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Chine. |
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Envoyé : 02 Jun 2010 à 00:33 |
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Le président chinois Hu Jintao a demandé à tous les échelons du gouvernement de garantir une couverture maladie pour tous les Chinois, qu’ils soient urbains ou ruraux. Hu Jintao, également secrétaire général du Comité central (CC) du Parti communiste chinois (PCC), a fait cette remarque vendredi après-midi lors d’une étude à laquelle ont participé les membres du Bureau politique du CC du PCC.
Les participants ont discuté avec deux spécialistes : Rao Keqin, du ministère chinois de la Santé publique, et Ge Yanfeng, du Centre de recherche et de développement du Conseil des Affaires d’Etat (gouvernement central). Les deux experts ont évoqué des problèmes liés à la réforme de la sécurité sociale en Chine ainsi que le développement général des soins médicaux dans le monde. Hu Jintao a indiqué que l’objectif de la réforme était d’étendre la sécurité sociale à tous les Chinois. Accélérer l’établissement d’un système de soins médicaux de base est une tâche importante qui doit bénéficier à tous les Chinois, qu’ils soient urbains ou ruraux, a-t-il souligné. Dans son discours, le chef d’Etat chinois a également appelé à redoubler d’efforts pour établir un système national de médicaments de base, à améliorer les soins médicaux au niveau local et à faire progresser la réforme des hôpitaux publics. Source: xinhua |
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Envoyé : 04 Jun 2010 à 00:34 |
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Foxconn Technology Group, entreprise de Taïwan, a annoncé mercredi une hausse des salaires de 30% pour tous les employés travaillant dans ses usines situées sur le continent chinois, à compter du mois de juin.
Le salaire de base pour les ouvriers travaillant sur les chaînes d’assemblage passe ainsi de 900 Yuans (132 Dollars US) à 1 200 Yuans par mois, a précisé Foxconn. Les salaires des employés et chefs d’équipe supérieurs à 900 Yuans sont également augmentés de 30%. Dans son annonce, le plus gros fabricant de matériel électronique sous contrat du monde a déclaré que cette augmentation des salaires est due à la hausse des prix à la consommation, du coût de la vie et aux performances de l’entreprise. Cette hausse des salaires intervient après que dix ouvriers aient mis fin à leurs jours et que trois autres aient tenté de se suicider dans l’usine Foxconn de Shenzhen cette année. Foxconn fait partie de Hon Hai Precision Industry Co., de Taïwan, et fabrique des ordinateurs, des consoles de jeux et des téléphones mobiles pour des sociétés comme Hewlett-Packard, Sony, Nokia et Apple. Sur les 800 000 employés que compte Foxconn sur le continent chinois, 430 000 sont situés à Shenzhen. Ils travaillent par équipes et vivent à l’intérieur du massif complexe d’usines. Source: le Quotidien du Peuple en ligne La Chine va approfondir sa réforme du système de distribution des revenus L’approfondissement de la réforme du système de distribution des revenus constituera, pour une période assez longue, une tâche principale pour le gouvernement. C’est ce qu’a affirmé un responsable de la Commission d’Etat pour la Réforme et le Développement, ce mercredi 2 juin à Beijing. Selon ce responsable, réformer le système de distribution des revenus est d’une importance vitale pour assurer le bien-être de la population et la parité sociale. Toujours selon ce responsable, l’accent sera mis sur l’amélioration de la structure de distribution des revenus, l’augmentation des revenus des citoyens et la restauration du système de gestion des salaires dans les entreprises publiques, surtout dans les secteurs monopolistiques. L’objectif est d’augmenter les revenus des ménages urbains et ruraux en fonction de la croissance économique. |
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Envoyé : 10 Jun 2010 à 23:56 |
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Comme d’habitude, nos médias français le Monde en tête se sont emparés de la grève des ouvriers de Honda (Japon), après la vague des suicides dans l’entreprise taiwanaise, pour voir là une possibilité de déstabilisation (qu’ils appellent de leur voeux) du gouvernement chinois. Les mêmes qui font silence sur les luttes dans nos propres entreprises plaignent trés fort les pauvres ouvriers chinois et les soutiennent. Ils oublient seulement de noter quelques faits: premièrement, visiblement cette vague revendicative est soutenu par le gouvernement, d’abord local comme dans le cas de Honda, ensuite par des directives nationales: ainsi en est-il de l’appel à la création de syndicats dans les entreprises privées étrangères ou locales. Ainsi en est -il de la mise en garde du gouvernement aujourd’hui : Les entreprises doivent s’attendre à une augmentation du coût du travail en Chine. Voici non pas un article mais une lecture d’articles en provenance de Chine, opérée par danielle Bleitrach.
Les grèves soutenues par le pouvoir… On sait que quelques centaines d’ ouvriers se sont mis en grève, réclamant des augmentations de salaire et de congés, dans une usine de Honda dans la province méridionale du Guangdong, ont annoncé mardi les autorités locales. Ce n’est pas la première manifestation de ce type, mais il est clair que la publicité qui lui est donnée n’est pas fortuite. La grève a commencé lundi matin et s’est poursuivie mardi dans une usine de pièces détachées de Foshan Fengfu Autoparts Co. (Fengfu), a indiqué Liu Yousun, porte-parole du gouvernement du district de Shancheng de la municipalité de Foshan. Le gouvernement local a mené un dialogue avec les ouvriers en grève et leurs employeurs, a indiqué M. Liu.Selon le porte-parole de Honda Motor (China) basé à Beijing, Zhu Linjie, l’usine Fengfu fournit des pièces pour pots d’échappement. Fengfu est une coentreprise établie entre la société japonaise Yutaka Giken, une filiale de Honda, et la société taïwanaise Moonstone Holding. Nous avons donc un débat public comme dans le cas Foxconn, l’entreprise taiwanaise où il y avait eu des suicides et où on assiste aujourd’hui à une deuxième vague d’augmentation des salaires. toujours dans le Guangdong, il faut encore noter les grèves des chauffeurs de taxis de Canton, puis celles de Pekin: les autorités municipales ont annoncé la mise en œuvre de réformes d’envergure pour résoudre les tensions. Huit principales mesures ont été retenues : un contrôle plus strict de la légalité des contrats de travail, l’interdiction pour les entreprises de sanctionner financièrement leurs employés, la réduction des frais mensuels imposés par les sociétés aux chauffeurs, des actions plus régulières pour faire disparaître les taxis illégaux, augmenter le nombre de stations pour l’approvisionnement en gaz, améliorer les conditions de travail et de vie des chauffeurs de taxi. Voilà une corporation intéressante dont plusieurs personnes m’ont confirmé que les dits taxis faisaient jouer à l’icone de Mao Ze Dong le rôle de notre Saint Christophe. Ce qui est sûr c’est que la manière dont sont prises ces grèves prouve qu’elles ne sont pas vécues par le parti comme une remise en question mais utilisées pour accélérer des réformes. Appel à la création de syndicats dans les entreprises privée: Dans le même sens, il faut également noter un appel de la très officielle Fédération des Syndicats de Toute la Chine (FSTC)qui a recommandé lors du week-end que des syndicats soient créés dans toutes les entreprises privées, y compris celles à capitaux étrangers comme à capitaux de Hong Kong ou de Taiwan. « La FSTC a publié une note urgente vendredi soir, demandant que ses branches promeuvent une couverture syndicale afin d’améliorer la protection des intérêts des travailleurs, et en particulier celle des travailleurs migrants. Elle a exhorté les syndicats à favoriser la création d’un système de négociation collective des salaires, en accord avec les lois sur le travail et les syndicats, ainsi que d’aider les travailleurs qui sont affectés à une ligne de fabrication à obtenir un meilleur salaire. Les syndicats devront également inciter les entreprises à enrichir la vie de leurs employés, en organisant davantage d’activités sociales, de distractions et de sport. La récente vague de suicides à l’usine Foxconn, société à capitaux de Taiwan, et une grève massive chez le constructeur automobile nippon Honda dans son usine de Foshan, toutes deux situées dans la province du Guangdong, au Sud de la Chine, ont mis en évidence les conditions de vie difficiles des travailleurs, dont beaucoup font face à des salaires bas et de mauvaises conditions de travail. La semaine dernière, Foxconn a proposé une augmentation de 30% des salaires et Honda envisage de relever le salaire de base de près d’un quart. Un porte-parole de la FSTC a déclaré que la proportion des salaires dans le PIB de la Chine est en baisse depuis 22 ans, ce qui est source potentielle de conflits sociaux, d’après la Fédération. Les experts ont prévenu que ce sujet doit être traité avec soin, car il concerne un large groupe de personnes, clés de la croissance économique et de la stabilité sociale du pays. Dans le même ordre d’idées, la demaine dernière, le gouvernement municipal de Beijing a décidé d’augmenter le salaire minimum dans la ville, qui passera de 800 Yuans (118 Dollars US) à 960 Yuans par mois. On estime que cette augmentation de salaire de 20% bénéficiera à près de 100 000 personnes. Avant même cette initiative de la ville de Beijing, les provinces du Guangdong, du Shandong, du Ningxia, du Hubei et de nombreuses autres provinces ou régions autonomes avaient également relevé leur salaire minimum. La hausse moyenne est d’environ 15%. Les statistiques de la FSTC ont montré qu’à la fin de 2008, plus de 4 100 sociétés étrangères majeures faisaient des affaires en Chine. A cette date, 82% de ces entreprises disposaient de syndicats. Mais dans les entreprises privées de petite taille, ce chiffre était bien inférieur, et dans certains cas, les syndicats soit souffraient de l’interférence des entreprises, soit même étaient sous leur contrôle. »( le Quotidien du Peuple en ligne ) Les entreprises étrangères payeront ou partiront: Et voici qu’aujourd’hui, le quotidien du peuple, organe officiel du parti communiste chinois prend à son tour la parole pour confirmer si besoin était qu’il y a là une politique voulue décidée et qui correspond au choix de développement d’un marché intérieur autant que de la volonté de « créer une société harmonieuse ». « « Les entreprises, chinoises ou étrangères, peuvent s’attendre à de fortes hausses de salaires dans les années qui viennent, après la grogne sociale dans les usines de Foxconn et Honda du Delta de la Rivière des Perles, disent les experts. « Ces conflits sont un signal clair d’une situation plus difficile, s’agissant de la main-d’œuvre disponible », a dit Cai Fang, Directeur de l’Institut d’Economie de la Population et du Travail à l’Académie Chinoise des Sciences Sociales. Pour près de 150 millions de travailleurs migrants, les salaires ont augmenté de 19% en 2008 et de 16% en 2009, d’après M. Cai, qui dit aussi que le coût du travail va continuer à augmenter. Dimanche, Foxconn Technology Group, entreprise taïwanaise, a annoncé une deuxième hausse des salaires, qui pourrait aller jusqu’à 65%, dans ses usines de la ville de Shenzhen, dans le Sud du pays. Un peu plus tôt, Honda avait accordé une hausse de salaires de 24% à ses ouvriers fabricant des pièces détachées pour automobiles à Foshan, dans la province du Guangdong, afin de mettre fin à une grève sans précédent. Ailleurs, 14 provinces et Régions ont relevé cette année le niveau du salaire minimum, la plus forte augmentation ayant été de 20%. Shenzhen, pôle industriel du Sud, où se trouve Foxconn, prévoit de relever le salaire minimum de 15,8% en moyenne à compter du mois prochain, a annoncé mercredi le gouvernement municipal. Le salaire minimum sera donc de 1 100 Yuans, cela pour améliorer la qualité de vie des 8 millions de travailleurs migrants que compte la ville. Ce faisant, le gouvernement espère pousser les entreprises à améliorer leurs technologies et leur gestion, a dit Wang Min, Directeur du Bureau des ressources humaines et de la sécurité sociale de Shenzhen. « Pour les entreprises qui ne sauront pas s’adapter au développement de la ville, il n’y aura qu’un seul résultat, partir », a-t-il déclaré aux journalistes. Cette augmentation du coût du travail a déclenché des spéculations, selon lesquelles les grands fabricants de matériel électronique du monde pourraient envisager de déplacer leurs usines dans des pays voisins comme le Vietnam, l’Inde ou l’Indonésie, où les salaires sont plus bas. Pour les experts de l’industrie, cependant, cette récente hausse des salaires dans des entreprises comme Foxconn ne prélude pas à la fin du rôle de la Chine comme « usine du monde ». Pas plus d’ailleurs qu’ils ne s’attendent à un exode des entreprises étrangères de Chine, citant un environnement défavorable à l’investissement dans ces pays de rechange et de forts coûts de déménagement professionnel. « En théorie, ces hausses de salaires devraient contraindre ces sociétés à déplacer leurs usines de Chine vers des régions où le coût du travail est moins élevé, mais en fait cette possibilité est très mince », dit Li Xiaogang, Directeur du Centre de Recherche sur les Investissements Etrangers à l’Académie des Sciences Sociales de Shanghai. D’après lui, si la Chine est « l’usine du monde », ce n’est pas seulement du fait de ses coûts de travail plus faibles, mais aussi grâce à des infrastructures solides, une stabilité politique, un énorme marché intérieur et des compétences professionnelles élevées, toutes choses avec lesquelles peu de ses pays voisins peuvent rivaliser. Bien que ces entreprises puissent faire part de leurs inquiétudes au sujet de l’augmentation du coût du travail en Chine, « Je pense que quand elles expriment leur intention de quitter la Chine, elles se livrent à une tactique de marchandage destinée à mettre la pression sur le gouvernement chinois pour obtenir certains avantages », dit M. Li. Cependant, certaines entreprises à capitaux étrangers, et particulièrement les exportateurs de vêtements bon marché ou autres produits bas de gamme, sont déjà sur des charbons ardents. « C’est très difficile pour nous », dit Danny Lau, Président de l’Association des Petites et Moyennes Entreprises de Hong Kong. D’après lui, ce sont quelque 2 000 à 3 000 usines sur un total estimé à 50 000 usines à capitaux hongkongais du Delta de la Rivière des Perles, pôle d’exportation, qui pourraient fermer leurs portes cette année. Et de son côté, l’Association des Fabricants de Matériel Electrique et Electronique de Taïwan, qui représente les fabricants de matériel électronique de l’île, encourage les fabricants de matériel électronique taïwanais à construire de nouvelles installations dans d’autres pays d’Asie comme le Vietnam, l’Indonésie ou la Malaisie, où le coût de la main d’oeuvre est moins élevé, a rapporté le Wall Street Journal, citant Luo Huai Jia, le Vice-président de l’Association. D’après l’article, des entreprises majeures comme Hong Hai, à qui appartient Foxconn, TPV et Compal Electronics, envisagent de diversifier leurs usines, qui sont concentrées sur le continent chinois. Mais pour les experts de l’industrie, partir pourrait ne pas être une bonne idée. Ainsi, James Lei, Directeur de recherche sur l’électronique grand public chez Instat, société de recherches, pense-t-il que, comparé avec d’autres pays, se déplacer vers des régions situées à l’intérieur de la Chine, comme le Sichuan ou la municipalité de Chongqing, pourrait être un meilleur choix. « Je pense que les voisins de la Chine ne sont pas encore prêts à exécuter des commandes actuellement assurées par des millions de travailleurs migrants chinois », dit-il. Source: le Quotidien du Peuple en ligne Le ministère chinois du Commerce est en train d’utiliser des indicateurs de Responsabilité sociale des entreprises (RSE), comme la protection de l’environnement et le bien-être des employés pour évaluer les sociétés exportatrices – qu’elles soient chinoises ou à capitaux étrangers – afin de s’assurer que ces derniers répondent aux normes internationales.
A travers l’utilisation des indicateurs de RSE, le gouvernement souhaite que les entreprises chinoises remplissent leurs responsabilités sociales, a indiqué le vice-ministre Ma Xiuhon lors de la Conférence annuelle sur la RSE de Chine. Cette conférence a été organisée par l’Association des entreprises chinoises à participation étrangère (CAEFI), la Fédération caritative de Chine (CCF), l’Association de recherche sur l’économie privée de Chine et le journal China Enterprise News. Le président de la CAEFI a salué le rôle des entreprises dont une partie du capital est détenu par les étrangers dans la promotion des principes de la RSE en Chine. « Ces sociétés sont à la fois des bénéficiaires et des contributrices au développement économique de la Chine », a-t-il estimé. Selon Fan Baojun, président de la CCF, les entreprises sont devenus les principaux donateurs en Chine et leur contribution augmente chaque année. Il a révélé que les entreprises chinoises donnaient de 200 millions à 300 millions de yuans (29 millions à 44 millions de dollars) à la CCF au début des années 1990, mais que ce chiffre atteignait maintenant un milliard de yuans. En 2008, lorsqu’un puissant séisme a fait plus de 80 000 morts dans la province du Sichuan dans le sud-ouest de la Chine, les dons des entreprises ont dépassé 4 milliards de yuans. L’année dernière, ces dernières ont encore fait don de 4,6 milliards de yuans aux sinistrés du séisme alors même qu’il n’y avait pas eu de sollicitation. Yuji Kiyokawa, président de l’Association économique Japon-Chine, a proposé aux sociétés chinoises de partager leurs expériences en matière de la RSE avec les entreprises japonaises pour parvenir à des résultats éthiques et financiers. Lors de cette rencontre, les participants ont encore discuté de récents incidents concernant la conduite des entreprises, dont les plusieurs cas de suicides enregistrés chez Foxconn, un des plus grand fabricants des produits électroniques du monde. Les participants ont demandé aux entreprises de prendre au sérieux le bien-être de leurs salariés. La conférence a récompensé 62 entreprises pour leurs efforts en matière de la RSE. Source: xinhua Edité par T 34 - 21 Jun 2010 à 19:30 |
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Envoyé : 13 Jul 2010 à 14:09 |
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Traduit par Julio Fucik, puis par danielle bleitrach pour changement de société Note du CEPRID: On a essayé de donner une image des grèves ouvrières en Chine ayant une similitude avec ce qui s’est passé en Pologne dans la décennie de 1990. Rien de plus loin de la réalité. La bourgeoisie et ses « médias » mettent en avant l’image de quelques « syndicats indépendants » similaires à « Solidarité » un Polonais. On ne se donne pas la peine d’expliquer ce que les travailleurs chinois veulent ni quelle est la direction de leur mouvement. Et, bien sûr, ils ne rapportent pas les initiatives du type de celles que nous présentons et qui va dans la ligne de ce que, modestement, ce centre publie sur la Chine, les luttes ouvrières et paysanneet le nouveau rôle géoestratégique de ce pays.(CEPRID) J’ajouterai que ce texte s’il n’est pas représentatif selon moi de la majorité de la Chine n’est pas sans écho non plus. Si on lit le journal officiel du Parti on ne peut manquer d’être frappés par des thèmes récurrents assez proches de ceux-ci. Il est clair par ailleurs que la population chinoise manifeste de plus en plus d’intolérance face à la corruption, aux inégalités sociales et même l’orientation nouvelle prise de développer un marché intérieur et de ne plus subir le tout à l’exportation (thème soulevé dans l’article) va dans le même sens. Oui nous sommes très loin de ce qui est dit en occident. (Note de danielle Bleitrach)
Défendre la Constitution, respecter et garantir les Droits humains, appuyer la juste lutte des travailleurs de Honda et condamner la gestion inhumaine de Foxconn Pour le Secrétaire Général Hu Jintao et les membres du Comité ce,tral du Parti President Wu Bangguo de l’Assemblée Populaire Premier Ministre Wzn Jiabao et les membres du Conseil d’Etat Compatriotes de toute la Chine et de tous les moyens de communication: D’autres incidents [qui apparaissent] dans les médias montrent aussi de plus grand conflit entre le capital et un travail. Quelques travailleurs dans la chaîne d’engrenage Chongqing Qijiang Co. Ltd ont été obligés à travailler des heures extraordinaires durant les week-ends et sont morts d’excès de travail. L’épuisement à long terme, les bas salaires et la corruption ont amené les travailleurs à faire grève. Près de 1.700 travailleurs de Taisheng Furniture Company, avec son siège dans Dongguan, une province de Guangdong,ont fait une grève de trois jours pour protester contre l’excès de stress et les bas salaires. Plus de mille travailleurs Dans l’ensemble, la bourgeoisie a transféré la charge de la crise économique sur les travailleurs et a lancé une attaque plus féroce contre ceux-ci. La classe travailleuse se voit obligé de se dresser et de résister. Mais à mesure que les travailleurs ne se sont convertis en groupe social faible ces dernières années, et avec la privation des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution de notre pays, ils se trouvent dans la triste situation dans laquelle leurs morts restent sans réponse, leurs grèves leurs plaintes ne sont pas écoutées. Conformément à la Constitution de notre pays, en particulier les quatre principes basiques et les droits fondamentaux reconnus aux citoyens, nous faisons l’appel suivant pour faire face à l’actuelle situation et les problèmes (1). En premier lieu, nous sommes convaincus de ce qu’il faut appuyer les travailleurs dans Foshan Honda et d’autres fabriques dans leur lutte pour la survie et contre l’oppression. L’article 33 de la Constitution de notre pays dit que « l’État respecte et garantit les droits de l’homme ». Le droit de grève est une partie inséparable des droits de l’homme et aussi est un droit fondamental établi par les constitutions civiles du monde. Nous appuyons fermement toutes les demandes raisonnables que les travailleurs de Honda ont émises pour changer leurs dures conditions de travail et de bas salaires. Nous nous opposons catégoriquement à la menace de la direction de renvoyer les travailleurs . Les deux leaders qui ont été renvoyés doivent être immédiatement rétablis dans leurs postes de travail. Nous croyons que notre demande sera appuyée par tous ceux qui défendent l’autorité de la Constitution, le respect des droits de l’homme, et ont confiance en la justice. En deuxième lieu, nous devons exiger de Foxconn et d’autres entreprises similaires qu’ils arrêtent immédiatement leurs méthodes dures et inhumaines d’exploitation. Nous exigeons que l’on respecte l’intégrité des travailleurs, qu’on les traite avec dignité, que les lois de l’état soient respectées, que soient améliorées les conditions de travail, que s’applique avec rigueur une journée de 8 heures de travail et que les travailleurs soient rétribués pour leurs heures supplémentaires. Il doit être garanti que l’on paie les salaires qui sont suffisants pour sa survie et la reproduction des travailleurs. C’est la seule manière d’alléger les conflits le capital – travail et de réduire ou de prévenir les « problèmes dénommés psychologiques ».On a su par les médias que ceux qui se sont aussi suicidés avaient des signes de lésions corporelles causés par des coups. On s’interroge aussi sur le manière dont l’un d’entre eux a été poussé [depuis une fenêtre] dehors du bâtiment. Cela déjà, en soi, implique une recherche pénale. Les organismes gouvernementaux devraient traiter cette affaire sérieusement et aboutir à la vérité. En troisième lieu, les syndicats doivent clairement être du côté de la classe ouvrière pour la représenter et pour défendre ses intérêts selon ce qui est prescrit par la Constitution. Si une organisation syndicale passe outre la Constitution et agit en faveur de l’entreprise elle doit être méprisée par la classe ouvrière. Les dirigeants du syndicat dans chaque entreprise doivent être démocratiquement élus par les travailleurs. Des parents et des représentants des chefs ne devraient pas pouvoir occuper des postes dans le syndicat.Si ce cas existait, il ne doit pas être approuvé aux niveaux supérieurs du syndicat. Sur chaque lieu, il faudrait aider à ce que le syndicat d’entreprise organise une réunion de tous les membres et le reconstruire au moyen des élections démocratiques. En quatrième lieu, le Gouvernement,à tous les niveaux, en particulier celui du gouvernement local, doit protéger les droits civiques en suivant strictement la loi, en résolvant sincèrement les conflits capital – travail et en garantissant la liberté d’expression des citoyens. Le gouvernement doit administrer conformément à la loi et empêcher les incidents qui violent les droits civiques basiques prévus dans l’article 33 de la Constitution et d’autres normes annexes. Il faut activement traiter les cas de conflit capital – travail conformément à la loi. Ignorer les demandes des travailleurs par inaction ou se mettre du côté de l’entreprise doit être une attitude résolument corrigée. Pour garantir le droit du peuple à l’information et à aucontrôle, il doit être permis que les moyens de communication informent librement et avec vérité sur les conflits capital-travail, les cas particuliers et qu’il y ait tout type d’opinions sans obstacles, ni interférences. Le Parti communiste de Chine doit être la vraie avant-garde de la classe ouvrière, renforcer son leadership comme l’organisation politique du peuple et la dictature démocratique. Nous lançons un appel pour le rétablissement de la propriété publique comme la partie principale de l’économie nationale. Seulement de cette façon les travailleurs, les paysans peuvent et le peuple en général être maîtres des entreprises et du pays et réellement mettre en pratique un système de distribution principalement basé sur la contribution du travail. Actuellement, il est indispensable d’améliorer les conditions de travail et d’augmenter les salaires et les bénéfices de l’économie privée (financée par les investissements nationaux et étrangers). Il est complètement juste appuyer activement les luttes ouvrières en ce sens. Cependant, dans la mesure où l’économie capitaliste de propriété privée domine plus que l’économie socialiste de propriété publique, la classe ouvrière ne peut pas changer sa position de faiblesse dans les structures d’exploitation, ni le système de distribution injuste et les disparités entre riches et pauvres. Dans cette condition, il est également impossible de transformer notre économie orientée à l’exportation en une autre qui serait indépendant, autosuffisante et chercherait à satisfaire les nécessités matérielles et culturelles des personnes du pays. Sur la base des conditions actuelles, c’est seulement au travers d’une lutte à long terme que la classe ouvrière peut restaurer sa position de leadership et l’économie nationale peut se transformer en une autre basée principalement sur la propriété publique. Nous comptons sur le guide du marxisme – leninisme-la pensée de Mao Zedong, et nous avons la Constitution, en particulier son noyau des quatre principes basiques, pour construire notre instrument juridique. Tous les membres du Parti communiste et toutes les personnes doivent honorer la Constitution. La modernisation socialiste que nous défendons s’adapte à l’intérêt de la plus ample gamme de personnes et entretient une correspondance avec le développement historique de l’humanité. Si toutes les personnes qui appuient le socialisme, aiment leur pays et s’acquittent avec la Constitution en étant unies et persistent en ce sens, par une lutte à long terme, nous pourrons atteindre notre but. Les signataires : Li Chengrui ( Ex-Directeur du Bureau de la Statistique de l’État) Xiantian Gong (Professeur de l’Université de Beijing) Han Xiya (Ex-Secrétaire Suppléant du Secrétariat de la Fédération la Chine de Syndicats) Rixin Liu (ex-enquêteur dans la Commission Étatique de Planification) Zhao Guangwu (Professeur de l’Université de Beijing) Une note : (1) Les quatre principes basiques incluent le socialisme, la dictature démocratique populaire, la direction du Parti communiste, et le marxisme – leninisme-pensée de Mao Zedong. |
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Envoyé : 14 Jul 2010 à 21:05 |
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Publication de directives sur l’augmentation des salaires pour réduire les disparités de richesse en Chine
Un homme manifeste devant Fox-conn avec une banderole sur laquelle est inscrit « la vie est plus précieuse que tout »
Huit provinces et municipalités viennent de publier leurs directives relatives aux augmentations de salaires dans les entreprises, signe que le pays fait des efforts fermes et sans équivoque pour réduire les disparités de revenus, disent les experts.
D’après une note publiée mercredi dernier par le Bureau Municipal des Ressources Humaines et de la Sécurité Sociale de Beijing, les entreprises de la capitale qui bénéficient d’un développement solide et qui ont des bénéfices en augmentation seront supposées offrir une hausse des salaires de 11% à leurs employés. L’augmentation maximum des salaires des employés a été fixée à 16%, et le minimum à 3%, dit la note.
Cependant, les entreprises souffrant encore de la crise financière auront le droit de s’affranchir de ces règles, et pourront même baisser les salaires de leurs employés avec l’accord des syndicats ou des représentants du personnel. Zhao Dixin, comptable dans une entreprise publique du secteur de l’énergie à Beijing, dit approuver les nouvelles directives, quand bien même cela aboutira pour elle à une baisse de son salaire. « Je dois dire qu’en fait, de nombreuses personnes comme moi, qui travaillent dans de grosses sociétés publiques, n’ont pas un salaire aussi élevé que certains pourraient le croire. Pour autant, je suis en faveur de cette mesure, car elle permettra d’améliorer les conditions de vie des gens ordinaires ». Avant Beijing, les provinces du Hebei, du Shanxi, du Shandong, du Shaanxi, du Jilin et du Jiangxi, ainsi que la municipalité de Tianjin, avaient publié des directives régissant les augmentations de salaire dans les entreprises locales. C’est la province du Hebei qui est en tête de ces directives, autorisant les employeurs à accorder aux employés une hausse de salaire pouvant aller jusqu’à 28%, le minimum étant fixé à 8%. « Ces nouvelles mesures seront très utiles pour aider le gouvernement à atteindre son objectif de réduction des disparités de revenus », dit Lue Xuejing, professeur de sécurité sociale à l’Ecole d’économie du travail, à l’Université d’Economie et d’Affaires de la Capitale. « En dépit d’un travail ardu, les gens ordinaires ne gagnent, et cela depuis longtemps, qu’un salaire relativement bas. Et dans le même temps, une poignée de personnes d’élite travaillant pour des monopoles jouissent de salaires déraisonnablement élevés. Le gouvernement doit faire quelque chose pour changer cette situation injuste », dit le Professeur Lue. Certains se demandent aussi pourquoi des pôles industriels comme les provinces du Guangdong et du Zhejiang n’ont pas encore publié leurs directives, cela d’autant plus qu’elles viennent juste de connaître une série de grèves provoquées par des ouvriers demandant des augmentations de salaire. « Je pense que la raison pour laquelle ces provinces n’ont pour l’heure rien fait est liée à leur inquiétude que publier trop rapidement des directives risque d’imposer aux entreprises locales des coûts de personnel supplémentaires et d’avoir sur elles un impact négatif additionnel », a-t-il ajouté. Source: le Quotidien du Peuple en ligne |
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Envoyé : 17 Jul 2010 à 00:29 |
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La Chine note l’Occident, voici donc Dagong Global Credit Rating Co qui distribue ses évaluations…
Les Chinois en ont assez des agences de cotations occidentales et anglo-saxonnes (Standard & Poor’s, Moody’s), qu’ils jugent idéologiquement partisanes. Voici donc Dagong Global Credit Rating Co, nouvelle agence de cotation chinoise qui distribue ses évaluations. « » La raison de la crise financière mondiale et de la crise de la dette en Europe est que le système de réputation de solvabilité international actuel ne révèle pas correctement la capacité de remboursement du débiteur, « a dit Guan Jianzhong, le président de Dagong. L’agence, connue en Chine pour noter des sociétés, a dit que son but est » de corriger les défauts « du système existant et offrir un contrepoids aux agences Occidentales. » Ces lignes sont extraites d’une chronique de Ambrose Evans-Pritchard, dans le Daily Telegraph du 12 juillet. Les résultats des cotations de Dagong sont dévastateurs pour l’Occident. A noter que DSK, président du FMI, ne désapprouve pas («Dominique Strauss-Kahn, chief of the International Monetary Fund, agreed on Monday that the rising East is a transforming global force. “Asia’s time has come,” he said.») texte transmis par Maurice lecomte après lecture de Dedefansa.org.*
Rapport de notation sur les crédits souverains de 50 pays en 2010 La crise financière mondiale a exacerbé les contradictions dans le système de crédit international qui a causé la crise des crédits souverains. Elle a affecté la partie la plus sensible et importante de la chaîne mondiale du crédit. Cette crise historique des crédits souverains est un défi crise à l’économie mondiale et à la sécurité de la société humaine. Comme agence de notation de crédit responsable, ‘’Dagong International Credit Rating Company’’, («Dagong») s’engage à révéler le risque de crédit et fournir des conseils impartiaux et professionnels pour les investisseurs. Ici, Dagong présentera ses rapports sur les cotes de crédit souverain de 50 pays, ce qui est utile pour les investisseurs afin qu’ils puissent porter des jugements scientifiques sur les risques liés aux relations compliquées du crédit souverain et prendre les mesures appropriées en conséquence. Les 50 pays sélectionnés cette fois se trouvent dans tous les continents du monde, et la valeur combinée de leur produit intérieur brut représente 90% de l’ensemble de l’économie mondiale. Ces pays contiennent les caractéristiques typiques du risque de crédit de la région et représentent la distribution et le développement des risques de crédit dans le monde. Les cotes de crédit souverain Dagong sont basées sur la nouvelle norme de crédit souverain cote créé par Dagong, et démontrent essentiellement les connexions internes entre les facteurs du crédit souverain, le risque de crédit et le principe de notation de crédit. Par conséquent, les notes reflètent la solvabilité de la dette réelle de ces pays. Les résultats de la notation de 50 pays sont les suivants: 1. Base méthodologique de Dagong pour l’évaluation de la notation des crédits souverains. 1.1 La cote de crédit souverain de Dagong est toujours basée sur une évaluation combinée des deux facteurs ; la force institutionnelle et le gouvernement des conditions fiscales Les pays ayant un niveau relativement faible d’endettement ont des cotes de crédit plus élevées, et ils ont des perspectives plus stables ainsi qu’un potentiel de croissance future de la richesse nationale et des recettes publiques. Pour certains pays émergents, avec le rapide développement économique, l’amélioration continue à la fois de la force institutionnelle et du gouvernement des conditions fiscales, cela entraînera inévitablement la mise à niveau de leurs notes, tandis que pour certains pays développés, en raison de la stagnation à long terme de la croissance économique, il y a des baisses évidentes de leur force institutionnelle globale ainsi que de leurs conditions fiscales devenant à leur tour fragiles. En conséquence, leurs positions dans la séquence de notation de crédit doivent inévitablement être ajustées à la baisse. 1.2. La situation budgétaire est le facteur déterminant pour déterminer les capacités de remboursement de la dette du gouvernement La situation financière du Gouvernement est le facteur direct déterminant qui gouverne la capacité de remboursement de la dette. Pour toute cessation de paiement d’un gouvernement, peu importe qu’elle soit causée par des considérations politiques, économiques, un problème financier ou social, il convient de parler de la détérioration de la situation financière-budgétaire. Par conséquent, le niveau de solvabilité du gouvernement se traduira par la couverture par les recettes fiscales de son service de la dette dans une période de temps spécifique. La réalité des développements économiques des différents pays montre que la situation financière dans un certain laps de temps n’était pas forcément compatible avec l’ensemble de leurs forces. Bien que les pays ayant une forte résistance puissent avoir plus d’espace d’ajustement budgétaire et des tolérances pour la dette, leurs espaces d’ajustement budgétaire sera limité et la pression de la dette deviendra importante après que les remboursements de la dette et le déficit budgétaire aient atteint un seuil critique en raison de la constante budgétaire expansionniste des politiques visant à améliorer les capacités nationales de gestion économique et les fonctions sociales. Dans la réalité, pour les pays ayant une plus grande résistance, mais une dégradation des finances publiques et de la situation de la dette, il est très difficile que leurs forces puissent fournir une garantie efficace pour l’ajustement budgétaire, dans lequel le taux de croissance de la dette continu a être supérieur à celui du PIB et de l’exercice des recettes, par conséquent, leur risque sur le crédit souverain mérite attention et préoccupations. 1.3. La capacité de création de recettes fiscales du gouvernement doit être la base fondamentale de remboursement de la dette, tandis que les revenus de financement ne le sont pas. Dans la relation de crédit normale et de la dette, ce sont les flux de trésorerie nouvellement créé par le débiteur, plutôt que de nouveaux emprunts, qui sont les fondamentaux du remboursement de la dette, base sur laquelle, la relation de crédit peut exister et se développer de façon stable. La voie du recours excessif au financement par les revenus de la dette et de son refinancement mènera finalement à une forte réaction des marchés obligataires, ainsi, lorsque les coûts d’emprunt augmenteront les difficultés, les risques de crédit vont éclater de manière spectaculaire. Par conséquent, Dagong estime que les pays dont les recettes fiscales actuelles sont suffisantes pour couvrir le service de la dette, ont une plus forte résistance financière que les pays qui dépendent principalement de revenus de financement pour rembourser des dettes dans les mêmes circonstances, même si parfois les revenus de financement semblent stables à court terme. 1.4. Aux chocs extérieurs de plus en plus graves et plus fréquents sur les crédits souverains, la puissance globale joue un rôle important dans la protection de la stabilité du niveau de crédit souverain. 1.5 Information, sources de données et principes d’utilisation Dagong suit les principes fondamentaux de la véracité, l’actualité et la cohérence dans l’utilisation des informations et des données. L’authenticité de l’information nécessite l’utilisation d’un matériel de première main, autant que possible, lorsque des informations de seconde main sont utilisées, elles doivent être confirmées par d’autres informations et des données. Comme notation de crédit il s’agit de prévoir le risque de l’avenir, l’actualité des données et des informations est très important. Dagong suit attentivement les dernières données publiées par les pays et les organisations internationales, et certaines données importantes seront estimées sur la base des informations comprises. La cohérence est d’aborder les questions de comparabilité entre pays, c’est pourquoi le système de notation de Dagong utilise pour son fonctionnement principalement les données publiées par les institutions internationales faisant autorité, comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque des Règlements Internationaux. 2. Résultats de la notation du crédit de 50 pays C’est la première fois que Dagong attribue une notation des crédits souverains de 50 pays à travers les grandes régions du monde distribuée spécifiquement pour 20 pays européens, 17 pays d’Asie, 2 pays nord-américains, 6 pays d’Amérique latine, 3 pays d’Afrique et 2 pays d’Océanie, comme indiqué dans le tableau 1. En termes de rang du niveau global du crédit d’investissent ;
Sur le respect de la cohérence de la notation en devises en monnaie locale, la cote de 38 pays a les mêmes caractéristiques, 3 pays ont une meilleure cote que celle en devises en monnaie locale, 9 pays ont des cotes plus élevées en monnaie locale. Les détails se trouvent dans le Tableau 2. 3. Analyse comparative des cotes de crédit des 50 pays Afin d’expliquer les fondements des notes attribuées par Dagong, de réfléchir à l’idée de base de la méthode d’analyse Dagong pour la notation, et de montrer la conclusion scientifique de l’évaluation, cette section aura une analyse comparative de deux aspects. - D’une part, comparer les caractéristiques fondamentales du classement par groupes de notation ; - D’autre part, comparer les résultats avec ceux de notation Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, et donc refléter les différentes idées. 3.1 Analyse comparative des cotes Dagong de crédit souverain Dans cette partie, nous trions les pays de cote A au niveau de la monnaie locale en trois groupes à partir de critères objectifs d’analyse pour interpréter leurs différences quand au risque sur le crédit souverain. 3.1.1 Les pays ayant la note AAA en monnaie locale La notation AAA en monnaie regroupe les pays suivants : Norvège, Australie, Danemark, Luxembourg, Suisse, Singapour et Nouvelle-Zélande. Ces pays AAA ont des performances solides pour tous les facteurs de base et n’ont pas de défaut sur tout autre facteur pouvant assurer leur insolvabilité en toutes circonstances prévisibles. Leurs principales caractéristiques sont : - des institutions politiques matures et en bon fonctionnement, - des stratégies nationales de développement claires et mises en œuvre vigoureusement avec effet évident, - une situation de la sécurité nationale stable, - leur puissance économique est forte et ils ont de puissants avantages concurrentiels mondiaux, - avec une reprise économique mondiale, leurs perspectives de croissance sont assurées, 3.1.2 Les pays ayant la notation AA en monnaie locale Les pays classés en AA sont les suivants : Chine, Canada, Pays-Bas, Allemagne, États-Unis, Arabie saoudite, France, Grande-Bretagne, Corée du Sud et Japon. Les pays AA ont au moins trois à quatre facteurs excellents, mais les autres facteurs ont un ou deux des défauts, de sorte que leur solvabilité est inférieure à celui des pays AAA. Une catégorie contient les pays développés au centre de la crise en Europe et Amérique. Parce que les facteurs de base sont déjà faibles, leur situation budgétaire s’est considérablement détériorée en raison de la crise financière. Ce sous groupe comprenant l’Allemagne, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et le Canada, ont tous de grosses pressions fiscales, mais les avantages d’un système institutionnel complet aidera à acquérir les décisions utiles au réglage de la finance et de la dette. Les pays appartenant l’autre sous groupe ont une force financière durable, de meilleures perspectives économiques mais ils sont confrontés à l’adaptation des structures économiques ou des risques géopolitiques sur des problèmes pratiques. En comparaison avec les pays AAA, leurs résistances sont plus faibles. Ces pays sont la Chine, l’Arabie Saoudite et la Corée du Sud. 3.1.3 Les pays ayant un niveau de notation de crédit A en monnaie locale Les pays ayant un niveau de notation de crédit A en monnaie locale sont les suivants: Belgique, Chili, Espagne, Afrique du Sud, Malaisie, Espagne, Estonie, Russie, Pologne, Israël, Italie, Portugal et Brésil. Le niveau de ces pays n’est souvent fort que dans deux ou trois facteurs de notation, et leurs défauts sont plus évidents que ceux de niveau AA. Leur solvabilité pour absorber la dette globale amène de nouvelles baisses. Les pays de niveau A ont généralement montré des caractéristiques de deux types. - les pays développés sont notamment concernés par l’alimentation du système global qui les amène à tomber dans de graves situations financières face aux défis qui sont à relever, - les économies de marché émergents qui se développent à une vitesse rapide, mais avec une certaine instabilité existant dans leurs économies. Dans cette hiérarchie, pour les pays développés comme, Espagne, Portugal, Italie, etc, l’affaiblissement d’un système intégré a fortement limité leur potentiel de croissance et leurs perspectives économiques. En outre, leur dette ou un problème de déficit budgétaire sont notables. Si les taux de croissance économique ou de revenus restent à la traîne de la croissance de vitesse de la dette, un choc brutal et relativement grand, externe ou interne, fera que le financement et le remboursement de la dette courront de grands risques. Pour les pays à marché émergent, comme le Chili, Russie, Pologne, Brésil, etc, ils se sont engagés à des réformes économiques structurelles et profitent d’une croissance économique rapide. L’échelle de l’économie est en expansion constante avec une la réalisation d’une situation satisfaisante. Cependant, il y a encore des problèmes dans leur structure économique, leur capacité de résistance aux chocs et à la stabilité de croissance devrait être renforcée. 3.2 Comparaison avec les indices des trois agences de notation: Moody’s, Fitch et S & P En ce qui concerne l’évaluation des grandes cotes (sans égard à + / – différences), il existe une différence significative entre celle de Dagong et des trois agences de notation, tandis que la différence entre les trois agences de notation de crédit est faible. C’est ce que montre la figure 2. Prenant la note du crédit en monnaie locale à titre d’exemple ;
(Pour simplifier la comparaison, ce rapport utilisera par la suite une série de mots-clés pour illustrer les conclusions des comparaisons : « au-dessus de l’unanimité » signifie que la note attribuée par Dagong est plus élevée que celle des trois autres organismes; « en dessous de l’unanimité » signifie que la notation donnée par Dagong est inférieure à la cote de toutes les trois autres agences). Dans le tableau 2, la raison que Dagong donne pour ses cotes plus élevées que les 3 autres agences internationales de notation de crédit est principalement basée sur l’idée et les méthodes de Dagong. Dagong estime que la capacité nationale de gestion de ces pays continue de s’améliorer. Le potentiel de croissance économique est stable dans le long terme. La stabilité financière et la capacité de résistance contre les chocs extérieurs sont de plus en plus consolidées. Surtout après la crise financière mondiale, la performance de ces pays prouve qu’ils sont plus susceptibles de transformer le handicap en avantage en peu de temps, ce qui pourrait assurer l’accroissement du niveau des crédits nationaux. Les cas pour lesquels les cotes de crédit souverain Dagong sont plus élevées que celle des trois agences de notation internationales se trouvent principalement dans les pays développés, 13 d’entre eux au total, représentant 68% du total des échantillons (tableau 3). Cela montre que Dagong occupe une position relativement modeste dans le contexte de la crise financière mondiale. La méthode de notation Dagong pour l’étude des crédits souverains met l’accent sur la capacité pour l’économie d’assurer le crédit souverain sur la base de la création de nouvelles richesses sociales plutôt que le gouvernement des revenus du financement. En raison de la discordance entre les taux de croissance de la dette publique, le taux de croissance de la production économique, et des recettes fiscales, ce groupe de pays ne peuvent maintenir leur niveau de crédit souverain sur la base de financements extérieurs. Depuis le début de l’année 2010, les risques budgétaires de ces pays sont non seulement devenus la plus grande source de risque systémique au niveau national, mais aussi peut-être la principale source du risque d’un cumul de déductions pour l’économie mondiale. Une fois que le risque financier dans cette sorte de pays devient hors contrôle, ils devront faire face à des difficultés de financement encore plus importantes. Jusque-là, le taux d’intérêt attaché aux instruments de la dette s’est rapidement mis en place pour être réalisé, mais le risque de défaut dans ces pays ne cessera de grandir. Leur fragilité financière peut menacer gravement la réalisation de leurs conditions économiques et financières, et peut même devenir la peste de ces pays pour un temps relativement long. Pour les 23 pays dont la Norvège, l’Australie, le Danemark, etc…les notations de crédit assignées par Dagong sont soit voisines, soit identiques aux notations attribuées par Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch. Ces pays n’ont pas montré trop d’incohérences entre les conditions fiscales et la force institutionnelle intégrée, les pays AAA ont une vision commune de l’avantage global, à la différence de ceux présentant de multiples niveaux de risque pour leurs investissements, tandis que pour les pays spéculatifs, les différents défauts sont plus évidents, Dagong a rendu le jugement similaire avec Moody « s, Standard & Poor » s et Fitch sur le risque de crédit de ces pays. En bref, Dagong attribué des notes différentes de celles des trois principales agences de notation de crédit pour un total de 27 pays, représentant 54% du total des pays. Les pays pour lesquels ont été affectées des cotes plus élevées que les trois principales agences de notation de crédit « sont les pays émergents ayant une stabilité politique et une performance économique qui fonctionne. Les pays ayant été affectés d’évaluations plus basses que celles des trois agences de notation « sont de grands pays développés avec une croissance économique lente et une lourde dette. Les raisons précises expliquant les différences ci-dessus viennent du concept et la méthodologie de la notation. Les raisons fondamentales sont les suivantes:
Dagong continuera à accorder une attention particulière aux risques des crédits souverains de ces pays à qui ont été récemment attribuées des notes, et en même temps élargira le champ d’application de la notation, de façon à tirer pleinement parti de sa fonction d’alerte précoce du risque. Dagong fera de son mieux pour servir le marché mondial des capitaux en fournissant en temps opportun, un jugement objectif et précis sur les conditions de risque de crédit dans les différents pays. Agence notation Dagong http://www.dedefensa.org/article-la_chine_note_l_occident_14_07_2010.html http://www.marketwatch.com/Subjects/China http://www.dagongcredit.com/dagongweb/english/index.php http://www.dagongcredit.com/dagongweb/english/pr/show.php?id=69&table=web_e_zxzx |
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Patria socialismo o muerte
Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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Jef.
Pilier du FUC
Depuis le: 28 Sep 2007 Pays: DDR Status actuel: Inactif Messages: 2550 |
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Envoyé : 28 Jul 2010 à 13:56 |
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Un voyage instructif en Chine. Réflexions d’un philosophe Domenico Losurdo 1ere partie
Du 3 au 16 juillet j’ai eu le privilège de visiter quelques villes et réalités de la Chine, dans le cadre d’une délégation invitée par le Parti communiste chinois, délégation dont faisaient partie aussi des représentants de partis communistes du Portugal, de Grèce et de France et de la Linke allemande ; pour l’Italie, outre le soussigné, ont participé au voyage Vladimiro Giacchè et Francesco Maringiò. Le présent texte n’est pas un journal ni une chronique ; il s’agit de réflexions qui sont le fruit d’une expérience extraordinaire. 1. La première chose qui frappe au cours de la rencontre avec les représentants du Parti communiste chinois et avec les dirigeants des usines, écoles et quartiers visités, est l’accent autocritique, disons même la passion autocritique dont font preuve nos interlocuteurs. Sur ce point, la rupture est nette avec la tradition du socialisme réel. Les communistes chinois n’ont de cesse de souligner que le chemin à parcourir est long, et nombreux et gigantesques sont les problèmes à résoudre et les défis à affronter, et qu’en tous cas leur pays fait encore partie du Tiers Monde. En vérité, au cours de notre voyage, le Tiers Monde nous ne l’avons pas rencontré. Certes pas à Pékin, qui fascine avec son aéroport ultramoderne et reluisant, et moins encore à Qingdao, où se sont déroulées les joutes des Olympiades 2008 et qui fait penser à une ville occidentale d’une beauté et élégance particulières et d’un niveau de vie élevé. Le Tiers Monde nous ne l’avons pas rencontré non plus en nous éloignant de En Occident ne manqueront pas, à ce propos, ceux qui vont faire la grimace : développement, croissance, industrialisation, urbanisation, miracle économique d’ampleur et de durée sans précédents dans l’histoire, quelle vulgarité ! Ce snobisme de beau monde semble considérer comme insignifiant le fait que des centaines de millions de personnes aient échappé à un destin qui les condamnait à la dénutrition, à la faim voire à la mort par inanition. Et ceux qui trouvent que le développement des forces productives n’est qu’une question de bien-être économique et de consumérisme feraient bien de relire (ou de lire) les pages du Manifeste du parti communiste qui mettent en évidence l’idiotisme d’une vie rurale circonscrite par la misère y compris culturelle de frontières étroites et infranchissables. En visitant aujourd’hui les merveilles de la Cité impériale à Pékin et, à quelques kilomètres de distance, la Grande muraille, on tombe sur un phénomène absent non seulement dans le lointain 1973, mais même en l’an 2000, c’est-à-dire dans mes deux précédents voyages en Chine. De nos jours la présence massive de visiteurs chinois saute aux yeux : ce sont des touristes aux caractéristiques particulières : ils arrivent souvent d’un coin reculé de l’immense pays ; peut-être est-ce la première fois qu’ils en visitent la capitale ; sur le plan culturel ils commencent à s’approprier d’une certaine manière la nation de très antique civilisation dont ils font partie ; ils cessent d’être de simples paysans liés comme à une prison au lopin de terre qu’ils cultivent, et deviennent réellement les citoyens d’un pays de plus en plus ouvert au monde. Bien au-delà des heures d’ouverture pour la visite des monuments et musées, 2. Mais le développement des forces productives n’est-il pas synonyme de dégradation et destruction de la nature ? Nous voici en présence d’une préoccupation, et même d’une certitude claironnée de façon particulièrement stridente par la gauche occidentale. On voit ici affleurer une étrange vision de la nature, qui s’avère malade si les plantes s’étiolent et se dessèchent mais qui, à ce qu’il semble, est à considérer comme parfaitement saine si ceux qui dépérissent et meurent en masse sont les femmes et les hommes. Un certain écologisme finit pas creuser encore plus profondément l’abîme, qu’il prétend pourtant vouloir critiquer, entre monde humain et monde naturel. Mais concentrons-nous quand même sur la nature au sens strict. Il y a quelques temps un historien assez connu (Niall Ferguson) a écrit un article, publié aussi sur le Corriere della Sera, qui dès son titre dénonçait « la guerre de la Chine à la nature ». En réalité, déjà dans le long parcours qui va de l’aéroport de Pékin à la Grande muraille, et dans l’autre long trajet qui, en suivant un autre parcours, va du centre de Pékin à l’aéroport, nous remarquons une quantité impressionnante d’arbres de toute évidence récemment plantés, dans le cadre d’un projet assez ambitieux de reboisement et d’extension de la superficie forestière qui investit l’ensemble du pays. Quelques jours avant la fin de notre voyage nous avons eu la possibilité de visiter une aire écologique de 3. J’ai déjà parlé de la passion autocritique qui semble caractériser les communistes chinois. Ce sont eux qui insistent sur le caractère intolérable, en particulier, de l’écart croissant entre villes et campagne, entre zones côtières d’un côté et le Centre et l’Ouest du pays de l’autre. De tels phénomènes ne sont-ils pas la démonstration de la dérive capitaliste de la Chine ? C’est une thèse qui est largement répandue dans la gauche occidentale et qui semble trouver un écho chez certains membres de notre délégation multipartite. Dans le débat franc et vif qui se développe j’interviens avec une ponctuation pour ainsi dire « philosophique ». On peut procéder à deux comparaisons assez différentes entre elles. Nous pouvons comparer le « socialisme de marché » avec le socialisme que nous appelons de nos vœux, avec le socialisme en quelque sorte mûr, et donc mettre en évidence les limites, les contradictions, les dysharmonies, les inégalités qui caractérisent le premier : ce sont les communistes chinois eux-mêmes qui insistent sur le fait que le pays qu’ils dirigent n’est qu’au « stade primaire du socialisme », stade destiné à durer jusqu’à la moitié de ce siècle, confirmant la longueur et la complexité du processus de transition appelé à déboucher sur l’édification d’une nouvelle société. Mais il n’est pas pour autant licite de confondre le « socialisme de marché » avec le capitalisme. Comme illustration de la différence radicale qui subsiste entre les deux nous pouvons avoir recours à une métaphore. En Chine nous sommes en présence de deux trains qui s’éloignent de la gare appelée « Sous-développement » pour aller dans la direction de la gare appelée « Développement ». Oui, un des deux trains est très rapide, l’autre de vitesse plus réduite : de ce fait la distance entre les deux augmente progressivement, mais on ne doit pas oublier que tous les deux avancent vers la même destination ; et on doit aussi se souvenir que les efforts ne manquent pas pour accroître la vitesse du train relativement moins rapide et que, en tous cas, à la suite du processus d’urbanisation, les passagers du train très rapide se font de plus en plus nombreux. Dans le cadre du capitalisme par contre, les deux trains en question avancent dans des directions opposées. La dernière crise a mis en évidence un processus en acte depuis plusieurs décennies : l’augmentation de la misère des masses populaires et le démantèlement de l’Etat social vont de pair avec la concentration de la richesse dans les mains d’une oligarchie parasitaire restreinte. 4. Et pourtant, chez les communistes chinois croît l’intolérance à l’égard de l’écart entre zones côtières et aires du Centre-ouest, entre villes et campagne et dans le cadre de la ville même. C’est une attitude perçue avec surprise et agréablement par toute la délégation d’Europe occidentale. Cette intolérance se ressent de façon aigue à Chongqing, la métropole située à Devenue une municipalité autonome sous la dépendance directe du gouvernement central (se trouvent aussi dans cette situation Pékin, Shanghai et Tianjin) et pouvant ainsi jouir de stimulants et de soutiens en tous genres, Chongqing aspire à devenir Il convient en ce point de se débarrasser d’une équivoque possible : la discussion ne porte pas sur la politique de réforme et d’ouverture définie il y a plus de trente ans dans la Troisième session plénière de XIème Comité central (18-22 décembre 1978) : dans le Statut du Pcc est inscrit aussi le renvoi à la « théorie de Deng Xiaoping » et à l’ « importante idée des trois représentations », même si la catégorie de « pensée » veut avoir une importance stratégique plus grande que la catégorie de « théorie » (qui fait référence à une conjoncture même si c’est une conjoncture de longue période) et que la catégorie d’ « idée » (laquelle, si « importante » soit-elle, désigne une contribution sur un aspect déterminé). Mais surtout, personne ne veut revenir à la situation dans laquelle en Chine il n’y avait d’ « égalité » que dans le sens où les deux trains de la métaphore que j’ai utilisée plusieurs fois étaient tous les deux arrêtés à la gare « Sous-développement » ou s’éloignaient d’elle avec lenteur. Non, désormais on peut considérer comme définitivement acquise la conscience selon laquelle le socialisme n’est pas la distribution égale de à suivre
Publié samedi 24 juillet 2010 sur le blog de l’auteur : http://domenicolosurdo.blogspot.com/ Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio Edité par Fidelista - 30 Jul 2010 à 10:22 |
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Jef.
Pilier du FUC
Depuis le: 28 Sep 2007 Pays: DDR Status actuel: Inactif Messages: 2550 |
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Envoyé : 29 Jul 2010 à 12:15 |
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2eme partie
5. Celui qui a été appelé à diriger Chongqing est Bo Xilai, ex brillant ministre du commerce extérieur. C’est une circonstance qui nous permet de réfléchir sur le processus de formation du groupe dirigeant en Chine. Un représentant du gouvernement central, qui dans le déroulement de sa tâche, s’est distingué et a acquis un prestige même sur le plan international, est envoyé en province pour affronter une tâche de nature différente et de proportions gigantesques. Frappant la corruption de façon capillaire et radicale et proposant dans la théorie et dans la pratique réelle de gouvernement un « nouveau modèle », engagé à brûler les étapes dans la liquidation des inégalités devenues intolérables et dans la réalisation de la « société harmonieuse », Bo Xilai a suscité un débat national : il est facile de prévoir sa présence en position éminente dans le groupe dirigeant qui sortira du XVIIIème Congrès du Pcc, même si ce serait une erreur de donner pour acquis le résultat du débat (et de la lutte politique) en cours. Donc : en conclusion d’une période d’incertitudes, de conflits et de déchirements, à la première génération de révolutionnaires ayant eu en son centre Mao Zedong a succédé la seconde génération de révolutionnaires avec, au centre, Deng Xiaoping. Ont suivi ensuite la troisième puis la quatrième génération de révolutionnaires avec au centre respectivement Jiang Zenin et Hu Jintao. Du prochain Congrès du Parti sortira la cinquième génération de révolutionnaires. C’est une perspective donnée en son temps par Deng Xiaoping, qui a ainsi confirmé sa clairvoyance et sa lucidité dans la construction du Parti et de l’Etat : la personnalisation du pouvoir et le culte de la personnalité sont dépassés ; on a mis fin à l’occupation à vie des charges politiques ; on a affirmé un processus de formation et de sélection des groupes dirigeants qui, jusqu’à présent, a donné d’excellents résultats. 6. Mais jusqu’où peut-on considérer comme socialiste le « socialisme de marché » théorisé et pratiqué par le Parti communiste chinois ? Dans la délégation bariolée qui vient d’Occident ne manquent pas les doutes, les perplexités, les critiques ouvertes. Un débat de développe, ouvert et vif, une fois de plus encouragé par nos interlocuteurs et hôtes. Il ne fait aucun doute qu’à la suite de l’affirmation de la politique de réforme et d’ouverture, l’aire de l’économie d’Etat s’est restreinte et que l’aire de l’économie privée s’est élargie : sommes-nous en présence d’un processus de restauration du capitalisme ? Les communistes chinois font remarquer que le rôle central et dirigeant de l’Etat (et du Parti communiste) reste ferme : qu’en est-il ? Le panorama économique et social de la Chine d’aujourd’hui se caractérise par la présence simultanée des formes les plus diverses de propriété : propriété d’Etat ; propriété publique (dans ce cas le propriétaire est non pas l’Etat central mais, par exemple, une municipalité) ; sociétés par actions dans le cadre desquelles la propriété d’Etat ou la propriété publique détient la majorité absolue, ou bien la majorité relative ou un pourcentage significatif du paquet d’actions ; propriété coopérative ; propriété privée. Dans ces conditions, il s’avère bien difficile de calculer avec précision le pourcentage de l’économie d’Etat et publique. Rentré chez moi, je trouve un numéro particulièrement intéressant de l’International Herald Tribune : j’y lis un calcul effectué par un professeur de la prestigieuse université de Yale, exactement Chen Zhiwu (donc un états-unien d’origine chinoise, qui est peut-être dans des conditions privilégiées pour s’orienter dans la lecture de l’économie du grand pays asiatique) indiquant que « l’Etat contrôle trois quarts de la richesse de la Chine » (7 juillet 2010, p.18). Il faut ajouter à ceci une donnée généralement négligée : en Chine la propriété du sol est entièrement aux mains de l’Etat ; les paysans en ont l’usufruit, qu’ils peuvent aussi vendre, mais pas Les camarades chinois nous font noter que, en introduisant de forts éléments de concurrence, l’aire économique privée a contribué en dernière analyse au renforcement de l’aire d’Etat et publique, qui a été ainsi obligée de se débarrasser du bureaucratisme, du désengagement, de l’inefficience, du clientélisme. En effet, justement grâce aux réformes de Deng Xiaoping, les entreprises d’Etat jouissent de nos jours d’une solidité et d’une compétitivité sans précédents dans l’histoire du socialisme. C’est un point qui peut être éclairci à partir d’un numéro de l’Economist (10-16 juillet 2010) que j’achète et parcours dans le confortable aéroport de Pékin, en attendant le vol de retour vers l’Italie : l’article de fond souligne que quatre des dix plus importantes banques mondiales sont à présent chinoises. Ces banques, au contraire des banques occidentales, sont en excellente santé, « gagnent de l’argent », mais « l’Etat détient la majorité des actions et le Parti communiste nomme les plus hauts dirigeants, dont la rétribution est une fraction de celle de leurs homologues occidentaux ». De plus, ces dirigeants « doivent répondre à une autorité supérieure à celle de la bourse », c’est-à-dire aux autorités d’un Etat dirigé par le Parti communiste. Le prestigieux hebdomadaire financier anglais n’arrive pas à se convaincre de ces nouveautés inouïes : il espère et parie qu’à l’avenir les choses vont changer. Un fait reste aujourd’hui sous les yeux de tout le monde : l’économie d’Etat et publique n’est pas synonyme d’inefficience, comme le prétendent les paladins du néo-libéralisme, et les banques ne doivent pas payer leurs dirigeants comme des nababs pour être compétitives sur le marché intérieur et international. 7. Il est probable que l’aire économique privée satisfasse des exigences ultérieures. En préliminaire elle rend plus aisée l’introduction de la technologie la plus avancée des pays capitalistes : n’oublions pas que sur ce point les Usa cherchent encore à imposer un embargo aux dépens de Mais entrons enfin dans ces usines de propriété privée. Avec ou sans Chinois d’outre-mer, elles nous réservent de grandes surprises. Ceux qui viennent à notre rencontre sont en premier lieu des membres du Comité de Parti, dont les photos sont bien en évidence dans divers services. Dans le récit émergent presque fortuitement les conditionnements qui pèsent sur Mais quel est le rôle joué par le Parti et le syndicat ? Les réponses que nous recevons ne satisfont pas tous les membres de notre délégation. Certains, se faisant à nouveau l’écho d’une tendance assez répandue dans la gauche occidentale, concentrent leur attention exclusivement sur le niveau des salaires. Nos interlocuteurs chinois, par contre, font comprendre que, au-delà de l’amélioration des conditions de vie et de travail des ouvriers, ils se préoccupent de la contribution que leurs entreprises peuvent fournir au développement de l’économie et de la technologie de toute à suivre Publié samedi 24 juillet 2010 sur le blog de l’auteur : http://domenicolosurdo.blogspot.com/ Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio Edité par Fidelista - 30 Jul 2010 à 10:22 |
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Jef.
Pilier du FUC
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Envoyé : 30 Jul 2010 à 11:27 |
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3eme et dernière partie
8. Enfin, dernier objet du scandale : en hommage à l’ « importante idée des trois représentations », même les entrepreneurs sont admis dans les rangs du Parti communiste chinois. Et de nouveau émergent les préoccupations et les angoisses de certains membres de la délégation européenne : assistons-nous à l’embourgeoisement en cours du Parti qui devrait garantir le sens de la marche socialiste de l’économie de marché ? En préliminaire, les interlocuteurs chinois font remarquer que le nombre des entrepreneurs admis dans les rangs du Parti (après un processus rigoureux de vérification et sélection) est tout à fait insignifiant en comparaison d’une masse de militants qui se monte à un peu moins de 80 millions ; en d’autres termes, il s’agit d’une présence symbolique. Mais cette explication ne suffit pas. Nous avons vu que certains de ces entrepreneurs jouent un rôle national : dans certains secteurs de l’économie ils ont effacé ou réduit la dépendance technologique de la Chine vis-à-vis de l’étranger ; parfois, non seulement sur le plan objectif mais de façon consciente certains d’entre eux se sont placés en première file dans la lutte engagée par le Parti communiste dès 1949 : la lutte pour faire échec à l’impérialisme en passant de la conquête de l’indépendance sur le plan politique à la conquête de l’indépendance sur le plan économique et technologique aussi. Dans un monde qui se caractérise de plus en plus par la knowledge economy, c’est-à-dire par une économie fondée sur la connaissance, il peut advenir que le stakhanoviste héros du travail de l’URSS de Staline prenne l’allure tout à fait nouvelle d’un technicien super-spécialisé qui, lançant une entreprise de haute valeur technologique, fournit une contribution importante à la défense et au renforcement de la patrie socialiste. On peut faire une dernière considération. Sur la vague du « socialisme de marché » s’est constituée une nouvelle strate bourgeoise en rapide expansion. La cooptation de certains de ses membres dans le cadre du Parti communiste comporte une décapitation politique de cette nouvelle strate, de la même façon que dans une société bourgeoise la cooptation de la part de la classe dominante de certaines personnalités d’extraction ouvrière ou populaire stimule la décapitation politique des classes subalternes. 9. Le moment est venu de tirer des conclusions. Dans mon anglais claudiquant je les expose à l’occasion de quelques banquets et, surtout, du dîner qui précède le voyage de retour et qui se déroule en présence entre autres de Huang Huaguang, directeur général du Bureau pour l’Europe occidentale du Département international du Comité Central du Pcc. Tous les participants au voyage sont invités à s’exprimer avec une grande franchise. Dans mes interventions j’essaie de dialoguer aussi avec les autres membres de la délégation de l’Europe occidentale et surtout peut-être avec eux. Quand ils déclarent ne se trouver qu’au stade primaire du socialisme et prévoient que ce stade durera jusqu’à la moitié du XXIeme siècle, les communistes chinois reconnaissent indirectement le poids que les rapports capitalistes continuent à exercer dans leur pays immense et si varié. D’autre part, le monopole du pouvoir politique détenu par le Parti communiste (et par les 8 Partis mineurs qui reconnaissent sa direction) est sous les yeux de tout le monde. A l’observateur attentif, ne devrait pas non plus échapper le fait que, situées comme elles le sont en position de subalternité sur le plan économique, politique et social, les entreprises privées elles-mêmes, plus que la logique du profit maximum, sont stimulées, poussées et pressées à respecter une logique différente et supérieure : celle du développement de plus en plus généralisé et de plus en plus capillairement répandu de l’économie comme de la technologie nationale. En dernière analyse, à travers une série de médiations, même ces entreprises privées se révèlent assujetties ou subordonnées au « socialisme de marché ». Et, donc, les prêches moralisant qu’une certaine gauche occidentale ne se lasse pas de faire au Parti communiste chinois sont d’une part redondantes et superflues, d’autre part infondées et inconsistantes. Evidemment, il est tout à fait légitime de formuler des doutes et des critiques sur le « socialisme de marché ». Mais sur un point au moins je retiens qu’il devrait être possible à gauche de parvenir à un consensus. La politique de réforme et d’ouverture introduite par Deng Xiaoping n’a pas signifié du tout l’homologation de la Chine à l’Occident capitaliste comme si le monde entier était désormais caractérisé par un calme plat. En réalité, à partir justement de 1979 s’est développée une lutte qui a échappé aux observateurs les plus artificiels mais dont l’importance se manifeste avec une évidence de plus en plus grande. Les USA et leurs alliés espéraient réaffirmer une division internationale du travail sur cette base : la Chine aurait dû se limiter à la production, à bas prix, de marchandises dépourvues de réel contenu technologique. En d’autres termes, ils espéraient conserver et accentuer le monopole occidental de la technologie : sur ce plan la Chine, comme tout le Tiers Monde, aurait dû continuer à subir un rapport de dépendance en regard de la métropole capitaliste. On comprend bien que les communistes chinois aient interprété et vécu la lutte pour faire échouer ce projet néo-colonialiste comme la continuation de la lutte de libération nationale : il n’y a pas de réelle indépendance politique sans indépendance économique ; au moins ceux qui se réclament du marxisme devraient être au clair avec cette vérité ! Grâce au maintien convoité du monopole de la technologie, les USA et leurs alliés entendaient continuer à dicter les termes des relations internationales. Avec son extraordinaire développement économique et technologique, la Chine a ouvert la voie à la démocratisation des rapports internationaux. De ce résultat, devraient se réjouir non seulement les communistes mais aussi tout authentique démocrate : il y a maintenant de meilleures conditions pour l’émancipation politique et économique du Tiers Monde. En ce point il convient de se débarrasser d’une équivoque qui rend difficile la communication entre Pcc et gauche occidentale dans son ensemble. Même au milieu d’oscillations et contradictions en tous genres, depuis sa fondation Le « siècle des humiliations » de la Chine (la période qui va de 1840 à 1949, à savoir de la première guerre de l’opium à la conquête du pouvoir par le Pcc) a coïncidé historiquement avec le siècle de la plus profonde dépravation morale de l’Occident : guerres de l’opium avec la dévastation infligée à Pékin au Palais d’Eté et avec la destruction et le saccage des œuvres d’art qu’il contenait, expansionnisme colonial et recours aux pratiques esclavagistes ou génocidaires aux détriments des « races inférieures », guerres impérialistes, fascisme et nazisme, avec la barbarie capitaliste, colonialiste et raciste qui atteint son sommet. De la façon dont l’Occident saura envisager la renaissance et le retour de la Chine, on pourra évaluer s’il est décidé à faire réellement ses comptes avec le siècle de sa plus profonde dépravation morale. Qu’au moins la gauche sache se faire l’interprète de la culture la plus avancée et la plus progressiste de l’Occident ! Publié samedi 24 juillet 2010 sur le blog de l’auteur : Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio |
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Mistra
Intervenant régulier
Depuis le: 17 Jul 2010 Status actuel: Inactif Messages: 39 |
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Envoyé : 30 Jul 2010 à 12:51 |
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Je ne suis pas sûr que la Chine actuelle soit "en route vers le socialisme", surtout depuis la mort de Mao (voire même depuis la fin de la révolution culturelle), et je ne crois pas que Deng Xiaoping soit un "marxiste" ou un "communiste"...
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Jef.
Pilier du FUC
Depuis le: 28 Sep 2007 Pays: DDR Status actuel: Inactif Messages: 2550 |
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Envoyé : 30 Jul 2010 à 13:47 |
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La voie originale que prend la Chine populaire vaut le coup d'être étudiée, surtout à l'heure de la globalisation capitaliste.
Ce que j'en tire :
1- les chinois ne sont pas naïf, il savent que les investissements capitalistes occidentaux ne vont pas durer.
2- il faut en profiter pour moderniser le pays
3- les richesses produites sont réinvesties dans la satisfaction des besoins, ce qui assure une forte croissance même en temps de crise économique mondiale
4- c'est un modèle de développement à suivre.
j'ai fait du chemin pour en arrivé là !
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Fidelista
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Administrateur
Depuis le: 21 Sep 2007 Status actuel: Inactif Messages: 2471 |
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Envoyé : 01 Aug 2010 à 13:46 |
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Li Lu, de Tiananmen au sommet du capitalisme mondial Il y a 21 ans, Li Lu était l'un des dirigeants les plus déterminés du Printemps de Pékin, finalement écrasé par les chars place Tianamen. Aujourd'hui, à peine agé de 44 ans, il est le favori pour remplacer le vieux gourou de la finance américaine, le milliardaire Warren Buffet, à la tête du fonds d'investissement Berkshire et de ses 100 milliards de dollars. Un parcours époustouflant au coeur des mutations du monde. Au sein du mouvement des étudiants qui occupaient la place Tiananmen, ce printemps 1989, Li Lu occupait une position-clé : il était le bras droit de Chai Ling, la « commandante en chef ». Lorsque le moment de vérité approcha, début juin, il faisait partie de ceux qui refusaient tout compromis, accusant même d'être des « agents gouvernementaux » ceux des dirigeants qui voulaient éviter une épreuve de force. Après Tiananmen, Li Lu fuit la Chine avec l'aide de la France
Activement recherché après la répression sanglante du 4 juin, il réussit à se cacher, puis à quitter la Chine avec des complicités… françaises. Paris fut ainsi sa première étape d'exil, ce qui en fait le premier d'une longue série de dissidents à débarquer dans la capitale française, avant de poursuivre leur route vers les Etats-Unis qui les fascinaient et leur offraient une tribune plus ambitieuse. L'un de ceux qui l'ont connu à l'époque à Paris le décrit à Rue89 comme « très dogmatique et péremptoire, prêt à dicter sa loi ». Il ajoute, à la lumière de son parcours dans la finance : « dicter sa loi aux foules, ou aux marchés »… De fait, il y a une certaine cohérence dans ce parcours qui mène Li Lu d'un leadership à l'autre, celui de la révolution manquée de Tiananmen à celle de la finance mondiale. Dans son livre « Bad Elements, Chinese Rebels from Los Angeles to Beijing » (éd. Vintage, 2001), consacré aux rescapés de la « génération Tiananmen », l'écrivain néerlandais Ian Buruma souligne que Li Lu et sa génération ont grandi dans un univers de langue de bois, dans lequel les mots n'avaient plus de sens :
Accusé d'avoir construit une carrière « dans le sang des victimes »
Et, après avoir rencontré pour son livre l'ensemble de la diaspora de la « génération Tiananmen », Ian Buruma ajoute :
Son histoire familiale est aussi de celles qui donnent des envies de revanche et de réussite. Li Lu est issu d'une famille d'intellectuels chinois, avec un grand père étudiant à l'Université américaine de Columbia en 1920, produisant une thèse comparant les idées de Confucius avec les thèses du penseur humaniste John Dewey. En raison de sa « mauvaise origine de classe », le grand-père de Li Lu a trouvé la mort en prison pendant la Révolution culturelle. Son père, lui, n'a pas étudié à Columbia mais à… Moscou, autre époque, autres destinations, ce qui ne l'a pas empêché, lui aussi pour « mauvaise origine de classe », de passer la Révolution culturelle en prison. Un pédigrée qui a assurément forgé le caractère du jeune Lu. Une autobiographie titrée « Moving the mountain »
C'est avec ce bagage intellectuel et ce tempérament endurci que Li Lu débarque à Pékin dès le début de l'occupation de la place Tiananmen, en provenance de sa ville de Nankin où il était étudiant. Il forge très vite une aliance avec Chai Ling qui en fait un duo de choc dans le mouvement. Li Lu a raconté cette épopée dans un livre autobiographique, « Moving the Mountain : My Life in China from the Cultural Revolution to Tiananmen Square » (éd. Macmillan, 1990), devenu en 1994 un film du même titre, dont la bande annonce résonne comme un réquisitoire contre le régime de Pékin. Arrivé aux Etats-Unis, Li Lu a trouvé un autre terrain de conquête pour ses ambitions : la finance. Après des études à Columbia, 70 ans après son grand-père, il créa son propre fonds d'investissements, avant de rencontrer Charlie Munger, le vice-président de Barkshire, lui-aussi octogénaire comme Warren Buffet, qui en fit son poulain. Paradoxalement, c'est en Chine que ce réfugié politique chinois a amené certaines affaires fructueuses au fonds de Warren Buffet, notamment le fabricant de batteries électriques pour voitures BYD dans lequel Berkshire a investi et qui lui a déjà rapporté plus d'un milliard de dollars selon le Wall Street Journal… En Chine, où Warren Buffet fait l'objet d'un véritable culte. « Nous étions tous empreints du rêve américain »
Paradoxe seulement apparent, puisque, de fait, Li Lu et la Chine ont évolué dans le même sens depuis vingt ans, vers un capitalisme financier décomplexé, qui s'accomode parfaitement d'un autoritarisme politique qui ne semble plus autant géner le jeune banquier d'affaires. Chai Ling, l'ancienne « commandante en chef » de la place Tiananmen, elle aussi installée aux Etats-Unis et elle aussi dans les affaires, a confié à Ian Buruma :
Nul mieux que Li Lu n'a réussi à transformer ce « rêve » en réalité, fut-ce au prix de certains reniements. http://www.rue89.com/chinatown/2010/07/31/li-lu-de-tiananmen-au-sommet-du-capitalisme-mondial-160543 |
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Les enfants qui naissent à Gaza n'ont aucun droit, ni passeport, ni pays, aucune nationalité, et n'ont pas le droit de partir.
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T 34
Administrateur
Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 02 Aug 2010 à 14:05 |
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Choses vues au Tibet (2).
Maxime VIVAS
« Pour le dire dans le langage de mai 68, il faut " foutre le bordel à Pékin". C’est-à-dire que pendant les JO on saute, on court, on nage et en même temps il faut des sportifs citoyens qui disent avec des brassards, avec des foulards orange, symboles de la révolution en Ukraine, leur solidarité avec le Tibet ».
Daniel Cohn Bendit. Dans la journée (la nuit est plus policée), on cherchera vainement à Llassa la présence de forces de l’ordre. Mais si j’écris sans avertissement : « Les grandes artères, les carrefours de Llassa sont gardés par des militaires en armes qui jettent un regard inquisitorial sur les véhicules qui passent. Des chars d’assaut stationnent sur les places, quitte à écraser les massifs de fleurs, tandis que les rues sont arpentées par de petits groupes de policiers, torse bombé et matraque à la ceinture. Les moines rasent les murs et changent de trottoir », chacun me croira, n’est-ce pas ? Par contre, j’en sais qui auront plus de mal à admettre ce qui suit et qui est vrai. Notre voyage est organisé par les autorités chinoises. On peut aussi écrire « encadré ». C’est un curieux mélange de séjour touristique club Med où les gentils organisateurs prennent en compte tous vos désirs et de visite guidées vers ce qu’il faut savoir. Et ce qu’il ne faut pas savoir, alors ? Facile : nos bibliothèques, nos journaux, nos documentaires télévisés nous en ont parlé, nous en parlent, nous en parleront ad nauseam. On peut discuter des voyages organisés pour les journalistes. Ce n’est pas une exclusivité chinoise. On en mesure les dangers. Au cours d’un débat à la librairie Ombres Blanches de Toulouse, un vieil Espagnol était intervenu pour prévenir : « Quiconque prend la parole le fait pour accrocher les autres à ses wagons ». Et d’ajouter malicieusement : « Moi-même, en ce moment… ». L’invitation faite à des journalistes est donc une invitation à venir voir ce qu’il faut voir. Mais c’est les sous-estimer que de croire qu’ils ne savent rien du sujet et qu’ils sont mis dans l’incapacité de trier, de vérifier des informations, de constater que des choses ont été dites qui ne sont pas exactes. Aussi court qu’ait été leur périple, ils peuvent en dire autant que ceux qui n’y sont pas allés et mieux que ceux qui, ayant visité le Tibet avant eux, y puisent ce qui sert un discours et non la vérité. J’en vois la preuve dans la difficulté que tant d’observateurs (et jusqu’à nos lecteurs) éprouvent à parler du Tibet sans y adjoindre un jugement global sur la Chine tout entière, comme pour contrebalancer un constat qui se démarque de l’image commune. « A beau mentir qui vient de loin ». Dans le cas présent, nous étions cinq, de différents médias (voir http://www.legrandsoir.info/Le-Gran... ), groupés dans le même voyage, voyant et entendant les mêmes choses, écoutant et questionnant les mêmes Chinois (Hans et Tibétains). Si cela était nécessaire (le conditionnel évite le procès d’intention), cette contiguïté rendrait difficile la production d’articles appuyés sur des mensonges purs, comme on en lit par ailleurs. Il restera des différences inhérentes à l’analyse propre de chacun et à la ligne éditoriale du média dans lequel il s’exprime, ce qui peut induire des angles d’approches diversifiés. Pourquoi s’en offusquer ? Je parle-là de l’acceptation légitime des différences entre des journaux et non d’un désir de manipulation par des moyens que la déontologie réprouve. Je renvoie le lecteur à tout ce qui a déjà été écrit sur l’ancienneté de l’appartenance du Tibet à la Chine. Certains d’entre vous sont intervenus ici même sur ce point et d’aucuns prétendent que la France devrait rendre plusieurs de ses provinces dont les dates de rattachement (annexion ? Invasion ?) sont plus récentes que celle du rattachement du Tibet à la Chine. En dehors de mouvements extrémistes bouddhistes et d’organisations antichinoises, il n’existe personne pour remettre en cause l’appartenance du Tibet à la Chine. Aucune organisation internationale, aucun pays (aucun !) ne le fait. Le dalaï lama lui-même manoeuvre en recul et se livre à présent à des circonvolutions sémantiques pour ne plus avoir à poser clairement ce qui reste sa vraie revendication (j’y reviendrai) : l’indépendance, non seulement de la région autonome du Tibet (deux fois la superficie de la France), mais du « Grand Tibet » (5 fois la France), c’est-à-dire l’instauration d’un pouvoir théocratique couvrant un quart de la Chine. Je vous propose de revenir au coeur de notre sujet : le Tibet. Je le ferai en deux parties : - la première sera un récit de voyage, les choses vues. - la deuxième viendra plus tard. Elle portera sur le dalaï lama et sur des éléments essentiels de son programme tel qu’il l’énonce et sur le point de vue des autorités chinoises. Au lecteur alors de se faire une opinion par ses apports s’inscrivant dans ce qu’il croit connaître et qui peut le conforter dans ses opinions ou l’inciter au contraire à les reconsidérer : je donne à voir, je n’écris pas un tract. * * * *A 49 ans, Da Wa Dun Zhu est directeur de l’entreprise Tibet Dashi Group Co LTD, le 3ème groupe du Tibet. Il nous reçoit dans une tenue tibétaine et chaussé de bottes noires. Il fut enseignant puis camionneur avant de se lancer dans les affaires et de bénéficier d’aides du gouvernement central (Pékin). Parce qu’il est Tibétain ? Oui et non : parce qu’il fait partie d’une minorité ethnique. Le gouvernement accorde des avantages et peut même se substituer aux banques si elles se montrent frileuses. Un sondage (dont il convient qu’il est partiel) indique que sur 230 commerçants de Llassa, 95 % sont des locaux. Il est assez fier de sa fulgurante réussite. Son capital est de 1,5 milliard de yuans (1 yuan vaut 0,11 euro), son chiffre d’affaire de 100 millions de yuans, sa croissance annuelle de plus de 35%.
L’entreprise est divisée en quatre groupes : travaux publics, transformation agroalimentaire, eau minérale, produits de médecine tibétaine. A ma question sur les droits sociaux de ses 2000 employés, horaires de travail, jours de repos, retraite, il répond magistralement à côté et je n’en saurai pas plus. Il sera plus prolixe pour répondre à la question : « D’où vient la colère des moines exprimée le 14 mars 2008 ? ». Je cite en vrac : « 7000 personnes dans la rue sur 2 millions d’habitants, beaucoup de sans emplois, de voleurs déjà condamnés, de gamins, de lycéens, de Hans. Le problème était social, pas ethnique. Il a été attisé par les nobles qui ont fui le Tibet en 1959 et qui ont perdu leurs privilèges ». Nous visitons la Coopérative des paysans horticulteurs du district Dui Long de Qin. M. A Wang Ci Ren en est le président-gestionnaire administratif. Elle produit sous serre des fleurs et des légumes et réunit 300 foyers qui s’échinaient naguère à produire individuellement de l’orge. Ils louent désormais leur terre à la coopérative et reçoivent un salaire (1200 yuans) pour y travailler. Le prix seul de la location, nous dit le responsable, équivaut à ce qu’ils gagnaient auparavant. Nous visitons la brasserie « Bière Barley et Lhasa Beer ». Ultra-moderne. Du malt australien et de l’orge tibétaine entrent d’un côté dans 6 cuves (made in Germany). Des chaînes automatisées s’occupent du reste : 720 tonnes de bière par jour, 36 000 bouteilles remplies à l’heure. Des techniciens allemands sont sur place pour installer une nouvelle chaîne.
Nous avons droit à une dégustation : délicieux. Les salaires sont de 3000 yuans par mois, pour 7 heures de travail par jour et 5,5 jours par semaine. S’il est vrai (et non nié en Chine) que les gardes rouges de la révolution culturelle se sont acharnés sur tout ce qui pouvait symboliser le passé (bouddhisme inclus), on peut se réjouir que bien des choses aient été préservées. Le musée de Llassa est un impressionnant réceptacle de l’Histoire et de la culture de cette région. Elle est à ce point brimée, paraît-il, que le 14 ème dalaï lama a dû créer pour la pérenniser un Institut de médecine et d’astrologie tibétaine en 1961 à Dharamsala, en Inde, où il réside. Décision superfétatoire puisque nous allons assister à Llassa à une causerie du professeur Zhan Dui, directeur de l’Institut de Recherche sur la médecine traditionnelle tibétaine, dans un complexe hospitalier qui compte également une usine de fabrication de médicaments. Avec un effectif de 600 personnes, 38 médecins dispensent 280 000 consultations par an. 8 professeurs forment les futurs médecins. L’art en vigueur ici est parvenu au Tibet il y a 2300 ans par le Népal et l’Inde. A quatre grands principes classiques (tantras médicaux) définis au IVème siècle, des chercheurs tibétains ont ajouté des découvertes qu’ils ont illustrées en 80 thangkas (tableaux). Un médecin tibétain en blouse blanche, M. Ci Wang Deng Ba, va nous en expliquer quelques-uns. Chacun peut approuver quand il explique que le corps est un tout, que l’esprit n’en est pas déconnecté et que soigner un organe sans s’intéresser au reste n’est pas l’idéal. Quand il nous montre comment prendre le pouls pour mesurer d’un seul coup l’état du coeur, de l’estomac et des reins, on tousse in petto. Quand il nous dit que l’examen olfactif de l’urine permet des diagnostics, il est permis de tiquer. A la fin, on se prend à douter de l’infaillibilité d’un appareillage minimal formé de trois doigts et de deux narines. Quand il nous révèle qu’un des gestes médicaux fréquents est la saignée, on pense à Molière et à la mortalité précoce à la cour du roi à Versailles quand des Diafoirus purgeaient ainsi les patients de leurs humeurs, sources supposées de leur tourment. Mais le pire est à venir. L’institut emploie 6 astrologues (« Vous voulez dire "astronomes" ? », hasarde un de mes confrères incrédule), dont deux, vêtus de blouses blanches, vont nous faire une démonstration de leur savoir. Sur des plateaux de bois à minces rebords disposés devant eux, ils versent une fine couche de terre ocre qu’ils étalent ensuite du bout des doigts, dessinant des traînées, des sillons, aplatissant ensuite le tout d’un air inspiré avant d’y ciseler quelques arabesques avec une tige. Ils s’arrêtent : la terre (dont Pétain a dit qu’elle ne ment pas) a parlé comme parlaient chez les Romains les entrailles de poulets. On ne saura pas ce qu’elle a dit ce jour-là, mais ses discours donnent naissance à des livres qui sont vendus à qui veut savoir de quoi demain sera fait et le jour idéal pour semer le blé et récolter les concombres. Il paraît même que nos gratouilleurs de terre avaient prévu le tremblement de terre du Sichuan.
Hélas, l’Institut, est subventionné par le gouvernement central (Beijing), tandis que chez nous ferment les hôpitaux de proximité où les médecins n’appliquent ni n’enseignent des méthodes à ranger au rayon du charlatanisme et de l’obscurantisme. J’imagine bien qu’il existe une autre médecine tibétaine basée sur d’autres savoirs ancestraux. Mais ce que j’ai vu là avec mes confrères prouve l’inexistence d’un Ordre des médecins capable d’agir au Tibet comme il le ferait chez nous. Que chacun lise bien que je ne fais pas le procès global et rapide d’une autre école, mais celui des oracles, des visionnaires, des astrologues, des devins, des renifleurs, des saigneurs. Il n’est pour cela nul besoin d’adhérer à quelque système politique que ce soit : il s’agit seulement de ne pas surestimer l’empirisme ni de mésestimer l’utilité du rationalisme, de ne pas jeter tout d’un bloc l’allopathie, de ne pas nier les savoirs scientifiques des médecins et des ingénieurs météorologistes. On fait une halte sur un parking. Pas trop d’oxygène. Il faut mesurer ses efforts. Le bas du glacier est à quelques mètres de nous, à une altitude, dit un panneau, de 5560 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les guides touristiques le voient moins haut. Des tibétains abordent les touristes pour leur vendre leurs productions artisanes, des souvenirs et pour se faire photographier moyennant quelques yuans.
On nous l’a dit et répété : le gouvernement central veut faire du Tibet la "barrière écologique de la Chine". Par suite logique, l’usage des sacs en plastique qui parsèment les paysages les plus magnifiques dans tant de pays pauvres est interdit depuis vingt ans dans la Région autonome du Tibet. Dès lors, on chanterait volontiers avec Jean Ferrat : « Mon Dieu, que la montagne est belle » sans une débauche de « drapeaux de prière » qui la défigurent et affirment l’arrogante suprématie d’une religion sur toutes les autres. Quelqu’un, quelque jour, dans quelque monastère ou dans un palais d’un dalaï lama, a fait croire aux moines et aux fidèles qu’en tendant des centaines de mètres de fil dans la montagne, en y accrochant des carrés de tissu portant des « soutras » (textes religieux), la caresse d’un vent coreligionnaire les diffuserait vers Qui de droit. En maints endroits, sur la route de montagne que nous avons empruntée, s’étirent des centaines et des centaines de mètres, des kilomètres de drapeaux de prière tendus là depuis des mois, voire des années, empoussiérés, déchiquetés, sans que personne, ni un autochtone, ni un responsable des lieux ou du gouvernement central n’ose le geste sacrilège de les retirer et de rendre à la nature l’éclat de sa beauté originelle, vierge de toute pollution visuelle et débarrassée de l’expression d’une croyance sûre d’elle et dominatrice qui ne saurait tolérer qu’une autre s’affiche avec autant d’ostentation, qui semble nier à la face du ciel qu’il existe d’autres êtres vivants (y compris au Tibet), qui ne croient pas et qui, tout en se fichant des lambeaux de bannières sales, des bouddhas géants maquillés à la feuille d’or, des tentures, des bougies, des moulins à prière, de l’odeur de la cire et de l’encens, parviennent à marcher droit, sans les béquilles d’une idéologie qui recourt aux appeaux de la sorcellerie et qui appelle le moyen-âge comme un paradis perdu. Je sais, je blasphème, c’est le privilège tranquille des mécréants. Mais ce n’est pas tout. Quelqu’un, quelque jour, dans quelque monastère ou dans un palais d’un dalaï lama, a fait croire aux moines et aux fidèles qu’en peignant sur la roche des échelles blanches, l’âme en userait illico pour grimper au ciel sans se fatiguer. Cette grotesque faribole est responsable des tags les plus hauts du monde, les plus laids aussi, dépourvus qu’ils sont de toute fantaisie artistique qui pourrait supposément rendre les barreaux bancals, et périlleuse la céleste ascension. Nous sommes dans un pays où la religion a des droits qu’elle n’a pas en France. Chez nous, qu’un fidèle, qu’un prêtre, s’avisent à peindre des croix blanches géantes sur les rochers de nos montagnes, et quelques lois leur seront rappelées par les autorités. Et il ne viendrait à l’idée de personne, hors du périmètre restreint de Saint-Nicolas du Chardonnet, de bramer que le catholicisme est ainsi persécuté. Monastère ? En fait, c’est un village où vivent 600 moines autour d’un temple rénové au début des années 1990. Wang La, le moine érudit qui nous sert de guide est âgé de 26 ans et il a choisi sa voie à 10 ans. Il nous fait visiter le village et nous pénétrons à sa suite dans le temple. Il est malheureusement interdit d’y prendre des photos. Vous auriez pu voir un bouddha géant de 30 mètres dont chaque narine est assez grosse, là-haut, « pour y loger le corps d’un bébé ».
La rénovation d’un autel géant a nécessité « 600 kilos d’or offerts par le gouvernement central ». Puis, Wang La nous entraîne vers un enclos entouré de murs d’où jaillissent des clameurs de cour de récréation. Nous y pénétrons librement, au milieu de dizaines de jeunes moines réunis là pour une sorte d’exercice intellectuel apparenté à la maïeutique socratique. Un moine en choisit un autre en se plaçant devant lui, frappe dans ses mains dans un geste spectaculaire accompagné d’un mouvement du corps et pose une question sur quelque matière qui leur a été enseignée. Le tout ressemble à un jeu ponctué de sourires, mais il s’agit d’un exercice. Le tableau est assez agréable, les jeunes gens ne s’offusquent pas d’être photographiés. Ils nous remarquent à peine et ne se laissent pas distraire, tout à leur activité à laquelle ils se livrent avec un plaisir évident. M. Jiang Bai, directeur général-adjoint du bureau régional pour la protection de l’environnement, nous reçoit au bord d’un espace de plus de 6 km2 ( 12 km2 si on y ajoute les espaces environnants) qui est devenu une réserve naturelle en 2009. Marais, herbe, pâturage. Objectif : préserver la nappe phréatique et fabriquer de l’oxygène. Des habitations et usines qui y étaient installés ont été déplacées. Au fond, au pied d’une montagne elle-même protégée, on aperçoit quelques immeubles bas. Ils seront également déplacés. Au milieu, un bosquet : c’est un lieu intouché de prières traditionnelles.
Il existe 23 autres réserves analogues sur une superficie de 150 Km2 dans les 7 districts qui entourent Llassa. C’est un lieu d’essai des productions de matériels utilisant l’énergie solaire. Dans la cour, des chauffe-eau à poser sur les toits, des panneaux solaires orientables, un lampadaire solaire et un engin bizarre et sommaire. Il s’agit de plaques de tôle en forme de conque et recouvertes d’aluminium. Au milieu, une tige monte qui se termine par un cercle de fer où l’on peut poser une bouilloire pour le thé. Par temps ensoleillé, l’eau est chaude en 20 minutes. Le prix de vente est de 400 yuans, mais, nous dit-on, il est distribué gratuitement aux Tibétains. Je doute un peu de cette prodigalité généralisée jusqu’à ce que, entre les 300 km de route qui séparent Llassa et Shigatse, je remarque cet appareil solaire devant bien des maisons modestes au bord de la route. Nous assistons à un spectacle folklorique où des artistes, en grandes tenues tibétaines, dansent et chantent dans une salle de restaurant, accompagnés par un orchestre aux instruments traditionnels. Nous rencontrons MM. Yun Dan Jia Cuo, directeur-adjoint et Professeur, Mi Ma Ci Ren (bibliothécaire) et le jeune professeur Ren Qing Nuo Bu (informatique).
Les étudiants disposent d’une bibliothèque abritant 100 000 ouvrages classiques dont certains ont 8 siècles, écrits en tibétain. Avec leurs professeurs, ils ont mis au point un programme informatique qui permet de travailler sur ordinateur en usant de l’écriture tibétaine. Ils cherchent à étendre cette possibilité aux téléphones portables. Au fond d’une place bordée par des marchands. Le temple, vue par un impie, ressemble aux autres. On s’y perd, on confond. Dans une semi obscurité qui est la règle et qui messied aux claustrophobes, des moines assis sur des banquettes de tissu sale psalmodient en se balançant un chant monotone. Ici, comme dans les autres temples visités, on voit les fidèles, des liasses à la main, poser ou jeter des billets de banque en offrande. Il y en a partout : dans des niches, des autels, devant des gravures, sur des coussins, par terre, dans de grands récipients que les moines viennent vider par brassées. Ce sont souvent (pas toujours) des petites coupures qui permettent de n’oublier aucun endroit.
Dehors, sur le parvis, des pèlerins se prosternent en se jetant à terre, pour une prière qui exige cinq points de contact avec la terre (les pieds, les mains, la tête). Les plus avisés disposent d’un petit matelas qui amortit la rudesse du contact et, pour les mains, de coussins dont la partie inférieure lisse permet le glissement jusqu’à allongement complet du corps. Ils vont répéter ce geste des dizaines et des dizaines de fois, comme dans une inlassable transe spectaculaire (qui me désole, mais vous avez deviné mon allergie à tous les mysticismes). Nous rentrons épuisés de Llassa par avion, via Chengdu où nous avons raté la correspondance. Le voyage a duré une journée et nous filons directement, moites et froissés, au prestigieux Beijing International Hotel pour une réunion et dîner avec M. Dong Yunhu, Vice-ministre, Professeur et chercheur à l’Université du P.C. Chinois (j’y reviendrai dans le prochain article). Après quoi, les organisateurs nous rappellent que le lendemain, dernier jour en Chine, l’avion décolle à 13H35, mais que le lever est prévu à 6 H pour une visite à l’Institut de tibétologie. S’inspirant de l’exemple fameux des Bleus refusant de s’entraîner en Afrique du Sud, les Français sollicitent et obtiennent l’annulation de cette ultime visite qui devait probablement être une conclusion utile à ce que nous avions appris. Parfois, "Les héros sont fatigués" et assez douillets pour préférer une nuit de sommeil à une possible saignée revigorante. Maxime Vivas A suivre… (Photos : M.V.) |
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Patria socialismo o muerte
Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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AllXS
Camarade assidu
Depuis le: 25 Jan 2008 Status actuel: Inactif Messages: 918 |
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Envoyé : 03 Aug 2010 à 16:00 |
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Récit de voyage intéressant, mais LOSURDO a une analyse en trompe-l'oeil sur plusieurs points :
Sauf qu'en l'occurence les économistes et les ingénieurs qui ont dirigé la plannification depuis les années 60 (dont Hu Jin Tao faisait parti) avaient fait de savant calculs pour montrer qu'on pouvait généraliser la productivité, les cluster technologiques et l'incitation à investir si le pays s'appuyait sur des zones franches attractives et le développement de mégalopoles. Ils ont eu une premiere confirmation début des années 80 avec le boom économique des petites zones urbaines, et ensuite un démenti aujourd'hui où j'ai cru comprendre que les dirigeants font "machine arrière" pour désenclaver les régions et les zones rurales ou les zones de montagne qui avaient été mis à l'écart du Plan économique.
Je ne comprends pas. Le licenciement de 20 millions de fonctionnaires, de 45 millions depuis 2005, les coupes des services publics, le gouvernement chinois qui cède aux financiers sur le régime par capitalisation des retraites complémentaires alors que la Chine a cette particularité d'avoir une épargne surabondante, la privatisation massive des entreprises publiques ... chez nous on appelle ça des politiques libérales agressives, en Chine c'est le "stade primitif du socialisme"
Si comme LOSURDO on pense naïvement que tous les outils économiques sont neutres du moment que l'Etat controle, du genre : "oui mais ils utilisent tous les outils économiques possibles pour permettre leur indépendance économique", (cf: sur le plan politique, voir son argument du "front uni des classes contre la division internationale du travail et le néo-colonialisme), alors c'est faux parce qu'on en oublierait certaines données :
1- Indépendance technologique ? Oui, la Chine s'est dotée d'un marché de la Recherche et Développement qui concurrence directement celui des Etats-Unis (technopôles, key universities etc). Mais d'après les sources chinoises sur son commerce, en 2002 à peu près 85% des exportations de produits à haute valeur ajoutée provenait des entreprises créés par des capitaux étrangers. Autre chose qu'il aurait du préciser : ces entreprises ne sont tenues par aucun contrat avec l'Etat Chinois de diffuser leur technologie aux entreprises d'Etat, coopératives, joint-ventures...
2-Indépendance économique ? Il faut savoir que la Chine reste un atelier de montage géant pour les économies de la région (Japon et Corée du Sud), et donc elle ne peut pas controller l'ensemble de la chaîne de valeur des produits manufacturés exportés (dans la plupart de ces secteurs elle réexporte le produit fini). Autre point, je crois me souvenir d'une source de l'ocde qui disait que dans les années 2000 40% des investissements directs étrangers venaient de la finance pourrie (marchés de crédits dérivés, paradis fiscaux)
3- L'Etat controle 3/4 de l'économie ? En volume comme en valeur ce résultat du chercheur sino-Américain m'étonne, parce que 3.1) La productivité globale des facteurs a beaucoup plus augmenté dans le secteur privé depuis les réformes ratées de décentralisations du plan (avant le"socialisme de marché") ... réformes qui ont d'ailleurs, comme en URSS à la même époque, complètement déréglementé le fonctionnement de la plannification au détriment de son efficacité économique (ex : apparition des créances douteuses, copinage entre industriels et banquiers d'Etat comme seule politique de crédit ! nombreuses faillites d'entreprises non prises en compte par les gouvernements locaux qui avaient intérêt soit à gonfler leurs chiffres soit à faire pression sur les banques d'Etat pour continuer à financer ces industries comme gage de leur "succès" politique). Le Dengisme avait trouvé son prétexte pour instaurer son "socialisme de marché" à l'instar de Krhouchtchev bien avant lui,, et ensuite privatiser les entreprises publiques en faillite !
Intéressant, à suivre de près avec le Chongqing !
Edité par AllXS - 03 Aug 2010 à 16:24 |
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FSE Lille
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T 34
Administrateur
Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 07 Aug 2010 à 18:34 |
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Tibet : un pacifiste chez les bouddhistes (3)
Maxime VIVAS
Le GS publie le troisième et dernier volet des articles écrits par Maxime Vivas, au retour d’un voyage d’étude au Tibet avec des journalistes du Monde, du Figaro et deux journalistes free-lance. Au bout du compte, le lecteur aura pu lire des informations puisées à des sources contradictoires : témoignage de l’auteur, paroles, discours et interviews du dalaï lama, paroles des autorités chinoises, d’autres sources encore. Enfin, nous publions, en dessous de ce dernier article, celui que l’envoyé spécial du Figaro a publié à l’issue de ce voyage. Quand ils seront parus, nous donnerons à lire, si cela est possible, ceux du journaliste du Monde et des journalistes free-lance. LGS n’ignore pas qu’il suffit d’écrire le mot « Tibet » pour que s’enflent des passions, mais nous croyons avoir fait œuvre utile en ouvrant nos colonnes à des écrits diversifiés et à des personnes de plusieurs sensibilités. LGS. ****Avec une population de 2,8 millions d’habitants, le Tibet (Région autonome) compte 46 000 moines, soit 1,64% de la population. Pour 65 millions d’âmes, la France ne compte que 15 340 prêtres catholiques. Avec les diacres, laïcs impliqués et religieuses, on doit peut-être atteindre les 40 000, soit 0,06% de la population. Pour que la proportion soit la même en France qu’au Tibet, il faudrait que nous ayons plus d’un million de prêtres (ou de serviteurs de toutes les religions en vigueur chez nous). Une trentaine dans chaque village. Imaginons le spectacle de rue, s’ils s’affublaient en plus de soutanes écarlates. ****« Le régime politique du Tibet d’avant l’invasion chinoise a parfois été qualifié par les observateurs occidentaux, lorsqu’ils en firent la découverte au XIXème siècle, de « théocratie féodale ». Cette société traditionnelle se caractérisait, en effet, par des structures politico-économiques évoquant celles qui existaient en Europe au Moyen-Âge, et notamment par une union des pouvoirs temporel et spirituel. »
(In : Rapport du groupe d’information du Sénat sur le Tibet). 1 – Paroles de dalaï lama. Que veut le dalaï lama ? Indépendance ? Autonomie ? Démocratie ? Théocratie ? Les réponses sont données ici par des extraits de discours et des écrits du dalaï lama. Au-delà des astuces de langage, les mots révèlent sa pensée profonde. La différence entre un Corse attaché à un statut spécial de l’île et un Corse qui milite pour l’indépendance, est que le premier désignera l’Hexagone par « Le continent ». Le second dira : « La France », soulignant ainsi qu’il s’agit d’un pays étranger. La méthode vaut en tous lieux et pour chacun. Elle est particulièrement pertinente dans le cas qui nous occupe. En effet, à côté des Tibétains, cohabitent en Chine 55 ethnies. Les désigner toutes sous le nom de « Chinois » en s’en démarquant, c’est bien revendiquer une spécificité à nulle autre pareille, toutes les ethnies étant chinoises aux yeux du dalaï lama, sauf une : celle sur laquelle il régna et sur laquelle il entend à nouveau exercer son pouvoir de Dieu vivant en le parant, pour la galerie, des oripeaux de la démocratie telle qu’il la voit au jour le jour, en fonction de la conjoncture et de son bon vouloir.
1.1- Indépendance ? Autonomie ? Discours du dalaï lama : « Plan de paix en cinq points, adressé au comité congressiste des Droits de l’Homme des Etats-Unis le 21 septembre 1987 ». Extraits : Le dalaï lama, commence par s’adouber lui-même : « Je m’adresse aujourd’hui à vous en tant que chef des Tibétains… » ( En fait, le dalaï lama représente une seule des 4 écoles bouddhistes du Tibet, moins de 2% des bouddhistes du monde et 100% des espoirs de la CIA en Chine). « Quand la toute nouvelle République populaire chinoise a envahi le Tibet… » « C’est l’occupation illégale du Tibet par la Chine… » « Il ne fait aucun doute que, lorsque les armées communistes de Pékin ont envahi le Tibet, celui-ci était en tout point un Etat indépendant… » « Alors que l’occupation militaire de la Chine se poursuit au Tibet, le monde devrait se souvenir que – bien que les Tibétains aient perdu leur liberté – le Tibet demeure encore aujourd’hui un Etat indépendant illégalement occupé… » « En 1982, j’ai envoyé mes représentants dans la capitale chinoise […] pour ouvrir un dialogue au sujet de l’avenir de mon pays et de mon peuple. » « Je souhaite […] un avenir empreint d’amitié et de coopération avec nos voisins, y compris le peuple chinois. » « Les Tibétains, les Chinois, sont des peuples différents… »
Discours ancien, dira-t-on, le dalaï lama a évolué. Il est vrai que son programme indépendantiste s’édulcore au fil des ans et des échecs, reculs troués ça et là par d’irrépressibles appels à l’indépendance qui jaillissent comme un cri du cœur incontrôlé. Le dalaï lama est un général défait qui se replie « sur des positions préparées en avance ». Mais c’est l’art de la guerre, pas celui de la paix. Lisons ce qu’il dit, le 12 mai 2008, dans une interview accordé au magazine « Der Spiegel » : « Après des années d’oppression les Tibétains ne font plus confiance aux Chinois ». Persiste et signe ! La guerre ? Il en parle justement dans le même interview où le pacifisme du chef religieux n’apparaît pas consubstantiel de sa pensée, mais imposé par le rapport des forces. Et nous allons bien lire qu’il emploie deux fois le mot « indépendance » : « Les Tibétains doivent-ils prendre les armes pour conquérir cette indépendance ? Quelles armes, d’où ? Des Moudjahidines au Pakistan, peut-être ? Et si nous les obtenons, comment les ferons-nous passer au Tibet ? Et si la guerre d’indépendance commence, qui nous viendra en aide ? Les Américains ? Les Allemands ? ». A cette question, une réponse au parfum d’appel au Pentagone avait été donnée par sa Sainteté le 29 avril 2005 à des sénateurs français (1) venus le voir dans son exil indien : « La politique américaine veut promouvoir la démocratie en Irak et en Afghanistan, par des méthodes parfois controversées. Je dis tant mieux, c’est bienvenu. Mais ce serait encore mieux si la démocratie était promue en Chine » (2). 1.2- Démocratie ? Théocratie ? « Tandis que les Tibétains en exil exercent leurs droits démocratiques sous une Constitution que j’ai moi-même promulguée en 1963… » (discours cité). « Nous avons récemment initié des changements qui, plus tard, démocratiseront et renforceront notre administration en exil » (In : « Bouddhisme et démocratie, Washington D.C., avril 1993 ». Dans ce texte, fait de généralités sur la démocratie, le dalaï lama avance : « Pour plusieurs raisons, j’ai décidé que je ne serai ni le chef ni ne jouerai de rôle au gouvernement quand le Tibet deviendra indépendant. » Notons le royal « J’ai décidé » ainsi que l’espoir d’un Tibet « indépendant » et lisons la suite : « Le futur chef du gouvernement tibétain doit être une personne reconnue et élue par le peuple ». Dans son discours au Parlement européen à Strasbourg le 24 octobre 2001, il poursuit dans ce sens : « Cette année, nous avons accompli une autre grande avancée dans le processus de démocratisation en faisant élire le Président du Cabinet tibétain au suffrage universel ». Mais il ajoute aussitôt que ce parlement et les députés se borneront à « diriger les affaires courantes… », le rôle principal lui étant toujours dévolu : « Toutefois, je considère comme un devoir moral envers les six millions de Tibétains, de continuer à travailler à la question tibétaine avec les dirigeants chinois et d’agir en tant que libre porte parole des Tibétains jusqu’à ce que nous soyons parvenus à une solution. ». Libre porte-parole ! Il reprendra la formule dans son discours, qualifiant les Tibétains de « mon peuple » à la manière des monarques. Dans le même discours, il définit ce qu’il appelle « la voie du milieu », une transition de fait vers l’indépendance qui ne laisserait à Beijing que la charge d’assurer de loin la sécurité et les relations extérieures d’un Tibet où les moines exerceraient à nouveaux tous les pouvoirs en matière d’éducation, de culture, d’environnement, d’économie. Le 10 mars 2008 à Dharamsala (Inde), il prononce un discours où il prétend que la langue, les coutumes et les traditions du Tibet s’effacent peu à peu. Il fustige l’organisation des régions autonomes (« Ces lieux n’ont d’autonome que le nom ») et se réinvestit dans le rôle de porte-parole des Tibétains : « … J’ai la responsabilité historique et morale de continuer à m’exprimer librement en leur nom ». En 2008, à l’approche des jeux olympiques de Beijing, montent à l’étranger (notamment à Paris) des campagnes sur la question tibétaine qui ulcèrent la population chinoise. Le dalaï lama commettrait une erreur majeure en ne s’en démarquant pas. Il importe pour lui de se dissocier de ceux qui peuvent apparaître comme les ennemis de la Chine. Aussi, le 28 mars 2008, il lance un « Appel au peuple chinois » où l’on croit rêver en lisant : « Frères et sœurs chinois, je vous assure que je ne désire nullement obtenir la séparation du Tibet ni même brouiller les peuples tibétains et chinois. » Et encore, il se dit inquiet en tant « que personne qui se sent prête à se considérer comme un membre de cette grande famille qu’est la République populaire de Chine », s’étonnant d’une injuste suspicion : « Il est regrettable qu’en dépit de mes efforts sincères de ne pas séparer le Tibet de la Chine, les dirigeants de la République populaire de Chine continuent de me dénoncer comme « séparatiste ». Suspicion incroyable, en effet ! Le 6 avril 2008, dopé par les manifestations de Llassa, il lance un appel « A tous les Tibétains » où il jure : « j’ai décidé (ah, ce démocratique « j’ai décidé » ! N. de MV) de trouver une solution au sein même de la structure de la République populaire de Chine ». Remarquons qu’il dit ainsi a contrario que les solutions antérieures qu’il cherchait se situaient « en dehors de la structure ». Faut-il d’autres exemples issus, non pas du gouvernement central de Beijing, mais de la bouche du dalaï lama pour se persuader que la lutte pour l’indépendance, pour un Tibet théocratique dont il serait le chef, n’a jamais cessé d’être à l’ordre du jour et que seule la manière de la mener fluctue en fonction des circonstances ? Lisons quelques extraits de la « Charte » du Dalaï Lama, ayant valeur de Constitution. Article 3. Nature de la politique tibétaine. « L’avenir politique tibétain doit respecter le principe de la non-violence et s’efforcent d’être un libre État de la protection sociale avec sa politique guidée par le Dharma ». Le Dharma, c’est-à-dire ce que les musulmans appellent la Charria, disposition qui nous fait pousser des hauts cris. La Charte se termine par une « Résolution spéciale », votée en 1991, dont voici un extrait : « Sa Sainteté le Dalaï Lama, le chef suprême du peuple tibétain, a offert les idéaux de la démocratie au peuple tibétain, même s’il n’a pas ressenti le besoin de ces idéaux. Tous les Tibétains, dans le Tibet et en exil, sont et restent profondément reconnaissants à Sa Sainteté le Dalaï Lama, et s’engagent à nouveau à établir notre foi et notre allégeance à la direction de Sa Sainteté le Dalaï Lama, et à prier avec ferveur pour qu’il puisse rester avec nous à jamais comme notre chef suprême spirituel et temporel. » Vous avez dit « laïcité » ? Article 36. Pouvoir législatif. « Tout pouvoir législatif et autorité résident dans l’Assemblée tibétaine. Les décisions de celles-ci requièrent l’approbation de Sa Sainteté le Dalaï Lama pour devenir des lois ». L’Assemblée a tous les pouvoirs… si Sa Sainteté le veut ! Article 19. Pouvoir exécutif. « Le pouvoir exécutif de l’administration tibétaine est dévolu à Sa Sainteté le Dalaï Lama, et doit être exercé par lui, soit directement ou par l’intermédiaire d’officiers qui lui sont subordonnés, conformément aux dispositions de la présente Charte. En particulier, Sa Sainteté le Dalaï Lama est habilité à exécuter les pouvoirs ci-après en tant que chef de la direction du peuple tibétain : (a) approuver et promulguer les projets de loi et des règlements prescrits par l’Assemblée tibétain. (b) promulguer des lois et ordonnances qui ont force de loi. (c) conférer les honneurs et les brevets de mérite . (d) convoquer, ajourner, reporter et prolonger l’Assemblée tibétaine ? (e) envoyer des messages et adresses à l’Assemblée tibétaine chaque fois que nécessaire. (f) suspendre ou dissoudre l’Assemblée tibétaine. (g) dissoudre le Kashag (gouvernement) ou destituer un Kalon (ministre). (h) décréter l’urgence et convoquer des réunions spéciales de grande importance. (j) autoriser les référendums dans les cas impliquant des grandes questions en suspens conformément à la présente charte. » Voila qui est clair : ni chef, ni impliqué dans le gouvernement « démocratique », mais au-dessus des communs des mortels et des Institutions, Dieu vivant et guide suprême. Dharamsala, exil, lutte pour la liberté de son peuple, prières, modération dans le ton lors de ses prestations médiatiques, vie frugale… pourquoi l’image de l’ayatollah Khomeiny sous sa tente à Neauphle-le Château surgit-elle brusquement de l’oubli ? Egalement obsolète, ce document ? Toujours est-il que le dalaï lama refuse de souscrire à la condition incontournable pour être reçu à Beijing : la dissolution de son "gouvernement" dont l’acceptation ferait de sa visite en Chine celle d’un chef d’Etat étranger.
2 – Paroles du gouvernement central chinois. Les autorités chinoises nous ont distribué une documentation abondante, chiffrée et précise sur la question tibétaine. Il est d’usage en France de prendre les chiffres émanant des USA et de ses alliés comme argent comptant et de considérer que ceux des pays qui ne sont pas dans l’optique atlantiste sont suspects, faux, ou au minimum émis à des fins de propagande (les Etats-uniens informent, les Chinois endoctrinent). Le journaliste français qui veut échapper à l’accusation d’être le porte-parole (ou l’idiot utile) du gouvernement de Beijing et de ses antennes à Llassa doit marcher sur des œufs. Il peut donner à lire en laissant le lecteur faire son tri et repérer des erreurs et contrevérités que LGS signalera s’il le souhaite. Le lecteur peut procéder à quelques vérifications. Il peut vouloir ne pas voir. Il fait ce qu’il veut, le lecteur. Il peut même attaquer un témoin plutôt que son témoignage. Le Tibet avant la fuite du 14ème dalaï lama. Avant 1959, le Tibet était un pays de servage féodal théocratique. On comptait 2676 monastères abritant 114 925 moines (le quart de la population ! C’est vrai que ça a baissé). Les trois grands groupes de seigneurs (fonctionnaires, nobles, moines de haut rang) représentaient 5% de la population et possédaient toutes les terres arables, les prés, les forêts, les rivières et la plupart des animaux domestiques. A côté des serfs (90% de la population), 5% des Tibétains étaient des esclaves de père en fils, considérés comme des « outils sachant parler ». Le 14 ème dalaï lama et son entourage possédaient 27 domaines, 30 prairies et plus de 6000 serfs qui leur fournissaient 462 000 kg d’orge, 35 000 kg de beurre, 2 millions de taëls d’argent (unité de mesure valant 40 gr), 300 têtes de bœufs et de moutons. En 1959, le dalaï lama possédait 160 000 taëls d’or, 95 millions de taëls d’argent, 20 000 pièces de bijoux et de jade, 10 000 vêtements en satin et fourrure et plus de 100 pèlerines incrustées de perles et de pierres précieuses. Les serfs étaient assujettis à plus de 200 impôts de toutes sortes. Les corvées dues pouvaient représenter jusqu’à 80% de leur quantité de travail. Pour survivre, 90 % d’entre eux empruntaient de l’argent à leurs maîtres à des taux usuraires et se trouvaient endettés sur plusieurs générations. Les trois quarts devaient se nourrir d’herbes sauvages dans une soupe d’os de bœuf accompagnée de farine d’avoine et de soja. L’espérance de vie de ces bêtes de somme analphabètes et martyrisées était de 35,5 ans. Parmi les serfs on disait : « Ce qu’on peut emporter, c’est son ombre, ce qu’on peut laisser, ce sont ses empreintes ». Malgré les risques de représailles terribles, l’absence de routes et la rudesse du climat, les serfs s’enfuyaient en grand nombre, laissant les terres abandonnées sur de vastes étendues tandis que les villages mourraient. Dans certains d’entre eux, entre 1927 et 1952, plus la moitié des habitants trouvèrent leur salut dans la fuite. Ces conditions d’exploitation expliquent qu’entre 1737 et 1953, la population du Tibet a stagné à 1 million d’habitants. Sous la férule des dalaï lamas, le prix de la vie des êtres de catégories « supérieures » (princes, bouddhas vivants) était évaluée en or selon le poids de leur corps. Celle des êtres « inférieurs » (femmes, bouchers, chasseurs, artisans…) valait une corde de chanvre. Selon les lois du Tibet ancien, si les valets blessaient leur propriétaire, on devait leur couper les mains et les pieds. Ceux qui blessaient un bouddha vivant se faisaient arracher les yeux, couper les pieds et les mains et étaient torturés. Les maîtres qui blessaient un serf étaient absous si ce dernier guérissait. Les voleurs se voyaient couper les doigts et le nez quand ils n’étaient pas énucléés par un crochet de fer après crevaison des yeux à l’huile bouillante. La peine capitale était exercée par noyade dans un sac de cuir, précédent un démembrement.
Le 13 ème dalaï lama avait officiellement aboli ses pratiques, sans qu’elles cessent dans les faits. Il n’est pas dit ici que le 14 ème dalaï lama veut les rétablir, mais que tel était le Tibet bouddhiste de sagesse et d’amour. Le bouddhisme tibétain à la sauce des dalaï lama est une religion de la soumission par laquelle le bonheur viendra dans une prochaine vie. Inutile donc de revendiquer une condition d’homme, imprégnée des notions de dignité, de liberté, d’égalité. La prière, les offrandes, l’obéissance et les petites échelles blanches peintes sur les rochers promettent aux serfs d’hier et de demain une nouvelle naissance sur un lit de pétale de roses. La rébellion et la fuite. La Chine est devenue communiste en 1949. En 1954, le 14ème dalaï lama est élu au poste de vice président du Comité permanent de l’assemblée populaire nationale. En 1956, il devient président du Comité préparatoire de la Région autonome du Tibet. Conciliant (ou prudent !) le gouvernement de Pékin décide alors de ne pas appliquer de réforme au Tibet pendant six ans. Mais les maîtres du Tibet, inquiets pour leurs privilèges, ont déjà commencé à fomenter la rébellion qui éclatera en mars 1959. Le dalaï lama en sera le deus ex machina, tout en proclamant qu’il désavoue ces « malfaiteurs réactionnaires », ces « groupes de réactionnaires » dont la violence le plonge « dans une immense inquiétude ». Il assure encore Pékin qu’il fait « l’impossible » pour régler la situation, puis, qu’il a « éduqué » et « critiqué sévèrement » les insurgés. Vaincus en quelques jours par l’armée chinoise, ceux-ci devront s’exiler. Le pacifiste dalaï lama est parmi eux, le fusil en bandoulière. Dans le livre « Inspirations et paroles du dalaï lama », éditions Acropole, mai 2008, le journaliste et écrivain sud-Africain Mike Nicol osera : « Ironiquement, c’est déguisé en soldat, un fusil sur l’épaule, qu’il quitta Llassa de nuit avec sa suite et prit la direction de la frontière indienne ». La nuance est subtile entre un soldat et un homme armé en uniforme de soldat. Apprécions aussi qu’il ne fuit pas mais qu’il « prend la direction » de l’étranger, la nuit. En Inde, le dalaï lama s’empressera de former un « gouvernement tibétain en exil » et de proclamer l’indépendance du Tibet. Le Tibet aujourd’hui. Durant les cinquante dernières années, le PIB du Tibet a connu une progression spectaculaire, passant de 174 millions de yuans à presque à presque 40 milliards de yuans. La modernisation accélérée a été profitable à tous les secteurs de l’économie. La population dans la République autonome du Tibet est passée de 1,228 millions d’habitants en 1959 à 2,870 millions d’habitants (dont 10% de Hans et autres ethnies). La non application à cette région de la politique de l’enfant unique en vigueur presque partout en Chine, l’amélioration des conditions de vie, de travail, de logement et une meilleure couverture médicale (gratuite au Tibet mais pas partout en Chine) expliquent cette croissance. La mortalité des nouveaux-nés qui approchait les 50 % est désormais inférieure à 3%. L’espérance de vie moyenne est de 67 ans. Le bilan de l’économie du Tibet fait apparaître que la population paysanne, arrachée il est vrai à une extrême misère, est à la traîne dans ses progrès. Un écart significatif subsiste entre le niveau de vie des ruraux et des citadins. Il est encore plus patent entre le niveau de vie de l’ensemble des Tibétains et du reste de la Chine. Mais, loin de se creuser ou de rester égal comme dans le passé, il se réduit chaque année. Arrachée aux monastères, l’éducation qui était réservée aux moines (et encore : pas à tous) et enfants des nobles, ce qui laissait dans la nuit de l’analphabétisme 95 % de la population, est désormais offerte à l’ensemble des Tibétains. Le taux d’analphabétisme est tombé en dessous de 3%. Le Tibet compte plus de 15 000 enseignants bilingues (le Tibétain est la première langue, la langue obligatoire dans les écoles). C’est la seule région chinoise qui bénéficie d’une éducation primaire gratuite avec logement et nourriture gratuits pour les élèves. Le Tibet forme désormais ses cadres. Dans le même temps où des informations circulent (le dalaï lama s’est exprimé à plusieurs reprises là-dessus) sur le stockage de déchets nucléaires au Tibet, le gouvernement central a approuvé un plan de longue durée pour faire de la région un « écran écologique » de la Chine. Il s’agit par exemple de préserver les grands fleuves qui prennent naissance dans le plateau et dont l’eau est indispensable à la Chine et à d’autres pays qu’ils irriguent, soit à des milliards d’êtres humains. Une politique de reboisement a fait augmenter le taux de couverture forestière, les surfaces reboisées ont été multipliées par 20 entre 1997 et 2008. Des réserves naturelles ont été créées pour protéger la flore et la faune. L’énergie solaire se développe sous toutes ses formes : éclairage, chauffage, cuisson (400 000 « fours » solaires ont été distribués). On l’a dit, de lourdes disparités existent au niveau global entre l’ensemble de la Chine et sa région tibétaine. Pour les combler, des « discriminations positives » sont appliquées : aides financières pour créer des entreprises, achats des productions par le gouvernement, bonus pour les étudiants voulant entrer à l’université, priorité d’embauche par les établissements publics … Les faits et les chiffres sont têtus. Les informations sur un génocide culturel, ethnique, démographique, sur l’exploitation d’une région par un pouvoir colonial ne résistent pas à un examen impartial. Par exemple, depuis Dharamsala une rumeur a été lancée selon laquelle le pouvoir central a exterminé un million de Tibétains (presque tous mâles). Le chiffre a été repris sans plus de précaution par les médias et tous les dalaï lamiste du monde. Cette « information » a été à l’origine d’un sentiment mondial de compassion envers un peuple exterminé au nom d’une croyance qu’on lui dénie. Il a fallu que des démographes démontrent que la chose était impossible, que la population se serait pratiquement éteinte, que des tranches d’âge n’existeraient plus, pour que la fable soit abandonnée (par le dalaï lama, pas encore par tous ses thuriféraires). De « génocide » on a alors reculé à « génocide culturel ». Pas exterminés mais néanmoins opprimés ? Sur les lieux de culte, il semble que les moines et les fidèles ne rasent pas les murs. Qui croire ? Curieusement, ce voyage, parce que guidé, laisse acceptable, on l’a vu dans un commentaire de l’article précédent (www.legrandsoir.info/Choses-vues-au...) les écrits du Figaro (auxquels un lecteur contradicteur se réfère) mais pas ceux du GS. Par conséquent, je dois me rapporter à l’article de mon confrère pour attirer votre attention sur ce constat : ce journaliste du Figaro, voyant en même temps que moi les mêmes choses et au même moment, ne contredit aucunement (bien au contraire) ce que j’ai écrit sur le Tibet : sa course au modernisme, les hausses du niveau de vie, les subventions, la construction d’écoles et de d’hôpitaux, les aides massives à l’agriculture et à l’industrie, le développement de l’énergie solaire, la préservation de la nature, la conservation des textes sacrés, la restauration des monastères, etc. (voir son article ci-après)… Quelqu’un dira-t-il qu’il est maoïste parce qu’il rapporte honnêtement ce qu’il a vu et qui tranche avec ce qu’on a lu partout naguère ? Ce que je crois, enfin… Le gouvernement central chinois est arc-bouté sur une mission première : ne pas laisser la Chine au 100ème rang des nations pour son PIB. Il s’agit d’une course dans laquelle il ne veut pas dériver sur deux écueils : 1 - une politique d’affrontement verbal avec les USA. Il est significatif que l’aide apportée depuis plus d’un demi-siècle au dalaï lama par les USA et la CIA soi désignée pudiquement par « aide de l’étranger » sans plus de précision. Plus de 40 % des ressources de la Chine se trouvent au Tibet : arsenic, zinc, bauxite, charbon, fer, uranium, or, jade, saphir, quartz, chrome, cuivre, borax, uranium, lithium, plomb,cobalt, pétrole, gaz et l’essentiel de ses sources d’eau. Le quart des êtres humains vit dans une Chine qui bénéficie seulement de 7% des réserves en eau de la planète. Je pose à un responsable du PCC une question sur la crainte de la Chine de se voir déposséder de ces richesses vitales et de la perspective de la création de bases militaires US sur son toit si le Tibet devenait indépendant. Il répond à côté. Pas de polémique. 2 - Un raidissement de ses rapports avec les bouddhistes. C’est probablement la raison pour laquelle on ne nous a pas fait visiter des lieux où sont exposés des outils de supplice : fers pour les pieds, instruments utilisés pour arracher les yeux et les tendons, photos montrant les membres coupés et les peaux écorchées par des propriétaires de serfs sous le règne des dalaï lama. A aucun moment, les officiels n’aborderont ces sujets pourtant susceptibles d’émouvoir nos lecteurs. Une documentation traite de ces questions mais elles ne seront pas traitées dans les discussions. Ce qu’il s’agissait de voir surtout, c’est la liberté de culte, la fréquentation des monastères, leur richesse, l’aide que le gouvernement apporte à présent à leur préservation et à leur rénovation. Le passé est rapidement évoqué, le présent prend toute sa place avec le futur. Le gouvernement central cherche donc à éviter les querelles externes et à lisser la situation intérieure. Avec 46 000 moines, des dizaines de milliers de fidèles dont on dirait chez nous qu’ils ont « la foi du charbonnier », le chef auto-proclamé du bouddhisme n’est pas quelqu’un dont on peut se moquer comme le fit Staline à l’égard du chef de l’Eglise catholique : « Le pape ? Combien de division ? ». Au cours d’un dîner, un officiel a implicitement laissé sourdre une crainte en nous disant : « Vous, en Occident, vous avez un Dieu mort qui ne peut donner des ordres politiques. Le nôtre est vivant ». Bien fort qui pourrait jurer que, quels que soient les fonds que le gouvernement central du pays a injecté et injecte au Tibet, quels que soient les progrès de l’éducation (et donc de l’ouverture des esprits ), quelle que soit sa prudence à l’égard d’une religion nostalgique de ses pouvoirs politiques et économiques passés, le Tibet est à l’abri de nouveaux troubles. L’éclatement de la Chine multiethnique en une kyrielle de petites nations semble être la seule solution pour freiner sa montée en puissance. Le nationalisme est un terreau fertile qui repose en tous lieux où sont des hommes. Le fanatisme religieux est son allié. L’armée de la Chine est confinée dans ses frontières. Cette anomalie effraie semble-t-il les médias des pays dont les soldats sont en guerre en plusieurs pays du monde et ils ne désespèrent pas de voir la puissance militaire chinoise entrer en action, sur son propre sol. Si cela advenait, nous assisterions, désolés, à des massacres au terme desquels les régions sécessionnistes n’auront gagné que des tombes. Pour les raisons dites, la Chine ne renoncera pas à la Région autonome du Tibet. Que les amoureux du Tibet et de sa culture, voire du bouddhisme, oeuvrent pour une toujours meilleure harmonisation des rapports entre le gouvernement central et cette région sensible, qu’ils poussent à une démocratisation accélérée de la Chine, qu’ils ne tolèrent pas les campagnes de presse qui attisent la haine à base de mensonges au bout desquels viendra une violence inutile, et ils auront contribué à l’avènement d’un monde meilleur sans avoir à aucun moment été obligés de souscrire au système politique, économique, judiciaire, social, médiatique de l’Empire du Milieu. Maxime Vivas Les trois parties :
Notes :
(1) Pour sourire, voici comment un élu de la république française, Jean-Pierre Plancade, sénateur socialiste, s’adressa en cette occasion au dalaï lama : « J’ai un ami parlementaire qui s’occupe de la Chine et qui me demandait quel intérêt j’ai à soutenir ainsi le Tibet et à parler ainsi de Votre Sainteté. Je lui ai répondu que je le faisais parce que Votre Sainteté est un peu ce sage qui porte une lumière qui éclaire le monde. Et c’est une lumière très fragile. Après ma visite à Dharamsala, je lui répondrai que c’est aussi un exemple de démocratie et de vie politique parlementaire, qu’il pourrait défendre auprès de ses amis chinois. Je voudrais aussi savoir si vous pensez que les responsables politiques peuvent bénéficier de vos conseils. » La « lumière qui éclaire le monde », dit par un camarade socialiste élu dans la région de Jaurès ! Et la demande de conseils à un dirigeant politique étranger, Sa Sainteté, chef religieux et dieu vivant pour gouverner un pays constitutionnellement laïque… (2) Serait-ce forcer le trait que de dire que, outre sa misogynie, les récents propos du dalaï lama sur les homosexuels, son rejet des "étrangers" Hans, sa participation à l’insurrection au Tibet et son approbation des guerres d’invasion états-uniennes, peuvent inquiéter ? Ces positions pourraient le faire passer pour un sexiste, un homophobe, un raciste et un va-t-en guerre américanophile. EN COMPLEMENT : LE FIGARO. lundi 2 août 2010. Le Toit du monde offre deux visages Par Renaud Girard Envoyé spécial à Llassa et Shigatze. La région autonome du Tibet n’a pas échappé à l’américanisation accélérée de la Chine des vingt dernières années. Asie. « Mille mots ne valent pas une visite sur place. » En citant ce proverbe chinois, le directeur général de l’information pour la province autonome du Tibet (TAR) justifie le voyage qu’y a organisé, pour un groupe de cinq journalistes français, le gouvernement de Pékin. Même au cours d’un dîner très arrosé et scandé de toasts, ce grand Tibétain à peau sombre ne se laissera aller à aucun commentaire personnel sur les émeutes de mars 2008 dans la capitale. Affichant son attachement toujours vivace au « matérialisme dialectique et au matérialisme historique » appris dans sa jeunesse, il n’a qu’une expression pour qualifier le soulèvement d’une partie des 46.000 moines tibétains : « un mouvement sécessionniste fomenté de l’étranger par le dalaï-lama et son entourage, qui veulent rétablir au Tibet leurs privilèges nobiliaires et la théocratie. » Nos questions sur le nombre de moines arrêtés au printemps 2008, et sur le nombre de ceux qui auraient été relâchés depuis, resteront sans réponses. La mission de ce cadre communiste obéissant est de nous faire prendre conscience des considérables efforts consentis par le gouvernement central pour développer le Tibet, pas de disserter de politique locale avec nous. Mission aisée, car il n’y a pas ici de villages Potemkine. Il n’y a au Tibet que du réel, et du lourd. Le Toit du monde n’a pas échappé à l’américanisation accélérée de la Chine des vingt dernières années (les infrastructures du New Deal, la société de consommation, l’idéologie environnementaliste, tout cela dans un même élan). Lorsqu’on passe plusieurs jours à Lhassa et qu’on se rend ensuite à Shigatze (deuxième ville du Tibet) par les 300 km d’une route culminant à 5.000 mètres d’altitude, les réalisations du gouvernement central en infrastructures sautent aux yeux. À l’aéroport de Gongkar atterrissent sans problème les Jumbo Jets, qui sont bourrés de touristes chinois... le « pays des Neiges » a reçu plus de cinq millions de visiteurs au cours de l’année 2009. Sur la route magnifique menant à la capitale, les derniers modèles de 4×4 s’arrêtent pour laisser passer un troupeau de chèvres, conduit par deux bergères tibétaines, à vestes de poulou (fourrure de yak) et hadas (écharpes) orange vif. Après un tunnel n’ayant rien à envier, par sa modernité, à celui du Mont-Blanc, la route traverse puis longe les eaux tourbillonnantes du large fleuve Yarlung Zangpo (le Brahmapoutre), venues du mont Qomolangma (l’Everest). Les bancs d’alluvions, où paissent quelques vaches, sont plantés de bannières de prière à fanions multicolores. Du côté de la montagne, la roche est peinte de courtes échelles blanches, pour aider les âmes des défunts à gagner le paradis. Peu de détritus visibles ne viennent gâcher l’extraordinaire beauté de cette campagne, où les meules de foin, ressemblant à des chapeaux coniques de magicien, sont encore édifiées au râteau. En 1990, l’usage des sacs en plastique a été interdit dans l’ensemble de la Région autonome du Tibet (dont la superficie est supérieure à deux fois celle de la France). Malheureusement, juste au moment où on se met à rêver un peu, à retrouver les planches en couleur de Tintin au Tibet, on tombe soudain sur un panneau publicitaire géant, juché sur un pylône de béton, où le joueur de tennis espagnol Rafael Nadal vante les mérites d’un nouveau modèle de 4 × 4 coréen. Réveil brutal à la mondialisation. Réveil brutal Jusqu’au centre de Lhassa, fini la poésie. On croise encore un groupe de paysans tibétains à cheval, mais la plupart conduisent de petits motoculteurs à remorque. Entre deux prés se dresse un massif bâtiment de béton, de verre et d’acier, réplique kitsch d’une préfecture pompidolienne d’Ile-de-France : la caserne centrale flambant neuve des pompiers de cette ville de 300.000 habitants. Il y a en fait deux Lhassa. Le Lhassa chinois (au moins 4/5 de la population) ressemble à une ville soviétique (larges artères se coupant à angle droit, vastes esplanades de marbre bâties autour de statues d’ouvriers et paysans marchant ensemble vers des lendemains radieux), qui aurait été brutalement touchée par la baguette magique de la fée Consommation (vitrines de fringues et d’écrans plats, fast-foods, « malls », cinémas multiplexes). Le Lhassa tibétain, dont les maisons en pierre de taille ne dépassent pas quelques étages, déroule ses antiques ruelles pavées autour du temple du Jokhang, cœur du bouddhisme tibétain. Après minuit, le contraste est saisissant entre les deux Lhassa. Celui-ci se recouvre silencieusement d’un quadrillage militaire, par groupes de six soldats hans casqués et en treillis camouflé, aux visages étonnamment jeunes. Celui-là n’est gardé que par des cohortes d’enseignes lumineuses criardes, qui ne s’arrêteront pas de clignoter de la nuit. Aux émeutes de 1989 qui furent militairement réprimées par un gouverneur à poigne, Hu Jintao, aujourd’hui président de la République populaire de Chine, et qui marquèrent la fin des contacts indirects avec le dalaï-lama, réfugié en Inde , le gouvernement central répondit, dans un deuxième temps, par l’injection massive de subventions. Pour un communiste chinois, la révolte ne peut être que fille de la misère matérielle. On ne se borna pas à construire des écoles et des dispensaires. On privilégia, par toutes sortes d’exemptions fiscales, les investissements privés dans l’agriculture et la petite industrie. À Lhassa, on vous fait visiter avec fierté les serres d’une coopérative maraîchère qui a décuplé le niveau de vie de ses paysans tibétains ; une grande brasserie ultramoderne (encore supervisée par une dizaine de techniciens allemands) ; la société d’un entrepreneur tibétain, ancien instituteur ayant opté pour le business lors du mot d’ordre « Enrichissez-vous ! » de Deng Xiaoping, qui produit une superbe huile de noix bio, vendue 50 euros le bidon à Pékin ou Francfort, et qui vient de lancer une eau minérale style Évian, illustrée par l’Everest. Écologie, culture et tradition. Dans cette région à l’ensoleillement exceptionnel, le gouvernement a même implanté un institut technique d’énergie solaire, les Chinois étant les leaders mondiaux des panneaux photovoltaïques. Pour parfaire la modernité, une vaste réserve naturelle protégée a été créée au centre de Lhassa. Ici, les industries polluantes sont interdites, car Pékin a décidé de faire du Tibet la « barrière de sécurité écologique » de la Chine. Pour faire concurrence aux réalisations culturelles du dalaï-lama à Dharamsala (nord de l’Inde), le gouvernement a construit une université, dotée d’une immense bibliothèque de textes sacrés anciens, ainsi qu’un centre de médecine tibétaine traditionnelle. Politique du patrimoine aussi : les grands temples ont été restaurés par l’État et les déprédations de la Révolution culturelle ne se voient pratiquement plus. Au sublime monastère de Tashilhunpo (XVe siècle), les Tibétains ne sont pas seuls à faire leurs dévotions. On voit aussi de plus en plus de Hans se prosterner devant les statues dorées du Bouddha. Comme si, pour les Chinois, le destin à long terme du Tibet, c’était aussi de leur fournir une réserve de spiritualité, en prévision du jour où ils seront saisis par la nausée du consumérisme… » (L’article est suivi d’un additif « Entre le dalaï-lama et Pékin, la fin de la brouille n’est pas pour demain » dont la lecture sur Internet est réservée aux abonnés). Si un lecteur en dispose… La Chine évite tout triomphalisme et insiste sur sa capacité défensiveEdité par T 34 - 21 Aug 2010 à 00:29 |
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Patria socialismo o muerte
Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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