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Sarkozy Ier : Ses actions, vos réflexions

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Aug 2010 à 16:08

Le bling-bling continue

Pendant que le pays tente de réduire la voilure budgétaire sur le dos des salariés et des chômeurs en quête de reconversion professionnelle, certaines dépenses de l’Élysée s’envolent. Le rapport de la Cour des comptes de 2009 sur la gestion du Château a révélé vendredi que les frais de transport du président de la République avaient augmenté de 45% depuis 2008, de 23% pour l’entretien et le nettoyage, et de 20,7% pour les présents diplomatiques, décorations. Pourtant, le président de la Cour des comptes a adressé un satisfecit global à l’Élysée, concernant la baisse de 63,4% sur les commandes d’études, de sondages, dont Nicolas Sarkozy avait largement abusé les années précédentes.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Aug 2010 à 20:24
Quand Sarkozy critiquait la règle "un fait divers=une loi"
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Aug 2010 à 23:58

Editorial par jean-paul Piérot

Le peuple doit toujours avoir le dernier mot

 

Dernier%20conseil%20des%20ministres%20avant%20les%20vacances

La moisson de médailles engrangée par les athlètes français à Barcelone est venue éclaircir le ciel plombé d’un été empoisonné par le venin 
de la xénophobie et de la brutalité érigées en méthode de gouvernement. Le drapeau tricolore 
avait fière allure, porté par notre équipe nationale, 
par des garçons et des filles à l’image d’un peuple qui pose beaucoup de problèmes au pouvoir actuel. 
Trop divers, débordant «le corps traditionnel français», selon l’expression de Gérard Longuet, conseiller 
du président et ex-activiste dans sa jeunesse du mouvement d’extrême droite Occident. Myriam Soumaré, jeune assistante maternelle de la banlieue parisienne, Christophe Lemaitre, Martial Mbandjock 
ou Mahiedine Mekhissi transmettent une image 
de fraternité, d’une France ouverte sur elle-même et sur le monde. Elle renforce le caractère figé presque déjà jauni par le temps de la photo de Nicolas Sarkozy flanqué d’un Brice Hortefeux, ministre condamné pour propos racistes, et d’un policier de choc devenu préfet de l’Isère 
à la faveur d’une instrumentalisation d’un week-end 
de violence dans un quartier de Grenoble.

L’escalade de déclarations et d’annonces contre les gens du voyage, les amalgames entre insécurité et présence de l’étranger ou prétendu tel, la déchéance de nationalité qui s’ajouterait aux peines pour des crimes commis par des Français «d’origine étrangère», 
le projet de peines 
de prison infligées 
aux parents pour les fautes de leurs enfants, 
tout cela constitue un coup d’État verbal, puisque 
ces mesures seraient contraires aux principes républicains, au Code pénal ou au droit international.

Nul n’est dupe, le président cherche 
à compenser, en puisant dans l’électorat le plus extrémiste du Front national, la perte de confiance massive des Français. En 2007, des électeurs avaient été séduits par les promesses de Nicolas Sarkozy 
qui s’était posé en «candidat du pouvoir d’achat». 
Ils sont des centaines de milliers à mesurer l’étendue 
des dégâts sociaux. Mais ils n’ont pas voté pour autant pour un chef de l’exécutif qui maltraite à ce point 
la morale politique et l’esprit des lois dans la République. Il n’est pas nécessaire de se réclamer de la gauche pour être attaché aux valeurs républicaines, que Nicolas Sarkozy transgresse sans vergogne.

La démarche du président de la République ressemble à une course éperdue pour tenter 
de reprendre l’initiative, coûte que coûte, au mépris 
de la paix civile, tout en essayant de replacer par des coups médiatiques l’insécurité au centre du débat pendant les deux ans qui nous séparent de 2012. Mais 
la situation est sensiblement différente d’avant l’élection présidentielle. Les ressorts de son succès d’alors 
sont distendus, car les électeurs ont fait l’expérience 
des engagements non tenus. Le chef de l’État a perdu 
une grande part de sa crédibilité, sur la sécurité comme sur les sujets sociaux et économiques.

Face au danger que l’aventurisme politique 
et le climat de revanche sociale font peser 
sur la République, sur le principe d’égalité de tous 
les citoyens, le peuple doit s’imposer et mettre 
un terme aux dérives. C’est le sens de l’appel des trente organisations qui, à l’initiative de la Ligue des droits 
de l’homme, appellent à un vaste rassemblement 
le 4 septembre. En démocratie, c’est le peuple qui doit toujours avoir le dernier mot.

Par Jean-Paul Pierot

Editorial par Michel Guilloux

D’un 4 août à l’autre

Sarkozy%20au%20Cap%20Nègre%20fait%20du%20vélo

Au lendemain de la nuit du 4 août 1789, Louis XVI, encore roi, écrit : « Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient. » Et pourtant, la pression populaire était-elle qu’il dut se plier à la volonté du peuple, ce peuple français qui, depuis le 14 Juillet, a pris le goût de la liberté, de l’égalité et de la fraternité et ne sera jamais si triomphant que lorsqu’il prend conscience de sa propre force. Depuis lors, l’histoire de la France se lit comme la lutte obstinée entre ceux pour qui la République et le progrès social vont de pair, et ceux qui, sans relâche, en nourriront la pire exécration.

Depuis plus d’un mois, le pays commence à renouer comme rarement avec le fil de la conscience des injustices et des privilèges, dont la rupture, éclatante en 2002, a fait le lit du triomphe d’une « droite décomplexée » avec l’avènement de Nicolas Sarkozy cinq ans plus tard. Entendre un Jean-François Copé craindre une « nouvelle nuit du 4 août », alors que des centaines de milliers de salariés descendaient dans la rue un 24 juin, était aussi délicieux, de ce point de vue, que révélateur de l’ordre que défend l’UMP et de la grande peur qui saisit le camp des défenseurs des Bastille de l’argent roi. Alors que juillet 2007 voyait ces derniers jubiler devant l’avalanche de nouveaux privilèges accordés à la fortune, deux ans plus tard, les révélations en boule de neige de « l’affaire Woerth-Bettencourt » ont mis au jour la nature consanguine des noces du pouvoir, de son parti et des grands possédants. Quand, dans le même temps, le premier ministre évoque un nouveau tour de vis de super-austérité, que les profits des banques renflouées par l’argent public s’envolent, et que les seuls « privilèges » auxquels cette bourgeoisie entend s’attaquer, en plein cœur de l’été, c’est le droit des plus vieux de partir en retraite à 60 ans, et donc de libérer des postes de travail pour les plus jeunes, celui des étudiants de se loger ou des parents de handicapés de pouvoir payer le transport de leurs enfants alors, oui, le sentiment d’inégalité criante qui se fait jour peut nourrir l’envie de descendre massivement dans la rue, dès le 7 septembre prochain.

Quand le chef de l’État parle des retraites comme de la « mère des batailles », il faut le prendre au mot, quant au projet de société qu’il entend graver dans le marbre de la résignation et du repli sur soi, comme sur l’impact qu’aurait une défaite sur le sujet. C’est bien dans la grande peur d’un mécontentement populaire qui trouve un débouché massif dans la rue qui a conduit Nicolas Sarkozy à rouvrir en grand les vannes de la xénophobie, concourant en un seul coup à une dérive dangereuse pour la République comme pour les défenseurs d’un progrès social liant emploi, salaire et retraite à 60 ans. L’intronisation d’un préfet pour mieux instrumentaliser le thème de l’insécurité s’est accompagnée d’une intolérable opération d’intimidation de trois jeunes communistes, dont deux mineurs, que la justice a relaxés hier. La mobilisation qui les a accompagnés jusqu’aux portes du tribunal a également pesé. C’est un encouragement supplémentaire pour tous ceux qui, dans cette période, appellent à se rassembler le 4 septembre prochain contre la dérive actuelle du pouvoir et le 7 septembre pour la retraite à 60 ans. République et progrès social auront encore rendez-vous, ensemble, à la Fête de l’Humanité.

Michel Guilloux


Le temps des privilèges décomplexés

Le pouvoir de Nicolas Sarkozy s’est mis ouvertement au service des privilégiés de la fortune. Pas une réforme qui ne vise à les favoriser. On comprend qu’ils lui soient reconnaissants.

En un modèle de concision – «il règne actuellement une ambiance malsaine de nuit du 4 août» –, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, en référence à l’abolition des privilèges la nuit du 4 août 1789, avouait d’un même élan qu’il se tient dans le camp des privilégiés, et que ce camp est gagné par une «grande peur». C’était à l’approche du 24 juin dernier, alors que les salariés défilaient en masse pour lancer la contestation de la réforme des retraites. Et annonçaient, avec le 7septembre, une rentrée exceptionnellement chaude.

Le double aveu de Jean-François Copé n’a rien d’un accident de discours. Depuis 2007, les hommes du pouvoir annoncent la couleur. Ils ne sont pas seulement «de la droite décomplexée», ils sont sans complexe du côté des riches. C’est même la marque de fabrique du régime sarkozyste depuis l’inauguration du quinquennat au Fouquet’s. Et, depuis, il n’est pas une mesure, une réforme qui ne porte en elle cette visée : protéger ou rétablir les privilèges des puissants. À commencer par l’instauration du bouclier fiscal qui a permis aux plus riches contribuables de se faire rembourser 700 millions d’euros par l’État en 2009. Exonérations de charges à tour de bras pour les entreprises, suppression de la taxe professionnelle, niches fiscales diverses… La liste est longue des mesures qui dessinent un gouvernement «aux petits soins» pour le capital et les grandes fortunes. À quoi doit s’ajouter l’ensemble des mesures qui ont fait de la crise une aubaine pour les banques et les actionnaires.

le pouvoir de sarkozy favorise les privilégiés

Sous Nicolas Sarkozy, le pouvoir est un privilège qui sert à favoriser les privilégiés. Et on l’utilise à foison quand on décide de limiter la publicité sur les chaînes publiques à la seule fin de favoriser les rentrées publicitaires de TF1 pour Bouygues ou quand on libère les jeux d’argent en ligne au bénéfice des Lagardère, Bouygues, Le Lay, Bolloré, Pinault ou Balkany… L’affaire Woerth-Bettencourt révèle ce qu’a d’insupportable cette connivence entre ce pouvoir et les «milieux d’affaires». Le plus grand des scandales n’est pas ce que la justice révélera ou non d’illégal dans les fraudes fiscales ou les conflits d’intérêts. C’est la «légalité» du reversement par l’État d’un chèque de 30 millions d’euros à Liliane Bettencourt. C’est que les relations entre un ministre influent, sa famille et la plus grande fortune de France soient considérées comme naturelles et allant de soi. C’est le même petit monde des grands.

Jean-François Copé dit craindre une nouvelle nuit du 4 août, comme l’ancien premier ministre Dominique de Villepin déclarait le 18 avril dernier : «Oui, il y a une forte colère qui s’exprime dans notre pays, oui il y a un risque révolutionnaire en France.» Qu’ils croient à cette révolution ou qu’ils en agitent l’épouvantail montre que leur règne est une imposture : celui d’une minorité sur la majorité. Mais une minorité privilégiée qui a, comme aujourd’hui lorsqu’ils lancent leur campagne sécuritaire, la possibilité de faire diversion, de diviser, mais aussi d’imposer des lois de plus en plus répressives. Dans la défense des privilèges, mieux vaut faire preuve de prudence face au peuple, même quand on le méprise. C’est ce que Nicolas Sarkozy conseillait aux députés de sa majorité en décembre 2008 : «Les Français adorent quand je suis avec Carla dans le carrosse, mais en même temps ils ont guillotiné le roi. C’est un pays régicide. Au nom d’une mesure symbolique, ils peuvent renverser le pays.» Chiche ?

Olivier Mayer



Edité par T 34 - 06 Aug 2010 à 19:00
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Aug 2010 à 21:21

Editorial par Michel Guilloux

Un autre scandale d’État

Il n’y a pas de vacances pour les commis aux basses œuvres de l’Élysée. Hier, c’était au tour du porte-parole de l’UMP d’emboîter le pas aux Besson, Hortefeux et autres Ciotti dans la campagne nauséabonde initiée au plus haut sommet de l’État : « La délinquance, chacun sait qu’il y a des liens avec l’immigration.» Le parti majoritaire a décidé de se lancer dans une stratégie de pompier pyromane pour remobiliser son électorat traditionnel et celui de l’extrême droite. Cette droite a recours aux pires moyens pour casser le mouvement populaire qui se dessine sur les retraites, comme pour effacer la conséquence, désastreuse pour sa responsabilité dans la crise, des révélations de l’été sur les liens de classe entre financement du parti présidentiel, gouvernement et grands milieux d’affaires.

La «rigueur» chère à ces gens-là est à géométrie variable… La lecture du rapport de la commission sénatoriale d’enquête sur la gestion de la grippe A est éclairant à bien des égards. Ce texte, dont l’Humanité publie de larges extraits, est bien moins «indulgent» que celui rendu public par l’Assemblée début juillet, qui permettait à la ministre de la Santé de pavoiser : «Le gouvernement a fait son travail.» En un sens, c’est vrai. La gestion par l’OMS de la pandémie qu’elle avait déclarée, 
les questions sur les liens, au plan mondial, avec l’industrie pharmaceutique ont nourri les débats 
de la commission d’enquête du Conseil de l’Europe, dont notre journal s’est fait largement l’écho. Au plan national, le travail présidé par le sénateur du Parti de gauche François Autain met en cause des contrats signés avec les labos, qui «se caractérisent par leur remarquable déséquilibre et par la légalité douteuse de leurs clauses». Le coût pour les dépenses publiques de la campagne 
et du remboursement aux labos des doses «annulées» flirte avec les 400 millions d’euros. Les bénéficiaires de cet argent public ont pour nom GSK ou encore Sanofi…

Qui est l’actionnaire de référence de Sanofi, 
y disposant de droits de vote du double du nombre de ses actions ? L’Oréal, de la très chère Mme Bettencourt, dont le PDG veille à la défense des intérêts jusqu’au sein du conseil d’administration de la multinationale 
du médicament ! La générosité de l’État ne s’est pas arrêtée là. Ajoutons 607 millions d’euros versés au titre du crédit d’impôt recherche, quand le groupe a prévu de liquider l’emploi de 4 000 personnes d’ici à 2013 et de fermer quatre centres de recherche en France. Tout cela 
a permis à Sanofi-Aventis d’afficher une progression de ses profits de 49% au premier trimestre et de distribuer, pour 2009, des dividendes progressant de près de 10% quand son chiffre d’affaires n’a augmenté «que» de 4%.

«STOPPONS LA GRIPPE cApitaliste», proclamait le tee-shirt édité par le PCF, qui s’est arraché lors 
de la dernière Fête de l’Humanité. La prochaine, les 10, 11 et 12 septembre, sera plus que jamais le lieu fraternel 
ou résonnera la voix de tous ceux qui refusent la guerre qui est déclarée au peuple et aspirent à construire un autre monde face à un tel système qui menace République, société et civilisation.

Par Michel Guilloux



Edité par T 34 - 22 Aug 2010 à 22:48
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Aug 2010 à 22:25

Editorial par jean-paul Piérot

Ce record que Sarkozy veut cacher

La France a remporté en fin de semaine dernière un record historique, sur lequel le gouvernement s’est montré fort peu disert. En une seule année, 168 200 emplois ont été détruits dans l’industrie. Alors que, tous secteurs économiques confondus, le nombre de postes de travail disponibles a baissé de 1,5 %, les emplois dans l’industrie chutent de 5 %. Du jamais-vu. Derrière ces chiffres tranchants comme un couperet, il y a des hommes et des femmes, 
des vies abîmées, des familles affectées, des jeunes qui voient leur avenir chavirer. Aux trois cinquièmes 
du mandat présidentiel, pareille détérioration sur le front social est le signe d’un grave échec pour Nicolas Sarkozy. Le candidat Sarkozy avait placé sa campagne sous 
le signe de la valeur travail. Le président Sarkozy a laissé les jobkillers de tous poils affaiblir la France.

N’en déplaise au chef de l’État, la réalité existe indépendamment de ce qu’il en dit. La France racontée dans les discours présidentiels ne ressemble pas toujours à la France 
dans laquelle vivent 
les Français. En octobre 2008, en plein débat 
sur le plan de sauvetage 
des banques, Nicolas Sarkozy affirmait à Rethel, dans les Ardennes, 
que le second volet du plan consistait en des mesures destinées à soutenir l’activité économique 
et l’emploi. La suppression de la taxe professionnelle allait encourager les patrons à investir et à créer 
des emplois. L’assouplissement des règles de licenciement permettrait aux entreprises d’embaucher sans risque.

Jamais le monde patronal n’a disposé d’un gouvernement plus complaisant. Au passage, observons que les laboratoires pharmaceutiques, 
dont Sanofi-Aventis, troisième au palmarès semestriel du CAC 40, doivent beaucoup à Roselyne Bachelot ; la dramatisation des effets de la grippe A a dopé leurs profits, mais le rapport accablant du Sénat est vite oublié dans les médias… Le monde du travail mesure aujourd’hui les effets de la politique sarkozyenne. 
Des emplois sont détruits par une intensification 
des charges de travail obtenu par un harcèlement pouvant conduire au suicide. Des emplois sont délocalisés 
dans des pays où l’on peut exploiter encore plus durement les travailleurs. Les restructurations opérées dans le cadre d’une guerre économique sans merci laissent des milliers d’emplois sur le champ de bataille.

La réduction de la part de l’industrie dans l’économie française n’est certes pas nouvelle : elle a baissé de 9% depuis 1993, mais le rythme atteint aujourd’hui nous place dans une situation critique. D’autant que les emplois sacrifiés sur l’autel du profit actionnarial ne se recréent pas aussi facilement que 
le Phénix renaît de ses cendres.

C’est pour éviter que les Français demandent des comptes que l’Élysée allume des contre-feux. Hortefeux, avec la même ardeur que Bachelot 
sur la grippe A, tente de persuader l’opinion que 
le chef-lieu de l’Isère est subitement devenu le Chicago du Dauphiné, déclare «la guerre nationale aux voyous» et, pour parfaire le dispositif, désigne un ennemi intérieur : les Français ignoraient que leurs préoccupations, 
ce n’était pas l’avenir des retraites et la peur 
du chômage pour les enfants ou pour soi-même, 
mais les Roms, les «étrangers». Tout est bon, même 
ce qu’il y a de plus abject, pour étouffer le débat sur 
le bilan du gouvernement.

Par Jean-Paul Piérot



Edité par T 34 - 09 Aug 2010 à 22:36
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Aug 2010 à 21:25

La majorité en « guerre », les syndicats en lutte

Le gouvernement présentera le 7septembre son projet de loi sur la sécurité intérieure devant le Sénat. Une démarche politique qui vise à occulter la grève nationale sur la réforme des retraites convoquée le même jour.

«C’est partout le bruit des bottes», chantait Jean Ferrat. Désormais, «à l’offensive» et «sur tous les fronts», comme l’a indiqué lundi Brice Hortefeux à Bobigny, la majorité est bien décidée à mener à bien la «guerre nationale contre l’insécurité» qu’elle a déclarée à Grenoble, le 30 juillet dernier. Son arme ? Le projet de loi de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi), qui sera présenté le 7 septembre aux sénateurs. Cette initiative sera accompagnée d’une série d’amendements et de mesures proposés par le gouvernement, comme l’a promis Nicolas Sarkozy. Il s’agit notamment d’étendre le port du bracelet électronique, d’appliquer des peines incompressibles de trente ans pour les assassins de représentants de force de l’ordre, ainsi qu’une déchéance de la nationalité française des délinquants d’origine étrangère. Le député UMP Éric Ciotti, élu de Nice, a ajouté la responsabilisation pénale des parents de mineurs délinquants pouvant aller jusqu’à 30 000 euros d’amende et deux ans de prison. 

La surenchère d’Hortefeux

Dans cette hystérie répressive, Brice Hortefeux s’est prononcé pour que la déchéance de la nationalité soit appliquée, en plus des polygames, aux personnes impliquées dans des affaires d’excision, de traite d’êtres humains ou coupables «d’actes de délinquance grave». Le même jour, au Sénat, Éric Besson défendra, lui, son projet de loi sur l’immigration. Ce rendez-vous institutionnel ne laisse rien au hasard quant au choix de la date sur le calendrier : le 7 septembre est également le jour qu’ont choisi les centrales syndicales (CGT, CFDT, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires et FO) pour appeler à la grève contre l’abolition de la retraite à 60 ans. Nul besoin d’être fin politique pour voir qu’il s’agit là d’une manœuvre de diversion de la part du gouvernement, qui tente ainsi d’éclipser la mobilisation sociale sous l’épouvantail sécuritaire. De plus en plus contesté de par son rapprochement avec les élites économiques et de par ses excès d’opulence, le pouvoir semble essayer d’échapper à la colère populaire par un engouffrement immodéré sur le thème de la répression. Un «écran de fumée» qui lui sera difficile de maintenir, tant les contestations à son égard se multiplient . Rapellons que pour Lefebvre « les étrangers sont un problème » tandis que pour Estrosi entre « Français ou voyou, il faut choisir ». Des déclarations qui ont suscité l’indignation quasi générale. Dans leur obstination, le chef de l’État et son gouvernement risquent d’anéantir le pacte républicain et de libérer l’espace politique aux idéologies les plus sombres.

Loïc Ramirez

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Editorial par Michel Guilloux

« La Bêtise au front de taureau »

«Vite soufflons la lampe, afin de nous cacher dans les ténèbres ! » Il est plus que douteux que la lecture de Baudelaire inspire un tant soit peu le cours actuel de la stratégie choisie à droite. Pour autant, le poète qui, au XIXe siècle, dénonçait « la Bêtise au front de taureau » aurait de quoi écrire. Après tout, d’hier à aujourd’hui, la mentalité qui anime les puissants n’a guère évolué : « Guerre aux pauvres, vivent les riches. » L’imagination n’est pas au pouvoir. Le la ayant été donné de l’Élysée, chacun y va désormais de son couplet sécuritaire. Dernier en date : Christian Estrosi. Après l’insécurité, c’est la faute aux Roms – qu’il faut expulser –, aux gens du voyage – qu’il faudrait sans doute enfermer –, aux citoyens français « d’origine étrangère » – qu’il faudrait déchoir de leur nationalité –, aux parents d’enfants déscolarisés – qu’il faudrait mettre en prison –, désormais, ce serait la faute aux maires « laxistes » – qu’il faudrait mettre à l’amende.

Si l’exemple vient de haut, cette dangereuse surenchère ne saurait faire oublier le bilan que l’on peut tirer en maints domaines de l’action de la droite au pouvoir. En matière de « sécurité » depuis 2002, les Français peuvent constater les résultats de l’ancien ministre de l’Intérieur devenu chef de l’État. Pas moins de dix-sept lois votées en huit ans ! Mais des tribunaux et des gendarmeries que l’on ferme, des milliers de postes de gendarmes et de policiers supprimés, une progression ininterrompue des actes de violence. Et il n’y aurait aucune relation entre les premiers et la dernière ? À son échelle, le maire de Nice – dont le bilan n’est pas plus « flatteur » en la matière – emboîtant le pas à son mentor, agite un nouveau chiffon rouge devant l’exaspération populaire. Compte-t-il ainsi faire oublier ses propres responsabilités en tant que ministre de l’Industrie avec le triste record de 250 000 emplois sacrifiés en 2009 ? Rendons grâce à la ministre de l’économie qui, en éternelle sœur Sourire du CAC 40, éclaire le fond de la politique gouvernementale. Peu importe que les nouveaux chiffres de la croissance traduisent plus qu’une fragilité, ils ont pu être obtenus grâce « à la suppression de la taxe professionnelle », déclare-t-elle dans un communiqué, qui étrangle ces mêmes collectivités locales, sommées par le gouvernement de se mettre comme lui à la suppression massive d’emplois publics...

Les contre-feux de la droite aux affaires de l’été ressemblent de plus en plus à une stratégie de pompiers pyromanes. Ils sont aussi allumés face à la montée dans l’opinion de l’opposition à la réforme des retraites, qui commencera à se cristalliser le 7 septembre prochain. Le succès des initiatives menées durant cette période de congés autour de la pétition des députés communistes et du PG en est un indicateur, singulièrement parmi les jeunes générations de salariés à qui elle peut être proposée. De « sacrifiée » par les politiques menées depuis des années, ils risquent de constituer « une génération perdue », alerte l’Organisation internationale du travail, avec toutes les conséquences en chaîne pour une société dont ils sont pourtant les garants de l’avenir. Que la rentrée sociale à venir travaille à une convergence des générations bousculera bien des calculs.

Par Michel Guilloux


Au pays des aveugles les borgnes sont rois.

 

TAIMOIN
 
La couverture de Marianne du 7 août 2010

Comme le rappelle l’explicite commentateur du site de journalisme citoyen Sarkofrance, la misère n’est en rien moins dure au mois d’août. Six millions trois cent mille français sans travail, sans revenu, si ce n’est quelques centime d’euros, en laiton marron.

Certains peu miséreux ont démocratiquement la tache de supprimer ce cancer social qui ne cesse de métastaser. Passant leur temps et l’argent de la République à nourrir leurs riches bienfaiteurs, ils sont bien obligés d’affirmer à grands coups de menton et de télévision un mensonge tout ce qu’il y a de plus énorme.

Oyez, oyez, les pauvres ! Vous êtes égaux dans une indigne misère, mais parmi vous il y en a qui sont encore plus égaux, encore plus pauvres. Et les véritables responsables de votre misère actuelle, ce sont EUX ! Ok ? Allez, défoncez.

Off.

Est-ce que ce sont EUX détournent des milliards d’euros ? Non. Est-ce qu’ils maintiennent des milliers de gens à la rue en refusant de construire des logements sociaux ? Non. Est-ce qu’ils ont des rémunérations que 99,9% n’auront jamais, des logements, des prêts à taux zéro, les honneurs et les micros ? Encore non. Est-ce qu’ils volent massivement ? Ben, non. Est-ce qu’ils imposent leur mode de vie aux autres ? Non, pourquoi ? Est-ce qu’ils dilapident des milliards dans des guerres lointaines pour tester des armes de morts encore plus mortelles et protéger les champs de came qui iront doper leurs électeurs et infecter les circuits boursiers ? Euh, non. Est-ce qu’ils sont souvent coupables d’actes répréhensibles à grande échelle, comme déclarer une guerre sur des preuves totalement fabriquées ? A ma connaissance, non.

Ils ont rien de chez nada, même pas un avion en papier ou un tank en plastique. Ils vivent obliquement, si on peut dire, parce que la plupart du temps les gens les regardent de travers. Ils sont sans maison, sans pelouse, sans chien et même sans Drucker, des fois. Ils n’ont pas de pays unique. Ils sont les voyageurs d’’une diaspora en dehors de nos sociétés barricadées, très pauvres et massivement rejetés par ceux-là même qui ont institutionnellement pour tache de l’accueillir dans nos villes. Ils ont souvent fui la faim et les massacres. Dernièrement encore, puisqu’il paraît que l’Europe s’est embrasée du côté des Balkans, grâce à d’autres qui savaient exciter les bêtes de chez eux.

Mais il paraît, aux yeux des mercenaires de la stigmatisation bien de chez nous, des professionnels du baratin de foire (pardon aux forains), des Palin en tricolore, des Vanneste, Hortefeux, Lefebvre, Ciotti et d’autres qui ont aussi le pied dans la porte du remaniement ministériel à venir, que ce sont EUX. Sarkozy de Nagy-Bocsa a baissé le pouce.

Vous voyez les étrangers au tout de la ville avec leurs caravanes des années soixante et leurs Mercedes à 300 000 au compteur ? Ce sont EUX, puisqu’on vous le répète ! D’ailleurs, ils sont en train de solder leurs baraques à frites pour s’acheter des maisons Fénix, ça veut bien dire qu’ils préparent des gros coups. La carte, on s’en fout. Z’avez vu leur accent, z’avez vu comment ils s’habillent ? Des français comme ça, pas chez moi !

Quelques mots, quand même, à tous les amis aveugles de ces lois qui définissent comme pas français et dangereux à peu près tout ce qui n’a pas le profil Neuilly-bienfaiteur UMP. Un peu d’ammoniaque pour tous ceux qui bouclent les fins de mois en allant taper le voisin, en se glissant dans les files des Restaus du coeur, tous ceux qui font des déménagements au black ou des ménages à 5€/h, en attendant de vendre leurs dents. Rien qu’une petite mise au point pour ceux qui sont positifs au sondages bidonnés de l’IFOP et de tous ces sondeurs lancés par l’UMP, - par exemple le fondateur d’Opinion Way, Cazenave, qui a commencé sa carrière au cabinet de Longuet, président du groupe UMP au Sénat et fondateur du groupuscule fasciste Occident.

Parce que j’en ai un peu assez de les voir se faire du mal en crachant dans le vent.

Karcheriser les villes et les campagnes en choeur avec leurs idoles à postillons ne les empêchera pas de se retrouver un jour à la rue, sous l’insupportable regard des normaux.

Il suffit d’une perte d’emploi qui se décline en crise financière et affective. On peut plus honorer les traites, on peut plus tenir son couple, retenir sa vie qui part en miettes dans la bonde de l’évier, avec le fond de whisky.

Là où on peut vomir toute espérance, ils deviendront plus sales et paumés à chaque minute qui se barre sans retour. Ils se verront tourner autour du Pôle, avant de faire la queue devant les foyers d’hébergement. Ils se retrouveront contrôlés, tutoyés, bousculés, par ces mêmes flics qui assuraient leur sécurité contre cette même armée des ombres dont ils font maintenant partie.

Ils seront obligés de dire merci au rebeu ou au renoi qui a encore un fond de rouge. Ils passeront plus de nuit à cuver qu’ils ne le souhaitaient, quand la cuite était joyeuse à encourager Jean-Marie et Nicolas et ses clones pour le nettoyage du quartier.

Une chance sur combien ?...Déjà une chance sur quatre de se retrouver sans job. Appuyez bien sur le buzzer.

Ils seront encore en train de tomber, encore à ne pas supporter la dureté des nuits sur un banc, que Sarkozy de Nagy-Bocsa et sa meute sans muselière auront déjà inventé une nouvelle tranche de français à identité pas claire, et même franchement de trop. Nouvelles tendances profilées pour les français bien blancs et provisoirement à l’abri, qui mettent toute leur haine à voter « Nettoyage et fric ».

Ce qui ne stoppera pas leur descente en aveugle, mais enrichira les vendeurs de serrures, les installateurs de digicodes et les dresseurs de chiens. Sans parler des promoteurs qui fabriquent et vendent des maisons en carton, avec d’énormes grilles autour. Sans oublier tous ces maires qui excellent à financer leur prochaine campagne de réélection en quadrillant les rues, désertes à sept heures du soir, de centaines de caméras de surveillance, et doublent leur pécule personnel avec de beaux billets de cinq cents, tous enregistrés sur un compte à numéro dans le paradis fiscal qu’ils veulent, absolument, supprimer, comme l’a d’ailleurs promis le résident élyséen qui racle les planchers.

Oui, vous, vous les pôv cons ! Vous vous casserez irrémédiablement la figure à écouter ces discours sacrificiels. Sous le carton ou dans la caravane, vous verrez bien que vous n’avez jamais été le chasseur. Trop tard.

Pendant ce temps, l’homme de la rupture avec le lien commun continuera à exciter ces français déjà bien brisés dont vous faisiez partie avant de n’être plus personne et presque plus rien.

Il continuera surtout à siphonner le holding France, votre star du rejet. Il transvasera, comme vous le suppliiez de le faire, l’argent des hôpitaux, des tribunaux, des crèches, des universités, des maternelles, des maisons de retraite, des foyer d’accueil, des salles de shoot, des centre sociaux, des centre culturels, des maisons de jeunes, vers sa base, ceux de chez lui.

Patrons qui se tairont, comme toujours, sur ce qu’ils font de ces masses d’argent qui leur tombent chaque année. On peut quand même avoir une idée assez claire de l’utilisation, vu qu’ils n’embauchent pas, qu’ils ferment les usines une à une pour que les actionnaires acceptent leur retraite-chapeau et leur salaire à six zéros, et qu’ils proposent de plus en plus à leurs salariés d’aller bosser comme des noirs dans des pays où on parle pas un français de souche, pour cinq kopecks la journée.

Trois ans de manche, c’est l’hôpital. Normal, vous êtes en phase terminale. Les cliniques vous ont rejeté, de toute façon..Vous commencez sérieusement à ouvir les yeux. C’est rideau, Nicolas le Hardi a ouvert grand les vannes du pillage.

Ainsi les PDG d’hyper, vendus aux hedges funds US grâce à toutes ces portes grandes ouvertes aux capitaux depuis tant d’années par les dévoués politiques UMP et PS cherchant à assurer le lancement de leurs idées, et le financement de leurs maisons de campagne.

Y’a jamais un Lefebvre pour gueuler sur la racaille qui a lancé la tournante des prix. Etonnant, non ? Mais vous vous en fichez, on vous laisse plus entrer dans les temples de la conso. Vous puez trop.

Ainsi les salaires. Bloqués. Votre nouvelle star n’en dit jamais rien, mais ne rate pas une occasion d’augmenter le sien. Vous payeriez pour aller bosser. Mais vous êtes plus capable à force de vous faire tabasser et de dormir à la dure. L’autre fois, c’était le voisin, hein ? Il vous a pas même pas reconnu. Dire que vous lui avez offert une paire de tong avec la tête de Raoult dessus.

Ainsi le manège impuni de toute cette faune politico-ploutocratique qui s’ébat dans une endogamie croissante. Ce parasitisme social atteint des proportions faramineuses, à la mesure du taux de profit croissant arraché sur ton dos. La preuve, t’as craqué, même la haine t’a pas soutenu.

Toujours plus fort, toujours plus haut, toujours plus par la fenêtre. Les excommunicateurs ne disent rien sur cette plus-value qui saigne de milliers d’accidents du travail et de harcèlements chaque année. Mais ils militent pour tout privatiser.

Tu fonceras un jour sur le Rom du moment avec un t-shirt Niké pour drapeau. Ca c’est un pays de marque mon fils, pas un repères de rouges ! Non, toi tu fonceras pas, tu seras déjà six pieds sous terre dans le cimetière Leclerc.

Au fond de cet impasse puant où on t’as ramené, vu qu’y a plus de place à l’hôpital, tu commences à vraiment te dire que les dineurs au sein de l’enclave parasite mélangent un mépris à peu près total pour les idées politiques avec une addiction absolue à l’argent. Ils ont retourné l’essence de l’humain, de la République, les mots.

Tu le sais maintenant, il faut regarder les mains. Mais tout ça ne te concerne plus, vieux débris. Va-t-en, ou j’appelle les flics.

TAIMOIN



Edité par T 34 - 17 Aug 2010 à 14:34
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Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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guignols de l'info_ l'équipe de france


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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Aug 2010 à 20:29

Editorial par Maurice Ulrich

Si Moody’s le dit

La réunion au sommet annoncée pour vendredi autour de Nicolas Sarkozy ne pouvait évidemment se tenir au cap Nègre, la résidence de la famille de Carla Bruni où le président passait ses vacances. Trop de people nuit. Elle aura lieu au fort de Brégançon, la résidence d’été des présidents de la République, ça c’est de l’officiel. Comme il se doit, c’est un fort fortifié, et c’est donc en plus du sérieux, du solide. Ça compte, les symboles ! Séance de travail donc, consacrée « à la croissance et aux déficits publics », avec le premier ministre, François Fillon, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, et le ministre du Budget, François Baroin. Tiens, Éric Woerth n’en sera pas, maître d’œuvre pourtant, dit-on, de la grande affaire de la rentrée, les retraites. Manière de dire sans doute que la réforme est acquise, qu’il n’y a pas à y revenir. Diable, il faut bien tenter de désamorcer la rentrée et la journée du 7 septembre.

Donc, après avoir hypnotisé une part de l’opinion avec la sécurité, les délinquants, 
les Roms, les gens du voyage, ce qui était si l’on ose dire le paquet cadeau empoisonné de l’été, voilà donc 
le deuxième acte. Après les vacances, les comptes. Après le pastis, la pétanque, la plage ou la montagne, la note. Et comme ça tombe bien : alors même que 
les Échos, hier matin encore, annonçaient « le retour en grâce de l’Europe » auprès des investisseurs et l’arrêt de la baisse temporaire du CAC 40 à la Bourse – lequel, soit dit en passant, se porte néanmoins excellemment –, voilà que l’agence de notation Moody’s menace quatre pays de leur taper sérieusement sur les doigts en évoquant une baisse de leur note AAA. La France, les États-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Rien de moins. Quatre pays dans le groupe de tête de l’économie mondiale. Moody’s est donc, comme on sait, une de ces agences qui jugent de la bonne santé économique des États et leur attribuent les notes qui vont déterminer à leur tour les niveaux de remboursement de leur dette publique, la confiance ou non des investisseurs et des banques, etc.

Mais ce n’est pas tout. La politique de la France, avait dit en une formule célèbre le général de Gaulle, « ne se fait pas à la corbeille ». La corbeille 
de la Bourse, ça va de soi, et il pensait encore que c’était aux Français et à leur gouvernement de la faire. Il se trompait bien sûr. Et maintenant, ce ne sont ni les Français, ni même la corbeille qui font la politique de la France. C’est Moody’s qui invite les pays évoqués plus haut et la France, donc, à réduire de manière drastique leur déficit budgétaire. Mais comment ? Eh bien, disent à la France les experts de Moody’s qui n’ont jamais envisagé d’autres horizons mentaux que ceux du capital, en reportant par exemple l’âge légal de départ 
à la retraite ! CQFD.

Les agences de notation, uniquement préoccupées des marchés et de la bonne rentabilité des dividendes, tracent les grandes lignes, à charge pour les États, pour le gouvernement de la France de les mettre en œuvre, ce qui réclame du sens politique, de la démagogie, de la manipulation de l’opinion, de la pression, voire de la répression. On va parler des niches fiscales, par exemple. Raboter là, poncer ici. Il ne sera pas question de véritables taxations du capital, des revenus financiers, pas plus que d’une hausse des salaires et d’une vraie politique de relance de la croissance. La réunion de Brégançon n’est pas autre chose qu’un numéro écrit à l’avance, pour confirmer une rigueur qui refuse toujours de dire son nom 
et justifier la réforme annoncée des retraites comme 
la seule possible. Comme le dit Moody’s.

Par Maurice Ulrich

Source


Budget : Sarkozy rentre à la niche (fiscale)

Le gouvernement admet explicitement que les prévisions de croissance pour 2011 ne seront pas atteintes.

Diminuer les "niches" pour satisfaire les marchés : 10 milliards d'euros de dépenses en moins sont donc attendus par le gouvernement via un alourdissement de la fiscalité. Gel de la rémunération des fonctionnaires l'an prochain, coupes dans les dépenses de la Sécu, c'est un véritable budget de rigueur qui est ainsi présenté au coeur de l'été. Pas pour tous, la rigueur : toujours pas question de toucher au "bouclier fiscal" des plus riches. Le communiqué ne donne pas de détails sur les "niches" fiscales et sociales menacées. Mais comme le gouvernement a exclu de toucher à celles qui "encouragent le travail et l'activité", on peut compter que les diverses exonérations pour les investisseurs tels qu'immobiliers soient épargnées.

Alors que la réunion de quelques ministres au Fort de Brégançon (Var) se tient au moment même où les agences de notation menacent la France de dégrader sa note, le gouvernement donne aux marchés financiers le signal attendu. Dix milliards d'euros de "niches fiscales et sociales" seront supprimés à l'automne. "D'éventuels surcroîts de recettes seront intégralement affectés à la réduction du déficit", ajoute le texte de la présidence (lire ci-dessous le communiqué intégral de l'Elysée).

 

"Aux ordres des marchés"

Dans son programme de stabilité transmis en janvier à la Commission européenne, la France s'était déjà engagée à réduire son déficit public à 6,0% du produit intérieur brut en 2011. Pour parvenir à une baisse d'une telle ampleur et aussi rapide, le gouvernement comptait sur une croissance économique vigoureuse (de 2,5% en 2011) qui tirerait les recettes publiques à la hausse et sur une maîtrise accrue des dépenses. La révision de la croissance à 2% va rendre ce plan encore plus douloureux.Car une baisse de de cinq points en trois ans du déficit public correspond à une réduction d'environ... 100 milliards d'euros, pour moitié de la hausse des recettes et pour moitié de la baisse des dépenses. La hausse des recettes s'avérant inférieure aux prévisions, c'est dans les dépenses, notamment sociales, que devraient s'effectuer les plus grandes coupes.

Pour le PCF, le gouvernement obéit "aux ordres des marchés" avec le "doigt sur la couture du pantalon" pour "mettre en pièces le budget de l'Etat", Selon le Parti communiste, "les déficits vont continuer de se creuser, handicapés qu'ils sont par les cadeaux fiscaux divers et variés aux plus fortunés faits par la droite, dont le plus emblématique demeure le paquet fiscal du début du quinquennat".

 

Le Texte intégral du communiqué de l'Elysée sur le budget

 "Le Président de la République a réuni ce jour, au Fort de Brégançon (Var), M. François Fillon, Premier ministre, Mme Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, et M. François Baroin, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat.

"Le Président a indiqué que la réduction du déficit public à 6% du PIB en 2011, quel que soit le niveau de la croissance, constitue un objectif majeur pour le pays.

"Après une hausse du PIB de 0,2% au premier trimestre, une croissance de 0,6% a été enregistrée au 2ème trimestre. Cette croissance s'est accompagnée d'une reprise de l'emploi salarié avec la création de 35 000 postes, qui s'ajoutent aux 23 900 postes créés au premier trimestre. Compte tenu de ce rebond de l'activité, la perspective de croissance de 1,4% sera atteinte ou dépassée pour l'année 2010. Ceci autorise aussi, en cohérence avec les prévisions de l'OCDE, une prévision de croissance de 2% pour 2011.

"Le Président a demandé au gouvernement de poursuivre la politique économique engagée depuis 2007. La réduction du déficit public doit être obtenue en réduisant en priorité la dépense publique. Ni l'impôt sur le revenu, ni la TVA, ni l'impôt sur les sociétés ne seront augmentés. En outre :

- Les dépenses de l'Etat ne progresseront pas en valeur sur les trois prochaines années, hors pensions et charge de la dette;

- Les transferts de l'Etat aux collectivités territoriales resteront désormais stables en valeur ;

- Le programme de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite sera poursuivi ;

- Le point d'indice des fonctionnaires ne sera pas revalorisé en 2011 ;

- Les dépenses de fonctionnement et d'intervention de l'Etat baisseront de 10% d'ici 2013, dont 5% dès 2011 ;

- 10 milliards d'euros de niches fiscales et sociales seront supprimés à l'automne ;

- L'Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie (ONDAM) continuera de décroître pour atteindre, après 3% en 2010, 2,9% en 2011 et 2,8% en 2012 ;

- D'éventuels surcroîts de recettes seront intégralement affectés à la réduction du déficit.

"Le Président réunira le Premier ministre et les ministres chargés des finances, des affaires sociales, de la santé et du budget en septembre, dès que les prévisions de masse salariale de l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS) seront disponibles, pour déterminer l'équilibre du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Toutes les mesures nécessaires pour garantir le respect de l'ONDAM, en 2010 comme en 2011, seront prises."


Source

Et si on diminuait plutôt les riches pour satisfaire les travailleurs ?


Edité par T 34 - 20 Aug 2010 à 22:57
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Sarkozy, vassal des marchés financiers

Le conseil restreint réuni à Brégançon se plie devant les marchés en annonçant de brutales cures d’austérité dans les dépenses publiques et sociales. Des coupes très sélectives dans les niches fiscales sont programmées, sur fond de ­surévaluation de la croissance.

Cette fois, le doute n’est vraiment plus permis. Nicolas Sarkozy a décidé de faire payer le plus chèrement possible la crise à ses victimes, tout en épargnant ses responsables. Les budgets 2011 de l’État et de la Sécurité sociale s’annoncent comme de véritables déclarations de guerre contre les dépenses sociales et publiques utiles. Tandis que seraient sanctuarisés les privilèges fiscaux accordés aux plus fortunés. Tel est le message catapulté, vendredi, depuis le fort de Brégançon, par le conseil de guerre sur «la croissance et les déficits» réuni par le chef de l’État. Soigneusement mise en scène, avec un François Fillon et ses ministres de l’Économie et du Budget montrant devant les caméras une décontraction quelque peu insolente, cette réunion n’a donné lieu qu’à une annonce véritablement nouvelle : la révision de la prévision de croissance pour l’année prochaine. En tablant désormais sur 2%, au lieu de 2,5°% jusqu’alors, le gouvernement évite de perdre toute crédibilité, mais laisse encore sceptiques la plupart des économistes, qui prévoient une progression du PIB de 1,5% en 2011. Hypothèse au demeurant réaliste, au vu des orientations et des mesures prétendument anticrise adoptées.

Les budgets publics et sociaux sabrés

Car, si elle revoit à la baisse la perspective d’activité, l’équipe Sarkozy-Fillon ne modifie pas son objectif, élevé, de baisse du déficit public (de 8% du PIB à 6% l’an prochain), et proclame bien fort son intention de faire tomber la hache sur les budgets publics et sociaux. Le communiqué publié à l’issue du raout de Brégançon confirme tout à la fois : le gel des dépenses de l’État, en valeur, au cours des trois prochaines années ; la poursuite du non-­remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite – soit la suppression de quelque 100 000 postes en trois ans ; la stagnation des transferts de l’État aux collectivités territoriales, et la non-revalorisation en 2011 du point d’indice des fonctionnaires.

Nicolas Sarkozy se targue de sa volonté de n’augmenter «ni l’impôt sur le revenu, ni la TVA, ni l’impôt sur les sociétés». Tout en annonçant sa décision de supprimer pour dix milliards d’euros de niches fiscales et sociales. Soit une hausse, de fait, des prélèvements... Pas d’illusion, cependant : si la liste des dispositifs d’exonération ­ciblés n’est pas encore précisée, l’Élysée a averti qu’il n’était pas question de toucher au bouclier fiscal ni aux niches les plus contestées profitant aux entreprises (voir tableau ci-contre). Seraient surtout visées les exonérations attachées à l’épargne des ménages sous forme d’assurance-vie, ou celles dont bénéficient les mutuelles d’assurance santé.

mobilisation pour un changement de cap

Pas un mot, à l’issue de la réunion de Brégançon (où chacun a noté l’absence d’Éric Woerth), sur la réforme des ­retraites. Mais la confirmation que, pour le chef de l’État, la Sécurité sociale doit payer son tribut à la «rigueur» : le communiqué reprend la décision, arrêtée il y a quelques mois, de réduire la croissance des dépenses de l’assurance maladie à 2,9% en 2011 puis 2,8% en 2012, contre 3% cette année. Et il annonce la tenue en septembre d’un nouveau conseil de guerre à l’Élysée (avec les ministres chargés des Finances, des Affaires sociales, de la Santé et du Budget) pour prendre «toutes les mesures nécessaires pour garantir le respect de l’Ondam». Manière de laisser présager de nouvelles potions amères pour les assurés et les hôpitaux.

Trois jours après l’avertissement de l’agence de notation Moody’s, menaçant d’abaisser la note de la France si elle n’«ajustait» pas suffisamment ses finances publiques, ­Nicolas Sarkozy reste donc «aux ordres des marchés», le «doigt sur la couture du pantalon», relevait le PCF vendredi. La cure d’austérité en préparation, dans un contexte social déjà très dégradé (avec un pouvoir d’achat en berne et un chômage approchant des 10%), rend plus aléatoire que jamais la perspective d’une relance économique durable. Et ne laisse d’autre choix, aux salariés comme aux assurés sociaux, que de se mobiliser pour imposer un changement radical de cap.

Yves Housson

Toutes les niches ne sont pas bonnes à raboter

Les plus coûteux avantages fiscaux, ceux dont bénéficient les entreprises, seront épargnés, pas la demi-part pour enfant à charge…

C’est l’Arlésienne du discours sur les finances publiques. Les très nombreux (près de 500 !) et fort divers dispositifs d’allégement de la fiscalité et des prélèvements sociaux sont régulièrement stigmatisés, mais jamais véritablement remis en question. Pour le seul budget de l’État, ces «niches» représenteraient un manque à gagner de quelque 75 milliards d’euros. Derrière ce vocable se cachent des mesures de nature fort différente. L’Élysée proclame aujourd’hui son intention de raboter ces allégements à hauteur de 10 milliards d’euros. Mais pas question, dit-on dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, de «toucher aux niches qui encouragent le travail et l’activité». Comprendre : les cadeaux fiscaux et sociaux, sans cesse plus conséquents, accordés aux entreprises, bien que leur efficacité présumée pour l’emploi et la compétitivité soit de plus en plus remise en question, y compris par des organismes officiels. C’est le cas des exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires, qui, avec un coût de 23,4 milliards d’euros pour l’État, détiennent le pompon. De même, le gouvernement défend-il le crédit d’impôt recherche, qui dévore 4 milliards d’euros, principalement au profit des grandes entreprises, et dont un rapport de l’Assemblée nationale a montré qu’il représentait pour celles-ci un effet d’aubaine. Sont épargnés également les avantages accordés aux actionnaires sur les plus-values sur la cession de titres, comme le taux abaissé de TVA dans la restauration, en dépit des bilans montrant que le patronat du secteur est loin d’avoir tenu ses promesses en termes d’emplois et de salaires. Sanctuarisés aussi le bouclier fiscal des plus fortunés, la défiscalisation des heures supplémentaires, les aides à l’emploi à domicile… En revanche, le gouvernement veut s’en prendre à la demi-part fiscale pour enfant à charge (en sommant les familles de choisir entre cet avantage et l’aide au logement étudiant). Les exonérations sur une partie des contrats d’assurance-vie seraient aussi remises en question.

Yves Housson

Thomas Coutrot: « Une déclaration de guerre des gouvernements à l’État social »

Pour l’économiste Thomas Coutrot, coprésident d’Attac, qui tient à Arles son université citoyenne, Brégançon est une opération de communication destinée aux agences de notation.

Révision 
à la baisse du taux de croissance, économies budgétaires… 
Quel est le sens 
des annonces 
de Brégançon ?

Thomas Coutrot. C’est une opération de communication vis-à-vis des agences de notation financière. À la veille d’une confrontation sociale majeure, le souci de Nicolas Sarkozy est de montrer aux milieux financiers qu’il ne va pas se laisser détourner par des manifestations, quelle que soit leur ampleur. Il veut affirmer le caractère irréversible des décisions d’austérité nécessaires pour rassurer les investisseurs financiers. Du fait de la simultanéité des plans d’austérité dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, qui sont des économies très interdépendantes, il y a un risque récessif évident si elles se lancent en même temps dans des plans d’austérité. D’autant que 2% de croissance pour 2010, c’est extrêmement optimiste, puisque c’est au-dessus de la moyenne de ce qui a été observé dans les années 1990.

Quelles mesures seraient efficaces pour relancer la croissance ?

Thomas Coutrot. Si on veut relancer l’emploi et l’économie, la mesure prioritaire est la réduction du temps de travail. Il est clair que la croissance ne suffira pas, dans un avenir prévisible, à résoudre la question d’un taux de chômage à 10% et une précarité qui tend à se généraliser. Il faut donc réduire massivement la durée du travail. Il faut aussi augmenter les minima sociaux, le minimum retraite, pour soulager le pouvoir d’achat des catégories les plus en difficulté. Une telle politique susciterait l’hostilité des milieux financiers, qui prendraient des mesures de fuite des capitaux et d’augmentation des taux d’intérêt sur la dette française. Ça ne sera donc possible qu’avec une nouvelle régulation sur les marchés financiers et les flux de capitaux. Mais on est hélas très loin d’une telle rupture.

Tout a été fait depuis la crise pour conforter et relancer le système. 
N’y a-t-il pas risque d’une nouvelle crise financière ?

Thomas Coutrot. Il y a eu une déclaration de guerre des milieux financiers et des gouvernements de l’Union européenne à l’État social européen, avec l’appui du FMI. Mais l’élément moteur, ce sont les États européens qui ont tous mis en place des plans d’austérité s’attaquant aux dépenses publiques et de protection sociale. Cette guerre va avoir des conséquences récessives, voire dépressives et des conséquences sociales et politiques majeures. Les manifestations du 4 septembre contre la diversion raciste et du 7 septembre contre la réforme de la retraite sont donc extrêmement importantes. Attac propose de réfléchir à une votation citoyenne début octobre sur la réforme des retraites.

Entretien réalisé par Olivier Mayer

le « privilège » d’être une cible

« Privilégiés » ou cible privilégiée ? Les fonctionnaires sont dans le collimateur de Nicolas Sarkozy : le point d’indice du salaire des fonctionnaires sera gelé pour 2011. Sauf promotion, le fonctionnaire ne percevra donc aucune augmentation, quelle que soit l’évolution des prix. Selon la CGT, le pouvoir d’achat du point d’indice a subi une baisse de 8,70% entre 2000 et 2009. La dégradation devrait donc s’accélérer. S’y ajouterait l’augmentation des cotisations retraite de 2,8%, prévue dans la réforme Woerth.



Edité par T 34 - 23 Aug 2010 à 22:58
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Aug 2010 à 16:27

Insécurité: l'échec du tout-répressif


http://www.alternatives-economiques.fr/insecurite--l-echec-du-tout-repressif_fr_art_940_49928.html

Louis MAURIN

La baisse des chiffres globaux de la délinquance a peu à voir avec l'ardeur répressive du gouvernement. Son action ne répond pas aux formes d'insécurité du quotidien dont souffre une partie de la population, souvent peu favorisée.

S'il est un domaine où les pouvoirs publics n'ont pas peur de tenir des discours contradictoires, c'est bien celui de l'insécurité. Tantôt, ils présentent des résultats statistiques qui témoignent de la baisse des crimes et délits, afin de démontrer combien la politique menée est efficace; tantôt, ils mettent en exergue le dernier fait divers crapuleux, pour faire peur aux "honnêtes gens" et les inciter à réélire demain celui qui affirme haut et fort sa volonté de mettre au pas les délinquants. De deux choses l'une: soit l'insécurité persiste, et les méthodes mises en oeuvre depuis l'arrivée au ministère de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy en 2002 sont inefficaces; soit elle baisse vraiment, et on attendrait alors de ce président volontariste qu'il consacre son énergie à d'autres dossiers, à commencer par la lutte contre le chômage.


Que nous disent les chiffres?

Pris dans leur ensemble, les chiffres de la délinquance sont clairement en baisse. Entre 2002 et 2009, le nombre de crimes et délits constatés par les services de police et de gendarmerie a ainsi diminué de 689 à 564 pour 10 000 habitants, et le nombre de faits enregistrés par la police au cours d'une année a baissé de 600 000 entre 2002 et 2009. Une décrue qui tranche avec la hausse enregistrée entre 1997 et 2002: le taux était alors passé de 597 à 689 (voir graphique ci-dessus).

Ces statistiques globales ne signifient cependant pas grand-chose: on y mélange meurtres et chèques sans provision. Enfin, la baisse peut tenir à l'activité des forces de l'ordre (la peur du gendarme rend vertueux) ou… à leur inactivité (une baisse des contrôles suffit à faire diminuer le nombre de faits constatés).

Pour mieux comprendre les transformations en cours, nous avons reconstitué les séries historiques. En se contentant d'un découpage grossier en quatre grands critères, il apparaît déjà clairement que la baisse constatée s'explique par la diminution des vols (voir graphique). Entre le milieu des années 1960 et le milieu des années 1980, ceux-ci avaient fortement progressé, passant de 100 à 400 vols pour 10 000 habitants. Le chiffre plafonne ensuite autour de ce niveau, puis redescend nettement à partir de 2002, pour revenir à 300 en 2009.

Les infractions économiques et financières (chèques sans provision, escroqueries, etc.) sont, quant à elles, pratiquement stables depuis le milieu des années 1990. Même constat depuis 2003 pour la catégorie fourre-tout des "autres infractions". Seuls les crimes et délits contre les personnes ne cessent d'augmenter: de 24 pour 10 000 habitants en 1990, elles grimpent à 66 pour 10 000 en 2009.

La baisse se concentre donc sur les vols. Et en matière de vols, tout est dans la voiture. Pour le comprendre, nous avons disséqué sur la période 2004-2009 le document "Etat 4001" établi par le ministère de l'Intérieur, qui récapitule en 100 postes différents les crimes et délits. Edifiant. Au cours des cinq dernières années, sur les 300 000 faits en moins enregistrés, on compte 290 000 vols d'automobiles, d'accessoires ou à l'intérieur des véhicules et autres dégradations! Cette évolution est pour l'essentiel liée à une meilleure protection des véhicules (1). A cela s'ajoute un autre phénomène: "l'avènement d'une classe moyenne dans les pays de l'Est, et notamment la Pologne, a pour partie tari les filières de vols à destination de l'étranger", explique Pierre-Olivier Adrey, directeur technique et produit à la Macif. Autre exemple: l'équipement généralisé en téléphones portables réduit l'intérêt du vol, sauf pour les produits de valeur. Un phénomène qui explique en partie les 20 000 vols à la tire de moins observés ces cinq dernières années… Autant d'évolutions qui ne doivent rien à l'ardeur répressive du gouvernement.


Europe: baisse des crimes et délits

Comparer l'évolution de l'insécurité entre pays n'est pas une mince affaire. Les nomenclatures diffèrent, les faits ne sont pas punis de la même façon, etc. Eurostat - l'office de statistiques européen - a tenté une harmonisation. Ce travail reste approximatif, mais il révèle des évolutions nettes sur le plan des grandes tendances.

Les pays les plus peuplés d'Europe ont ainsi tous connu une montée assez nette des crimes et délits dans les années 1980, suivie d'une stabilisation dans les années 1990 - phénomène d'ailleurs aussi valable aux Etats-Unis. Pour certains (Italie, Espagne), la hausse s'observe davantage dans le début de la période, et pour d'autres (Allemagne, Royaume-Uni) plutôt vers la fin.

Au cours de la période la plus récente, la baisse observée en France est également constatée en Allemagne et au Royaume-Uni. Au total, le nombre de crimes et délits a baissé de 17,5 millions en 2003 à 16,3 millions en 2007 dans l'ensemble de l'Union, soit une baisse de 7%. Les mêmes causes produisent les mêmes effets: le nombre de vols d'automobiles est ainsi passé de 933 000 à 523 000 entre 1998 et 2007.


La face cachée du bilan

En revanche, d'autres indicateurs sont en hausse: les escroqueries et abus de confiance (+ 76 000 faits, soit + 54% entre 2004 et 2009), l'usage de stupéfiants (+ 35 000 faits, soit + 32%), les infractions aux conditions générales d'entrée et de séjour des étrangers (+ 28 000 faits, soit + 49%)… Doit-on en conclure à une montée de ces délits? L'action des forces de l'ordre est ici déterminante: plus on réprime, plus les chiffres s'accroissent. La criminalisation croissante de la consommation de cannabis ou la chasse aux sans-papiers expliquent largement ces chiffres. Sans compter les effets de vases communicants: la baisse de l'utilisation des chèques a entraîné une chute des chèques sans provision, tandis que le développement du paiement en ligne suscite une multiplication des escroqueries…

Enfin, l'année 2009 s'est traduite par un boom des cambriolages (+ 13 000, soit + 9%) qui inverse la tendance antérieure. Un effet "clairement lié à la crise économique", pour Pierre-Olivier Adrey, qui estime que le mouvement pourrait se poursuivre en 2010. Mais la crise n'est pas seule en cause: le nombre de cambriolages pourrait tout aussi bien s'expliquer par un nouveau cycle de consommation et… par l'équipement des ménages en écrans plats et autres ordinateurs portables.

Plus grave est la hausse de 55 000 (+ 40%) du nombre de "coups et blessures volontaires" entre 2004 et 2009 ou les 18 000 (+ 22%) "chantages, menaces ou atteintes à la dignité" supplémentaires aux mêmes dates. Une évolution qui prolonge une tendance déjà constatée depuis la fin des années 1980. Là encore, ces chiffres doivent être relativisés car les enquêtes de "victimation" - qui permettent de mesurer la délinquance perçue par la population, voir encadré page 41 - ne font pas apparaître de forte augmentation des agressions physiques graves pour la France entière entre 2000 et 2007 (2). Une enquête plus récente réalisée en Ile-de-France confirme ce résultat jusqu'à 2009. "C'est un phénomène que l'on a analysé de longue date. De plus en plus d'affaires, qui hier étaient cantonnées à la sphère privée, comme les violences faites aux femmes, font aujourd'hui l'objet de plaintes", estime le sociologue Laurent Mucchielli (3).


Comment mesurer l'insécurité

Deux grands types d'outils existent pour évaluer l'évolution de l'insécurité. Le premier est constitué des statistiques des "crimes et délits constatés", grâce auxquelles le ministère de l'Intérieur récapitule les faits recensés par les services de police et de gendarmerie. Des éléments très détaillés (100 rubriques différentes) et normalisés, qui en théorie laissent peu de place à l'interprétation. A ceci près que ne sont comptés que les faits révélés à l'administration ou constatés par celle-ci: ces données sont donc liées à l'action des forces de l'ordre ou aux exigences des compagnies d'assurances…

Second outil, les enquêtes dites de "victimation" réalisées par l'Insee auprès de la population. Plus subjectives, elles ont l'avantage de refléter le ressenti de la population, qui peut diverger de ce que les statistiques révèlent. Ces enquêtes sont, elles aussi, sujettes à caution: "on est toujours conduit à se demander si des enquêtes en population générale capturent une aggravation du phénomène ou une sensibilité croissante des enquêtés qui se mettent avec le temps à mentionner des événements qu'ils auraient négligés quelques années auparavant", indique Philippe Robert (1).

(1) "L'évolution de la délinquance d'après enquêtes de victimation", op. cit.

Les plus graves violences contre les personnes, celles qui laissent peu de place à l'interprétation, comme les homicides volontaires, sont d'ailleurs en forte baisse: on en a enregistré 700 en 2009 contre 1 600 dans le milieu des années 1980 (4). "Lapériode actuelle est en réalité la moins meurtrière depuis le début du XIXe siècle", souligne Laurent Mucchielli.

Les enquêtes de victimation font en revanche apparaître une montée des violences de faible intensité (insultes, menaces…), des violences d'autant plus mal supportées qu'elles se répètent: " se faire injurier par les membres d'une bande le soir, c'est vite passé et pas très grave. Cependant, la répétition soir après soir constitue vite une obsession: au bout d'un mois, on ne pense plus qu'à ça; au bout de trois mois, on cherche, si on en a les moyens, à déménager vers un endroit plus calme", analyse le sociologue Philippe Robert (5).


Une surenchère législative

Face à une délinquance aux causes et aux manifestations diverses, il faut adapter les politiques. On ne démantèle pas un réseau de trafiquants de drogue avec des éducateurs de rue. On ne réduit pas non plus les violences scolaires ou familiales en multipliant les brigades d'intervention. Dans ces conditions, on peut se demander si la stratégie suivie par le gouvernement - un renforcement constant des pouvoirs de la police et du parquet, et le durcissement de la législation - a pour but de réduire la délinquance ou de rappeler en permanence à l'opinion que les pouvoirs publics agissent.

Le moindre fait divers est exploité à outrance et sert de prétexte à l'annonce d'une loi durcissant les sanctions, quand bien même on vient de légiférer sur le sujet. "Cette réaction est d'autant plus fréquente que la pression sur l'exécutif liée à la médiatisation de ces faits est forte. En même temps, la notion de risque a changé: ce qui hier était vécu comme une fatalité par la population appelle aujourd'hui des réponses de la part de l'exécutif", analyse Jean Danet, maître de conférences en droit à l'université de Nantes.

Entre 2002 et 2009, plus de trente lois sont venues modifier le droit pénal (6). Et les six premiers mois de 2010 n'ont pas fait exception. Début février, le Parlement a adopté un texte destiné à lutter contre les violences en bande qui, par exemple, sanctionne de deux mois de prison et d'une amende de 3 500 euros l'occupation des halls d'immeuble. Fin février, les assemblées ont voté un texte sur la récidive alors qu'une loi avait déjà été adoptée en août 2007 sur les peines planchers (*) et une autre en février 2008 sur la rétention de sûreté (*) , en partie censurée par le Conseil constitutionnel… Le point d'orgue de cette avalanche est la discussion du projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dit "Loppsi 2". Son examen attendait depuis deux ans et il a miraculeusement trouvé à s'inscrire dans l'agenda parlementaire juste avant les élections régionales… Avant d'en disparaître début mai. La suite de la discussion est désormais prévue pour l'automne prochain. Cette loi est un fourre-tout qui va de la possibilité d'instaurer un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans entre 23 heures et 6 heures, à l'essor de la vidéosurveillance, en passant par le renforcement des pouvoirs des policiers municipaux, l'augmentation des peines encourues pour les cambriolages ou les atteintes aux personnes vulnérables…

Rare exception à cette politique du tout-répressif, l'initiative prise voici deux ans par Michelle Alliot-Marie, alors ministre de l'Intérieur: elle avait amorcé un embryon de retour à la police de proximité - supprimée en 2002 par Nicolas Sarkozy -, avec les unités territoriales de quartier (Uteq), des groupes d'une vingtaine de policiers chargés de maintenir une présence plus permanente dans les quartiers les plus difficiles. Une trentaine ont été mises en place sur la centaine prévue, mais leur développement a été stoppé pour des raisons budgétaires. "Ni la police de proximité ni les Uteq ne sont une solution miracle, elles sont seulement un petit pas sur le chemin du bon sens", explique de son côté Christian Mouhanna, sociologue au CNRS (7). Cela permet néanmoins, selon lui, d'"apaiser une partie des tensions, d'apporter des informations inestimables du point de vue du renseignement policier, et d'amener une adhésion d'une partie croissante de la population à l'action policière".


Des politiques inefficaces

Au bout du compte, la priorité donnée à la répression tous azimuts s'est révélée inefficace pour réduire les formes d'insécurité qui minent le quotidien d'une partie de la population, tout en menaçant sérieusement les libertés individuelles (8). Le nombre de gardés à vue a ainsi explosé, de 380 000 en 2002 à 800 000 en 2009, en tenant compte des délits routiers. Les tensions grandissent entre jeunes des quartiers sensibles et une police qui les connaît de moins en moins. D'où l'incapacité à ramener durablement le calme dans les cités les plus difficiles et, par exemple, l'impuissance face aux caillassages de bus en Seine-Saint-Denis. A tout moment, des émeutes comme celles de 2005 peuvent reprendre. Sans parler des conséquences sur les conditions de travail des policiers eux-mêmes… Au final, le droit à vivre en sécurité n'est pas mieux assuré aujourd'hui qu'hier, notamment dans les cités les moins favorisées des banlieues. "L'activisme législatif pourrait bien décevoir l'opinion comme les victimes. La frénésie pénale ne diminue pas l'insécurité sociale", conclut Jean Danet.

    * Peine plancher : peine d'une durée minimale pour les récidivistes.

    * Rétention de sûreté : mesure qui vise à maintenir enfermé un détenu ayant purgé sa peine mais présentant un fort danger de récidive. Ne s'applique que pour les crimes les plus graves.



notes :


(1) Voir "Insécurité: au-delà des discours", Alternatives Economiques n° 252, novembre 2006, disponible dans nos archives en ligne.

(2) Voir "De l'instantané au long-métrage. L'enquête Cadre de vie et sécurité dans la série des données sur la victimation", par Lisa Miceli et alii, Economie et statistique n° 426, 2009. Ainsi que l'"Enquête victimation et sentiment d'insécurité en Ile-de-France 2009. Premiers résultats", IAU Ile-de-France, juin 2009.

(3) On lira bon nombre d'analyses sur le sujet sur son site: www.laurent-mucchielli.org

(4) Voir "L'évolution des homicides depuis les années 1970: analyse statistique et tendance générale", par Laurent Mucchielli, Questions pénales n°XXI.4, septembre 2008.

(5) "L'évolution de la délinquance d'après les enquêtes de victimation 1984-2005", par Philippe Robert et alii, Déviance et société n° 4, vol. 32, 2008.

(6) Voir "Cinq ans de frénésie sécuritaire", par Jean Danet, dans La frénésie sécuritaire, Laurent Mucchielli (dir.), éd. La Découverte, 2008.

(7) "Quand Hortefeux programme la fin des Uteq de Mme Aliot-Marie", texte mis en ligne le 28 décembre 2010 sur www.laurent-mucchielli.org

(8) Voir "Une répression renforcée fait-elle chuter l'insécurité?", Alternatives Economiques, hors-série n° 80, février 2009. Disponible dans nos archives en ligne.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Aug 2010 à 22:03

Editorial par Michel Guilloux

Divisions

Trop c’est trop ? La ligne ultradroitière lancée fin juillet à Grenoble par le chef de l’État avait un triple un objectif : resserrer le « noyau dur » de l’électorat qui avait assuré sa victoire en 2007 ; tenter de faire oublier l’effet, désastreux pour la droite, des révélations de l’affaire Woerth-Bettencourt ; enfin, allumer un pare-feu au mécontentement social, alors que le pouvoir entend faire passer en force l’une de ses contre-réformes maîtresses, la casse du droit à la retraite. Bien sûr, nul ne peut savoir ce que cette dérive dangereuse donnera sur la durée. 
Au sortir d’une période estivale qui n’aura connu aucune trêve, le plan de bataille connaît toutefois 
de premiers ratés.

À la veille d’un Conseil des ministres conçu pour avancer dans la mise en place de la superaustérité réclamée par les marchés financiers, les risques encourus pour la droite même semblent si importants que de plus en plus de voix s’élèvent désormais de ce côté-là de l’échiquier politique. Jusqu’à un Jean-Pierre Raffarin qui parle de « propositions » qui sont « absurdes », citant avec précision « celle qui consiste à mettre les parents en prison » ou « celle qui consiste à sanctionner les maires ». L’ancien premier ministre UMP va même jusqu’à lancer un avertissement : « Je vais vous le dire très clairement, il ne me semble pas qu’il y ait une majorité au Sénat pour voter de tels amendements. »

Quand un prêtre de Lille renvoie une décoration de la République. Quand un évêque de Saint-Étienne déclare désapprouver «vigoureusement les actions spectaculaires de ces dernières semaines». Quand l’éditorialiste de l’hebdomadaire catholique la Vie signe un texte intitulé «Le malaise» et écrit : «Inquiet, parfois démoralisé, malmené de diverses façons, le discret troupeau des pra­tiquants réguliers peut sans doute apprécier un discours identitaire. Mais si on pense lui faire prendre un virage sécuritaire ou lui désigner des boucs émissaires, on risque de se tromper»... La campagne xénophobe qui déferle depuis des semaines a rendu visible une fracture profonde jusque dans cette large part croyante de l’électorat de droite, qui «décroche» de façon spectaculaire depuis un an dans la confiance qu’elle avait mise en Nicolas Sarkozy. Jeter en pâture Roms et gens du voyage, amalgamer sans vergogne immigrés et délinquants, jeter la suspicion entre des Français qui seraient «de souche» ou «d’origine étrangère» ne peut qu’encourager ceux qui défendent l’ambition républicaine, mise à mal, de liberté, d’égalité et de fraternité à se retrouver ensemble pour la défendre le 4 septembre prochain.

L’attaque portée s’inscrit dans la durée et vise à souder la part la plus dure d’un électorat
pouvant marier droite dure et extrême droite. En un sens, quelles que soient les visées pour 2012, nous sommes entrés dans le cœur du débat de société qui en conditionnera l’issue. Ou bien la division, ou bien la riposte à cet ultralibéralisme ravageur, d’où peut naître une alternative crédible. Parce que c’est aujourd’hui que des millions et des millions de Français souffrent de cette politique. Le mouvement, qui s’annonce large, contre le projet Woerth, dès le 7 septembre prochain, porte cette aspiration à une société vivable contre le projet d’insécurité sociale et de concurrence généralisées porté par la «réforme» des retraites. Qu’il s’ancre en profondeur dans le monde du travail ne sera pas sans conséquences.

Par Michel Guilloux

 



Edité par T 34 - 03 Sep 2010 à 14:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Sep 2010 à 22:26

La maison UMP prend-elle feu ?

On ne parle même plus de « rigueur » mais de « sacrifices ». Le mot lâché par François Fillon révèle que le gouvernement ne peut plus cacher l’ampleur « des efforts » que les citoyens devraient consentir si son projet de loi sur les retraites était voté. À la veille de la journée de mobilisation, le premier ministre doit tenter d’expliquer aux salariés pourquoi ils doivent se serrer la ceinture. Il doit aussi convaincre les sceptiques de son propre camp de la nécessité d’accélérer cette réforme, de l’appliquer avant 2012.

François Fillon l’a affirmé sans détours devant les jeunes militants qui étaient réunis mardi en université d’été à Port-Marly (Yvelines) : «Nous aurions pu repousser à plus tard le rendez-vous des retraites. En l’assumant maintenant, nous savons avec le président de la République que nous prenons un risque.» Le chef du gouvernement avoue cependant moins volontiers, en tout cas publiquement, que c’est la crise de rentabilité du capital qui contraint le pouvoir à aller vite, très vite dans les «sacrifices», quitte à hypothéquer l’avenir de Nicolas Sarkozy.

À partir de là, tout semble ouvert du côté de la droite. Au-delà des divergences politiques, les rivalités de personnes s’exacerbent pour une mainmise sur l’UMP, une formation conçue comme une véritable machine de guerre susceptible de mener son premier dirigeant à l’Élysée. C’était le pari qu’avait fait Jacques Chirac, en 1995, face à Édouard Balladur. C’était également le calcul de Nicolas Sarkozy, en 2007. C’est la recette que certains jeunes loups entendent appliquer en vue de la prochaine présidentielle.

La bataille pour l’OPA sur le parti a commencé publiquement à Port-Marly, d’autant que le mandat de secrétaire général de l’UMP, détenu actuellement par Xavier Bertrand, est remis en jeu à l’issue des élections internes de novembre 2010. Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, n’a pas utilisé les chemins de traverse : «Il n’y a qu’un poste qui nous intéresse et il n’est pas au gouvernement.»

Y a-t-il le feu dans la maison UMP ? Déchiré par les affaires, troublé par la politique répressive, miné par les querelles d’ego, confronté à un bras de fer sans précédent avec la gauche sociale et politique, le parti du président de la République est peut-être en train de découvrir, en la personne de François Fillon un homme capable d’éteindre l’incendie.

Mina Kaci

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Sep 2010 à 18:02

Editorial par Maurice Ulrich

Bonne rentrée

Une bonne photo vaut parfois mieux qu’un long discours. Ainsi, dans la presse, celle de Christine Lagarde arrivant à l’université d’été du Medef, ouvrant ses bras, ravie, à Laurence Parisot. Le même monde, n’est ce pas, les mêmes intérêts et, pourquoi ne pas le dire, cette même solidarité de classe : le patronat, et, comme le disait Marx, son gouvernement : « Le conseil d’administration de la grande bourgeoisie. » Des clichés ? Le recyclage d’idées dépassées datant du XIXe siècle ? Allons donc. Que disent les documents du Medef que nous publions ci-contre ? L’idéologie, le projet politique, comme le diable, se nichent dans les détails, la nuance, la petite phrase, mais il n’est pas nécessaire d’être docteur en sémantique pour comprendre. Ainsi sur les retraites, où « il faut rester dans le vrai mais avec subtilité pour pouvoir se faire comprendre et faire admettre ses idées ». Car, comme il est dit plus loin : « Si l’on arrivait à d’énormes manifestations, il est certain que le pouvoir calerait. » Faut-il en dire plus pour souligner la portée de la journée d’action de mardi ? Oui, le patronat comme le gouvernement le savent. Ils peuvent être contraints au recul. Le France du travail peut donc en être persuadée. Rien n’est joué. Les cartes peuvent être remises sur la table.

De ce point de vue, les péripéties de l’affaire Woerth-Bettencourt pourraient n’être qu’anecdotiques, en tout cas secondaires. Mais ce n’est plus vraiment le cas, comme l’ont dit, ensemble, ce qui n’est pas si fréquent, François Chérèque et Bernard Thibault. Que pèse désormais la parole d’un ministre du Travail qui a, c’est le moins qu’on puisse dire, la tête ailleurs sinon sous l’eau ? Plus profondément, si l’on peut s’attendre à d’innombrables déclinaisons de l’affaire dans les cortèges de mardi, ce n’est pas par goût du sang et de la chasse à l’homme, comme la droite voudrait le faire croire. Non, c’est parce que la France du travail, la France qui se lève tôt, travaille plus et gagne moins, entrevoit clairement, dans tout ce qui émerge, l’énorme part immergée des liens qui unissent la droite au pouvoir et le monde des affaires. Nicolas Sarkozy avait cru possible, au lendemain de son élection, au Fouquet’s comme sur le yacht de son «ami» milliardaire Vincent Bolloré, une rupture idéologique majeure avec la pensée française héritée des Lumières et de la Révolution. C’était un boomerang.

C’est pourtant en toute conscience que le chef de l’État, avec ses ministres de combat, a tenté une opération de diversion d’un cynisme rarement égalé depuis des décennies. Non seulement en montant de plusieurs tons encore dans une surenchère sécuritaire qui n’a jusqu’alors apporté aucun résultat, mais en désignant comme présumés coupables les étrangers sur notre sol, les immigrés. Enfin en déclenchant une campagne ignominieuse contre les 15 000 malheureux, coupables en France d’être des Roms. Comme aux temps les plus sombres des consciences, il a voulu jouer avec la bête immonde. Aujourd’hui, dans plus de 130 villes, la France doit lui répondre, la France va lui répondre.

Le pouvoir est affaibli. C’est pourquoi il recourt aux expédients du déshonneur. Mais l’heure n’est pas non plus aux illusions. La politique de la droite et du patronat ne sera pas remplacée par miracle par une autre, comme on retournerait un pot de fleurs pour qu’elles s’épanouissent. Il faut construire à gauche, travailler, rassembler. Ce sera l’enjeu le plus profond cette année de la Fête de l’Humanité. Quatre, sept et dix septembre ! Bonne rentrée.

Par Maurice Ulrich

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