert de prétexte pour accélérer la mise en place d'un programme néolibéral et pour renforcer l'occupation du pays par l'ONU qui dure depuis six ans pour réprimer toute opposition.
Pendant ce temps, la situation à Haïti reste catastrophique. Le tremblement de terre a tué plus de 300.000 personnes, dont un quart environ d'agents de l'Etat. Il a détruit d'innombrables habitations, privant de toit 1,5 millions de personnes, et il a démoli le palais national et anéanti une majorité de bâtiments publics. Globalement la Banque Inter-American Development estime que le tremblement de terre a causé entre 8 et 13 milliards de dollars de dégâts.
Six mois plus tard, le million et demi de personnes sans abri ne sont toujours pas relogées, luttant pour survivre dans 1300 camps de réfugiés.
Curieusement, d'après certains témoignages, 232.000 personnes parmi ces sans-abri ne disposent même pas de tentes ou de bâches. Seul un quart des camps est géré soit par l'Etat soir par des ONG.
D'après le récit sinistre paru dans la Gazette de Montréal, Port-au-Prince ressemble encore à une zone de guerre … les camps dressés par des centaines de milliers de Haïtiens dans les heures qui ont suivi la tragédie qui a brisé leurs vies deviennent des taudis permanents.
Les pluies torrentielles de fin d'après-midi détrempent leurs affaires et laissent des flaques grandes comme des lacs où se reproduisent les moustiques qui répandent ensuite la malaria. On entend partout des toux rauques. La gale et d'autres infections attaquent la peau fragile des enfants couverte de cloques rouges irritantes. Les ventres sont gonflés et les cheveux virent à l'orange à cause de la malnutrition. Les vomissements et la diarrhée sont aussi courants que les mouches.
Alors que les blessures subies à la suite du séisme sont devenues des cicatrices, d'innombrables accidents surviennent à cause des conditions de vie épouvantables – des petits enfants qui tombent dans des cuves de riz ou de haricots bouillantes, des gens qui se cassent un bras ou une jambe sur des plaques de béton et de fil de fer, des familles entières qui sont empoisonnées par le monoxyde de carbone en faisant la cuisine dans leurs tentes. Dans toute la ville, la puanteur de corps en décomposition a été remplacée par la puanteur des tas d'ordures en décomposition.
Ni les gouvernements, ni les institutions internationales, ni les ONG n'ont levé le petit doigt pour construire des logements pour remplacer ces camps.
D'ailleurs, le seul camp de remplacement important qui a été créé montre clairement comment la caste au pouvoir à Haïti exploite la crise pour réaliser des profits.
Le gouvernement haïtien, en collaboration avec l'armée U.S., a commencé la reconstruction à Corail Cesselesse, à près de 25 km de Port-au-Prince dans le but de créer une nouvelle ville de 300.000 habitants. Il a nommé Gerard Emile “Aby” Brun, le président de Nabatec Development, pour superviser le transfert sur le site de quelque 7.000 personnes qui étaient installées dans un camp illégal sur le golf de Petionville.

Selon Jonathan Katz, de l'Associated Press, Brun “est également un des principaux négociateurs qui traitent actuellement avec des entreprises du textile sud-coréennes pour construire des usines qui, selon les autorités haïtiennes, vont probablement s'installer à Corail Cesselesse. Le camp qu'il a aménagé servira éventuellement de vivier de main d'œuvre pour ces usines, qui pourront bénéficier de la généreuse législation américaine sur les importations de textiles assemblés à Haïti (loi Hope NDT)".

Toutefois, ce camp est situé sur une zone inondable sans végétation pour se protéger du soleil brûlant ou des pluies torrentielles pendant la saison des ouragans. Un travailleur humanitaire d'Oxfam a expliqué au New York Times que le projet pour Corail Cesselesse:

"ne représente pas une vision stratégique claire de la part de l'Etat. C'est comme le Soudan. Il n'y a pas un arbre à l'horizon. Les habitants ont le sentiment d'être pris dans un piège. Ils ont des difficultés à trouver une activité génératrice de revenus et ils ne vont pas tarder à avoir du mal à se nourrir".

En attendant, à Port-au-Prince et dans les villes alentour, malgré les promesses, les maisons, les hôpitaux et les immeubles en ruines sont dans l'état où ils étaient à la suite du tremblement de terre.
Jusqu'à présent, seuls 5% des 26 millions de mètres cubes de gravats ont été déblayés. Le New York Times écrit: "les spécialistes indiquent qu'il faudrait un millier de camions pendant 3 à 5 ans pour arriver à déblayer les dégâts, alors qu'il y en a moins de 300 à l'œuvre sur le terrain en ce moment". Les pays donateurs, les ONGs et le gouvernement haïtien n'ont réussi à construire que 5500 abris résistant aux ouragans.
Les personnalités de premier plan chargées des opérations humanitaires, comme Bill Clinton, co-président de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH)– prétendent que les promesses de reconstruction non tenues sont dues à l'ampleur énorme de la catastrophe et à la crise internationale qui a épuisé tous les fonds disponibles pour Haïti.
Mais ce ne sont que des prétextes. Si Haïti était une priorité, les grandes puissances trouveraient l'argent.
Comme ce n'est pas le cas, elles n'ont promis que la somme dérisoire de 10 milliards de dollars. Comparez cela avec les sommes que dépensent les US pour leurs véritables priorités – par ex, avec les 663 milliards de dollars destinés au Pentagone pour l'année 2010.
Et l'ampleur de la catastrophe, plutôt que d'être un prétexte pour ne rien faire, devrait inciter à une mobilisation massive des ressources pour la reconstruction.
Au lieu d'intensifier les opérations de secours, les pays donateurs – avec l'aide des médias occidentaux – se servent du gouvernement haïtien comme bouc émissaire pour détourner l'attention sur le peu qu'ils ont accompli.
Par exemple, ils accusent le président haïtien René Préval de n'avoir pas su régler les problèmes de régime foncier et de n'avoir pas obtenu de terrains pour la construction de logements neufs. Mais la plupart des grands propriétaires terriens sont des alliés des Etats-Unis. Le gouvernement US est dans une meilleure position que l'impuissante administration Préval pour obliger les propriétaires à donner des terrains destinés à la construction de logements.
Ce qui ne veut pas dire que Préval n'a pas de torts. Il s'est conduit de façon pathétique, se volatilisant à la suite du séisme, et tout en maugréant sur la violation de souveraineté, il servait de caution haïtienne à la trahison de l'empire.
Par exemple, le 12 juillet, six mois jour pour jour après le tremblement de terre, alors que la capitale était encore en ruines – et la population toujours dans de vastes taudis de toile – Préval distribuait des médailles en l'honneur de représentants de pays et d'ONG qui avaient fait si peu la reconstruction de Port-au-Prince. Mais il est absurde d'accuser Préval d'être la raison majeure des dysfonctionnements de l'Etat haïtien. Les Etats-Unis, la France et le Canada, ainsi que l'ONU sont directement responsables d'avoir empêché le gouvernement haïtien d'organiser la reconstruction, à fortiori du futur développement du pays.
Cette déloyauté envers Haïti dure depuis des siècles. Après la révolution des esclaves de cette colonie française, qui a abouti à l'indépendance en 1804, les puissances européennes ont déstabilisé toute tentative du pays d'adopter une nouvelle forme de politique dans l'intérêt de sa population .
On se souvient que la France avait exigé qu'Haïti verse la somme de 21 milliards de dollars (en monnaie actuelle) de dommages et intérêts pour les pertes infligées aux propriétaires des esclaves.
Depuis les années 1980, les Etats-Unis imposent une politique néolibérale – ce que les Haïtiens appellent le "programme de la Mort" – qui empêche le gouvernement de contrôler l'économie du pays. Par exemple, les Etats-Unis ont forcé l'ancien président Jean-Bertrand Aristide et Préval, son allié de l'époque, à privatiser des compagnies publiques et de baisser les tarifs douaniers sur les importations de riz. Cette politique a augmenté le chômage parmi les salariés des villes et concurrencé la production de riz haïtienne au point que le pays aujourd'hui est tributaire du riz américain subventionné.
En conséquence, le revenu par personne a baissé de 20% – de 600 dollars en 1980 il est de 480 aujourd'hui. Parallèlement, les Etats-Unis et leurs alliés internationaux collaboraient pour neutraliser toute tentative d'Haïti d'utiliser les fonds publics pour améliorer les conditions de vie des pauvres dans les campagnes et dans les villes. Par exemple, Aristide a été destitué de ses fonctions de président deux fois par des coups d'état en 1991 and 2004 pour empêcher une réforme sociale dans l'intérêt des paysans, des ouvriers et des pauvres. Depuis le second coup d'état, le gouvernement haïtien ne contrôle plus du tout le pays.
Les Etats-Unis et les autres puissances impériales, et les institutions financières internationales dirigent l'économie d'Haïti, et l'ONU, grâce à la mal nommée "Mission de Stabilisation à Haïti" (MINUSTAH), occupe le pays depuis 2004, le dirigeant dans la tradition néocoloniale.
Et donc, ces pouvoirs ont besoin de se trouver des boucs émissaires parce qu'après tout le battage qui a accompagné les conférences des donateurs, ils n'ont pas tenu leurs promesses.
Seuls le Brésil, la Norvège, l'Estonie et l'Australie ont versé tous les dons qu'ils avaient promis à la CIRH. Le Washington Post écrit que les donateurs n'ont versé que 2% des 5,3 milliards de dollars promis pour les 18 premiers mois critiques de la reconstruction d'urgence. Selon le PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement, la CIRH elle même n'a redistribué que 506 millions de dollars – à peine 9% des fonds prévus pour le budget pour 2010 et jusqu'au milieu de l'année 2011.
Les Etats-Unis ont joué un rôle essentiel pour paralyser l'attribution des fonds à Haïti. Le Sénat a barré la contribution de 28 milliards de dollars, à la suite de manœuvres orchestrées par le sénateur républicain Richard Lugar pour bloquer cette offre d'aide financière.
Lugar exige que les Etats-Unis ne donnent pas toute leur contribution tant que Préval ne cherchera pas à organiser des élections libres et équitables – traduction: des élections que les candidats pro-U.S. seront sûrs de gagner– et tant qu'il ne réduira pas les barrières pour les investissements privés.
C'est à cause de ces manœuvres que la CIRH n'a dans ses coffres que 90 millions de dollars.
Ne comptez pas sur l'arrivée de nouveaux fonds. Les principaux gouvernements de la planète ne tiennent guère leurs promesses vis-à-vis d'Haïti. Une précédente conférence de donateurs réunie à l'ONU sur Haïti en avril 2009 avait obtenu des promesses de dons totalisant 400 millions de dollars, mais le pays n'a vu la couleur que de 15 % de cette somme.
Ce qui a été dépensé par la CIRH montre que les états les plus puissants de la planète préfèrent bourrer les poches de leurs propres entreprises.
Beverly Bell de l'"Institute for Policy Studies" a constaté que d'énormes sommes d'argent sont retournées aussitôt dans les poches des pays donateurs, comme avec les 40 cents prélevés par l'état US sur chaque dollar destiné à l'aide humanitaire pour payer la présence militaire à Haïti, cela pendant au moins les deux premiers mois qui ont suivi le tremblement de terre. Les groupes privés US empochent des sommes considérables, comme l'industrie agroalimentaire avec les excédents de riz achetés par USAID (l'Agence Américaine pour le Développement International) pour être distribués dans le cadre de l'aide alimentaire.
Il y a aussi les honoraires payés à une multitude de consultants qui travaillent pour les gouvernements étrangers et les agences internationales …
Ensuite, il y a la corruption et la mauvaise planification qui détournent également des survivants du séisme qui en ont terriblement besoin les fonds affectés aux secours.
L'ONU a également laissé tomber Haïti tout le long de la crise. Les hauts responsables de l'ONU vivent dans un luxe relatif séparés de la population haïtienne. Commettant une erreur de communication désastreuse mais révélatrice, les Nations Unis ont déboursé 10 millions de dollars pour la location de deux bateaux de croisière, l'Ola Esmeralda et le Sea Voyager– surnommé par le personnel de l'ONU le "bateau de l'Amour" – destinés à loger des responsables du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de la MINUSTAH.
Edmond Mulet, ancien diplomate guatémaltèque qui dirige la mission de l'ONU, a expliqué aux journalistes que les bateaux étaient destines à récompenser le personnel de l'ONU pour leur travail. "C'est le moins que nous pouvions faire pour eux", a-t-il déclaré. Ils travaillent 14 à 16 heures par jour. La région était en ruines. Les conditions de vie sont épouvantables".
(…)
La MINUSTAH, pendant ce temps, occupe le pays depuis 2004, les soldats venant du Brésil et de plusieurs autres pays, dont Israël. À eux trois, Mulet, Ban Ki-moon, le Secrétaire Général de l'ONU et le général brésilien Luiz Guilherme Paul Cruz ont fait grimper les effectifs des forces d'occupation de l'ONU à 8.940 soldats et 4.391 policiers.
L'occupation du pays par les Nations Unies revient à plus de 51 millions de dollars par mois. Les soldats de l'ONU ne parlent pas le créole haïtien. Conjointement avec la police haïtienne formée par les US, ils patrouillent dans les quartiers pauvres, arrêtant les opposants politiques pour les incarcérer et réprimant la contestation.
Tout comme ils l'ont fait sitôt après le séisme, les gouvernements étrangers et les médias ont monté en épingle les menaces de violences dans les camps de réfugiés pour justifier une augmentation de la présence militaire. Les exemples de viols et de violences sexuelles envers les femmes sont, certes, un véritable problème. Mais ni les troupes de l'ONU ni la police haïtienne ne sont aptes à les régler.
En fait, un tas d'enquêtes sur les droits humains ont révélé des violations des droits humains commises à la fois par la police haïtienne et les forces de la MINUSTAH. En 2007, la MINUSTAH a expulsé 114 soldats sri-lankais après qu'ils ont été accusés de viol et de mauvais traitements sur les enfants. Au cours de la crise actuelle, des femmes haïtiennes ont accusé des soldats de l'ONU et des policiers de leur avoir imposé des rapports sexuels en échange de nourriture et d'aide humanitaire.
Pour traiter véritablement les causes de la violence et des viols dans les camps, les grandes puissances devraient résoudre les conditions de vie épouvantables dans les camps – cela même pour quoi elles se sont défilées. Dépenser 51 millions de dollars pour l'armée et la police ne peut qu'accroitre la violence – la violence de forces de répression sur des populations excessivement pauvres – surtout quand elles protestent contre la détérioration de leurs conditions de vie.
En juin denier, des manifestations ont eu lieu partout à Haïti pour protester conte l'occupation de la MINUSTAH et l'administration Préval. Des graffiti peints sur les ruines de Port-au-Prince dénoncent l'ONU, les U.S., les ONG et Préval.
De nombreuses manifestations et de nombreux graffiti réclament le retour d'Aristide. Ils protestent également contre les membres de la commission électorale de Préval triés sur le volet, qui vont sans doute exclure le parti politique le plus populaire dans le pays, le Fanmi Lavalas d'Aristide, ce qui truquerait ainsi les élections prévues pour le 28 novembre.
Les hauts responsables de la MINUSTAH ont dit clairement que leur principal souci était la résistance croissante et leurs soldats s'en sont pris aux manifestants. Par exemple, le 23 mai, les soldats de l'ONU se sont déchaînés dans l'énorme camp de réfugiés installé face au Palais National, lançant de gaz lacrymogènes et tirant des balles de caoutchouc pendant des heures. Le jour même, des soldats de la MINUSTAH envahissaient l'Université d'Haiti lançant également des gaz lacrymogènes et tirant des balles en caoutchouc sur une manifestation d'étudiants.
L'espoir pour Haïti réside dans sa résistance nouvelle contre l'occupation coloniale. Seule la résistance peut forcer les forces internationales à verser les aides promises – et veiller à ce que les aides servent véritablement les intérêts des paysans, des ouvriers et des habitants des villes pauvres. Comme l'a déclaré Jacqueline Cherilus, une étudiante en médecine de 22 ans à l'Université Lumière:

"Aux US-américains et à tous ceux qui ont envoyé des tentes : on en a marre de tout ça, des sempiternelles tentes et des sempiternelles bâches. Ce qu'il nous faut, c'est la reconstruction. Vous voyez la force des pluies actuellement? Les tentes ne peuvent pas résister contre cette pluie. Combien de temps encore pouvons-nous vivre dans des tentes. On ne peut pas vivre deux ou trois ans sous des bâches. Il nous faut des maisons. Bientôt il va y avoir des ouragans et des inondations. L'aide humanitaire est mal organisée et mal répartie. Il y a des tas de gens qui ne reçoivent aucune aide. Pour avoir une aide véritable, il faut un changement social.

En dehors d'Haïti, les militants doivent exprimer leur solidarité envers le mouvement de protestation naissant contre l'occupation et pour le développement dans l'intérêt des paysans, des ouvriers et des habitants pauvres des villes.
Nous devons présenter diverses revendications: d'abord, nous devons soutenir le droit d'Haïti à l'auto détermination.
Ce sont les Haïtiens et leur gouvernement qui doivent contrôler la reconstruction de Port-au-Prince et du reste du pays, et non pas les puissances impériales, leurs entreprises privées, l'ONU et les ONG.
Nous devons réclamer les aides promises à l'état haïtien afin qu'il puisse mieux répondre aux besoins de logements, de soins médicaux et d'éducation.
Nous devons également appeler à la fin de l'occupation du pays par l'ONU et à la fin de son interdiction du retour de Jean-Bertrand Aristide. De plus, le parti d'Aristide, Fanmi Lavalas, la force politique la plus populaire du pays, doit être autorisée à participer aux prochaines élections.
Outre les aides dérisoires qu'ils ont promises, les Etats-Unis, la France et le Canada doivent payer des dommages et intérêts pour les préjudices qu'ils ont fait subir à Haïti. La France peut commencer à rembourser les 21 milliards qu'elle a extorqués au pays quand il a obtenu son indépendance.
Ce n'est que quand les Haïtiens auront le droit de décider de leur propres choix économiques et politiques qu'Haïti pourra les mettre en œuvre dans l'intérêt de sa population.

Ashley Smith est un écrivain et militant de Burlington, Vermont. Ses articles sont souvent publiés dans Socialist Worker et l' International Socialist Review.

Note perso

Rien n'a été fait de la part de ces gouvernements escrocs. Evidemment.
Pourtant, il y avait une véritable volonté de la France de s'intéresser à Haïti, puisque le sous-ministre de l'époque n'avait pas hésité, pour se rendre en Martinique en mars dernier à une conférence sur Haïti, à affréter un jet privé pour la modique somme de 116.500 euros ….
Il s'est depuis "démissionné". Sait-on seulement qui le remplace? Encore un fainéant qui aime le confort de la soie et les voyages exotiques sans doute …
Quant à son président, sa lâcheté, sa duplicité et son mépris du peuple n'ont jamais failli. Rien de bon ne peut venir de ce côté-là. Et encore moins tenir une promesse envers les manants, surtout quand il s'agit de lâcher 21 milliards de dollars qui peuvent s'utiliser à bien meilleur escient.
Voilà ce qu'ils feront sans doute aux Cubains s'ils arrivent à mettre la main sur l'île: ils les puniront impitoyablement pour leur avoir résisté.
Vous allez me dire: c'est déjà le cas. Certes, mais pas au point de ce qu'ils ont fait aux Haïtiens depuis que ceux-ci ont proclamé leur indépendance.
Pour l'instant, les Cubains sont protégés et se protègent entre eux. Mais la cruauté du camp adverse n'a plus de limites. Il ne faut tout de même pas oublier qu'ils ont participé, d'une façon ou d'une autre, à un bon nombre de guerres, voire de génocides, sur toute la planète.

Donateurs

Autre problème soulevé et dont on ne parle pas assez (si ce n'est jamais): ce sont les soi-disant "dons" des états occidentaux. Ces dons ne sont qu'un leurre: ce qui est donné d'une main sur les fonds publics va être récupéré de l'autre main par leurs entreprises privées, en particulier US, qui "aideront" à la reconstruction moyennant finances, qui seront dégrevées d'impôts, etc. Rien ne se perd chez ces gens-là.
Et plus la catastrophe est médiatisée, plus les prédateurs se frottent les mains.

Les ONG

L'aide humanitaire est donc payée par les dons des particuliers via les ONG (qui commencent par en ponctionner une partie pour leurs "frais de gestion") et les impôts des travailleurs que les gouvernements utilisent pour l'envoi d'aide humanitaire et pour payer les entreprises.
Tout le système caritatif est basé sur la publicité, l'argent récolté et la charité et géré par des sociétés privées à peine contrôlées par des organismes indépendants (si certaines têtes tombent, parfois, le système perdure). Pour les catastrophes très médiatisées, comme le tsunami, des dizaines d'ONG jouent au coude à coude, chacune voulant occuper le terrain, tout près des médias qui leur servent d'agents de relations publiques.

Concurrence et manque de coordination

A la suite du tsunami de 2004, alors que les ONG avaient abondamment rempli leurs caisses, qu'ont-elles fait de l'argent inutilisé pour les secours d'urgence et qui était arrivé en abondance? Elles l'ont, pour certaines, réaffecté à d'autres actions (avec l'accord des donateurs, apparemment), et pour d'autres, placé en attendant de pouvoir l'affecter à la reconstruction ou autres "besoins". (Tsunami/ dons en sommeil : les ONG s'expliquent).
Pourtant, quand MSF avait tiré la sonnette d'alarme, disant qu'il ne fallait plus envoyer de dons, les autres ONG se sont insurgées. On ne ferme pas le robinet des dons.
Quand il s'agit des dons en nature, la gabegie peut être encore plus grande. Que ce soient des médicaments, du linge ou des vêtements inappropriés pour fournir une aide aux sinistrés. (Les ratés de l'humanitaire).

Organisation de l'aide

Il y a donc souvent un manque de coordination des secours et certains sinistrés - moins visibles, plus excentrés - ne voient pas arriver d'aide humanitaire.
Pire, les ONG caritatives décident de ce qui est bon pour les autres à leur place. Les populations locales sont souvent écartées des décisions ou à peine écoutées. Or, d'une part, celles-ci sont victimisées, et donc dépossédées de toute autorité, voire infantilisées et, d'autre part, elles sont contraintes d'accepter ce qu'on leur donne même si cela ne correspond pas à leurs propres besoins.
"Un exemple: à Banda Aceh, après le tsunami de 2004, on a construit des maisons sur le mode urgentiste. Mais on a négligé la question de l'eau, de son évacuation, et on a oublié de créer un jardin par maison, ce dont les habitants ont un besoin vital. Résultat: ces habitations sont abandonnées au fur et à mesure" ("En Haïti, les ONG et les Etats ont confondu urgence et précipitation)"

Autres liens intéressants:

Le 25 janvier 2010, les ONG françaises avaient recueilli 40,5 millions d'euros

Ingérence étrangère ou mobilisation des savoirs locaux ? L’humanitaire, du tsunami à Haïti

Et, pour revenir à Haïti:
Le pouvoir local est marginalisé, Préval affaibli et décrédibilisé. Le pays n'ayant pas les moyens financiers pour faire face, il est tributaire des dons extérieurs, et donc des ONG et des pays donateurs. Le président haïtien, lui, est censé cogérer cette crise avec Bill Clinton, imposé par les US avec l'aval de la "communauté internationale". Résultat? Rien n'a bougé pour les populations sinistrées.
Beaucoup de monde, beaucoup de brassage d'argent et pratiquement zéro avancée pour les principaux intéressés.
Parallèlement, le pays prépare les élections de novembre. Et d'ici là, il faut maintenir la population en état de dépendance pour parer à toute rébellion.

Une lueur d'espoir, cependant, dans ce monde de barbares:

CRIME et canular : ou comment un groupe activiste inspiré des Yes Men annonce le remboursement par la France du prix payé par Haïti pour son indépendance
jeudi 29 juillet 2010
Au Cap Nègre, ça doit faire des vagues dans la piscine, tout ça.

On aura tout vu: des milliardaires américains s'achètent une concession permanente au paradis

Et puis, dans les niouzes, on apprend que quarante milliardaires américains s’engagent à donner la moitié de leurs richesses à des œuvres caritatives.
Quelle honte! Ces gens - qui ont fait fortune, non pas par la force de leur travail, ni même grâce à une intelligence exceptionnelle, mais par cupidité, en spéculant, en détournant l'argent public, en créant des monopoles, en écrasant la concurrence, en fermant des usines, en supprimant des emplois, en délocalisant pour faire produire leurs marchandises par des esclaves, en brisant des vies … - vont léguer 50% de leur fortune non pas à l'Etat, pourtant si généreux et compréhensif, pour que l'argent soit redistribué équitablement, mais à des … ONG!
C'est-à-dire qu'ils s'assurent que même après leur mort se perpétuera le système politico-caritatif capitaliste qui consiste, d'abord, à affamer les populations, puis à les maintenir dans la dépendance en leur donnant des miettes - et à choisir les causes qui "méritent" qu'on s'y intéresse.
Scandaleux! Dire qu'il y a une majorité de gens pour les admirer! La bêtise et la servilité humaines sont incommensurables.
(Moi, je commencerai à m'intéresser aux généreux milliardaires quand ils feront don immédiat de 80% - allez, on leur en laisse 20 pour vivre - de leur fortune pour que l'argent serve aux soins de santé, aux emplois et aux logements pour tous et aux infrastructures vitales -avec interdiction de l'utiliser pour l'armée. Bon, là peut-être qu'ils n'auront pas le temps de mettre leur projet à exécution ... on les aura enfermés en HP avant).
Pourtant, ils ne prennent pas beaucoup de risques à léguer la moitié de leur fortune: ils seront morts! Et, jusqu'à preuve du contraire, ils n'auront plus besoin d'argent.
Et même s'ils font ce don de leur vivant, il leur restera encore quelques milliards pour vivre et continuer de racheter des entreprises pour licencier les travailleurs.
Parmi les signataires, je me demande combien ont mis la main à la poche à fonds perdus pour aider Haïti.
Ou, plutôt, combien ont fait un don pour Haïti qui leur rapportera au centuple.
Là, il y aura peut-être un peu plus de réponses.



Edité par T 34 - 06 Aug 2010 à 02:07
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jul 2010 à 22:58

Haïti 6 mois après le séisme dans l’impasse de la CIRH


anne Cauwell nous envoie ces deux anlyses : « il est important de ne plas oublier Haiti et surout de ne pas se leurrer sur l’aide reçue par le peuple haitien à la suite du tremblement de terre de janvier. L’élan de solidarité populaire a été immense, les promesses d’aide par les gouvernements du monde entier immenses aussi…….. mais elles n’ont quasiment pas été tenues. Seuls les pays de l’ ALBA et surtout Cuba, déjà présente des années avant le tremblement de terre, apportent une aide effective; mais ils sont écartés des grandes négociations sur la « reconstruction » d’Haiti…
je vous envoie ces deux remarquables textes émanant d’organisations populaires haitiennes.
Tous deux exposent la réalité de la situation d’Haiti aujourd’hui et centrent leurs critiques sur la CIRH = Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haiti
merci de prendre le temps de lire et aussi de diffuser à votre tour autant que possible les textes de ces clairvoyants et courageux camarades

desde Tiquipaya, Bolivia


abrazo
Anne

La situation des droits de la personne est alarmante plus de 6 mois après le séisme du 12 janvier 2010. Alors que la terre a tremblé le 12 janvier dernier entrainant un impressionnant et douloureux cortège de dévastations, de destructions, de larmes et de pertes irréparables les comportements politiques et les structures de domination ne semblent pas avoir subi la moindre secousse. Bien au contraire les structures de notre société caractérisées par une brutale exclusion des couches majoritaires et une violence structurelle contre les masses populaires semblent se renforcer. Ce qui se traduit par une aggravation et une accélération de la paupérisation, un renforcement de la dépendance et la confirmation du déclin collectif.

Alors que quelques uns des acteurs externes les plus puissants semblent avoir bien rentabilisé la crise post-séisme pour nous amener à une tutelle presque totale les responsables haïtiens ne semblent pas avoir bougé d’un pouce.

La situation vécue par la population haïtienne traumatisée par le tremblement de terre demeure totalement inacceptable. Plus de 80% des près de 1.6 millions de personnes vivant dans des camps de fortune connaissent des situations angoissantes de précarité caractérisées par une absence totale de sécurité alimentaire et chaque jour leur survie est menacée par les vents, la chaleur, les maladies, les pluies, la probabilité du passage des cyclones, le non accès aux services de base essentiels dans le domaine de l’éducation et de la santé notamment.

Ce qui est le plus douloureux c’est que non seulement leur reproduction physique est menacée mais les autorités en place n’offrent aucune perspective de solutions convaincantes sur le moyen et long terme à cette situation. Les habitants des camps de fortune ne savent pas combien de temps durera leur calvaire ni s’ il prendra fin dans 5 ou 10 ans. De surcroit la haine, le mépris social se développent contre cette foule de nouveaux marginaux qui sont souvent présentés comme des criminels, des “profiteurs” et sont victimes de toute sorte de discrimination et de ségrégation.
 
Le Gouvernement actuel a mis en place un Plan d’action pour le relèvement et le développement national (PARDN) présenté et adopté à New York le 31 mars 2010 sans aucune concertation sérieuse avec les acteurs nationaux.  Ce plan réaffirme les mêmes options de politiques dans lesquelles le pays s’était déjà engagé et n’offre aucune piste convaincante de sortie de crise. La refondation dans ses dimensions territoriale, économique, sociale et institutionnelle n’a aucune chance de se matérialiser dans les conditions de réaffirmation des politiques néolibérales, des structures de l’exclusion et de renforcement de la mise sous tutelle de notre pays.
 
Le mécanisme de la CIRH est antidémocratique et constitue des funérailles officielles des institutions étatiques. En effet à travers le mandat défini pour la CIRH “assurer la coordination et le déploiement efficace des ressources” et “mettre en œuvre le Plan de développement pour Haïti” ce nouvel organisme se substitue clairement à l’Exécutif. Les références aux questions d’”efficacité”, de “transparence”, de “responsabilisation” sont des accusations non voilées contre les dirigeants actuels qui ont reconnu, en signant ce document leur incompétence à assumer le mandat qui leur a été confié par les urnes. On a rarement vu un suicide politique aussi spectaculaire. L’Exécutif haïtien et la majorité de nos Parlementaires  ont décidé de plonger notre pays dans l’instabilité et l’indignité.
 
La CIRH ressemble aux commissions envoyées par les colons français avant 1804 et est une répétition du “receveur général” nommé par l’occupation américaine après 1915 pour gérer les finances publiques de notre pays. Elle consacre “l’incapacité des haïtiens à diriger leur pays” proclamée par le discours colonial et néocolonial tout au cours des 206 dernières années. Elle complète le dispositif mis en place depuis 2004 avec la Force Mutinationale Intérimaire (FMI) en février 2004 et la MINUSTAH en juin 2004. La CIRH parachève un dispositif d’occupation et d’administration internationale avec une élimination complète de nos espaces de souveraineté.
Il est saisissant de relire aujourd’hui les mêmes arguments avancés pour justifier l’occupation militaire de 1915. Un rapport confidentiel, signé par H. W. Furniss, adressé au Département d’État en 1909 affirmait : «Après environ trois ans de résidence en Haïti et une étude très approfondie des gens et du gouvernement, j’en suis arrivé à la conclusion que dans le cadre du système actuel, il est impossible d’avoir un bon gouvernement dirigé par des Haïtiens. A la lumière des informations recueillies au cours de mes voyages effectués de ville en ville à travers le pays, je suis convaincu que, bien que ce soit l’un des pays les plus riches des Tropiques en matière de ressources naturelles, Haïti ne peut se développer et devenir une nation paisible et prospère, sans changer entièrement de système de gouvernement, ce qui nécessiterait l’appui moral et matériel d’une nation plus puissante (les États-Unis), car un tel changement ne pourrait être accompli par les Haïtiens tout seuls ».
 
Les décisions prises en 1915 sont, en partie, à l’origine du naufrage actuel de notre pays. L’occupation militaire de 1915 n’a apporté ni la paix, ni la prospérité promises. L’occupation militaire américaine a aggravé la crise structurelle du début du XXème siècle comme la CIRH va aggraver la crise actuelle en accélérant l’effondrement national.
L’architecture mise en place tente de convertir notre pays en une société par actions dirigée par les représentants de la Banque Mondiale qui ont déjà fait la preuve de leur complète incompétence en matière de politiques de développement. Un pays comme Cuba qui entretient avec notre pays des programmes remarquables de coopération notamment dans le domaine de la santé publique depuis 1998 n’est pas admis à siéger au club fermé des « bailleurs » qui sont à la tête de la CIRH. Les représentants haïtiens sont en majorité désignés par l’Exécutif sans avoir reçu un mandat clair des secteurs qu’ils sont supposés représenter. Quels sont les mécanismes démocratiques qui ont conduit au choix des représentants du Parlement, du secteur privé, de la diaspora, du secteur syndical ou des ONGs nationales? Pourquoi le secteur paysan qui représente plus de 60% de la population ne siège pas au CIRH? A quel moment ont eu lieu ces rencontres qui ont conduit à la désignation des personnages sélectionnés? Le caractère grossier et caricatural du processus nous montre qu’il ne s’agit que d’une vaste mascarade contraire à tout esprit démocratique qui devrait nous faire rire s’il ne s’agissait de l’avenir de notre pays. Ce qu’il est convenu d’appeler la « communauté internationale » impose un mécanisme totalement antidémocratique contraire aux Lois haïtiennes et à la Constitution de 1987 en fournissant tous les ingrédients pour une aggravation de la crise politique et institutionnelle. L’appui inconditionnel fourni par les Nations Unies au processus électoral dirigé par l’actuel CEP met en lumière un étrange aveuglement.
La CIRH formée depuis le 31 mars 2010 et formalisée par les Lois scélérates adoptées par le Parlement haïtien le 16 avril dernier n’est toujours pas opérationnelle aujourd’hui. La CIRH tiendra sa deuxième rencontre le 17 août prochain et n’a toujours pas désigné son directeur exécutif. Seuls la Norvège, le Brésil et l’Estonie ont débloqué une partie des fonds promis à New York confirmant que 1.5% des promesses faites à New York au siège des Nations Unies sont disponibles. De qui se moque-t-on? 6 mois après la catastrophe du 12 janvier dans une situation caractérisée par de multiples urgences l’organisme placé à la tête du processus de « reconstruction / refondation » n’a pas réussi à organiser 2 réunions. Selon certaines informations crédibles le combat pour le contrôle des 9.9 milliards promis fait rage. Le dispositif mis en place serait de nature à assurer que 85% des avoirs recueillis devraient être canalisés au profit des entreprises transnationales américaines. Cette information expliquerait la réticence de certains bailleurs de fonds notamment européens et canadiens. Chaque pays tenterait d’imposer ses entreprises en faisant main basse comme des vautours sur les fonds destinés à la « reconstruction d’Haïti ». Il n’est pas nécessaire de souligner le scandale que représentent ces tractations quand on pense au niveau de précarité vécu quotidiennement par les victimes du séisme et l’ensemble des couches populaires dans notre pays.
Nous dénonçons la CIRH comme un instrument visant à parachever le processus de recolonisation de notre pays. La CIRH c’est aussi la chronique d’un échec annoncé. Qui peut prendre au sérieux un organisme investi d’une telle responsabilité qui organise une réunion ratée à Punta Cana et qui ne parvient pas en 2 mois à mettre en place une deuxième rencontre?  Nous demandons à tous de rejeter clairement la voie définie par la Gouvernement haïtien et les impérialismes. Mettons nous au  travail pour une construction alternative basée sur un authentique processus de libération nationale.
Texte envoyé par Camille Chalmers, directeur de PAPDA
Conférence de presse de PAPDA (Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif) et POHDH (Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits de l’homme)   juillet 2010

Panser Haïti ou repenser le monde ?La CIRH un instrument décrié et inapproprié aux défis du temps.

 

Dans le secret bien gardé du huis clos, sous haute surveillance militaire des troupes de la MINUSTAH et des services de sécurité rapprochée, les membres de la CIRH ont inauguré leur entreprise le jeudi 18 Juin dans la capitale dévastée d’Haïti. Contre vents et marées, faisant fi des protestations, contestations, critiques et même des suggestions, du haut des cadavres des 400.000 victimes du séisme, l’ex président Bill Clinton, doublé du premier ministre de Préval,  Jean Max Bellerive, a lancé la première simulation, on live , de reconstruction post apocalyptique d’avant 2012.

A peine réveillé de l’électrochoc du 12/20 janvier, le cobaye est remis en laboratoire pour la deuxième phase de l’expérience et, cette fois-ci, sous la supervision directe, à visière levée des spécialistes internationaux, experts en machin chouette. On ne connait pas au juste l’objet de la recherche. La porte du paradis ou les profondeurs des abimes ? Mais toujours est-il que le décor est planté. En matière de formule de gouvernance insolite, on a franchit une nouvelle étape. Mettant à profit le cadavre en décomposition extrême de l’État haïtien, on a accouché d’un monstre multi Céphale dont une seule tête est véritablement animée, pour passer des commandes à des membres hétéroclites, engourdis par des privilèges sociaux et des promesses mirobolantes 

 

Une  promesse de reconstruction fallacieuse 

Des présidents marionnettes, de doublure, des parlementaires croupions, des ministres « patatistes », on en connait que trop. Par contre, des instances d’aliénation de la souveraineté et du patrimoine de la nation, concoctées par les plus hautes autorités de l’État, sous la seule menace de quelques milliards de dollars, relèvent de l’insolite. Il est vrai qu’on reconnaissait en Préval le champion, toute catégorie, en bradage des entreprises publiques. Il est tout aussi vrai que ses dernières performances en gaspillage des deniers de l’État, au profit de ses proches alliés politiques et financiers, ont fini par entamer le dernier fond de crédit d’honnêteté personnelle qu’on se résignait à lui accorder. Mais, on  se refusait de  penser qu’il pourrait se prêter aussi facilement à cette tragicomédie en guise de réponse à la catastrophe qui a endeuillé la nation haïtienne.

L’empressement de Préval à livrer la dépouille de l’État au laboratoire du néocolonialisme  international, sur la simple promesse non garantie de 10 milliards de dollars, a dû surprendre Bill Clinton lui-même. Toujours en compétition négative avec son jumeau, qu’il semble obstinément fixé à travers un miroir déformant, il a négocié, à sa façon et à la baisse, la demande de réparation qui a valu à celui-ci la perte de son fauteuil en 2004. De l’exigence de 21 milliards, sans contrepartie en perte de souveraineté, adressée à l’ancienne métropole européenne, on est passé à une vente à l’encan que l’oncle a vite fait d’adjuger, d’autant qu’entre temps on a tout  fait pour dévaloriser  dramatiquement le patrimoine devenu quasiment « irréparable » avec la catastrophe du 12 janvier. Comme pour la TELECO, soigneusement sabotée afin d’être facilement « modernisable », il ne restait plus qu’a céder le pays meurtri au plus offrant.

Autre temps, autres mœurs. Nos ancêtres préféraient réduire le pays en cendre au lieu de le livrer à ses prédateurs. Aujourd’hui on  s’associe avec l’étranger pour le mettre en lambeau afin de s’empresser de le liquider. A deux milliards l’an, on nous assure que dans cinq ans les 400 000 morts auront le repos de l’âme en contemplant outre tombe la résurgence de la perle des Antilles. Chez nous on dit, généralement pour se donner du courage avant de se résoudre à un engagement incertain, « promesse c’est dette. Espoir fait vivre ». Une certaine frange de la bonne société, toujours aussi confiante dans la « parole du blanc » qu’en 1915 et, en toutes occasions néfastes à la cause nationale, semble remercier le ciel pour cet opportun séisme qui ouvre la voie à la générosité des affairistes internationaux. On ne rêve pas moins d’une modernisation du bas de la ville et du bord de mer. Plus de menace de séisme et de tsunami, la capitale subira une reconstruction  anti apocalyptique et, dans dix huit mois, sera un eldorado  touristique.

Nul de ce secteur ne se demande pourquoi avoir attendu cette catastrophe, s’il ne faut que 10 milliards de dollars pour faire d’Haïti la première merveille des Caraïbes? Nous sommes loin de croire qu’il soupçonnerait l’international d’intention criminelle. Soyons alors cohérents ! La guerre d’Irak coûte la bagatelle de 500 milliards de dollars. Gageons qu’il sera plus difficile de trouver cet argent pour le reconstruire. Pour « réparer » les banques à l’occasion de la dernière crise financière, 200 000 milliards ont été avancés et on est loin du bout du tunnel. Ca et là, en expérimentation d’armes de destruction massive et autres HARP, des milliards sont engloutis. Si 10 milliards sur cinq ans pourraient suffire pour reconstruire Haïti, il fallait moins pour l’empêcher de s’effondrer suivant le sage adage prévenir vaut mieux que guérir.  

Nous sommes obligés de revenir à l’agaçante question : qui a historiquement intérêt à ce que la première République nègre soit mise en échec et pourquoi ? Comme souvent, la réponse est dans la question. A moins d’un changement de donne dans le sens d’une prise de conscience, quoique tardive, de l’importance d’Haïti pour l’avenir de l’Humanité, nous sommes partis pour une très mauvaise aventure avec cette commission intérimaire. De par sa composition, sa fonction, son mobile, son mandat, les conditions politiques et légales de sa création, l’esprit qui l’anime, nous sommes en présence d’un instrument inapproprié aux défis auxquels le monde doit faire face à l’occasion de la crise haïtienne.

Une opportunité de rédemption ajournée

La poursuite inconsidérée du brigandage politique au cours de ces cinq derniers mois, couronnée par la honteuse inauguration de la CIRH est venue nous rappeler  la triste réalité. La leçon n’est pas comprise, nous filons tout droit vers une autre catastrophe. Le sursaut de grandeur d’âme qu’on était en droit d’espérer n’est décidément pas au rendez vous .Il est navrant de constater dans quel esprit désolant de bassesse, de « chire pit » de « chen manje chen » d’un coté , de cupidité et d’aveuglement de l’autre, on aborde cette  ultime opportunité de rédemption.

La formation de la CIRH n’est pas animée du même esprit qui a porté l’élan spontané de solidarité issu de partout au lendemain du 12 janvier, preuve, une fois de plus, du décalage entre le niveau de conscience de l’humanité et celui des dirigeants politiques. La société civile internationale est prête pour une gouvernance autre que celle que nous connaissons aujourd’hui. Le monde appelle à une guidance nouvelle, reflétant ses sentiments les plus nobles au lieu d’être manipulé à partir de ses instincts les plus vils. Ce cycle de destruction n’arrêtera sa marche que par l’avènement de cette nouvelle direction dans la conduite des relations sociales et internationales. Il y va de notre présent et du futur proche de la nouvelle génération. La durée et la souffrance de l’enfantement seront à la mesure d’une prise de conscience du véritable enjeu de l’heure.

Le drame haïtien est offert comme test de la capacité de cette génération à bien répondre à la question cruciale de la survie de la civilisation humaine. Il ne s’agit plus de réparation de l’ancien, ce temps est révolu, mais de remise en question, de changement de cap pour la rédemption. Le drame haïtien est l’expression extrême de celui de l’humanité, celle de l’échec d’une civilisation. Il ne doit pas être abordé comme un fait exceptionnel. Haïti est partout ou la souffrance humaine résulte d’une mauvaise vision des choses, de l’injustice, de l’exploitation de l’homme par l’homme, de la prédation des autres espèces, du gaspillage des ressources, de l’inégalité, du préjugé racial, du sexisme, de la stigmatisation culturelle, de l’intolérance religieuse etc. Concentré sur huit millions d’âmes entassées sur seulement 28 000 km2 d’île, le spectacle est frappant, bouleversant, choquant. Le miroir du monde renvoie à l’occident l’image de l’horreur sur laquelle il s’est construit et continue à se reproduire. Chaque peuple sous la coupe de ce système contient son lot plus ou moins grand d’Haïtiens. Ailleurs, des ilots de misère rappellent qu’on est partout en Haïti. Ici des ilots de gaspillage nous disent que l’occident est partout. La captation du signal du 12/20 janvier signifie de manifester la volonté de faire de cette île des caraïbes (où le monde moderne a initié sa capacité de destruction et de corruption) le symbole d’un changement de cap radical à la mesure des dégâts infligés au règne humain et à ceux dont il est solidaire et tributaire.

La situation en Haïti n’exprime pas les conséquences d’un manque de développement, mais avant tout l’échec d’une vision du monde, d’un mode de vie. Elle offre l’ultime opportunité d’indiquer  une certaine appréhension du profil du monde qui vient. Plus de cinq mois après la catastrophe, les signes qui devaient indiquer une telle prise de conscience sont loin d’être encourageants. La commission intérimaire dans sa forme et son esprit, greffée sur le brigandage politique haïtien, sous la protection de la MINUSTAH ou autres forces répressives, témoigne du degré d’aveuglement face aux défis de cette fin de cycle. Il est significatif de constater qu’aucun plan concocté après le 12 janvier n’est en mesure de prévenir la répétition de la catastrophe, ni en ce qui concerne la survenance du phénomène naturel lui-même,  ni en termes de réponses à ses éventuelles conséquences. Un séisme de la même amplitude surprendra aujourd’hui les autorités locales et internationales dans une débilité pire que lors du précédent. Autrement dit, le drame du 12/20 janvier met à nu la défaillance du système mondial face aux nouveaux défis planétaires, ce que Cathrina avait déjà révélé et que l’incapacité de la première puissance du monde à endiguer l’actuelle marée noire est en train de confirmer.

La double logique mercantile et militariste qui sou tend  le système  de réponses que l’occident capitaliste est en mesure de proposer, est en contradiction avec l’Esprit du temps. Elle ne fait que précipiter son effondrement tout en aggravant les douleurs de l’enfantement du monde nouveau. A la vérité, sous la conduite d’institutions obsolètes, nous naviguons à vue, sur un bateau fou, sans gouvernail ; les dirigeants ignorent où va le monde, ils ne savent pas où ils nous conduisent. Tous les repères sont brouillés, les données faussées, les schémas dépassés. Face à ce vide, on persiste à recourir aux vieilles recettes d’une vision technoscientifique mercantile, à jamais révolue. Plus on s’enfonce dans la même direction, plus on perd la maitrise des événements et plus on augmente le risque d’une issue apocalyptique. La véritable opportunité qu’offre cette catastrophe est moins celle de reconstruire Haïti que de repenser le monde. 

Alors Mr Clinton, réparation pour la refondation ou colonisation sous prétexte de reconstruction ? L’avenir proche nous dira si le blanc a su profiter de l’apparent drame de Quisqueya pour se réparer lui-même, en vue du règne humain.

Zo Chérubin(KSIL)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jul 2010 à 16:48

Haïti: six mois plus tard … rien n'a avancé, et c'est même pire.

Par emcee le vendredi 16 juillet 2010, 10:08 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent

Après le tremblement de terre de janvier, les sinistrés sont toujours sous des tentes de fortune, les aides promises sous les sunlights par les pays riches ne sont toujours pas arrivées et avec la saison des pluies, les réfugiés pataugent dans les égouts et sont exposés aux épidémies.
Ca, c'est pour les pauvres. Les riches, eux, se portent très bien merci. Ils font des affaires.

Haiti, my Heart's Devotion...
Let it sink back in the ocean ...

Article original: "Suffering and struggle: Six months after the Haitian earthquake", par Patrick Martin, publié le 10 juillet 2010, paru dans WSWS

La détresse et la lutte: six mois après le tremblement de terre à Haïti

Six mois après qu'un tremblement de terre a détruit une grande partie d'Haïti et fait plus de 300.000 morts, il n'y a eu guère de changement pour les survivants. Malgré les promesses faites par les Nations Unies et les grandes puissances, en particulier les Etats-Unis, très peu d'aide est parvenue à Haïti.
Des milliards promis lors de diverses conférences accompagnées d'un énorme battage médiatique seuls 2 % ont été effectivement versés.
L'ampleur des dégâts causés par la pire catastrophe naturelle du XXIème s. dépasse l'imagination. Le nombre de morts est supérieur à 300.000 et, selon certaines estimations, s'élèverait à près de 500.000, sur une population totale de 8 millions – la pire catastrophe connue en matière de proportion de la population. A l'échelle d'un pays comme les Etats-Unis, cela correspondrait à 10 à 20 millions de morts.
Pratiquement toutes les morts ont été provoquées par l'effondrement des maisons et d'autres immeubles dans les centres-villes d'Haïti, en particulier les taudis surpeuplés de Port-au-Prince, la capitale.
Selon une enquête, quelque 188.000 maisons ont été touchées, parmi lesquelles 105.000 ont été complètement détruites, ainsi que 1.300 écoles, 50 hôpitaux, le palais présidentiel, le parlement et le port de Port-au-Prince.
Environ 25 millions de mètres cubes de gravats, constitués en majeure partie de béton et de barres d'acier, restent le principal obstacle physique à la fois à la reconstruction et à la vie quotidienne. Moins de 5% ont été dégagés depuis le séisme et les débris continuent de bloquer les rues et les routes et envahissent une grande partie de la surface au sol des bidonvilles qui entouraient naguère Port-au-Prince.
Quatre rapports publiés au cours du mois dernier parlent de l'accroissement de la crise à Haïti.
Un rapport de l'ONU publié le 19 juin indique que 1,5 million de personnes vivent dans plus de 1200 camps de toile, principalement autour de Port-au-Prince. Ce rapport souligne qu'avec le début de la saison des ouragans le 1 juin, ceux qui vivent dans des abris précaires sont particulièrement en danger, surtout ceux qui sont installés dans des régions côtières à basse altitude ou le long de ravins qui risquent de se transformer en torrents déchaînés en cas d'orage.
Un rapport de la commission des affaires étrangères du Sénat aux Etats-Unis publié le 29 juin indique que le relogement des réfugiés est le problème majeur, les plans des transferts depuis les tentes jusqu'à des structures plus solides n'étant actuellement qu'à "l'état d'ébauche".
Le rapport explique: "alors que de nombreuses priorités en matière de secours d'urgence ont été prises en compte, des signes inquiétants montrent que la reprise et la reconstruction à plus long terme sont en recul".
Ce rapport du Sénat dénonce à la fois les donateurs internationaux qui n'ont versé que 2% des 5,3 millions de dollars promis et les membres du gouvernement haïtien, qui y sont décrits comme "paralysés devant les décisions à prendre".
La commission pour la reconstruction présidée à la fois par le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et l'ancien président US Bill Clinton, a, selon le rapport de la commission du Sénat US, "la capacité de freiner les opérations de façon considérable à cause des lourdeurs bureaucratiques à un moment où Haïti ne peut pas se permettre d'attendre". Cette commission n'a tenu sa première réunion que le 17 juin, soit plus de cinq mois après le tremblement de terre.
Un bilan publié par l'association humanitaire "Médecins Sans Frontières" , daté de juillet 2010, indique que le séisme a détruit 60% des centres de soins, parmi lesquels le seul centre de médecine d'urgence pour le traitement des traumatismes, et que 10% du personnel a soit péri dans le séisme soit quitté le pays après cela.
Le rapport constate une amélioration importante de la distribution d'urgence des soins, des vivres et d'eau résultant de la vague sincère d'empathie internationale à l'issue du tremblement de terre, mais une aggravation des problèmes d'installations sanitaires et de logement. Il n'y a qu'une décharge pour la capitale de plus de 3 millions d'habitants et "elle déborde presque".
Les camps de fortune qui se sont multipliés partout sont transformés en égouts à ciel ouvert avec la saison des pluies qui a débuté en mai.

"La principale menace qui pèse sur les conditions de vie des habitants est de loin l'incapacité des autorités à fournir un logement correct et en dur", déclare l'association. "Les tentes et les abris en draps ne devaient être qu'une solution très temporaire. Ils peuvent tenir six mois maximum … les tentes commencent à se détériorer et la pluie révèle le problème.".

Les centres médicaux n'étant plus submergés par les milliers de victimes souffrant de traumatismes et de blessures, leurs patients ont été remplacés par le flux "normal" de malades d'un pays excessivement pauvre. Les infections et les parasites intestinaux font aujourd'hui partie des affections les plus courantes.
Les soins médicaux pour les femmes sont particulièrement problématiques , l'espérance de vie des femmes étant d'à peine 58,8 ans à Haïti, et la mortalité maternelle de 630 décès pour 100,000, 50 fois plus élevée qu'aux Etats-Unis.

Le tremblement de terre a occasionné des traumatismes psychologiques autant que physiques. "Beaucoup de gens qui ont survécu à la chute d'immeubles il y a six mois, ont encore trop peur pour aller chercher refuge dans les ruines", poursuit le rapport. "Les secours d'urgence ont sauvé la vie des gens, mais cela n'allège pas les souffrances les plus terribles. Les conditions de vie sont rudimentaires et le degré de frustration s'accroît".

Alors que des millions de personnes ont subi des traumatismes profonds - la perte de proches, la destruction de leur maison, les blessures physiques graves, les amputations – il y a moins de 10 psychiatres en exercice dans tout le pays.
Selon le coordonnateur haïtien de l'association, "il y a un fossé énorme entre le zèle déployé et les promesses d'aider les victimes du séisme des premières semaines et la sordide réalité sur le terrain six mois plus tard". Un rapport de la Croix Rouge britannique, paru le 8 juillet, explique que six mois après le tremblement de terre, ce sont toujours les organisations humanitaires qui fournissent la majorité de l'eau potable et les installations sanitaires, ce qu'ils ne pourront pas faire indéfiniment. "Nous dépensons toute notre énergie à simplement limiter les dégâts, au lieu de résoudre les problèmes", dit Alastair Burnett, directeur des opérations du groupe.
Même avant le tremblement de terre, les installations sanitaires à Haïti étaient parmi les pires au monde, seulement 17% de la population ayant accès à des toilettes, des conditions qu'on ne retrouve qu'en Somalie, pays dévasté par la guerre.
Montée des tensions sociales
Plusieurs rapports cités ci-dessus signalent des tensions sociales à Haïti, où une minuscule classe dirigeante immensément riche cherche à garder la mainmise sur la société.
L'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), une organisation de l'ONU dont la mission est de loger les réfugiés, tente d'arbitrer les conflits croissants provoqués par les propriétaires de terrains qui veulent chasser les réfugiés de leur propriété pour pouvoir construire ou revendre leurs terrains. Parmi les 1200 camps minimum, seuls 206 sont reconnus officiellement et protégés.
Les autres risquent des expulsions manu militari.

Le "Christian Science Monitor" décrit une de ces confrontations dans son numéro du 2 juillet:
“Ralph Stevens Stephen, filleul du propriétaire d'un domaine dans le quartier Delmas de Port-au-Prince, utilisé comme camp de réfugiés officieux depuis janvier, s'est récemment rendu au camp avec 10 hommes armés vêtus d'uniformes de policiers pour chasser les 178 personnes sans abri installées là-bas.

Un des résidents, Oxeana Ismael, raconte que des hommes armés sont venus un jour - sans badge officiel et dans des voitures banalisées – pour les menacer de revenir avec des gaz lacrymogènes si les sans–abri ne partaient pas d'ici quinze jours.
Leonard Doyle, porte-parole d'OIM, raconte au journal qu'il connaissait une trentaine de camps qui avaient été évacués de force ou qui risquaient de l'être d'un moment à l'autre.
Dans son rapport, Médecins Sans frontières signale que:

"la frustration et la colère montent parce qu'il y a eu trop peu de changements dans les conditions de vie depuis le tremblement de terre". Un des incidents qui a déclenché l'indignation, c'est le passage de la distribution d'eau gratuite au cours des trois premiers mois à un système payant, "ce qui met à plus rude épreuve encore tous ces gens sans emploi et sans revenus".

Selon une tribune libre, publiée le 25 juin par le Los Angeles Times et écrite par Thomas Johnson, coordinateur de l'aide humanitaire de l'organisation danoise DanChurchAid, la décision de mettre un terme à la distribution gratuite d'eau est venue à la suite de pressions sur le gouvernement haïtien par les classes dominantes locales.
Il écrit:

les riches hommes d'affaires haïtiens veulent savoir où sera réalisée la reconstruction. Un de mes amis m'a raconté un incident absurde lors d'une réunion récente d'un certain nombre d'organisations humanitaires avec le président Rene Préval. Le président, m'a expliqué mon ami, a annoncé qu'il venait de recevoir sur son blackberry un message du propriétaire d'une des compagnies privées de distribution d'eau d'Haïti. Cet homme s'inquiétait de ce que les organisations humanitaires distribuaient de l'eau gratuitement aux réfugiés dans les camps et disait que cela allait ruiner l'économie. Personne dans la salle n'a su quoi répondre".

L'article de Johnson décrit de façon vivante les conditions dans la capitale:

"En plus de 10 ans de travail humanitaire de secours d'urgence, je n'ai jamais vu de camps comme ceux de Port-au-Prince. Les normes internationales qui définissent les droits des personnes à la suite d'une catastrophe ne sont en aucune façon respectées. A Haïti, les camps sont surpeuplés d'une façon qui dépasse l'imagination, avec des tentes délabrées qui se touchent et qui sont installées sur tous les mètres carrés d'espace disponible.
"Avec la saison des pluies, la surpopulation et les toilettes publiques surchargées suscitent de grandes inquiétudes quant au risque d'une épidémie de choléra. Les tentes elles-mêmes sont un vrai bazar. "Les premières tentes bricolées par les familles ont été complétées par des bâches de plastique fournies par les organisations internationales. Mais cette installation précaire ne résistera jamais à un ouragan. Si un ouragan venait à toucher Port-au-Prince on ne pourrait se livrer qu'à des approximations quant au nombre de morts.
"Il n'y aurait aucun endroit dans la ville où les réfugiés pourraient aller se mettre à l'abri, la plupart des hôtels, des établissements publics, des écoles et des églises n'étant encore que des tonnes de gravats. Le déblaiement va sans aucun doute prendre du temps. Mais ce qui est choquant, c'est qu'il n'a même pas encore commencé. Sur les quatre jours que j'ai passés récemment à sillonner cette ville étendue et très peuplée, je n'ai vu qu'un seul tractopelle en action. "

Le coordonnateur de l'association humanitaire souligne le contraste qui existe entre l'ampleur des besoins sociaux et l'égoïsme de l'aristocratie au pouvoir:

"Parallèlement, alors que les Haïtiens ordinaires souffrent, les riches familles de Port-au-Prince continuent de vivre dans le luxe dans d'élégantes résidences bien au-dessus de cette étendue poussiéreuse. Ces familles se sont emparées des richesses d'Haïti voilà des générations, et beaucoup font des bénéfices actuellement grâce à la dernière tragédie de leur pays.
Toutes les organisations humanitaires ont besoin de voitures ou de camions, de logements, de bureaux, de hangars et de produits locaux, et ce sont les classes dominantes d'Haïti qui souvent fournissent tout cela. Les travailleurs humanitaires chevronnés connaissent bien ce phénomène: "Nos efforts pour aider les pauvres finissent également par rendre les riches encore plus riches".

Les contrecoups politiques
Le gouvernement Préval est l'instrument de cette caste et veille à préserver les privilèges d'une poignée de millionnaires haïtiens. Son insensibilité aux souffrances de la population et son incompétence à organiser à la fois la distribution de l'aide humanitaire et la reconstruction sont notoires. Une de ses rares initiatives a été de solliciter 44 millions de dollars pour la construction d'une prison et pour équiper la Police Nationale d'Haïti (PNH), somme qui a été fournie par le gouvernement canadien.
En attendant le développement de la PNH, tristement célèbre pour son usage de la torture et les mauvais traitements qu'elle a infligés aux prisonniers sous diverses dictatures ainsi que sous des présidents élus comme Préval et Jean-Bertrand Aristide, la principale force de répression à Haïti reste la MINUSTAH, la force de maintien de la paix de l'ONU, qui a pris le contrôle du pays en 2004 à la suite de l'expulsion d'Aristide par une force expéditionnaire US.
Depuis la fin mai, ont lieu des affrontements entre la MINUSTAH et la population locale à Port-au-Prince. Les soldats brésiliens, chargés de la MINUSTAH, ont tiré en l'air des coups de fusils automatiques au cours de heurts avec des manifestants dans le quartier pauvre de Cité Soleil de la capitale haïtienne.
Les soldats de la MINUSTAH et la police d'Haïti ont envahi l'école d'Ethnologie de l'université publique d'Haïti à la suite d'une série de manifestations. Ils ont lancé des gaz lacrymogènes et tiré des balles de caoutchouc. Cette action a déclenché une manifestation le jour suivant où les principaux slogans étaient "A bas Préval" "A bas l'occupation".
Les soldats de la MINUSTAH ont également tiré dans le camp de réfugiés du Champ de Mars, près du palais présidentiel, blessant plusieurs enfants et envoyant à l'hôpital plusieurs victimes des gaz lacrymogènes. d'après les chiffres qui ont été publiés, il y aurait jusqu'à 60,000 personnes installées près du Champ de Mars.
Le gouvernement Préval a programmé les élections présidentielles et parlementaires pour le 28 novembre, après avoir reporté à cause du séisme l'élection du parlement initialement prévue pour le 12 février.
Il est symptomatique que l'annonce des dates du scrutin ait été faite par Edmond Mulet, représentant civil de la MINUSTAH, et non pas par Gaillot Dorsinvil, président du Conseil Electoral Provisoire d'Haïti (CEP), l'institution chargée d'organiser les scrutins selon la constitution.
Aristide bénéficie encore d'un certain soutien populaire, malgré la politique en faveur des milieux d'affaires et des impérialistes qu'il a menée au cours de ses deux mandats présidentiels écourtés.
Comme il l'a fait tout au long de sa carrière politique, le président en exil cherche le soutien des Etats-Unis, et il y a peu de doute qu'il se consacre actuellement à mener en sous-main d'âpres négociations avec l'administration Obama.
Un des signes que le vent est en train de tourner, c'est que les manifestations de rue ont été appelées par Lavalas conjointement avec Evans Paul, ancien leader de l'opposition de droite à Aristide et favori de longue date de Washington.
En outre, Richard Lugar, président républicain de la commission des affaires étrangères du Sénat aux Etats-Unis, a incité publiquement le gouvernement haïtien à accepter que le parti Lavalas (qui soutient Aristide, NDT) participe aux élections de novembre.
Cette suggestion a été violemment rejetée par Préval, l'ancien collaborateur d'Aristide. Préval soutient l'interdiction de Lavalas, affirmant qu'il s'est formé à la suite de conflits entre factions au sein de ce parti.

WSWS

Commentaire personnel

Voilà un lourd bilan, une fois de plus, pour un pays excessivement pauvre et maintenu en état d'assujettissement pour empêcher toute velléité d'émancipation. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais Washington veille au grain.
Lors du séisme, Obama a envoyé un navire de la Croix Rouge - qui s'est chargé quasi exclusivement de … porter secours à ses ressortissants et aux ressortissants occidentaux, puis est reparti - ET a fait déployer, sur l'île et tout autour, des milliers de soldats, soi-disant pour maintenir l'ordre et éviter les pillages. Et surtout pour préserver les intérêts des Etats-Unis.
A part ça, rien. Ou des promesses non tenues, comme les autres pays occidentaux.
Ce qui montre bien que les pauvres ne servent au capitalisme qu'à se faire de la publicité et du pognon, de quelque façon que ce soit. Sinon, ils peuvent crever.
Plus d'écoles, plus de logements, plus de travail, des installations précaires, insalubres et dangereuses? Qu'importe! le monde entier, l'oligarchie et les médias en tête, regarde de l'autre côté.
Les prédateurs reviendront quand ces gens-là seront remis vaguement sur pied pour les embaucher dans des usines pour des salaires de misère.

Carte_grandes_Antilles.jpg



Si je compare avec l'île voisine, pauvre également, voici, pour exemple, l'organisation prévue à Cuba lors du passage de l'ouragan dévastateur Gustav en 2008 qui a tué près de 100 personnes dans les Caraïbes, aucune à Cuba.
Les précautions sont prises pour protéger la population et la solidarité joue pour rétablir au plus vite les services vitaux.
Une solidarité non médiatisée, on se demande pourquoi.
Autres infos:
Taux de mortalité (2009) Cuba : 7,24 %; France: 8,56%; Haïti: 8,65%
Mortalité infantile: Cuba: 5,82; France: 3,33; Haïti: 59,69%
Espérance de vie à la naissance: Cuba: 77, 4 ans; France: 81 ans ; Haïti: 60, 78 ans
Indice de développement humain: Cuba: 0,86; France: 0,9 ; Haïti: 0,53
Et plein d'autres chiffres ici.

Si vous signalez ces points à un certain M. Faure qui se prétend journaliste, et spécialiste de l'Amérique Latine, qui plus est, il vous répondra que : oui, certes, tout n'est pas rose, mais l'important c'est d'avoir la LIBERTE.
On pourrait aller demander aux réfugiés haïtiens si, finalement, malgré les petits désagréments de la vie qu'on ne peut éviter même si on est protégé par un grand frère démocratique comme les US, ils se rendent bien compte de la chance qu'ils ont d'avoir la liberté!
Liberté de voyager, liberté de regarder des infos non truquées à la télé avec un président omniprésent qui leur débite des mensonges et contrôle tous les médias, liberté d'avoir Internet, liberté de lire des journaux pluralistes, liberté de consommer, liberté de circuler sans être surveillé, liberté de choisir leur président, etc.
Ah! Vivement que Cuba change de régime et se mette sous la tutelle du Grand Frère, elle aussi.
Eh, oui, parce que, il faut le savoir, malgré certains atouts, Cuba est dirigée par des dictateurs sanguinaires prêts à mettre tout opposant en prison pour un temps indéterminé, sans procès, évidemment, ou avec une mascarade de procès, comme un tribunal militaire, par exemple.
Des dictateurs tellement fous qu'ils préfèrent dépenser de l'argent pour l'éducation (9,1% du PNB; France: 6,1; Haïti: 1,4) et la santé (458 $ par ha; Haïti: 40$) plutôt que de fabriquer des armes et d'aller mettre de l'ordre dans le monde entier et y imposer leur idéologie.
Eh, oui, nul n'est prophète en la planète s'il n'a son muezzin pour conditionner les foules.

Sur ce blog: consulter le dossier Haïti (tag) pour en savoir plus sur le séisme et les divers protagonistes (dirigeants, médias, ONG, etc.).

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Séisme en Haïti, l'impossible oubli

Six mois après la catastrophe, la situation est dramatique : 1,5 million de sans-abri, d’énormes difficultés d’approvisionnement et d’accès aux soins. Les promesses des États sont restées lettre morte. Le pays, sous tutelle, s’apprête à organiser des élections dans des conditions discutables. Et la terre se mit à trembler... ce 12 janvier 2010, un séisme d’une magnitude de 7,1 sur l’échelle de Richter ravage Port-au- Prince, la capitale d’Haïti, ainsi que les principales villes du sud et du sudouest. Trente-cinq secondes interminables précipitent cette nation, la plus pauvre d’Amérique, dans un deuil et une désolation insondables. Selon le gouvernement du président Préval, 220 000 Haïtiens auraient péri sous les décombres. C’est sans compter sur les centaines de cadavres jetés dans des fosses communes. Les blessés sont au nombre de 500 000, dont 5 000 amputés. Ce pays de 9 millions d’habitants compte alors trois millions de sinistrés, un million et demi de sansabri, et 500 000 exilés en province et à l’étranger. En trente-cinq secondes, les symboles de la république ont plié. Le palais national et l’assemblée, les sièges de la direction générale des impôts et de la police nationale se sont écroulés comme des châteaux de cartes. En trente-cinq secondes, 60 % de l’économie a été pulvérisée. Ces trente-cinq secondes ont montré à la face du monde la déliquescence d’un pays délibérément appauvri par les grandes puissances. Six mois plus tard, « le tremblement de terre est toujours là, nous n’avons pas fait disparaître ce trauma », déclare Suzy Castor, directrice du Centre de recherche et de formation économique et sociale pour le développement (Cresfed). Selon l’historienne et figure de la gauche haïtienne, la secousse tellurique « a marqué tout le monde, d’une part, et, d’autre part, a mis à nu les carences du système haïtien et les conditions de vie de la population ». Or, s’inquiète-t-elle, « la situation depuis n’a pas beaucoup évolué, et dans ces circonstances, même le statu quo est un recul.»

 Le dénuement s’est banalisé

Les ONG tirent la sonnette d’alarme. « Les conditions de vie des 1,3 million de sinistrés restent pathogènes, dénoncent Médecins du monde. Une fois soignées, les personnes retournent vivre sous une tente sans distribution de nourriture et avec un accès difficile à l’eau potable. » La saison des pluies affecte considérablement la précarité quotidienne. « Les projets de nouveaux camps de relocalisation éloignés de la capitale et inadaptés ont été suspendus, sans que d’autres solutions soient proposées, poursuit l’organisation. Pas ou peu d’information est donnée à la population des 400 camps sur un éventuel retour dans les maisons identifiées comme sûres. » Aujourd’hui, avertit Suzy Castor, « les réfugiés commencent à faire partie du paysage, et du quotidien. Le danger est grave car ce qui, hier, nous choquait, et l’on peut même dire physiquement, est en passe de se normaliser ». Les quelques milliers d’abris provisoires qui ont été érigés relèvent de l’ordre du ridicule au regard de la demande. Dans les tissus-villes ou les bidonvilles rebâtis depuis, « la situation sociale pourrait paraître stable, mais seulement en apparence, car les conditions de vie sont exécrables, et la proximité insoutenable », estime le sociologue Laënnec Hurbon, qui fustige « l’inertie du gouvernement et l’abandon général de la majorité de la population ». « C’est comme si le tremblement de terre n’avait pas secoué les esprits sur le plan du social », constate le directeur de recherche au CNRS. Tout pourrait encore empirer. Face à l’afflux d’une population blessée, et dans l’impossibilité d’accéder aux soins faute de moyens, le gouvernement a décrété la gratuité de la médecine, mais pour une durée de… six mois.

Les grands de ce monde promirent, promirent, promirent…

De New York à Punta Cana, les pays bailleurs de fonds ont assuré qu’ils ne lâcheraient pas Haïti, une fois la vague de compassion passée. Les pays donateurs, les institutions financières internationales se sont alors engagés à dégager une première enveloppe de 5,3 milliards de dollars sur les deux prochaines années, sur un montant total de 9,9 milliards. Depuis, seulement 1,5 % de l’argent promis a été débloqué, a fait savoir, début juillet, Ricardo Seitenfus, ambassadeur de l’Organisation des États américains (OEA) en Haïti, précisant que « les engagements sans lendemain sont une source de frustrations ». Une constante, nuance Camille Chalmers, sociologue et économiste, qui dirige la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda). « Nous avons toujours droit au même cirque des conférences internationales, s’indigne-t-il. Nous assistons à des effets d’annonce censés démontrer la pseudo-générosité de la communauté internationale, mais les décaissements réels ne dépassent jamais 30 % à 40 % des promesses. » La politique de la chaise vide s’expliquerait par la dispute que se livrent les États-Unis, la France ou encore le Canada pour imposer leur leadership. Ces puissances coloniales et/ou néocoloniales lorgnent en effet sur les débouchés économiques qu’offre la reconstruction. Cette dernière a été placée sous la responsabilité de la « commission intérimaire » (Cirh) coprésidée par l’ex-président des États-Unis et envoyé spécial de l’ONU Bill Clinton et Jean-Max Bellerive, premier ministre haïtien. « Le montage du fonds multidonateurs comprendrait des mécanismes permettant aux multinationales américaines d’absorber presque 85 %, décrypte Camille Chalmers. D’où la réticence de l’Europe et d’autres qui, dans la conjoncture actuelle, décaissent vers des organismes traditionnels afin de contrôler l’orientation de projets qui leur sont plus favorables. »

Une mise sous tutelle qui ne dit pas son nom

La substitution de l’État haïtien au profit de la Cirh suscite un vent de critiques dans un pays soumis par le passé aux aléas de l’interventionnisme et de l’occupation français et américains qui ont enfoncé le pays dans l’instabilité politique et accru sa dépendance économique. « Il existe une tutelle larvée, affirme l’historienne Suzy Castor. Le tremblement de terre aurait pu être l’occasion d’orienter différemment la coopération et la solidarité. Mais dans la mesure où le gouvernement n’a pas su canaliser l’élan, le dynamisme et la détermination dont ont fait preuve les Haïtiens, et, dans la mesure où il n’y a pas de gouvernement, de projet défini nationalement, l’international se l’adjuge. » Résultat, estime la directrice du Cresfed, la controversée commission intérimaire (Cirh) pourrait « se convertir en un nouvel instrument de tutelle du XXIe siècle, sans occupation, mais en dehors des nationaux ». D’où la détérioration du climat politique et le sentiment grandissant d’une dépossession.

 Un exécutif aux abois et replié...

Quasi inexistant au moment du séisme, le gouvernement est accusé d’absolutisme. Or, selon Laënnec Hurbon, le drame du 12 janvier aurait dû déboucher sur « une sorte de trêve politique afin de permettre à l’ensemble des partis de participer à la refondation du pays ». Le sociologue pointe la contradiction de ce « gouvernement pris au dépourvu mais qui, dans le temps, prétend être le seul à pouvoir diriger l’ensemble du processus de la reconstruction ». Pour ce faire, le 11 mai dernier, le Sénat a approuvé le prolongement des mandats présidentiel et législatifs. « Cette loi est scélérate parce qu’elle instaure dix-huit mois d’état d’urgence, donc un black-out total sur les mécanismes institutionnels qui permettraient de questionner le travail de la Cirh », dénonce Camille Chalmers. Les scrutins, qui devaient initialement avoir lieu en février, ont été, à juste titre, repoussés. Mais unilatéralement, et sur pression de l’étranger, le gouvernement a décidé que les élections générales se tiendront le 28 novembre prochain. Cette décision, saluée par les institutions politiques internationales, a été vivement contestée par l’opposition et plusieurs secteurs de la société civile, pourtant très critiques à l’égard du gouvernement, qui rejettent le conseil électoral provisoire (CEP). « Il n’y a pas de conditions acceptables et transparentes compte tenu du contexte et de la nature d’un CEP complètement contrôlé par l’exécutif », fulmine Camille Chalmers. Lors des sénatoriales de juin 2009, le travail du CEP avait été fortement décrié en raison d’une abstention vertigineuse et de fraudes qui l’étaient tout autant. Quels gages aujourd’hui, alors que nombre de morts du séisme n’ont pas été recensés ? Des centaines de milliers de sinistrés ont perdu leurs documents d’identité. Sans compter les déplacés ou encore les exilés… « Il y a un risque de monopole de la part des forces du président, afin d’assurer la continuité », affirme le responsable de la Papda. La nation semble prise dans un donnant-donnant scabreux : reconstruction donnée à l’extérieur en échange de la conservation du pouvoir.

Et un peuple qui s’exaspère !

Depuis mai, les rassemblements de l’opposition réunissant les anciens partisans du président déchu Jean-Bertrand Aristide et nombre de secteurs de la population se succèdent. « Les préoccupations sont justes, considère Laënnec Hurbon. En tant que partis politiques, ils ne veulent pas être exclus des élections. Ils contestent à la fois le conseil électoral et la décision du président de se donner les pleins pouvoirs alors qu’il s’est jusqu’à présent montré impuissant et incapable à résoudre les problèmes. » Les travers d’un État dont la raison d’être n’est que luimême se sont aggravés avec cet exécutif. « Il ne s’adresse pas à la nation haïtienne, poursuit le sociologue. Il agit comme si l’enjeu de la reconstruction n’était qu’une affaire de bâtiment à reconstruire alors que nous parlons de la refondation de l’État. » La politique de la terre brûlée poursuivie par le gouvernement risque d’aggraver la situation de blocage politique. « Il ne s’agit pas de mots magiques mais de parler d’élections transparentes au terme de consensus qui reflètent le choix de la population », ajoute Suzy Castor. Faute de quoi, avertit l’historienne, on retombera dans « la mauvaise posture selon laquelle Haïti est un petit pays qui n’a pas connu la démocratie et qu’à ce titre on peut lui donner n’importe quoi . Les problèmes, eux, continueront de s’aggraver » alors que la situation est déjà explosive.

CATHY CEÏBE




Edité par T 34 - 15 Jul 2010 à 17:19
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C’est un scandale !

Les promesses non tenues d’Éric Besson pour Haïti

Les Haïtiens de France peinent à faire venir leurs proches et réclament 
la mise en place réelle de mesures d’exception.

Après le séisme survenu en Haïti en janvier dernier, qui a causé la mort de 300 000 personnes, Éric Besson, ministre de l’Immigration, annonçait des mesures exceptionnelles concernant l’accueil des Haïtiens en France. « Elles ont tenu un mois, pas plus », estime Judith Duperoy, avocate au barreau de Paris. Et, contrairement aux promesses d’assouplissement pour l’obtention de visas, les familles françaises d’origine haïtienne qui ont procédé à des demandes de regroupement familial se sont heurtées à des refus administratifs fréquents et injustifiés.

Pour dénoncer « le double langage des autorités françaises », la plate-forme des associations franco-haïtiennes a organisé hier une conférence de presse à l’Assemblée nationale, avec de nombreux témoignages de familles. Jean-Louis Soublin, l’un des responsables associatifs présents hier, ne manque pas d’exemples : « Nous avons une adhérente qui essaie désespérément de faire venir sa mère de quatre-vingt-cinq ans, qui est malade et qui erre dans les rues d’Haïti. On nous a renvoyés d’une administration à une autre, pour finalement nous refuser le visa. Il y a aussi un autre monsieur qui vit en France depuis 1988 et qui a voulu faire venir ses trois enfants. La seule dont il ait des nouvelles et qui vient d’avoir un bébé a fait sa demande de visa. Elle a été refusée, sans raison. » D’autant qu’en Haïti les frais engagés dans les dépôts de dossier sont considérables. « Pour un dépôt, c’est entre 60 et 90 euros, précise Jean-Louis Soublin, sans compter le prix du passeport qui s’élève à 2 000 dollars haïtiens, voire plus. Le tout en espèces, bien sûr… »

Cinq mois après le séisme, les familles sont démunies face à un dispositif qui ne tient pas compte du contexte d’une des plus graves crises humanitaires au monde. Associations et familles réclament une mise en conformité législative des annonces d’assistance exceptionnelles faites par le ministre de l’Immigration lui-même. Lequel, à l’époque, n’hésitait pas à déployer « son humanisme » : « La réaction de la France doit être à la hauteur de sa tradition républicaine d’accueil, de solidarité et d’humanité et des liens historiques et culturels qu’elle entretient avec le peuple haïtien. Dans des circonstances aussi effroyables et douloureuses, tous nos efforts doivent se concentrer sur l’aide aux Haïtiens. » Résultat des courses : les guichets « urgence Haïti » qui devaient gérer les demandes ont fermé. Autres points dénoncés par les associations : « Les critères du regroupement familial n’ont guère été assouplis ; le consulat de France en Haïti et les administrations françaises maintiennent des exigences irréalistes en matière de production de documents d’état civil. » Pire, « les préfectures continuent à signer des obligation à quitter le territoire ou des arrêtés de reconduite à la frontière ». Comme si le séisme n’avait jamais eu lieu.

Ixchel Delaporte

Dans la souffrance, la crise à Haiti offre des opportunités aux Etats-Unis. A part fournir une aide humanitaire immédiate, la réaction des Etats-Unis au séisme tragique à Haiti offre des opportunités pour remodeler le gouvernement d’Haiti depuis lontemps en dysfonctionnement ainsi que son économie afin d’améliorer l’image des Etats-Unis dans la région.

Publié sur le site de Heritage Foundation,
janvier 2010
Quelques jours après le séisme à Haiti.


René Préval qualifie d’excellente l’aide cubaine en Haïti

 

La Havane, 3 juillet, (RHC)--. Le président haïtien, René Préval, a qualifié d’excellente l’aide que Cuba offre à son peuple depuis bien avant le séisme qui a dévasté son pays, le 12 janvier.

Le président Préval se trouve à Cuba en visite de travail.

Dans des déclarations qu’il a faites à la télévision nationale, il s’est référé à l’aide cubaine. Il a signalé :

« Cette aide ne se limite pas seulement è l’envoi de médicaments et de personnel de la santé en Haîti mais aussi des médecins haïtiens ont été formés à Cuba. Dans le domaine de la santé, avant le tremblement de terre des centres hospitaliers de référence avaient été installés dans tous les districts d’Haîti avec la collaboration du Venezuela ».


Au sujet des conversations avec les autorités cubaines il a indiqué :
« Nous avons passé en revue aussi la coopération dans le secteur agricole, dans le domaine de l’éducation, notamment de l’alphabétisation ; la construction d’un aéroport à Cap Haïtien et la couverture nationale de surveillance aérienne. C’est une coopération multiple qui existe depuis au moins 10 ans déjà et qui se développe à la grande satisfaction du peuple haïtien ».

Dans ses déclarations à la télévision nationale, il a confirmé que le but de cette nouvelle visite à Cuba était justement l’analyse des programmes de coopération.

Le président haïtien et la délégation qui l’accompagne se sont réunis avec une commission gouvernementale cubaine présidée par Esteban Lazo, vice-président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres de Cuba.

Par ailleurs, Alex Larsen, ministre haïtien de la santé, a indiqué que Cuba a d’ores et déjà formé 500 médecins haïtiens dans le cadre du programme de coopération intégrale dans le domaine de la santé mis en application par Cuba à l’intention des pays du Tiers Monde.

Alex Larsen a annoncé que 67 autres médecins haïtiens recevront leur diplôme cette année à Cuba.

Il a indiqué que Cuba a d’ores et déjà monté 10 centres de diagnostic intégral avec l’aide financière du Venezuela et répare 32 hôpitaux endommagés par le séisme.

De son côté, Joanas Gue, ministre de l’agriculture, s’est référé à la formation de médecins vétérinaires à Cuba dont 45 prêtent actuellement leurs services en Haïti.

La réunion de vendredi a également analysé l’application de programmes de coopération dans les domaines de la pêche, de l’industrie sucrière et de la formation de ressources humaines.



Edité par T 34 - 04 Jul 2010 à 19:57
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n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 3 Juin 2010

Nous devons démontrer notre engagement envers l’espèce humaine, a affirmé Lazo en Haïti

PUNTA CANA, République dominicaine.- Esteban Lazo, vice-président du Conseil d’Etat de Cuba, a exhorté la communauté internationale à démontrer combien nous sommes engagés envers l’espèce humaine. Lazo a prononcé une allocution à la clôture du Sommet mondial sur l’avenir d’Haïti.

«Ce qui nous convoque ici, ce n’est pas un problème politique mais un drame humain», a souligné Lazo devant les délégués de 55 pays et de 35 organisations internationales qui se sont donné rendez-vous dans cette ville.

Esteban Lazo, qui est également membre du Bureau politique du Parti, a rappelé qu’avant le séisme son pays accumulait une expérience de onze ans de coopération avec Haïti dans plusieurs domaines comme la santé, l’éducation et la construction de logements.

Le vice-président a signalé que dans le cadre de ce schéma 400 médecins cubains offrent actuellement leurs services en Haïti. «Ce personnel a contribué à améliorer la santé de 14 millions de personnes, et a opéré plus de 47 000 patients souffrant de troubles de la vision. A ce jour, 550 médecins haïtiens se sont diplômés à Cuba et 600 étudiants haïtiens en médecine font leurs études dans l’île», a-t-il signalé.

Esteban Lazo a rappelé que le 25 janvier de cette année, lors d’une réunion à Caracas, le Conseil politique de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) est convenu, sur proposition du leader de la Révolution cubaine Fidel Castro, de privilégier l’aide à l’éducation et la création d’un système intégral de santé, dont les résultats sont déjà visibles.

«Cuba est disposée et en mesure de continuer de participer à cet effort», a ajouté Lazo, qui a chiffré à 690 millions de dollars l’aide –apportée dans une large mesure par le Venezuela– investie pour panser les plaies du tremblement de terre, comme en témoignent les 375 865 patients soignés et les 180 000 opérations réalisées depuis le mois de janvier.

«Haïti mérite cet effort», a conclu Esteban Lazo, qui présidait la délégation cubaine au Sommet de Punta Cana.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 May 2010 à 00:22

Haïti : Mobilisation populaire et violence militaire

Les troupes de l’ONU en Haïti (MINUSTAH) font inutilement usage de la violence.

vendredi 28 mai 2010, par Primitivi

Tout est calme en Haïti, et l’ONU et ses troupes (brésiliennes) sont là pour aider le peuple haïtien... En est-on bien sûr ? Ces fameuses troupes de l’ONU ne seraient-elles pas plutôt entrain d’éviter que le pays ne sorte du chemin que les investisseurs ont tracé pour lui ?

Le début de semaine a été marqué par des mobilisations populaire et des violences militaires

Des forces de la mission de paix de l’ONU en Haïti ont eu recours cette semaine aux balles de gomme et au gaz lacrymogène pour disperser une protestation d’étudiants. La répression s’est étendue jusqu’à un camp de déplacés suite au tremblement de terre. Il y a eu plus de mobilisations jeudi.

Lundi, les troubles, près du Palais National - résidence présidentielle - ont fait que des personnes âgées, des femmes et des enfants ont fui épouvantés.

Des milliers de familles sont entassées sur les places de la zone du Champs de Mars, voisine au Palais National, depuis le tremblement de terre du 12 janvier qui a fait 200 000 morts et près de deux millions de déplacées.

Au moins six personnes sont arrivées à l’Hôpital Général en présentant de blessures par balle de gomme, ont fait remarquer trois médecins volontaires de l’organisation Partners in Health qui travaillent aux urgences. "Un enfant avait une blessure grave au visage", s’est lamenté Junior Joel, un jeune homme qui était avec amis devant Palais National, encore en ruine. "C’était un supplice, ils lançaient des gaz partout", a-t-il ajouté.

Ils "saignaient", a dit à IPS la doctoresse américaine Sarah McMillan. "Une petite fille est arrivée avec une grande blessure au visage. Il a fallu lui faire 10 points de suture. Une cicatrice qui probablement lui restera à vie", a-t-elle ajouté.

La coalition des organisations Tet Kolé (les têtes jointes en créole) a protesté le mois dernier dans la même zone en demandant la démission du président René Préval pour sa gestion de la crise après le tremblement de terre.

Les manifestants accusent le président de vouloir s’accrocher au pouvoir après avoir étendu son temps de mandat avec l’approbation du parlement.

Les murs de la faculté d’Ethnologie sont couverts de graffitis contre Préval et les Nations Unies. Les étudiants ont fait des gestes obscènes aux effectifs brésiliens de la mission de paix parqués dans leurs véhicules tout-terrain en dehors de l’enceinte universitaire.

Quand les militaires irrités ont tenté de rentrer sur le campus, en traitant les étudiants de voleurs et de vagabonds, ces derniers ont répondu avec des pierres. Après s’être repliés, les soldats ont tiré des coups de feu en l’air et une balle a touché le bâtiment de la faculté.

Renforcés avec des véhicules plus lourds, les effectifs de l’ONU ont envahi le campus, à ce moment là un étudiant Frantz Mathieu Junior a couru se cacher dans des toilettes, mais les soldats l’ont poursuivi et ont ouvert d’un coup de pied la fine porte en bois, ils l’ont jeté au sol, l’ont frappé plusieurs fois et l’ont emmené. Arrivé au centre d’arrêt, ils l’ont fait manger de force. Après la détention de Junior lundi, les étudiants sont sortis pour protester et ont jeté plus de pierres. Mardi le correspondant d’IPS a pu voir la porte éclatée et le trou de balle dans l’une des fenêtres du deuxième étage.

Le chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation de l’Haïti (Minustah), Edmond Mulet, a divulgué un communiqué dans lequel il accuse un étudiant non identifié "de provocation" pour avoir lancé des pierres contre une patrouille. Mais il s’est excusé de l’intrusion des effectifs sur le campus et de l’arrestation musclée. De son côté David Wimhurst, porte-parole de la Minustah a indiqué que les soldats n’avaient ni tiré, ni lancé de gaz lundi. D’après lui seul des aérosols poivrés et des balles de gomme ont été utilisés pour disperser les gens hors de contrôle.

Quant à eux, les correspondants de la chaîne CNN ont entendu des coups de feu, ils ont senti des gaz lacrymogènes et ils ont vu des nuages de fumée autour du Palais National. Selon des témoins les effectifs des Nations Unies ont aspergé la zone de gaz et ils ont tiré des balles de gomme.

"Tout le monde a couru. Personne ne veut rester là quand il y a beaucoup de gaz", a dit à IPS Joseph Marie-Ange, 24 ans et père de quatre enfants. "Ils sont grossiers. Les enfants et les personnes âgées du campement tombaient à cause du gaz", a-t-il ajouté.

Plusieurs heures après le calme revenu et le gaz se dissipé, Redingote Mondésir marchait péniblement avec son bébé de trois mois vers l’Hôpital Général. "Nous vivons sur la Place Pétion, face à la faculté d’Ethnologie", a-t-elle raconté IPS. "Les étudiants sont venus et peu après la Minustah a lancé le gaz. Quand je suis arrivé au campement, tout le monde courait et j’ai fait de même", ajoute-t-elle. "J’ai essayé de couvrir le bébé et j’ai dit aux autres enfants de se cacher sous le lit". "Il y avait de la fumée, tout le monde tombait. Le petit ne réagissait plus, j’ai eu peur qu’il soit mort et je me suis mis à pleurer. Plusieurs personnes m’ont aidé à le conduire à l’hôpital en taxi, en motocyclette...". Les médecins lui ont donné un laissez-passer pour faire une radiographie le lendemain. Son époux, Tinès Clergé, ne veut plus vivre là. "Je ne peux plus rester à Chanmas", a-t-il dit à IPS.

Les protestations ont continué à Chanmas le mardi. De nombreux effectifs de l’ONU et de la police haïtienne ont entouré le Palais National avec des barricades. De plus, la population est ennuyeuse avec la Commission Intérimaire de Récupération de l’Haïti, chargée de gérer un paquet d’assistance de 10.000 millions de dollars. La majorité de ses membres sont étrangers, mais Préval a pouvoir d’un veto.

"S’ils voulaient réprimer la protestation : pourquoi n’ont-ils -elles pas lancé le gaz contre la faculté, où étaient les étudiants ?", a demandé Malia Villa, de l’organisation féminine Konfaviv, qui a dû aussi fuir Chanmas la nuit de lundi. "Comment ils peuvent tirer contre le campement, où il y a des familles avec enfants !", s’est-elle plaint. "On pensait qu’ils étaient là pour garantir la sécurité, mais comment le gouvernement va travailler avec eux après cela ?", "Nous ne pouvons plus les tolérer. Il nous répugne", s’est-elle exclamée en levant les mains.

En Haïti le début de semaine fut marqué par des protestations et des violence. Pendant toute la journée de mardi 25 mai des manifestations se sont déroulées dans les rues de la capitale Port-au-Prince, demandant la démission du Président René Préval et le départ de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah). Lundi, les étudiants avaient été surpris par la présence de soldats de l’organisme de l’ONU au sein de l’université. Quelques étudiants ont été arrêtés.

Selon les informations de Camille Chalmers, directeur exécutif de la Plate-forme Haïtienne pour le Développement Alternatif (PAPDA), la troupe brésilienne de la Minustah est entré dans la faculté d’Ethnologie armés de matraques et portant des grenades de gaz lacrymogène. Les militaires ont saisi les livres, les cahiers et les ordinateurs portables des élèves. Il y a aussi des témoignages rapportant l’agression de plusieurs étudiants dont certains ont été arrêtés durant cette action. Des étudiants haïtiens ont dénoncé sur Télésur que les soldats ont réprimé les élèves qui refusaient la présence de la Minustah et qui exigeaient le départ des troupes.

Mardi, des milliers de Haïtiens et de Haïtiennes sont sortis dans les rues de Port-au-Prince pour exiger la démission du Président René Preval et le départ des troupes de la Minustah. Pendant les mobilisations les manifestants ont abattu les clôtures métalliques placées par la police qui isolaient le Palais Présidentiel. Des grenades de gaz lacrymogène ont été jetées pour disperser les manifestants.

Une grande partie des manifestants appuient le retour de Jean Bertrand Aristide, ancien président d’Haïti, qui est exilé en Afrique du Sud depuis 2004. Selon des informations de Télésur, les consignes des mobilisations demandaient le retour de l’ex-chef d’État. "Préval doit partir pour qu’Aristide puisse revenir", criaient les manifestants.

"J’étais à l’étranger, mais aujourd’hui je suis ici pour remplir mes droits démocratiques face à un régime qui veut revenir à la dictature", a indiqué Victor Benoit de Fusion des Sociaux-démocrates, qui fait parti de la plate-forme alternative d’opposition.

Près du Palais Présidentiel s’est produite une autre manifestation contre le gouvernement de Préval. Dans le parc public du Champ de Mars, des centaines de citoyens haïtiens se sont unis pour rejeter l’initiative de Préval de solliciter, au moyen d’un projet de loi, la prolongation de son mandat. La demande du Président a été approuvée par le Sénat le 11 mai dernier. De cette manière, Préval pourra rester à la tête d’Haïti jusqu’en mai 2011. Le même projet rallonge aussi les mandats des législateurs jusqu’au 14 mai 2011.

Durant toute la matinée de mardi, le climat était tendu à Port-au-Prince à cause des derniers événements. Selon des informations de Télésur, une automobile a été brûlé dans les alentours de la faculté d’Ethnologie, où les étudiants ont été attaqués par les troupes brésiliennes de la Minustah.

Aussi après toute cette situation de conflits et de violences générées par le comportement des militaires brésiliens, des participants de la IIe Assemblée Populaire Nationale, qui a débuté mardi, à Luziania, Goiás région du centre-ouest, se sont mobilisés pour envoyer une lettre au gouvernement haïtien. L’intention est de demander des explications sur l’arrivé des troupes de la Minustah et de rejeter les actions menées par les militaires onusiens.

La Minustah a été cible d’accusations d’abus depuis sa création en 2004, après le renversement du président Jean-Bertrand Aristide. Il y a eu d’autres épisodes similaires en 2008 et 2009 quand des effectifs de l’ONU ont tiré indistinctement et ont tué blessé des civils. Mais les enquêtes internes les ont acquittés de toute responsabilité.


Source : IPS noticias "Movilizaciones populares y violencia militar marcan el inicio de semana"
Traduction : Primitivi

L’OMS qualifie d’excellente l’aide médicale cubaine en Haïti

La Havane, 28 mai, (RHC)--. Henriette Chamouillet, représentante en Haïti de l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, a fait l’éloge de l’aide que prêtent les médecins cubains en Haïti.

Représentant également l’OPS, l’Office Panaméricain de la Santé, Henriette Chamouillet a qualifié d’excellente la coopération de Cuba avec cette institution dans le cadre des programmes de services sanitaires gratuits à la population la plus vulnérable d’Haïti, qui est d’ailleurs le pays le plus appauvri de notre continent.

« Nous travaillons ensemble dans trois domaines de la coopération. Le premier programme, mis en pratique il y a plus d’un an, a pour but de dispenser une attention gratuite aux femmes enceintes, avant, pendant et après l’accouchement, et aussi aux nouveaux-nés » a-t-elle relevé.

Elle a ajouté que le second domaine d’interaction entre l’OMS et Cuba en Haïti a trait à l’immunisation de la population contre toute une série de maladies, surtout après le déclenchement d’une épidémie de diphtérie, fin 2009.

Cuba et l’OMS travaillent également en commun à l’extension des services de santé, à leur renforcement pour garantir que la population puisse y avoir un meilleur accès.



Edité par T 34 - 29 May 2010 à 00:49
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Des paysans haïtiens prêts à brûler des semences hybrides de Monsanto

AUTEUR:  Beverly BELL

Traduit par  Isabelle Rousselot. Édité par Fausto Giudice

 

« Un nouveau tremblement de terre » : c'est comme cela que Chavannes Jean-Baptiste, agriculteur et leader du Mouvement Paysan Papaye (Mouvman Peyizan Papay- MPP), a accueilli la nouvelle selon laquelle Monsanto va donner 60 000 sacs (soit 475 tonnes) de semences hybrides de maïs et de légumes dont certaines sont traitées avec des pesticides fortement toxiques. Le MPP s'est engagé à brûler les semences de Monsanto et a appelé à une marche de protestation contre la présence des multinationales à Haïti le 4 juin 2010, pour la journée mondiale de l'environnement.

Dans une lettre ouverte datée du 4 mai 2010, Chavannes Jean-Baptiste, directeur exécutif du MPP et porte-parole du Mouvement Paysan National du Congrès de Papaye (MPNKP) a décrit l’introduction des semences Monsanto en Haïti comme « un très rude coup porté aux petites exploitations agricoles, aux cultivateurs, à la biodiversité, aux semences créoles, etc. et à ce qui reste de notre environnement en Haïti. » (1) Les mouvements sociaux haïtiens se sont fait entendre en s'opposant aux importations par les firmes agroalimentaires de semences et d’aliments, qui sapent la production locale à partir de ses propres stocks de semences. Ils ont particulièrement  exprimé leurs inquiétudes relatives à  l'importation d'organismes génétiquement modifiés (OGM).

Pour l'instant, comme il n'existe aucune loi réglementant l'utilisation des OGM en Haïti, le Ministère de l'Agriculture rejette l'offre de semences OGM Roundup Ready de Monsanto. Dans un échange de courriels, un représentant de Monsanto a assuré le Ministère de l'Agriculture que les semences offertes n'étaient pas des OGM.

Elizabeth Vancil, directrice des initiatives de développement chez Monsanto, a déclaré dans un courriel datant du mois d'avril, en apprenant que le Ministère de l'Agriculture haïtien acceptait leur don, que c'était « un fabuleux cadeau de Pâques ». (2) Monsanto est connu pour promouvoir de façon agressive ses semences, en particulier les semences OGM, tant dans les pays du nord que du sud, y compris par le biais d'accords technologiques extrêmement restrictifs pour des agriculteurs qui ne sont pas toujours très bien informés de ce qu'ils signent. Selon des interviews que l'auteur a réalisées avec des représentants d’ organisations de petits paysans mexicaine, ceux-ci se retrouvent alors obligés d'acheter des semences Monsanto chaque année à des conditions accablantes et à des coûts qu'ils ne peuvent pas toujours se permettre.

Les semences de maïs hybrides que Monsanto a données à Haïti sont traitées avec le fongicide Maxim XO et les semences de tomates calypso avec le thiram. (3) Le thiram appartient à une catégorie hautement toxique de produits chimiques appelés bisdithiocarbamates (EBDC). Les résultats des tests des produits EBDC sur des souris et des rats ont inquiété l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis (United States Environmental Protection Agency ou EPA), qui a alors demandé des examens complémentaires sur ces produits. L'EPA a établi que les plantes traitées aux EBDC sont si dangereuses pour les travailleurs agricoles qu'ils doivent, lors de leur maniement, porter des vêtements spéciaux pour se protéger. L'EPA a décrété que les pesticides contenant du thiram doivent être accompagnés d’ un avertissement spécial. L'EPA a également interdit la commercialisation de ces produits chimiques pour les jardins des particuliers dans la mesure où la plupart des jardiniers n'ont pas les protections adéquates. (4) Le courriel de Monsanto au Ministère de l'Agriculture qui mentionne le thiram, ne fait aucune mention  des dangers que fait encourir ce produit et ne propose pas de protections spéciales ni de formation pour ceux qui cultiveront ces semences toxiques.


Jonas Deronzil qui vit à Verrettes, est agriculteur depuis 1974. Comme tous les petits producteurs de Haïti, ses maigres revenus proviennent du maïs, du riz et du haricot, aujourd'hui menacés par la nouvelle concurrence de Monsanto. Photo : Beverly Bell

L'inquiétude des mouvements sociaux d’Haïti ne concerne pas seulement les dangers liés aux produits chimiques et la possibilité de prochaines importations d'OGM. Ils affirment que l'avenir d'Haïti dépend de la production locale d’une alimentation locale pour une consommation locale - ce qu’on appelle  la souveraineté alimentaire. L'arrivée de Monsanto en Haïti, déclarent-ils,,constitue une nouvelle menace pour cette souveraineté.

« Les Usaméricains  doivent nous aider à produire, pas nous donner des produits alimentaires et des semences qui anéantissent nos chances de subvenir à nos propres besoins, » déclare Jonas Deronzil, un fermier d'une coopérative paysanne dans la région rurale de Verrettes. (5)

Monsanto  s’est depuis longtemps attiré la colère des écologistes, des militants pour la santé et des petits agriculteurs ; cela remonte à sa production de l'Agent orange durant la guerre du Vietnam. L'exposition à l'Agent orange a provoqué  des cancers chez un nombre considérable de vétérans US et le gouvernement vietnamien affirme que 400 000 Vietnamiens ont été tués ou handicapés par l'Agent orange et que 500 000 enfants sont nés avec des malformations congénitales à cause de leur exposition à l'agent. (6)

La devise initiale de Monsanto, « Sans produits chimiques, la vie elle-même serait impossible », a été remplacée par « Imagine ». La page d'accueil de son site Internet déclare que Monsanto « aide les agriculteurs du monde entier à produire plus en préservant mieux. Nous aidons les agriculteurs à réussir de manière durable, en produisant une alimentation saine... tout en réduisant l'impact de l'agriculture sur notre environnement. » (7) Le passé de l'entreprise jette un doute sur ces affirmations.

Avec Syngenta, Dupont et Bayer, Monsanto contrôle plus de la moitié des semences du monde. (8) La société détient presque 650 brevets de semences, la plupart pour le coton, le maïs et le soja et elle possède presque 30 % de toute la recherche et développement en biotechnologie. Monsanto est arrivé à une telle concentration en rachetant les principales entreprises semencières  afin d'étouffer la concurrence, en faisant breveter des variétés de plantes génétiquement modifiées et poursuivre en justice les petits agriculteurs. Monsanto est également un des premiers producteurs d'OGM.

Depuis 2007, Monsanto a intenté 112 procès à des agriculteurs US pour violations présumées de contrat technologique de brevets d'OGM, mettant en cause 372 cultivateurs et 49 petites entreprises agricoles dans 27 États différents. Avec ces procès, Monsanto a gagné plus de 21,5 millions $ par jugement. Il semble que la multinationale s'emploie à faire des enquêtes sur 500 cultivateurs par an, selon les propres documents de Monsanto et des rapports des médias. (9)

« Des agriculteurs ont été condamnés après que leur champ eut été contaminé par du pollen ou des semences issus du champ transgénique d’un voisin ; ou quand des “graines rebelles” provenant d’une culture précédente et restées en terre ont germé, l’année suivante, au milieu d’une plantation non transgénique», ont indiqué Andrew Kimbrell et Joseph Mendelson du Centre pour la sécurité alimentaire [Center for Food Safety]. (10)

En Colombie, Monsanto a reçu plus de 25 millions de $ du gouvernement US pour fournir du Roundup Ultra pour la fumigation des champs dans le cadre de la lutte anti-drogue du Plan Colombie. Roundup Ultra est une version hautement concentrée du glyphosate , un herbicide de Monsanto, avec des ingrédients complémentaires pour augmenter son effet destructeur. Des communautés de Colombie et des organisations de défense des droits de l'homme ont accusé l'herbicide de détruire les cultures alimentaires, de contaminer les sources et les zones protégées et d'augmenter les cas de malformations congénitales et de cancers.

Via Campesina, la plus grande confédération paysanne du monde présente  dans plus de 60 pays, a traité Monsanto d'un des « ennemis principaux de l'agriculture paysanne durable et de la souveraineté alimentaire pour tous les peuples. » (11) Ils prétendent que, Monsanto et d'autres multinationales, en  contrôlant une part sans cesse croissante des terres et de la production  agricoles,  forcent les petits cultivateurs à quitter leur terre et leur métier. Ils affirment également que les géants de l'agroalimentaire contribuent au changement climatique et à d'autres désastres environnementaux, une conséquence de l'agriculture industrielle. (12)

La coalition Via Campesina a lancé une campagne mondiale contre Monsanto le 16 octobre dernier, lors de la Journée mondiale de l'alimentation, avec des manifestations, des occupations de terre et des grèves de la faim dans plus de 20 pays. Ils ont mené une seconde journée mondiale d'actions contre Monsanto le 17 avril de cette année, en l'honneur du Jour de la Terre.

Des organisations non-gouvernementales usaméricaines contestent elles aussi les pratiques de Monsanto. L'Organic Consumers Association (Association des consommateurs bio) a mené la campagne « Des millions contre Monsanto », appelant  la compagnie à cesser d'intimider les petits agriculteurs familiaux, de vendre aux consommateurs des aliments génétiquement modifiés non testés et non identifiés et  d'utiliser les milliards de dollars des contribuables US pour financer les cultures d'OGM. (13)

Le Center for Food Safety a mené un combat judiciaire de 4 ans contre Monsanto qui vient de faire appel auprès de la Cour Suprême des USA. Après différents procès perdus par Monsanto et  intentés par  le Département de l'Agriculture des USA en raison de la  promotion illégale de l'Alfalfa Roundup Ready, le tribunal entendu l’exposé des griefs du Center for Food Safety le 27 avril. Une décision sur cette affaire, la première affaire d’OGM jugée par la Cour Suprême, est désormais en instance. (14)

« Combattre les semences hybrides et les OGM est crucial pour sauver notre biodiversité et notre agriculture », a déclaré Jean-Baptiste dans une interview en février. « Nos terres ont un potentiel suffisant pour nourrir toute la population et même pour exporter certaines denrées. La bonne politique pour y parvenir est  la souveraineté alimentaire, où chaque territoire a le droit de définir ses propres politiques agricoles, de chercher  d'abord à nourrir sa famille et ensuite à approvisionner le marché local, et de produire une alimentation saine selon des techniques qui respectent l'environnement et la Terre Mère. »

Grand merci à Moira Birss pour son aide dans les recherches et l'écriture de cet article.

_________

1. Courriel groupé de Chavannes Jean-Baptiste, 14 mai 2010.

2. Courriel d'Elizabeth Vancil à Emmanuel Prophete, Directeur des semences au Ministère de l'Agriculture haïtien, et à d'autres ; publié par le Ministère de l'Agriculture haïtien, date non disponible.

3. Idem.

4. Extension Toxicology Network, Pesticide Information Project of the Cooperative Extension Offices of Cornell University, Michigan State University, Oregon State University and University of California at Davis.

5. Commentaires de Jonas Deronzil extraits d'une interview du mois d'avril 2010. Il ne parlait pas spécialement de Monsanto.

6. "MSNBC," 23 janvier 2004. "Study Finds Link Between Agent Orange, Cancer" (Une étude a découvert un lien entre l'agent Orange et le cancer) The Globe and Mail, 12 juin 2008. "Last Ghost of the Vietnam War" (le dernier fantôme de la guerre du Vietnam)

7. www.monsanto. com

8. La Vía Campesina, "La Vía Campesina carries out Global Day of Action against Monsanto" (La Via Campesina mène une journée mondiale d'action contre Monsanto), 16 octobre 2009.


9. Center for Food Safety (Centre pour la sécurité alimentaire), "Monsanto vs. US Farmers", Novembre 2007.

10. Andrew Kimbrell et Joseph Mendelson, Center for Food Safety, "Monsanto vs. US Farmers", 2005.

11. La Vía Campesina, 16 octobre, 2009, Op. Cit.

12. La Vía Campesina, "La Vía Campesina Call to Action 17 April 2010 - Join the International Day of Peasant Struggle" (La Via Campesina appelle à manifester le 17 avril 2010 : participez à la journée mondiale de lutte paysanne) le 23 février 2010.

13. Organic Consumers Association, "Taxpayers Forced to Fund Monsanto's Poisoning of Third World" (les contribuables forcés de payer pour l'empoisonnement du tiers-monde par Monsanto), Finland, Minnesota.

14. Center for Food Security, "Update: CFS Fighting Monsanto in the Supreme Court," 11 mai 2010.

Source : Other Worlds-Haitian Farmers Commit to Burning Monsanto Hybrid Seeds

Article original publié le 17/5/2010
 
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Haïti: Sean Penn dénonce la fermeture d'hôpitaux
 
L'acteur Sean Penn, qui s'est consacré à aider Haïti depuis le séisme du 12 janvier, a plaidé mercredi devant le Congrès américain pour que soient rouverts les hôpitaux haïtiens qui ont été fermés, faute de moyens, malgré l'immensité des besoins.

"Les hôpitaux qui existent à Haïti doivent être remis en état de fonctionner avec du personnel, des médicaments, un service administratif", a insisté l'acteur qui, avec son organisation J/P Haitian Relief Organization, aide depuis quatre mois un des plus importants camps de réfugiés de Port-au-Prince.

"Dans cette cité en ruine, cinq hôpitaux opérationnels ont été fermés (...) en raison d'un manque de financement", a affirmé Sean Penn au cours d'une audition sur l'efficacité de l'aide internationale devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Il a été rejoint dans son plaidoyer par le coordinateur de l'agence américaine d'aide au développement (USAID) en Haïti, Christopher Milligan, qui a affirmé que les Etats-Unis devaient "aider à reconstruire le secteur public de santé en Haïti".

Sean Penn a averti que les premiers cas de diphtérie s'étaient déclarés dans le camp du golf de Pétionville, qui abrite plus de 50.000 personnes, à un moment où la saison des pluies va battre son plein.

L'acteur a insisté sur le manque de vaccinations. "La vérité est que la plupart des Haïtiens ne sont pas immunisés et il n'y a pratiquement pas de suivi des vaccinations et des rappels", a encore dit Sean Penn.

La star, qui a passé plusieurs semaines en Haïti et compte y retourner à la fin du mois, a averti qu'il fallait s'attendre à de possibles "manifestations violentes" et pressé le gouvernement haïtien ainsi que l'administration américaine de montrer "une totale transparence dans la distribution de l'aide".

A la conférence des donateurs consécutive au séisme, une centaine de pays ont promis près de 15 milliards de dollars à Haïti et les Etats-Unis s'apprêtent à voter une part de leur aide (3,5 milliards de dollars).

Le comédien a demandé des traducteurs pour les patrouilles de surveillance de l'ONU dans les camps, de l'éclairage et la mise à disposition plus rapide de terrains non-inondables.

Le bilan du séïsme, actuellement évalué à entre 250.000 et 300.000 morts, "pourrait atteindre un demi-million de morts estiment certains experts", a affirmé le sénateur Bob Casey.

Au cours de l'audition, plusieurs sénateurs et experts ont exprimé leur préoccupation sur la nécessité que des comptes soient rendus sur l'aide accordée. "Qui tient les rênes ? Qui est le shérif" en Haïti, dont l'administration était largement "inefficace avant le tremblement de terre", a demandé le sénateur Bob Corker.

John Kerry, qui préside la commission des Affaires étrangères, s'est inquiété de "l'absence de structure de pouvoir" dans la mise en place de l'aide. Il a aussi plaidé pour que les élections générales de novembre soient maintenues. "Pour s'assurer que la démocratie ne sombre pas avec le tremblement de terre, Haiti peut et doit tenir ses élections comme prévu", a déclaré l'ancien candidat à l'élection présidentielle.

 

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Edité par T 34 - 24 May 2010 à 20:27
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Cuba et le Venezuela ouvrent un nouvel hôpital en Haïti

Port-au-Prince, 13 mai, (RHC)--. Cuba et le Venezuela ont ouvert un nouvel hôpital dans la commune de Bassin Bleu, dans le département du Nord-ouest.

Un groupe de médecins cubains assurent le fonctionnement de cet hôpital doté d’une technologie d’avant-garde.

Les praticiens cubains ont pris part à l’aménagement d’un vieux dispensaire en un hôpital moderne réunissant 23 services, de la maternité aux soins dentaires.

Les ambassadeurs de Cuba et du Venezuela, Ricardo Garcia et Pedro Canino, respectivement et le Dr Lorenzo Somarriba, vice-ministre cubain de la santé, ont assisté à la cérémonie d’ouverture.

Cuba et le Venezuela se sont chargés des travaux et du montage en vertu du programme de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, de coopération avec Haïti. Ce programme prévoit le montage de 30 hôpitaux du genre et d’autant de salles de rééducation.

Les brigades médicales cubaines sont présentes en Haïti depuis 1998, peu après le passage du cyclone George, mais le nombre de praticiens a été porté de 400 à 1 200 à la suite du séisme dévastateur du 12 janvier qui a fait plus de 220 000 morts, 300 000 blessés et presque 1 500 000 sinistrés.

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Piège
 
 

Haïti : Monsanto et le "Projet Winner"

par Thalles Gomes

vendredi 21 mai 2010, par Primitivi

Les médias ne parlant plus d’Haïti on se dit que tout s’est bien fini, que la solidarité internationale a permis de faire sortir le petit pays de la crise qu’il a subit en janvier dernier.

Et bien non, en fait tout commence, même si le pays tente de se réorganiser et que la vie reprend doucement son cours Haïti n’en a absolument pas fini avec les crises. Tout au contraire, comme annoncé précédemment les vautours multinationales se sont jetés dessus avec l’avidité des investisseurs découvrant de nouveaux marchés.

L’article de Thalles Gomes traite ici spécifiquement de l’action de Monsanto soutenue par l’USAID, UPS et la Kuehne+Nage qui au sein du Projet Winner (tout un programme) sont entrain de vassaliser entièrement l’agriculture haïtienne à leurs produits.

Moins visible, mais qui causera au final beaucoup plus de dégâts et fort possiblement des dégâts irréversibles cette invasion économique d’Haïti est la digne héritière des agressions coloniales opérées depuis près de 206 ans par les États-unis et la France contre Haïti.

L’entreprise américaine Monsanto a donné des graines transgéniques à Haïti. Ce fait a été dénoncé le 10 mai dernier dans un article écrit par le curé anglais Jean-Yves Urfié, ex-professeur de chimie du Collége Saint Martial, à Port-au-Prince. Urfiè écrit dans son article : “La société transnationale Monsanto offre aux agriculteurs du pays un cadeau mortel de 475 tonnes de maïs transgénique, avec les engrais et les pesticides associés, qui seront remis gratuitement par le Projet Winner, avec l’appui de l’ambassade des États-Unis en Haïti”. Selon lui, la multinationale Monsanto a déjà commencé à distribuer les graines de maïs transgéniques dans les régions de Gonaives, Kenscoff, de Pétion-Ville, de Cabaré, d’Arcahaie, de Croix-des-Bouquets et de Mirebalais.

La forte répercussion de cette dénonciation a obligé le Ministre de l’Agriculture d’Haïti, Joana Ford, à convoquer une conférence de presse le 12 mai dernier à Port-au-Prince. Le Ministre Ford a affirmé "Haïti n’a pas de capacité à administrer les OGM” avant de démentir que la donation de Monsanto était du maïs transgénique. "Nous prenons toutes les précautions avant d’accepter l’offre faite par la multinationale Monsanto pour recevoir une donation de 475 947 kg de graines de maïs hybride et 2 067 kg de graines de légumes. Nous devons aussi mentionner que, en l’absence d’une loi qui réglemente l’utilisation d’Organismes Génétiquement Modifiés en Haïti, je ne peux pas permettre l’introduction de graines ‘Roundup Ready‘ ou toute autre variété de transgéniques", a souligné le Ministre.

Selon Ford, les graines hybrides dont Monsanto fait la promotion sont adaptées aux conditions tropicales d’Haïti. Ce dont fait partie d’une campagne du Ministère de l’Agriculture pour relancer le secteur agricole après le tremblement de terre du 12 janvier dernier. Le Ministre indique également que dans cette optique plus de 65 000 hectares de terre sont entrain de bénéficier d’une préparation par des tracteurs, des engrais et des pesticides, et les agriculteurs recoivent une formation.

Monsanto elle-même s’est retrouvée obligée de se prononcer sur cette affaire. “Nous croyons que l’agriculture est la clé pour la récupération d’Haïti sur le long terme”, a affirmé la transnationale dans une note publiée sur sa page internet. “Après la catastrophe, Monsanto a donné de l’argent pour le redressement (d’Haïti)”, continue la note, “mais il était évident que le don de nos produits - de maïs et les graines de légumes de qualité - pourrait faire réellement la différence dans la vie des Haïtiens”. Avec cet état d’esprit généreux la plus grande compagnie de semences au monde a résolu de donner à Haïti l’équivalent de 4 millions de dollars en graines de maïs hybride, choux, carotte, aubergine, melon, oignon, tomate, épinard, et melon d’eau. 60 tonnes de ces graines sont arrivées sur le territoire haïtien durant la première semaine de mai. 70 tonnes supplémentaires sont arrivées à Port-au-Prince le 13 mai dernier. Il est prévu que pour les 12 prochains mois 345 tonnes supplémentaires de graines hybrides de maïs soient distribuées aux agriculteurs du pays.

Ouvrir des marchés

Le tremblement de terre du 12 janvier a provoqué la mort de 300 000 personnes et a laissé plus d’un million d’Haïtiens sans domicile. Les conséquences ont été dévastatrices. Mais, bien qu’il ait atteint 7 degrés sur l’échelle Richter, il est peu probable que le tremblement de terre ait détruit les structures de fonctionnement d’une société transnationale comme Monsanto. Le don de 475 tonnes de graines hybrides peut être vue comme une action de générosité de la part de la transnationale envers le peuple haïtien. Cependant les conditions dans lesquelles ce don a été effectuée sont regardées de plus près, cette générosité devient une simple tactique entrepreneuriale pour augmenter les bénéfices.

Les gains de Monsanto de décembre 2009 à fin février 2010 ont été de 887 millions de dollars. Durant la même période l’an passé, ses gains ont été de 1,09 milliard de dollars, ce qui signifie une chute de 19%. Selon Hugh Grant, directeur exécutif de la transnationale, la cause principale de cette chute a été la diminution des ventes d’herbicides et de produits chimiques.

Début avril, durant une conférence en présence d’annalistes, Grant a affirmé qu’il ne pourrait pas recourir à l’augmentation des prix pour contrecarrer cette chute, puisque les agriculteurs ne semblent pas disposés à payer des prix plus hauts pour les nouveaux spécimens de graines transgéniques, dont certaines d’entre elles sont deux fois plus chères que les variétés les plus cultivées aujourd’hui. "Le retour que j’ai des propriétaires fonciers indique que si nos prix étaient différents, la courbe d’adoption des graines serait différente" avait-il déclaré.

Quant il n’est pas possible de faire monter le prix de ses produits, la seule solution pour Monsanto est de contrecarrer cette chute en ouvrant de nouveaux marchés. Et ce n’est pas un hasard qu’à peine un mois après la conférence de Hugh Grant dess graines de Monsanto arrivent à Haïti.

Ce qui n’a pas été dit ni par Monsanto, ni par le Ministère de l’Agriculture haïtien, c’est ces graines hybrides de maïs ne pourront accomplir leurs promesses de productivité et d’adaptation au climat tropical haïtien que si elles sont traitées par les herbicides, les engrais et les produits chimiques spécifiques, qui sont justement produits par Monsanto. Cela signifie que les agriculteurs haïtiens qui reçoivent les graines hybrides ne réussiront à les rendre productives que s’ils acquièrent les herbicides et les engrais de Monsanto.

De plus, les agriculteurs ne pourront pas replanter les graines issuent de ce maïs, puisque l’une des caractéristiques de ces graines hybrides cest que seule la première génération est fertile. S’ils veulent continuer à semer les paysans haïtiens devront acheter de nouvelles graines à Monsanto.

À ce rythme, avec l’augmentation de la consommation de graines et implicitement d’herbicides, d’engrais et de produits chimiques Monsanto, la prévision du curé Jean-Yves Urfié pourra devenir réalité : “Bientôt, il y aura que des graines Monsanto en Haïti. Et alors, ce sera la fin de l’indépendance des agriculteurs”.

Vainqueur

Monsanto n’est pas seule dans cette entreprise. Le transport et toute la logistique de distribution des graines en Haïti se fait au profit de deux autres entreprises américaines : la Kuehne + Nage Emergency and Relief Logistics et l’UPS Foundation.

Ken Sternad, président d’UPS, a insisté pour se prononcer sur cette action : “Cela fait parti de nos efforts continus pour appuyer le redressement d’Haïti, l’UPS a l’orgueil de donner ses services aux bateaux de semences, car le pays commence à se diriger vers la construction d’un avenir soutenable".

Cet “avenir soutenable” dont parle Sternad et qui attire l’intérêt de tant d’entreprises étrangères est définit dans le Projet Winner lancé le 8 octobre 2009 par l’USAID (Agence des États-Unis pour le Développement International) [1]. Le Projet Winner investira 126 millions de dollars dans les cinq prochaines années afin de construire une nouvelle infrastructure agricole en Haïti, avec comme objectif l’augmentation de sa productivité. Entre-temps, ce programme fournira une assistance technique spécialisée, en plus de services techniques et des facteurs de production agricoles, comme les pesticides et les engrais.

C’est par ce projet que seront distribuées les 475 tonnes de graines de Monsanto. En fait, ces graines n’arriveront pas directement dans les mains des paysans haïtiens, elles seront tout d’abord acheminées aux magasins administrés par l’USAID et seront ensuite vendues pour un prix “significativement réduit” aux agriculteurs. “Notre but est d’arriver à fournir 10 000 agriculteurs durant cette saison”, indique Jean Robert Estime, directeur responsable du Projet Winner. “Les graines aideront à nourrir et fourniront des opportunités économiques pour les agriculteurs, leurs familles et la communauté haïtienne en général”.

Pour comprendre ce que sont ces “des opportunités économiques”, il faut connaître les acteurs qui sont derrière le Projet Winner. Son directeur responsable, Jean Robert Estime, a servi comme Ministre des Affaires étrangères durant les 29 ans de la dictature de Duvalier en Haïti, époque dans laquelle plus de 30 000 Haïtiens ont été assassinés et le pays a ouvert ses portes aux produits alimentaires étrangers. Grâce à cette ouverture, Haïti importe aujourd’hui 80% des aliments qu’il consomme.

Architecte et coordinatrice du Projet Winner, l’USAID est un organisme gouvernemental américain créé en 1961. Selon sa page internet officielle, il a la mission de “promouvoir les intérêts de la politique externe des États-Unis dans l’expansion de la démocratie et des libres marchés, en améliorant la vie des citoyens du monde en développement”. Avec siège à Washington/DC, l’USAID est présente sur les cinq continents. Son travail appuie “la croissance économique et les avancées de la politique externe des États-Unis”.

Nouveau tremblement de terre

Chavannes Jean-Baptiste, coordonnateur du Mouvman Peyizan Papay (MPP) et membre de la Via Campesina haïtienne déclare qu’en fait “Il s’agit d’un nouveau tremblement de terre plus dangereux a long terme que celui qui s’est déroulé le 12 janvier. Il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une très forte attaque contre l’agriculture, les paysans et les paysannes, la biodiversité, les graines créoles que nous défendons, et à ce qu’il reste de notre milieu environnemental en Haïti”

Chavannes accuse le gouvernement haïtien de profiter du tremblement de terre pour vendre le pays aux forces impérialistes et aux sociétés transnationales. “Nous ne pouvons pas accepter cela”, fait remarquer le leader paysan, “nous devons commencer la mobilisation contre ce projet, contre l’arrivée de Monsanto en Haïti. Nous avons besoin d’une forte unité en Haïti et d’une forte solidarité internationale pour affronter Monsanto et toutes les forces mortifères qui veulent en finir avec la souveraineté de ce petit pays qui a conquis son indépendance avec le sang de ses enfants et de ses filles dès 1804”.

Comme premier pas dans cet affrontement, le MPP a demandé aux paysans d’enterrer et de brûler toutes les graines de maïs provenant du Ministère de l’Agriculture. De plus, la Via Campesina d’Haïti organise une grande marche les 4 et 5 juin prochains, à l’occasion du Jour International de l’Environnement. La marche partira de la région de Papay à destination de la ville de Hinche, capitale du département Central. (Traduction ALAI)

Thalles Gomes, journaliste brésilien, depuis Port-au-Prince - Haïti.


Source : agence ALAI "Monsanto y el Proyecto Vencedor"
Traduction : Primitivi

Notes

[1] Il est a noter plusieurs choses sur l’USAID, cette Agence gouvernementale étasunienne à soutenue en Amérique Latine les pires dictatures et la déstabilisation de plusieurs pays, elle continue d’ailleurs cette mission. Par contre la même USAID se fait en Europe une bonne publicité en soutenant les Révolutions Colorées, elle aide d’ailleurs à la diffusion dans les anciens pays du bloc de l’est d’un petit livre édité par l’Institut Enstein intitulé "From Dictatorship To Democracy" (disponible gratuitement sur internet) et qui indique aux mouvements étudiants et d’opposition desdits pays à renverser le pouvoir en place. En conclusion l’USAID ne promeut absolument pas la démocratie mais uniquement les intérêts des USA et l’ouverture de nouveaux marchés aux entreprises US.



Edité par T 34 - 21 May 2010 à 15:04
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Un millier d'Haïtiens tente de prendre le palais présidentiel et éxigent la démission de René Préval
 
Le Parlement haïtien a mis fin à ses travaux, hier, dans l'incertitude et la contestation. Dans la cacophonie, et sans l'opposition, le Sénat a adopté le critiqué projet de loi qui permet au président René Préval de prolonger son mandat, alors que dans la rue, des milliers d'Haïtiens manifestaient leur mécontentement.

«Préval sait très bien qu'il n'a pas le droit de violer la Constitution. Il voulait finir son mandat, mais il ne peut pas faire n'importe quoi», a lancé Joël Émile, furieux.

Conseiller spécial pour une organisation progressiste, il est venu dénoncer un président qu'il juge «à la solde des Blancs».

«Avec Préval, le chômage a augmenté, et plus de chômage veut dire plus de criminalité, plus de délinquance et plus de criminalité», a-t-il conclu.

Au son de la musique, les enfants ont brandi des affiches à l'effigie de l'ancien président haïtien, exilé depuis le coup d'État de 2004, sur lesquelles on peut lire: «Aristide, nous t'attendons».

«Nous voulons que Jean-Bertrand Aristide soit réadmis au pays, comme simple citoyen, pour qu'il participe à la reconstruction de son pays», explique Jean-Claude Pierre, croisé à quelques jets de pierre du Palais national en ruine, en face de la place du Champ-de-Mars, transformée depuis bientôt quatre mois en un immense camp de déplacés.

Il s'agissait de la plus grande importante manifestation depuis le séisme du 12 janvier, qui a ravagé le pays, tué près de 250 000 morts et laissé plus d'un million de personnes déplacées.

La police nationale haïtienne était aux aguets, et même l'armée américaine surveillait le déroulement des choses du haut des airs, en hélicoptère.

On rapporte quelques coups de feu tirés, tandis que les forces de l'ordre ont quant à elles lancé des gaz lacrymogènes afin de contrôler la foule.

Les opposants au président Préval lui reprochent de ne pas en faire assez depuis la catastrophe, et d'utiliser maintenant la crise pour se maintenir au pouvoir.

Pendant ce temps, au Sénat...

De l'autre côté de la ville, c'est en veston-cravate que les critiques se faisaient entendre. La dernière séance du Sénat haïtien a presque tourné à la foire d'empoigne, l'opposition ayant essayé de bloquer, ou du moins retarder, l'adoption du projet de loi prolongeant le mandat du président, en vain. Ces députés ont claqué la porte en signe de protestation.

Après avoir prolongé pour 18 mois l'état d'urgence décrété après le séisme, qui augmente les pouvoirs du président, les parlementaires ont accepté une prolongation du mandat du chef d'État, s'il était impossible de tenir des élections, comme prévu, en novembre prochain. La Constitution haïtienne prévoit que René Préval doit quitter ses fonctions en février prochain; avec cette modification, il a l'option de rester jusqu'en mai.

Les députés ne seront pas convoqués de nouveau avant la tenue du scrutin : l'opposition y voit une dérive autoritaire, dans un pays trop habitué aux dictatures.

«Pour la quatrième fois, le président Préval n'a pas su ou n'a pas voulu faire des élections à temps. Alors, nous laissons un vide derrière nous, soutient le député indépendant de Pétion Ville, Steven Benoît, farouche opposant au chef d'État. Il n'y a pas de Parlement, alors il n'y a pas de contrôle. À partir de maintenant, il fait ce qu'il veut. C'est dangereux, ça peut déboucher sur un début de dictature.»

«Maintenant il utilise la catastrophe pour rester au pouvoir le plus longtemps possible, ajoute M. Benoît. C'est l'histoire de tous les présidents haïtiens. Mais l'histoire retiendra aussi que chaque fois qu'un président essaie de rester au-delà de son mandat, il y a toujours eu un coup d'État. Il a toujours été obligé de partir, ce qui va arriver à Préval aussi.»

Selon lui, si les parlementaires ne peuvent plus contrôler les décisions du président, la population, elle, «veillera au grain».

«C'est pourquoi aujourd'hui, on a eu un début de manifestations. Ça va durer et le groupe va grossir au fur et à mesure. Il y aura de la violence et on ne sait quoi», conclut-il.

 
 

n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. 20 Mai 2010

Quatre mois après le séisme
Du pareil au même

LETICIA MARTiNEZ HERNaNDEZ et
JUVENAL BALaN (photo), (envoyés spéciaux)

PORT-AU-PRINCE.- Aujourd’hui on ne parle presque plus de Haïti dans les médias, et la plupart de ceux qui y étaient accourus en sont repartis, à quelques exceptions –honorables—près…

On dit que le temps passe vite… Ce matin, des gens qui se réveillaient dans un lit confortable en écoutant la radio ont sans doute murmuré, dans un claquement de doigts : quatre mois ? Cela fait déjà quatre mois que la terre a tremblé en Haïti ? Mais si c’était hier…. A la même heure, Ruth s’éveille dans la baraque qui lui sert de logement depuis tant et tant de jours. Pour elle comme pour les plus d’un million et demi de personnes qui ont perdu leur foyer, c’est un siècle, ou peut-être trois, qui s’est écoulé depuis que le séisme diabolique a englouti ses pauvres biens et l’a vouée à une misère plus profonde encore.

Nous sommes le 12 mai. Et de nouveau les mains jointes se tendent vers le ciel, porteuses des actions de grâce pour « avoir eu la vie sauve » ou de prières pour « la paix de l’âme » des plus de 222 000 disparus du mardi 12 janvier. A 16h53, les Haïtiens seront nombreux à évoquer le souvenir de cet instant où la terre a commencé à trembler et où tant de vies ont été emportées tandis que pour d’autres commençait un nouvel épisode, lamentable entre tous, celui de la « mort en vie » qui est le lot de tant de milliers d’entre eux.

Qui arpente aujourd’hui les rues de Port-au-Prince et le fait depuis quatre mois se rend compte que certaines choses ont changé, qu’à tout petits pas on commence à débroussailler un chemin qui promet d’être terriblement long. Quand les forces naturelles se sont déchaînées dans ce petit pays, il a fait la une de tous les journaux, mais il en est sorti tout aussi vite qu’il y était arrivé et les informations se font rares. On se demande, ici et là, ce qu’il a bien pu advenir de ces refuges construits à la hâte sur les places ou tout autre espace disponible, ou encore des décombres qui couvraient toute la ville, des répliques annoncées, de l’aide promise… Il semble qu’on assiste aujourd’hui à un « retour à la normale », mais celui-ci a quelque chose de profondément inquiétant pour ceux qui refusent de croire que la vie puisse être aussi sordide pour tant et tant de gens. Les places restent envahies par les abris en toile, en plastique, en tôle, parfois aussi en bois, avec des « fenêtres » et des « portes » qu’il faut cadenasser pour protéger le peu qu’il reste à l’intérieur.

Les gravats restent omniprésents : retirer les décombres des logements détruits et de ceux qu’il reste à détruire est une tâche titanesque. Par contre, les rues sur lesquelles circulent les véhicules sont à peu près déblayées, et on voit surgir des maisons toutes neuves de ci de là, celles des plus riches, évidemment. Ce qui grandit en dehors de la ville, ce sont les montagnes de gravats : ils ont changé de place, mais… est-ce bien utile ? Certains estiment que le nettoyage de la ville s’étendra sur plus d’un an. En fait, tout dépend de l’arrivée de véhicules lourds, qui sont rares ici.

Les enfants, uniforme et sac à dos, ont repris le chemin de l’école. Tous les matins ils prennent place sous la tente, une vague charpente de bois ou un toit de zinc qui s’intitule « école ». Mais pour le moment, il n’y a pas classe… le ministère de l’Education a dit qu’il fallait jouer, chanter, dessiner… pour éliminer les traumatismes que le tremblement de terre a laissés derrière lui. Il a été annoncé que les enfants y recevront un repas par jour : un bon motif pour y aller, pour pas mal d’enfants qui ont du mal à trouver leur pitance quotidienne.

Que redoute-t-on le plus ? Les orages qui s’abattent sur la ville en fin de soirée et qui annoncent la dangereuse saison des pluies, celle des cyclones. Ils sont des milliers à ne pas dormir, à chaque nuit pluvieuse, pour maintenir leurs affaires, tant bien que mal, au sec. Les maladies aussi, véritable épée de Damoclès suspendue au dessus de la ville. Les voies d’eau et les bouches à égouts, envahies d’ordures. On a bien commencé à transférer des camps en des lieux plus sûrs, mais beaucoup refusent de s’éloigner de la ville, où ils ont plus de chance de trouver une source de subsistance.

Alors même que Port-au-Prince s’efforce de renaître au prix de durs sacrifices, les tribunes internationales en restent à de vagues promesses bien fragiles. Les fonds demandés aux pays donateurs n’arrivent qu’avec parcimonie. Un peu comme en 1998, lorsque la communauté internationale avait promis des sommes énormes pour aider le pays à se relever du cyclone Mitch, et qu’il n’en arriva en fait que quelques miettes. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a lancé un nouvel appel, et l’UNASUR a adressé un ultimatum à ses membres : ils doivent verser l’aide promise, de 300 millions.

L’aide cubaine, qui existait déjà dans le pays, dix ans avant que ne tremble la terre, se démultiplie. Du personnel médical continue d’affluer pour livrer bataille pour la vie. Des artistes sont venus rejoindre les médecins, avec une seule prétention : allumer de ci de là l’étincelle d’un sourire sur des visages marqués par la catastrophe.

Ainsi vit cette ville quatre mois après le séisme qui y instaura l’enfer. La capacité d’étonnement ne s’épuise pas ici … Quelques-uns tentent de survivre tandis que d’autres restent assis sur les ruines de ce qui fut un jour leur foyer. Parmi les célébrités qui demeurent sur place quatre mois plus tard, figure Sean Penn, arrivé presque immédiatement après le séisme.

Le temps passe vite ? Demandez donc son avis à Ruth, pour qui il s’éternise… car pour beaucoup qui vivent dans une sorte de léthargie permanente, tout reste, quatre mos plus tard… du pareil au même !



Edité par T 34 - 21 May 2010 à 14:46
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Haïti : de manière quasi invisible, le pays passe sous tutelle étasunienne

par Vincent Marissal pour La Presse

vendredi 16 avril 2010, par Primitivi

Dans la suite de nos furetages sur Haïti voici le relais d’un article paru dans La Presse relevé sur cyberpresse.ca :

(Port-au-Prince) On le savait, on l’a bien constaté dans les jours suivant le tremblement de terre et c’est encore plus vrai aujourd’hui, trois mois plus tard : c’est Washington qui dirige et dirigera Haïti.

On entend beaucoup de mensonges et de demi-vérités à propos d’Haïti dans les cercles de la communauté internationale, mais la plus grande supercherie est de continuer de parler de la souveraineté d’Haïti et de son gouvernement.

La présence américaine est moins spectaculaire trois mois après le séisme, la plupart des Marines ont quitté Port-au-Prince, mais en coulisse, le département d’État (dirigé par Hillary Clinton, femme de l’émissaire de l’ONU pour Haïti, Bill) s’active pour avoir les coudées franches.

Un plan de reconstruction de plus de 10 milliards de dollars sur 15 ans, cela représente de belles occasions d’affaires pour les entreprises américaines. En plus, les Américains veulent construire une success-story en Haïti.

Mais il faut d’abord un cadre légal et politique.

Le cadre légal, il a passé la dernière étape, hier au Sénat, avec l’adoption d’un projet de loi prolongeant de 18 mois l’état d’urgence. Cette loi donne au gouvernement haïtien (avec les membres de la communauté internationale nommés au sein d’une commission intérimaire) des pouvoirs extraordinaires, comme passer des contrats sans appel d’offres, fermer des camps et expulser ses habitants, réquisitionner des immeubles ou des terrains.

L’adoption de ce projet de loi a été fortement encouragée par Washington. Il donne les moyens d’aller vite, sans avoir trop de comptes à rendre.

Déjà, l’expulsion de sinistrés bat son plein depuis trois jours à Port-au-Prince, faisant monter de plusieurs crans la tension en ville.

L’administration américaine insiste par ailleurs pour que le gouvernement haïtien adopte une loi interdisant aux fournisseurs d’augmenter leurs prix de façon déraisonnable.

L’administration américaine planche par ailleurs sur un plan énergétique majeur, incluant la construction de lignes de transmission, la rénovation de barrages et la distribution de propane (pour remplacer le charbon).

L’énergie, c’est le pouvoir, de nos jours. Le président du Venezuela, Hugo Chávez, s’est fait bien des amis en Amérique du Sud en distribuant son pétrole en vertu de généreuses ententes, notamment ici. Justement, une grève au Venezuela a provoqué ces derniers jours une pénurie d’essence à Port-au-Prince.

L’administration américaine, à couteaux tirés avec Hugo Chávez, ne tolérera pas une telle situation.

« Gardez les yeux ouverts », suggérait en entrevue le premier ministre Jean-Max Bellerive aux Canadiens qui craignent la corruption et le fiasco financier de l’aide internationale en Haïti.

En effet, nous aurions tout intérêt à garder les yeux grands ouverts. Doublement intérêt, même.

D’abord pour nous assurer que nos millions (centaines de millions) serviront les Haïtiens, et non pas le régime et ses amis.

En ce sens, les partis de l’opposition à Ottawa feraient oeuvre utile en réclamant du gouvernement Harper la création d’une commission non partisane chargée, pour les prochaines années, de suivre l’argent à la trace. Et de faire rapport périodiquement des progrès (ou des dérapages) en Haïti. Rien n’empêche de créer une telle commission, avec ou sans le gouvernement, d’ailleurs.

La vigilance est d’autant plus de mise qu’Haïti entre dans une période électorale instable. À cause du tremblement de terre, les élections législatives de février ont été remises. Elles pourraient être tenues en même temps que la présidentielle, prévue en novembre (mais qui pourrait être repoussée de quelques semaines).

De plus, le Parlement sera dissous en mai, ce qui fait que le président Préval, loi d’urgence en poche, pourra gouverner par décret.

La moindre des choses, puisque nous donnerons des centaines de millions à Haïti, c’est de nous assurer que nous ne cautionnons pas un gouvernement antidémocratique, même si celui-ci opère avec la bénédiction de Washington et la complicité tacite de la communauté internationale.

Ce gouvernement, tout le monde le sait, n’est pas au-dessus de tout soupçon. L’an dernier, lors des élections sénatoriales, l’opposition a dénoncé des fraudes dans une quarantaine de bureaux de vote. L’affaire a finalement été étouffée par la Commission électorale provisoire, la même qui est toujours en place aujourd’hui et qui doit décider de la date des prochaines élections.

Le président Préval ne peut se représenter, mais avec les milliards de l’aide internationale et une opposition complètement désorganisée, comment garantir qu’il ne retournera pas la situation au profit de son successeur ?

Notre deuxième intérêt, c’est de veiller à ce que nous ne ramassions pas que les miettes laissées par les États-Unis dans un pays où nous devrions avoir une longueur d’avance naturelle.

Pour le moment, on ne sent pas un grand empressement de la part d’Ottawa.

La ministre responsable de l’ACDI, Bev Oda, était à Port-au-Prince la semaine dernière, mais elle a surtout annoncé un projet d’hôpital qui était prévu avant le tremblement de terre.

Le projet de siège temporaire du gouvernement (12 millions de dollars) annoncé en grande pompe lors de la visite de Stephen Harper, en février, s’est quelque peu dégonflé depuis.

Le Canada devait payer pour des installations temporaires à Croix-des-Bouquets (environ 25 km à l’est de Port-au-Prince), mais les ministres haïtiens, apparemment, ne voulaient pas aller si loin de la capitale.

Plan B, donc : le Canada construira plutôt des sièges temporaires pour les ministères de l’Agriculture et de la Santé.

Des cabanes pour deux ministères, c’est bien modeste à côté des projets pharaoniques développés à Washington.

par Vincent Marissal pour La Presse

Source : Cyberpresse.ca "La tutelle... sans le nom"

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Apr 2010 à 17:11

Haïti : Quel développement ?

vendredi 9 avril 2010, par Primitivi

A l’heure où la vague médiatique s’est complètement retirée où en est Haïti ? Comme Primitivi ne connaît personne dans le coin nous sommes partis à la recherche des blogs qui suivent ce qui se passe sur l’île.

Voilà le relais d’un post paru sur agir-avec-haiti.over-blog.com qui nous a paru tout à fait pertinent.

Haïti est bien loin aujourd’hui. La distance a repris toute sa place alors que l’émotion se fatigue de tant de compassion. A l’heure où des conférences internationales d’une ampleur surprenante discutent du destin de ce pays,nos médias délaissent un sujet qui n’est plus assez racoleur. Et pourtant, comme Jean-François Labadie l’écrit dans son blog ("et si les médias s’intéressaient à la reconstruction"), ce serait le moment pour les citoyens des pays "riches" de contrôler ce que font leur gouvernement de leur puissance et de l’argent de leurs contribuables.

Le Monde Diplomatique analyse dans un article du mois de mars les enjeux de cette "reconstruction" : "L’humanitaire, du tsunami à Haïti, inégerence étrangère ou mobilisation des savoirs locaux ?". On retrouve le même genre de questionnement dans un chronique du CNCD : "Haïti, de l’urgence au développement" : "Une première évidence est que le développement de Haïti ne pourra se faire sans les Haïtiens. Si les gouvernements et les ONG internationales ont massivement réagi lors du tremblement de terre, ce sont avant tout les populations haïtiennes qui ont construit des camps de réfugiés, partagé les ressources disponibles et sauvé des milliers de vies. Ce sont aussi les populations rurales haïtiennes qui ont accueilli les dizaines de milliers de personnes fuyant la capitale en ruines. Cet exode urbain provoqué par la catastrophe représente une opportunité de penser le développement d’Haïti de manière globale, en investissant dans l’agriculture, les services publics, les logements et les emplois dans les provinces, en vue de désengorger la capitale et de promouvoir un modèle de développement moins inégalitaire que par le passé. A contrario, le risque est grand de voir se développer des « bidonvilles provinciaux » condamnés à l’assistance humanitaire."

Une conférence passionnante a été donnée à Marseille par Jean-Pierre Olivier de Sardan : "Les effets négatifs de l’aide humanitaire et de l’aide au développement". L’anthropologie du développement permet de faire un pas de côté pour analyser les dynamiques de fond qui agitent nos relations avec les "suds" et "le développement", cette grande entreprise si à la mode de par le monde. Une chose (parmi bien d’autres) m’a particulièrement marqué dans cet exposé : la mise en lumière de "l’injonction contradictoire" (double bind) faite aux pays du sud concernant leurs actions. D’un côté, les politiques d’ajustement structurel imposées par le FMI et autres ont forcé les États à limiter, rentabiliser et privatiser leurs services publics dans une logique néolibérale d’efficacité économique ; d’un autre côté, l’aide au développement critique le "sous-développement" et l’absence d’accès aux soins et aux services, en développant des projets sans réelle coordination qui court-circuitent le cadre étatique et les services publics des États concernés. On n’imagine pas tous les effets déstructurant provoqués par ce double langage simultané...

Haïti n’échappe pas à cette réalité. On ne parle pas assez de la dette démesurée d’Haïti et de ses implications. Avant tout, il faut rappeler que cette dette est équivalente à quelques Gourdes près à la fortune des Duvaliers, dictateurs Haïtiens longtemps soutenus par nous et aujourd’hui gentillement hébergés par la France sur la côte d’Azur (la France, véritable terre d’accueil pour [certains] réfugiés !). A partir de 1986 et la chute de Baby-Doc, Haïti est soumise à un tournant libéral imposé par le FMI en contrepartie d’un soutien financier (permettant de payer les intérêts d’une dette tout à fait méritée...). Ces réformes se sont par exemple attachées à ouvrir les barrières douanières, contribuant à déstructurer l’agriculture locale par l’invasion des produits américains (du riz, notamment). Elles ont également permis de privatiser la plupart des entreprises publiques, de réduire et de baisser le salaire des emplois publics, ou bien encore d’inciter les entreprises étrangères à venir s’installer. Vous pourrez suivre les étapes de cette grande aventure sur le site du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde).

Pour illustrer les effets du double bind évoqué plus haut, prenons l’exemple des salaires de la fonction publique en Haïti. Il faut être fou ou très peu qualifié pour accepter de faire carrière dans une fonction publique peu gratifiante et inefficace, alors que l’on peut gagner de 10 à 50 fois plus d’argent en travaillant pour les organisations internationales qui pullulent en Haïti : on appelle ça la "fuite interne des cerveaux", mécanisme autrement plus grave et moins visible que la fuite vers l’international... Que voulez-vous ? L’État n’est plus en capacité de trouver des ressources humaines qualifiées, alors que le personnel restant voit dans la corruption une des seules voies pour rétablir un certain équilibre face à cette écrasante inégalité de salaire imposée par les institutions internationales elles-mêmes.

Quel développement, alors, pour Haïti ? On peut malheureusement être sceptique sur l’évolution de la situation...

Pour creuser ces questions, vous pourrez trouver l’ensemble des travaux du centre de recherche en anthropologie du développement (LASDEL) basé au Niger et au Bénin sur leur site : de quoi réfléchir !

Pauline L.


Source : Ann Aji ak AYITI

 
 


Edité par T 34 - 13 Apr 2010 à 14:53
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Apr 2010 à 17:39
 
traduit de l’anglais à partir d’un article de Counterpunch par danielle Bleitrach pour changement de société.
On peut dire en effet que la couverture médiatique sur la  coopération médicale cubaine après le récent catastrophique tremblement de terre  à  Haïti a été discrete. Les actualités internationales décrivaient à l’ordinaire une République dominicaine étant la première à fournir de l’aide, tandis que Fox News chantait des louanges des efforts de sauvetage  américains dans un reportage intitulé:   « les Etats-Unis fer de lance d’une Réponse Mondiale au Tremblement de terre de  Haïti »-un thème commun à sa large couverture . CNN  a produit également  des centaines de reportage et l’un d’entre eux a accordé une grande place à un  docteur cubain portant un T-shirt avec une grande image de Che Guevara – la chaîne l’a  pourtant décrit comme « un docteur espagnol ».

En général, les actualités internationales ont ignoré les efforts de Cuba. Avant le 24 mars, CNN par exemple, avait fait 601 reportages sur leur site Web  à propos dutremblement de terre à  Haïti – dans lequel on recensait (brievement) seulement 18 allusion à l’aide cubaine. De même le  New-York Times et le Washington Post avaient à deux consacrés 750 sujets sur le  tremblement de terre et les efforts de sauvetage, dans aucun il y a la moindre allusion, le moindre détail qui puisse laisser supposer une aide cubaine. En réalité, cependant, le rôle médical de Cuba avait été extrêmement important – et Cuba était présent depuis 1998.

Cuba et Haïti pré-tremblement de terre

En 1998, Haïti a été frappée par l’Ouragan Georges. L’ouragan a causé 230 morts, a détruit 80 % de la récolte et a laissé 167,000 personnes sans abri. [1] Malgré que Cuba et Haïti n’aient pas eu des relations diplomatiques depuis plus de 36 ans, Cuba a  immédiatement offert un accord à  multiples faces pour les aider, dont la plus importante était la coopération médicale.

Cuba a adopté une approche de santé publique à deux branches pour aider la Haïti. D’abord, l’île a consenti à maintenir des centaines de docteurs dans le pays tant que ce serait nécessaire, travaillant partout où  le gouvernement haïtien les plaçait. C’était particulièrement significatif comme le système de services médicaux de la Haïti était faisément le pire dans les Amériques, avec une espérance de vie de seulement 54 ans en 1990 sur 5 morts d’adulte, une l’étant du SIDA , tandis que 12.1 % d’enfants meurent de maladies infectieuses intestinales évitables. [2]

De surcroît Cuba a consenti à former des docteurs haïtiens à Cuba, en  stipulant qu’ils reviendraient plus tard et prendraient les places des docteurs cubains (un processus « de gain cérébral » opposable à l’habituelle « exode des cerveaux »). Significativement, les étudiants ont été selectionnés dans des milieux de recrutement  non-traditionnels et ils étaient principalement pauvres. ce qui a été pensé est que leur milieu d’origine socio-économique les aideraient à comprendre le besoin de leur pays en  personnel médical et qu’ils retourneraient pour travaillerlà où ils sont nécessaires. La première cohorte d’étudiants a commencé à étudier en mai 1999 à l’École latino-américaine de Médecine (ELAM).

Avant 2007, un changement significatif avait déjà été réalisé dans tout le pays. Il est nécessaire de noter que le personnel médical cubain a été évalué pour  75 % de la population. [3] Les Études faites par l’Organisation de la Santé américaine pan (PAHO) indiquent de claires  améliorations  du profil de santé depuis que cette large coopération médicale cubaine a commencé.

Améliorations de Santé publique à  Haïti, 1999-2007 [4]

L’indicateur   de santé                                                                  1999              2007             

Mortalité infantile, pour 1,000 naissances vivantes         80                          33
Mortalité d’Enfant au dessous de  5 ans pour 1,000         135                   59.4
Mortalité Maternelle pour 100,000 naissances vivantes 523                285
Espérance de vie (années)                                                                       54           61

Le personnel médical cubain avait clairement fait une différence majeure si on considère le profil de santé national depuis 1998, en grande partie à cause de leur rôle proactif dans la médecine  préventive comme on peut le voir ci-dessous.

Statistique établies à propos de Coopération Médicale cubaine
Décembre  1998 mai à mai 2007 [5]      
Visites chez le  docteur               10,682,124         
visite des docteurs  aux patients 4,150,631        
Naissances  assistées                              86,633        
Chirurgies majeures et mineures  160,283        
Vaccinations 899,829        
Les vies  sauvées(les urgences) 210,852

Avant 2010, Cuba avait formé gratuitement environ 550 docteurs haïtiens et actuellement elle en forme 567 de plus. De surcroît, depuis 1998, 6,094 personnel médical cubain ont travaillé à Haïti. Ils avaient distribué  14.6 millions de consultations, avaient effectué 207,000 opérations chirurgicales, y compris 45,000 opérations de restauration de vision par leur programme d’ Opération Miracle, ils avaient assisté 103,000 naissances et avaient alphabétisé 165,000 personnes. En fait au moment du tremblement de terre il y avait 344 personnel médical cubain déjà là. Toute cette coopération médicale, cela doit être rappelé, a été apportée au cours d’une période de 11 ans avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010. [6]       

Cuba et Haïti post tremblement de terre

Le tremblement de terre a tué au moins 220,000 personnes, en a blessé300,000 et a laissé 1.5 millions sans abri. [7] le Premier Ministre haïtien Jean-Max Bellerive l’a décrit comme « la pire catastrophe qui soit arrivée à Haïti en deux siècles ». [8]

L’aide internationale a commencé à entrer à flots. Il est important de noter le type d’aide médicale fournie par quelques acteurs internationaux majeurs. Médecins Sans Frontières (MSF), par exemple, une organisation connue pour son aide médicale internationale, a expédié par avion environ 348 personnel international, en plus du 3,060 personnel national qu’il a déjà employé. Avant le 12 mars ils avaient traité environ 54,000 patients et avaient achevé 3,700 opérations chirurgicales. [9]

La contribution du Canada a inclus le déploiement de 2,046 Canadiens du personnel des Forces, y compris 200 DART personnel . DART (Équipe de Réponse d’Aide au Désastre) a bénéficié de  la plupart d’attention médiatique, sur la manière dont il a mené 21,000 consultations – quoiqu’il faille souligner qu’ils ne traitent pas de patients de trauma sérieux ou relevant de soin chirurgical. En effet, parmi le personnel de DART, seulement 45 sont du personnel médical, les autres étant impliqués dans la purification d’eau, la sécurité et la reconstruction. Au total, les Canadiens sont restés pendant seulement 7 semaines. [10]

Le gouvernement des États-Unis, qui a bénéficié de l’attention médiatique la plus large, a envoyé l’USNS « le Confort », un navire-hôpital de 1,000 lits avec un personnel médical de 550 personnes et est resté pendant 7 semaines, pendant lesquelles ils ont traité 871 patients, exécutant 843 opérations chirurgicales. [11] Aussi bien les Canadiens que les  américaines ont fourni d’importantes contributions – tant qu’ils ont été là.

Le  fait que, pendant les 72 premières heures après le tremblement de terre, les docteurs cubains ont représenté l’aide  médicale principale pour le pays a été complétement masqué par le brouillard médiatique. Dans les 24 premières heures, ils avaient accompli 1,000 chirurgies de secours, avaient transformé leur logement en cliniques et dirigeaient les seuls centres médicaux dans le pays, y compris 5 centres diagnostiques complets (des petits hôpitaux) qu’ils avaient  construits au préalable.Auxquels il faut ajouter  5 autres diverses de construction qu’ils ont utilisés et ils ont transformé leur centre d’ophtalmologie en un hôpital de campement – qui a traité 605 patients dans les 12 premières heures après le tremblement de terre. [12]

Cuba est bientôt devenue responsable d’environ 1,500 personnel médical à Haïti. Parmi ceux-là, environ 344 docteurs travaillaient déjà à  Haïti, tandis que plus de 350 membres « d’Henry Reeve » la brigade des  Secours médicaux d’urgence ont été envoyés par Cuba après le tremblement de terre. De plus, 546 diplômés de l’ELAM dans le  pays et 184 Haïtiens en 5ème et 6ème année d’études à l’ELAM  se sont joints à eux , de même qu’un certain nombre de personnel médical vénézuélien. Enfine, ils travaillaient partout dans Haïti dans 20 centres de réadaptation et 20 hôpitaux, exécutant dans 15 salles d’opération et ils avaient vacciné 400,000 personnes. C’est avec raison que  Fidel Castro a pu dire, « nous envoyons des docteurs, pas des soldats « . [13]

Un coup d’oeil sur le  rôle médical des acteurs clés divers est instructif.

                                            MSF                  le  Canada    les États-Unis           Cuba
No de Personnel        3,408                         45                            550               1,504

No de Patients A traité       
                                         54,000                     21,000                     871                227,143

No de Chirurgies    
                                            3,700                         0                              843                   6,499

Ces données comparatives, compilées à partir de plusieurs  sources, sont particulièrement révélatrices en indiquant le rôle ( largement ignoré) de la contribution médicale des Cubains. En fait, ils ont traité 4.2 fois le nombre de patients traités par MSF (qui a deux fois plus de personnel, aussi bien que des ressources  financières) et 10.8 fois plus que l’équipe de DART canadienne. (Comme  nous l’avons noté, le personnel médical canadien et américain était parti avant le 9 mars). Aussi notable est le fait que le contingent médical cubain était environ de trois fois la taille du personnel américain, bien qu’ils aient traité 260.7 fois plus de patients que le personnel médical américain. Clairement, il y a eu des différences significatives dans la nature de l’aide apportée.

Il est aussi important de noter qu’approximativement la moitié du personnel médical cubain travaillait à l’extérieur de la capitale, Port-au-Prince, où il y avait aussi des dégâts importants. Beaucoup de missions médicales ne pouvaient pas aller là-bas, cependant, en raison des difficultés de transport. Significativement, la brigade médicale cubaine a aussi travaillé pour réduire au minimum les épidémies en organisant 30 équipes pour instruire les communautés sur la façon de correctement traiter les déchets, aussi bien que sur la manière de réduire au minimum les risques de santé publique. L’artiste cubain Célèbre Kcho a aussi été à la tête d’une brigade culturelle composée de clowns, des magiciens et des danseurs, entourés par des psychologues et des psychiatres, pour traiter  les traumas des enfants haïtiens.

Peut-être le plus impressionnant, a concerné  la préoccupation croissante pour la santé du pays, en raison de la pauvreté du système de services médicaux et maintenant en grande partie détruits Cuba, travaillant dans le cadre de l’ ALBA (l’Alianza Bolivariana le para los Pueblos de Nuestra América)  avec d’autres ont présenté  un programme intégral pour reconstruire le système de services médicaux de Haïti. Essentiellement, ils offrent de reconstruire le système de services médicaux entier. Cuba  sera soutenu par l’ALBA et le Brésil et dirigé par des Cubains et les Cubains formeront le personnel médical. Cela doit inclure des hôpitaux, des polycliniques et des facultés de médecine. De plus, le gouvernement cubain a offert d’augmenter le nombre  d’étudiants haïtiens suivant une formation à  la faculté de médecine à Cuba. Cette offre de coopération médicale représente un énorme degré d’assistance pour Haïti. [15] On constate avec tristesse que  cette offre généreuse n’a pas été annoncée par les médias internationaux.

Tandis que les médias Nord-américains peuvent ignorer le rôle de Cuba, ce n’est pas le cas àHaïti . Une remarque fine  a été faite par le président haïtien M. René Préval, qui a noté, « vous n’avez pas attendu un tremblement de terre pour nous aider ». [16] de Même le Premier ministre Jean-Max Bellerive de la Haïti notait aussi à plusieurs reprises que les trois premiers pays à les aider étaient Cuba, la République dominicaine et le Venezuela.

Avexc  tristesse mais sans étonnement, on constate que tandis que les efforts de Cuba d’aider la Haïti ont augmenté, les efforts internationaux ont continué à diminuer. Le chef de la mission médicale cubaine, docteur Carlos Alberto Garc í A, résumé bien la situation juste deux semaines après la tragédie : « beaucoup de délégations étrangères ont déjà commencé à partir et l’aide qui arrive n’est pas maintenant la même que celle qu’il y a eu dans un premier temps. Malheureusement, comme  cela arrive toujours, bientôt une autre tragédie apparaîtra dans un autre pays et les gens de Haïti seront oubliés, laissés à leur propre destin ». ,Il a ajouté  ce propos significatif « Cependant nous serons toujours ici longtemps après qu’ils seront tous partis. » [17] Cela a en fait été le cas. Les forces canadiennes, par exemple, sont rentrées à la maison et le Confort d’USNS a navigué vers d’autres cieux  il y a plusieurs semaines. Par contraste, le Président cubain Ra ú L Castro a déclaré : « nous avons accompagné le peuple haïtiens et nous continuerons  à être à ses côtés, quel que soit  le temps est nécessaire, peu importe combien des années, avec notre assistance très modeste ». [18]

   Un représentant du Conseil oecuménique des Églises aux Nations unies a fait le commentaire révélateur que « l’aide humanitaire ne pouvait pas être humaine si elle s’est limitée à  p15 jours ». [19] Aujourd’hui Cuba, avec le l’assistance de l’ALBA et du Brésil, travaille  pour ne pas  seulement construire un hôpital de campagne, mais tout un système de services médicaux. Et, tandis que des efforts internationaux ont été en grande partie abandonnés, le personnel cubain et formé par le personnel médical Cubain restera, comme ils ont fait pendant les 11 ans passés,  tant que cela sera nécessaire. C’est une histoire que des médias internationaux ont voulue ne pas dire – maintenant que les caméras  de télévision sont parties. Pourtant c’est une histoire extraordinaire de vrai humanitarisme et de grand succès dans le sauvetage des vies depuis 1998.

 De plus, à  la lumière du succès de Cuba dans le soin de santé publique fournissant (gratuitement pour les patients) aux millions de Haïtiens, cette approche préventive , on doit dire qu’il s’agit d’une médecine culturellement sensible, bon marché et efficace. 

Cette contribution significative à cette nation appauvrie et l’engagement que poursuit  Cuba envers son peuple mérite d’être clairement reconnue. jusqu’à aujourd’hui – il reste malheureusement comme un des secrets les mieux gardés du monde.

Emily J. Kirk est M.A. dans  le département des Études latino-américaines à l’Université de Cambridge .

John Kirk est un professeur d’Études latino-américaines à l’Université Dalhousie, le Canada. Ils travaillent  sur un projet sur l’internationalisme médical cubain patronné par les Sciences humaines du Canada que le Conseil de Recherche d’Humanités de Canada (SSHRC). Le professeur Kirk a co-écrit avec Michael Erisman le livre 2009 « l’Internationalisme Médical de Cuba : Origines, Évolution et Buts » (Palgrave Macmillan). Il a passé février et mars au  Salvador et au Guatemala, en accompagnant Henry Reeve la Brigade dans le Salvador et travaillant avec la Brigade Medica le Cubaine  au Guatemala.

Notes

[1] « Audit of USAID/HAITI Hurricane Georges Recovery Programme ». USAID. 15 May, 2001. Retrieved 10 March, 2010 from < http://www.usaid.gov/oig/public/fy01rpts/1-521-01-005-p.pdf>

[2] See entry for « Haiti » on the Pan American Health Organization website, found at http://www.paho.org/english/dd.ais/cp_332.htm.  Accessed February 2, 2010.

[3] William Steif, « Cuban Doctors Aid Strife-Torn Haiti. » The State. April 26, 2004, and found at http://havanajournal.com/culture/entry/cuban_doctors_aid_strife_torn_haiti/ Accessed June 21, 2007.

[4] See entry for « Haiti » on the Pan American Health Organization website, found at http://www.paho.org/english/dd/ais/cp_332.htm. Accessed February 2 2010.

[5] Anna Kovac, « Cuba Trains Hundred of Haitian Doctors to Make a Difference, » August 6, 2007. Located on the MEDICC website at http:www.medicc.org/cubahealthreports/chr-article.php?&a=1035. Accessed February 2, 2010.

[6] Ibid., « Haitian Medical Students in Cuba ». Medical Education Cooperation With Cuba. 12 January, 2010. Retrieved 12 January, 2010 from <http://www.mwdicc.org/ns/index.php?p=4&s=33>, « La colabaración cubana permanecerá en Haití los años que sean necesarios », Cubadebate. 24 February, 2010. Retrieved 9 March, 2010 from <http://www.cubadebate.cu/opinion/2010/02/24/cuba-estara-en-haiti-anos-que sean-necesario>, « Fact Sheet: Cuban Medical Cooperation With Haiti ». Medicc Review. 15 January, 2009. Retrieved 2 February, 2010 from http://www.medicc.org/ns/index.php?s=104.

[7] « Haiti Earthquake: Special Coverage ». CNN. 20 March, 2010. Retrieved 22 March, 2010 from  <http://www.cnn.com/SPECIALS/2010/haiti.quake/>

[8] Tyler Maltbie, « Haiti Earthquake: The Nations That Are Stepping Up To Help », The Christian Science Monitor, Posted January 14, 2010 on http://www.csmonitor.com/layout/set/print/content/view/print273879. Accessed January 28, 2010.

[9] « Two Months After the Quake, New Services and New Concerns ». MSF. 12 March, 2010. Retrieved 17 March, 2010 from <http://www.doctorswithoutborders.org/news/article_printcfm?id=4320>

[10] « Canada’s Response to the Earthquake in Haiti: Progress to Date ». Foreign Affairs and International Trade Canada. March 17, 2010. Retrieved 17 March, 2010 from <http://www.internaitonal.gc.ca/humanitarian-humanitaire/earthquake_seisme_h aiti_effort>

[11] « USNS Comfort Completes Haiti Mission, March 9, 2010″. American Forces Press Service. 9 March, 2010. Retrieved 11 March, 2010 from <http://www.trackpads.com/forum/defenselink/928304-usns-comfort-completes-ha ti-mission>

[12] John Burnett, « Cuban Doctors Unsung Heroes of Haitian Earthquake », National Public Radio report, January 24, 2010, and found at http://www.npr.org/templates/story.ph?storyID=122919202. Accessed 28 January, 2010.

[13] José Steinsleger. « Haiti, Cuba y la ley primera, » La Jornada, February 3, 2010., Data in this section came from the address given by Ambassador Rodolfo Reyes Rodríguez on January, 27, 2010 in Geneva at the 13th Special Session of the U.N. Human Rights Council on Haiti. It can be accessed at « Cuba en Ginebra: ‘Ante tan difícil situación humanitaria en Haití no puede haber titubeos ni indiferencia, » on the Cubbadebate website: <http://www.cubadebate.cu/especiales/2010/01/27/cuba-en-ginebra-sobre-recons truccion-haiti>

[14] Connor Gorry. « Two of the 170,000 + Cases ». Medicc Review. March 8, 2010. Retrieved 10 March, 2010 from  <http://mediccglobal.wordpress.com/>, « Cooperación con Haití debe ser a largo plazo. » Juventud Rebelde. 23 March, 2010. Retrieved March 23, 2010 from <http://juventudrebelde.cu/internacionales/2010-03-23/cooperacion-con-haiti- debe-ser-a-largo-plazo>, « Haiti: Two Months After The Quake, New Services and New Concerns ». MSF. 12 March, 2010. Retrieved 17 March, 2010 from http://www.doctorswithoutborders.org/news/article_print.cfm?id=4320>, « Haiti-USNS Comfort Medical And Surgical Support ». U.S. Department of Health and Human Services. 11 March, 2010. Retrieved 11 March, 2010 from <http:www.hhs.gov/Haiti/usns_comfort.html>, Brett Popplewell. « This Haitian Town Is Singing Canada’s Praise ». The Star. 26 January, 2010. Retrieved 17 March from <http://www.thestar.com/printarticle/755843>, « USNS Comfort Leaves Haiti ». 13 News. 11 March, 2010. Retrieved 11 March, 2010 from <http://www.wvec.com/internaternalz?st=print&id=87243182&path=/home>

[15] In a March 27, 2010 meeting in Port-au-Prince between President Préval and the Cuban and Brazilian ministers of health (José Ramón Balaguer and José Gomes), details were provided about what Balaguer termed « a plot of solidarity to assist the Haitian people ».  Gomes added « We have just signed an agreement-Cuba, Brazil and Haiti-according to which all three countries make a commitment to unite our forces in order to reconstruct the health system in Haiti.  An extraordinary amount of work is currently being carried out in terms of meeting the most basic and most pressing needs, but now it is necessary to think about the future  [.] Haiti needs a permanent, quality healthcare system, supported by well-trained professionals [.]  We will provide this, together with Cuba-a country with an extremely long internationalist experience, a great degree of technical ability, great determination, and an enormous amount of heart.  Brazil and Cuba, two nations that are so close, so similar, now face a new challenge: together we will unite our efforts to rebuild Haiti, and rebuild the public health system of this country ».  See « Cuba y Brasil suman esfuerzos con Haití, » Juventud Rebelde, March 28, 2010 (Translation to English provided  by authors).

[16] « Presidente Preval agradece a Fidel y Raúl Castro ayuda solidaria a Haití ». 8 February, 2010. Retrieved 9 February, 2010 from < http://www.cubadebate.cu/noticias/2010/02/08presidente-preval-agradece-fidel -raul-castro>

[17] María Laura Carpineta, « Habla el jefe de los 344 médicos cubanos instalados en Haití desde hace doce años ». Página 12 [Argentina]. February 4, 2010, found at CUBA-L@LISTA.UNM.EDU [18] Ibid. [19] « Press Conference on Haiti Humanitarian Aid, » held at the United Nations on March 23, 2004 and found at htto://www.un.org/News/briefings/docs/2004/CanadaPressCfc.doc.htm. Accessed November 21, 2008.

Emily J. Kirk will be an M.A. student in Latin American Studies at Cambridge University in September.

John Kirk is a professor of Latin American Studies at Dalhousie University, Canada. Both are working on a project on Cuban medical internationalism sponsored by Canada’s Social Science and Humanities Research Council of Canada (SSHRC).  Professor Kirk co-wrote with Michael Erisman the 2009 book « Cuba’s Medical Internationalism: Origins, Evolution and Goals » (Palgrave Macmillan).  He spent most of February and March in El Salvador and Guatemala, accompanying the Henry Reeve Brigade in El Salvador, and working with the Brigada Medica Cubana in Guatemala.


L'ALBA donnera presque autant à Haïti que les Etats-Unis et l'UE réunis, soit 2 milliards 460 millions de dollars contre 2 milliards 750 millions.


Edité par T 34 - 05 Apr 2010 à 16:13
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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