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T 34 allez vers le bas
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Spammeur compulsif

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Nov 2009 à 23:39

Kucinich, seul représentant du peuple, a voté non à la réforme du système de santé d'Obama adoptée à la Chambre des représentants.

Par emcee le mercredi 11 novembre 2009, 21:00 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent

Le seul représentant "du peuple, par le peuple, pour le peuple", c'est le démocrate Dennis Kucinich , député de l'Ohio.

Je m'explique.

Le projet de loi sur le système de santé, un des projets-phares d'Obama a été adopté le 7 novembre dernier par 220 voix (dont un républicain) contre 215 à la Chambre des Représentants, après des mois de débats acharnés, mais stériles, qui ont vu le plan de réforme amputé de ses éléments essentiels.

Parmi les 39 démocrates qui ont voté non à la réforme, 38 font partie de l'aile droite du parti - dont 31 venant de secteurs qui ont voté majoritairement pour Mc Cain et qui étaient hostiles à cette réforme et ont tout fait pour en modifier les propositions de départ.

Reste Kucinich, un démocrate de gauche (probablement un oxymore, vu la rareté de l'occurrence).

Pourquoi donc, cet homme qui se dit de gauche a-t-il voté avec la droite et l'extrême-droite, s'excluant de ce "vote historique", comme on peut le lire actuellement ici et là, même en France?
Ce qu'il y a d'historique, c'est que cela faisait bien longtemps que l'académie ne s'était penchée sur le système de santé US, pourtant moribond. Hilary Clinton avait bien tenté une réforme du temps où son mari était président, mais elle avait été découragée par l'acharnement de l'opposition et aussi, sans doute et plus certainement, par un manque de motivation, les intérêts des zélites, mêmes démocrates, étant ailleurs.

Peut-être que c'est parce que finalement, cette réforme n'en est pas une.

Peut-être que ce n'est pas ce que voulait la population, elle qui réclamait à une majorité écrasante une caisse nationale de santé publique pour tous ("single-payer").
Mais, contrairement à l'église catholique, les défenseurs du "single-payer" n'avaient pas bonne presse: ils étaient persona non grata aux forums organisés à la Maison Blanche et dans la plupart des débats au Sénat, et leurs revendications avaient été éliminées rapidement du projet de loi à la Chambre.

Y aurait-il au Congrès quelqu'un qui voterait en son âme et conscience pour le bien de la population et non pas pour remplir les poches de multinationales, déjà ultra-gavées, et pour en recueillir les miettes?
Il doit se sentir bien seul.

Voyons ce qu'il dit.

Mais au préalable, je rappellerai qu'Obama avait promis une véritable réforme du système de santé pour que les 48 millions sans assurance et les dizaines de millions d'autres qui sont très mal assurés puissent être couverts décemment.
Le candidat Obama parlait de mettre en place une "option publique", c'est-à dire un système de soins pour tous géré par l'Etat (comme Medicare qui s'adresse aux plus de 65 ans et qui aurait été étendu au reste de la population), parallèlement aux assurances maladies privées. Ce qui constituait, non la panacée, mais un pas en avant certain.
Bon, cette formule n'a pas fait long feu dès le début des longs mois de débats – où une poignée d'agités d'extrême droite, manipulés par les multinationales de la santé, semaient la terreur et viciaient les débats, aidés en cela par des grands médias qui agitaient le spectre du "socialisme".
Obama n'en a plus parlé d'ailleurs. Lui aussi, vite découragé. Mais qu'est-ce qu'ils ont ces dèmes, à toujours reculer dès que la droite aboie? Est-ce que la droite a des états d'âme pour fourguer ses "réformes" pourries? (Certes, dans ce cas, l'opposition est faiblarde).
Serait-ce que, finalement, ils ne sont pas convaincus de ce qu'ils promettent? Serait-ce que ce sont des promesses juste pour se faire élire?

Mais, revenons à Kucinich.

Celui-ci se bat d'abord pour que la santé de la population soit considérée comme un droit universel, et non pas comme un bien marchand.
Juste après la séance à la Chambre, Kucinich publiait un billet sur son site pour expliquer les raisons de son vote:

(Extraits – traduction libre)

On nous a imposé l'idée que nous n'avons le choix en matière de soins médicaux que dans le cadre de la structure actuelle d'un système d'assurances à but lucratif et cupide qui réalise des bénéfices en n'offrant pas d'assurance maladie.
Nous ne pouvons pas accuser les assurances privées d'être ce qu'elles sont. Mais nous pouvons en rendre responsables les lois avec lesquelles le gouvernement assure leur pérennité, renforçant, par là-même, le secteur de l'assurance maladie à but lucratif, qui est la source même du problème.
Quand les assurances refusent des soins ou augmentent les cotisations, les tickets modérateurs et les franchises, c'est tout simplement pour réaliser toujours plus de bénéfices. Et c'est notre système.
Il est évident que les compagnies d'assurance sont le problème, pas la solution.
(…) Même ceux qui ont une assurance ne sont pas protégés. La deuxième cause majeure du surendettement des familles aux US, c'est que les assurances privées ne remboursent pas les soins en cas de maladie.
Mais au lieu de viser à écarter ces assurances privées, le projet de loi actuel mettrait le gouvernement en position d'accélérer la privatisation de l'assurance maladie.
Avec ce projet, le gouvernement imposera à au moins 21 millions d'Américains de souscrire une assurance maladie justement auprès de ce secteur même qui est la cause des dépenses de santé ahurissantes, et qui réalisera au moins 70 milliards de bénéfices annuels supplémentaires, dont la majorité proviendra de l'argent public. (…).
En n'ayant que la contrainte de couvrir les "états de santé préexistants", d'organiser une option publique édulcorée et de faire quelques concessions importantes mais limitées, les compagnies privées d'assurance maladie font une sacrée bonne affaire.
Sur le blog de Center for American Progress, on peut lire: "depuis qu'Obama a montré des signes qu'il reculait sur l'option publique, les actions en bourse des sociétés d'assurances privées ont grimpé".
Il en a été de même quand le sénateur Max Baucus a présenté un projet de loi qui éliminait l'option publique (…)
Au cours des débats, quand les intérêts des compagnies privées étaient réellement menacés, les propositions étaient prestement écartées.
La "solide option publique" qui aurait permis un minimum de concurrence à un secteur monopolistique a été ramenée d'un potentiel de 129 millions d'Américains à 6 millions.
D'autre part, un amendement qui aurait donné aux états le droit de mettre en place leur propre caisse d'assurance maladie publique a été refusé à la demande du gouvernement (amendement déposé par Kucinich lui-même et rejeté par les Démocrates, NDT) (…)

Mais que contient donc ce projet de loi?

De bonnes initiatives, certes, rares et quasi-marginales, mais l'essentiel fait la part belle au secteur privé, lui offrant sur un plateau ceux qui n'avaient pas de couverture santé.
Voici quelques-unes de ces dispositions:
- Extension de Medicaid (soins médicaux aux plus démunis), financé par les fonds fédéraux, à 6 millions de personnes.
- Quelques règlementations visant les compagnies privées: suppression de la clause "état de santé préexistant" (mais il n'y a aucune restriction concernant les cotisations, et donc, le secteur peut riposter en augmentant les tarifs pour toute disposition qui menacerait de faire baisser les bénéfices) et interdiction de résiliation de contrat sous prétexte que la personne n'avait pas mentionné un problème médical mineur, tel l'acné.
- Les ménages dont les revenus dépassent 1 million de dollars par an, 500.000 $ pour les personnes seules, paieront un impôt supplémentaire pour contribuer au financement du plan d'assurance-maladie. Ca devrait aller, non?
- Chaque citoyen aura obligation de souscrire à une assurance maladie. Ceux qui ne le feront pas paieront un impôt supplémentaire.
Quand on sait que beaucoup de ceux qui ne le font pas sont déjà enfouis sous les dettes, que s'ils ont besoin de se soigner, c'est à leur charge, et que s'ils prennent une assurance, ce sera pour le minimum de prestations parce qu'ils n'auront pas les moyens, eh bien, ce sont encore ceux-là qui seront encore punis. D'autre part, rien n'est dit sur les millions qui souscrivent à une assurance qui ne couvre pas grand chose, et, évidemment, pas les impondérables.
- Les entreprises (sauf les petites) devront assurer leurs employés. Quand on sait qu'ils vont tirer sur les coûts et qu'ils ont vite fait de licencier, on peut penser que les assurances dont bénéficieront les travailleurs ne seront pas la panacée.
- Les femmes ne pourront pas être exclues pour des motifs spécifiques à leur condition féminine. Bon, il y a un hic concernant l'avortement: j'y reviendrai.
- les jeunes adultes pourront bénéficier de la police d'assurance de leurs parents jusqu'à l'âge de 27 ans
- Certaines pratiques discriminatoires vis-à-vis des LGBT seront interdites

Bon, on le voit, ça ne va pas chercher bien loin. Il y a d'autres clauses, du même genre. Rien d'universel. Et tout ce qu'il y a de plus contournable. On a quand même affaire à des requins qui savent nager en eaux troubles, faut pas l'oublier.

Et ce qu'il faut voir dans tout ça, c'est ce qui va se passer en réalité.

Quels profits vont en tirer les compagnies d'assurance maladie?

Il y aura pour les compagnies privées une manne de dizaines de millions de nouveaux clients, grâce à l'obligation de s'assurer et aux subventions publiques. Et pas n'importe quels clients: les jeunes et, donc les plus en forme – ceux qui étaient le moins susceptibles d'avoir recours à une assurance.
Le projet de loi permet aux assureurs de demander des cotisations deux fois plus élevées aux plus âgés et donc, ceux qui ont moins de 65 ans (après, c'est l'état qui paie, avec Medicare) seront plus enclins à ne pas prendre d'assurance maladie. Une aubaine pour les assureurs, qui se débarrassent, ainsi, de ceux qui leur coûtent le plus cher.
Quant aux jeunes qui ont des problèmes de santé, ils préfèreront prendre l'option publique (enfin, pas une vraie "option publique", mais un programme qui concernerait 6 millions d'Américains qui ne sont pas assurés; je ne sais pas de quel chapeau ils sortent ces chiffres, vu qu'ils sont 48 millions, m'enfin, on va pas chipoter pour si peu).
Et donc, cette option publique, prévue à l'origine pour assurer ceux qui le souhaitent et concurrencer les compagnies privées, sera réduite à peau de chagrin, ne s'adressant qu'à une poignée d'Américains dont les assurances privées se passent volontiers.

Et si un projet de loi similaire est également voté au sénat, que va-t-il se passer?

D'abord, les dépenses de santé vont continuer à grimper en flèche, même encore plus rapidement qu'actuellement, puisque c'est l'argent du contribuable qui va alimenter les caisses du secteur privé. La solution qui sera adoptée par ceux qui paient (l'état et les patrons) sera de réduire les aides et augmenter les franchises et les tickets modérateurs.
Quant à la loi, sa mise en application est prévue pour … 2013.
D'ici là, les malades pourront bien mourir, faute de soins. Mais en 2013 aussi, qu'on se rassure …
Alors, ce genre de "réforme", c'est une réforme à la sarko: toujours au bénéfice des riches et au détriment de la population, et cela avec l'argent public.
Les compagnies d'assurance maladie ne doivent pas pleurer les millions de dollars qu'elles ont dépensé pour acheter ... faire du lobbying!

A moins que la vraie "réforme", finalement, ce soit l'amendement apporté à la dernière minute

Le projet de loi de la chambre des représentants et l'avortement.

A la dernière minute, Bart Stupak, représentant démocrate du Michigan, introduisait un amendement au projet.
Cet amendement stipule que les fonds fédéraux ne doivent pas rembourser un avortement ou couvrir "'aucune partie de tout contrat d'assurance maladie" qui comprendrait le remboursement d'un avortement, sauf pour le cas où la vie de la mère serait en danger, ou que la grossesse serait survenue à la suite d'un viol ou d'un inceste.
Ce qui veut dire que les femmes devront souscrire une assurance privée complémentaire qui prévoit le remboursement des avortements juste au cas où une telle occurrence se présenterait, ou bien payer de leur propre poche.
C'est un peu comme si les compagnies d'assurances demandaient à leurs adhérents de deviner quelles interventions et quels traitements leur seront nécessaires, afin de leur proposer les contrats d'assurances appropriés.
Cette clause implique, en particulier, que les femmes dont les revenus sont faibles et qui ont droit à l'assurance publique ne pourront pas se faire avorter si elles le souhaitent, sauf à payer de leur poche.
D'autre part, rien ne dit que les assurances privées proposeront cette option, peu rentable, dans leurs prestations.
Donc, il est clair que, là encore, ce sont les femmes et les femmes à moindre ou à faible revenu qui seront pénalisées par cette mesure. Comme toujours, quand il s'agit d'avortement

64 démocrates contre 22 ont voté en faveur de cet amendement.

La Maison Blanche a refusé d'intervenir dans le débat. Le porte-parole du président a déclaré: "Nous allons réfléchir là-dessus, chercher à établir un consensus et trouver un terrain d'entente."

Comme si cela était possible entre les mouvements anti- et pro-avortement, comme le dit Melissa McEwan:

"Il ne peut absolument pas y avoir de terrain d'entente entre ceux qui pensent que les femmes ont le droit de disposer de leur corps et ceux qui pensent que le corps des femmes appartient à l'Etat, ou à leurs médecins, ou à leurs maris, ou quiconque a voix au chapitre pour décider si elles doivent être enceintes même si elles ne le veulent pas.
Il est anormal que notre président refuse de prendre position là-dessus".

Elle ajoute que la déclaration d'Obama, disant qu'il proposait "un projet de loi sur le régime de santé et non pas sur l'avortement" était un "tas de conneries hypocrites".

Que va décider le sénat?
Et que va-t-il se décider lors des négociations entre la Chambre et le Sénat?
Et que fera Obama lors de la signature de la mouture finale de ce fantôme de réforme du plan de santé?
Je ne veux pas donner dans le pessimisme excessif, mais je ne pense pas qu'Obama tapera le poing sur la table, trop content de s'en sortir avec les honneurs pour accoucher de cette mascarade.

Evidemment, le peuple ne va pas être content. Mais le peuple n'est jamais content, c'est bien connu.

Conclusion:
Alors au lieu de dire que c'est une "avancée historique", les Français béats devraient se battre pour préserver le système en vigueur ici, et qui est attaqué violemment par les charlots au pouvoir, parce que, dans pas longtemps, c'est le système des Etats-Unis qui nous pend au nez.
Et on verra bien si c'est une avancée historique pour nous aussi!


Les petits Américains, les plus pauvres du monde développé

(source : http://reflets-mag.blogspot.com/ 03/11/09)

 
Une étude révèle que près de la moitié des enfants aux Etats-Unis, et une écrasante majorité d’enfants noirs, mangent au moins une fois au cours leur enfance grâce à des bons alimentaires.

«Les Etats-Unis doivent ouvrir les yeux». Près de la moitié des enfants américains (49,2%) mangent au moins une fois au cours de leur enfance grâce à des bons alimentaires, révèle lundi une étude* scientifique publiée dans l’American Medical Association’s Archives of Pediatric and Adolescent Medicinese. Chez les enfants afro-américains ou ceux qui vivent dans une famille monoparentale, ce chiffre passe à près de 90%.

«Si vous avez des bons alimentaires, c’est que vous êtes par définition dans une situation précaire et que votre foyer n’a pas beaucoup de ressources», explique Mark Rank, de l’université Washington (Missouri), coauteur de l’étude avec Thomas Hirschl, de l’université Cornell (New York). Les deux hommes -qui ont déjà montré dans une autre étude que la moitié des adultes américains ont déjà utilisé au moins une fois un bon alimentaire dans leur vie- l’affirme : les enfants américains sont ceux qui sont confrontés au plus haut niveau de pauvreté dans le monde occidental développé.

Et la crise n’y a rien arrangé. Ainsi, deux millions et demi d’Américains sont passés l’an dernier sous la barre du seuil de pauvreté, fixé aux Etats-Unis à 11.000 dollars par an pour une personne seule et à 22.000 dollars pour une famille de quatre personnes. Au total, selon un dernier bilan du Bureau de recensement, 40 millions d’Américains (soit environ 13% de la population) sont considérés comme pauvres, et peuvent recevoir des bons alimentaires. Parmi les régions les plus touchées : le Texas (3,07 M), la Californie (2,99M), New York (2,57M), la Floride (1,77) et l’Illinois (1,71M).

*Etude fondée sur l’observation de 4.800 foyers américains durant 32 ans.


 
Des documents du FBI révèlent que l’agence maintient 400.000 noms dans la liste de terroristes

Le quotidien » The Washington Post » a révélé aujourd’hui que le Federal Bureau of Investigation (FBI) maintient plus de 400.000 personnes sur une liste de terroristes, en étendant à l’administration Obama la pratique de son prédécesseur.

Le reportage publié par le journaliste Walter Pincus, assure que des données récemment publiées par le FBI montrent l’évidence de l’étendue et la complexité de la liste de terroristes par l’agence de renseignement du pays.

Cette liste, dit le Post, “documente un flux quotidien de noms proposés pour être inclus dans la liste contestable”.

Pendant une période de 12 mois terminée en mars de cette année, par exemple, la communauté de renseignements des Etats-Unis, a suggéré de maintenir sur la liste 1.600 personnes parce qu’ils représentent un “risque raisonnable” d’être terroristes, selon des données fournies à la commission judiciaire du Sénat par le FBI en Septembre et déclassifié la semaine dernière. .

La liste toujours renouvelée contient plus de 400.000 noms uniques et plus de 1 million de visites.

Le Comité du Sénat a été informé que pendant la même période, les fonctionnaires ont quotidiennement demandé l’élimination de 600 noms et la modification de 4.800 plus.

Un peu moins de 5 pour cent des personnes sur liste sont citoyens des Etats-Unis ou des résidants légaux permanents. Neuf pour cent des noms sur la liste du terrorisme, a dit le FBI, est aussi dans la liste de “non fly” (ne pas voler) que le gouvernement fédéral maintient.

Avant les attaques du 11 septembre 2001, le FBI exigeait, l’ouverture d’une enquête, une preuve qu’une personne ou un groupe avait commis un crime. “Maintenant, il ne demande plus cette preuve”, assure le quotidien.



Edité par T 34 - 13 Nov 2009 à 02:24
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Nov 2009 à 01:24

Les véritables objectifs de l’accord militaire signé avec la Colombie (Granma, Eva Gollinger)



Changement de société

Le document du Département de la Force aérienne des Etats-Unis a été rédigé en mai 2009 pour justifier la demande de budget émanant du Pentagone pour 2010. Il s’agit d’un document officiel de la Force aérienne, qui confirme la véracité du Livre blanc: la stratégie de mobilité globale du Commandement de la Force aérienne des Etats-Unis, dénoncée par le président Chavez lors de la réunion d’UNASUR à Bariloche, le 28 août dernier. J’ai mis le document et la traduction non officielle d’extraits concernant la base de Palanquero sur la page Web du Centre d’alerte pour la défense des peuples, un site en construction pour rendre disponibles les dénonciations et l’information stratégique. Il faut que les peuples puissent se défendre énergiquement des constantes agressions impériales.

IL ressort d’un document officiel du Département de la Force aérienne du Département de la Défense des Etats-Unis que la base militaire de Palanquero, en Colombie, «crée les conditions pour mener des opérations sur l’ensemble du spectre de l’Amérique du Sud». Cette affirmation contredit les explications fournies par le président colombien Alvaro Uribe et le Département d’Etat des USA sur l’accord militaire conclu le 30 octobre entre les Etats-Unis et la Colombie. Les deux gouvernements n’ont cessé de déclarer publiquement que cet accord militaire ne prévoit que des opérations et des actions sur le territoire colombien destinées à combattre le trafic de drogue et le terrorisme dans ce pays. Le président Uribe a maintes fois réitéré –y compris au Sommet de l’Unasur à Bariloche, Argentine– que son accord militaire avec Washington ne portera préjudice à aucun de ses voisins. Cependant, le document émis par l’US Army confirme le contraire, à savoir que les véritables intentions et objectifs de l’accord sont de mener des opérations militaires au niveau régional pour combattre «la menace constante… des gouvernements anti-USA».

L’accord entre Washington et la Colombie autorise l’accès et l’utilisation de sept installations militaires à Palanquero, Malambo, Tolemaida, Larandia, Apiay, Cartagena et Malaga, ainsi que «d’autres sites à caractère militaire» disséminés sur l’ensemble du territoire colombien, sans aucune restriction. Outre la pleine immunité accordée aux militaires, civils et entrepreneurs étasuniens sur le territoire colombien en vertu de cet accord, le fait qu’ils soient autorisés à disposer librement de toute installation dans ce pays, y compris des aéroports commerciaux, est interprété comme un abandon total de la souveraineté colombienne.

Le document des Forces armées US insiste sur l’importance de la base militaire de Palanquero, ainsi que sur la nécessité d’investir 46 millions de dollars dans la réfection de la piste de l’aérodrome, des rampes et de plusieurs autres installations de cette base pour en faire une Cooperative Security Location (CSL) «Cette Cooperative Security Location à Palanquero renforcera la Position stratégique du théâtre d’opérations du Commandement combattant (COCOM) et confirmera notre engagement vis-à-vis de la Colombie. L’établissement de cette CSL représentera une occasion unique pour mener des opérations sur l’ensemble du spectre d’une sous-région critique dans notre hémisphère, où la sécurité et la stabilité sont constamment menacées par des insurrections terroristes financées ou favorisées par le trafic de drogue, les gouvernements anti-USA, la pauvreté endémique et les fréquents désastres naturels…»

Point n’est besoin d’un grand effort d’imagination pour deviner quels sont les gouvernements d’Amérique du Sud accusés d’ «anti-américanisme» par Washington. Les constantes déclarations agressives contre le Venezuela et la Bolivie et même l’Equateur prouvent que les pays membres de l’ALBA sont perçus par Washington comme une «menace constante». Qu’un pays soit taxé d’«anti-américanisme», et il est aussitôt tenu pour un ennemi des Etats-Unis. Dans ce contexte, il est prévisible que les Etats-Unis pourront riposter par une agression militaire dans une région infestée «d’ennemis».


LE TRAFIC DE DROGUES : UN OBJECTIF SECONDAIRE

D’après le document, «l’accès à la Colombie approfondira les relations stratégiques avec les Etats-Unis. Les liens étroits de coopération en matière de sécurité offrent aussi une occasion de mener le spectre complet d’opérations sur l’ensemble de l’Amérique du Sud, et de renforcer la capacité de lutte contre le trafic de drogue». Ces lignes ne font que confirmer le caractère secondaire de la lutte contre le trafic de drogue. Ce qui contredit les explications fournies par les gouvernements de Colombie et des Etats-Unis, qui ont tenté de faire croire que le principal objectif de l’accord militaire était la lutte contre les trafiquants de stupéfiants. Le document de l’US Army privilégie les opérations militaires destinées à combattre «des menaces constantes» que représenteraient les gouvernements «anti-USA» de la région.


Palanquero est la meilleure base du point de vue de la portée continentale

Le document de la Force aérienne explique que «Palanquero est sans aucun doute le meilleur emplacement de Colombie pour investir dans le développement de l’infrastructure. Sa position stratégique facilite l’accès aux zones d’opérations (…) dans la région (…) et son isolement contribue (…) à minimiser le profil de la présence militaire étasunienne. L’intention est d’utiliser l’infrastructure existante (…), d’améliorer la capacité des Etats-Unis à riposter rapidement en cas de crise et d’assurer l’accès à la région et la présence étasunienne (…) Palanquero est un élément clé de la mobilité, parce qu’elle donne accès à tout le continent sud-américain, à l’exception du Cap Horn.


Espionnage et guerre

Le document de la Force aérienne confirme en outre que la présence militaire étasunienne à Palanquero augmentera les capacités d’espionnage et de renseignement, et permettra aux forces armées étasuniennes de renforcer leurs capacités à exécuter des actes de guerre en Amérique du Sud. «Le développement de (la base de Palanquero) resserrera la relation stratégique entre les Etats-Unis et la Colombie et sert les intérêts des deux nations (…) Il renforcera nos capacités en matière d’opérations de renseignement, d’espionnage et de reconnaissance, élargira notre portée mondiale, répondra aux besoins en logistique, améliorera nos relations avec nos partenaires et la coopération sur les théâtres de sécurité, de même que nos moyens de livrer une guerre éclair.»

Le langage franchement belliciste de ce document met en évidence les véritables intentions que recèle l’accord militaire Washington-Bogota: c’est une guerre en Amérique latine qui se prépare. Ces derniers jours ont été marqués par la recrudescence des conflits et des tensions entre la Colombie et le Venezuela: le gouvernement vénézuélien a capturé tout récemment trois espions du Département administratif de sécurité (DAS) de Colombie (son agence de renseignement et d’espionnage) et démantelé plusieurs opérations de déstabilisation et d’espionnage en cours d’exécution contre Cuba, l’Equateur et le Venezuela: les opérations Fénix, Salomon et Falcon ont été découvertes grâce aux documents dont les fonctionnaires arrêtés du DAS étaient porteurs. Deux semaines plus tôt, dix cadavres ont été retrouvés dans l’Etat de Tachira, à la frontière colombienne. L’enquête menée par les autorités vénézuéliennes a établi qu’il s’agissait d’un groupe de paramilitaires colombiens qui s’étaient infiltrés en territoire vénézuélien. Cette dangereuse infiltration de personnel paramilitaire en provenance de Colombie s’inscrit dans un plan de déstabilisation dirigé contre le Venezuela et tendant à la création d’un para-Etat en territoire vénézuélien qui affaiblirait le gouvernement du président Chavez.

L’accord militaire entre Washington et la Colombie n’a d’autre but que d’augmenter la tension et la violence régionales. L’information contenue dans le document de la Force aérienne des Etats-Unis montre à l’évidence que Washington cherche à susciter une guerre en Amérique du Sud et a fait de la Colombie sa base d’opérations. Face à cette déclaration de guerre, les peuples d’Amérique latine doivent donner des preuves d’unité et de force. L’intégration latino-américaine est la meilleure défense contre l’agression impériale.



Edité par T 34 - 17 Nov 2009 à 16:17
FSE Lille

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Depuis le: 26 Sep 2007
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Nov 2009 à 17:56
 
CounterPunch, 8 novembre 2009, article original : “The Evil Empire”; Le gouvernement des Etats-Unis est désormais si totalement sous la coupe des groupes d’intérêts organisés que « notre » gouvernement ne peut plus répondre aux préoccupations du peuple américain qui élit le président et les membres de la Chambre [des Représentants] et du Sénat. Les électeurs déchargeront leurs frustrations d’impuissance sur le président, ce qui implique dans le futur des présidents à mandat unique. Bientôt, nos présidents seront aussi inefficaces que les empereurs romains dans les derniers jours de leur empire.

Obama est déjà sur la voie d’une présidence à un seul mandat. Il a promis le changement, mais il n’en a fait aucun. Son projet de loi sur la santé est pris en otage par les compagnies d’assurance privées qui sont en quête de plus gros profits. L’issue la plus probable sera des réductions dans l’assistance médicale aux personnes âgées et aux plus démunis, afin de financer les guerres qui enrichissent le complexe militaro-industriel et les nombreuses entreprises créées en privatisant les services que l’armée se fournissait à elle-même à moindre coût. Il serait intéressant de connaître le pourcentage des 700 milliards de dollars et plus de la dépense pour la « défense » qui va aux entreprises privées. Dans le « capitalisme » américain, un montant incroyable des revenus des contribuables va aux sociétés privées en passant par le gouvernement. Pourtant, les Républicains crient à la « socialisation » du système de santé.

Les Républicains et les Démocrates ont vu l’occasion de créer de nouvelles sources de financement des campagnes électorales en privatisant autant de fonctions militaires que possible. Il y a désormais un grand nombre d’entreprises privées qui n’ont jamais fait un dollar en passant par le marché, s’abreuvant à la place directement au robinet public qui dépouille les contribuables de leurs dollars tous en bourrant les Américains d’obligations liées au service de la dette.

Obama avait hérité d’une occasion excellente de ramener les soldats américains à la maison des guerres illégales d’agression du régime de Bush. Dans ses derniers jours, le régime de Bush avait réalisé qu’il pouvait « gagner » en Irak en faisant embaucher par l’Armée des Etats-Unis les insurgés sunnites. Une fois que Bush eut 80.000 insurgés salariés de l’armée US, la violence, bien que toujours élevée, chuta de moitié. Tout ce que Obama avait à faire était de déclarer victoire et ramener nos gars à la maison, en remerciant Bush d’avoir gagné la guerre. Cela aurait cloué le bec aux Républicains.

Mais ce cours des choses intelligent aurait diminué les profits et le cours des actions de ces entreprises qui font partie du complexe militaro-industriel. Au lieu de faire ce qu’il avait promis de faire et ce pour quoi les électeurs l’avaient élu, Obama a donc redémarré la guerre en Afghanistan et lancé une nouvelle guerre au Pakistan. Bientôt, Obama allait reprendre à son compte les menaces de Bush et de Cheney d’attaquer l’Iran.

A la place de la protection médicale pour les Américains, il y aura plus de profits pour les compagnies d’assurance privées.

A la place de la paix, il y aura plus de guerre.

Les électeurs comprennent déjà que la catastrophe est imminente et se détachent d’Obama et des Démocrates. Les indépendants qui ont donné à Obama sa confortable victoire sont maintenant passés contre lui, faisant élire dernièrement deux gouverneurs républicains, l’un au New Jersey et l’autre en Virginie, pour succéder à deux Démocrates. C’est un vote de protestation, pas un vote de confiance pour les Républicains.

La crédibilité d’Obama est réduite à néant. Comme l’est celle du Congrès, à supposer qu’il en ait jamais eu une. La Chambre des Représentants vient juste de voter pour montrer au monde entier qu’elle n’est rien d’autre que servile et vénale et qu’elle est le pantin du Lobby d’Israël. La Chambre des Représentants de la « superpuissance » américaine a exécuté les ordres de son maître, l’AIPAC, et a voté à 344 voix contre 36 pour condamner le Rapport Goldstone.

Au cas où vous ne le sauriez pas, le Rapport Goldstone est le rapport de la mission d’enquête des Nations-Unies sur le conflit à Gaza. Le « conflit de Gaza » est l’attaque militaire israélienne contre le ghetto de Gaza, où vivent 1,5 millions de palestiniens dépossédés, dont les terres, les villages et les maisons ont été volés par Israël. Cette attaque a été menée contre des civils et des infrastructures civiles. Elle était sans aucun doute un crime de guerre selon les normes de Nuremberg, que les Etats-Unis ont établies afin d’exécuter les Nazis.

Goldstone est non seulement un éminent juriste juif qui a consacré sa vie à amener les gens à rendre des comptes pour leurs crimes contre l’humanité, mais il est également sioniste. Cependant, les Israéliens l’ont diabolisé en tant que « Juif qui a la haine de lui-même », parce qu’il a écrit la vérité au lieu de la propagande israélienne.

Le Député américain, Dennis Kucinich, dont le nom est à présent sans aucun doute écrit en rouge sur la liste d’extermination politique de l’AIPAC, a demandé à la Chambre si ses membres réalisaient la honte que le vote condamnant le Rapport Goldstone ferait retomber sur la Chambre et le gouvernement américain. Le reste du monde, sans exception, accepte le rapport Goldstone.

La Chambre a répondu avec son vote irrationnel que le reste du monde ne compte pas, puisqu’il ne verse pas de contributions aux campagnes électorales des membres du Congrès.

Cet acte honteux et servile de la « plus grande démocratie au monde » a eu lieu la semaine même où un tribunal italien a condamné 23 agents américains de la CIA pour avoir kidnappé une personne en Italie. Ces agents de la CIA sont à présent considérés comme des « fugitifs de la justice » en Italie, et c’est ce qu’ils sont vraiment.

La personne qu’ils ont enlevée a été remise à l’état fantoche américain d’Egypte, où la victime a été détenue pendant des années et régulièrement torturée. Les charges qui pesaient contre lui étaient tellement minces que même un juge égyptien a ordonné sa libération.

L’un des agents de la CIA reconnus coupables, Sabrina de Sousa, une jeune femme séduisante, déclare que les Etats-Unis ont violé la loi en kidnappant une personne et en l’envoyant dans un autre pays pour y être torturé, dans l’objectif de fabriquer un autre « terroriste », afin d’entretenir le bobard sur le terrorisme aux Etats-Unis. Sans le bobard terroriste, les guerres de l’Amérique pour des raisons d’intérêts spéciaux deviendraient transparentes, même pour les accros aux « Infos » de la Fox.

Mme de Sousa dit que « tout ce qu’elle a fait avait reçu l’approbation de Washington », pourtant le gouvernement, qui nous admoneste continuellement pour « soutenir les troupes », n’a rien fait pour la protéger lorsqu’elle a appliqué les ordres illégaux du régime de Bush.

Il est clair que cela signifie que le crime ordonné par Bush, Cheney, le Pentagone et la CIA est trop abominable et inadmissible pour être justifié, même par les mémos du méprisable John Yoo[1] et de la Société Fédéraliste Républicaine.

Mme de Sousa s’inquiète manifestement de sa propre personne. Mais, quelle est sa préoccupation pour la personne innocente qu’elle a envoyée vers un enfer égyptien afin d’y être torturée à mort, sauf à admettre sa qualité de terroriste ? Les remords exprimés par de Sousa sont seulement pour elle-même. Elle a obéi aux ordres de son gouvernement diabolique et le gouvernement diabolique qu’elle a si loyalement servi lui a tourné le dos. Elle n’a aucun remord pour le mal qu’elle a commis contre une personne innocente.

Peut-être de Sousa et ses 22 collègues ont-ils grandi en jouant à des jeux vidéo. C’était super de comploter pour kidnapper une personne réelle et l’envoyer en Egypte par un vol de la CIA. Etait-ce comme un pêcheur qui attrape un poisson ou un chasseur de cerf qui tue un superbe mâle ? Ils ont manifestement pris leur pied aux dépens de leur victime.

Les attendus de la cour italienne, et il faut garder en tête que l’Italie est un état fantoche acheté par les Etats-Unis, indiquent que même les pantins que nous achetons trouvent que les Etats-Unis sont trop difficiles à encaisser.

Si l’on regarde vers la partie immergée de l’iceberg, on a l’ambassadeur Craig Murray, recteur de l’Université de Dundee et, jusqu’en 2004, ambassadeur britannique en Ouzbékistan, qu’il dépeint comme un Etat stalinien totalitaire, courtisé et soutenu par les Américains.

En tant qu’ambassadeur, Murray a vu les rapports secrets du MI5 transmis par la CIA qui décrivaient les procédures les plus horribles de torture. « Des personnes étaient violées avec des tessons de bouteilles, des enfants étaient torturés devant leurs parents jusqu’à ce qu’ils [les parents] signent une confession, des gens étaient bouillis vivants. »

Les « renseignements » sur ces sessions de torture ont été passés par la CIA au MI5 et à Washington, comme preuve de la vaste conspiration d’al-Qaïda.

L’ambassadeur Murray rapporte que les personnes livrées par des vols de la CIA à des centres de torture ouzbeks « devaient confesser leur appartenance à al-Qaïda. On les obligeait à avouer qu’ils avaient été dans des camps d’entraînement en Afghanistan. On les obligeait à avouer qu’ils avaient rencontré Oussama ben Laden en personne. Et les renseignements de la CIA reprenaient constamment ces thèmes. »

« J’étais complètement abasourdi », déclare l’ambassadeur britannique, qui pensait servir un pays vertueux qui, en compagnie de son allié américain, avait de l’intégrité morale. Le formidable bastion anglo-américain de la démocratie et des droits de l’homme, les foyers de la Magna Carta et de la Constitution des Etats-Unis, les formidables démocraties morales qui avaient vaincu le nazisme et qui s’étaient dressées contre les goulags de Staline, étaient prêtes à commettre n’importe quel crime pour maximiser leurs profits.

L’ambassadeur Murray en a trop appris et il a été viré quand il a tout vomi. Il a vu les documents qui prouvaient que la motivation de l’agression militaire des Etats-Unis et de l’Angleterre en Afghanistan était en rapport avec les gisements de gaz naturel en Ouzbékistan et au Turkménistan. Les Américains voulaient un pipeline qui contourne la Russie et l’Iran et qui traverse l’Afghanistan. Pour s’en assurer, une invasion était nécessaire. On pouvait dire au public américain imbécile que l’invasion était nécessaire à cause du 11/9 et pour les sauver du « terrorisme », et ces triples idiots ont cru ce mensonge.

« Si l’on regarde le déploiement des forces étasuniennes en Afghanistan, comparé à celui des forces de l’Otan, on voit sans aucun doute que les forces américaines sont positionnées pour garder l’itinéraire du pipeline. Il ne s’agit que de ça. C’est une question d’argent et d’énergie, ce n’est pas pour la démocratie. »

Devinez qui était le consultant qui a arrangé avec le gouverneur du Texas George W. Bush les accords donnant à Enron les droits sur les gisements de gaz naturel en Ouzbékistan et au Turkménistan et attribuant à Unocal[2] le développement du pipeline trans-afghan ? C’était Karzaï, le président imposé par les Etats-Unis à l’Afghanistan, qui n’a aucun soutien dans son pays, à part les baïonnettes américaines.

L’ambassadeur Murray a été viré des Affaires Etrangères britanniques à cause de ses révélations. Il ne fait aucun doute que notre pantin anglais avait reçu ses ordres de Washington.

Paul Craig Roberts a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan.

Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]

Notes :
__________________________

[1] John Choon Yoo (né en 1967 à Séoul) est l’ancien assistant du juge Clarence Thomas, professeur de droit à Berkeley. Il est membre du Council on Foreign Relations, de la Federalist Society et chercheur à l’American Enterprise Institute. Ancien conseiller de John Ashcroft au département de la Justice (2001-2003), il est co-rédacteur du mémo demandant que la Convention de Genève ne soit pas appliquée aux combattants illégaux faits prisonniers dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. (source : Wikipedia)


Les industries pharmaceutiques élèvent leurs prix avant la réforme du système de santée



Edité par T 34 - 16 Nov 2009 à 19:26
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Berné, trahi, toujours pas soigné : la Chambre des Représentants vote pour le renflouement des compagnies d’assurances privées

 

Bruce DIXON
 
Maintenant, nous savons ce que veut dire l’administration d’Obama par "réforme du système de santé". Elle veut dire garantir le droit des compagnies d’assurances et pharmaceutiques de réaliser des bénéfices. Elle veut dire faire de l’assurance maladie comme pour l’assurance automobile : obliger tout le monde à souscrire à une assurance auprès d’un assureur privé, sauf pour les plus pauvres d’entre nous, à qui on proposera une "option publique" limitée et coûteuse au point d’en discréditer le terme de "public" chaque fois qu’il sera associé à "système de santé".

Il n’y a pas de façon polie de dire ça. Si vous faites partie des millions qui ont voté pour le Parti Démocrate aux élections pour le Congrès ou la Maison Blanche, l’an dernier, parce qu’ils promettaient de mettre en place une assurance maladie universelle, vous avez été berné et trahi.

La législation dont a accouché la Chambre, samedi dernier, est un pas de géant en arrière qui nous éloigne du système de santé de qualité, abordable, non exclusif ("everybody in, nobody out" (*) ) que, d’après les sondages, veulent la grande majorité des citoyens aux Etats-Unis.

Ceux qui soutiennent la Maison Blanche persistent à dire que même si la loi est imparfaite, c’est un pas de géant en avant, qui permet d’offrir une assurance maladie à des millions de personnes qui n’en avaient pas, et qu’en tous cas, c’était ce qu’ils pouvaient faire de mieux dans la conjoncture politique actuelle. Difficile d’imaginer que quiconque peut gober ça.

Au lieu de reconnaitre que l’accès aux soins de santé pour tous était un droit fondamental, la Maison Blanche et les démocrates du Congrès ont gravé dans le marbre le droit des entreprises privées à réaliser des profits sur la distribution ou la non-distribution de soins médicaux.

L’assurance maladie sera obligatoire, comme l’assurance auto, et les subventions publiques permettront à tous d’acheter les produits de mauvaise qualité, trompeurs et défectueux du secteur de l’assurance privée, qui déjà perçoit un dollar sur trois de l’argent consacré aux soins de santé, juste pour servir d’intermédiaire entre le patient et la prestation dont il a besoin.

Parmi les millions de nouveaux clients que les assurances vont voir arriver grâce au "mandat individuel" (comme ils disent), beaucoup sont les jeunes en bonne santé qui versent des cotisations et ont rarement besoin d’aller chez le médecin – les clients les plus rentables pour les assurances.

Les compagnies pharmaceutiques seront protégées de la concurrence avec les génériques grâce aux médicaments dont la croissance est la plus rapide : la soi-disant "biopharmacie", qui prépare à peu près tous les vaccins.

L’option publique qui, avaient assuré les progressistes tout l’été, serait la ligne jaune qu’ils ne franchiraient pas, avait déjà été écartée dès le début du printemps. Les élus le savaient mais ils nous ont raconté des bobards tout l’été en se répandant avec enthousiasme sur ces merveilles imaginaires, nous expliquant que cela permettrait de réduire les dépenses et de concurrencer efficacement les assureurs privés.

Même Howard Dean nous a raconté que l’option publique était "mieux pensée que Medicare". Il mentait, comme l’ont fait beaucoup de démocrates. Et l’interdiction de l’utilisation de la clause "état de santé préexistant" est annihilée par les dispositions de la loi qui encouragent les compagnies d’assurance à instaurer des bonus pour "bonne santé", un moyen détourné de pratiquer le même genre de segmentation que permettait la discrimination basée sur un "état de santé préexistant".

Non seulement les compagnies d’assurances n’auront pas le droit d’offrir des services concernant l’avortement pour les polices financées par l’état mais elles ne sont même pas obligées de proposer des examens pelviens ou des services du planning familial de quelque sorte que ce soit. Certaines compagnies ne le feront donc pas, c’est indubitable.

Medicare va être amputé de, selon la version que vous préférez, 300 à 500 milliards de dollars et les aides de ceux qui en bénéficient seront taxées pour financer l’"option publique" et les contrats bas de gamme des assurances privées, ce qui permettra aux républicains racistes de dire à leurs concitoyens que leurs impôts payés à la sueur de leur front sont utilisés pour rembourser les médicaments de Noirs fainéants et profiteurs et de soi-disant "immigrés clandestins".

Et même si des millions de personnes vont aussi bénéficier d’une quelconque assurance maladie, à peu près tous ceux qui en prendront une entre maintenant et 2013 le feront grâce à l’extension de Medicaid car ils ne pourront pas souscrire à une assurance auprès des compagnies privées qui n’offriront pas les contrats privé-public avant 2013 au plus tôt.

Pourquoi faut-il trois ans, voire plus, pour mettre en place cette tentative du président Obama de réformer le système d’assurance maladie quand Medicare, dans les années 60, avait été totalement opérationnel en moins d’un an, c’est une question qui n’a jamais été posée. 2013, c’est loin. C’est à deux séries d’élections de là, après les mi-mandat de 2010 et après la campagne pour les présidentielles de 2012.

L’espoir est une drogue qui monte à la tête, mais il est difficile de s’imaginer comment la pipe à crack va pouvoir rester chaude tout ce temps-là. Entre aujourd’hui et le moment où les illusions sur la réforme de santé promise par Obama seront dissipées, des milliers de personnes seront mortes parce qu’elles n’auront pas pu se soigner, et des centaines de milliers d’autres seront en faillite personnelle. Les écarts entre les promesses et les faits se multiplient, et pourraient coûter aux démocrates la majorité au Congrès dès l’an prochain.

Mais le véritable changement vient rarement, si ce n’est jamais, d’en haut. Le véritable changement vient d’en bas. La vague de sit-in et d’actions civiles qui déferle en faveur de l’assurance maladie publique, la seule solution plausible à la crise, ne montre pas de signes de faiblesse. Comme les crises de l’immobilier et les crises économiques générales, dont le gouvernement et les médias nous annoncent la fin tous les jours, la crise du système de santé va traîner en longueur pendant un bon moment.

Bruce Dixon

Bruce Dixon est le directeur de la rédaction du site Black Agenda Report
http://blackagendareport.com/ , installé à Atlanta

Titre original : "Played, Betrayed, Health Care Delayed : House Passes Bailout For Private Insurance Companies".
Posté le 11/11/2009 Source : http://www.blackagendareport.com/?q...

Traduction emcee des Bassines et du Zèle pour le Grand Soir

Note :

* "Everybody in, nobody out", slogan lancé par Obama pour dire qu’il soutenait un régime d’assurance maladie universel public
http://www.correntewire.com/june_5_2009_oregon_single_payer_action


Inquiètude aux Etats-Unis à la révélation de l'augmentation des foyers où les aliments manquent



Edité par T 34 - 17 Nov 2009 à 17:45
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Mumia Abu-Jamal est dans le couloir de la mort depuis 1982, condamné dans un simulacre de procès pour l’assassinat d’un policier de Philadelphie Daniel Faulkner.

Son importance pour la communauté noire et ceux qui lutte contre l’injustice et l’oppression est inestimable, comme l’illustre ce magnifique hommage avec une collection d’artistes sur ce double album de Black Waxx intitulé: «On the Move”.

D’autres musiciens ont fait des hommages dans le passé pour Mumia, mais Black Waxx a compilé une liste impressionnante li d’artistessur cet excellent album.

Black Waxx est également à l’origine du documentaire novateur «Disappearing Voices: The Decline of Black Radio», dirigée par U-Savior Washington.

On the Move met en vedette des artistes légendaires tels que Public Enemy, Abiodun Oyewole de The Last Poets et le Black rock group Living Colour. Du Jazz fusion standout Kafele Bandele; Neo-Soul Soul chanteuse Nana et les rappeurs Immortal Technique, Hasan Salaam et Kahlil Khan sont partis d’une tournée musicale honorant Mumia.

Abu-Jamal, connu comme «la voix des sans-voix» a été rebaptisée «le plus connu prisonnier dans le couloir de la mort dans le monde.”

Des organisations comme la NAACP Legal Defense Fund, Amnesty International, Human Rights Watch, ainsi que d’innombrables célébrités et des dirigeants communautaires ont longtemps protesté contre la procédure injuste et inéquitable dans le cas Abu-Jamal.

De nombreuses personnes soutiennent que le journaliste primé à eu procès à charge pour avoir été un journaliste militant et ancien ministre de l’information des Black Panther . Cela comprenait la pénétration dans la corruption politique à Philadelphie et la guerre de cette ville contre la MOVE Organization, un groupe pour le retour à la nature, dont les locaux ont été réduits en ruines dans un attentat à la bombe autorisé par l’ancien maire de Philadelphie, Wilson Goode, en 1985.

Les militants et les journalistes, comme le journaliste de Philadelphie Lynn Washington, ont mis en évidence de nombreuses incohérences et d’irrégularités dans l’affaire de Mumia Abu-Jamal’s like: subornation de témoin, témoignage sous la contrainte et a créer un précédent judiciaire connu comme « l’exception Mumia »,

Par ailleurs, le présidant le juge Albert Sabo est connu pour avoir déclaré qu’il allait aider les procureurs à “fry the nigger.” ».

Les gens impartiaux peuvent contester la culpabilité ou l’innocence d’Abu-Jamal.. Toutefois, le fait que sa condamnation était injuste est indiscutable. Son cas représente la plus grossière deS violations de l’équité dans la jurisprudence américaine. Basé sur ceLA, sans parler de ses 30 ans dans le couloir de la mort, il devrait être libéré immédiatement

 

Cette production Black Waxx Noire de deux disques est commencée , sur le disque étiqueté : “Freedom Side,” par un collage audio de voix articulées en défense de Mumia dans une piste faite par The Hard Wash. Il est suivi par Public Enemyavec ” Révolution” qui utilise habilement un extrait de la chanson de lastar décédée Reggae Dennis Brown “Revolution”. .

Pour commander le CD :
http://www.mumiatv.com/

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Nov 2009 à 20:15
Guantanamo: Obama admet que la prison ne pourra être fermée à la date prévue

(AFP)

WASHINGTON — Le président américain Barack Obama a reconnu pour la première fois que la prison de Guantanamo ne pourrait être fermée à la date prévue, fin janvier, comme il s'y était engagé à son arrivée à la Maison Blanche, dans une interview diffusée mercredi sur la chaîne NBC.

"A propos de Guantanamo, nous avions une date-butoir spécifique que nous avons manquée", a déclaré le président américain, interrogé sur la chaîne de télévision américaine sur la date de fermeture du camp.

Quelques jours après son arrivée à la Maison Blanche, M. Obama avait ordonné la fermeture en janvier 2010 du camp de Guantanamo, une mesure soulignant sa volonté de rompre avec les politiques controversées de son prédécesseur George W. Bush.

215 détenus restent enfermés sur la base américaine de Guantanamo qui accueille des suspects de terrorisme.

Les photos des sévices donnés par l'armée américaine pas publiées

 

torture | Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a interdit la publication de 44 photos de soldats américains infligeant des sévices à des détenus en Irak ou en Afghanistan.

Il a pris cette décision en vertu d'une loi adoptée fin octobre par le Congrès, selon des documents judiciaires.

Dans une lettre envoyée à la Cour suprême des Etats-Unis, dont l'AFP s'est procuré copie mardi, le gouvernement Obama explique que, "le 13 novembre, le secrétaire (Gates) a personnellement exercé l'autorité qui lui a été dévolue par la loi à propos de 21 photographies dont le sort est devant la Cour suprême et de 23 autres, identifiées dans un arrêt de cour d'appel".

Prises entre le 11 Septembre 2001 et le 22 janvier 2009, les photos décrivent en effet "le traitement infligé ou subi par des personnes engagées ou détenues après le 11-Septembre par les forces armées américaines hors des Etats-Unis".

"Leur publication mettrait en danger les citoyens américains, membres des forces armées ou employés par les Etats-Unis, déployés hors du territoire", précise encore le gouvernement, citant la décision de M. Gates.

"Nous sommes déçus (...), ces photos constituent une part importante de nos archives historiques et sont capitales dans le débat en cours sur les responsabilités" dans les mauvais traitements subis par les prisonniers en Irak et en Afghanistan, a estimé dans un communiqué l'Association de défense des libertés civiles (ACLU).

C'est cette association qui, au printemps 2009, avait obtenu en justice la publication des photos.

Alors que le Pentagone semblait prêt à les rendre publiques, le 13 mai, le président Barack Obama avait bloqué toute parution des photos, estimant qu'elles risquaient d'"attiser encore davantage les sentiments anti-américains et d'exposer nos soldats à un danger plus grand".

Le gouvernement avait alors saisi la Cour suprême pour qu'elle interdise la publication. Mais le Congrès est allé plus vite et a ajouté, à l'unanimité fin octobre, une clause à la loi sur le budget de la Sécurité intérieure, donnant autorité au secrétaire à la Défense de refuser de publier ce type de photos, s'il peut certifier qu'elles mettraient en danger des Américains.

Dans sa lettre, le gouvernement Obama explique que la plus haute juridiction des Etats-Unis n'a plus besoin d'examiner la question.



Edité par T 34 - 18 Nov 2009 à 20:54
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Le déclin précipité de l’hégémonie américaine
Michael T. Klare   


Note à l’attention de la CIA : Vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité.


Trêve de plaisanterie. Passons maintenant à la version sérieuse de ce qui précède : En Novembre 2008, le National Intelligence Council (NIC), une branche de la Central Intelligence Agency, a publié le dernier rapport d’une série de publications futuriste, destinées à défricher le terrain pour la future administration Obama. Cette consultation de boule de cristal analytique s’est conclue par un rapport intitulé « Tendances mondiales 2025 », où l’agence prédit que l’hégémonie américaine tendrait à disparaître progressivement au cours des 15 prochaines années - parallèlement à la montée de nouvelles puissances mondiales, en particulier la Chine et l’Inde. Ce rapport examinait de nombreux aspects de l’environnement stratégique du futur, mais sa conclusion la plus remarquable - et qui a fait les unes - était celle d’une érosion à long terme de la domination américaine et de l’émergence de nouveaux concurrents mondiaux. « Bien que les États-Unis puissent rester l’acteur le plus puissant [en 2025] », constatait sans ambages cette étude, la « puissance relative - même dans le domaine militaire - diminuera et les moyens d’actions des USA seront plus limités. »

Ce rapport, appartient déjà au passé. Aujourd’hui, quelques 11 mois plus tard, les choses ont déjà changé. Ces prédictions futuristes devront être adaptées aux réalités rapidement changeantes de la situation actuelle. Bien qu’ayant été publié après le début de la crise économique mondiale, ce rapport a été rédigé avant que cette crise n’atteigne son maximum. Il affirmait donc que le déclin de la puissance américaine serait graduel, s’étendant au-delà de l’horizon de 15 ans qui était celui de l’étude. Mais la crise économique et les événements qui l’ont accompagné ont radicalement bouleversé ce calendrier. À la suite des énormes pertes subies par l’économie américaine durant l’année écoulée, et d’un redémarrage surprenant de l’économie chinoise, la transition des pouvoirs que ce rapport prévoyait s’est accélérée. Lorsque l’on examine les faits, cette année 2025 est déjà là.

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine - désignés collectivement par l’acronyme BRIC - jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux. Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales - le Groupe des 7 (G-7) - s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable. Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes. Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

Personne ne semble le dire haut et fort - pour le moment - mais exprimons les choses crûment : après que moins d’un an se soit écoulé sur les 15 années qu’analysait le rapport de la CIA, la période de la domination incontestée de l’Amérique sur le monde est arrivée à son terme. Cela pourra prendre une décennie ou deux (ou trois) avant que les historiens ne soient capables de porter leurs regards en arrière et de se prononcer avec certitude sur « le moment où les Etats-Unis ont cessé d’être la puissance dominante de la planète et ont été forcés de se comporter comme un acteur majeur parmi d’autres dans un monde où existent plusieurs grandes puissances rivales. » Cependant, pour les esprits observateurs, les indices de cette grande transition sont déjà visibles.

Six étapes vers un destin de nation ordinaire

Voici la liste de six événements récents qui indiquent selon moi que nous sommes entrés en « 2025 » dès aujourd’hui. Tous les six ont été rapportés par les médias ces dernières semaines, bien qu’ils n’aient jamais été mis en perspective tous ensembles. Ces six évènements (ainsi que d’autres, semblables) forment un motif : ils dessinent une nouvelle ère en formation.

1. Lors du sommet économique mondial de Pittsburgh, les 24 et le 25 septembre, les dirigeants des grandes puissances industrielles, le G-7 (G-8 si l’on inclut la Russie) ont accepté de transférer la responsabilité de la supervision de l’économie mondiale à un groupe plus vaste, plus ouvert : le Groupe des 20 (G-20), incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, et d’autres pays en développement. Bien que des doutes aient été soulevés quant à la capacité de ce groupe élargi à exercer un leadership efficace au niveau mondial, il ne fait aucun doute que cette transformation signale un déplacement de la puissance économique dans le monde, de l’Ouest en direction de l’Est et le Sud. Ce déplacement entérine une baisse considérable de la prééminence économique américaine.

« La véritable signification du G-20 n’est pas celle d’un passage de relais du G-7/G-8 mais du G-1 : les États-Unis », a écrit dans le Financial Times Jeffrey Sachs de l’Université de Columbia. « Durant les 33 années du Forum économique du G-7, les États-Unis ont impulsé les décisions économiques les plus importantes. » Le déclin du leadership américain au cours de ces dernières décennies a été obscurci par l’effondrement de l’Union soviétique et par l’avance initiale acquise par les USA dans les technologies de l’information, note également Jeffrey Sachs, mais on ne peut plus désormais se méprendre sur cette transition du pouvoir économique des Etats-Unis en direction de la Chine et des autres locomotives des économiques émergentes.

2. Selon la presse, les rivaux économiques de l’Amérique ont tenu des réunions secrètes (mais pas tant que cela) afin d’étudier une réduction du rôle du dollar US - qui perd de sa valeur - dans le commerce international. Jusqu’à présent, l’utilisation du dollar comme devise internationale procurait aux États-Unis un avantage économique important : ils pouvaient simplement imprimer des dollars pour faire face à leurs obligations internationales alors que les autres pays doivent convertir leurs propres devises en dollars, ce qui entraîne souvent des surcoûts significatifs. Désormais, nombre de grands pays exportateurs - dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et les pays pétroliers du golfe Persique - envisagent l’utilisation de l’euro, ou d’un « panier » de monnaies pour leurs échanges commerciaux. S’il est adopté, un tel plan accélérerait la chute vertigineuse du cours du dollar et éroderait encore davantage l’influence américaine sur les affaires économiques internationales.

L’une de ces rencontres aurait eu lieu cet été lors d’un sommet des BRIC. Alors qu’il ne s’agissait que d’un concept il y a un an, lorsque le terme de BRIC a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, le groupe des BRIC est devenu une réalité en juin lorsque les dirigeants des quatre pays ont tenu une session inaugurale à Iekaterinbourg, en Russie.
Le fait même que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine aient choisi de se constituer en groupe a été considéré comme significatif, car ces pays rassemblent conjointement environ 43% de la population mondiale et devraient représenter 33% du produit intérieur brut mondial d’ici 2030 - à peu près autant que les États-Unis et l’Europe occidentale à cet horizon. Bien que les dirigeants du groupe BRIC aient décidé à ce stade de ne pas former un organe permanent comme le G-7, ils sont convenus de coordonner les efforts visant à développer des alternatives au dollar et à réformer le Fonds Monétaire International, pour que les pays non occidentaux y disposent d’une voix plus forte.

3. Sur le front diplomatique, les efforts de Washington pour obtenir le soutien d’une pression internationale accrue sur l’Iran afin qu’il mette un terme à son programme d’enrichissement d’uranium ont été rejetés par la Russie et la Chine. Un mois après que le président Obama ait annulé le projet de déploiement d’un système anti-missiles en Europe orientale, souhaitant apparemment obtenir le soutien russe sur une position plus dure envers Téhéran, les hauts dirigeants russes ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucune intention de cautionner un renforcement des sanctions contre l’Iran. « Les menaces, les sanctions et les pressions dans la situation actuelle, nous en sommes convaincus, seraient contre-productifs », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey V. Lavrov, après une réunion avec le secrétaire d’État Hillary Clinton à Moscou le 13 octobre. Le lendemain, le Premier ministre russe Vladimir Poutine déclarait que la menace de sanctions était « prématurée ». Étant donné les risques politiques qu’a pris Obama en annulant le programme de bouclier anti-missiles - une mesure largement condamnée par les Républicains à Washington - le refus rapide de Moscou de coopérer avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien ne peut être interprété que comme un signe supplémentaire du déclin de l’influence américaine.

4. On peut tirer exactement la même conclusion après la réunion de haut niveau qui s’est tenue à Pékin le 15 octobre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi. « Les relations sino-iraniennes ont connu un développement rapide, depuis que les dirigeants des deux pays ont de fréquents échanges et que la coopération dans le commerce et l’énergie s’est élargie et approfondie », a déclaré M. Wen, au Palais du Peuple. Intervenant à un moment où les États-Unis sont engagés dans une campagne diplomatique vigoureuse pour persuader la Chine et la Russie, entre autres, de réduire leurs liens commerciaux avec l’Iran, en prélude au renforcement des sanctions, cette déclaration chinoise ne peut être considérée que comme une nette rebuffade en direction de Washington.

5. Les tentatives de Washington pour obtenir un soutien international à l’effort de guerre allié en Afghanistan ont également rencontré des réponses étonnamment décevantes. Pour preuve, la manifestation de soutien réticent à l’effort de guerre américain du Premier ministre britannique Gordon Brown lorsqu’il a annoncé le 14 octobre que la Grande-Bretagne enverrait davantage de troupes pour renforcer le contingent britannique dans ce pays - mais seulement 500 de plus, et seulement si d’autres nations européennes augmentaient leur participation militaire, chose qu’il sait sans doute hautement improbable. Jusqu’à aujourd’hui, ce minuscule contingent provisoire représente le total des troupes supplémentaires que l’administration Obama a été en mesure d’obtenir de ses alliés européens, et ce en dépit d’une campagne diplomatique soutenue pour le renforcement de la force combinée de l’OTAN en Afghanistan. En d’autres termes, même l’allié le plus fidèle et docile des USA en Europe ne semble plus disposé à supporter le poids de ce qui est largement perçu comme une couteuse et épuisante aventure militaire américaine dans le Grand Moyen-Orient.

6. Enfin, en un geste dont la portée symbolique est frappante, le Comité International Olympique (CIO) a choisi d’ignorer Chicago (de même que Madrid et Tokyo) et désigné Rio de Janeiro pour la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2016. C’est la première fois qu’une nation sud-américaine se voit décerné cet honneur. Avant le vote, Chicago était considérée comme un candidat sérieux, surtout depuis que Barack Obama, qui y a habité, s’était personnellement déplacé à Copenhague pour faire pression sur le CIO. Néanmoins, à la surprise générale, Chicago a non seulement perdu, mais a été éliminée dès le premier tour de scrutin.

« Le Brésil est passé d’un pays de deuxième classe à un pays de première classe, et aujourd’hui, nous commençons à être considéré avec le respect que nous méritons », a déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une célébration de la victoire à Copenhague après le vote. Durant ce processus de décision des Olympiades les États-Unis se sont vus sans ménagement et ostensiblement rétrogradés du rang de seule superpuissance à celui de compétiteur malchanceux, et ce moment symbolisait l’entrée de la planète dans une nouvelle ère.

Devenir un pays ordinaire

Ce ne sont que quelques exemples de développements récents qui me laissent penser que les jours de l’hégémonie américaine sont déjà arrivés à leur terme, des années plus tôt que les services de renseignement américain ne l’avaient prévu. Il est de plus en plus clair que d’autres puissances - même parmi nos plus proches alliés - poursuivent une politique étrangère de plus en plus indépendante, quelles que soient les pressions que Washington tente d’exercer.
Bien sûr, rien de tout cela n’implique que les États-Unis ne pourront pas conserver pendant un certain temps encore la plus puissante économie au monde et, en termes de capacité de destruction, la plus puissante force militaire. Néanmoins, il ne fait aucun doute que l’environnement stratégique dans lequel les dirigeants américains doivent prendre des décisions critiques, lorsque les intérêts nationaux vitaux sont en jeu, a changé de façon spectaculaire depuis le début de la crise économique mondiale.

Plus significatif encore, le président Obama et ses principaux conseillers commencent à contrecœur à remodeler la politique étrangère américaine en ayant à l’esprit cette nouvelle réalité mondiale. Cela paraît évident, par exemple, dans la décision de l’administration de réexaminer la stratégie américaine en l’Afghanistan.

C’est seulement en mars que le président a adopté une nouvelle stratégie de contre-insurrection en Afghanistan, consistant en un renforcement de la présence américaine sur le terrain, accompagné d’un engagement de longue durée pour gagner les cœurs et les esprits dans les villages où les talibans ont réapparu. C’est sur cette base qu’il a limogé le commandant en chef en Afghanistan, le général David D. McKiernan, pour le remplacer par le général Stanley A. Mc Chrystal, considéré comme un partisan plus résolu de la contre-insurrection. Toutefois, lorsque Mc Chrystal a présenté à Obama la facture de cette stratégie - 40 000 à 80 000 soldats supplémentaires (en plus des 20.000 et quelques renforts récemment déployés) - nombreux sont ceux qui ont pâli dans la garde rapprochée du Président.

Un tel déploiement coûtera non seulement des centaines de milliards de dollars au Trésor, ce qu’il peut difficilement se permettre, mais la pression exercée sur l’armée et le Corps des Marines peut devenir presqu’insupportable après ces nombreuses années de déploiements multiples et répétés et de stress en Irak. Ce prix serait plus tolérable, bien sûr, si les alliés de l’Amérique acceptaient de prendre une plus grande part de cette charge, mais ils sont de moins en moins disposés à le faire.

Les dirigeants de la Russie et la Chine ne sont sans doute pas entièrement mécontent de voir les États-Unis épuiser leurs ressources financières et militaires en Afghanistan. Dans ces circonstances, il n’est guère surprenant que le Vice Président Joe Biden, entre autres, préconise un nouveau tournant dans la politique américaine, avec une stratégie moins coûteuse de contre-terrorisme - plutôt que de contre-insurrection - qui viserait pour partie à démanteler Al-Qaïda au Pakistan - à l’aide de drones et des forces spéciales - au lieu de mobiliser de nombreuses troupes américaines (tout en laissant le niveau des forces en Afghanistan relativement inchangé).

Il est trop tôt pour prédire sur quoi va déboucher cette réévaluation par le président de la stratégie américaine en Afghanistan, mais le fait qu’il n’ait pas accepté immédiatement le plan Mc Chrystal et ait laissé libre cours à Joe Biden pour défendre sa position suggère qu’il puisse finir par comprendre ce qu’il y aurait de déraisonnable à accroitre les engagements militaires américains à l’étranger au moment où la prééminence mondiale des USA est sur le déclin.

On perçoit cette prudence d’Obama dans autres décisions prises récemment. Bien qu’il continue d’affirmer que l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran est inadmissible et que l’utilisation de la force pour l’en empêcher reste une option, il a clairement fait en sorte de réduire au minimum la probabilité que cette option - qui pourrait également être compromise par des « alliés » récalcitrants - soit jamais utilisée.

Par ailleurs, il a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie américaine, en cherchant l’amélioration des liens avec Moscou et en permettant que soient repris les contacts diplomatiques avec des Etats précédemment considérés comme parias, tels la Birmanie, le Soudan et la Syrie. Cela reflète également la réalité de notre monde en évolution : la posture du « je vaux mieux que toi » et de l’intimidation adoptée par l’administration Bush envers ces pays et d’autres durant près de huit ans n’a que rarement permis d’obtenir quoique ce soit. On peut se représenter cela comme la reconnaissance implicite que les États-Unis sont descendus de leur statut de « superpuissance unique » de la planète à celui de pays ordinaire. C’est après tout ce que font les pays ordinaires : ils engagent des pourparlers diplomatiques avec les autres pays, qu’ils aiment ou non leurs gouvernements actuels.

Bienvenue donc, dans le monde de 2025. Il ne ressemble plus à celui de notre passé récent, lorsque les États-Unis dépassaient de la tête et des épaules toutes les autres nations, et ne convient qu’assez mal aux fantasmes de puissance mondiale nés à Washington depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Mais c’est la réalité.

Pour beaucoup d’Américains, la perte de cette prééminence pourrait provoquer de l’inconfort, voire du désespoir. Mais d’un autre côté, il convient de reconnaitre les avantages qu’il y a à être un pays ordinaire, comme n’importe quelle autre nation : personne ne s’attend à ce que le Canada, la France ou l’Italie envoient 40 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, en plus des 68 000 qui y sont déjà et des 120 000 hommes en Irak. Personne non plus ne s’attend à ce que ces pays consacrent 925 milliards de dollars sur l’argent des contribuables à cette fin - ce que coûtent ces deux guerres, selon le National Priorities Project.

Une question demeure : Combien de temps encore persistera à Washington le sentiment que les Américains peuvent se permettre de financer leur rôle mondial, avec le maintien de bases militaires sur une bonne partie de la planète et la poursuite de guerres lointaines au nom de la sécurité mondiale, alors que l’économie américaine perd autant de terrain face à ses concurrents ? Tel est le dilemme auquel le président Obama et ses conseillers doivent se confronter dans ce monde transformé de l’année 2025.


Source: TomDispatch

Traduction: Contre Info

Le budget du Pentagone : le plus élevé de tous les temps et en augmentation constante
Sara Flounders   

Le 28 octobre, le président Barack Obama a signé le décret d’autorisation de la Défense pour 2010, c’est-à-dire le plus gros budget militaire de l’histoire des EU. Il n’est pas seulement le plus gros budget militaire au monde, il est en même temps plus important que l’ensemble des dépenses militaires du reste de la planète.

Et, d’année en année, il ne cesse de croître. Le budget militaire de 2010 – qui ne couvre même pas toute une série de dépenses ayant trait à la guerre – a été fixé à 680 milliards de dollars. En 2009, il était de 651 milliards alors qu’en 2000, il n’était encore que de 280 milliards. Il a donc plus que doublé en dix ans.

 

Quel contraste avec la question des soins de santé !

Le Congrès américain a ergoté autour d’un plan des soins de santé de base – une chose que possèdent tous les autres pays industrialisés sous une forme ou une autre – durant plus de six mois. Il y a eu d’intenses pressions de la part des compagnies d’assurances, des menaces de la droite et des mises en garde sévères : le plan des soins de santé ne pourrait accroître le déficit d’un seul cent.

Pourtant, au beau milieu de ce débat d’une importance vitale pour les soins médicaux des millions de travailleurs et de pauvres qui ne bénéficient d’aucune couverture de soins, une subvention gargantuesque aux plus importantes des sociétés américaines a été adoptée sans qu’il y ait pratiquement de discussion et d’articles dans la presse, alors que la chose concerne des contrats militaires et des systèmes d’armement, lesquels génèrent chaque fois de véritables déficits.

L’organisation Médecins pour un programme national de santé estime qu’un plan de santé entièrement financé par l’État coûterait 350 milliards de dollars par an, ce qui, en fait, équivaudrait au montant économisé avec l’élimination de tous les frais administratifs de l’actuel système privé de soins de santé – un système qui exclut presque 50 millions de personnes.

Comparez cela aux dépassements du budget militaire chaque année. Même le président Obama a déclaré, en signant le budget du Pentagone : « Le Bureau gouvernemental des comptes (GAO - Government Accountability Office), a examiné 96 importants projets de défense de l’an dernier et a découvert que les dépassements totalisaient 296 milliards de dollars. » (voir : whitehouse.gov , 28 octobre 2009)

La pyramide de Ponzi à 50 milliards de dollars de Bernard Madoff, dont certains prétendent qu’elle est la plus grosse arnaque de l’histoire, semble minable, en comparaison. Pourquoi n’y a-t-il pas d’enquête pénale sur ce vol de plusieurs dizaines de milliards de dollars ? Où sont les questions du Congrès ou les manifestations d’hystérie médiatique sur ces 296 milliards de dépassements ? Pourquoi les PDG des sociétés ne sont-ils pas amenés menottés au tribunal ?

Les dépassements de frais font partie intégrante des subventions militaires aux plus grandes des sociétés américaines. Ils sont traités comme des affaires ordinaires. Qu’importe le parti au pouvoir, le budget du Pentagone grossit, les dépassements de frais grossissent et la proportion des dépenses domestiques rétrécit.

Accro à la guerre


Le budget militaire de cette année n’est que le dernier exemple de la façon dont l’économie américaine est maintenue à flot à l’aide de moyens artificiels. Des décennies de relance constante de l’économie capitaliste via le stimulus des dépenses de guerre ont créé une dépendance morbide vis-à-vis du militarisme, au point que les entreprises américaines ne peuvent plus s’en passer. Mais ce moyen n’a plus l’ampleur suffisante pour résoudre le problème capitaliste de la surproduction.

On a justifié ce coup de seringue annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars en disant qu’il contribuerait à amortir ou à éviter complètement une récession capitaliste et à résorber le chômage. Mais rappelons la mise en garde du fondateur du Workers World Party, Sam Marcy, en 1980, dans « Generals Over the White House » (Les généraux sont au-dessus de la Maison-Blanche), lorsqu’il parlait d’une très longue période pendant laquelle ces stimulants allaient être de plus en plus nécessaires. Finalement, il se fait qu’ils ont un effet diamétralement opposé et qu’ils se muent en un dépresseur massif qui contamine et pourrit toute la société.

La racine du mal réside dans le fait que la technologie devient plus productive, que les travailleurs ont une part de plus en plus restreinte de ce qu’ils produisent. L’économie américaine dépend de plus en plus du stimulant des superprofits et des dépassements des coûts militaires (296 milliards de dollars !) pour absorber une part de plus en plus grande de ce qui est produit. C’est une partie essentielle de la redistribution constante de la richesse loin des poches des travailleurs et directement dans celles des gens richissimes.

Selon le Centre du contrôle des armements et de la non-prolifération, les dépenses militaires américaines sont aujourd’hui considérablement plus élevées, en dollars 2009 ajustés à l’inflation, qu’elles ne l’étaient au plus fort de la guerre de Corée (1952 : l’équivalent de 604 milliards de dollars actuels), de la guerre du Vietnam (1968 : 513 milliards) et de la mise sur pied de l’ère militaire sous Reagan, dans les années 80 (1985 : 556 milliards). Et, pourtant, cela ne suffit plus à maintenir l’économie américaine à flot.

Même en forçant les pays riches en pétrole dépendant des EU à devenir des nations débitrices via des achats sans fin d’armes, on ne pourra résoudre le problème. Plus de deux tiers de toutes les armes vendues dans le monde en 2008 provenaient de sociétés militaro-industrielles américaines. (Reuters, 6 septembre 2009)

Alors que, dans les années 30, un gigantesque programme militaire était en mesure de tirer l’économie américaine d’un effondrement dévastateur, sur une longue période, ce stimulant artificiel sape les processus capitalistes.

L’économiste Seymour Melman, dans des ouvrages comme « Pentagon Capitalism » (Le capitalisme pentagonal), « Profits without Production » (Des bénéfices sans produire), « The Permanent War Economy : American Capitalism in Decline » (Une économie de guerre permanente : le capitalisme américain en déclin), mettait en garde contre la détérioration de l’économie américaine et du niveau de vie de millions de personnes.

Melman et d’autres économistes progressistes étaient partisans d’une « conversion économique » rationnelle ou d’un passage de la production militaire à la production civile par les industries militaires. Ils expliquaient comment un seul bombardier B-1 ou un sous-marin Trident pouvait payer les salaires de milliers d’enseignants, fournir des bourses ou des soins ambulants ou reconstruire des routes. Cartes et graphiques montraient que le budget militaire emploie beaucoup moins de travailleurs que les mêmes sommes dépensées pour couvrir les besoins civils.

C’étaient toutes des idées valables et raisonnables, hormis le fait que le capitalisme n’a rien de rationnel. Dans sa pulsion insatiable à vouloir maximiser les profits, il choisira les aumônes du superprofit immédiat et laissera de côté même les meilleurs intérêts de sa survie à long terme.

Pas de « dividende de paix »

Les grands espoirs, après la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’URSS, de voir des milliards de dollars se muer désormais en « dividendes de paix » se sont écrasés face à la croissance astronomique continue du budget du Pentagone. Cette pénible réalité a tellement démoralisé et submergé les économistes progressistes qu’on n’accorde quasiment plus d’attention aujourd’hui à la « conversion économique » ou au rôle du militarisme dans l’économie capitaliste, même s’il est infiniment plus important aujourd’hui qu’aux moments les plus forts de la guerre froide.

Les centaines de milliards de dollars des subventions militaires annuelles sur lesquelles ont compté les économistes bourgeois depuis la Grande Dépression pour amorcer la pompe et réenclencher une fois de plus le cycle de l’expansion capitaliste ne suffisent plus, aujourd’hui.

Une fois que les sociétés sont devenues dépendantes des centaines de milliards de dollars de subventions, leur appétit n’a plus connu de limites. En 2009, dans un effort pour écarter la liquéfaction complète de l’économie capitaliste mondiale, on a refilé plus de 700 milliards de dollars aux banques les plus importantes. Et ce n’a été que le début. Le renflouage des banques se chiffre aujourd’hui en milliers de milliards de dollars.

Même 600 ou 700 millions de dollars par an de dépenses militaires ne peut plus relancer l’économie capitaliste ni engendrer la prospérité. Pourtant, l’Amérique des entreprises ne peut s’en passer.

Le budget militaire s’est accru dans des proportions si importantes qu’il menace maintenant de submerger et de dévorer la totalité du budget social. Son poids réel met à plat les fonds nécessaires à chaque besoin humain. Les villes américaines s’écroulent. L’infrastructure des ponts, routes, barrages, canaux et tunnels se désintègre. Vingt-cinq pour cent de l’eau potable américaine est considérée de « piètre qualité ». Le chômage atteint officiellement 10 pour cent et, en réalité, il est le double de ce chiffre. Le chômage chez les jeunes Afro- et Latino-américains dépasse les 50 pour cent. Quatorze millions d’enfants aux EU vivent dans des ménages situés en dessous du niveau de pauvreté.  

La moitié  des dépenses militaires sont cachées

Le budget militaire annoncé pour 2010, 680 milliards de dollars, ne représente en réalité qu’environ la moitié du coût annuel des dépenses militaires américaines.

Ces dépenses sont si importantes qu’il y a un effort concerté pour cacher de nombreuses dépenses militaires dans d’autres éléments du budget. L ‘analyse annuelle de la Ligue des opposants à la guerre a répertorié les véritables dépenses militaires américaines pour 2009 et les a évaluées à 1.449 milliards de dollars, et non pas l’officiel budget de 651 milliards. Wikipedia, citant diverses sources, est arrivé à un budget militaire total de 1.144 milliards. Mais qu’importe qui compte, il ne fait absolument aucun doute que le budget militaire dépassée aujourd’hui les 1.000 milliards de dollars.

Le Projet des priorités nationales, le Centre d’information sur la Défense et le Centre du contrôle des armements et de la non-prolifération analysent et dénoncent de nombreuses dépenses militaires cachées qu’on a planquées dans certaines autres parties du budget total des EU.

Par exemple, les allocations des vétérans, qui totalisent 91 milliards de dollars, ne sont pas reprises dans le budget du Pentagone. Les pensions militaires (48 milliards au total) sont répertoriées dans le budget du département du Trésor. Le département de l’Énergie cache dans on budget 18 milliards de dollars de programmes d’armes nucléaires. Les 38 milliards du financement des ventes d’armes étrangères est compris dans le budget du département d’État (= ministère des Affaires étrangères). L’un des postes cachés les plus importants représente les intérêts des dattes encourues lors des guerres passées : 237 milliards et 390 milliards de dollars. C’est en réalité un subside sans fin aux banques et celles-ci sont étroitement liées aux industries militaires.

Chaque partie de ces budgets goitreux est censée augmenter de 5 à 10 pour cent par an, alors que le financement des États et des villes par le fédéral diminue annuellement de 10 à 15 pour cent, ce qui amène des crises de déficit.

Selon le Bureau de la gestion et du budget, 55 pour cent du budget total américain pour 2010 ira à l’armée. Plus de la moitié ! Pendant ce temps, des pans entiers des dotations fédérales aux États et villes sur le plan des services humains vitaux – écoles, formation des enseignants, programmes de soins à domicile, repas scolaires, entretien des infrastructures de base de la distribution d’eau potable, entretien des égouts, des ponts, des tunnels et des routes – diminuent à vue d’œil.

Le militarisme nourrit la répression

L’aspect le plus dangereux de la croissance de l’armée est la pénétration insidieuse de son influence politique dans tous les domaines de la société. C’est l’institution la plus éloignée du contrôle populaire et la plus encline à l’aventurisme militaire et à la répression. Des généraux retraités font une tournante dans les conseils d’administration des sociétés, deviennent des vedettes du crachoir dans les principaux organes médiatiques, des lobbyistes, conseillers et hommes politiques grassement payés.

Ce n’est pas une coïncidence si, non contents de posséder la plus importante machine de guerre du monde, les EU ont également la plus importante population carcérale de la planète. Le complexe carcéro-industriel est la seule industrie à connaître une croissance. Selon le Bureau de la statistique du département américain de la Justice, plus de 7,3 millions d’adultes étaient en probation, en liberté sur parole ou incarcérés en 2007. Plus de 70 pour cent des personnes incarcérées sont des Afro- ou Latino-américain(e)s, des Amérindiens et autres personnes de couleur. Les adultes noirs risquent quatre fois plus la prison que leurs homologues blancs.

Exactement comme pour l’armée, avec ses centaines de milliers de contractuels et de mercenaires, la frénésie à vouloir maximiser les profits a abouti à une privatisation croissante du système carcéral.

Le nombre de détenus a augmenté sans relâche. Il y a 2,5 fois plus de gens dans le système carcéral actuel qu’il y a 25 ans. Comme le capitalisme américain est de moins en moins en mesure de procurer des emplois, des formations à l’emploi ou un enseignement tout court, les seules solutions proposées sont les prisons ou l’armée, provoquant ainsi la désolation chez les individus ou au sein des familles et des communautés.

Le poids de l’armée pousse l’appareil répressif de l’État vers toutes les couches de la société. Il y a une augmentation énorme des polices en tous genres et d’innombrables agences de police et de renseignement.

Le budget de 16 agences de renseignement américaines atteignait 49,8 milliards de dollars, pour l’année fiscale 2009 : 80 pour cent de ces agences secrètes de renseignement sont des bras du Pentagone. (Associated Press, 30 octobre 2009). En 1998, ces dépenses étaient de 26,7 milliards de dollars. Mais ces agences ultrasecrètes ne sont pas reprises dans le budget militaire. Pas plus que les agences de répression de l’immigration et de contrôle des frontières.

Les forces armées américaines sont stationnées dans plus de 820 bases militaires disséminées dans le monde entier. Et ce chiffre n’inclut pas les centaines de bases louées, de postes clandestins d’écoute et ainsi que les centaines de navires et de sous-marins.

Mais plus la machine militaire prend de l’ampleur, moins il est possible de contrôler son empire mondial, parce qu’elle n’offre pas de solutions ni n’améliore les niveaux de vie. Les armes high tech du Pentagone peuvent lire une plaque minéralogique de voiture à partir d’un satellite de surveillance, leurs lunettes de lecture nocturne peuvent pénétrer l’obscurité la plus profonde et leurs drones peuvent incendier un village isolé. Mais elles sont incapables de fournir de l’eau potable, des écoles ou la stabilité aux nations qu’elles attaquent.

En dépit de toutes ces armes du Pentagone à la technologie fantastique, la position géopolitique américaine se dégrade d’année en année. En dépit de sa puissance de feu massive et de son armement à la pointe de l’art, l’impérialisme américain a été incapable de reconquérir les marchés mondiaux et la position du capital financier américain. L’économie et l’industrie des EU ont été entraînées vers le gouffre par le simple poids du maintien en état de la machine militaire. Et, comme l'a montré la résistance en Irak et en Afghanistan, cette machine ne peut rivaliser avec la détermination des peuples à vouloir contrôler eux-mêmes leur propre avenir.

Puisque la puissante économie capitaliste américaine n’est capable que de proposer de moins en moins aux travailleurs d’ici, aux EU, il est certain que ce niveau de résistance déterminée va s’enraciner également.

Source: Workers World

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

Images:
1- Rencontre de George W. Bush et de Barack Obama dans le bureau ovale de la Maison blanche , le 10 novembre 2008 par Eric Draper
2- Bombardier B52 par USAF
3- Latuff




Edité par T 34 - 23 Nov 2009 à 17:00
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Dec 2009 à 16:44

Près de 50 millions d’Américains ont faim

« C’est le choix du socialisme pour les riches et du capitalisme pour les pauvres », explique avec un bien curieux sens de l’humour, Joseph Biden, vice-président des États-Unis.

Il était une fois le rêve américain d’une prospérité partagée par tous, et voici que le conte de fées fait place au cauchemar. Chaque jour 49 millions de citoyens des États-Unis (16 % de la population) souffrent de la faim, dont 17 millions d’enfants (1). Place aux files d’attente des soupes populaires et des bureaux où l’on délivre les bons alimentaires. Le chiffre ne fait aucun doute, bien qu’il n’ait pas eu de place dans les médias. Il a été établi par le ministère de l’Agriculture qui publie chaque année depuis 1995 cette statistique. En fait, il s’agit de données recueillies en 2008, dépassées depuis par la vague de chômage qui atteint officiellement 10,2 % de ceux qui sont en âge de travailler (en réalité 17 % si l’on compte ceux qui n’ont eu d’emploi que quelques heures par mois et sont donc sortis des rangs comptables de la misère.) Car, parmi les affamés, le ministère relève aussi la présence des travailleurs pauvres, ceux qui malgré un salaire vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un enfant sur quatre a connu la privation de nourriture en 2008. Quatre millions de plus que l’année précédente. Ce sont les familles avec enfant qui sont les premières victimes de cette vague de pauvreté.

Un niveau comparable à celui des années trente, du début de la grande dépression. Les femmes et les enfants d’abord sont jetés par-dessus bord, puis les Noirs et les Hispaniques. « C’est impensable. C’est comme si nous vivions dans un pays du tiers-monde », souligne Vicky Escarra, la présidente de Feeding America, la plus importante organisation de distribution de bons alimentaires et de secours d’urgence. Pour Tom Vilsack, le ministre de l’Agriculture, ces chiffres sont « un signal d’alarme », une conséquence de l’effondrement de l’emploi.
Les sommes accordées au début de l’année par le président Obama aux enfants souffrant de malnutrition n’ont pas suffi, et sans une politique développant l’emploi ce cauchemar ne prendra pas fin.
 
Obama le reconnaît lui-même. Mais son plan de relance de l’économie a consisté à renflouer les grandes banques responsables de la crise financière qui a déclenché la tempête. Un choix à l’origine de l’angoisse et de la colère qui vient de valoir au président de reculer au-dessous de 50 % dans les sondages. Son vice-président, Joseph Biden, a confié sur le ton de la plaisanterie (2), à la télévision, la raison de ce désastre, en rappelant ce que son grand-père disait de plans de relance analogues : « C’est le socialisme pour les riches et le capitalisme pour les pauvres. » Le public rit avec lui. Ce drôle d’humour n’a pas soulevé de vague, tant la pression des idées dominantes a conduit à la fatalité.
 
Au nom de la vertueuse liberté d’entreprise, l’empire capitaliste n’a cessé d’attaquer l’État providence et l’assistanat qui le prive de rentabilité, pour que Wall Street prospère, quitte à provoquer la nouvelle catastrophe qui pointe sous les statistiques de la faim. Aux dernières nouvelles, on recrute des emplois dans un secteur primordial : celui des lobbyistes qui harcèlent les membres du Congrès afin qu’ils ne votent pas une réforme du système de santé défavorable aux profits des assurances et de l’industrie pharmaceutique. Tout n’est pas perdu. Le grand-père de Joseph Biden avait raison…

Jacques Coubard http://www.humanite.fr/article2756266,2756266

(1) www.usda.gov (2) On peut trouver la vidéo 
de cette ahurissante interview sur
le site Huffingtonpost.com
(le 18 novembre 2009).

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Avec 539 mille immeubles dans 5579 sites, c’est le plus grand propriétaire du monde.

Pentagone-Immobilier s.a. (Il Manifesto)

 

Tommaso DI FRANCESCO, Manlio DINUCCI
Photo : Camp Bondsteel, Kosovo

Bases militaires – Le nouveau rapport Usa : au centre, Vicenza, Aviano, Camp Darby et Sigonella

Un « portefeuille global de propriétés immobilières », consistant en 539 mille immeubles et autres structures répartis en 5579 sites militaires : c’est ce que possède le Pentagone, le plus grand propriétaire immobilier du monde. Avec cette statistique s’ouvre le dernier inventaire des bases militaires (Base Structure Report 2009), publié par le Département de la défense. La crise économique ne le touche pas : le président Obama vient juste d’autoriser une augmentation ultérieure du budget de base du Pentagone, qui dans l’année 2010 (qui a commencé le 1er octobre dernier) est porté à plus de 680 milliards de dollars, dont 130 pour les guerres en Irak et Afghanistan, qui seront sûrement augmentés. S’ y ajoutent 113 milliards pour les militaires au repos et d’autres dépenses de caractère militaire, qui portent le total à environ un quart du budget fédéral.

Plus d’un cinquième des propriétés immobilières du Pentagone se trouve à l’étranger, dans 716 bases et installations distribuées dans 38 pays, dont 12 européens. Dans l’inventaire officiel ne figurent pas cependant d’autres bases en Europe, comme celles au Kosovo et en Roumanie. En Italie, le pentagone possède 1430 bâtiments, pour une superficie totale de 830 mille m2, plus à peu près autant en location ou concession. Ils sont distribués en 42 sites principaux, à quoi s’ajoutent 41 sites plus petits portant ainsi le total à plus de 80. Les sites des forces armées Usa en Italie sont bien moins nombreux qu’en Allemagne (235). Ils sont cependant en train de prendre une importance croissante dans le « réalignement » stratégique effectué par le Pentagone, qui redéploie actuellement ses propres forces de l’Europe centrale et septentrionale vers le sud et l’est, pour les projeter plus efficacement au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie centrale.

Dans ce cadre-là, la 173ème brigade, basée à Vicence (en Vénétie) a été transformée en escadre de combat formée par davantage de bataillons, potentialisant ainsi son rôle d’unique « force de riposte rapide » aérotransportée du Commandement européen des Etats-Unis. D’où la décision de créer une autre base étasunienne dans la zone de l’aéroport Dal Molin. A Vicence toujours a été installée la U.S Army Africa (Armée USA pour l’Afrique), en transformant la force tactique dans l’Europe du sud en composante terrestre du Commandement Afrique (AfriCom), dont le quartier général est à Stuttgart. En même temps, la base d’Aviano (Frioul) a été potentialisée : c’est une des principales bases des Forces aériennes USA en Europe qui disposent de 42 mille hommes et de centaines d’avions répartis en cinq bases principales et en 80 autres localités. A Aviano est déployé le 31st Fighter Wing, le seul escadron de chasseurs-bombardiers au sud des Alpes, composé de deux escadrilles de F-16. Il dispose aussi de bombes nucléaires, en dépôt à Aviano et à Ghedi Torre.

Dans cette potentialisation le rôle de Camp Darby (Toscane, entre Pise et Livourne) est en pleine croissance : cette base logistique approvisionne les forces terrestres et aériennes étasuniennes dans la zone méditerranéenne, africaine, moyen-orientale et au-delà. C’est le seul site de l’armée étasunienne dans lequel le matériel placé en position avancée (chars d’assaut M1, Bradleys, Humvees, etc.) est relié aux munitions : dans ses 125 bunkers se trouve l’équipement complet de deux bataillons cuirassés et deux d’infanterie mécanisée. Y sont aussi stockées d’énormes quantités de bombes et missiles pour avions, avec les « kits de montage » pour construire rapidement des aéroports dans les zones de guerre. Ces matériels de guerre, et d’autres, peuvent rapidement être envoyés en zone d’opération par le port de Livourne et l’aéroport de Pise. C’est de là que sont parties les bombes utilisées dans les guerres contre l’Irak et la Yougoslavie. En outre, comme en informe Global Security, le 31ème escadron d’approvisionnement en munitions de la base est aussi responsable de deux dépôts classés situés en Israël : une succursale de Camp Darby dont les bombes ont été utilisées par les forces israéliennes dans la guerre contre le Liban et dans l’opération « Plomb durci » contre Gaza. Cette capacité n’est cependant pas suffisante : Camp Darby a donc nécessité d’accélérer les liaisons avec le port de Livourne à travers le canal des Navicelli et, en même temps, d’accroître la capacité des dépôts. Ceci peut être fait en créant, à travers l’interport livournais de Guasticce, un auxiliaire qui serve au transit et au stockage de matériels logistiques, comme aux « aides humanitaires » de l’USAID dont la base est le plus grand centre en Europe. On peut ainsi libérer dans les bases de l’espace pour le dépôt d’autres armements. Camp Darby entend donc irradier dans le territoire environnant.

Une aide conséquente est donnée dans ce sens par la Région Toscane et par les deux maires de Pise et de Livourne. Le maire de Pise Marco Filippeschi (membre du Partito democratico, aujourd’hui « dans l’opposition » par rapport au gouvernement Berlusconi) a annoncé avoir demandé au commandement étasunien une participation aux travaux d’installation et d’agrandissement du Canal des Navicelli, « en vue aussi des perspectives importantes du Camp Darby lui-même ». Le commandement a de fait « intérêt à élargir de quelques mètres la darse de la base militaire » de façon à manoeuvrer deux chalands simultanément. Et comme les responsables de la base (respectueux de l’environnement) sont « intéressés par des systèmes de transport alternatifs à la route », ils demandent aussi « une réorganisation du nœud ferroviaire existant dans la base ». Satisfait, le maire confirme que « les américains (étasuniens, NDT) estiment cette implantation très importante et veulent continuer à s’y investir » et qu’il existe, pour ce projet, « une disponibilité aussi bien de la part du Parc (l’organisme responsable de la « zone protégée » où se trouve Camp Darby) que de la Région ». Le maire « oublie » cependant que le Conseil municipal de Pise a approuvé le 18 janvier 2007 une motion pour « la démission et la reconversion à usages exclusivement civils de Camp Darby » ( comme le réclame depuis des années le Comité formé dans ce but) et a engagé le maire à « exclure toute installation possible de structures militaires, logistiques ou de n’importe quelle autre nature reliées à la base » : afin de « garantir un usage du territoire et des infrastructures attaché à une économie civile et de paix ». Des motions analogues ont été approuvées par le Conseil municipal de Livourne (15 mars 2004) et par le Conseil provincial de Pise (7 juillet 2006). Mais celles-ci aussi ont été « oubliées ».

Même situation à Naples où avait déjà été transféré de Londres le commandement des forces navales USA en Europe. A présent, on y a installé aussi celui des forces navales AfriCom. L’amiral Mark Fitzgerald est ainsi à la fois commandant des forces navales étasuniennes en Europe, de la force conjointe alliée et des forces navales AfriCom. Un rôle de plus en plus important est aussi joué par la base aéronavale de Sigonella (Sicile), où se trouve un des deux centres d’approvisionnement de l’US Navy hors du territoire étasunien, à partir de laquelle opère une force spéciale USA pour des missions secrètes en Afrique. Toujours dans cette même base se trouve une des trois stations terrestres (les deux autres sont en Virginie et à Hawaï) du réseau de communications satellitaires GBS, géré par le 50th Space Communication Squadron, responsable des télécommunications spatiales de l’US Air Force. A Sigonella encore sera installé l’Ags, un système de « surveillance » OTAN, finalisé non pas pour la défense du territoire de l’Alliance mais pour la potentialisation de sa capacité offensive « hors zone ». Comme si tout cela ne suffisait pas, dans la ville voisine de Niscemi, où sont déjà en fonction 41 antennes du centre de transmissions étasunien dépendant de la Navcomtelsta Sicily de Sigonella, seront installées trois grandes paraboles satellitaires (18 mètres de diamètre) du Muos (Mobile User Objective System), le système de télécommunications satellitaires de nouvelle génération de l’U.S Navy. La station, une des quatre existantes à l’échelle mondiale (deux autres se trouvent aux USA et une en Australie), permettra de relier –par des communications radio, vidéo et des transmissions données à très haute fréquence- les forces navales, aériennes et terrestres tandis qu’elles seront en mouvement, dans n’importe quelle partie du monde.

L’Italie est à coup sûr destinée à jouer un rôle important aussi dans le nouveau plan du « bouclier » antimissile, que les USA veulent étendre en Europe. C’est de fait le secrétaire d’Etat à la défense Robert Gates qui l’a annoncé. Dans sa présentation du nouveau « bouclier », fondé non pas sur des structures fixes mais sur des systèmes mobiles de missiles SM-3 au départ à bord de navires, il a écrit sur le New York Times (20-9-2009) : « La seconde phase, qui deviendra opérationnelle aux environs de 2015, prévoit le déploiement de missiles SM-3 potentialisés sur le terrain en Europe méridionale et centrale ». Il est donc pratiquement certain qu’ils seront déployés dans le sud de l’Italie, surtout en Sicile.

Les bases en Italie (pour le coût desquelles notre pays contribue dans une mesure d’environ 40%) servent donc non seulement à la « projection de puissance » étasunienne vers le sud et vers l’est, mais jouent de plus en plus de fonctions de caractère global dans la stratégie étasunienne. Ces bases (auxquelles s’ajoutent celles de l’OTAN toujours sous commandement étasunien) dépendent de la chaîne de commandement étasunien et sont ainsi, de fait, soustraites aux mécanismes décisionnels italiens : le moment et la façon dont elles sont utilisées dépend non pas de Rome mais de Washington.

Manlio Dinucci, Tommaso di Francesco

(Article publié par il manifesto le dimanche 22 novembre 2009, augmenté d’extraits d’un article sur Camp Darby, publié le 19 novembre)

Reçu de l’auteur et traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.

(Lien indisponible, voir page 6 de l’édition du 22 novembre 2009 http://www.ilmanifesto.it/ )


Lynne Stewart en prison : Quand la justice déraille

 

Claude Jacqueline HERDHUIN

Jeudi, le 19 novembre, le Juge John G. Koeltl a ordonné à Lynne Stewart, avocate spécialisée dans la défense des droits civils et militante de longue date, de se présenter immédiatement pour être incarcérée. Condamnée à 28 mois de prison le 16 octobre 2006 pour conspiration et soutien matériel au terrorisme, Lynne Stewart était en liberté conditionnelle. Cette femme de 70 ans a consacré sa vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d’un avocat pouvaient frapper à sa porte. Aujourd’hui, Lynne Stewart lutte non seulement pour sa liberté, mais également pour la liberté de tous les Américains.

La justice américaine s’est intéressée au cas de Lynne Stewart seulement après le 11 septembre 2009. Rappelons que sa seule faute est d’avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnels : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L’Administration Clinton n’a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et une traître. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était une traître à la nation.

Aujourd’hui, les médias décrivent Lynne Stewart soit comme une terroriste et une traître qui mérite la pire punition, soit comme une héroïne. Mais elle n’est ni l’un ni l’autre. C’est une femme de 70 ans avec des années d’expérience de vie en tant que mère, grand-mère, activiste et avocate. Jeune femme blanche, elle s’est engagée et a lutté pour la cause de ses compatriotes noirs, parce qu’elle croyait dans la justice. Des décennies plus tard, elle a défendu le Cheik Omar-Abdel Rahman, parce qu’elle croyait toujours dans la justice.

Aujourd’hui, elle est en prison et elle croit encore dans la justice. Même si son procès nous ramène des années en arrière, durant la pire période qu’ont connue les États-Unis, à savoir le McCarthism.

Dans sa conférence de presse du 17 novembre, elle a dit être trop âgée pour pleurer, mais que cela faisait trop mal pour ne pas pleurer. Elle a également mis en garde les autres avocats de la défense : « C’est un avertissement pour les autres avocats. [Le gouvernement leur envoie le message] Ne défendez pas vos clients avec trop de vigueur, ne faites pas de zèle ».

Je connais Lynne Stewart depuis cinq ans. La première fois que j’ai entendu parler d’elle, c’est dans les journaux, en 2004. Ils décrivaient Lynne Stewart comme une terroriste et, avec mon mari, nous avons décidé de la contacter pour voir ce qui s’était réellement passé et qui elle était. Nous avons décidé de faire un documentaire sur son cas pour découvrir ce qui est arrivé. Nous nous sommes efforcés d’être aussi neutres que possible. Des années après, je peux affirmer que la seule erreur de Lynne Stewart a été sa trop grande confiance. Elle croyait en la justice et le gouvernement des États-Unis l’a trahie en :

- s’attaquant au droit de la liberté de parole et de presse, et au droit qu’a le peuple d’adresser des pétitions au gouvernement pour obtenir la réparation de torts ;

- s’attaquant au droit de tout accusé d’être assisté d’un avocat pour sa défense, en intimidant la défense ;

- s’immisçant dans les conversations privées, les rencontres en privé entre avocat et client, les fax, les lettres et les e-mails pour recueillir des « preuves ».

Pour envoyer une lettre à Lynne Stewart, écrivez :
Lynne Stewart
#53504-054
MCC-NY
150 Park Row
New York, NY NY 10007

Vous pouvez aussi téléphoner ou écrire au Président Obama :

The White House
1600 Pennsylvania Avenue NW
Washington, DC 20500
Veuillez inclure votre adresse électronique
Numéros de téléphone
Commentaires : 202-456-1111v Standard : 202-456-1414
http://www.whitehouse.gov/CONTACT/

Claude Jacqueline Herdhuin
Scénariste, assistante-réalisatrice et auteure

EN COMPLEMENT : Pétition http://www.PetitionOnline.com/091127ls/petition.html

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Dec 2009 à 22:26

Maccarthysme : Encore un politique interdit de vol aux Etats-Unis

 
Après Hernando Calvos Ospina c'est au tour de Luis Ernesto Almario, journaliste colombien résident en Australie et se rendant à Caracas, qui a été arrêté à l'aéroport de Los Angeles et déporté en Australie.
 
Il y a quelques mois ce fut également le cas de Paul Emile Dupret conseillé du groupe "Gauche unie européenne", de Jaime Caycedo Turriago secrétaire général du Parti Communiste Colombien et au défenseur des droits humains colombien Athemay Sterling.
 


Edité par T 34 - 04 Jul 2010 à 00:14
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Dec 2009 à 02:20

Aux Etats-Unis, le suicide est également très tendance

Par emcee le mardi 24 novembre 2009, 12:53 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent

Les pertes d'emploi, les saisies immobilières, le chômage, le surendettement, la ruine financière, le désespoir et le "no future" poussent les victimes à commettre des gestes irréparables, contre eux-mêmes et contre les autres.
La possession d'armes n'arrange rien, évidemment.
Pendant ce temps, les prédicateurs du marché mondial nous annoncent des embellies et la fin prochaine de la crise. Youpi!
Euh, fort bien … mais pour qui?
Pour le citoyen lambda, ce n'est pas encore bien ça. Et pour les requins de la finance, ils n'ont jamais été si bien nantis: l'argent public est parti direct dans leurs poches. Il y a les travailleurs qui produisent et les fainéants qui récoltent.
Le capitalisme, c'est ça. Vive la crise!
Ce capitalisme, qui n'a de cesse de proclamer le bilan humain du communisme, n'a jamais songé à faire le décompte de ses propres victimes. Il faut dire que ce n'est pas facile car le compteur ne cesse de tourner et, cela, dans tous les recoins de la planète.
Voici quelques exemples de ce qui se passe, en particulier, quand, en plus du chômage, et des dettes, on n'a même plus de toit pour vivre après une vie passée à trimer.

"Economic Crisis Is Getting Bloody -- Violent Deaths Are Now Following Evictions, Foreclosures and Job Losses" Nick Turse, AlterNet
20 novembre 2009.

La crise économique tourne au carnage – les morts violentes suivent maintenant les expulsions, les saisies immobilières et les pertes d'emplois.

Malgré des prédictions toujours plus optimistes et un marché d'échange en hausse, les pertes humaines de la crise économique ne peuvent qu'augmenter dans les semaines et les mois à venir.

En 2007, Jason Rodriguez était licencié du poste qu'il occupait dans une société de construction mécanique à Orlando, en Floride, et se retrouvait "sandwich artist" ("virtuose du sandwich") dans un restaurant Subway .
Son salaire était amputé de moitié et ils accumulait les dettes jusqu'à ce qu'en mai dernier, il dépose un dossier de surendettement, estimant ses avoirs à un peu plus de $4.600 et ses dettes à près de $90000.
D'après son ancienne belle-mère, America Holloway, alors que Rodriguez n'habitait qu'à 30 minutes en voiture de chez son fils, il ne voyait celui-ci que très rarement. Quand le garçon avait demandé à son père pourquoi il ne venait pas lui rendre visite, Rodriguez lui avait répondu: " parce que je n'ai pas d'argent. Je n'ai pas de travail. Je n'ai rien à manger. Quand tout s'arrangera, je viendrai te voir".
Mais cela ne s'est jamais arrangé.
Le 6 novembre dernier, Rodriguez, 40 ans, retournait à la tour où se trouvait la compagnie où il avait travaillé et, d'après ce qu'on sait, ouvrait le feu chez son ancien employeur, tuant une personne et en blessant 5 autres.
Quand on a demandé à l'avocat local qui représentait Rodriguez pour son dossier de surendettement ce qu'il pensait de cette fusillade, il a répondu:

C'est comme ça que cela se passe actuellement. C'est l'exemple typique. Parmi ceux qui souffrent de la crise actuelle, il n'a rien de plus exceptionnel que les autres … sauf ça".

Au lendemain du massacre à Fort Hood - qui a eu lieu le jour avant le drame de Floride – il y a eu enquête, bien entendu, pour trouver des réponses aux causes de cette fusillade qui avait fait 50 morts et blessés.
On s'est bien moins intéressé, en revanche, aux raisons qui ont conduit un nombre bien plus élevé d'hommes et de femmes (parmi lesquels ceux qui auraient été visés par Jason Rodriguez) à devenir les victimes de violences à cause de la crise économique.
Une analyse des comptes-rendus de la presse locale, nationale ou régionale entre 2008 et 2009 indique qu'il y a eu une épidémie au niveau national, largement passée sous silence, de mesures radicales et d'actes désespérés où la crise semble avoir été le catalyseur.
Les informations sur de tels actes liés à la misère financière – depuis les braquages pour payer le loyer en passant par les suicides dus aux problèmes financiers jusqu'aux "familicides" (des meurtres / suicides où les parents et les enfants sont tous retrouvés morts) – ont filtré en provenance de villes et de villages de la majorité des états. Dans la mesure où seule une infime partie de ces faits est diffusée par les médias, ce qu'on découvre, souvent dans les journaux locaux, est effarant.
Même s'il est impossible de connaître les facteurs innombrables, parmi lesquels des problèmes personnels graves, qui contribuent au fait que les gens ont recours à des mesures radicales, violentes ou non, beaucoup d'articles de presse laissent entendre que la crise économique mondiale n'a pas joué un rôle mineur dans beaucoup de ces actes désespérés.

Poussés à bout

Au début de l'année, par ex, Jiverly Wongle, le "tireur de Binghamton" faisait les gros titres des journaux nationaux et déclenchait l'hystérie sur le câble quand, "dépité par son licenciement", il a massacré 13 personnes dans un centre d'aide aux immigrés dans l'état de New York.
La réaction des médias avait été également prompte quand Richard Poplawski, un habitant de Pittsburgh, "contrarié par son récent licenciement", avait tiré sur 4 agents de police, tuant trois d'entre eux.
Beaucoup d'autres ont dirigé la violence contre eux-mêmes, parfois en se tirant une balle au moment où les policiers se présentaient à la porte pour leur remettre l'avis d'expulsion, ou bien, alors qu'ils étaient armés, en se mettant dans la position d'être descendus par la police.
Un de ces cas s'est produit récemment quand Kurt Aho, 64 ans, habitant de Phoenix, Arizona, a décidé de passer à l'acte.
Aho s'était démené pour trouver du travail et se préparait à accueillir chez lui sa fille et son petit-fils – dont la maison avait été frappée de saisie – mais le 29 septembre, sa propre maison, dans laquelle il vivait depuis trente ans, était vendue aux enchères. Jurant qu'il n'allait pas tout simplement quitter sa maison, Aho décapsulait une bière pour la partager avec son voisin, Jeffrey Hobson, qui raconte: "il m'a dit: 'quand les flics seront là, je vais me faire tuer par eux ou me suicider'".
Quand les deux propriétaires sont arrivés, Aho a aussitôt tiré dans les pneus de leurs camions. Il est alors allé prendre un Magnum357 chez lui et a fait fuir les deux personnes. La police est arrivée juste après et a sommé Aho de lâcher son arme. Mais l'entrepreneur indépendant les a ignorés et est retourné chez lui reprendre des bières. Les voisins ont prévenu les flics qu'Aho était suicidaire et qu'il tirerait sur eux s'ils avançaient, mais les policiers du SWAT - sorte de GIGN, NDT - ont poursuivi en tirant sur Aho avec des balles en caoutchouc. Aho a riposté en tirant par deux fois, et une balle a atteint le véhicule blindé des policiers d'élite. C'est alors qu'un des policiers de l'équipe a tiré sur Aho et l'a tué.
Les jours qui ont suivi, comme tout au long de l'année, d'autres actes désespérés liés à la crise se sont déroulés dans tout le pays.
Afin d'essayer d'empêcher que leur maison soit saisie, Daniel Weston et Mary Ann Parmelee, 52 ans tous les deux, avaient payé les services d'agents pour modifier les conditions de leur crédit. Croyant qu'ils les avaient dépouillés, ce couple de Los Angeles les attirait dans une embuscade, le 20 octobre, où Weston et un autre homme, Gustavo Canez, 36 ans, sont soupçonnés de les avoir "battus et volés" en utilisant un pistolet et un coup-de- poing américain.
Le 29 octobre, à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, un homme en instance d'être expulsé s'armait d'un fusil et se barricadait chez lui. Cet acte désespéré n'était pas le premier dans le quartier. "Nous avons eu deux suicides", disait récemment Lambert Boissiere Jr. (~ qui dirige le département de police chargé de faire exécuter les décisions du tribunal à la Nouvelle-Orléans, NDT).
"Quand les agents de police arrivent, ils trouvent la personne enfermée à l'intérieur. Ou bien, on frappe à la porte, et boum, ils se tirent une balle".
Un incident similaire s'est produit le 5 novembre où Patrick Sanchez, résidant à Irvine, Californie, a ouvert à un policier porteur d'un ordre d'expulsion. Sanchez a demandé au policier d'attendre une minute, est retourné dans la maison et s'est tiré une balle dans la tête. C'était, d'après qu'on nous a dit, le troisième suicide dans le quartier en liaison avec une expulsion cette année.

Elkhart revisited

Actuellement, après la mort de 13 personnes dans ses rangs à cause d'un tireur isolé, Fort Hood, Texas, est la communauté traumatisée qui retient toute l'attention des médias. En février, c'était pourtant l'ancienne "capitale mondiale du mobil home", Elkhart, dans l'Indiana – une localité ruinée économiquement où le président Obama avait fait une brève apparition pour faire la promotion de son plan de relance économique dans son discours à la mairie d'Elkhart, Obama parlait de la situation catastrophique de la ville:

"Cette région a perdu des emplois plus rapidement que dans le reste du pays , le taux de chômage étant de plus de 15% alors qu'il n'était que de 4,5% l'année dernière à peine…. Nous parlons de personnes qui ont perdu leurs moyens de subsistance et nous ne savons pas par quoi cela sera remplacé … c'est ce que ces chiffres et ces statistiques signifient. Ils donnent la vraie mesure de la crise économique".

En réalité, cependant, la "vraie mesure" n'est devenue évidente qu'au fur et à mesure qu'on avançait dans l'année. Dès le début novembre, il y avait eu 22 suicides confirmés à Elkhart et deux présumés, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale de 16.
D'après le coroner John White, pour plus d'un quart d'entre eux, la misère financière et la perte de leur emploi avait été un facteur déterminant. "Ils ont laissé des lettres disant que la raison pour laquelle ils ont fait cela était l'économie, a-t-il déclaré récemment. Il faut qu'on prenne tous conscience du stress que cela représente quand le taux de chômage s'élève à 17 ou 18 %. La population a véritablement besoin de prendre conscience du stress – et des coûts terribles qui y sont associés, mais les chances que cela se produise sont minces. Le massacre qui a eu lieu à Fort Hood va forcément donner lieu à des tonnes d'analyses à la suite des nombreuses enquêtes officielles.
Mais ni le FBI ni le Congrès ni aucune autre agence gouvernementale n'ordonneront d'enquête sur ce carnage produit par la crise économique mondiale et dont le bilan s'alourdit peu à peu. Pour cette raison, il n'y aura pas de décompte exact du nombre de victimes qui ont été tuées, ou sont mortes, ou ont été blessées, ou qui ont subi des traumatismes graves à le suite d'expulsions, de saisies, de pertes d'emploi, et d'autres formes de détresse financière au cours de ces dernières années.
Pas plus que le président Obama ne retournera à Elkhart, ou ailleurs, d'ailleurs, pour assister à une cérémonie destinée à honorer la mémoire de ceux qui ont péri dans ce bain de sang moins spectaculaire, mais bien plus mortel.
A cause de cette désinvolture, et malgré des prédictions économiques toujours plus optimistes et un marché d'échange en hausse, le bilan humain de la crise économique ne peut que s'alourdir dans les semaines et les mois à venir.

Nick Turse, journaliste, essayiste et historien, est un des rédacteurs en chef de Tomdispatch .
Son premier livre: The Complex: How the Military Invades Our Everyday Lives analyse le nouveau complexe militaro-industriel aux Etats-Unis.
Son site

Note perso

Evidemment, la France n'est pas en reste, question suicides (voir les articles bien documentés à ce sujet). Et la situation aurait été bien pire si les malades au pouvoir avaient pu mener leur politique de "subprimes" avant que la crise n'éclate.
Mais, nous ne perdons rien pour attendre. Ils nous mènent exactement là où en sont arrivés les US. C'est déjà commencé, mais les effets ne s'en ressentent pas encore, grâce aux services publics et à la couverture sociale. Mais, avec leur démantèlement systématique, tôt ou tard, nous en pâtirons .

Maudits soient ceux qui défendent une politique suicidaire.



Edité par T 34 - 05 Dec 2009 à 20:29
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Un peu partout à travers les Etats-Unis, les américains protestent contre la décision d’Obama d’envoyer 30000 soldats de plus en Afghanistan….C’est une des premières grandes désillusion pour les américains qui ont voté pour lui….

A Syracuse, NY, Une trentaine de militants pacifistes se sont rassemblés devant l’immeuble fédéral à Syracuse cet après-midi pour exprimé leur déception quant à la décision du président d’Obama d’ envoyer 30.000 soldats en Afghanistan.

Aucun des manifestants n’at dit croire que le président sera en mesure de remplir sa promesse de retirer ses troupes du début Afghanistan en Juillet 2011.

Des membres des familles des militaires Speak Out (MFSO) et Gold Star Families Speak Out (GSFSO) ont exprimé leur indignation et leur profonde tristesse en parlant et en prenant part à des actions de protestation à travers le pays. Alors que la communauté militaire est souvent discrete sur les décisions politiques, ces familles de militaires a rompu cette loi du silence pour dénoncer publiquement la décision du Président d’intensifier la guerre en Afghanistan.

A Bozeman (Montana) «les Bombes démocrates tuent autant de personnes que les bombes républicaines”, a déclaré Kriess.
Il était parmi un petit groupe de manifestants anti-guerre qui s’est réuni plus tôt aujourd’hui à Bozeman pour manifester contre le plan de guerre du président Obama.
Kriess a dit qu’il n’a pas voté pour Obama ou pour le candidat républicain John McCain.
“Juste parce que d’Obama à la Maison Blanche en disant juste qu’il est différent ne permet pas de bon sens et il ne fait rien de différent», a déclaré Kriess, ajoutant que “rien n’a changé” de la politique de l’administration Bush sur l’Afghanistan.

Un jour après que le président Obama a déclaré à la nation qu’il enverra 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, une poignée de manifestants anti-guerre a bravé le froid mordant de Bozeman dans le centre-ville pour protester.

Plus de 50 personnes ont protesté à Phoenix la nuit de mercredi face à l’escalade de la guerre en Afghanistan.

Les groupes, CODEPINK et the End the War Coalition, ont organisé une manifestation avec des banderoles, des panneaux et de la cornemuse dans l’intersection de 24th Street et Camelback Road, près de Biltmore Fashion Park.

Ils protestaient contre la décision du président d’envoyer un 30.000 soldats américains supplémentaires pour aider l’effort de guerre en Afghanistan.

Dennis Stout, porte-parole de la End the War Coalition, est un vétéran du Vietnam avec un beau-fils-engagé dans cette guerre.

“Cette guerre est particulièrement pénible pour les familles”, a déclaré Stout. «Vous ne savez jamais quand vous allez savoir quand on va venir frapper à votre porte.”

Stout a déclaré les organisations avaient l’espoir d’une participation plus grande pour la manifestation.

«Même si ces manifestations ne fonctionnent pas, nous avons besoin de plus de gens et nous avons une obligation morale d’être ici», a déclaré Stout.

John Verkamp, avocat et ancien membre de la législature de l’État, a également combattu dans la guerre du Vietnam et a assisté à la protestation de mercredi.

“Ca va pas être joli, dit-il. “Nous dépensons plus d’argent et de vies avec le même résultat. Ce n’est pas le changement que nous demandions.”

Dans le Wisconsin les opposants à la guerre en Afghanistan ont refusé les plans d’Obama. Un groupe d’environ 50 manifestants ont marché silencieusement le long de State Street mercredi dans un monument symbolique des victimes de la guerre en Afghanistan, démontrant ainsi leur opposition à l’appel du président Obama mardi pour le déploiement de 30.000 UStroops supplémentaires en Afghanistan.

La manifestation était une réponse au discours d’Obama exposant une nouvelle stratégie militaire en Afghanistan, fondé sur le renforcement des troupes dans les mois prochain.

«Nous sommes très déçus de ce que le président Obama a annoncé la nuit dernière”, a déclaré Meg Skinner, un résident de Madison qui ont voté pour Obama et a protesté contre la guerre au Vietnam.

La Marche des Morts a attiré la plupart des non-étudiants protestataires, dont beaucoup ont couvert leurs visages avec des masques et des panneaux accrochés portant les noms des soldats et des civils tués dans les guerres en Afghanistan et en Irak à leur cou.

Dirigé par un Obama masqué et l’ancien président George W. Bush en costume orné indiquant l’état de guerre criminelle, les manifestants ont arrêté la circulation dans leur Marche à la Place du Capitole en portant des pancartes avec des images des corps mutilés et les soldats tombés au Wisconsin.

Les manifestants protestaient également effectué des signes, tels que “War: Business # 1 aux USA”, et les cercueils marqués “US soldat »et« enfant irakien “.

«Nous faisons le deuil de ceux qui ont été tués en Afghanistan et au Pakistan et en Irak et tous ceux qui vont maintenant être mis à mort à la suite de la décision d’Obama,” a déclaré David Williams habitant de Madison, l’un des organisateurs de la manifestation. “Je pense que pour les gens qui avaient de grands espoirs (en Obama), c’est la mort de leurs espérances.

«Je ne peux cautionner un renforcement militaire en Afghanistan et au Pakistan”, selon M. Baldwin dans sa déclaration. “Il est temps pour nos soldats de rentrer chez eux.”

Détroit : Armés de signes réprimandant le président Barack Obama et de parasols pour se protéger d’une pluie régulière, environ 100 personnes ont manifesté jeudi à Detroit contre la décision du président d’envoyer 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan.

La protestation contre la guerre en face de l’édifice fédéral McNamara est venu un jour après qu’Obama ait annoncé ses plans pour augmenter le nombre de soldats dans la guerre qui déchire le pays.

Joellen Gilchrist, 66 ans, de Beverly Hills a dit qu’elle est frustrée par la guerre et la réticence d’Obama à l’amener à une fin plus rapide.

«Son budget militaire est plus élevé que Bush, a t-elle déclaré, se référant à l’ancien président George W. Bush. «Cela devait être changé s’il était élu.”

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Forte hausse de la pauvreté urbaine aux Etats-Unis

(source : Reuters 08/12/09)

CHICAGO – La pauvreté se développe d’une manière spectaculaire dans les villes américaines avec une augmentation du nombre des familles sans-abri et souffrant de la faim, révèle un rapport publié mardi.

Les demandes auprès de l’assistance alimentaire ont augmenté de 26% l’an dernier, soit la plus forte hausse moyenne depuis 1991, indique le rapport 2009 de la conférence des maires américains.

Cette étude a porté sur 27 agglomérations dont Boston, Chicago, Detroit, Los Angeles, Miami, Philadelphie et San Francisco.

Ces demandes proviennent de personnes sans couverture sociale, de personnes âgées, de travailleurs pauvres, de sans-abri mais également de familles de la classe moyenne.
Cette tendance est entretenue par le chômage, la hausse des prix du logement et la faiblesse des salaires.

Tendant de dégager des perspectives pour 2010, les villes s’attendent à éprouver des difficultés pour répondre aux demandes croissantes d’aide en raison de restrictions budgétaires, de baisse des dons et de hausse du prix des denrées alimentaires.

Un peu plus de trois-quarts de villes signalent un accroissement du nombre des familles sans-abri en raison de la récession et de la pénurie de logements à loyer modéré.

En contrepoint, le nombre de personnes seules sans-abri est resté stable ou a baissé dans 16 agglomérations.

Dix villes ont indiqué avoir recours à des villages de toile ou à d’autres infrastructures pour les sans-abri.

La plupart des villes étudiées dans le rapport ont bénéficié de fonds supplémentaires pour lutter contre la faim et le problème


40 millions de dollars, soit 26,9 millions d’euros. C’est la somme dépensée par le géant américain de la distribution Wal-Mart pour solder une plainte en nom collectif de 87 500 salariés du Massachusetts. Ils se plaignaient de leurs salaires et des horaires de travail
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C U B A

La Havane. 10 Décembre 2009

REFLEXIONS DE FIDEL
Rien ne forçait Obama à agir cyniquement

DANS les derniers paragraphes de mes réflexions d’il y a deux mois, le 9 octobre 2009, Le glas sonne pour le dollar, j’ai évoqué le changement climatique que le capitalisme impérialiste a provoqué au grand dam de l’humanité. Parlant des émissions de carbone, j’avais écrit : «Les USA ne font vraiment aucun effort spécial. Ils n’acceptent qu’une réduction de 4% par rapport à 1990.» Or, les scientifiques exigeaient une réduction minimale d’entre 25 et 40% d’ici à 2020.

Et j’avais ajouté:

« Le monde a appris ce matin, vendredi 9, qu’«Obama le bon», pour reprendre l’énigme posée par le président vénézuélien Hugo Chavez aux Nations Unies avait reçu le Prix Nobel de la paix. Je ne partage pas toujours les positions de cette académie, mais je dois reconnaître que c’est une mesure positive dans les circonstances actuelles. Elle compense le revers essuyé par Obama à Copenhague quand Rio de Janeiro, et non Chicago, a été désigné comme organisatrice des Jeux olympiques de 2016, ce qui a provoqué de violentes attaques de la part de ses adversaires d’extrême droite.»

«Beaucoup jugeront qu’il n’a pas gagné pour l’instant le droit de recevoir une telle distinction. Je souhaite voir dans cette décision, plutôt qu’un prix au président étasunien, une critique de la politique génocidaire suivie par nombre de présidents de ce pays qui ont conduit le monde au carrefour où il se trouve aujourd’hui, une exhortation à la paix et à la recherche de solutions qui permettrait à notre espèce de survivre.»

Il est évident que j’observais avec soin le président noir élu dans une société raciste en proie à une profonde crise économique, sans préjuger à partir de ses déclarations de la campagne électorale et de sa condition de chef du pouvoir exécutif yankee.

Presque un mois après, j’ai écrit ce qui suit dans des Réflexions intitulés: De la science-fiction :

«Le peuple étasunien n’est pas coupable, mais bel et bien victime d’un système insoutenable et, pis encore, d’ores et déjà incompatible avec la vie de l’humanité.»

«L’Obama intelligent et rebelle qui a souffert l’humiliation et le racisme durant son enfance et sa jeunesse le comprend, mais l’Obama élevé dans le sérail et compromis avec le système et les méthodes qui l’ont conduit à la présidence des Etats-Unis ne peut résister à la tentation d’exercer des pressions, de menacer, voire de tromper les autres. »

«Il est obsédé par son travail. Aucun autre président des USA ne serait peut-être capable de se lancer dans un programme aussi intense que celui qu’il se propose de réaliser dans les huit prochains jours. »

J’analysais dans ces Réflexions-là, comme on peut le constater, la complexité et les contradictions implicites dans sa longue tournée à travers l’Asie du Sud-Est et je me demandais: «De quoi pense traiter notre illustre ami durant cette intense tournée?» Ses conseillers avaient précisé qu’il parlerait de tout avec la Chine, la Russie, le Japon, la Corée du Sud, etc.

Il est évident qu’Obama préparait le terrain au discours qu’il allait prononcer à West Point le 1er décembre 2009. Ce jour-là, il s’est donné à fond. Il a élaboré et classé avec soin cent soixante-neuf phrases destinées à presser chacune des «touches» qui l’intéressaient pour obtenir que la société étasunienne appuie sa stratégie de guerre. Il a eu des effets de manche qui auraient fait pâlir Cicéron dans ses Catilinaires. J’ai eu l’impression ce jour-là d’écouter George W. Bush: ses arguments et sa philosophie ne se différenciaient en rien de ceux de son prédécesseur. Exception faite d’une petite feuille de vigne: il s’opposait à la torture.

Le chef de l’organisation à laquelle on attribue l’acte terroriste du 11 septembre  a été recruté et entraîné par l’Agence centrale de renseignement pour combattre les troupes soviétiques, et il n’était même pas Afghan.

Cuba a fait savoir ce même jour qu’elle condamnait cet acte et a annoncé d’autres mesures. Nous avons aussi averti que la guerre n’était pas la voie à suivre pour combattre le terrorisme.

L’organisation des Talibans – qui veut dire «étudiants» - est née au sein des forces afghanes qui se battaient contre l’URSS et n’était pas ennemie des Etats-Unis. Une analyse honnête permettrait de retracer la véritable histoire des événements qui ont engendré cette guerre-là.

Aujourd’hui, ce ne sont pas les soldats soviétiques, mais les troupes étasuniennes et celles de l’OTAN qui occupent ce pays à feu et à sang. La politique que la nouvelle administration offre au peuple étasunien est celle de Bush qui a ordonné d’envahir l’Iraq alors que ce pays n’avait rien à voir avec l’attentat des tours jumelles.

Le président des Etats-Unis n’a pas dit un mot des centaines de milliers de personnes innocentes, dont des enfants et des vieillards, qui sont mortes en Iraq et en Afghanistan, et des millions d’Iraquiens et d’Afghans qui souffrent des conséquences de la guerre, sans avoir la moindre responsabilité dans les faits survenus à New York. La phrase par laquelle il a conclu son allocution: «Que Dieu bénisse les Etats-Unis», semblait, plutôt qu’une prière, un ordre donné au Ciel.

Pourquoi donc Obama a-t-il accepté le prix Nobel de la paix alors qu’il avait déjà décidé de porter la guerre en Afghanistan jusqu’à ses dernières conséquences? Rien ne le forçait à agir cyniquement!

Il a annoncé ensuite qu’il irait recevoir son prix dans la capitale norvégienne le 11 et qu’il se rendrait au Sommet de Copenhague le 18.

Il ne reste plus qu’à attendre à Oslo un autre discours théâtral, un nouveau compendium de phrases visant à occulter le fait réel que nous avons affaire à une superpuissance impériale qui possède des centaines de bases militaires disséminées de par le monde, dont les interventions militaires dans notre continent remontent à plus de deux siècles, et les actions génocidaires au Vietnam, au Laos et dans d’autres pays d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient, des Balkans, et partout dans le monde, à plus d’un siècle.

Le hic maintenant pour Obama et ses alliés les plus riches, c’est que la planète qu’ils dominent d’une poigne de fer est en train de se déliter entre leurs doigts.

Le crime commis par Bush contre l’humanité est de notoriété publique: avoir ignoré le Protocole de Kyoto et n’avoir pas fait pendant dix ans ce qu’il aurait fallu faire depuis belle lurette. Obama n’est pas un ignare; il connaît, tout comme le connaissait Gore, le grave danger qui nous menace tous, mais il vacille et se montre faible face à l’oligarchie irresponsable et aveugle de son pays. Il n’agit pas comme l’a fait un Lincoln pour régler le problème de l’esclavage et maintenir l’intégrité du pays en 1861, ou comme un Roosevelt face à la crise économique et au fascisme. Mardi, il a lancé une pierre timide dans les eaux agitées de l’opinion internationale: Lisa Jackson, administratrice de l’Agence de protection de l’environnement, a informé que le réchauffement mondial serait considéré comme une menace à la santé publique et au bien-être du peuple étasunien, ce qui permettrait à Obama d’adopter des mesures sans passer par le Congrès.

Aucune des guerres qui ont eu lieu tout au long de l’Histoire ne représente un danger pire.

Les nations les plus riches s’efforceront de faire retomber sur les plus pauvres le fardeau des actions nécessaires au sauvetage de l’espèce humaine. Il faut au contraire exiger aux plus riches le maximum de sacrifices, le maximum de  rationalité dans l’emploi des ressources et le maximum de justice envers notre espèce.

Il est probable que ce qu’on obtiendra tout au plus à Copenhague, c’est un minimum de temps pour aboutir à un accord contraignant qui serve vraiment à chercher des solutions. Si c’est le cas, le Sommet aura signifié au moins une modeste avancée.

On verra bien!

Fidel Castro Ruz

Le 9 décembre 2009

12 h 34




Edité par T 34 - 18 Dec 2009 à 18:19
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Dec 2009 à 18:21
D'après Evo Morales Obama est pire que Bu$h
 
D'après Hugo Chávez "ça continue a sentir le souffre".
 
 
«La guerre», selon le dicton populaire, “est le sport des rois». Aux États-Unis, la guerre est devenue le sport des partis politiques.

Si les nouvelles sont exactes, le président Barack Obama va envoyer plus de 30.000 nouvelles troupes en Afghanistan pour soutenir et défendre l’un des gouvernements les plus corrompus de la planète.

Il le fera, en partie parce que, durant la dernière élection présidentielle, les libéraux opposés à la guerre ruineuse et désastreuse en Irak, a peint la guerre en Afghanistan comme «la bonne guerre», peut-être parce qu’ils pensaient pouvoir la gagner.

Mais il ya une autre raison. Les guerres à l’étranger sont des métaphores pour de vraies guerres politiques ici dans notre pays. Les guerres à l’étranger sont traitées en fin de compte, comme de la politique intérieure – la lutte pour la suprématie politique en Amérique.

«La guerre», selon le dicton populaire, “est le sport des rois». Aux États-Unis, la guerre est devenue le sport des partis politiques. Le candidat le plus belliqueux, (celui ou celle) qui démontre plus de dureté politique (avec les enfants des autres), tend à prévaloir dans les élections.

Par conséquent, l’Afghanistan est utile pour un grand jeu – de peu d’importance en soi, mais de grande valeur symbolique dans les longues guerres entre la droite et la gauche de l’opinion publique américaine.

Ce que veulent les Américains n’a pas la moindre importance, de même que leur affiliation avec l’un ou l’autre parti politique. Les partis politiques américains sont des instruments sont achetés et payés avec la richesse des entreprises et des privés. (Si on réfléchie cette question cette question, ont voit ce qui arrive quand un homme politique quitte ses fonctions dans le gouvernement. Il va directement dans les bras de grandes entreprises, où il rencontre enfin la classe qu’il a servi. )

Ainsi, nous voyons le spectacle de gens votant pour des candidats, apparemment anti-guerre, qui, une fois qu’ils prennent leurs fonctions, approuvent de nouvelles guerres, plus d’armes, plus de troupes. La guerre n’a jamais eu rien à voir avec les raisons exposées par les politiciens. L’Afghanistan a autant à voir avec le terrorisme que l’Irak avait à voir avec les armes de destruction massive (ADM), c’est-à-dire rien.

Actuellement, la Grande-Bretagne est pour ouvrir une enquête peu fréquente sur la façon dont elle est entrée dans la guerre en Irak. N’est-il pas remarquable que les questions soient posées après la guerre – mais pas avant? Bien sûr, le pays y est entré à cause des ses obligations avec son grand frère (USA) pour les raisons les plus méprisables “la politique et des bénéfices ».

Depuis le Couloir de la Mort Mumia Abu-Jamal

29 Novembre 2009


Edité par T 34 - 18 Dec 2009 à 20:10
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Dec 2009 à 22:46
Les drones américains piratés pour 26 dollars
 
Vingt-six dollars : c'est le coût d'un programme grand public utilisé par les insurgés irakiens pour pirater les flux de données des drones Predator utilisés par l'armée américaine – des avions sans pilote coûtant 4,5 millions de dollars pièce – révèle le Wall Street Journal.
 

Les insurgés profitent d'une vulnérabilité dans la conception de l'appareil pour capter le flux d'images transmises par les caméras du robot, à l'aide d'un logiciel disponible dans le commerce. La manipulation ne permet pas de prendre le contrôle de l'appareil ou de l'endommager, mais savoir ce que voient les drones américains permet aux insurgés de se préparer à l'éventualité d'une attaque ou de connaître les régions dans lesquelles les Américains concentrent leurs efforts.

Ce piratage est également rendu possible par le fait que l'armée américaine ne crypte pas les données transmises par les drones, une pratique surprenante au regard de la nature confidentielle des informations transmises. L'US Army affirme rechercher activement une manière de crypter ces communications. Les services de renseignement américains pensent que la technique d'espionnage de leurs avions sans pilote a été transmise aux mouvements chiites irakiens par l'Iran, ce que Téhéran dément.

"DOMMAGES COLLATÉRAUX"

Les Etats-Unis ont de plus en plus recours aux drones, qui présentent de nombreux avantages, en Irak comme en Afghanistan. Pour l'armée américaine, ces robots permettent de limiter les pertes humaines, mais aussi de procéder à des incursions dans des territoires où il serait diplomatiquement ou militairement compliqué d'intervenir. Les drones américains procèdent ainsi régulièrement à des "frappes ciblées" contre les talibans depuis l'Afghanistan sur le territoire pakistanais, ce qu'Islamabad tolère.

Mais cette arme ne fait pas l'unanimité, y compris au sein de l'armée. Certains militaires craignent que les Etats-Unis deviennent trop dépendants de cette technologie. Les organisations humanitaires estiment quant à elles que les drones, qui peuvent procéder à des tirs de missiles, sont responsables de nombreux "dommages collatéraux" et de morts de civils qui pourraient être évitées.

Les drones sont le principal secteur d'investissement de l'armée américaine, avec 36 % du budget de l'US Air force. L'armée a lourdement investi dans une nouvelle génération de machines, les Reaper, plus performants mais presque trois fois plus chers que les Predator.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2009 à 14:53

Afghanistan : Obama et La Der des Der…

 

Georges STANECHY
« La guerre en Algérie est une lutte imposée à la France par une minorité de rebelles fanatiques, terroristes et racistes, armés et soutenus financièrement par l’étranger. »
Extrait du Manifeste des Intellectuels Français (1)

Et, 30.000 de plus !…

L’escalade.

Telle est la décision d’Obama, pour mettre un terme à la guerre en Afghanistan : envoyer des troupes supplémentaires. Juste avant d’aller chercher son Prix Nobel de la Paix à Stockholm.

Il est vrai que les traîneurs de sabre du Pentagone en souhaitaient 80.000… A défaut, ils vont donc à coups de pied au derrière de leurs « alliés », vassaux, auxiliaires et autres supplétifs, en extraire quelques milliers de plus…

Résultat recherché par l’équipe Obama : remonter dans les sondages US ! Objectif atteint. D’après l’organisme Gallup, sa cote de « popularité » serait remontée de 47 % à 52 %. (2)

Nous ne sommes plus dans l’utopie démocratique, où règneraient raison et justice, mais dans l’émotionnel, le fugitif, la poudre aux yeux. Car les questions des sondages, habilement formulées, avaient pour toile de fond l’engagement d’Obama de retirer les troupes d’Afghanistan, d’ici 18 mois. Ce que souhaite, en fait, la majorité des américains : le retour de leurs soldats « at home  ».

On a vu ce que les engagements du « nouveau Président » valaient : les américains attendent toujours le retrait des troupes US d’Irak. Quant au centre de détention et de torture de Guantanamo, au procès public et équitable de ses internés, le reste du monde attendra.

child_burnt-afghanistan1.jpg

Il n’est pire sourd…

Refusant d’écouter le nouvel ambassadeur US à Kaboul, nommé en mars 2009, Karl Eikenberry. Cet ancien général, opposé à de nouveaux envois de troupes, a remué ciel et terre pour faire comprendre à Washington que la solution n’était pas militaire mais politique :

« Les problèmes américains en Afghanistan ne vont pas être résolus en tuant des gens, mais en aidant les Afghans à mettre en place des institutions gouvernementales fiables. » (3)

Les analystes les plus chevronnés de l’appareil de défense US, dès qu’ils ont la liberté de parole, insistent sur la nécessité de mettre un terme à l’aventure militaire, en Afghanistan mais aussi au Pakistan. Ainsi James Clad, ancien du Pentagone, dont la vision géopolitique est d’une rigoureuse clarté :

« Nous devons trouver la solution dans le cadre d’un règlement régional qui doit inclure l’Iran, la Chine, la Russie et l’Inde, dans un consensus global. » (4)

Les Russes, instruits de l’expérience de leur guerre en Afghanistan ne manquent pas de prodiguer leurs conseils de modération. Tel le général Igor Rodinov, qui a commandé les 120.000 hommes de la 40° Armée pendant 10 ans en Afghanistan, avant de devoir le quitter dans la défaite :

« Ils (les USA et leurs alliés) doivent comprendre qu’il n’y a aucune chance de succès militaire… Il s’agit d’un problème politique que nous avons été totalement incapables de résoudre par notre approche militaire. » (5)

De nombreux américains, citoyens, intellectuels, responsables, se mobilisent, contre cette folie guerrière. Sans être entendus… Beaucoup aux USA, hors les médias de la propagande ne cessant, avec Patrick Cockburn, de réclamer, manifester, pour le respect du droit à l’autodétermination, et laisser l’Afghanistan aux Afghans :

« Leave Afghanistan to the Afghans ! ». (6)

Tel Anthony DiMaggio dénonçant le « cynisme d’Obama » de prendre, avec son parti et son clan, une décision militaire uniquement dans un but électoraliste, celui de la préparation des élections présidentielles US de 2012 : La Politique du Cynisme - Afghanistan et les élections de 2012. (7)

Ou encore, Paul Craig Roberts, ancien ministre du Budget US, stigmatisant la « double fraude d’Obama », militaire et sociale :

« … Tout l’argent public a été dépensé pour financer les banques et les guerres. Le peuple américain, excepté les 1 % “superriches”, a été abandonné  ». (8)

Dans une analyse décapante, Gary Leupp, historien spécialiste de l’Asie, mettant en lumière les réflexes idéologiques d’Obama :

« Obama est un politicien de la haute bourgeoisie traditionnelle qui, avec son Ministère des Affaires Etrangères, identifie les intérêts des multinationales américaines avec les intérêts « nationaux » ; persuadant ces derniers de se battre pour eux. Ou du moins, d’employer les soldats américains de se battre et de mourir pour eux ». (9)

D’autres, comme Susan Galleymore, militante de la paix pour avoir perdu un fils en Irak, rappelle, dans cet “Arc de la Guerre” allant de la Palestine à l’Afghanistan, l’écrasante responsabilité des USA :

« Reconnaître l’irréfutable évidence de “l’Arc d’Avilissement” qu’est la guerre, c’est l’obligation d’assumer notre responsabilité… et faire en sorte de ne plus jamais en accabler notre monde et ses populations ». (10)

Rien à faire.

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

Et, puis Business is Business… Les experts et milieux d’affaires disent que c’est excellent pour l’économie. Exemple ? Isabel Sawhill, senior fellow dans le Think Tank néoconservateur The Brookings Institution, estime que les dépenses de guerre stimulent l’économie (11) :

« Toute dépense, même une guerre, peut être bonne pour l’économie. C’est grâce à cela que nous sommes sortis de “La Grande Dépression” des années 1930. » (12)

Conséquence : la bride est lâchée.

Terminator va pouvoir faire joujou avec tous ses gadgets mortifères. Les lobbies de l’armement, s’en mettre plein les poches.

AFGHANISTAN%20CHILD

Terminator danseuse “de luxe” des pays en faillite

Je ne sais si c’est le chiffre de « 30.000 », mais l’obstination du lobby militariste US, l’aveuglement de son état-major, me font penser à ceux du Portugal, en 1970, dans sa guerre pour maintenir son emprise sur le Mozambique.

Le général McChrystal, nouveau patron du dispositif occidental en Afghanistan, le plus fanatique des promoteurs de cette « escalade », semble le clone du général portugais Kautza de Arriaga.

Ce « fou de guerre » exerçait, à l’époque, son génie militaire dans cette partie du monde, que les « colonialistes » considéraient comme partie intégrante du Portugal. Ce fut une des plus atroces, des plus barbares guerres coloniales que des européens « pétris de valeurs » aient menées…

Archétype de ces généraux « jusqu’au boutistes » qui jalonnent l’histoire des guerres coloniales. Je l’ai évoqué dans un texte sur le poignant témoignage de la romancière portugaise Lidia Jorge, Le Rivage des Murmures  :

« … Mozambique, en 1970. Au plus fort de la guerre. Le général Kautza de Arriaga avait déclenché une opération de grande envergure avec 35.000 hommes et une centaine d’avions et d’hélicoptères près de la frontière tanzanienne. L’objectif étant de récupérer la ville et la région de Muda, que la résistance avait libérées.

Ce genre d’opérations folles, la « der des der », rêvées par des états-majors incapables de comprendre les mécanismes inexorables d’une guerre menée par une Nation pour sa Libération. Plus d’hommes, plus de matériel et plus d’argent, disent-ils, et nous éradiquerons ces indépendantistes, ces terroristes, ces insurgés, qui mettent en danger la civilisation occidentale

Les militaires portugais n’avaient pas retenu la leçon des récentes guerres d’indépendance des colonies françaises d’Indochine quinze ans plus tôt, ou d’Algérie huit ans plus tôt. Ils se croyaient plus forts… »

Vieille rhétorique belliciste, coloniale, de ces Terminator galonnés. Increvable. Encore un effort, clament-ils, le dernier, et on va gagner ! La Der des Der… Comme en 14, chaque guerre coloniale, chaque expédition. Chaque « opération » même, avec son nom pour marquer la campagne de communication, ou de propagande plutôt, comme les marques de lessive ou de jeux vidéos.

En fait, jusqu’à ce qu’ils aient déplacé l’intégralité de la population dans des camps de réfugiés, après en avoir exterminé le plus possible : hommes valides, jeunes et vieux. Pas d’état d’âme : ce ne sont que des rebelles, des insurgés, des terroristes, ou s’ils ne le sont pas, ils en sont des sympathisants, sauvages, barbares.

Les enfants ?… Tués ? Amputés ? Traumatisés ? Brûlés ? Ensevelis vivants dans les bombardements ? Dégâts collatéraux, inévitables. Comme les effets secondaires dans un traitement de choc. C’est à ce prix, qu’on sauve les Civilisations.

Le prix…

afghan-child-09-oxfam.jpg

Et, le coût ?…

Rien qu’aux contribuables américains, le coût de la guerre en Afghanistan atteindrait 228 milliards de dollars, à ce jour. En 2009, 60,2 milliards de dollars auraient été dépensés pour les seules actions militaires. Avec un rythme d’augmentation exponentiel : de 3,5 milliards de dollars par mois sous Bush, on est passé à 5 milliards de dollars par mois avec Obama. (13)

Encore plus vertigineux : Le Center for Defense Information fait apparaître un montant “budgété” par le Congrès des USA, de 300 milliards de dollars pour toutes les dépenses US, en Afghanistan ou liées aux actions le concernant, forces armées, agences et ministères divers, y compris dépenses de maintenance ou médicales, pour l’année fiscale 2010. Contre 173 milliards en 2009, et 140 milliards en 2008.

Obama et les « Démocrates » font plus fort, que Bush et les « Républicains »…

Depuis l’invasion de l’Afghanistan, en 2001, le montant cumulé des dépenses des USA liées à l’Afghanistan, militaires et civiles, atteint le montant astronomique de 739,8 milliards de dollars (14).

Tout cela, comme le rappelle Jones, un des conseillers US à la Défense Nationale (National Security Adviser), alors que les Talibans ne sont pas “de retour”, et que les membres d’Al-Qaida seraient moins d’une centaine en Afghanistan… (15)

D’ailleurs Gates, le patron de la CIA, le reconnaît : après huit ans de guerre de haute technologie, on ne sait toujours pas où se trouve Ben Laden qui est connu souffrir des reins et être sous dialyse… (16). Parallèlement, d’après les propres rapports de l’ONU, la culture de l’opium, depuis le contrôle et l’administration du pays par les USA et l’OTAN, a mystérieusement décuplé…

Des milliards par centaines, de quoi transformer l’Afghanistan en un pays aussi arboré et prospère que la Norvège…

Mais, où va tout cet argent ?… Aspiré comme le sont les galaxies par un gigantesque Trou Noir, non plus intersidéral mais financier.

Encore, n’a-t-on de disponibles que les chiffres US. Connaissez-vous le montant des dépenses françaises pour l’Afghanistan ?… Le coût mensuel de notre corps expéditionnaire : avions, blindés, transport, logistique ? Pour un Etat en faillite, comme ne cesse de le répéter le Premier ministre français, la gestion devrait se faire au centime près, dans la transparence.

Et, l’OTAN ?… Cette énorme machine bureaucratique, qui regroupe directement ou indirectement, au-delà des pays européens, tous les satellites américains : Corée, Taiwan, Japon Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.

Ce que la France verse en contributions à l’OTAN, chaque année ? Les matériels et personnels que la France met à la disposition de l’OTAN, en termes de coûts pour le contribuable français ?…

Et, ce que l’OTAN jette par la fenêtre sous la rubrique « Afghanistan » ?… Dans les caisses de ce pôle d’incompétence, de gaspillage, dans l’impunité. Incapable de redresser ses échecs, accumulés depuis 8 ans en Afghanistan.

Impossible de savoir. Aucun débat public.

L’OTAN, véritable pôle antidémocratique, aussi. Ses dirigeants, dont on ne sait d’où ils sortent si ce n’est de tout sauf du suffrage universel. Parlant d’égal à égal, aussi arrogants que mégalomanes, avec les responsables élus des peuples européens. Réclamant sans cesse, eux aussi, plus d’argent, d’hommes et d’engagements, pour satisfaire les visions bellicistes et paranoïaques de cette organisation devenue ingouvernable. Sauf par le lobby de l’armement…

Toutes ces dérives illégitimes, dans le culte de l’opacité, du mensonge et de la gabegie. Induites par un appareil militaro-industriel, aux mains d’une oligarchie, d’une caste, qui échappe totalement au contrôle démocratique, celui des contribuables, de la collectivité, du peuple.

L’avez-vous remarqué ?… Dans nos pays occidentaux, les plus riches du monde, on multiplie les opérations de charité publique pour nourrir le pauvre, soulager le malade, financer la lutte contre les maladies.

Car, l’Etat n’a jamais assez d’argent pour financer le système de santé de la collectivité, les œuvres sociales, médicales. Il n’a même pas de quoi payer les heures supplémentaires de ses propres fonctionnaires, du moins les subalternes. Encore moins, la recherche médicale.

C’est tellement difficile de gérer un « Etat en faillite  »…

Bizarrement, le même Etat n’éprouve jamais le besoin d’organiser des collectes publiques pour financer des investissements militaires, des expéditions coloniales ou des guerres lointaines. Les dons et versements s’affichant en temps réel sur un tableau lumineux. Genre : “TeleBomb”, ou “BombAction”… Avec leurs petits rubans, leurs T-shirts, leurs campagnes médiatiques : bals, dîners de gala, concerts, ventes de CD ou DVD…

Non. Miracle ! Tous les budgets sont disponibles, à tout moment, pour tout montant. Instantanément. Comme pour renflouer les banquiers véreux. Dans la discrétion…

Normal.

« Défendre La Civilisation  » n’est-il pas prioritaire ?…

George STANECHY
http://stanechy.over-blog.com/

1) Paru dans Le Figaro et Le Monde, le 7 octobre 1960. Parmi plus de 300 signataires, approuvant la guerre coloniale en Algérie, avec ses massacres, tortures et destructions, figuraient : Chaunu, Dorgelès, Maulnier, Pauwels, Michel de Saint-Pierre, Nimier, Déon, Blondin, Romains, Henri de Monfreid, Gabriel Marcel, Jacques Laurent, André François-Poncet, Gaxotte, Pierre de Bénouville, le colonel Rémy, le maréchal Juin, etc…

2) Eli Clifton, « Surge » sends Obama soaring, Asia Times, 10 décembre 2009, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KL10Df03.html

3) Karl Eikenberry  : « America’s problems in Afghanistan weren’t going to be solve by killing people, but by helping the Afghans build credible governing institutions ». Cité par Mark Perry, The day the general made a misstep, Asia Times, 10 décembre 2009, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KL10Df04.html

4) James Clad : « We will need to anchor the result in a regional settlement - one that draws Iran, China, Russia and India into a common purpose ». Cité par Mark Perry, Op. Cit.

5) Général Russe Igor Rodionov : « They [the U.S. and its allies] have to understand that there is no way for them to succeed militarily…It is a political problem which we utterly failed to grasp with our military mindset ». Cité par Conn Hallinan, Obama’s Escalation - An Af-Pak Train Wreck, http://www.fpif.org/fpiftxt/6620, 7 décembre 2009.

6) Patrick Cockburn, Leave Afghanistan to the Afghans – Why Afghans Oppose the Escalation, 9 novembre 2009, http://www.counterpunch.org/patrick11092009.html

7) Anthony DiMaggio, Obama, Afghanistan and the 2012 Elections – The Politics of Cynicism, CounterPunch, 9 décembre 2009.

8) Paul Craig Roberts, The Twin Frauds of Obama, Afghanistan and Elkhart, Indiana, 4 décembre 2009, http://www.counterpunch.org/roberts12042009.html : « … In other words, all the public’s money has been spent on the banks and the wars. The American people, except for the one percent of super-rich, have been abandoned.  »

9) Gary Leupp, Obama as Hamlet, Wrestling With the Question of Afghanistan, CounterPunch, 24 novembre 2009 : « Obama is a traditional bourgeois politician who with his State Department identifies corporate U.S. interests as “national” interests and probably can be persuaded that they’re worth fighting for. Or rather, using U.S. troops to fight and die for. »

10) Susan Galleymore, The Casualties of Toxic Warfare – Global Connection an the Arc of War, 1 décembre 2009, http://www.counterpunch.org/galleymore12012009.html :
« As we recognize the incontrovertible evidence in the arc of degradation that is war we must accept our responsibility for it...and ensure we no longer contaminate our world or its people ».

11) Isabel Sawhill : « Any kind of spending - even a war - can be good for the economy. That’s how we got out of the Depression in the 1930s. ». Cité par Matthew Rusling, Afghanistan costly, but no budget buster, 11 décembre 2009, http://news.xinhuanet.com/english/2009-12/11/content_12629827.htm

12) Cf. La Grande Dépression : http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression

13) Chiffres énoncés par Jo Comerford, directeur du National Priorities Project, cité par Pepe Escobar in Stuck in Kabul, With Saigon Blues Again, 8 octobre 2009, Asia Times, http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/KJ08Df01.html

14) Consulter le tableau des montants répertoriés année par année : "The Cost of Iraq, Afghanistan, and Other Global War on Terror Operations Since 9/11," Amy Belasco, Congressional Research Service Report for Congress, RL33110, p. CRS–6) ; and Center for Defense Information, "Defense Budget Tutorial : So, You Think You Know the Cost of the Wars ?" Web : www.cdi.org. et http://www.infoplease.com/ipa/A0933935.html

15) In Pepe Escobar, Op. Cit.

16) Al-Qaïda : les Américains ignorent où se cache Oussama Ben Laden (Gates), 6 décembre 2009, http://fr.rian.ru/world/20091206/185628167.html

Photos d’enfants Afghans victimes des bombardements occidentaux :

i) Brûlé lors de l’écrasement de sa maison

ii) “Réfugié” à la suite de la destruction de son village

iii) Mutilé à la suite de "dégâts collatéraux"

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Dec 2009 à 01:55

Un système à bout de souffle

Un record de dépenses pour un sommet d’injustices et d’inefficacité.

Le système de santé des États-Unis est si malade qu’il est devenu une sorte d’antimodèle dont la refonte apparaît inévitable à une majorité de citoyens et de dirigeants, incapables toutefois de trouver un consensus sur le mode opératoire qu’il conviendrait d’adopter. Deux symptômes majeurs illustrent la profondeur du mal qui ronge l’édifice sanitaire  : il est cher, le plus cher du monde, et près de 50 millions de personnes (soit 17 % de la population) en sont totalement exclues et sont donc contraintes de vivre sans aucune couverture.

En cause  : la prédominance des assurances privées et donc la soumission aux logiques du marché et de la rentabilité. Du coup, seules les personnes travaillant dans une entreprise capable de payer une partie ou la totalité d’un contrat d’assurance à ses salariés bénéficient d’une vraie protection. Mais le nombre de ces entreprises-là ne cesse de se réduire. La part des PME qui offrent une police d’assurance santé à leurs employés est ainsi passée de 67 % en 1995 à 38 % en 2008 selon le National Small Business Association (Association nationale des PME). Les salariés des firmes n’offrant pas (ou plus) d’assurance santé se couvrent, à titre individuel, comme ils peuvent et se voient donc octroyer une protection très variable en fonction de la valeur du contrat souscrit. Autrement dit  : le jour où ils ont besoin d’un traitement cher, l’assureur peut leur refuser tout ou partie du remboursement du soin. Quant aux quelque 50 millions de citoyens qui ne peuvent pas payer, il ne leur reste qu’à prier de rester en bonne santé en attendant des jours meilleurs…

Ce mode de fonctionnement-là a conduit à d’invraisemblables « surfacturations » et à d’innombrables gâchis à l’origine de l’explosion des dépenses de santé. Elles s’élèvent à plus de 2 000 milliards de dollars (1 400 milliards d’euros) en 2009, soit 7 400 dollars (4 800 euros) par personne et par an. Cela représente 16 % du PIB du pays (11 % en France). Résultat  : ce système, présenté ici même il y a peu de temps encore comme un moyen de stimuler la « responsabilité individuelle » et la « maîtrise des coûts », ne figure qu’en 37e position du classement international de l’Organisation mondiale de la santé.

B.O.


Des assurances privées 
qui ne remboursent pas

« Une fois que les compagnies d’assurances acceptent un client, elles font tout pour éviter de payer ses soins », constate le Nobel d’économie Paul Krugman. Les victimes concrètes se comptent à foison. Frank Brown, de Baltimore, est de celles-là. Il n’avait pas lu attentivement les conditions écrites en tous petits caractères à la fin de son contrat. Quand son fils de quatorze ans a commencé à souffrir de problèmes cardiaques, il s’est cru protégé par son assurance. Sauf que les remboursements étaient plafonnés à 100 000 dollars. Il croule désormais sous 700 000 dollars de dettes…
 

Santé : le compromis jusqu’à la compromission

Pour faire adopter sa réforme, Barack Obama renonce à « l’option publique », l’instauration d’une assurance financée et gérée par l’État fédéral, et interdit toute aide publique aux plus démunis pour « couvrir » un avortement.

Plus avance le compromis sur la réforme du système de santé que Barack Obama entend attacher à sa présidence et moins le changement devient visible. Le président s’est réjoui samedi d’un accord conclu au sein de la majorité démocrate du Sénat qui ouvrirait la voie à une adoption de la réforme par la chambre haute du Congrès à la veille de noël. « Après un demi-siècle de batailles, nous sommes sur le point de faire aboutir la réforme », s’est-il aussitôt enthousiasmé. Le problème, c’est que le prix payé pour ce nouveau compromis est très élevé.

aspects progessistes rayés

Compte tenu de l’opposition des républicains, les démocrates ont besoin de 60 des 100 voix du Sénat pour faire adopter le texte. Si cet objectif semblait atteint ce week-end, les concessions faites aux sénateurs démocrates les plus conservateurs ont vidé le document des dernières novations progressistes avancées dans le projet initial du président. Le document adopté est présenté officiellement comme un moyen de fournir une couverture à « 31 des 36 millions de citoyens des États-Unis » qui en sont dépourvus aujourd’hui. On voit mal cependant comment l’ambition de couvrir les plus démunis, déjà restreinte – puisque 5 millions de citoyens n’y accéderaient toujours pas d’après les chiffres mêmes produits par le plan en cours d’adoption –, pourra fonctionner effectivement. Pour une raison simple  : les membres de l’aile conservatrice du Parti démocrate sont parvenus à bannir tout recours à la fameuse « option publique » (l’instauration d’une assurance meilleur marché financée et gérée par l’État fédéral).

De plus, le mode de fonctionnement retenu qui consisterait à accorder une aide aux salariés qui n’en ont pas les moyens pour qu’ils puissent souscrire une assurance privée sera bien difficile à mettre en œuvre. Et il risque donc de laisser sans assurance bien plus qu’une fraction des 36 millions de personnes répertoriées par l’administration. D’autant que, selon diverses sources non gouvernementales, ce sont en fait quelque 50 millions de citoyens qui seraient en réalité sans couverture sociale et ce chiffre est en train de grimper rapidement avec l’explosion actuelle du chômage.

Autre concession insupportable pour les progressistes et de nombreuses associations de femmes  : toute aide publique sera interdite dès lors qu’elle sera destinée à financer un avortement. Le sénateur démocrate Ben Nelson, qui conditionnait son vote à l’insertion de cette disposition, a obtenu satisfaction sur toute la ligne.

les assureurs satisfaits

À ce stade, les grands vainqueurs de la « réforme » sont donc les lobbies des assureurs privés et des associations opposées à l’IVG. Aux chapitres des avancées ne figurent plus que le principe retenu d’interdire aux compagnies de refuser une couverture à des citoyens ayant eu des problèmes de santé préexistants et l’extension du champ du programme Medicaid, sorte de minimum médical destiné aux plus pauvres. On est à des années-lumière d’une protection universelle et très loin du compte d’une réforme qui devait servir d’emblème à la présidence Obama. D’autant que, même en cas d’adoption par le Sénat d’ici à vendredi, la course d’obstacle ne sera pas terminée. Le texte adopté devra alors fusionner avec celui validé par la Chambre des représentants début novembre. D’où la négociation de nouveaux compromis qui pourraient permettre aux républicains et aux démocrates conservateurs de poursuivre leurs forcings.

Bruno Odent




Edité par T 34 - 24 Dec 2009 à 16:13
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Dec 2009 à 22:43
Stupéfiant discours d'un vétéran de la guerre d'Irak
 
Mike%20Prysner
Le soldat Mike Prysner arrêté durant une manifestation pour la paix.
 

Le soldat étasunien Mike Prysner vétéran de la guerre d'Irak a prononcé un discours contre la guerre.

 

Mais je peux seulement me sentir honteux. Le racisme ne peut plus maintenant masquer pour plus longtemps la réalité de l'occupation. Ce sont des personnes, ce sont des êtres humains, dès lors je me couvre de culpabilité, je peux voir qu'un un homme âgé ne peux marcher et que nous le traînons sur un brancard pour que la police irakienne le transporte. Je me sens coupable chaque fois que je vois une mère avec ses enfants qui éclate en sanglot hystériquement, criant que nous sommes pire que Saddam tandis que nous l'obligeons a sortir de sa maison. Je me sens coupable chaque fois que je vois une petite fille que je saisis par le bras et traîne jusqu'a la rue. Ils nous disent que nous luttons contre des terroristes, le vrai terroriste c'est moi et le vrai terrorisme c'est cette occupation.

 

Le racisme parmi les militaires a été durant longtemps un outil pour justifier la destruction et l'occupation d'autres pays. Durant très longtemps il a été utilisé pour justifier les massacres, la subjugation et la torture d'autres personnes. Le racisme est une arme vitale employée par ce gouvernement, c'est une arme plus importante qu'un fusil, un tank, un bombardier ou un navire de guerre, c'est plus destructeur qu'un projectile d'artillerie, qu'une bombe casse bunker, qu'un missile tomahawk. Tandis que ces armes sont fabriquées et sont la propriété de ce gouvernement, elles sont inoffensives tant qu'il y a des personnes qui refusent de les utiliser.

 

C'est pour cela qu'ils nous envoient à la guerre, non pas pour presser la gâchette, non pas pour tirer une salve de mortier, non pas pour combattre dans cette guerre, ils veulent seulement vendre la guerre. Ils ont besoins d'un public disposé à envoyer et mettre ses soldat en péril, ils ont besoin de soldats disposé a tuer et à être tués sans poser de questions.

 

Ils peuvent gaspiller des millions dans une seule bombe mais cette bombe se convertie seulement en arme quand les rangs militaires sont disposés à suivre les ordres pour l'utiliser. Ils peuvent envoyer le dernier soldat dans n'importe quelle partie du monde, mais il ne peut y avoir de guerre que si les soldats sont disposés à combattre. Et la classe dominante, les milliardaires qui obtiennent des bénéfices de la souffrance humaine se préoccupent seulement d'étendre leurs richesses en contrôlant l'économie mondiale comprennent que leur pouvoir repose seulement en son habileté pour convaincre que la guerre, l'oppression et l'exploitation est pour notre intérêt.

 

Ils comprennent que leur richesse dépend de leur habileté a convaincre la classe ouvrière de mourir pour contrôler le marché d'autres pays. Et nous convaincre de tuer ou mourir se base dans son habilité de nous faire penser que d'une quelconque forme nous sommes supérieurs.

 

Soldats, marins, marines, aviateurs, nous n'avons rien a gagner avec cette occupation. La grande majorité des personnes vivant aux Etats-Unis n'ont rien a gagner avec cette occupation. De fait non seulement nous n'avons rien a gagné mais nous souffrons plus,  a cause de cela nous perdons des membres et donnons notre vie de manière traumatisante. Nos familles doivent contempler les cercueils recouverts de drapeaux descendus sous terre. Des millions de personnes de ce pays sans assistance médicale, sans travail, sans accès à l'éducation doivent regarder ce gouvernement gaspiller 450 millions de dollars par jour dans cette occupation. Les travailleurs et pauvres de ce pays sont envoyés pour tuer des travailleurs et pauvres d'autres pays pour convertir les riches en plus riches encore. Sans le racisme les soldats se rendraient compte qu'ils ont plus en commun avec le peuple irakien que ce qu'ils ont en commun avec les milliardaires qui nous envoient à la guerre.

 

J'ai jeté des familles entières à la rue en Irak seulement pour revenir à la maison me retrouver avec des familles jetées à la rue dans ce pays avec cette tragique et inutile crise hypothécaire.

 

Nous devons nous réveiller et prendre en compter que nos véritables ennemis ne se trouve pas dans un pays lointain et ne sont pas des personnes dont nous ne connaissons pas le nom, ni des cultures que nous ne comprenons pas. L'ennemi ce sont des personnes que nous connaissons très bien, des personnes que nous pouvons identifier, l'ennemis est un système qui déclare la guerre quand c'est rentable, l'ennemi ce sont les chefs de l'exécutif qui nous renvoient de nos postes de travail quand c'est rentable, ce sont les compagnies d'assurances qui nous refusent l'assistance quand ce n'est pas rentable, ce sont les banques qui nous exproprient de nos foyer quand c'est rentable, notre ennemis n'est pas a 5000 kilomètres de distance, il est juste ici à la maison. Si nous nous organisons et luttons avec nos sœurs et frères nous pouvons arrêter cette guerre, nous pouvons arrêter ce gouvernement et pouvons créer un monde meilleur.

 

Ensuite la vidéo se termine par une citation de James Madison. "Si la tyrannie et l'oppression arrive à ce territoire, ce sera sous le déguisement de la lutte contre un ennemis étranger. La perte de libertés domestique sera chargée de mesure contre le péril étranger, réel ou imaginaire."

 
 
 
 
 
Et vive le peuple étasunien! Clap

Etude du cas de celui qui a été arrêté pour avoir utiliser twiter contre les flics étasuniens.


Edité par T 34 - 07 Jan 2010 à 16:38
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Dec 2009 à 15:10

Un jour nous serons tous des terroristes.

 

Chris HEDGES
 
photo : AP / Mary Altaffer. Portrait d’Oncle Sam vu à travers la vitrine brisée du centre de recrutement de l’armée à Times Square, New-York

Syed Fahad Hashmi pourrait vous en raconter sur le côté sombre des Etats-Unis. Il sait que nos droits défendus par le Premier Amendement ne sont plus qu’une farce, que l’habeas corpus n’existe plus et que nous torturons, non seulement dans des trous noirs comme la base aérienne de Bagram ou à Guantanamo, mais aussi dans le centre de détention métropolitain de Manhattan. Hashmi est un citoyen étasunien d’origine musulmane. Il a été emprisonné sous deux accusations de fournir de l’aide matériel et un soutien à Al-Qaeda. Alors que la date de son procès approche, son calvaire démontre que la plus grande menace qui nous guette ne vient pas des extrémistes islamiques mais de la codification de procédures draconiennes qui nient aux américains leurs droits élémentaires et un procès équitable. Hashmi serait mieux placé que moi pour vous expliquer tout ça, mais le problème c’est qu’il n’a pas le droit de parler.

Si l’histoire peut nous apprendre quelque chose, c’est qu’un jour cette corruption de notre système judiciaire ne sera plus réservée aux seuls accusés de terrorisme, ni même aux musulmans américains. Dans la perspective des agitations et crises économiques à venir, ce traitement sera appliqué à tous ceux qui seront qualifiés d’agitateurs ou de subversifs. Hashmi endure ce que beaucoup d’autres, non musulmans, vont endurer plus tard. Des militants radicaux, des mouvements écologistes, altermondialistes, antinucléaires, du développement durable et anarchistes – qui sont d’ores et déjà placés dans des centres de détention spéciaux avec les musulmans accusés de terrorisme – ont découvert que son sort était aussi le leur. Des groupes courageux ont organisé des protestations, dont des veillées devant le centre de détention de Manhattan. On peut les découvrir sur www.educatorsforcivilliberties.org ou www.freefahad.com. Pendant la journée Martin Luther King, le 18 janvier prochain (2010), une manifestation sera organisée devant le centre pour exiger le respect des droits constitutionnels. Allez-y, si vous pouvez.

Le dossier contre Hashmi, comme dans la plupart des affaires de terrorisme délenchées par l’administration Bush, est incroyablement vide. C’est peut-être la raison pour laquelle l’état a crée des codes civils et pénaux parallèles réservés à ceux qu’il accuse de liens avec le terrorisme. S’il ne s’agissait que d’une question d’éléments concrets à présenter, des militants comme Hashmi, accusé d’avoir facilité la livraison de chaussettes à Al Qaeda, n’auraient probablement jamais été présentés devant la justice.

Hashmi, qui risque 70 ans de prison, a été maintenu en isolement depuis plus de deux ans et demi. Des mesures administratives spéciales (Special administrative measures – SAM) ont été imposées par le Département de Justice pour empêcher ou strictement limiter toute communication avec d’autres prisonniers, avocats, famille, médias ou personnes extérieures à la prison. Il n’a pas droit aux journaux ni aux livres. Hashmi n’a pas le droit d’assister aux séances de prières. Il est sous surveillance vidéo 24/24h et enfermé 23h par jour. Il doit se doucher et aller aux toilettes sous l’oeil des caméras. Il a le droit d’écrire une lettre par semaine à un seul membre de sa famille, mais il ne peut pas utiliser plus de trois feuilles de papier. Il n’a pas accès à l’air libre et doit passer son heure de recréation dans une cage. Son « penchant pour la violence » est invoqué pour expliquer ces mesures, même s’il n’a été jamais été accusé ou condamné pour des actes de violence.

« Mon frère était un militant », ma dit au téléphone son frère, Faisal, depuis sa maison dans le Queens. « Il s’exprimait sur des sujets qui préoccupent les musulmans, particulièrement les guerres en Irak et en Afghanistan. Son arrestation et ses tortures n’ont rien à voir avec la fourniture de ponchos ou de chaussettes à Al Qaeda, ce dont on l’accuse, il s’agit d’une manipulation de la loi pour réprimer les militants et effrayer la communauté musulmane aux Etats-Unis. Mon frère est un exemple. Le traitement qui lui est infligé est destiné à montrer aux musulmans ce qui les attend s’ils s’expriment sur le sort infligé aux musulmans. Nous avons perdu tous les appels en justice pour préserver son humanité et faire lever les mesures administratives spéciales. Ces mesures sont destinées uniquement à briser psychologiquement les prisonniers et à terroriser la communauté musulmane. Ces mesures illustrent la malveillance à l’égard des musulmans qui existe chez nous et la malveillance à l’égard des millions de musulmans qui sont considérés comme des animaux en Irak et en Afghanistan. »

La privation sensorielle infligée à Hashmi est une forme de torture psychologique très efficace pour briser la volonté et désorienter les détenus. C’est une forme de science appliquée à la torture. En Allemagne, la Gestapo brisait les os tandis que son successeur, la Stasi communiste est-allemande, brisait les esprits. Nous sommes semblables à la Stasi. Nous avons perfectionné l’art de la désintégration psychologique et traîné devant des tribunaux secrets des accusés qui n’avaient plus la capacité mentale et psychologique de se défendre.

« Le droit de Hashmi à un procés équitable a été violé, » dit Michael Ratner, le président du Centre pour les Droits Constitutionnels (Center for Constitutional Rights ). « Une bonne partie des éléments à charge a été classifiée sous la loi CIPA (Classified Information Procedures Act (CIPA)), Hashimi n’a donc pas été autorisé à en prendre connaissance. L’accusation n’a fourni que récemment quelques éléments des pièces à conviction à ses avocats. Hashmi n’a pas le droit de communiquer avec les média, ni directement ni par l’intermédiaire de ses avocats. Ses conditions de détention ont détérioré son état mental et sa capacité à participer à sa propre défense.

La procédure contre Hashmi, un militant notoire au sein de la communauté musulmane, viole ses droits garantis par le Premier Amendement ainsi que ceux des autres. » ajoute Ratner. « Alors que les croyances religieuses et politiques de Hashmi, ainsi que sa liberté d’expression et d’association sont protégées par la Constitution, le gouvernement s’est vu accorder une grande latitude par le tribunal pour les utiliser comme preuves quant à son état d’esprit et, par extension, à ses intentions. Les éléments à charge qui sont présentés se basent sur une criminalisation par association. Ce qui pourrait aboutir à la suspension des droits garantis par le Premier Amendement pour d’autres, particulièrement pour les militants et les musulmans.

Des déclarations, croyances et associations qui sont garanties et protégées par la Constitution peuvent donc être considérées comme des crimes. Des dissidents, même ceux qui n’enfreignent aucune loi, peuvent voir leurs droits suspendus et se voir emprisonner sans procès équitable. C’est l’équivalent d’une guerre préventive. L’état peut emprisonner et poursuivre des gens non pas pour ce qu’ils ont fait, ni même pour ce qu’ils avaient l’intention de faire, mais pour avoir exprimé des croyances religieuses ou politiques considérées comme séditieuses. Les premiers ciblés ont été les musulmans pratiquants, mais ils ne seront pas les derniers.

« La plupart des éléments du dossier sont classifiés », m’a dit Jeanne Theoharis, professeur de sciences politiques à Brooklyn College, qui a eu Hashmi comme élève, « mais Hashmi n’y a pas accès. Il est citoyen américain. Mais en Amérique, vous pouvez désormais passer devant un tribunal sans connaître les éléments à charge présentés contre vous. Vous pouvez passer 2 ans et demi en isolement avant d’être accusé de quoi que ce soit. On a parlé des gens enlevés et remis à des états tiers, de Guantanamo et d’Abou Ghraib avec cette idée que si ces gens étaient jugés aux Etats-Unis, leurs procès seraient justes et équitables. C’est faux. Ce qui a rendu Guantanamo possible, c’est l’abolition de l’état de droit ici, et Hashmi n’est pas le seul à le subir. »

Hashmi a été, comme beaucoup de gens arrêtés dans les années Bush, brièvement présenté comme un cas d’école dans la « guerre contre le terrorisme ». Il a été arrêté en Grande Bretagne le 6 juin 2006, suite à un mandant d’arrêt lancé par des Etats-Unis. Son arrestation a fait la une des journaux de CBS et NBC, qui présentaient des graphismes qui disaient « Sur la piste du terrorisme » ou « Réseau terroriste ». Il a été détenu pendant 11 mois à la prison Belmarsh à Londres, puis il est devenu le premier citoyen américain à être extradé par la Grande-Bretagne. L’année prédédent son arrestation, Hashmi, diplomé de Brooklyn College, avait obtenu un diplôme d’études supérieures (master’s degree) en relations internationales au London Metropolitan University. Son dossier est aussi vide que celui des sept hommes arrêtés sous l’accusation de complot pour faire sauter la tour Sears, une affaire où, malgré les cinq condamnations prononcées et après deux jugements cassés, un directeur adjoint du FBI a reconnu que le complot relevait plus d’une « aspiration que d’une opération ». Et ça rappelle aussi l’affaire plus ancienne du militant palestinien Sami Al-Arian, actuellement assigné à résidence en Virginie, persécuté par le Département de Justice alors qu’il aurait du être légalement libéré. Au début du mois de mars, la juge Leonie Brinkema, chargée du dossier Al-Arian, a critiqué les actions du procureur dans cette affaire en déclarant sèchement : « je crois qu’il y a quelque chose de plus importante en jeu ici, et c’est l’intégrité du Département de Justice ».

L’affaire Hashmi repose sur le témoignage de Junaid Babar, citoyen étasunien lui aussi. Au début de 2004, Babar a vécu pendant deux semaines avec Hashimi dans l’appartement de ce dernier à Londres. Dans ses bagages, selon le gouvernement, Babar transportait des imperméables, des ponchos et des chaussettes imperméabilisées, qu’il a ensuite livré à un membre d’Al-Qaeda dans le sud du Waziristan, au Pakistan. Hashmi aurait autorisé Babar à utiliser son téléphone portable pour communiquer avec des conspirateurs impliqués dans des projets terroristes.

« Hashmi a grandi ici, il était bien connu, il avait un franc-parler, très charismatique et très politisé » dit Theoharis. « Le véritable message envoyé aux musulmans américains est que le militantisme politique a un prix. Ca n’a rien à voir avec la livraison de chaussettes ou de ponchos ou d’imperméables. Croyez-vous réellement qu’Al-Qaeda est incapable de se procurer des chaussettes et des ponchos au Pakistan ? Le gouvernement veut présenter au procès des enregistrements de conversations politiques de Hashmi lorsqu’il était étudiant à Brooklyn College. Pourquoi tolérons-nous ceci ? Parce qu’ils sont musulmans et que cela ne nous concernerait pas ? Tous ceux qui croient aux droits garantis par le Premier Amendement devraient être terrifiés. Il s’agit d’un des enjeux les plus importants de notre époque en matière de droits civiques. Nous l’ignorons à nos risques et périls. »

Babar fut arrêté en 2004 et a plaidé coupable pour quatre accusations de soutien matériel à Al-Qaeda et risque lui aussi 70 ans de prison. Mais il a accepté de témoigner pour le gouvernement et l’a déjà fait lors de deux procès sur le terrorisme en Grande-Bretagne et au Canada. Babar bénéficiera d’une réduction de peine pour services rendus, et beaucoup pensent qu’il sera libéré à l’issue du procès de Hashmi. Puisqu’il n’existe que très peu d’éléments liant Hashmi à des activités terroristes, le gouvernement s’appuiera sur le témoignage de Babar pour démontrer l’existence d’une intention. La réalité de cette intention serait prouvée par des conversations et des déclarations formulées par Hashmi en présence de Babar. Hashmi, qui était membre d’une organisation politique New-yorkaise, Al Muhajiroun, lorsqu’il étudiait à Brooklyn College, a tenu des propos provocateurs en qualifiant les Etats-Unis de la « plus grande organisation terroriste au monde ». Mais l’organisation Al Muhajiroun n’est pas considérée par l’administration comme une organisation terroriste et en être membre n’est pas illégale. Et quant à la complicité des Etats-Unis dans des actes de terrorisme d’état, c’est simplement une vérité historique.

Il y aura d’autres Hashmis, et le Département de Justice, en prévision d’autres détentions, a fait construire en 2006 dans la prison fédérale de Terre Haute, dans l’Indiana, un bâtiment isolé appelé Communication Management Unit. Pratiquement tous les détenus sont musulmans. Un deuxième batiment a été construit à Marion, dans l’Illinois. Là aussi, le plupart des détenus sont musulmans mais on y trouve aussi des défenseurs d’animaux et des militants écologistes, dont Daniel McGowan, accusé de deux incendies sur un site d’exploitation forestière dans l’Oregon. La peine prononcée a été durcie pour cause de « dimension terroriste » dans le cadre de la loi Patriot Act. Amnesty International a qualifié les conditions de détention à Marion de « inhumaines ». Dans ces deux unités spéciales, tous les appels et courriers – généralement considérés par les administrations pénitentiaires comme faisant partie de la vie privée – sont surveillés. La communication entre prisonniers doit se faire uniquement en anglais. Les détenus considérés les plus dangereux sont enfermés dans un centre de sécurité maximum (Penitentiary Administrative Maximum Facility) appelé Supermax, à Florence, dans le Colorado. Là-bas, les détenus n’ont pratiquement aucun contact humain, exercice physique ou stimulation mentale. On y reproduit les conditions de détention que connaissent la plupart des détenus à Guantanamo. Si des détenus étaient transférés de Guantanamo à la prison de Thomson, dans l’Illinois, ils ne remarqueraient pas une grande différence. Ils y connaîtraient des conditions semblables à celles de Guantanamo, avec le froid en plus.

Notre décadence n’est que l’expression du mal dont souffrent tous les empires en déclin. La tyrannie que nous imposons aux autres finit par se retourner contre nous. L’afflux de militants américains non-musulmans dans ces sites de détention n’est qu’une sinistre tendance de plus. Elle présage la poursuite du démantèlement de l’état de droit, l’élargissement d’un système où les prisonniers sont brisés psychologiquement par des privations sensorielles, un isolement extrême et des tribunaux fantoches tenus à huis clos où les accusés sont condamnés sur la base de rumeurs ou de sous-entendus et n’ont pas accès au dossier d’accusation.

La dissidence n’est plus le devoir d’un citoyen engagé mais est en train de devenir un acte de terrorisme.

Chris Hedges

ARTICLE ORIGINAL
http://www.truthdig.com/report/item/one_day_well_all_be_terrorists_20091228/

traduction VD pour le Grand Soir



Edité par T 34 - 30 Dec 2009 à 17:38
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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