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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Sep 2009 à 16:44
 
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pas de libération conditionnelle pour le prisonnier politique amérindien Leonard Peltier, mais que va faire Obama ?
 

 

Le Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan), ONG française de défense des droits des peuples autochtones, s'insurge contre la décision de la Commission des libérations conditionnelles des États-Unis de ne pas libérer le prisonnier politique amérindien Leonard Peltier, militant de l'American Indian Movement (AIM) qui est incarcéré depuis trente-trois ans dans une prison fédérale. La Commission des libérations conditionnelles a annoncé arbitrairement, le 20 août dernier, que le prochain réexamen de son cas sera programmé en 2024 (Leonard Peltier aura alors soixante-dix-neuf ans). Amnesty International, qui réclame depuis de nombreuses années la libération de Leonard Peltier, a également fait part de sa déception devant cette décision négative. "C'est en accordant à Leonard Peltier une libération conditionnelle que l'on servirait au mieux la justice, a déclaré Angela Wright, chercheuse d'Amnesty International aux États-Unis. Compte tenu des questions qui se posent autour de sa condamnation, et vu que les recours en appel devant les tribunaux sont épuisés depuis longtemps et qu'il a déjà passé plus de trente-deux années en prison, nous prions instamment le Comité des libérations conditionnelles de revenir sur sa décision."

La prochaine bataille sera donc la demande de grâce présidentielle au président Obama... En janvier 2001, le président Bill Clinton, malgré ses promesses, n'a pas eu le courage politique de lui rendre sa liberté, en évitant de lui accorder une grâce le dernier jour de son mandat en raison des pressions du FBI sur cette affaire. Aujourd'hui, la communauté amérindienne, comme toutes les autres minorités aux États-Unis, attend des signes de véritables changements, notamment la fin des discriminations raciales et sociales, ainsi qu'une justice équitable pour tous. Betty Ann Solano, sœur de Leonard Peltier et directrice de son Comité de défense (le Leonard Peltier Defense/Offense Committee) a récemment lancé un appel émouvant au président Obama : "Nous [Amérindiens] avons besoin de guérir les blessures du passé qui nous ont été infligées par le gouvernement américain. Président Obama, en accordant votre grâce à mon frère, vous serez reconnu comme celui qui aura su faire le premier pas vers la paix et la réconciliation avec nos communautés." Pour lancer la campagne pour la grâce présidentielle et montrer la détermination des autochtones des États-Unis de voir Leonard Peltier libre, un chef spirituel amérindien, Ben Carnes (Choctaw d'Oklahoma), a entamé le 5 septembre un jeûne devant la Maison Blanche à Washington DC.

Le 12 septembre prochain, Leonard Peltier va avoir soixante-quatre ans. Bien qu'innocent, il aura passé injustement plus de la moitié de sa vie en prison. C'est pour cela qu'il ne faut pas l'oublier.

En France aussi plusieurs initiatives en faveur de Leonard Peltier vont se succéder : compilation de soutien avec de nombreux artistes, conférences et tournées de représentants amérindiens, etc., sans oublier les rassemblements tous les mercredis devant le consulat des États-Unis à Paris, au côté de celles et ceux qui luttent pour la libération du journaliste africain-américain, Mumia Abu-Jamal.

QUI EST LEONARD PELTIER ? / Leonard Peltier, indien Anishinabe/Lakota-Sioux, est incarcéré depuis 1976 aux États-Unis pour un crime qu'il n'a pas commis. Il a été condamné à deux peines à perpétuité
consécutives. Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui "devrait être libéré immédiatement et sans condition". Il est une des victimes de la guerre cachée menée dans les années 1970 par le gouvernement américain et le FBI contre l'American Indian Movement (AIM, Mouvement indien américain). Leonard Peltier est devenu le symbole de la résistance des peuples indigènes au niveau international. Il est soutenu par Nelson Mandela, Desmond Tutu, Rigoberta Menchú, le président Evo Morales, Robert Redford, le sous-commandant Marcos, Mumia Abu Jamal, le Parlement européen et par plusieurs millions de personnes à travers le monde. Que fera le président Obama pour Leonard Peltier ?

COMMUNIQUÉ DU 21 AOÛT 2009

Communiqué d'Eric Seitz, avocat de Leonard Peltier

Les vieux rescapés de l'administration Bush au sein de la Commission américaine des libertés conditionnelles ont aujourd'hui adopté la position du FBI : toute personne potentiellement impliquée dans la mort de ses agents ne devra jamais obtenir de conditionnelle et devra rester en prison jusqu'à sa mort.

Il a été juridiquement établi que le FBI (même s'il ne l'a jamais reconnu) a fabriqué des preuves et présenté de faux témoignages au procès de Leonard Peltier ; la conduite de M. Peltier a été exemplaire, pendant 33 ans d'incarcération, prouvant ainsi la recevabilité de sa demande de libération conditionnelle ; des lettres et des pétitions demandant sa libération ont été envoyées par millions aux États-Unis et dans le monde entier, notamment par un des juges qui avait précédemment statué sur sa libération conditionnelle ; M. Peltier vieillit et sa santé se dégrade ; pourtant, la Commission des libertés conditionnelles l'a aujourd'hui informé que "sa libération sur parole déprécierait l'importance du délit présumé et encouragerait le non respect de la loi", repoussant la possibilité d'une prochaine audition à 2024.

Voici donc les agissements extrêmes de cette même communauté du maintien de l'ordre qui a instauré l'emprisonnement à durée indéterminée pour les adolescents suspectés de terrorisme, la torture et les meurtres dans les prisons de la CIA de par le monde, et encouragé l'irrespect généralisé pour les valeurs démocratiques de justice sur lesquelles ce pays s'est soi-disant construit. Ce sont ces mêmes institutions qui n'ont jamais traité les autochtones avec respect ou dignité, qui n'ont jamais reconnu leur responsabilité pour des siècles d'intolérance et d'abus.

Pendant l'audition de libération conditionnelle, le 28 juillet dernier, Leonard Peltier a exprimé des regrets et a reconnu avoir eu un rôle dans les incidents qui ont provoqué la mort des deux agents du FBI et d'un activiste amérindien, suite à une fusillade sur la réserve de Pine Ridge. M. Peltier a insisté sur le contexte dans lequel la fusillade a eu lieu, un contexte de guerre entre des leaders tribaux corrompus, soutenus par le gouvernement, d'un côté, et des traditionalistes amérindiens et jeunes activistes de l'autre. Il a à nouveau nié - comme il l'a toujours fait - avoir souhaité la mort de qui que ce soit ou d'avoir tiré les coups de feu qui ont tué les deux agents. Il a d'ailleurs rappelé aux membres de la commission qu'un de ses coaccusés a récemment admis avoir tiré les coups de feu mortels. Il est donc faux de dire que Leonard Peltier a "exécuté deux agents du FBI" comme l'affirme pourtant la Commission de libération conditionnelle ; et il n'y a toujours pas de preuves crédibles de la responsabilité de M. Peltier pour les coups de feu mortels, contrairement à ce que déclare le FBI. De plus, étant donné les pratiques corrompues au sein même du FBI, il est absurde de dire que la libération conditionnelle de Leonard Peltier "dépréciera l'importance" de sa conduite et/ou "encouragera le non respect de la loi".

Nous continuerons à demander la libération conditionnelle et la grâce présidentielle pour Leonard Peltier pour mettre fin rapidement et équitablement à cette injustice qui dure depuis trop longtemps.

Eric Seitz,
avocat de Leonard Peltier

(traduction : Céline Planchou pour le CSIA-Nitassinan)



Edité par T 34 - 14 Sep 2009 à 17:12
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Sep 2009 à 09:44
La bêtise a l'état pur :
 
Manifestation contre Obama et sa politique
 
Ce%20manifestant%20défile%20à%20Washington%20DC%20le%2012%20septembre%20dernier,%20revêtu%20dun%20drapeau%20américain%20de%20lépoque%20révolutionnaire%20agrémenté%20dun%20portrait%20de%20Barack%20Obama%20grimé%20en%20Joker%20et%20qualifié%20de%20socialiste.%20
Ce manifestant défile à Washington DC le 12 septembre dernier, revêtu d'un drapeau américain de l'époque révolutionnaire agrémenté d'un portrait de Barack Obama grimé en Joker et qualifié de socialiste.
 
Le centre de Washington avait des airs de "Tea Party" ce samedi. Ils étaient des dizaines de milliers à manifester contre la politique du président américain... et ses taxes.

Des dizaines de milliers de personnes venues de tous les Etats-Unis ont défilé samedi à Washington pour dénoncer la politique du président Barack Obama et notamment son projet de réforme du système de santé.

Les manifestants ont marché de la Maison-Blanche au Capitole, siège des deux chambres du Parlement américain, certains d'entre eux brandissant des pancartes accusant l'administration démocrate de conduire le pays vers le socialisme.

"Obama est soit marxiste soit communiste et nous ne le sommes pas. Il est totalement anti-américain"

"L'avortement n'est pas un soin médical", indiquait une pancarte. "Né libre, taxé à mort", clamaient d'autres affiches brandies par des enfants de manifestants... "J'ai suffisamment vu le socialisme en URSS", proclamait une autre, portée par un immigré originaire de l'Ukraine venu de Baltimore.

La manifestation était organisée par Freedomworks, un mouvement qui réclame une baisse de la fiscalité, moins d'Etat et plus de liberté économique. Ce n'est pas la première: depuis le début du mandat d'Obama, des "Tea Parties" de ce type sont organisées contre la hausse des taxes.

Nombre de manifestants portaient des affichettes indiquant "Vous mentez!" reprenant le mot lancé au président par le désormais célèbre représentant républicain Joe Wilson lors du discours de présentation de son projet de réforme du système de santé au Congrès.

Vous%20mentez!%20Ce%20manifestant%20reprend%20linterjection%20lancée%20contre%20Obama%20en%20plein%20Congrès%20au%20début%20de%20la%20semaine. 
"Vous mentez!" Ce manifestant reprend l'interjection lancée contre Obama en plein Congrès au début de la semaine.

Certains manifestants lui prédisaient d'ailleurs un brillant avenir et une future candidature à la vice-présidence américaine au côté d'une certaine Sarah Palin en écrivant sur leurs pancartes: "Palin-Wilson 2012"!

"C'est un traître, a affirmé Lois Calzone, une manifestante venu de l'état du Maryland, à l'AFP, en parlant du président Obama. Il est soit marxiste soit communiste et nous ne le sommes pas. Il est totalement anti-américain". "Je pense que l'Arabie Saoudite le soutient. Où s'est-il procuré tout cet argent pour financer sa campagne?", a-t-elle ajouté. "Nous étions d'accord pour lui accorder le bénéfice du doute, mais c'en est trop".

"S'il n'a pas choisi son église à Washington, c'est parce qu'il n'est pas chrétien. Il est musulman", a renchéri sa fille qui a refusé de donner son nom, reprenant à son compte des rumeurs qui continent de courir malgré les démentis du président américain et de son staff.

La police n'a pas été en mesure d'indiquer le nombre de manifestants, mais au milieu de l'après-midi la foule s'étendait à perte de vue sur National Mall, le parc au centre de la capitale, où se déroulent habituellement les manifestations.

 

Obama « bouffeur de riches »

États-Unis . L’opposition conservatrice a organisé, samedi, à Washington, une grosse manifestation contre la mise en place de la couverture santé universelle.

Après son audition, mercredi soir dernier, face à un Congrès en partie frileux, Barack Obama a dû faire face samedi à une manifestation réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Was- hington. Initialement organisée contre le « trop d’État » de la politique de l’administration démocrate, cette manifestation, appelée par plusieurs organisations de la droite conservatrice et libérale américaine, telles que la fondation Freedomworks, et les principaux groupes de la droite chrétienne, a largement tourné à une parade contre l’instauration d’une couverture santé universelle.

Dans une ambiance très famille traditionnelle américaine, les manifestants n’ont pas hésité à se livrer à une véritable chasse aux sorcières contre « Obama le socialiste », brandissant des photos montages du président, coiffé du béret étoilé, symbole du communisme, et qualifié de « bouffeur de riches » ou de « traître antiaméricain ». Certains participants osaient même accuser le pensionnaire de la Maison-Blanche d’être soutenu financièrement par l’Arabie saoudite, en raison de son obédience musulmane cachée et de ses liens avec Ben Laden. Moins farfelus mais tout aussi démagogiques, les messages à propos du projet de réforme, à l’image du slogan « né riche, taxé à mort » écrit sur une pancarte portée par un enfant, ne manquaient pas d’inspiration. Les manifestants refusaient ainsi d’être des « distributeurs de billets », et proclamaient que « l’avortement n’est pas un acte médical ».

Ce même jour, le président américain s’est à nouveau exprimé dans son allocution radiophonique hebdomadaire, puis au cours d’un meeting à Minneapolis (Minnesota), citant un rapport publié par le département du Trésor qui prévoit notamment que près de la moitié des Américains de moins de soixante-cinq ans risquent de perdre leur couverture santé d’ici dix ans. Barack Obama a également demandé l’aide de ses concitoyens qui souhaitent rapidement cette réforme. Ce soutien populaire semble en effet indispensable pour contrer la ténacité des opposants. Selon Associated Press, certains manifestants ont reconnu avoir été payés pour participer à ce défilé.

Samuel Lehoux



Edité par T 34 - 15 Sep 2009 à 15:32
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Sep 2009 à 14:44
Après le refus de mise en liberté conditionnelle

Je suis aujourd'hui un prisonnier politique de Barack Obama


AUTEUR:  Leonard PELTIER

Traduit par  Fausto Giudice


La libération conditionnelle de Leonard Peltier, le militant amérindien Anishinaabe/Lakota, membre de l'American Indian Movement, emprisonné depuis 1977 pour la mort de deux agents du FBI dans la réserve de Pine Ridge, vient d’être refusée après que les autorités ont décidé que le remettre en liberté – comme le permet la loi - diminuerait la gravité de son crime.
Bien qu’il ait reconnu avoir été présent lors des incidents ayant débouché sur ces morts violentes, en juin 1975, Leonard Peltier a toujours nié avoir tué les deux hommes et a répété, lors de ses nombreux procès en appel, avoir été victime d’un coup monté par le FBI. Peu après les événements, il avait fui au Canada, avant d’être extradé en 1976 vers les USA.
Peltier ne sera pas admissible à une libération conditionnelle avant... juillet 2024. Il aura alors 79 ans.
Considéré comme l’un des plus anciens prisonniers politiques du monde. Leonard Peltier est, pour nombre d’Amérindiens, un symbole de la lutte et de la résistance autochtone.

Voici sa déclaration rendue publique le 11 septembre, à la veille de son 65ème anniversaire.

Le département usaméricain de la Justice a de nouveau fait de son appellation arrogante et prétentieuse un objet de risée.

Après avoir fait libérer un adepte authentique et persistant de Charles Manson, leader d’un culte de la mort, qui avait tenté d’assassiner le président Gerald Ford, un terroriste croate reconnu, ainsi qu’un autre auteur d’une tentative d’assassinat contre le président Ford, en application de la loi sur les mises en liberté obligatoires après 30 ans de réclusion, la Commission US des mises en liberté conditionnelle (Parole Commission) a estimé que ma libération « ferait la promotion d’un manque de respect pour la loi ».

Si seulement le gouvernement fédéral avait respecté ses propres lois, pour ne pas parler des traités qui sont, en vertu de la Constitution US, la loi suprême du pays, je n'aurais jamais été condamné ni forcé de passer plus de la moitié de ma vie en captivité. Sans parler du fait que toute loi dans ce pays a été créée sans le consentement des peuples premiers et qu’elle est appliquée de manière inégalitaire à nos dépens. Mon expérience devrait pour le moins remettre sérieusement en cause la compétence juridique douteuse du FBI sur les terres indiennes.

La phrase de la Commission était une citation de la formule employée par le futur ex-Procureur fédéral Drew Wrigley, qui apparemment espère conquérir le poste de gouverneur du Dakota du Nord à la tête de la cavalerie du FBI.
Ce faisant, il marche sur les traces de William Janklow, qui a construit  sa carrière politique sur sa réputation de chasseur d’Indiens, passant du poste de procureur tribal (et violeur présumé d'une mineure indigène) à celui de Procureur général de l'État, puis de gouverneur  du Dakota du Sud et de membre du Congrès. Certains se souviendront que Janklow avait revendiqué  la responsabilité d’avoir dissuadé Président Clinton de m’accorder le pardon avant d’être reconnu coupable d’homicide (et démis de sa charge au Congrès). Le prédécesseur historique de Janklow, George Armstrong Custer, espérait de même qu’un massacre glorieux de Sioux le propulserait à la Maison Blanche, et nous savons tous ce qui lui est arrivé.

Contrairement aux barbares qui réclament mon sang dans les couloirs du pouvoir, les peuples premiers sont de vrais humanitaires : nous prions pour nos ennemis. Mais nous devons être assez réalistes pour nous organiser afin de gagner notre propre liberté et l'égalité en tant que nations. Nous constituons 5% de la population du Dakota du Nord et 10% de celle du Dakota du Sud et nous pourrions utiliser cette influence pour promouvoir notre propre pouvoir sur les réserves, où nous devrions nous concentrer. Si nous étions organisés comme un bloc électoral, nous pourrions défaire la base même de la compétition entre Dakotas pour savoir qui est le plus raciste. Dans les années 1970 nous avons été obligés de prendre les armes pour affirmer notre droit à la survie et l'auto-défense, mais aujourd'hui, la guerre n’est qu’une idée parmi d’autres. Il nous faut maintenant résister à l'oppression et la colonisation armées avec nos corps et nos esprits. Le droit international est de notre côté.

Compte tenu du profil de ces trois détenus fédéraux mis en liberté conditionnelle récemment, il pourrait sembler que mon plus grand crime est d’être un Indien. Mais la vérité est que mon plus grave crime est d’être innocent. En Iran, les prisonniers politiques sont parfois libérés s'ils s’avouent coupables des accusations ridicules pour lesquelles ils sont traînés en justice, afin de les discréditer et de les intimider, eux et les citoyens qui pensent comme eux.

Le FBI et ses commis ont suggéré la même chose, tout comme la Commission des mises en liberté conditionnelle, lorsqu’elle a décidé en 1993 que mon refus d'avouer motivait son refus de libération conditionnelle.


"Obama ! Le changement et l'espoir, pour les Indiens américains, commence par la liberté de Leonard Peltier" (Manifestation de l'AIM, American Indian Movement)

 

Se proclamer innocent,  c’est suggérer que le gouvernement a tort, si ce n’est qu’il est lui-même coupable. Le système judiciaire usaméricain est configuré de telle sorte que l’accusé n'est pas condamné pour le crime lui-même, mais pour avoir refusé d'accepter un quelconque plaidoyer de marchandage (reconnaissance préalable de culpabilité) et pour avoir osé contraindre le système judiciaire à lui reconnaître le droit de rejeter les charges retenues contre lui dans un procès. Une telle insolence est invariablement punie par des réquisitions du ministère public en faveur de peines maximales, quand il n’exclut pas carrément l’échelle de peines proposées par le tribunal dans ses directives, ainsi que toute possibilité de mise en liberté conditionnelle.

Pour autant que les non-autochtones détestent les Indiens, nous sommes tous dans le même bateau.

Tenter de copier ce système au sein de l’administration tribale est pitoyable, pour le moins.

Ce n'est que cette année, dans l’affaire Troy Davis, que la Cour suprême a reconnu la proclamation d’innocence comme un moyen de défense juridique légitime. Comme les témoins qui ont été contraints de témoigner contre moi, ceux qui ont témoigné contre Davis ont renoncé à leurs déclarations, et pourtant Davis a frôlé la mise à mort. J’aurais pu moi-être exécuté, si le gouvernement du Canada n’avait mis comme condition à mon extradition une renonciation à la peine de mort.

L'ordre ancien est bien représenté par le juge Antonin Scalia de la Cour suprême, qui a déclaré dans son avis dissident dans le cas Davis : " "Cette Cour n’a jamais considéré que la Constitution interdit l’exécution d’un accusé reconnu coupable qui a eu un procès complet et équitable mais a ensuite été en mesure de convaincre un tribunal d’habeas corpus  qu’il est « effectivement » innocent. Bien au contraire, nous avons à plusieurs reprises laissé la question sans réponse, tout en exprimant des doutes importants sur le fait qu’une quelconque proclamation d’ « innocence effective » alléguée puisse avoir valeur constitutionnelle. »

L’estimé sénateur du Dakota du Nord , Byron Dorgan, qui est actuellement le président de la Commission permanente du Sénat aux Affaires indiennes, a utilisé sensiblement le même raisonnement lorsqu’il a écrit que «notre système juridique a jugé Leonard Peltier coupable du crime dont  il était accusé. J'ai passé en revue les actes du procès, et je pense que le verdict était équitable et juste ».

Pour les autochtones, c'est une déclaration bizarre et incompréhensible tout comme l’est l’assertion que l'innocence et la culpabilité ne sont qu’un simple statut juridique, pas nécessairement ancré dans des faits matériels.

C'est un truisme de dire que tous les prisonniers politiques ont été reconnus coupables des crimes dont ils étaient accusés.

La vérité est que le gouvernement veut obtenir de moi une fausse confession dans le but de valider une opération qui était un coup monté plutôt bâclé, dont l’exposition publique pourrait ouvrir la porte à une enquête sur le rôle des USA dans la formation et l’équipement de milices de goons [Guardians of the Oglala Nation, milice mise en place par Dick Wilson président du conseil tribal de la réserve oglala-lakota de Pine Ridge dans le Dakota du Sud, en 1972 ; goon signifie aussi jaune, au sens de briseur de grève, NdT] pour éliminer le mouvement de base contre la dictature fantoche à Pine Ridge [le conseil tribunal corrompu de la réserve, NdT].

En Usamérique, il ne peut par définition pas y avoir de prisonniers politiques, mais seulement des gens dûment  jugés coupables par un tribunal légal. Il est jugé trop controversé ne serait-ce que d’envisager publiquement que le gouvernement fédéral pourrait fabriquer et supprimer des preuves pour provoquer la défaite de ceux qu’il considère comme ennemis politiques. Mais c'est un fait démontrable à chaque étape de mon affaire.

Je suis aujourd'hui  un prisonnier politique de Barack Obama, et j'espère et je prie pour qu’il adhère aux idéaux qui l’ont poussé à briguer la présidence.   Mais, comme Obama lui-même pourrait le reconnaître, si nous l'attendons pour résoudre nos problèmes, nous passerons à côté du message de sa campagne. C’est seulement en nous organisant dans nos propres communautés et en faisant pression sur ceux qui sont censés être nos dirigeants que nous pourrons susciter les changements dont nous avons tous un tel besoin.
 S'il vous plaît soutenez le
Leonard Peltier Defense Offense Committee dans notre effort pour amener le gouvernement des USA à respecter sa propre parole.

Je vous remercie, vous tous qui êtes restés à mes côtés pendant toutes ces années, mais nommer qui que ce soit en exclurait bien d’autres.

Nous ne devons jamais perdre l'espoir dans notre lutte pour la liberté.

Dans l'esprit de Crazy Horse,

Leonard Peltier

Leonard Peltier #89637-132
USP-Lewisburg
US Penitentiary
PO Box 1000
Lewisburg, PA 17837

Retour à la maison après le bain de bébé, (Huile, 2009), 24" X 15", par Leonard Peltier


Source : 09/11/09 STATEMENT FROM LEONARD PELTIER REGARDING DENIAL FOR HIS PAROLE

Article original publié le 11/9/2009

Sur l’auteur



Edité par T 34 - 15 Sep 2009 à 14:47
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Sep 2009 à 14:50
Plutôt être exploité, licencié,avoir ses bien saisi, être expulsé et abandonné à la rue sans couverture médicale que socialiste !
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Sep 2009 à 12:57
"Ils envoient uniquement des bombes, jamais de médicaments"
 

Afghanistan, cimetière des Empires (Truth Out)

 
Dahr JAMAIL

Le 7 septembre, l’ONG humanitaire suédoise Swedish Committee for Afghanistan a informé qu’une semaine auparavant des soldats US avaient mené un raid dans un de leurs hôpitaux. Selon le directeur de l’ONG, Anders Fange, des soldats ont frénétiquement traversé les salles à la recherche de combattants Taliban blessés.

Les soldats ont exigé que les responsables de l’hôpital les informent de tout patient qui arriverait et qui serait susceptible d’être un insurgé, après quoi les militaires décideraient si le patient pouvait être admis ou pas. Fange a qualifié l’incident de « non seulement une violation claire des principes humanitaires universellement admis sur l’inviolabilité des sites médicaux et du personnel soignant dans les zones de conflit, mais aussi une entorse aux accords entre civils et militaires » entre les ONG et les forces internationales.

Fange a dit que les soldats américains ont défoncé les portes et ligoté les visiteurs et le personnel hospitalier.

Mener des opérations dans des sites de soins en Afghanistan représente une violation directe de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit strictement toute attaque de véhicules de transport d’urgence et toute obstruction d’opérations médicales en temps de guerre.

La Lieut. Commandant Christine Sidenstricker, officier des relations publiques de la Marine US, a déclaré à l’agence de presse Associated Press « des telles plaintes sont rares ».

En fait, malgré les dires de Sidentricker, « de telles plaintes » sont courantes. Tout comme en Irak, là où se déroule une autre occupation. Une armée conventionnelle désespérée, lorsqu’elle commence à perdre contre une guérilla, a tendance à jeter le respect du droit international aux orties. C’est encore plus vraie lorsque l’occupation elle-même est une violation du droit international.

Marjorie Cohn, présidente de National Lawyers Guild et contributrice au site Truthout.org, est très claire sur le caractère illégal de l’invasion et de l’occupation de l’Afghanistan par les Etats-Unis (et bien sûr, par la France aussi – NdT).

« La charte de l’ONU a été ratifiée par les Etats-Unis et fait donc partie de la loi étatsunienne, » dit Cohn, qui enseigne à l’école de droit Thomas Jerfferson et a récemment coécrit le livre « Rules of Disengagement : The Politics and Honor of Military Dissent ». « Selon la charte, un pays ne peut recourir à la force armée contre un autre pays qu’en cas d’autodéfense ou lorsque le Conseil de Sécurité l’approuve. Aucune de ces conditions n’existaient lorsque les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan. Les Taliban ne nous ont pas attaqués le 11 septembre. Ce dont dix-neuf hommes, dont 15 de l’Arabie Saoudite, qui l’ont fait, et il n’y avait aucun risque d’attaque par l’Afghanistan contre les Etats-Unis ou tout autre pays membre de l’ONU. Le Conseil de Sécurité n’a pas autorisé les Etats-Unis ou tout autre pays à recourir à la force militaire contre l’Afghanistan. La guerre US en Afghanistan est illégale. »

Ainsi, l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan, de même que les massacres de civils afghans et les raids dans les hôpitaux constituent une violation du droit international et de la Constitution des Etats-Unis. Ceci est vrai aussi pour l’Irak.

Rappelons-nous le 8 novembre 2004, lorsque l’armée US a lancé l’assaut contre la ville Irakienne de Fallujah. Le premier endroit que les soldats US ont envahi et occupé fut l’hôpital de la ville. Là aussi, comme pour le cas récent en Afghanistan, les médecins, patients et visiteurs ont été ligotés et couchés au sol, généralement sur le ventre, avec des armes braquées sur eux.

Au cours de mes quatre premiers voyages en Irak, j’ai régulièrement rencontré du personnel hospitalier qui signalait des raids militaires US dans leurs établissements. Des soldats américains entraient régulièrement dans les hôpitaux à la recherche de résistants combattants blessés.

Des médecins de l’Hôpital General de Fallujah, et d’autres qui travaillaient dans différentes cliniques de la ville pendant les deux sièges de Fallujah par l’armée américaine en 2004, ont raconté comment les marines US ont bloqué l’accès à leurs services et comment les snipers US ont volontairement tiré sur leurs cliniques et ambulances.

« Les Marines ont dit qu’ils n’avaient pas fermé l’hôpital, mais en fait ils l’ont fait, » nous a raconté en mai 2004 le Dr Abdullah, chirurgien orthopédique à l’Hôpital General de Fallujah qui a accepté de nous parler à condition de changer son nom. « Ils ont fermé le pont qui nous relie à la ville et bloqué la route… la zone devant l’hôpital était remplie de soldats et de véhicules. »

Il a ajouté que ce fût ainsi que d’innombrables patients qui avaient désespérément besoins de soins ont été empêchés d’accéder à l’établissement. « Qui sait combien sont morts et que nous aurions pu sauver, » a-t-il dit. Il a aussi accusé les soldats de tirer sur les ambulances civiles, et de tirer aussi à proximité de la clinique où il travaillait. « Certains jours, nous ne pouvions pas sortir, ni même nous approcher des portes à cause des snipers, » a-t-il dit. « Ils tiraient sur l’entrée principale de la clinique ! »

Le Dr Abdullah a dit aussi que les snipers US ont visé et tué un des ambulanciers de la clinique qui travaillait pendant les combats.

Le Dr Ahmed, qui a aussi demandé que nous ne mentionnions que son prénom par peur de représailles de la part des militaires américains, a dit « les Américains ont tiré sur les lumières devant l’hôpital. Ils ont empêché les médecins d’accéder aux unités d’urgence, et nous nous sommes rapidement retrouvés à court de médicaments indispensables. » Il a aussi déclaré qu’à plusieurs reprises, les Marines ont volontairement empêché les médecins de quitter le bâtiment résidentiel, les empêchant ainsi de se rendre à l’hôpital pour traiter les patients.

« Ils entraient tout le temps, fouillaient les salles et se baladaient, » a dit le Dr Ahmed, tout en expliquant comment les troupes US entraient souvent dans l’hôpital à la recherche de résistants. Lui et le Dr Abdulla ont dit que les troupes US n’ont jamais offert de médicaments ou des fournitures à l’hôpital lorsqu’ils faisaient leurs incursions. Décrivant la situation dans d’autres hôpitaux, il a ajouté « la plupart des patients ont quitté l’hôpital parce qu’ils avaient peur. »

Le Dr Abdulla a fit qu’un de leurs ambulanciers à été tué par des snipers US alors qu’il tentait de ramasser les blessés autour d’une autre clinique à l’intérieur de la ville.

« Le problème majeur que nous avons rencontré a été les snipers américains, » a dit le Dr Rachid, qui travaillait dans une autre clinique du quartier Jumaria de Fallujah. « Nous les voyions sur le toit des immeubles prés du bureau du maire. »

Le Dr Rachid a raconté un autre incident où un sniper US a blessé un ambulancier à la jambe. L’ambulancier a survécu, mais un homme qui s’était porté à son secours fut abattu par un sniper et est mort sur la table d’opération après avoir été secouru à son tour par le Dr Rachid et d’autres. « C’était un volontaire qui aidait les ambulances à ramasser les blessés, » a dit le Dr Rachid avec tristesse.

Pendant notre visite à l’hôpital en mai 2004, deux ambulances garées sur le parking montraient des impacts de balles sur leurs pare-brises, tandis que d’autres présentaient des impacts sur les portières arrières et sur les côtés.

« Je me souviens une fois, nous avions envoyé une ambulance pour évacuer une famille bombardée par un avion, » a dit le Dr Abdulla qui continuait à évoquer les snipers US. « Ils ont tiré sur l’ambulance – un des membres de la famille a été tué, et trois autres ont été blessés par les tirs. »

Ni le Dr Abdulla ni le Dr Rachid ne connaissaient un exemple d’aide médicale apportée par les soldats américains à un hôpital ou une clinique. A ce sujet, le Dr Rachid a dit « ils envoient uniquement des bombes, jamais de médicaments. »

L’hôpital General de Chuwader à Sadr City nous a raconté des histoires similaires, comme d’autres hôpitaux à travers Bagdad.

Le Dr Abdul Ali, ancien chirurgien-chef à l’hôpital Al-Noman, a reconnu que les soldats US étaient entrés dans l’hôpital et avaient demandé des renseignements sur les résistants combattants. Il a dit « ma politique est de ne pas donner mes patients aux Américains. Je refuse de communiquer des informations sur mes patients. »

Lors de l’interview d’avril 2004, il a reconnu que ces incursions se produisaient régulièrement et interféraient avec les soins dispensés aux malades. Il a dit « Ca s’est passé il y a dix jours – ça s’est passé après que des gens ont commencé à arriver de Fallujah, même si la plupart étaient des enfants, des femmes et des vieux. »

Un médecin à l’hôpital Al-Kerkh, s’exprimant sous condition d’anonymat, a raconté l’expérience similaire d’un phénomène qui semble être répandu à travers tout le pays. « Nous entendons parler d’Américains qui enlèvent des Irakiens blessés dans les hôpitaux. Ils n’arrêtent pas de venir ici en demandant si nous avons des combattants blessés. »

Parlant du raid américain sur un hôpital en Afghanistan, le porte-parole des Nations Unies, Aleem Siddique, a dit qu’il ne connaissait pas les détails de cet incident en particulier, mais que le droit international exigeait que les militaires s’abstiennent de mener des opérations sur les sites médicaux.

« La règle est qu’un bâtiment médical n’est pas une zone de combat. Il est inacceptable qu’un site médical devienne une zone de combats. » a-t-il dit. « Le seule exception reconnue par les Conventions de Genève est lorsque des personnes sont en danger. »

« Il y a le serment d’Hippocrate, » a ajouté Fange, « si quelqu’un est blessé, malade ou nécessite des soins… si c’est un être humain, alors, selon le droit international, il doit être accueilli et traité convenablement. »

Ce sont là toutes des indications du déclin de l’Empire US. Un autre signe du désespoir américain en Afghanistan a été le bombardement de deux camions-citernes que les Taliban avaient capturé à l’OTAN. Des avions US ont bombardé les véhicules alors que des villageois récupéraient le carburant, et ont incinéré prés de 150 civils, selon les témoignages de villageois. (voir traduction par le Grand Soir d’un article du Guardian - NdT)

L’Empire des Etats-Unis suit le chemin de nombreux autres empires et conquérants qui ont trouvé la mort en Afghanistan. L’empire du milieu, l’empire Perse, Alexandre le Grand, les Séleucides, les Indo-grecs, les Turcs, Mongols, Britanniques et Soviétiques ont tous vu leurs ambitions se fracasser en Afghanistan.

A présent, l’Empire US avance à grande vitesse sur la même voie. Un article récent de Tom Englehardt nous fournit quelques indications :

- En 2002, il y avait 5200 soldats américains en Afghanistan. D’ici décembre 2009, ils seront 68000.

- Comparé à la même période de 2008, les attaques Taliban contre les forces de coalition par des Engins explosifs improvisés ont augmenté de 114 pour cent.

- Comparé à la même période de 2008, les morts parmi les forces de coalition dus aux engins explosifs improvisés ont été multipliés par 6.

- Les attaques taliban contre les forces de coalition au cours des cinq premiers mois de 2009, comparé à la même période l’année dernière, ont augmenté de 59 pour cent.

Gengis Kahn n’a pas réussi à occuper l’Afghanistan. Les Etats-Unis n’y arriveront pas non plus, surtout lorsque dans le désespoir d’une occupation illégale, ils persistent à ignorer le droit international, ainsi que leur propre Constitution.

Dahr Jamail

Article Original
http://www.truthout.org/091709R

Traduction VD pour Le Grand Soir

Dahr Jamail, an independent journalist, is the author of "The Will to Resist : Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan," (Haymarket Books, 2009), and "Beyond the Green Zone : Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq," (Haymarket Books, 2007). Jamail reported from occupied Iraq for nine months as well as from Lebanon, Syria, Jordan and Turkey over the last five years.

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Etats-Unis : malgré la crise, les budgets de l’espionnage augmentent

 

Jean-Guy ALLARD
 
Tandis que des dizaines de milliers de citoyens nord-américains dorment dans leur voiture ou sur les trottoirs en raison de l’impact dévastateur de la crise économique, l’appareil d’espionnage et d’ingérence des États-Unis atteint des proportions jamais connues dans l’histoire de ce pays.

En quinze ans, selon des chiffres officiels, les dépenses des 16 agences de renseignement des États-Unis sont passées de 26 millions de dollars (1994) à 75 millions, selon ce qu’a confirmé ce 16 septembre, en conférence de presse, le "tsar" du renseignement US, Dennis Blair.

Pis encore, le nombre de fonctionnaires employés dans ce gigantesque appareil d’infiltration, d’information, de désinformation et d’agression atteint maintenant les 200 000, sans compter la légion d’agents, d’informateurs, de collaborateurs que la machine impériale engraisse dans tous les coins du monde dans le but de maintenir sa domination.

Les États-Unis disposent du réseau d’espionnage le plus étendu de l’histoire, dont l’implication dans une longue succession de conspirations, d’enlèvements, d’assassinats et d’actes de terrorisme et de subversion est largement démontrée.

En chiffres absolus, Washington détient déjà depuis quelques décennies le record mondial de l’activité de renseignement, non seulement chez ses ennemis ou ennemis supposés mais jusque dans l’appareil gouvernemental et industriel des pays qui professent le plus grand servilisme et lui offrent le plus grand appui.

SANS INCLURE LA USAID ET SES SEMBLABLES

Le gigantesque dispositif de pénétration et de désinformation décrit par Dennis Blair ne comprend pas les filiales du Département d’État telles que l’Agence de développement international (USAID), qualifié d’agence pour la déstabilisation internationale, un mécanisme particulièrement actif en Amérique latine, en faveur des oligarchies pro-yankees.

Pendant ce temps, au Venezuela l’entité la plus puissante de la communauté du renseignement des États-Unis, la DNI est accusée de mener une campagne de propagande contre le gouvernement du président Chávez, tandis qu’à Madrid, le président bolivien Evo Morales dénonce que les États-Unis par le biais de la USAID, paie la campagne électorale de ses opposants.

En janvier dernier, le président Obama a choisi l’amiral à la retraite Dennis Blair comme chef de l’appareil de renseignement, responsable du briefing qu’il reçoit quotidiennement à ce chapitre.

Originaire de l’état du Maine (nord-est), Blair a été un compagnon d’études de Oliver North.

Alors qu’il était chef du Commandement du Pacifique, il s’est distingué pour avoir trompé le président Bill Clinton au moment de la crise au Timor oriental.

Le premier Tsar du renseignement yankee, nommé par George W. Bush, a été le criminel de guerre John Negroponte.

PENDANT QUE LE CHOMAGE BAT DE NOUVEAUX RECORDS

Les révélations de Blair sur le budget astronomique de la communauté du renseignement surprendront sûrement les contribuables qui se trouvent actuellement étouffés par la crise économique la plus dure depuis les années 30.

L’ex-amiral a émis ses observations sur le gouffre financier qu’il dirige le jour même où l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a annoncé que les États-Unis se trouvent parmi les pays industrialisés avec les données sur l’emploi les plus alarmantes, une situation qui s’aggravera et affectera les groupes les plus vulnérables : les jeunes, les immigrants et les femmes.

Selon toutes les études récentes sur l’état de l’économie US, la majorité des nord-américains se sentent étouffés par leurs loyers et hypothèques, sans parler des impôts, et paniqués face à la perspective de perdre leur emploi, comme tant l’ont perdu, et, par conséquent, leurs biens acquis à crédit.

Jean-Guy Allard



Edité par T 34 - 30 Sep 2009 à 14:34
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Le risque de mourrir en passant la frontière des Etats-Unis a augmentée de 17 fois durant les 10 dernières années.

MEXICO, 24 (ANSA).— José Luis Soberanes, titulaier de la Commission Nationale des Droits Humains, informe que le risque de mourir à la frontière sud des Etats-Unis a augmentée de 17 fois depuis 1998. 

Un migrant meure tout les 24 heures en moyenne.
 
Durant les derniers 15 ans plus de 5600 mexicains sont mort sur la frontière sud des Etats-Unis.
 
La patrouille frontière a rapportée durant les premiers neuf mois de cette année une augmentation des morts comparé à la même période de 2008.

Bien que le fluxmigratoire du Mexique vers les Etats-Unis se réduit la moyenne des morts à la frontière continue d'être de plus d'un par jour.

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Des militaires répriment au G20
 

L’Etat policier en action à Pittsburgh pendant le G20

28 septembre par Sophie Perchellet

 
A l’instar des derniers sommets de chefs d’Etat comme celui de l’OTAN à
Strasbourg en avril 2009, Pittsburgh qui accueillait le G20 fût sous
haute surveillance. Prétextant une possible attaque terroriste, le
quartier ou les grands dirigeants de ce monde se sont rassemblés est
totalement bouclé par les forces de l’ordre. Les commerces et les écoles
sont fermés par mesure de sécurité. La ville ressemble à une ville
fantôme ou personne ne rentre sans autorisation. Les points d’accès
(pont et routes) sont barrés par les forces de l’ordre et le ciel est
surveillé par des avions militaires et des hélicoptères. Durant tout le
sommet, des bruits de sirènes se font entendre jour et nuit. Pour
l’occasion, 18 millions de dollars seront dépensés pour que 4 000
policiers fédéraux[1] se joignent aux 900 policiers de
Pittsburgh. Ceux-ci largement équipés ressemblent au célèbre « Robocop »
hollywoodien. Aucun acte terroriste n’étant survenu, les forces de
l’ordre ont vite trouvé comment s’occuper et cela dès le jeudi ou la
première manifestation débute.

Un groupe de manifestants décide de se rassembler pour protester malgré
l’interdiction émise par la ville et se rejoignent dans un parc. Se
décrivant eux même comme des anarchistes, le porte parole du collectif
« résistance au G20 » Noah Williams déclarera que « l’on n’a pas besoin
de demander l’autorisation des gens au pouvoir pour manifester. On ne va
pas mendier auprès de ceux qui ont le pouvoir. On se fabrique notre
propre pouvoir ». Peu de temps après le début du rassemblement, des
véhicules militarisés annoncent l’illégalité de ce rassemblement et
demandent aux manifestants de se disperser. Ceux-ci n’obéissant pas, ils
seront dès lors attaqués et lorsqu’il s’agit de remettre de l’ordre, les
forces de police n’y vont pas de main morte. Comme on a pu le voir sur
de nombreuses vidéos disponibles sur internet ou reprises par les médias
traditionnels, le maintien de l’ordre se fera à l’aide d’armes dites non
létales, si chères à la défense étasunienne. Du gaz lacrymogène, du gaz
au poivre ou encore des canons à ultra son, tout est bon pour disperser
la foule et tous ces moyens seront utilisés[2].

Le soir, un autre rassemblement spontané aura lieu sur le campus de
l’université de Pittsburgh. Les manifestants sont surtout des étudiants
et de petits groupes de contestataires les rejoindront. Seulement cette
fois, les forces de l’ordre seront « moins cool » que le jour.

Déclarant encore une fois ce rassemblement illégal, les forces de
l’ordre vont cette fois s’en prendre à toutes les personnes ayant le
malheur d’être là en les aspergeant de gaz lacrymogène ou de gaz au
poivre. Peu importe s’ils sont là pour la manif ou bien juste de
passage, tout le monde sera mis dans le même sac ! Une vidéo montrant
des étudiants pris au piège par les forces de l’ordre dans les escaliers
d’un immeuble est mise en ligne sur Youtube[3]. On y voit que
la police ou plutôt la police militarisée les maintient dans les
escaliers alors même qu’ils les aspergent de gaz. Dans la rue,
l’ambiance s’échauffe. Dans un même temps un peu plus loin, des vitrines
de commerces ou de banques volent en éclat et 42 arrestations seront
faites. Le maire de ville en campagne pour sa réélection, Luke
Ravenstahl déclarera qu’il est fier du travail effectué par ses
hommes[4].

Le vendredi fut le jour de la marche officielle autorisée par la ville.
Rassemblant environ 10 000 manifestants tout se passa dans le calme et
le cortège fut stoppé à quelques mètres de l’endroit où les chefs
d’Etats étaient rassemblés. Les manifestants ont différentes
revendications mais tous marchent dans le calme. Le collectif
« résistance au G20 » fera sa marche parallèlement au cortège principal
en manifestant lui contre les grandes multinationales tels Mc Donald’s,
Starbuck ….

Enfin, le vendredi soir, de nouvelles échauffourées éclatent entre les
forces de l’ordre et des manifestants près de l’hôtel Schenley. Environ
110 personnes seront arrêtées portant le nombre total d’arrestation aux
environ de 200 personnes pour toute la durée du Sommet.

Les forces de l’ordre ont tiré des « bean bags », des billes de plastique,
pour disperser une quarantaine de protestataires réunis sur une place
pour un « rassemblement contre la brutalité policière » organisé via le
site de microblogging Twitter. Plusieurs centaines d’étudiants étaient
sortis de leurs dortoirs situés à proximité pour regarder les incidents
et ont également reçu l’ordre d’évacuer les lieux. La police a utilisé
du gaz au poivre et un appareil acoustique émettant des sons
insupportables pour l’oreille afin d’obliger les étudiants à quitter la
place.

Ce sommet n’a laissé que très peu de place à la contestation dûment
réprimée. Nous retiendrons l’agressivité des forces de polices
étasuniennes lorsqu’il s’agit de maintenir des contestataires au silence
et leur inquiétante militarisation. Plusieurs représentants de
mouvements sociaux accusent la police d’avoir eu un comportement
disproportionné et ils ont raison. En traitant les manifestants comme
des criminels, la démocratie étasunienne a montré son vrai visage.

Des photos de ce sommet sont disponibles à l’adresse suivante :
http://www.wpxi.com/slideshow/news/21084216/detail.html

[1] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/09/23/g20-securite-renforcee-a-pittsburgh_1243914_3222.html

[2] http://www.wpxi.com/politics/21102456/detail.html

[3] http://www.youtube.com/watch?v=Ju2Uhdj8Dhc

[4] http://www.wpxi.com/politics/21120737/detail.html

 
Lors du dernier sommet du G20, à Pittsburgh, les 24 et 25 septembre 2009, certains manifestants ont pu échapper à la police grâce aux … nouvelles technologies. Selon la police, Elliot Madison, 41 ans, travailleur social à Manhattan, qui se décrit comme un “anarchiste”, écoutait les fréquences de la police grâce à des scanners, transmettait en direct ce qu’il entendait, sur des téléphones portables et via le site de microblogging Twitter. Informés, les manifestants pouvaient plus facilement éviter les charges de police et changer de rue au moment opportun.
Arrêté avec un complice, le 24 septembre, dans une chambre d’hôtel, à Pittsburgh, Madison est poursuivi pour entrave à la justice, utilisation illégale de moyens de communication et recel de matériel non autorisé. Son domicile a été perquisitionné par le FBI afin de trouver les preuves d’une “infraction aux lois fédérales sur les émeutes”. Une grande quantité de matériel a été saisie. Le suspect a démenti les faits qui lui sont reprochés.

Ils ont osé le faire

Formées pour être virées

La chaîne hôtelière américaine Hyatt Hotels a réservé une bien mauvaise surprise à une partie de ses employés travaillant dans ses trois établissements de la région de Boston. La direction locale de la chaîne a ainsi proposé à 98 femmes de chambre de former de nouvelles employées pendant quelques mois… Avant de les virer le 30 août dernier, une fois leur mission accomplie. Pour les dirigeants de la chaîne, l’opération est toute bénéfique : non seulement ils n’auront pas déboursé un centime pour la formation de ces nouvelles employées, mais surtout, ces remplaçantes, Géorgiennes, seront payées 8 dollars de l’heure, soit moitié moins que leurs prédécesseurs. Aveuglés par l’appât du profit, les dirigeants en ont sans doute oublié le fait qu’ils mettaient à la porte des femmes qui, ayant ainsi perdu leur métier mais aussi leur couverture retraite et santé, avaient toutes les raisons de protester. Après avoir interpellé les politiciens de Boston et organisé plusieurs manifestations, ces femmes ont mis dans l’embarras leur ancienne direction, qui s’est sentie obligée, le 22 septembre, de prolonger leurs contrats de travail jusqu’en décembre 2009. Leur combat ne s’arrêtera toutefois pas à cette maigre compensation. La campagne de boycott initiée contre la société Hyatt Hotels par des personnalités politiques de la région, à laquelle s’est rattachée jeudi dernier le gouverneur démocrate du Massachusetts, Deval Patrick, ne sera d’ailleurs levée que lorsqu’elles auront recouvert définitivement leurs emplois.

Samuel Lehoux



Edité par T 34 - 06 Oct 2009 à 00:04
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Oct 2009 à 15:02
31 ans dans le ventre de la bête
Veronza Bowers Jr.   

Veronza Bowers Jr. est détenu depuis plus de 36 ans dans une prison fédérale de Georgie, ce qui fait de lui le plus vieux prisonnier politique de l'histoire des Etats-Unis. Condamné à la suite d'une enquête douteuse pour le meurtre d'un garde-forestier, Veronza Bowers Jr. était surtout membre des Black Panthers à l'époque où le groupe était la cible de J. Edgar Hoover et du FBI. Aujourd'hui, il attend depuis cinq ans la libération conditionnelle à laquelle la loi lui donne droit, au-delà de trente ans de détention. Ci-dessous, la lettre que Veronza écrivit en 2004 et quelques informations plus récentes sur son cas.

 

 

J'envoie à chacun de vous mes plus chaleureuses salutations depuis le ventre de la bête où je me trouve depuis 31 ans.

Comme vous le savez, je suis un ancien membre du parti original des Black Panthers et même si les responsables du gouvernement affirment qu'il n'y a pas de prisonniers politiques dans les prisons de ce pays, c'est tout simplement faux. Ayant déjà « servi » pendant plus de trois décennies en détention continue dans une prison fédérale, je suis un des plus vieux prisonniers politiques détenus aux Etats-Unis d'Amérique. Nous sommes un certain nombre éparpillés dans différentes prisons mais ceci est une très longue histoire.

Imaginez ceci... si vous osez :

Après 30 ans de refus de liberté conditionnelle, malgré le fait que votre conduite a été exemplaire pendant plus de 20 ans et que vous avez depuis longtemps, répondu aux critères pour être mis en liberté conditionnelle, finalement la date de votre libération d'office est juste devant vous : le 7 avril 2004. Tout est prêt.

Votre fille, qui avait 5 ans quand vous avez été mis en prison et qui en a maintenant 36, vous a envoyé un ensemble de vêtements à la dernière mode afin que vous soyez convenablement habillé pour « marcher avec amour, au nom de la liberté » Accompagnée de trois de vos sœurs, elle a traversé tout le pays pour être là, aux portes de la prison et venir vous chercher. En fait, tous vos amis chers et des sympathisants seront devant la prison avec pour projet de se rassembler dans la maison d'un ami, à environ une heure de route, dans la nouvelle Cadillac rouge.

Une grande fête est prévue : un grand barbecue où votre marraine aura cuisiné des ailes de poulet épicées et un gâteau au fromage à la fraise. Un autre ami, originaire des îles Tonga, en accord avec ses traditions culturelles, aura fait rôtir sous terre plusieurs porcelets. D'autres amèneront toutes sortes de mets.

Il y aura des musiciens qui joueront du jazz et du blues, une piscine, etc., etc., etc. En un mot, un tas de gens attentionnés ont fait beaucoup d'efforts, sans mentionner les dépenses, pour vous accueillir dans leur nouveau monde bienveillant, loin des murs de la prison qui vous ont gardé dans de la glace depuis si longtemps. Ils sont là pour vous accueillir avec un amour et un soutien inconditionnels.

A l'intérieur de la prison, il y a eu une fête pour votre « retour à la maison », organisée par des amis, avec de la nourriture, de la musique et des conversations pleines d'émotions, de sincérité et avec des larmes dans les yeux et des rires. Tout le monde est venu vous souhaiter une nouvelle vie heureuse et prospère.

Vous avez donné à vos amis toutes vos possessions : montre, réveil, survêtements, shorts de course et chaussures de tennis, de handball, ceinture d'haltérophilie, vêtements et chaussures pour les visites, ravitaillement, poncho de pluie et manteau d'hiver. Les seules choses que vous avez gardées sont votre flûte en argent Shakuhachi de Taipeh et quelques livres.

Vous avez utilisé vos 300 minutes mensuelles d'appels téléphoniques car après le 6 avril, vous n'aurez plus à recourir au Bureau des Prisons. Vous avez fait votre tournée, serré des mains et serré dans vos bras tant d'hommes que vous ne reverrez probablement jamais. Vous avez même essayé de dire quelques mots d'encouragement et d'espoir autant aux jeunes hommes qu'aux plus vieux, que vous laisserez derrière vous dans des situations très désespérés.

Oui, le moment se rapproche où vous allez quitter le monde du béton et de l'acier, de l'instabilité et du danger constant, le pays des mort-vivants, et vous êtes très heureux et en même temps, très triste.

La dernière « chose officielle » qu'on vous a demandé de faire, vous l'avez faite. Le jour avant la date de leur libération, tous les prisonniers doivent faire « un tour de manège », c'est-à-dire que vous devez apporter un formulaire de contrôle à chaque chef de service pour qu'il y appose sa signature, afin que vous puissiez être dégagé de toutes obligations vis à vis de ce service. Tout est donc prêt et en bonne marche.

Après avoir fait tout ça, vous êtes assis dans le temazcal [bain de vapeur rituel et thérapeutique pratiqué par les peuples indigènes d’Amérique centrale et du Nord ; il en existe dans de nombreuses prisons US, NdE] avec vos deux meilleurs amis et vous profitez simplement de leur compagnie en SILENCE. Une annonce sonore dans le haut-parleur qui vous ordonne de « vous présenter immédiatement devant votre unité » rompt la quiétude. Vous savez que quelque chose ne va pas. Votre sixième sens – peut-être même le 7ème – vous avertit tout de suite de ce qui va se produire.

Alors que vous marchez en direction du bureau de votre conseiller, vous savez ce qu'il va vous dire, avant même qu'il le dise. Alors vous vous concentrez sur la seule chose qui vous a soutenu et vous a toujours sorti des plus durs moments – même lorsque des lames de couteau entaillaient votre chair, quand des balles volaient dans les airs essayant d'atteindre votre corps, quand vous appreniez la mort de votre chère maman et que les responsables ne vous autorisaient pas à vous rendre à ses funérailles alors qu'il ne vous restait que 7 mois avant la date de votre libération d'office – oui et surtout respirer doucement. « Vous ne sortirez pas demain. »

Vous le saviez déjà mais vous ne saviez pas pourquoi et donc vous respirez profondément, une grande inspiration, deux grandes inspirations. Un étrange silence emplit la pièce, et comme il est  totalement évident qu'une réaction est attendue de votre part, vous continuez juste à vous concentrer sur la respiration. « Pourquoi ? »

« Eh bien, tout ce que nous savons est que la Commission Nationale des Libérations Conditionnelles a appelé l'institution et a ordonné que vous ne soyez pas libéré demain. Le directeur est contrarié et il a passé la journée avec eux au téléphone pour essayer d'obtenir des éclaircissements. »

Voilà ! Un simple coup de téléphone d'un agent de la Commission Nationale à Chevy Chase dans le Maryland et tous vos projets de « marcher  avec amour, au nom de la liberté » sont annulés, effacés, nuls et non avenus jusqu'à nouvel ordre. Comment vous vous sentez ? Moi, pareil !

Depuis ce jour terrible, avec l'aide de quelques amis ici, j'ai rédigé, un très bon projet pour une requête d'urgence sur ma détention illégale au delà du 7 avril 2004, date de libération statutaire selon le décret 18 U.S.C. 4206 (d.).

J'ai essayé d'obtenir que le prestigieux cabinet d'avocats Willie E. Gary s'occupe de mon affaire. A ce jour, je ne sais pas si ce cabinet va prendre mon dossier.

Le 2 mai, au parloir, j'ai rencontré  l’avocate Gilda Sherrod-Ali de Washington D.C. et je lui ai présenté l'ébauche de ma motion 2241. Nous en avons parlé longuement et nous avons convenu qu'elle la déposerait au Tribunal Fédéral d'Ocala en Floride.

Elle passera devant le Juge Hodges, le même juge qui a refusé et écarté ma dernière action contre la  Commission de Libération conditionnelle. Ma situation est aujourd'hui telle que je suis détenu en prison ILLEGALEMENT depuis le 7 avril 2004, date de ma libération d'office.

Voilà, c'est à peu près tout ce que je peux vous dire de ce côté de l'enfer, mes amis.
Je veux vous remercier de tout mon cœur, de tout mon amour, pour l'attention et le soutien que vous m'avez apportés.

Je sais que, dans le passé, à chaque fois que nous avons lancé un appel à une contribution financière pour couvrir les frais d'avocat, vous n'avez pas hésité. Je dois vous le demander à nouveau. Il y aura une dernière tournée et malheureusement il n'y a pas autant d'avocats qu'il pouvait y avoir dans les années 60. Ainsi, je vous suis reconnaissant pour tous les dons que vous pourriez m'accorder pour financer ma défense.

Je reste moralement fort et j'espère un meilleur avenir pour nous tous.

 

Vous pouvez écrire à Veronza Bowers Jr:
Veronza Bowers, Jr.
#35316-136
U.S. Penitentiary - Atlanta
P.O. Box 150160
Atlanta, GA 30315
USA

Actualisation: 

De bonnes nouvelles de Beronza

Chers amis et famille de Veronza,

Ça va peut-être enfin se produire !

Je vous écris pour vous informer sur l'affaire Veronza, actuellement devant le Juge du Tribunal Fédéral d'Atlanta, M. Charles Moye, qui décidera s'il va adopter le rapport et recommandation du magistrat, Mme Susan Cole. Elle a délivré un rapport et une recommandation appelant à la libération de prison de Veronza, une victoire éclatante dans sa lutte pour la libération conditionnelle. Nous espérons une décision favorable du Juge Moye, qui peut être annoncée à tout moment. Si le tribunal ordonne la libération de Veronza, le gouvernement a l'option de faire appel. S'il y a appel, il est possible que Veronza soit libéré sous caution tant que l'appel est en instance.

L'équipe juridique travaille dur pour préparer des « déclarations » qui seront présentées devant le tribunal si le rapport et recommandations du magistrat sont adoptés. Ces déclarations sont destinées à établir l'éligibilité et les qualifications de Veronza pour une libération sous caution. L'équipe juridique pense que la décision du Juge Moye peut dépendre de la présentation par Veronza de ses ressources financières et du soutien qui devront être suffisants pour qu'il puisse s'adapter avec succès à la vie à l'extérieur des murs de la prison.

C'est pour cette raison que nous vous demandons, encore une fois, votre aide, en espérant que ce sera la dernière fois !

Merci de bien vouloir envisager de contribuer au financement que nous avons fixé pour aider Veronza durant cette transition critique. Toute contribution, peu importe son montant, sera appréciée et aidera à garantir au juge que Veronza ne sera pas une charge et sera, en fin de compte, capable de se tenir debout tout seul. Comme par le passé, chaque cent sera utilisé à 100 % pour le compte de Veronza et exclusivement pour aider à sa réinsertion dans la société.

C'est un moment important, aussi nous vous remercions de bien vouloir envoyer vos promesses de dons et vos dons au « Fonds pour la défense juridique de Veronza Bowers, Jr» à l'adresse suivante :

Maynard Garfield, 2500 Barton Creek Blvd., Apt. 1509, Austin, TX 78735

Justice sera rendue quand ceux que le système n'a pas violés seront aussi révoltés que ceux que le système a violés!

Veuillez agréer mes sincères salutations


Maynard Garfield

 

Source: Tlaxcala

Plus d'infos: Tlaxcala



Edité par T 34 - 02 Oct 2009 à 15:03
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Un film accablant sur les tortures made in USA

La documentariste Marie-Monique Robin décrypte les mécanismes dont se sont dotés l’administration Bush et le Pentagone pour obtenir des aveux des personnes arrêtées sur les champs de bataille afghan et irakien ou soupçonnées de terrorisme.

Lorsqu’en avril 2004, éclate l’horreur de la prison d’Abou Ghraib en Irak, l’administration Bush se défausse sur des « brebis galeuses ». Cinq ans plus tard, les mémos de l’équipe républicaine rendus publics par le département américain de la Justice démontrent que Washington a érigé la torture en système d’État, l’utilisant massivement et systématiquement en Irak, en Afghanistan ou à Guantanamo. Comment a été mise au point cette politique décidée en haut lieu ? C’est ce que décrypte la réalisatrice Marie-Monique Robin dans son dernier documentaire Torture made in USA.

le témoignage du général ricardo sanchez

Sur la base des archives des auditions devant le Congrès, conduites entre 2004 et 2008, notamment par la commission des forces armées du Sénat, des témoignages et des entretiens avec des acteurs clés, comme le général Ricardo Sanchez, l’ancien chef des forces de la coalition en Irak, ou Michael Scheuer, concepteur du programme « extraordinary renditions » (restitutions extraordinaires) à la CIA, la journaliste livre un documentaire d’investigation décortiquant le processus qui a conduit les États-Unis à « huit ans d’illégalité ».

Ce que l’administration Bush savait pertinemment et qu’elle a cherché à contourner avec les moyens que lui permettait sa toute-puissance. La seule conscience qui l’animait a été de se protéger des poursuites judiciaires, ce à quoi l’exposait la violation des lois internationales. Aussi, dès le lendemain des attentats du 11 septembre 2001, le vice-président, Dick Cheney, pilote-t-il un programme secret destiné à légaliser la torture, bafouant la convention de Genève mais aussi la convention contre la torture (signée par les États-Unis) et des lois américaines comme le War Crimes Act de 1996. Ces dernières prévoient la peine capitale ou la détention à vie pour ceux qui utilisent la torture. L’équipe Bush fait appel à des juristes, proches de Cheney et de Rumsfeld, alors secrétaire à la Défense, pour tordre le cou aux textes légaux et « justifier » les pires sévices qui ont conduit des détenus à la mort. Bush et ses collaborateurs peuvent-ils être aujourd’hui poursuivis pour « crimes de guerre » ? Le documentaire se termine sur cette interrogation qui en appelle bien d’autres. Si durant l’ère Bush, a été poussé au paroxysme le concept de la lutte contre le terrorisme et la défense des intérêts américains, qu’en a-t-il été des administrations précédentes et qu’en sera-t-il des suivantes ?

une dérive entamée déjà durant l’ère clinton

Lors de son audition devant la commission, Michael Scheuer prend un malin plaisir à rappeler que, dès 1995, Clinton fait pratiquer ces « restitutions extraordinaires », c’est-à-dire l’enlèvement de personnes suspectes dans n’importe quel coin du monde et leur transfert dans des prisons secrètes. Elles deviennent des « détenus fantômes ». De quelle marge de manœuvre dispose Obama, qui avait promis de faire justice aux auteurs de cette « conspiration criminelle », selon les termes de Michael Ratner, président du Centre pour les droits constitutionnels ? Il faudrait alors se pencher sur l’attitude plus que discrète du Congrès à majorité démocrate. Ses deux responsables (Chambre et Sénat), briefés confidentiellement sur l’adoption de ces « techniques d’interrogation renforcées » en 2002, n’avaient alors rien trouvé à redire. Nancy Pelosi (aujourd’hui speaker de la Chambre) affirme qu’on lui avait seulement indiqué que ces méthodes étaient légales, non qu’elles seraient utilisées !

Dominique Bari

La méthode Bush a la vie dure

Obama a garanti l’impunité aux agents de la CIA. Pis, les « traitements d’exception » resteraient la règle en certains lieux comme sur la base de Bagram en Afghanistan

Barack Obama éprouve les plus grandes peines à refermer totalement la sordide page de l’utilisation de la torture ouverte par l’administration Bush. Il a certes permis la publication des fameux « mémos secrets de la CIA » (le mode d’emploi fourni par l’agence pour la pratique des interrogatoires les plus poussés (l’Humanité du 18 avril 2009). Il a bien assuré que les mauvais traitements étaient « indignes », qu’ils devaient cesser. Et il s’est prononcé pour la fermeture de Guantanamo. Mais les changements spectaculaires annoncés se font attendre. Pis, certaines des « méthodes » semblent avoir la vie dure. La date de disparition de la célèbre prison implantée sur le territoire cubain ne cesse ainsi d’être reportée. Et si le recours aux « traitements d’exception » semble y avoir effectivement disparu, « ils se poursuivent sur la base de Bagram, en Afghanistan  », relèvent plusieurs ONG comme Amnesty International France. De plus, la publication du catalogue noir des exactions pratiquées par la CIA a été assortie d’une garantie formelle de l’actuel locataire de la Maison-Blanche à leurs acteurs qu’ils ne seraient pas poursuivis. Aux États-Unis, plusieurs associations ont réagi contre cette impunité accordée aux tortionnaires en lançant une pétition demandant l’ouverture de procès contre les donneurs d’ordres. Mais leur requête reste bloquée. Comme le fut, en son temps au Congrès, la procédure d’impeachment requise contre les tortionnaires en chef, George W. Bush et Dick Cheney, par l’association Center for Constitutional Rights (Centre pour la défense des droits constitutionnels, membre de la Fidh) et quelques députés de la gauche du Parti démocrate.

BRUNO ODENT



Edité par T 34 - 14 Oct 2009 à 18:28
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L'effarant bréviaire de torture de la CIA
New York Times   

Les promesses de transparence de Barack Obama permettent de révéler peu à peu une partie des sombres dessous du règne de George W. Bush, notamment ceux relatifs au fonctionnement de la CIA. Fin juillet, le gouvernement US a “déclassifié” un certain nombre de documents concernant les abus dans les prisons secrètes de l’agence à l’étranger, et le procureur général des Etats-Unis, Eric H. Holder Jr, a chargé un procureur fédéral d’une enquête sur un rapport de 2004 de l’inspecteur général de la CIA qui mentionnait des mauvais traitements et plusieurs morts de détenus.

Ces mesures ont déclenché la fureur des Républicains, emmenés par l’ancienne éminence grise de Bush, Dick Cheney, qui a déclaré qu’elles mettaient en péril la sécurité de la nation. Leur emboîtant le pas, la CIA a refusé de rendre publiques des centaines de pages d’enregistrements intérieurs d’interrogatoires et de conditions d’existence des prisonniers.

Dans sa déclaration de 32 pages au tribunal fédéral de New York, l’agence écrit : “Rendre publiques les procédures d’interrogatoire risque d’amoindrir la capacité du gouvernement US de questionner efficacement les prisonniers terroristes et d’en obtenir l’information nécessaire à la protection du peuple américain. Ces méthodes font partie intégrante du programme d’interrogation du gouvernement et sont donc considérées comme top-secrètes.”

 

Le mode d'emploi de la technique, comme dans un manuel de bricolage: le sujet est attaché. On lui applique sur le visage un tissu imbibé d'eau. La respiration devient difficile, le sujet est asphyxié, il a l'impression de se noyer.

 

On comprend les réticences de la CIA, quand on prend connaissance des quelques documents déjà rendus publics. Ils ont de quoi provoquer un choc.
Sans doute est-il d’usage, dans l’univers carcéral, de réglementer le traitement des détenus, et aucun gouvernement ne néglige la torture comme moyen d’information.

Mais les documents de la CIA sont effarants par la minutie avec laquelle est détaillée l’exercice de la cruauté. Les fonctionnaires américains de la douleur avaient méticuleusement élaboré un manuel de son application qui évoque la tatillonne bureaucratie de Kafka. Tout y était prévu, à la virgule, à la seconde près. Le degré de souffrance à infliger, ce qu’un être humain peur endurer, les limites à ne pas franchir, les contrôles à effectuer.
A partir de sa capture, un suspect de terrorisme important, appelé “détenu de haute va-leur”, était intégré à un programme précis. Amené en couches de bébé au “site noir”, il se voyait raser la tête et le visage et mis à nu pour être photographié. Puis commençait un régime de suppression de sommeil et d’alimentation limitée.

Sa cellule devait être éclairée par deux ampoules fluorescentes de 17 watts, pas une de plus, pas une de moins. Un bruitage musical était constant, mais ne devait jamais excéder 79 décibels. Le prisonnier pouvait être douché par de l’eau à 5 degrés, mais seulement pendant 20 minutes par séance. Sa nourriture était fixée à 1.500 calories par jour. On pouvait l’enfermer nu dans une boîte pendant huit heures si la boîte était grande, deux heures si la boîte était petite. Le temps écoulé, il avait le droit de se rhabiller. Rapidement.

L’interrogatoire (baptisé “technique d’interrogation perfectionnée”) allait de “la gifle pour capter l’attention” jusqu’aux procédés brutaux du wall-slamming (fracasser contre le mur) ou du waterboarding. Pour ce dernier (voir le dessin en p. 2), la CIA exigeait des rapports circonstanciés. “De manière à fonder correctement les futures recommandations et prescriptions médicales, il est important que chaque application du waterboard soit minutieusement documentée” figurait dans le bréviaire de l’interrogateur. Il fallait enregistrer la durée exacte de l’application, combien d’eau avait été utilisée (en tenant compte des éclaboussures) et comment elle avait été ingurgitée, si la victime avait été correctement baillonnée et si ses conduits naso-pharyngiens avaient été bouchés, la quantité et la nature de l’eau ou de la matière rejetée (vomie), la durée des intervalles entre chaque séance, et l’aspect du détenu durant ces intervalles. Selon une directive de 2004, le waterboarding ne devait pas dépasser deux sessions de deux heures chacune par jour, en présence d’un médecin et d’un psychologue. La torture était scientifiquement prescrite avec la précision d’un laboratoire.

Il semble que ces procédés aient été désormais interdits par Obama. Pas tellement par humanité, plutôt parce que de nombreux spécialistes ont démontré qu’ils ne servaient à rien. Les informations extorquées par la violence sont souvent fausses, parce qu’arrachées à des sujets à bout de forces qui disent n’importe quoi. Il n’en reste pas moins qu’ils ont existé et passablement terni la pure image des USA. De plus, les prisons secrètes n’ont pas disparu, même si Guantanamo a du plomb dans l’aile, et il y fort à parier que les durs de l’inquisition anti-terroriste n’abandonneront pas de sitôt le principe des “interrogations perfectionnées”.
D’après le New York Times des 27 juillet et du 3 août 2009.

Source: B. I. n° 147, octobre 2009.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Oct 2009 à 19:12
 
Selon un nouveau rapport, le nombre de sans-abri dormant dans les abris de New York a atteint 39 000 — beaucoup d’entre eux sont des enfants.

Mary Brosnahan, le directeur exécutif de longue date de la Coalition for the Homeless a utilisé les propres données de la ville et dit que les sans-abris ont augmentés considérablement au cours des cinq dernières années et est actuellement à un haut niveau. À la fin de septembre, 10 494 familles sans foyer ont vécu dans les abris, en incluant 16 615 enfants sans foyer.

“Que cela signifie pour ces enfants et leur avenir ? Qu’ils passent une quantité substantielle de leur enfance… dans un abri sans foyer ?” a demandé Bill de Blasio, le président du City Council General Welfare Committee..

Sources WCBSTV


Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières sur le pied de guerre. Si le peuple américain permet un jour aux banques privées de contrôler le devenir de leur monnaie, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, les banques et les compagnies qui fleuriront autour des banques priveront le peuple de tous ses biens jusqu’au jour où ses enfants se retrouveront sans toit sur la terre que leurs parents ont conquise.

Thomas Jefferson 1802



Edité par T 34 - 26 Jun 2010 à 14:20
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Oct 2009 à 14:23

La stupidité de la "tolérance zéro" : un garçon de six ans exclu de l’école pour y avoir apporté un couteau de poche multifonctions" (Alternet)

 

Allison Kilkenny
 
Les louveteaux, cinquième colonne d’Al Qaeda aux Etats-Unis ?

NEWARK, Delaware. – Trouver des témoins de moralité quand vous avez six ans n’est pas chose facile. Mais, au conseil de discipline de l’école, la semaine dernière, Zachary Christie était entouré de son entraîneur de karaté et du compagnon de sa mère, venus répondre de lui.

Le crime de Zachary ? Avoir apporté à l’école un petit objet qu’utilisent les louveteaux et qui peut servir de couteau, de fourchette et de cuillère . Il était si content d’être chez les scouts qu’il voulait l’utiliser pour manger son repas de midi. L’administration a jugé qu’il avait violé la politique de zéro-tolérance de l’école sur les armes et Zachary risque maintenant de passer 45 jours dans un centre pour jeunes délinquants du secteur. (tiré de : It’s a Fork, It’s a Spoon, It’s a … Weapon ? NYTimes.com)

Quelle leçon peut-on tirer de cet incident concernant la politique étrangère des Etats-Unis ? Beaucoup en réalité.

Quand une tragédie se produit dans ce pays, (par ex, des avions qui s’écrasent sur des tours ou deux jeunes gens qui tirent sur tout ce qui bouge dans leur école), les Américains réagissent systématiquement de cette façon :

1 – ils sont morts de trouille
2 – ils croient tout ce que raconte l’élu qui crie le plus fort
3 – ils en attribuent la responsabilité à un coupable désigné, bien pratique, mais souvent pas le véritable coupable
4 – ils adhèrent à une politique gouvernementale de l’émotionnel hyper-totalitaire.
5 – ils reprennent la liste depuis le début au drame suivant

Cette liste est valable pour l’hystérie qui a suivi le 11 sept. mais elle s’applique aussi à l’Amérique de l’après-Columbine.

La politique de la tolérance zéro a fait son apparition après la série de fusillades dans les lycées. Comme d’habitude, les écoles n’ont pas cherché à analyser sérieusement quel contexte scolaire (y compris en ce qui concerne les sectes hiérarchiques et la violence fréquente) inspire ces atrocités. Au lieu de cela, les écoles ont suivi toutes les étapes, de la 1 jusqu’à la 5, et préféré opter pour un état hyper-totalitaire à l’intérieur d’un état où les enfants sont tous considérés comme suspects, le petit Zachary Christie inclus.

Vraiment, le Delaware ? Ce petit de six ans va poignarder quelqu’un avec son petit couteau suisse ? Des politiques aussi intolérantes et réactionnaires détournent l’attention des véritables problèmes qui affectent l’école : les résultats faibles aux tests de connaissances, les réductions budgétaires, la violence, etc.

Dans "Going Postal", l’auteur, Mark Ames, s’intéresse au phénomène des fusillades dans les écoles et sur les lieux de travail aux US, mais au lieu d’en faire porter la responsabilité à ce qui saute aux yeux (mais faux), comme Marilyn Manson, Ames se livre à une analyse beaucoup plus approfondie.

Il explique que la violence moderne dans les écoles et sur les lieux de travail est apparue peu après la mise en place de la politique économique de Reagan (appelée "Reaganomics") dans les années 1980 quand le fossé entre les riches et les pauvres s’est creusé davantage, et que Reagan a fait tout ce qui était en son pouvoir pour aider ses amis, les patrons des grandes entreprises, en baisant les travailleurs. C’est ainsi que s’est développée une culture de l’entreprise où les Américains travaillent plus pour gagner moins d’argent. Ils n’ont pas la sécurité de l’emploi, sont submergés de dettes, et de temps en temps, il y en a un qui craque et qui mitraille ses collègues.

Ames affirme – de façon convaincante – que les massacres dans les bureaux et les cours d’écoles sont les rébellions d’esclaves des temps modernes. L’oppression et l’exploitation outrancières qui constituent la nature de l’hyper-capitalisme, la castration des syndicats, et les ravages produits sur les travailleurs, les quartiers, les communes et la société toute entière ont abouti à une culture de peur et de violence. Si "Bowling For Columbine" mettait en cause les armes, Ames, lui, accuse cette culture qui comporte des politiques réactionnaires, comme la tolérance zéro, qui font finalement souffrir des innocents comme Zachary alors que les véritables causes de notre société malade ne sont pas traitées.

Même si on ne croit pas à la théorie "c’est la faute à Reagan", la solution d’Ames de traiter le mal et pas simplement les symptômes, est suffisamment intéressante pour qu’on tente quelque peu de la mettre en œuvre. L’autre méthode, c’est-à-dire celle qui consiste actuellement à traiter les travailleurs et les élèves comme des suspects, est une excellente façon d’engendrer davantage de paranoïa, de peur et de violence.

Si les enfants n’étaient pas déjà prêts à craquer avant, une journée à subir les inspections des cartables, les contrôles au détecteur de métaux, et les fouilles de casiers ne peut que les inciter, au moins, à détester l’école, voire à entretenir le fantasme de liquider leurs oppresseurs.

Mais ce problème ne concerne pas seulement les écoles et les lieux de travail. C’est la société toute entière qui est malade, ce qui explique que bien que le budget militaire des Etats-Unis soit pratiquement aussi élevé que celui du reste du monde réuni et représente plus de 9 fois celui de la Chine, la population aux US est plus inquiète, plus parano que jamais.

Le monde entier est contre nous, nous dit-on. Le monde entier déteste notre liberté, et notre culture extraordinaire. La Chine veut nous passer devant. Tout le Moyen-Orient veut nous voir morts. Les Européens se moquent de nous, et pensent que nous sommes stupides. Les empereurs manchots sont en train de manigancer quelque chose. Le Canada est sur le point de nous attaquer.

Et puis, il y a l’Iran. Ne nous branchez surtout pas là-dessus.

Tant que les Américains ne décideront pas de se défaire de cette addiction à "La Liste", ce cycle d’irrationalité se poursuivra dans un avenir prévisible. Hélas, il ne semble pas que la population ou ses élus se rappellent les erreurs catastrophiques qui ont abouti à l’invasion de l’Irak parce qu’ils refont exactement la même chose avec l’Iran.

Vérifions "La Liste" :

Les Américains sont morts de trouille. Oui.

Ils croient ce que leur disent les élus qui braillent le plus (à savoir que l’Iran est une menace imminente pour l’Amérique). Oui.

Ils adhèrent à une politique gouvernementale de l’émotionnel hyper-totalitaire. D’après l’institut de sondage Pew, une forte majorité – 61% - de la population dit qu’il est plus important d’empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires, même si cela doit se traduire par des actions militaires. Oui.

La population, semble-t-il, n’attend qu’une fausse confrontation pour soutenir une offensive contre un pays de 65 millions d’habitants (dont plus des deux tiers sont âgés de moins de 30 ans). Ca fait peur.

Plutôt que de se pencher sérieusement sur le comportement agressif de leur pays impérialiste, les Américains s’empressent d’accuser les Iraniens de poursuivre leur programme nucléaire. Pourquoi n’en auraient ils pas le droit ? L’Iran a besoin d’électricité, et concernant sa défense, comment un pays est-il censé réagir quand un pays occidental psychotique a envahi le pays voisin il y a six ans ? En déposant les armes, ou en renforçant son système de défense ?

Il serait complètement suicidaire de la part des dirigeants iraniens de bombarder Israël ou un autre pays, car les Etats-Unis peuvent les réduire en miettes. Mais cette évidence n’est jamais évoquée.

Un autre sujet qui ne revient jamais sur le tapis, c’est qu’Israël détient des armes nucléaires. Et en abondance. Bien qu’il n’existe pas de statistiques officielles, Israël possèderait entre 60 et 400 armes thermonucléaires. Et donc l’Iran a des ennemis dangereux dans tous les coins.

S’il s’agissait de n’importe quel autre pays, les Etats-Unis les applaudiraient sans doute de vouloir défendre leurs frontières. Hélas, l’Iran fait partie de "l’Axe du Mal", et donc, nous faisons comme si Israël n’avait pas d’armes nucléaires (achetées avec l’argent du contribuable US) et que l’Iran n’avait aucun droit de protéger ses citoyens. En conséquence, la solution diplomatique ou la politique de l’endiguement sont considérées comme des notions gentilles et idéalistes mais le slogan : " bomb, bomb, bomb" (bombardons-les) ne cesse de noyer tout discours rationnel.

Zachary Christie ne doit pas être envoyé dans un centre pour jeunes délinquants. Ses parents devraient lui expliquer fermement que les couteaux ne sont pas des jouets. "La tolérance zéro" est une idée stupide, qu’on ait affaire à un enfant ou à une population de 65 millions de personnes. Montrer de la tolérance, c’est une bonne chose surtout quand on a affaire à des enfants, qui font des bêtises, certes, mais à qui on doit laisser leurs chances. Les écoles ne sont pas des camps d’entrainement disciplinaires et il faut montrer aux enfants qu’on les comprend et qu’on les aime, sinon, ils ne manifesteront pas de gentillesse vis-à-vis de leurs concitoyens une fois devenus adultes. Si on ne leur manifeste que de la cruauté et de l’intolérance, ils reproduiront alors ce schéma et quand ils seront grands, ils adhéreront au parti républicain.

De la même façon (mais à une bien plus grande échelle), les Etats-Unis ne doivent pas bombarder l’Iran. Il faut privilégier la solution diplomatique, et les Etats-Unis doivent cesser de jouer les gendarmes du monde. Tout le monde doit reprendre ses esprits parce que jusqu’à présent, mourir de trouille et bombarder la planète, cela ne nous a pas apporté la paix. Laissons une chance aux discours rationnels et à l’examen de conscience.

Allison Kilkenny
co-animatrice de Citizen Radio, une émission de radio de politique alternative.

Source :
The Stupidity of "Zero-Tolerance" : 6-Year-Old Suspended For Bringing Food Utensil to School
October 12, 2009.
http://www.alternet.org/blogs/peek/...

Traduction et notes annexes : Des bassines et du zèle http://blog.emceebeulogue.fr/ pour le Grand Soir

Notes annexes :

En savoir plus sur l’affaire Zachary Christie (en anglais)

http://www.huffingtonpost.com/dr-ti...

Cette histoire a fait le tour des Etats-Unis et un site de soutien à Zachary a été créé.
http://www.helpzachary.com/

Epilogue : finalement, le conseil d’administration de son district scolaire a voté à l’unanimité un amendement stipulant que les élèves les plus jeunes ne seraient pas envoyés dans des centres pour jeunes délinquants. Cette mesure s’appliquerait aux enfants qui sont en maternelle ou en CP.

Restent les autres, évidemment. Et dans d’autres districts scolaires du pays.

Quel gâchis ! Des adultes, à qui on confie les décisions sur l’éducation d’enfants de tous âges, qui ne savent traiter les problèmes qu’en distribuant des sanctions disproportionnées en appliquant à la lettre des textes stupides et démagogiques pondus par des réactionnaires.

Gâchis aussi parce que ces gens-là ont, finalement, et heureusement, été désavoués. Mais, comment pourront-ils ensuite être crédibles et respectés par des enfants à qui on a donné raison ?

Cela se passe aux Etats-Unis, certes, mais la politique qui est actuellement menée en France pourrait bien nous conduire à cela. Par certains côtés, on y est, d’ailleurs.

Autre lien :
Jeux pour apprendre aux enfants à vivre dans un état policier http://www.legrandsoir.info/Effraya...

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A chacun sa Globovisión. LOL

L'entourage d'Obama ne voit pas Fox News comme une chaîne d'information

De Ann Sanner (CP)

WASHINGTON — Les conseillers de la Maison Blanche ont promis dimanche que des responsables du gouvernement répondraient aux invitations de Fox News, alors que l'entourage du président Obama ne se prive pas pour présenter la chaîne conservatrice comme l'organe de propagande du Parti républicain et "une machine à faire de l'argent".

Fox News fonctionne "quasiment comme l'unité de recherche ou de communication du Parti républicain", avait lâché dimanche dernier la directrice de la communication de la Maison Blanche, Anita Dunn. Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison Blanche, en a rajouté ce dimanche en déclarant sur CNN que Fox News "n'est pas tant un média d'information que l'expression d'un point de vue".

Le mois dernier, quant Barack Obama a participé à cinq émissions dominicales, "Fox News Sunday" n'en était pas. Et, récemment, un billet publié sur un blog de la Maison Blanche accusait l'un des commentateurs de la chaîne, Glenn Beck, de mentir. Glenn Beck a accusé le président Obama de racisme et ne manque pas une occasion de le critiquer, comme son collègue Sean Hannity.

Face à ces critiques, le vice-président de Fox Michael Clemente a accusé la Maison Blanche de "déclarer la guerre à un média d'information". "La porte reste ouverte, et nous sommes prêts à avoir une discussion sur les faits au-delà des polémiques", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Dimanche, trois conseillers de Barack Obama sont venus défendre la position de la Maison Blanche sur divers sujets, dont l'Afghanistan, sur ABC, CBS, CNN et NBC, mais pas Fox.

Karl Rove, consultant sur Fox News et ancien conseiller du président républicain George W. Bush, accuse pour sa part l'administration Obama de vouloir diaboliser Fox News parce que la chaîne pose les questions qui dérangent. Et de tirer un parallèle dimanche sur "Fox News Sunday" avec le président Richard Nixon, qui plaçait les journalistes sur la "liste des ennemis".

L'un des principaux conseillers de M. Obama, David Axelrod, a promis dimanche sur la chaîne ABC que des responsables gouvernementaux viendraient parler sur Fox News... mais Fox News ne doit pas être considérée comme une chaîne d'information, a-t-il insisté. "Et surtout, les autres chaînes d'information, comme la vôtre, ne devraient pas la traiter comme telle", a-t-il ajouté, "et nous, nous ne la traiterons pas comme telle".



Edité par T 34 - 19 Oct 2009 à 15:58
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Après Hernando Carlos Ospina
 
Les USA attaquent un défenseur belge des Droits de l'Homme
Emmanuel Raison   


Lettre ouverte à l'Union Européenne et au gouvernement belge


Le Bureau International des Droits de l'Homme – Action Colombie, OIDHACO a le plaisir de s'adresser à l'Union Européenne et au gouvernement belge pour manifester sa préoccupation devant les faits ayant affecté le citoyen belge Paul-Emile Dupret. En effet, le 19 août de cette année, le vol Air France 438 Paris-Mexico, à bord duquel voyageait Paul-Emile Dupret, n'a pu traverser l'espace aérien des Etats-Unis, ce qui provoqua une déviation et un retard importants du vol. Monsieur Dupret fut informé par l'équipage qu'il se trouvait sur la « no fly list » du gouvernement des Etats-Unis, incluant des personnes susceptibles de commettre des «actes terroristes ».


Paul-Emile Dupret a travaillé durant des années en faveur des Droits des peuples, des Droits de l'Homme et de la démocratie, au sein d'organisations non gouvernementales et du Parlement Européen. Plus particulièrement, son parcours de travail sur la Colombie fait de lui un défenseur des Droits de l'Homme reconnu tant en Europe comme en Colombie.


Connaissant son travail et son parcours, nous ne doutons pas des qualités éthiques, morales et humaines de Paul-Emile Dupret. En l'incluant sur une « no fly list », le gouvernement des Etats-Unis commet un acte arbitraire qui viole son droit au respect de la réputation. Ce gouvernement, en ne donnant pas d'explications sur les raisons de sa décision, viole le droit de Paul-Emile Dupret à interjeter un recours pour se défendre. Tout paraît indiquer qu'il s'agit pour les Etats-Unis de punir un délit d'opinion et de sanctionner une personne ayant des positions politiques contraires à leurs intérêts.


Dans l'ambiance actuelle de stigmatisation généralisée des défenseurs des Droits de l'Homme en Colombie, nous sommes inquiets du fait que cette assignation ait un rapport avec le travail, réalisé par Mr Dupret, de dénonciation des violations des Droits de l'Homme commises dans ce pays.


Nous nous permettons de solliciter au Parlement Européen, à la Commission Européenne et au Conseil de l'UE qu'ils se positionnent face à ce cas, et qu'ils utilisent toutes les voies possibles pour faire valoir le principe de réciprocité en demandant aux Etats-Unis l'exclusion immédiate de Monsieur Dupret de cette liste ainsi que celle de tous les citoyens européens pour lesquels il n'existe aucun antécédent pénal qui puisse justifier un traitement de « personne dangereuse » pour la sécurité de  cet Etat.


De la même manière, nous nous permettons de solliciter à l'Etat belge qu'il protège les droits fondamentaux du citoyen belge Paul-Emile Dupret en accord avec sa Constitution et le Droit International inaliénable en Belgique et aux Etats-Unis d'Amérique. Son inclusion dans cette liste lèse son droit au respect de la réputation, l'affecte personnellement et professionnellement et le met en danger lorsqu'il doit sortir du territoire national et traverser les frontières de pays tiers.



Très cordialement,


Emmanuel Raison

Coordinateur du Bureau International des Droits de l'Homme – Action Colombie OIDHACO

 

COMMENT SOUTENIR CETTE ACTION?

 


Paul-Emile Dupret, avocat défenseur des droits humains, membre fondateur du Comité pour le respect des droits humains "Daniel Gillard" est victime d'une stigmatisation de la part du gouvernement des Etats-Unis. Récemment, il s'est vu refuser le survol du territoire des Etats-Unis car son nom est repris de manière abusive sur une "no flight list" réservée aux terroristes.

Sa longue trajectoire et son travail inlassable en faveur des droits humains sont largement connus au sein des mouvements sociaux, des peuples indigènes, des communautés paysannes et des organisations non gouvernementales de Colombie et d'Amérique latine.


Le Bureau International des Droits humains Action Colombie (OIDH-ACO) a rédigé une "lettre ouverte à l'Union européenne et au gouvernement belge" que nous vous demandons de bien vouloir soutenir en envoyant votre nom complet, le cas échéant l'organisation que vous représentez et votre adresse postale avant le 30 octobre à l'adresse: < = =text/> \n d.gillard@collectifs.net < = =text/> Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. < = =text/>

Un avion d’Air France de nouveau interdit de survol

États-Unis . Washington ordonne encore le détournement d’un appareil pour cause de présence à bord d’un militant progressiste.

Ce mardi 19 août, le vol de ligne Air France qui relie Paris à Mexico sans escale (vol AF438) a reçu des autorités des États-Unis une interdiction de survoler leur territoire, ce qui l’a obligé à contourner la Floride et le golfe du Mexique, prolongeant sa durée de vol de cinquante minutes. Motif de ce détour qui a coûté bien cher à la compagnie en combustible et aux passagers qui ont raté leur correspondance : la présence à bord de Paul-Émile Dupret, juriste belge, conseiller du groupe GUE-GVN du Parlement européen, militant altermondialiste et des droits de l’homme, qui se rendait a l’assemblée du Forum de Sao Paolo avec une délégation parlementaire.

C’est la deuxième fois que Washington décide d’une telle mesure. Il y a quelque mois, un autre appareil empruntant cet itinéraire a également été détourné de sa route habituelle à cause de la présence à son bord du journaliste colombien Hernando Calvo. Cette fois-là l’appareil, ne disposant pas du carburant nécessaire pour contourner les États-Unis, avait dû faire une escale dans les Caraïbes (lire notre édition du 27 avril 2009).

Paul-Émile Dupret a été informé par Air France qu’il ne pourra pas prendre le vol direct de retour du Mexique vers Paris et qu’il devra donc faire une escale dans un pays d’Amérique centrale. Selon le juriste, il existe entre son propre cas et celui de Hernando Calvo des similitudes intéressantes. Tous deux ont dénoncé par des voies pacifiques les politiques agressives de certaines transnationales des États-Unis dans le monde et les méthodes violentes utilisées par ce pays pour les imposer ; tous deux ont dénoncé le plan Colombie et la loi Helms-Burton ; tous deux ont salué, notamment par des articles dans le Monde diplomatique, le fait que surgissent des alternatives prometteuses dans des pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, entre autres…

Paul-Émile Dupret estime que les autorités US savent très bien qu’il n’est lié à aucune armée, qu’il ne fait pas de prosélytisme de la lutte armée et que, au contraire, il a toujours plaidé en faveur d’issues pacifiques aux conflits que connaissent des pays tels que la Colombie, la Palestine ou plus récemment le Honduras. Ce type de comportement mesquin des États-Unis qui prohibent une partie de leur territoire à plus de 10 000 mètres d’altitude, n’aura, souligne encore Paul-Émile Dupret, pas l’effet escompté d’intimider ceux et celles qui s’opposent aux agissements et aux privilèges des transnationales et à la militarisation néolibérale.

Au-delà du caractère hallucinant et liberticide de la décision de Washington et du flicage international que cela signifie, c’est la soumission de la France et de l’Union européenne à ce type d’agissements qui interpelle. Quand on sait combien de véritables tortionnaires de la CIA (voir notre article ci-dessus) ont pu voyager en toute quiétude et liberté sur le territoire européen.

Achile Bastien



Edité par T 34 - 21 Oct 2009 à 19:52
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1,4 billions, c’est le montant du déficit budgétaire des États Unis

 

Néstor Núñez

 
La nouvelle n’a pas fait les gros titres lorsqu’elle a été connue, le 16 octobre dernier. Le déficit budgétaire nord-américain a atteint le montant record de 1,4 billions de dollars pour l’année fiscale 2009 qui vient de se terminer. Le gigantesque trou ouvert dans les caisses du trésor public se doit principalement à la récession et à l’énormité des sommes versées par la Maison Blanche aux responsables de la crise globale pour leur sauver la mise.
 
Même si, en fin de compte, la quantité a été légèrement inférieure à celle qui avait été calculée par Washington en août dernier, cela représente tout de même presque 11% de la production réelle du pays qui, pour le moment, occupe la première position mondiale. C’est également, pour ce pays, le déficit le plus élevé de l’histoire depuis la seconde guerre mondiale.

Mais il y a plus : un autre article affirme que la confiance du consommateur nord-américain a chuté plus encore que ce qui était prévu, traduisant ainsi ses craintes que la mauvaise situation des finances personnelles, fortement touchées par la pire récession depuis des dizaines d’années, ne se prolonge encore longtemps. En fait, la morosité des acheteurs nord-américains atteint des niveaux jamais vus depuis plus de soixante ans.

Doit-on alors s’étonner que, de plus en plus, les autres nations recherchent et appliquent des méthodes qui permettent de ne plus dépendre de la monnaie d’un pays qui a sombré dans une aussi grave situation? Il faut voir le brouhaha causé à Wall Street, c'est-à-dire à l’endroit où précisément avait commencé la crise, lorsque le bruit a couru que des pays exportateurs de pétrole avaient l’intention de ne plus réaliser leurs opérations en dollars et d’utiliser d’autres monnaies plus stables.

Au moment même où les États-Unis ont informé de leur énorme déficit budgétaire, les pays qui forment l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, réunis dans la ville bolivienne de Cochabamba, ont signé l’acte de décès du billet vert pour ce qui est de leurs échanges commerciaux.

En effet, l’ALBA va bientôt utiliser pour son fonctionnement un Système Unique de Compensation Régional (SUCRE) qui sera le mode de paiement pour toutes les opérations de commerce extérieur entre les membres du bloc et qui permettra de rompre la dépendance de la monnaie nord-américaine.

Cette option permet d’échapper aux va-et-vient d’une monnaie peu fiable et dévaluée qui dépend d’une économie n’offrant aucune garantie de stabilité et de sérieux.

Le SUCRE va se convertir dans un proche futur en monnaie unique pour les pays de l’ALBA, de la même façon que fonctionne actuellement l’Euro pour les pays d’Europe.

Pour les pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes, cette décision est transcendantale : elle manifeste à la fois la réalité de l’indépendance économique de la zone et le renforcement de sa liberté politique en faisant disparaître le patron monétaire impérial de leurs vies.

Comme l’a dit Evo Morales au rendez-vous de Cochabamba, « là où se trouvent les États-Unis, ils nuisent toujours au développement de nos pays… ». Ce sont des diables dont il faut se séparer.

 



Edité par T 34 - 29 Oct 2009 à 19:36
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237 membres du Congres des Etats Unis sont millionnaires

Blog-Futur Rouge-



Une enquête menée par le Center for Responsive Politics a révélé que 237 membres du Congrès sont millionnaires, 44% des législateurs.Bien que seulement 1% des 300 millions d’Américains soient millionnaires au Congrès 44% des législateurs le sont, souligne l’enquête.

Le républicain de Californie Darrell Issa, est sans doute le plus riche, avec des actifs estimés à un peu plus de 250 $ millions.

Au moins sept ont une fortune de plus de 100 $ millions. Parmi eux se trouvent les sénateurs démocrate John Kerry, Jay Rockefeller, Herb Kohl et Frank Lautenberg.

Selon les chiffres officiels, dans ce pays plus de 40 millions de personnes vivent dans la pauvreté et un nombre similaire n’ont pas d’assurance santé.



Edité par AllXS - 11 Nov 2009 à 21:41
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Chroniques de l’anti-empire

La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

 
William BLUM
« Il est interdit de tuer ; par conséquent tous les assassins sont punis, à moins qu’ils ne tuent en grand nombre et au son des trompettes »
Voltaire

Question : avec combien de pays faut-il être en guerre pour ne plus pouvoir prétendre au Prix Nobel de la Paix ?

Réponse : Cinq. Barack Obama n’est en guerre que contre le Pakistan, l’Afghanistan, l’Irak et la Somalie. En attendant de recevoir le prix en mains propres, il a mis l’Iran en liste d’attente.

La société civile somalienne et l’appareil judiciaire sont tellement dévastés par des années de guerres qu’on ne s’attendrait pas à voir les Somaliens intenter un procès contre Washington et sa prétention de larguer des bombes sur ce misérable pays à chaque fois qu’il estime que les intérêts de l’empire sont en jeu. Mais un groupe de Pakistanais, qui se sont baptisés les « Avocats pour la Défense de la Constitution », qui se souviennent encore vaguement d’un passé plus civilisé pour leur pays, ont intenté un procés devant la Haute Cour pour obliger le gouvernement fédéral à faire cesser les innombrables attaques américaines par drones sur la population civile. Le groupe affirme qu’un porte-parole de l’armée pakistanaise avait déclaré qu’ils avaient les capacités d’abattre les drones, mais que le gouvernement avait fait le choix politique de laisser faire. (1)

L’administration Obama, comme l’administration Bush, se comporte comme si le monde n’était qu’une grande Somalie sans foi ni loi et les Etats-Unis le chef de guerre. Le 20 octobre, le président a encore une fois démontré son amour profond pour la paix en rendant hommage à la Maison Blanche à quelques 80 vétérans de la guerre au Vietnam, après avoir attribué à leur régiment une « citation présidentielle » pour « leur héroïsme extraordinaire et leur bravoure éclatante » (2) Le correspondant de guerre Michael Herr a rendu hommage aux soldats du Vietnam à sa manière. : « Nous avons repris rapidement le terrain, avec les grands moyens, dans le chaos et avec un maximum de brutalité. Notre machine de guerre était dévastatrice. Et versatile. Elle était capable de tout sauf de s’arrêter ». (3)

Que faudrait-il pour que les Obamaniaques se réveillent de leur transe amoureuse pour leur cher Lauréat du Prix Nobel ? Peut-être si le Président annonçait qu’il reverserait l’argent du Prix pour la construction d’un monument dédié à la Première – et oh combien grandiose – Guerre Mondiale ? Le monument pourrait être gravé ainsi :

« Souvenons-nous que Rudyard Kipling avait réussi à convaincre son jeune fils John de s’engager dans la guerre. John est mort au cours de son premier jour de combat. Plus tard, Kipling écrivait ceci :

« Si on demande pourquoi nous sommes morts,
dites que c’est parce que nos pères ont menti.. »

« La Constitution tient compte de ce que l’histoire de tous les gouvernements nous enseigne, à savoir que le pouvoir exécutif est le pouvoir le plus intéressé par la guerre, et le plus enclin à la faire. C’est pour cela qu’elle confie soigneusement la responsabilité de la guerre au pouvoir législatif. »
James Mason, dans une lettre à Thomas Jefferson, le 2 avril 1798.

Sage précaution, en effet. Cela dit, chaque président américain, l’un après l’autre, a entraîné le pays dans une guerre sanglante sans l’approbation du Congrès, du peuple américain, du droit international ou de l’opinion publique internationale. Des millions ont manifesté contre la guerre en Irak avant son déclenchement. Et encore plus de millions ont voté pour Barack Obama en croyant partager son dégoût pour les Guerres Sans Fin de l’Amérique. Ils n’avaient aucune raison concrète pour le croire – durant sa campagne, Obama a constamment réitéré des menaces guerrières contre l’Iran et l’Afghanistan – mais ils se sont accrochés à cette idée.

Si le machisme suffisait pour expliquer les guerres, si les hommes aimaient tellement faire la guerre et se battre, alors pourquoi faut-il instaurer un service militaire et punir les récalcitrants ? Pourquoi sont-ils obligés de lancer des campagnes de publicité pour séduire les jeunes à s’engager dans l’armée ? Pourquoi certains font-ils tout pour être exemptés ou déclarés inaptes ? Pourquoi s’exilent-ils pour échapper au service ? Pourquoi désertent-ils en masse en plein milieu d’une guerre ? Pourquoi la Suède, la Suisse ou le Costa Rica n’ont pas de guerres ? Il y a pourtant sûrement de nombreux machos dans ces pays.

« Engagez-vous,
visitez des contrées lointaines,
rencontrez des gens intéressants,
puis tuez-les
. »

La guerre permet aux hommes d’avoir un comportement qui, en d’autres circonstances, serait qualifié de psychotique.

« Parfois je me dis qu’il faudrait instaurer une loi de la guerre qui vous obligerait à vous rapprocher de quelqu’un le temps d’apprendre à le connaître, avant de lui tirer dessus. »
Colonel Potter, dans M*A*S*H (film et série télé comique US – NDT)

« Dans le combat entre le Bien et le Mal, ce sont toujours les gens qui se font tuer »
Eduardo Galeano

Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, un dirigeant Taliban a déclaré « Dieu est à nos côtés, et si les autres tentent de mettre le feu à l’Afghanistan, Dieu nous protégera et nous viendra en aide » (4)

« Je crois que Dieu s’exprime à travers moi. Sans ça, je ne pourrais pas faire mon travail »
George W. Bush, 2004, pendant la guerre contre l’Irak. (5)

« Je crois que le Christ est mort pour mes péchés et que par Lui je trouve ma rédemption. C’est là que je puise ma force et trouve un soutien chaque jour. »
Barack Obama (6)

Pourquoi les chefs d’église n’interdisent pas aux catholiques de s’engager dans l’armée avec la même ferveur qu’ils leur interdisent de s’approcher d’une clinique où l’on pratique des avortements ?

Dieu, la guerre, la Banque Mondiale, le FMI, les accords de libre échange, l’OTAN, la guerre contre le terrorisme, la guerre contre la drogue, les candidats « anti-guerre », les Prix Nobel de la Paix, peuvent tous être vus comme différents instruments au service de l’impérialisme US.

Tom Lehrer, le merveilleux chanteur-compositeur engagé des années 50/60, a déclaré un jour : « la satire politique est devenue obsolète le jour où Henry Kissinger a reçu le Prix Nobel de la Paix. » Peut-être que chaque génération doit réapprendre à quel point ce prix est devenu une farce, ou qu’il l’a toujours été.

Parmi ses lauréats, on trouve un certain nombre d’individus dont le rapport avec la paix dans le monde est le même que celui que l’administration Bush avait avec la vérité.

Prenons un exemple d’actualité : Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins Sans Frontières, a remporté le Prix en 1998. Kouchner, qui est devenu le ministre français des affaires étrangères, milite depuis longtemps en faveur d’une intervention militaire contre l’Iran. La semaine dernière il a invité l’Iran à conclure un accord sur le nucléaire qui serait acceptable pour les puissances occidentales, sans quoi Israël pourrait infliger Dieu sait quelles horreurs sur les Iraniens. Israël « ne tolérera pas une bombe iranienne, » a-t-il dit. « Ne le savons. Tout le monde le sait. » (7) (traduction à partir de cette version anglaise – NDT). Il existe un mot pour désigner une telle menace voilée : « chantage ». Un mot normalement associé aux maffieux. « Faites ce que je vous dis et tout ira bien ». Ou, comme Al Capone l’a dit un jour : « Des mots aimables et une mitraillette sont plus efficaces que juste des mots aimables ».

La recherche désespérée de quelque chose de positif à dire sur la politique étrangère des Etats-Unis.

Il ne s’agit pas de l’extrême droite haineuse, ou d’un meeting de racistes agités... mais d’une droite respectable, celle qui occupe des postes de haut rang dans les académies et dans chaque administration, Républicaine ou Démocrate. Il s’agit de membres du très respecté Council on Foreign Relations (CFR).

Voici Joshua Kurlantzick, « chargé des questions de l’Asie du Sud-est » au sein du CFR, qui écrit dans le non moins respecté Washington Post sur comment – malgré tous les discours alarmistes – il ne serait pas plus mal que l’Afghanistan se transforme en un autre Vietnam parce que « le Vietnam et les Etats-Unis sont devenus des partenaires en Asie du Sud-est, avec des échanges officiels, et sont en train de construire une relation commerciale et stratégique importante, et encouragent toutes les bonnes volontés des deux côtés... L’Amérique n’a pas gagné la guerre là-bas, mais avec le temps elle a gagné la paix... Les vétérans américains de la guerre se sont publiquement réconciliés avec leurs anciens adversaires... Un programme (d’échanges scolaires) pourrait garantir que la prochaine génération de dirigeants Afghans voient les Etats-Unis d’un autre oeil. » (8) Et ainsi de suite.

A la réflexion, il s’agit là moins de propos extrémistes de droite que de propos... comment dire ? ... c’est quoi le terme déjà ? Ah oui, « idiots ». Car que cherche-t-il à démontrer exactement ? Que l’Allemagne et Israël sont en très bons termes... et qu’il faudrait donc en tirer des conclusions par rapport à l’Holocauste ?

Quant à dire que l’Amérique a perdu la guerre, c’est encore pire. Parce que c’est faux. La plupart des gens croient que les Etats-Unis ont perdu la guerre. En détruisant le Vietnam de fond en comble, en empoisonnement les terres, les eaux, l’air et le patrimoine génétique pour plusieurs générations, les Etats-Unis ont en fait réussi à atteindre leur objectif initial : empêcher le Vietnam de représenter un bon exemple de développement en Asie, une alternative au modèle capitaliste. C’est pour la même raison que les Etats-Unis sont en guerre contre Cuba depuis plus de 50 ans, pour que le modèle alternatif cubain ne soit pas aussi séduisant qu’il aurait pu l’être si on lui avait fichu la paix.

Et pendant toutes ces années depuis la fin de la guerre au Vietnam, les millions de vietnamiens qui souffrent de maladies et de malformations provoquées par les épandages US de « l’Agent Orange » n’ont reçu aucune aide médicale de la part des Etats-Unis, aucune réparation écologique, aucune indemnisation, aucune présentation d’excuses officielle.

C’est exactement le même sort qui attend les Afghans – leurs terres et/ou corps touchés par l’uranium appauvri, les bombes à fragmentation, et toute une panoplie d’armes chimiques – dans le Nouvel Ordre Mondial de Kurlantzick. « Si les relations entre les Etats-Unis et l’Afghanistan ressemblent un jour à nos relations avec le Vietnam, ce serait une excellente chose », écrit-il. Que Dieu bénisse l’Amérique.

Une dernière réflexion sur l’Afghanistan : la suggestion que les Etats-Unis pourraient, et devraient, résoudre ce dilemme (qu’ils ont crée) tout simplement en se retirant de ce trou perdu est fermement rejetée par le gouvernement et les médias. Même certains critiques de gauche sont réticents devant une décision si osée – car qui sait quelles horreurs pourraient en découler ?

Mais lorsque l’Union Soviétique a entamé son retrait de l’Afghanistan (entre mai 1988 et février 1989), personne ne leur a demandé de rester. Peu importait la raison, peu importait les conséquences du retrait. Mais si les Russes ont pu se retirer plus facilement que les Américains c’est parce qu’ils n’y étaient pas pour des raisons impérialistes, comme le pétrole ou les gazoducs. Ces raisons pour lesquelles les Etats-Unis ne peuvent quitter l’Irak.

[....]

William Blum

ARTICLE ORIGINAL
http://killinghope.org/bblum6/aer75.html

traduction (partielle) par Le Grand Soir

Notes

1. The Nation (journal pakistanais anglophone), 10 Octobre, 2009

2. Washington Post, 20 Octobre, 2009

3. Michael Herr, "Dispatches" (1991), p.71

4. New York Daily News, 19 Septembre, 2001

5. Washington Post, 20 Juillet, 2004, p.15, qui cite New Era (Lancaster, PA), sur une réunion privée en Bush et des familles Amish, le 9 juillet. La Maison Blanche a ensuite niée ces propos (ces Amish mentent beaucoup, c’est bien connu)

6. Washington Post, 17 août, 2008

7. Daily Telegraph (GB), 26 Octobre, 2009

8. Washington Post, 25 Octobre, 2009

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Réflexions du compañero Fidel

 

DE LA SCIENCE-FICTION

 

Que je regrette de devoir critiquer Obama, alors que je sais qu’il y a d’autres possibles présidents de son pays pires que lui ! Je comprends qu’occuper ce poste aujourd’hui aux USA n’est pas une panacée. Rien ne l’explique mieux peut-être que l’information donnée hier dans le journal Granma : 237 législateurs du Congrès sont millionnaires, soit 44 p. 100. S’il est vrai que ça ne veut pas dire pour autant que chacun d’eux est forcément un réactionnaire invétéré, il n’en reste pas moins qu’il est bien difficile qu’il pense comme n’importe lequel des nombreux millions d’Étasuniens qui n’ont pas d’assurance-maladie, qui sont au chômage ou qui doivent travailler dur pour gagner leur vie.

Obama, bien entendu, n’est pas un indigent ; il possède des millions de dollars. Il était un professionnel distingué, et nul ne conteste sa maîtrise de la langue, son éloquence et son intelligence. Bien qu’Afro-Américain, il est le premier président noir élu dans une société raciste qui souffre une profonde crise économique qu’elle a elle-même provoquée à l’échelle internationale.

Il ne s’agit pas d’être anti-étasunien ou pas, comme le système et ses médias colossaux prétendent qualifier leurs adversaires.

Le peuple étasunien n’est pas coupable, mais bel et bien victime d’un système insoutenable et, pis encore, d’ores et déjà incompatible avec la vie de l’humanité.

L’Obama intelligent et rebelle qui a souffert l’humiliation et le racisme durant son enfance et sa jeunesse le comprend, mais l’Obama élevé dans le sérail et compromis avec le système et les méthodes qui l’ont conduit à la présidence des États-Unis ne peut résister à la tentation d’exercer des pressions, de menacer, voire de tromper les autres.

Il est obsédé par son travail. Aucun autre président des USA ne serait peut-être capable de se lancer dans un programme aussi intense que celui qu’il se propose de réaliser dans les huit prochains jours.

Selon ce programme, il se rendra en Alaska où il s’adressera aux troupes qui y sont cantonnées, au Japon, à Singapour, en République populaire de Chine et en Corée du Sud ; il participera au Forum de coopération économique Asie-Pacifique et à la réunion de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ; il soutiendra des conversations avec le Premier ministre japonais et avec l’empereur Akihito sur la Terre du soleil levant, avec les présidents indonésien, Susilo Bambang, russe, Dmitri Medvédev, et chinois, Hu Jintao ; il prononcera des allocutions et donnera des conférences de presse ;  il portera son mallette nucléaire dont j’espère qu’il n’aura pas besoin de faire usage durant sa tournée accélérée.

Son conseiller à la sécurité a fait savoir qu’il discutera avec le président russe la renégociation du traité START-1, qui vient à terme le 5 décembre 2009. Quelques réductions de leur énorme arsenal nucléaire, sans importance pour l’économie et la paix mondiale, en sortiront sans aucun doute.

De quoi pense traiter notre illustre ami durant cette intense tournée ? La Maison-Blanche l’annonce solennellement : les changements climatiques, la relance économique, le désarmement nucléaire, la guerre en Afghanistan, les risques de guerre avec l’Iran et la République populaire démocratique de Corée. De quoi écrire un roman de science-fiction !

En effet, comment donc Obama va-t-il résoudre les problèmes climatiques alors que son pays a, aux réunions préparatoire du Sommet de Copenhague sur les émissions de gaz à effet de serre, soutenu la pire position parmi tous les pays industriels et riches, aussi bien à Bangkok qu’à Barcelone, justement parce qu’il n’a pas souscrit le Protocole de Kyoto et que son oligarchie n’est pas disposée à coopérer pour de bon ?

Comment va-t-il contribuer à la solution des graves problèmes économiques qui touchent une grande partie de l’humanité alors que la dette totale de son pays – à savoir celle du gouvernement, des États, des administrations locales, des entreprises et des familles – se montait fin 2008 à 57 billions de dollars, soit plus de 400 p. 100 de son PIB et que le déficit fiscal s’est élevé à presque 13 p. 100 du PIB durant l’exercice fiscal 2009, un chiffre qu’Obama connaît forcément.

Que peut-il donc offrir à Hu Jintao alors qu’il a mené un politique carrément protectionniste pour frapper les exportations chinoises, qu’il exige sans cesse que le gouvernement chinois réévalue le yuan, ce qui léserait les importations croissantes de produits chinois par le Tiers-monde ?

Le théologien brésilien Leonardo Boff ― qui n’est pas un disciple de Karl Marx, mais un catholique honnête, de ceux qui ne sont pas disposés à coopérer avec l’impérialisme en Amérique latine – vient d’affirmer : « …nous risquons de nous détruire et de dévaster la diversité de la vie » ; « …quasiment la moitié de l’humanité vit en-dessous du seuil de pauvreté. Les 20 p. 100 les plus riches consomment 82,49 p. 100 de toutes les richesses de la Terre, tandis que les 20 p. 100 les plus pauvres ne se soutiennent qu’avec un minuscule 1.6 p. 100. » Il cite la FAO qui avertit : « De 150 à 200 millions de personnes seront des réfugiés climatiques dans les prochaines années. » Et Boff ajoute de son côté : « L’humanité consomme aujourd’hui 30 p. 100 de plus que les capacités de remplacement… La Terre est en train de donner de signes sans équivoque qu’elle n’en peut plus. »

Ce qu’affirme Boff est vrai, mais Obama et le Congrès étasunien font la sourde oreille.

Qu’est-il en train de nous laisser sur le continent ? Le problème honteux de Honduras et l’annexion de la Colombie, où il installera sept bases militaires. Les USA ont établi une base militaire à Cuba voilà plus de cent ans et ils l’occupent toujours de force, et ils ont même ouvert un centre de tortures horrible connu dans le monde entier qu’Obama n’a toujours pas pu fermer.

Je suis d’avis qu’avant la fin du mandat d’Obama, il y aura en Amérique latine de six à huit gouvernements de droite qui seront des alliés de l’Empire. Le secteur le plus de droite aux USA s’efforcera bientôt de limiter le mandat d’Obama à seulement quatre ans. Un Nixon, un Bush ou quelqu’un de l’acabit de Cheney sera de nouveau président. On se rendra compte alors très clairement de la signification de ces bases militaires absolument injustifiables qui menacent aujourd’hui tous les peuples sud-américains sous prétexte de combattre le trafic de drogues, un problème qui découle justement du fait que des dizaines de milliards de dollars sont injectés depuis les USA au profit de la criminalité organisée et de la production de drogues en Amérique latine.

Cuba a prouvé que pour combattre les drogues, la justice et le développement suffisaient. Dans notre pays, le taux de crime pour cent mille habitants est l’un des plus bas au monde. Aucun autre pays du continent ne peut faire état de taux de violence aussi faibles. Et l’on sait que, malgré le blocus, aucun autre ne possède des niveaux d’éducation aussi élevés.

Les peuples latino-américains sauront résister aux coups de boutoir de l’Empire !

Le voyage d’Obama ressemble à de la science-fiction.

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 11 novembre 2009

19 h 16



Edité par T 34 - 12 Nov 2009 à 20:50
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Nov 2009 à 23:27

Mineurs condamnés à la prison à perpétuité aux Etats-Unis: la Cour Suprême revoit la copie

Par emcee le lundi 9 novembre 2009, 01:31 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent

 

La Cour Suprême examine aujourd'hui le cas de deux condamnés, mineurs au moment des faits, à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle (jusqu'à la mort, donc, soyons clair) pour décider si ce ne serait pas un "châtiment cruel et inhabituel", et donc, interdit par la Constitution. Et en violation, ça c'est sûr, du droit international.
Cruel, j'en ai peur, mais inhabituel, certainement pas: plus de 2500 personnes sont concernées par ce cas de figure aux Etats-Unis (on en recensait une douzaine dans le reste du monde, en 2005!).
Il y a quatre ans, la même Cour Suprême avait aboli le recours à la peine de mort pour les crimes commis par des mineurs.
Vous voyez, on avance.
La prochaine étape sera sans doute de se demander si la perpète sans remise de peine possible pour des délinquants majeurs, ce ne serait pas aussi "cruel et inhabituel".
Et - pourquoi pas? – dans un troisième temps, penser carrément à abolir la peine de mort.
Mais là, on connaît les lenteurs de la justice: il n'y a qu'à voir le temps qu'il a fallu pour retrouver un cinéaste renommé en fuite.

Voici un article sur le sujet:

16-Year Old Got Life Without Parole for Killing Her Abusive Pimp -- Should Teens Be Condemned to Die in Jail?
par Liliana Segura, AlterNet. October 31, 2009.

Une jeune fille de seize ans en prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle pour avoir tué son souteneur brutal – les mineurs doivent-ils être condamnés à mourir en prison?

Deux affaires soumises à la Cour Suprême pourraient changer le sort de plus de 2.500 personnes qui purgent une peine de prison à vie pour des crimes commis alors qu'ils étaient adolescents.
Sara Kruzan avait 11 ans et allait au collège de Riverside, Californie, quand elle a fait la connaissance d'un homme – il se faisait appeler GG – qui avait près du triple de son âge. GG l'a prise sous son aile. Il lui achetait des cadeaux, l'emmenait avec ses ami-es faire du patin à roulettes. "Il remplaçait mon père", se rappelle-t-elle.
Même si elle souffrait de phases dépressives graves quand elle était enfant, jusqu'à cette époque-là, Kruzan était bonne élève. Une élève "super-performante", selon ses propres termes. Mais sa mère la battait et se droguait ; quant à son père, elle ne l'avait vu qu'une ou deux fois. Et donc, GG s'était de plus en plus substitué à sa famille.
"GG était là – parfois" dit-elle, "il discutait avec moi me sortait, me donnait tous ces cadeaux somptueux et avait plein d'attentions pour moi…". Il n'a pas attendu longtemps pour lui parler de sexe, lui prodiguant des conseils avisés sur ce que les hommes étaient en réalité et lui disant qu'elle "n'avait pas besoin de faire "ça" gratuitement".
GG préparait Kruzan, à son insu, à se prostituer. Et quand elle a eu 13 ans, il l'a violée. "Il utilise sa virilité pour faire souffrir", se rappelle Kruzan, "pour vous rendre docile, je suppose".
Kruzan s'est livrée à la prostitution pour le compte de GG pendant trois ans. De 6H du soir à 5H30-6H du matin. Elle et les "autres filles" rentraient et lui remettaient leurs gains. ""C'était un peu en quelque sorte comme s'il était marié avec nous, dit elle, "tout était à lui".
Après des années de prostitution et d'abus sexuels, à l'âge de 16 ans, Kruzan a craqué: elle a tué GG, a été arrêtée et condamnée pour meurtre avec préméditation. Malgré la tentative de son avocat de la faire condamner comme mineure, le juge décrétait que son crime avait été "mûrement réfléchi" et la condamnait à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.
"Mon juge m'a dit que je manquais de principes moraux", une expression qu'elle ne comprenait pas, se rappelle-t-elle.
Mais ce que signifiait sa condamnation, c'était parfaitement clair: La perpétuité sans possibilité de remise de peine, dit-elle, "cela veut dire que je vais mourir ici".

"Ces enfants étaient complètement perdus dans les prisons pour adultes"

Il y a quelques années, l'histoire de Sara Kruzan avait retenu l'attention du sénateur de l'état de Californie, Leland Yee, sénateur démocrate de San Francisco, qui présentait alors une proposition de loi pour abolir les condamnations à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle pour les mineurs.
Ce projet de loi n'était nullement un permis de sortie de prison; si la loi était adoptée, un délinquant qui commettait un crime avant l'âge de 18 ans purgerait une peine de prison de 25 ans minimum avant de pouvoir passer devant une commission qui statuait sur les libérations conditionnelles (qui n'était pas un permis automatique de sortie de prison non plus).
Yee est également psychologue spécialiste des enfants. "Quand il s'agit de comparer les actes d'adolescents et ceux des adultes, dit-il, "la neurologie est claire là-dessus: le cerveau continue de se développer pendant toute l'adolescence et donc, les facultés de contrôler ses impulsions, d'élaborer un projet, et d'avoir un esprit critique ne sont pas encore complètement développées"
Condamner des adolescents à mourir en prison, signifie alors empêcher des personnes qui pourraient être utiles à la société de mener une vie normale.
"Les enfants ont une faculté de réinsertion plus grande que les adultes", dit Yee.
Après tout, le système carcéral en Californie ne s'appelle-t-il pas désormais: "The California Department of Corrections and Rehabilitation" ("département des sanctions et de la réinsertion")?
En politique, cependant, c'est la pénalisation qui triomphe presque à tous les coups – particulièrement en Californie où la loi des *"three strikes" a été à l'origine d'une crise du système pénal inédite dans le pays. Le projet de loi de Yee s'étant heurté à une résistance farouche, il a été finalement enterré.
En février dernier, Yee déposait un nouveau projet de loi, plus modéré, qui, sans abolir la perpétuité sans liberté conditionnelle pour les mineurs, proposait une révision de la condamnation d'un mineur au bout de dix ans.
En 2005, Human Rights Watch publiait une enquête qui n'avait pas encore été menée: "The Rest of Their Lives: Life without Parole for Child Offenders in the United States" révélant qu'il y avait au moins 2.225 personnes incarcérées aux Etats-Unis qui avaient été condamnées à la prison à vie sans libération conditionnelle pour un crime qui avait été commis alors qu'elles étaient mineures. "Aujourd'hui, ce nombre est encore plus élevé: il y en a 2574.
Ce n'est que récemment qu'on a commencé à s'intéresser au niveau national au calvaire de ces adolescents qui accomplissent une peine de prison à perpétuité dans des prisons pour adultes.
Alison Parker, directrice-adjointe de l'U.S. Program of Human Rights Watch nous a dit: "ces enfants étaient complètement perdus dans des prisons pour adultes. Personne ne se souciait du fait qu'ils étaient mineurs au moment des faits".
Mais cette situation pourrait changer. Le mois prochain, la Cour Suprême des Etats-Unis va entendre deux affaires différentes – les affaires Sullivan et Graham, toutes deux contre le ministère public de Floride – pour décider si les condamnations à perpétuité pour les mineurs ne sont pas un "châtiment cruel et inhabituel", et donc contraire à la Constitution.
Ces affaires viennent à la suite de la décision historique de la Cour dans l'affaire Roper v. Simmons, il y a quatre ans, qui déclarait inconstitutionnelle la peine de mort pour les mineurs en s'appuyant sur le 8° Amendement (celui qui interdit les "châtiments cruels et inhabituels", NDT).
Reprenant les mêmes arguments que Yee, le juge Anthony Kennedy écrivait que les adolescents "n'avaient pas un sens des responsabilités suffisamment développé", ce qui les conduisait à commettre "des actes et prendre des décisions impétueux et désordonnés" et que, ainsi, ils étaient davantage enclins à subir des influences négatives et la pression de leurs camarades".
L'avocat pour la défense des droits civiques, Bryan Stevenson, avocat principal de Sullivan, explique que condamner des enfants à perpétuité sans espoir de remise de peine est tout aussi absurde que de les condamner à mort. Dans le dossier déposé à la Cour pour Sullivan, il écrit: "la caractéristique essentielle de la condamnation à mort ou de la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, c'est qu'elle impose un jugement définitif, inchangeable, sur la vie entière d'un être humain et déclare cet être humain inapte pour toujours à s'insérer dans la société civile".
Stevenson est le président d'"Equal Justice Initiative" d'Alabama, une association à but non lucratif, qui assure une représentation légale aux accusés et aux prisonniers, dont des mineurs. D'après l'EJI, parmi les détenus qui purgent une peine à perpétuité sans libération conditionnelle, plus de la moitié d'entre eux n'avaient jamais eu de condamnation auparavant.
Au moins 74 d'entre eux avaient 14 ans, voire moins, au moment des faits.
"Pratiquement tous ces enfants n'ont pas de représentant légal, et dans la plupart de ces affaires, la bienséance et la constitutionnalité de leurs condamnations extrêmes n'ont jamais été révisées".

"Un cas désespéré"

Parmi ces 74 personnes, il y a Joe Sullivan , l'accusé dans l'affaire Sullivan contre le ministère public de Floride, qui serait handicapé mental, avait 13 ans en 1989, quand il a été accusé d'avoir violé une femme âgée après un cambriolage commis par un groupe d'adolescents plus âgés. Les autres ont reconnu le cambriolage mais ont mis le viol sur le dos de Sullivan, ce qu'il a toujours nié.
Les garçons plus âgés ont été incarcérés dans une prison pour mineurs, puis ont été libérés. Sullivan est devenu le plus jeune mineur condamné à mourir en prison pour un crime autre qu'un meurtre.
"Je vais le faire enfermer le plus longtemps possible" avait dit le juge au procès, "son cas est désespéré".
A 14 ans, Sullivan a été transféré dans une prison pour adultes, où il a subi des sévices sexuels continuels. Sullivan a 33 ans aujourd'hui. Atteint de sclérose en plaque, il est cloué sur un fauteuil roulant.
Le cas de Sullivan est emblématique des divers problèmes qui existent quand il s'agit de mineurs condamnés comme les adultes, dont le moindre n'est pas le phénomène de mineurs qui ont soit été victimes de coercition soit qui se sont fait prendre dans des crimes décidés par des adolescents plus âgés ou des adultes.
Parmi les délinquants mineurs, beaucoup ont été impliqués dans des crimes violents à cause de leur relation avec un adulte. Et, de façon incroyable, il peut se trouver que, dans certains cas, ils sont condamnés à une peine supérieure à celle de l'adulte en question.
"On a tendance à incriminer davantage le plus jeune des deux accusés, parfois parce qu'on a l'impression que le plus jeune aura une peine plus légère" dit Allison Parker. "Il y a toujours cette idée que les enfants seront traités différemment, mais la réalité, c'est que les enfants sont traités comme des adultes".
Un autre facteur majeur, c'est la couleur de la peau. D'après l'EJI, lors du procès de Sullivan, "le procureur et les témoins ont maintes fois rappelé que Joe était noir et que la victime était blanche", qui ajoute: "un des témoins n'a cessé de dire que l'auteur de l'agression était un "garçon de couleur" ou un jeune "noir à la peau sombre". Cela ne date pas d'hier que le système pénal aux Etats-Unis s'en prenne de façon disproportionnée aux personnes de couleur. Mais, quand il s'agit de jeunes délinquants, Alison Parker qualifie ces écarts d'"absolument scandaleux".
Au niveau national, "les jeunes noirs sont condamnés à la perpétuité 10 fois plus que les blancs", nous indique Parker. "Dans certains états, ce chiffre est encore plus élevé".
Dans les deux affaires qui seront présentées à la Cour Suprême, les accusés avaient été condamnés pour des crimes moins graves qu'un meurtre, un phénomène particulièrement répandu en Floride où 77 détenus mourront en prison pour des crimes autres que des homicides.
Terrance Jamar Graham, l'accusé dans l'affaire Graham contre le ministère public de Florida, avait 17 ans et était en liberté surveillée à la suite d'un crime commis à l'âge de 16 ans, où il avait participé à un vol à main armée. Ses co-accusés ont été condamnés à des peines légères. Lui, a écopé d'une peine à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.
"M. Graham, en ce qui concerne votre affaire, je vois qu'il s'agit très franchement une situation déplorable", lui a dit le juge. "La seule chose que je puisse comprendre, c'est que vous avez décidé que c'était la façon dont vous vouliez gérer votre vie et on ne peut rien faire pour vous".
C'est la logique classique des "*three strikes", qui, de même que les lois sur les meurtres avec préméditation, ont conduit des adolescents à être condamnés à perpétuité pour des crimes où ils n'avaient joué qu'un rôle mineur.
Voyez Christine Lockhart, la première jeune fille à avoir été condamnée à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle dans l'Iowa. Elle avait 17 ans et était assise dans la voiture quand son petit ami a tué quelqu'un au cours d'un braquage. Elle a passé aujourd'hui plus de la moitié de sa vie en prison. Lockhart, de même que Sara Kruzan, font partie d'une minorité relative, deux sur quelque 175 femmes condamnées à la prison à perpétuité pour des crimes qu'elles avaient commis alors qu'elles étaient mineures.
Mais leurs histoires montrent bien comment les jeunes peuvent se retrouver pris dans des situations dangereuses et préjudiciables, et éventuellement mortelles, souvent simplement parce qu'ils se trouvaient en compagnie des mauvaises personnes au mauvais moment.
"L'histoire de Sarah est prenante" dit Parker. "mais elle ne diffère pas de celles que vivent de très nombreuses personnes dans tout le pays condamnées à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle".
Kurzan, en fait, fait partie de celles et ceux qui ont de la chance. Elle a maintenant des avocats qui étudient son dossier pour l'appel, gratuitement. La plupart des autres détenus condamnés à perpétuité pour des crimes commis alors qu'ils étaient mineurs n'ont aucun représentant légal à leur disposition.
Aujourd'hui Kruzan, âgée de 32 ans, est décrite comme une "détenue modèle" malgré un manque total de raisons de l'être ("qui veut se surpasser en prison?", dit-elle).
Quand on lui a demandé ce qu'elle dirait si elle avait la possibilité de se présenter devant un comité de libération conditionnelle, elle a répondu qu'elle pensait pouvoir maintenant être d'une certaine utilité à la société, peut-être même un "exemple positif".
Elle ajoute: j'ai appris ce que "principes moraux" voulait dire.

Liliana Segura rédige des articles pour AlterNet et est rédactrice en chef de la rubrique "Rights & Liberties"

Notes et liens:

*"three strikes law" (eng)

La loi des "three strikes and you're out" ("un, deux, trois, tu sors!") a été adoptée dans plus de 20 états aux US.
Elle permet de condamner directement à une peine à perpétuité au bout du troisième crime violent. En Californie, toutefois, le troisième crime n'a pas besoin d'être violent. Un vol suffit.
La Californie! Ses plages, ses stars, le surf.
Son gouverneur et ses prisons.

La plus grande démocratie du monde et les châtiments cruels et inhabituels interdits par la Constitution.

Notre sinistre de la culture, aussi prompt à d'indigner du système pénal aux Etats-Unis, ferait bien de se pencher sur ces cas aussi. Il ne doit pas être au courant, sinon, il en aurait parlé.
Evidemment.
Il faut dire, toutefois, qu'il n'y a pas de vedettes, ni d'arrangement amiable, ni de fuite possible, ni de soutien international, ici. Un peu comme pour les enfants en Thaïlande.

Liens (attention: âmes sensibles s'abstenir!)

Les barbares ne sont plus ceux qu'ils étaient
Pays de donjons et d'oubliettes à l'ombre des clochers: les USA
Population carcérale aux USA: les mécanismes légaux de la discrimination raciale

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