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Palestine / Israël - Actu / Débats

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jan 2010 à 21:05
 

Un an après l’invasion brutale de Gaza par les forces armées israéliennes nous devrons tous nous souvenir et redoubler nos efforts pour mettre fin au colonialisme à l’apartheid, en Palestine, en Afrique et partout dans le monde.

L’argent du titre de Lowkey, realise en 2009, ont été envoyé à Gaza...


Israël perpétue les crimes nazis


Edité par T 34 - 03 Jan 2010 à 21:24
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jan 2010 à 19:47

Les marcheurs inventent une « bande de Giza » en plein Caire

Par François Nicolas, compositeur, « Musicien avec Gaza » (1)

comment s’est déroulée la Marche internationale pour gaza ?

Trois cents personnes venues de France ont participé à la « marche internationale pour Gaza ». Le gouvernement égyptien ayant décidé de l’interdire a dissuadé les compagnies d’autobus d’honorer leurs contrats de location. Ainsi, la délégation française, rassemblée dimanche 27 au soir devant l’ambassade de France, s’est-elle retrouvée dans l’impossibilité de quitter Le Caire. Après avoir improvisé une occupation de la chaussée, les marcheurs ont obtenu le droit d’occuper le trottoir longeant l’ambassade, d’abord pour une nuit, puis finalement pour toute la semaine.

Pendant cinq nuits et cinq jours, s’est ainsi mise en place une « zone libre » en plein Caire (quartier Giza), soustraite à l’autorité directe tant de l’Égypte que de la France, un rectangle ceinturé sur trois de ses côtés par un double rang de militaires et policiers égyptiens, sur son quatrième côté par les murs et grilles de l’ambassade, une étroite bande de 5 x 100 mètres faisant face au zoo et bordée par une des principales artères du Caire (une 2 x 3 voies), au total une « bande de Giza », métonymie (toutes proportions gardées) de la bande de Gaza sur laquelle il s’agissait, précisément, d’attirer l’attention générale. L’invention et la tenue persévérante de ce lieu ont permis aux marcheurs venus de France de relever l’honneur d’une France émancipatrice, bafouée par cette France corruptrice de Sarkozy qui collabore honteusement à la construction par l’Égypte d’un mur souterrain au sud de la bande de Gaza. Le lieu, inventé et tenu au vu et au su de toute la ville, a opéré comme meeting permanent et public, comme tribune s’adressant à la population égyptienne au moyen de banderoles, drapeaux incessamment agités et slogans indéfiniment répétés  : environ un million de Cairotes ont longé en voiture cette « free zone » durant la semaine et pu ainsi prendre connaissance de nos mots d’ordre.

De nombreuses manifestations de solidarité nous sont venues de passants égyptiens, à commencer par des chauffeurs de taxi qui ont lancé la directive de klaxonner (deux longues, deux brèves, une longue)  : « Ta-Hyâ Pa-les-tine  ! » (2) lorsqu’ils longeaient notre campement, sans compter les signes de soutien que nous adressaient discrètement les très jeunes soldats du contingent mobilisés pour nous encercler. Au demeurant, notre soirée du 31 a donné lieu à une scène de fraternisation avec la troupe égyptienne  : notre camp a obtenu, après manifestation, que les gradés égyptiens remettent à disposition de leurs soldats, maintenus debout dix heures durant sous le soleil à ne rien faire d’autre que nous regarder, les bancs installés la veille. Après avoir obtenu le droit de sortir et revenir (individuellement) de notre no man’s land, nos journées ont été occupées à des manifestations incessantes de long en large de notre maigre bande – sortes de marches dans la marche –, à d’innombrables discussions et échanges, en particulier avec les marcheurs d’autres pays venus nous rendre visite. Ce lieu, en effet, a très vite servi de point de ralliement aux mille quatre cents marcheurs (venus de plus de quarante pays) confrontés à la même impossibilité de quitter Le Caire en car et se retrouvant éparpillés pendant la semaine en différents hôtels. D’où d’incessantes visites, prises de parole, réunions de coordination, etc. Si notre objectif principal était de conserver ce lieu, conquis par hasard, en sorte de tirer parti au maximum de l’effet de tribune que nous offraient ainsi involontairement les autorités égyptiennes, cet endroit a également servi de base arrière pour de nombreuses interventions extérieures – marche symbolique dans Le Caire au jour et à l’heure (le 31, à 10 heures) où la Gaza Freedom March devait démarrer vers Eretz, intervention de marcheurs musulmans dans une grande mosquée
du Caire, dépose d’un drapeau palestinien sur une pyramide, manifestation devant l’ambassade d’Israël…

Au total, quelque chose s’est passé autour de cette Giza strip, qui concerne tant la mobilisation internationale pour lever le blocus de Gaza qu’une mobilisation égyptienne, semble-t-il croissante, pour se lever contre la construction d’un nouveau mur égyptien. De quelles répercussions politiques à long terme, ce microséisme (à échelle égyptienne) est-il éventuellement porteur  ? Par-delà notre détermination à continuer (pour notre part de musicien en organisant, en Europe, des « Galas pour Gaza » [3]), l’avenir seul dégagera plus clairement ce qui s’est mis en marche.

(1) Voir l’Humanité du 19-19-09. (2) « Vive la Palestine  ! » (3) Voir  : www.egalite68.fr/musiciens

Succès de la Marche pour Gaza

Malgré les tentatives des autorités égyptiennes d’empêcher toute manifestation, les marcheurs internationaux pour la liberté de Gaza qui s’étaient retrouvés au Caire ont réussi à exprimer leur solidarité avec les Palestiniens. Certains ont été retenus dans la capitale, ils ont manifesté devant les ambassades occidentales. D’autres sont parvenus jusqu’à Gaza. Des pacifistes israéliens étaient aussi au point de passage d’Erez. Un an après 
le massacre, les Gazaouis n’étaient pas seuls.



Edité par T 34 - 04 Jan 2010 à 20:45
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jan 2010 à 20:51

Editorial par Patrick Le Hyaric

N’oublions pas Gaza  !

Comment les chefs d’État des principaux pays de ce monde peuvent-ils continuer à fermer à ce point les yeux sur la tragédie que vivent les enfants et tous les habitants de Gaza un an après l’injustifiable agression guerrière israélienne  ? Un carnage, et aucune sanction n’a été prise contre l’armée et le pouvoir israéliens. Pourtant un important rapport du juge sud-africain Richard Goldstone, a qualifié l’offensive militaire israélienne de « crime de guerre » voire de « crime contre l’humanité ». Depuis, les grands États et l’Union européenne n’ont rien fait. Ni demande d’explications, ni demande de réparations de la part de tous ceux qui ne cessent de se gargariser des mots de « démocratie » et de « liberté ». Les Palestiniens de Gaza sont toujours cadenassés derrière des murs et cet insupportable blocus. Ils ne peuvent toujours pas reconstruire leurs maisons démolies, les services publics, les infrastructures civiles parce que l’entrée des matériaux de construction reste interdite. Près du quart de la population dort toujours dans la rue. Plus de 80 % d’entre elle dispose de moins de trois dollars pour vivre par jour. D’ailleurs, la population attend toujours les milliards 
de dollars d’aides promis lors de la conférence de Charm-el-Cheik. Cette diplomatie mondiale du cœur sec sème là-bas, chaque jour un peu plus, la désespérance et le malheur. Comment croire que cette population puisse tolérer de continuer à survivre ainsi sans se révolter  ?

Rendre service à la paix, à la sécurité, 
à la justice dans la région passe non seulement par une condamnation claire de l’attitude du pouvoir israélien mais par de nouveaux actes politiques internationaux pour imposer la création d’un État pour le peuple palestinien de telle sorte qu’il puisse vivre en paix, en harmonie, en coopération aux côtés du peuple israélien. C’est urgent  !

Ces jours derniers l’armée israélienne a encore assassiné de sang-froid par tirs de missiles plusieurs Palestiniens au nord de la bande de Gaza et trois autres 
à Naplouse en Cisjordanie. Un rapport des chefs de mission de l’Union européenne est accablant pour la stratégie israélienne dans la partie orientale de Jérusalem. La présidence suédoise du Conseil européen a fait adopter il y a quelques semaines un texte intéressant. Cette attitude 
est bien plus positive que celle de la présidence française de l’Union européenne qui s’apprêtait à « rehausser » 
les accords de coopération avec l’État d’Israël. Mais 
il faut maintenant des actes politiques et diplomatiques clairs : l’Union européenne peut et doit éteindre l’accord d’association qui la lie à Israël tant que la colonisation 
se poursuit, tant qu’on détruit les maisons des Palestiniens à Jérusalem-Est, tant qu’on ne libère pas les prisonniers politiques, tant qu’on ne fait pas droit au retour de tous les réfugiés, tant que le mur de la honte et ces abominables points de passage resteront debout. 
M. Obama doit passer des discours aux actes.

Les autorités françaises doivent agir 
avec la même énergie pour obtenir la liberté pour le soldat Shalit et pour Salah Hamouri. Cette région 
du monde sera une poudrière tant que le droit du peuple palestinien ne sera pas respecté. Le temps presse  ! 
Ceux qui se taisent se rendent complices d’une tragédie aux conséquences incalculables pour l’humanité tout entière. La justice et la paix n’ont plus le temps d’attendre. N’oublions pas Gaza !

Gaza. Les ONG dénoncent le blocus inhumain

Les associations humanitaires interpellent l’opinion publique internationale.

« Une année après le lancement de l’offensive israélienne sur Gaza, très peu des dommages étendus causés par l’opération aux habitations, aux services publics (écoles, hôpitaux…) et aux infrastructures a été réparé. Des milliers de familles de Gaza qui pleurent leurs proches disparus sont aussi empêchées de reconstruire leur environnement détruit. » Un an après, plusieurs grandes ONG (notamment Oxfam et Amnesty) font, dans un rapport, le point sur la situation et alertent l’opinion publique. Pour ces ONG, si le monde a « trahi la population de Gaza », la responsabilité de la situation catastrophique incombe principalement à Israël et à son « blocus inhumain ».

Un seul exemple relevé par le rapport montre bien l’étendue du désastre  : avant le blocus, 7 400 camions de matériaux de construction entraient mensuellement dans Gaza. En un an depuis l’offensive, malgré les destructions, seuls 41 camions de ces matériaux ont obtenu le droit de passage. De plus, avec l’imposition par Israël d’une zone tampon de sécurité à l’intérieur du territoire, près de 40 % des terres agricoles de Gaza ont dû être abandonnés.

Reconstruction bloquée, infrastructures endommagées, agriculture et économie asphyxiées, les quelques personnalités internationales qui ont pu visiter Gaza après l’opération militaire en sont sortis secouées. L’ancien président américain, Jimmy Carter, jugeait même qu’on traitait les gens de Gaza « davantage comme des animaux que comme des êtres humains ». En mars, deux mois après la guerre, les Nations unies, choquées, s’étaient engagées à fournir quelque 2,5 milliards d’euros pour la reconstruction et l’économie palestinienne. Gaza n’a encore rien vu venir…

Ramine Abadie

La lâcheté de l’Europe tue les Palestiniens

Alors que l’Union européenne et la France pourraient jouer un grand rôle dans le 
règlement du conflit et la création d’un État palestinien, elles se contentent de s’aligner sur Washington.

Gaza, envoyé spécial.

Lorsque Israël a déclenché son offensive sur Gaza, les pays européens se sont tus. Par médias interposés, ils ont même expliqué l’attitude israélienne. À les entendre, la seule raison aurait été les tirs de roquettes sur le sud d’Israël. Pourtant, face au carnage et à l’émotion des opinions publiques, l’Union européenne se devait de réagir, au moins pour faire illusion. En réalité, comme pendant la guerre d’Israël contre le Liban à l’été 2006, les tergiversations ont consisté à gagner du temps, à laisser faire Tel-Aviv en espérant qu’il parviendrait à ses fins rapidement. Nicolas Sarkozy a tenté de se distinguer. Non pas pour contraindre Israël à cesser les hostilités. Le président français a pris son bâton de pèlerin humanitaire afin de laisser entrer quelques convois de médicaments et de nourriture dans cette bande de Gaza assiégée. Le voici à Ramallah, le voilà à Jérusalem. Beaucoup de bruit pour rien. L’attitude européenne, pas plus que française, n’a permis de sauver des vies palestiniennes. Parce que, dans le fond, il ne s’agit pas d’un problème humanitaire, mais bien d’un problème politique.

L’Union européenne et les pays qui la composent le savent bien. C’est pourquoi ils ont tout fait pour que le rapport Goldstone ne soit pas adopté. De même, les pays européens, s’ils dénoncent la poursuite de la colonisation, se contentent d’un moratoire israélien de dix mois qui n’inclut même pas Jérusalem. Pis, lors d’une récente réunion des ministres européens des Affaires étrangères, le texte proposé par la présidence suédoise, qui proposait de réitérer la reconnaissance par l’UE de Jérusalem-Est comme capitale du futur État palestinien, a été modifié par les interventions du représentant français, qui a affaibli considérablement le projet de résolution. Enfin, l’UE décerne un satisfecit à Israël en rehaussant les relations qui la lient, malgré l’article 2 qui réclame le respect des droits de l’homme. Avec Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, la France s’est rapprochée non pas d’Israël, mais de la politique coloniale d’Israël. Au sein du monde arabe et même parmi les Palestiniens, Paris a perdu de son aura et de sa capacité à influer dans le sens du droit international et de la paix. Une attitude en conformité avec l’alignement de la politique étrangère de la France sur celle des États-Unis.

P. B.


Washington toujours complice
 
Malgré quelques critiques, la nouvelle administration américaine se garde bien de forcer Israël à se conformer au droit international.

Lorsque Barack Obama est arrivé au pouvoir et plus encore lorsqu’il a prononcé, quelques mois plus tard, son fameux discours au Caire, beaucoup d’observateurs ont voulu voir un nouveau comportement des États-Unis au Moyen-Orient. Las, un an après, la diplomatie américaine marque le pas et les changements tant attendus ne sont pas au rendez-vous. Pas plus en Afghanistan, où l’annonce de l’envoi de nouvelles troupes marque bien une volonté guerrière, qu’en Irak, où les troupes américaines sont peut-être moins visibles mais bien présentes. Moins islamophobe que celui de son prédécesseur, le discours de Barack Obama comportait cependant une lacune d’importance  : aucune proposition nouvelle – à l’exception de la réaffirmation de la nécessité de deux États – ne permettait d’envisager une résolution juste et durable au Proche-Orient. Pas l’ombre de proposition d’un mécanisme, pas la moindre critique vis-à-vis de la force occupante. Dès lors, les gouvernements israéliens successifs – dirigés jusqu’en avril 2009 par Ehoud Olmert puis par Benyamin Netanyahou – savaient qu’ils n’avaient pas grand-chose à craindre.

Si la guerre contre Gaza s’est déroulée alors que Bush était sur le départ, la nouvelle administration américaine n’a guère été dure avec Tel-Aviv. Les déclarations d’intention, notamment sur la colonisation israélienne, se sont vite écrasées contre le manque de volonté politique – une marque de fabrique américaine s’agissant d’Israël – et les divergences entre la Maison-Blanche et le département d’État. Netanyahou se fait prier pour accepter l’idée de deux États mais ne manque l’occasion de mettre en avant le caractère indispensable d’Israël dans le dispositif américain au Proche et au Moyen-Orient, qu’il s’agisse de l’Iran et l’arme nucléaire, ou de la lutte contre l’islam radical. Toujours plus habitués à faire pression sur la partie palestinienne pour débloquer un processus souvent moribond, les États-Unis ne savent plus comment agir. Ils laissent leur principal allié arabe, l’Égypte, servir d’entremetteur. Pendant ce temps, la colonisation israélienne se poursuit en Cisjordanie et le blocus assassine Gaza.

P. B.

Stéphane Hessel, « La France et l’UE ont laissé faire  »

Stéphane Hessel, ancien diplomate et résistant français, estime que seule la pression internationale peut faire plier Israël.

Stéphane Hessel, ancien diplomate et ambassadeur, ancien résistant et déporté français, qui a notamment participé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, auteur de Danse avec le siècle (autobiographie, Seuil, 1997) et de Dix Pas dans le nouveau siècle (Seuil, 2002) revient sur le défi de la reconnaissance d’un État palestinien dans le cadre des frontières de 1967.

Un an après l’attaque israélienne contre Gaza, quel est votre regard  ?

Stéphane Hessel. Je reste convaincu qu’en faisant cette opération scandaleuse, le gouvernement d’Israël de l’époque a donné une preuve de son incapacité à croire dans une paix que tout le monde souhaite, les Palestiniens et la communauté internationale, lesquels se sont prononcés en faveur d’une solution négociée fondée sur deux États dans le cadre de l’ONU. Un an après le crime contre Gaza, nous voyons que ce territoire est toujours enclavé, ce qui rend impossible sa reconstruction. Je m’y suis rendu en juin dernier avec ma femme, et j’ai pu constater que le rapport du juge Richard Goldstone est exact en ce qui concerne la destruction des habitations et des infrastructures et les méfaits commis à Gaza, et qu’il qualifie de crimes de guerre et contre l’humanité. Ce sont les mots qui s’appliquent à ce qu’Israël a commis à Gaza. Pour le juge Richard Goldstone, les Israéliens auraient dû faire une enquête eux-mêmes. Or ils ne l’ont pas faite. Il y a aussi une autre chose qui me scandalise.

Laquelle  ?

Stéphane Hessel. C’est le fait que la France et l’Union européenne aient laissé faire Israël, qui a, de plus, porté atteinte à nos activités dans les territoires occupés palestiniens. Il y a eu des fonctionnaires du consulat de France à Jérusalem menacés, arrêtés dans certains endroits par les forces israéliennes. On a voulu faire venir des artistes au Centre culturel français, les autorités israéliennes les en ont empêchés… C’est pour moi un non-respect des habitudes de courtoisie diplomatique, des choses contre lesquelles le gouvernement français aurait dû protester. J’ai d’ailleurs attiré l’attention du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui est un ami, dans une lettre que je lui ai adressée pour lui signaler que cela est inacceptable et que le gouvernement français aurait dû réagir. Mais il ne m’a jamais répondu.

L’élection de Barack Obama a suscité beaucoup d’espoir, notamment après son discours du Caire mais depuis, force est de constater qu’il n’arrive pas à convaincre Netanyahou à négocier…

Stéphane Hessel. C’est notre principale déception. Nous avions interprété 
le discours prononcé au Caire et l’envoi 
du négociateur George Mitchell 
dans la région comme une volonté 
de Barack Obama d’utiliser les moyens de pression nécessaires, car les États-Unis en ont les moyens, sur Israël pour le contraindre à négocier une paix juste sur la base des résolutions de l’ONU. Jusqu’ici, force est de constater que cela n’a pas beaucoup progressé. 
C’est ce qui nous inquiète. Il faut rappeler que c’est l’ONU qui a créé Israël, 
que des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité indiquent clairement une solution fondée sur deux États, avec Jérusalem pour capitale de deux États, en plus du règlement des réfugiés palestiniens. C’est ce que disent ces résolutions. Si maintenant Barack Obama se met sérieusement à travailler dans le cadre de l’ONU, en imposant un retour de la négociation dans ce cadre, alors Israël sera obligé d’accepter. Car la question est de savoir si Israël va continuer cette politique qui le marginalise au sein de la communauté internationale, avec tous les risques que cela comporte pour son existence. Ou s’il va enfin se décider à envisager une autre politique allant dans 
le sens d’une paix juste et durable.

À ce propos, que pensez-vous de la proposition d’un sommet avec Mahmoud Abbas faite par Benyamin Netanyahou au Caire  ?

Stéphane Hessel. J’ai bien peur que ce ne soit encore une fois une manœuvre. Si le premier ministre israélien veut réellement négocier, encore faut-il qu’il apporte dans la négociation un minimum de propositions, comme par exemple la libération du soldat Gilad Shalit contre celle de prisonniers palestiniens. J’ajoute que la proposition de M. Netanyahou ne sera crédible que si en plus il y a au minimum un arrêt de la colonisation et une ouverture des frontières de Gaza au monde extérieur.

Ne faudrait-il pas compter également sur la pression d’une partie des Israéliens pour contraindre Netanyahou à des gestes  ?

Stéphane Hessel.

Je l’espère mais je n’en suis pas assez sûr. Elie Barnavi, l’ancien ambassadeur d’Israël en France, a écrit un livre, Aujourd’hui, ou peut-être jamais. Pour une paix américaine au Proche-Orient, dont je recommande la lecture, un livre où il se dit convaincu qu’Israël doit aller vers la paix, qu’il n’a pas d’autre choix, et que seule une intervention extérieure, celle des États-Unis d’Obama, pourrait faire plier les dirigeants israéliens et les amener à négocier sérieusement.

Entretien réalisé par Hassane Zerrouky

Des pays arabes impuissants, sans stratégie face à Israël

Paralysés par leurs divergences, les régimes en place ne réagissent même pas à la décision du Caire de construire un mur souterrain.

S’il est bien un conflit qui a symbolisé l’impuissance des États arabes, c’est celui de Gaza. L’histoire retiendra certainement que deux pays, l’Arabie saoudite et l’Égypte, ont freiné des quatre fers toute proposition de réunion d’urgence de la Ligue arabe. Calquant leur attitude sur celle qu’ils avaient adoptée au moment où le Liban était attaqué par Israël, en juillet 2006, ces deux têtes de pont régionales des États-Unis escomptaient faire d’une pierre deux coups  : donner le temps à Israël d’en finir avec le Hamas, et faire prévaloir l’initiative de paix égyptienne soutenue par Washington. Israël a non seulement échoué dans son entreprise, mais ses dirigeants civils et militaires ont été épinglés par le rapport du juge Richard Goldstone.

Ce n’est finalement que le 20 janvier 2009, deux jours après l’arrêt des bombardements israéliens sur Gaza, que les chefs d’État arabes se sont réunis à Koweït City avant de se séparer sans parvenir à une déclaration commune. Illustration de cette division, la tenue d’un contre-sommet à Doha, une semaine avant la réunion de Koweït City, mais boycotté par les alliés de Washington (Égypte, Arabie saoudite, Maroc, Koweït et Émirats arabes unis), réunion qui n’a rassemblé que quelques pays ainsi qu’une délégation du Hamas et qui s’est bornée à proposer « le gel » du plan de paix arabe adopté à Beyrouth en 2002 (1). Même constat de paralysie de ces pays un an après. Sans stratégie, attendant de Washington une offre qui ne vient pas ou qui tarde à venir, incapables de se mettre d’accord lors du sommet qui s’est tenu fin mars au Qatar sur l’aide à la reconstruction de Gaza, ils vont de nouveau se réunir en Libye en mars prochain. Même la décision égyptienne de construire un mur souterrain visant à rendre plus hermétique le blocus israélien de Gaza n’a pas soulevé la moindre indignation d’un quelconque État arabe. Coupés en trois mondes, comme le faisait remarquer Leila Shahid – Machrek, Maghreb, Golfe – « et en proie à une crise d’identité réelle », les pays arabes sont dans l’incapacité d’influer sur le cours des choses. Face à cette situation, s’appuyant sur l’émotion suscitée dans les opinions arabes par les atrocités israéliennes, les islamistes entreprennent de structurer patiemment à leur convenance le champ sociopolitique, et de brouiller les repères en réduisant le conflit israélo-palestinien à un affrontement ethnico-religieux, confortant ainsi, de fait, le discours des dirigeants israéliens qui pointent du doigt la menace islamiste.

Hassane Zerrouky

(1) Ce plan propose une normalisation 
des relations avec Israël en échange du retrait israélien des territoires occupés depuis 1967 et la création d’un État palestinien 
avec Jérusalem-Est pour capitale.


Gaza. Une guerre qui vient de loin

Comment la logique suivie par les dirigeants israéliens a débouché sur la catastrophe.

La guerre contre Gaza n’a pas éclaté dans un ciel serein. Le but officiel d’Israël était de mettre fin aux tirs de mortiers qui s’abattaient sur les kibboutz du sud d’Israël et sur Sdérot. Ces tirs sporadiques avaient commencé en 2001, lors de la seconde Intifada qui avait suivi l’échec du sommet de Camp David avec Ehud Barak et Yasser Arafat. Mais, entre-temps, la situation avait totalement changé. À Washington, Bush fils avait succédé à Clinton, avec comme priorité « la lutte contre le terrorisme 
islamique ». Son ami Sharon, successeur de Barak, avait su le convaincre qu’Arafat était « le pendant palestinien de Ben Laden ». Israël avait réoccupé la Cisjordanie, les négociations de paix étaient au point mort. Arafat, assiégé trois ans à Ramallah, était mort à Paris en 2004. Sharon avait alors décidé d’évacuer unilatéralement la bande de Gaza, la laissant aux mains du Hamas, qui, fort de ce succès, remportait les législatives de 2006. L’année suivante, il prenait par la force tout le pouvoir à Gaza, en éliminant le Fatah. C’était la fin de l’unité du Mouvement national 
palestinien.

L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, réduite à une Cisjordanie émiettée par le mur et la colonisation, continuait à négocier sans rien obtenir, tandis que le Hamas se donnait le beau rôle  : celui de la résistance à Israël en multipliant les tirs de roquettes. Le but officiel était d’obtenir la levée du blocus imposé à la bande de Gaza depuis 2007.

Mais ces tirs, imprécis, se révélèrent vite contre-productifs. Ils visaient des civils désarmés, créant dans la population du sud d’Israël un sentiment de peur et d’exaspération, y compris, comme nous avons pu le constater en juin 2008, dans des kibboutz réputés progressistes. Et ils n’avaient pas la moindre efficacité militaire  : ils firent 4 tués, tous civils, dans toute l’année 2008. Loin de lever le blocus, l’armée israélienne resserrait au contraire son étau sur la bande de Gaza et multipliait les opérations punitives meurtrières pour ses habitants, jusqu’à ce que le Hamas finisse par accepter une trêve de six mois, en juin 2008. Trêve respectée, selon les chiffres fournis par l’armée israélienne  : entre novembre 2007 et juin 2008, une moyenne de 179 roquettes par mois tombaient sur le sud d’Israël. Entre juin et octobre 2008, ce chiffre était réduit à 3.

Le 4 novembre, l’armée
israélienne lance une opération contre des tunnels de contrebande avec l’Égypte, tuant 7 Palestiniens. La trêve vole en éclats. Le Hamas refuse de la reconduire si le blocus n’est pas levé. Les roquettes repartent de plus belle, Israël affirme son existence menacée et lance l’opération « Plomb durci ».

Françoise Germain-Robin

« N’oubliez pas Gaza »

Ziad Medoukh est professeur de français à l’Université de Gaza.

Pendant la guerre il est intervenu dans L’HUMANITÉ.

Appel à l’humanité d’abord ! Appel à la conscience mondiale ensuite. Appel aux organisations des droits de l’homme ! Appel à vous, les solidaires de notre noble cause, partout dans le monde ! N’oubliez pas Gaza, n’abandonnez pas Gaza. Aujourd’hui, jour pour jour, la bande de Gaza, toujours sous blocus et sous le choc de ce drame survenu il y un an, un 27 décembre 2008, la bande de Gaza est en train de commémorer le début de l’offensive militaire israélienne contre un million et demi de Palestiniens, contre les enfants de Gaza, contre les femmes de Gaza et contre les infrastructures de Gaza. Contre les civils, contre les écoles et les routes, contre les maisons et les usines de cette région innocente déjà abandonnée par ses proches, avant l’ennemi.

tel est l’appel de la population civile de Gaza. N’oubliez pas Gaza, tel est l’appel de la société civile dans la bande de Gaza. N’oubliez pas Gaza, tel est l’appel des blessés du pilonnage israélien contre Gaza N’oubliez pas Gaza, tel est l’appel de nos enfants qui rêvent de retrouver leur sourire. Un an après ces crimes commis par l’armée israélienne contre les civils de Gaza, rien n’a changé ans dans cette prison à ciel ouvert, dans ce morceau de terre emmuré, la situation est toujours dramatique à tous les niveaux, le blocus est maintenu, les passages qui relient la bande de Gaza à l’extérieur sont toujours fermés sur ordre militaire israélien, 80 % des Gazaouis vivent des aides alimentaires distribuées par les organisations internationales, et plus de 20 000 habitants vivent dans des tentes, à côté des ruines de leurs maisons car les matériaux de construction sont interdits d’accès dans cette région sinistrée. N’oubliez pas Gaza, Gaza la courageuse, Gaza la déterminée et Gaza la fi dèle et Gaza la résistante.

N’oubliez pas Gaza, n’oubliez pas les crimes et les massacres commis contre les civils de Gaza. Jusqu’à quand l’impunité des criminels de guerre israéliens. N’oubliez pas Gaza, n’oubliez pas les enfants de Gaza et les habitants confi ants de Gaza. N’oubliez pas Gaza et la situation catastrophique de ses citoyens qui souffrent toujours des attaques israéliennes permanentes, qui ont fait, hier encore, trois martyrs tombés sous les balles israéliennes au nord de la bande de Gaza ; mais surtout, ses citoyens souffrent du silence complice des gouvernements du monde dit libre et du silence dans l’abondante actualité. Un an après ce carnage contre Gaza, les Palestiniens de Gaza continuent de vivre et de croire en un avenir meilleur, un avenir de paix et de liberté. Écoutez l’immense cri, l’appel de toute la population de Gaza : N’oubliez pas Gaza et Gaza n’oubliera pas l’espoir

Un an après, la bande de Gaza toujours meurtrie

Israël maintient un blocus inhumain sur le territoire palestinien en partie détruit lors de l’offensive de décembre 2008 et janvier 2009. Reportage dans les ruines, avec un population à la recherche d’un hypothétique avenir.

Bande de Gaza, Envoyé spécial.

Pourquoi  ? Madjid Abdallah Atebra a beau se poser la question quinze fois par jour depuis maintenant un an, il ne comprend toujours pas. Pourquoi les avions de chasse israéliens ont détruit sa maison  ? Revêtu d’un lourd manteau de laine bleu, il montre d’un geste las tout ce qu’il reste de son habitation. C’était une solide bâtisse, grande, apte à accueillir toute la famille, plusieurs générations même. Mais face au missile, le béton ce n’est que du carton-pâte. Derrière Madjid, on dirait que quelques mauvais techniciens ont mal rangé le décor. La maison par terre, il a vécu sous la tente. Puis, au bout de quelques semaines, le Hamas lui a fourni une sorte de mobile-home. Une pièce pour lui, sa femme et ses six enfants. « Vous, les Français, vous pensez que les Israéliens sont bien  ? », demande-t-il, assez agressif. « Votre président… » Il ne termine pas sa phrase, bougonne quelques insultes. « Avant Sarkozy, on avait beaucoup d’estime pour la France, le pays qui avait accueilli Yasser Arafat. On avait confiance dans le peuple français. » Ni Hamas, ni Fatah, comme il se plaît à le dire, Madjid est vraiment en colère. « En 1948, les Israéliens nous ont expulsés. En 2009, ils ont recommencé. » Il a cette phrase, terrible  : « Soixante et un ans après, on se retrouve à nouveau sous des tentes. »

L’image n’est pas exagérée. Non content d’avoir détruit des hameaux entiers de la bande de Gaza, endommagé des maisons et des immeubles, pris pour cible des écoles, Israël empêche maintenant tout matériau de construction d’arriver dans ce territoire palestinien. « On n’a pas de fer, pas de ciment, se plaint Khader Youssef. On travaille avec la terre, on ne peut pas faire de pilier alors il faut construire des ogives. » D’incroyables constructions qu’on croirait sorti d’un film historique. « Ma génération ne connaissait pas ça, avoue Mohammad Zaker, les mains encore pleine de terre. C’est un ingénieur qui m’a appris. » L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, 
l’UNRWA, tente de venir en aide aux plus démunis et finance une partie de ces habitations. Comme pour Khader dont la maison a été détruite. « J’avais construit une cabane en tôle. Nous étions douze, ça devenait impossible. »

Il y a un an, je quittais cette bande de Gaza. Sous le choc. Des corps mutilés, des pères qui racontaient comment leurs enfants avaient été abattus, des femmes en pleurs, des yeux rougis, partout. Des images encore de ces confettis de phosphore blanc, incandescents. Des brûlures hallucinantes, des blessures jamais vues, comme l’ont révélé des médecins étrangers présents sur place. Des particules métalliques dans les entrailles alors qu’apparemment il n’y avait qu’un minuscule point d’impact sur la peau. Des hurlements encore. Des bébés, des petits garçons, des petites filles, qui crient, qui pleurent. Des éclairs qui déchirent la nuit. Ils entendent la mort arriver et ils ne savent pas ce que c’est. Des sifflements, des explosions terribles. Du feu et de la fumée. Des odeurs de cadavres en décomposition, des humains et des animaux. Et puis, dans le nord-est de la bande de Gaza, des destructions comme un tremblement de terre. Des bombes, des obus et, comme si ça ne suffisait pas, des explosifs placés au pied des maisons encore debout. Rien ne doit rester. Israël a décidé d’agrandir la zone tampon entre sa « frontière » et les premières habitations palestiniennes.

Mohammad Abed Rabbo a vu tout ça. Sans bouger de sa chaise en plastique, de sa canne, il désigne un terrain, plat, sans aucune végétation, aucun arbre, aucune culture. « Là, je cultivais des orangers, des citronniers, crie-t-il. Regardez, il n’y a plus rien. » Il en veut à Israël, c’est entendu. Mais sa colère n’est pas seulement tournée vers Tel-Aviv. « Ma maison a été détruite à cause du Hamas, assure-t-il. C’est donc au Hamas de reconstruire. Ils refont les postes de police, qu’ils s’occupent de ma maison. » Il raconte comment une association avait été créée, tout de suite après la guerre, El Falah, qui avait fourni des tentes. « Mais le Hamas est venu et a arrêté Abou Sana Tambura, le responsable de l’association. Maintenant, l’aide est géré par le Hamas. » Des critiques partagées par ceux qui l’entourent. Abou Jamal, lui aussi un vieux de la vieille, explique  : « Depuis 1948, on espère un État palestinien. Mais pour le Hamas, il faut choisir entre résister et gouverner. » Il fait ainsi remarquer que « le Hamas empêche maintenant de tirer des roquettes sur Israël. Il sent qu’il s’affaiblit. Les gens en ont marre, ils ont compris ». Et Mohammad Abed Rabbo de rajouter  : « Le Hamas se prépare pour les élections. » Responsable du mouvement islamiste, Ahmed Youssef préfère dire qu’« il faut encourager la communauté internationale à la reconstruction de Gaza. C’est pour ça qu’il n’y a plus de tirs de roquettes ».

Jamil Mazalawi, membre du Conseil législatif palestinien (le parlement) et du Bureau politique du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), pense un peu la même chose que Mohammad Abed Rabbo et Abou Jamal. « À Gaza la résistance ne s’est pas arrêtée », assure-t-il. Il donne en exemple deux accrochages qui se sont produits la veille. Des forces spéciales sont, semble-t-il, entrées pour éliminer des militants, à Beit Hanoun et dans le camp de El Bouraij. « Mais le Hamas est contre, regrette Mazalawi. Il a placé ses soldats aux zones frontalières. Tous les membres des forces de sécurité sont du Hamas. Quand ils pensent que ce n’est pas dans l’intérêt de leur organisation, ils essaient d’empêcher les autres groupes d’attaquer. Ils arrêtent même ceux qui veulent tirer des roquettes. »

Walid Al Awad, du comité central du Parti du peuple palestinien (PPP, communiste), souligne d’abord qu’Israël « n’a pas atteint son but. Il voulait approfondir la division entre Gaza et la Cisjordanie, pousser Gaza vers l’Égypte et prendre des terres en Cisjordanie avec le mur ». Selon lui, parce que les Israéliens n’y sont pas parvenus, « ils continuent le blocus sur le Gaza et continuent les pressions sur les dirigeants en Cisjordanie ». D’où l’importance de parvenir à la réconciliation entre les divers mouvements palestiniens. Si toutes les organisations ont approuvé le document présenté par l’Égypte, le Hamas tergiverse. Et dans la bande de Gaza, il est difficile d’être un militant laïque. « Le Hamas nous interdit d’ouvrir nos bureaux », se plaint Mohammad El Nhal, membre du Conseil révolutionnaire du Fatah. Il a lui-même été arrêté à sept reprises et détenu plus de 115 jours dans les prisons du Hamas. Il fait remarquer que le blocus israélien profite au Hamas qui peut ainsi contrôler tous les moyens d’existence de la bande de Gaza. Ce qui confirme Walid Al Awad qui parle de problème « pour la démocratie et les droits de l’homme à Gaza », tout en regrettant qu’en Cisjordanie le Fatah procède également à des arrestations arbitraires.

Maintenir la division géographique et politique des Palestiniens semble donc l’un des buts d’Israël. Il empêche ainsi la fourniture de carburant nécessaire à la principale usine d’électricité de la bande de Gaza. Les tunnels, qui passent sous la frontière égyptienne, remplissent les caisses du Hamas. Aucun trou ne peut être creusé sans être associé avec un membre du Hamas, explique Mohammad El Nhal. « Il faut payer pour avoir un permis. Il y a même des abonnements pour utiliser l’eau et l’électricité. » Et les prix ne cessent d’augmenter. Le litre d’essence est passé de 1,5 shekel à 4 shekels. Les murs souterrains que commence à installer l’Égypte vont également créer de l’inflation. « Je souhaite qu’ils fassent ce mur, parce que les problèmes vont s’aggraver et après ils seront obligés de trouver une solution », affirme le vieux Hadj Abed Rabbo. Il note qu’il y a un gouvernement à Gaza, un autre en Cisjordanie « et entre nous il y a les juifs. Si on ne règle pas les problèmes entre nous, rien ne changera ». Il n’est guère optimiste, mais comment le serait-on au milieu d’un champ de ruines  ? « Le jour qui se termine est meilleur que le jour qui arrive », dit-il. Son fils lui prend la main, sans un mot. « On n’a jamais vu une guerre comme ça, murmure le vieil homme. Pourquoi ont-ils détruit nos maisons  ? »

Pierre Barbancey



Edité par T 34 - 04 Jan 2010 à 21:04
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Boycottez les produits israéliens

Par Hanna Amireh, représentant du Parti du peuple palestinien (PPP, communiste) au comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Alors que les négociations avec Israël en sont au point mort, le conseil central de l’OLP a décidé de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour obtenir une reconnaissance internationale des frontières du 4 juin 1967 comme étant celles de l’État palestinien. Nous avons également redit qu’il n’y aurait pas de reprise des négociations tant qu’il n’y aura pas un gel total de la colonisation. Le dialogue avec le Hamas est arrêté après que celui-ci a refusé d’entériner la proposition égyptienne. Nous appelons l’organisation islamiste à revoir sa position afin d’avancer vers la réconciliation. Il n’y aura plus de dialogue sans cela.
L’OLP se bat pour une solution à deux États. L’idée d’un État binational est une vision, ce n’est pas une plate-forme politique. D’ailleurs, ce n’est pas une solution viable. 
Les Israéliens ont déjà exclu Gaza du reste des territoires palestiniens occupés. Et en Cisjordanie, ils construisent le mur. En fait, ils considèrent les Palestiniens comme un danger démographique. S’il est difficile d’obtenir une solution à deux États, il est impossible de gagner sur l’idée d’un seul État  ! Nous ne pensons pas que ce soit un programme réaliste. Encore une fois, c’est une vision utopique qui ne peut pas être mise en œuvre. Cela signifierait qu’il nous faudrait accepter les colonies, l’expropriation de nos terres, l’exclusion de Gaza… C’est vraiment impossible.
Nous attendons deux choses de la solidarité internationale. D’abord, au niveau populaire, qu’il y ait un engagement fort dans la campagne de boycott des produits issus de la colonisation et des produits israéliens en général. Il faut investir le domaine judiciaire pour que soient inculpés les dirigeants israéliens responsables des crimes commis dans la bande de Gaza. Enfin, il faut que la communauté internationale reconnaisse l’État palestinien dans les frontières de 1967. La question des frontières est particulièrement importante maintenant parce que cela exclut toutes les colonies et Jérusalem serait alors la capitale de l’État de Palestine.

Lieberman et les tickets d’entrée

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, est fidèle à lui-même. « Nous n’avons pas à payer un ticket d’entrée pour des négociations », a-t-il dit en allusion au gel total de la colonisation israélienne que Mahmoud Abbas exige pour prix d’une reprise des discussions de paix. « Le temps des attitudes obséquieuses est révolu. Nous n’avons pas à adopter des faux-semblants pour chercher à plaire », 
estime Lieberman. Réussi !

L’affaire Berlanty Azzam

Cette étudiante de vingt-deux ans n’a pas pu passer ses examens à Bethléem. Elle a été expulsée à Gaza par l’armée israélienne.

Gaza, envoyé spécial.

Berlanty Azzam a vingt-deux ans. Son sourire cache son histoire. Une histoire d’occupation, une histoire d’arbitraire, une histoire d’humiliation. Résidente de Gaza, où elle vit avec ses parents, Berlanty poursuit, depuis plusieurs années maintenant, ses études à Bethléem, en Cisjordanie, où elle est en mastère d’administration financière. Après tout, les accords d’Oslo ont placé Gaza et une partie de la Cisjordanie sous contrôle de l’Autorité palestinienne. Elle s’est inscrite à l’université en 2005. Régulièrement depuis plus de quatre ans, elle se rendait de Bethléem à Ramallah, toutes deux en Cisjordanie, sans aucun problème. Au mois d’octobre dernier, elle est stoppée à un check-point entre ces deux localités palestiniennes. Les soldats israéliens lui prennent sa carte d’identité, lui reprochant d’être illégalement en Cisjordanie puisqu’elle était domiciliée à Gaza  ! On l’a fait attendre pendant sept heures. Elle raconte  : « On m’a alors bandé les yeux, menottée et emmenée. Je ne savais pas où on m’emmenait. Quand la voiture a stoppé, j’étais à Gaza. » Pour Sari Bashi, de l’organisation israélienne des droits de l’homme Gisha, « c’est une violation du droit d’accès à l’éducation ». Berlanty est toujours à Gaza. Le jour où nous l’avons rencontrée, elle aurait dû passer son examen final. « Mon seul espoir aujourd’hui est de pouvoir poursuivre mes études, finir mon mastère et trouver un travail pour aider ma famille et être autonome », dit-elle.

P. B.

Gaza. Points de vue de Gideon Levy et Dov Khenin

L’année la plus honteuse d’Israël

Gideon Levy, journaliste 
au quotidien israélien Haaretz.

Le 27 décembre, un an après le début 
de l’offensive contre Gaza, vous avez écrit dans Haaretz que 2009 « a été une année de honte pour Israël, la plus honteuse de toute son histoire ». 
Les Israéliens en ont-ils pris conscience  ?

Gideon Levy  : Absolument pas. L’opinion publique israélienne est dans une sorte de coma. Un coma fait d’aveuglement et d’apathie. Non seulement les Israéliens ne ressentent pas de honte, mais ils sont satisfaits d’eux-mêmes. Ils refusent de regarder la vérité en face. 
Ils sont dans le déni, comme le gouvernement. Israël refuse d’enquêter sur ce qui s’est passé à Gaza, comme le demande le rapport Goldstone, qui parle de crimes 
de guerre. Il attaque et foule aux pieds ce rapport et tous les autres, comme celui d’Human Rigths Watch.

Comment expliquez-vous cette attitude  ?

Gideon Levy  : Elle n’est pas nouvelle. Cela dure depuis 
dix ans. Depuis que Barak est revenu de Camp David en affirmant « il n’y a plus de partenaire », ce qui voulait dire, pas de compromis possible. L’autre raison, c’est qu’Israël ne paie aucun prix pour les actes qu’il fait. Pourtant nous aurions pu obtenir l’arrêt des tirs en évitant ce carnage, en levant le blocus et renégociant la trêve.

propos recueillis par F. G. R.

« La difficile bataille pour la vérité »

L’analyse de Dov Khenin, député du Hadash (communiste), 
à la Knesset israélienne.

« Les Israéliens restent persuadés que la guerre était inévitable pour mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud d’Israël. Ils n’ont pas vraiment conscience de la catastrophe que représente cette guerre pour Israël comme pour les Palestiniens. Mais un événement important a eu lieu le 27 décembre  : la conférence qui s’est tenue à Tel-Aviv, à l’initiative de Fighters for Peace, avec d’anciens soldats israéliens et des combattants palestiniens. Tous sont arrivés à la conclusion que le recours à la violence et les armes ne sont pas le bon moyen pour parvenir à la solution que tout le monde connaît  : la fin de la colonisation et un État palestinien viable. Les membres de cette organisation ont travaillé avec Breaking the Silence, un groupe de soldats qui a fait un excellent rapport sur les crimes de guerre commis à Gaza, à base de témoignages directs. Ces révélations, relayées par la presse, font beaucoup de bruit en Israël. Elles ont provoqué de violentes réactions des autorités et un démenti du porte-parole de l’armée pour qui les auteurs de ces rapports sont des « traîtres ». Tout est fait pour les disqualifier. Mais ce sera plus difficile que pour le juge Goldstone, car ce sont des Israéliens qui témoignent.

Propos recueillis par F. G. R.

Les Palestiniens veulent leur État et leur drapeau

Mettre fin à l’occupation israélienne c’est créer l’État palestinien. La responsabilité de la communauté internationale est posée.

Plus que jamais la question de la création de l’État palestinien est posée. Non pas « un » État palestinien, mais « l’ » État palestinien. Celui inscrit dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Parce qu’il apparaît maintenant que si plus personne ne discute le principe de cet État, sa définition pose problème et plus encore, sa création. Comment expliquer que seize ans après la signature des accords d’Oslo dont le but final était l’État palestinien, celui-ci n’existe toujours pas  ? Comment expliquer que la feuille de route, élaborée par les États-Unis, acceptée par l’Union européenne, la Russie, les Nations unies, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP, seule garante des accords signés au nom des Palestiniens) et même – moyennant quelques annexes – par Israël, qui prévoyait l’établissement de cet État pour 2005, n’a pas été respectée  ? Comment expliquer que les conclusions de la conférence d’Annapolis, affirmant que l’État des Palestiniens verrait le jour avant la fin du mandat de George W. Bush, c’est-à-dire fin 2008, aient été bafouées  ? La réponse se trouve dans la question.

On ne saurait accuser les Palestiniens d’être responsables de ce retard. N’ont-ils pas, depuis novembre 1988, accepté de ne revendiquer plus que 22 % de la Palestine historique (c’est ce que recouvrent les frontières de 1967)  ? Aujourd’hui, si le Hamas ne reconnaît pas formellement Israël, lui aussi parle d’un État dans les frontières de 1967. C’est donc bien qu’il y a une volonté de la force occupante, Israël, de ne pas régler le problème. Au contraire, pourrait-on dire. En pratiquant la politique du fait accompli, Tel-Aviv dresse toujours plus d’obstacles sur la voix de la paix. La provocation d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées, en septembre 2000, n’a été que l’étincelle de l’Intifada qui couvait dans les territoires palestiniens. Parce que depuis 1993, les Palestiniens, loin de voir leur situation s’améliorer, ont vécu toujours plus misérablement. La colonisation n’a jamais cessé, pas plus sous Rabin que sous d’autres gouvernements travaillistes. Le mur de l’apartheid, présenté au monde comme une simple barrière de séparation érigée pour « mettre fin aux attaques terroristes » ne serpente pas sur la ligne verte, les frontières de 1967. Il prend bien soin d’annexer les puits d’eau de Cisjordanie et les terres arables. Blocus des villes et des villages, mise en place de centaines de check points en Cisjordanie, assassinats ciblés, opérations militaires d’envergure, bombardements intensifs, désengagement unilatéral de Gaza permettant au Hamas de crier victoire, stratégie de négociation qui n’avance pas et décrédibilise le Fatah, corruption… Israël sait y faire pour brouiller les pistes et transformer l’espoir de l’État palestinien en mirage improbable, en territoire morcelé, en bantoustan, en zone tribale. La guerre menée contre la bande de Gaza, il y a un an, en est un triste exemple.

La communauté internationale, si prompte à intervenir dans d’autres coins du globe, laisse là une population civile face à une des plus puissantes armées de la planète. Pourtant, la solution réside bien dans la création de cet État dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Parce qu’il s’agit du droit d’un peuple à voir son drapeau flotter après plus de soixante ans d’errance.

P. B.

Marwan Barghouti. «  La seule solution juste  : la coexistence de deux États »

Marwan Barghouti s’adresse aux lecteurs de l’Humanité. Entretien exclusif.

Le leader palestinien toujours emprisonné, répond aux questions que nous avons pu lui transmettre jusque dans sa cellule.

Pensez-vous que la solution à deux États soit encore possible  ?

Marwan Barghouti  : La seule solution possible qui fait consensus internationalement et qui est acceptée par la majorité des Palestiniens et des Israéliens est la coexistence de deux États. À mon avis la création d’un État palestinien libre et indépendant souverain sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale et qui vivra à coté d’Israël en paix et en sécurité est l’unique solution. Sans la mise en œuvre de cette solution nous assisterons à la poursuite de ce conflit et de la violence. Il ne faut pas s’y tromper  : les Palestiniens ne vont pas renoncer à leur rêve et à leur droit de créer cet État quelles que soient leurs souffrances. Je suis persuadé que la fin de l’occupation israélienne est plus proche que jamais et que le dernier jour de l’occupation israélienne sera le premier jour de la paix entre la Palestine et Israël.

Un État palestinien en 2010, est-ce possible  ?

Marwan Barghouti  : Avec l’absence d’un vrai partenaire israélien pour la paix il est difficile de penser que l’année 2010 va apporter un changement dans le processus de la paix déjà affaibli. Le gouvernement d’Israël refuse toutes les décisions prises par les Nations unies et le Conseil de sécurité, il refuse l’application de tous les accords de paix signés avec l’OLP, refuse l’initiative arabe et même la feuille de route. Israël refuse également la fin de l’occupation et son retrait sur les frontières de 1967, refuse de reconnaître le droit du Palestinien à choisir son avenir, refuse l’idée d’un État palestinien libre et indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale, refuse la résolution 194 de l’ONU sur les réfugiés, refuse la libération de plus de 10 000 prisonniers et détenus palestiniens, refuse l’arrêt de la colonisation et de mettre fin au blocus aveugle imposé contre Gaza. Malgré tout cela le peuple palestinien est capable de résister et de continuer sa lutte jusqu’à l’obtention de sa liberté et de son indépendance. Notre peuple ne va pas renoncer à ses droits fondamentaux quels que soient les souffrances, les difficultés et tout ce qui fait l’occupation israélienne. Le sort de l’occupation Israélienne ne sera pas meilleur que le sort du régime de l’apartheid en Afrique du Sud ou le sort du colonialisme et du fascisme dans le monde.

Le gouvernement israélien refuse de geler la construction. Comment peut-on briser cette rigidité  ?

Marwan Barghouti  : Malheureusement l’autorité palestinienne a négocié pendant vingt ans sans aucun arrêt de la colonisation qui menace le rêve palestinien de liberté et de création d’un État indépendant. La reprise des négociations ne pourra se faire qu’avec l’arrêt total de la colonisation et avec 
un engagement de la part d’Israël pour mettre fin à la plus longue occupation militaire et raciste 
de l’histoire contemporaine.

Quel rôle les Etats-Unis et l’Union européenne doivent jouer pour obliger Israël à arrêter cette colonisation  ?

Marwan Barghouti  : Les États-Unis n’exercent pas de pressions sur Israël, ce qui a encouragé ce dernier à continuer la colonisation. Pourtant, les États Unis pourraient faire arrêter la colonisation et l’occupation et même obliger Israël à reconnaître le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à créer leur propre État. Mais en vingt ans de négociations les États-Unis n’ont pas eu un rôle impartial. L’Union Européenne joue un rôle très important au Moyen-Orient et dans ce conflit. Elle accorde beaucoup d’aides aux Palestiniens, elle les soutient pour résister et développer les institutions de leur futur État. Mais malheureusement l’Union européenne n’a pas exercé assez de pression sur Israël pour l’obliger à mettre fin à cette colonisation et à cette occupation. L’Europe devrait insister à jouer un rôle politique plus efficace et être un partenaire important comme les autres parties internationales pour sauver 
le processus de la paix.

Comment parvenir à 
la réconciliation entre les mouvements palestiniens ?

Marwan Barghouti  : Le chemin de la réconciliation passe par le retour au dialogue national complet, le retour au document des prisonniers qui a été signé par toutes les factions y compris le Hamas et le Fatah, le respect de ce document et son application. Sans oublier le document de réconciliation proposé par les Égyptiens. Comme pour tous les peuples opprimés et tous les mouvements de libération, l’union nationale est l’entrée et la base de victoire.

Serez-vous candidat à l’élection présidentielle ?

Marwan Barghouti  : La tenue des élections législatives et présidentielle et celles du conseil national de l’OLP est une revendication constitutionnelle et démocratique. Elles représentent une des formes de la souveraineté nationale et populaire. C’est une occasion pour renforcer le partenariat national et démocratique dont on a besoin parce qu’on est toujours dans la phase de la libération nationale. Pour ce qui me concerne, je ne prendrai ma décision que lorsqu’une date sera fixée pour les élections, que la réconciliation sera effective et que le scrutin se déroule en Cisjordanie, à Jérusalem et dans la bande de Gaza.

Entretien réalisé par P. B.

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Vidéo sur le boycott
 
 

VIDEOS: La vie à Gaza – une tente froide sous la pluie
 
Un an après le massacre de Gaza, des familles vivent encore dans des tentes. Il n’y a pratiquement pas eu de reconstruction de Gaza – en dépit des plus de 6300 maisons complètement détruites ou sérieusement endommagées et des 16.000 maisons endommagées – et ce qui s’est passé a été des projets soutenus par des ONG internationales, ou des maisons construites avec des briques d’adobe.

Le siège a détruit l’infrastructure de Gaza pendant des années avant que l’assaut d’Israël ne détruise des maisons, l’eau et l’assainissement, les puits agricoles et des champs de cultures … vie … espoir … rêves … le sentiment de sécurité …
 
 
 


Edité par T 34 - 05 Jan 2010 à 21:21
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jan 2010 à 13:24
Coups de dent n°123

Le mur de la honte et la tour d’orgueil


AUTEUR:  Ayman EL KAYMAN


Tout monarque qui se respecte se doit de marquer son passage éphémère sur cette terre par au moins une construction monumentale digne de lui et qui laisse une empreinte durable sur les hommes et dans le paysage. Louis XIV nous a laissé Versailles, Shah Jahan nous a laissé le Taj Mahal, Mitterrand la Pyramide du Louvre, Hassan II la mosquée de Casablanca et le Mur du Sahara. Deux monarques régnants arabes n’ont pas voulu manquer à cette tradition.

Le Mur d’Acier de Moubarak
Hosni Moubarak, le pharaonicule, lèguera à la postérité un monument très particulier, Al Jidar Al Fouladhi, Le Mur d’acier, qu’on appellera Jidar Al Khazi Al Moubarakii (Le Mur de la honte de Moubarak). Ce mur d’acier enterré à 35 mètres de profondeur, est en train d’être construit tout le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte. Il sera doublé d’un canal souterrain amenant de l’eau de la Méditerranée, qui servira à noyer les tunnels creusés par les Gazaouis pour échapper à leur enfermement meurtrier. Le chantier bat son plein. Il est supervisé par des officiers des services de renseignements militaires US et français installés dans un QG à l’ambassade US du Caire et disposant d’un “poste de commandement avancé” à El Arish.

À la mi-décembre, le général français Benoît Puga, chef de la DRM (Direction du renseignement militaire) a visité le chantier.

Cette affaire a éclaté fin décembre, suite à des indiscrétions israéliennes et le gouvernement égyptien, après des faibles dénégations, a finalement reconnu que le projet était en cours de réalisation. Les Palestiniens et leurs amis se sont alors sérieusement énervés et les critiques ont commencé à fuser. Le 28 décembre, Cheih Yousouf Al Qardaoui et 26 autres oulémas de l’Union internationale des Oulémas, dont les Cheikhs Zindani et Nabulsi, ont émis une déclaration (improprement qualifiée par certains  commentateurs de “fatwa”) condamnant ce mur comme “un crime injustifiable” que l’Islam ne saurait tolérer et lançant un appel à la Ligue Arabe et à l’Organisation de la conférence islamique pour qu’elles interviennent auprès de l’Égypte afin qu’elle annulle le chantier.

 Le 1er janvier, réponse du berger à la bergère: Cheikh Mohammed Said Tantaoui et ses collègues du Conseil de recherche scientifique islamique de l’Université Al-Azhar, qui sont des fonctionnaires religieux stipendiés par le gouvernement égyptien, ont émis rien moins que ce qu’ils présentent eux-mêmes comme une fatwa, déclarant que le mur d’acier est strictement halal (licite) et que ceux qui s’y opposent “violent les commandements de l’Islam”, autrement dit sont des apostats. En effet,  expliquent nos docteurs (ou)folislam*, les tunnels creusés par les Gazaouis sous la frontière,“sont utilisés pour des trafics de drogue et autres contrebandes qui menacent la stabilité de ‘Égypte”. Bref, de quoi s’arracher tous les poils de la barbe.

* L’auteur fait ici un triple jeu de mots, dont il reconnaît être assez fier, entre Docteur Folamour, foul (fèves en arabe) et oufoul (la fin en arabe).

 
Pour la tour d'orgeuil voir dans le sujet : écologie/environnement/nature


Edité par T 34 - 06 Jan 2010 à 13:26
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Tel Aviv, le 02 Janvier 2010

Bonsoir à vous tous qui êtes venus pour marquer le premier anniversaire du carnage à Gaza et pour protester contre l’autosatisfaction  confortable dont font preuve les habitants de cette ville et de ce pays face à la lente annihilation qui va sans cesse croissant à Gaza comme  dans toute la Palestine.

Aurait-on posé aux enfants israéliens des écoles maternelles la question : » Qu’as-tu appris à l’école cette année mon cher petit garçon ? que  beaucoup de réponses différentes auraient pu être données. Un enfant éclairé et à l’esprit critique aurait pu répondre : j’ai appris que le soleil  brille toujours, que l’amandier fleurit et que les bouchers tuent, et aucun juge le condamne. (1)

Et l’enfant qui est moins habitué à théoriser aurait pu se réjouir en disant : j’ai appris comment berner les Américains, décevoir les  Palestiniens, tuer des Arabes, expulser des familles de leurs maisons et maudire quiconque me dit que je suis un sale morveux quand j’ai été  un sale morveux et j’ai appris que le peuple juif est vivant et que Gilad Shalit est vivant lui aussi. Encore. ( 2)

Et le nouveau petit immigrant à qui il tarde terriblement d’être intégré et de faire partie de la société pourrait dire : J’ai appris qui détester, j’ai
appris qui doit être tué et sur qui je peux cracher et je suis toujours prêt pour ce boulot quelque soit le moment où vous m’appellerez.

Un enfant sioniste-religieux qui va dans un jardin d’enfants entouré d’une clôture et bien gardé dans une colonie pourrait dire : J’ai appris à
être un bon Sioniste , à aimer la Terre , à mourir et à tuer pour sa sauvegarde, à en expulser les envahisseurs, à tuer leurs enfants, à détruire
leurs maisons et à ne jamais oublier qu’à toutes les générations et à chacune d’entre elles des persécuteurs se lèveront pour nous annihiler et
que tous les non- juifs sont les mêmes, qu’ils sont tous des antisémites qui doivent être supprimés. Et le plus important est que le soleil
continue à briller que l’amandier continue à fleurir et bientôt, nous irons faire des plantations sur toutes les montagnes de Judée et de
Samarie et nous garderons bien les jeunes arbres contre ces hordes de bergers qui ont envahi notre pays pendant les 2000 ans où nous
n’avons pas été là pour veiller sur lui.

Cette année nos enfants ont appris que tuer un non-juif, quel que soit son âge, est un grand commandement. Et cela, ils ne l’ont pas
seulement appris des rabbins, mais aussi des soldats qui sans cesse fanfaronnent à propos de ce qu’ils ont fait. Et cela été bien exprimé par
Damian Kirilik quand la police l’a arrêté et accusé du meurtre de toute la famille Oshrenko. ( 3 ) . Presque tranquillement il a demandé aux
enquêteurs de la police : pourquoi faites-vous tant d’histoire pour le meurtre d’enfants ? Damian Kirilik est un nouvel immigrant qui ne
comprend pas les nuances sophistiquées des enseignements des rabbins pour tuer les enfants non-juifs. Mais cet assassin du dehors a vite
compris l’idée générale, c’est qu’il est arrivé dans un endroit où le meurtre des enfants est pris avec beaucoup de légèreté.

Nos enfants ont appris cette année que tous les qualificatifs dégradants que les antisémites attribuent aux Juifs sont aujourd’hui manifestes
parmi nos leaders : fraude et duperie, cupidité et meurtres d’enfants. Au moment où il est accusé de trafic d’organes transplantés le
gouvernement d’Israël imperturbable s’engage dans le trafic d’êtres humains tout entiers, pour le moment. On peut prévoir pour bientôt, et
pour de nombreuses années , alors que de nombreuses voitures arborent l’auto-collant : «Gilad, né pour être libre » ( 4 )que les capitaines de
ce bateau –pirate qui est Israël , continueront leurs machinations et marchanderont encore pour savoir combien de kilos de chair juive,
probablement rétrécie, peut être commercialisée contre combien de chair Palestinienne, qui n’est sans doute plus ce qu’elle était, comme
nous l’avons appris dans les informations à propos des vols de peau et de cornée au Centre Forensic d’ Abu Kabir. ( 5 ) .

Et ils continueront de tuer au nom de Gilad et d’affamer et d’étrangler au nom de Gilad pour annihiler le peuple palestinien lentement mais
sûrement et par la même occasion ils vont encourager les « mauvaises herbes » palestiniennes qui toujours légitiment la poursuite des
assassinats.

Comme dans toute société pourrie et corrompue le mot «valeurs » ressurgit encore et encore dans chaque discours de chaque politicien
spécialement de ceux qui sont inculpés. Les valeurs du Sionisme, et les valeurs du Judaïsme et les valeurs de l’Armée Israélienne. Les valeurs
du Sionisme ont bien été remarquées cette année dans leur pleine gloire à l’occasion de l’expulsion des familles de leurs maisons à Sheikh
Jarrah. Les valeurs de la Démocratie et la force du Droit s’expriment pleinement pour les Palestiniens qui sont suspectés d’actes violents et
sont assassinés sans autre forme de procès dans leurs maisons en présence de leurs enfants pendant que des terroristes Juifs jouissent
d’une complète impunité face au système judiciaire.

C’est cela que nos enfants apprennent dans l’Etat juif démocratique. Donc, on peut s’étonner du choc supposé exprimé face à la violence dans
les écoles et les discothèques, dans les rues et sur les routes. Après tout cette violence n’est rien d’autre que la mise en pratique des valeurs
de l’armée, un cours d’entrainement de base pour les activités et les opérations qui sont à l’horizon pour ces jeunes. C’est l’occasion qu’ont
ces jeunes de montrer ce qu’ils ont appris de leurs parents et de leurs grands frères, de leurs professeurs et de leurs guides. Le seul
problème qui apparemment perturbe les autorités, tant celles de l’éducation que celles du maintien de l’ordre est qu’il n’y a pas de
Palestiniens dans les écoles juives et dans les discothèques juives et dans les rues juives. A cause de ce manque, les jeunes Juifs dirigent leur
violence les uns contre les autres et cela ne devrait pas arriver, un Juif ne devrait pas blesser un autre Juif. La violence devrait être canalisée et
régulée, guidée par l’obéissance aveugle aux lois raciales et dirigée seulement et exclusivement à l’encontre de ceux qui ne sont pas Juifs.
Et nous qui manifestons chaque semaine, chaque mois, à chaque carnage et à chaque anniversaire de chaque carnage, quelle est notre force ?
Aucune. Le deuil et l’échec sont notre lot dans ce pays. Jeudi dernier, nous sommes restés aux portes de Gaza, disciplinés et obéissants aux
conditions des autorisations de la police, heureux de nous voir les uns les autres et de constater que nous sommes vivants et scandant d’une
voix forte des slogans devant un parterre de policiers et de soldats semblables à des robots , complètement incapables de comprendre ce que
nous étions en train de dire. Mais nous n’avons pas fait tomber le Mur. Nous n’avons pas réussi à sauver ne serait-ce qu’un seul enfant de
l’épidémie de méningite qui infeste Gaza depuis plusieurs mois.

Que pouvons-nous faire avec notre impuissance et nos échecs ? Que pouvons-nous faire dans un système éducatif qui demande à ses
diplômés une identification absolue avec les combattants de la guérilla juive qui furent exécutés avant 1948 par les Britanniques sous
l’inculpation de « Terrorisme » et au même moment une identification totale à leurs bourreaux ? De s’identifier aux victimes d’Auschwitz et
en même temps de se comporter avec une indifférence cruelle envers la souffrance de quiconque n’appartient pas à notre race ? Qu’est-ce
que les militants de Paix peuvent bien faire dans un pays dirigé par l’armée dont les écoles sont infestées de criminels de guerre venant
injecter leur enseignement et où les élèves sont obligés d’expérimenter une semaine prémilitaire de « Gadna » ( brigades de jeunes) et
d’écouter les récits héroïques des criminels du carnage de Gaza et pour qui toutes les possibilités offertes qu’elles soient psychologiques,
sociales ou éducatives ont pour but de faire d’eux des rouages de la machine à tuer ?
Ce sont nos propres fils et nos propres filles – et nous n’avons aucun accès au système qui dirige leurs vies. Où est l’espace qui nous est
laissé pour instiller en eux une ou deux de nos propres valeurs ? Quelles valeurs de beauté et de bonté pouvons–nous glisser dans un tel
appareil sophistiqué de lavage de cerveaux et de distorsion du réel ?
Il semble que la seule valeur que nous ayons encore le pouvoir d’instiller et qui ait encore du sens est la valeur du refus. Apprendre à dire
non. Enseigner à nos enfants qui n’ont pas encore été empoisonnés à résister au lavage de cerveaux, à rejeter les virus qui sont injectés dans
leurs esprits. C’est une tâche dure, une tâche de Sisyphe, mais le seul chemin pour réaffirmer notre humanité. Dire non au mal, non à la
duplicité, non à la tromperie, non au trafic d’êtres humains, non au racisme qui se répand ici comme un incendie sauvage, un racisme qui ne
s’arrête ni au checkpoint de Kalandia ni au checkpoint d’Erez mais qui s’étend comme un cancer jusqu’aux centres honteux d’absorption des
immigrants , aux écoles qui proclament l’intégration et pratiquent la ségrégation, à toutes les cultures et à toutes les croyances dans ce pays.
Si nous n’apprenons pas à refuser et à rejeter le mal, les lois et les contraintes du mal, nous nous retrouverons nous rejetant et nous refusant
nous-mêmes et notre vérité intérieure la plus essentielle. Nous devons refuser de sentir part d’une minorité disparue, refuser la peur,
l’appréhension et l’aliénation qui nous sont imposées, refuser d’en être complices.

Seul le refus peut sauver de la capitulation, de la faillite, du désespoir. Nous sommes ici aujourd’hui comme des étrangers, comme une
minorité d’étrangers haïs et persécutés. Mais, ensemble, avec nos amis qui cherchent la Paix de l’autre côté du Mur, de l’autre côté des
barrières de barbelés, nous pouvons devenir une majorité. Seul le refus de capituler devant les murs et les checkpoints peut ouvrir les portes
de notre ghetto afin que nous puissions jeter à bas les murs de leurs ghettos. Pour voir enfin qu’il y a un monde extérieur, qu’il y a des
régions tout autour que le Fond National Juif n’a pas détruits, qu’il y a une culture et qu’il y a des peuples et que ça vaut la peine de les
rencontrer de les connaître et d’en faire des amis , d’apprendre d’eux des choses sur ce pays où nous vivons comme des étrangers résidents
et nous rappeler que cette terre peut être une terre d’une beauté sans égale. ( 7 )

Notes :

( 1 ) : Une référence au poème célèbre de Bialik sur le Pogrom de Kishinev en1903 .
( 2 ) : « AM YISRAEL HAI », « le peuple juif vit » une parole traditionnelle souvent utilisée dans un contexte nationaliste.
(3) : HYPERLINK “http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1256799068438&pagename=JPArticle%2FShowFull
http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1256799068438&pagename=JPArticle%2FShowFull

(4)Le slogan « Ron Arad, né pour être libre » se réfère au pilote israélien Ron Arad. Pour sa libération le gouvernement israélien refusa de
libérer des prisonniers Palestiniens et Libanais et qui est considéré comme étant définitivement perdu.
(5) voir : HYPERLINK “http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/2israeli-pathologists-harvested-organs
http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/2israeli-pathologists-harvested-organs

(6) Les leaders des colonies se dissocient des actes d’extrême violence envers les Palestiniens en définissant ceux qui les perpétuent comme «
les mauvaises herbes de notre jardin »

(7) Le terme Hébreu utilisé « Yefe Nof » est tiré du poème de nostalgie envers Jérusalem écrit par le poète médiéval espagnol Yehuda Halévy :
« O séjour de beauté sans égale/ joie de la terre entière »

 transmis par l’UJFP


Brèves sur la Marche pour Gaza
Collectif   

Marche%20de%20GazaIls étaient partis nombreux de différents pays pour rejoindre Gaza et manifester leur soutien, mais la plupart n'ont pas pu rejoindre le territoire palestinien. Comment s'est déroulée cette  aventure solidaire? Pourquoi l'Egypte a-t-elle bloqué ces militants pacifiques? Les réponses par des extraits de textes choisis. Et en bonus, le message de soutien de Roger Waters des Pink Floyd. 

 

Extrait d'un récit de la Marche et des manifestations au Caire

Dès notre arrivée au Caire le 26 décembre, notre groupe de 300 participants français apprenait que le gouvernement égyptien interdisait aux organisateurs américains de la marche de se réunir le lendemain au Collège des Jésuites de la Sainte Famille, afin de permettre aux quelque 800 internationaux de divers pays de faire le point sur la situation. Le même jour, il leur était annoncé que les autocars dans lesquels ils comptaient monter le 28 au matin ne seraient pas au rendez-vous. Nous apprenions également que toutes les personnes, arrivées plus tôt et ayant essayé de se rendre par leurs propres moyens (seuls ou en petits groupes) en direction de Gaza, avaient été arrêtées et se trouvaient bloquées par les forces de l’ordre égyptiennes sur la route, dans leurs hotels ou dans les gares routières. (A noter, que parallèlement, nos amis de la caravane "Viva Palestina", conduite par George Galloway étaient également bloqués par le gouvernement égyptien)


(…) 
Et le dimanche 27 décembre, un an jour pour jour après les massacres israéliens dans la bande de Gaza, Moubarak allait jusqu’à interdire une commémoration pacifique des internationaux, consistant à déposer sur le Nil des bougies (biodégradables) à la mémoire des martyrs de Gaza.



(…) Réclamant nos cars et la possibilité de pouvoir nous rendre à Gaza, nous décidions de camper devant l’ambassade de France, déclinant l’offre de l’ambassadeur qui proposait de nous faire conduire au Lycée Français du Caire, et de nous y laisser enfermer sous bonne escorte, jusqu’à notre retour en France (nous conseillant vivement d’anticiper celui-ci, si nous ne souhaitions pas occuper le reste de la semaine à faire du tourisme) .



La sénatrice Alima Boumediene-Thiery, présente à nos côtés, ne s’est pas privée de faire savoir à l’ambassadeur ce qu’elle pensait d’une telle attitude de la part du gouvernement français.

Nous saluons au passage le courage de Monseigneur Gaillot, qui a tenu bon, dormant par terre et vaquant avec le sourire, malgré des problèmes de santé. Un grand coup de chapeau également au doyen de nos participants, Michel Sergent, 82 ans, qui a dormi pendant toute la semaine, en position assise, contre un arbre, et qui a entrainé un groupe de marathoniens tous vêtus des T.Shirts "Palestine Vivra - Boycott Israël" dans les rues du Caire, sous les applaudissements des passants !



Hedy Epstein, 85 ans, rescapée du génocide nazi, qui tentait pour la troisième fois de se rendre à Gaza, est venue le féliciter dans notre mini-blocus de l’ambassade de France la veille du Nouvel An.


(…)

Ainsi un rassemblement de protestation, le 31 décembre, réunissait entre 500 et 600 internationaux devant l’endroit le plus fréquenté du Caire (à la fois par les Egyptiens et les touristes), le Musée Egyptien et la place de la Libération, et faisait la une de tous les journaux égyptiens. Le lendemain, un autre rassemblement devant l’ambassade d’Israël au Caire regroupait à nouveau plus de 600 personnes.

 Inspirées par notre action devant l’ambassade de France, couverte par les télévisions, radios et journaux du monde entier, les délégations des autres pays ont à leur tour organisé des manifestations devant leur ambassades, avant d’en être délogées.



Pendant une semaine, nous avons réussi, en reproduisant un mini blocus symbolique devant l’ambassade de France, en confectionnant des banderoles visibles de loin,à attirer l’attention des médias jusqu’alors silencieux sur le blocus de Gaza et sur la collaboration honteuse à ce siège de nos gouvernements.

Même les jeunes appelés, massés par centaines devant l’ambassade pour nous empêcher de sortir, pactisaient avec nous et se faisaient constamment rappeler à l’ordre par leurs supérieurs.

Malgré l’action des forces de police égyptiennes qui arrêtaient, embarquaient, intimidaient les journalistes qui cherchaient à nous interviewer, et qui mettaient même des amendes aux automobilistes qui ralentissaient et klaxonnaient pour nous féliciter, le retentissement a été à la hauteur du caractère inédit de telles manifestations dans une dictature qui interdit tout regroupement de plus de 6 personnes.



Nous revenons de cette aventure plus déterminés que jamais à mener le combat contre l’inhumanité du siège de Gaza, de l’emprisonnement et de la spoliation de tout le peuple palestinien, par l’occupant israélien. Crimes contre l’humanité qui ne peuvent être perpétrés qu’avec l’assentiment de nos dirigeants, parmi lesquels le gouvernement égyptien qui montre son vrai visage de collabo en construisant un mur destiné à étrangler et affamer davantage encore la population de Gaza.

Des liens très forts ont été tissés entre les représentants de tous les pays durant cette "Marche pour Gaza" stoppée au Caire. Profitons-en pour faire de 2010 l’année qui nous rassemble, pour faire trembler tous ces tyrans !

Source: EuroPalestine


Le convoi Viva Palestina a brisé le siège de Gaza

Ce mercredi les participants du convoi Viva Palestina, très retardé, ont commencé à traverser la frontière de Rafah permettant d’aller de l’Egypte à Gaza, agitant des drapeaux palestiniens et levant leurs mains en signe de paix.

Selon Ayman Mohyeldin d’Al Jazeera, rapportant depuis Gaza, la première vague de véhicules a été accueillie par les dirigeants du Hamas à Gaza ainsi que par des membres d’une organisation humanitaire turque qui avait aidé à amener le convoi jusqu’au territoire assiégé.

(...) Le convoi, conduit par George Galloway, député britannique, avait déjà été retardé de plus d’une semaine après que lui-même et une délégation de députés turcs aient échoué à convaincre les Egyptiens à changer d’avis.


(...) Israël et l’Egypte ont de concert fortement limité les voyages vers et depuis la bande de Gaza depuis que le Hamas en a pris le contrôle en Juin 2007, après avoir remporté les élections législatives palestiniennes en 2006.

Le blocus ne laisse passer que très peu de produits de base vers Gaza.

Le siège a fortement restreint les approvisionnements les plus nécessaires et les habitants de Gaza sont dans une situation très difficile, aggravée par l’agression militaire israélienne l’hiver dernier qui a laissé une grande partie du territoire assiégé en ruines.

Source: Info Palestine

 

Pourquoi l'Egypte a bloqué les militants?

L’administration américaine a laissé filtrer sa solution pour le 
« conflit du Moyen-Orient », dite de « la Confédération sacrée », qui exclut l’Égypte de ses plans et la prive de la manne qu’elle est supposée générer. Car cette « Confédération sacrée » serait une entité qui engloberait Israël, la Jordanie et l’État palestinien, avec Jérusalem pratiquement internationalisée. Quoique ses chances d`aboutir soient très peu probables, cette proposition rythmera les négociations et les conférences des prochaines années. Mais elle marginalise l`Egypte, tant sur le plan politique que 
financier. (…) Il fallait donc prouver la capacité de l’Égypte à être incontournable. 
Voilà que la mise en œuvre du « mur renversé », imaginé par un ingénieur américain fou, devenait une nécessité. (…)Il était assez délicat de laisser passer 1400 marcheurs à côté du chantier tandis que des accrochages entre Palestiniens et policiers égyptiens ont éclaté. Alors les responsables égyptiens disent non à la Marche, comme au convoi « Viva Palestina » qui négocie depuis des mois, après avoir réussi deux passages durant l’année. Nous protestons ? Ils mentent, prétendant que nous sommes désordonnés, et risquons de provoquer des troubles, que nous sommes tendancieux et avons insulté la grande Égypte, et patati et patata.
S’ajoute à cette première raison une deuxième encore moins glorieuse : les autorités israéliennes ne voient pas d’un bon œil ces « terro-touristes », comme Israël a pris l’habitude de les appeler.

Source: Protection Palestine

 

Le soutien de Roger Waters de Pink Floyd

Je vous écris pour exprimer mon immense admiration et ma solidarité avec les 1360 hommes et femmes de 42 pays différents qui se réunissent en Egypte pour préparer la Marche pour la Liberté de Gaza.
Tous, nous avons observé, atterrés, l’attaque vicieuse faite il y a un an contre le peuple de Gaza par les forces armées israéliennes et le siège continu et illégal. Les ravages contre la population en souffrance de Gaza par non seulement l’invasion mais le siège sont inimaginables pour nous qui sommes hors ces murs.
Le but de la Marche pour la Liberté est d’attirer l’attention du monde entier sur la situation critique du peuple palestinien de Gaza dans l’espoir que les écailles vont tomber des yeux de tous, gens ordinaires, gens honnêtes, du monde entier, pour qu’ils puissent voir l’énormité des crimes qui ont été commis, et réclament à leur gouvernements de faire toutes les pressions possibles pour qu’Israël lève le siège.
(…)La Marche pour la Liberté de Gaza est un signal pour tous ceux d’entre nous qui croient que sous la peau, nous sommes tous frères et sœurs, qui devons nous tenir épaule contre épaule, si nous sommes prêts à faire un futur où tous aurons recours à la loi et aux droits de l ‘homme universels. Là où la vie, la liberté et la quête du bonheur ne sont pas que les chasses gardées de quelques uns. Tout le pétrole du Proche Orient ne vaut pas la vie d’un seul enfant.
Aussi à ceux d’entre vous qui marchez, je tire mon chapeau. Ce que vous faites est courageux et noble et quand vous aurez atteint votre but, s’il vous plait dites à nos frères et à nos sœurs palestiniens que nous, d’ici, loin des Murs de leur Prison, nous sommes des centaines de milliers qui sommes solidaires d’eux. (…)
(Traduction Carole SANDREL)

Source et vidéo: EuroPalestine

Gaza se souvient, Gaza étouffe, Gaza patiente
Ziad Medoukh   

Photo: Ziad Medoukh

Fin décembre 2008, fin décembre 2009, un an déjà ... Je ne vais pas revenir dans cet article sur les 3 semaines terribles vécues par la population civile de la bande de Gaza lors de l’agression israélienne contre une région innocente, contre une prison à ciel ouvert, contre un territoire isolé, emmuré, une population enfermée, sans possibilité de fuir...



Chacun est libre de qualifier et de décrire avec ses mots ces horribles événements de Gaza : guerre, agression, pilonnages, massacres, crimes de guerre, attaques sanglantes, voire des attaques barbares... Les seuls mots pour moi sont, massacres et crimes commis par la cinquième puissance militaire dans le monde contre un million et demi de civils, contre des femmes et des enfants et des vieillards sans défense, contre la totalité des infrastructures de la bande de Gaza, et ce, dans le plus profond mépris des condamnations internationales.
C’est très difficile pour moi, Gazaoui, de décrire la situation actuelle dans la bande de Gaza un an après la fin de l’agression israélienne, car je pourrais écrire des pages et des pages, voire des livres, pour évoquer seulement une partie de la souffrance, de la douleur et des sacrifices de ses habitants toujours isolés, enfermés par le blocus, et abandonnés à leur sort au vu et au su du monde dit libre.


Les mots et les expressions m’échappent pour parler de toute une population : femmes, jeunes, enfants, personnes âgées, patients, chômeurs, malades, blessés, invalides, tous ceux qui ont perdu pendant ce déferlement de massacres et de destructions, leurs maisons, leurs biens et surtout leurs proches, et qui, néanmoins, continuent de résister sur leur terre dans des conditions inhumaines, difficilement imaginables pour quelqu’un de l’extérieur.


Je ne sais pas de quel Gaza je vais parler : Gaza le blocus ? Gaza l’isolement ? Gaza la résistance ? Gaza la vie ? Gaza la souffrance ? Gaza la détermination ? Gaza la prison ? Gaza la mort lente ? Gaza la tristesse ? Gaza l’obscurité ? Gaza l’opprimée ? Gaza l’étouffement ? Gaza l’impuissance ? Gaza le malheur ? ou Gaza l’espoir ?

Un an déjà... Gaza fin décembre 2009 : un an après ces événements les Gazaouis se rappellent - comment pourraient-ils oublier ? Ils se souviennent de ces 20 jours de carnages jamais égalés depuis l’occupation israélienne en 48. Ils se souviennent d’abord de plus de leurs martyrs, plus de 1 400 tombés sous les bombes de l’aviation israélienne ou les balles des soldats : ils se souviennent des maisons, plus de 6 000, des hôpitaux, des écoles, des refuges pour la population, détruits par les bombardements indiscriminés des Israéliens ; ils se souviennent de la passivité complice de la communauté internationale pendant ces massacres. Dans le monde des humains au XXIème siècle, comment cela est-il possible ?


Un an déjà, et rien n’a changé à Gaza... Le blocus inhumain imposé depuis plus de 3 ans resserre toujours son étau, de façon encore plus inhumaine dans la situation actuelle des Gazaouis ; les passages qui relient la bande de Gaza au monde extérieur sont ouverts au compte-gouttes sur ordre militaire israélien ; 80% de la population civile dans la bande de Gaza vivent avec des aides alimentaires internationales, quand elles peuvent passer ; les blessés et les malades meurent ou attendent la mort parce qu’il est interdit de sortir pour aller se faire soigner à l’extérieur et que leurs hôpitaux manquent d’équipements adéquats.


Fin décembre 2009, un an déjà et Gaza survit toujours dans la douleur, Gaza patiente... Gaza attend toujours le réveil de la conscience mondiale, Gaza continue d’attendre l’application de la loi internationale, Gaza continue de souffrir avec seulement sa détermination de continuer à vivre... de ne pas mourir...
Un an et plus de 10 000 habitants de Gaza vivent toujours dans des tentes à côté des ruines de leurs maisons car tous les matériaux de construction sont interdits d’accès dans la bande de Gaza sur ordre militaire israélien.
Gaza, fin décembre 2009, espère malgré tout. Ses raisons d’espérer, comme l’ont été les puissantes manifestations de soutien partout dans le monde, restent la mobilisation des sociétés civiles et des représentants politiques partout dans le monde pour que les gouvernements et les instances décisionnelles de la communauté internationale imposent la levée du blocus et la réouverture des passages, pour qu’enfin les habitants de la bande de Gaza puissent commencer à restaurer leur environnement... à panser leurs plaies ; pour qu’enfin ils puissent espérer commencer à pouvoir vivre une vie normale dans leur région, dans leurs villes, dans leurs villages...


Gaza, fin décembre 2009, à la veille de la marche commémorative internationale : Gaza n’en peut plus, Gaza survit au jour le jour, Gaza étouffe, Gaza crie dans le silence des médias internationaux, Gaza attend... Gaza espère... espère et demande... Les Palestiniens de Gaza espèrent et demandent la restauration de leurs droits fondamentaux, de leur droit à la vie dans le monde, à la paix par l’application de la justice.
Le chemin de la paix passe par la justice, rien que la justice.
Gaza et les Palestiniens aspirent à la paix dans la liberté et la justice.

 

Source: InfoPalestine

Le vol d'organes sur des Palestiniens, c'était donc vrai
Nadal   

Il y a quelques mois, un article d'un journal suédois faisait éclater un scandale: le vol d'organes sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne. L'article a très vite été déparé de son contenu pour être ramené sur le terrain de l'antisémitisme et des attaques lancées contre Israël. Les relations entre Stockholm et Tel-Aviv se sont tendues, cette dernière réclamant des condamnations pour les propos jugés diffamatoires tenus dans le quotiden suédois. Pourtant, l'information a bel et bien été confirmée depuis. Nadal revient ici sur son parcours dans le paysage médiatique et analyse comment la propagande pro-israélienne s'est employée à en minimiser l'impact.


 

La méthode est désormais classique:
    •    un journaliste occidental publie un article très gênant pour Israël; l'article passe quasiment inaperçu;
    •    les réseaux sionistes repèrent l'article et montent un énorme scandale; l'article est immédiatement taxé d'antisémitisme, les autorités israéliennes en font des montagnes (exigeant une condamnation par le pays où est publié le journal);
    •    les médias occidentaux évoquent alors l'affaire, mais uniquement sous l'angle de l'accusation d'antisémitisme et des «tensions» entre Israël et un pays occidental;
    •    fin du premier épisode. Personne ne s'intéresse, évidemment, au contenu «gênant» de l'article d'origine, n'enquête sur les révélations, et se contente au mieux d'enquêter sur la personnalité du journaliste et sur ses «réseaux» (du genre: son texte a été repris sur les sites «conspirationnistes» sur Internet, donc le journaliste est bien quelqu'un de louche);
    •    puis on apprend, quelques mois après, que l'information gênante était vraie (généralement, parce qu'un média israélien l'a vérifiée; si Al Jazeera valide une telle information, ça n'a évidemment aucun intérêt); réaction des médias occidentaux: au pire (situation française), quasiment aucune reprise; au mieux, on évoque rapidement l'information, mais on essaie de circonscrire l'effet de cette info à «la colère du monde arabo-musulman».
L'histoire qui m'intéresse aujourd'hui, c'est celle du vol d'organes sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne.

Pour les médias, l'affaire commence avec l'article de Donal Boström dans le journal suédois Aftonbladet. L'article a été traduit en français par le réseau Tlaxcala.
Les familles en Cisjordanie et à Gaza étaient sûres de ce qui était arrivé à leurs fils : «Nos fils sont utilisés comme donneurs d'organes involontaires», m’a dit un proche de Khaled de Naplouse, de même que la mère de Raed de Jénine et les oncles de Mahmoud et Nafes dans la bande de Gaza, qui ont tous disparu pendant un certain nombre de jours avant de revenir de nuit, morts et autopsiés.

«Pourquoi sinon garder les corps pendant au moins cinq jours avant de nous laisser les enterrer? Qu'est-il arrivé aux corps pendant cette période? Pourquoi effectuent-ils une autopsie, contre notre volonté, lorsque la cause du décès est évidente? Pourquoi les corps sont-ils rendus de nuit? Pourquoi avec une escorte militaire? Pourquoi la zone est-elle bouclée pendant l'enterrement? Pourquoi l'électricité est-elle coupée?» L’oncle de Nafe était bouleversé, et il avait beaucoup de questions.
L'article ne devient une «affaire» que lorsque le gouvernement israélien réagit avec une exagération proprement sidérante. Le traitement médiatique ne concerne alors jamais le fond de l'article (l'accusation du vol d'organe par les Israéliens sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne), mais unique les «tensions» entre Israël et la Suède. On compte des dizaines de reprises dans les médias français. Par exemple sur le Point: «Israël hausse le ton contre la Suède après un article jugé antisémite»; sur le fond de l'article, comme tous les journaux, il est seulement indiqué «Aftonbladet n'apporte toutefois aucune preuve, le rédacteur en chef expliquant avoir autorisé la publication car l'affaire “pose un nombre de questions pertinentes”.»
«Nous ne demandons pas des excuses du gouvernement suédois, nous voulons de sa part une condamnation (de l'article)», a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, selon une source officielle.

En Israël, des centaines d'Israéliens ont signé une pétition en ligne contre le géant du meuble suédois Ikea, selon Haaretz.

«La crise perdurera tant que le gouvernement suédois n'aura pas changé d'attitude à propos de cet article antisémite. Celui qui ne le condamne pas n'est pas forcément le bienvenu en Israël», a déclaré aux journalistes le ministre des Finances Youval Steinitz.

«Le gouvernement suédois ne peut plus se taire. Au Moyen-Age, on répandait des diffamations accusant les juifs de préparer le pain azyme de Pâques avec du sang d'enfants chrétiens, et aujourd'hui ce sont les soldats de Tsahal (l'armée israélienne) qui sont accusés de tuer des Palestiniens pour prélever leurs organes», a accusé le ministre.

Ces tensions diplomatiques tombent au plus mal, alors que le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt est attendu en visite officielle en Israël dans dix jours. La Suède exerce la présidence tournante de l'Union européenne.

[...]

Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a carrément comparé l'attitude de la Suède dans cette affaire à la politique de neutralité qu'elle adopta durant la Seconde Guerre mondiale. «A l'époque aussi, la Suède refusait d'intervenir» contre le génocide nazi, a-t-il reproché.
On peut rechercher dans les archives autour de cet article, on ne trouvera aucun média français pour aller plus loin que cette phrase «Aftonbladet n'apporte toutefois aucune preuve». Des témoignages de Palestiniens ne sont, évidemment, jamais des preuves.

L'affaire est close.

Pourtant, selon Romandie, «Aftonbladet revient sur les trafic d'organes de Palestiniens» le 23 août:

Deux de ses journalistes ont interrogé cette semaine dans le village cisjordanien d'Imatten la mère et le frère de Bilal Achmad Ghanem, qui, selon le journal suédois, est un jeune de 19 ans tué par des soldats israéliens il y a 17 ans, soupçonné d'avoir été un meneur dans la première Intifada.


Saadega Ghanem, la mère de Bilal, affirme que le 13 mai 1992, après l'avoir tué, les soldats ont transporté le corps de son fils par hélicoptère en Israël. Rendu quelques jours plus tard à la famille, la mère précise alors que «Bilal était étendu dans un sac noir. Il n'avait plus aucune dent. Le corps avait été ouvert de la gorge jusqu'au ventre puis très mal recousu».

Le journal écrit que le frère cadet de Bilal, Jalal Achmad Ghanem, 32 ans, «croit que les organes ont été volés».
Pourtant, CNN publie un reportage le 2 septembre: «Donor says he got thousands for his kidney»:


According to Scheper-Hughes, who is in the final stages of writing a book on organ trafficking, much of the world's illicit traffic in kidneys can be traced to Israel.
(Selon Schepper-Hugues, qui achève d'écrire un livre sur le trafic d'organes, la plus grosse partie du trafic illicite de reins remonte jusqu'à Israël)


«Israel is the top,» she said. «It has tentacles reaching out worldwide.» (Israël est le sommet, elle a des tentacules partout dans le monde)
Certes, l'enquête ne concerne pas un «vol» d'organes, uniquement la vente illégale d'organes.  Mais on a bien un trafic dont «Israël est le sommet».

Incidemment, on apprend qu'on ne parle pas ici de petites sommes. Des pots-de-vin entre 5000 et 10000 dollars, l'achat auprès des donneurs entre 5000 et 25000 dollars pour un rein, et, finalement:


A federal complaint against Itzhak-Levy Rosenbaum said he had offered to provide a new kidney for a relative of an undercover FBI agent for about $160,000.
(Une plainte fédérale contre Itzhak-Levy Rosenbaum a dit qu'il avait offert de fournir un nouveau rein à un proche d'un agent secret du FBI pour environ 160.000 dollars)

Surtout, Kawther Salam publie un article soutenant et complétant l'article d'Aftonbladet: «The Body Snatchers of Israel», traduit en français par le réseau Tlaxcala («Les détrousseurs de cadavres d'Israël»).


Je pense que le gouvernement israélien et tous ceux soupçonnés d'être complices se doivent de répondre à quelques questions difficiles, avant de se plaindre d'un rapport bien écrit paru dans un journal suédois et qui parle d'un seul cas parmi des milliers:
    •    Où sont les corps des deux frères Imad et Adel Awad Allah d'Al-Bireh, du district de Ramallah, assassinés le 10 Septembre 1998 dans la ferme d’Akram Maswadeh près -d'Hébron?
    •    Où sont les corps de Hani Ahmad Kharboush et Adel Mohammad Hadaideh assassinés le 6 Juin 2003 à "Ateel", une ville au nord de Tulkarem en Cisjordanie?
    •    Où est le corps de Borhan Sarhan, qui a été assassiné le 4 Octobre 2003 dans le camp de réfugiés de Tulkarem?
    •    Où est le corps de Hassan Issa Abbas, assassiné le 9 Octobre 1994, à Jérusalem?
    •    Où est le corps de Hisham Hamad, assassiné dans la bande de Gaza, le 11 Novembre 1993?
    •    Où est le corps de Salah Jad Allah Salem, assassiné le 14 Octobre 1994?
    •    Où sont les corps des deux ressortissants japonais qui ont été assassinés en 1972?
    •    Israël est-il à même de prouver que les organes de ces gens, et ceux des centaines, voire des milliers de Palestiniens enterrés dans des tombes numérotées de l'armée israélienne, n'ont pas été volés?
    •    Pourquoi Israël enterre-il les victimes de son occupation en secret, dans des tombes numérotées, s’il n’y a pas eu vol de leurs organes ?


Ce billet, en particulier, met en cause un certain docteur Yehuda Hiis: « Le Docteur Yehuda Hiss a charcuté trois adolescents de Gaza»:
Le patron du département de pathologie d’Abou Kabir (du soi-disant Institut médico-légal), le docteur Yehuda Hiss, affirma qu’il avait reçu ces enfants sans connaître leurs noms, et qu’on les avait tous trouvés tués par des clous que l’on trouve dans les munitions des tanks ( les fléchettes).
Hiss enfreignait la loi israélienne quand il a accepté les corps des enfants sans savoir qui ils étaient et à l'insu de leurs familles, mais ce n'était pas son souci. Les trois corps furent donnés à l'Autorité palestinienne plusieurs jours après leur meurtre, bourrés de coton.
Mais en quelques jours, il était déjà trop tard. L'affaire n'avait déjà plus aucune autre importance que les «tensions» entre Israël et la Suède. Le grand show à base d'imputation d'antisémitisme orchestré par Israël avait parfaitement réussi: personne ne s'intéressera aux allégations de l'article, c'est-à-dire le vol d'organes sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne, et sa possible connexion avec un trafic international d'organes dont Israël serait «le sommet».


Coup de théâtre. Hier (le 21 décembre), la révélation vient d'un reportage d'une télévision israëlienne: le docteur Hiss reconnaît le prélèvement illégal d'organes sur des Palestiniens, l'armée aussi, tout en précisant que la pratique aurait cessé.


Tout aussi spectaculaire: aucun journal français ne reprend l'information. Je n'en trouve trace ni sur le Figaro, ni sur le Monde, ni sur Libération. Seule une dépêche non signée de l'AP est passée sur le fil info du Nouvel Obs: «Israël: des organes ont été prélevés sur des Palestiniens». Et l'on retrouve des noms qu'on avait déjà croisés dans l'enquête de CNN et dans le billet de Kawther Salam.
Israël a reconnu que dans les années 1990, ses médecins légistes avaient collectés les organes de corps morts, notamment sur des Palestiniens, sans autorisation des familles.

[...]

L'auteur de l'entretien, Nancy Scheper-Hugues, professeur à Berkeley, a décidé de publier l'interview en réponse à la controverse soulevée par l'article du journal, qui avait créé des tensions diplomatiques. Pour cette anthropologue, la pratique symbolique de prendre la peau de l'ennemi a été reconsidérée. Pour le ministère de la santé israélien, les directives à l'époque n'étaient pas claires.
Les médias anglosaxons en parlent un peu plus mais, à l'image du Guardian, le traitement se limite au «damage control». Ainsi, dans l'article «Doctor admits Israeli pathologists harvested organs without consent» (déjà, le titre est un bel «understatement»), on peut lire:


The revelation, in a television documentary, is likely to generate anger in the Arab and Muslim world and reinforce sinister stereotypes of Israel and its attitude to Palestinians. Iran's state-run Press TV tonight reported the story, illustrated with photographs of dead or badly injured Palestinians.
(L
a révélation, dans un documentaire télévisé, vise probablement à susciter de la colère dans le monde arabe et musulman ainsi qu'à renforcer de sinistres stéréotypes sur Israël et son attitude vis à vis des Palestiniens. La télévision publique iranienne rapportait l'histoire, illustrée avec des photos de cadavres ou de corps sévérements blessés de Palestiniens.)

 


Deux phrases, deux saloperies. La crainte n'est pas que l'information soit affreusement grave et qu'Israël ait, à nouveau, battu ses records de bassesse, mais que cela «génère de la colère dans le monde arabo-musulman et que cela renforce les stéréotypes contre Israël». C'est pourtant bien Israël qui a lancé le thème de l'antisémitisme sur le sujet et établit le lien suivant: «Au Moyen-Age, on répandait des diffamations accusant les juifs de préparer le pain azyme de Pâques avec du sang d'enfants chrétiens». Le sujet n'est clairement pas un stéréotype antisémite propre aux arabes, c'est bien un acte d'une bassesse inimaginable commis par les israéliens. Et ensuite, la mention du fait que ça a été repris par la télévision iranienne permet d'insister sur l'aspect «louche» de ces stéréotypes «antisémites»; alors que c'est bien une télévision israélienne qui a diffusé cette information.


À ce stade, ça devient grandiose. Quasiment aucun média français ne reprend l'information (produite par une télévision israélienne), mais la télévision iranienne y consacre un reportage, et ce serait l'honneur de nos médias de ne pas diffuser ces «stéréotypes contre Israël»? On a là un crime qui doit choquer n'importe quel être humain, mais ça ne risque de «générer de la colère» que dans le monde arabo-musulman? Les «occidentaux» ne seraient donc plus capables de la moindre indignation?


Déjà, le courageux journaliste irakien qui a fait de la prison pour avoir jeté ses chaussures à la face du criminel de guerre Georges Bush nous a été présenté comme «un héros du monde arabe». Après le vote raciste suisse contre les minarets, la seule conséquence pratique que l'on agitait était des sanctions de la part des investisseurs arabes. Quant à la Grande-Bretagne, elle s'excuse parce que sa justice a émis un mandat d'arrêt contre une criminelle de guerre israélienne. Il y aurait donc des héros et une colère exclusivement arabes; les européens, eux, n'auraient que des excuses.


Dans cette histoire, le grand cirque de l'imputation d'antisémitisme, agitée initialement par le gouvernement israélien, continue à être efficace. L'info «sent mauvais» et plus personne ne veut y toucher.

Il y a trois jours, le Point était parvenu à nous informer qu'en Israël, «Les donneurs d'organes seront receveurs prioritaires» (comme quoi, la bassesse n'interdit pas le ridicule). Et, autant on a habituellement droit au détail des interdits religieux musulmans jugés aberrants, autant sur ce coup là, on évitera de faire le lien avec un interdit religieux juif:
Mais en même temps, la loi juive interdit la profanation d’un cadavre (nivoul hameth). Le corps d’une personne décédée, étant donné qu’il a accueilli une âme sainte, doit être traité avec un respect extrême.

[...]

Compte tenu de l’interdiction de profaner le corps humain, il est interdit de faire un don à une « banque d’organes », là où il n’y a pas de receveur spécifique et immédiat.

Il est également interdit de faire don d’un organe pour la recherche médicale ou pour permettre aux étudiants en médecine de se livrer à des dissections.

Le député arabe israélien qui explique que le scandale du vol d'organes est un nouveau signe du racisme de la société israélienne («inherent racism plaguing the Israeli Jewish society»), n'est donc pas cité. Pourtant, c'est assez transparent: il y a un déficit de donneurs en Israël, sans doute lié à un interdit religieux qui proclame «l'interdiction de profaner le corps humain», mais on s'y livre sur des cadavres palestiniens.

Alors quoi, une enquête européenne sur ce nouveau crime israélien, le vol d'organe sur des Palestiniens tués par l'armée israélienne, c'est totalement inimaginable? Est-ce que les échanges commerciaux «privilégiés» avec les États extra-européens ne sont pas conditionnés au respect minimum des droits de l'Homme?


En conclusion, citons le député arabe israélien Ahmed Teibi: "S'ils admettent cela, imaginez l'ampleur de ce qu'ils dissimulent."

 

Source: www.tokborni.blogspot.com

Traduction des passages en anglais: Investig'Action


FPLP : Suspension des négociations insuffisantes
 
(source : Ma’an 06/01/2010 traduction Futur Rouge)
 
Le Front populaire pour la Libération de la Palestine a demandé une révision du processus d’Oslo et des négociations qui en découlent, en blâmant la récente décision israélienne de donner un feu vert à la construction de dizaines de nouvelles maisons dans les colonies à Jérusalem Est.

Dans sa déclaration, le parti a déploré ce qu’il a appelé la “mesure d’indifférence israélienne pour la partie palestinienne, du côté arabe et de la loi internationale,” et a dit que les Palestiniens exigent une nouvelle position, plus forte de l’arrêt de construction de colonies pour la position de pourparlers de paix actuellement tenue par l’Autorité palestinienne.

Le PFLP a dit que la priorité palestinienne devrait être la création d’une direction unifiée, la reprise de la lutte nationale avec l’OLP comme le seul représentant du peuple palestinien. Dans ce cadre, il a déclaré, qu’une nouvelle stratégie pour traiter d’l’Israël doit être formulée.



Edité par T 34 - 08 Jan 2010 à 17:00
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300 Français montrent la voie lors de la Marche pour la liberté de Gaza

 
Par emcee le jeudi 7 janvier 2010, 17:28 - Moyen Orient - Lien permanent

Arrêtons de nous lamenter, de nous fustiger, d'avoir "honte d'être Français", et de rester à genoux.
Rassemblons-nous.

Lors du rassemblement pour la liberté de Gaza, au Caire, la délégation française a brillé par son esprit d'initiative, son courage et sa détermination.

Si, si. Ce n'est pas ironique et ce n'est pas moi qui le dis: c'est Emily Ratner, dans un billet paru dans Dissident Voice , le 6 janvier 2010, "Palestine Vivra! The French Heroes of the Gaza Freedom March"

Palestine Vivra! Les héros français de la marche pour la liberté de Gaza.

Un grand nombre de héros sont nés lors des manifestations de la Marche pour la liberté de Gaza au Caire, où plus de 1400 manifestants internationaux venus de 43 pays différents se sont retrouvés pour exiger la fin du siège de Gaza par Israël. La délégation sud-africaine nous a tous inspirés en facilitant la rédaction de la Déclaration du Caire pour demander que soit mis un terme à l'apartheid israélien, un document qui réaffirme notre "engagement dans la lutte pour la libération de la Palestine et l'auto-détermination" et propose un plan concret. Des petits groupes de militants ont accroché le drapeau palestinien depuis le sommet de la Tour du Caire et sur une des pyramides.


De nombreux délégués ont refusé les 200 places qui avaient été proposées sur deux cars à destination de Gaza qui réduisait notre rassemblement historique ici à un nouveau voyage humanitaire symbolique. Nous allons quitter le Caire avec bien plus d'espoir, de sagesse, et de force que nous n'en avions en arrivant.

Parmi tous les épisodes dont j'ai été témoin au cours des journées que nous avons passées en Egypte, l'action de la délégation française restera un phare dans le ciel assombri au-dessus du Sinaï qui nous sépare de Gaza. Nous revenons sans cesse sur ces actions, pour les graver dans nos mémoires comme étant le signe de tout ce qu'on peut accomplir quand on est ensemble et solidaires.
 
Cordonnée par Euro-Palestine, la délégation française compte plus de 300 membres. Venus des quatre coins de la France, ils se préparent à la Marche depuis des mois. Euro Palestine et les autres organisations ont tenu des meetings locaux toutes les semaines pour s'assurer que les délégués auraient tout le temps nécessaire pour discuter des projets pour le voyage pour Gaza, de comment acheminer leur aide humanitaire jusqu'au Caire et parler de ce que ferait le groupe si on leur refusait de passer la frontière à Rafah. Certains de ses membres m'ont raconté que, parmi toutes les stratégies qu'ils avaient élaborées, aucune n'envisageait la possibilité qu'on les empêcherait de quitter le Caire. Tandis que nous autres avions tous prévu de nous retrouver devant les bus à destination de la frontière le 28 janvier, les Français, eux, étaient arrivés la veille, leur car étant attendu aux environs de 19h. Ils s'étaient rassemblés sur le trottoir de la rue très fréquentée de Giza (Gizeh)/Charles de Gaulle Street, trainant derrière eux leurs sacs et leurs tentes, mais les cars ne sont jamais arrivés. Soudain, un des organisateurs a lancé: "On y va"!". Et, prenant par la main une femme près de lui, il s'est dirigé tout droit, au milieu du flot de circulation de Giza St. Sans même réfléchir, les centaines de délégués se sont précipités sur la chaussée, suivis par des chats et des chiens égyptiens, entraînés par cet enthousiasme.
Hamid Rabhi, un militant français marocain, un musulman de Beaune se rappelle ces instants, les yeux brillants: "Et c'est là que j'ai compris que c'était le début de l'aventure", dit-il.

La circulation dans Giza Street était purement abominable, mais les Français refusaient de partir, bloquant le trafic pendant une heure. Finalement, la police réussissait à les convaincre de retourner sur le trottoir, en promettant que leurs cars arriveraient bientôt si le groupe laissait avancer le flot de circulation. Les Français sont retournés sur le trottoir et se sont mis à sortir leurs tentes et leurs sacs de couchage, installant un campement que nous allions par la suite appeler 'la Bande de Giza".

Trois rangées de policiers égyptiens surveillaient le camp étroit des 300, et plus de 40 camions militaires étaient garés dans la rue, attendant probablement de ramener les policiers, ou peut-être pour arrêter les manifestants et les renvoyer en France. "Cette première nuit, c'était la pire", dit Hamid, "nous n'avions pas le droit de circuler à notre guise. Je pense qu'ils nous testaient pour savoir si nous étions déterminés".

Dans les jours qui ont suivi, les Français ont montré qu'ils étaient déterminés.

Alors que les négociations entre les membres de la Marche pour Gaza et le ministère des affaires étrangères égyptien se détérioraient de plus en plus, un nombre croissant d'entre nous considérions les Français comme la merveilleuse représentation de ce que pouvait être notre mouvement. La délégation française prenait toutes les décisions à la suite d'un accord général et à une vitesse remarquable, en étant assez souple pour rester à l'écoute, toutefois, d'autres points de vue venant de groupes moins importants, et pour se lancer dans des actions de moindre importance, tout en ne perdant pas de vue la vision d'ensemble: en entendant que nos militants avaient hissé promptement un énorme drapeau sur une des pyramides, un groupe d'environ 25 Français lançaient leur propre action devant cette pyramide, organisant, cette fois-ci, un spectacle de rue pour les passants:

Par une belle après-midi fraîche sur le site le plus touristique d'Egypte, une vingtaine de "touristes" français entourait la pyramide qui ne s'y attendait pas, dansant et sautillant en direction de leur cible. Et alors, catastrophe! Une femme française d'un certain âge s'effondrait sur le sable de Giza. Alors que la police égyptienne se précipitait pour lui porter secours, la pyramide était devenue une scène de théâtre où huit militants grimpaient à toute vitesse vers les quatre têtes, convergeant sur un des côtés pour étaler un immense drapeau palestinien, qu'ils déployaient fièrement sous les applaudissements de centaines de témoins. Au bout d'un bon quart d'heure, la police avait fini par remarquer la cause de ces applaudissements et escaladait promptement la pyramide, se rendant ainsi complice d'avoir foulé illégalement une des septièmes Merveilles du Monde. Nos héros français, qui savaient qu'ils ne pouvaient pas rester sur place bien longtemps, roulaient alors le drapeau en boule et le lançaient en l'air, suivant le drapeau jusqu'à son point d'atterrissage, plongeaient sur le sable où ils se sont pris par la main pour s'asseoir en cercle sur le drapeau, déterminés à ramener le rouge, le blanc, le noir et le vert jusqu'à leur camp devant l'ambassade de France.

Quand ils sont revenus effectivement à la "Bande de Giza", pas un seul n'avait été arrêté et le drapeau était revenu avec eux également. Quelques heures plus tard, une vidéo de toute cette action était postée sur leur site, europalestine.com, qui avait été constamment attaqué par des hackers pro-israéliens (autre signe de l'importance du travail de la délégation française!).
Le lendemain, les membres de la délégation distribuaient des posters et des cartes postales représentant la photo de leurs camarades sur la pyramide, avec le drapeau palestinien entre eux, avec la légende: “Gaza Freedom March in Cairo” à la fois en anglais et en arabe. Cette même image a depuis été publiée à la une des journaux en Egypte, au Koweït, au Yémen, et dans tout le monde arabe.

Les Français ont apporté une touche de légèreté et d'humour bien nécessaire à la situation difficile que nous vivions au Caire. Leur créativité était infinie: quand les campeurs non français s'étaient vu refuser les toilettes de l'ambassade, les Français se sont mis à scander: "des toilettes pour tout le monde!".

Nos amis français se sont avérés être également parmi les plus courageux: alors que des dizaines de militants volaient au secours de manifestants qui se faisaient matraquer et traîner par la police égyptienne pendant notre manifestation du 31, les Français, et plus particulièrement les Français musulmans, étaient parmi ceux qui étaient en première ligne pour contrer les violences policières. Ces mêmes musulmans nous rappelaient à tous l'honneur et la beauté de cette lutte quand, à midi, ils s'étaient agenouillés pour prier face à des rangées de CRS au cours de cette même manifestation.

Le lendemain, des centaines de militants suivaient les traces des Français quand leur délégation appelait à une manifestation devant l'ambassade d'Israël, demandant que nous n'oubliions pas le gouvernement qui détient réellement le pouvoir sur le peuple de Palestine.

Nous étions tous tristes quand les Français ont défait leur camp, le 1 janvier. Leur campement était devenu un lieu de réconfort extraordinaire pour tous les autres participants à la marche malgré le fait que des centaines de CRS n'aient jamais quitté les abords de la Bande de Giza. Beaucoup d'entre nous allions les retrouver la nuit pour ressentir ce sentiment de solidarité remarquable qui se propageait sur le trottoir le plus célèbre du monde.

Et alors que plus de 200 délégués français repartaient pour Paris le 2 janvier, ils quittaient le Caire avec une dernière mission à accomplir avant de retourner chez eux. En arrivant à Roissy, où il était accueilli sous les acclamations de dizaines de supporters, le groupe s'est aussitôt rendu à l'ambassade d'Israël, avec tous les bagages, pour y organiser une nouvelle manifestation. Ambassades d'Israël, prenez garde: tôt ou tard, nous retourneront tous dans nos villes et nous n'avons pas oublié notre mission d'y poursuivre la lutte!

Alors que nous nous organisions pour nous rendre à Rafah par petits groupes, les Français restaient notre inspiration, même si leur groupe en Egypte était maintenant réduit.
Le 2 janvier, un groupe d'environ 15 Français montait dans un bus à destination de Rafah, mais on nous faisait descendre du bus dès le premier checkpoint. Ils se sont assis en cercle devant le bus jusqu'à ce qu'un garde du checkpoint monte dans le bus pour expliquer aux passagers qu'ils avaient fait descendre ces internationaux parce qu'ils voulaient se rendre à Gaza. La population égyptienne se souviendra encore longtemps de cette Marche pour Gaza, et je suis sûre qu'elle n'oubliera pas les Français plus particulièrement.

Le 4 janvier nous avons dit au revoir au dernier contingent de Français, qui retournaient à Paris le lendemain. Parmi eux se trouvait un couple qui avait passé son voyage de noces sur la bande de Giza, et plusieurs frères musulmans qui ont noué des liens forts avec des militants palestiniens et égyptiens du Caire. Ils ont tous promis de revenir au Caire le 31 décembre 2010 pour la seconde marche pour la liberté de Gaza.

Leur solidarité et leurs efforts sans relâche ont inspiré beaucoup de monde au Caire, à Gaza et dans le monde entier, et l'année prochaine, ils reviendront encore plus forts que quand ils ont commencé. Et, avant cela, les rues du Caire, de Gaza, de Paris et de toutes les villes du monde entier seront portées quotidiennement par le slogan qui sonne toujours à nos oreilles: Palestine Vivra!

Emily Ratner is an organizer and mediamaker based in New Orleans. In June she traveled to Gaza with a New Orleans delegation.

Vidéos de la marche (site europalestine): http://www.europalestine.com/articl...

note perso: Waouh!



Edité par T 34 - 08 Jan 2010 à 01:17
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jan 2010 à 18:52

Le député britannique George Galloway a été officiellement expulsé du Caire aujourd’hui (vendredi), quand des policiers égyptiens l’ont mis, sans prendre de gants, dans un avion pour Londres. Galloway a essayé de revenir à Rafah après avoir reçu de nouvelles informations annonçant que 7 membres du convoi Viva Palestina étaient arrêtés.

Les policiers - qui à un moment donné étaient jusqu’à 25, principalement des agents habillés en uniforme de l’aviation, ont refusé qu’il y reparte.

Plusieurs agents ont même suivi Galloway aux toilettes, dans la salle de repos et dans un salon de la British Airways.

La photo est celle d’un officier, présumé appartenir à la Mukhabarat, a été prise à l’extérieur du salon aéroportuaire de la British Aiways.

L’incident a commencé après que, George Galloway et son collègue Ron McKay, sont arrivés au poste frontière de Rafah entre Gaza et l’Egypte. Dès qu’ils ont posé le pied sur le sol égyptien les deux hommes ont été poussés de force dans une fourgonnette ; on leur a interdit de sortir et on leur a dit qu’ils allaient quitter le pays. Ils ont ensuite été emmenés dans un convoi sous escorte policière.

Le convoi Viva Palestina, composé de 550 personnes venues de 17 pays, a été attaqué par la police anti-émeute égyptienne et des officiers des services secrets dans la nuit du mercredi 6 janvier. 55 membres du convoi ont été blessés et 7 autres arrêtés.

Pourtant, Galloway et les députés turcs avaient passé un accord avec les autorités égyptiennes et une partie de cet accord stipulait que les 7 détenus seraient relâchés sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux.

C’est pendant sa reconduite au Caire, que des informations sont tombées au sujet de l’arrestation imminente des 7, mais quand Galloway a exigé un retour à Rafah, l’autorisation lui a été sans cesse refusée.

Pour plus d’information, veuillez appeler Alice Howard au Tel : 07944 512 469 ou par courriel à alice@vivapalestina.org

Traduction CCY

[http://www.alterinfo.net/Le-depute-...]

Lien de l’article en anglais :
http://www.creative-i.info/2010/01/...

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jan 2010 à 15:11

L’Etat hébreu a créé une télévision sur YouTube et une task force pour nourrir les blogs

« Un événement extraordinaire ». L’entourage du président israélien Shimon Peres ne manquait pas de mots pour qualifier le lancement, il y a un mois, d’une chaîne de télévision diffusée sur YouTube et entièrement consacrée à Israël. Certes, malgré la présence du président exécutif de YouTube Chad Harley, l’événement n’a pas recueilli beaucoup d’écho à l’étranger. Pourtant, il est l’un des piliers de la nouvelle politique israélienne visant à investir les nouveaux médias afin de redorer l’image de ce pays ternie par la poursuite de l’occupation d’une partie de la Cisjordanie ainsi que par le blocus de la bande de Gaza.

En effet, peu après la fin de l’opération « Plomb durci » (l’invasion de la bande de Gaza en janvier dernier), Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ehoud Olmert, a rapidement pris conscience de l’ampleur de la vague de protestations soulevée par la destruction massive des infrastructures civiles palestiniennes. Elle a alors autorisé son département à recruter des jeunes fans d’informatique pratiquant parfaitement une ou plusieurs langues étrangères afin de répondre aux critiques qui fusaient dans les blogs ainsi que dans le courrier électronique des grands journaux européens et américains.

Système d’alarme automatique

Au départ, cette task force était principalement composée d’étudiants, de soldats démobilisés et de volontaires disponibles à toute heure du jour et de la nuit pour la « Cause ». Mais lorsque Avigdor Lieberman a succédé à Livni, les crédits alloués pour cette opération (140 000 euros) ont été augmentés et des professionnels de la communication recrutés.

Ceux-ci n’opèrent évidemment plus au hasard. Ils disposent d’un système d’alerte qui les avertit automatiquement chaque fois qu’un article ou qu’un message anti-israélien est diffusé. Lorsqu’elle ne riposte pas en inondant le site repéré de messages indignés, la « task force » intervient en posant des questions faussement innocentes ou en envoyant des textes argumentés.

Durant l’opération « Plomb durci », Tsahal (l’armée israélienne) avait également ouvert un canal sur YouTube afin de diffuser des séquences de bombardement de « cibles terroristes ». Selon son porte-parole, plus de 8,5 millions d’internautes auraient visionné au moins une vidéo. Encouragée par ce qu’elle considère comme « un grand succès », l’armée a décidé de prolonger l’expérience en créant une unité spéciale de « hasbara » (le terme hébraïque pour « explication ») chargée d’opérer sur « YouTube », où elle anime un blog spécial, ainsi que sur Facebook et sur Twitter.

En tête de la liste de ses interventions figurent le Hamas, le terrorisme islamique, ainsi que le rapport d’enquête de la commission Goldstone sur la guerre à Gaza. Mais c’est également par le biais de Twitter - et non plus grâce à un communiqué de presse classique - que l’état-major a, le 4 novembre, annoncé l’arraisonnement au large de Chypre d’un cargo transportant des armes iraniennes à destination du Hezbollah.

Serge Dumont
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4c8...

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  Citer Rep. Dem Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2010 à 23:24
Un stagiaire du Mossad a été arrêté par la police de Tel-Aviv pendant qu'il posait une bombe sous un véhicule, il s'est avéré ensuite que c'était juste un exercice.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/8377746.stm (texte en anglais)


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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2010 à 23:27

L'Argentine a été il y a quelques années également victime de deux attentats (false flag) attribués par les enquêteurs argentins au Mossad.


Tel-Aviv bloque
les négociations

Selon la presse israélienne, le cabinet Netanyahou a établi une fin de non-recevoir aux propositions palestiniennes dans l’affaire des échanges de prisonniers.

Le pouvoir israélien semble avoir refermé la porte sur les tractations visant à obtenir la libération de prisonniers palestiniens, en échange du soldat Gilat Shalit. Ainsi un haut responsable a confié hier au quotidien Yediot Aharonot que le premier ministre, Benjamin Netanyahou, serait parvenu « à la limite extrême des concessions » exigées par le Hamas. L’argument avancé pour refuser la libération des prisonniers est toujours le même  : « Le chef du gouvernement n’entend pas permettre à des terroristes impliqués dans des attaques sanguinaires de retourner dans leur foyer, au risque de remettre en danger la vie des Israéliens. » Il sonne naturellement très étrangement, à l’heure de l’anniversaire de la guerre contre Gaza qui a coûté la vie à près de 2 000 Palestiniens et a conduit les habitants de l’étroite bande de territoire à subir pendant près d’un mois la terreur d’État israélienne.

l’entêtement de Netanyahou

La radio publique israélienne confirme aussi ce refus de Tel-Aviv et avance qu’il touche en particulier Marwan Barghouti, dirigeant du Fatah et personnalité qui paraît pourtant capable de fédérer une réconciliation palestienne, si nécessaire à l’émergence d’un partenaire crédible dans de vraies négociations de paix. Le cabinet Netanyahou semble donc déterminé à couper court, une fois encore, à un tel scénario. Signe que les positions des extrémistes continuent de s’imposer en son sein. Une tendance qui se vérifie aussi dans la persistance israélienne à donner leur feu vert à l’extension des colonies, en particulier à Jérusalem. Du côté du bureau du premier ministre, qui avait eu jeudi soir des consultations avec de hauts responsables en charge du dossier, après avoir reçu la réponse du Hamas, on se refusait hier matin à tout commentaire. Netanyahou avait cependant déjà fait savoir, le 27 décembre, qu’il « n’était pas du tout certain qu’un accord d’échange de prisonniers fût en vue ». Et cet entêtement n’avait malheureusement pas suscité les réactions internationales appropriées. Tant s’exprime ainsi une volonté systématique de barrer la route au processus de paix.

Sur la liste de prisonniers figure Salah Hamouri

Ces négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur l’échange de prisonniers ont été ouvertes il y a environ deux mois. Elles sont placées sous le parrainage de l’Égypte, un médiateur allemand étant chargé de faire passer les messages entre les deux protagonistes. Parmi la liste de prisonniers figure Salah Hamouri, le jeune Franco-Palestinien accusé par les autorités israéliennes de menées terroristes pour avoir, prétendent-elles, comploté contre un rabbin ultraorthodoxe, Ovadia Yossef. Salah, qui est en prison depuis 2005, n’a eu de cesse de clamer son innocence et dénonce, en fait, ce qui s’apparente à un pur délit d’opinion. Sans, là encore, susciter la mobilisation que l’on serait en droit d’attendre du Quai d’Orsay.

Bruno Odent

encore des bombes israéliennes sur gaza

Trois Palestiniens ont été tués et un quatrième blessé hier lors de nouvelles frappes israéliennes dans la bande de Gaza. Les quatre victimes, des civils, ont été touchées lorsque des avions israéliens ont bombardé avant l’aube deux tunnels limitrophes de la frontière égyptienne. Ces tunnels constituent le seul moyen pour les habitants soumis à un strict blocus de faire entrer des marchandises dans la bande de territoire depuis l’Égypte. De graves échauffourées avaient déjà eu lieu, mercredi, entre forces de l’ordre égyptiennes et manifestants palestiniens qui protestaient contre l’édification d’une barrière souterraine antitunnel.
 


Edité par T 34 - 11 Jan 2010 à 17:29
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  Citer valurss Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2010 à 13:54
tu as parfaitement raison mais C les amerlock qui ont suggèrés au israelien de s'installé.mais ce n'est pas en faisant "chacun chez soi" que les mentalité évolueront
les militaires sont payés pour se battre pas les communistes...donc on peut gagner
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  Citer valurss Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2010 à 13:56
il ne faut néanmoin ne pas tombé dans l'antisémitisme
les militaires sont payés pour se battre pas les communistes...donc on peut gagner
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  Citer S-sarah Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2010 à 20:42
Message posté par valurss

il ne faut néanmoin ne pas tombé dans l'antisémitisme


Ne t'inquiète pas ! Je pense que tout le monde sur ce forum sait bien faire la différence entre la religion juive et la politique meurtrière et injuste d'israel!!!
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2010 à 20:00

Le terrorisme est le prix à payer pour le soutien aux despotes et aux dictateurs (The Guardian)

 

Seumas MILNE
 
Si une survivante de l’Holocauste, âgée de 85 ans, avait fait la grève de la faim en soutien d’un peuple assiégé dans une autre partie du monde, et si des centaines de manifestants plutôt occidentaux avaient été pris pour cible et battus par la police, vous pouvez être sûr que nous aurions entendu parler de tout cela. Mais parce que cela s’est passé dans l’Egypte soutenue par l’Occident plutôt qu’en Iran, et parce que le peuple soutenu par les manifestants était les Palestiniens de Gaza au lieu de, disons, les Tibétains, la plupart des gens en Europe et en Amérique du Nord n’en ont rien su.

Ces deux dernières semaines, deux groupes composés de centaines de militants se sont affrontés avec des policiers et des officiels égyptiens pour pouvoir pénétrer dans la bande de Gaza afin d’exprimer leur solidarité avec la population sous blocus, à l’occasion du premier anniversaire de l’assaut dévastateur d’Israël.

Hier soir [6 janvier], le convoi Viva Palestina de George Galloway, fort de 500 personnes et transportant de l’aide médicale, a finalement été autorisé à entrer dans Gaza, déduction faite de 50 de ses 200 véhicules, après avoir été bloqué plusieurs fois, détourné et soumis à des menaces par la sécurité égyptienne - avec une agression brutale le mardi soir [5 janvier] dans le port égyptien d’El Arish qui a eu pour résultat des dizaines de blessés malgré la présence d’un député britannique et de 10 députés turcs.

Ceci succédait à une tentative [d’entrer dans GAZA] des 1400 manifestants de « la Marche pour la Liberté de Gaza » venus de plus de 40 pays - seuls 84 d’entre eux ayant été autorisés à traverser la frontière. C’est ce qui a conduit Hedy Epstein, dont les deux parents sont morts à Auschwitz, à refuser de s’alimenter au Caire tandis que les manifestants étaient violemment dispersés et que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, était reçu à bras ouverts non loin de là.

Hier, des manifestations organisées du côté de la frontière de Gaza par les Palestiniens contre le harcèlement subi par le convoi « Viva Palestine » ont conduit à des affrontements violents avec les forces de sécurité égyptiennes au cours desquels un soldat égyptien a été tué et de nombreux Palestiniens blessés.

Mais bien que la confrontation ait été largement ignorée en Occident, cela a été un événement médiatique majeur au Moyen-Orient et qui n’a fait de tort qu’à l’Egypte. Et tandis que le gouvernement égyptien affirme qu’il ne fait que maintenir sa souveraineté nationale, ces événements ont en revanche clairement exposé sa complicité avec le blocus de Gaza et la punition collective imposée à ses 1,5 million d’habitants - blocus voulu par les Etats-Unis et soutenu par l’Union Européenne.

Le principal protagoniste de l’état de siège, Israël, ne contrôle que trois côtés de la bande de Gaza. Sans l’Egypte qui contrôle le quatrième, le blocus serait inefficace. Mais après avoir toléré des tunnels qui ont sauvé les habitants de Gaza de l’état d’extrême mendicité, le régime du Caire a lancé, afin de rendre le blocus total, la construction d’un mur souterrain en acier - appelé « le mur de la honte » par beaucoup d’Égyptiens - sous l’étroite supervision des Etats-Unis.

C’est en partie parce que le dictateur égyptien vieillissant, Hosni Mubarak, craint une contamination à travers la frontière de l’administration du Hamas élue à Gaza dont les alliés idéologiques dans l’organisation interdite des Frères Musulmans seraient susceptibles de remporter des élections organisées librement en Egypte.

Mais deux autres facteurs semblent avoir joué un rôle décisif pour convaincre le Caire de se plier aux pressions américaines et israéliennes et de serrer la vis sur les Palestiniens de Gaza ainsi que sur ceux qui les soutiennent. Le premier était une menace américaine de supprimer des centaines de millions de dollars d’aide si l’Egypte ne sévissait pas contre la « contrebande » d’armes et autres produits. Le second est le besoin d’un acquiescement de la part des États-Unis dans la succession très attendue et héréditaire de Gamal, ex-banquier et fils de Moubarak, à la présidence.

Ainsi loin de protéger sa souveraineté, le gouvernement égyptien l’a vendue à l’étranger pour continuer à toucher des subsides et maintenir son despotisme dynastique, sacrifiant toute prétention à son rôle historique de leader du monde arabe.

D’un point de vue international plus large, c’est précisément cet appui par l’Occident de régimes tels que l’Egypte, répressifs et qui ne représentent qu’eux-mêmes, en même temps que son soutien indéfectible à l’occupation israélienne et à la colonisation des terres palestiniennes qui sont au cœur de la crise au Moyen-Orient et dans le monde musulman.

Des décennies d’un soutien, affamé de pétrole, de despotes, de l’Iran à Oman, de l’Egypte à l’Arabie saoudite, en même temps que l’échec du nationalisme arabe à achever la décolonisation de la région, ont alimenté en premier lieu l’islamisme puis l’éruption de sa variante Al-Qaida il y a maintenant plus d’une décennie.

Mais, loin de comprendre que l’hostilité naturelle à un contrôle étranger sur la région et à ses ressources était au centre du conflit, la réponse désastreuse a été d’étendre la présence de l’Occident encore plus profondément, avec de nouvelles et encore plus destructrices invasions et occupations en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et le court flirt de l’administration Bush avec la démocratisation dans les États clients tels que l’Egypte a été rapidement abandonné une fois qu’il est devenu clair qui était susceptible d’être élu.

Sous Barack Obama la logique empoisonnée de ce bourbier impérial conduit inexorablement à la propagation de la guerre. À la suite de l’attentat manqué sur un vol à destination de Detroit le jour de Noël, le président américain a annoncé cette semaine deux nouveaux fronts dans la guerre contre le terrorisme, Gordon Brown emboîtant fidèlement le pas : le Yémen où le candidat à l’attentat aurait été formé, et la Somalie où Al-Qaida a également pris racine dans le bourbier de la guerre civile et de la désintégration sociale chronique.

Le renforcement de l’intervention militaire occidentale dans ces deux pays va certainement aggraver le problème. En Somalie, il l’a déjà fait, après que les États-Unis aient soutenu l’invasion éthiopienne de 2006 qui a renversé la relativement pragmatique « Union des tribunaux islamiques » et a engendré le mouvement Shabab, plus extrémiste, lié à Al-Qaida et qui exerce maintenant son contrôle sur de grandes parties du pays.

L’extension du soutien américain à l’impopulaire gouvernement yéménite, déjà confronté à une rébellion armée dans le nord et à la menace d’une sécession du sud rebelle - qui a été le seul a réussir en 1967 à pousser au départ le régime colonial britannique - ne peut que jeter de l’huile sur le feu.

Le premier ministre britannique a essayé cette semaine de nous convaincre que la croissance d’Al-Qaida au Yémen et en Somalie illustrait le fait que la stratégie occidentale « fonctionnait », parce que l’escalade de la guerre en Afghanistan et au Pakistan aurait contraint Al-Qaeda à chercher à établir des sanctuaires ailleurs. En réalité, il s’agit d’une manifestation de l’échec grotesque de toute la guerre contre le terrorisme. Depuis son lancement en octobre 2001, Al-Qaida s’est propagé à partir des montagnes de l’Afghanistan à travers toute la région : l’Irak, le Pakistan, la corne de l’Afrique et bien au-delà !

Plutôt que de réduire l’aide occidentale aux dictatures et aux occupations qui alimentent le terrorisme dans sa variante Al Qaeda, et plutôt que de concentrer ses ressources policières pour la contrer, les États-Unis et leurs alliés ont répété et étendu inexorablement les monstruosités qui ont produit ce terrorisme. C’est une recette pour une guerre sans fin contre le terrorisme.

Seumas Milne
journaliste et éditeur associé au journal britannique The Guardian

ARTICLE ORIGINAL http://www.guardian.co.uk/commentis...

Traduction : Claude Zurbach

SOURCE FRANCAISE : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7952

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2010 à 23:09
Les USA vont entreproser pour 800 millions de dollars de munition en Israël
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Les États-Unis vont doubler leurs stocks de munitions en Israël, en 2010, à la suite d’un accord signé le mois dernier et révélé par l’hebdomadaire Defense News dans son édition du 11 janvier 2009.

Les États-Unis subventionnent déjà les forces armées israéliennes à hauteur d’environ 2,5 milliards de dollars annuels. Le stock de munitions US, dans lequel Israël est autorisé à puiser sans limites en cas de besoin, atteindra une valeur supplémentaire de 800 millions de dollars.

Les États-Unis disposent de quatre arsenaux en Israël, auxquels s’ajoutent des bases aériennes et marines.

Techniquement, les bases et munitions US en Israël sont rattachées à l’European Command (UsEuCom) et non pas au Central Command (CentCom), Israël étant considéré comme une colonie européenne au Proche-Orient et non pas comme un État intégré dans cette région. L’European Command est dirigé par l’amiral James Stavidris, lequel est également le suprême commandeur de l’OTAN.

Nous avons pu amener Gaza au Caire
Myriam De Ly   

1400 internationaux de 42 pays. Autant de marcheurs que de Palestiniens tués dans la sale guerre d’agression de 2009-2010. Le projet était magnifique : une marche internationale à Gaza le 31 décembre, pour commémorer, un an plus tard, les victimes de l’agression meurtrière de l’Etat israélien contre la population de Gaza et dire notre rejet du blocus inhumain qui coupe Gaza du monde, qui en fait la plus grande prison à ciel ouvert de la planète, qui affame la population, qui empêche toute reconstruction.



Nous étions attristés, déçus et fâchés de ne pas pouvoir nous rendre à Gaza. Mais nous avons réussi, tous ensemble, à mettre en place un magnifique mouvement de solidarité internationale contre le siège de Gaza, pour la libération et les droits nationaux du peuple palestinien.


Le fait de se retrouver ensemble, avec des militants venus du monde entier, porteurs du même message, résolument pacifiques et, en même temps, déterminés est un énorme encouragement à continuer la lutte contre le colonialisme israélien et à faire progresser le mouvement du boycott.


Nous savions que notre possibilité d’atteindre Gaza était compromise. Avant notre départ, déjà, nous étions au courant du refus des autorités égyptiennes de nous laisser franchir la frontière. Mais nous voulions faire toutes les pressions nécessaires pour qu’elles reviennent sur  leur décision. Nous étions encouragés en ce sens par le message suivant du comité directeur de la marche :

"Nous sommes venus de trop loin pour nous contenter de faire du tourisme. Nous savons que notre créativité et notre flexibilité sont les outils les plus puissants, et nous explorons de nouveaux moyens de faire passer notre message et de maintenir la pression ! Dans le monde entier, il y a des gens qui observent et qui agissent pour que l'Egypte ouvre la frontière (...) Nous vous attendons avec impatience !".

C’est une première expérience d’une lutte commune, au même endroit, de délégations venues des quatre coins du monde pour soutenir un peuple victime de l’occupation et de la guerre. Cela ne s’est pas fait au moment de la guerre du Vietnam, ni pendant la guerre contre l’Irak.


Pendant six jours, il y a eu des manifestations politiques au Caire rassemblant un grand groupe d’internationaux : cela ne s’était jamais passé auparavant. Actualisons :


Al Jazeera diffuse nos actions en direct. Nous sommes à la une des journaux égyptiens (indépendants et d’opposition) pendant plusieurs jours. Une certaine « liberté de la presse » existe donc, mais on arrête aussi des journalistes qui prennent des photos et des cameramen à qui on a préalablement interdit de filmer….


Grâce à nos actions et la couverture médiatique, notre message est passé en Palestine, en Egypte, au Moyen-Orient, dans le monde arabe et ailleurs.

Ici, il n’y a eu quelques échos dans la presse, mais les gens ne sont pas vraiment au courant,  sauf les personnes intéressées, et celles issues de l’immigration arabe qui suivent quotidiennement les infos de la chaîne Al Jazeera.

C’est ce que j’ai constaté en écoutant mes amis arabes au retour : « On vous a suivis tous les jours. On avait la rage au ventre que vous ne passiez pas. »


Au fil des actions, de plus en plus de personnes au Caire savent pourquoi nous sommes là, et cela se sent dans la rue, dans les minibus, dans les hôtels…

Ils nous disent : « Gaza ? » et nous répondons : « Gaza ! ». Et de grands sourires complices apparaissent sur les visages. Pas besoin de connaître l’arabe pour communiquer.

On nous demande d’être photographiés avec l’un des leurs, et nous, un peu gênés, on accepte. A peine assis sur la place de la mosquée Hussein, avec nos keffiehs, nos pancartes « Free Gaza », ils nous prennent en photo avec leurs GSM, jusqu’à ce que la police arrive.

Même les jeunes policiers « venus brûler trois ans de leur jeunesse au Caire pour opprimer les leurs », comme le dit si bien Jean-Pierre Griez, ami marcheur, témoignent à des moments leur sympathie.


Un animateur d’Euro-Palestine, qui a eu des jeunes policiers en face de lui 24 h sur 24 témoigne : « Derrière leur sourire, on voit qu’ils soutiennent la cause, nos revendications… ».

Certaines photos montrent d’ailleurs qu’ils auraient préféré draguer les jeunes manifestantes collées contre eux  pour essayer de gagner quelques centimètres de terrain que de « maintenir l’ordre »…

Et nous de crier dans les actions : « Le peuple égyptien avec nous… » « L’armée égyptienne avec nous… »


Le but principal de la police est de nous isoler de la population égyptienne. Mais cela, elle n’est pas arrivée à le faire. 1400 internationaux se promènent par petits groupes dans les métros (en naviguant entre les stations Saadat, Nasser, Moubarak…), dans les rues, se regroupent, se dispersent… et parlent avec des personnes connaissant l’anglais…


La police est partout à nous trousses (y compris devant et dans l’hôtel – certaines délégations n’ont même pas pu tenir leurs réunions). Mais nous apprenons vite à la semer.


Le 1er janvier, elle tente d’encercler nos hôtels, pour empêcher qu’on se regroupe à nouveau. Mais les organisateurs passent le message : « Quittez vos hôtels au plus vite… »


Il y a quelques heurts avec la police le 31 décembre près du musée, lorsque nous nous trouvons sur l’avenue près du musée, et que nous sommes refoulés vers le trottoir. Plusieurs personnes sont légèrement blessées, reçoivent des coups de poing au visage, une caméra est cassée.


Pour l’essentiel, la stratégie est de nous isoler. La première fois, c’est impressionnant de voir s’amener les camions avec les barrières en acier et les renforts de flics casqués. On pense : ils vont nous arrêter (même si c’est le prix que beaucoup d’entre nous sont disposés à payer). Mais on se rend vite compte que ce n’est pas le cas et qu’il ne faut pas surestimer les forces de répression. Les très nombreuses actions ont brisé l’interdiction de rassemblement de plus de six personnes.


Malgré certains (inévitables) manquements, malgré une surveillance policière très serrée, le comité directeur a très bien pu organiser les actions.


Nous avons passé une semaine très intense. En cinq jours, nous assistons à huit actions (le départ pour Gaza, six manifestations dont une occupation du « Free Gaza Square » pendant six heures et un meeting final) et sept réunions de groupe (de 50 à 70 personnes). D’autres actions et démarches ont eu lieu : 1000 personnes devant les Nations unies, action pacifique au bord du Nil et à l’Union européenne. Une délégation de Belges s’est également rendue auprès de l’ambassade belge. Ils y ont reçu un accueil particulièrement glacial. Reçus debout, le consul Romein conseille à la délégation d’annuler « le voyage » (comme si nous étions des touristes) et refuse de donner la moindre assurance que les autorités belges interviendraient auprès de autorités égyptiennes en faveur de leurs ressortissants si ceux-ci rencontraient des problèmes. (Ils pourront toujours passer un coup de fil…)


Le 28 décembre, nous tentons de nous mettre en route pour Gaza. Avec l’aide d’amis égyptiens, les organisateurs trouvent une compagnie de cars qui ose braver les interdictions des autorités égyptiennes. On sort les bagages de l’hôtel, un premier bus arrive, mais la police l’empêche de partir. Puis un deuxième. De nouveau, l’attente avant de pouvoir démarrer…

Les tracasseries administratives à l’hôtel (refus de rendre les passeports) et au bus nous font penser aux Palestiniens qui subissent des situations pareilles quotidiennement.


Les bagages en main et l’espoir dans le cœur nous partons… pour être bloqués 80 km plus loin. 3 h d’attente. Il faut de nouveau donner les numéros de passeports des participants… pour être ramenés au Caire sous escorte peu après.

Nous n’avions pas imaginé le scénario du blocage au Caire. Nous pensions que nous serions retenus à la frontière et, pour cette raison, nous avions amené nos sacs de couchage, nos vêtements chauds pour passer les nuits dans le désert. Malheureusement, nous ne sommes même pas arrivés à Al Arish, une ville située à 200 km de la frontière, où d’autres internationaux, arrivés en avion, se sont retrouvés sans possibilité de bouger.


Déçu de cet échec, un petit groupe de notre délégation tente de partir de nouveau en minibus deux jours plus tard : même expérience, même retour. Certains tenteront jusqu’à dix (!) fois d’entrer : c’est toujours le même scénario.


Nous ne nous laissons pas abattre. Notre volonté reste intacte : arriver à Gaza. « We want to go to Gaza », crions-nous lors de la manifestation de solidarité avec les grévistes de la faim le 29 décembre. Et là, nous rencontrons pour la première fois Hedi Epstein, femme juive de 85 ans qui a entamé une grève de la faim et qui sera rejointe par 27 autres personnes, toutes nationalités confondues. Hedi vivait en Allemagne avec ses parents pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ces derniers ont décidé d’envoyer leur fille de 14 ans en Angleterre, pour qu’elle échappe aux poursuites des nazis. Eux-mêmes sont morts à Auschwitz. Hedi sera présente à chaque action qui suivra.


C’est la première manif depuis notre arrivée : cela fait du bien d’être ensemble, de braver les interdits, de crier notre message dans toutes les langues, de chanter « Bella Ciao » avec les Italiens, « We will overcome » avec les Américains, ou « Nous sommes tous des Palestiniens » avec les Français (j’ai oublié la chanson qu’Eliane nous chantait en français). Les cris « Viva, viva Palestina » sont en même temps des cris de solidarité avec le convoi de Georges Galloway (dont des jeunes Belges font également partie), également bloqué. Les grévistes de la faim demandent à d’autres délégations de participer à leur grève de la faim.


Ce même jour, Netanyahu est reçu au palais présidentiel, au cœur de la ville. A l’issue de l’entretien, le gouvernement égyptien salue « les efforts de paix » de Netanyahu et, en particulier,  le « gel » de la colonisation (!) en Cisjordanie, qui n’inclut d’ailleurs pas Jérusalem.


Hosni Mubarak et Netanyahu se sont rencontrés dans le passé. Mais pas au Caire. Le président égyptien avait toujours insisté que les rencontres se fassent à Sharm-el-Sheikh, le plus loin possible des fortes concentrations de population égyptienne. Pour Uri Avnery,  l’invitation était de ce fait, un signe important de la volonté de rapprochement des relations.

«En guise de cadeau exceptionnel pour Netanyahu, Mubarak a accepté d’autoriser la venue de centaines d’Israéliens en Egypte pour prier sur le tombeau du rabbin Yaakov Abu-Hatzeira, mort et enterré dans la ville égyptienne de Damanhur voici 130 ans, alors qu’il avait quitté le Maroc pour se rendre en terre sainte. »


« Il y a là-dedans un aspect symbolique : le blocus, au même moment, des protestataires propalestiniens en route vers Gaza, et l’invitation aux Israéliens à se rendre à Damanhur. »


Le soir, nous sommes présents avec un groupe d’internationaux à une action du syndicat des juristes égyptiens.

Le très combattif syndicat des juristes avait déjà organisé un rassemblement pour Gaza avant notre arrivée, et avait déjà dû affronter la police antiémeute et ses gaz lacrymogènes.


C’est très émouvant d’entendre les voix combinées des Egyptiens et des internationaux.  Je m’y sens vraiment très bien. Pas mal de femmes sont présentes. Plus de police aussi. Une très grande combativité. Un mégaphone qui circule de main à main… Des hommes, des femmes, qui lancent de réels récitals de slogans pour Gaza, pour la Palestine, contre Netanyahu, contre Obama, contre Moubarak… Notre présence les protège au moment même mais, par après, nous apprenons qu’il y a eu des arrestations.


Un orateur égyptien lance un appel pour continuer la mobilisation contre le mur d’acier que l’Egypte est en train de construire (avec l’aide des EU et de la France) le long de la frontière de Gaza.

Le but est d’isoler encore plus les Palestiniens de Gaza et de renforcer le blocus. Plus rien ne pourra passer par les tunnels (le « poumon » de Gaza : la seule façon de faire entrer des vivres et des médicaments).


Le lendemain matin, au petit déjeuner, un participant flamand me dit : « Est-ce qu’on n’avait pas décidé que tu participais à la grève de la faim ?... » Mais les événements nous poussent vers l’avant. Ce matin-là : nouvelle réunion, après quoi nous décidons de partir avec un  groupe important à l’ambassade de France. Marche forcée de plusieurs kilomètres (certains apprécient, n’est-ce pas, Ludo ?). J’arrive les pieds cassés. Mais c’est vite oublié, quand nous voyons l’action des 300 Français d’Euro-Palestine campant sur le trottoir.


27 décembre

 

Après trois heures d’attente, quand leurs bus ne sont pas arrivés, et que le permis leur est retiré, les Français décident de bloquer l’avenue qui passe devant l’ambassade. Repoussés sur le trottoir, encerclés par les policiers, ils sont contraints de prendre leur sac de couchage et de dormir sur place. Le trottoir de Ghize (le quartier) devient un lieu d’action, qu’un orateur du meeting final appellera « le visage ouvert de la Gaza Freedom March ». Ghize symbolisera aussi par après Gaza : avec deux points de passage possibles, Eretz au nord, Rafah dans le sud.


L’action des Français devant l’ambassade suscite l’enthousiasme de beaucoup d’entre nous  et de beaucoup d’autres délégations, comme nous pouvons le voir sur la vidéo ci-dessous :


Louisa Morgantini (ex-vice présidente du Parlement européen) : « Votre détermination est fantastique, nous devons rester unis dignement, comme le peuple palestinien qui lutte depuis des années. » Ou cette Juive américaine, que nous rencontrons aussi devant l’ambassade israélienne : « Quand on voit leur militantisme et leur unité, cela inspire beaucoup les autres délégations. La détermination des participants français continue d’être une voix pour briser le siège. » Et le « Ministère des Affaires populaires (un groupe de Lille) de chanter : « Tu sais, tu sais, la Palestine ne se soumettra jamais. » Qu’ils soient jeunes ou vieux (voir le témoignage d’un « jeune » de 82 ans ou la présence de Monseigneur Gaillot) : les Français d’Euro-Palestine montrent la voie.


Le soir, il y a une action surprise des Belges, Français et Luxembourgeois de notre hôtel, près de la mosquée Al Husseyn, qui est également un lieu touristique. Avec nos bougies, nos pancartes faites sur place, notre calicot, nous disons : « Non au blocus de Gaza ». Grande sympathie des Egyptiens mais, malheureusement, sans la présence de la presse. La police poursuit un groupe de manifestants jusqu’au métro, où elle est semée. En rentrant, nous voyons une ambulance devant l’hôtel. Renée-Marie, militante française pour la Palestine, a eu une crise cardiaque. Elle décédera dans la nuit. Dans son dernier acte de solidarité.


Jeudi 31 décembre

 

Ce jour-là, nous aurions dû être à Gaza, pour la marche. Ceci n’étant pas possible, nous décidons de faire la « Gaza Freedom March » au Caire. RV au musée. Par petits groupes, les marcheurs arrivent, prennent la rue. C’est là que les casqués arrivent, nous poussant sur le trottoir. Nous resterons six heures à l’endroit baptisé « Free Gaza Square », criant des slogans sans relâche. Un accordéon apparaît, un tambour, on danse. On chante. Un coin WC se met en place, un coin médical pour les blessés, un coin objets perdus. Des amis apportent de l’eau bien fraîche. On se met un cercle : des membres de toutes les délégations prennent la parole. On se sent bien. Démocratie directe : après 6 h  d’occupation, on se réunit par nationalité. Le comité directeur se rencontre après. Et Mick Napier, syndicaliste écossais que j’appelle le « D’Orazio pour Gaza » (et qui est mandaté par son organisation syndicale), demande notre avis : « Le comité directeur propose d’arrêter l’action ici, car demain nous voulons encore faire autre chose. Mais, si la majorité d’entre vous décide de rester, nous restons… ». Un vote à main levée est organisé. La majorité décide de lever l’occupation.

On va manger un petit bout avec le groupe de Belges qui est encore là.

Certains décident de rejoindre le RV pour passer ensemble le cap du nouvel an.

D’autres (dont moi) sont trop fatigués et vont se coucher.


1er janvier : « Sana saïda » - bonne année.


Nous l’avons très bien commencée, cette nouvelle année : avec une action surprise devant l’ambassade d’Israël.

Nous partons à plusieurs à un nouveau RV. Avec les minibus jusqu’à la prochaine station métro (il n’y a que 2 lignes pour une ville de 20 millions d’habitants !). Nos hommes commencent à bien faire attention maintenant aux rames : certaines sont uniquement réservées aux femmes !


Nous nous regroupons juste avant que la police n’arrive. L’ambassade se trouve au 19e étage. « Boycott Israël », notre premier slogan de l’année. Remarquable : la présence de nombreuses délégations juives antisionistes. Les organisateurs font un accord avec la police : nous resterons pendant trois heures. A la dislocation, nous nous dirigeons en petits groupes vers le centre. Surprise, surprise, nous sommes bloqués par des policiers sur un des ponts sur le Nil.


Nous traversons la route (plusieurs bandes où on roule à grande vitesse, et où risque sa vie en permanence). Accident entre deux voitures. Sur l’autre bord : un seul policier, qui n’arrive évidemment pas à nous arrêter.


Le soir : meeting final de Gaza Freedom March. Nous occupons la place Tahrir. Pas besoin de demander des autorisations, nous commençons à prendre des habitudes… Des personnes circulent avec des plateaux de douceurs égyptiennes.


Le meeting est très émouvant. Une jeune Palestinienne de 11 ans des Pays-Bas raconte comment elle a été battue la veille et exprime son désir d’aller à Gaza. Les organisateurs, aux visages de toutes les couleurs (venant de l’Inde, de l’Afrique du Sud, des Amériques ou de l’Europe – les syndicalistes sont nombreux), qui nous deviennent familiers (le syndicaliste écossais : « we must keep in touch »), nous adressent la parole. Hedi aussi. (Ferai-je la même chose quand j’aurai 85 ans ?) Tout le monde peut prendre la parole. « Nous avons fait une grève de la faim, dit un ténor italien, mais les Palestiniens sont forcés à la grève de la faim tous les jours. » J’apprécie l’autocritique le l’organisatrice de Code Pink (à la base du mouvement), à propos des 2 bus qui sont finalement partis à Gaza. Décision prise à la hâte et qui a suscité beaucoup de discussions.


Une base commune pour agir ensemble dans le monde entier : la déclaration du Caire


Cette déclaration, faite à l’initiative du syndicat sud-africain Cosatu fait un parallèle entre l’ancien régime d’apartheid de Pretoria et la politique de discrimination et de ségrégation de l’Etat d’Israël. Il propose un plan mondial d’action unifié pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions pour contraindre Israël à se conformer au droit international. « Let’s fight where we are strong, and they are weak.”


Après ce meeting, il y a une dernière réunion des différentes délégations. C’est notre copine Ria Cabus qui représente le groupe. A son retour, dans le café où nous buvons un dernier verre ensemble, nous apprenons que « Gaza Freedom March » va créer une structure, un site et continuer la mobilisation sur base de la déclaration du Caire.


Des liens entre des militants monde entier créé grâce à cette marche


Bien sûr, dans ce mouvement, il y avait beaucoup de composantes, beaucoup d’idées, de stratégies différentes. Mais j’ai bien aimé cette réflexion d’un organisateur à ce meeting final : « Qui peut nous dire quelle stratégie est la meilleure ? »  La situation en Palestine et au Moyen Orient est tellement complexe et tellement grave que tous les soutiens sont nécessaires. L’importance de la déclaration finale est d’avoir tracé un axe sur lequel tout le monde peut s’unifier.


En dehors des actions, c’est aussi en mangeant ensemble un falafel, en partageant nos galettes et nos mandarines, ou devant un café serré dans les petites rues du Caire, que nous avons  noué de nouvelles amitiés. Dans notre groupe de Belges et de Luxembourgeois (et avec de nombreux amis français), il y avait des sensibilités différentes. Les uns préférant les actions plus soft, d’autres les actions plus combatives. Les uns les négociations, les autres l’action directe (ce qui n’est pas toujours contradictoire).


Mais c’est en respectant nos différences et la liberté d’action, que nous sommes restés un groupe soudé et uni, prêt à continuer ensemble le travail de solidarité pour la Palestine.


Ce sera plus que nécessaire, vue les nouveaux appels à la guerre de l’Etat israélien.

 

Source: Plate-forme Charleroi-Palestine

Photographies de l'auteur



Edité par T 34 - 13 Jan 2010 à 23:55
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Compte à rebours pour une nouvelle guerre contre Gaza
Samira Quraishy   


Ces deux dernières semaines, dans le même temps que le Middle East Monitor (MEMO) épinglait le coût humain de l’opération « Plomb durci », Israël a intensifié ses frappes aériennes contre des cibles civiles dans la bande de Gaza, tuant à nouveau un certain nombre de Palestiniens et provoquant en outre des dégâts considérables. Les médias et les analystes militaires dans la région ont clairement constaté des types d’activités suggérant que la puissance d’occupation, Israël, préparait le terrain pour une nouvelle offensive majeure dans la bande de Gaza.


 

Comme ce fut le cas lors de l’attaque précédente, il y a un an, l’occupant interprète à nouveau le mutisme régional ou international comme un « feu vert » à sa prochaine opération.

Que se passe-t-il ?

Les attaques actuelles contre la bande de Gaza sont toutes dirigées sur des zones civiles. D’autres objectifs comprennent les positions de la résistance palestinienne.

1er janvier 2010 : l’aviation israélienne a bombardé deux tunnels dans la bande de Gaza. Les Palestiniens dépendent des tunnels pour la nourriture, les médicaments et autres produits dont ils ont besoin. En raison du blocus illégal imposé par l’occupant, les tunnels sont devenus leur principale bouée de sauvetage pour leur survie.

2 janvier : deux chars ont tiré des obus dans la zone située à l’est et au nord-est du quartier de Shuja’iyya de Gaza City, alors qu’en même temps, d’autres chars lançaient toute une série d’obus sur les quartiers de Shuja’iyya et de Touffah.

5 janvier : un raid aérien israélien touchait un groupe de combattants de la résistance palestinienne à Khan Younis, dans le Sud de la bande Gaza, tuant une personne et en blessant quatre autres.

7 janvier : les forces d’occupation israéliennes (FOI) attaquaient la zone frontalière de Rafah, tuant trois Palestiniens, dont un garçon de 14 ans.
Des frappes aériennes accompagnées de fortes explosions ont également eu lieu contre Gaza City, Khan Younis et Rafah.
Un peu plus tôt, l’aviation israélienne a largué des milliers de tracts au-dessus de Gaza, avertissant la population de se tenir loin de la frontière avec Israël et d’éviter d’intervenir dans toute forme de « contrebande ».

8 janvier : les forces israéliennes ont effectué des exercices militaires de grande envergure dans le Néguev et la chaîne nationale Channel 10 a fait savoir qu’il s’agissait des préparatifs d’une offensive militaire contre la bande de Gaza.

10 janvier : une frappe des Forces israéliennes de défense (FID) à l’est de Deir Al-Balah a tué trois Palestiniens et en a blessé quatre autres.

Comment les opérations seront-elles menées ?


  • Les médias israéliens, citant des responsables de l’armée, disent que les FOI se préparent à infiltrer, puis envahir des zones à forte densité de population et qu’elles vont recourir à leurs équipements sophistiqués afin de cibler les missiles à courte portée utilisés par la résistance.

  • Les mêmes sources confirment que les récents exercices ont été menés avec les nouveaux appareils numériques installés sur les chars Merkava, ce qui permet aux soldats des diverses unités de suivre les troupes sur le terrain dans les zones à forte densité de population.


Pourquoi maintenant ? Diverses explications possibles :

  • Le gouvernement de Tel-Aviv est la proie d’une crise politique et diplomatique causée par l’isolement international croissant d’Israël.

  • On assiste à un rejet et un courroux croissants contre la politique d’occupation, entre autres, l’expansion des colonies juives, les démolitions de maisons à Jérusalem et la profanation des lieux saints islamiques et chrétiens de la ville.

  • L’envoyé spécial américain au Moyen-Orient, George Mitchell, a récemment menacé de suspendre les garanties de prêt afin d’exercer une pression sur l’occupant et de le contraindre ainsi à mettre un terme à ses activités illégales de peuplement. Cette démarche des États-Unis, le principal allié d’Israël, est un reflet de l’ampleur du mécontentement international et de l’opposition à la politique d’occupation.

  • Netanyahu n’est pas parvenu à ramener Mahmoud Abbas à la table des négociations, ce dernier s’obstinant à affirmer qu’il ne pourra y avoir d’avancée sans que soit mis fin à la politique d’expansion des colonies.

  • Les tout récents préparatifs militaires coïncident avec les allégations israéliennes disant que le Hamas s’est procuré des missiles susceptibles de frapper les brigades d’artillerie israéliennes.


Ce qui en résulte

L’un dans l’autre, Israël est devenu une énorme source d’embarras et de responsabilités, pour les gouvernements occidentaux qui ont soutenu son occupation militaire durant plus de quatre décennies. Tous ceux qui sont perçus comme de proches alliés d’Israël, comme le Royaume-Uni et les États-Unis, estiment que cette source d’embarras constitue un point extrêmement sensible en même temps qu’une tache sur leur image internationale, en particulier à un moment où ils ont le plus besoin de l’appui international dans leurs efforts en Afghanistan, au Pakistan et, tout récemment, au Yémen.

 

La plupart des analystes s’accordent à dire que l’échec de l’invasion militaire d’Israël  l’hiver dernier a renforcé le Hamas en tant qu’organe de pouvoir et regonflé son image tant en Palestine que dans toute la région. D’autre part, après son fiasco, Israël s’est retrouvé vilainement compromis, d’autant que le rapport Goldstone a demandé qu’on poursuive ses dirigeants pour crimes de guerre. Les ennuis d’Israël dureront aussi longtemps qu’il s’entêtera à occuper illégalement les terres palestiniennes.

Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action

Source: Middle East Monitor

A partir de quand est-ce un génocide ?
Nadia Hijab   


De plus en plus de personnes ont commencé à employer le terme de génocide pour décrire ce que Israël fait à Gaza. Israël ne va pas tuer directement des dizaines de milliers de Palestiniens, mais il va créer les conditions conduisant à la mort de dizaines de milliers d’entre eux. N’importe quelle épidémie finira le travail.



Lors d’une visite à Ramallah il y a un an, alors que le bombardement de Gaza était en cours, j’ai évoqué mes craintes avec un ami proche, Palestinien. « Je sais que cela peut paraître dément, mais je pense que l’objectif réel des Israéliens est de les faire tous mourir. »


Mon ami me dit de pas exagérer ; l’assaut était horrible, mais ce n’était pas un meurtre de masse.

Je lui ai dit que ce n’était pas là le problème : il s’agissait d’une population déjà très vulnérable à la maladie, dans un mauvais état sanitaire, souffrant de malnutrition après des années de siège, avec des infrastructures pourries, de l’eau et de la nourriture contaminées. La guerre menée par Israël allait à coup sûr faire passer les gens de l’autre côté de la limite, particulièrement si le siège se poursuivait – et tel a été le cas.

En d’autres termes, Israël ne va pas tuer directement des dizaines de milliers de Palestiniens, mais il va créer les conditions pour que des dizaines de milliers d’entre eux meurent. La première épidémie qui passera achèvera le travail. Mon ami resta silencieux, mais continua à hocher la tête en signe d’incrédulité.

Depuis l’an dernier, deux choses ont changé : de plus en plus de gens ont commencé à appliquer la terme « génocide » à ce que fait Israël à Gaza. Et il n’y a pas qu’Israël qui soit directement accusé, mais également, de plus en plus, l’Egypte.
Est-ce un génocide ? La « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », un document clair et concis adopté par l’Assemblée générale dans sa résolution 260 A (III) du 9 décembre 1948, déclare que le génocide est l’une quelconque de cinq actions commises « dans l’intention de détruire, en totalité ou en partie, un groupe national, ethnique, racial, ou religieux. »


Trois de ces actions s’appliquent à Gaza :

(a) Tuer des membres du groupe ;
(b) Causer des maux corporels ou mentaux graves aux membres du groupe ;
(c) Infliger délibérément au groupe des conditions de vie calculée pour provoquer sa destruction physique, en totalité ou en partie. »

Les juristes universitaires discutent de la façon d’interpréter les articles de la Convention, et il s’est avéré difficile, au cours des années, de définir certains crimes comme des génocides, et plus difficile encore de les empêcher et d’y mettre un terme. En s’inspirant du précédent de la Bosnie – le seul traitement légal indiscutable du génocide à ce jour – il serait nécessaire d’établir une intention délibérée pour qu’une accusation de génocide lancée contre Israël soit acceptée par un tribunal.


La direction israélienne n’a bien entendu jamais publiée une telle déclaration d’intention. Cependant, beaucoup de déclarations d’officiels israéliens vont dans ce sens :

  • Mettre les Palestiniens de Gaza « au régime » - Dov Weissglass, adloint principal d’Ariel Sharon, en 2006.

  • Les exposer à « une plus grande shoah (holocauste) » - Matan, ancien ministre adjoint de la défense, en 2008.

  • Publier des directives religieuses exhortant les soldats à ne faire preuve d’aucune pitié - le rabbinat israélien au cours du conflit actuel.

De telles déclarations correspondent à au moins trois des « 8 stages du génocide » identifiées par Gregory Stanton, président de Genocide Watch, en 1990, à la suite du génocide au Rwanda : classification, déshumanisation, et polarisation.
Il y a ensuite la destruction délibérée et l’interdiction d’approvisionnements et de moyens de subsistance, pratiquée par Israël sur terre et sur mer.

Déjà, le rapport Goldstone a déclaré que priver les Palestiniens de leurs moyens de subsistance, de leurs emplois, de leurs logements, de leur eau potable, de leur liberté de mouvements et de tout accès à une juridiction quelconque, que cela pouvait être qualifié de persécution.

Depuis l’attaque de décembre-janvier, il y a eu beaucoup de rapports incontestables établis par des organisations de droits de l’homme, ainsi que de respect de l’environnement, relatifs à l’impact de la guerre et de la poursuite du siège sur les personnes, les sols, l’air, et l’eau, et qui montrent une augmentation du nombre de cancers, de malformations à la naissance, et de morts non inévitables. Le nombre de morts de la grippe porcine à Gaza a atteint 9 en décembre et 13 une semaine plus tard.

La huitième étape d’un génocide : le refus des auteurs de reconnaître le moindre crime

Ironiquement, on peut rappeler que Stanton a dirigé l’Association Internationale des Universitaires Spécialisés sur les Génocides, au cours du conflit, qui, malgré quelques protestations, a terminé l’étude des actes d’Israël par, entre autres, une déclaration selon laquelle les politiques suivies par Israël étaient « trop gravement proches » d’un génocide pour être ignorées, et qui appelait à briser le silence.

« Gravement proches » est bien le mot approprié. Voici ce que Raphael Lemkin, universitaire et juriste d’origine juive et polonaise, écrivait en 1943 :

« le génocide ne signifie pas nécessairement la destruction immédiate d’une nation... Il correspond plutôt un plan coordonné comportant différentes actions visant la destruction des fondements essentiels de la vie de groupes nationaux, dans le but de parvenir à l’annihilation de ces groupes eux-mêmes. Les objectifs d’un tel plan seraient la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion, et de l’existence économique de groupes nationaux, ainsi que la destruction de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité, et même de la vie des individus appartenant à de tels groupes. »

Il est difficile d’imaginer une meilleure description de ce qui se passe à Gaza.

Tous les pays membres des Nations Unies ont le devoir d’empêcher les actes de génocide, et au moins de s’y opposer. Ce qu’il faut est qu’il y ait un pays assez courageux pour prendre la tête d’une telle action avant qu’il soit trop tard.

Source: Uruknet

Traduction: Appel de Strasbourg pour une paix juste au Proche-Orient

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mercredi 13 janvier 2010, par Alain Gresh

Je signalais, dans un précédent envoi, cet article de Serge Dumont dans le quotidien suisse Le Temps (8 janvier) : « Israël muscle sa riposte sur le Net ». On y lisait notamment : « Peu après la fin de l’opération “Plomb durci” (l’invasion de la bande de Gaza en janvier dernier), Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ehoud Olmert, a rapidement pris conscience de l’ampleur de la vague de protestations soulevée par la destruction massive des infrastructures civiles palestiniennes. Elle a alors autorisé son département à recruter des jeunes fans d’informatique pratiquant parfaitement une ou plusieurs langues étrangères afin de répondre aux critiques qui fusaient dans les blogs ainsi que dans le courrier électronique des grands journaux européens et américains. »

Au-delà, c’est toute une entreprise de propagande qui se met en place à partir d’Israël. Et elle se traduit par un manuel diffusé par The Israel Project, une officine de désinformation très professionnelle, et dont l’exergue est : « Pour la liberté, la sécurité et la paix » – celle des Israéliens, bien sûr, et d’eux seuls. Ce manuel s’intitule The Israel Project’s 2009. Global Language Dictionary (PDF) et est destiné à la propagande aux Etats-Unis, mais ses « règles » s’appliquent sans doute ailleurs.

C’est un document d’une centaine de pages, divisé en dix-huit chapitres. Curieusement, il porte la mention « interdit à la distribution et à la publication ». Il semble que ce texte n’était donc pas destiné à être diffusé largement.

Le premier chapitre s’intitule « 25 règles pour une communication efficace ». Règle n° 1, « manifester de l’empathie pour les deux parties ! Le but de la communications pro-Israël ne vise pas seulement les gens qui aiment déjà Israël. Le but est de gagner de nouveaux cœurs et les esprits d’Israël, sans perdre le soutien qu’Israël a déjà. Pour ce faire, vous devez comprendre que le cadre à partir duquel la plupart des Américains voient Israël est un “cycle de violence qui dure depuis des milliers d’années”. Ainsi, vous avez à désarmer leurs soupçons. (...) La première étape est de montrer que vous voulez la paix A LA FOIS pour les Israéliens et les Palestiniens, et notamment pour les enfants. (...) Et il faut ouvrir vos propos par l’affirmation que Israël veut un meilleur futur à la fois pour les Israéliens et les Palestiniens. (...) Si, au centre de votre communication, vous montrez du doigt en disant “Israël a raison, ils ont tort”, vous perdrez plus que vous ne gagnerez ».

Règle n° 6 : « Soyez attentif à votre ton. Un ton protecteur, paternaliste, détournera les Américains et les Européens. Nous sommes à un moment dans l’histoire où les Juifs en général (et les Israéliens en particulier) ne sont plus perçus comme le peuple persécuté. En fait, dans le public américain et européen – le public sophistiqué, éduqué, aux idées arrêtées, non-juif –, les Israéliens sont souvent considérés comme les occupants et les agresseurs. Dans ce cadre, il est essentiel pour les messages de porte-parole pro-israéliens de ne pas apparaître comme hautains ou condescendants. »

Et, le texte donne, comme pour chaque règle, « les mots qui ne marchent pas » :

« “Nous sommes prêts à leur permettre de construire”... Les Israéliens ne peuvent pas “autoriser” les Palestiniens à aller de l’avant. Ils ne peuvent pas “permettre” ou “contrôler” ou “ordonner” aux Palestiniens d’établir un commerce, un transport, ou un gouvernement. Si les Palestiniens sont à considérer comme un partenaire de confiance sur la voie de la paix, ils ne doivent pas être subordonnées, dans la perception ou dans la pratique, par les Israéliens. (...) »

Règle n° 10. « Tracer un parallèle entre Israël et les Etats-Unis, y compris la nécessité de combattre le terrorisme. (...) Le langage d’Israël est celui de l’Amérique : démocratie, liberté, sécurité et paix. » Les Palestiniens, les Irakiens et les Afghans, parmi d’autres, sont payés pour le savoir.

Règle n° 11. « Ne parlez pas de religion. Les Américains qui considèrent la Bible comme document de référence sur les affaires étrangères sont déjà partisans d’Israël. Les fondamentalistes religieux sont tout acquis à Israël (« Israel’s Amen Choir ») et ils représentent environ un quart du public américain, et les amis les plus solides d’Israël dans le monde. Toutefois, certains de ceux qui sont les plus susceptibles de croire qu’Israël est un Etat religieux sont les plus hostiles à Israël (“ils sont tout aussi extrémistes que les pays arabes qu’ils critiquent”). Malheureusement, presque toute discussion sur la religion ne fera que renforcer cette perception. Par conséquent, même la mention du mot “juif” dans le contexte d’Israël va déclencher une réaction négative – et la défense d’Israël comme un “Etat juif” ou “Etat sioniste” sera mal reçue. (...) »

Règle n° 15. Utiliser des questions rhétoriques.

En voici quelques exemples :

« - “Comment puis-je faire la paix avec un gouvernement qui veut ma mort ?”
- “Comment puis-je faire la paix avec une population à qui sont enseignés ces mots - haïr les Juifs, pas seulement des Israéliens - dès sa naissance ? »

« Règle 17. K.I.S.S. (Keep It Simple, Stupid) et répétez encore et encore. Une règle essentielle de la communication réussie est “Keep It Simple, Stupid” (faites simple). Une communication réussie ne consiste pas à réciter chaque fait de la longue histoire de conflit israélo-arabe, mais à pointer quelques principes de base sur des valeurs partagées comme la démocratie et la liberté et à les répéter encore et encore. »

« Règle n° 21. Concédez un point. Recherchez des occasions dans chaque débat télévisé ou interview de concéder un point au journaliste ou à la personne avec laquelle vous débattez. Le point est de ne pas de miner l’une des bases essentielles de la politique étrangère d’Israël. Mais les simples mots “vous avez un bon argument” font merveille auprès d’un public »

Et, pour terminer le tout, l’inévitable référence à l’holocauste et à la nécessité qu’il ne se reproduise pas...

Le chapitre 2 est consacré aux mots et les phrases qu’il faut utiliser, c’est un régal...

« “Tirer délibérément des roquettes sur des communautés civiles” : Combinez le motif terroriste avec la vision de civils et vous avez la parfaite illustration de ce à quoi Israël fait face à Gaza et au Liban. A utiliser en particulier en ce qui concerne les tirs de roquettes, mais aussi utile pour tout type d’attaque terroriste, “délibéré” est le mot juste à utiliser pour rappeler l’intention derrière derrière les attentats. Ceci est beaucoup plus fort que de décrire les attentats comme “aveugles”.

“Diplomatie économique” : beaucoup plus global et plus populaire que le terme de “sanctions”. »

(...)

« “Humaniser les roquettes”. Peindre une image vivante de ce qu’est la vie dans les communautés israéliennes qui sont vulnérables aux attaques. Oui, vous pouvez citer le nombre d’attaques à la roquette qui ont eu lieu. Mais faire suivre ceci immédiatement par la description du voyage nocturne vers l’abri souterrain.

“Si ... Si ... Si ... Alors” : Faites porter au Hamas la responsabilité du premier pas pour la paix par l’utilisation du “si” (et n’oubliez pas de terminer avec un clair “alors”, pour montrer qu’Israël est un partenaire pour la paix). “Si le Hamas se réforme... Si le Hamas reconnaît notre droit à exister... Si le Hamas renonce au terrorisme... Si le Hamas soutient les accords de paix internationaux... alors nous sommes disposés à faire la paix aujourd’hui.” » (...)

« “L’islam militant” : Ceci est le meilleur terme pour décrire le mouvement terroriste. Evitez les termes comme “islamo-fascisme” qui rappellent la période Bush. » (...)

« “Personne ne doit être obligé de quitter sa maison” : Ceci est la phrase la plus gagnante dans le lexique qui concerne les colonies de peuplement. Utiliser le principe de “mutuel” pour expliquer que, tout comme les Israéliens arabes ne devraient pas quitter leurs maisons en Israël, les juifs d’un nouvel Etat palestinien doivent être autorisés à rester dans leurs maisons, eux aussi.

“Une étape à la fois, une journée à la fois” : Il est essentiel de réduire les attentes et de réduire la pression sur Israël pour qu’il se précipite dans un accord qui soit n’est pas dans son intérêt, soit met en danger sa sécurité. Le principe “un pas à la fois” sera accepté comme une approche de bon sens dans la mise en œuvre du principe de l’échange des territoires contre la paix. » Je reviendrai dans un autre envoi sur d’autres aspects de ce document.

Alain Gresh

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Israel : un bilan (The New Statesman)

 

John PILGER

La farce du sommet de Copenhague sur le Changement Climatique a confirmé la réalité d’une guerre mondiale menée par les riches contre la majorité de l’humanité. Elle a aussi révélé l’existence d’une résistance qui grandit comme jamais auparavant : un internationalisme qui associe la sauvegarde de la planète terre avec les droits de l’homme universels, et exige que justice soit faite pour tous ceux qui envahissent et dépossèdent en toute impunité.

La résistance palestinienne au vol de leur pays a atteint un tournant en 2001 lorsqu’Israël fut qualifié d’état d’apartheid lors d’une conférence des Nations Unies sur le racisme à Durban, en Afrique du Sud. Selon Nelson Mandela, la justice pour les Palestiniens constitue « le plus grand enjeu moral de notre époque ». L’Appel de la Société Civile Palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), fut lancé le 9 juillet 2005, dans l’esprit du grand mouvement non-violent qui a balayé le monde et provoqué l’effondrement de l’Apartheid africain. « Au cours des décennies d’occupation et de vols, » a écrit Mustafa Barghouti, une voix de la sagesse dans le paysage politique palestinien, « 90% de la lutte palestinienne a été non-violente… Une nouvelle génération de dirigeants palestiniens s’adressent au monde exactement comme Martin Luther King l’aurait fait. Ce même monde qui rejette tout recours à la violence de la part des Palestiniens, même dans les cas flagrants de légitime défense, pourrait-il nous reprocher la non-violence employée par des hommes tels que King et Ghandi ? »

Aux Etats-Unis et en Europe, les syndicats, les associations universitaires et les grandes églises ont ravivé les stratégies et tactiques employés contre l’apartheid sud-africain. Lors d’une résolution adoptée par 431 voix contre 62, l’église Presbytérienne des Etats-Unis a voté en faveur « d’un processus de désinvestissement progressif et sélectif contre les multinationales qui font des affaires avec Israël ». Cette décision avait été précédée par le jugement rendu par la Cour Internationale de Justice déclarant le mur d’Israël et ses « colonies » comme illégales. Un jugement similaire avait été rendu par la Cour en 1971 pour condamner l’occupation de la Namibie par l’Afrique du Sud, déclenchant ainsi un boycott international.

A l’instar de la campagne contre l’Afrique du Sud, la question centrale est le respect de la loi. Aucun état ne se permet de violer le droit international avec autant de désinvolture qu’Israël. En 1990, une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU qui exigeait le retrait de Saddam Hussein du Koweït était pratiquement mot à mot la même que celle qui exigeait le retrait d’Israël de la Cisjordanie. Les Etats-Unis et leurs alliés ont attaqué et chassé l’Irak alors qu’Israël a toujours été choyé. Le 11 décembre (2009), le Président Obama a annoncé une « aide » de 2,75 milliards de dollars pour Israël, un acompte sur les 30 milliards que les contribuables américains en plein marasme économique devront sortir au cours des dix années à venir.

L’hypocrisie est désormais bien comprise aux Etats-Unis, où les campagnes de boycott deviennent monnaie courante. Une campagne sur le thème de « la beauté volée » est menée contre les produits de beauté Ahava qui sont fabriqués illégalement dans des « colonies » de la Cisjordanie a forcé la compagnie à se séparer de son « ambassadrice », la célèbre Kristin Davis, star de la série Sex and the City. En Grande-Bretagne, Sainsbury’s et Tesco sont sous pression pour révéler quels sont leurs produits fabriqués dans les « colonies » dont la commercialisation viole l’accord de commerce entre l’Union Européenne et Israël.

En Australie, un consortium dont fait partie la compagnie française Veolia a perdu un marché d’un milliard de dollars pour une usine de désalinisation suite à une campagne révélant le projet de Veolia de construire une ligne de tram reliant Jérusalem aux « colonies ». En Norvège, le gouvernement a retiré son soutien à une société de haute-technologie israélienne, Elbit, qui a participé à la construction du mur qui traverse la Palestine. Il s’agit du premier boycott officiel d’un pays occidental. « Nous ne souhaitons pas financer des entreprises qui participent aussi ouvertement à la violation du droit humanitaire international », a déclaré le ministre des finances norvégien.

En 2005, une association de professeurs d’université en Grande-Bretagne (Association of University Teachers in Britain - AUT) a voté en faveur d’un boycott des institutions universitaires israéliennes complices de l’oppression contre les Palestiniens. La campagne de l’AUT a du faire marche arrière lorsque le lobby pro-israélien a déclenché une vague d’attaques personnelles et d’accusations d’antisémitisme. L’écrivain et militant palestinien Omar Barghouti l’a qualifié de « terrorisme intellectuel » : une perversion intellectuelle qui transforme en antisémitisme toute opposition au racisme exercé contre les Palestiniens. Cependant, pratiquement tout a changé après l’attaque Israélienne contre Gaza le 27 décembre 2008. La première campagne étatsunienne pour un boycott universitaire et culturel d’Israël a été lancée, en présence de Desmond Tutu. Lors de sa conférence de 2009, le Congrès des Syndicats Britannique a voté en faveur d’un boycott de la consommation. Le « tabou israélien » venait de tomber.

Parallèlement, on assiste à un développement rapide de la loi pénale international depuis l’affaire Pinochet en 1999 lorsque l’ancien dictateur du Chili fut placé en résidence surveillée en Grande-Bretagne. Les criminels de guerre israéliens courent désormais le risque d’être trainés en justice là où s’appliquent des lois à « juridiction universelle ». En Grande-Bretagne, la Convention de Genève de 1957 est renforcé par le rapport de l’ONU sur Gaza du juge Richard Goldstone qui en décembre a obligé un juge londonien à émettre un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre Tzini Livni, ancien ministre des affaires étrangères d’Israël. Au mois de Septembre, seule une immunité diplomatique a évité à Ehud Barak, ministre de la défense d’Israël lors de l’assaut contre Gaza, d’être arrêté par Scotland Yard.

Il y a un an à peine, 1400 personnes sans défense à Gaza furent assassinés par les Israéliens. Le 29 décembre dernier, Mohamed Jassier était le 367eme habitant de Gaza à mourir parce que les médicaments qui auraient pu le sauver sont interdits par Israël. Gardez cela bien à l’esprit la prochaine fois qu’une chaine de télévision « équilibrera » de telles souffrances avec les protestations sournoises des oppresseurs.

Une dynamique a été enclenchée. Pour la première commémoration de l’atrocité de Gaza, une grande procession humanitaire de 42 pays – musulmans, juifs, chrétiens, athées, jeunes et vieux, syndicalistes, artistes, musiciens et ceux qui menaient les convois de nourriture et de médicaments – a convergé vers Egypte, et même si la dictature au Caire à la solde des Etats-Unis a empêché la majorité d’atteindre Gaza, les peuple de cette prison à ciel ouvert savaient qu’ils n’étaient pas seuls, et des enfants ont grimpé sur les murs pour hisser des drapeaux palestiniens. Et ce n’est que le début.

John Pilger

http://www.johnpilger.com/page.asp?partid=563

traduction par le Grand Soir

 

Norman Finkelstein explique comment Israël utilise l'Holocauste à un soldat israélien qui porte sur son casque l'inscription :"Je suis une victime". Dessin de Carlos Latuff, Brésil, 2003
 
 
 
Norman Finkelstein vu par Carlos Latuff : Le mur de "sécurité" israélien :"Pourquoi ne pas l'appeler par son véritable nom ?"


Edité par T 34 - 02 Feb 2010 à 20:10
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
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