Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > Idées

Role joué par l'Armée Rouge contre le nazisme

 Répondre Répondre Page  <1 234
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Dec 2012 à 01:29

HONNEUR et GRATITUDE ETERNELLE du PEUPLE FRANÇAIS aux HEROIQUES COMBATTANTS DE STALINGRAD

 
Le Général de Gaulle et les Français reconnurent le rôle capital de l’Union Soviétique dans la victoire sur l’hitlérisme.

Alors que, de l’école aux médias en passant par les déclarations du « parlement européen », une propagande de chaque instant prétend amalgamer l’Union Soviétique au Troisième Reich, les vrais démocrates gardent au cœur les combattants de Stalingrad, de Koursk et de Leningrad qui, au prix de sacrifices inouïs, ont brisé la machine de guerre nazie, ont permis la contre-offensive générale de l’Armée rouge et la prise de Berlin, pendant qu’à l’Ouest s’ouvrait enfin le second front contre la Bête immonde hitlériennes.

L’impératif de l’histoire conduisit pendant la seconde guerre mondiale à « la belle et bonne alliance » entre l’URSS et la France combattante reposant sur la coopération entre peuples libres, égaux et fraternels, coopération toujours d’actualité au plan européen et mondial. Le général de Gaulle en donna une illustration à son arrivée à Moscou, le 20 juin 1966, répondant au président NV Podgorny, il évoqua la grande Russie qu’il avait vue en 1944 : « tendue dans l’esprit guerrier qui allait assurer sa victoire et, pour une très large part celle de la France et de ses alliés », puis à la réception au Kremlin, en soulignant chez les Français le sentiment de solidarité, il revint sur « la part capitale que l’Union Soviétique prit à la victoire décisive », qui précise-t-il le 30 juin, a porté l’URSS « au plus haut degré de la puissance et de la gloire » À cette occasion fut signée une déclaration bilatérale qui donna une impulsion considérable à une coopération multiforme. Le domaine spatial en témoigne encore.

Quoi qu’on pense de l’URSS et de son histoire – et cela appelle de notre point de vue de nombreux débats exempts d’intolérance et de caricature – nul ne peut nier que la bataille de Stalingrad prend place dans l’Histoire au même niveau que celle de Marathon, où les jeunes démocraties grecques stoppèrent l’Empire mède – ou de Valmy, où l’armée de la Révolution française repoussa les envahisseurs de l’Europe contre-révolutionnaire.

Nous avons commémoré, le 2 février 2008 à Paris, le 65ème anniversaire de la victoire de Stalingrad car le sommet de l’ignominie avait été atteint par les gouvernements profascistes des Pays Baltes qui, avec la caution de l’Union Européenne, dressaient des monuments à la gloire des SS. Notre solidarité va à la puissante et légitime riposte qui s’est manifestée en Russie et dans les pays de la CEI défendant l’honneur et l’héroïsme des combattants qui sacrifièrent leur vie pour la liberté.

À l’heure où l’UE, arrogamment pilotée par Berlin, écrase les peuples, leur souveraineté nationale et leurs acquis sociaux, à l’heure où des dirigeants du MEDEF appellent publiquement à « changer d’aires » pour mieux liquider la nation et les conquêtes du CNR, à l’heure où les peuples se dressent de plus en plus contre les guerres impérialistes et contre la dictature des marchés financiers et de leur bras armé l’OTAN menaçant la Russie et les Etats de la CEI avec le bouclier antimissiles américain, à l’heure où la criminalisation du communisme en Europe de l’Est suscite une chasse aux sorcières liberticide et prépare la revanche posthume des fascismes, les signataires de cet appel, représentants de sensibilités politiques distinctes.

• Appellent la population de France à continuer le combat des héros de Stalingrad et de la Résistance antifasciste et patriotique en défendant l’indépendance nationale, la démocratie, les conquêtes sociales, pour qu’un nouveau Reich euro-atlantique destructeur des libertés ne prenne pas la succession de Hitler sous des oripeaux pseudo-démocratiques ;

• Appellent à combattre sous toutes ses formes le racisme et la xénophobie d’Etat ;

• Condamnent l’anticommunisme, qu’ils ne confondent pas avec la discussion contradictoire et argumentée sur le bilan de la première expérience socialiste de l’histoire, et dans lequel ils voient avant tout une arme idéologique de l’oligarchie capitaliste pour briser l’ensemble des conquêtes démocratiques de notre peuple et de tous les peuples.

• Demandent que le service public à France télévisions et à la radio programme des émissions sur l’Armée Rouge et à son année phare de 1943 avec les victoires de Stalingrad, Koursk, le lancement de l’offensive finale sur Berlin et la coopération du général de Gaulle-URSS, avec son plus beau fleuron : le régiment Normandie-Niemen ainsi que la participation soviétique au combat animée par le mineur ukrainien Vasil Porik , de 1942 à 1944, dans les mines et les corons du Nord-Pas-de-Calais, combat ouvert par la Grande Grève Patriotique de mai-juin 1941.

Dans le respect de leurs convictions propres, les personnalités signataires appellent également au rassemblement du 2 février 2013, place de la bataille de Stalingrad, à Paris.

C’est une exigence d’avenir que de célébrer le 70ème anniversaire de la victoire de Stalingrad dans l’union des forces patriotiques, républicaines et antifascistes, d’exprimer la gratitude éternelle aux combattants de l’Armée Rouge dans cette ville martyre où se joua le destin de l’humanité.

En multipliant les initiatives décentralisées allant dans le même sens dans la semaine précédant cet anniversaire les signataires de cette déclaration appellent les travailleurs, les femmes et les hommes, les jeunes défenseurs de la paix, du progrès et de l’indépendance nationale et résolus à contribuer à la défaite du fascisme, du racisme et de la xénophobie d’Etat, de l’impérialisme, à se mobiliser et à mobiliser pour que résonne dans la capitale de la France,

LE RASSEMBLEMENT NATIONAL AVEC UNE REPRESENTATION INTERNATIONALE qui aura lieu

SAMEDI 2 FEVRIER 2013 À 14 HEURES 30 (pour les organisateurs) et 15 heures (pour la manifestation), PLACE DE LA BATAILLE DE STALINGRAD (métro Stalingrad) avec prises de paroles et un dépôt de fleurs au monument des héros de Stalingrad.

Coordinateur : Pierre Pranchère, ancien résistant, député honoraire, 2 Puy Salmont 19800 Saint-Priest-de-Gimel, courriel :

Pierre.pranchere@orange.fr – tél : 05 55 21 35 55

Pour vous associer, envoyez votre signature à Jany SANFELIEU (jany.sanfelieu@wanadoo.fr), en indiquant :

Nom – prénom Qualités Adresse Courriel – tél.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2013 à 01:12

70e anniversaire de la victoire soviétique de Stalingrad, 2 février 1943

Annie Lacroix-Riz

La capitulation de l’armée de von Paulus à Stalingrad, le 2 février 1943, marqua, pour l’opinion publique mondiale, un tournant militaire décisif, mais qui ne fut pas le premier. Cette victoire trouve son origine dans les préparatifs de l’URSS à la guerre allemande jugée inévitable : le dernier attaché militaire français en URSS, Palasse les estima à leur juste valeur. Contre son ministère (de la Guerre), acharné à faire barrage aux alliances franco-soviétique et tripartite (Moscou, Paris, Londres) qui eussent contraint le Reich à une guerre sur deux fronts, cet observateur de l’économie de guerre soviétique, de l’armée rouge et de l’état d’esprit de la population affirma dès 1938 que l’URSS, dotée d’« une confiance inébranlable dans sa force défensive », infligerait une sévère défaite à tout agresseur. Les revers japonais dans les affrontements à la frontière URSS-Chine-Corée en 1938-1939 (où Joukov se fit déjà remarquer) confirmèrent Palasse dans son avis : ils expliquent que Tokyo ait prudemment signé à Moscou le 13 avril 1941 le « pacte de neutralité » qui épargna à l’URSS la guerre sur deux fronts.

Après l’attaque allemande du 22 juin 1941, le premier tournant militaire de la guerre fut la mort immédiate du Blitzkrieg. Le général Paul Doyen, délégué de Vichy à la commission d’armistice, l’annonça ainsi à Pétain le 16 juillet 1941 : « Si le IIIème Reich remporte en Russie des succès stratégiques certains, le tour pris par les opérations ne répond pas néanmoins à l’idée que s’étaient faite ses dirigeants. Ceux-ci n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications. Sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations ». Ce général vichyste jugea la guerre allemande si gravement compromise qu’il prôna ce jour-là transition de la France du tuteur allemand (jugé encore nécessaire) au tuteur américain, puisque, écrivit-il, « quoi qu’il arrive, le monde devra, dans les prochaines décades, se soumettre à la volonté des États-Unis. » Le Vatican, meilleure agence de renseignement du monde, s’alarma début septembre 1941 des difficultés « des Allemands » et d’une issue « telle que Staline serait appelé à organiser la paix de concert avec Churchill et Roosevelt ».
 
Le second tournant militaire de la guerre fut l’arrêt de la Wehrmacht devant Moscou, en novembre-décembre 1941, qui consacra la capacité politique et militaire de l’URSS, symbolisée par Staline et Joukov. Les États-Unis n’étaient pas encore officiellement entrés en guerre. Le Reich mena contre l’URSS une guerre d’extermination, inexpiable jusqu’à sa retraite générale à l’Est, mais l’armée rouge se montra capable de faire échouer les offensives de la Wehrmacht, en particulier celle de l’été 1942 qui prétendait gagner le pétrole (caucasien). Les historiens militaires sérieux, anglo-américains notamment, jamais traduits et donc ignorés en France, travaillent plus que jamais aujourd’hui sur ce qui a conduit à la victoire soviétique, au terme de l’affrontement commencé en juillet 1942, entre « deux armées de plus d’un million d’hommes ». Contre la Wehrmacht, l’Armée rouge gagna cette « bataille acharnée », suivie au jour le jour par les peuples de l’Europe occupée et du monde, qui « dépassa en violence toutes celles de la Première Guerre mondiale, pour chaque maison, chaque château d’eau, chaque cave, chaque morceau de ruine ». Cette victoire qui, a écrit l’historien britannique John Erickson, « mit l’URSS sur la voie de la puissance mondiale », comme celle « de Poltava en 1709 [contre la Suède] avait transformé la Russie en puissance européenne ».
 
La victoire soviétique de Stalingrad, troisième tournant militaire soviétique, fut comprise par les populations comme le tournant de la guerre, si flagrant que la propagande nazie ne parvint plus à le dissimuler. L’événement posa surtout directement la question de l’après-guerre, préparé par les États-Unis enrichis par le conflit, contre l’URSS dont les pertes furent considérables jusqu’au 8 mai 1945. La statistique générale des morts de la Deuxième Guerre mondiale témoigne de sa contribution à l’effort militaire général et de la part qu’elle représenta dans les souffrances de cette guerre d’attrition : de 26 à 28 millions de morts soviétiques (les chiffres ne cessent d’être réévalués) sur environ 50, dont plus de la moitié de civils. Il y eut moins de 300 000 morts américains, tous militaires, sur les fronts japonais et européen. Ce n’est pas faire injure à l’histoire que de noter que les États-Unis, riches et puissants, maîtres des lendemains de guerre, ne purent vaincre l’Allemagne et gagner la paix que parce que l’URSS avait infligé une défaite écrasante à la Wehrmacht. Ce n’est pas « le général Hiver » qui l’avait vaincue, lui qui n’avait pas empêché la Reichswehr de rester en 1917-1918 victorieuse à l’Est.
 
La France a confirmé la russophobie, obsessionnelle depuis 1917, qui lui a valu, entre autres, la Débâcle de mai-juin 1940, en omettant d’honorer la Russie lors du 60e anniversaire du débarquement en Normandie du 6 juin 1944. Le thème du sauvetage américain de « l’Europe » s’est imposé au fil des années de célébration dudit débarquement. Les plus vieux d’entre nous savent, même quand ils ne sont pas historiens, que Stalingrad a donné aux peuples l’espoir de sortir de la barbarie hitlérienne. À compter de cette victoire, « l’espoir changea de camp, le combat changea d’âme. » Ce n’est qu’en raison d’un matraquage idéologique obsédant que les jeunes générations l’ignorent.
Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3145
Date de parution de l'article original: 19/01/2013
 
 


Edité par T 34 - 03 Feb 2013 à 01:45
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2013 à 02:13

La ville russe de Volgograd renommée en Stalingrad

Le 2 février, la ville de Volgograd (Russie) sera appelée Stalingrad pour une journée. Cette décision a été prise par les autorités de Volgograd, qui célèbre le 70e anniversaire de la victoire dans la bataille de Stalingrad, qui avait duré de juillet 1942 au février 1943, et la victoire dans laquelle a changé de la guerre de l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie. Le conseil municipal de Volgograd a décidé, jeudi, de rebaptiser la ville à chaque commémoration de la Seconde Guerre mondiale: six fois par an, y compris le 9 mai, Volgograd redeviendra Stalingrad.

Un tel changement de nom de Volgograd à Stalingrad a provoqué des réactions mitigées dans la société russe dans laquelle le nom de Staline est associé avec la victoire de l'URSS dans la Seconde Guerre mondiale, et avec les répressions sanglantes.

Environ 40 délégations des États de la coalition antifasciste et des pays de la CEI sont arrivées à Volgograd pour participer aux célébrations.

Bien que la ville ait été entièrement reconstruite, elle semble à jamais associée à la guerre. C'est sous la pression des communistes locaux, qui ont obtenu 30 % des voix aux dernières élections parlementaires en 2011, et du puissant lobby des 480 vétérans de Volgograd que les députés locaux ont décidé de rebaptiser temporairement la cité - autrefois Tsaritsyne, puis Stalingrad de 1925 à 1961. «En choisissant le nom de Volgograd, Khrouchtchev a violé la loi, or nous voulons que celle-ci soit respectée», insiste le patron des communistes, Nikolaï Parchin. Bien que son grand-père, ancien collaborateur du NKVD (ancêtre du KGB), ait été envoyé au goulag, le petit-fils, âgé de 40 ans, a déjà collecté 18.000 signatures en faveur d'un retour définitif au nom du dictateur. Pour l'heure, le Kremlin s'est toujours opposé à une telle démarche.

Source


Avec Stalingrad, la Seconde Guerre mondiale bascule

Plus que le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) ou que la conquête américaine de l’île de Guadalcanal (8 février 1943), la victoire soviétique de Stalingrad (2 février 1943) est bien le « tournant » de la guerre. Mais la victoire est plus encore politique que militaire.

Du 31 janvier au 2 février, malgré l’interdiction d’Hitler, la VIe armée allemande capitule après deux mois et demi d’encerclement, isolée malgré les raids de la Luftwaffe, pilonnée nuit et jour, épuisée par la faim, le froid, la neige. Des 330 000 encerclés ne survivent que 120 000 prisonniers. Les forces de l’Axe ont perdu au total 800 000 hommes à Stalingrad, le quart des forces du front oriental. Le mythe de l’invincibilité allemande est détruit.

L’enjeu de Stalingrad

Pour pallier les besoins en carburant de l’économie de guerre allemande, Hitler déclenche, le 8 mai 1942, un nouveau Blitzkrieg en vue de conquérir les champs pétrolifères du Caucase. La moitié des troupes engagées en URSS, 100 divisions allemandes et 50 alliées (roumaines, italiennes, hongroises), sont concentrées sur le front sud-est. Les forces de l’Axe conquièrent la Crimée et Sébastopol, puis l’est de l’Ukraine et Rostov. Mais Hitler commet alors la même erreur qu’à l’automne 1941. Grisé par ses victoires, il divise ses forces selon deux axes : pendant que des divisions fonceront vers le Caucase, le gros des forces remontera la vallée du Don pour prendre Stalingrad, isoler l’Oural et ensuite, avec les armées du centre, encercler Moscou.

Dès le 23 août, la VIe armée de Von Paulus atteint la Volga et bombarde la ville charnière. Le 12 septembre, disposant de forces deux fois supérieures, les Allemands lancent ce qu’ils pensent être l’assaut final. Des combats acharnés se déroulent jusque dans le centre et le sud de la ville, maison par maison, cave par cave. Les usines Octobre rouge et Barricades sont prises et reprises. Vassili Grossman traduit bien l’acharnement des combats dans Vie et destin. Hitler veut prendre à toute force la « ville de Staline » mais Stalingrad ne tombe pas.

Le 19 novembre, le maréchal Joukov, qui seconde le commandant suprême Staline, lance la contre-offensive préparée depuis septembre. Le plan « Uranus » doit couper « le doigt de gant » allemand enfoncé entre Don et Volga. Deux groupes d’armées soviétiques partent simultanément du nord-ouest et du sud de Stalingrad. Dès le 22, elles réussissent leur percée et réalisent leur jonction. Les forces soviétiques enserrent dans une « ceinture rouge » la VIe armée et une partie de la IVe armée blindée. Une tardive contre-offensive allemande échoue et les forces de l’Axe sont repoussées bien au-delà du Don, ce qui rend très difficile le ravitaillement aérien des encerclés. Les conséquences militaires sont immédiates. Les armées allemandes du Caucase reculent de 600 kilomètres jusqu’à Rostov et s’échappent de justesse. L’Armée rouge reprend l’offensive sur tous les fronts. Ce qui la mènera jusqu’à Berlin. Voilà pourquoi il ne faut pas sous-estimer le rôle de la victoire de Stalingrad alors que les médias ont tendance à valoriser le rôle des Anglo-Saxons dans ce conflit.

Les trois raisons 
de la victoire

À ce tournant de l’histoire, l’URSS a tout juste achevé la reconversion de son économie de guerre après avoir replié vers l’est 1 360 usines : fin 1942, la production industrielle de l’Oural a été multipliée par cinq et plus encore celle de la Sibérie. Si le nombre d’ouvriers a baissé de 10 %, la productivité du travail a crû de 40 % : la journée de travail est passée de huit à douze heures, six jours sur sept. L’URSS produit déjà deux fois plus de chars et quatre fois plus de canons que l’Allemagne. L’aide alliée est encore aléatoire : les livraisons américaines ont été interrompues de juillet à octobre. À Stalingrad, si l’Armée rouge a une nette supériorité en artillerie, elle n’aligne guère plus de chars que la Wehrmacht (790 contre 770) et moins d’avions que la Luftwaffe (1 035 contre 1 066). Mais cet armement est de bonne qualité : le char léger T 34 s’impose déjà face au « Tiger » allemand. Stalingrad n’est cependant pas une victoire du matériel comme le sera la gigantesque bataille de chars de Koursk en juillet 1943.

La victoire de Stalingrad est en effet le fruit d’une mobilisation humaine exceptionnelle. Dès septembre 1941, pour compenser les immenses pertes en hommes, le Conseil d’État pour la défense, présidé par Staline, a lancé un vaste plan d’instruction militaire générale qui allait former sept millions de soldats en trois ans. Les généraux de l’état-major ont restauré leur autorité et l’unité de commandement avec la suppression des commissaires politiques aux armées rendus responsables des échecs antérieurs. Joukov persuade Staline de regrouper le maximum de forces à Stalingrad et l’Armée rouge réussit à y aligner, en novembre 1942, 854 000 recrues face aux 846 000 soldats des forces de l’Axe (deux tiers d’Allemands plus des Roumains et des Italiens).

La mobilisation de nouveaux soldats compliquait pourtant le problème de la main-d’œuvre ouvrière et paysanne. Dès février 1942, 830 000 adolescents scolarisés ont été versés dans les usines pour être rapidement formés comme ouvriers qualifiés par des spécialistes démobilisés. Pour les autres travaux, il est fait appel massivement aux femmes, aux vieux et aux détenus. C’est toute la population urbaine, puis rurale, qui est mobilisée. À Stalingrad, les comités locaux du Parti ont levé une immense milice populaire pour édifier des lignes de fortification alors que les usines produisaient sans relâche armes et munitions et que des groupes de partisans coupaient les lignes de ravitaillement trop étirées des envahisseurs à l’arrière du front. Stalingrad n’est pas qu’une victoire de militaires.

Stalingrad s’explique encore par la démoralisation des forces de l’Axe et la sacralisation de l’amour de la patrie pour les Soviétiques. Les lettres des soldats encerclés ou les mémoires des officiers allemands révèlent combien brutale fut pour eux la découverte de l’aveuglement d’Hitler et de l’absurdité de ses ordres de mourir sur place plutôt que de capituler : « Nous sommes tout seuls, sans aucune aide. Hitler nous laisse tomber », écrit l’un deux. Les Italiens et les Roumains repliés derrière le Don sont encore plus démotivés.

Par contre, Staline ne cesse d’exalter la « guerre sacrée » et d’inviter tout le peuple soviétique au sacrifice commun. La guerre est sacrée parce qu’elle est une guerre juste de défense de la patrie et de libération de la terre des ancêtres. Le 22 décembre 1942, un nouvel hymne national remplace l’Internationale. La guerre est sacrée aussi parce qu’elle permet la réconciliation de l’Église orthodoxe et de l’État soviétique. Le 7 novembre 1942, le métropolite Serge s’adresse à Staline : « Au nom du clergé et de tous les fidèles de l’Église orthodoxe, fidèles enfants de notre patrie, je salue en votre personne le chef choisi par Dieu de toutes nos forces civiles et militaires, qui nous conduit à la victoire sur les envahisseurs barbares, à la prospérité dans la paix de notre pays, et à l’avenir radieux de ses peuples. »

La guerre est certes encore présentée comme une guerre du droit contre le « fascisme », pour la démocratie et le socialisme, mais, par une série de glissements progressifs, la guerre est vécue comme la communion des patriotes russes, des citoyens des autres peuples soviétiques et des communistes de toutes générations, tous « frères et sœurs » aux yeux de Staline depuis son premier discours à la radio le 3 juillet 1941. Jamais le peuple soviétique n’a été aussi uni derrière son chef charismatique.

Les conséquences 
de Stalingrad

Alors qu’Hitler décrète trois jours de deuil national en Allemagne, les Alliés, les résistants et les communistes du monde entier témoignent de leur reconnaissance au peuple soviétique. Bien avant la victoire, l’Humanité clandestine salue l’Armée rouge et appelle tous les résistants à l’unité et à l’action. Désormais l’espoir a changé de camp.

La coalition des Nations unies en est renforcée. Le 21 février, le roi George VI d’Angleterre déclare que « la ferme résistance de Stalingrad a changé le cours des événements » et offre une épée d’honneur à la ville héroïque en témoignage de l’admiration « de tout le monde civilisé ». Le président Roosevelt salue ses « valeureux défenseurs » dont « la victoire glorieuse a représenté un tournant dans la guerre des nations alliées contre les forces de l’oppression ». Stalingrad soude plus que jamais les Alliés jusqu’à Yalta.

En position de force, Staline se permet de faire quelques concessions diplomatiques. Après l’opération « Torch » en Afrique du Nord, il ne réclame plus aussi fortement l’ouverture d’un second front en Europe, et il ne dénonce pas encore le danger d’une paix séparée à l’Ouest. L’essentiel est alors pour lui d’obtenir le plus d’aide matérielle possible car l’URSS continuera longtemps à supporter l’essentiel du poids de la guerre contre l’Allemagne nazie. Mais s’il s’est engagé à dissoudre officiellement l’Internationale communiste, c’est moins pour rassurer ses alliés sur les objectifs des Partis communistes européens que pour ne pas cautionner la stratégie politique de Tito en Yougoslavie.

Stalingrad a eu cependant des effets ambivalents à moyen terme. Staline s’est attribué tous les mérites de Joukov et sera gratifié du titre de « plus grand stratège de tous les temps » et de « guide suprême ». Le culte de sa personnalité prend des dimensions inimaginables masquant sa responsabilité dans la désorganisation de l’armée depuis 1937 et les désastres de 1941. Khrouchtchev, dernier commissaire politique à Stalingrad, lui en fera reproche en 1956.

Staline n’a pas compris les véritables raisons des succès de l’économie de guerre soviétique manifestes dès Stalingrad. Voznessenski, le président du Gosplan depuis 1938, avait mis en œuvre la décentralisation des décisions, les relations directes entre entreprises, la mobilisation morale des ouvriers, le développement de la production familiale dans les campagnes. Dès 1945, il s’opposa au retour aux plans quinquennaux bureaucratiques d’avant-guerre, mais il sera condamné et exécuté en 1948. Staline et les militaires imposeront à nouveau une priorité absolue à l’industrie lourde au nom de la défense du camp socialiste et de la « mémoire de Stalingrad ».

ce qu’écrivait l’humanité clandestine n° 200, 21 janvier 1943 (extraits) Grande victoire soviétique sur tout le front de l’est
Les troupes soviétiques ont pris Schlusselbourg, mettant ainsi fin au siège de Leningrad (1), quelques jours avant la commémoration de la mort du grand Lénine. L’Armée rouge continue à avancer dans le Caucase (et) dans la région du Don moyen… Devant Stalingrad, la VIe armée hitlérienne est en voie d’anéantissement ; sur 200 000 hommes, il n’en reste plus que 70 000, un butin énorme a été capturé, le dernier aérodrome des nazis a été occupé… Partout, l’Armée rouge, sous la conduite de notre grand camarade Staline, est passée à l’offensive et devant les exploits de cette héroïque armée qui, le 23 février prochain, célébrera son 25e anniversaire, des millions d’hommes de tous les pays crient avec enthousiasme et confiance : Vive la glorieuse et héroïque Armée rouge ! Vive le grand Staline !

(1) Il faudra attendre, en fait, le 27 janvier 1944.


Jean-Paul Scot, historien

Source


Edité par T 34 - 03 Feb 2013 à 02:22
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2013 à 17:43

70ème anniversaire de la victoire soviétique à Stalingrad : « Nouveau chant d'amour à Stalingrad » de Pablo Neruda

neruda-stalingrado.jpg

Nouveau chant d'amour à Stalingrad

Poème de Pablo Neruda composé après la victoire soviétique à Stalingrad, le 2 février 1943



Traduction AC* pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



* Cette traduction n'a pas comme ambition de faire office de traduction littéraire mais plutôt, en suivant au maximum la lettre et l'esprit de Neruda, de fournir une alternative commode à ceux qui ne peuvent lire l'irremplaçable version espagnole citée ci-dessous


J'ai écrit sur le temps et l'eau,
j'ai décrit le deuil et ses reflets violets, 
j'ai écrit sur le ciel et sur la pomme, 
désormais, j'écris sur Stalingrad

Ma fiancée a déjà emporté ainsi que son foulard
la lueur de mon amour énamouré,
maintenant mon cœur est sur le sol,
dans la fumée et la lumière de Stalingrad.

J'ai touché de mes mains la chemise
du crépuscule azur et défait:
aujourd'hui, je touche l'aube de la vie
naissant sur le sol de Stalingrad.

Je sais que le vieillard à la plume,
provisoirement jeune, comme un cygne délié
laisse éclater sa douleur notoire 
devant mon cri d'amour à Stalingrad.

Je place mon âme où il me plaît.
Je ne me nourris pas de papier fatigué
agrémenté d'encre et d'un encrier.
Je suis né pour chanter Stalingrad.

Ma voix était avec tes morts héroïques,
sur tes propres murs broyés, 
ma voix sonnait comme sonne le glas, 
et le vent en te voyant mourir, Stalingrad.

Or, américains combattants, 
blancs et noirs tels des grenadiers
tombent sur le serpent dans le désert, 
Tu n'es plus seule, Stalingrad.

La France revient à ses éternelles barricades,
dans une bannière de rage drapant
ses larmes fraîchement séchées.
Tu n'es plus seule, Stalingrad

Et les grands lions d'Angleterre, 
volant sur la mer déchaînée, 
enfoncent leurs griffes sur la terre brune.
Tu n'es plus seule, Stalingrad.

Aujourd'hui, sous des montagnes de châtiment,
les tiens enterrés ne sont plus seuls:
avec la chair tremblant des morts 
qui touchèrent ton front, Stalingrad.

Ton acier bleu d'orgueil forgé, 
ta tête de planètes couronnée,
ton bastion de pains partagés,
ta sombre frontière, Stalingrad.

Ta Patrie de marteaux et de lauriers, 
le sang sur ta splendeur enneigée,
le regard fixe de Staline sur la neige
tissée par ton sang, Stalingrad.

Les décorations que tes morts
ont placé sur leur poitrine transpercée 
viennent de la terre, du frisson
de la mort et de la vie, Stalingrad

La saveur profonde que tu portes encore
au cœur de l'homme blessé,
avec la branche des capitaines rouges
sortis de ton sang, Stalingrad.

L'espoir qui éclot dans les jardins, 
comme la fleur de l'arbre attendue,
la page gravée de fusils,
de lettres de lumière, Stalingrad

La tour que tu perçois sur les hauteurs, 
les autels de pierre ensanglantés,
les défenseurs de ton âge canonique, 
les enfants de ta chair, Stalingrad.

Les aigles ardents de tes pierres, 
le métal par ton âme allaité,
les adieux de larmes emplis,
et les vagues de l'amour, Stalingrad.

Les os des assassins meurtris, 
les envahisseurs paupières closes, 
et les conquérants fuyant,
dans le sillage de ta foudre, Stalingrad.

Ceux qui humilièrent les courbes de l'Arc
et trouèrent les eaux de la Seine, 
avec l'assentiment de l'esclave, 
se sont arrêtés à Stalingrad.

Ceux qui dans Prague la Belle en larmes, 
du silence et de la trahison,
piétinèrent ses mutilés, 
sont morts à Stalingrad.

Ceux qui dans l'antre grecque ont craché,
la stalactite de cristal brisée
et son bleu classique estompé,
où sont-ils aujourd'hui, Stalingrad ?

Ceux qui ont brûlé et brisé l'Espagne
gardé dans leurs chaînes le cœur
de cette mère de chênes et de guerriers, 
se décomposent à tes pieds, Stalingrad.

Ceux qui en Hollande, eaux et tulipes, 
ont éclaboussé de boue sanglante,
et ont répandu le fouet et l'épée, 
reposent désormais à Stalingrad.

Ceux qui dans la blanche nuit de Norvège
avec un hurlement de chacal enragé
calcinèrent ce printemps glacé, 
se sont tus à Stalingrad.

Honneur à toi par ce que l'air porte, 
ce qu'il reste à chanter et ce qui l'a été,
honneur à tes mères et tes fils, 
et à tes petit-fils, Stalingrad.

Honneur au combattant de la brume, 
honneur au Commissaire et au soldat, 
honneur au ciel derrière ta lune, 
honneur au sol de Stalingrad.

Garde-moi un bout d'écume violente, 
garde-moi un fusil, garde-moi une charrue, 
et qu'on les mette sur ma tombe,
avec une fleur rouge de ta terre, 
pour qu'on sache, si doute il y a,
que je suis mort en t'aimant et que tu m'as aimé,
et que si je ne me suis pas battu à tes flancs,
j'ai laissé en ton honneur cette obscure grenade, 
ce chant d'amour à Stalingrad.

Version espagnole :

Yo escribi sobre el tiempo y sobre el agua,

describí el luto y su metal morado,

yo escribí sobre el cielo y la manzana,

ahora escribo sobre Stalingrado.

 

Ya la novia guardó con su pañuelo

el rayo de mi amor enamorado,

ahora mi corazón está en el suelo,

en el humo y la luz de Stalingrado.

 

Yo toqué con mis manos la camisa

del crepúsculo azul y derrotado:

ahora toco el alba de la vida

naciendo con el sol de Stalingrado.

 

Yo sé que el viejo joven transitorio

de pluma, como un cisne encuadernado,

desencuaderna su dolor notorio

por mi grito de amor a Stalingrado.

 

Yo pongo el alma mía donde quiero.

Y no me nutro de papel cansado

adobado de tinta y de tintero.

Nací para cantar a Stalingrado.

 

Mi voz estuvo con tus grandes muertos

contra tus propios muros machacados,

mi voz sonó como campana y viento

mirándote morir, Stalingrado.

 

Ahora americanos combatientes

blancos y oscuros como los granados,

matan en el desierto a la serpiente.

Ya no estás sola, Stalingtado.

 

Francia vuelve a las viejas barricadas

con pabellón de furia enarbolado

sobre las lágrimas recién secadas.

Ya no estás sola, Stalingrado.

 

Y los grandes leones de Inglaterra

volando sobre el mar huracanado

clavan las garras en la parda tierra.

Ya no estás sola, Stalingrado.

 

Hoy bajo tus montañas de escarmiento

no sólo están los tuyos enterrados:

temblando está la carne de los muertos

que tocaron tu frente, Stalingrado.

 

Tu acero azul de orgullo construido,

tu pelo de planetas coronados,

tu baluarte de panes divididos,

tu frontera sombría, Stalingrado.

 

Tu Patria de martillos y laureles,

la sangre sobre tu esplendor nevado,

la mirada de Stalin a la nieve

tejida con tu sangre, Stalingrado.

 

Las condecoraciones que tus muertos

han puesto sobre el pecho traspasado

de la tierra, y el estremecimiento

de la muerte y la vida, Stalingrado

 

La sal profunda que de nuevo traes

al corazón del hombre acongojado

con la rama de rojos capitanes

salidos de tu sangre, Stalingrado.

 

La esperanza que rompe en los jardines

como la flor del árbol esperado,

la página grabada de fusiles,

las letras de la luz, Stalingrado.

 

La torre que concibes en la altura,

los altares de piedra ensangrentados,

los defensores de tu edad  madura,

los hijos de tu piel, Stalingrado.

 

Las águilas ardientes de tus piedras,

los metales por tu alma amamantados,

los adioses de lágrimas inmensas

y las olas de amor, Stalingrado.

 

Los huesos de asesinos malheridos,

los invasores párpados cerrados,

y los conquistadores fugitivos

detrás de tu centella, Stalingrado.

 

Los que humillaron la curva del Arco

y las aguas del Sena han taladrado

con el consentimiento del esclavo,

se detuvieron en Stalingrado.

 

Los que Praga la Bella sobre lágrimas,

sobre lo enmudecido y traicionado,

pasaron pisoteando sus heridas,

murieron en Stalingrado.

 

Los que en la gruta griega han escupido,

la estalactita de cristal truncado

y su clásico azul enrarecido,

ahora dónde están, Stalingrado?

 

Los que España quemaron y rompieron

dejando el corazón encadenado

de esa madre de encinos y guerreros,

se pudren a tus pies, Stalingrado.

 

Los que en Holanda, tulipanes y agua

salpicaron de lodo ensangrentado

y esparcieron el látigo y la espada,

ahora duermen en Stalingrado.

 

Los que en la noche blanca de Noruega

con un aullido de chacal soltado

quemaron esa helada primavera,

enmudecieron en Stalingrado.

 

Honor a ti por lo que el aire trae,

lo que se ha de cantar y lo cantado,

honor para tus madres y tus hijos

y tus nietos, Stalingrado.

Honor al combatiente de la bruma,

honor al Comisario y al soldado,

honor al cielo detrás de tu luna,

honor al sol de Stalingrado.

 

Guárdame un trozo de violenta espuma,

guárdame un rifle, guárdame un arado,

y que lo pongan en mi sepultura

con una espiga roja de tu estado,

para que sepan, si hay alguna duda,

que he muerto amándote y que me has amado,

y si no he combatido en tu cintura

dejo en tu honor esta granada oscura,

este canto de amor a Stalingrado.

 
 

Le 2 février 1943, Stalingrad rallume l’espoir !

 
 
 

Le 2 février 2013 a marqué le 70ème anniversaire de la victoire de Stalingrad.
Hélas ! un silence médiatique assourdissant recouvre d’une véritable chape de plomb ce coup de tonnerre qui ébranla le monde, sonnant l’offensive de la victoire et le glas de l’entreprise de destruction nazie.

Monde politique, médias, documents historiques, films et téléfilms semblent aux abonnés absents. Tout au plus se contente-t-on de repasser un film qui réduit cet événement à un affrontement entre tireurs d’élite !

Chacun sait que les communistes sont paranoïaques, qu’ils voient des fascistes et de l’anticommunisme partout.

Peut-être parce que c’est tout bonnement une partie de la réalité !

En Estonie, en Lituanie, en Hongrie, ce sont les anciens SS collaborateurs qui sont aujourd’hui fêtés après avoir été réhabilités. En France, c’est une autre forme de révisionnisme qui règne, l’oubli et le silence sur cette première victoire qui préluda à celles de Koursk et de Leningrad, portant ensemble le coup fatal à l’hégémonie et à la barbarie nazies.

Quelques faits méritent d’être rapportés : avant le Pacte de non-agression germano-soviétique, que des esprits bien intentionnés raccourcissent volontiers en Pacte germano-soviétique, comme si cette modification n’était pas sans importance historique, l’Union soviétique a cherché, ardemment, une alliance avec la France, l’Angleterre et la Yougoslavie. Cette alliance a été sur le point de se concrétiser. Un de ses artisans fut pour la France un homme de droite qui avait néanmoins compris ce que signifiait l’arrivée au pouvoir d’Hitler et des nazis. Inlassablement, malgré les bâtons dans les roues que lui mettaient un certain nombre de dirigeants français, Louis Barthou, ministre des Affaires étrangères, travaillait à un accord.

À son poste, il essaie de lutter contre les menées hitlériennes en attirant la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Union soviétique dans un front antinazi. Il prône aussi l’isolement de l’Allemagne en montant contre elle une série d’alliances avec les États de l’Europe centrale alliés à la France, la Pologne en particulier, dans un pacte oriental qui n’aboutira pas. Mais le 9 octobre 1934, alors qu’il accueille à Marseille le roi Alexandre Ier de Yougoslavie, celui-ci est assassiné par un fasciste oustachi. Barthou reçoit lui-même une balle. Officiellement, une coïncidence, ce que l’on appelle à présent un dommage collatéral. Pourtant, alors qu’il n’est que blessé, il attendra plus d’une heure des secours qui ne viennent pas et décède. Sa mort signera le glas de la politique d’entente avec l’Union soviétique. Il faudra attendre 1974 pour que soit officiellement reconnu qu’il a été touché par la balle d’un policier français ! Malgré cela, les Soviétiques continuent à rechercher pareille alliance.

Selon Georges Bonnet, ancien radical devenu ministre des Affaires étrangères en 1938, farouchement partisan d’une entente avec l’Allemagne d’Hitler, il faut « lanterner les Soviétiques », leur faire croire que la porte n’est pas fermée tout en cherchant et scellant une alliance ailleurs. En 38, il signe les Accords de Munich, en 39, il reconnaît officiellement la légitimité de Franco - alors que deux ans plus tôt la politique de non-intervention en Espagne a contribué à condamner le gouvernement légal du pays et à renforcer l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie - avant de se rallier à Pétain.

Le Pacte de non agression germano-soviétique est donc un pis-aller pour l’URSS, incapable à ce moment de mener seule une guerre contre la puissance allemande. L’historien gaulliste Paul-Marie de la Gorce estimera que les atermoiements franco-anglais face à une« grande alliance » contre l’Allemagne nazie, leurs concessions à Hitler, notamment divers accords comme l’accord naval anglo-allemand de 1935, les accords de Munich en 1938 ou le traité de non-agression franco-allemand peuvent expliquer que l’URSS perçoive les démocraties occidentales comme indifférentes sinon délibérément hostiles envers elle et se rabatte sur un accord momentané et circonstanciel avec l’Allemagne. Churchill lui-même écrira dans ses Mémoires que « l’offre des Soviétiques fut ignorée dans les faits. Ils ne furent pas consultés face à la menace hitlérienne et furent traités avec une indifférence, pour ne pas dire un dédain, qui marqua l’esprit de Staline. Les évènements se déroulèrent comme si la Russie soviétique n’existait pas. Nous avons après-coup terriblement payé pour cela » conclura-t-il.

Lancés dans une guerre impitoyable - les directives nazies stipulaient que sur le territoire de l’Union soviétique les lois de la guerre n’existaient plus et qu’il fallait considérer comme ennemis hommes, femme et enfants - victimes d’une barbarie qui multipliait les Oradour, les peuples de l’URSS, malgré des revers et des pertes immenses, surent mettre en œuvre une résistance inouïe qui permit non seulement dans un premier temps de desserrer l’étau d’une armée infiniment supérieure en nombre et en matériel, mais de contenir puis de repousser les assauts avant de lancer une contre-offensive qui permit la déroute totale de l’envahisseur.

Stalingrad marquera le premier grand tournant de la guerre. Au prix de 487 000 morts et de 630 000 blessés, les Soviétiques jetteront à bas le mythe de l’invincibilité allemande. Il ne s’agit pas de minimiser le rôle des États-Unis dans la lutte contre le nazisme, mais qu’il nous soit permis de souligner que rien qu’à Stalingrad les pertes soviétiques dépassèrent le total des pertes américaines pour l’ensemble de la guerre, tous théâtres des opérations confondus.

Le 2 février 2012 doit être rappelé et célébré partout, par les communistes certes, mais aussi par tous les démocrates. Du 17 juillet 1942 au 2 février 1943, dans la boue, la neige, le froid, les rationnements, dans une ville bombardée, pilonnée, rasée, meurtrie, l’Armée rouge et des dizaines de milliers de civils ont tenu bon, pour défendre leur pays mais également pour sauver le monde.

Quelques mois plus tard, ce sont eux encore qui porteront le coup fatal après lequel rien ne sera plus comme avant. Du 5 juillet au 23 août 1943, à Koursk, ils mettront un terme aux offensives sur le Front de l’Est, y laissant 500 000 soldats.

L’URSS de cette époque regroupait dans ses différentes républiques 194 090 000 habitants. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, elle déplorera la mort de 10 700 000 soldats et de 15 900 000 civils, au total 26 600 000 morts. 13,7% de la population.

Comment alors oublier ?

« On me dit aujourd’hui que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’Histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare »

Le poète a toujours raison. Sa guitare s’est tue mais ses mots résonnent encore.

À nous de tenir le flambeau et de ne pas laisser la flamme s’éteindre…

Pour la section Oswald Calvetti du PCF :

Roger Martin



Edité par T 34 - 04 Feb 2013 à 19:08
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Résistance allez vers le bas
Intervenant régulier
Intervenant régulier
Avatar

Depuis le: 11 Nov 2012
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 168
  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Feb 2013 à 23:47




Les media occidentaux présentent aujourd’hui l’URSS et tout ce qui s’y rapporte sous un aspect négatif. Cependant, il y a soixante-dix ans, les troupes de l’Armée rouge faisaient plier à Stalingrad les troupes hitlériennes, scellant de facto la défaite de l’Allemagne. Les Russes, qui ont été délibérément envahis au cours de la Seconde guerre mondiale, ont perdu dans cette barbarie plus de vingt millions de vies humaines. Mais l’Europe, myope autant qu’ingrate, continue de considérer Moscou comme un « ennemi » gênant, cherchant à diminuer quand ce n’est pas nier la contribution décisive de l’Armée rouge à la victoire finale.

En Russie pourtant, les choses ne se passent pas de cette manière, et malgré les sept décennies qui nous séparent de cet événement, des millions de Russes vouent encore une véritable admiration à ce jour du 2 février 1943, au cours duquel Staline et l’Armée rouge brisèrent l’encerclement de Stalingrad. Aujourd’hui, ce lieu héroïque s’appelle Volgograd. Les habitants de cette ville d’un peu plus d’un million d’habitants ont décidé le 31 janvier 2013 qu’elle allait reprendre quelques jours par an le nom de Stalingrad, celui qu’elle avait durant la période soviétique. Plus précisément, le nom officiel de « ville héroïque de Stalingrad » sera repris durant toutes les commémorations de la grande victoire de l’Armée rouge. Sergueï P. Zabednov, l’édile local qui est à l’origine de cette décision, a ainsi déclaré dans un entretien au New-York Times que les media pourraient reprendre à loisir le nouveau nom de Stalingrad dans leurs communiqués, et que les tableaux d’affichage des trains allaient même être modifiés comme il se doit.

Outre le 2 février, Volgograd recouvrera son ancien nom cinq autres jours, tous représentatifs de la victoire de l’Union soviétique, parmi lesquels le 9 mai (capitulation de l’Allemagne) et le 22 juin (début de l’invasion nazie). À l’origine, Volgograd s’appelait Tsaritsyne. La ville conserva ce nom-là depuis sa fondation, au XVIème siècle, jusqu’en 1925 où elle fut dédiée à Staline dans un vaste mouvement d’appellation des villes aux noms des dirigeants bolcheviks. Ce n’est qu’en 1961, durant la campagne révisionniste de déstalinisation menée par Nikita Khrouchtchev, que la ville fut rebaptisée Volgograd.

Vladimir Poutine a rapidement été accusé par plusieurs partis de vouloir récupérer le sentiment de sympathie que nourrit encore l’Union soviétique. Un sentiment incompréhensible pour quantité d’Occidentaux qui s’étonnent que Staline soit toujours considéré en Russie comme le « petit père des peuples » ou comme un artisan majeur de l’écrasement de la tyrannie hitlérienne (quand ce n’est pas les deux à la fois). Ce sentiment, loin de décroître, va même crescendo ; ce qui explique pourquoi une inscription à la gloire de l’ancien dirigeant soviétique orne désormais le hall d’entrée de la station de métro Kourskaïa, au centre de Moscou. Les autorités de Saint-Pétersbourg et de Tchita, en Sibérie, avaient quant à elles décidé que les autobus de leurs cités seraient décorés ce 2 février de grands portraits de Staline, une initiative controversée qui a pourtant déjà été prise à plusieurs reprises au cours de ces dernières années.

Les media internationaux gagneraient à sortir du contexte de la Guerre froide et de la propagande qui en découle, et réfléchir à ce que serait l’Europe si Staline et l’Armée rouge n’avaient pas infligé à l’envahisseur nazi une défaite dont il ne se relèvera jamais. Mais pour cela, il faudrait faire preuve d’honnêteté. Et c’est une tâche ardue quand on a fait du révisionnisme historique son métier.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-stalingrad-soixante-dix-ans-apres-115081477.html


Edité par T 34 - 06 Feb 2013 à 17:43
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Feb 2013 à 01:18
Il y a 70 ans, trois nouvelles républiques soviétiques…

Il y a 70 ans, les pays baltes étaient rattachés à l’URSS. On parle souvent « d’occupation » soviétique, qui serait une application directe du pacte germano-soviétique.

Nous ne reviendrons pas ici sur le concept curieux « d’occupation soviétique » dans les trois républiques socialistes soviétiques baltes, qui auraient été « occupées »… par elles-mêmes. Il convient en revanche ici d’articuler le pacte Molotov-Ribbentrop avec la réunion des états baltes à l’URSS en juin et juillet 1940. La soviétisation de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie n’est pas une conséquence automatique du pacte d’août 1939 mais le produit d’une évolution, certes rapide, mais complexe et non dénuée de contradictions.

Mais, en premier lieu, il faut savoir de quoi l’on parle et donc revenir sur le système politique en vigueur dans les pays baltes dans la seconde moitié des années 1930.

 

Les pays baltes durant l’Entre-deux-guerres

Les trois pays baltes sont gouvernés en 1940 par des régimes conservateurs autoritaires. Ce ne sont des « démocraties occidentales » mais des régimes anti-démocratiques sur le modèle de ceux qui fleurissent alors en Europe centrale et orientale.

 

La Lituanie

En Lituanie, depuis le coup d’Etat de 1926, Antanas Smetona gouverne le pays d’une main de fer. A partir de 1929, il cumule les fonctions de président de la république et de premier ministre. Les penseurs chauvins, ethnicistes et conservateurs, inspirés du romantisme allemand et de Herder, Antanas Maceina et Stasys Šalkauskis, font figure d’idéologues officiels. Le premier se réfugia à Berlin en juin 1940 et revient en Lituanie nazifiée en juillet 1941 pour devenir l’année suivante doyen de la faculté de philosophie de Kaunas. Il préféra suivre les armées nazies en retraite en 1944 et poursuivit une carrière universitaire dans des universités d’Allemagne de l’Ouest. Šalkauskis, recteur de l’Université de philosophie de Kaunas, fut destitué par les Soviétiques en 1940 mais ne fut pas arrêté. Le gouvernement provisoire lituanien pro-nazi le nomma en 1941 professeur à l’Université de Vilnius. Son état de santé l’empêcha cependant d’occuper ce poste (il mourut le 4 décembre 1941).

La Lettonie

En 1934, le ministre-président Kārlis Ulmanis instaure l’état de siège, dissout le Parlement et interdit les partis politiques. Il cumule à partir de 1936 les fonctions de ministre-président et de président de la République. Il prend le titre de « Tautas Vidonis », « chef de la nation ». Il mène une polique de « lettonisation », dirigée contre les minorités allemandes, lituaniennes, russes et juives.

L’Estonie

En 1934, le premier ministre Konstantin Päts organise un coup d’Etat, à la veille des élections législatives. Il instaure un régime autoritaire, connu sous le nom d’ « ère du silence » (« vaikiv ajastu »). Päts s’autoproclame en 1937 « protecteur de l’Etat » (« Riigihoida ») et instaure en 1938 la fonction de président de la République, à son profit. Les partis politiques sont interdits et la presse soumise à une étroite censure. Le président-dictateur a réprimé tous les mouvements politiques, des communistes au groupe d’anciens combattants d’extrême droite, très influent avant 1934.

 

Si l’on remonte un peu plus dans le temps, les trois états, qui faisaient partie de la Russie pour l’Estonie et le nord de la Lettonie depuis le XVIIe siècle et pour le sud de la Lettonie et la Lituanie depuis la fin du XVIIIe siècle, ont tous les trois connu l’émergence de républiques sociétiques en 1917 et 1918. Elles ont été balayées par des insurrections nationalistes et des interventions extérieures (allemandes ou polonaises).

Les pays baltes, l’Allemagne et l’URSS en 1939 et 1940

L’URSS a toujours considéré les pays baltes comme une région stratégique pour sa sécurité (Narva, en Estonie, est à 140 km de Leningrad). Mais l’annexion des trois républiques n’est pas écrite d’avance. Jusqu’en 1940, Moscou se serait accommodé d’une neutralité bienveillante. Staline s’inquiète fort du regain de l’influence allemande au début de 1939. En mars, l’Allemagne exige et obtient par traité la cession par la Lituanie de la ville de Memel (aujourd’hui Klaipeda). Les ambassadeurs lettons et estoniens sont alors convoqués par Litvinov, commissaire du peuple aux Affaires Etrangères. L’URSS n’exclut pas une intervention si la neutralité est rompue. Ses inquiétudes sont fondées. La direction soviétique l’ignore alors mais le 11 avril 1939, une directive d’Hitler souligne la nécessité d’établir le contrôle allemand sur la Lituanie et la Lettonie après l’invasion prochaine de la Pologne. Les manifestations d’amitié et de coopération de la Lettonie et de l’Estonie avec l’Allemagne nazie se multiplient. Ces deux pays signent un pacte de non-agression avec Berlin le 7 juin 1939. Les états-majors des armées lettone (Mārtiņš Hartmanis) et estonienne (Nikolai Reek) assistent le 20 avril aux cérémonies du 50e anniversaire d’Hitler. Au cours de l’été 1939, le chef d’état-major de l’armée de terre allemand, Galder, et celui de l’Abwehr, l’amiral Canaris, visitent l’Estonie. La coopération militaire et l’implantation de services secrets nazis dans les pays baltes ne peuvent alors pas faire de doute.

Le pacte germano-soviétique place l’Estonie et la Lettonie dans la zone d’influence de l’URSS et la Lituanie dans celle de l’Allemagne. Cette dernière passe dans la zone soviétique dans le rectificatif du pacte signé le 28 septembre. On dit souvent que l’annexion de juillet 1940 est déjà écrite. En fait, rien ne le prouve. En fait, jusqu’en mai 1940, l’URSS se contente de la « souveraineté contrôlée » des républiques baltes. Leur soviétisation n’est pas encore décidée.

Des pactes de coopération sont signés en septembre et octobre 1939 entre l’URSS et les républiques baltes. Des contingents limités de l’armée rouge occupent des bases militaires sur les territoires des trois états. Staline déclare à Georges Dimitrov, secrétaire du comité exécutif d’une IIIe Internationale à l’agonie, que « on a trouvé dans les traités d’assistance mutuelle le moyen de mettre ces pays dans l’orbite de l’URSS. Mais pour cela il faut maintenir, respecter strictement leur régime intérieur et leur autonomie ». Les soldats soviétiques envoyés en garnison dans les républiques baltes ont pour ordre de rester à l’écart de la population civile. Ce n’est pas une armée d’occupation, mais leur présence donne de la force à la gauche balte. Les ambassadeurs des pays baltes à Paris reçoivent le 28 novembre 1939 le message suivant : « Les garnisons russes ne suscitent aucun malentendu et ne causent pas de difficulté. De plus, les troupes soviétiques paient leurs marchandises en livres anglaises ou en dollars et cela est considéré positivement pour les finances en ces temps de pénurie de liquide. En Lettonie, il n’y a pas non plus de mauvaises nouvelles de la part des Russes » (1). Les gouvernements baltes cherchent à profiter des retombées économiques du régime de « souveraineté limitée ».

Malgré tout, ils recherchent dans le même temps le moyen de limiter et de faire diminuer les bases militaires soviétiques établies sur leur sol. Les Lituaniens adoptent une « instruction aux ambassadeurs sur la question du traité avec Moscou » le 2 novembre 1939 : « Ce serait contre-productif que se répande à l’étranger la pensée que la Lituanie a accepté de bonne grâce le traité avec Moscou et le considère comme un évènement naturel voire utile pour nous ».

Cela n’a pas empêché la Lituanie de recevoir avec plaisir des mains de Staline Vilnius et la région de Vilnius, prises sur une Pologne démantelée, en octobre 1940. Vilnius, peuplée alors à 50% de population juive et à 40% de population polonaise, capitale historique de la Lituanie, et le territoire qui l’entoure, connut sort mouvementé après la première guerre mondiale. Il fut rattaché à la république –communiste jusqu’en 1919- de Lituanie. Les Polonais y provoquèrent une mutinerie en 1920 et proclamèrent une « république de Lituanie centrale », placée sous leur orbite et finalement rattachée à la Pologne en 1922. Les Lituaniens n’ont de cesse de réclamer la rétrocession de Vilnius. Staline l’a fait.   

La Lettonie cherche à contourner et à violer le traité par d’autres moyens que des actions diplomatiques. L’état major lituanien envisage le recours à la force. Pour cela, il se tourne vers l’Allemagne. La Lettonie et l’Estonie maintiennent jusque la fin 1939 des contacts militaires avec Berlin. Fin novembre, le commandant en chef de l’armée lituanienne Krišjānis Berķis et le chef d’état major Hugo Rozenšteins recontrent le chef de la section finlandaise et estonienne de l’Abwehr (2). De plus, pendant la guerre d’hiver entre l’URSS et la Finlande (novembre 1939-mars 1940), les Lituaniens aident les Finlandais à intercepter les transmissions radios des Soviétiques.   

 

La prise de contrôle

Les causes directes

L’occupation du Danemark et de la Norvège par Hitler puis la percée allemande à l’ouest et l’effondrement de la France surprend tout le monde. Elle amène les Soviétiques à changer de politique et à envisager un contrôle plus étroit des états baltes, voire leur réunion à l’URSS. Le 16 mai 1940, les Izvestia publient un article qui exprime les craintes du pouvoir soviétique : qu’Hitler s’empare des pays baltes aussi rapidement qu’il a occupé le Benelux. De plus, Staline souhaite « avancer » sa frontière jusqu’à celle de la Prusse orientale.

Parallèlement, l’URSS dénonce les accords commerciaux conclus fin 1939-début 1940 entre l’Allemagne et les états baltes (avec la Lettonie le 12 décembre 1939, avec l’Estonie le 6 mars 1940 et avec la Lituanie le 14 avril 1940). Ces traités stipulent que 70% des exportations doivent être dirigées en Allemagne. Dès lors, Staline est convaincu que les trois états passeront, de gré ou de force, sous la botte allemande, en violant les pactes de non-agression conclus à l’automne 1939 avec l’URSS. La guerre d’hiver contre la Finlande a montré les faiblesses dramatiques de l’Armée Rouge. Il est impossible pour les Soviétiques de voir les chars allemands parvenir sans résistance à deux jours de route de Leningrad. Il décide de prendre les devants. Les évènements se passent dès lors rapidement.

            La Lituanie

            Début juin 1940, le premier ministre lituanien Antanas Merkys est à Moscou. Molotov l’accuse de couvrir des arrestations de soldats soviétiques stationnés en Lituanie et de vouloir conclure une alliance secrète avec les deux autres pays baltes. Le 14 juin, l’URSS adresse un ultimatum à la Lituanie. Elle exige le renforcement des positions de l’armée rouge en Lituanie et la formation d’un nouveau gouvernement. Smetona demande à l’Allemagne d’intervenir. Celle-ci, dont les armées entrent le même jour dans Paris, refuse. Il est alors contraint d’accepter l’ultimatum et demande à l’ancien chef d’Etat-major de l’armée, Raštikis Stasys, de former un nouveau gouvernement. Ce vétéran de la guerre d’indépendance contre les Russes, diplômé de l’Académie de l’Etat major allemand en 1932, n’a pas les faveurs des Soviétiques. Le 16 juin, l’armée soviétique prend le contrôle des positions stratégiques en Lituanie. Smetana et Raštikis  (3) s’enfuient à Berlin.

            La Lettonie et l’Estonie

            Le 16 juin, des ultimatums semblables sont envoyés à Tallinn et à Riga. On leur reproche le non-respect du traité de non-agression de 1932 et du pacte militaire de 1939 ainsi que la reformation de l’alliance balte. Le 17 juin, les points stratégiques des deux pays sont contrôlés par l’armée soviétique. Päts demande à l’ambassade allemande d’intervenir : Berlin refuse (le même jour, Pétain annonce qu’il a demandé l’armistice). Mais Ulmanis à Riga et Päts à Tallinn gardent leur poste.

 

Les protectorats (juin-juillet 1940)

Moscou envoie des plénipotentiaires contrôler les nouveaux protectorats. Ce sont des hommes très proches de Staline : Andrej Ždanov(4) en Estonie, Andrej Vyšinskij en Lettonie (5) et Vladimir Dekanosov en Lituanie (6). Ils vont contrôler l’intégration des trois états dans l’URSS.

 

Ce processus se fait en plusieurs étapes. En premier lieu, des gouvernements pro-soviétiques sont mis en place.

En Estonie,  Päts reste chef de l’Etat mais il est peu à peu dépossédé de ses pouvoirs : il tente à nouveau de faire intervenir l’Allemagne début juillet mais cette dernière refuse à nouveau. Ždanov le contraint à légaliser le parti communiste le 4 juillet. L’homme de Staline veut qu’il prenne Johannes Vares comme premier ministre. Vares est un médecin et poète de gauche, non membre du PC estonien clandestin et ancien combattant de la guerre d’indépendance estonienne (du côté estonien). Päts refuse : une manifestation communiste, « aidée » par des unités de l’Armée rouge, occupe le Palais présidentiel. Vares forme un « gouvernement populaire » (Päts reste président). L’historien du mouvement national estonien, professeur à l’université de Tartu, Hans Kruus devient vice-premier ministre (9).

Ces gouvernements sous placés sous influence soviétique. Ils sont souvent dirigés par des savants, de gauche sans être membres des PC baltes (du moins jusqu'en juillet 1940), qui ont peu d’expérience politique. Ils dissolvent l’alliance balte de 1923 et l’entente balte de 1934. Ils assurent qu’ils maintiendront l’intégrité territoriale des républiques et qu’ils n’encourageront pas leur soviétisation.

 

La réunion à l’URSS

Ces protectorats sont de courte durée. La fin des opérations terrestres à l’Ouest libère Hitler qui peut désormais se consacrer à la préparation de la guerre avec l’Union Soviétique. Staline franchit l’ultime étape : la réunion des états baltes à l’URSS.

Des « élections » législatives ont lieu les 14 et 15 juillet 1940 dans les trois états, avec des scores sans appel, étant donné que toute opposition fut muselée.

 

 

Participation

Partis Communistes

Estonie

81,6%

92,9%

Lettonie

94,7%

97,6%

Lituanie

95,5%

99,2%

 

Le 21 juillet, le Parlement estonien se réunit et demande l’établissement d’une république socialiste soviétique. Le lendemain, Johannes Vares demande la réunion à l’URSS. Le 23 sont décidées des nationalisations massives. Les mêmes jours, des processus similaires se déroulent dans les deux autres républiques. Les présidents sont exilés en Russie intérieure. Päts est déporté à Ufa, après avoir essuyé un refus de l’ambassade américaine de l’accueillir, et Ullmanis à Stavropol, dans le Caucase. Le 1er août, le Soviet Suprême accepte la « demande » de réunion. L’URSS gagne 6 millions d’habitants.

Vares devient président du soviet suprême de la RSS (république socialiste soviétique) d’Estonie. Il est éliminé en 1946 par le NKVD, pour son ancienne participation à l’armée nationaliste estonienne durant la guerre d’indépendance de 1918-1919.  Kirhenšteins occupe la même fonction en RSS de Lettonie jusqu’en 1952. Il devient en outre vice-président du Soviet suprême de l’URSS, de 1941 à 1952. Paleckis est président du Soviet suprême de la RSS de Lituanie jusqu’en 1967. Il devient alors président du Soviet des nationalités (la 2e chambre du Soviet suprême de l’URSS) jusqu’à sa retraite en 1970.

La Lituanie gagne des territoires relativement importants. En juin 1940, elle s’agrandie de la région de Vilnius : la principale revendication territoriale des Lituaniens durant l’entre-deux-guerres est ainsi satisfaite. Elle bénéficie en outre d’une rectification de frontière en sa faveur avec la RSS de Biélorussie : elle acquiert des territoires peuplés de lituanophones. Enfin, elle gagne Mariampol, achetée à l’Allemagne contre 7,5 milions de dollars-or.

 

Conclusion

La réunion des états baltes, gouvernées par des régimes autoritaires conservateurs, à l’URSS en 1940, n’est pas écrite en 1939. Le pacte germano-soviétique les place dans la zone d’influence soviétique, sans préciser davantage. Les états baltes, dont la ligne anticommuniste les pousse spontanément vers l’Allemagne nazie, maintiennent en réalité des contacts avec Berlin jusqu’à fin 1939. Des traités signés avec l’URSS en septembre et octobre 1939 instaurent une « souveraineté limitée » : les états baltes sont strictement neutres et des bases soviétiques sont installées sur leur territoire, sans qu’il s’agisse d’une « occupation ». Le non-respect de la neutralité par les gouvernements baltes et l’effondrement des « démocraties occidentales » face à l’Allemagne poussent Staline à annexer ces territoires. Il ne s’agit pas du résultat d’un accord entre deux tyrans cyniques sur le dos de petites démocraties mais de stricte défense des intérêts de l’URSS.

Il est certain que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes fut bafoué : mais quand et par qui fut-il réellement respecté ? Il est également évident que la politique de l’URSS stalinienne en 1939 et 1940 marque la condamnation définitive du communisme internationaliste comme programme de gouvernement et comme visée politique en Union Soviétique, pour celles et ceux qui auraient malgré tout pu nourrir encore quelque illusion à ce propos.

(8) Président de l’Académie lettone des sciences en 1941, il passe à l’Ouest en 1944.

 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Feb 2013 à 15:45

Les communistes russes intensifient leur campagne pour redonner à Stalingrad son nom

 
 

stalingrad.jpg

Les communistes russes intensifient leur campagne pour redonner à Stalingrad son nom

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Soixante-dix ans après la victoire historique de l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie à Stalingrad, le dirigeant du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) Guennadi Ziouganov a demandé à ce que Volgograd reprenne son nom de Stalingrad.

L'idée de renommer la ville de Volgograd en Stalingrad, plus d'un demi-siècle après que Khroutchev l'a débaptisé dans un contexte de « déstalinisation », n'est plus saugrenue.

Autant elle semblait utopique il y a dix ans, lors des célébrations du 60ème anniversaire, autant elle paraît désormais réaliste.

L'idée portée par le Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) trouve désormais même un écho parmi certains députés isolés de la majorité présidentielle, bien qu'elle soit toujours rejetée par la majorité des autres partis, de Russie unie au parti libéral-démocrate (extrême-droite).

« Il est évident qu'il faut rendre à cette ville le nom de Stalingrad. Le monde entier connaît Stalingrad, Stalingrad a sauvé l'humanité de la peste brune », a déclaré à l'agence de presse Interfax le secrétaire du KPRF Guennadi Ziouganov.

« C'est un symbole de courage, d’héroïsme et de victoire, un symbole de la force du peuple soviétique, un symbole inscrit sur toutes les cartes d'histoire dans toutes les villes d'Europe », a-t-il ajouté, déposant le même jour une gerbe à la tombe du soldat inconnu près du Kremlin.

« Nous allons désormais proposer un référendum, le peuple va nous soutenir. 100 000 signatures ont déjà été recueillies pour appuyer notre initiative », a-t-il précisé.

La proposition d'un référendum a même été relayée par la présidente de la Chambre haute de la Douma. Elle sort renforcée par la décision symbolique de la Douma locale de Volgograd de renommer la ville Stalingrad le temps des commémorations.

La ville dirigée depuis 2007 par un maire communiste a en effet décidé de renommer la ville Stalingrad six journées par an : le 2 février (jour de la victoire à Stalingrad), le 9 mai, le 22 juin (journée du souvenir), le 2 septembre (fin de la guerre mondiale), le 23 août (souvenir des bombardements à Stalingrad) et le 19 novembre (jour de la défaite des troupes nazies à Stalingrad).

Dans la campagne du KPRF, un autre élément symbolique fort : les « bus de la victoire » lancés en 2010 par un groupe de militants à St-Petersbourg pour commémorer le 9 mai. Des bus publics ornés d'images de la Victoire et de portraits de Staline.

L'initiative a depuis été élargie à une quarantaine de villes russes, parmi lesquelles Volgograd pendant les commémorations du 70ème anniversaire de la victoire à Stalingrad. Une action soutenue par le KPRF qui veut prochainement implanter l'idée à Moscou même.

Après la conquête par les communistes de la mairie de Volgograd/Stalingrad en 2007, la progression parmi la population russe de l'idée de renommer Volgograd en Stalingrad est plus qu'un symbole du retour des idées communistes parmi la population d'ex-URSS.


Photos Las galerías subterráneas que albergaron a la guerrilla soviética durante la ocupación nazi de Odessa

 
 
 
 


Edité par T 34 - 04 May 2015 à 00:24
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 May 2015 à 23:47

Notre droit à être marxistes-léninistes

 

Nous publions, extrait de Granma, un article du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, à l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire de la Victoire du peuple soviétique lors de la Grande Guerre Patriotique qui a pour titre : Notre droit d’être Marxistes-Léninistes et dans lequel il exprime sa profonde admiration envers l’héroïque peuple soviétique qui a rendu à l’Humanité un colossal service en imposant la défaite à l’Allemagne nazie.

Après-demain, 9 mai, nous commémorerons le 70e anniversaire de la Victoire du peuple soviétique lors de la Grande Guerre Patriotique. Étant donné le décalage horaire, au moment où j’écris ces lignes, les soldats et officiers de l’Armée de la Fédération de Russie seront déjà sur la Place Rouge, à Moscou, défilant fièrement au pas rapide et martial qui les caractérise.

Lénine fut un génial stratège révolutionnaire qui n’hésita pas à assumer les idées de Marx et à les mettre en pratique dans un pays immense et incomplètement industrialisé, dont le parti prolétarien devint le parti le plus radical et le plus audacieux de la planète et cela après le plus grand massacre que le capitalisme avait perpétré dans le monde, guerre où, pour la première fois, les tanks, les armes automatiques, l’aviation et les gaz asphyxiants firent leur apparition, et même un célèbre canon capable de lancer un lourd projectile à plus de 100 kilomètres fut mis à contribution dans ce conflit sanglant.

De ce massacre naquit la Société des Nations, une institution qui était censée préserver la paix et qui ne parvint même pas à empêcher l’expansion accélérée du colonialisme en Afrique, dans une grande partie de l’Asie, en Océanie, dans la Caraïbe, au Canada, ni celle d’un grossier néocolonialisme en Amérique latine.

À peine 20 ans plus tard, une autre épouvantable guerre mondiale éclata en Europe, guerre dont le prélude avait été la Guerre civile espagnole, commencée en 1936.

Après l’écrasante défaite des troupes nazies, les pays placèrent leurs espoirs dans l’Organisation des Nations Unies qui s’efforce de construire la coopération pour mettre fin aux agressions et aux guerres, pour permettre aux nations de préserver la paix, le développement et la coopération pacifique de tous les États, grands et petits, riches ou pauvres, de la planète.

Des millions de scientifiques pourraient, entre autres tâches, augmenter les capacités de survivre pour l’espère humaine, dès à présent mise en danger par la pénurie en eau et en nourriture pour des milliards d’êtres humains dans un bref laps de temps.

Nous sommes déjà 7,3 milliards d’habitants sur notre planète. En 1800, nous n’étions que 978 millions ; ce chiffre s’élevait à 6,07 milliards en l’an 2000 ; et en 2050, selon des estimations, la population mondiale atteindra les 10 milliards d’habitants.

Bien entendu, on parle à peine des bateaux bondés d’immigrants qui accostent les rives de l’Europe Occidentale, qui utilisent n’importe quel engin capable de flotter, tout un fleuve d’immigrants Africains en provenance de ce continent que les Européens ont colonisé durant des siècles.

Il y a 23 ans, lors d’une Conférence des Nations Unies sur « Environnement et Développement », j’avais déclaré : « Une importante espèce biologique court le risque de s’éteindre à cause de la disparition rapide et progressive de ses conditions de vie naturelles : et cette espèce c’est l’Homme. » J’ignorais alors combien ce moment était proche.

À l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire de la Victoire lors de la Grande Guerre Patriotique, je veux affirmer notre profonde admiration envers l’héroïque peuple soviétique qui a rendu à l’Humanité un service colossal.

Aujourd’hui, l’Histoire rend possible une alliance solide entre les peuples de la Fédération de Russie et l’État dont le développement économique est le plus rapide du monde : la République Populaire de Chine. Grâce à leur étroite coopération, à leur science très développée, à leurs puissantes armées et à leurs valeureux soldats, ces deux nations constituent un puissant bouclier pour assurer la paix et la sécurité mondiale, pour que la vie de notre espèce puisse être préservée.

La santé physique et mentale et l’esprit de solidarité sont des principes qui doivent prévaloir. Dans le cas contraire, le destin de l’être humain, celui que nous connaissons, sera anéanti à jamais.

Les 27 millions de Soviétiques qui sont morts au cours de la Grande Guerre Patriotique, ont donné leur vie aussi pour l’Humanité et pour défendre le droit de penser et d’être socialistes, d’être marxistes-léninistes, d’être communistes et de sortir enfin de la préhistoire.

Fidel Castro Ruz

7 mai 2015 — 22 h 14

Traduction revue et corrigée par Manuel Colinas

 
 

http://www.granma.cu/file/img/2014/11/medium/f0022016.jpg

 
Pedro Antonio García
 
Seul un Etat d'un type nouveau, comme celui créé par la Révolution d'Octobre, pouvait garantir le triomphe des peuples de l'URSS contre le fascisme.
 
Il y a deux mois le monde commémorait le début de la Seconde Guerre Mondiale. L'Allemagne hitlérienne s'empara de la quasi totalité de l'Europe, depuis la France jusqu'à la Pologne. Les peuples se retrouvèrent sans défense devant l'envahisseur à cause des régimes bourgeois qui préféraient la fuite ou la reddition plutôt que de s'impliquer dans un combat de résistance populaire. Seul un gouvernement donna des armes à son peuple pour défendre la souveraineté nationale : celui de l'URSS.
 
Contre elle les hitlériens se jetèrent avec plus de six millions de soldats, armé avec la meilleure technologie militaire de l'époque. En quasi quatre ans de guerre ils massacrèrent entre 18 et 24 millions de civils soviétiques, plus du double des pertes militaires de cette nation sur le champ de bataille. Les nazis arrivèrent même à 70 kilomètres de Moscou. Ici le peuple en uniforme les arrêta.

Des millions de fils des divers peuples soviétiques de l'Union coururent s'engager dans l'Armée Rouge. Organisés par le Parti Communiste, dans les zones occupées par l'ennemi proliférait le mouvement de résistance, au moyen de guérillas rurales et de commandos clandestins dans les villes. Des zones proches du front ou susceptible d'être bombardée par l'aviation ennemie furent déménagée jusqu'à l'est de la Russie et dans les république soviétiques d'Asie une grande partie de l'industrie avec ses ouvriers, laquelle en temps record commença a produire dans ses nouvelles installations. Uniquement un état socialiste pouvait réaliser une telle mobilisation qui à la longue fut déterminante dans la victoire.

La Révolution d'Octobre

Une telle organisation pour affronter l'ennemi fasciste fut seulement possible parce que le 7 novembre 1917 (25 octobre de l'ancien calendrier russe), un soulèvement de marins, de soldats et du peuple en général dirigé par V. I. Lénine et le Parti Bolchévique (Communiste) renversèrent le gouvernement provisoire bourgeois et instaurèrent un état de nouveau type, jamais vu dans l'histoire, dont l'objectif fondamental était d'émanciper les masses populaire de toute exploitation.
 
Durant le second Congrès des Soviets de toute la Russie, célébré entre le 8 et le 9 novembre, se mit en place un gouvernement révolutionnaire présidé par Lénine. Rapidement fut promulgué le décret de la terre, par lequel les terres arables devenaient le patrimoine de tout le peuple et était remisent en usufruit à ceux qui la travaillaient. Avec le Décret de la paix, la Russie sortait de la guerre impérialiste sans annexion ni contribution, et lançait un appel au monde à lutter pour la paix et la fin de la guerre.
 
Le 14 Novembre fut annoncé la Déclaration des Droits des Peuples de Russie, dans laquelle se proclamait le droit à la libre détermination des nationalité appartenant à l'ancien empire tsariste, incluant la possibilité qu'elles forment un état indépendant, ce qui arriva immédiatement avec la Pologne et la Finlande.

Les secteurs réactionnaires n'acceptèrent pas la perte du leur pouvoir et subventionnés par des puissances étrangères elles livrèrent une guerre cruelle, avec des centaines de milliers de morts, contre le pouvoir soviétique, dont la victoire fut seulement possible grâce à l'unité populaire autour du Parti Communiste.

Après la défaite des envahisseurs étrangers et de la contre révolution interne, les peuples de Russie, d'Ukraine, de Biélorussie et de la Fédération de Transcaucasie fondèrent le 30 décembre 1922 l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), à laquelle s'incorporèrent d'autres républiques. Renforçant de cette manière en peu d'années l'Etat socialiste transformé une nation avec des tares féodales, un haut indice d'analphabétisme et un développement capitaliste inégal entre ses régions en une  en une grande puissance militaro industrielle, totalement électrifié et avec une population cultivée, capable de défendre son régime socioéconomique face à la plus formidable armée de l'histoire, l'expulsant du sol de la patrie dans sa propre tanière, comme cela se produisit à Berlin en 1945.

 


Edité par T 34 - 06 Jun 2015 à 21:38
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1 234

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 9,092 secondes.