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On vit dans une belle démocratie

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Jun 2010 à 19:05
Un journaliste de France 3 giflé par le service d'ordre de Sarkozy

Un journaliste cameraman de France 3 a raconté vendredi avoir été giflé par un policier alors qu'il voulait filmer l'arrestation d'un jeune homme ayant insulté Nicolas Sarkozy lors de la visite surprise du chef de l'Etat en Seine-Saint-Denis mercredi.

"J'étais là par hasard, sur un tout autre sujet", explique sur le site europe 1.fr le cameraman de France 3 Ile-de-France, Pierre Lassus, lorsque, avec son équipe, il a vu Nicolas Sarkozy sortir du commissariat de La Courneuve.

Il a ensuite vu un jeune homme, qui aurait insulté le chef de l'Etat, se faire arrêter par des policiers. Une partie de la scène a été filmée et diffusée dans le journal télévisé de France 3 Ile-de-France.

"Quand le service d'ordre de Nicolas Sarkozy l'a arrêté (le jeune homme, NDLR), j'ai essayé de filmer mais nous n'avons pas pu. L'un des hommes s'est alors approché de moi et m'a claqué directement, en disant +on ne filme pas+", poursuit le cameraman.

Le SNJ-CGT de France Télévisions a décidé de porter plainte "pour atteinte à la liberté de la presse" et de saisir le ministre de l'Intérieur pour qu'une enquête soit diligentée par l'inspection générale des services, a indiqué à l'AFP Jean-François Téaldi.

La société des journalistes (SDJ) de France 3 a dénoncé une "grave atteinte à la liberté de la presse". "A l'évidence, la présidence de la République n'accepte les médias que dans un cadre qu'elle a au préalable strictement défini, pour contrôler au mieux son image", poursuit la SDJ, dans un communiqué.

Elle rappelle qu'"aucun journaliste" n'avait été informé du déplacement du chef de l'Etat et que le caméraman de France 3, qui enquêtait depuis trois jours sur un trafic de stupéfiants, "avait pris soin de se présenter en tant que journaliste de France 3 auprès du ministre de l'Intérieur".

Le jeune homme de 21 ans interpellé mercredi soir devait être jugé vendredi en comparution immédiate au tribunal de Bobigny. Il a été blessé lors de son interpellation et neuf jours d'incapacité totale de travail lui ont été prescrits.

 

La Rumeur relaxé : « Une gifle monumentale pour Sarkoland »

 

Par Julien Martin | Rue89 | 25/06/2010
 

Poursuivi depuis huit ans pour « diffamation publique envers la police nationale », le groupe de rap vient d'être définitivement relaxé.

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La relaxe prononcée ce vendredi de Hamé, le rappeur de La Rumeur, opposé au ministère de l'Intérieur, met fin à un marathon judiciaire de près de huit ans. Hamé était poursuivi pour « diffamation publique envers la police nationale » depuis 2002 et la publication dans un fanzine d'un texte à la plume acérée :

« Les rapports du ministère de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété. »

« Notre affaire est symptomatique du sarkozysme »

La plainte du ministère de l'Intérieur, dirigé alors par Nicolas Sarkozy, avait été immédiate. S'en était suivi un incroyable dédale judiciaire. Malgré trois relaxes consécutives, le ministère de l'Intérieur, qui avait depuis changé de titulaire, avait saisi une seconde fois la Cour de cassation.

Cette dernière vient donc de confirmer ce vendredi que les propos de Mohamed Bourokba, de son vrai nom, relevaient de la liberté d'expression.

Contacté par Rue89 dès l'arrêt rendu, Hamé se dit « fier » de cette issue, lui qui « s'est armé de convictions pendant ces huit années ». Et y voit une victoire contre la politique de l'actuel président de la République :

« C'est une gifle monumentale pour Sarkoland, parce que notre affaire est symptomatique du sarkozysme. » (Ecouter le son)

« Une avancée pour la liberté d'expression »

Titulaire d'un DEA en sociologie des médias, le rappeur n'a eu de cesse, huit ans durant, d'assumer la dimension politique de ses écrits et du procès :

« Nos propos, on peut les trouver outranciers, injurieux, exagérés, il n'empêchent que ce sont pas des propos diffamatoires. […] Sarkozy prétendait que je diffamais l'honneur de la police et c'est l'inverse aujourd'hui qui leur éclate à la gueule.

On a donc mis huit ans pour ne pas lâcher là-dessus, se battre et revendiquer notre légitimité à dire ce que j'ai écrit. C'est une avancée pour ceux qui sont attachés à la liberté de penser, à la liberté d'expression. » (Ecouter le son)

 

Photo : La Rumeur (DR)

Justice : La Rumeur gagne contre Sarkozy

Propos sur la police: le rappeur de "La Rumeur" définitivement blanchi



La Cour de cassation a mis fin vendredi à un long feuilleton judiciaire, en relaxant définitivement le rappeur du groupe "La Rumeur", poursuivi depuis huit ans par le ministère de l'Intérieur pour des propos dénonçant des policiers "assassins", selon un arrêt consulté samedi par l'AFP.

Le début de l'affaire remonte à avril 2002. Nicolas Sarkozy est alors ministre de l'Intérieur. A l'occasion de la sortie d'un nouvel album, Mohamed Bourokba, dit Hamé, publie un fanzine, intitulé "Insécurité sous la plume d'un barbare".

Il y écrit notamment que "les rapports du ministère de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété".

La sortie déplaît au ministère de l'Intérieur qui engage des poursuites en diffamation. Hamé assure que ces propos se réfèrent à toute une série d'affaires: des victimes du 17 octobre 1961 (manifestation d'Algériens violemment réprimée à Paris) au décès emblématique de Malik Oussékine en 1986, en passant par des bavures plus récentes.

En 2004, le tribunal déboute le ministère et relaxe Hamé. Rebelote en 2006, où la cour d'appel de Versailles confirme la relaxe.

Le parquet général porte alors l'affaire en cassation, qui annule la relaxe et renvoie le dossier pour un nouveau procès devant la cour d'appel de Versailles.

En 2008, celle-ci prononce de nouveau la relaxe d'Hamé mais cette fois-ci mieux motivée. Elle explique notamment que "le passage relevé apparaît particulièrement imprécis (...) et ne saurait être rattaché (...) à des épisodes précis d'affrontement tels que des ratonnades". Selon elle, ces propos "ne constituent qu'une critique violente et générale des comportements abusifs susceptibles d'être reprochés sur une période d'un demi-siècle aux forces de police".

Mais le parquet général s'obstine et forme un nouveau pourvoi en cassation. C'est ce pourvoi qui a finalement été rejeté vendredi par la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Pour la plus haute autorité judiciaire, la cour d'appel de Versailles a "déduit à bon droit que ces écrits, s'ils revêtaient un caractère injurieux, ne constituaient pas le délit de diffamation envers une administration publique".



Edité par T 34 - 28 Jun 2010 à 19:38
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Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jun 2010 à 18:20

Mort d’Ali Ziri : la CNDS confirme  la thèse de la bavure policière

«Des policiers se seraient rendus responsables de recours excessif à la force et de mauvais traitements qui, dans un cas au moins, ont entraîné la mort d’un homme», dénonçait récemment un rapport d’Amnesty International. Cet homme, c’est Ali Ziri, soixante-neuf ans, décédé 
suite à son arrestation il y a un an, à Argenteuil. Saisie, 
la Commission nationale de déontologie de la sécurité vient de rendre un rapport accablant sur les conditions de cette interpellation et réclame des sanctions contre les policiers concernés. Le procès d’Arezki Kerfali, l’ami du retraité interpellé en même temps, a été renvoyé.

 

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Edité par T 34 - 30 Jun 2010 à 19:26
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jul 2010 à 18:05

Peut-on juger sur la base de témoignages sous X ?

Des cris, des pleurs, des jeunes femmes tombent dans les bras de leurs proches, un jeune homme jaillit hors de la salle d’audience des assises de Pontoise, sa compagne accrochée à sa taille, tentant de canaliser sa colère. La présidente du tribunal, Sabine Foulon, dans un silence lourd, vient d’annoncer le verdict dans le procès des cinq jeunes hommes de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) accusés d’avoir tiré sur les policiers les 25 et 26 novembre 2007, lors des émeutes qui ont suivi la mort de Mouhsin et Lakamy dans la collision de leur mini-moto avec un véhicule de police. Il est deux heures du matin, ce dimanche. L’émotion submerge le grand hall du tribunal. Les pères des accusés entraînent fermement les familles, les proches et les jeunes, présents très nombreux sur place, vers les voitures.

« Dossier vide »

Les demi-frères Kamara, Abderahmane et Adama, vingt-neuf ans tous les deux, contre qui l’avocat général avait requis vingt ans de prison, sont condamnés respectivement à quinze et douze ans de prison. Ibrahima Sow, vingt-six ans, contre qui le parquet avait demandé quinze ans, est condamné à neuf ans d’emprisonnement. Ils sont tous reconnus être les auteurs de tirs contre les policiers. Ils ne sont pas les seuls, sans aucun doute, mais l’incrimination « en bande organisée » exonère la justice de devoir trouver l’ensemble des tireurs, tout comme de devoir établir précisément contre qui ils sont accusés d’avoir tiré. Dans son réquisitoire, le second avocat général, Étienne Le Saux, avait balayé les éventuels scrupules des jurés : « Bien sûr vous allez commettre une erreur judiciaire. Parce que les tireurs n’étaient pas cinq, ils étaient plus nombreux. Ils ne sont pas tous dans le box. Elle est là l’erreur judiciaire… »

La tentative d’homicide n’est pas retenue contre Maka Kanté, vingt-trois ans, qui écope d’une peine de trois ans pour port d’arme, au lieu des quinze réclamés par l’avocat général. Enfin, Samuel Lambalamba, accusé de complicité et port d’arme, contre qui le parquet avait requis sept ans de prison, est condamné à trois ans. Sa peine est confondue avec une condamnation antérieure d’un an pour caillassage durant les émeutes. Arrivé libre, sous contrôle judiciaire, au tribunal, il part immédiatement en détention.

Au sortir de l’audience, les visages des six avocats de la défense sont défaits. La fatigue, peut-être, mais surtout l’abattement devant des peines aussi lourdes pour leurs clients. Tous, dans leurs plaidoiries, avaient plaidé l’acquittement. « Dossier vide », « dossier écœurant », « preuves inexistantes », accusations reposant sur des témoignages anonymes, sur ceux de deux codétenus dont les motivations étaient clairement éloignées du dossier, sur ceux de jeunes en garde à vue qui « comprennent » qu’un témoignage complaisant peut leur valoir quelques petits arrangements avec la justice…

Sa robe sur le bras, maître Michel Konitz, qui défend Adama Kamara, avoue : « Je m’attendais à un acquittement. C’est un échec devant un dossier aussi vide… On se contente de preuves au rabais. » Maître Morad Falek, conseil d’Abderahmane Kamara, lâche : « C’est une décision de justice qui se respecte mais qui ne se comprend absolument pas. »

« Sens symbolique »

Présent lui aussi dans le hall, Ludovic Colignon, du syndicat de policiers Alliance, juge les peines « proportionnées aux faits reprochés aux accusés » et avance qu’« elles ont un sens symbolique : elles permettent de redonner confiance à nos collègues ». Un peu plus tôt, à la barre, l’avocate de Maka Kanté avait clamé : « C’est difficile de ne pas condamner ces jeunes gens parce que les policiers sont là et qu’ils attendent, mais eux aussi méritent une justice digne de ce nom. »

Dany Stive

Procès de Villiers-le-Bel : le poids des mots, l’absence de photos

L’irrationnel pollue les débats des assises de Pontoise, où sont jugés cinq jeunes accusés d’avoir tiré sur la police. Le procès ne devrait pas s’achever aujourd’hui comme prévu.

Aux assises de Pontoise, c’est Me Morad Falek, avocat d’un des cinq jeunes accusés d’avoir tiré sur la police à Villiers-le-Bel en novembre 2007, qui n’en peut plus et qui explose hier matin dans la salle. À la barre, le chef de la brigade criminelle de Versailles vient à nouveau d’évoquer « la peur » pour expliquer l’absence à l’audience des témoins sous X. « De quoi ont-ils peur ? » lance l’avocat, jetant un regard circulaire sur la salle.

« Des accusés, d’être victimes de leur violence ! » avance le policier avant de confesser le caractère totalement irrationnel de cette crainte, car identifier un témoin anonyme est impossible, selon lui. Tout juste évoque-t-il ensuite de possibles messages d’intimidation passés dans la ZAC de Villiers. Me Falek, pour le moins dubitatif, fait la moue. L’irrationnel, les images que les uns se font des autres, policiers comme jeunes des cités, la fameuse « loi du silence », jamais convoquée à l’audience mais si souvent évoquée dans les médias et les conversations, pèsent sur les débats, dans une affaire où, face au manque de pièces, les déclarations des uns et des autres pèsent lourdement.

Dans le box, Adama Karama l’a bien saisi. Mercredi après-midi, il écoute Christopher Benard, un des rarissimes témoins à l’accuser à visage découvert. Incarcéré lui-même, l’homme l’aurait entendu dans les geôles de la cour d’appel de Versailles se vanter d’avoir tiré sur la police. Impossible, rétorque Adama : « Les gendarmes étaient présents là-bas ? » L’accusé poursuit : « Je ne suis pas un gamin, j’enrage de ne pas avoir vu mes trois enfants depuis trente mois. Comment se comporter ? Je ne sais plus. J’ai peur de cette justice, je ne sais pas comment m’y prendre. Pour moi, c’est difficile. » Une peur pas vraiment irrationnelle, celle-là.

Dany Stive



Edité par T 34 - 05 Jul 2010 à 18:09
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jul 2010 à 14:50

L'ère des "ripoux" est annoncé, plus besoin d'avoir recours à la "tricoche" pour avoir des renseignements, les huissiers véreux et/ou en difficultés collaboreront:

Les députés ont voté des dispositions donnant à ces officiers ministériels des pouvoirs qui leur permettront de mettre la main sur les débiteurs. 

Les huissiers en avaient assez d'être les derniers informés. Et leur dépit a rencontré un souci des parlementaires : rendre les décisions de justices «exécutoires», c'est-à-dire applicables. Or, tant que les significations d'huissier n'atteignent pas leurs destinataires, les procédures s'enlisent, les délais courent et, au bout du compte, le jugement rendu n'a aucune traduction dans les faits. La semaine dernière, les députés ont voté toute une batterie de mesures destinées à faciliter le travail de ces officiers ministériels. Jusqu'à présent, pour toute demande de renseignement, il leur fallait passer par le procureur de la République, chargé de vérifier le bien-fondé de la démarche. Mais les procureurs n'ont pas toujours le temps de répondre dans des délais courts. «Or, en matière de recouvrement, par exemple, il faut aller vite, si l'on veut être efficace», explique Guy Duvelleroy, huissier.

À l'avenir ces officiers ministériels pourront interroger directement tous les organismes publics - une mairie, le service des impôts, une caisse primaire d'assurance-maladie, etc. - pour obtenir l'adresse d'un débiteur, le nom de son employeur, et même l'existence et la localisation de ses comptes bancaires. «La banque ne pourra opposer aucun secret, elle devra également livrer les coordonnées des éventuels comptes joints», précise Me Jean-Daniel Lachkar, président de la Chambre nationale des huissiers de justice. Auparavant, les huissiers ne pouvaient mettre en œuvre cette artillerie lourde que dans les dossiers de pension alimentaire.

Ils vont désormais également disposer d'une nouvelle arme : la loi qui doit repasser devant les sénateurs à l'automne leur permettra de connaître l'ensemble du patrimoine immobilier de la personne visée…

Accès aux parties communes 

Mais ce n'est pas tout. Fini le système D et les heures d'attente devant les entrées d'immeubles. «Pendant longtemps, on avait des passes, ou bien on se débrouillait… Mais maintenant, avec le développement du système Vigik, ces serrures électromagnétiques, on n'arrive même plus à rentrer», confie un huissier.

De plus en plus fréquemment, les officiers publics restent coincés devant la porte d'entrée d'un immeuble ou d'une résidence, dans l'impossibilité d'atteindre la boîte aux lettres où ils voudraient déposer un courrier du tribunal, ou une signification en bonne et due forme. Idem en cas de changement d'adresse d'un débiteur : ce sera chou blanc.

L'huissier a beau être assermenté, il n'a pas accès aux fichiers postaux. «Beaucoup de gens font suivre leur courrier pendant plusieurs mois après un déménagement, raconte le même huissier. Si, après avoir vu plusieurs lettres revenir avec la mention “N'habite plus à l'adresse indiquée”, on croise le facteur dans la rue, on peut toujours lui demander l'adresse mentionnée sur l'étiquette de suivi… S'il est bien disposé, il va la donner. Mais, dans un cadre plus formel, La Poste nous oppose le secret professionnel .»

La nouvelle loi prévoit que les huissiers pourront avoir accès aux parties communes des immeubles, mais reste encore à définir par quels moyens.

Enfin, les parlementaires ont décidé de renforcer la force probante des constats réalisés par les huissiers, que les magistrats prenaient déjà aux sérieux.

 
L'huissier de base dans toute sa splendeur...


Edité par T 34 - 06 Jul 2010 à 16:01
Les enfants qui naissent à Gaza n'ont aucun droit, ni passeport, ni pays, aucune nationalité, et n'ont pas le droit de partir.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jul 2010 à 15:56
T'inquiète pas il y a une solution :
 
 
ou alors :
 

Mutation confirmée pour « Liberator », le juge de Créteil

Fustigé par des syndicats de police, qui le surnomment Liberator, Xavier Lameyre, juge des libertés et de 
la détention à Créteil, a vu sa mutation définitivement validée vendredi par le président du tribunal de grande instance. Le juge, qui vit cette promotion comme 
une sanction, explique «appliquer les dispositions légales qui prévoient que le placement en détention 
ne peut être décidé qu’à titre exceptionnel». Les juges 
du parquet et du siège ont voté «à une très large 
majorité» contre cette mutation, mais leur avis 
n’était que consultatif.



Edité par T 34 - 06 Jul 2010 à 22:43
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Jul 2010 à 16:52
 

Vous pouvez toujours ricaner sur le couple Woerth, sur Christian Blanc Alain Joyandet, Christine Bouttin, Fadela Amara, sur tous les passe-droits. Vous pouvez toujours, dans des sondages d’opinion, condamner les abus ministériels à une écrasante majorité.

N’empêche, le système qui permet aux riches d’être toujours plus riches n’en sera pas ébranlé.

Et n’oubliez pas que vos jugements musclés, vous êtes autorisés à les rendre au café du commerce.

Essayez donc d’user d’un média, même petit, même d’audience modeste et vous saurez ce qu’est la matraque en démocratie. Ci-contre, le journal Fakir raconte pourquoi le groupe Casino l’assigne au tribunal et lui réclame 75 000 euros.

Pourquoi 75 000 euros et pas 7500 ou 750 ? Parce qu’on est sûr que Fakir ne dispose pas d’une telle somme et aura du mal à la réunir par souscription.

Casino, via son président Jean-Charles Naouri, aurait pu demander un euro symbolique pour laver son honneur de blanche colombe. Mais qui parle de laver l’honneur ?

Ils savent comment meurent les journaux qui n’appartiennent pas à Lagardère, Dassault, Bouygues, un milliardaire russe, un pote de Sarkozy. Tous les susnommés s’en voudraient de pratiquer la censure, de donner la moindre directive à un journaliste libre dans notre France démocratique. David Pujadas nous a bien dit qu’il ne subissait pas de pression.

Pas de censure, pas d’ordres, pas de mise à mort, juste 75 000 euros. Cherchez ou « Ecoutez la différence », comme on ne peut plus dire sur France Inter .

Théophraste R. (pour legrandsoir.info).

Pour ceux qui liront cette rubrique sur un autre site, l’article de Fakir est sur : http://www.legrandsoir.info/Le-Grou...


Le Groupe Casino tremble devant Fakir (et réclame 75 000 €)

 

 
FAKIR
 
Fakir sort son numéro d’été, avec un reportage consacré à « Jean-Charles Naouri, l’économie casino ». Mais avant même la parution du dossier, nous avons reçu des assignations au tribunal : le Groupe Casino et son PDG réclament 75 000 € à notre multinationale...

« CASINO et son président, Monsieur Jean-Charles Naouri sont les victimes d’un véritable acharnement médiatique piloté par le journal FAKIR. »

Vous ignoriez, ça, vous. Nous aussi.

On se croyait un petit canard militant, brinquebalant, entièrement rédigé, dessiné, mis en page par des bénévoles, essaimant timidement depuis la Picardie, mais voilà qu’en dix minutes chez l’huissier, hier après-midi, mercredi 23 juin, d’un coup, il nous est poussé des ailes de géant. Mieux que l’Incroyable Hulk, hop, d’un coup, notre association se transformait en conglomérat médiatique, en super-lobby, capable de « piloter » un « véritable acharnement médiatique » . On est fortiches, non ?

On comprend qu’ils tremblent, en face. Ils sont si chétifs, si fragiles. Le pauvre Jean-Charles Naouri, seulement la 63ème fortune du pays, à la tête du petit Casino, 11 000 magasins dans le monde, 200 000 « collaborateurs » , 26,8 milliards de chiffres d’affaires – et cette frêle société, contre l’énorme, la puissante, la gigantesque multinationale Fakir. Ce choc contre un titan de la presse doit leur donner des sueurs froides, la nuit.

On comprend, dès lors, que ces malheureux nous réclament plus de 75 000 €. C’est une paille, pour une holding comme la nôtre. 75 000 €, notre trésorière, Aline, elle va à peine s’en rendre compte : des chèques comme ça, avec plein de zéros, elle en signe deux trois chaque matin en prenant son café. Et au pire, en décembre, les dirigeants de la Fakirie diminueront un peu leurs stock-options...

On ne va pas pleurnicher. On le sait bien, en dix années d’enquête, que notre journalisme est un sport de combat. Que notre canard a frôlé la mort judiciaire, un paquet de fois, déjà. Et bizarrement, pourtant, de toutes ces batailles – dévoreuses de temps, d’énergie, d’argent – à chaque fois nous sommes sortis plus forts. Parce que vous étiez là, camarades lecteurs. Parce que vous serez là, on le devine déjà, enthousiastes, solidaires, combatifs. A la dernière Assemblée Générale de Casino, nous étions huit – et à huit seulement, nous avons perturbé le ronron. L’an prochain, prenons les paris : nous serons huit cents.

Pourquoi le cacher, enfin ? Il y a un soupçon de fierté. Jean-Charles Naouri, face à nous, c’est l’homme qui, dans les années 80, aux côtés de Pierre Bérégovoy, a libéré la Finance. Depuis, de fonds de pension en « private equity » (il a d’ailleurs fondé le sien), de rentabilité à 15 % en super-dividendes, la dictature des actionnaires dévaste l’économie comme un nuage de sauterelles : la crise, c’est un peu, beaucoup, sa crise. Dans une démocratie normale, Jean-Charles Naouri devrait s’expliquer, en pleine lumière, au journal de 20 heures, devant des commissions parlementaires, sur les choix qu’il a opérés, dans l’ombre, il y a un quart de siècle. Mais il n’a pas à s’expliquer. Il trône tranquillement sur sa fortune, qu’il a bâtie depuis – grâce à la Finance. Alors, il y aura un espace public, maintenant, où cette histoire sera évoquée : ce ne sera pas son procès, ce sera le nôtre. Bon voilà.

Maintenant, c’est l’été. On va réfléchir à comment on se défend, comme on contre-attaque avec une gigantesque campagne nationale. Si vous avez des idées, si vous souhaitez nous soutenir, envoyez un courriel à laurent@fakirpresse.info.

Et puis, on vous souhaite de bonnes vacances. Qui seront quand même plus belles avec un Fakir sur la plage...

Dans le numéro d’été de Fakir, vous trouverez surtout :

Gros pognon et ballon : 50 ans de capitalisme racontés par le football

Petits budgets : Bricolez votre sex machine

Vie de famille : Mes cousins sont des terroristes, comment réagir ?

Ecologie : L’échec de la technique (la preuve par le chasse d’eau de BP)

Décomplexé : La France fière de ses patrons

Agences de notation : la Voix de la finance

> Lire le sommaire complet du Fakir numéro 46 (en kiosque depuis le Samedi 26 Juin 2010)

Sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut tout.
Et c’est pour ça qu’à la fin c’est nous qu’on va gagner...

SOURCE : http://www.fakirpresse.info/article...

Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu’il est acheté.


Faut-il supprimer les comparutions immédiates ?

Deux poids, deux mesures : la balance judiciaire penche clairement du côté des puissants. La lutte contre la délinquance financière est en régression et, pour les délinquants en col blanc, le bras de la justice est relativement indulgent. Á l'autre bout du spectre, il y a les petits délinquants. Eux, par contre, ont droit à la « tolérance zéro », pierre angulaire du populisme judiciaire du gouvernement.

Au coeur du tribunal de Bobigny, dans la salle des comparutions immédiates. Un reportage à découvrir dans votre quotidien de jeudi.



Edité par T 34 - 07 Jul 2010 à 21:48
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jul 2010 à 19:52

L'éditorial par Maurice Ulrich

À deux temps

Puissant ou misérable, on sait depuis La Fontaine ce qu’il en coûtera en matière de justice. Certes, dans les prétoires, la balance semble égale pour tous et la déesse qui la tient a toujours les yeux bandés. Mais l’inégalité, les inégalités sont à chercher ailleurs. Le temps de la justice, lui, n’est pas le même. Il est réduit à quelques heures pour le voleur de mobylette condamné en comparution immédiate. Il s’étale sur des mois et plus sûrement sur des années pour les affaires économiques ou financières, la règle en la matière étant de gagner toujours plus de temps, fût-ce en niant les évidences avec tous les grands airs de la vertu outragée. Toute ressemblance avec les affaires en cours ne serait aucunement l’effet du hasard, mais le problème est plus vaste encore.

Tous les jours des dizaines de jeunes sont enfermés dans des prisons surpeuplées condamnées depuis des années par les instances européennes. Mais il faut des années, pour que soient indemnisées des centaines de victimes de l’amiante. Certes, ce n’est pas la même chose. Mais pourquoi ces lenteurs de la justice quand elle est si rapide à se prononcer dans de nombreux cas ? Manger l’herbe d’autrui, comme dit l’âne de la fable, est un délit. Qu’en est-il de provoquer le cancer de dizaines de salariés ?

Il est bien sûr question de moyens, de durée nécessaire des investigations et d’établissement des preuves. Est-ce tout ? Non, car il y a dans cette situation des choix politiques. Au cours des derniers mois, les projets de réforme que le gouvernement a dû remiser provisoirement dans ses cartons face au tollé qu’ils ont soulevé, en particulier dans les milieux judiciaires, ne sont pas des erreurs d’aiguillage, bien au contraire.

Allongement des délais de prescription pour les abus de biens sociaux. La garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, proposait que le délai coure à partir du moment où l’infraction était découverte et non à partir du moment où elle était commise.

Suppression, annoncée par le chef de l’État lui-même, des juges d’instruction avant de faire en partie machine arrière. Faut-il souligner, dans le cadre des affaires actuelles, ce que signifierait une telle suppression au profit du parquet qui dépend, lui, de l’exécutif ?

Suppression annoncée, plus récemment, des jurés d’assises, composés de citoyens, au motif que cela ferait gagner du temps. Si l’on ajoute à cela, évoqués plus haut, le traitement en temps réel pour les petits délinquants, la comparution immédiate et les peines planchers, on voit se dessiner une justice prenant son temps et tendre aux riches, en même temps qu’une justice d’abattage dure aux faibles, pilotée d’en haut, écartant, avec les citoyens bannis des jurys, cet acquis de civilisation qui est encore le nôtre : c’est la république qui juge et non la raison d’État. Et l’on sait à quel point le chef de l’État est tenté, en permanence, d’indiquer aux juges quel serait selon lui leur devoir, et de leur dicter les peines.

Le procès de Villiers-le-Bel doit nous tenir en alerte. Tirer sur des policiers est absolument condamnable, mais qu’est-ce qu’un procès avec des témoins sous X, dont certains sollicités par la police elle-même ou avec de l’argent ? Quoi qu’il en soit, les avocats de la défense ont été fondés à évoquer un procès pour l’exemple. D’un autre côté, quelles investigations vont être menées dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Woerth-Bettencourt, par qui, à quel rythme, avec quelle détermination ?

On voit se dessiner une justice prenant son temps, tendre aux riches, et une justice d’abattage dure aux faibles.

Par Maurice Ulrich

Au cœur de la justice d’abattage

Audiences au pas de charge, dossiers mal ficelés, avocats débordés, accusés hébétés… Reportage au tribunal de Bobigny, dans la salle des comparutions immédiates.

«Acceptez-vous d’être jugé aujourd’hui ?» Hésitation dans le box des accusés. Amine (1), trente ans, est accusé d’avoir, deux jours auparavant, «en état de récidive légale», menacé de mort avec une hache un homme qui avait eu le tort de garer une camionnette devant sa maison de Neuilly-Plaisance. Il renonce à remettre à plus tard son procès, sous peine de devoir l’attendre en détention. Son sort sera scellé en une heure, à peine, après le «oui», prononcé à mi-voix dans la salle 4 de la 17e chambre du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), celle des comparutions immédiates. L’audience s’est résumée à une laborieuse confrontation avec la victime et à l’audition de deux témoins dont les récits seront rapidement écourtés par la présidente du tribunal, un peu excédée de ce «temps perdu». Verdict : une peine d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt. Ce bref passage au tribunal a été l’occasion pour le procureur de s’apercevoir que le prévenu, en libération conditionnelle, ne s’est pas présenté depuis plusieurs mois à ses rendez-vous de suivi judiciaire...

La juge change de classeur, relève la tête, s’impatiente : le box des accusés est vide, les policiers viennent de redescendre au dépôt un prévenu, faute d’interprète. La liste des «dossiers suivants» est encore longue. «J’espère que vous n’avez pas de dîner prévu ce soir ; à minuit, on y est encore…» Un SDF voleur de veste, un Malien en situation irrégulière, présenté pour refus d’embarquer, un jeune homme jugé pour outrage, un père de famille accusé d’avoir frappé sa femme et son fils, un maçon au chômage interpellé lors d’une bagarre dans un bar… Pendant tout l’après-midi, amenés deux par deux, les prévenus (des hommes dans 95% des cas) se succèdent, souvent encore assommés par leur arrestation, sonnés par la garde à vue puis le dépôt, tendus, incapables de réaliser qu’ils sont peut-être en train de jouer leur avenir.

L’une après l’autre, ces fenêtres brièvement ouvertes sur des destinées souvent chaotiques, instables, sans travail, sans domicile, parfois sans papiers, se referment. Les avocats, la plupart du temps commis d’office, ont fait connaissance avec leur client une demi-heure, au mieux deux heures auparavant.

Tant que l’infraction est constituée, peu importent les détails du dossier. Et, à défaut de les maîtriser, ils insistent sur de fragiles avancées individuelles : un boulot récemment conquis, une promesse d’hébergement ou un enfant à nourrir. En face, sauf à de rares exceptions, le parquet se fait menaçant, brandissant dès que possible les fameuses peines planchers : instaurées en 2007 par l’ex-garde des Sceaux Rachida Dati, elles imposent des sanctions minimales incompressibles en cas de récidive. Frisson garanti pour le prévenu.

L’électrochoc a été si efficace qu’un peu plus tard dans l’après-midi, sous des airs de dur à cuire, Ali, vingt-neuf ans, accusé de menace à un fonctionnaire dépositaire de l’ordre public, n’a pas eu le temps de rassembler ses esprits pour entendre le verdict, et l’assimiler. La présidente a beau avoir prononcé le mot «sursis», il n’a entendu que celui d’«emprisonnement». Et répète, agacé : «Je peux savoir dans quelle prison je vais ?», jusqu’à ce que son avocate vienne lui détailler sa peine. Ali se détend. Son visage s’éclaire. Visiblement soulagé et un rien solennel, il remercie le tribunal. Trop tard : le rideau s’est déjà refermé sur son petit théâtre, le changement de décor a été rapide, juges et procureur ont déjà la tête ailleurs. La liste est encore longue.

La présidente rassure la salle : «Pour les suivants, on fait monter en priorité les affaires dans lesquelles il y a des témoins.» Peu de chance qu’Ali oublie un jour ces trois quarts d’heure de comparution. Pour la vie de la salle 4, il n’est pourtant qu’un dossier parmi d’autres.

(1) Tous les prénoms ont été modifiés

Anne Roy



Edité par T 34 - 08 Jul 2010 à 20:15
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jul 2010 à 16:51

Communiqué du Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE) suite à la décision qui vient d’être rendue par le Procureur de Paris (*), sur les 2103 plaintes contre X déposées par les parents contre la mise en oeuvre de " Base-Elèves ".

14 juillet 2010. — Le Parquet de Paris vient de classer sans suite les plaintes des 2103 parents concernant le fichier Base élèves 1er degré... tout en adressant un rappel à la loi à la Directrice des Affaires Juridiques du Ministère de l’Education Nationale, ce qui est quelque peu contradictoire, mais c’est son choix selon le principe de l’"opportunité des poursuites" et c’est clairement ici un choix politique compte tenu des enjeux en cours.

En détail les éléments avancés par le parquet :

* Violation des formalités préalables prescrites par la loi du 6 janvier 1978 : Le Parquet prétend qu’une simple déclaration du fichier auprès de la CNIL était suffisante car il n’y aurait pas d’interconnexion avec un autre traitement poursuivant un intérêt public différent dans la mesure où selon les contrôles qu’il a fait effectuer, les informations transmises aux maires reposent sur des réponses formulées par courrier sur demande des mairies.

 > Alors qu’il a été démontré qu’il y avait bien interconnexion entre la Base élèves et la Base nationale des identifiants élèves (BNIE) d’une part, et d’autre part avec les fichiers des mairies, mais pas seulement (Ministère de l’Agriculture notamment) de sorte que ces formalités étaient bien soumises à autorisation : infraction à l’article 226-17 du Code Pénal.

* Obligation de préserver la sécurité et l’intégrité des données : le Parquet reconnaît qu’il y a bien eu une faille de sécurité importante. Mais au prétexte que le Ministère de l’Education Nationale aurait toujours manifesté sa "préoccupation" (sic !) de sécuriser ces données, le délit ne serait pas caractérisé pour "défaut d’intention pénale du responsable du traitement" (re-sic !).

 > Or il le savait depuis longtemps puisqu’il a cherché à y remédier sans y parvenir.... de sorte que l’élément intentionnel est ainsi bien avéré : infraction à l’article 226-17 du Code Pénal.

* Durée de conservation des données : pas d’infraction pour le Parquet qui estime que la durée maximum de conservation dans la base ne peut excéder le terme de l’année civile au cours de laquelle l’élève n’est plus scolarisé dans le premier degré...

— > C’est oublié que les données collectées dans Base Elève alimentent le traitement BNIE et en conséquence le parcours scolaire de l’élève pourra être suivi pour une durée maximum (1° degré/2° degré/université) de 35 ans : infraction donc à l’article 226-20 du Code Pénal.

* Obligation d’information incombant au responsable du traitement : Le Parquet reconnaît qu’elle n’a pas été "entièrement respectée" (sic !) mais que compte tenu des "efforts (re-sic !) déployés par le responsable du traitement pour se conformer aux demandes de la CNIL", il a procédé "au classement de la totalité de la procédure"... tout en adressant à la Directrice des Affaires Juridiques du Ministère de l’Education Nationale "un rappel à la loi".

— > Or un rappel à la loi est bien la reconnaissance que l’infraction est avérée : ici à l’article R 625-10 du Code Pénal.

En conséquence le Collectif National de Résistance à Base élèves (CNRBE) ne compte pas en rester là et va étudier — à la lumière notamment des conclusions du rapporteur public du Conseil d’Etat — avec les avocats du Syndicat des Avocats de France (SAF) la suite qu’il convient de donner à cette décision, notamment la possibilité - tant qu’il existe...- de saisir un juge d’instruction.

Le Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE),

Contact : base-eleves@orange.fr

Téléphone : 05 65 99 54 85

http://retraitbaseeleves.wordpress.com/

* Article de Libé Toulouse (12/07) : http://www.libetoulouse.fr/2007/201...élèves-du-primaire-le-parquet-classe-sans-suite.html

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jul 2010 à 16:28
Affrontements entre pompiers et policiers à Nice: 5 blessés
 
Ce vendredi matin, les pompiers manifestaient sur la grande place centrale de Nice, dans les Alpes-Maritimes, rapporte LCI.
 
Les pompiers manifestent depuis la mi-juin contre la reforme des retraites qui ne prend pas en compte, selon eux, la pénibilité de leur travail.

Au cours de cette manifestation des heurts se sont produits entre soldats du feu et policiers. Bilan: deux pompiers et trois policiers ont été blessés.

Les forces de l’ordre ont interpellé cinq pompiers, parmi lesquels, André Goretti, le président de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers. L'un des pompiers blessés a été hospitalisé.

Selon des pompiers interrogés sur les lieux après les incidents, les forces de l'ordre ont chargé violemment les manifestants, au nombre d'environ 200, sans avoir été provoqués."On courait sur l'esplanade pour les rendre un peu chèvres quand ils ont chargé à coups de matraques", a déclaré l'un des pompiers protestataires, selon Le Parisien.

Des témoins présents sur place ont confirmé les dires des pompiers: "Ils (les policers, ndlr) étaient sept autour de lui (un pompier, ndlr). Ils lui ont mis un coup de pied dans la tête quand il était à terre."

Une version que la préfecture réfute: "Ce sont les pompiers qui ont chargé les policers et ceux-ci se sont défendus", toujours selon Le Parisien. La préfecture a ajouté que cette manifestation n'avait pas été déclarée et était, de ce fait, illégale.

Mise à jour par la rédaction du Post.

 
 

 

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jul 2010 à 18:27

connaissez-vous le 115 ? par Alain Girard

 

 
Non sans doute et pourtant c’est le numéro de téléphone pour les sans-abris, celles et ceux qui crèvent de froid mais plus encore de chaud quand tout leur est fermé l’été
Connaissez-vous l’autre 115 ?
NON SANS DOUTE POURTANT IL S’AGIT DES 115 DETENUS QUI SE SONT DONNE LA MORT EN CELLULES FRANCAISES, PUBLIQUES OU PRIVEES.
Pas l’un d’entre eux ne semble avoir songé à se déclarer journaliste ou opposant, quoique que l’opposant se serait certainement entendu répondre » crève donc pov con ! » et le journaliste sans doute quelque chose de la même eau royale.


J’exagère mais quand on offre une société Woerthée, Bettancourtisée à des citoyens, que l’on verse d’un oeil une larme sur le dernier suicidé de France Télecom-Orange et que de l’autre on suit sur l’écran la chute de l’action en direct de chez Boursicoteur, quand c’est cela un modèle de société j’en viens à penser que les 115 étaient bien les prisonniers d’une politique…
Alors Cuba, 7 clampins survitaminés qui espèrent la carte verte et finiront ou mercenaires ou laveurs de vitres dans les propriétés de Miami…comme dirait Fidel « l’important sont ceux qui restent ».

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jul 2010 à 23:15

Violences urbaines : les "réponses" de Sarkozy

Nicolas Sarkozy a décidé mercredi de remplacer l'actuel préfet de l'Isère par Eric Le Douaron, aujourd'hui préfet de la Meuse, annonçant vouloir mener "une véritable guerre" contre la criminalité après les violences à Grenoble et dans le Loir-et-Cher, selon un communiqué de l'Elysée.

"Des événements d'une extrême gravité viennent de se produire ces jours derniers dans l'Isère et le Loir-et-Cher marquant une escalade de la violence, en particulier envers les forces de l'ordre", a affirmé le chef de l'Etat dans une déclaration en Conseil des ministres communiquée à la presse.

"Ces événements ne sont pas acceptables", a-t-il ajouté.

"Le gouvernement mène une lutte implacable contre la criminalité. C'est une véritable guerre que nous allons livrer aux trafiquants et aux délinquants. L'autorité de la loi doit être respectée sur l'ensemble du territoire national", a également dit Nicolas Sarkozy.

"C'est pourquoi j'ai décidé de nommer préfet de l'Isère Eric Le Douaron, un policier de métier, préfet de la Meuse, qui a été durant six ans un très remarquable directeur de la sécurité publique à Paris, de la même façon que j'ai nommé voici quelques semaines préfet de Seine-Saint-Denis un autre grand policier en la personne de Christian Lambert", a annoncé le président.

Il a précisé qu'il irait lui-même installer le nouveau préfet le 30 juillet.

Sarkozy "pointe les problèmes" liés aux Roms

Par ailleurs, le président de la République a annoncé mercredi en Conseil des ministres la tenue d'une réunion le 28 juillet à l'Elysée sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms", après les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), selon un communiqué de l'Elysée.

«Je tiendrai une réunion à ce sujet le 28 juillet. Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière», a-t-il ajouté.

Sarkozy "stigmatise" les Roms et les gens du voyage, accuse la LDH

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Le président Nicolas Sarkozy "stigmatise" les Roms et les gens de voyage et en fait des "boucs émissaires", en annonçant une réunion pour le 28 juillet à l'Elysée sur les problèmes posés par ces populations, a dénoncé mercredi la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).

"C'est sidérant: on est dans la désignation de boucs émissaires après des faits divers", a estimé Malik Salemkour, chargée de la question au sein de la LDH.

"Il ne faut pas faire une réunion pour stigmatiser une ethnie" car "ça donne l'impression que tous les gens du voyage et tous les Roms sont des criminels et des délinquants", a souligné M. Salemkour, tout en jugeant "inacceptables" les violences de Saint-Aignan.

Pour lui, la "réponse sécuritaire" proposée par M. Sarkozy est "inadaptée" car "en réalité, la France ne veut pas des Roms".

M. Salemkour en veut pour preuve les mesures transitoires "qui leur ferment l'accès au marché du travail alors que ce sont des ressortissants européens".

"Plutôt que de stigmatiser une population, il serait bien que les lois de la République s'appliquent à tous", a recommandé M. Salemkour, pointant du doigt les maires qui n'ont pas aménagé les places adaptées à ces populations contrairement à ce que prévoit la loi.

Source



Edité par T 34 - 23 Jul 2010 à 22:07
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jul 2010 à 22:12

Editorial Par Jean-Paul Piérot

Mystification sécuritaire

«Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pourrez tromper tout le monde tout le temps.» Cette remarque d’Abraham Lincoln semble s’adresser, à travers le temps, à Nicolas Sarkozy. Le président de la République a fait du thème de l’insécurité à la fois une arme d’intimidation massive et l’objet d’une gigantesque mystification. La peur de l’autre, du plus jeune, du plus pauvre que soi-même conduit au repliement, à la recherche de solutions individuelles à ses propres difficultés. Un peuple qui a peur ne peut construire un avenir meilleur.

Diviser, diviser toujours... au risque de sombrer dans toutes les phobies. Ainsi Sarkozy a-t-il saisi l’occasion des violences de Saint-Aignan pour fustiger les «gens du voyage». Inacceptables les actes commis dans le Loir-et-Cher le sont assurément. Mais à voir en boucle Brice Hortefeux paradant sous bonne escorte, une femme sous le choc après avoir vu partir son stock de croissants, on en oublierait presque que ce drame est la conséquence de la mort d’un jeune homme de vingt-deux ans à un barrage routier. Au lieu de calmer la tension en comprenant les douleurs des uns et des autres, Nicolas Sarkozy en rajoute en annonçant une réunion à l’Élysée «sur les problèmes que posent les comportements», au cours de laquelle seront décidées «des expulsions et des évacuations de campements». Le palais présidentiel n’est pas le lieu pour abriter une telle réunion, sauf si l’on veut faire de l’agitation autour d’un problème qui n’est pas au cœur des difficultés qui assaillent le monde du travail.

La violence qui a embrasé le quartier populaire de la Villeneuve, à Grenoble, où quelques grands délinquants ont fait usage d’armes à feu, est une illustration de la mystification à laquelle se livre Nicolas Sarkozy sur son bilan. «Sur la sécurité, a-t-il déclaré lors de son intervention télévisée du 12 juillet, nous avons obtenu des résultats spectaculaires.» Par le mot spectaculaire, voulait-il parler de spectacle, de la mise en scène de ses déplacements «en Seine-Saint-Denis», comme il l’a précisé lui-même ? Ce département de la proche banlieue nord, où vivent 1,5 million d’habitants, avec une forte proportion de jeunes, est traité par la droite au pouvoir comme un objet de communication, et comme le théâtre d’une politique souvent marquée par la provocation et le mépris. C’est en Seine-Saint-Denis que Nicolas Sarkozy parla du Karcher aux habitants de la cité des 4000, à La Courneuve. C’est en Seine-Saint-Denis que vient de débarquer un policier de choc à la préfecture de Bobigny. Comment les habitants du quartier du Francs-Moisins, à Saint-Denis, durement frappés par la crise avec son lot de chômage et de précarité pouvaient-ils interpréter le survol d’un hélicoptère muni de projecteurs dans la nuit 14 juillet ? Comme le signe d’une stigmatisation sociale ?

Bâtissez une école, vous supprimerez une prison a dit, en son temps, Victor Hugo. 
Nicolas Sarkozy, lui, supprime des milliers de postes d’enseignants (non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux) et veut bâtir des établissements «renforcés». On y enfermera les enfants, dont les parents seront privés d’allocations familiales. La Seine-Saint-Denis ne se plaint pas, elle porte plainte, et elle n’est pas seule.

«Sur la sécurité, a déclaré Sarkozy, nous avons obtenu des résultats spectaculaires.» Par le mot spectaculaire, voulait-il parler 
de spectacle ?

Jean-Paul Piérot


 
Tony Gatlif : « Les Tsiganes ne sont pas un problème »
 
Après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur les « problèmes » que poseraient « les gens du voyage et les Roms », le cinéaste Tony Gatlif dénonce de dangereux amalgames. Entretien.

Auteur du film "Liberté" sur la persécution du peuple tsigane par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, Tony Gatlif est effondré et en colère. Il dénonce les propos stigmatisants du président de la République et rappelle les discriminations dont sont toujours et encore victimes les Roms et les Manouches en France.

Comment avez-vous réagi aux propos de Nicolas Sarkozy ?

Tony Gatlif. Ce n’est pas de répression dont la communauté tsigane a besoin, c’est d’une solution sociale, car elle souffre de discriminations. Le président fait un amalgame dangereux en parlant des « problèmes » que poseraient Roms et gens du voyage. Les Roms sont arrivés de plusieurs pays de l’Est où ils étaient maltraités, ce sont des citoyens de l’Union européenne. Or les autorités politiques leur refusent le droit de travailler, de se loger, les expulsent… L’autre amalgame effrayant est de dire que les Roms et les Manouches sont en situation irrégulière, parce qu’ils n’ont pas de papiers. Les Manouches sont français ! Ils sont en France depuis quatre cents ans, ils ont souffert, ils ont été enfermés dans des camps et déportés durant la Seconde Guerre mondiale… Qui a mis les « gens du voyage », comme dit Sarkozy, en situation irrégulière ? Ce sont les politiques ! Les maires, les préfets, qui leur refusent l’emplacement légalement réservé pour leur caravane, voté dans la loi Besson il y a dix ans, mais que personne ne respecte.

Depuis des siècles, 
la communauté tsigane souffre de discriminations, elle est associée au vol, 
à la délinquance…

Tony Gatlif. Le gouvernement assimile cette communauté à la délinquance, mais la délinquance n’est pas liée à une « ethnie », elle est sociale, elle est partout, dans les grandes villes, les cités. Attention, je n’évoque pas les jeunes ou les habitants des cités, je parle des bandes organisées. Mais alors que les Manouches sont français, leurs droits sont toujours bafoués. Par exemple, ils ont toujours un livret de circulation à présenter au commissariat. Or ce document est dans la droite ligne de l’ancien carnet anthropométrique, qui a conduit à l’arrestation des Manouches de France en 1940. Alors, avant de penser à faire des lois sur les Roms et les Manouches, il faut considérer la situation misérable d’isolement dans laquelle la société les met.

Pensez-vous, comme l’opposition, que cette réunion n’est qu’un écran 
de fumée utilisé par 
le gouvernement pour faire oublier l’affaire Woerth 
ou la réforme des retraites ?

Tony Gatlif. Je ne comprends le président : il y a tellement de choses qui vont mal en France... Au lieu de s’attaquer à la crise que traverse notre société, il s’attaque à une petite minorité. Que signifie cette diversion ? Il devrait plutôt faire une réunion d’urgence pour essayer de régler la crise !

Entretien réalisé par Anna Musso

Petit lexique à l’usage du président

Avant la réunion de mercredi, l’Humanité offre à Nicolas Sarkozy une séance de révision.

Approximations, amalgames, stigmatisations… Depuis hier, le gouvernement multiplie les déclarations inexactes sur un sujet qu’il ne maîtrise visiblement pas… Nicolas Sarkozy promet ainsi une réunion le 28 juillet à l’Élysée sur « les gens du voyage et les Roms », associant deux communautés qui n’ont ni la même histoire ni le même statut juridique. La palme revient toutefois au porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, qui déclarait hier à la sortie du Conseil des ministres : « On a beau être rom, gens du voyage, parfois même français au sein de cette communauté, on doit respecter les lois de la République. » Une séance de révision s’impose !

Roms

Le terme désigne les populations qui ont émigré du Rajasthan, dans le nord de l’Inde, vers l’an 1000 après Jésus-Christ. Estimés à 7 millions, ils constituent aujourd’hui la plus grande minorité d’Europe. La plupart vivent en Roumanie et en Bulgarie, presque tous sous le seuil de pauvreté. Des conditions de vie qui les poussent à émigrer vers la France ou l’Italie. Citoyens européens, ils sont pourtant soumis à un régime spécial qui les prive de liberté de circulation : après trois mois en France, ils doivent justifier d’un emploi dans une liste de 150 métiers, sous peine d’être expulsés du territoire. Les Roms constituent donc le gros du bataillon des reconduites à la frontière : près du quart en 2008.

Gens du voyage

Cette catégorie administrative, créée en 1969, désigne des citoyens français qui résident habituellement en abri mobile terrestre. Entre 400 000 et 500 000 en France, ils recoupent des groupes divers (Manouches, Gitans, Yéniches…) soumis à un régime d’exception : sous peine d’un an de prison, ils ne doivent jamais se séparer de leur livret de circulation, qui doit être visé, tous les trois mois, par un commissaire de police ou commandant de gendarmerie. Pour bénéficier du droit de vote, ils doivent faire valoir un rattachement de trois ans ininterrompus dans une commune. Environ un tiers des gens du voyage sont restés itinérants.

Campements

Le chef de l’État promet l’expulsion « de tous les campements en situation irrégulière ». De quoi parle-t-il ? S’il s’agit des Roms, beaucoup vivent, bien malgré eux, dans des bidonvilles aux conditions sanitaires effroyables aux portes de Paris. Toutes les associations s’accordent à dire que la destruction de ces campements fragilise encore plus ces populations. Quant aux gens du voyage, la loi Besson (5 juillet 2000) impose aux communes de plus de 5 000 habitants la mise en place d’une aire permanente d’accueil. Mais à peine 50 % des 38 000 places prévues ont été aménagées.

Marie Barbier

Le cousin de Luigi accuse

Le conducteur de la voiture et cousin du jeune tzigane tué par un gendarme s’est rendu hier à la justice. Miguel Duquenet tenait à donner sa version sur le tir mortel. Son récit vient contredire la thèse de la légitime défense invoquée par les gendarmes. Il conteste avoir forcé un contrôle routier et dit avoir tout fait pour sauver son cousin. « Il faisait nuit noire à l’entrée du village, j’ai vu des ombres qui sortaient d’une petite rue sur le côté, j’ai pensé que c’était des gens du pays, j’ai freiné pour ne pas leur rentrer dedans, puis il y a eu deux tirs, mon cousin m’est tombé dessus, il n’y a eu aucune sommation. » Le parquet de Blois vient d’ouvrir deux enquêtes judiciaires sur le décès du jeune de vingt-deux ans.



Edité par T 34 - 23 Jul 2010 à 22:15
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jul 2010 à 22:20

Editorial par Patrick Apel-Muller

Voilà le temps des Gitans

C’est la réforme majeure de son quinquennat, mais après le bide retentissant de sa récente émission télévisée, le président de la République ne l’évoque plus guère. Il a même imposé à la commission des Affaires sociales de l’Assemblée de repousser l’examen des mesures concernant la pénibilité, confirmant si nécessaire que son discours sur l’extension des droits du Parlement était un amuse-gogos. Alors que la CGC vient de rallier les sept autres confédérations pour faire du 7 septembre une journée de mobilisations géantes contre son projet, Nicolas Sarkozy juge urgent de changer de sujet. Ni les liens entre grandes fortunes et responsables de droite, ni les conflits d’intérêts autour de son ministre du Travail ne lui paraissant des thèmes très opportuns, il choisit d’entonner la rengaine de l’insécurité. Et pour être certain qu’elle envahira le devant de la scène, il force grossièrement le trait. Affrontements à Grenoble ? Un flic remplace le préfet de l’Isère, comme si le département était une zone d’insécurité. Il avait fructueusement utilisé les révoltes des banlieues lors de l’élection présidentielle ? Il nomme un préfet avec mission de quadriller la Seine-Saint-Denis comme un territoire ennemi. La mort d’un jeune abattu par la police a provoqué de violents incidents à Saint-Aignan ? Il stigmatise tous «les Roms et les gens du voyage» dans un amalgame raciste et réunit 
une réunion au sommet à l’Élysée. Après le «Kärcher», 
«les racailles»... voilà le temps des Gitans.

Rien n’est de trop, pas même la proclamation d’un état de «guerre» dans le pays ! Depuis une décennie qu’il a pris en main la politique de sécurité en France, le leader de la droite – au mépris de l’intérêt général – se fait fauteur de troubles, provocateur, dénonciateur de boucs émissaires. Nicolas Sarkozy, combien de divisions semées dans le pays ? Il ne dérape pas, il choisit le vocabulaire propre à ranimer les haines et à réveiller les vieux 
démons qui sommeillent dans l’électorat de droite. 
Le débat sur l’identité nationale trouve une suite. La recette est éprouvée... mais éprouvante pour le pays. «La guerre est une maladie. Comme le typhus», écrivait Antoine 
de Saint-Exupéry dans Pilote de guerre. Le chef de 
l’État en est gravement atteint.

Cette fuite en avant sécuritaire se mesure à la dégradation même qui est infligée aux missions de l’État. Désormais, les préfets n’ont plus pour tâche de coordonner toutes les missions sociales, économiques, régaliennes de l’État. Il faut un «super» flic en Seine-Saint-Denis, plutôt qu’un préfet ouvert à la diversité. On imagine ce que cela peut donner dans les médiations lors des conflits sociaux. Insidieusement, la République perd la figure généreuse de Marianne pour celle répressive d’une mère Fouettard, d’une fée Carabosse pour gardes à vue et zones de rétention. En manipulant de la sorte la police, l’État UMP l’affaiblit, la déconsidère, l’isole.

Cette sortie présidentielle n’est pas anecdotique, elle révèle une vision de la société. Luc Ferry, qui pose au philosophe réactionnaire officiel, décrivait hier dans le Figaro une France où «la paix est devenue la règle» 
dans des centres-villes riches et civilisés. Tandis que 
«les communautés qui les entourent ont parfois développé une véritable contre-culture de la violence». Les habitants des banlieues seraient des «communautés»... Pourquoi pas des hordes ? «Il s’agit désormais de démanteler, si besoin avec l’armée, des réseaux enkystés. Qu’attend-on pour s’atteler sérieusement à la tâche ?» interroge le penseur 
en treillis. La droite ne se refait pas !

Patrick Apel-Muller

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jul 2010 à 22:23

La Cour de cassation confirme la condamnation de Pasqua

La Cour de cassation a confirmé vendredi l'arrêt de la Cour de justice de la République (CJR) prononcé à l'encontre de Charles Pasqua en avril dans plusieurs affaires de malversations présumées, fermant ainsi la porte à un nouveau procès.

La haute juridiction a rendu définitives les relaxes dont a bénéficié le sénateur UMP des Hauts-de-Seine, âgé de 83 ans, dans deux affaires jugées par la CJR mais également sa condamnation prononcée dans un troisième dossier.

La Cour de cassation n'a pas suivi l'avis du ministère public qui avait requis l'annulation des décisions de relaxe les estimant "insuffisamment motivées".

 

Il a été blanchi de soupçons de malversations liées à un agrément d'exploitation accordé au casino d'Annemasse en échange d'un financement présumé d'activités politiques. Sa seconde relaxe concerne un pot-de-vin soustrait au groupe GEC-Alsthom en 1994, contre une autorisation de déménagement. L'ancien ministre de l'Intérieur d'Edouard Balladur (1993-1995) se voyait reprocher d'en avoir été l'instigateur.

Charles Pasqua a en revanche été condamné pour complicité d'abus de biens sociaux et de recel à un an de prison avec sursis dans une troisième affaire : des détournements de fonds au préjudice de la Sofremi, société sous tutelle de la Place Beauvau.

L'ancien ministre de l'Intérieur avait formé un pourvoi contre sa condamnation, tandis que le parquet général s'était pourvu contre l'ensemble de l'arrêt.

La CJR est une juridiction d'exception créée pour connaître des infractions commises par les membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions. Sa composition est particulière: trois magistrats professionnels et douze parlementaires. La CJR qui a jugé Charles Pasqua comptait huit membres de la majorité, quatre de l'opposition

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jul 2010 à 14:37

Communiqué du Collectif national de résistance à Base élèves, 23 juillet 2010.

— Alors que le jugement du Conseil d’Etat concernant Base Elèves (BE1D) et la Base Nationale Identifiants Elèves (BNIE) a permis une nouvelle fois de mettre en lumière la problématique grave du fichage de l’enfance en France, les directeurs d’école de l’Ain ont été invités depuis février 2010, par l’Inspection Académique de Bourg-en-Bresse, à remplir systématiquement un tableau sur les « enfants du voyage » fréquentant leur école, avec des données nominatives précises comme le type d’habitation.

Dans une circulaire envoyé en février dernier aux « directeurs d’écoles maternelles, élémentaires et primaire du département » [document 1], il est fait mention d’un « détail important », à savoir de ne « jamais éditer le tableau [document 2] en question ; en effet, si un document écrit venait à circuler, les familles seraient immédiatement inquiètes et nous obtiendrions l’effet contraire à celui espéré ».

Alors que des sanctions ont été infligées aux enseignants refusant de renseigner Base Elèves, il semble qu’un directeur qui refuse de participer à cette « entreprise », ne soit ni menacé, ni sanctionné.

Néanmoins, la question de la légalité d’un tel dispositif se pose :

* pourquoi est-il indirectement demandé aux directeurs de bafouer le droit à l’information préalable des parents ?

* quelle est la durée de conservation de ces données ?

* cette collecte de données à l’échelle départementale a-t-elle fait l’objet d’une déclaration à la CNIL ?

* comment est-il possible que des données nominatives si sensibles soient transmises par les écoles aux services académiques par internet, donc à priori sans sécurisation ?

* et enfin... quels sont les critères utilisés pour définir quel enfant entre dans la catégorie visée des « enfants du voyage » ?

Sans préjuger du bien-fondé de l’objectif de lutte contre la discontinuité scolaire, le CNRBE dénonce cette pratique qui banalise la collecte d’informations nominatives sur les enfants et leurs familles dans les écoles et leur centralisation, et s’inquiète de la légèreté avec laquelle les services de l’Education Nationale mettent en place de tels dispositifs de fichage sans aucun garde-fou.

Le CNRBE.

http://retraitbaseeleves.wordpress.com


Ressources :

 Document 1 : Lettre d’un inspecteur de l’EN de l’Ain aux directeurs d’écoles :

http://retraitbaseeleves.files.word...

 Document 2 : tableau-type utilisé pour ce "recensement" :

http://retraitbaseeleves.files.word...

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Jul 2010 à 18:07

Prisons : santé et travail oubliés

Un rapport de la Cour des comptes montre que le système de prise en charge sanitaire des détenus est "défaillant" et l'accès à la formation professionnelle insuffisant. Le rapport établit une liste de 28 recommandations pour que le service public pénitentiaire gagne en "efficacité" et en "dignité" et qu'il "supporte mieux" les comparaisons internationales.

Ce n’est pas la première fois que les prisons françaises sont pointées du doigt :  l’Etat a notamment été condamné par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en 2008 et par plusieurs tribunaux français pour des conditions de détention "indignes". Dans un rapport rendu public mardi 20 juillet, la Cour des comptes exprime des recommandations pour améliorer les conditions de vie dans les prisons et prévenir la récidive. Elle dresse un bilan de la politique carcérale depuis 2006 et s’inquiète des conséquences de la politique répressive du gouvernement sur la qualité de prise en charge des détenus.

Plusieurs problèmes récurrents des prisons françaises sont passés en revue : la surpopulation, l’accès aux soins, l’hygiène, le système de la cantine… "L’amélioration des conditions de vie en détention est un facteur déterminant pour limiter les tensions, préparer l’insertion ou la réinsertion sociale des détenus, et donc contribuer à la prévention de la récidive", précise le rapport.  Parmi les points noirs : le travail et la santé. Le service pénitentiaire doit mieux prendre en charge la santé des détenus et investir davantage dans leur formation professionnelle. Le rapport préconise ainsi des "investissements techniques et des formations qualifiantes" pour acquérir des compétences et mieux préparer les détenus à la sortie. "En principe, tout détenu a droit au travail. C'est un facteur essentiel de la vie carcérale et un moyen de réinsertion future. Or, seulement 20 000 à 22 000 détenus sur 61 000 ont effectivement la possibilité de travailler", explique Alain Pichon, président de chambre à la Cour des comptes. Les activités rémunérées représentent, selon les chiffres de la Cour des comptes, 30 % de la population pénale en maison d’arrêt et 48 % en établissement pour peines. Pour le "service général" et le "service de l’emploi pénitentiaire" (emplois à l’intérieur des prisons), les rémunérations sont faibles : entre 224 et 521 euros par mois en 2008 et cela tend à s’aggraver avec la crise.

35 % des détenus "manifestement ou gravement malades"

 "La santé est un secteur très défaillant en prison. Un tiers des détenus devraient normalement bénéficier d'un suivi psychiatrique", explique Alain Pichon. Selon une étude de l’INSERM en 2006, l’état de santé psychiatrique des détenus est très préoccupant : 35 % d’entre eux sont considérés comme "manifestement ou gravement malades". Les files d’attentes dans les services psychiatriques pénitentiaires est longue et varie en fonction des établissements. D’autre part, la prise en charge des personnes dépendantes ou en fin de vie est inadaptée. Or, la population carcérale vieillit, notamment du fait de l’allongement des peines prononcées. L’accueil des personnes handicapées est inégale en fonction des établissements et les surveillants ne sont pas formés à la prise en charge de personnes dépendantes.

Enfin, le rapport souligne la part croissante de services confiés à des organismes privés (externalisation de prestations, gestion "déléguée"…). Les nouvelles prisons sont construites en cogestion avec un prestataire privé. Les coûts de cette gestion déléguée ont augmenté de 13 % entre 2006 et 2008. La part des loyers versés aux prestataires privés est ainsi passée de 139,7 à 215,6 millions d'euros entre 2006 et 2009, ce qui représente 36,5 % des crédits de fonctionnement de l'administration pénitentiaire hors coûts salariaux. 

"Accompagnant la médiatisation croissante des faits divers les plus tragiques", cinq textes de loi ont été promulgués pour prévenir la récidive depuis 2005. Le nombre de personnes suivies par l'administration pénitentiaire est ainsi passé de 185 600 en 2005 à 235 000 au 1er janvier 2010, soit une hausse de 26,5 % en cinq ans. Comparés aux taux d’occupation des autres pays de l’Union européenne (UE), les chiffres sont alarmants. En 2008, la densité s’établissait à 106 détenus pour 100 places en moyenne, tandis que la France affichait un taux de 131 % , ce qui la place au 24e rang sur les 27 états membres.

"La prison reste un univers violent", rappelle la cour des comptes. Depuis 2008, les suicides en prison ne cessent d’augmenter (il y a 17,2 suicides pour 10 000 personnes). La France est le dernier de quinze pays européens en la matière.

Un webdocumentaire sur les conditions de vie des détenus : cliquer ici

Sarah Masson

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jul 2010 à 13:58

Editorial Par Jean-Paul Piérot

Réunion de la honte à l’Élysée

C’est une réunion de la honte qui est convoquée aujourd’hui à l’Élysée. Le genre de breafing qui se tient habituellement dans les services d’une préfecture ou au cabinet d’Éric Besson, quand il s’agit de préparer une opération de police contre une famille sans papiers, cette fois sous les ors et les plafonds lambrissés du palais présidentiel, voilà en quelque sorte la politique de discrimination et de stigmatisation portée au rang de cause nationale. Un président de la République, garant de la cohésion et de la tranquillité publiques, préside une réunion dont l’ordre du jour fait état du «comportement», qui poserait problème, d’une composante de la société française et de l’organisation du démantèlement de «campements illégaux». Pour dévoyer le débat public hors des enjeux politiques économiques et sociaux, et esquiver les sujets qui fâchent, la droite sarkozyenne piétine les principes qui fondent la république : l’égalité entre les citoyens, la fraternité et la liberté.

À la genèse de ce dernier développement de la tactique du chef de l’État, les événements dramatiques qui ont eu pour décor la petite ville de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) : la mort d’un jeune homme tué par les gendarmes à un barrage devant lequel son véhicule ne s’était pas arrêté, et l’explosion de violente colère, qui ne fit que des dégâts matériels, de la communauté gitane dont le jeune homme était issu. L’événement, qu’on l’appelle ou non fait divers, exprime, comme tant d’autres, malheureusement, un état de tension latent au sein de la société et les rapports dégradés entre les forces de l’ordre et une partie de la jeunesse, précaire et discriminée. Outre la mort d’un jeune homme de vingt-deux ans, le plus grave tient dans le choix de Nicolas Sarkozy de faire de ce drame un prétexte pour montrer du doigt les gens du voyage, les Roms. De tenter de rouvrir un faux débat «ethnique» dans la prolongation de l’inconcevable campagne sur l’identité nationale dont furent chargés successivement Brice Hortefeux puis Éric Besson.

Au passage, il nourrit une confusion entre l’immense majorité des hommes et des femmes qui pratiquent toujours une forme moderne de nomadisme et sont des citoyens français depuis le XVe siècle, et les Roms, citoyens européens puisque venus de Roumanie et de Bulgarie principalement. On stigmatise l’ensemble des gens du voyage en essayant de remettre au goût du jour les vieux fantasmes et on attise des divisions entre citoyens français et immigrés des Balkans. La chasse est ouverte. Ici, on passe un camp de fortune au bulldozer, là on arrête des militants des droits de l’homme. La politique du bouc émissaire est en marche. Mais il n’est pas certain que cette fois-ci la manœuvre, grosse comme un câble de halage, rencontre le même succès qu’à d’autres époques du passé.

Au même moment, en effet, Nicolas Sarkozy s’apprête à installer le nouveau préfet de l’Isère et appelle les représentants de l’État à prêter main-forte aux opérations de police spectacle. Cet assaut de propagande, cette fébrilité ne peuvent plus cacher l’échec de la politique de sécurité fondée sur la communication et les opérations coup de poing. En la matière, la crédibilité du président a suivi la même courbe descendante que sur les problèmes sociaux. Faudrait-il, pour sauver la mise au président, que l’on rende la vie impossible à des familles modestes ou misérables, qu’elles soient françaises ou roumaines ? Quelle femme, quel homme de cœur pourraient l’accepter ?

Jean-Paul Piérot

Prisons plus grandes pour petites dépenses

Lundi soir, Michèle Alliot-Marie annonçait la fermeture définitive de 23 établissements jugés vétustes. Les syndicats dénoncent des mesures d’économie, dangereuses pour la réinsertion des détenus.

L’annonce de la ministre de la Justice a mis le feu aux poudres. Lundi soir, Michèle Alliot-Marie a donné la liste des 23 prisons vétustes promises à la fermeture entre 2015 et 2017, qui s’ajoutent aux 22 fermées pour rénovation. Comme d’autres syndicats de surveillants, la CGT pénitentiaire a immédiatement protesté contre ces choix qu’elle juge « arbitraires», car effectués « sans aucune concertation avec les organisations syndicales ». But officiel de cette annonce qui s’inscrit dans le cadre de la politique de modernisation des prisons françaises ? Mettre la France « en conformité avec les règles pénitentiaires européennes et garantir la mise en œuvre des prescriptions de la loi adoptée en novembre 2009 ».

Lourdes conséquences

En effet, la France a déjà été condamnée par la Cour européenne pour « traitement inhumain et dégradant » envers un prisonnier. De plus, elle enregistre le record européen des taux de suicide en milieu carcéral. La CGT ne refuse pas l’idée de la fermeture des prisons vétustes, mais s’oppose fermement à la politique qui vise à privilégier les regroupements d’établissements, jusqu’à 700 places. « Le seul but ici, c’est de réduire les dépenses ! s’insurge Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT pénitentiaire. Pour le ministère, les petites prisons coûtent trop cher. En nous écartant de la décision, le gouvernement ignore les réalités du terrain. Cette décision aura de lourdes conséquences sur le travail du personnel et sur la vie des détenus. » Ainsi, la modification annoncée de la carte pénitentiaire implique que certains départements n’auront tout simplement plus de prison. Avec les conséquences que l’on imagine sur la vie des familles des détenus, comme sur celle des personnels pénitentiaires.

Qualifiée en 2009 par Rachida Dati, alors ministre de la Justice, de « moderne, novatrice et humaine », la toute nouvelle prison de Nancy (690 places) illustre l’échec de ces mesures. Six agressions en une semaine et trois tentatives de suicide en une journée ont mis au jour les conséquences désastreuses de ces prisons géantes. « Ce genre d’établissement détériore les relations humaines. Or, le rôle de la prison est de préparer la réinsertion des détenus », poursuit Céline Verzeletti.

En visite hier à Fleury-Mérogis, la ministre a tenté de défendre son plan, assurant qu’il améliorait « les conditions de vie » en prison, et était marqué par « le refus de la surpopulation » et le « transfert du temps de détention en temps de reconstruction ». Une vision totalement remise en question par le délégué français de l’Observatoire international des prisons, Patrick Marest : « Tout ceci n’est que de la poudre aux yeux ! Aujourd’hui, la prison est devenue une réponse pénale systématique. Or, 85 % des prisonniers sortent au bout d’un an. De plus, il y a des solutions alternatives à l’enfermement, comme les travaux d’intérêt général. C’est concret, pédagogique et mieux perçu par l’opinion publique. »

Hier, Yves Chastan, sénateur maire de Privas (Ardèche) réagissait vivement à la fermeture annoncée de la prison sur sa commune. Première réaction d’une liste qui devrait s’allonger fortement dans les jours à venir.

Adama Sissoko



Edité par T 34 - 29 Jul 2010 à 14:00
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Editorial par jean-paul Piérot

Ils veulent défigurer la République

Sarkozy%20joue%20le%20co-prince%20dAndorre

Les vannes sont ouvertes. 
La calomnie, l’amalgame, 
le mensonge, les accusations 
à l’emporte-pièce, tout devient possible dès lors que l’on parle des «problèmes» posés par le «comportement» de «certains» Roms 
et autres Tsiganes citoyens français. La parole extrémiste est libérée. À peine Nicolas Sarkozy et une escouade de ministres et de policiers galonnés achevaient-ils leur réunion juste avant les JT de 20 heures mercredi soir 
que le ministre Lellouche affirmait devant les caméras que le drame de Saint-Aignan n’était pas un cas isolé ; 
le lendemain un député UMP en redemandait en matière de répression et soutenait au micro de France Inter que l’errance n’était pas «compatible» avec la manière de vivre en France. Qu’y a-t-il donc au bout de sa pensée ? Une assignation à résidence et l’interdiction de se déplacer ? Le régime de Vichy avait eu cette idée, et avait même créé des camps pour y interner les Gitans récalcitrants. Les principes de la République, forgés par 
la Révolution de 1789, ne reconnaissent que des citoyens, et non des ethnies et autres communautés fondées 
sur la religion ou sur des lectures fantaisistes de l’histoire. À cet héritage, le clan sarkozyen préfère-t-il le modèle berlusconien en cours de l’autre côté des Alpes, où les Roms sont traqués et pourchassés, livrés en pâture aux nostalgiques du fascisme et aux agités de la Padanie ?

Nous voilà avertis. Pour assourdir l’écho 
des affaires de collusion entre le parti présidentiel et les plus grandes fortunes et pour tenter de distraire l’attention des Français du débat sur l’avenir des retraites, Brice Hortefeux va multiplier les opérations policières contre les campements «illégaux» – la feuille de route prévoit l’évacuation de trois cents campements. Toute réaction de colère sera exploitée pour stigmatiser un peu plus les victimes expulsées et tous les Tsiganes de France et d’ailleurs. C’est l’été meurtrier des expulsions vers les Balkans, et des bulldozers contre les familles qui commence. Sur le fond, les mesures annoncées ne constituent pas des nouveautés mais la réunion de l’Élysée est une incitation au harcèlement d’hommes, de femmes, d’enfants suspectés à l’avance de commettre des actes délictueux. Répression et rien d’autre, y compris par anticipation, tel est le message adressé depuis l’Élysée.

Nicolas Sarkozy a pris soin de ne pas accompagner l’arsenal répressif de mesures, fussent-elles cosmétiques, pour donner à l’ensemble 
du dispositif au moins une apparence d’équité. Rien n’est dit par exemple sur la scolarisation des enfants, qui risquent au contraire de voir les portes de l’école se fermer plus hermétiquement encore dans ce climat annoncé de chasse à l’homme. En 2002, un préfet avait été sanctionné pour avoir accusé les gens du voyage 
de «vivre à nos crochets et de la rapine». Aujourd’hui 
ce genre de propos est à la mode en haut lieu.

Les réactions de la gauche sont au niveau 
de la violence du coup porté aux principes républicains et à la cohésion nationale par ses premiers dirigeants. L’appel lancé par Pierre Laurent au nom du PCF à toutes les organisations de gauche, aux associations et aux syndicats devrait être entendu. 
On ne peut laisser ainsi défigurer la République.

Par Jean-Paul Piérot

 

Sarkozy%20et%20Brice%20Hortefeux%20sattaquent%20aux%20gens%20du%20voyage


 
Sarkozy renchérit dans le sécuritaire
 
Après les Roms hier, les "délinquants d'origine étrangère" aujourd’hui. Avant lui, lier autant immigration et insécurité, seul Le Pen l'avait fait.

Lors d'un discours à la préfecture de police de l'Isère à l'occasion de l'installation du nouveau préfet, l'ex-policier Eric Le Douaron, il a mis en cause les défaillances du modèle français d'intégration des immigrés.

Le président Nicolas Sarkozy a imputé vendredi une partie des problèmes d'insécurité de la France à une immigration "insuffisamment régulée", ce qu'il n'avait jamais fait jusqu'ici, du moins aussi nettement.  A partir d'un faits-divers, Nicolas Sarkozy a menacé vendredi de déchoir de la nationalité française toute personne d'origine étrangère qui porterait volontairement atteinte à la vie d'un policier ou d'un gendarme.

"Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration insuffisamment régulée", a déclaré le chef de l'Etat, qui y voit les causes de ces défaillances, en occultant sa propre responsabilité comme ministre de l'Intérieur, sans compter l'aménagement du territoire ou le développement économique des quartiers populaires laissés en deshérence.

Il a annoncé que le gouvernement allait réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française.

"La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique", a-t-il ajouté. "La nationalité française se mérite et il faut pouvoir s'en montrer digne."

Des policiers grenoblois ont été menacés de mort après une fusillade le 16 juillet dans laquelle un malfaiteur a été abattu après s'être attaqué à un casino de la région.

Pendant trois nuits de suite, des jeunes habitants du quartier de La Villeneuve, d'où était originaire le braqueur, avaient incendié des voitures et tiré à balles réelles sur des policiers après cet épisode, ce qui a entraîné le limogeage du préfet Albert Dupuy.

Le chef de l'Etat a également souhaité que l'acquisition de la nationalité française pour un mineur délinquant ne soit plus automatique au moment de sa majorité.

Il a par ailleurs annoncé que les peines plancher, jusqu'ici réservées aux multirécidivistes, seraient étendues à partir du 7 septembre à toutes les formes de violences aggravées, notamment contre les personnes dépositaires de l'autorité publique.

Il a souhaité le développement du champ d'application du bracelet électronique pour mieux contrôler et surveiller les délinquants quand ils ne sont pas en prison.

Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il avait demandé à la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie de préparer "sans tabou" une "réforme profonde" du droit pénal applicable aux mineurs.

Le gouvernement prépare déjà un texte qui permettra de mettre la responsabilité des parents en cause.

Il également émis le souhait que les droits et les prestations auxquelles ont accès les étrangers en situation irrégulière en France soient réévalués.

"Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droits qu'une situation régulière et légale", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy s'en est pris sans le nommer au député maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, qui réclame un "Grenelle de la sécurité" pour réfléchir au niveau national aux nouvelles formes de délinquance et aux réponses à leur apporter.

"Il ne peut pas y avoir de naïveté et d'angélisme en la matière", a-t-il déclaré.

Le député-maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, avait estimé auparavant que les pouvoirs publics n'avaient pas à "faire la guerre à qui que ce soit" mais à "faire la paix" sociale pour donner la preuve de leur efficacité.

Nicolas Sarkozy était arrivé vendredi en fin de matinée à Grenoble où il a d'abord passé près d'une heure et demie à l'Hôtel de Police avec les policiers et leurs représentants syndicaux.

Manifestations en marge de la visite

Environ 300 personnes se sont rassemblées vendredi dans le centre de Grenoble  pour protester contre "la politique spectacle et sécuritaire" de Nicolas Sarkozy. Munis de banderoles où l'on pouvait notamment lire "Grenoble  = Chicago, Al Capone = Sarkozy", les manifestants, entourés de nombreuses forces de police et de gendarmerie, se sont réunis à l'appel d'une vingtaine d'organisations dont Europe Ecologie-les Verts 38, le PCF, les syndicats CGT et Sud Rail, la Ligue des droits de l'Homme, etc.

"Son déplacement n'a aucun sens. Nicolas Sarkozy fait de la politique spectacle. Il aurait été préférable que le coût de son déplacement soit transformé en emplois!", s'est insurgé Jacques Pitiot, ancien proviseur de lycée habitant depuis 38 ans à la Villeneuve.

"On ne veut pas d'une police robocop, mais d'une police présente tous les jours qui ne laisse pas le caïdat s'installer", a poursuivi M. Pitiot.

"La venue de Sarkozy est un coup de poing médiatique contre-productif qui est vécu comme une provocation. Il faut une politique publique durable avec une police de proximité. Il est important de recréer du lien social", a déclaré Vincent Comparat, élu municipal membre de l'Ades, Association démocratie écologie solidarité.



Edité par T 34 - 30 Jul 2010 à 18:19
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jul 2010 à 19:20

La répression à tous les étages, ou comment faire du neuf avec du vieux

Conformément aux craintes des associations de défense des Roms et des gens du voyage, Nicolas Sarkozy a dévoilé un plan musclé à forte teneur électoraliste. Décryptage.

Il existe des hasards heureux. Mercredi, à l’issue de la réunion à l’Élysée sur les «problèmes posés par certains Roms et gens du voyage», Nicolas Sarkozy s’est livré à une véritable déclaration de guerre. La force de l’invective à laquelle s’adonne la majorité au pouvoir, alliée à l’arsenal répressif déployé par le chef de l’État, en ferait presque oublier l’affaire Bettencourt et l’audition, hier, du soldat Woerth. Mis à mal dans les sondages, le président convulsionne et sonne le clairon. Tentant au passage le recyclage du vieux pour faire croire au neuf. À la table, six ministres au garde-à-vous : François Fillon, Brice Hortefeux, Éric Besson, Michèle Alliot-Marie, Pierre Lellouche et Benoist Apparu. «On assiste à une resucée des menaces proférées par Nicolas Sarkozy depuis 2004», constate Malek Salemkour, de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Pour SOS Racisme, l’Élysée «procède à un festival de clichés éculés».

En trois mois, 50% des camps devront être évacués. Cette première disposition concerne les 600 «camps ou squats illégaux» recensés. En dépit d’une loi Besson (Louis et non Éric) sur les aires d’accueil bafouée par certaines collectivités et de préfectures peu enclines à la faire appliquer, l’État opte pour la manière forte. De concert, les associations rappellent le manque d’originalité de l’exécutif. «Il n’y a rien de nouveau : cela fait huit ans que ces démantèlements existent, avec parfois des destructions de caravanes», rapporte Pierre Henry, directeur général de France Terre d’asile. La LDH y voit de son côté «un clin d’œil au Front national» déplorant au passage un «harcèlement» qui «va s’accélérer sans que les lois de la République s’appliquent».

Autre disposition, dix inspecteurs du fisc seront mobilisés. «C’est un effet d’annonce qui vise à faire diversion, assure Michel Fontaine, de la commission finances de la CGT. Il existe déjà un service dédié avec des brigades de recherche.» Pour le syndicaliste, il serait plus utile de «s’attaquer aux véritables problèmes que sont l’évasion et les fraudes fiscales massives des grandes fortunes qui génèrent infiniment plus d’argent».

Également prévue dans le dispositif, «la reconduite quasi immédiate des Roms» commettant «des atteintes à l’ordre public ou des fraudes». En somme, un retour de la double peine chère à M. Pasqua. Une disposition, surtout, qui devrait s’appliquer également aux mineurs qui ne seront «plus reconnus comme des enfants mais comme des adultes», déplore Malek Salemkour. Pour ce faire, le gouvernement plaide pour une coopération internationale, avec l’envoi d’une vingtaine de policiers roumains et bulgares en région parisienne. «La coopération internationale, ça fait toujours beau dans la communication», ironise Yannick Danio, du syndicat Unité SGP police.

Enfin, dernière annonce de Brice Hortefeux hier, le fichier recensant les empreintes digitales des étrangers bénéficiant d’un retour aidé sera activé dès le 1er septembre. Objectif affiché : mettre fin au «dévoiement» de ces aides.

Lionel Decottignies

L'expulsion musclée à La Courneuve fait le tour du monde

 La vidéo (visible sur notre site dans la partie multimedia) d'une violente expulsion à La Courneuve, diffusée par Mediapart et la chaîne de télévision américaine CNN, provoque un tollé à l'heure où l'exécutif remet la sécurité au premier rang de ses priorités.

Les images, qui montrent des femmes d'origine africaine s'agrippant les unes aux autres brutalement délogées par des policiers le 21 juillet, ont été mises en ligne mardi. Vendredi après-midi, elles avaient été visionnées quelque 294.000 fois sur Dailymotion.

Dans un communiqué diffusé à la mi-journée, la préfecture de Seine-Saint-Denis se défend de toute brutalité face aux accusations de Droit au Logement (DAL), dont une militante a réalisé la vidéo. L'association envisage de porter plainte pour "violences policières".

L'expulsion, qui s'est déroulée devant la barre Balzac, à la cité des 4.000 de La Courneuve, "s'est faite selon les règles d'usage dans ce type de circonstances", peut-on lire dans le communiqué.

Les familles avaient installé un campement dans la rue après avoir été expulsées de l'immeuble, voué à la destruction, au début du mois.

Au milieu des cris et des pleurs, la vidéo montre une femme enceinte victime d'un malaise dans la cohue, qui gît inconsciente avant d'être emportée par des policiers. Une autre est traînée par les pieds, au risque d'écraser l'enfant qu'elle porte dans le dos.

Le policier ne pouvait pas voir l'enfant que la caméra filmait de l'intérieur du groupe, explique la préfecture.

"Ce sont des scènes qui font peur", déclare Sokouana Gary, fondatrice de l'association SOW, qui développe des projets humanitaires à l'étranger avec des jeunes de La Courneuve.

Pour le DAL, un cran a été franchi dans la violence policière et il porte selon lui le sceau du nouveau préfet de Seine-Saint-Denis.

Ancien patron du Raid, le groupe d'intervention d'élite de la police, Christian Lambert a été nommé en avril par Nicolas Sarkozy, qui a juré de mener la "guerre" à l'insécurité.

Un extrait de la vidéo a été diffusé jeudi sur la chaîne d'information américaine CNN dans le cadre d'une émission consacrée aux questions d'immigration.

Plusieurs bureaux internationaux ont préparé des sujets et, s'agissant de la France, les images de La Courneuve ont été choisies "pour montrer que le droit au logement est une question difficile", explique-t-on à CNN Paris.

"Pour nous, ça a été 48h de travail d'arrache-pied pour pouvoir diffuser ces images. On était étonnés qu'aucun média français ne les reprenne", ajoute-t-on.

Plusieurs chaînes françaises ont diffusé des extraits de la vidéo depuis lors.

Sokouana Gary raconte également les difficultés des habitants pour alerter les médias. "Quand on a vu qu'un grand quotidien (Le Parisien, NDLR) titrait 'Expulsion dans le calme', on a compris qu'il y avait un problème", dit-elle.

 
 


Edité par T 34 - 31 Jul 2010 à 19:38
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Aug 2010 à 17:15

Attention, affiches subversives !

C'est une affiche comme celle que nous publions ci-contre qui vaut à trois jeunes militants communistes de comparaître lundi devant un tribunal, après avoir passé une nuit en garde à vue. Pour des affiches collées avant le passage de Nicolas Sarkozy à Grenoble.

Un véritable "délit d'opinion", s'indigne la fédération de l'Isère des Jeunes communistes. Les affiches auraient, selon la police, un caractère "attentatoire à la dignité du Chef de l'Etat". Collées par les trois jeunes militants à Grenoble, avant le passage-éclair de Nicolas Sarkozy dans l'Isère, venu y tenir un discours ultra-sécuritaire, largement attentatoire aux principes républicains. Ces affiches valent aux trois jeunes une comparution imédiate lundi.

Le groupe communiste de la ville de Grenoble "condamne fermement cette atteinte brutale à la liberté d’expression et d’opinion, utilisée de manière opportuniste dans le contexte des évènements récents dans le quartier de la Villeneuve et de la venue du chef de l’Etat ce même jour… Même sous la monarchie, le droit de caricature était toléré".

"Je suis très en colère, a ajouté l'élu PC de Grenoble Patrice Voir : on retient des militants en garde à vue tout cela sous prétexte que le chef de l'Etat vient à Grenoble. Ceci alors que ce dernier, dans son discours, stigmatise les Roms et fait aussi un amalgame entre délinquance et immigration. Je suis à la fois scandalisé et inquiet pour les libertés publiques".

Le groupe communiste de la ville de Grenoble "exige l’abandon pur et simple des charges retenues contre ces trois militants ".

Depuis l'affaire de la poupée vaudou à l'effigie de Sarkozy, le délit d'atteinte à la dignité du chef de l'Etat a retrouvé de la vigueur. Quand ce n'est pas le président en personne, ce sont volontiers des policiers qui font du zèle en marge des déplacements officiels du chef de l'Etat.

Pourtant en 2008, la cour d'appel de Paris déboutait celui qui se posait aupravant en défenseur des caricaturistes, et les magistrats n'avaient pas interdit à la vente la poupée vaudou, comme le réclamait Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat avait été débouté de sa demande d'interdiction de la poupée vaudou en première instance le 29 octobre. Le tribunal de grande instance de Paris avait en effet estimé que cette  "représentation non autorisée de l'image de Nicolas Sarkozy ne constitu(ait) ni  une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle". Un tel gadget "s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté  d'expression et du droit à l'humour", avaient ajouté les magistrats Isabelle  Nicolle, Nicolas Bonnal et Anne-Marie Sauteraud. C'était la première fois qu'un président de la République en exercice perdait un  procès pour atteinte au droit à l'image.
Sur les poupées représentant Nicolas Sarkozy figuraient des inscriptions faisant  référence à son parcours politique ou à ses propos,  comme le mot "racaille" pour qualifier des jeunes de banlieues, ou le "Casse-toi pauv'con" lancé au salon de l'Agriculture  à un homme qui avait refusé de lui serrer la main.

 

Des caricatures de Sarkozy sur les murs, trois jeunes communistes arrêtés

Des militants sont arrêtés à Grenoble (Isère) pour avoir collé des affiches caricaturant le chef de l’État. Le discours sécuritaire ne vise pas la lutte contre la criminalité mais s’attaque à l’ensemble des libertés publiques.

La France revient de loin. Ses institutions républicaines, son chef et son image ont été sauvées, dans la nuit de jeudi à vendredi, par la vigilance de la police grenobloise. Sur les palissades de la capitale des Alpes, collées nuitamment par de jeunes activistes déterminés, fleurirent à cette date des affiches de format A3 dont le contenu portaient gravement atteinte à l’autorité de l’État ! «Wanted, le braqueur de l’Élysée», disait l’une. «2005-2010 le pyromane court toujours», renchérissait l’autre. Sur ces deux affichettes, une caricature représentant le président de la République. De quoi ébranler les fondements de notre État de droit !

Ces affiches étaient apposées par des militants de la Jeunesse communiste grenobloise, qui appelait à un rassemblement unitaire de protestation pour le lendemain, à l’occasion de la venue de Nicolas Sarkozy. Les jeunes communistes et les démocrates reprochent au président de la République son discours sécuritaire et la gestion par le gouvernement des graves incidents du quartier de la Villeneuve.

Vers 22 heures, le 30 juillet, une patrouille de CRS repère donc en centre-ville une équipe de trois jeunes colleurs : Gaston et Justin, deux mineurs de quinze ans et dix-sept ans, et Romain, dix-huit ans. Selon Romain, le contrôle se passe tranquillement et même «aimablement» jusqu’à ce que les fonctionnaires de police appellent leur hiérarchie. Là le ton change. Après une fouille au corps, on embarque les trois militants. Romain, comme majeur, est menotté. Au commissariat, on leur signifie qu’ils sont en garde à vue. «Je m’attendais à ce qu’on nous reproche un affichage sauvage, la dégradation des murs, s’étonne Romain. Mais la raison de notre garde à vue que nous a donnée l’officier de police judiciaire, c’est l’outrage au chef de l’État.» Dehors, des militants et des élus communistes de l’Isère, dont René Proby, maire de Saint-Martin-d’Hères, et Marie-France Monory, adjointe au maire de Grenoble, viennent demander vainement la libération des trois jeunes. Ils ne sortiront qu’à 8 heures le vendredi matin.

Ces trois jeunes n’en ont pas fini avec la justice. Ils ont été convoqués pour mardi 3 août au commissariat. Les parents du plus jeune ont souhaité devancer la convocation. «Il y aura des suites mais on ne sait pas lesquelles, explique Romain. Ça peut aller du simple rappel à la loi à des poursuites.»

«Même sous la monarchie, le droit de caricature était toléré», proteste Patrice Voir, élu communiste à la municipalité grenobloise, qui condamne cette atteinte à la liberté d’opinion et d’expression : «Je suis à la fois scandalisé et inquiet pour les libertés publiques.» «Jusqu’où ira ce gouvernement dans la mise en cause des libertés ?» demande le PCF, qui exige l’annulation de la convocation du 3 août et «qu’aucune poursuite ne soit engagée contre ces jeunes». Pour François Auguste, vice-président de la région Rhône-Alpes, qui est lui aussi intervenu pour la libération des jeunes militants, cette histoire «illustre un climat. J’ai assisté au discours de Nicolas Sarkozy, vendredi, à Grenoble, précise-t-il, et j’ai été horrifié par le ton et les propos ». Pour l’élu de l’Isère, la surenchère sarkozyste sur la sécurité vise aussi à limiter les libertés démocratiques, politiques et syndicales. La preuve en tout cas par cette arrestation des trois jeunes militants grenoblois.

Olivier Mayer


L'homme qui menace la République

Comme une odeur de soufre. Au plus bas dans les sondages, Nicolas Sarkozy, par ailleurs cité dans l'affaire Woerth-Bettencourt, peine à faire entrevoir une sortie de crise autre que par la voie de la rigueur. Vendredi, à Grenoble, le président de la République a tenté de reprendre en main l'agenda politique en entonnant l'air de « la guerre nationale » à l'insécurité.

"Tout démocrate, tout républicain ne peut qu'être très préoccupé, très inquiet de la situation politique créée au cour de cet été par le président de la République", écrit Patrick Le Hyaric dans un éditoral.

Pour imposer un cran supplémentaire dans la purge sociale ; pour détourner l'attention de l'injustifiable contre-réforme antisociale des retraites ; pour tenter de faire oublier le délétère climat créé par l'affaire « Woerth-Bettencourt », il est ainsi allé crescendo après deux semaines marquées, entre autres, par la stigmatisation des gens du voyage et des Roms, ou encore « la guerre contre al-Qaida » au Sahel. Dessinant un environnement de toutes parts hostile.

Pour la sénatrice communiste Nicole Borvo-Cohen-Seat, "la déchéance de la nationalité française existe mais n'a été utilisée qu'en cas de trahison envers la nation qui a accordé la nationalité. Le président de la République propose une extension de la déchéance qui n'a jamais été utilisée sauf par Vichy à l'égard des juifs".

Redonner des couleurs aux vieilles affiches du FN, renforcer la répression, museler la contestation : après de nombreux retoquages du système pénal, et un nombre incalculables de lois sur la sécurité, Nicolas Sarkozy entend une nouvelle fois renforcer l'appareil répressif en direction de la contestation sociale. Décryptage lundi dans l'Humanité de la posture d'un président qui sait que nous allons vers une rentrée sociale très chaude et cherche à déplacer le débat politique.



Edité par T 34 - 02 Aug 2010 à 18:54
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