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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jun 2009 à 17:21

Le dollar est-il contournable ?

La crise financière incite Pékin à se libérer de l’hégémonie du billet vert.

La Banque centrale de Chine avait appelé fin mars à l’adoption d’une nouvelle monnaie de réserve internationale, pour remplacer le dollar, dans un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international (FMI) et s’appuyant sur les droits de tirage spéciaux (DTS), unité de compte utilisée par le FMI. L’annonce à l’approche du G20 de Londres avait fait grand bruit. Certains n’y avaient vu qu’un avertissement de Pékin envers Washington, mais il existe un certain nombre de raisons de croire que Pékin tente de se libérer du piège du dollar dans lequel l’histoire, les circonstances et la situation de l’économie mondiale calibrée autour du billet vert, qui représente 70 % des 2 000 milliards de réserves de devises chinoises, l’ont tenu.

La remise en cause de la suprématie du dollar correspond à une inquiétude bien réelle en Chine où le fiasco de la crise financière américaine accélère la réflexion sur la finalité de la croissance et le modèle occidental de développement. Pour l’économiste Ding Yfan, il existe « une vraie méfiance » vis-à-vis des États-Unis. « Nous redoutons qu’ils ne déclenchent un nouveau désastre en choisissant de s’accrocher à la planche à billets. »

Lors du forum économique de Boao, qui s’est tenu fin avril après le G20 dans l’île chinoise de Hainan, les dirigeants chinois ont profité de l’occasion pour critiquer les pays et institutions occidentaux. Ils leur reprochaient notamment que ce qui était sorti du sommet n’était pas à la hauteur du débat qu’ils souhaitaient engager. Zheng Xinli, vice-président du très influent institut d’études qu’est le Centre des échanges économiques, a lancé un appel en faveur d’une nouvelle banque asiatique de développement qui devrait concurrencer les institutions dominées par l’Occident. « Il est de plus en plus question qu’un « consensus de Beijing » vienne remplacer - celui de Washington (1), estime Cui Zhiyuan, de l’université de Qinghua à Pékin et qui a récemment, publié un ouvrage sur ce thème. Le concept du « consensus de Beijing » reste encore assez flou. Le président de l’Académie du marxisme de l’Académie chinoise des sciences sociales, Cheng Enfu, le définit comme « la promotion d’une économie dans laquelle la propriété publique est dominante, il opte pour un changement progressif plutôt que pour une thérapie de choc, il ouvre le pays au commerce extérieur tout en lui permettant de rester autosuffisant pour une large part et les réformes à grande échelle du marché y passent avant le changement politique et culturel ». La crise économique mondiale, relève Cheng, « met en évidence les avantages du modèle chinois qui a protégé son système financier par exemple en dépit des pressions ».

Depuis la fin 2008, Pékin pourrait bien avoir commencé à tester la convertibilité de sa monnaie. La Banque de Chine a signé avec six pays des accords permettant de - libeller les transactions commerciales, non pas en dollars, mais en yuan ou dans la monnaie de leur pays. Selon ces accords, les banques centrales de Hong Kong, d’Indonésie, de Malaisie, de Corée du Sud, de Biélorussie et d’Argentine sont autorisées à changer la monnaie locale en yuan, tandis que les importateurs peuvent utiliser leur monnaie nationale pour payer leurs achats en Chine. Pékin a aussi annoncé que les échanges commerciaux entre cinq villes (dont Shanghai) et l’étranger - allaient s’effectuer en yuan. « Ces initiatives pourraient bien être les premiers pas importants vers la transformation du yuan en monnaie globale », estime Ding Yfan, qui souligne, par ailleurs, comme Cheng Enfu, que le recours aux DST comme monnaie mondiale de réserve est souhaitable mais que sa création « prendra du temps compte tenu de la fragilité actuelle du dollar ».

Cette prudence s’est illustrée au récent sommet du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) la semaine dernière à Ekaterinbourg. Les quatre grands pays émergents s’étaient ralliés à la proposition d’une nouvelle monnaie de réserve. Mais même si le communiqué final de la rencontre ne fait pas état du dollar, la nécessité « d’avoir un système de devises stable, prévisible et plus diversifié » est clairement exprimée. Et l’alternative au billet vert comme devise hégémonique est posée.

(1) Le « consensus de Washington » désigne un ensemble de moyens - privatisation des entreprises d’État, libre commerce, dérégulation et limitation des dépenses publiques - utilisés par le FMI, la Banque mondiale et le trésor américain à l’égard des pays endettés du tiers-monde, surtout en Amérique latine.

Dominique Bari

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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jul 2009 à 12:32

Emeutes sanglantes en Chine

Au Xinjiang, les affrontements entre membres de la minorité ouïgours et la police ont coûté la vie à 140 personnes, selon les autorités, et fait 816 blessés. La police est à la recherche de 90 personnes accusées d’être responsables des émeutes.

« L’ordre partiellement rétabli à Urümqi », écrivait hier le Quotidien du peuple, le journal officiel chinois. Dimanche, les affrontements entre membres de la minorité ouïgours et forces de l’ordre ont fait 140 morts à Urümqi, capitale de la région autonome ouïgours du Xinjiang. Selon le chef régional de la police, Liu Yaohua, 57 corps ont été retrouvés dans les rues d’Urümqi. Les autres personnes auraient succombé à l’hôpital. Il y aurait 816 blessés.
Les autorités n’ont pas précisé la part de manifestants, de policiers ou de passants dans ces chiffres. Hier, les pompiers éteignaient les derniers incendies, qui auraient touché 203 magasins et 14 maisons. 261 véhicules ont été retournés. Le nombre de manifestants est encore difficilement estimable. Les autorités parlaient initialement de quelques centaines de personnes. Peu crédible au vu du nombre de victimes. Des associations ouïgours de l’étranger parlaient, elles, de 3000 manifestants.

 
Des centaines de personnes ont été arrêtées et la police annonçait être encore à la recherche de 90 responsables d’émeutes. Une centaine de responsables « ethniques » de régions voisines ont gagné la capitale pour aider à l’interrogatoire des suspects. Si le nombre de victimes était confirmé, on aurait au Xinjiang « l’incident le plus grave depuis la fin de la Révolution culturelle » (1966-1976), a déclaré Nicholas Bequelin, de Human Rights Watch.

Dans un discours télévisé, le président régional Nur Bekri a expliqué que les émeutes faisaient suite à un affrontement entre Ouïgours et Han (l’ethnie majoritaire en Chine) à Guangdong, dans le sud de la Chine, le 26 juin. Des ouvriers ouïgours avaient été victimes d’un véritable lynchage, après que le viol d’une jeune fille han eut été attribué à l’un des leurs dans une usine de jouets. Deux Ouïgours ont trouvé la mort dans ce lynchage. 118 personnes ont été blessées, dont 79 Ouïgours.

Selon les autorités, les manifestants armés de couteaux, de briques et de pierres s’en sont pris à des membres des Han, tandis que certains opposants à Pékin avancent que la police aurait tiré sur une manifestation pacifique qui réclamait justice pour ses conationaux de Guangdong.

Le Xinjiang, 20 millions d’habitants, est une région autonome (comme le Tibet) qui couvre un sixième de la surface de la Chine et est peuplée à majorité d’Ouïgours. 45% des habitants appartiennent à cette ethnie turcophone et musulmane. 41 % sont des Han, l’ethnie majoritaire en Chine, arrivés récemment. En 1953, ils n’étaient qu’un demi-million. Ils sont 7,5 millions aujourd’hui.
 
Malgré une indépendance éphémère, de 1930 à 1949, sous le nom de Turkestan oriental, un moment dans le giron soviétique, le Xinjiang est chinois depuis 1884. Certains groupes rêvent de reconstituer ce Turkestan et ont commis des attentats par le passé. Trois jours avant le lancement des jeux Olympiques, en août 2008, un attentat attribué au Parti islamique du Turkestan oriental avait fait 16 morts. Pékin attribuait hier les émeutes au Congrès mondial ouïgours, dirigé en exil par Rebiya Kadeer. Le Congrès aurait incité à la violence en appelant ses sympathisants à se montrer « plus braves » et à faire « quelque chose de gros ».

Gaël De Santis http://www.humanite.fr/Emeutes-sanglantes-en-Chine

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jul 2009 à 19:03
Xinjiang et Tibet : du pareil au même
Jean-Paul Desimpelaere   

Le dimanche 5 juillet 2009, de violentes émeutes ont secoué les rues d’Urumqi, capitale de la province chinoise du Xinjiang. Elles ont causé la mort de 156 personnes et ont blessé plus d’un millier d’autres. Ces chiffres dépassent de loin ceux des émeutes à Lhassa en mars 2008.


Le 7 juillet 2009

Pourtant le caractère des émeutes est similaire : des bandes de personnes descendent dans les rues, cassent, mettent le feu aux boutiques et tabassent les gens. D’après la police chinoise, environ 1500 personnes ont été arrêtées. Nul ne contredira que des tensions sociales et ethniques existent en Chine, mais qu’elles soient utilisées dans un jeu géostratégique à échelle internationale n’est pas souvent mentionné par nos médias. Voici quelques réflexions à ce propos, et encore plus précisément à propos du « front uni dalaï-lama – Xinjiang ».

Dans nombre d’interviews (e.a. dans son allocution au Parlement européen, le 4 avril 2008), le 14ème dalaï-lama se dit concerné de près par « la lutte des Ouïgours du Xinjiang ». Il nomme cette région le « Turkestan oriental » et estime qu’elle devrait devenir indépendante. Durant les dix dernières années, de nombreuses associations de défense pour l’indépendance du « Turkestan oriental » ont surgi en Occident. Le comité central se nomme « World Uyghur Congress » et siège à Munich, en Allemagne. Leur présidente vit aux Etats-Unis et est fière de pouvoir annoncer que leur mouvement a pu se développer grâce au soutien de la « National Endowment for Democracy » (NED), la sœur jumelle de la CIA, mais pour les opérations « pacifiques ». Dans le bilan financier de la NED figurent quatre organisations ouïgours d’opposition à la Chine qui, ensemble, ont officiellement reçu plus de 500.000 $ en 2008. Voilà donc le lien avec le dalaï-lama : ils ont les mêmes sponsors. De plus, ils se concertent : la première conférence de « l’alliance » (Tibet, Turkestan oriental, Mongolie du Sud) eut lieu à New York le 16 octobre 1998 et réunissait des bonzes de l’administration Clinton, des représentants du dalaï-lama, des Ouïgours et des Mongols. Pour l’occasion, le dalaï-lama avait écrit ce message : « nos trois peuples ont des liens historiques forts ; à présent ils sont réunis dans la lutte contre l’occupation chinoise. L’empire soviétique s’est désintégré et les différents peuples ont retrouvé leur liberté. Aussi, suis-je optimiste pour l’avenir de nos nations respectives ». Le but de tout ceci me paraît assez clair : attiser et sponsoriser des conflits ethniques qui régulièrement éclatent dans différentes régions de la Chine, afin de la briser, la faire exploser, à l’exemple de l’Union Soviétique.

Source: Tibetdoc

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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jul 2009 à 12:12

Couvre-feu sur le Xinjiang

De nouveaux troubles ont éclaté hier à ürümqi, capitale de cette province, deux jours après les sanglantes émeutes ethniques qui ont fait cent cinquante morts.

Un couvre-feu a été décrété hier sur tout le territoire du Xinjiang après les émeutes sanglantes de ces derniers jours qui se sont soldées par au moins 156 morts et plus d’un millier de blessés. Mais la tension demeure telle que les risques sont grands de voir la situation dégénérer en affrontements ethniques. Hier, des centaines de Han armés de bâtons, de pelles et de hachoirs sont descendus dans les rues d’ürümqi, capitale de la province. Ils ont été stoppés par la police, laquelle a violemment dispersé une autre manifestation d’Ouïgours qui réclamaient la libération de leurs proches. Depuis dimanche, il y aurait eu mille quatre cent trente-quatre arrestations.

de nouveaux heurts à Kashgar et à Aksu

Si ürümqi demeure fortement quadrillée, de nouveaux heurts auraient éclaté dans d’autres cités du Xinjiang comme à Kashgar et à Aksu, zone frontalière qui a déjà été le théâtre d’affrontements ethniques à la fin des années 1990. Période où les troubles se sont intensifiés après le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan et l’indépendance des trois républiques musulmanes de l’ex-URSS, le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizistan. En avril 1990, les émeutes, près de Kashgar, avaient fait 22 morts officiellement, et au moins 60, de source occidentale. À partir de cette période, la présence des Han, l’une des 47 ethnies de cette vaste province aride mais riche en hydrocarbures, est devenue significative de la mainmise accrue du gouvernement central : la communauté est passée de 6 % à 40 % de la population.

Mais ce fut aussi la conséquence directe de la politique de développement dite du Programme d’ouverture de l’Ouest, lancée en 1998, destinée à accroître les infrastructures pour désenclaver la région et à favoriser les investissements étrangers. Une stratégie qui fut en définitive plus favorable à l’installation de commerçants et promoteurs Han au détriment d’autres ethnies autochtones. Celles-ci souvent moins éduquées sont marginalisées tant sur le plan politique qu’économique, alimentant des frustrations déjà anciennes.

Depuis des siècles, les relations sont tendues entre communautés turcophones sunnites influencées par le soufisme d’Asie centrale et les Han, qu’ils viennent de la Chine impériale ou de la République populaire. Le conflit idéologique entre Pékin et Moscou durant les décennies 1960 et 70 a envenimé la situation, l’URSS encourageant les visées nationalistes et séparatistes ouïgours. En réponse, Pékin a militarisé cette province stratégique, aux 5 800 kilomètres de frontières, limitrophe de pays hostiles. Bon nombre des soldats envoyés par Mao ont été « invités » à s’installer dans ces zones, y recevant des terres et des aides pour y développer l’agriculture.

groupuscules intégristes

La période suivant le 11 septembre 2001 conduisit Pékin à durcir un peu plus sa politique au Xinjiang, à un moment où l’on assistait à une certaine réislamisation des populations musulmanes les plus conservatrices de la région. Des combattants ouïgours ont été arrêtés en Afghanistan après la chute des talibans en novembre 2001. Mais si le courant radical est loin de toucher l’ensemble de la population musulmane, des groupuscules intégristes sont actifs. Cette frange extrémiste pourrait trouver de plus en plus d’écho. Nombre d’Ouïgours imputent les violences de dimanche à un incident en apparence bénin mais révélateur du fossé entre les deux ethnies : une grande bagarre ayant opposé fin juin des Han et des Ouïgours dans une usine de jouets du Guangdong (Sud).

Dominique Bari http://www.humanite.fr/2009-07-08_International_Couvre-feu-sur-le-Xinjiang

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  Citer Laurent Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2009 à 18:44
Le PIB chinois de 2008 est 78 fois plus important que celui de 1952

Le directeur adjoint du Département de statistiques intégrées de l'économie nationale du Bureau d'Etat des Statistiques, Wang Wenbo, a déclaré vendredi à Beijing qu'en 2008, le PIB (produit intérieur brut) du pays a franchi le cap de 30 000 milliards de yuans, soit 78 fois plus important que celui de 1952 . Autrement dit, le PIB d'une seule journée en 2008 a dépassé celui de toute l'année 1952.

Lors d'un dialogue avec les internautes sur le développement sicio-économique, organisé à la veille du 60ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, Wang Wenbo a précisé qu'en 1978, le PIB chinois ne représentait que 1,8% de l'économie mondiale. En 2008, la part chinoise s'est élevée à 6,4% de l'économie mondiale, plaçant la Chine à la troisième place dans le monde.

Par ailleurs, selon les statistiques de la Banque mondiale, sur le classement de 209 pays et régions, établi par la Banque mondiale, la Chine n'occupe que la 130ème place en terme des revenus par personne.

2009-08-21 21:47:19  China Radio International
 
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Sep 2009 à 19:38

Une retraite pour les paysans chinois

Pékin . Une réforme vise à réduire l’écart entre villes et campagnes.

« Réduire la fracture économique entre les villes et les campagnes en Chine… Cela passe notamment par la réforme des retraites », rappelait, cet été, le premier ministre, Wen Jiabao. Pékin a annoncé, hier, un programme pilote de réforme des retraites en milieu rural. Il devrait être généralisé, d’ici à 2020, aux quelque 730 millions d’habitants des campagnes, a précisé, Yin Weimin, ministre des Ressources humaines et de la Sécurité sociale.

Plutôt qu’une véritable retraite qui permettrait aux paysans de plus de soixante ans, une véritable indépendance financière, libérant les enfants de la traditionnelle aide aux anciens, le programme, dans un premier temps, « consiste à améliorer le filet de protection sociale et (…) à mettre en place graduellement une égalité de services de base », selon Yin Weimin. En vertu de ce nouveau système, le financement des zones peu développées du centre et de l’ouest du pays sera assuré par le gouvernement. Dans les régions rurales de l’est du pays, le gouvernement contribuera seulement à hauteur de 50 %, le reste sera à la charge des autorités locales. Le plan sera d’abord mis en place dans 10 % des districts, pour s’étendre peu à peu et gagner l’ensemble du pays d’ici à 2020. Les fermiers de soixante ans et plus de ces régions devraient recevoir, dès ce mois-ci, jusqu’à 55 yuans (5,60 euros) par mois. Les paysans âgés de seize à soixante ans cotiseront de 100 à 500 yuans par an .

La Chine compte 153 millions de résidents ruraux âgés de plus de soixante ans, soit 11 % de la population. La question des retraites est d’autant plus cruciale que le pays fait face à un fort vieillissement de la population du fait de la politique de l’enfant unique. Environ 80 % des Chinois disent qu’ils mettent de l’argent de côté en vue de leur retraite, plutôt que de consommer, pour faire face à la vieillesse et aux soins de santé.

Dominique Bari

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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Sep 2009 à 13:45

1er octobre, 60e anniversaire de la République Populaire de Chine !

 
La République populaire de Chine, le gouvernement populaire, aujourd'hui, sont créés!" En ce samedi 1er octobre 1949 ensoleillé mais froid, Mao Zedong proclame une nouvelle ère pour l'"Empire du milieu", dans un climat d'enthousiasme et d'espoir.

 

Au côté des hauts dirigeants du nouveau régime, tels Liu Shaoqi et Zhu De, le nouvel homme fort de la Chine, 55 ans, dominait, depuis la terrasse de la Porte de la paix céleste, une foule de 300.000 personnes. Il ne portait pas l'habit militaire, mais un costume que les Occidentaux baptiseraient désormais de son nom.

 

L'heure était à l'union nationale avec les alliés des partis démocrates ralliés aux communistes. Il était le président de la République populaire, désormais aux commandes d'un pays de 475 millions de personnes, soit le quart de l'humanité.

 

La place Tiananmen, encore fortifiée et plus petite que maintenant, avait été préparée pour l'événement. Des dalles avaient été posées. La porte de la Paix céleste, entrée sud de la Cité interdite, avait été décorée, avec notamment un grand portrait de Mao et des immenses lanternes rouges.

 

Selon les témoins de l'époque, l'état de la ville - souffrant d'un certain abandon après huit ans d'occupation japonaise et quatre ans de guerre civile - contrastait avec l'humeur des habitants, remplis d'espoir. Les troupes nationalistes continuaient à se battre dans le sud-ouest, mais la victoire était à portée de main.

 

En cet après-midi du 1er octobre, la foule portait des banderoles, chantait, criait. "Longue vie à la République populaire de Chine!", "Longue vie au Parti communiste chinois!". Un Parti créé en 1921 par une poignée d'intellectuels et qui arrivait au pouvoir après avoir conquis les paysans.

 

Dans ses mémoires, Li Zhisui, qui venait juste de rentrer de l'étranger et deviendra par la suite le médecin de Mao, raconte l'émotion ressentie par la foule à la vue du "Grand Timonier". "Nous en fûmes tous pétrifiés. Depuis le jour où mon frère me l'avait décrit comme le sauveur de la Chine, Mao avait été mon héros. C'était la première fois que j'apercevais le Messie en chair et en os", écrit-il.

 

Après le lever du nouveau drapeau - rouge avec cinq étoiles jaunes -, la journée se poursuivra par un défilé militaire, conduit par la cavalerie et des chars de l'armée américaine pris aux nationalistes. Mais les espoirs et l'enthousiasme feront place au désenchantement avec les excès du maoïsme: Grand Bond en avant, campagne antidroitière et Révolution culturelle, qui feront des dizaines de millions de morts.

AFP le 30/09/2009

Photos de la cérémonie

 



Edité par T 34 - 05 Oct 2009 à 20:14
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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Oct 2009 à 08:45

Le grand défi des campagnes chinoises

La République populaire célèbre son soixantième anniversaire. Exsangue en 1949, elle est devenue la troisième économie du monde. L’amélioration du niveau de vie des 700 millions de ruraux est au coeur des enjeux de la relance chinoise.

Chine, envoyée spéciale

Trois générations autour d’une table et d’un plat de nouilles fumant. Réunies là presque par hasard dans un petit restaurant de Guton, modeste bourg de la province de Guizhou. Une histoire de la Chine sexagénaire en raccourci. Une histoire de Chinois. Lui, le vieux Li, un ancien des gardes rouges, « comme nous l’étions tous » à l’époque de la Révolution culturelle, durant laquelle il a usé ses vingt ans. Aujourd’hui, il a l’âge de la République populaire et il revient avec émotion sur la rigueur de la vie d’alors, sur la profusion de slogans qui ne remplissaient pas les estomacs quand la nourriture se faisait rare. « On s’interpellait à coups de citations de Mao dont nous ne comprenions pas toujours le sens. Personne ne se séparait de son petit livre rouge. Les tickets de rationnement alimentaire ont perduré jusque dans les années 1980. » Sa voisine, adolescente à l’époque, se souvient de ces cartes. « C’était un autre monde. » Aujourd’hui enseignante, elle représente ces couches moyennes aisées, statut qui lui vient de son mari, petit entrepreneur privé qui « s’est jeté à la mer », expression chinoise pour désigner celui qui a quitté un poste de la fonction publique pour créer sa propre affaire. À leurs côtés, Xiao Zeng (la petite Liu), à peine vingt ans, écoute ses aînés. Elle n’a connu que la Chine des réformes économiques lancées fin 1978. Zeng vient d’un village du Guangdong, la riche province méridionale, mais il a étudié à l’Université forestière de Pékin et participe à la « longue marche verte », il est engagé dans la défense de l’environnement avec l’ONG Future générations, qui organise chaque année depuis deux ans un retour des étudiants dans les campagnes, où « le défi de la modernisation est à relever, tant sur le plan économique et social qu’écologique », dit-elle.

À quelques kilomètres de Guton, en retournant vers Guiyang, capitale de la province, le village de Shibanzheng vit au rythme de la construction du périphérique prévu pour désengorger la circulation de Guiyang. Une commune à l’habitat disparate. Les demeures traditionnelles se raréfient, cédant la place à des maisons en béton de construction récente. Parmi les nouvelles demeures, celle de Tian, vieil ami de Li, qui oscille entre satisfaction et contrariété. Sa maison est neuve mais il l’a payée, contrairement à son voisin. « C’est vrai qu’il est plus pauvre et sans enfants, admet-il, alors c’est normal. Il a même eu droit à une télévision gratuite. » Les trois fils de Tian sont « casés » en ville. Aussi a-t-il à céder le droit d’usage de sa terre pour la construction du périphérique. « On a reçu une coquette somme parce que depuis deux ans la situation a changé après les abus des réquisitions forcées. »

Pour Tian comme pour Li, Deng Xiaoping reste le grand homme. Celui qui, dans les années 1980, a autorisé le système de responsabilité familiale. Une décennie durant laquelle la paysannerie, soit plus de la moitié de la population chinoise, a repris son souffle. En 1984, la production céréalière a battu le record de 400 millions de tonnes, et a permis à la Chine de se déclarer en autosuffisance alimentaire. En 2008, le pays a évité la crise alimentaire mondiale et les émeutes de la faim qui ont parcouru la plupart des pays en développement. Le représentant à Beijing du Programme alimentaire mondial (PAM), Wei Xia’an, se rappelle que, en 1979, 30 % de la population chinoise souffrait de malnutrition, alors qu’aujourd’hui, ce taux est inférieur à 10 %. Entre 1979 et 2008, la production du riz a augmenté de 54 %, celle du blé et celle du maïs de 100 %.

La stratégie d’industrialisation qui suivit, centrée sur les villes, orientée vers l’exportation et basée sur une intégration rapide à l’économie capitaliste, eut pour conséquences d’aggraver les inégalités géographiques et sociales entre urbains et ruraux. La priorité redonnée à l’agriculture et aux campagnes se fait sentir. « Depuis trois ans, c’est mieux », reconnaît Tian. « Pour 20 yuans par an, on peut bénéficie de soins médicaux remboursés entre 60 % et 80 %, selon la gravité des cas. Pour la retraite, j’ai versé à soixante ans 4 800 yuans (470 euros environ), ce qui m’assure un revenu mensuel de base de 109 yuans jusqu’à ma mort. Si je devais mourir avant soixante-trois ans, mes enfants récupéreraient 400 yuans. C’est encore très peu pour vivre, mais on a encore des économies qui nous viennent de la terre et dans la vieille baraque en bois, autrefois domicile familial, on fait sécher des nouilles pour une petite entreprise locale. Ça rapporte un peu. »

La récession a prouvé à la Chine la nécessité de développer son marché intérieur, et a rendu aussi plus urgente la mise en oeuvre de mesures sociales. Les dépenses de santé restent l’un des premiers facteurs d’épargne de précaution. En gestation depuis deux ans, le projet de réforme du système de santé a été annoncé début avril. Un premier plan à court terme, de 2009 à 2011, de 850 milliards de yuans (92,6 milliards d’euros) de financements publics, doit réduire les charges qui pèsent sur les ménages en matière de santé et porter à 90 % le taux de la population couverte par une assurance médicale. Puis, d’ici à 2020, un « système de santé sûr, efficace, pratique et raisonnable » doit avoir été établi dans les zones aussi bien urbaines que rurales.

Au sein d’un même village, les disparités sont réelles. « Certains, relève Tian, n’ont pas les moyens de payer ces 4 800 yuans. » Les ménages ruraux tireraient environ 40 % de leurs revenus des fonds envoyés chez eux par les travailleurs migrants. En cas de chômage, c’est la catastrophe. C’est ce que pense Mme Zhang. Elle et ses deux filles arrachent les mauvaises herbes dans leur minuscule lopin de terre, qui fournit les légumes de la maisonnée. Pour le reste, le travail décroché à la construction du périphérique rapporte un salaire mensuel de 800 yuans, c’est insuffisant « pour une vie décente ». « La nourriture coûte peu, les grosses dépenses consistent en l’éducation des filles de seize et dix-huit ans. » Une vraie charge pour les foyers les plus modestes pour lesquels l’éducation reste un vecteur d’ascension sociale.

Depuis l’annonce, en novembre dernier, du plan de relance de 486 milliards d’euros, l’année 2009 a vu se multiplier les déclarations et les documents de travail sur la promotion d’un développement stable de l’agriculture et sur la poursuite de la hausse des revenus agricoles. En février, une circulaire appelait les provinces à mettre en place des structures pour favoriser l’emploi des travailleurs migrants, pour développer l’offre de formation et faciliter leur reconversion économique par des prêts issus de la Banque agricole de Chine. En attendant le démarrage d’un véritable marché intérieur et de la diversification des activités économiques dans les campagnes, la propriété et l’utilisation de la terre représentent des enjeux économiques colossaux. Un courant libéral a lancé l’offensive pour une privatisation des terres. Elle a marqué le pas avec la crise. En mars 2007, le gouvernement, qui avait voté une loi reconnaissant la propriété privée, a maintenu la propriété collective des terres. Pour le professeur Wen Tiejun, directeur du département d’agriculture et de développement rural de l’Université de Pékin, une telle privatisation serait « un vrai retour en arrière et représenterait un terrible danger pour l’agriculture et les paysans ». En 2007, les terres arables ont diminué de plus de 40 000 hectares, se rapprochant dangereusement du seuil de 120 millions au-dessous duquel la sécurité alimentaire du pays ne serait plus assurée. À cet argument fondamental, Wen Tiejun ajoute celui de la « sécurité » que représente la terre pour les millions de mingongs. « Quelque vingt millions d’entre eux sont retournés dans leurs villages en début d’année après les fermetures d’usines dans le Guangdong. Beaucoup sont restés et ont réussi à subsister parce que leur part de terre était restée dans la famille. C’est pour eux une ultime garantie. »

Dominique Bari http://www.humanite.fr/2009-10-01_International_Chine-Le-grand-defi-des-campagnes-chinoises

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Que se passe-t-il dans le Xinjiang ?
 
Par Domenico Losurdo

Vous vous souvenez de ce qui arrivait pendant les années de guerre froide, et surtout dans sa phase finale ? La presse occidentale n’avait de cesse d’agiter le thème des réfugiés qui fuyaient la dictature communiste pour conquérir leur liberté. Dans la seconde moitié des années 1970, après la défaite infligée au gouvernement fantoche de Saigon et aux troupes d’occupation étasuniennes, le Vietnam enfin réunifié était décrit comme une énorme prison, d’où s’enfuyaient désespérés les boat people, entassés sur des bateaux de fortune au péril de leur vie. Et, avec les variations dévolues à chaque cas, ce motif était récurrent à propos de Cuba, de la République Démocratique Allemande et de tout autre pays « excommunié » par le « monde libre ». Aujourd’hui, tout le monde peut constater à quel point, depuis les régions orientales de l’Allemagne, de Pologne, Roumanie, Albanie etc., malgré la liberté finalement conquise, le flux migratoire vers l’Occident continue voire s’accentue ultérieurement. Si ce n’est que ces migrants ne sont plus accueillis comme des combattants de la cause de la liberté, mais souvent repoussés comme des délinquants, du moins potentiels. Les modalités de la grande manipulation se révèlent à présent claires et évidentes : la fuite du Sud vers le Nord de la planète, de la zone moins développée (où se situait aussi le « camp socialiste ») vers la zone plus riche et développée, ce processus économique a été transfiguré par les idéologues de la guerre froide comme une entreprise politique et morale épique, exclusivement inspirée par le désir sublime d’atteindre la terre promise, à savoir le « monde libre ».

Une manipulation analogue est encours sous nos yeux. Comment expliquer les graves incidents qui en mars 2008 se sont déroulés au Tibet et qui, à une plus grande échelle, ont éclaté ces jours-ci au Xinjiang ? En Occident, la « grande » presse d’ « information » mais aussi la « petite » presse de « gauche » n’ont pas de doute : tout s’explique par la politique liberticide du gouvernement de Pékin. Et pourtant, un fait devrait nous faire réfléchir : le fait que la fureur des manifestants, bien plus que les institutions d’Etat, prenne pour cible les Hans, et surtout les magasins des Hans. Et pourtant, on peut lire sur n’importe quel livre d’histoire que dans le Sud-Est asiatique (dans des pays comme l’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie) la minorité chinoise, qui grâce souvent à son passé de culture d’entrepreneurs exerce un poids économique nettement supérieur à sa dimension démographique, est régulièrement « bouc émissaire et victime de véritables pogroms ». Oui, dans le Sud-Est asiatique « la réussite économique des Hua qiao (des chinois d’outre-mer) s’est en effet accompagnée de jalousies, qui aboutissent régulièrement à des explosions de violence anti-chinoises qui viennent parfois troubler les relations diplomatiques. Ce fut le cas notamment en Malaisie, tout au long des années 1960, et en Indonésie en 1965, lorsque les troubles internes sont prétexte au massacre de plusieurs centaines de milliers de personnes. Trente ans plus tard, les émeutes qui entourent la chute du dictateur Suharto en Indonésie qui s’en prennent systématiquement à la communauté chinoise, viennent rappeler la fragilité de la situation ». Ce n’est pas un hasard si la haine contre les Chinois a souvent été comparée à la haine contre les juifs.

Avec le développement extraordinaire que sont en train de connaître le Tibet et le Xinjiang, dans ces régions aussi tendent à se reproduire les pogroms contre les Hans, qui sont attirés par les nouvelles opportunités économiques et qui voient souvent leurs efforts couronnés de succès. Le Tibet et le Xinjiang attirent les Hans de la même façon que Pékin, Shangai et les villes les plus avancées de la Chine attirent les entrepreneurs et les techniciens occidentaux (ou Chinois d’outre-mer) : ceux-ci jouent souvent un rôle important dans des secteurs où ils peuvent encore faire valoir leur spécialisation supérieure. Cela n’a pas de sens d’expliquer les graves incidents au Tibet et au Xinjiang par la théorie de l’ « invasion » han, théorie qui ne fonctionne certes pas pour le Sud-Est asiatique. Par ailleurs, même en Italie et en Europe, la lutte contre l’ « invasion » est le cheval de bataille des xénophobes.

Mais revenons maintenant au Xinjiang. Voilà comment a été décrite la situation en cours, en 1999, sur la revue Limes , par le général italien Fabio Mini : un extraordinaire développement est en cours et le gouvernement central chinois est engagé à « « financer, presque sans se préoccuper du retour sur investissement, d’immenses travaux d’infrastructure ». A ce qu’il semble, le développement économique va de pair avec le respect de l’autonomie : « La police locale est composée pour la majeure partie de ouigours ». Malgré cela, l’agitation séparatiste ne manque pas, « partiellement financée par des extrémistes islamistes, comme les talibans afghans ». Il s’agit d’un mouvement qui « se mêle à la délinquance commune », et qui se couvre d’« infamies ». Les attentats semblent prendre d’abord pour cible les « ouigours tolérants ou "collaborateurs" » , ou les « postes de police » , contrôlés, comme nous l’avons vu par les ouigours. Dans tous les cas, concluait le général Mini, qui ne cachait pourtant pas ses sympathies géopolitiques pour la perspective séparatiste, « si les habitants du Xinjiang étaient appelés aujourd’hui à un referendum sur l’indépendance, ils voteraient probablement en majorité contre ».

Et aujourd’hui ? Sur la « Stampa » Francesco Sisci écrit de Pékin : « De nombreux Hans d’Urumqi se plaignent des privilèges dont jouissent les ouigours. Ceux-ci, en effet, en tant que minorité nationale musulmane, à niveau égal, ont des conditions de travail et de vie bien meilleures que leurs collègues hans. Un ouigour a la permission, au bureau, d’interrompre plusieurs fois par jour son travail pour accomplir les cinq prières musulmanes traditionnelles quotidiennes […] Ils peuvent en outre ne pas travailler le vendredi, jour férié musulman. En théorie, ils devraient récupérer cette journée en travaillant le dimanche. Mais, de fait, le dimanche, les bureaux sont déserts […] Un autre aspect douloureux pour les Hans, soumis à la dure politique familiale qui impose encore l’enfant unique, est le fait que les ouigours peuvent avoir deux ou trois enfants. En tant que musulmans, ensuite, ils ont des allocations en plus de leur salaire, étant donné que, ne pouvant pas manger de porc, ils doivent se replier sur l’agneau, qui est plus cher ». Cela n’as pas de sens, alors, comme le fait la propagande pro-impérialiste, d’accuser le gouvernement de Pékin de vouloir effacer l’identité nationale et religieuse des ouigours.

Evidemment, outre, d’un côté, le danger représenté par des minorités empoisonnées, dans certains secteurs, par le fondamentalisme, et d’un autre côté excitées par l’Occident, il faut ne pas oublier le danger du chauvinisme han, qui se fait aussi sentir ces jours-ci : et c’est un problème sur lequel le Parti communiste chinois a toujours attiré l’attention, de Mao Tsé Toung à Hu Jintao. Ceux qui, à gauche, sont enclins à transfigurer le séparatisme des Ouigours feraient bien de lire l’interview donnée, quelques semaines avant les derniers événements, par Rebiya Kadeer, la leader du mouvement séparatiste ouigour. Depuis son exil étasunien, parlant avec une journaliste italienne, voici comment s’exprime la dame susnommée : « Tu le vois, tu te comportes comme moi, tu as la même peau blanche que moi : tu es indoeuropéenne, tu voudrais être opprimée par un communiste à la peau jaune ? ». Comme on le voit, l’argument décisif n’est pas la condamnation de l’ « invasion » han et n’est même pas l’anticommunisme. Plutôt, la mythologie aryenne, ou « indoeuropéenne », exprime-t-elle toute sa répugnance pour les barbares à la « peau jaune ».

Références bibliographiques

Jean-Vincent Brisset, 2002 La Chine, une puissance encerclée ? PUF, Paris.

Jean-François Dufour, 1999 Géopolitique de la Chine, Complexe, Bruxelles.

Fabio Mini, 1999 Xinjiang o Turkestan orientale ? (Xinjiang ou Turkestan oriental ?) In « Limes. Rivista italiana di geopolitica », n° 1, p. 83-96.

Antonella Rampino, 2009 La leader dei turchi del Xinjiang : « La gentilezza ci sta uccidendo », ( La leader des Tucs du Xinjiang : « la gentillesse est en train de nous tuer ») in « La Stampa » du 8 mai, p. 21.

Francesco Scici, 2009 Perchè uno han non sproserà mai una uigura (Pourquoi un han n’épousera jamais une ouigour) in « La Stampa » du 8 juillet, p. 17

Traduit par Marie-Ange Patrizio. L’article a été publié mardi 7 juillet en italien sur le site de Domenico Losurdo : http://www.domenicolosurdoblogxingj...



Edité par Jef. - 02 Oct 2009 à 13:56
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Réflexions du compañero Fidel

 

ON NE SAURAIT OUBLIER L’HISTOIRE

 

La République populaire de Chine a fêté son soixantième anniversaire le 1er octobre dernier.

En ce jour historique de 1949, Mao Zedong, dirigeant du Parti communiste chinois, présida sur la place Tiananmen le premier défilé de l’Armée populaire et du peuple chinois. Les soldats victorieux portaient les armes enlevées durant les combats aux envahisseurs, aux oligarques et aux traîtres à leur patrie.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis, l’une des puissances qui avait essuyé le moins de pertes matérielles durant le conflit, monopolisait l’arme nucléaire, détenait plus de 80 p. 100 de l’or du monde et jouissait d’un développement industriel et agricole considérable.

La révolution victorieuse dans un pays aussi immense que la Chine en 1949 nourrit les espoirs de bon nombre de pays colonisés, dont beaucoup ne tarderaient pas à secouer le joug qu’on leur avait imposé.

Lénine avait prévu l’étape impérialiste du capitalisme développé et le rôle qui reviendrait dans l’histoire du monde à la lutte des pays colonisés. Le triomphe de la Révolution chinoise confirmait cette prévision.

La République populaire et démocratique de Corée avait été créée en 1948. Les représentants de l’URSS, qui avait apporté plus de vingt millions de vies à la victoire contre le fascisme, ceux de la  RPDC qui avait été occupée par le Japon et les combattants vietnamiens qui, après s’être battus contre les Japonais, faisaient alors face héroïquement aux tentatives françaises de recoloniser leur pays avec l’appui des États-Unis, assistèrent à la première commémoration du triomphe chinois.

Personne n’aurait imaginé alors que, moins de quatre ans après cette date mémorable, et sans autre lien que celui des idées, l’attaque de la caserne Moncada aurait lieu dans la lointaine Cuba et que neuf ans à peine après la libération de la Chine, la Révolution y triompherait à cent cinquante kilomètres de la métropole impérialiste.

C’est à la lumière de ces événements que j’ai suivi avec un intérêt particulier les festivités du soixantième anniversaire de la Révolution chinoise. On connaît notre amitié avec ce pays à la culture millénaire, le plus vieille des civilisations humaines.

Au XIXe siècle, des dizaines de milliers de Chinois, bernés par des commerçants anglais, furent envoyés dans notre pays comme semi-esclaves. Beaucoup d’entre eux rejoignirent les rangs de l’Armée libératrice et luttèrent pour notre indépendance. Nos liens avec la Chine partent toutefois des idées marxistes qui ont inspiré la Révolution cubaine et qui ont été capables de traverser les difficiles épreuves du schisme entre les deux grands États socialistes qui a fait tant de tort au mouvement révolutionnaire mondial.

Dans les jours difficiles qui suivirent la disparition de l’URSS, aussi bien la Chine que le Vietnam, le Laos et la Corée conservèrent leurs relations fraternelles et solidaires avec Cuba. C’étaient les quatre pays qui, aux côtés de Cuba, continuèrent de brandir les drapeaux du socialisme durant les temps obscurs où les États-Unis, l’OTAN, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale imposèrent le néolibéralisme et le pillage du monde.

On ne saurait ignorer l’histoire. Malgré l’énorme contribution du peuple chinois et la stratégie politique et militaire de Mao dans la lutte contre le fascisme japonais, les États-Unis ignorèrent et isolèrent le gouvernement du pays le plus peuplé de la planète et le privèrent du droit de participer au Conseil de sécurité des Nations Unies ; ils interposèrent leur escadre pour empêcher la libération de Taïwan, une île qui appartient à la Chine ; ils appuyèrent et équipèrent les restes d’une armée dont le chef avait trahi tous les accords signés pendant la lutte contre les envahisseurs japonais durant la Deuxième Guerre mondiale. Taïwan reçut et continue de recevoir les armes les plus modernes de l’industrie militaire étasunienne.

Les États-Unis, non contents de priver la Chine de ses droits légitimes, intervinrent dans le conflit interne coréen, dépêchèrent leurs forces qui, à la tête d’une coalition militaire, avancèrent, défiantes, jusqu’aux abords des points vitaux de ce grand pays et menacèrent d’employer les armes nucléaires contre lui, dont le peuple avait tant contribué à la défaite du Japon.

Le parti et le peuple chinois n’hésitèrent pas devant ces grossières menaces. Des centaines de milliers de volontaires chinois, lançant une contre-attaque énergique, firent reculer les forces yankees jusqu’aux limites actuelles de deux Corée. Des centaines de milliers de courageux combattants internationalistes chinois et autant de patriotes coréens moururent et furent blessés durant cette guerre sanglante. L’Empire yankee tuerait un peu plus tard des millions de Vietnamiens.

Quand la République populaire de Chine fut proclamée le 1er octobre 1949, elle ne possédait pas d’armes atomiques ni sa technologie militaire de pointe actuelle. Les détenant aujourd’hui, elle ne menace toutefois aucun pays.

Qu’a dit l’Occident ? La grande presse étasunienne a été en général hostile à cet anniversaire. Les éditoriaux des principaux organes ont porté des titres comme « …peu d’intérêt pour l’idéologie », « un étalage de puissance », « la Chine communiste fête ses soixante ans par un spectacle militaire »..,

Mais les médias étasuniens n’ont pu ignorer le fait. Ils ont tous insisté sur l’idée qu’il s’agissait d’un étalage de force et toutes les nouvelles étaient centrées sur le défilé militaire.

Ils n’ont pas caché leur admiration devant la vaste diffusion du défilé que la télévision chinoise a offerte à l’opinion publique internationale.

Que la Chine ait présenté cinquante-deux nouveaux types d’armements, dont la dernière génération de chars, de véhicules amphibies, de radars, d’avions d’exploration et des équipements de communication dernier cri, n’est pas passé inaperçu et a fait plutôt l’objet d’admiration.

Les médias ont insisté sur les missiles intercontinentaux DF-31 à têtes nucléaires, capables de frapper des cibles situées à dix mille kilomètres de distance, les missiles de moyenne portée et les défenses antimissile.

Les cent cinquante et un avions de chasse, les bombardiers lourds, les moyens d’observation aérienne modernes et les hélicoptères ont surpris les avides chercheurs de nouvelles et les techniciens militaires. « L’armée chinoise possède maintenant la plupart des armes sophistiquées qui font partie des arsenaux des pays occidentaux », a déclaré le ministre chinois de la Défense, ce que la presse occidentale a mis en exergue.

Les cinq cents véhicules blindés et les soixante carrosses civils qui ont défilé devant le mausolée ont causé un profond impact.

Cette technologie de pointe est une preuve irréfutable de la capacité militaire d’un pays qui est parti de zéro voilà quelques décennies. Mais ce qui a été insurpassable, c’est le facteur humain. Aucun pays occidental développé ne pourrait atteindre la précision et l’organisation dont la Chine a fait preuve ce jour-là. On a parlé avec quelque dédain d’officiers et de soldats marchant à cent quinze pas de l’oie par minute.

Les différentes forces qui ont défilé, hommes ou femmes, l’ont fait avec un port et une élégance insurpassables. On a du mal à croire que des milliers de personnes soient capables d’atteindre une organisation aussi parfaite. Ceux qui marchaient à pied aussi bien que ceux qui défilaient sur leurs véhicules sont passés devant la tribune et ont salué avec une précision, un ordre et une martialité difficiles à atteindre.

Si ces qualités pouvaient sembler le fruit de la discipline militaire et de la rigueur des exercices, plus de cent cinquante mille civils, des hommes et des femmes jeunes dans leur majorité, ont surpris par leur capacité à atteindre massivement le niveau d’organisation et de perfection dont ont fait preuve leurs compatriotes armés.

L’ouverture des festivités et le salut des troupes par le chef d’État et secrétaire général du Parti communiste, ont constitué une cérémonie impressionnante. On a pu constater la grande identification entre les dirigeants et le peuple.

L’allocution de Hu Jintao a été brève et précise. En moins de dix minutes, il a exprimé de nombreuses idées. Ce jour-là, il a dépassé Barack Obama en capacité de synthèse, surtout qu’il s’adresse à quasiment cinq fois plus de population que le président étasunien. Il n’a pas à fermer des centres de tortures, il n’est en guerre avec aucun État, il ne dépêche pas ses soldats à plus de dix mille kilomètres de distance pour intervenir et tuer à coups de moyens de guerre de pointe, il ne possède pas des centaines de bases militaires dans d’autres pays ni de puissantes flottes qui écument tous les océans ; il ne doit pas des billions de dollars et, au milieu d’une colossale crise financière internationale, il offre au monde la coopération de son pays dont l’économie ne connaît pas la récession et croît à des rythmes élevés.

Les idées essentielles transmises par le président chinois :

En un jour pareil, voilà soixante ans, au terme de plus de cent ans de batailles sanglantes depuis le début de l’histoire contemporaine, le peuple chinois put enfin faire triompher sa grande révolution et le président Mao Zedong proclamer ici même devant le monde la fondation de la République populaire de Chine, ce qui a permis depuis au peuple chinois de se dresser et à la nation chinoise, dont la civilisation remonte à plus de cinq mille ans, d’entrer dans une nouvelle ère de développement et de progrès.

Le développement et le progrès atteints durant les soixante ans de la nouvelle Chine ont montré pleinement que seul le socialisme peut sauver la Chine et que seules la réforme et l’ouverture peuvent lui permettre de se développer, en même temps que le socialisme et le marxisme. Le peuple chinois a confiance dans sa capacité à bien construire son pays et à contribuer dûment au sort du monde.

Nous adhérons résolument aux principes de la réunification pacifique.

Nous continuerons de  travailler, aux côtés des différents peuples du monde, à la noble cause de la paix et du développement de l’humanité et à la construction d’un monde harmonieux basé sur la paix durable et sur la prospérité commune.

L’histoire nous dit que le chemin du progrès n’est jamais plat, mais qu’un peuple uni qui prend ses destinées en main surmontera sans aucun doute toutes les difficultés, écrivant continuellement de grandes épopées historiques.

Ce sont là des réponses lapidaires à la politique belliciste et menaçante de l’Empire.

 

Fidel Castro Ruz

Le 6 octobre 2009

17 h 35

Source
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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Oct 2009 à 12:02
Magnifique !
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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Nov 2009 à 12:28

Mondialisation, la faute aux Chinois ?

 

En France, en Europe et à Washington, on vitupère après la Chine, accusée de sous-évaluer sa monnaie, le yuan, afin de maintenir le flux de ses exportations vers les grands pays capitalistes.

 

Le secrétariat d’État américain au Trésor, dans un document datant de la mi-octobre, affirme que « la rigidité du yuan et l’accélération de la hausse des réserves de change constituent une préoccupation sérieuse ». La Chine représente à elle seule près des deux tiers du déficit commercial des États-Unis. C’est aussi avec l’empire du Milieu que l’Union européenne enregistre son plus fort déficit. La France elle-même accuse, au troisième trimestre de cette année, un manque à gagner plus élevé avec la Chine qu’avec l’Allemagne.

 

Pour partie, ces déséquilibres sont aussi la conséquence d’une mondialisation mise en forme par les multinationales elles-mêmes. Les flux d’exportations venus de Pékin ou de Shanghai sont, dans leur majorité, le fait de leurs filiales installées en Chine.

 

En France, par exemple, ce sont les groupes de la grande distribution qui organisent les importations massives de produits textiles made in China. On exige donc de la Chine non pas forcément qu’elle exporte moins, mais plutôt qu’elle importe plus. Il est ainsi étonnant d’entendre l’honorable correspondant de la Banque mondiale, à Pékin, réclamer des autorités chinoises « une plus forte croissance de l’économie nationale », notamment une accélération de la mise en place d’un système de protection sociale. La hausse du cours du yuan, plutôt que son indexation actuelle sur le dollar, pourrait permettre, selon ses partisans, de réduire les excédents chinois et les déficits américains et européens.

 

Chez les responsables économiques et politiques du Vieux Continent, il y a aussi, probablement, la volonté non avouée d’obtenir par ricochet un redressement du dollar vis-à-vis de l’euro. Les déficits extérieurs des États-Unis sont en effet la raison essentielle de la baisse du cours de la monnaie américaine. Ce recul du billet vert vis-à-vis de la monnaie européenne explique notamment la réduction sensible (– 38 % environ en 2009) de l’excédent commercial de la zone euro vis-à-vis des États-Unis.

 

C’est là le fond de l’affaire, côté européen : parler du yuan permet d’éviter la question de la domination du dollar sur l’économie mondiale. Il y a aussi l’illusion que l’on va pouvoir corriger les déséquilibres internationaux simplement par des modifications à la marge des taux de change, sans remettre en cause l’architecture d’ensemble du système monétaire international.

 

L’Europe aurait au contraire tout à gagner à coopérer avec la Chine afin de parvenir à de nouveaux équilibres.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Dec 2009 à 18:19

Le procès de Liu Xiaobo

L’opposant chinois est jugé depuis hier par un tribunal de Pékin pour « subversion ».

Le procès de Liu Xiaobo, pour lequel Occidentaux et organisations de défense des droits de l’homme ont pris fait et cause, s’est ouvert hier matin à Pékin. Liu encourt quinze ans de prison pour « subversion du pouvoir de l’État ». Il avait été arrêté il y a un an pour avoir participé à la rédaction de la Charte 08, partiellement inspirée par l’ex-Charte 77 tchécoslovaque, qui réclame une réforme politique, dont une plus grande liberté d’expression. Le document d’inspiration libérale prônant la privatisation des grands secteurs publics ainsi que la marchandisation des terres cultivables est soutenu par quelque 10 000 signataires mais a été fortement critiqué dans d’autres milieux militants comme ceux de la Nouvelle Gauche, qui lui opposent avant tout la nécessité d’une démocratisation sociale prenant en compte les besoins du monde du travail et des paysans.

Opposant chinois connu depuis sa participation à une grève de la faim sur la place Tian’anmen en 1989, Liu avait été emprisonné vingt mois puis détenu trois ans dans un camp de rééducation par le travail dans les années 1990.

Quelques manifestants et des dizaines de diplomates américains et européens, qui s’étaient vu refuser l’accès au tribunal, se sont rassemblés devant les grilles. Certains ont déployé des banderoles de couleur jaune en signe de solidarité avec l’accusé. Gregory May, diplomate de l’ambassade des États-Unis à Pékin, a lu un communiqué officiel réclamant la libération immédiate de Liu Xiaobo. Le verdict doit être rendu vendredi.

Dominique Bari

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  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Dec 2009 à 11:31

Le grand patriote Ngapoi Ngawang Jigme, d'ethnie tibétaine, législateur chinois et conseiller politique de haut rang, est décédé le 23 décembre à 16 h 50 des suites d'une maladie, à l'âge de 99 ans.

 

C'est dans la déclaration publiée par le Bureau général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) qu' il a été décrit comme « un grand patriote, un activiste social renommé, un bon fils de la population tibétaine, un dirigeant exceptionnel du travail ethnique de la Chine et un ami proche du PCC. »

 

Né en février 1910 à Lhassa du Tibet, Ngapoi a occupé les postes de vice-président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (APN), de 1964 à 1993, et de vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), pendant de nombreuses années.

 

Il a également été président de l'Association de Chine pour la préservation et le développement de la culture tibétaine, fondée en 2004. Il a été l'un des fondateurs de la région autonome du Tibet et le premier président du gouvernement régional. Il a grandement contribué à l'unification de l'État, à l'unité ethnique et au développement du Tibet.

 

Il a suivi les idées de chercheurs renommés comme Sherab Gyatso qui s'opposait fermement à l'indépendance du Tibet.

 

En 1949, Ngapoi a pressé le dalaï-lama et le gouvernement tibétain local d'accepter l'invitation du gouvernement central et d'envoyer une délégation à Beijing pour négocier la libération pacifique du Tibet.

 

Quand il a été désigné gouverneur de Qamdo, Ngapoi a démis plus de 8 000 miliciens qui avaient été déployés pour combattre l'Armée populaire de Libération, pavant ainsi la voie à la libération pacifique de Qamdo.

 

En 1951, le dalaï-lama a envoyé Ngapoi et quatre autres délégués à Beijing en vue de négocier. À Chongqing, Ngapoi a rencontré le futur dirigeant chinois Deng Xiaoping pour la première fois. Dans un article, il a un jour évoqué que Deng avait dissipé ses doutes sur l'avenir du Tibet et qu'il considérait Deng comme son premier guide dans la cause révolutionnaire.

 

En 1951, le gouvernement central et les autorités tibétaines locales ont signé l'Accord en 17 points, annonçant la libération pacifique de la région.

 

Pendant les rébellions des années 1950 qui avaient été instiguées par quelques nobles et personnages religieux tibétains du haut rang, Ngapoi a résisté fermement à la vague et a protégé personnellement un grand nombre de personnes qui tenaient tête aux rebelles.

 

Ngapoi a marqué d'importantes étapes au Tibet, notamment les réformes démocratiques et la fondation du gouvernement de la région autonome.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Feb 2010 à 18:08
Qu’attend le dalaï-lama de la Chine ?
Jean-Paul Desimpelaere   

Le président américain Barack Obama a l’intention de recevoir le dalaï-lama à la Maison-Blanche au cours du mois de février. Les Chinois ne veulent pas en entendre parler. Ils considèrent le dalaï-lama comme un séparatiste. Est-ce le cas ? Le dalaï-lama dit quand même qu’il ne désire pas l’indépendance du Tibet, mais tout simplement davantage d’autonomie, non ? Les Chinois sont-ils donc obstinés à ce point ?


 

Les États-Unis et l’Europe insistent souvent auprès du gouvernement chinois pour qu’il négocie avec le dalaï-lama à propos du retour de ce dernier au Tibet et d’une « réelle autonomie » pour le peuple tibétain. Depuis les années 1970 déjà, des négociations sont en cours entre Beijing et des représentants du dalaï-lama. Les dernières discussions ont eu lieu en janvier de cette année. Une fois de plus, elles tournaient autour du Mémorandum que le dalaï-lama avait fait connaître en novembre 2008. Pour le dalaï-lama, ce programme constitue la base des négociations.


Résumons les exigences de ce Mémorandum :

1. Les frontières provinciales chinoises doivent être modifiées de sorte que puisse se constituer un Grand Tibet correspondant au royaume tibétain du 8e siècle.

2. Pour protéger la culture tibétaine, on doit instaurer dans la région du Tibet un arrêt de l’immigration des autres groupes de population chinois. Les non-Tibétains, qui y habitent depuis des générations, constituent une menace pour la culture autonome.

3. Le Grand Tibet doit avoir sa propre législation, sans ingérence du gouvernement central chinois.

4. Le caractère unique de la culture et de l’identité tibétaines ne peut prospérer que sous une administration tibétaine.

5. L’enseignement de l’État dans le Grand Tibet sera remplacé par un enseignement religieux bouddhiste.

6. La première langue dans le Grand Tibet doit être le tibétain.

7. La propriété de la terre appartient à la nationalité tibétaine, qui doit pouvoir en disposer librement (la louer, la vendre).

8. La Grand Tibet doit devenir autosuffisant le plus rapidement possible ; les subsides de l’État central chinois doivent cesser afin de pouvoir garantir une réelle autonomie.

9. Le Tibet est devenu une catastrophe écologique. Les pâturages et les bois disparaissent. Jadis, les Tibétains ont toujours vécu en harmonie avec la nature. Il faut qu’il en soit ainsi à nouveau.

10. Toutes les forces de l’ordre doivent être constituées de Tibétains ethniques. (Il n’est pas spécifié s’il s’agit de la police ET de l’armée mais, dans d’autres textes, il est stipulé que l’armée nationale chinoise doit disparaître du Grand Tibet.)

11. Le gouvernement régional du Tibet doit pouvoir participer en toute indépendance à toutes les organisations internationales, sans pour cela avoir un siège aux Nations unies.


La réponse chinoise à ces 11 exigences :

1. Après la 8e siècle, la Grand Tibet n’a jamais été une entité politique. Les actuelles frontières provinciales n’ont plus bougé depuis le 18e siècle. Le territoire que réclame le dalaï-lama est deux fois plus grand que la province du Tibet et il représente un quart du territoire de la Chine. Dans le territoire revendiqué pour l’extension, divers peuples cohabitent pacifiquement. La culture tibétaine n’y est pas la seule.

2. La Chine est un État multiethnique, où il existe une protection des caractéristiques propres des minorités. Dans de nombreuses régions, il y a un mélange de minorités. Fermer les frontières internes et expulser les non-Tibétains, c’est de l’épuration ethnique.

3. Une législation spécifique existe déjà pour le Tibet, mais elle a été édictée en concertation avec le gouvernement central. L’unité du pays est une garantie pour l’autonomie tibétaine. Si l’unité du pays n’est pas garantie, il faut alors parler d’indépendance. Dans ce cas, le Tibet tomberait bien vite aux mains d’une grande puissance et il ne resterait plus rien de cette autonomie.

4. Septante pour cent des cadres politiques et des fonctionnaires au Tibet sont déjà des Tibétains, aujourd’hui. Le gouverneur et le président du Parlement régional sont des Tibétains. Trois des quatre postes les plus élevés du parti au Tibet sont aux mains des Tibétains.

5. Faire reposer l’enseignement sur le bouddhisme est en contradiction avec la constitution chinoise, qui prévoit un réseau d’enseignement unique et non religieux.

6. Dans l’intérêt de l’unité de la Chine, le Tibet a été décrété par loi zone bilingue : le tibétain et le chinois. Dans la proposition du dalaï-lama, le chinois n’est plus cité comme seconde langue possible. C’est une incitation à la lutte linguistique. Quid des millions de personnes vivant dans la région revendiquée pour l’extension du Grand Tibet et qui parlent une autre langue que le tibétain ?

7. Selon la Constitution chinoise, tous les terrains sont propriété de l’État central, ils ne sont en aucun cas des propriétés privées et ne constituent certainement pas une question ethnique.

8. Les subsides de l’État central au Tibet constituent 90 pour cent du budget régional et passent dans l’infrastructure, l’écologie, l’enseignement, le logement, les soins de santé et la lutte contre la pauvreté. L’économie tibétaine est encore en grande partie une économie de survie. Sans aide extérieure, le Tibet ne pourrait sortir de son état de sous-développement.

9. En raison de la croissance économique et sociale, de meilleures conditions de vie et d’une qualité plus élevée des soins de santé, le nombre de Tibétains au Tibet a presque triplé. Il en va de même pour le cheptel. Celui-ci exerce une pression sur les zones herbeuses vulnérables. En raison du changement climatique, le Tibet devient aussi plus chaud et plus sec. Des sommes énormes sont nécessaires pour lutter contre la désertification. Qui va les fournir ?

10. L’armée chinoise est en mesure de défendre la totalité du territoire. Le Tibet y compris. Le corps de la police, au Tibet, est déjà tibétain.

11. Les représentants tibétains peuvent avoir une place au sein des délégations chinoises, lors des rencontres internationales, dans l’intérêt de l’unité du pays.

12. La Chine demande aussi au dalaï-lama de ne pas accorder de soutien aux activités séparatistes ni d’approuver la violence au Tibet même ou contre les ambassades de la Chine à l’étranger. Jusqu’à ce jour, le dalaï-lama n’a pas acquiescé à cette demande.



Le dalaï-lama et son administration en Inde accusent le gouvernement chinois de ne pas vouloir abonder sérieusement dans le sens des exigences formulées. Le gouvernement chinois de son côté qualifie ces exigences de forme déguisée d’indépendance. Il ajoute que le dalaï-lama, à ce propos, reçoit le soutien d’une « grande puissance », sans toutefois citer nommément les États-Unis. Le gouvernement dit toutefois explicitement que « l’an dernier, le Congrès de cette grande puissance a donné 16,7 millions de dollars de soutien financier au dalaï-lama et à son entourage ». La dernière tournée de négociations de janvier 2010 n’a pas rapproché les deux camps d’un pouce.


Placer la Chine sous un éclairage défavorable


L’attitude des États-Unis envers le dalaï-lama et la question du Tibet est restée assez constante depuis 1949. Avant cette date, les États-Unis reconnaissaient l’intégrité territoriale de la Chine. Tibet y compris. Officiellement, c’est toujours le cas aujourd’hui, mais cela n’empêche nullement les États-Unis d’utiliser régulièrement la question du Tibet pour épingler la Chine. En avril 1949, le ministère américain des Affaires étrangères en expliquait ainsi le pourquoi : « La reconnaissance du Tibet en tant que pays indépendant n’est pas pour nous la véritable question. Ce dont il retourne, c’est de notre attitude vis-à-vis de la Chine. S’il y avait un gouvernement tibétain en exil, la politique tout indiquée des États-Unis serait de le soutenir sans reconnaître le Tibet en tant que pays indépendant. » C’est aussi ce qui s’est passé dans la réalité : le dalaï-lama a finalement pris le chemin de l’exil, on en a fait un martyre de toutes pièces, on a ainsi trouvé une sorte de bâton pour frapper la Chine aux moments où cela sert bien les intérêts américains.


Dans les années 1950 et 1960, les États-Unis ont formé, entraîné, organisé et financé la résistance armée des séparatistes tibétains. Avec l’aide du dalaï-lama et de son administration. À partir des années 1970, les États-Unis développent et financent un réseau de groupes d’appui en faveur de l’indépendance du Tibet. Motif : continuer insuffler une nouvelle vie à la propagande contre la Chine et placer la Chine sous un éclairage défavorable. Les gens qui donnent le ton, ici, c’est la Campagne international pour le Tibet avec, comme président exécutif Lodi Gyari, un religieux, représentant du dalaï-lama aux États-Unis.


Les dernières décennies, le dalaï-lama a été plusieurs fois l’invité des présidents américains. Obama entend bien remettre ça lui aussi. La Chine proteste contre la chose parce que Beijing considère le dalaï-lama comme un séparatiste. Beijing veut bien discuter avec l’homme, mais les autorités chinoises considèrent un accueil par un État étranger comme une ingérence dans leurs affaires intérieures.


Source: Infochina 

Blog de l'auteur: infortibet.skynetblogs.be

Texte intégral du Mémorandum du dalaï-lama réponse chinoise sur le site Internet de l'administration tibétaine tibet.net

Relire l'article de Michel Collon sur la photo des soldats chinois déguisés en moines tibétains + le test-média réalisé par Investig'Action





Edité par T 34 - 02 Mar 2010 à 22:37
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Mar 2010 à 17:02
 
Il a suffi de suivre la préparation de la session annuelle de l’Assemblée populaire pour savoir plus ou moins de quoi il y serait question, avec cette année comme nous l’avions souligné, un poids nouveau accordé à la consultation populaire. Le rapport d’activité du gouvernement présenté par le Premier ministre chinois Wen Jiabao à la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale (APN, Parlement chinois), qui s’est ouverte vendredi, n’est donc pas une surprise même s’il témoigne d’inflechissements importants. Sans surprise, un croissance fixée à au moins 8%, la poursuite du développement mais avec l’accent mis sur les  réformes testées face à la crise notamment la réorientation de l’économie vers la dépense de la population, la consommation, la réforme sociale, par exemple l’augmentation des sommes consacrées à la protection des gens contre les risques de maladies, les retraites.L’harmonie sociale mais aussi environnementale, après avoir créé en 2008 un ministère, l’accent est désormais mis sur le développement durable, la lutte contre le réchauffement climatique, les économies d’énergie par innovation technologique autant que sur les programmes sociaux.

 Le discours du premier ministre chinois Wen Jiabao
 
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao s’est engagé vendredi à améliorer davantage les conditions de vie du peuple chinois et a promis plus d’efforts pour stimuler l’emploi, accélérer la réforme du système de santé et améliorer les services de planification familiale.

Une enveloppe de 43,3 milliards de yuans (6,34 milliards de dollars) est prévue pour stimuler l’emploi, a déclaré Wen Jiabao dans son rapport d’activité du gouvernement présenté lors de la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale (APN, Parlement chinois).

« Nous ferons tout notre possible pour générer plus d’emplois », a-t-il affirmé.

Plus de neuf millions d’emplois seront créés dans les agglomérations et le taux de chômage enregistré sera maintenu à un niveau inférieur à 4,6%, a-t-il fait remarquer.

La situation de l’emploi de cette année sera « toujours sérieuse », a mis en garde le Premier ministre, appelant à des efforts acharnés pour lutter contre le chômage.

La priorité sera accordée aux diplômés de l’enseignement supérieur et aux travailleurs migrants d’origine rurale. Le gouvernement mettra en place des mesures préférentielles et des services d’orientation professionnelle tout en renforçant la formation professionnelle et en améliorant les services de l’emploi, a-t-il promis.

La Chine a créé 11,02 millions d’emplois dans les villes en 2009 malgré la crise financière, tandis que le taux de chômage urbain enregistré s’est établi à 4,3%.

En 2010, la Chine poursuivra en profondeur la réforme du système médical, pharmaceutique et sanitaire. Pour ce faire, il faudra accroître la couverture de l’assurance maladie de base et accélérer la mise en place d’un système national de médicaments de base, a indiqué le Premier ministre chinois.

Le Conseil des Affaires d’Etat a approuvé un plan de réforme médicale longuement attendu en janvier 2009, selon lequel 850 milliards de yuans seront débloqués avant fin 2011 pour fournir un service médical universel aux 1,3 milliard d’habitants du pays.

Cette année, le gouvernement accordera une allocation mensuelle de 120 yuans par personne pour couvrir l’assurance maladie de base des citadins au chômage ainsi que le nouveau système de coopérative de santé des régions rurales, soit une augmentation de 50% par rapport à l’année précédente, a indiqué Wen Jiabao.

La Chine continuera à assurer un faible taux de natalité et les services de planification familiale dispensés à la population flottante seront améliorés, a-t-il fait savoir.

« Ce n’est qu’en assurant et améliorant les conditions de vie du peuple que nous réaliserons un développement économique durable, une fondation solide pour le progrès et la stabilité durable du pays », a-t-il conclu.

- Les sessions de l’APN et de la CCPPC 2010

Source: xinhua


Chine, grand écart villes-campagnes

Une question prioritaire au menu de la session annuelle du Parlement chinois.

La question villes-campagnes occupera le haut de l’agenda de la session annuelle du Parlement chinois qui s’ouvre aujourd’hui à Pékin. La presse y consacre de nombreux articles et l’aborde sur deux principaux points  : le déséquilibre des revenus entre régions urbaines et rurales et la réforme du hukou, ce système d’enregistrement de résidence limitant la mobilité de la personne.

« Le fossé séparant les riches et les pauvres s’est considérablement accru depuis les trente dernières années et n’a jamais été aussi grand », s’alarme le China Daily dans son éditorial d’hier matin. Les derniers chiffres communiqués par le Bureau national des statistiques font état d’un revenu par habitant de 17 175 yuans (2 525 dollars, 1 843 euros) dans les zones urbaines et de 5 153 yuans dans les campagnes. Le ratio entre les deux est de 3,33 contre 3,31 en 2008, avait indiqué récemment le ministère chinois de l’Agriculture. Le phénomène étant considéré comme déclencheur potentiel de troubles sociaux, les dirigeants, le premier ministre Wen Jiabao en tête, promettent d’adopter de nouvelles lois pour s’attaquer au problème et élever la qualité de vie des populations les moins favorisées. Les travailleurs migrants étant un des symboles de disparité de ces revenus, l’une des mesures principales à prendre serait l’abolition du hukou, qui « met aux fers les droits des gens » ont écrit le 1er mars, treize journaux officiels dans un éditorial commun. Ce système avait été mis en place au début des années 1950 pour endiguer l’exode rural. Le week-end dernier, lors d’une session de discussion avec des internautes, Wen Jiabao, avait affirmé que la réforme de ce système allait progresser afin de résoudre les problèmes pour la nouvelle génération de travailleurs migrants jusque-là exclus, faute de permis de résidence officiel en ville, d’accès aux services sociaux et d’éducation pour leurs enfants.

Dominique Bari

La Chine en quête de social

Devant le Parlement, le premier ministre Wen Jiabao a réaffirmé hier la nécessité d’une croissance économique plus saine aux retombées sociales plus justes.

« Nous devons nous assurer qu’il y a un élan soutenu pour le développement économique, une fondation solide pour le progrès social et une stabilité durable pour le pays (…) afin d’assurer une vie meilleure à la population. » À l’ouverture hier de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a mis l’accent sur les nécessaires créations d’emplois et la lutte contre des inégalités qui se creusent. Il a rédéfini les nouvelles orientations économiques du pays, tablant sur une forte croissance économique de 8 % en 2010, tirée par la demande intérieure et non plus par les exportations, comme ce fut le cas ces trois dernières décennies.

Cette année est « cruciale pour continuer à parer la crise financière internationale, assurer un développement économique régulier et relativement rapide et accélérer le changement de notre mode de développement économique », a estimé Wen Jiabao, assurant que le plan de relance de l’économie annoncé fin 2008, prévoyant des investissements de 4 000 milliards de yuans (430 milliards d’euros) sur deux ans, allait se poursuivre avec une augmentation de 8,8 % des dépenses sociales et de 12,8 % des investissements en zone rurale, soit plus que la hausse de 7,5 % du budget militaire. L’instauration d’une meilleure protection sociale devant se concrétiser pour les Chinois par moins d’épargne en prévision des coups durs, des vieux jours ou des études des enfants, et par une consommation accrue.

Pour le premier ministre, il était difficile d’éluder les problèmes qui inquiètent profondément le 1,3 milliard de Chinois, dont le nombre toujours plus grand des inégalités sociales ou entre zones urbaines et rurales. D’où la prudence des propos. « Nous ne devons pas interpréter le redressement économique comme une amélioration fondamentale de la situation économique. Les moteurs internes de la croissance économique sont insuffisants », a-t-il lancé en référence aux milliers d’« incidents sociaux » enregistrés chaque année.

Dominique Bari

La bataille du yuan

Au grand dam des États-Unis ou de l’UE militant pour une appréciation libre de la devise chinoise, Wen Jiabao s’est engagé à maintenir un yuan stable. Pékin a gelé le taux de change de sa devise à 6,83 yuans par dollar depuis la mi-2008 pour préserver 
la compétitivité de ses exportateurs. La Chine y voit « une priorité » indispensable pour ses entreprises et le maintien de l’emploi.



Edité par T 34 - 07 Mar 2010 à 17:36
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Mar 2010 à 17:01
 
Si vous êtes Chinois, ou si vous vous intéressez à ce qui se passe en Chine, vous êtes sans le moindre doute au courant de ce qui va commencer cette semaine à Beijing. A défaut, je vous engage à essayer d’en savoir plus, car d’une part c’est intéressant, et d’autre part cela concerne la vie de ce qui est désormais l’une des principales puissances du monde, que cela plaise ou non à certains, que la force grandissante et la place de plus importante de la Chine sur la scène internationale fascine, inquiète, voire irrite parfois. Les médias occidentaux, si prompts à couvrir les élections présidentielles américaines – à juste titre d’ailleurs – le font encore assez peu, à mon avis pas assez, de la session législative annuelle chinoise, mais je gage que cela viendra. La Chine est aujourd’hui incontournable, et les décisions qui sont prises pendant cette session, quand bien même elles sont d’abord internes, ont pour certaines, dans notre monde globalisé, des répercussions indirectes bien au-delà des frontières de ce pays. Ce qui justifie, je le pense, qu’on s’y attache un peu plus en Occident ou ailleurs.

Le temps où la Chine demeurait dans son splendide isolement et inspirait de l’étranger fascination du fait de sa culture, de son histoire et de ses mystères réels ou supposés, et commisération face à sa décadence et sa misère est bien révolu. La Chine est désormais un acteur majeur sur la scène internationale, et cela suffit à soit seul que l’on tourne, les jours prochains, un peu plus les yeux vers Beijing.

J’écrivais à l’instant « de la démocratie à la chinoise », et je pense que le mot est par certains côtés pleinement justifié, n’en déplaise à beaucoup, dont certains, qui se disent parfois même très savants, accolent un peu trop facilement au mot « Chine » le vilain mot de « dictature », soit directement, soit indirectement, comme j’ai pu le lire la semaine dernière encore dans le très sérieux Quotidien français Le Monde, sous la plume d’un « juriste philosophe ». Et les pays occidentaux, qui si souvent s’immiscent de manière injustifiée dans les affaires intérieures de la Chine, alors que la Chine, plus respectueuse sans doute, se garde bien de se mêler des affaires internes des pays occidentaux, s’attachent peu à ces sessions parlementaires, voire à la vie politique courante de la Chine, sauf quand il y a des problèmes, qu’ils se font alors un plaisir malsain à souligner, alors qu’ils ignorent superbement ses côtés positifs, et il y en a, croyez-moi.

Soit dit en passant, tout Occidental et Français que je sois, je trouve cette façon de donner sans cesse son avis, de critiquer les affaires intérieures de la Chine, ou de tout autre pays, franchement déplaisante, voire déplacée. Comme le fait de recevoir des séparatistes ou, comme le font les Etats-Unis par exemple, de publier un rapport annuel sur la situation des droits de l’homme en Chine. Mais c’est commode, car pendant ce temps, on ne parle pas de ses propres problèmes internes. Voire ne parle pas des entorses que l’on fait parfois soi-même à ses propres institutions démocratiques, entorses auxquelles on trouvera toujours une explication, une justification…

Un savoureux proverbe, africain je crois, et qui jouit d’une popularité certaine en France dit « Quand on veut monter au cocotier, il faut avoir les fesses propres… ». En clair, avant de reprocher aux autres leurs défauts, veillez vous-mêmes à être irréprochable. Pour être assez avancés dans leur système démocratique, ces pays qui s’immiscent sans cesse dans les affaires intérieures de la Chine et la critiquent à tout va sont-ils vraiment irréprochables, et au nom de quoi se permettent-ils pareille ingérence ? Auraient-ils par hasard je ne sais quel droit naturel à proclamer à bouche-que-veux-tu leur « supériorité » institutionnelle et démocratique et de vouloir l’imposer un peu partout, s’arrogeant au passage le droit de penser pour les autres peuples de la planète ? Je vous laisse juge…

Les Occidentaux, et les Français ne sont pas en reste, ont en effet trop souvent tendance à considérer que leurs modèles institutionnels sont les meilleurs et ont vocation à s’appliquer partout et plus ou moins à l’identique, et que ceux qui ne leur ressemblent pas sont plus ou moins intrinsèquement mauvais. Et ils ne se privent pas le dire, de l’écrire à l’envi. Oubliant allègrement que tous les pays sont différents et que chacun d’entre eux a ses particularismes historiques, culturels ou autres, qui font que rien n’est jamais aussi simple. Les exemples sont légion… oubliant aussi très souvent au passage, dans le cas de la France par exemple, qu’il a fallu à ce pays plus de quatre-vingt ans, entre 1789 et 1871 plus exactement, quatre révolutions et une bonne demi-douzaine de changements de régime pour pouvoir établir un système vraiment démocratique, incessamment modifié depuis… citant aussi, souvent, l’Inde comme modèle, car proche de la Chine, géographiquement, de par sa taille et sa population. Certes, l’Inde est aussi une démocratie, mais tout d’abord c’est un pays qui a été colonisé par les Européens pendant plusieurs siècles, et ses institutions actuelles sont fortement inspirées du modèle britannique, et pour cause. Ce qui rend la comparaison avec la Chine franchement hasardeuse. Et ce qui n’empêche pas que depuis son indépendance en 1947, la violence politique y est endémique (deux Premiers ministres assassinés ces vingt dernières années…), que le statut de la femme est encore loin d’y être franchement idéal, que le système des castes, officiellement aboli, est encore très présent, et que le taux d’illettrisme y est encore assez élevé. Mais de cela on parle peu, préférant mettre en avant les bons côtés de la démocratie en Inde, et il y en a, assurément, aucune personne un tant soit peu sensée ne peut le nier.

A l’inverse pour la Chine, il semble en revanche que l’on s’acharne, que l’on prenne parfois un malin plaisir même, à souligner les points négatifs et à, sciemment ou non, faire l’impasse sur les bons côtés. Pour comparer avec l’Inde, même si comparaison n’est pas raison, on n’a, que je sache, assassiné aucun Premier ministre chinois, l’émancipation de la femme y est une réalité, et le taux d’alphabétisation y est nettement plus élevé qu’en Inde, quand bien même il y a parfois quelques troubles dans les régions à fortes minorités ethniques, mais on sait d’où ils viennent…

Quand je vous disais que rien n’est simple. Et que décidément comparaison n’est pas raison.

Donc, la Chine va ouvrir cette semaine sa session parlementaire, événement parlementaire majeur annuel, où de nombreuses décisions importantes seront prises. Deux institutions vont se réunir, l’Assemblée Populaire Nationale, qui est l’assemblée principale, et la Conférence consultative politique du peuple chinois. Pour simplifier les choses, à différence de la France qui compte deux assemblées, l’Assemblée Nationale et le Sénat, la Chine est pour l’essentiel un système monocaméral, l’Assemblée Populaire Nationale prenant l’essentiel des décisions importantes. Le pouvoir législatif est entre ses mains. Ses députés, au nombre d’environ 3 000, sont élus par les provinces, les régions autonomes et les municipalités relevant directement des autorités centrales et de l’Armée et ont un mandat de cinq ans. La Conférence consultative politique du peuple chinois, elle, est le principal organe de coopération entre les partis et de consultation politique sous la direction du Parti communiste chinois, et elle compte aussi quelques autres partis minoritaires. Elle a essentiellement un rôle consultatif. Je ne m’étendrai pas davantage sur la composition et les prérogatives de chaque assemblée, là n’est pas le but.

Je m’attacherai plutôt à ce qui fait la spécificité de ces institutions, et de ce qui fait que l’on peut dire qu’elles sont démocratiques sur bien des aspects, même si elles ne sont pas parfaites et peuvent sans aucun doute être améliorées. Y a t-il d’ailleurs dans ce vaste monde des institutions parfaites ? A l’évidence, non.

Et quoi qu’en disent, pensent certains, la Chine n’est pas une dictature, une prison à ciel ouvert où toute liberté est absente, c’est un Etat de droit. Qu’ils quittent leurs oeillères, ouvrent un peu plus leurs yeux et leurs oreilles et suivent un peu mieux comment les choses se passent dans ce pays, et ils verront…

La vaste couverture médiatique dont font l’objet, en Chine, ces sessions parlementaires est des plus intéressantes, et très nombreux sont les Chinois que cela intéresse. Les gouvernants chinois, que beaucoup d’Occidentaux s’imaginent coupés de leur peuple et décidant arbitrairement, sont au contraire très attentifs au bien-être de leurs concitoyens et, plus souvent qu’on l’imagine, à leur écoute. J’en veux pour preuve par exemple les longues heures qu’a passées le Premier Ministre Wen Jiabao à discuter samedi en ligne avec les internautes chinois, sans compter ses innombrables déplacements un peu partout dans le pays.

Je vis en Chine depuis plus de deux ans, et donc ce qui s’y passe m’intéresse nécessairement, parce que je suis, plus ou moins, concerné. Et plus encore du fait de ma formation juridique, qui m’a inévitablement rendu plus curieux encore du fonctionnement des institutions chinoises.

C’est ainsi que je me suis rendu compte, quand je vous disais plus haut qu’elles avaient, quand bien même elles pouvaient être, comme toutes les institutions de tous les pays du monde, améliorées, un aspect démocratique certain. Vous qui êtes Chinois le savez sûrement, mais vous, Occidentaux, le savez-vous ? Certes, comme en Occident, on fait en Chine des sondages pour connaître les préoccupations de la population. Mais savez-vous, par exemple, que nombre de projets de loi sont désormais soumis à l’avis de la population ? Certains projets de texte concernant des problèmes extrêmement concrets comme, tout récemment, la sécurité alimentaire, sont mis en ligne par le gouvernement, qui sollicite pour l’occasion les avis de ses concitoyens, dont bien souvent il tiendra compte au moment de publier le texte définitif. C’est une chose que je n’ai encore jamais vue en France, où l’on considère, mais c’est compréhensible, que les députés, étant élus directement par les citoyens, à la différence de la Chine où le suffrage est indirect, sont habilités à décider eux-mêmes sans passer par internet pour demander l’avis de leurs électeurs pour amender éventuellement le texte. Personnellement, je trouve pourtant cette façon de procéder assez intéressante.

De même, et c’est de plus en plus fréquent, de nombreux experts, universitaires ou autres spécialistes font-ils entendre leur voix pour dénoncer tel ou tel défaut de la législation. Et souvent avec succès, ce qui, s’ils l’apprenaient, en étonnerait plus d’un en Occident, où trop souvent on ne pense même pas que ce genre de choses est possible en Chine.

Et pourtant… tout récemment, par exemple, des universitaires ont dénoncé certains défauts de la loi sur la propriété privée en Chine, qui ont été mis en exergue à fin de l’année dernière lorsqu’une habitante de Chengdu n’avait trouvé autre moyen de protester contre son expulsion forcée que de s’immoler par le feu. Cette tragédie avait glacé d’effroi toute la Chine et amené plusieurs universitaires de haut niveau à s’interroger, puis à écrire une lettre ouverte au gouvernement, lui demandant d’agir et de modifier tant que faire se peut ladite loi pour en corriger les défauts. Et que croyez-vous qu’il arrivât ? Vous, qui avez peut-être des idées toutes faites sur la Chine, pensez qu’on leur a fait comprendre discrètement qu’il valait mieux ne pas se mêler de cette affaire, voire qu’on les a sanctionnés ? Eh bien pas du tout ! Ces universitaires et experts ont au contraire été reçus par des membres du gouvernement chinois qui se sont montrés très attentifs à leurs remarques et les ont utilisées pour modifier la loi dans un sens plus juste et plus efficace.

Ces manières de faire sont-elles celles d’une dictature, d’un pays où n’existe aucune liberté et où ne règnent que l’arbitraire et la répression ? Il faudrait une sacrée dose de mauvaise foi pour le prétendre. J’y vois plutôt le signe d’une société où règne l’Etat de droit, même si cet Etat est fort, une société où, même si tout est loin d’être parfait, c’est certain (personne ne le prétend d’ailleurs en Chine…), l’on prend de plus en plus en compte les intérêts des citoyens, où on leur demande de plus en plus leur avis. Bref une société qui progresse, se démocratise à son rythme, à sa façon. Et pas comme l’Occident voudrait qu’elle le fasse à sa manière. Depuis quelques années, l’évolution est évidente. Les sessions parlementaires qui vont s’ouvrir n’en sont qu’une partie, et sous leur aspect massif et parfois peut-être un peu trop solennel, en sont une illustration, les avis sollicités en ligne, dont ces assemblées tiendront sans doute compte ou les remarques d’experts ou d’universitaires en sont aussi une.

La Chine a fait beaucoup de chemin ces dernières années vers plus de démocratie, et elle continue. A son rythme et à sa manière. Et personne ne l’empêchera de continuer ainsi.

Voulez-vous que je vous dise ? Dans ce domaine, comme dans d’autres, la Chine n’a pas fini d’étonner le monde…
Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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Ce qui se passe aujourd’hui chez nous à propos de la Chine est révélateur de la difficulté à disposer d’une documentation sérieuse et fondée. Par exemple, la quasi-totalité des publications grand public (par exemple les guides de voyages, en particulier le Guide du Routard) et même universitaires (avec quelques nuances parfois) reprennent les thèses dalaïstes. En particulier à propos de questions démographiques. Et là, je reviens sur le thème de l’article de Danièle Bleitrach. En prenant l’exemple du Tibet.

Il est ainsi commun d’admettre que les migrants Hans seraient en passe de menacer à terme la prédominance de l’ethnie tibétaine en Région Autonome du Tibet (RAT). Solidaritetibet.org va jusqu’à affirmer qu’il existerait « une politique officielle systématique destinée à noyer le peuple tibétain dans une mer de colons chinois pour trouver ainsi une « solution finales » au problème tibétain. » Freetibet.fr en rajoute en prétendant que « le contrôle démographique est appliqué aux femmes tibétaines, avec avortement et stérilisations forcés. »

En 1998, effectivement, un « rapport » basé sur de prétendus témoignages de réfugiés tibétains a été soumis aux Nations Unies par diverses organisations dalaïstes. Mais il se trouve qu’en janvier 2002, dans le No 47 du China Journal (publication américaine), on peut trouver un démenti catégorique aux assertions des groupements dalaïstes 1). Il s’agit d’une enquête de terrain menée au Tibet par des universitaires américains dans 14 villages de 3 départements, sans immixtion gouvernementale chinoise. Les auteurs aboutissent à la conclusion que les données recueillies en ce qui concerne la fécondité ne sont pas compatibles avec l’existence d’un contrôle forcé des naissances (P. 25). Même dans le département de Ngamring, à propos duquel le Tibet Information Network prétendait que ses autorités pratiquaient la politique de limitation à deux enfants, les enquêteurs américains n’ont pas découvert le moindre indice de cette prétendue limitation. Ils constatent qu’au contraire aucune amende n’est imposée même quand il y a quatre naissances ou plus dans une famille. Et concluent justement que cette enquête « met en évidence les dangers qu’il y a à utiliser des rapports de réfugiés et des témoignages anecdotiques pour interpréter des situations hautement politisées. » (p. 39)

Pour le reste, je ne puis que conseiller vivement, à vox343 et à tous ceux qui souhaitent se documenter sur le sujet, la lecture de « A History of Modern Tibet » de Melvyn C. Goldstein. Cet anthropologue américain, co-directeur du Centre de recherche sur le Tibet de la Case Western University, s’est livré à un travail d’enquête (interviews, etc) et de recherche (en particulier dans les archives diplomatiques américaines et chinoises) remarquable, dont on rechercherait en vain l’équivalent parmi les spécialistes français du Tibet. Melvyn C. Goldstein n’est pas marxiste, il ne prend pas personnellement position sur le plan politique, mais nous livre une somme de documents solides, rigoureusement référencés, appréhendés avec un indispensable esprit critique.

Moi-même, qui me croyait à l’abri de la propagande anti-chinoise diffusée allègrement en Occident à propos du Tibet, j’ai été stupéfait d’apprendre avec quelle prudence, quelle retenue, quel respect des traditions religieuses, quelle déférence même à l’égard des institutions féodales, s’étaient comportées les autorités chinoises et l’Armée de Libération dans les années cinquante. Ces faits démentent totalement les thèses dalaïstes communément admises en France à propos de la « brutalité » des communistes au moment de la réintégration du Tibet dans la grande famille multiethnique de la Chine.

Quant à la RAT d’aujourd’hui, ayant eu l’occasion de la parcourir l’automne dernier avec des amis Chinois, je n’ai pas découvert cette région comme se plaisent à la décrire les partisans du Dalaï Lama. C’est même avec surprise que j’ai constaté là-bas une analogie avec ce qui se passe aujourd’hui partout en Chine : à Lhassa, à Gygatze, dans les campagnes on construit avec fébrilité, on modernise, on édifie des écoles… En tout cas on ne reconnaît plus ce pays tel qu’il était décrit par les voyageurs il y a dix ou vingt ans. Même les animaux de trait tendent à disparaître ; dans les campagnes les paysans utilisent de petits tracteurs que l’on peut compter maintenant par milliers. A propos du « génocide culturel », je vous conseille de vous rendre dans n’importe quelle librairie de Lhassa : les deux tiers au moins des ouvrages en rayon sont édités en langue tibétaine.

La répression ? Rien de comparable comme ambiance avec ce qui se passe en Inde ! A Lhassa, je n’ai même pas vu un seul hélicoptère survolant la ville, pas de drônes non plus comme cela est habituel dans maints pays « libérés » par l’Occident. L’Armée de Libération est surtout présente à Lhassa ; présence qui m’a paru molle, en tout cas sans arrogance. Mon sentiment est que les tensions se situent surtout du côté des rapports avec certains religieux des grands monastères de Lhassa et de sa région. On se méfie aussi – et probablement à juste titre – des ingérences occidentales, en particulier des touristes jouant le rôle de passeurs de messages dalaïstes. Ainsi, à défaut d’être accompagné d’un guide officiel, je n’ai pas pu entrer dans le Monastère de Drepung. Pour le reste, je n’ai pas observé d’inimitié particulière entre les diverses ethnies habitant le Tibet. La population d’ethnie tibétaine, dont le retard en matière d’éducation posait problème (il n’y avait pas d’école au Tibet avant 1950 !), est maintenant très majoritairement alphabétisée. Ses membres occupent maintenant les fonctions de cadres qui étaient autrefois pour une part importante assurées par des Hans ou des musulmans Hui ou originaires du Xinjiang. Nous-mêmes, lors de notre périple, disposions d’un guide tibétain – qui dirigeait les opérations – et d’un chauffeur han – qui suivait les ordres…

1) Fertility and family planning in rural Tibet, Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beall, Phuntsog Tserig
2) Melvyn C. Goldstein, « A History of Modern Tibet » University of California Press, Berkeley, vol. 1 (1913-1951), vol. 2 (1951-1955)


 
bon, ça y est j’ai découvert un nouveau site et j’ai adoré. Il s’appelle contre-courant et je ne sais toujours pas faire de liens mais peut-être vous suffit-il d’indiquer ce titre sous Google, et vous y trouverez des tas des choses intéressantes, je me suis délectée de ce reportage, où il est montré comment l’islamophobie ordinaire se retourne quand il s’agit de la Chine. pour attaquer la Chine nos médias parlent d’une seule voix, non seulement ils sont prêts à défendre ce curé apointé par la CIA qu’est le dalaï Lama, mais les voilà du côté des islamistes d’Asie centrale quelles que soient leurs exaction pourvu qu’ils cassent du chinoix. Comme quoi le racisme est un et indivisible mais à géométrie variable suivant les circonstances.


« … la double direction donnée au ressentiment, retournement contre soi et projection contre l’autre :

… c’est ta faute, c’est le Juif, l’Arabe, le Chinois… »

Gilles Deleuze & Félix Guattari (1)
Lèvres serrées sur la paille, je sirotais ma noix de coco…

Surfant de BBC en CNN, de TV5 en RFI, et autres médias. Sur la vague sinophobe, gonflée d’écume par les émeutes d’Urumqi (Ouroumtsi, Ouroumchi, suivant les transcriptions…), capitale de la province chinoise autonome du Xinjiang.

Fasciné par le culot de nos experts en désinformation. Horde de “sinologues”, panachée cette fois-ci de “spécialistes en religions”, bardés de titres ronflants. Anonnant leurs sermons « démocratisateurs » et “droit de l’hommiste”, distribuant leurs clichés habituels, comme autant de sachets de cacahuètes.

Regroupés en troupeau, sous la badine des “présentateurs” et “chroniqueurs” zélés de la médiacratie. Car, bien entendu, la déontologie de ces professionnels de “l’information manipulée” applique  strictement la “non-diversité” de l’information : aucun contradicteur n’est, en conséquence, opposé à leurs protégés véhiculant la doxa antichinoise.

Sans me vouloir chauvin, dans cette furieuse propagande ravageant l’Occident mieux que la grippe porcine à un milliard d’euros par pays, les français se sont révélés les plus forts. Aucune comparaison ! Incontestablement, en ce 14 juillet, ils auraient mérité de se voir décerner la médaille en chocolat des Tintin Reporters. La légion d’honneur, ils l’ont déjà pour la plupart… (2)

Flambée de violences provoquant la mort de 200 personnes et un millier de blessés. Essentiellement des Hans massacrés par des émeutiers, à coup de couteaux et de barre de fer. Des commerces et des véhicules incendiés.

Même processus opératoire qu’au Tibet l’année dernière à la même période, avec un nombre plus élevé de victimes.

Argumentation identique : ces émeutes seraient la conséquence de l’atroce colonisation par la Chine du Xinjiang. Annonçant sa dislocation prochaine. Si, si, foi de Tintin et Milou…

Ah !… Diaboliser la Chine et prévoir sa fin !… Que ne ferait-on pas ?…

 Les Bons Apôtres de la fraternité

Les mêmes médias, qui nous avaient bassinés de burqah et niqab pendant des semaines, hystérisant sur la nécessité d’une loi pour protéger la société française, et nos précieuses valeurs occidentales, des dangereux musulmans…

Stupéfiant, subitement, de les voir voler au secours des musulmans, persécutés par les sournois et implacables Chinois !… Musulmans Ouïgours, à ne pas confondre avec les Yoghourts, comme notre ministre des affaires étrangères, Kouchner (3).

A part dans la désinformation, je ne connais aucune discipline en mesure de maîtriser un tel virage, instantané, à 180° !

Mais, sachant que nos courageux “Tintin sinologues”, en Bons Apôtres de la fraternité avec les musulmans, pratiquent une vision folklorique de l’Asie et de l’Histoire…

Sous l’ère soviétique, les musulmans d’Asie centrale, en majorité des Turcophones sédentarisés, ont été persécutés en permanence. Il est vrai que ce fut au nom de “la laïcité” et de la “modernité”. Quand on veut passer pour “humaniste à vocation universelle”, on dit Au Nom des Lumières, justifiant ainsi les silences

Tout aussi frappant est de constater la continuité de ces silences, face aux persécutions antimusulmanes dans les nouvelles républiques nées de l’éclatement de l’URSS : Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizistan, Tadjikistan. Encore plus féroce que sous les soviétiques.

En fait, on retrouve les mêmes métastases de ce cancer. Des autocrates mégalomanes, enrichissant leurs clans et leurs familles, pendant que le reste de la population est plongé dans la survie. Ces “hyperdictatures”, authentiques mafias au pouvoir issues de l’ancien appareil politique soviétique, bénéficiant d’un éloignement et d’une occultation médiatiques, rappellent les dictatures latino-américaines des années 70-80 soutenues par l’Occident.

Les mafias dirigeantes de ces républiques ex-soviétiques, à partir du moment où elles souscrivent au dogme du libéralisme économique, aux orientations de politique étrangère et aux bases militaires qui leur sont imposés, bénéficient de toutes les protections de l’Occident.

Riches de leurs ressources énergétiques et minières, les pratiques dictatoriales et sanguinaires de ces pays ne seront jamais inquiétées par les adeptes des Droits de l’Homme… Au contraire, ces prétendues républiques seront valorisées, courtisées.

Pourtant, leurs potentats locaux sont détestés d’une population ne supportant pas la spoliation de ses richesses nationales et la misère qui lui sont imposées. Pratiquer la terreur contre toute opposition est donc leur seule politique.

Leurs opposants étant souvent des musulmans pratiquants, dans ces pays à majorité musulmane, ils assimilent tous les pratiquants de l’Islam à des “terroristes”. Leur paranoïa et leur cynisme s’épanouissant dans la multiplication des mesures et opérations d’inquisition antireligieuse. Jusque dans l’horreur.

C’est ainsi qu’en plein 21° siècle, en Ouzbékistan, un des jeux favoris du “président” Karimov et son clan est de faire “bouillir” les opposants. Oui, dans l’eau bouillante, comme des langoustes. Parfois par mansuétude, ils ne font bouillir qu’une partie du corps. Sort réservé au fils d’un opposant, il n’a eu qu’un bras bouilli. On dira qu’il était majeur, il avait 18 ans… A titre d’avertissement. Pour calmer l’opposition.

C’est le “dialogue démocratique” dans ces régimes hautement appréciés par les gouvernements occidentaux pour leur “libéralisme économique” et leurs “élections libres”.

Très appréciés, aussi, des services secrets britanniques et américains sous-traitant leurs tortures dans leurs “centres” réputés pour leur niveau d’excellence. Les agents occidentaux, évitant de se salir les mains dans une attitude de civilisation avancée, se limitent à poser les questions et noter les réponses…

Souvent, les mêmes questions, plusieurs heures, jours, semaines, mois durant, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de variation dans les réponses du “terroriste sous-traité”… Il n’y a pas plus rond-de-cuir qu’un agent des services secrets, comme le rappelle l’ancien espion John Le Carré dans ses romans (4).

Entre autres nombreux témoignages sur ces pratiques, nous avons celui d’un ambassadeur européen en poste au cœur de l’Asie centrale…

Craig Murray, ambassadeur de Grande-Bretagne en Ouzbékistan de 2002 à 2004, s’était ému de la folie sanguinaire de ces régimes mafieux, pillards, et de leur collusion avec les services spéciaux occidentaux. Notamment, celui du président Karimov, en Ouzbékistan même, où il exerçait ses fonctions, ayant un accès privilégié à des informations tenues secrètes.

S’il est urgent de préserver le gorille et l’éléphant des braconniers, ce brillant et courageux ambassadeur estimait tout aussi impératif de protéger l’Homme des comportements sadiques de ses propres congénères. Tortionnaires, protégés par les gouvernements occidentaux.

Souhaitant défendre les valeurs universelles, Dignité Humaine, Liberté et Droits de l’Homme, il avait alerté son gouvernement et Tony Blair, tenté de mobiliser tous les démocrates et relais d’opinion de son pays. Remuant ciel et terre. En vain. Devant l’épaississement du silence à chacune de ses tentatives, menaçant de révéler dans un livre ce dont il avait été témoin.

Résultat : Il a été viré par le ministère des affaires étrangères de son propre pays. Et, les médias de Murdoch se sont employés à le faire passer pour “dépressif”, fou…

Craig Murray n’avait pas compris. Il n’aura pas le Prix Nobel de la Paix…

Ces pays d’Asie centrale regorgent de gaz, de pétrole, d’uranium. En contrôler leur accès au marché mondial est une priorité. Il faut les arrimer aux “intérêts occidentaux”. D’où la présence de nos bases militaires. Quel qu’en soit le prix.

De plus, ce sont des pays à “grosse marge”, leurs matières premières étant achetées pour un quignon de pain, en échange de substantiels versements, dans les paradis fiscaux, pour les dirigeants.

Valeurs et Droits de l’Homme ne comptent pas dès qu’il s’agit de Big Business. Ce ne sont que “trucs”, astuces de propagande pour diaboliser ceux qui se mettent en travers de nos ambitions ou de nos projets. Pas plus.

La tête de Craig Murray offerte sur un plateau par l’Occident, comme celle de Saint Jean Baptiste, Karimov s’est vu conforté, récompensé. Abrité derrière la supercherie du “terrorisme islamique”, le “nettoyage” de l’opposition a donc redoublé. Jusqu’aux associations et organisations de bienfaisance musulmanes. A la grande satisfaction de ses protecteurs. Comme au temps du Shah d’Iran, et de sa terrible police politique la SAVAK chargée d’éradiquer l’opposition.

Un exemple…

Des hommes d’affaire musulmans, une vingtaine, qui avaient pris l’initiative de consacrer le cinquième de leurs bénéfices à des œuvres caritatives ont été considérés comme des “terroristes”, emprisonnés, torturés, et leurs biens confisqués. Provoquant un soulèvement de la population qui a abouti aux “massacres d’Andijan”, le 13 mai 2005. La sanglante répression des tueurs du régime de Karimov, fit plus de 1.000 morts, des milliers de blessés, de “disparus”…

Vous n’en avez jamais entendu parler ?… Elémentaire Mon Cher Milou, comme dirait Tintin, nous ne sommes pas en Chine…

En Asie centrale, nos chevaleresques Tintin reporters ignorant ces pays despotiques, aux régimes corrompus et sanguinaires, persécuteurs de l’Islam, n’ont d’yeux que pour le Xinjiang chinois.

Pourquoi un tel tropisme ?…

Gujarat (Inde) – Extrémistes hindous interceptant des camions de secours pour les familles musulmanes victimes des pogroms

 Désosser la Chine

Le Xinjiang est un immense territoire, occupé en son centre par un des plus grands déserts d’Asie : le Takla-Makan. Dans le temps, la célèbre Route de la Soie le contournait, en deux branches, par le nord et le sud.

Ses principales villes sont des ville-oasis : Tourfan (ou Turpan), Kachgar, Koutcha, Urumqi capitale de la province autonome. Abstraction faite de ce désert, la concentration humaine, ou la densité démographique, est aussi élevée qu’en Chine du sud.

Ces déserts sont souvent des plaques tournantes, des lieux de rencontres, de brassage, d’échange et de conflits entre ethnies à l’origine très différentes, car venant de loin. Le musée d’Urumqi expose des momies très bien conservées, trouvées dans le bassin de Tarim, dont l’origine remonte à deux mille ans avant notre ère. D’après les spécialistes ce seraient des hommes et femmes au cheveux blonds ou roux, venant du Caucase, peut-être d’au-delà : les premiers vikings ?…

L’Asie centrale est une mosaïque de peuples nomades et sédentaires, fédérés un temps par Gengis Khan. Le Xinjiang, au carrefour de ces courants regroupe des Ouïgours, Kazakhs, Kirghizes, Ouzbeks, Tatars, Tadjiks, et même des Xibos soldats mandchous postés par les empereurs Chinois.

Bien sûr, des Hans, dont certains islamisés depuis des siècles. On les appelle les Huis, à l’origine mixé d’arabes et de persans. Ce melting pot est à l’image du peuple Chinois, composé de 56 ethnies reconnues officiellement.

Les Chinois occupaient, lors de l’Empire Han, le Xinjiang en 101 avant notre ère, avec ses soldats et marchands. Ses premiers administrateurs civils sont arrivés en 60 avant notre ère, afin d’en concrétiser le rattachement à l’administration centrale. L’Islam n’est apparu qu’au 8° siècle en Chine.

Sur les 25 millions que compte sa population actuelle, le Xinjiang regroupe un peu moins de la moitié des musulmans de Chine, soit 10 millions représentés majoritairement par l’ethnie Ouïgoure. La communauté musulmane dans son ensemble en Chine (il y a même des Tibétains musulmans, vivant à Lhassa, depuis des siècles) est estimée à environ 25 millions de personnes.

D’après la propagande occidentale, il y aurait un conflit religieux et ethnique, exigeant séparation, sécession, indépendance du Xinjiang. D’autant plus que la Chine se livrerait à un changement de la composition de la population en favorisant l’afflux de Hans au détriment de l’ethnie d’origine Ouïgoure, dont elle menacerait l’identité et la culture.

 Alors, le Xinjiang est-il Chinois ou pas ?…

Les Occidentaux prétendent que non. Les Chinois prouvent que si. Discussion sur le sexe des anges, pouvant durer indéfiniment. Le plus intéressant est de noter, derrière ce rideau de fumée, les axes de la désinformation et la réalité sur le terrain.

Première remarque : cynisme absolu, les pays occidentaux les plus acharnés dans cette propagande antichinoise sont issus du génocide, physique et culturel, des peuples indigènes sur les territoires desquels ils se sont constitués. Je l’ai rappelé dans un texte (Excuses d’un Français au Peuple Chinois) :

=> USA et Canada, en Amérique du nord : massacre des Amérindiens -“peaux rouges” et importation massive de populations européennes

=> USA, à Hawaï et dans le Pacifique : massacre des Mélanésiens et importation massive d’autres populations (Europe – Japon)

=> Australie : massacre des Aborigènes par les populations d’origine britannique

=> Nouvelle-Zélande : massacre des Maoris par les populations d’origine britannique

La France, n’est pas en reste. Pour ne parler que des colonies encore en sa possession, de la Guyane à la Kanaky, de la Polynésie aux Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, etc.), elle maintient la fiction de la “francité”, après d’atroces massacres coloniaux, de territoires dans d’autres hémisphères ou continents que celui où nos ancêtres les Gaulois se sont installés après être venus, avec armes et bagages, d’Asie centrale…

Jusqu’à la Grande-Bretagne, se livrant en 1982 à une guerre contre l’Argentine. Prétendant “britanniques” les Iles Malouines, dans l’hémisphère sud, au large de l’Argentine…

Que dire de l’acharnement de l’Occident, dans la négation physique et culturelle de la Nation Palestinienne depuis plus de 60 ans, jusqu’aux récents massacres et crimes contre l’humanité à Gaza, en 2009 ?… Dans le mépris des “résolutions” de l’ONU.

Dans cette propagande antichinoise, il y a certainement la recherche désespérée de notre inconscient collectif occidental de s’exonérer des bains de sang tapissant notre Histoire. Exorciser notre sauvagerie…

Deuxième remarque : si des émeutiers se sont livrés à des exactions dans la capitale Urumqi, le reste du Xinjiang n’a pas bougé. Les dirigeants de la communauté Ouïgoure n’ont pas compris cette violence.

Très actifs dans toute la Chine, réputés pour leur sens du commerce et des affaires : import-export, immobilier, hôtellerie, industries. Particulièrement puissants dans la restauration, y compris dans les grandes villes comme Shanghai, ils y possèdent parmi les plus prestigieux établissements.

Quant au traitement réservé à l’Islam en Chine… Les musulmans Chinois ont donné des savants, astronomes, explorateurs, navigateurs. Même de brillants généraux luttant contre les Mongols. L’Occident n’est pas encore arrivé à ce niveau dans son Histoire, encore moins la France confite d’islamophobie.

Il faudrait interviewer les représentants de la communauté musulmane en Chine. Pourquoi pas un de ses plus éminents, occupant un des plus importants postes du gouvernement chinois, celui de ministre de l’agriculture avec rang de vice premier-ministre, Hui Liangyu ?… Ou encore, le président de l’Association islamique de Chine Chen Guangyuan ?…

Bien sûr, qu’il y ait des problèmes de redistribution des ressources nationales dans la province, accessoirement d’identité, sur lesquels il convient de travailler, c’est plus que certain. Quel pays n’en éprouve pas ?…

La France, un des pays les plus riches du monde, représentant 0,5 % de la population chinoise sur un territoire équivalent à une de ses sous-préfectures, n’y échappe pas. Traînant une multitude de casseroles d’injustices, économiques et sociales. Sans oublier son racisme institutionnel, à peine dissimulé, à l’encontre de la communauté musulmane, avec ses interdictions de constructions de mosquées et d’écoles, ou ses multiples campagnes de diffamation.

Mais nos Tintin inquisiteurs ne connaissent que les “dissidents chinois”. Imaginons les reporters chinois dès leur débarquement en France n’interviewant, et ne projetant comme images chez eux, que celle de nos propres “dissidents” : nationalistes corses, bretons, basques, faucheurs d’OGM avec notre Bové national, salariés excédés d’être licenciés par des sociétés aux superprofits menaçant de faire sauter leurs usines, ou autres…

De là, à souhaiter le démembrement de la Chine…

L’Espionne qui venait du Chaud

“Désosser la Chine” : obsession occidentale. Comme au bon vieux temps. Un siècle de pillage occidental, de 1840 à 1940 n’a pas suffi (5). Rêve, fantasme, délire, structurant l’archaïsme intellectuel de nos traîneurs de sabre et responsables politiques.

Souhaitant imposer à la Chine ce que nous avons accompli récemment, à partir de l’expérience de nos découpages au Liban, en Yougoslavie ou en Irak. Système de partition en cours d’exécution en Afghanistan et au Pakistan. Taillant sur mesure une multitude d’Etats croupions, suivant des lignes religieuses ou ethniques, inféodés à l’Occident, via des mafias locales mises au pouvoir par nos soins et maintenues sous notre protection.

La Chine et ses 56 ethnies officielles ?… Ce seront, dans leur logique : 56 Etats. Pulsions haletantes du racisme des bellicistes occidentaux : réduire  l’ethnie Han, la plus importante de Chine, à vivre dans l’enceinte des restes du palais impérial à Pékin !

Je caricature à peine…

Lisez un des maîtres de la pensée géopolitique des dirigeants US, Robert D. Kaplan. Eminente personnalité du lobby “militaro-énergétique” occidental, un des théoriciens les plus hallucinés de la volonté d’entrer en conflit ouvert avec la Chine (6). Créer de toutes pièces une nouvelle guerre froide avec ce pays, vécu dans une paranoïa sans bornes comme une menace permanente (7).

Avec comme vecteur principal : affaiblir la Chine en provoquant le maximum de sécessions, multipliant les conflits interethniques ou interreligieux. Au Tibet, ce seront les moines bouddhistes qui seront instrumentalisés comme victimes des Chinois, au Xinjiang ce seront les musulmans. Objectif : Présenter la Chine comme étant un pays où la liberté religieuse n’existe pas. Un pays où les religions sont systématiquement persécutées.

Des manœuvres souterraines avec pour finalité de créer des conflits interethniques ont été repérées en Mandchourie, par les autorités chinoises, articulées sur certains membres de communautés coréennes réfugiées depuis la guerre de Corée.

Il existe même des projets de sécession entre provinces, fondées sur des disparités économiques. Dans les cartons de ces stratèges, par exemple, sécession des riches provinces maritimes Shanghai, Canton (Guangzhou), à réunir dans un condominium, administré par Big Business, avec Hong-Kong et Taïwan…

Ne nous étonnons pas. Par définition, un traîneur de sabre fourmille de projet aussi délirants les uns que les autres. Auxquels, il croit dur comme fer…

Provoquer la sécession du Tibet et du Xinjiang figure, donc, dans les priorités de nos bellicistes actuels. Le Xinjiang est un morceau de choix. Au cours de son Histoire, à chacune de ses faiblesses dynastiques ou économiques, des tentatives de sécession ont été organisées autour de chefs de guerre, pour l’arracher à la Chine.

Deux sont à retenir.

A la suite de la défaite des troupes chinoises contre les armées musulmanes venues d’Iran à Talas (751), un émirat (Khaganate) Ouïgour, s’est constitué pendant 90 ans. Il a été dévasté par les Kirghiz en 840, rasant leur capitale Ordu Baliq. Provoquant leur exode.

Au 20° siècle, au moment le plus dramatique de son Histoire, la Chine envahie par toutes les puissances occidentales et le Japon, ravagée par la guerre civile entretenue par les occidentaux, le Xinjiang se trouva érigé en “république” de 1933 à 1949. Au coeur d’une féroce lutte d’influences entre européens, britanniques en particulier, et soviétiques. En 1933, la ville de Kachgar était bourrée de “consulats” (même une “légation”  suédoise…), d’espions, d’agents secrets.

Peter Fleming (lui-même, probablement, agent des services britanniques), dans son célèbre ouvrage Courrier de Tartarie, voyageant dans les années 30 au Xinjiang décrit avec détail ces luttes d’influences entre soviétiques, japonais et britanniques (8). A le lire, réagissant en bon britannique, le Xinjiang ne pouvait être qu’une “république” aux ordres de la Grande–Bretagne et de son commerce, une “succursale” des Indes britanniques

Il fallut attendre la fin de la guerre civile chinoise, en 1949, pour que le Xinjiang réintègre pacifiquement la Chine.

Même Tintin l’avait prévu… A l’approche de l’été, se multiplièrent rééditions, éditions de livres de propagande, diffusion de documentaires TV. Tous, évidemment, diabolisant la Chine.

Tout le monde savait qu’en 2009, un “coup” dans le Xinjiang était en préparation. A commencer par les autorités chinoises. D’autant plus que cette année est célébré le 60e anniversaire de la fondation de la République Populaire de Chine. A la même période, l’année dernière ce fut l’hystérie antichinoise à propos du Tibet. Au moment du déroulement des JO.

En général, c’est The National Endowment for Democracy (NED), une des nombreuses feuilles de vigne de la CIA, qui lance l’opération sur le plan international par une intense campagne de désinformation préalable. Avant d’activer ses réseaux sur place, avec ses valises de dollars.

Bénéficiant de fonds considérables, coordonnant les activités d’une nébuleuse d’ONG porteuses d’emblèmes “démocratiques”, spécialisée dans la déstabilisation des gouvernements considérés comme autant de menaces pour les intérêts US et occidentaux. Dans son planning après l’opération « élections présidentielles en Iran« , ce devait être le tour de la Chine.

Pour déstabiliser le Xinjiang, l’opération était montée sous le couvert d’une officine installée à Washington et pompeusement dénommée le “World Uyghur Congress”, le “Congrès Ouïgour Mondial”. Dont les USA, ne dissimulent pas le soutien financier et logistique (9). C’est fou ce que les “ziocons” aiment l’expression “Congrès Mondial”. Tonalité, à la fois démocratique et universaliste…

Organisation “mondiale” ou pas, il convient de lui donner un “visage”. Autant que possible une femme, pour renforcer l’impact de la désinformation. La figure médiatique était toute trouvée : c’est Rebiya Kadeer qui est la présidente de cette organisation.

A 60 ans, cette femme d’origine ouïgoure est une ancienne milliardaire du Xinjiang. Connue, et détestée, dans cette région pour son arrivisme et sa mégalomanie. Dans leur humour, les Ouïgours disent qu’elle a pour ambition, pour elle et sa famille, de devenir “impératrice du Xinjiang”. D’autres, la considèrent comme un “Karimov en jupons”…

Arrêtée en 1999, condamnée en 2000 à 8 ans de prison, pour espionnage au profit des occidentaux. Elle avait été remise en liberté en 2005, suite à sa bonne conduite et ses promesses d’amendement. Elle s’exila aux USA, pour motifs de “santé”.

N’oublions pas qu’au Xinjiang, les Chinois ont des installations militaires et de recherches, atomiques, balistiques, “sensibles”, auxquelles s’intéressent les occidentaux et qu’ils achètent à prix d’or. Le 16 octobre 1964, à Lop Nur, ils ont procédé à leur premier essai nucléaire…

Rebiya Kadeer, espionne ?… Une réputation est plus facile à concocter ou à avaler qu’un yaourt. Pas de problème. On la transformera en icône médiatique. Indispensable pour crédibiliser la campagne de propagande. A la Ingrid Betancourt ou Benazir Bhutto, on la transformera en “sainte”, “martyre” de l’indépendance, de la liberté, de la laïcité, de la libération de la femme, en voie de canonisation. Suivant les déclinaisons marketing adaptées à chaque segment de clientèle…

Derrière ce travail d’images, s’activent les services “actions”. Tout était millimétré.

L’année dernière, le moment choisi pour la campagne de déstabilisation de la Chine avait été les JO. Cette fois-ci, les services spéciaux avait sélectionné un excellent “créneau” : l’arrivée à Rome, pour une visite officielle, du président de la Chine Hu Jin Tao. Qui devait être suivie du sommet du G8, auquel il devait se joindre.

Pratiquement à l’instant de son atterrissage à Rome, à l’heure de Pékin 19h10 (13h10, heure de Rome), les émeutes démarraient à Urumqi. La police est intervenue, dès 22h00, devant les violences, durant toute la nuit… Face au même schéma qu’au Tibet : des Hans massacrés par des bandes armées, parfaitement encadrées, avec des objectifs précis et coordonnés. Pour accréditer la thèse de conflits ethnico-religieux.

La diplomatie chinoise est toute en finesse. Rien à voir avec notre diplomatie “Kouchnérisée”, à l’image d’Hillary Clinton, toute en rodomontades et effets d’annonce qui dans sa ringardise rappelle les pires “diplomaties de la canonnière” du 19° siècle.

Le président Hu Jin Tao, dès la fin de sa visite officielle en Italie, est reparti en Chine. Il ne s’est pas joint au sommet du G8, laissant une simple délégation technique. Montrant ainsi qu’il n’était pas dupe de la duplicité de chefs d’Etat voyous, tendant une main prétendue amicale, pour mieux vous planter un couteau dans le dos…

Cette nouvelle campagne de déstabilisation, et d’agression déclarée, des pays occidentaux a permis aux responsables Chinois de tirer deux enseignements :

i) Conforter le fait que les occidentaux, sous couvert d’un discours lénifiant sur la collaboration, malgré sommets et grandes effusions amicales de façade, ne souhaitent que l’éclatement de la Chine. Objectif qu’ils poursuivront méthodiquement.

ii) Gérer avec prudence et fermeté le difficile exercice d’équilibriste entre développer son commerce avec les USA, qui accumulent un écart sans cesse grandissant en faveur de la Chine, et sauvegarder son indépendance monétaire. Du fait d’être contrainte à détenir, malgré sa volonté, d’importantes réserves financières aux USA.

Ceux-ci bloquant le rééquilibrage de la balance commerciale, en interdisant l’achat de tout produit ou service soupçonné de correspondre à un transfert de technologie. Les dirigeants Chinois sachant qu’au-delà de l’éclatement du pays, la volonté de ne pas rembourser ses dettes à l’égard de la Chine est aussi un objectif non déclaré…

Méditant, entre autres exemples, le précédent de la France qui avait, lors des guerres napoléoniennes accumulé d’importantes dettes sous forme d’achat de céréales et de viandes en Algérie. Qui était alors une riche province agricole, autonome de l’Empire Ottoman.

Refusant de rembourser ses dettes, la France de 1830 aux caisses vides, envahit l’Algérie en réponse à ses demandes insistantes de remboursement. Non seulement pour effacer ses dettes, mais encore pour en faire une colonie. Coup double !

Au passage, ses importantes réserves d’or furent confisquées, même pas au bénéfice du Trésor français. Mais, au seul avantage personnel des financiers et organisateurs de l’expédition militaire. Les marchands de canons et traîneurs de sabre se sucrent toujours en premier…

Autre contexte, toutes proportions gardées, mais schéma historique similaire…

Curieux.

En pleine hystérie antichinoise, au même moment en France tout spécialement, c’était dans les médias un raz-de-marée de louanges à l’égard de l’Inde, avec la présence d’éléments de ses forces armées au défilé du 14 juillet.

Alors que…

 

 

Suite deuxième partie :
Xinjiang et Gujarat : Tintin Reporter (2)…

=> Démocratie de la Misère – Misère de la Démocratie
=> Pogroms et Contrats
=> Encenser l’Inde

(1)  Gilles Deleuze, Félix Guattari, L’Anti-Œdipe – Capitalisme et Schizophrénie, Les Editions de Minuit, 1980, p. 320.

(2)  Exemple : la “sinologue” française, la plus acharnée dans la propagande antichinoise, Marie Holzman. Rhétorique et raisonnement relevant de l’arrogance ethnocentrique de l’Orientalisme le plus sclérosé, sur le plan académique. Ou tout simplement du fanatisme. A l’opposé de l’éthique d’un humanisme soucieux de “connaissance”, fondée sur la compréhension. Et, non pas sur la promotion d’une idéologie…

Auteur d’un ouvrage récent (cosigné par Noël Mamère…), archétype de désinformation “ziocons”: Chine : On  ne bâillonne pas la lumière, Editions Jean-Claude Gawsewitch, juin 2009.

Sa légion d’honneur (JO du 1er janvier 2009) lui a été remise en juin dernier par Pierre Bergé (ex-patron du groupe Yves Saint-Laurent), “collectionneur d’art” connu pour mettre en vente, dans le contentement de soi, des œuvres provenant du pillage sanguinaire du patrimoine chinois par les troupes anglo-françaises en 1860…

(3)  Hilarante vidéo à visionner : Dailymotion – Bernard Kouchner confond Ouïgours et yoghourts – une vidéo Actu et Politique.flv, 9 juillet 2009.

(4)  Mondialement connu pour son célèbre roman, publié en 1963, plus de 20 millions d’exemplaires : L’Espion qui venait du Froid

(5)  Pour avoir un aperçu des différentes “guerres de l’opium” imposées par l’Occident à la Chine, avec leurs énormes pillages, lire : “Le Sac du Palais d’été”, Bernard Brizay, Editions du Rocher, 2003.

(6)  Robert D. Kaplan, How We Would Fight China (Comment nous devrions combattre la Chine), The Atlantic Monthly, juin 2005.

(7)  Larry Chin, China in America’s cross-hairs : Robert D. Kaplan and neocon hawks for New Cold War, The Wilderness Publications, 2005, www.fromthewilderness.com.

(8)  Peter Fleming, Courrier de Tartarie, News from Tartary, Editions Payot, 1992 (première publication  1936 – Londres).

(9)  Donald Kirk, Washington funds its Uyguhr “friends”, (Washington finance ses “amis” Ouïgours), Asia Times, 18 juillet 2009.

JE VOUS RECOMMANDE  EN PLUS LE TRAVAIL DE CE DESSINATEUR SUR ORDINATEUR…

http://www.leonkuhn.org.uk/

Les passionnés de dessin assisté par ordinateur visionneront, aussi, la vidéo dans laquelle il explique sa technique de montage de la caricature présentée ici :

http://www.leonkuhn.org.uk/cgi/leon.cgi?page=video.inc&vid=10

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 May 2010 à 02:56
 

 
12/05/2010 le quotidien du peuple. Cet article publié par le quotidien du peuple, c’est-à-dire le journal officiel du Parti communiste chinois est un des nombreux qui fait état des tensions grandissantes à l’intérieur de la société chinoise, j’ai longuement hésité entre celui-ci et un autre de la même source qui fait état des problèmes dans le Guangdong face à la maladie mentale (dans le seul Guangdong il y a un million de malades mentaux dit l’article), dont le coût trés élevé oblige les familles soit à enfermer chez eux leurs malades,, soit les laisser errer dans les rues. En revanche, j’ai cherché vainement des informations de la même source sur les attaques d’enfants dans les crèches réservées aux riches dont il a beaucoup été question dans nos médias, mais je crois que le problème se situe entre inégalités insupportables et maladie mentale non soignée.  Dans les deux cas la situation ne peut pas rester en état…

  « Economic Information Daily » rapporte que ces dernières années en Chine, l’écart de revenu entre les diverses régions, entre ville et campagne, entre différents secteurs et entre catégories de gens a augmenté et s’est aggravé, que le déséquilibre de la structure de répartition provoque la centralisation de biens sociaux entre les mains d’une minorité de personnes, que la disparité de revenu a déjà dépassé la « ligne rouge » d’avertissement fixé par le coefficient de Gini et que les nombreux problèmes engendrés par cela sont devenus de plus en plus le centre de préoccupation des divers milieux de la société.

Les inégalités dans la redistribution sociale font que « les pauvres deviennent de plus en plus miséreux et malheureux et les riches de plus en plus fortunés et opulents ».

Vu du coefficient de Gini, qui est une mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée, l’écart entre riches et pauvres en Chine est en train d’atteindre la « ligne rouge » du degré de la tolérance et de l’endurance de la société.

Chang Xiuze, professeur à l’Institut des études macroéconomiques de la Commission d’Etat pour le Développement et la Réforme, a indiqué que « Il y a déjà dix ans que le Coefficient de Gini a dépassé en Chine la ligne d’avertissement 0,4 universellement reconnue et continue à s’élever d’année en année. Ce qui montre que dans notre pays la disparité entre pauvres et riches a dépassé la limite du raisonnable et de la rationalité. »

Su Hainan, Directeur de l’Institut d’étude du salaire de travail du Ministère des Ressources humaines et de la Protection sociale et Président de la Commission spéciale de la rémunération de la Société chinoise du Travail, a déclaré qu’à l’heure actuelle en Chine, l’écart de revenu présente une tendance à l’aggravation générale et croisée. La différence de revenu entre population urbaine et rurale de notre pays a atteint 3,3 fois, alors que dans le monde c’est au maximum de deux fois environ.

L’écart de salaire entre travailleurs de différents secteurs est également plus qu’évident et la différence entre salaire le plus élevé et salaire le plus bas est de près de quinze fois. La disparité de revenu entre différentes catégories de gens augmente rapidement et celle du revenu des hauts managers et des travailleurs du front des entreprises publiques cotées en bourse est de dix huit fois environ, tandis que la différence entre le revenu des hauts dirigeants d’entreprises publiques et le salaire moyen de la société atteint 128 fois.

Quant à Li Shi, Directeur du Centre d’études de la répartition de revenu et de la pauvreté de l’Ecole normale supérieure de Beijing, il a commencé à partir des années 80 du siècle dernier à participer successivement à quatre grandes et importantes enquêtes sur le revenu de la population chinoise. Il a dit que l’écart de revenu entre les 10% de gens les mieux payés et les 10% de gens les plus mal payés de 7,3 fois en 1988 s’est accru à 23 fois en 2007. « Beaucoup de travail, mais bas salaire », c’est le sentiment commun de la grande majorité des salariés.

Tang Jun, Secrétaire général du Centre d’études des politiques sociales de l’Académie des Sciences sociales de Chine, a dit : « Vu des données statistiques établies, on remarque que le revenu des gens pauvres et le revenu des gens riches ont également augmenté ces dernières années. Mais compte tenu de la différence de leurs dépenses en matière de consommation, pour un grand nombre de familles pauvres, elles dépensent surtout pour acheter les denrées alimentaires et les articles d’usage courant dont les prix augmentent souvent et sans cesse.

Les inégalités dans la redistribution sont en train de présenter la dangereuse tendance aux deux extrémités qui font que les riches deviennent de plus en plus ‘fortunés et opulents’, alors que les pauvres deviennent de leur côté de plus en plus ‘miséreux et malheureux’ ».

Les trois secteurs permettant la réalisation de gains et de profits exorbitants : l’immobilier, l’exploitation minière et la transaction boursière. Les spécialistes concernés indiquent que ces dernières années, suite à la croissance rapide de l’économie chinoise, les trois importants facteur de la production, à savoir, la terre, les ressources et les capitaux, jouent un rôle grandissant dans le réajustement de la richesse et l’immobilier, l’exploitation minière et la transaction boursière sont devenus les trois secteurs les plus ‘lucratifs’ qui permettent que l’on réalisé facilement des gains et des profits exorbitants et c’est grâce à eux qu’une petite minorité de personnes ont pu atteindre rapidement le sommet de la richesse sociale.

D’après le palmarès établi par Forbes pour le classement 2009 des plus grandes fortunes chinoises, parmi les richards chinois qui occupent les quatre cent premières places, on compte 154 promoteurs immobiliers ; parmi ceux qui occupent les quarante premières places, on en compte dix neuf ; et parmi les super-richards qui sont aux dix premiers rangs, on en compte cinq. Ce qui signifie que l’immobilier est devenu en Chine le principal secteur de centralisation des plus grandes fortunes chinoises.

Un phénomène extravagant qui existe toujours en Chine : « le derrière décide l’opulence ». Plusieurs spécialistes, dont Wei Jie, professeur à l’Université Qinghua, et Shi Ying, vice président de l’Académie des Sciences sociales de la Province du Shaanxi, indiquent que depuis de longues années en Chine, il existe, dans le domaine de la répartition de revenu, le phénomène extravagant et déraisonnable dit « le derrière décide l’opulence » : le haut revenu et le bas revenu ne dépendent pas de l’intelligence, ni de la capacité, ni de la compétence et encore moins de la diligence, de l’assiduité, de l’application et du sérieux dans le travail, ils dépendent en fait du « titre (rang) » ou bien du « secteur (domaine) ». Il suffit qu’on soit capable de s’ « introduire » dans les secteurs (domaines) monopolistes, tels que l’énergie électrique, la télécommunication, le pétrole, la finance, le tabac … etc., ou bien d’ « arracher » le titre (rang) de fonctionnaire d’Etat ou un poste dans un établissement institutionnel, ce sera alors comme si l’on s’est « emparé » du haut revenu, du mieux-être et d’une position sociale élevée.

Selon des statistiques établies par le Ministère des Ressources humaines et de la Protection sociale, actuellement en Chine, le salaire moyen des employés et des travailleurs de certains secteurs, dont l’énergie électrique, la télécommunication, la finance, l’assurance, ou le tabac, est deux à trois fois supérieur à celui des travailleurs d’autres secteurs, et si l’on ajoute le revenu hors salaire et les avantages du traitement du bien-être l’écart réel serait plus grand et plus énorme encore.

Jusqu’à fin 2008, le niveau de la pension de retraite des fonctionnaires d’Etat est plus élevé de 2,1 fois par rapport à celui des entreprises, alors que la pension mensuelle des retraités d’établissements institutionnels est plus élevée de 1,8 fois par rapport à celle des retraités d’entreprises. Toutes sortes de répartition de revenu.

L’ «argent noir » et le « revenu casuel (non déclaré) » font qu’il est apparu dans la société toutes sortes de « revenus dissimulés » et qu’il est pratiquement impossible de connaître les chiffres de base ainsi que l’état réel des biens sociaux. Wang Xiaolu, directeur adjoint de l’Institut d’études sur l’économie nationale de la Fondation chinoise de Réforme, a publié en 2007 un rapport d’études qui estime qu’à cette époque-là, il y a dans tout le pays des « revenus cachés » irréguliers sont le montant s’élève à au moins 4.000 milliards de yuans renminbi (RMB). Certains autres spécialistes pensent qu’actuellement en Chine, le salaire des travailleurs représente seulement le tiers de leur revenu global et que seulement le « revenu blanc » peut-être contrôlé et supervisé par l’Etat. Ce qui signifie qu’une grande quantité de revenus incontrôlables échappe à la limite de régulation de la fiscalité et circule en dehors du contrôle et de la supervision.

Compte tenu de la complexité des moyens de distribution de revenu et du manque d’un système de base pour l’enregistrement du revenu de la population, c’est pourquoi il existe en Chine toutes sortes de moyens permettant aux habitants d’être rémunérés. Une enquête menée ces derniers temps dans quinze provinces, régions autonomes et municipalités du pays et visant des savants, des spécialistes, des cadres de niveau inférieur et des gens du peuple montre que tout le monde accepte qu’on peut utiliser cinq couleurs (blanc, noir, gris, rouge du sang et jaune d’or) pour faire le résumé des divers et différents revenus qui existent actuellement en Chine en les appelant séparément revenu d’une telle couleur. Pour parler plus concrètement et plus en détail, le « revenu blanc » désigne les revenus légaux, dont le salaire normal et le traitement de bien-être ; le « revenu noir » indique le revenu illégal obtenu par moyens illicites et contrevenant à la loi et aux règlements, dont la corruption, la malversation, la concussion, le détournement de fonds, le vol, l’escroquerie, la duperie ou le trafic de stupéfiants ; le « revenu gris » indique les revenus entre revenus légaux et revenus illégaux et qui sont actuellement très répandus en Chine ; le « revenu rouge du sang » désigne les revenus gagnés à la sueur du front, au sang versé et dus à des travaux dangereux et pénibles qui dépasse la limite de tolérance de l’être humain, dont travail clandestin dans de petites mines de charbon dans les fours à briques privées, … etc. ; le « revenu jaune d’or » indique les revenus réalisés au moyen de capitaux, dont l’or, les actions ou bien la transaction à terme. La répartition et la distribution devant un « carrefour ».

« Bien que le degré de tolérance et d’endurance de la population envers les inégalités dans la redistribution sociale s’est élevé actuellement, mais si nous n’adoptons pas des moyens plus énergiques et plus efficaces pour empêcher et stopper l’aggravation de la disparité criante entre riches et pauvres, les conséquences seront inimaginables et désastreuses. », a indiqué Yang Yiyong, Directeur de l’Institut d’études du développement social de la Commission d’Etat pour le Développement et la Réforme, qui a ajouté que le PIB (Produit intérieur brut) par tête d’habitant est près d’atteindre l’année dernière en Chine 3.700 dollars US et que la transition de la croissance économique et la réorganisation de la structure sociale sont parvenues à une phase cruciale de développement.

La pratique des pays de l’Amérique latine démontre qu’à cette phase-là, il est surtout important de prévenir et d’empêcher l’apparition de la stagnation et du marasme, l’aggravation de la disparité entre riches et pauvres ainsi que les troubles sociaux qui sont des phénomènes susceptibles d’arrêter tout net la croissance économique. Su Hainan, un spécialiste en la matière, pense que l’imperfection du système de répartition de revenu constitue la cause principale et directe des problèmes qui surgissent dans ce domaine-là. Dans la distribution primaire, il n’existe aucun rapport proportionnel de distribution qui peut établir rationnellement le rapport entre Etat, entreprises et individus, tandis que la rémunération du travail est relativement faible et que le mécanisme d’augmentation normal et régulier de la rémunération du travail n’est pas encore établi ; Dans la distribution secondaire, le pourcentage des dépenses, allouées par les finances aux différents échelons, pour la protection sociale et pour le transfert de paiements n’est pas encore déterminé sous forme de système, ce qui ne peut garantir la rationalité et l’équitabilité de la distribution secondaire ; La répartition tertiaire est d’une ampleur plus petite et il est nécessaire de perfectionner le système quant à la bienfaisance et à la donation, alors que la fonction de régulation est limitée.

 L’irrationalité de la distribution primaire renforce en intensité la tendance au « capital fort, travail faible ». La première répartition « se rapproche » actuellement trop du capital, alors que le taux d’occupation de la rémunération du travailleur est relativement faible et bas dans son ensemble et que l’augmentation du salaire de travailleurs est toujours à la traîne de la croissance des profits et des bénéfices d’entreprises. Dans les pays développés, a fait remarquer Su Hainan, le salaire représente en général 50% environ du coût de fonctionnement et d’exploitation de l’entreprise, alors que chez nous, il n’atteint même pas 10%. Pour ce qui est de la distribution secondaire, en raison de l’imperfection actuelle de notre système de protection sociale, le phénomène de la « régulation inverse » est même apparu dans le domaine de la répartition secondaire.

Selon une révélation de la Fédération nationale des syndicats de Chine, parmi la population active urbaine, le taux d’adhésion à l’assurance-vieillesse et à l’assurance-maladie est respectivement seulement de 62% et de 60µ., tandis que pour les travailleurs migrants d’origine paysanne, ce taux est encore plus bas. Des spécialistes concernés indiquent qu’il est important de veiller à ce que la « ligne rouge » de la disparité entre riches et pauvres ne soit pas franchie et qu’il est nécessaire de lancer le plus tôt possible la réforme du système de répartition de revenu. Il faut s’en maintenir aux principes suivants : règlement des problèmes en s’attaquant tant à leur racine qu’à leur manifestation superficielle, réorganisation intégrale, prise de mesures diverses en vue d’une solution définitive et coordination entre toutes les parties concernées, ce afin de pouvoir établir un programme de réforme systématique en tenant compte des causes approfondies, des causes réelles et des causes directes.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 May 2010 à 14:15
 
Les professionnels seront mieux payés que les travailleurs de l’entreprise, qui fabrique aussi pour Microsoft et Nitendo. Cette nouvelle de l’agence de presse EFE de Pekin, témoigne comme nous l’avons souligné dans notre article sur les conditions de travail en Chine, non seulement de la dureté et du “vide social” des grandes fabriques en Chine, mais également du fait que ce sont les firmes étrangères (ici pas tout à fait étrangère puisque taiwanaise) qui imposent ces conditions en exerçant un chantage à la délocalisation contre le gouvernement qui voudrait imposer le respect de la législation du travail, et ses améliorations.  La Chine et les Chinois ont été utilisés sans pitié par les transnationales pour accroître leurs profits, la Chine s’est développé à ce prix là, mais quand le capitalisme veut jouer les vertus en dénonçant la Chine, il est mal venu de le faire. Là bas comme ailleurs il est sans pitié et sans espérance, un passeport pour l’enfer.
 
traduction et note de danielle Bleitrach pour changement de société

Le géant taiwanés Foxconn, qui fabrique l’iPhone d’Apple et d’autres icones des appareils technologiques utilisés dans le monde entier, a décidé d’engager 2.000 psychiatres et conseillers psychologiques pour essayer d’arrêter la vague de suicides dans les fabriques chinoises de l’entreprise, a informé aujourd’hui la presse locale.

Selon le journal South China Morning Post, la firme a mis en place le recrutement de ces travailleurs à une foire de travail de Shenzhen, la ville où  travaillent 400.000 de 700.000 employés de Foxconn et où 10 tentatives de suicide se sont produites, avec huit décès. Le dernier suicide a été le vendredi passé, quand un employé de 21 ans a sauté au vide depuis la terrasse d’une tour dans les installations de l’entreprise dans Shenzhen.

Aux nouveaux psychiatres il est offert un salaire annuel entre 25.000 et 75.000 dollars par an, quand les travailleurs des fabriques de la firme touchent un salaire de base annuelle d’environ 1.750 dollars, comme  l’a fait remarquer le journal officiel Global Times

D’abord des rites et des moines

Le recrutement massif de psychiatres est la dernière mesure prise pour Foxconn, qui avait déjà mis en place dans ses entreprises de Shenzhen des réunions de groupe pour une aide psychologique et même avait engagé des moines pour qu’ils réalisent des rites religieux afin d’éliminer les “mauvais esprits” dans l’entreprise.

Tous les suicidés dans l’entreprise étaient  des jeunes de moins de 25 ans qui commençaient à travailler chez le géant technologique, c’est pourquoi  ces événements ont ouvert le débat sur les conditions de travail dans la compagnie et si les nouvelles générations de Chinois, plus fragiles que les précédentes, étaient préparées aux dures conditions de travail des fabriques chinoises.

Des travailleurs de la firme dans un entretien avec Global Times  ont reconnu aujourd’hui qu’il existe “un manque de compréhension et de communication entre les supérieurs et les travailleurs”, et que dans les chambres à coucher les employés communiquent à peine tellement  ils sont exténués quand ils terminent la journée.

Les gardes qui frappent

Cependant, des raisons personnelles pourraient être aussi derrière la vague de suicides, qui a attiré attention des journaux nationaux et internationaux. Nan Gang, le jeune de 21 ans qui s’est lancé par la fenêtre de sa chambre à coucher le vendredi dernier, avait eu deux désillusions amoureuses dans quatre mois et il avait contracté beaucoup de dettes de jeu, pour lesquelles il subissait des menaces.

Par ailleurs, la semaine passée la télévision locale de Pékin a montré des images présumées de gardes de Foxconn dans la succursale de Pékin en train de frapper des travailleurs. Ces vidéos ont encore fait enfler  les critiques contre l’entreprise taiwanaise, une branche du conglomérat industriel Hon Hai qui est lié aussi à Sony, Amazon, Nintendo et d’autres multinationales technologiques.



Edité par T 34 - 25 May 2010 à 14:15
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