Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > International

Syrie

 Répondre Répondre Page  <1 678910 46>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Oct 2011 à 18:49

Syrie : Schizophrénie médiatique, l’interview de Sofia Amara

 
 
 
Agnès-Mariam de la Croix

Chers amis ,

Le "récit" de l’odyssée de Sofia Amara en Syrie accordée en interview à La Vie et reproduit sur le site Chrétiens de la Méditerrannée est un faux, un apocryphe. Je ne sais même pas si elle est vraiment venue en Syrie. J’ai demandé aux autorités religieuses de le savoir. Je vous en avertirai. Si elle n’est pas venue, c’est scandaleux. Et si elle est venue c’est encore plus scandaleux.
Voici ma réponse.

La révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Tel est le titre de l’interview accordée par Sofia Amara au magazine La Vie, repris par Chrétiens de la Méditerranée. Les assertions concernant la réalité de la répression sanglante en Syrie avaient effectivement besoin d’une enquête sérieuse. Enfin voilà une professionnelle qui a déjà accompagné les révolutions arabes avec ses aptitudes non seulement journalistiques mais aussi philosophiques qui prend la peine de nous renseigner.

C’est donc avec avidité que j’ai avalé cette première entrée d’un menu que le magazine la Vie annonce comme « copieux » grâce à un documentaire de Arte qui sortira le 11 octobre. Attablée, d’autant plus goulument, que notre protagoniste semble avoir risqué sa vie pour nous contenter, quel constat tirer de cette avant-première ?

On est attendri de constater les subterfuges utilisés pour « passer inaperçue » qui la font partir « en couple » en Syrie, totalement ignorante du fait que dans les pays arabes d’obédience musulmane, la femme qui voyage avec un homme qui n’est pas son mari est entachée de concubinage et…considérée comme une paria ??? Imprudence ou ingénuité au départ ? Bref, elle débarque dans un pays qui fait 185.000 km2 mais sans savoir où tourner ? La peur lui a-t-elle fait perdre son professionnalisme ? Peur dans un pays qu’elle nous décrit, avant même de l’avoir ausculté en (vraie) journaliste, comme étant peuplé de « chabbiha » qu’elle définit comme des « miliciens en civil » alors que, dans la nomenclature syrienne populaire, ce terme désigne les contrebandiers armés qui se croient tout permis pour défendre leurs intérêts contre la population et contre les forces de l’ordre. Premier revers technique.

A peine atterrie voici donc notre journaliste frappée de paranoïa : ce pays qu’elle vient découvrir, elle y voit déjà partout des espions de la dictature, y compris les (pauvres) femmes et les enfants. Une de mes sœurs syriennes qui a lu ce récit me dit à l’instant, offusquée : « pour qui nous prend-t-elle ? ».

Ramenée à la réalité, Sofia doit aussi montrer patte blanche aux manifestants eux-mêmes qui finissent par saluer en elle la journaliste française. Mais voilà qu’en essayant de tranquilliser les uns, elle met en émoi les autres, les sbires de la dictature qui la découvrent. Oh suspense ! Que va-t-il se passer ?

Gourmands de détails qui accableraient le régime, on s’attendait à des exactions, à une prise à partie ou à des coercitions. Mais il n’en est rien. Les agents omniprésents du régime laissent faire notre héroïne ! C’est le miracle ! Une première sensationnelle ! Un régime qui a refusé aux chaînes satellitaires les plus prestigieuses et aux réseaux les plus puissants de la planète de se déplacer librement sur son territoire, devient bon enfant et laisse notre « journaliste française » filmer les manifestations sans permission ni censure !!! C’est le clou du récit. Au moment où les ambassadeurs accrédités en Syrie sont interdits de circuler en dehors de la zone de Damas, et où l’ambassadeur de France lui-même est accueilli par la population par des jets d’œufs et de tomates, voilà que notre journaliste, bien que dévoilée par les autorités, a été laissée en liberté absolue. C’est ubuesque. Elle a ainsi rôdé dans un rayon de deux cents kilomètres sans que personne ne la harcèle ou ne l’en empêche. Comment expliquer cette bonhomie de la part d’une dictature sanguinaire ? Mystère. Notre amazone met en place un scénario qui n’a rien de convaincant pour parer à l’énormité qu’elle nous sert : c’est à l’aéroport que les malandrins se vengent sur elle de leur laisser aller incompréhensible. Une heure et demie d’interrogatoire de laquelle elle sort victorieuse grâce au « souk » qu’elle a vaillamment mis en scène et, surtout, parce que les policiers étaient incompétents. Constat abasourdissant : la dictature qu’elle cherche à nous décrire est en fait à l’eau de rose. Aussi notre protagoniste s’en sort saine et sauve et peut quitter la Syrie corps et biens, malgré ses effractions, avec, en plus, cerise sur le gâteau, une copie de ses rushes dans la poche… J’aimerai savoir si dans n’importe quelle démocratie au monde on pourrait filmer impunément des séquences qui compromettent les dirigeants, mieux, l’Etat lui-même en proie à une insurrection, déjà armée, et s’en sortir à si bon compte ???

On dirait que le but de l’article est de réhabiliter indirectement le régime syrien qui, à défaut d’être implacable comme on le dit, est ignare. C’est quand même scandaleux.

Mais passons outre. Ce qui importe ce n’est pas l’apéro mais le plat de résistance.

Qu’allons-nous goûter de l’Odyssée de notre nouvel Ulysse ?

Sans savoir où filmer, Sofia se retrouve pourtant parachutée à Rastan, à cent quatre vingt kilomètres au Nord de Damas, dans la voiture d’un Omar, coordinateur de la révolution sur place. Elle ne veut pas le nommer par mesure de précaution mais, faux-pas dangereux…elle le fait repérer quand même à cause d’une faute professionnelle de sa part qui révèle sa plaque d’immatriculation. Difficile d’imaginer une plus grande maladresse, sauf si elle est pour servir la « bonne cause » : nous faire croire qu’elle a été vraiment présente en Syrie et que ce que nous voyons est bel et bien localisé. J’espère ne pas faire une calomnie !

Mais, ressentant de plus en plus un creux à l’estomac, continuons notre lecture, qui sait si j’arriverai à croquer quelque chose de consistant ?

Qui sont les activistes que Sofia Amara a rencontrés dans son périple ? Voilà des personnages qui nous intéressent enfin. Ce sont dit-elle des étudiants en finance et en droit international. Elle ajoute pour nous attendrir qu’ils sont « des chômeurs ». Depuis quand un étudiant est-il au chômage ? Elle assure que, dans leur majorité ce sont des sunnites, et elle les « oppose » à la « minorité » qui sont alaouites, chiites au pouvoir. Voilà qui est tendancieux et vise à mettre en relief les différences qui séparent et non les points communs qui unissent un peuple. Ces « sunnites », elle affirme que leur motivation est avant tout politique et non religieuse alors que tous les médias, et elle-même aussi les abordent à partir de leur spécificité religieuse ??? En effet, si le projet est politique et non religieux pourquoi prendre la peine d’étiqueter les personnes à partir de leur appartenance religieuse ?

« Tous, dit-elle, d’un ton faussement œcuménique, souhaitent l’avènement de la démocratie et se considèrent comme un seul peuple ». Tableau idyllique que tous nous souhaiterions être vrai mais qui est malheureusement faux et, même, frauduleux de la bouche de quelqu’un qui prétend avoir « vu » alors que l’opposition est divisée en factions antagonistes et peine à se souder, alors que la fracture confessionnelle est sans cesse alimentée et ravivée. Le comble c’est lorsque je l’entends parler de Hama en la soustrayant à l’égide des frères musulmans alors que l’administration américaine elle-même assure que les frères musulmans sont l’option pour le futur de la Syrie, avalisant expressément la visite de son ambassadeur en cette ville pour montrer son appui à cette faction considérée comme « martyrisée ». Il est vrai qu’il y a eu une répression terriblement sanglante de la part de Hafez El Assad mais elle avait été précédée par des mois d’attentats et d’assassinats sur tout le territoire syrien, culminant dans le massacre du corps des cadets de l’armée.

Lorsque Sofia Amara assure que les gens de Hama veulent un régime laïc et même juif nous tombons dans la schizophrénie médiatique. Aussi nous qui vivons en Syrie et avons des parents, des amis, des ouvriers, des contremaîtres et des connaissances un peu partout nous relevons ce qui suit :

1-Les manifestations ont lieu les vendredis au sortir des mosquées, pourquoi ?

2-Les slogans sont des slogans de plus en plus religieux : des « Allah hou Akbar » (Dieu est grand), « Hayya alal jihâd » (allons à la guerre sainte) et des inepties contre le régime et contre les citoyens qui sont d’une autre religion : « les Alaouites au tabout-tombeau- et les chrétiens à Beyrouth ».

3-L’insurrection n’est plus le fait de jeunes « étudiants en finance et en droit international mais, de plus en plus, celui d’une majorité de personnes peu éduquées acquises au fondamentalisme musulman ou à la dissidence pour la dissidence sans aucun projet viable autre que la « chute du régime ».

4-Cette insurrection est armée et appuyée par des escadrons de la mort qui se manifestent de plus en plus et terrorisent la population et les forces de l’ordre.

5-Tous les médias excitent insidieusement les différences religieuses de sorte que la guerre confessionnelle est aux portes. Avec l’assassinat, le viol et les exactions des sunnites fondamentalistes contre les alaouites ou les chrétiens on cherche à créer une contre-réaction qui tarde à venir, précisément parce que l’Etat empêche la riposte. Il y a eu des réponses ponctuelles, comme à Qusayr, qui n’ont duré que quelques heures après une agression de la part des islamistes.

6-Nous sommes en train de créer un réseau d’information pour mettre au courant les personnes désireuses de savoir la vérité sur les exactions quotidiennes dont sont victimes les civils et les forces de l’ordre de la part des rebelles.

Pour finir, j’aimerai aborder ce que dit Sofia Amara au sujet de Homs. Et je me permets de le faire face à face : « Madame Amara, vous mentez en relatant la situation de Homs. Vous vous révélez manipulatrice en parlant à la place des chrétiens qui, à Homs, ont eu plusieurs jeunes assassinés par les rebelles et non par les forces de l’ordre et quatre filles enlevées et violées. Nos prêtres et nos coreligionnaires sont sur place et peuvent vous renseigner. Nous sommes sur place et vous, on ne sait même pas, si vous êtes vraiment passée par la Syrie comme vous le prétendez. Pour faire entendre un autre son de cloche, et libre aux lecteurs de fixer leur opinion, je mets en annexe les propos que j’ai recueillis moi-même du curé de Bab Sbah, le fief même de la rébellion à Homs. Ils verront que votre version n’est pas la bonne.

Concernant les chrétiens qui vous sont antipathiques, on le sent, sachez que le régime Assad n’a rien fait pour rassurer les chrétiens. Il continue imperturbablement à être ce qu’il est, tout en engageant les réformes qui lui semblent nécessaires, imposées par la majorité silencieuse. Les services secrets continuent à être aussi inflexibles que d’habitude. A Homs ce ne sont pas des iraniens chiites mais des afghans, des irakiens, des jordaniens et des libanais sunnites qui ont été attrapés par les jeunes des comités populaires comme je l’ai déjà dit dans un autre article.

L’armée syrienne n’a besoin de personne pour agir, surtout pas du Hezbollah qui est insignifiant pour le million d’hommes qui forme les effectifs de ses troupes et des autres corps des forces de l’ordre. Ce sont les insurgés qui ont besoin d’être aidés et ils le crient à tue-tête et réclament une ingérence étrangère ce qui leur a valu la grogne de certains ténors purs et durs de l’opposition.

Permettez-moi de le dire : Vous êtes malveillante Madame Amara lorsque vous parlez de l’armée syrienne qui est une armée nationale, comme si elle était une milice. Vous êtes dans la rancœur et la haine lorsque vous décrivez de cette manière fausse et hypocrites les hôpitaux dont nous connaissons les médecins qui se dévouent sans cesse auprès des victimes, qu’elles quelles soient.

Et, pour terminer, vous nous servez le gâteau en affirmant à tue-tête qu’à cause de votre reportage qui n’a pourtant pas encore été publié des Syriens ont été arrêtés ? Par qui ? Et pourquoi ? Puisque nul n’a encore vu votre reportage. Et si on l’a fait pourquoi ne vous a-t-on pas arrêtée vous, Madame Amara ? Par peur de votre souk ? Ou par incompétence des policiers ? Votre récit ne tient pas la route, il est un conte à dormir debout. Et, ce qui est pire, vous nous prenez pour des imbéciles.

Ce que vous nous servez est en fait un faux-témoignage. Vous n’avez même pas pris la peine de l’agencer d’une manière crédible. Et pourquoi vous dérangeriez-vous ? Vous avez une audience anesthésiée par les mass média de la fraude qui s’est pliée à avaler tout ce qu’on lui sert. Bon appétit à nous tous ! Et dommage pour les plateformes qui vous accordent une crédibilité qui demeure, malgré tout, indigeste.

Agnès-Mariam de la Croix

ANNEXE

Le curé de Bab Sbah, à Homs, relate ce qui suit le 25 septembre 2011 :

« Ces deux dernières semaines la situation à Homs était des plus tendues.

La population sunnite de Bustan Diwan, Bab Dreib, Bab Sbaa, s’était ralliée à 30 % à Bilal El Ken, Emir autoproclamé de la principauté (Imârat) de Homs. Ce dernier avait loué de la famille Traboulsi une grande villa dans le quartier huppé de Warcheh où il avait installé son Quartier Général. Ce Bilal El Ken, était fort de plusieurs centaines d’hommes, armés jusqu’aux dents. La plupart sont recrutés parmi les artisans de la classe pauvre de Homs. De toute évidence ils ne sont pas entraînés au port des armes ce qui les rend plus dangereux car ils tirent dans tous les sens, surtout lorsqu’ils sentent le danger. Mais ils sont encadrés par des professionnels de la nébuleuse salafiste internationale : afghans, irakiens, séoudiens, libanais ou jordaniens. Les jeunes des Comités populaires en ont capturés quelques-uns. Ces groupuscules ont pour mission de terroriser les forces de l’ordre et l’armée pour les faire démissionner ainsi que de dissuader la population au cas où elle chercherait à contredire l’opposition.

Profanation à l’église de Saint Elian et enlèvement de jeunes chrétiennes

Depuis une dizaine de jours les salafistes ont forcé la porte de l’antique église Saint Elian à Homs. Ils pensaient que les ustensiles sacrés étaient en or aussi les ont-ils raflés. L’Evêque grec-orthodoxe a eu le courage d’aller voir l’Emir de Homs, Bilal El Ken. Il lui a dit « Nous sommes des frères et avons toujours vécu ensemble. Pourquoi tu nous a pris nos vases sacrés ?, tu dis que tu te passes des forces de l’ordre, il t’appartient donc de nous défendre ». Bilal a rassuré l’Evêque sur les intentions des insurgés mais a nié avoir commandité la rafle.

Puis les sbires de Bilal El Ken enlevèrent quatre filles chrétiennes d’un minibus faisant l’aller retour de Homs à Zeidal. L’une d’entre elles, Maya Semaan, fut rendue au bout de quatre jours, de toute évidence violée. L’armée intervint alors pour mettre une limite aux exactions des salafistes. Bilal fut tué le 7 septembre 2011 durant les affrontements et son quartier général fut perquisitionné. On y trouva les vases sacrés volés et ils furent rendus à l’église de Saint Elian.

La désinformation assure que Bilal EL Ken est un officier dissident faisant partie de l’armée libre de Syrie. Il n’en est rien. Les salafistes ont mis la main sur un dépôt d’uniformes de l’armée syrienne. Ils s’en revêtent et se font passer pour des officiers et des soldats repentis. Ce sont les gens du quartier de Bilal à Bab Sbah à Homs qui affirment que toute sa vie cet individu était un voyou qui s’est converti au wahabisme salafiste par pur intérêt. Les musulmans modérés se plaignent de lui autant sinon plus que les chrétiens. Ils l’accusent de viol, séquestration, terrorisme, intimidation et fondamentalisme meurtrier.

Ces jours-ci les rues sont plus calmes. On entend cependant toujours des rafales de balles. Maintenant on peut sortir pour les achats nécessaires, mais depuis quinze jours on était terrés à la maison. Homs était devenu un champ de bataille. Les insurgés ont des armes lourdes qu’ils utilisent sans discernement. Avec les RPG ils peuvent détruire les chars de l’armée. La façade de l’Evêché est criblée de balles et quelques vitres sont cassées. Etant situé sur une ligne de démarcation le bâtiment aurait dû être beaucoup plus endommagé. Il faut remercier l’armée qui avance avec un soin infini en ne visant que les barricades des terroristes et leurs lieux de rassemblement et en évitant de toucher les bâtiments civils. Cependant ceci n’a pas encouragé les locataires de l’Evêché à y rester. Il semble abandonné dans un quartier ravagé, autrefois si paisible.

Les groupes salafistes continuent à investir plusieurs quartiers de Homs, surtout Bab Amr. Ils ont juré d’empêcher les écoles d’ouvrir à travers ce slogan : « La dirassé wa la tadriss hata isqat al ra2is » (« Pas d’études ni d’enseignements jusqu’à faire tomber le Président »). Les écoles publiques ont ouvert et les écoles privées ouvriront la semaine prochaine mais les salafistes tirent sur les écoles ce qui dissuadera les parents d’envoyer leurs enfants. De plus les « manifestants » ont décidé de marcher dans la rue au moment de la sortie des écoles. Sur les photos et les vidéos il y aura plus de monde et, c’est çà fait bien que les écoliers et les étudiants paraissent faire partie de l’opposition.

Mes paroissiens et nos amis musulmans nous nous regardons souvent avec une interrogation lancinante : que s’est-il passé pour que nous en soyons arrivés là ? Au début j’ai approuvé tacitement que quelques uns de nos jeunes aillent aux « manifestations » avec leurs camarades. C’était une belle expérience de solidarité et de revendication noble et légitime. Mais, très vite, ces manifestations sont devenues d’une autre teneur. Nous avons vu des barbus armés et drogués tirer partout d’un œil hagard. Je vous en avais déjà parlé, mais vous me dites qu’on ne vous croit pas ?

La grande majorité des jeunes s’est retirée. Les chrétiens ne sentent plus que les revendications les interpellent. Il n’y a d’ailleurs aucune autre revendication que d’en finir avec le régime et cela est crié blasphèmes à l’appui au son des « Allah Akbar » islamiques.

Les jeunes ou moins jeunes qui sont restés fidèles au mouvement contestataire sont réapparus armés, et farouches. Auparavant nul ne parlait de la religion de l’autre. Aujourd’hui on entend des injures contre les chrétiens et les alaouites et…vice versa. C’est une situation désastreuse qui laisse présager le pire.

Redevenir Dhimmi ?

Un dhimmi est un citoyen de l’état islamique qui n’est pas musulman. Il est traité comme un citoyen de seconde zone. Il doit verser une capitation pour être « protégé » par l’état islamique. Il n’a pas les mêmes privilèges que les citoyens musulmans.

L’autre jour j’étais chez le mécanicien à Sinaa (la cité industrielle). Celui-ci, un fervent sunnite, me questionne à brûle-pourpoint : « Que pensez-vous des affirmations du Patriarche Maronite ? on dirait qu’il a peur pour les chrétiens si le régime tombe ? ». Je lui réponds : « Je pense qu’il a raison. Il est difficile pour un chrétien d’aujourd’hui d’accepter de redevenir un dhimmi. Nous n’accepterons pas »

Il rétorqua : « Mon frère, il ne faut pas avoir peur de nous, nous vivons ensemble. »

Je lui précisais : « Dans un état islamique nous ne vivrons pas en égaux. Accepterais-tu d’être traité par un chrétien comme un citoyen de deuxième catégorie ? ».

Il sursauta et je renchéris : « Ce n’est acceptable ni chez nous ni ailleurs, ce serait retourner en arrière, au Moyen-Âge, vers un régime basé sur une discrimination confessionnelle. C’est pourquoi les chrétiens ne briguent pas un état chrétien mais préfèrent un régime laïc devant lequel nous sommes tous citoyens aux droits et devoirs égaux abstraction faite de leur appartenance religieuse. Tandis que votre réclamation d’un Etat islamique vous amènera, une fois qu’il sera instauré à distinguer derechef les musulmans des non-musulmans ».

Mon mécanicien ne répondit plus rien.

Agnès-Mariam de la Croix

P.O.Box 29 - Zouk Michaël - LEBANON Portable : 00 961 3 213 039 Lebanese phone and fax : 00961 9 220 297 Syrian phone . 00963 11 7851 700 or 00963 11 7852 700 Syrian fax : 00963 11 7852 701 Syrian portable : 00 963 944 224 248




Edité par T 34 - 03 Oct 2011 à 03:30
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Oct 2011 à 20:21

Plus qu’un crime, une faute : le fils du Grand Mufti de Syrie assassiné

Par Louis Denghien, le 3 octobre 2011 

Le%20Grand%20mufti%20de%20Syrie%20recevant%20un%20dignitaire%20religieux%20arménien,%20en%20novembre%20dernier%20:%20cest%20la%20communauté%20sunnite,%20dans%20sa%20dimension%20patriotique%20et%20tolérante,%20quont%20voulu%20frapper%20les%20radicaux,%20à%20travers%20lassassinat%20du%20fils%20de%20son%20chef%20spirituel

Le Grand mufti de Syrie recevant un dignitaire religieux arménien, en novembre dernier : c'est la communauté sunnite, dans sa dimension patriotique et tolérante, qu'ont voulu frapper les radicaux, à travers l'assassinat du fils de son chef spirituel

En Syrie, la campagne d’assassinats ciblés de notables (voir notre article « La stratégie « serial killers » des opposants radicaux de Homs« , mis en ligne le 29 septembre) semble se poursuivre : l’agence gouvernementale Sana a annoncé aujourd’hui le meurtre de Sariah Hassoun,  fils du Grand mufti (sunnite) de Syrie cheikh Badr el-Dine Hassoun. Sariah Hassoun est tombé dimanche 2 octobre à Eblaa (nord-ouest du pays) sous les balles d’un « groupe terroriste armé« . Mohamed al-Omar, professeur d’histoire à l’université d’Alep, qui l’accompagnait en voiture à l’université, a également péri dans cette attaque. C’est donc, outre le régime, la partie, majoritaire, de la communauté sunnite qui refuse de suivre les radicaux – qui était visée par cet attentat.

Un nouveau tournant de la crise ?

L’assassinat du fils du Grand mufti de Syrie, la plus haute autorité morale de la communauté sunnite, pourrait bien représenter un tournant dans la crise syrienne.  Car là, comme disait Talleyrand, ministre des Affaires étrangères de Napoléon, à propos de l’enlèvement puis de l’exécution du duc d’Enghien, membre de la famille royale de France, par les hommes du Premier Consul, ce meurtre est « plus qu’un crime, c’est une faute ! ». Une énorme faute psychologique, morale et politique, qui frappe symboliquement la communauté majoritaire de Syrie, la plus encline, pour des raisons historiques et sociologiques, à prêter ue oreille, sinon un appui effectif, aux opposants radicaux au régime de Damas. Le Grand Mufti de Syrie, semblable en celà à une majorité de ses fidèles, a toujours soutenu Bachar al-Assad, et c’est bien ce qu’ont voulu lui faire payer les extrémistes sunnites plus ou moins « inspirés » par Ryad et Washington en tuant son fils. Ce geste est tellement contre-productif, du point de vue des opposants radicaux « politiques », qu’on se demande quelle mouche a piqué les assassins. On est d’ores et déjà curieux de connaître la réaction du tout nouveau « Conseil national » de l’opposition constitué officiellement dimanche 2 octobre depuis le territoire turc et censé regrouper « tous les courants politiques opposés » à Bachar, dont les Frères musulmans qui viennent de se prononcer officiellement pour une démocratie pluraliste en Syrie, mais qui, en attendant, ont une parenté idéologique certaine avec le plupart des bandes armées sévissant actuellement dans le pays.

Oui, on souhaite bien du plaisir à ce « Conseil national«  fourre-tout et sous influence étrangère directe, pour effacer ce sang-là, pas le seul, mais un des plus forts symboliquement, qui ait été versé par le bras armé de cette opposition aussi déracinée  qu’irresponsable !

A Rastan, l’ « armée syrienne libre » a perdu la bataille

Par Droits réservés, le 3 octobre 2011 

Quatre%20des%20soldats%20blessés%20dans%20les%20combats%20de%20Rastan,%20interrogés%20par%20la%20télévision%20syrienne

Quatre des soldats blessés dans les combats de Rastan, interrogés par la télévision syrienne

Les autorités syriennes ont annoncé, dimanche 2 octobre, avoir repris le contrôle de Rastan, ville moyenne située à une vingtaine de kilomètres au nord de Homs et dont la cyber-opposition – et donc les médias occidentaux – avait fait ces derniers jours le nouveau bastion de la « résistance » à Bachar al-Assad. Rastan, à les en croire, était devenu le point de regroupement de « centaines » –  de déserteurs de l’armée, plus ou moins structurés en une « Armée syrienne libre » dirigée par le colonel – entre-temps auto-promu, parait-il, « général » – Ryad al-Assad (voir notre article « On a trouvé un remplaçant au colonel Harmouche« , mis en ligne le 19 septembre). L’Associated Press, qui n’en est plus à un bobard anti-Bachar près,  n’hésitait pas, dimanche, à faire état, via les confidences d’un « militant des droits de l’homme s’exprimant sous le couvert de l’anonymat« , du chiffre de « 2 000 déserteurs » affrontant les forces loyalistes non seulement à Rastan, mais dans la ville voisine de Talbiseh et dans la région de Jabal al-Zaouiyah, dans le gouvernorat d’Idleb (nord du pays).

Des combats, mais combien de combattants ?

En tout cas, à Rastan, l’ »Armée syrienne libre » (FSA) ne semble pas avoir fait des miracles, en dépit des rodomontades et des menaces du « colonel-puis-général » al Assad (voir notre article « Buzz & désinformation : c’est à Rastan que ça se passe« , mis en ligne le 28 septembre) : commencés mardi dernier, les combats auraient été, assure cette fois l’OSDH, « parmi les plus violents depuis le début du mouvement de contestation ». C’est possible si, effectivement, les forces de l’ordre affrontaient cette fois des déserteurs ayant conservé tout ou partie de leur équipement. Reste qu’il est difficile d’apprécier l’importante numérique de cette dissidence armée à Rastan : tout le monde sait que dans un contexte urbain, un nombre réduit de combattants peut donner longtemps du fil à retordre à une armée organisée et supérieure en nombre. La guérilla urbaine n’a pas besoin de gros bataillons, mais de dizaines de snipers embusqués sur les toits ou aux fenêtres des immeubles. De quoi tenir un certain temps contre les troupes loyalistes équipées de blindés et d »hélicoptères, mais pas de quoi « tenir » durablement la ville.

A Rastan c’est, si l’on croit l’agence Reuters, un certain « capitaine » Abdelrahman Cheikh qui dirigerait les « troupes » dissidentes, en l’occurence le « bataillon Khaled Ibn al Walid » (en référence à un conquérant arabe de la Syrie). Cette « unité » était celle présentée, début septembre, comme une « brigade » au reporter d’al-Jazeera Nir Rosen (voir notre article « Al-Jazeera a – enfin – rencontré les groupes armés« , mis en ligne le 27 septembre). Un de ses interlocuteurs – qui s’est avéré être par la suite le colonel Ryad al-Assad – avait alors dit à Rosen qu’il estimait le nombre de déserteurs présents dans la région de Homs à 500, pas tous forcément organisés et armés.

Cette estimation doit donc être considérée comme maximale, et certainement gonflée, eu égard à certaine tradition de « lyrisme » des opposants. Il y a fort à parier que les troupes syriennes ont affronté à Rastan quelques dizaines de desperados bien retranchés, et se servant des populations civiles comme de « boucliers humains ». L’agence gouvernementale Sana rend compte, le 1er octobre, d’interviews de soldats blessés – dont un colonel – dans les combats de Rastan qui racontent que leurs adversaires étaient notamment équipés de RPG (lance-roquettes). La chaîne française, et globalement désinformatrice, France 24 parle quant à elle d’une « quinzaine de morts » en « trois jours » de combat, ce qui resitue la « bataille » de Rastan à son vrai niveau, qui n’est pas celui de Stalingrad !

Sana fait également état des obsèques, lundi 3 octobre à Homs, de 4 sous-officiers et 4 appelés tombés dans des missions de maintien de l’ordre à Homs et à Hama. Et la veille, ce sont pas moins de 13 « martyrs » de l’armée et de la police qui étaient conduits à leur dernière demeure, depuis Damas et Homs.

Bref, si l’opposition « manifestante » recule, les groupes armés – notamment par le trafic d’armes aux frontières – s’efforcent toujours de créer un climat « à l’irakienne ». A notre avis, sans support d’une fraction conséquente de la population, cette guérilla est vouée à l’extinction militaire, et elle ne peut, par les dégâts humain qu’elle cause, que desservir la cause, déjà quelque peu discréditée, de l’opposition radicale « politique ».

Obsèques%20de%20militaires%20victimes%20du%20devoir,%20le%203%20octobre

Obsèques de militaires victimes du devoir, le 3 octobre

 

Par Droits réservés, le 3 octobre 2011 


< id=XdComm name=XdComm id=:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000 =application/x-shockwave-flash allowaccess="always">< NAME="_cx" VALUE="5080">< NAME="_cy" VALUE="5080">< NAME="FlashVars" VALUE="">< NAME="Movie" VALUE="http://connect.facebook.net/r.php/v1/yK/r/RIxWozDt5Qq.swf">< NAME="" VALUE="http://connect.facebook.net/r.php/v1/yK/r/RIxWozDt5Qq.swf">< NAME="WMode" VALUE="">< NAME="Play" VALUE="0">< NAME="Loop" VALUE="-1">< NAME="Quality" VALUE="High">< NAME="SAlign" VALUE="">< NAME="Menu" VALUE="-1">< NAME="" VALUE="">< NAME="AllowAccess" VALUE="always">< NAME="Scale" VALUE="ShowAll">< NAME="DeviceFont" VALUE="0">< NAME="Movie" VALUE="0">< NAME="" VALUE="">< NAME="SWRemote" VALUE="">< NAME="Movie" VALUE="">< NAME="SeamlessTabbing" VALUE="1">< NAME="Pro" VALUE="0">< NAME="ProAddress" VALUE="">< NAME="Pro" VALUE="0">< NAME="AllowNetworking" VALUE="all">< NAME="AllowFullScreen" VALUE="false">
< ="http://connect.facebook.net/fr_FR/all.js#xfbml=1">
< style="WIDTH: 118px; HEIGHT: 20px" ="twitter-share- twitter-count-horizontal" title='Twitter pour votre site web : bouton "Tweeter"' ="http://plat.twitter.com/widgets/tweet_.#_=1317663607859&count=horizontal&id=twitter_tweet__0&lang=fr&original_referer=http%3A%2F%2Fwww.infosyrie.fr%2Factualite%2Fa-rastan-l-armee-syrienne-libre-a-perdu-la-bataille%2F&text=A%20Rastan%2C%20l%E2%80%99%20%C2%AB%C2%A0arm%C3%A9e%20syrienne%20libre%C2%A0%C2%BB%20a%20perdu%20la%20bataille%20-%20InfoSyrie&=http%3A%2F%2Fwww.infosyrie.fr%2Factualite%2Fa-rastan-l-armee-syrienne-libre-a-perdu-la-bataille%2F" Border=0 allowTransparency scrolling=no> < =text/ ="http://plat.twitter.com/widgets.js">
< style=": static; BORDER-BOTTOM-STYLE: none; BORDER-RIGHT-STYLE: none; MARGIN: 0px; WIDTH: 70px; BORDER-TOP-STYLE: none; HEIGHT: 15px; VISIBILITY: ; BORDER-LEFT-STYLE: none; TOP: 0px; LEFT: 0px" id=I1_1317663608375 title=+1 =-1 marginHeight=0 ="https://plusone.google.com/u/0/_/+1/fast?=http%3A%2F%2Fwww.infosyrie.fr%2Factualite%2Fa-rastan-l-armee-syrienne-libre-a-perdu-la-bataille%2F&size=small&count=true&annotation=&hl=fr&jsh=r%3Bgc%2F23980661-3686120e#id=I1_1317663608375&parent=http%3A%2F%2Fwww.infosyrie.fr&rpctoken=490859357&_methods=onPlusOne%2C_ready%2C_%2C_%2C_resizeMe" Border=0 width="100%" allowTransparency name=I1_1317663608375 marginWidth=0 scrolling=no>

>Quatre%20des%20soldats%20blessés%20dans%20les%20combats%20de%20Rastan,%20interrogés%20par%20la%20télévision%20syrienne

Quatre des soldats blessés dans les combats de Rastan, interrogés par la télévision syrienne

Les autorités syriennes ont annoncé, dimanche 2 octobre, avoir repris le contrôle de Rastan, ville moyenne située à une vingtaine de kilomètres au nord de Homs et dont la cyber-opposition – et donc les médias occidentaux – avait fait ces derniers jours le nouveau bastion de la « résistance » à Bachar al-Assad. Rastan, à les en croire, était devenu le point de regroupement de « centaines » –  de déserteurs de l’armée, plus ou moins structurés en une « Armée syrienne libre » dirigée par le colonel – entre-temps auto-promu, parait-il, « général » – Ryad al-Assad (voir notre article « On a trouvé un remplaçant au colonel Harmouche« , mis en ligne le 19 septembre). L’Associated Press, qui n’en est plus à un bobard anti-Bachar près,  n’hésitait pas, dimanche, à faire état, via les confidences d’un « militant des droits de l’homme s’exprimant sous le couvert de l’anonymat« , du chiffre de « 2 000 déserteurs » affrontant les forces loyalistes non seulement à Rastan, mais dans la ville voisine de Talbiseh et dans la région de Jabal al-Zaouiyah, dans le gouvernorat d’Idleb (nord du pays).

Des combats, mais combien de combattants ?

En tout cas, à Rastan, l’ »Armée syrienne libre » (FSA) ne semble pas avoir fait des miracles, en dépit des rodomontades et des menaces du « colonel-puis-général » al Assad (voir notre article « Buzz & désinformation : c’est à Rastan que ça se passe« , mis en ligne le 28 septembre) : commencés mardi dernier, les combats auraient été, assure cette fois l’OSDH, « parmi les plus violents depuis le début du mouvement de contestation ». C’est possible si, effectivement, les forces de l’ordre affrontaient cette fois des déserteurs ayant conservé tout ou partie de leur équipement. Reste qu’il est difficile d’apprécier l’importante numérique de cette dissidence armée à Rastan : tout le monde sait que dans un contexte urbain, un nombre réduit de combattants peut donner longtemps du fil à retordre à une armée organisée et supérieure en nombre. La guérilla urbaine n’a pas besoin de gros bataillons, mais de dizaines de snipers embusqués sur les toits ou aux fenêtres des immeubles. De quoi tenir un certain temps contre les troupes loyalistes équipées de blindés et d »hélicoptères, mais pas de quoi « tenir » durablement la ville.

A Rastan c’est, si l’on croit l’agence Reuters, un certain « capitaine » Abdelrahman Cheikh qui dirigerait les « troupes » dissidentes, en l’occurence le « bataillon Khaled Ibn al Walid » (en référence à un conquérant arabe de la Syrie). Cette « unité » était celle présentée, début septembre, comme une « brigade » au reporter d’al-Jazeera Nir Rosen (voir notre article « Al-Jazeera a – enfin – rencontré les groupes armés« , mis en ligne le 27 septembre). Un de ses interlocuteurs – qui s’est avéré être par la suite le colonel Ryad al-Assad – avait alors dit à Rosen qu’il estimait le nombre de déserteurs présents dans la région de Homs à 500, pas tous forcément organisés et armés.

Cette estimation doit donc être considérée comme maximale, et certainement gonflée, eu égard à certaine tradition de « lyrisme » des opposants. Il y a fort à parier que les troupes syriennes ont affronté à Rastan quelques dizaines de desperados bien retranchés, et se servant des populations civiles comme de « boucliers humains ». L’agence gouvernementale Sana rend compte, le 1er octobre, d’interviews de soldats blessés – dont un colonel – dans les combats de Rastan qui racontent que leurs adversaires étaient notamment équipés de RPG (lance-roquettes). La chaîne française, et globalement désinformatrice, France 24 parle quant à elle d’une « quinzaine de morts » en « trois jours » de combat, ce qui resitue la « bataille » de Rastan à son vrai niveau, qui n’est pas celui de Stalingrad !

Sana fait également état des obsèques, lundi 3 octobre à Homs, de 4 sous-officiers et 4 appelés tombés dans des missions de maintien de l’ordre à Homs et à Hama. Et la veille, ce sont pas moins de 13 « martyrs » de l’armée et de la police qui étaient conduits à leur dernière demeure, depuis Damas et Homs.

Bref, si l’opposition « manifestante » recule, les groupes armés – notamment par le trafic d’armes aux frontières – s’efforcent toujours de créer un climat « à l’irakienne ». A notre avis, sans support d’une fraction conséquente de la population, cette guérilla est vouée à l’extinction militaire, et elle ne peut, par les dégâts humain qu’elle cause, que desservir la cause, déjà quelque peu discréditée, de l’opposition radicale « politique ».

>Obsèques%20de%20militaires%20victimes%20du%20devoir,%20le%203%20octobre

Obsèques de militaires victimes du devoir, le 3 octobre


L’ambassadeur Ford poursuit ses consultations sous une pluie de tomates

Par Louis Denghien, le 3 octobre 2011 

>Les%20citoyens%20accueillent%20M.%20Ford%20avec%20des%20oeufs%20pour%20manifester%20contre%20les%20politiques%20américaines%20%28commentaire%20de%20la%20chaîne%20syrienne%20Addounia%20TV%29

"Les citoyens accueillent M. Ford avec des oeufs pour manifester contre les politiques américaines" (commentaire de la chaîne syrienne Addounia TV)

C’est une manière de tradition qui s’installe à Damas : l’ambassadeur américain Robert Ford retrouve désormais sur sa route des partisans motivés de Bachar, à chaque fois qu’il vient porter encouragements et conseil de la Maison Blanche à une figure de l’opposition radicale. La dernière fois, c’était, croyons nous, le 23 août (voir notre article « Robert Ford obligé d’écourter son ingérence », mis en ligne le 25 août). Et cette fois – jeudi 29 septembre – c’est en rendant une visite à Hassan Abdul-Azim, chef d’un « Parti de l’Union arabe démocrate socialiste » – formation non encore autorisée à ce jour – que ce spécialiste hors pair de l’« ingérence tranquille », ou de la « déstabilisation au grand jour », s’est heurté à cette partie de l’opinion syrienne volontiers ignorée par l’administration Obama-Clinton : une centaine de partisans du régime se sont en effet invités dans les locaux du Parti de l’Union. Contenus par les militants de l’opposition, les bacharistes ont fait le siège des lieux pendant trois heures, troublant certainement les entretiens de MM. Abdul-Hazim et Ford, et empêchant peut-être ce dernier de se rendre à d’autres importants rendez-vous « diplomatiques ». Des œufs, des tomates et quelques pierres ont en outre été lancés contre la voiture de l’ambassadeur, sinon contre l’ambassadeur lui-même. Qui a, du reste, pu regagner sa résidence sans plus de problèmes, sous la protection de la police.

Hillary Clinton a récemment exigé du gouvernement syrien, du ton mélodramatique qu’on imagine, qu’il garantisse la sécurité de son ambassadeur, ainsi que l’intégrité du territoire de l’ambassade, elle aussi caillassée ponctuellement.

Impudence & ingérence sont les deux mamelles de la diplomatie américaine

Sachons raison garder : les œufs et les tomates, et même quelques pierres sur une voiture certainement blindée du pare-choc aux vitres, c’est moins grave, moins lourd de conséquences que toute l’huile que Mr Ford ne cesse de jeter sur le feu qui couve – ou couvait naguère – à Hama, Homs et ailleurs, espérant transformer les méfiances et rancunes confessionnelles en guerre civile, et les groupes de salafistes et de déserteurs en « armée » d’auxiliaires du Pentagone. A Hama, il faut quand même le rappeler, Robert Ford, dont le pays est censé mener depuis plus de dix ans une guerre implacable contre le radicalisme islamique, Robert Ford donc n’a pas craint de s’afficher aux côtés de manifestants hurlant leurs « Allah o akbar ! » dans un bastion historique des Frères musulmans syriens, dans une ville où ces mêmes radicaux ont notamment massacrés 17 policiers, mutilant leurs cadavres avant de les jeter dans l’Oronte. Et où un certain nombre d’entre eux ont ouvert le feu à la Kalashnikov et même au RPG contre les renforts arrivés sur place.

Est-ce que l’ambassadeur américain à Paris est venu apporter le salut amical de l’Amérique aux émeutiers de Villiers-le-Bel ou de tout autre point chaud de la région parisienne ? Est-ce qu’il tente de fédérer l’opposition à Nicolas Sarkozy, de l’extrême gauche au Front national, en passant par le PS, les écologistes et le MODEM ?

Et est-ce que l’ambassadeur syrien à Washington ranime les ardeurs, à travers des entretiens ouvertement anti-Obama, de personnalités indépendantes comme Ralph Nader ou Pat Buchanan, ou, pour faire dans l’extrémisme couleur locale, de la Nation of Islam de Farrakhan ou du Ku-Klux-Klan ?

Non, seul Washington a le droit de pratiquer effectivement et quasi-officiellement toutes les manoeuvres – ingérence, manipulations, provocations – qu’elle reproche, le plus souvent faussement, à ceux qu’il a désignés comme ses ennemis géostratégiques.

Au fait, si Washington craint tellement pour la sécurité de son représentant à Damas, qu’elle le rappelle. Ca aussi c’est une tradition diplomatique consacrée par l’usage !

Et puis disons un mot de ces opposants qui ne craignent pas de s’afficher avec les représentants d’une puissance qui ne veut que l’abaissement, le morcellement et l’alignement de la Syrie sur la ligne diplomatique américaine : à notre humble avis, ils ne servent pas au mieux la cause qu’ils prétendent servir, en en faisant un cheval de Troie de l’ingérence atlantiste. On ne peut critiquer ou combattre – pacifiquement – le gouvernement syrien actuel qu’en se tenant soigneusement à l’écart de puissances non seulement étrangères mais objectivement ennemies de l’indépendance arabe. C’est une question d’efficacité autant que d’intégrité politique !

>Une%20précédente%20réception,%20à%20Hama%20cette%20fois-ci,%20de%20lambassadeur%20Ford

Une précédente "réception", à Hama cette fois-ci, de l'ambassadeur Ford

 
Les contradictions internes du président Ghalioun, reflets de celles de l’opposition extérieure ?

Par Guy Delorme, le 3 octobre 2011 

Burhan%20Ghalioun,%20président%20virtuel%20de%20lopposition%20exilée%20:%20une%20lucidité%20géopolitique%20à%20éclipses

Burhan Ghalioun, président virtuel de l'opposition exilée : une lucidité géopolitique à éclipses

Il nous faut bien dire ici deux ou trois mots du « Conseil national syrien » officiellement lancé dimanche 2 octobre à Istambul, sous les auspice diplomatiques des Etats-Unis et de la Turquie. Le CNS est censé réunir « les forces de l’opposition et de la révolution pacifique« . Du coup on peut se demander si cette honorable assemblée a le moindre pouvoir  sur les groupes armés salafistes et les déserteurs de l’armée qui les ont rejoints, qui ne font guère dans le pacifisme, depuis que le mouvement a débuté.

Mais passons : le CNS qui se veut « le représentant de la révolution syrienne à l’intérieur et à l’extérieur » réunit donc pour le quart d’heure les Frères musulmans, les « comités locaux de coordination » (les « correspondants locaux » de l’OSDH), des opposants « libéraux » ainsi que des représentants des minorités kurdes et assyriennes. C’est, pour faire court, l’alliance de la carpe islamiste et du lapin « bobo-Facebook », symbolisée par la présence à la direction du CNS de Mohammed Riyad al-Chaqfa, dirigeant des Frères musulmans, et de Bassma Kodmani, une autre intellectuelle exilée à Paris, chargée de mission au CNRS et chaude partisane du dialogue israélo-arabe. On est donc en droit de concevoir pas mal de doutes sur la pérennité de cette alliance de circonstance, qui n’a d’autre finalité, pour ses parrains turcs et euro-américains, que de servir de cheval de Troie à leurs intérêts géopolitiques et à leurs lubies idéologiques.

La belle lucidité – passée – du président Ghalioun

La présidence du CNS a été confiée à Burhan Ghalioune, un professeur de sociologie politique à l’université Paris III-Sorbonne Nouvelle, âgé de 66 ans. Il dirige aussi un « Centre d’études sur l’Orient contemporain » basé à Paris, et a signé plusieurs ouvrages, dont Islam & Politique – La modernité trahie et Le malaise arabe, l’Etat contre la Nation. Il est aussi l’auteur de nombreux articles dans la presse internationale et française. Dont un que nous avons retrouvé sur le site francophone Palestine-Solidarité, daté de mai 2007 : intitulé « Qui est responsable de la propagation de la violence dans le monde ?« , l’article, traduit de l’arabe depuis le blog de Burhan Ghalioun, faisait le constat que la « guerre contre le terrorisme » initiée par l’administration Bush n’avait fait que développer celui-ci, tout en concourant à limiter les libertés civiles dans de nombreux pays – à commencer par les Etats-Unis. Les Etats-Unis que Burhan Ghalioun accusait d’utiliser cette guerre contre al-Qaida pour « imposer leur ordre du jour politique et stratégique propre« , et parlait notamment d’ »aventurisme désastreux » à propos de la politique de Washington au Proche-Orient, dans le Caucase et d’autres régions du monde.

Et Burhan Ghalioun enfonçait hardiment le clou, écrivant noir sur blanc que derrière la « guerre mondiale contre le terrorisme » « se dissimulaient divers ordres du jour convergeant tous vers l’objectif des forces mondiales hégémoniques« . Quel objectif ? Eh bien, notamment, « crédibiliser les politiques expansionnistes d’Israël, (…) l’aider à isoler le peuple palestinien, à briser sa volonté et son moral afin de permettre à Tel-Aviv de conserver puis d’annexer les territoires annexés ». Et, d’une manière plus globale, constatait Ghalioun, cette guerre était « devenue la couverture théorique et idéologique justifiant les politiques américaines de suprématie, au Proche-Orient notamment« . « Jamais contrainte colonialiste n’a joui d’une période de grâce plus longue ni d’une adhésion plus grande quant aux politiques américaines explicitement colonialistes au Proche-Orient, dans le Caucase et en Afrique, qu’au cours des deux dernières décennies » résumait le professeur Ghalioun qui complétait ainsi sa démonstration : « Jamais non plus Israël n’a connu de conjoncture plus favorable (la guerre contre le terrorisme islamiste) pour étendre ses colonies, renforcer sa présence dans les territoires palestiniens et syriens occupés et bafouer les intérêts des peuples, qu’au cours des vingt ans passés« .

On ne peut que s’incliner devant la pertinence de cette analyse. Et se frapper le front en pensant que c’est le même universitaire, syrien d’origine, si au fait des manoeuvres, mots d’ordre et arrière-pensées de la Maison Blanche, qui accepte avec émotion de prendre la présidence d’un gouvernement fantoche entièrement dans les mains des Américains et de leurs amis turcs, lesquels s’intéressent beaucoup moins à la liberté et au bien être du peuple syrien qu’à la destruction ou au moins l’abaissement d’une nation qui gênent leur ami israélien (les Etats-Unis) ou qui contrarie leur plan d’hégémonie régionale (la Turquie). Burhan Ghalioun, qui avait tout compris en 2007, joue les idiots utiles (à Washington et Tel-Aviv) en 2011. Ambition, fatigue, rancune personnelle contre Bachar al-Assad ?

Des%20partisans%20de%20Bachar%20se%20sont%20invités%20à%20la%20réunion%20de%20lancement%20du%20CNS,%20dimanche%202%20octobre%20à%20Istambul

Des partisans de Bachar se sont invités à la réunion de lancement du CNS, dimanche 2 octobre à Istambul

 
Les Etats-Unis imposent de nouvelles sanctions contre la Syrie
 


Edité par T 34 - 04 Oct 2011 à 02:11
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Oct 2011 à 23:08

Lors des funérailles du fils du Grand Mufti de Syrie : « Pas de concessions ni de capitulations »

Par Louis Denghien, le 4 octobre 2011 

Enterrement%20de%20Sariah%20Hassoun,%20fils%20du%20grand%20Mufti%20de%20Syrie

Enterrement de Sariah Hassoun, fils du grand Mufti de Syrie

Voici la traduction, par notre contributeur Mohammed, d’un article détaillant le discours du Grand Mufti de Syrie, cheikh Badr el-Dine Hassoun, lors de l’enterrement de son fils Sariah Hassoun, tué par balles, en compagnie de Mohamed al-Omar, professeur d’histoire à l’université d’Alep. Tous deux, selon les médias européens, se rendaient à une manifestation anti-gouvernementale, ce qui défie le plus simple bon sens. Bon sens que n’a pas perdu, heureusement, le Grand Mufti, et qui souligne avec grandeur sa bienveillance et son amour.

A lui et sa famille, vont toutes nos pensées.

« Funérailles émouvantes à Alep : Lors des funérailles de son fils, Hassoun : Pas de concessions ni de capitulations » !

Le mufti général de la République Syrienne, Cheikh Ahmed Badr Eddine Hassoun, a souligné, lors des funérailles de son fils à Alep, tué par un groupe armé, dimanche, que ceux qui commettent de tels actes ne visent pas des personnes, mais c’est la Syrie qu’ils veulent pousser à s’agenouiller devant les sionistes et les américains, affirmant qu’ils « ne parviendront pas à leurs objectifs, et que, même s’il ne reste qu’une seule personne, elle ne va pas faire de concessions au sujet de la palestine, ni s’agenouiller devant les ennemis de la nation, et qu’elle ne sera pas lâche, et qu’elle ne va pas tuer des innocents ».

Le jeune martyr, Sariah Hassoun, le fils du Mufti général de la république arabe syrienne, a succombé à ses blessures par balles, après avoir été agressé par des personnes armées à son retour de l’université d’Ebla, le dimanche après-midi.

Hassoun a considéré que c’est le « pays tout entier que l’on égorge », se demandant « pourquoi les avions de l’OTAN effectuent-ils des raids sur les villes libyennes, et versent leurs bombes sur les libyens, et est-ce que ceux qui ne veulent pas que Sariah et ses compagnons, martyrs, restent en vie dans la paix, veulent le Bien de la nation et sont convaincu des intérêts du peuple ».

Et le mufti a noté, qu’à travers 23 ans d’exercice de la fonction de mufti, il a été soucieux de la nation, et il n’a pas accepté qu’aucun syrien ne soit atteint du mal, et qu’il a été peiné par chaque martyr tombé sur la terre syrienne, et s’est demandé pour quelle raison les criminels ont-ils tués son fils ?

Le Mufti a appelé les manifestants à cesser de créer un environnement favorable pour ces terroristes, leur permettant de commettre leurs actes criminels, et il les a exhorté de même à prendre du recul et à revoir leur comportement et cesser de se regrouper, parce qu’ils assurent une couverture à ceux qui veulent faire du mal au pays, expliquant qu’il ressent une peine profonde et une tristesse immense, non seulement pour son fils, mais aussi et surtout pour l’ensemble du pays.

Le Mufti s’est étonné « comment certains pays arabes croient-ils que ce qui se passe en syrie vise le régime politique » alors que c’est la Syrie qui est ciblée, et a appelé à regarder avec sagesse ce qui se passe sur la scène arabe, et voir « comment les pseudo-défenseurs de la démocratie tuent des milliers de fils de libyens et attaquent leurs villes avec des bombes ?

Hassoun a fait porter la responsabilité du sang versé à « certains hommes de religion » qui prononcent des « fatwas » délibérées, pour tuer son fils et des milliers de fils de syriens, s’adressant aux tueurs et aux criminels en leur disant « vous devriez me tuer à la place de Sariah puisque la fatwa m’était destinée, et que ceux qui ont donné la « fatwa » ont autorisé à verser mon sang, considérant que « la sang des martyrs » est de la responsabilité de ceux qui ont autorisé à le verser, mêmes si ces martyrs n’ont fait de mal à personne ».

Le Mufti général de la république a insisté sur le fait que « les prêches et les fatwas que présentent certains hommes religieux et qui appellent à tuer, ne sera d’aucune utilité pour ceux qui veulent la déstabilisation et la perte de ce pays, parce que le sang des milliers de martyrs, en syrie, va protéger ce pays et sera à même de faire triompher la vérité sur le mensonge, et que ceux qui fournissent les armes et l’argent ne vont pas parvenir à faire taire la vérité qui a éclaté, au grand jour, en syrie, car c’est elle qui a défendu la cause palestinienne, protégé la résistance et resté à côté des nôtres à Gaza, lorsque les supporters se sont fait rares ».

Le Mufti a rassuré les syriens et les a appelé à ne pas craindre la poursuite de la confrontation parce que « la syrie est la capitale des terres du Sham, qui restera avec ses fils, ses oulémas et ses composantes, la terre des missions et des émissaires de Dieu, bénie et qui restera la lumière éclairante quoique les jaloux fassent pour attiser le feu ».

Hassoun a appelé les pères et les mères des fils syriens à « surveiller le comportement de leurs fils, en cette période très sensible et d’agir pour faire plier ceux qui portent les armes, ou d’en faire la dénonciation pour sauver le pays et protéger la religion et les valeurs authentiques ».

Il a aussi invité les « personnalités et les parties politiques, qui prennent l’étranger comme tribune pour proférer des insultes contre la syrie, à rentrer au pays à participer à l’édification de son avenir et à présenter leurs points de vues et leurs visions en toute clarté et en bonne foi, au sujet des droits et de la justice ».

Hassoun a indiqué « qu’il connaît de très près comment pense le président Al Assad, qui veut conduire la syrie à la rive sûre et mettre le peuple syrien sur de la route de la victoire et offrir à tous les fils du pays l’opportunité pour être fiers de leurs valeurs, de leur religion et de leur nationalité arabe ».

Hassoun a appelé les frères du monde arabe à rendre visite à la syrie pour « voir de leurs yeux combien ils ont été, durant six mois, victimes des médias mensongers, imposteurs et désinformateurs, et pour se rendre compte, d’eux-mêmes, de ce qu’affirment les délégations étrangères qui ont visité la syrie, et qui ont vu de leurs propres yeux, comment les syriens continuent à mener une vie paisible, de jour comme de nuit, après s’être promenés dans les rues des villes, sans aucune crainte ».

Et il s’est étonné « comment certains pays arabes rappellent leurs ambassadeurs, à l’inverse des autres pays étrangers », s’adressant à ces derniers pour leur dire : « j’ai préparé mon fils pour devenir martyr en défendant la palestine, mais vous lui avez refusé cela, et vous aviez appelé à la ruine de la syrie, alors que nous nous attendions à ce que vous vous rendiez à la syrie pour exercer votre rôle de frères médiateurs de la réconciliation entre frères ».

Hassoun a invité les familles des martyrs à faire preuve de patience et de sérénité, car ils ont présenté tout ce qu’ils ont de plus cher, en sacrifices, pour le pays et que beaucoup seraient tous très honorés de présenter leurs fils en martyrs pour la libération du Golan occupé et de la Palestine.

Les obsèques du martyr se sont déroulées, avec une large participation des potentialités religieuses et populaires, et des milliers de fils de la ville d’Alep, comme a participé, représentant du président Bachar Al Assad, le ministre des affaires religieuses, Dr Mohamed Abdel Sattar Sayed.

Les autorités syriennes accusent « des groupes terroristes armés » financés par l’étranger de « commettre des actes criminels et meurtriers, dans toutes les régions, qui ciblent des civils et des agents de la sécurité », alors que des militants soutiennent que les opérations sécuritaires visent les régions qui connaissent de grandes manifestations pour réprimer les manifestations populaires continues depuis mars dernier.

Plusieurs villes syriennes ont connu, depuis le début du mouvement de contestation, des actes de violences et des agressions de la part des groupes armés, qui ont conduit à la mort et aux blessures de centaines de civils, de militaires et d’agents de la sécurité.

A indiquer que la syrie connaît depuis, mi-mars dernier, des manifestations qui appellent aux réformes et qui lancent des slogans politiques hostiles au pouvoir, accompagnées de centaines de martyrs civils et militaires, et le pouvoir en fait porter la responsabilité à « des groupements armés », alors que des militants de droits accusent les autorités d’user de la « violence » pour étouffer les manifestations ».
Syria-News.

Routine : l’OSDH et les CLC entretiennent la « flamme » de la désinformation

Par Louis Denghien, le 4 octobre 2011 

Le%20colonel%20-%20ou%20général%20-%20Ryad%20al-Assad%20et%20son%20état-major%20de%20lArmée%20syrienne%20libre%20:%20pas%20encore%20les%20moyens%20de%20leur%20ambition

Le colonel - ou général - Ryad al-Assad et son "état-major" de l'"Armée syrienne libre" : pas encore les moyens de leur "ambition"

Bien obligés de reconnaître  - encore que la cyber-opposition syrienne ait montré qu’elle était parfaitement capable d’inventer une réalité virtuelle – que la dissidence militaire n’avait pas tenu ses promesses martiales à Rastan, l’OSDH et ses Comités locaux de coordination ressortent leur arme de mystification massive, à savoir leurs « infos » invérifiables et leurs statistiques grand-guignolesques. Passe encore le bilan de plusieurs « dizaines de victimes » : c’est possible après trois ou quatre jours de combats de rue avec des déserteurs et militants armés, d’autant que des militaires loyalistes figurent parmi les victimes.

L’OSDH rattrapé par la réalité

Mais les CLC ne craignent pas de parler de 3 000 arrestations – dans une ville qui compte au plus 50 000 habitants -, certaines des personnes arrêtées ayant déjà, selon la même source, « péri sous la torture« . Ce manque de mesure dans la propagande nuit décidément, à notre humble avis, à la crédibilité des opposants à portables et ordinateurs : pour être cru, un mensonge doit être, en quelque sorte, « raisonnable ».

D’autre part, la journée de mobilisation du vendredi 30 septembre n’ayant pas vraiment défrayé la chronique internationale, l’OSDH s’offre une « session de rattrapage » en « vendant » cette fois aux agences de presse occidentales et donc anti-Bachar, une journée de soutien au « Conseil national syrien« , officiellement lancé depuis Istambul par un conglomérat d’opposants « démocrates » ou islamistes, mais tous radicaux et tous soutenus à bout de bras par Washington et ses partenaires européens et turcs (voir notre article « Les contradictions internes du président Ghalioun, reflets de celles de l’opposition extérieure« , mis en ligne le 3 octobre).

Cette journée « d’appui » au CNS aurait donc vu, dimanche, des rassemblements à Hama, Homs, Idleb, Deraa, Deir Ezzor, Zabadani et dans certaines banlieues de Damas. L’OSDH reste cependant discret sur l’ampleur de ces manifestations ce qui vaut tous les comptes-rendu statistiques, mêmes mensongers.

Restons avec l’OSDH : dans un communiqué son président londonien Rami Abdel Rahmane a réagi à l’assassinat du fils du Grand mufti de Syrie, survenu dimanche 2 octobre (voir notre article « Plus qu’un crime, une faute : le fils du Grand mufti de Syrie assassiné« , mis en ligne le 3 octobre). Rahmane dénonce ainsi avec force « ces actes d’assassinats quels qu’en soient les auteurs, qui profitent en fin de compte aux services de sécurité répressifs du régime« . C’est un fait que les assassins de Sariah Hassoune – et du professeur qui l’accompagnait – ont apporté de l’eau au moulin des autorités syriennes qui dénoncent chroniquement les « terroristes » armés par l’étranger. Mais les gens de l’OSDH ont si longtemps nié cette réalité de terrain, qui touche non seulement les « services de sécurité répressifs » mais, de plus en plus, des personnalités civiles plus ou moins liées au régime ainsi que des membres des minorités religieuses, qu’ils sont mal placés pour nous faire le coup du « nous n’avons pas voulu ça ».

Et puisque nous parlions des terroristes armés par l’étranger, l’agence Sana a fait état d’une nouvelle saisie de stocks d’armes et de munitions « passés clandestinement en Syrie via les territoires turcs » et comprenant notamment des fusils à pompe, des Kalachnikovs, des RPG, des pistolets et « beaucoup de grenades« . La chronique de ces découvertes – ou interceptions à la frontière libanaise – tend à devenir quotidienne. Sauf pour l’OSDH qui n’a jamais cru devoir parler de cette dimension de la révolution « syrienne ».

Prises%20de%20guerre%20de%20larmée%20syrienne,%20après%20avoir%20nettoyé%20les%20rues%20des%20groupes%20armés


Quand Libération plaide – quasi-ouvertement – pour une intervention à la libyenne

Par Guy Delorme, le 4 octobre 2011 

Logos%20de%20marques..

Logos de "marques"..

...associées

...associées

 

Le quotidien Libération est bien plus qu’un journal, c’est un thermo – ou baro – mètre ! Ses articles et analyses tendent à refléter les dernières tendances idéologiques, géopolitiques ou sociétales véhiculées par l’ »hyper-classe » internationale qui se partage entre New York, Washington, Paris, Londres, Bruxelles et autres métropoles du Grand Occident libéral-libertaire. C’est donc avec intérêt que nous avons pris connaissance d’un assez long article, publié dans son édition des samedi 1er et dimanche 2 octobre, et qui suggère fortement, à travers des interviews – de première ou de seconde main – de responsables et de militants de l’opposition syrienne – intérieure et extérieure, que l’hypothèse d’une intervention militaire de l’OTAN fait son chemin parmi les opposants à Bachar al-Assad.

« Hélas », vous avez écrit « hélas » ?

Avec une gourmandise à peine déguisée, Hala Kodmani, la journaliste de Libération (vous savez, celle qui plaidait pour le boycott citoyen du savon d’Alep et de ses produits dérivés – voir notre article « Le savon d’Alep rattrapé par son passé« , mis en ligne le 16 septembre), fait état des réactions d’opposants de base exaspérés, n’en pouvant plus de « la brutalité et de l’humiliation quotidiennes » qu’ils subissent de la part des hommes de Bachar, notamment un « jeune » – ça fait toujours plus sympa et émouvant – confiant sa colère au micro obligeant d’al-Jazeera, colère dirigée autant contre les « opposants en exil » du CNS, planqués en Turquie ou à Paris et s’obstinant à prôner une démarche pacifique, que contre le régime (post) baasiste.

Mlle Kodmani cite aussi ce responsable des Comités locaux de coordination qui, dans un entretien accordé au quotidien libanais As Safir, explique qu’en dépit de la « patience » et de la « conscience » des Syriens face aux « provocations du régime« , la « poursuite des vexations et des atteintes aux croyances religieuses de la part des sbires d’al-Assad rendent les dérapages, hélas, plus probables ». On appréciera ce « hélas » dans les pages d’un journal qui a si longtemps, à l’instar de la quasi-totalité ses collègues français, nié les violences et les exactions de sa chère opposition « démocratique » et « pacifique », et à qui il a fallu pas mal de temps et beaucoup de pincettes pour reconnaître la mort de plusieurs centaines de soldats et policiers syriens. Sans doute ce « hélas » vaut-il aussi absolution pour les meurtres en série commis ces derniers jours contre des personnalités et notables suspectés de sympathies pour le régime actuel et dont une des dernière et plus notables victimes est le fils du Grand mufti de Syrie.

« Hélas ! » minaude donc Hala Kodmani et avec elle tout le staff des éditorialistes de la pensée unique Libération-Le Monde-Le Figaro-Le Journal du Dimanche-Paris Match-VSD-Courrier International-France Info-RFI-Arte-Antenne 2-Canal+-I-Télé (allez, on s’arrête là, c’est beau, c’est grand le pluralisme de la presse française !), hélas, la Syrie va à la guerre civile, comme c’est triste – mais inévitable. Car, sur ce point, Hala Kodmani est formelle  : « La révolution pacifique, multi-confessionnelle et purement syrienne a perdu de sa crédibilité » (en ce qui nous concerne, elle a perdu très tôt cette crédibilité-là, Ndlr).

Libé-Figaro, même combat pour Washington et l’OTAN

D’ailleurs, assure Hala Kodmani, plus que jamais en osmose avec les partisans de l’OSDH et des CLC, « les affrontements entre militaires loyalistes et rebelles se multiplient« , ces rebelles, véritables Robin des bois ou Zorro démocrate et syriens, n’intervenant d’ailleurs que « pour protéger les habitants des raids des miliciens pro-Assad » - on notera, en passant, le choix du mot « milicien« , historiquement et négativement connoté en France. Bref – et « hélas » – la guerre civile est déjà là, que ça plaise ou non, et elle est moralement justifiée ! Et, les masques de nos journalistes tombant à la vitesse des bombes de l’OTAN sur la Libye, on lit dans cet article de Libération des choses qu’on aurait cherchées en vain quelques semaines – quelques jours – plus tôt : « La présence et l’usage des armes, au nom de l’autodéfense par la population, ont été confirmées de sources diplomatiques locales et indépendantes« . Les mêmes sans doute qui naguère affirmaient la main sur le coeur – et le téléphone satellitaire – que les opposants étaient unanimement et perpétuellement désarmés ! Décidément, la tendance « opposition pacifique et patriotique » est effectivement passée de mode, dans nos médias sinon dans les milieux de l’opposition syrienne ! (Ca n’empêche pas la Kodmani, à un autre bout de son article certainement approuvé par la Maison Blanche, de recycler le thème des manifestants continuant « de faire face, à mains nues, à la machine de guerre du régime« , on ne ne va pas renoncer totalement à ce genre d’images empruntées aux Misérables de Victor Hugo !)

Hala Kodmani tient néanmoins à laisser filtrer un peu d’espoir : il reste bien un moyen de mettre fin à la guerre civile, c’est… la guerre tout court : « Les appels (syriens) à une intervention étrangère se multiplient » s’enthousiasme-t-elle, citant notamment ce correspondant du site d’opposition Syria News Network qui réclame « au moins » une zone d’exclusion aérienne, sur le modèle éprouvé et approuvé de la Libye et de l’Irak. Et même si ce sujet fait encore un peu débat « au sein du mouvement de protestation« , un tabou est tombé, se félicite la plumitive de Libé qui cite en exemple la page d’accueil d’un site de l’opposition proclamant « Oui à l’intervention militaire étrangère pour vaincre les gangs des al-Assad et sauver les Syriens ! »

Tout est décidément très clair : comme naguère son collègue « de droite » du Figaro Georges Malbrunot (voir notre article « Georges Malbrunot, la voix de ses nombreux maîtres« , mis en ligne le 25 août), la journaliste « de gauche » Hala Kodmani participe à une campagne belliciste en prise directe avec le cahier des charges du Département d’Etat US et de l’OTAN. Sept mois après le début des troubles, Bachar al-Assad tient toujours et une majorité de Syriens de Syrie refuse de céder aux diktats des gouvernements et journalistes d’Occident. Il faut donc les sauver, ces Syriens, d’eux-mêmes, et les libérer malgré eux. A vrai dire, tout ça était évident pour les rédacteurs et lecteurs d’Infosyrie, ce devrait l’être aussi désormais pour la frange lucide,responsable et encore nationaliste de l’opposition syrienne.

Source


Edité par T 34 - 04 Oct 2011 à 23:09
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Oct 2011 à 20:54

Résolution anti-syrienne : caramba, encore raté !

Par Louis Denghien, le 5 octobre 2011 

Vitali%20Tchourkine...

Vitali Tchourkine...

..%20et%20Li%20Baodong%20:%20Alain%20Jupé%20leur%20doit%20un%20de%20ses%20plus%20flamboyants%20échecs

.. et Li Baodong : Alain Juppé leur doit un de ses plus flamboyants échecs

Washington et Paris sont « furieux ». Au moins, ils ne devraient pas être surpris : en opposant conjointement, mardi 4 octobre, leur veto à un énième projet de résolution occidental condamnant la répression en Syrie et menaçant celle-ci de « mesures ciblées« , la Russie et la Chine ont agi dans le droit fil de leur ligne diplomatique sur le sujet.

Une claque diplomatique historique…

Mais c’est vrai que, symboliquement, le coup demeure rude pour les ennemis de Damas : c’est la première fois depuis 2008 que le Conseil de sécurité voit deux de ses membres utiliser simultanément leur droit de veto. Quant aux pays « émergents » du Conseil – Afrique du Sud, Brésil, Inde et Liban – ils ont adopté une abstention clairement désapprobatrice des manoeuvre euro-américaines.

Un qui est particulièrement mortifié, ce mercredi 5 octobre, c’est Alain Juppé, dont les services ont co-rédigé le texte du projet : le ministre « gaullo-atlantiste » des Affaires étrangères avait confié sa certitude de voir la Russie évoluer sur le dossier syrien. Et pour être certain de triompher de l’intransigeance russe, il avait fait, magnanime, une « importante » concession sémantique à Moscou, remplaçant le mot « sanctions » par l’expression « mesures ciblées« .

Las, depuis quelque temps, et depuis l’expérience libyenne, Russes et Chinois savent comment Washington et ses amis peuvent jouer sur les mots et interpréter à leur avantage les résolutions des Nations-Unies. Du reste, et depuis des mois, la Syrie est déjà l’objet de pas mal de « mesures ciblées » contre ses dirigeants, ses hommes d’affaire et son économie – hier, le Canada, par exemple, a décidé d’ajouter de nouvelles mesures à son éventail déjà large de sanctions.

Bref, Français et Américains ne cachent pas leur aigreur, ce mercredi, en des termes assez peu diplomatiques qui donnent la pleine mesure de leur dépit : « Les Etats-Unis sont furieux du fait que ce Conseil (de sécurité) ait complètement échoué (à traiter) un défi moral urgent et une menace croissante à la paix régionale » tempête Susan Rice, ambassadeur américain à l’ONU. Qui, mauvaise joueuse décidément, va jusqu’à accuser Moscou et Pékin de préférer « vendre des armes au régime syrien« .

… sur la joue de Juppé !

Côté français, l’ambassadeur Gérard Araud, voix de son maître Alain Juppé, ne pouvait faire moins de stigmatiser ce double véto historique, « expression de mépris pour les aspirations légitimes des Syriens » et « rejet de ce formidable mouvement en faveur de la liberté et de la démocratie qu’est le printemps arabe« . Et mercredi 5 octobre, Alain Juppé a qualifié le mardi 4 octobre de « triste jour pour le peuple syrien (…) et pour le Conseil de sécurité ».

Nos lecteurs savent tout ce qu’on doit penser des exigences « morales » de la diplomatie américaine, ainsi que de l’attitude, pas si lointaine, de la France sarkozyste vis-à-vis du « printemps arabe« , notamment dans ses déclinaisons tunisienne et égyptienne. Cette langue de bois colérique ne mérite que des haussements d’épaule. Nous sommes néanmoins d’accord sur un point avec notre ministre des Affaires étrangères : le mardi 4 octobre 2011 est bien un triste jour… pour Alain Juppé et Nicolas Sarkozy qui se rêvent, depuis la Libye et la Côte d’Ivoire, en Zorro de la démocratisation du monde arabo-musulman. Pour l’heure ils marchent surtout sur les traces de George Bush Jr, qui a détruit et décimé l’Irak au terme d’une campagne de diffamation diplomatico-médiatique.

Par la voix de son ambassadeur onusien, Vitali Tchourkine, la Russie a assez justement résumé la situation : depuis des mois, deux « philosophies » s’affrontent, à propos de la Syrie, aux Nations-Unies : celle de la « confrontation« , portée par les Occidentaux, et celle de la responsabilité et de l’équité, défendue par les nations du BRICS. Et c’est cette dernière « philosophie » qui fait souhaiter à Moscou – et à Pékin – que soit mis « sur le même plan dans le projet de résolution le régime et les rebelles« . Sur cette base, les Russes ont donc jugé le texte de Juppé « inacceptable« . Et le représentant chinois, Li Baodong, de rappeler un des fondamentaux de la tradition diplomatique universelle – tradition il est vrai mise à mal par les Américains et leurs amis depuis au moins vingt ans et la première guerre d’Irak – : la communauté internationale doit « respecter totalement la souveraineté territoriale de la Syrie« . On sait qu’Obama, Sarkozy et Cameron ont du mal à comprendre le sens de ce concept…


La Syrie remercie la Russie et la Chine de son appui au Conseil de Sécurité.

Par Reynaldo Henquen
 
New York, 6 octobre, (RHC)- La Syrie a remercié la Russie et la Chine de leur veto à une résolution contre Damas présentée la veille par Occident au Conseil de Sécurité de l’ONU.

 Des médias rapportent depuis la capitale syrienne que le gouvernement syrien a fait l’éloge de la position de la Russie et de la Chine en faveur d’une réponse positive du Conseil de Sécurité pour régler le conflit syrien qui est attisé par des groupes armés dans le cadre d’un complot étranger.

Selon les dépêches, des membres du gouvernement syrien ont évoqué le discours du représentant permanent syrien aux Nations Unies,  Bashar Al-Ja afari, qui a qualifié d’hostile le langage utilisé par les ambassadeurs occidentaux pour disqualifier les dirigeants syriens.

Par ailleurs, le gouvernement du Président Bashar Al-Assad a dénoncé le fait que les bandes armées ont commencé une nouvelle phase de terrorisme qui a pour cible l’État syrien, les institutions, l’Armée et les universités.

Source

La vraie-fausse « breaking news » d’I-Télé

Par Guy Delorme, le 5 octobre 2011 

Le%20colonel%20Ryad%20al-Assad%20vient%20dopérer%20un%20repli%20stratégique%20accéléré%20en%20Turquie

Le colonel Ryad al-Assad vient d'opérer un repli stratégique accéléré en Turquie

Mardi soir 4 octobre,  le présentateur de la « grande édition » de I-Télé, le sémillant Victor Robert, a annoncé à ses auditeurs une « mauvaise nouvelle pour le régime syrien, mais une bonne pour la démocratie« . De quoi s’agissait-il ? Eh bien de la défection d’un important chef militaire, un thème décidément tendance en ce moment dans la couverture occidentale de l’actualité syrienne. Mais dans le bref reportage qui suit, la « bonne nouvelle » se réduit à un pétard mouillé, ou : le « défecteur » en question n’est autre que notre « vieille connaissance » Ryad al-Assad, de l’ »Armée syrienne libre« , apparemment redevenu colonel – les commentateurs enthousiasmés l’avaient, ces derniers jours, élevé au grade de général. Toujours moustachu, mais en civil, notre colonel, désormais réfugié chez ses parrains turcs,  explique qu’il a pu échapper à ses anciens camarades de l’armée syrienne, qui ont effectivement expulsé son « armée » à lui de la ville de Rastan (voir notre article « A Rastan, l’ »Armée syrienne libre » a perdu la bataille« , mis en ligne le 3 octobre).

Le colonel al-Assad de retour au bercail turc

Crânant devant les caméras, Ryad al-Assad a notamment exprimé sa certitude de la chute du régime de son homonyme. Dans l’immédiat, c’est en vaincu militaire et politique, et en exilé, que Ryad al-Assad s’exprime. Et la seule chose vraie qui soit sortie de sa bouche lors de son interview télévisée est qu’il est « en lieu sûr en Turquie ». Pour le reste, c’est l’habituel lyrisme belliqueux et mensonger de la dissidence syrienne : Al-Assad parle de « plus de dix mille déserteurs » ayant choisi la clandestinité (Ryad devrait en conséquence demander au CNS d’Istambul le grade de général de division !). Un fait est patent : comme l’affirme Damas, la rébellion militaire de Rastan, que nos commentateurs voyaient déjà, dans leurs rêves bien pensants, comme le Stalingrad du régime baasiste, a été balayée en quelques jours, et ses membres rescapés contraints à la fuite chez leur employeur turc. Et tout le reste n’est que propagande de l’OSDH et de L’Express !

Il y a néanmoins plus sérieux que cette pantalonnade : l’armée syrienne, dans sa traque des groupes armés, évolue au contact de la frontière turque. Et de la province turque – mais revendiquée historiquement par Damas – du Hatay, où les troupes d’Ankara entament, ce mercredi 5 octobre, des manoeuvres devant s’étaler sur neuf jours, et où Erdogan a annoncé sa visite prochaine, en même temps que des sanctions contre la Syrie. La région demeure donc une zone à risques, même si nous répétons que M. Erdogan n’a pas les moyens de s’offrir une guerre avec la Syrie, même avec l’amical soutien de Washington, de Paris et de Bruxelles. C’est aussi dans ce district du Hatay que sont implantés les camps de réfugiés syriens, un peu sortis de l’actualité depuis deux, trois mois : à ce sujet, Reuters nous apprend que ceux-ci seraient au nombre de 7 000. Et donc, compte tenu des mensonges conjoints des autorités turques, des opposants syriens et des journalistes occidentaux, ce chiffre doit évidemment être revu à la baisse : dans quelles proportions, c’est la seule question.

Pour en revenir à I-Télé et au sympathique (au demeurant) Victor Robert, on ne peut que constater une énième fois, chez nos élites journalistiques, l’éternel cocktail d’ignorance, de bonne conscience et de sensationnalisme qui fait les meilleures désinformations. Mais, après tout, la vérité se joue sur le terrain, pas sur les plateaux d’I-Télé

Désinformation : la martyre iconesque de la Révolution dément sa mort – et son appartenance à l’opposition

Par Guy Delorme, le 5 octobre 2011 

Zeinab%20al-Hossni,%20telle%20quelle%20apparue%20à%20la%20télévion%20syrienne,%20ni%20morte,%20ni%20mutilée,%20ni%20même%20opposante

Zeinab al-Hossni, telle qu'elle apparue à la télévion syrienne, ni morte, ni mutilée, ni même opposante

 
C’est sans doute un nouveau cas « exemplaire » de trucage de l’opposition « facebookeuse » : Zeinab al-Hossni est cette jeune fille de 18 ans originaire de Homs qui, à en croire les cyber-opposants, Amnesty International et donc l’essentiel de la presse occidentale, avait été, suite à son incarcération dans les geôles bacharistes, retrouvée morte et mutilée – le 13 septembre – par ses parents, convoqués à l’hôpital de Homs pour reconnaître le corps de leur fille, en même temps que celui de son frère Mohammed, lui aussi mort – sous la torture – en prison.

Zeinab, martyre « de première classe »

La »malheureuse » Zeinab avait aussitôt été promue nouvelle martyre officielle de la Révolution syrienne, catégorie « première jeune femme à mourir en prison durant le soulèvement syrien« . Une page spéciale Facebook avait été immédiatement dédiée à celle que les poètes de la cyber-opposition avaient baptisé « Fleur de la Syrie« .

Et un autre frère de la jeune fille, Youssef, avait alors expliqué aux « militants internet » de la démocratie syrienne que sa soeur avait été enlevée par les services de sécurité le 27 juillet dernier, ce pour dissuader son frère Mohammed de continuer ses activités anti-régime. Et d’une voix tendue par la juste colère, Youssef avait décrit par le menu les blessures et mutilations relevées sur les cadavres de Zeinab et de Mohammed, précisant même que sa soeur était décapitée et en partie brûlée.

On imagine le buzz sur la toile et dans les rédactions de France et de Navarre. France 24, notamment, chaîne de désinformation continue très impliquée dans la lutte anti-Bachar – elle avait notamment annoncé la vraie-fausse défection de l’ambassadeur de Syrie en France sur la base d’un coup de téléphone d’une simulatrice – avait écrit que des « centaines de femmes » s’étaient rassemblées à Homs après son enterrement pour honorer sa mémoire.

La malencontreuse résurrection de Zeinab

Sauf que la même Zeinab al-Hossni est apparue mardi 4 octobre sur les écrans de la télévision nationale syrienne pour donner la bonne nouvelle de sa « non-mort » et expliquer les circonstances du « drame ». Zeinab avait « fugué » de la maison de ses parents à Bab Siba, un faubourg de Homs, se réfugiant chez des proches. « C’était cinq jours avant le ramadan que j’ai quitté la maison de peur de la torture de mes frères » a notamment expliqué la jeune fille, apparue voilée à la musulmane. « Torture« , le mot peut paraître fort mais, apparemment, Zeinab n’est pas dans les meilleurs termes avec ses frères qui la battaient, assure-t-elle. Et n’est impliquée en rien dans leur engagement anti-régime.

Zeinab est restée cachée chez ses amis, à l’insu évidemment de ses parents, pendant plusieurs semaines. elle n’a fini par sortir de son silence et de sa retraite qu’après que lui soient parvenues les nouvelles de sa mort « exemplaire ».  Sur le conseil de ses « hôtes », elle s’est rendue alors, le 4 octobre, à la police « pour raconter la vérité et démentir la nouvelle de (son) assassinat ». Bien sûr, la jeune fille, qui a produit sa carte d’identité devant la caméra, a nié avoir jamais été arrêté par quelque service de sécurité syrien que ce soit. Elle a profité de sa confession télévisée pour demander le pardon de sa mère. Et a expliqué qu’elle voulait se marier, avoir des enfants, et pour ce faire, sortir de sa « clandestinité ». Tout est bien qui finit bien, sauf pour les cyber-menteurs !

Cette péripétie tragi-comique est une nouvelle – et spectaculaire – indication que les opposants au régime, certains d’entre eux du moins, sont prêts à proférer les pires mensonges, conscients qu’ils seront repris, diffusés et interprétés par les journalistes occidentaux toujours avides de sensationnalisme « bien orienté ».

Une fois encore, le « ‘Pulitzer de la Désinformation » nous paraît revenir de droit à France 24, qui, par la qualité de sa désinformation sur la Syrie, est entrée dans la cour des grands, aux côtés de ses consoeurs al-Jazeera, al-Arabiya et I-Télé. Si on avait le temps, nous suggérerions à nos visiteurs un grand concours du « meilleur bobard anti-syrien », à adresser bien sûr à France 24, le vainqueur se voyant aussitôt honoré du titre de « spécialiste France 24 des questions syriennes« .

Nous mettons en ligne la vidéo ci-dessous qui retrace en arabe – sous-titré en anglais – la genèse de l’affaire, et diffuse l’entretien accordé à la télévision syrienne par la jeune femme.

 

Le gouvernement syrien convoque des élections municipales pour le 12 décembre 2011
 


Edité par T 34 - 07 Oct 2011 à 20:01
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Oct 2011 à 05:47
Bachar Al Assad menace d'attaquer Israël si la Syrie est attaqué comme la Libye. Il a ajouté qu'il ferait cette attaque conjointement avec l'Iran (dans le Golfe Persique) et le Hezbollah.
 

La Syrie frappera Israël en cas d'attaque de l'Otan
 

Le président syrien Bachar el-Assad promet de tirer des "centaines de missiles" sur le territoire israélien si l'Otan attaque son pays, rapporte mercredi l'agence d'information iranienne Fars.

"Il ne me faudra que six heures pour transférer des centaines de missiles et d'obus sur les hauteurs du Golan et les tirer sur Tel-Aviv", a déclaré le leader syrien au cours d'une rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

L'agence Fars ne précise pas la date exacte de la rencontre. Toutefois, certains médias affirment que cette déclaration a été faite le 9 août à Damas. Toujours selon Fars, en cas de frappe contre la Syrie, l'Iran attaquera les bâtiments de guerre américains dans le golfe Persique et demandera au mouvement chiite libanais Hezbollah de lancer des tirs de roquettes contre Israël.

"L'Iran attaquera les navires américains dans le golfe Persique, et les intérêts américains et européens dans la région seront menacés", a déclaré M.Assad cité par l'agence iranienne.

 


Edité par T 34 - 07 Oct 2011 à 05:31
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Oct 2011 à 21:06

Légende urbaine : les opposants exilés à Paris vivraient dans la terreur

Par Pierre Marulaz, le 6 octobre 2011 

Anti-Bachar...

Anti-Bachar...

...%20et%20pro-Bachar%20parisiens%20:%20devinez%20quels%20sont%20les%20chouchous%20de%20Sarkozy-Guéant%20?

... et pro-Bachar parisiens : devinez quels sont les chouchous de Sarkozy-Guéant ?

C’est la toute dernière trouvaille propagandiste de l’opposition : ses sympathisants exilés à Paris seraient l’objet de menaces et même de violences de la part de membres des services secrets syriens ou du personnel diplomatique installés à l’ambassade.

C’est Amnesty International qui a commencé à faire état, mardi 4 octobre, de « campagnes de harcèlement » perpétrées par des « personnes détentrices de passeports syriens », lesquelles s’en prendraient aux opposants à l’occasion de manifestations devant l’ambassade syrienne à Paris. Les hommes de l’ambassade proféreraient des menaces et s’efforceraient d’identifier – en les filmant ou en les photographiant – les opposants de façon à ce que le pouvoir de Damas puisse exercer des représailles sur leurs familles restées au pays. Et Amnesty évoque, d’après les sources qu’on imagine, des cas d’arrestations, et même de torture et de « disparitions » parmi ces proches d’exilés. Lesquels exilés seraient aussi harcelés à coups de courriels ou de coups de téléphone anonymes et menaçants : Amnesty prétend avoir recensé 30 militants exilés – au Canada, aux Etats-Unis, au Chili, en Allemagne, en Espagne, en France, en Grande-Bretagne et en Suède – sujets à de telles tentatives d’intimidation.

Dans son édition du lundi 3 octobre, Le Monde a publié des témoignages de ces opposants exilés affirmant avoir été « tabassés » par des sbires du régime syrien.

Beaucoup de bruit pour sans doute rien

Ouais. Une fois de plus Infosyrie doit endosser la posture ingrate du sceptique. Toutes ces histoires nous paraissent peu crédibles : le gouvernement syrien, déjà mal vu du gouvernement français, est obligé de faire « profil bas », dans ce pays comme dans tous ceux de la sphère occidentale. On le voit mal, dans ces conditions, donner consigne à ses agents, diplomates ou « barbouzes », de menacer au grand jour – et au su et au vu de la police française – les dissidents parisiens ou autres. On peut accepter l’hypothèse d’échanges – oraux – musclés, ou même de caméras brandies à titre d’intimidation : c’est le folklore obligé de ce genre de confrontation. Mais c’est une autre affaire de ficher, de harceler régulièrement par téléphone ou internet, et plus encore d’organiser des expéditions punitives « à domicile ». C’est en effet s’exposer à pas mal d’inconvénients diplomatiques et politiques pour un résultat assez mince.

D’ailleurs, le gouvernement français a réagi au quart de tour à cette « rumeur » : avec l’emphase bouffonne qui caractérise ses communiqués, Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a ainsi déclaré : « Nous n’accepterons pas qu’un Etat étranger organise des actions violentes ou des actes d’intimidation sur notre territoire (…) et nous l’avons fait savoir de la façon la plus ferme à l’ambassadrice de Syrie à Paris ». Et Valero de préciser que la police avait été saisie d’une plainte pour agression contre des manifestants le 26 août dernier. Mais la voix d’Alain Juppé a dû reconnaître que les personnes interpellées à cette occasion n’étaient détentrices d’aucun passeport diplomatique. C’est égal, la préfecture de police de Paris a renforcé, à compter du 26 août, « son dispositif de protection des manifestants syriens ».

Ce qui caractérise toute cette histoire c’est, comme souvent dans la France citoyenne et hystérique des droits de l’homme, la disproportion burlesque entre les « faits » identifiés et les réactions officielles et médiatiques qu’ils suscitent : que s’est-il donc passé aux abords de l’ambassade syrienne à Paris ce tragique 26 août ? Très probablement un échange vif entre partisans et adversaires de Bachar al-Assad. La communauté syrienne de France est estimée par certains à 5 000 personnes, et à Paris, les manifs pro et anti-régime les plus importantes n’excèdent pas 500 personnes. L’exiguité même de ces « communautés militantes » rend difficile toute action en marge de la légalité, les protagonistes pouvant être assez facilement identifiés par la police parisienne, et c’est, évidemment, encore plus vrai en province.

Mais dans le contexte actuel, il y a fort à parier que si un yorkshire « bachariste » mordait le mollet d’une militante d’opposition, M. Bernard Valero tiendrait un nouveau point de presse, pour annoncer un nouveau renforcement des mesures de sécurité autour des exilés, et ce avec toute la gravité qui convient.


Fiasco euro-américain à l’ONU : Libé essaie de comprendre

Par Droits réservés, le 6 octobre 2011 

Une%20séance%20historique%20du%20Conseil%20de%20sécurité,%20qui%20reste%20en%20travers%20de%20pas%20mal%20de%20gosiers%20occidentalistes

Une séance historique du Conseil de sécurité, qui reste en travers de pas mal de gosiers occidentalistes

La classe politico-médiatique française – du moins son département « étranger » – est toujours sous le coup de la claque historique administrée, sous forme d’un double véto historique, par la Russie et la Chine à la coalition occidentale anti-syrienne (voir notre article « Caramba, encore raté !« , mis en ligne le 5 octobre).

Libération, dans son édition du 5 octobre, essaie d’expliquer à son lectorat bobo – sans doute en état de choc, pour les plus sensibles – comment on en est arrivé là.

Il y avait donc une autre façon de voir les choses ?

Et du coup, le quotidien gauchiste-atlantiste-sioniste est bien obligé de laisser filtrer quelques vérités jusque-là, comment dire ?, un peu laissées de côté. Déjà on laisse la parole aux principaux protagonistes de ce « drame » diplomatique, les Chinois et les Russes. Pour les premiers, Ma Zhaoxu, porte-parole de la diplomatie chinoise : « Des pays ont présenté un projet de résolution pour faire pression de façon aveugle et même menacer de sanctions la Syrie. Cela n’aiderait pas à améliorer la situation« . Pour les seconds, Alexandre Loukachevitch, porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe : « Les tentatives de transformer ce qui est arrivé en Libye après des décisions du Conseil de sécurité en une sorte de modèle pour la coalition occidentale et l’OTAN (…) pour réagir aux crises est totalement inacceptable pour la Russie« .

C’est assez clair et bien vu, quant aux moyens et motivations des Euro-américains sur le sujet, mais Libération appelle aussi à la rescousse des spécialistes plus rassurants pour le lecteur écolo-socialo moyen, Jean-Luc Domenach de Sciences-Po et Philippe Migault, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Qui expliquent que la Chine veut montrer qu’elle n’est pas à la botte de la Maison Blanche, et que la Russie « veut donner un coup d’arrêt à la relance du droit d’ingérence à l’ONU« . Migault suggère d’ailleurs qu’au fond les Occidentaux ne seraient pas aussi fâchés qu’ils le prétendent, le véto sino-russe leur donnant une excuse pour arrêter leur escalade sur la Syrie, très conscients qu’ils sont de « l’extrême difficulté qu’il y aurait à intervenir« . Peut-être…

En tout cas le désarroi des post-soixanthuitards de Libé est tel qu’ils citent assez longuement le commentaire triomphant – et néanmoins assez juste – de Bouthaina Chaabane, conseillère diplomatique du président al-Assad, qui qualifie à bon droit le vote du 4 octobre d’ »historique » et ajoute : « C’est la première fois que la Russie et la Chine usent de leur droit de véto pour soutenir les peuples du Moyen-Orient alors que les Etats-Unis l’ont utilisé 50 fois contre le droit du peuple palestinien à une vie digne et à une terre. Alors comment peuvent-ils prétendre parler du droit des peuples ? »

Pour nous, cette remise en perspective se tient tout à fait. Mais elle doit ouvrir des perspectives sidérales aux lecteurs de Libération, sous perfusion intellectuelle droit-de-l’hommiste-atlantiste depuis au moins un quart de siècle…


Quand Le Figaro – et Malbrunot – « relookent » en urgence leur analyse

Par Louis Denghien, le 6 octobre 2011 

Georges%20Malbrunot-du-Figaro%20:%20Ben%20oui,%20le%20terrorisme%20islamique%20existe%20en%20Syrie,%20vous%20ne%20saviez%20pas%20?

Georges Malbrunot-du-Figaro : "Ben oui, le terrorisme islamique existe en Syrie, vous ne saviez pas ?"

Nous devons à l’ »ami » Georges Malbrunot, chargé de la désinformation sur la Syrie au Figaro, une nouvelle et éclairante analyse de la situation du pays, en ce début d’octobre. Eclairante car on voit que Malbrunot, et à travers lui le grand quotidien sarkozyste du matin, a radicalement changé son fusil d’épaule, à l’instar de la plupart de ses collègues français : pour résumer, exit les manifestations « de masse », « pacifiques » et « désarmées« , place à la juste lutte armée des combattants de la liberté contre la dictature bachariste. C’est tout juste si Malbrunot n’y va pas de son « Allah o akbar ! »

Manifs de rue : ça eut payé !

L’article de Malbrunot commence par reconnaître – avec un brin de retard sur Infosyrie – que les manifs de l’opposition patinent : « Elles attirent moins de monde qu’avant le ramadan » écrit-il, citant un opposant : « Ces derniers vendredis, ils étaient 10% seulement par rapport aux chiffres de la fin juillet, soit environ 30 000 personnes« . Précisons que cette estimation « à la louche » émane – comme de juste – d’un exilé, Haitham al-Manah, qui a donc pu, depuis son ordinateur parisien, mesurer scientifiquement le zénith puis la décrue de la mobilisation anti-Bachar. Comme disent les jeunes : « Trop fort Haitham ! »

Malbrunot n’est pas en peine et en panne d’explications à cette évolution : « quadrillage des villes rebelles par l’armée« , « arrestations des cadres du mouvement » et même noyautage des fameux « comités locaux de coordination » par les « services de renseignement » syriens. C’est bien possible, mais l’homme du Figaro ignore – c’est dans sa « déontologie » – un autre facteur : l’hostilité d’un majorité de Syriens à une opposition regroupant différents « partis de l’étranger », « démocrates » ou « islamistes », et de surcroît infiltrée par des activistes armés qui tuent militaires, policiers et partisans du régime depuis des mois. Le meurtre tout récent du fils du grand mufti de Syrie (voir notre article « Plus qu’un crime, une faute : le fils du grand mufti de Syrie assassiné« , mis en ligne le 3 octobre), ne devrait pas contribuer à étoffer les cortèges résiduels de l’opposition jusqu’au-boutiste.

Mais très vite, Malbrunot tient à rassurer ses lecteurs (?) : cet « essoufflement » ne signifie pas la fin de la contestation ! Et M. Figaro repasse le micro au grand manitou Haitham al-Manah : « Au contraire, indique celui-ci, ceux qui descendent dans la rue sont de véritables kamikazes. Ils sont prêts à tout ! » Eh oui, la « révolte est en train de changer de nature« , les radicaux montent en force et ils ne sont pas contents ! Ces radicaux que Malbrunot décrit comme un « mélange de sympathisants pro-américains qui attendent une intervention extérieure sur le modèle libyen, d’autres qui refusent toute négociation avec un pouvoir qui leur a trop menti, et d’autres encore soutenus par des déserteurs de l’armée, qui espèrent tenir des quartiers ou des bourgades face à l’appareil sécuritaire loyal au clan Assad« .

Certes, regrette certainement Malbrunot, ces tendances sont encore « minoritaires » au sein de l’opposition, mais la bonne parole terroriste se répand « dans la presse et les réseaux sociaux » – à quand une page Facebook spécial Djihad syrien sponsorisée par le Figaro ?

Malbrunot passe aux aveux tous azimuts

L’homme du Figaro, et donc de Washington, ne cherche même plus à nier ce qu’Infosyrie affirmait et s’efforçait de prouver dès le mois de juin : « Ces derniers mois (précision chronologique essentielle), écrit-il, des combattants armés sont arrivés à Homs en provenance de Tripoli au Liban, infiltrés par le Hezb al-Tahrir, un groupuscule islamiste qui organise des manifestations hostiles au clan Assad dans la grande ville du Liban-Nord (Tripoli) ».

Et voilà ce qu’écrit tranquillement, début octobre, l’homme qui a nié depuis mars jusqu’à la possibilité de l’existence de gangs salafistes à l’oeuvre à Jisr al-Choughour, Hama ou Homs, celui qui haussait les épaules avec un sourire supérieur quand on lui montrait le QG incendié de la police à Hama ou le pont d’où avait été jetés les corps mutilés d’une vingtaine de policiers massacrés par les radicaux ! (voir nos articles « Georges Malbrunot, la voix de ses nombreux maîtres » mis en ligne le 25 août et «  »Infosyrie  et Alain Soral : ce que nous avons vu à Damas et Hama« , mis en ligne les 25 et 27 août) Malbrunot, à vrai dire, n’a pas changé, c’est la stratégie anti-syrienne qu’il sert qui évolue à la vitesse d’une roquette de RPG.

Et d’ailleurs notre spécialiste ne s’arrête pas dans cette course aux aveux : « 2 000 islamistes seraient cachés à Homs » fait-il dire à l’un de ses interlocuteurs. Avant de reconnaître plus loin les trafics d’armes en provenance du Liban. C’est comme si, avec trois ou quatre mois de décalage, Le Figaro recyclait les articles de notre site, mais pour un tout autre propos !

Bien sûr, Georges Malbrunot ne renonce pas pour autant à la désinformation pure qui a installé sa réputation : par exemple quand il semble imputer au régime l’assassinat récent à Homs de trois personnalités locales. Ni à l’hypocrisie, quand il donne la parole à des militants qui affirment redouter l’action de ces activistes armés. Pas d’ailleurs à cause du sang impur qu’ils font couler, mais parce qu’ils compromettent l’image responsable et libérale du mouvement : « Lorsque le pouvoir trouve leurs papiers quand ils sont tués (les activistes) ils appellent les dignitaires de Homs pour leur dire : mais regardez qui sont ces individus. Le régime en profite« .

Et, pour la forme, Malbrunot conclut sur le message d’espoir que l’opposition à Bachar s’accrochera aux trois principes fondateurs (théoriques) du mouvement : « Pas d’armes, pas de guerre confessionnelle et pas d’intervention extérieure« . On aura compris que pour Le Figaro, cette exigence trinitaire est un brin démodée.

Quant à nous, nous retenons de cet article, qui marque un tournant dans l’approche du dossier syrien par Le Figaro, que :

1) Nous avions donc raison d’écrire ce que nous écrivions depuis juin sur la dimension terroriste et islamiste de la révolte, et que

2) Georges Malbrunot et Le Figaro – on se limitera à leurs cas – ont donc, pendant tout ce temps-là, menti en connaissance de cause, et pour la cause de l’OTAN, de Sarkozy et du Nouvel Ordre Mondial.

Merci Georges !

Informez-vous n°2 : Syriana, la conquête continue

 

Investig’Action

 
Que se passe-t-il en Syrie ? La Russie et la Chine viennent de refuser de voter une résolution de l'ONU ; le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Liban se sont abstenus. Pourquoi ? Sont-ils complices des massacres ? Ou bien existe-t-il un autre point de vue sur les événements ? En Libye, on parlait de 6000 morts avant l'intervention. Au Kosovo, de 100 000... Faux à chaque fois. Jamais deux sans trois ?

Bientôt disponible :

 

Présentation

A cheval sur deux mondes en conflit, l’auteur du présent livre regarde « le printemps syrien » d’un œil critique depuis une petite fenêtre verdoyante nichée dans le midi turc, au pied du Casius, le mont sacré des peuples de l’Orient ancien. Invoquant une lointaine parenté avec Bachar El Assad, le président de la République arabe syrienne, il passe au crible les principaux clichés et mensonges qui visent son régime et la communauté alaouite à laquelle ils appartiennent l’un et l’autre. Bahar Kimyongür voit dans cette dangereuse diabolisation, une stratégie de déstabilisation tantôt naïvement tantôt sciemment occultée par les médias dominants pourtant revendiquée haut et fort par les chancelleries atlantistes pressées d’abattre les derniers remparts du nationalisme arabe en vue d’assurer leur reconquête de la région. L'auteur se défend toutefois de vouloir encenser un régime syrien aveuglé par son credo sécuritaire au point de verser le sang d’innocents et qui tourne peu à peu le dos à ses idéaux fondateurs. A travers son témoignage des conflits inter-communautaires qui émaillent désormais le sol syrien, Bahar Kimyongür nous met en garde contre leurs risques de débordement sur les pays voisins et d’embrasement généralisé d’un monde arabo-musulman déjà affaibli par ses sempiternels clivages confessionnels.


En somme, cet ouvrage dénonce la malbouffe intellectuelle que nous sert l’industrie de la désinformation à propos d’un régime qui, malgré ses défauts inexcusables, bénéficie d’un large soutien de ses minorités auxquelles il assure une protection vitale et celui de nombreux partisans d’un monde multipolaire pour qui il incarne le front du refus face à l’ordre impérial.


Table des matières
 

  1. Turquie/Syrie : Une interminable guerre froide
     
  2. La montée des conservatismes
  3. L’Etat syrien, un seul parti, une seule confession ?
  4. Les alaouites, untermenschen du Proche-Orient
  5. Polémiques autour des camps de réfugiés du Hatay
  6. Syriana, l’autre nom du plan américain en Syrie
  7. Ils choisissent notre camp
  8. Zone sismique

Commandes bientôt disponibles sur http://www.michelcollon.info/spip.php?page=produit&amp ;ref=SYR&id_rubrique_thelia=

 


Edité par T 34 - 07 Oct 2011 à 05:30
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Oct 2011 à 04:19
Message posté par T 34

Bachar Al Assad menace d'attaquer Israël si la Syrie est attaqué comme la Libye. Il a ajouté qu'il ferait cette attaque conjointement avec l'Iran (dans le Golfe Persique) et le Hezbollah.

La Syrie frappera Israël en cas d'attaque de l'Otan
 
 
La Syrie a démentie l'information.

Edité par T 34 - 07 Oct 2011 à 05:27
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Oct 2011 à 21:21

L’Express : « C’est pas nous, c’est Bachar ! »

Par Louis Denghien, le 7 octobre 2011 

 
 
Zeinab%20al-Hosni,%20morte%20et%20martyre%20sur%20une%20vidéo%20de%20lopposition...

Zeinab al-Hosni, morte et martyre sur une vidéo de l'opposition...

...%20et%20vivante%20et%20confuse,%20à%20la%20télévision%20syrienne

... et vivante et confuse, à la télévision syrienne

La réapparition, le 4 octobre à la télévision syrienne, d’une jeune fille censée, selon le binôme OSDH/presse occidentale, avoir été arrêtée, torturée, tuée (et brûlée) par la police de Bachar al-Assad (voir notre article « Désinformation : la martyre iconique de la Révolution dément sa mort – et son appartenance à l’opposition« , mis en ligne le 5 octobre) semble quelque peu gêner aux entournures certains acteurs majeurs de la désinformation. Des ONG prestigieuses comme Amnesty International et Human Rights Watch, d’abord, à l’origine de la « légende urbaine démocrate » de la fin tragique de la jeune Zeinab al-Hosni, qui « regrettent cette erreur d’identification » de cadavre, erreur qu’elles rejettent sur la famille de Zeinab.

« Bon sang, mais c’est bien sûr ! »

L’Express, ensuite, qui, devant ce nouveau « raté » de la propagande anti-Bachar s’interroge gravement sur les responsables de ces « couacs ». Est-ce que cette affaire, celle de la vraie-fausse démission de l’ambassadeur de Syrie en France (en juin), et celle de la réapparition, sur les écrans de la télévision syrienne (fin septembre) du colonel déserteur Harmouche, ne seraient pas une manipulation – machiavélique, forcément machiavélique – des services de renseignement de Damas, visant à discréditer l’opposition et ses relais notamment français, comme France 24, Le Monde, ou L’Express ?

L’hebdomadaire, qui appuie cette hypothèse sur l’intuition de « plusieurs connaisseurs de la Syrie » – on n’en saura pas plus pour le moment – renvoie ainsi la « patate brûlante » de la désinformation au régime syrien. Simple, mais il fallait y penser !

Que dire ? Que L’Express a oublié dans sa liste la transformation du cadavre putréfié du jeune Hamza en enfant-martyr torturé par la barbarie bachariste (voir notre article « Le martyr que trop de gens attendaient« , mis en ligne le 1er juin) , et aussi la vraie-fausse lesbienne persécutée de Damas, et dans la réalité, masculine, barbue et américaine (voir notre article « Une opposition vraiment virtuelle« , mis en ligne le 13 juin), les couveuses de bébés débranchés par les soudards de l’armée à l’hôpital de Hama (voir notre article « Mensonges & manipulations (suite)« , mis en ligne le 7 août), le gamin renversé accidentellement par une voiture de l’armée à Douma et immédiatement homologué « martyr de la liberté » par l’opposition et al-Jazeera (voir notre article « Et maintenant les faits-divers au secours de la propagande« , mis en ligne le 15 juin), la mort suspecte annoncée (par l’opposition) et aussitôt démentie (par l’intéressé lui-même) du ministre syrien de la Défense, le général Habib (voir notre article « L’heureuse résurrection du général Habib« , mis en ligne le 10 août), la fuite à Londres de l’épouse de Bachar al-Assad, Asma (voir notre article « Désolé, amis journalistes, Asma est toujours là !« , mis en ligne le 1er juillet), la manifestation parisienne des partisans du régime transformée par l’AFP en manifestation d’opposants (voir notre article « Trucages…« , mis en ligne le 31 mai), et on en passe et des « meilleures », comme, tout récemment, les exilés syriens de France et d’Europe persécutés par les membres des services secrets syriens – qui font décidément les « trois huit » ! (voir notre article « Légende urbaine : les opposants exilés à Paris vivraient dans la terreur« , mis en ligne le 6 octobre).

L’Express d’ailleurs pourrait aller au bout de sa logique, et imputer aux « services » de Damas – certains opposants l’ont déjà fait depuis longtemps – le massacre de tout ou partie des 700 militaires et policiers tombés à ce jour en Syrie, la montée en puissance des groupe armés et l’entrée en scène des déserteurs-résistants… Au fait, les dirigeants russes et chinois qui ont mis leur véto aux tentatives de résolution euro-américaines sont peut-être « tenus » par les services syriens pour quelque sordide affaire de moeurs ?

En un mot comme en cent, tout ceci est puéril. Les opposants et leurs obligeantes chambres d’écho comme L’Express et France 24 ont été, à plusieurs reprises, convaincus de bobards, de désinformation et de manipulation des faits. Pris en flagrant délit de mensonge et de trucage. Et comme des enfants pris la main dans le pot de confiture, ils nient et renvoient la faute sur d’autres sur l’éternel mode « C’est pas moi, c’est l’autre ! » Cette stratégie – un rien complotiste, au fait – du défaussement en dit assez long sur le malaise qui sévit dans les rédactions atlantistes en ce moment.


Source

La guerre de Syrie aura t-elle lieu ?

 

Les chrétiens d’Orient s’érigent en remparts contre le nouveau colonialisme occidental
 
par Thierry Meyssan

La guerre contre la Syrie, planifiée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni pour la mi-novembre 2011, a été stoppée in extremis par les veto russe et chinois au Conseil de sécurité. Selon Nicolas Sarkozy, qui en avait informé le patriarche maronite lors d’une entrevue houleuse à l’Élysée le 5 septembre, le plan prévoit l’expulsion par les Occidentaux des chrétiens d’Orient. Dans ce contexte, une campagne de presse est conduite en Europe pour accuser les chrétiens d’Orient de collusion avec les dictatures. Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère de Saint Jacques le Mutilé à Qâra (Syrie) répond à cette propagande de guerre.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie)
 
JPEG%20-%2027.1%20ko
Reçu à l’Élysée le 5 septembre 2011, S. B. Bechara Boutros Rai, Patriarche Maronite d’Antioche et de Tout l’Orient (c’est-à-dire chef de la principale Église de rite oriental rattachée à Rome) s’est entendu dire que la France et ses alliés interviendraient prochainement militairement en Syrie pour y porter au pouvoir les Frères musulmans. Les chrétiens d’Orient, qui n’auraient alors plus leur place au Levant, devraient se préparer à l’exode et pourraient trouver refuge en Europe.
Présidence de la République - P. Segrette

Thierry Meyssan : Le synode spécial pour le Proche-Orient a affirmé le caractère arabe des Chrétiens de cette région, ce qui introduit une rupture par rapport au XXe siècle où le christianisme, bien que né dans cette région, apparaissait comme la religion du colonisateur. Ce virage idéologique a conduit le Saint-Siège et les Églises d’Orient à soutenir la cause palestinienne et les forces de la Résistance anti-sioniste, Syrie incluse. Cette évolution avait été anticipée au Liban par le général Michel Aoun et son alliance avec le Hezbollah. Les Chrétiens d’Orient sont-ils devenus les ennemis des Occidentaux ?

JPEG%20-%2013%20ko

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Oui, le synode a affirmé avec force le caractère arabe des chrétiens d’Orient par immersion et symbiose avec leur environnement historique et culturel.

N’oublions pas que les chrétiens d’Orient ont été les pionniers de la Renaissance arabe appelée Nahda, face au colonisateur ottoman. C’est eux, avec certaines éminentes figures musulmanes, qui ont redonné vie à la langue arabe et à son extension universelle à travers les traductions entreprises, vers ou depuis l’arabe, par de grands intellectuels notamment à Alep, Damas et au Mont-Liban. Les premières imprimeries du monde arabe sont le fait de chrétiens tel qu’Abdallah Zakher. Cependant, avec les mouvements panarabes du début du XXe siècle et certaines tensions à la veille des indépendances, des factions chrétiennes ont été conduites à se démarquer idéologiquement de leurs frères arabes d’autres confessions. Ceci a été très éloquent durant la guerre du Liban lorsque certains chrétiens libanais récusaient haut et fort leur appartenance au monde arabe pour se réclamer d’hypothétiques racines phéniciennes, cananéennes ou autres. La déconfiture chrétienne de la guerre du Liban a ramené les cœurs vers une juste mesure concernant l’histoire et l’identité. Les chrétiens se sont reconnus envoyés en mission sur la terre de leurs ancêtres, depuis la Mésopotamie jusqu’à la Méditerranée, en passant par les rives du Nil, pour témoigner de leur espérance face à leurs frères musulmans qui avaient accueillis parfois en libérateur le colonisateur byzantin lors des guerres islamiques. Il faut garder en mémoire l’œuvre de feu le père Courbon, auteur d’un ouvrage qui a beaucoup influencé les pasteurs des Eglises chrétiennes dans le sens de l’adoption de la cause arabe et de l’identification arabe. Ce livre, dont je récuse le titre, est L’Église des arabes

Depuis toujours, le Vatican a pris position pour la cause palestinienne, non par alignement politique, mais par souci de la Justice. Aujourd’hui cette position est admise par tous les chrétiens d’Orient, y compris les anciens militants anti-arabes. Cependant, l’ingérence injustifiée de l’Occident —États-Unis et France en tête— dans les affaires régionales déjà suffisamment et amèrement expérimentée durant la guerre du Liban et non encore effacée de la réalité du terrain en Irak trouve les chrétiens, prélats en tête, extrêmement précautionneux. Il ne s’agit pas de devenir des ennemis des Occidentaux, mais de se rendre compte une fois pour toutes que la survie des chrétiens en Orient ne pourra plus être débitrice d’un quelconque protectorat ou Sublime Porte ; notre avenir dépend du mariage convaincu des chrétiens avec leurs frères qui cohabitent avec eux en Orient, en qui ils reconnaissent des frères de sang par delà les divergences confessionnelles qui sont moins grandes qu’elles ne paraissent.

Les chrétiens ont toujours servi de paravents culturels à l’Occident. Lorsque les Ottomans, l’homme malade de l’Europe, n’avaient d’autre alternative que d’accueillir les divers consuls occidentaux qui venaient avec leurs missionnaires à Alep (Français, Italiens, Vénitiens, Génois, Hollandais, Autrichiens, Anglais, etc…), les chrétiens étaient l’interface qui leur permettaient de s’adapter à l’Orient mystérieux. En définitive les chrétiens ne sont les ennemis de personne. Ils ont aussi bien accueillis les Occidentaux que les musulmans. Quoi qu’il en soit, ils se réservent le droit après tant de revers de critiquer les bévues, la courte vue, ou l’emportement intempestif des uns et des autres en Occident qui promeuvent leurs propres intérêts au détriment de la présence multiséculaire des chrétiens et autres composantes ethnico-culturelle du tissus socio-démographique oriental. Ou bien on accepte les principes démocratiques et on prend en compte notre point de vue, ou bien admettez que nous faisons face une fois de plus à un système impérialiste qui exige que nous nous taisions et veut nous contraindre à obéir.

Thierry Meyssan : On assiste dans la presse catholique occidentale à une offensive en règle contre le nouveau patriarche maronite et ses déclarations hostiles à une intervention internationale pour changer le régime en Syrie. Ses détracteurs l’accusent de collaboration avec « la dictature des Assad ». Est-il vrai que la minorité chrétienne d’Orient a peur de la démocratie ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je suis déçue par la presse catholique qui suit aveuglément la tendance dictée par les maîtres du monde et qui ne fait que répéter comme un perroquet ce que les médias mainstream propagent à satiété. Dommage que nous ayons, en ces jours difficiles, à nous expliquer d’abord avec nos coreligionnaires qui sont totalement dans la méprise, le malentendu et la désinformation ; à part quelques exceptions dont je salue le courage.

Les Occidentaux se sont habitués à être les juges, les maîtres à penser, les commanditaires, et disons les tuteurs des chrétiens d’Orient. Cela est dû à la trop grande complaisance de certains d’entre nous envers une culture alternative qu’ils ont adoptée. De surcroît, une chose est d’être francophone, une autre est de permettre aux Français —ou à d’autres occidentaux— de s’ériger en pédagogues et tuteurs des chrétiens d’Orient. Le patriarche maronite a dit ce qu’il pensait, de concert avec ses collègues les autres patriarches d’Orient. Il ne l’a pas fait en connivence avec une dictature, mais en harmonie avec ce qu’il croit être la Justice, le Droit et l’intérêt des communautés chrétiennes. Bien sûr, les propos du patriarche contre carrent d’une manière très autorisée les manigances de la communauté internationale visant à instaurer à n’importe quel prix un régime alternatif fantoche en Syrie comme en Libye. Le fait de s’intéresser tellement aux affaires syriennes — Ô que ne l’eut-on fait lors de la guerre du Liban lorsque nous étions massacrés dans l’indifférence !— au point d’en faire la « une » quotidienne des médias du Nouveau Totalitarisme devrait éveiller l’attention de toute personne libre et critique.

Prétendre que les chrétiens d’Orient et leurs pasteurs sont réticents à accompagner les révolutions arabes par crainte de la démocratie, est une calomnie malveillante. Les chrétiens ont été partout des pionniers de la liberté d’expression, de l’égalité entre citoyens, et de la dignité du peuple. Il est faux de dire que nous ignorons culturellement la démocratie, que nos familles sont autoritaires et qu’en général, il n’y a pas de démocratie dans l’Église. Il s’agit d’une lecture réductrice, superficielle, Pourquoi ne pas parler de l’amour qui règne dans nos familles, à la différence des vôtres ? Cette concorde fait que nous n’avons pas besoin de majorité pour diriger puisque le consensus est la réalité quotidienne qui soude les divers membres de cet édifice. Quand à l’Église, c’est la communion qui préside à la relation entre ces membres. Traiter la famille et l’Église sous l’angle de la démocratie, c’est politiser ces réalités qui sont infiniment plus profondes que les intérêts de la Polis. Je suis étonnée que des prêtres qui lancent des séminaires de prière et de jeune soient en réalité axés sur une vision unilatérale politicienne de la famille, de l’Église, de la société, au point de devenir des consultants bénévoles qui dictent, comme faisaient jadis les colonisateurs, leurs avis assénés comme des oracles du haut d’une estime surabondante de soi à la pauvre plèbe du peuple syrien considéré comme mineur, inculte, aveugle et impuissant.

Les Occidentaux sont gonflés d’orgueil à tel point qu’ils ne peuvent pas penser à d’autres schèmes civils que les leurs, bien que leur monde soit confronté à une crise sociale, économique, morale, insoluble. Dans les sociétés traditionnelles fidèles au système ancestral hérité des temps bibliques, il existe d’autres moyens, d’autres paramètres qui peuvent régir d’une manière autrement réussie la vie quotidienne de la société. Je pense au système patriarcal. Je pense au système des alliances entre familles, entre tribus, entre villes, entre régions et entre États ; un système fédératif basé sur les libertés et les intérêts particuliers de la famille, de la tribu, liés à la terre des ancêtres. Malheureusement l’Occident a balayé le concept d’appartenance à la terre, à la famille, à l’ethnie, et somme toutes d’identité ontologique. Son modèle est basé, non pas sur la reconnaissance de l’individu, mais sur des intérêts périphériques. C’est au nom de l’économiquement utile que l’on sacrifie —au profit des multinationales— les principes de la patrie, de la famille, de l’identité personnelle. On ne se rend pas compte que nous sommes embarqués dans un totalitarisme ô combien plus effréné et maléfique que ces petits régimes autoritaires que l’on cherche à renverser. Eux ont tous eu le mérite de préserver le tissu social, identitaire, familial, tribal et clanique de notre mystérieux Orient. Je suis consciente que notre vie heureuse est totalement incompréhensible pour l’Occident.

Thierry Meyssan : Le Conseil national syrien de transition (CNS), qui s’est constitué en Turquie, est dominé par les Frères musulmans. Cette confrérie a été longuement et sévèrement réprimée par Damas. Les villes où elle est historiquement présente sont désormais au cœur de la contestation. Les Frères musulmans sont avant tout partisans d’une application moderne de la Charia. Leur préoccupation ne rejoint-elle pas celle de nombreux mouvements chrétiens en faveur d’une restauration de la moralité ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je déplore que de soi-disant opposants n’aient pas pris au mot le président Bachar el Assad pour débattre avec lui la série de réformes qu’il est en train de conduire. Au lieu de cela, cette opposition a fermé les portes à toute négociation, non seulement par ses déclarations, mais par la force des armes, des attentats, et autres violences. Le CNS ne se présente pas comme une émanation naturelle d’une aspiration réelle du peuple syrien à ses droits légitimes, mais comme l’accouchement forcé d’une collaboration occulte avec des intérêts étrangers à la Syrie.

L’Alliance entre les Frères musulmans et l’Occident est un scandale pour les chrétiens et pour les musulmans qui ne veulent pas que le religieux empiète dans leurs vies sur le civil. Dans les régimes laïques, instaurés après le colonialisme dans la foulée panarabe, le soulagement pour tous était une certaine distance entre la religion et le civil. Or, les Occidentaux qui rejettent chez eux avec raison l’amalgame civil-religieux cherchent à le favoriser ici pour renverser des régimes laïques. C’est ce qui fait peur à la majorité du peuple syrien. La Charia appliquée dans sa totalité telle que cherchent à l’instaurer les Frères musulmans, fonde des régimes théocratiques surannés, obscurantistes, tel celui d’Arabie saoudite. Comment accepter une telle régression au XXIe siècle et quel modernisme les Frères musulmans peuvent-ils apporter à la Charia qui étant de nature divine ne saurait être tempérée ou rectifiée par aucun pouvoir humain ?

Je soupçonne une connivence cachée entre les intérêts néo-coloniaux de l’Occident et la coercition mentale effectuée au moyen de la Charia. Les puissances occidentales ont malheureusement besoin, pour démocratiques qu’elles se présentent, d’un système qui les aide à subjuguer les masses sous couvert de piété et de fidélité à la religion. En somme, les puissances occidentales ont peur des chrétiens qui d’après l’enseignement de l’Évangile sont libres de choisir le Bien ou le Mal et sont rendus à leur dignité de créatures raisonnables, responsables de leur pensées, de leurs paroles et de leurs actions, ce qui n’est pas le cas du fondamentalisme musulman.

Thierry Meyssan : Des clercs occidentaux vivant dans le monde arabe se sont résolument engagés dans le « Printemps arabe ». Ils soulignent que les Européens ne doivent pas être des privilégiés, mais que tous les peuples ont le droit de vivre avec les standards occidentaux et de bénéficier de la démocratie. Pourtant, le patriarche comme vous mêmes semblez inquiets de la révolution syrienne. En définitive, les chrétiens ont-ils une position communautaire sur ce sujet ou sont-ils politiquement divisés ?

Mère Agnès-Mariam de la Croix : Je crois vraiment que les clercs occidentaux qui vivent dans le monde arabe ne sont engagés que mentalement dans le printemps arabe, ce sont des révolutionnaires de papier. Qui plus est, ils n’ont pas pris la peine —parce que étrangers au tissu social et à la synthèse identitaire orientale— d’ausculter la tendance réelle de l’immense majorité silencieuse, chrétienne et musulmane. Ces clercs occidentaux sont les premiers à être induits en erreur et à démontrer qu’ils méprisent les valeurs orientales pour lesquelles ils disent s’être engagés puisqu’ils cherchent à importer par la force d’une conviction hors de propos le standard occidental comme étant la norme universelle, uniquement viable, du bien être et de la dignité. Malheureusement, regardons en face ce standard, avec des yeux orientaux : où est l’importance donnée à la famille qui s’effrite au point que l’identité du genre est devenue un débat à l’ONU ? qu’en est-il des mœurs totalement révulsives pour un oriental et pourquoi ne pas le dire puisque nous sommes libres de nous exprimer, jamais en Orient nous n’accepterons la banalisation des avortements ou l’isolement des personnes âgées en dehors de leurs familles. Il est certain que le standard occidental n’est une référence que pour les orientaux qui sont déracinés de leur propre identité et qui vivent dans un monde virtuel pour se laisser façonner à l’image de leurs idoles. Ce n’est pas la révolution qui fait peur au patriarche et aux Chrétiens, mais c’est l’ingérence de l’Occident qui laisse à penser qu’il s’agit d’une conspiration ou d’un mouvement détourné plutôt que d’un événement entièrement spontané. Les chrétiens peuvent être divisés politiquement, c’est leur droit. Ils ont toujours été pluralistes et c’est leur honneur. Il n’en demeure pas moins qu’à cause de la liberté inhérente à leur formation religieuse, ils sont les artisans et je dirai une référence pour toute révolution digne de ce nom.

Source
Une délégation de l'ALBA se rendra en Syrie pour soutenir la paix



Edité par T 34 - 09 Oct 2011 à 05:51
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Oct 2011 à 21:37

Communiqué de Husein Nemer, premier secrétaire du Parti communiste syrien (unifié)

 

source : PRCF

Depuis que les événements ont commencé en mars dernier, des dizaines de chaînes de télévision en Amérique, en Grande-Bretagne et en France, certaines chaînes dans le monde arabe, et des centaines de sites internet ont travaillé d’arrache-pied pour falsifier la réalité sur ces événements, en tout cas pour l’opinion publique mondiale.

Le président Américain fait des déclarations quotidiennes comprenant des menaces directes visant la Syrie, ainsi qu’une ingérence flagrante dans les affaires internes du peuple Syrien.

Plusieurs hauts dignitaires de l’Union européenne suivent le président Américain. Ces menaces et ces ingérences ont atteint un sommet lorsqu’il a affirmé l’illégitimité du régime Syrien. Des sanctions sévères et injustes ont été imposées au peuple Syrien et à son économie. Plus dangereux encore, des plans sont discutés et impulsés par l’OTAN afin de lancer des vagues de frappes aériennes pendant plusieurs semaines contre 30 sites stratégiques en Syrie, ressemblant exactement à ce qui s’est passé en Yougoslavie.

Certains hauts dignitaires Européens ne vont pas hésiter à appeler à traiter la situation en Syrie avec des méthodes qui en ferait une pâle copie de la crise Libyenne où des dizaines de milliers de civils ont été massacrés, des dizaines d’usines et de sites économiques détruits par des frappes aériennes, avec pour conséquence une Libye divisée.

Des Etats membres de l’alliance impérialiste internationale essaient, par tous les moyens possibles, de faire adopter une résolution du Conseil de sécurité condamnant la Syrie, qui serait suivie par des résolutions successive afin qu’une campagne agressive puisse être légitimée. Grâce à l’opposition de la Russie et de la Chine, accompagnées de l’Afrique du sud, l’Inde, le Brésil et le Liban, les tentatives impérialistes au Conseil de sécurité de l’ONU sont tout simplement, jusqu’à présent, un échec.

Toutes ces manoeuvres sont justifiées de deux façons:

1 Des manifestants sont tués en Syrie, on a recours à des méthodes sécuritaires dans le
traitement des manifestations ;

2 La manipulation des insuffisances du régime en Syrie, tels que le manque de démocratie et le monopole du pouvoir exercé par le parti au pouvoir, afin de faire pression sur le régime pour qu’il adopte des changements internes, bien que tout changement interne doit être considéré comme une partie intégrante de la souveraineté nationale de n’importe quel pays;

En fait, plusieurs manifestations ont eu lieu dès le mois de mars, appelant à des réformes sociales, économiques et démocratiques. La majorité de ces revendications ont été soutenues par notre parti comme une façon de s’opposer aux effets néfastes de la mise en œuvre de mesures économiques libérales, issues des accords passés avec le FMI, et de la transformation de la Syrie en une économie de marché. Les effets ont été très mauvais sur le niveau de vie des plus pauvres et des couches moyennes.

La direction politique du pays a été constamment mise en garde, par la presse du parti, des rencontres officielles ou des mémorandums officiels, le dernier il y a cinq semaines de cela. Les manifestations étaient pacifiques. Elles ont été bien vite manipulées par des religieux fondamentalistes et des groupes radicaux à l’idéologie obscurantiste.

De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales. Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations. Des dizaines de civils et de soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tout derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, d’une part, et la Turquie, la Liban, la Jordanie et l’Irak pour s’assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers.

Quoi qu’il en soit, les bandes armées n’ont pas réussi à établir une base frontalière stable. Cela a coûté à la vie à des centaines de civils et de soldats, plus de 2 000 victimes. Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés. Les équipements dernier cri électroniques et médiatiques ont été utilisés afin de faire passer l’armée Syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées.

Pressé par les événements, le gouvernement a adopté plusieurs réformes sociales et démocratiques comprenant : l’annulation des lois d’urgence, des tribunaux exceptionnels, et le caractère légal accordé aux manifestations pacifiques. Récemment, une nouvelle loi électorale et une loi permettant la création de partis politiques ont été adoptées. Est en cours de préparation une nouvelle constitution ou une constitution modifiée.

De nouvelles lois couvrant les domaines des médias et de l’administration locale ont également été adoptées. Les objectifs de ces lois et mesures sont : casser le monopole du pouvoir exercé par le parti Baath, pour établir une société pluraliste et démocratique, pour garantir les libertés publiques et privées, pour aider au développement de la liberté d’expression et à la reconnaissance du droit de l’opposition à une activité politique pacifique.

En dépit de nos réserves quant à certains articles, ces lois sont très importantes. Pendant plus de quarante années, notre parti a lutté pour que de telles lois soient adoptées. Si ces lois étaient mises en œuvre, elles pourraient être un pas important en avant, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste. De vastes secteurs de l’opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures,
tandis que l’opposition fondamentaliste et armée s’en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tentions communautaires.

Tenter de dépeindre le problème comme s’il s’agissait d’une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits.

Nous pouvons résumer la situation de la façon suivante:

* Les tensions armées dans les villes Syriennes ont diminué. Les bandes armées ont subi de lourdes pertes. Cependant, certaines d’entre elles sont capables de reprendre leurs activités;
* Les manifestations pacifiques n’ont pas disparu et ne sont pas confrontées à la violence de l’État, à moins qu’elles se soient accompagnées d’agissements violents.
* L’État a invité l’opposition nationale à participer à un dialogue politique général visant à contribuer à la réalisation de la transition à la démocratie et au pluralisme de façon pacifique.

Ce dialogue doit affronter de nombreuses difficultés, la plus importante d’entre elles est la pression de groupes armés qui s’opposent au dialogue pacifique et à une solution pacifique, et dépendante du soutien de l’étranger.

Les menaces impérialistes et colonialistes contre la Syrie se sont intensifiées. Bien que ces menaces posent de nombreuses difficultés, nous devons être prêts à les affronter.

Pour ce qui est de la situation dans notre pays, il apparaît que:

* Les mouvements de protestation existent toujours à différents niveaux. Ils diffèrent d’un gouvernorat à l’autre. On peut remarquer que la plupart des mouvements partent des mosquées, des zones rurales et des taudis, pour se diriger vers les centres-villes ;
* Les mouvements parmi les minorités ethniques ou religieux sont rares. Dans les usines, les universités et les syndicats, il n’y a pas de mouvement;
* Dans les cercles de la grande bourgeoisie, qu’elle soit industrielle ou économique, en particulier dans les grandes villes comme Aleppo, Lattakia et Damas, il n’y a pas de mouvement.
* Il n’y a aucun mouvement parmi les clans et les tribus

L’opposition se compose d’un large spectre de partis très divers. Certains sont patriotiques, s’opposant à l’ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l’étranger.

Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l’influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires. Sur place, les groupes les plus actifs et importants depuis le début des manifestations sont les coordinations locales qui comprennent des groupes de jeunes n’ayant pas d’orientations ou de plans idéologiques communs clairs si ce n’est le slogan : « A bas le régime ! ». Ils sont vulnérables aux pressions externes et internes.

L’opposition en exil composée essentiellement d’intellectuels, de traditionalistes, de personnes qui ont abandonné le régime et ont certains contacts à l’intérieur . Certaines forces d’opposition à l’étranger ont travaillé dur pour obtenir le soutien des forces étrangères colonialistes.

* Jusqu’à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne mènent la campagne internationale de menaces et de provocation contre le régime en Syrie visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie, en particulier des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres organisations internationales, la Russie et la Chine continue de s’opposer à de telles sanctions et mesures. La Turquie a choisi une position opportuniste qui fluctue en fonction de ses intérêts régionaux et politiques. Grosso modo, il y a une unanimité internationale dans l’opposition aux mesures militaires directes contre la Syrie, comme cela s’est produit en Libye, étant donné que la Ligue arabe et le Conseil de sécurité de l’ONU n’adoptent pas de résolutions ouvrant la voie à cette perspective. Le conflit sur cette question est féroce.

* Excepté le Qatar qui joue un rôle vital et important dans la conjuration contre la Syrie, il existe différentes opinions et position dans le monde Arabe concernant la situation en Syrie;
* Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie des masses s’intensifie Le régime est cohérent et offre de grandes potentialités. Cinq mois après le début des événements, aucune des institutions de base (le parti, l’armée, la sécurité, les institutions d’État, les ambassades, les organisations populaires, les syndicats, le Front national progressiste…) n’a connu de divisions ;

Assurément, le tableau n’est pas statique, et doit être perçu dans ses aspects dynamiques, son
évolution et son développement jour après jour.

Parmi les scénarios possibles :

* La crise pourrait continuer encore pendant une longue période, menant à d’autres catastrophes, bains de sang et souffrances
* Un effondrement menant à l’anarchie générale, une guerre civile ou quelque chose de ce
genre, ouvrant la voie à une intervention extérieure ;
* Une division claire dans l’opposition peut se produire, faisant en sorte qu’une partie d’entre elle s’ouvre à un dialogue sérieux avec le régime pour parvenir à un nouveau contrat social dans le pays

Il y a deux issues possibles: soit l’avancée vers une solution politique à la crise rendant possible une fin  rapide et définitive, soit la poursuite du recours au traitement sécuritaire de la crise quelqu’en soit le prix.

Il est difficile de prédire la manière dont une solution décisive sera atteinte.

Certains événements inattendus peuvent se produire, poussant tous les partis à trouver un accord, ou à accepter un accord imposé par des puissances étrangères pour aider le pays à trouver une issue au tunnel dans lequel il s’est engouffré.

Où en est le parti désormais ?

Pour commencer, nous aimerions attirer votre attention sur le fait que notre parti a envoyé un mémorandum au commandement régional à la veille de la 10ème conférence nationale du parti Baath en 2005. Le parti a demandé à ce que l’État soit séparé du parti, que la démocratie et les libertés soient garanties, que les lois d’urgence soit levées, qu’une loi démocratique pour les partis soit adoptée, que les prisonniers d’opinion et politiques soient libérés, que l’on mette un terme à la domination du parti Baath sur les syndicats, que la corruption soit combattue, etc.

En outre, nous tenons à ajouter que le parti a affirmé, dans tous les documents adoptés dans la dernière période, qu’il soutenait la position nationale de la Syrie. Pour réaliser cet objectif, les besoins sociaux, économiques et démocratiques des masses populaires doivent être satisfaits. Nous avons discuté en détail de ces revendications dans nos conférences et documents.

Dans son analyse de la crise profonde actuelle de notre pays, notre parti avait indiqué clairement que la principale contradiction se trouve entre la formule politique selon laquelle le pays est gouverné depuis des décennies et les revendications de démocratie, de développement social, économique et culturel dont a besoin la société Syrienne.

Le fond de notre position, c’est que cette formule politique repose sur le monopole de l’autorité par le parti Baath, la tutelle sur le mouvement populaire et ses organisations. Cette formule a mené à la décadence et à la bureaucratie, et à la corruption de l’appareil d’État. Par conséquent, les plans de réforme économique et sociale doivent être pris en considération, mis au niveau des exigences de progrès.

En bref, notre parti estime que le fond de la crise actuelle réside dans le décalage entre la structure du régime et les tâches que doit affronter la Syrie. Dans le même temps, le parti insiste sur le fait que l’ennemi et les forces impérialistes font de leur mieux pour utiliser ce décalage interne pour rendre possible la conjuration contre la Syrie, et l’utiliser comme un cheval de Troie pour servir son objectif bien connu, comme nous l’avons mentionné ci-dessus.

En conséquence, le Parti communiste syrien (unifié) n’est pas neutre pour ce qui est de l’alternative nécessaire, d’une part, et des moyens nécessaires pour atteindre cet objectif, d’autre part. Une solution politique passant par la poursuite de réformes véritables et radicales est la seule issue à la crise. Les mesures sécuritaires ne font que développer les facteurs de la crise, et l’approfondir toujours plus tout en vidant de son sens le contenu des réformes.

Nous affirmons que la situation actuelle rend nécessaire un dialogue constructif et loyal entre toutes les forces patriotiques et honnêtes, indépendamment des différences d’opinions et d’idées dans l’objectif de parvenir à un accord ou à un plan de réformes radicales répondant aux besoins des masses populaires et des garanties sur la création d’un État civil laïc et démocratique s’opposant aux plans impérialistes et Israéliens dans la région.

Si le dialogue nécessite l’existence d’un climat propice, le dialogue même pourrait contribuer à créer un tel climat, car les autres options ne conduiraient qu’à de nouveaux bains de sang, de nouveaux désastres pour le pays et pour le peuple.


 

Le comité populaire de l'unité des communistes syriens appelle l'opposition syrienne à s'éloigner des slogans irréalistes 

08 Oct 2011

Moscou /  Dr Qadri Jmayyel, secrétaire du comité populaire de l'unité des communistes syriens, a appelé toutes les composantes de l'opposition syrienne à s'éloigner des slogans irréalistes et extrémistes et à œuvrer pour un changement graduel et pacifique qui garantit une sortie en sécurité de la crise actuelle.


Dans un entretien accordé à la chaîne "La Russie aujourd'hui", M. Jmayyel a affirmé que la réforme globale et le véritable changement en Syrie doivent avoir lieu à travers le dialogue et la concordance, insistant à cet effet sur le refus de l'opposition nationale de l'ingérence étrangère.


Il a fait noter que le slogan hissé par certaines parties de l'opposition sur la chute du régime est irréaliste et inutile.


Il a ajouté que ce sont la différence des points de vue et l'ingérence extérieure négative qui empêchent les Syriens de s'asseoir sur la table de dialogue.
M. Jmayyel a apprécié, enfin, la position de la Russie au sein du conseil de sécurité, précisant que l'histoire se rappellera toujours du double veto opposé par la chine et la Russie au projet de résolution contre la Syrie.


L'ALBA se réunit avec le gouvernement syrien.
 


Edité par T 34 - 10 Oct 2011 à 22:16
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Oct 2011 à 20:22

Le président syrien Bashar Al-Assad reçoit une délégation de l’ALBA

Par Tania Hernández
 
Damas, 10 octobre (RHC) – Le président de la Syrie, Bashar Al-Assad, a reçu au palais présidentiel de Damas une délégation ministérielle des pays de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA).

Le dirigeant syrien a expliqué que son gouvernement accorde une attention toute particulière aux réformes politiques, aux affrontements avec les groupes armés et à la résolution de la crise nationale provoquée par les manifestations d’activistes d’opposition au mois de mars. Bashar Al Assad a également dénoncé la stratégie de déstabilisation des gouvernements occidentaux, a indiqué l’agence de presse Prensa Latina.

La délégation de l’ALBA était composée des ministres des Affaires étrangères du Venezuela, Nicolás Maduro et de Cuba, Bruno Rodríguez, du ministre des Communications de la Bolivie, Iván Canelas, et du sous-secrétaire du Ministère des Affaires étrangères de l’Equateur Pablo Villagómez.

L’agence de presse Prensa Latina précise que Bashar Al Assad et des membres du gouvernement syrien ont remercié la position solidaire de l’ALBA par rapport aux événements du dernier semestre, une position qui contraste avec les sanctions et condamnations des Etats-Unis et de l’Europe.

Source
 

Diplomatie : l’Iran, le Venezuela et Cuba montent – fermement – au créneau

Par Louis Denghien, le 10 octobre 2011 

Le%20général%20iranien%20Rahim-Safavi%20:%20une%20fermeté%20de%20ton%20envers%20Erdogan%20qui%20vient%20de%20haut

Le général iranien Rahim-Safavi : une fermeté de ton envers Erdogan qui vient de haut

C’est un avertissement très net, et inédit par sa fermeté, que vient d’adresser, à propos de la Syrie, Téhéran à Ankara. Par la bouche de son conseiller militaire, le Guide suprême de la révolution iranienne Ali Khameneï, autrement dit le « N°1 bis » de la République islamique, a mis le gouvernement turc en demeure de revenir sur ses dernières prises de position en politique internationale, en tous cas celles concernant la Syrie et le déploiement sur le territoire turc du « bouclier anti-missiles » de l’OTAN.

La Turquie doit « changer de comportement »

Le général Yahya Rahim-Savafi, conseiller militaire d’Ali Khamenei, qui s’exprimait samedi 8 octobre dans u entretien accordé à l’agence iranienne Mehr, a en effet été très clair : si le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan persiste dans cette voie, il aura des comptes à rendre non seulement au peuple turc mais aux pays voisins. « L’attitude des dirigeants turcs envers la Syrie et l’Iran est condamnable », a estimé le général Rahim-Safavi. « Ils agissent ainsi, je pense pour servir les intérêts de l’Amérique » (Ce n’est, en effet, pas à exclure a priori, Ndlr)

Et le haut-responsable militaire iranien, qui n’a pu s’exprimer sur un sujet aussi sensible, et avec une telle fermeté, sans l’aval de la direction iranienne, met les points sur les i : « Si la Turquie ne change pas de comportement, le peuple turc ne laissera pas faire et les pays voisins, la Syrie, l’Irak et l’Iran, devront réexaminer leurs relations avec Ankara ».

On notera que le général Rahim-Safavi évoque, très clairement là aussi, la mise en place d’un axe Téhéran-Damas-Bagdad opposé aux visées hégémonistes d’Ankara dans la région. Et là encore, on peut penser qu’il ne s’est pas avancé « sans biscuits » ! A vrai dire, les trois pays ont récemment conclu un partenariat, économique mais lourd de sens politiquement, avec la mise en chantier du « gazoduc islamique » voué à acheminer, via l’Irak et la Syrie, le gaz iranien vers l’Europe (voir notre article «Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique » , mis en ligne le 27 juillet).

Par ailleurs on sait que le gouvernement iranien avait fait déjà, depuis le début de la crise syrienne, des pressions – plus discrètes que celle-ci – sur Erdogan afin qu’il mesure ses propos sur son voisin. Plutôt en vain jusqu’à présent.

On verra si cet avertissement plus « affirmé » fera son effet. Mais il démontre, s’il en était encore besoin, que les spéculations récentes des médias français sur une « prise de distance » des Iraniens vis-à-vis du gouvernement syrien, n’étaient qu’une énième intox, une nouvelle désinformation.

Au fond si « prise de distance » il y a, elle intervient entre les médias occidentaux et les réalités de terrain !

Walid%20al-Mouallem%20et%20les%20diplomates%20latino-américains,%20le%209%20octobre%20à%20Damas

Walid al-Mouallem et les diplomates latino-américains, le 9 octobre à Damas

D’autre part, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Nicolas Maduro et son homologue cubain Bruno Rodriguez ont été reçus dimanche 9 octobre par le président Bachar al-Assad. Cette visite, avait déclaré samedi à Genève M. Maduro, « s’inscrit dans le cadre du soutien à la Syrie et du rejet de toutes les formes d’ingérence étrangère dans les affaires de la Syrie ». Précisons que des représentants diplomatiques de l’Equateur, du Nicaragua et de la Bolivie accompagnaient MM. Maduro et Rodriguez dans cette visite d’amitié. Quand on sait par ailleurs l’attitude pro-syrienne constante d’un pays comme le Brésil au Conseil de sécurité des Nations-Unies, on voit qu’en Amérique latine – continent « émergent » – aussi, un front du refus de l’impérialisme américano-occidental s’affirme, et serre les rangs autour de la Syrie. C’est, en quelque sorte, un « No pasaran ! » d’un genre nouveau que lancent, à propos de la Syrie, ces « nations nationalistes » à l’intention des Obama, Sarkozy, Cameron et autres Erdogan !

 


Edité par T 34 - 10 Oct 2011 à 20:37
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Oct 2011 à 21:22

Qui avait – vraiment – intérêt à tuer Mechaal Tamo ?

Par Louis Denghien, le 10 octobre 2011 

On%20sait%20pas%20qui%20a%20tué%20Mechaal%20Tamo,%20mais%20on%20voit%20bien%20à%20qui%20profite%20ce%20crime

On sait pas qui a tué Mechaal Tamo, mais on voit bien à qui profite ce crime

Washington et Paris – villes jumelées diplomatiquement depuis cinq ans – ont vivement réagi à l’assassinat, vendredi 7 octobre, du dirigeant kurde syrien Mechaal Tamo. Agé de 53 ans, Tamo était une figure du récent « Conseil national syrien » (CNS) qui tente de fédérer, depuis la Turquie et avec l’appui des Occidentaux, divers courants de l’opposition radicale à Bachar al-Assad (voir notre article « Les contradictions internes du président Ghalioun… », mis en ligne le 3 octobre). Il animait le « Courant du Futur », formation kurde se présentant comme « libérale », et il avait récemment été libéré de la prison où il avait passé trois ans et demi – encore un geste de Bachar, soit dit en passant. Ce qui n’avait pas empêché Tamo de rejeter une proposition de dialogue émanant du pouvoir.

D’après ce que l’on sait, Tamo a été abattu à son domicile de Qamichli, dans le nord-est du pays par « quatre hommes armés et masqués », qui ont également blessé son fils et une collègue, affirme depuis Londres l’OSDH, tandis que Sana prétend que Mechaal Tamo a été victime d’un commando opérant depuis une voiture, et qui a ouvert le feu sur le véhicule où avait pris place le dirigeant kurde.

Toujours est-il que l’annonce de sa mort a jeté dans la rue des milliers de Kurdes, jusque-là assez en retrait du mouvement de contestation. Et l’OSDH chiffre à 50 000 le nombre de ceux qui l’ont porté en terre samedi. La communauté kurde représenterait avec 2 millions de membres environ 10 % de la population syrienne, essentiellement présente dans la pointe nord-est du pays, avec des concentrations autour d’Alep et dans certains quartiers de Damas. Cette communauté, pour une part importante, est d’origine turque mais elle est considérée comme bien intégrée à son pays d’accueil et, en juin dernier, Bachar al-Assad a décidé d’accorder la nationalité syrienne à plusieurs dizaines de milliers d’entre eux, rompant avec la politique de mise à l’écart de son père Hafez al-Assad. Dans un contexte régional explosif, où la question kurde pèse non seulement sur la Syrie, mais aussi la Turquie, l’Iran et l’Irak, ce qui s’est passé vendredi équivaut donc à allumer un briquet auprès d’une citerne d’essence.

Un meurtre qui « tombe bien », à plusieurs égards

 Naturellement, les chancelleries occidentales ne sont pas les seules à avoir récupéré le cadavre encore chaud de Mechaal Tamo : la porte-parole du CNS, Bassma Kodmani, a accusé le pouvoir syrien d’avoir armé les tueurs, déclarant qu’il avait « franchi une nouvelle étape dans la stratégie de répression ». « Tous les leaders de l’opposition doivent se protéger » a encore mélodramatisé Bassma Kodmani, qui faisait aussi allusion à l’agression à Damas, dans des conditions non éclaircies, de l’opposant et ancien député Riad Seif, roué de coups par des hommes présentés par les médias étrangers comme les « agents de sécurité » d’une mosquée.

Si l’on s’en tient à l’adage romain « Is fecit cui prodest » – qu’on peut traduire par « à qui profite le crime ? » – on ne voit pas pourquoi Damas aurait fait abattre un dirigeant d’une communauté plutôt « neutre » jusque-là, alors qu’il était en train de gagner la « bataille de la rue ». Or ce meurtre est survenu vendredi matin, de quoi relancer le processus de manifestation, bien affaibli depuis des semaines. Et de fait, c’est sous l’égide du CNS que plusieurs milliers de personnes seraient descendues dans la rue, notamment autour de Damas, à Homs et à Deraa.

Ensuite, ce crime permet opportunément de faire oublier – à ceux qui le veulent bien – que jusqu’à présent, les meurtres ciblés de personnalités visaient des partisans et notables du régime, professeurs, généraux, ingénieurs (voir notre article « La nouvelle stratégie « serial killers » des opposants radicaux à Homs », mis en ligne le 29 septembre). Et ceux qui à Washington ou à Istambul stigmatisent la dérive criminelle du régime se sont bien gardés de réagir à l’assassinat ô combien symbolique du fils du Grand mufti (sunnite) de Syrie (voir notre article « Plus qu’un crime, une faute : le fils du Grand mufti de Syrie assassiné », mis en ligne le 3 octobre).

En conséquence de quoi, et nous en sommes désolés pour nos opposants « à nous », cette histoire nous paraît cousue de fil blanc. Un fil qui, si on le tirait, ne nous conduirait pas, à notre avis, aux « services » syriens, qui ne sont pas payés, a priori, pour créer des difficultés supplémentaires à leur employeur ! Dans cette tragédie syrienne, il y a, depuis le début, trop de gens, syriens ou non, qui sont prêts à tout pour obtenir la peau de Bachar et son régime. Des professionnels pour qui la provocation est un « outil de travail » comme un autre.

Assassinat de Mechaal Tamo : des coupables plus plausibles que Bachar

Par Guy Delorme, le 10 octobre 2011 

Manifestants%20anti-Bachar%20le%207%20octobre%20:%20les%20contradictions%20et%20ambiguïtés%20de%20lopposition%20résumées%20par%20trois%20drapeaux%20:%20lofficiel,%20celui%20de%20lopposition%20et%20celui%20des%20Kurdes%20!

Manifestants anti-Bachar le 7 octobre : les contradictions et ambiguïtés de l'opposition résumées par trois drapeaux : l'officiel, celui de l'opposition et celui des Kurdes !

L’OSDH et ses relais ont affirmé que les forces de l’ordre avaient « ouvert le feu » samedi 8 octobre sur la foule participant aux obsèques du leader kurde syrien Mechaal Tamo, assassiné vendredi (voir notre article « Qui avait – vraiment – intérêt à tuer Mechaal Tamo ? », mis en ligne le 10 octobre). Selon les mêmes sources opposantes – incontestées sinon incontestables – 50 000 personnes participaient à ces funérailles, à Kamichli, dans le nord-est du pays, en zone kurde syrienne. Et deux personnes auraient été tuées et trois autres blessées par ces tirs.

Disons tout de suite qu’à supposer que ce bilan « OSDH » corresponde à la réalité – et rien n’est moins sûr -, il ne s’agit nullement du « bain de sang » évoqué par certaines chaînes de désinformation continues françaises.

Un leader moins consensuel de son vivant qu’après sa mort ?

Le fils de Mechaal Tamo, Fares, a déclaré à al-Jazeera que « les » Kurdes tenaient Bachar al-Assad pour responsable de sa mort. Et à propos de mort et de Bachar, Fares Tamo a été jusqu’à déclarer que « les » Kurdes ne baiseraient pas les bras tant que le régime ne serait pas renversé, et son chef « exécuté ».

La douleur et la colère sont mauvaises conseillères : au risque de nous répéter, le régime n’avait absolument aucun intérêt à tuer une personnalité, certes opposante, mais issue d’une communauté globalement restée à l’écart des troubles et envers qui Bachar, justement, a fait un geste en accordant la nationalité syrienne à ceux des Kurdes de Syrie qui ne l’avaient pas encore.

Par ailleurs, et contrairement à ce que racontent les médias français sous influence américaine, les principales victimes d’assassinats ciblés, ces dernières semaines en Syrie, sont des notables proches du pouvoir. Et Bachar, qui a réussi globalement à juguler la contestation de rue, ne va pas prendre le risque de jeter de l’huile sur les braises en envoyant on ne sait quel escadron de la mort baasiste tuer des figures de l’opposition intérieure.

En revanche, les opposants radicaux ont plus intérêt que jamais à semer le trouble et la haine en multipliant les provocations, et donc, le cas échéant, les assassinats politiques.

Reuters, du reste, entrouvre une piste dans son article du 8 octobre en indiquant que Mechaal Tamo s’était « attiré les foudres de certains partis kurdes ». Quand on sait que les Kurdes d’Irak et de Turquie se sont déchirés pendant des années (1994-1997) via la mini-guerre civile opposant le PDK et l’UPK, et que le mouvement national kurde est devenu un enjeu et une arme dans le conflit entre les intérêts contradictoires de la Turquie, de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie, avec interférences et manipulations américaines et israéliennes à la clef, on peut dire que dans l’enquête à faire sur la mort de Mechaal Tamo les pistes à explorer ne manquent pas, et celle du gouvernement syrien n’est vraiment pas la plus évidente !

Les forces de l’ordre continuent de payer le prix du sang

Par Pierre Marulaz, le 10 octobre 2011 

Obsèques%20de%20militaires%20tombés%20dans%20le%20secteur%20de%20Hama,%20le%208%20octobre..

Obsèques de militaires tombés dans le secteur de Hama, le 8 octobre..

...%20et%20soldats%20blessés%20en%20opérations,%20le%20même%20jour

... et soldats blessés en opérations, le même jour

Même l’OSDH est désormais obligé de se faire l’écho des violences… frappant les forces de l’ordre : tout en avançant le chiffre de 14 civils tués – dont sept à Homs – pour la journée du dimanche 9 octobre, la « cyber-agence de presse » de l’opposition radicale rapporte que pas moins de 17 soldats et policiers ont péri cette même journée. Selon l’OSDH, huit de ces hommes seraient tombés dans la région d’Idleb (nord) dans des combats avec des « déserteurs« . L’OSDH est un peu flou sur le sujet, mais un certain nombre des « civils » tués dimanche à Homs et à Idleb seraient précisément des déserteurs abattus les armes à la main.

Décidément, les déserteurs de l’armée syrienne ont « bon dos », et permettent d’escamoter l’existence de groupes activistes plus anciens dans le paysage insurrectionnel syrien : les salafistes proche des Frères musulmans, qui opéraient à Homs, Hama, Jisr al-Choughour bien avant que la cyber-opposition se mette à chanter la geste de l’ »Armée syrienne libre » et autres phalanges de déserteurs de l’armée, promus depuis quinze jours environ le fer de lance de la révolte syrienne.

L’agence Sana annonce par ailleurs la mort, survenue le 8 octobre, de neuf « agents des services spéciaux » au cours d’un accrochage avec un « groupe terroriste » près de Mzareb dans le gouvernorat de Hama. 26 autres membres des forces de l’ordre auraient été blessés au cours de l’incident, qui s’est terminé par l’annihilation du groupe et la saisie d’un important stock d’armes et de munitions.

Cela fait donc 26 soldats, policiers ou agents de services spéciaux tombés en opération en 48 heures. Le gouvernement syrien a d’ailleurs fait état d’une liste détaillée de 1 100 membres des forces de l’ordre tombés en service depuis le début de la crise à la mi-mars. Bref, c’est bien une guerre civile larvée, sporadique mais tuant et blessant quotidiennement, qui s’est installée en Syrie. Qui s’est installée, n’en déplaise à l’opposition et aux médias français, très tôt : c’est dès le mois de juin que 100 à 120 policiers et conscrits ont été massacrés par des insurgés armés à Jisr al-Choughour, non loin de la frontière turque. Il n’y a donc rien de nouveau de ce point de vue sous le soleil syrien, mais le phénomène s’est intensifié et banalisé.

Obsèques%20de%2013%20victimes%20civiles%20et%20militaires%20du%20terrorisme,%20le%202%20octobre%20à%20Homs

Obsèques de 13 victimes civiles et militaires du terrorisme, le 2 octobre à Homs

Profils de tueurs

Ces « terroristes », ces activistes, la télévision syrienne continue d’en exhiber. Ainsi, le 9 octobre, Ali Mohammad Hammadi, un jeune homme d’une vingtaine d’années apparemment, a-t-il raconté comment il avait, avec deux complices arborant des uniformes de l’armée, arrêté puis mitraillé un bus venant du Liban, dans le secteur de Bab Amr, tuant tous les passagers. Hammadi et ses camarades ont aussi ouvert le feu sur des manifestants – il ne précise pas de quel camp -, faisant 13 victimes. Hammadi explique que lui et ses  amis voulaient faire porter la responsabilité de ces massacres sur les forces de l’ordre, d’où les uniformes.

Autre « cas », Youssef Ghazi As-Saleh, 28 ans, originaire de Deraa. As-Saleh a revendiqué plusieurs actions terroristes dans la région de Deraa (sud du pays). Notamment l’assassinat de trois « jeunes gens d’une même famille« , et de deux militaires. Sans oublier des actes de sabotage et de destruction commis contre une mairie, un commissariat, un grand magasin, une école et des locaux du Parti Baas. Là encore, lui et ses complices portaient des uniformes militaires afin de « mouiller » les forces de l’ordre.

Youssef Ghazi As-Saleh a fourni de explications sur son parcours et ses motivations : il dit avoir été endoctriné par un certain cheikh Wajih al-Qaddah, chef religieux qui aurait organisé des camps où de jeunes Syriens et Libanais revenaient une formation politico-religieuse et militaire, et aussi de l’argent : « A chaque fois que je participais à des actes de sabotage sur des cibles choisies par ses soins, a expliqué le jeune homme, il (le cheikh) me récompensait en me donnant des vivres, et une fois une somme de 10 000 livres syriennes pour accompli une mission meurtrière, trois frères d’une même famille« . As-Saleh a ajouté que le cheikh al-Qaddah recevait des fonds en provenance du Liban, mais que le préposé aux achats d’armes était un certain Hussein Qourane, un contrebandier qui opérait à partir de la Jordanie.

C’est un peu le même profil à chaque fois, des hommes jeunes, pauvres, sans grand bagage scolaire, recrutés et pris en main par des religieux radicaux, et rétribués comme des soldats, ou les mercenaires d’une guerre de l’ombre dont il n’est pas sûr qu’ils aient bien compris les enjeux.

Ali%20Mohammad%20Hammadi...

Ali Mohammad Hammadi...

...%20Yousseg%20Ghazi%20As-Saleh

... Yousseg Ghazi As-Saleh

 
Deux ou trois choses sur la petite phrase de Medvedev

Par Louis Denghien, le 10 octobre 2011 

Medvedev%20:%20un%20geste,%20ou%20plutôt%20une%20phrase%20pour%20apaiser%20la%20colère%20occidentale%20?

Medvedev : un geste, ou plutôt une phrase pour apaiser la colère occidentale ?

« Si les dirigeants syriens ne sont pas capables de mettre en œuvre (les) réformes, ils devront se retirer ». Prononcée quatre jours après l’historique et déterminant veto sino-russe au Conseil de sécurité, la petite phase – ou plutôt le bout de petite phrase – de Dimitri Medvedev a donné à tous – ennemis ou partisans du gouvernement syrien – le sentiment d’une évolution – d’un durcissement – de la position de Moscou vis-à-vis de Damas.

En France certains médias, très excités, ont carrément annoncé le « lâchage » de Bachar al-Assad par la direction russe. Et, quasi-simultanément, les gouvernements américain et français ont (ré)exigé son départ immédiat du pouvoir.

Un message à deux destinataires, et à double détente

On se calme ! Si, comme on l’imagine, le président russe a mûrement réfléchi ses paroles, elles constituent donc un message diplomatique. Sans être dans le cerveau de Medvedev, ni même dans les coulisses du Kremlin, nous pensons que ce message a deux destinataires :

-d’une part, et effectivement, le gouvernement de Damas, qui doit faire des gestes plus « éclatants » d’ouverture, ne serait-ce que pour conforter la position de la Russie et de ses alliés du BRICS (et autres), et qui ne doit pas considérer l’appui russe comme acquis ad vitam aeternam sans contrepartie.

-d’autre part, évidemment, le camp occidental, à qui Moscou, surtout après l’affaire libyenne, veut signifier qu’il n’est plus, depuis au moins l’affaire géorgienne, disposé à accepter sans réagir les manoeuvres de déstabilisation et d’ingérence, mais avec qui les Russes ne veulent pas pour autant entrer dans une nouvelle logique de guerre froide.

Bref, les paroles de Medvedev nous semblent s’inscrire dans un exercice de – léger – « recentrage » de la diplomatie russe. Au fond, Moscou veut se poser comme une référence en matière diplomatique, comme une nation puissante, ferme mais mesurée, qui a pris la tête de la résistance à l’axe occidental euro-américain, mais une résistance proportionnée dans ses actes et ses paroles. Oui, la Russie du duumvirat Medvedev-Poutine aspire à être le sage des nations, face à l’hybris impéraliste de Washington. Cette ambition étant sans doute confortée par la claire conscience de l’inéluctabilité du déclin de l’empire américain.

 Mais arrêtons-là cet essai d’exégèse et revenons aux propos de Medvedev, et restituons la petite phrase dans son contexte. Le n°1 bis russe, après avoir envoyé cet avertissement à Damas, ajoute aussitôt : « Mais cette décision (l’éventuel départ de la direction syrienne) ne se prend pas au sein de l’OTAN ou dans quelque pays européen, elle doit être prise par le peuple syrien et par les dirigeants syriens ». Des dirigeants syriens avec lesquels Medvedev rappelle que le gouvernement russe « travaille activement ». Si les mots, même diplomatiques, ont un sens, cela signifie très clairement que les Russes considèrent plus que jamais Bachar al-Assad comme un interlocuteur valable et incontournable, conscients qu’ils sont par ailleurs que 1) le président syrien demeure populaire en Syrie et 2) l’opposition – dont ils reçoivent les représentants les plus modérés – ne représente pas une alternative crédible et susceptible de contenir les radicaux.

Nous pensons sincèrement qu’au-delà des petites phrases et avertissements plus ou moins subliminaux, la Russie sait parfaitement que l’alternative demeure plus que jamais la suivante : ou Bachar, ou le chaos. A condition toutefois que Bachar lâche assez de lest, sur la libéralisation, même relative, de la vie politique, sur les injustices – corruption et féodalités politico-administratives – les plus criantes.

Le président syrien, justement, a depuis trois mois, commencé a s’attaquer à certains de ces archaïsmes, à certaines de ses injustices. Ce dans un contexte très difficile, où ni les déstabilisateurs occidentaux (dont certains sont d’ailleurs, paradoxalement, orientaux) ni les activistes « islamo-facebook » ne lui font le moindre cadeau. Et cela, Medvedev le sait parfaitement.

Une question de temps

Ce dernier a du reste reçu très vite une réponse de Damas, en la personne du vice-ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad. Mekdad, qui s’exprimait devant le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, qui, on le sait, est lui aussi engagé dans une partie de bras de fer avec les Syriens, a eu ces mots, qui pouvaient s’adresser autant au dirigeant russe qu’aux fonctionnaires onusiens : « J’espère que vous nous donnerez du temps, on ne peut pas faire de réformes quand le peuple syrien est tué tous les jours par des groupes extrémistes terroristes ». Oui, la Syrie a besoin de temps. Ce temps, ce délai que lui refusent obstinément les « radicaux » occidentaux, qui ne cherchent pas les réformes démocratiques, mais veulent faire sauter le « verrou » syrien aux Proche et Moyen Orients, dans le cadre d’une nouvelle théorie des dominos pro-américaine et pro-israélienne. Et là encore, Medvedev est parfaitement « au courant ».

Et c’est bien pourquoi l’essentiel n’est donc pas dans son tronçon de phrase, mais dans le fait que la Russie a clairement (re)dit aux Euro-américains, depuis l’enceinte des Nations-Unies : « Bas les pattes de la Syrie ! » Et tout le reste n’est que (mauvaise) littérature de salle de rédaction occidentale.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Oct 2011 à 21:00

Les communistes syriens approuvent le véto sino-russe

Par Louis Denghien, le 11 octobre 2011 

11ème%20conférence%20du%20PCS%20à%20Damas,%20fin%20octobre%202010

11ème conférence du PCS à Damas, fin octobre 2010

A peu près dans le même temps où Dimitri Medvedev envoyait un avertissement (modéré) à Bachar al-Assad, une délégation de l’opposition syrienne était accueillie à Moscou. Lors d’un entretien accordé à la télévision russe RIA Novosti, le chef de la délégation, Qadri Jamil, a approuvé le récent véto russe et chinois contre le projet de résolution euro-américain condamnant Damas devant le Conseil de sécurité de l’ONU. « Nous sommes arrivés à Moscou pour saluer le veto opposé par la Russie et la Chine au projet de résolution » a déclaré Qadri Jamil. Qui a encore précisé : « Nous apprécions l’amitié de la Russie (…) Ne faites pas confiance aux médias qui disent que l’opposition syrienne condamne ce véto« .

On aura compris que M. Jamil et ses amis ne prennent pas leur consigne à Istambul ni à Washington, bases arrières du Conseil national syrien (CNS), qui fédère – pour le quart d’heure – Frères musulmans, militants « démocrates » à l’occidentale et extrémistes kurdes. Qadri Jamil se trouvait à Moscou à la tête d’une délégation du Parti communiste syrien, formation autorisée et associée au Parti Baas dans le cadre du Front National Progressiste (FNP), coalition de partis autour du Baas dominant. Le PCS, fondé en 1943, a connu de longues périodes d’interdiction et de répression, y compris dans les premières années du régime bassiste. En 1970, Hafez al-Assad le réintroduit dans le jeu politique syrien, en en faisant une composante du Front national progressiste. Mais à la fin des années 70, l’hostilité du PCS à la politique libanaise d’Hafez al-Assad le contraint à renouer avec la clandestinité. Dix ans plus tard, le réformisme de Gorbatchev a entraîné une scission chez les communistes syriens entre partisans de la Perestroika et partisans du statu-quo soviétique. Deux factions du PCS, revendiquant toutes deux et le sigle et la légitimité historique, se retrouvent à siéger au grand jour et au parlement syrien au sein du FNP.

La relative libéralisation amorcée dans les toutes dernières années de la présidence de Hafez al-Assad a permis au PCS, toutes tendances réunies, de s’ »oxygéner » un peu, et notamment de reprendre la parution de ses deux journaux, jusque-là interdits. Avec l’avènement de Bachar en 2000, les deux partis communistes, tout en soutenant mordicus la ligne internationale du régime, ont milité pour des réformes politiques, dénoncé la corruption, mais aussi la politique économique libérale impulsée par les »Bachar boys ».

Un soutien critique à Bachar, face aux Occidentaux

Manifestation%20du%20PCS%20%28de%20soutien%20au%20régime%20face%20à%20lingérence%29%20à%20Tartous,%20début%20juillet%29

Manifestation du PCS (de soutien au régime face à l'ingérence) à Tartous, début juillet

Depuis le début de la crise actuelle le ou plutôt les PCS ont apporté leur appui à Bachar al-Assad, organisant ça et là des défilés de rue. Qadri Jamil est le secrétaire général du « Comité national pour l’unité des communistes syriens« , qui se revendique de l’opposition. L’autre tendance, le « PCS (unifié)« , serait lui la faction associée au pouvoir. Mais nous avouons que notre connaissance de la situation actuelle du mouvement communiste syrien est quelque peu embryonnaire.

Quoi qu’il en soit, dans un récent communiqué (28 septembre), le Premier secrétaire du PCS (unifié), Husein Nemer, a fustigé la désinformation véhiculée par les médias occidentaux et « certaines chaînes du monde arabe« , ainsi que les menaces proférées et les sanctions décidées contre Damas par l’Amérique et l’Europe, se félicitant au passage de l’attitude ferme de la Russie, de la Chine et des pays du BRICS au sein de l’ONU.

Mais, dans le même texte, Husein Nemer déplorait le « recours à des méthodes sécuritaires dans le traitement des manifestations » et dressait une liste des « insuffisances du régime« , notamment en matière sociale et démocratique. Pour être clair, le PCS critique plus que jamais les orientations économiques libérales du régime, et aussi le monopole, ou l’hégémonie du Baas. Nemer affirme que son parti a soutenu dès le début les revendications en ce sens des manifestants, tout en condamnant leur rapide « manipulation par des religieux fondamentalistes et des groupes radicaux à l’idéologie obscurantiste« .

Pour le reste, les communistes syriens reprennent tout l’argumentaire du gouvernement sur les bandes armées équipées, armées et subventionnées depuis l’étranger.

Sur les réformes initiées par Bachar, le PCS salue l’annulation des lois d’urgence et l’autorisation de principe de manifester, ainsi que la nouvelle loi électorale et celle sur la création de nouveaux partis, sans oublier les travaux de réforme constitutionnelle en cours. Le PCS rappelle qu’il a demandé dès 2005 que l’Etat soit séparé du Parti Baas, et que soient mises en routes les réformes décidées voici trois mois.

Des analyses assez justes du régime et de l’opposition

Dans le cours de son très long (un legs du soviétisme ?) communiqué, Husein Nemer se livre à une analyse assez pointue et lucide, nous semble-t-il, des forces de l’opposition, pointant comme les plus actifs sur le terrain les « coordinations locales qui comprennent des groupes de jeunes n’ayant pas d’orientations ou de plans idéologiques communs clairs si ce n’est le slogan « A bas le régime !« . Mais Nemer n’oublie pas les Frères musulmans qui peuvent être, dit-il, « considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l’étranger« . L’opposition en exil est (bien) vue comme un « large spectre de partis très divers« , dont certains sont « patriotiques » car s’opposant à l’ingérence étrangère, tandis que d’autres ont « travaillé dur pour obtenir le soutien des forces étrangères colonialistes« .

En ce qui concerne le régime bassiste, Nemer estime qu’il est « cohérent et offre de grandes potentialités ». Le Premier secrétaire du PCS constate que « cinq mois après le début des événements, aucune des institutions de base (parti, armée, sécurité, institutions d’Etat, ambassades, organisations populaires, syndicats, le FNP) n’a connu de divisions« . Certes, comme dit Nemer, « le tableau n’est pas statique » et plusieurs scénarii possibles sont envisagés pour l’avenir : Nemer assure que la poursuite du « traitement sécuritaire » de la crise n’est pas la bonne réponse, et il espère une « avancée vers une solution politique à la crise« .

Un peu plus concrètement, le PCS (unifié) met son espoir dans un « dialogue constructif et loyal entre toutes les forces patriotiques et honnêtes (…) dans l’objectif à un accord ou à un plan de réformes radicales répondant aux besoins des masses populaires et des garanties sur la réaction d’un Etat civil laïc et démocratique s’opposant aux plans impérialistes et israéliens dans la région ».

Au-delà de la phraséologie marxiste-progressiste, on peut donc résumer la position des communistes syriens, de l’une et l’autre tendance, par un soutien résolu au gouvernement pour tout ce qui a trait à la politique internationale. En revanche, la crise en cours leur permet de faire entendre leur différence et de réactualiser des revendications déjà anciennes. De là à dire que les (lointains) héritiers de feue l’URSS les considèrent comme une solution de rechange au gouvernement actuel….

Des%20militantes%20du%20PCS%20devant%20le%20siège%20de%20la%20Commission%20européenne%20à%20Bruxelles,%20le%2010%20mai%20dernier

Des militantes du PCS devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 10 mai dernier

Source


CNT et CNS se reconnaissent (l’un dans l’autre)

Par Louis Denghien, le 11 octobre 2011 

Juppé%20en%20pleine%20lune%20de%20miel%20avec%20Bassma%20Kodmani%20et%20Burhan%20Ghalioun.%20Mais%20sa%20main%20-%20ou%20celle%20de%20Sarkozy%20-%20a%20déjà%20serré%20celles%20de%20Kadhafi,%20de%20Ben%20Ali,%20de%20Moubarak%20%28et%20aussi%20celle%20de%20Bachar,%20tiens%20!%29

Juppé en pleine lune de miel avec Bassma Kodmani et Burhan Ghalioun. Mais sa main - ou celle de Sarkozy - a déjà serré celles de Kadhafi, de Ben Ali, de Moubarak (et aussi celle de Bachar, tiens !)

C’était dans l’ordre des choses : le Conseil national de transition libyen (CNT) a reconnu, lundi 10 octobre, le Conseil national syrien (CNS) comme représentant légitime du peuple syrien. Entre créatures de l’étranger, et plus précisément de l’ »Euro-Amérique », on se comprend et on n’a pas de peine à trouver un langage commun. D’autant que dans les deux cas, la composante islamiste, radicale, plus ou moins habillée d’un costume neuf de « démocrate moderne », est essentielle voire prépondérante. Devant l’Histoire, le gouvernement insurrectionnel libyen installé par l’OTAN et Sarkozy demeure la première entité politique internationale à avoir franchi ce pas. Pour une fois, l’Orient n’est pas aussi « mystérieux » que le disait de Gaulle : les agents arabes de l’Occident atlantiste et sioniste se donnent la main (ce qui ne veut pas dire que les créatures – notamment les créatures libyennes – n’échapperont pas à leurs créateurs, mais ceci une autre histoire).

Pourquoi Sarkozy/Juppé ne franchissent pas le pas

En revanche, le CNS, au contraire du CNT, n’a pas encore été officiellement reconnu par l’Union européenne. La diplomatie franco-européenne est certes courageuse mais absolument pas téméraire. C’est qu’en dépit de tout, Bachar al-Assad tient bon, et il n’est certes pas aussi isolé diplomatiquement que le clamaient à longueur de temps les journalistes néo-conservateurs et post-gauchistes qui donnent le ton à la presse française. En dépit de sa récente petite phrase sur le départ éventuel de Bachar, la Russie de Medvedev a sifflé aux Occidentaux, conjointement avec la Chine, la fin de la récréation, lors d’un vote historique au Conseil de sécurité de l’ONU, le 4 octobre dernier. Du reste, avec l’intronisation officielle de Poutine pour la présidentielle russe à venir, c’est bien la ligne de fermeté qui devrait désormais prévaloir à Moscou vis-à-vis du bloc euro-américain, de ses manoeuvres politico-médiatiques, et de ses agressions militaires et économiques.

A défaut donc de reconnaissance officielle, la France et ses partenaires occidentaux multiplient les « risettes » au CNS. Ainsi, lundi, Alain Juppé a-t-il reçu à Paris Burhan Ghalioun, président officiel de la coalition d’opposition hébergée par la Turquie, ainsi que Bassma Kodmani, porte-parole du CNT (voir notre article  » Les contradictions internes du président Ghalioun, reflets de celles de l’opposition ?« , mis en ligne le 3 octobre). Le ministre gaullo-atlantiste des Affaires étrangères a servi à ses invités le grand jeu médiatique, avec poignée de main et sourires devant les caméras. Pour autant, a précisé Juppé, la reconnaissance par la France du CNS   »n’est pas à l’ordre du jour, parce que le CNS ne le demande pas« .

On n’est pas certain que ce soit la vraie et seule raison. La conjoncture arabe, proche-orientale et méditerranéenne est pour le moins « évolutive » : les manifestations violentes d’islamistes en Tunisie, les troubles inter-religieux sanglants en Egypte, la tension installée entre ce dernier pays et Israël, la poursuite des combats et l’inconnue politique en Libye, le défi diplomatie palestinien à Israël et à Washington, et jusqu’à l’agitation diplomatique tous azimuts de la Turquie d’Erdogan, sans oublier la défaite annoncée en Afghanistan, tout cela incite peut-être le tandem Sarkozy-Juppé à modérer son activisme « révolutionnaire » en direction du monde arabo-musulman. Nicolas Sarkozy, même quand il bombarde la Libye, sanctionne la Syrie et menace l’Iran, ne raisonne qu’en termes de politique intérieure, et de sondages « spécial présidentielles ». Que la situation s’enlise ou dégénère en Tunisie, en Egypte ou en Libye, et le retour de bâton sondagier ou électoral sera rude pour le pouvoir français, déjà en délicatesse avec l’opinion pour l’ensemble de son oeuvre. On peut donc penser que Juppé hésite à s’engager plus avant sur le dossier syrien, décidément moins « ouvert » que prévu et espéré.

Source


Edité par T 34 - 11 Oct 2011 à 21:01
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Oct 2011 à 06:51

Libye – Permis de tuer en Libye diffusé sur Arte ?

Publié le11 octobre 2011 par Allain Jules

L’OTAN continue avec la même intensité de tuer les Libyens en toute impunité. Personne ne dénonce ce génocide dans aucun média français. Mettre le feu ailleurs que chez soi est devenu la spécialité des dirigeants européens qui n’hésitent pas à mollester chez eux, ceux qu’ils estiment être hors de la doxa sociétale. Londres, New-York, Paris, il est interdit de troubler l’ordre public. En revanche, ceux qui le font en Libye ou en Syrie sont encouragés, adoubés et surtout aidés.

Ce soir, la chaîne Arte (Thema) diffuse dès 20h30, un documentaire insipide d’appel à la guerre contre le peuple syrien. Dans une bouse intitulée « Permis de tuer en Syrie (Syrie, dans l’enfer de la répression) », c’est la journaliste Sofia Amara, probablement une Libanaise d’origine qui s’y colle. Comme quoi, il faut toujours un(e) arabe ou un(e) noir(e) de service, pour tirer à boulets rouges sur les siens. C’est connu.  Mais au fait, qui dirige Arte ?

Président du Conseil de surveillance d’Arte depuis maintenant dix sept années (soit le plus long mandat du Paf), Bernard-Henri Lévy a été reconduit en 2009 pour un nouveau bail de cinq ans à la demande de…Nicolas Sarkozy.  Il était arrivé à cette présidence sur recommandation de François Mitterrand en 1993. Il est donc évident que la chaîne ne diffusera jamais un « Thema » dédié aux massacres de l’OTAN en Libye. Mais le plus étonnant est que le film ne montre aucun révolutionnaire violent. Et pourtant, il y en a plusieurs en Syrie. Belle impartialité partialité !

Les nigauds arabes sont à plaindre. Les intentions des Occidentaux n’ont jamais été pour leur bien. Ne se posent-ils pas la question de savoir pourquoi l’Europe n’intervient-elle pas en Chine ou en Corée du Nord ? Al Jazeera, toujours elle, est chantée dans les rues de Damas ou de Hom. A quand une révolution au Qatar ? Il faut voir un des extraits avec un acteur de classe internationale qu’Hollywood devrait recruter (voir les vidéos de cette mascarade). Il pleure, implore Nicolas Sarkozy de venir à son aide. On comprend pourquoi le fantôme CNT a reconnu le Conseil national syrien (CNS). L’escroquerie se poursuit et c’est la sempiternelle litote: « il massacre son peuple ».

 

Soirée Arte sur la Syrie : deux heures de stalinisme bobo

Par Louis Denghien, le 12 octobre 2011 

Sofia%20Amara,%20une%20reporter%20effectivement%20exemplaire%20dans%20son%20genre...

Sofia Amara, une reporter effectivement "exemplaire" dans son genre...

Dans une de ses nombreuses réactions à nos articles, notre « opposante maison » Syrienne Libre nous avait recommandé de regarder la soirée thématique d’Arte consacrée, mardi soir 11 octobre, à la situation en Syrie, histoire de voir ce qu’était un « vrai reporter« .

Nous l’aurions regardée même sans cette recommandation, ne serait-ce que pour vérifier jusqu’où, en 2011, une télévision française à fort coefficient culturel et à forte prétention objective et démocratique, pouvait aller sur un sujet « chaud ». Eh bien, nous n’avons pas été déçus : Arte nous a gratifié d’une authentique tranche de propagande, digne de ce qu’on entendait il y a une trentaine d’années sur l’Irak et la Roumanie, il y a une vingtaines d’années sur la Serbie et depuis toujours sur l’Iran.

Les pontes de la chaîne culturelle franco-allemande et les producteurs de sa soirée syrienne seront certainement indignés, ou même héberlués, qu’on puisse accoler à leur sigle prestigieux le mot « propagande » qui renvoie aux totalitarismes d’antan, eux qui se voient plutôt comme l’aboutissement de l’humanisme politique et de l’objectivité journalistique made in Occident.

Mais rien à faire, ce que nous avons vu hier soir, c’était ce mélange de bien-pensance progressiste et de manichéisme hollywoodien qui caractérise, depuis au moins les années 80, le P.A.F. Une sorte de traduction (littérale) en images et en documentaire des mots et des procédés de l’OSDH.

Petite mise en condition sémantique… 

La propagande, ça commence par les mots et dès le titre de la soirée, le ton est donné : « La Syrie dans l’enfer de la répression« . La présentatrice Annie-Claude Elkaïm enchaîne à son « bonsoir » un éloge de la contestation « qui ne faiblit pas » malgré les « milliers » de personnes qui ont péri pour la liberté. Et puis elle annonce la première partie de soirée : un film « saisissant » de la journaliste française Sofia Amara (c’est elle le « vrai reporter » de Syrienne libre), sobrement intitulé « Syrie : permis de tuer ».

Sofia Amara a donc tourné, début août, son reportage « clandestinement« , les journalistes étrangers étant interdits de séjour en Syrie nous explique Mme Elkaim : déjà, on est dans le déni de réalité, plusieurs journalistes occidentaux ayant sillonné, depuis le début de la crise, la Syrie dans tous les sens, et sans forcément se déguiser en touriste, et le pouvoir ayant organisé d’ailleurs des visites de presse, notamment à Jisr al-Choughour en juin, ou à Hama en août (voir, entre autres, nos articles « Pas de journalistes occidentaux en Syrie ? On en a quand même trouvé quelques uns« , mis en ligne le 5 août, et « Infosyrie et Alain Soral : ce que nous avons vu à Damas et Hama » mis en ligne les 25 et 27 août). Mais passons : la clandestinité, ça fait genre, et Sofia Amara ne va se priver d’aucun des effets afférents, à savoir visages floutés (le plus souvent), témoignages de dos, voyages de nuit, rendez-vous secrets avec des militaires-déserteurs-conspirateurs, sans oublier les commentaires mélodramatiques qui vont avec.

Sofia Amara a passé 10 jours en Syrie, du vendredi 5 août au 15 août. Son périple commence par Damas, qu’elle gagne de puis le Liban avec le statut de « touriste« . Tout de suite elle est prise en charge par un « gentil organisateur » des fameux « Comités locaux de coordination » (CLC), qui sont à la fois des organisateurs de manifestations et des collecteurs d’informations, tendancieuses et invérifiables, pour l’OSDH et les médias d’Occident. Bien sûr, ce cicérone, Ali , est un des « hommes les plus recherchés » par le pouvoir syrien. Normal : il est « l’un des dix coordinateurs nationaux des CLC« .

Mlle Amara ne peut que constater, comme tous les observateurs, l’ »apparence de calme » de Damas. Heureusement, Ali la conduit, de nuit, à un rassemblement de l’opposition dans un quartier excentré : on voit 150 à 200 personnes – notre reporter appelle ça une « foule » – scander des slogans comme « Le peuple veut tuer le président ! » (autant pour le « pacifisme« ). Puis on suit Ali chez lui. Là encore, l’ambiance est hitchcokienne : les membres de la famille refusent d’être filmés et Ali prévient : « En Syrie tout le monde peut être un informateur« . Ali explique qu’il « respecte » le ramadan mais ne pratique pas beaucoup la religion. Il définit (assez) rapidement Bachar comme un « bourreau qui tue et arrache les ongles des enfants« . Il explique aussi que les membres des CLC seraient 81 dans toute la Syrie, qui décident des slogans et mots d’ordre des vendredi de mobilisation. Ensuite séquence émotion avec Ali, pleurant sur son ordinateur un camarade tué par les sbires du régime.

Sofia & les chic types (les « officiers libres »)

Le 7 août, Sofia Amara est conduite par son tour operator à Rastan, ville pas encore promue, à l’époque, capitale de la dissidence militaire. On a droit à une vidéo amateur du déboulonnage de la statue locale d’Hafez al-Assad quelques jours plus tôt, et puis on filme en caméra cachée les blindés positionnés aux abords de la ville. Dont le centre est, assure-t-on, « contrôlé par les opposants« . On présente, sur une vidéo Youtube, les héros du lieu et du jour, les « officiers libres » pas encore trop médiatisés début août. Ils sont en deuil : un  des leurs, un lieutenant, vient d’être tué. On assiste donc à ses obsèques, suivis par une « foule » d’une centaine de personnes. Un des participants, un quinquagénaire, lance, dans un français hésitant mais véhément, un appel à l’aide à Sarkozy. Puis c’est la visite à la mère du lieutenant qui accuse les « indics » d’avoir livré son fils aux balles des soldats. Ensuite on se retrouve dans une manif nocturne, après la rupture du jeune, sur une place de la ville : quelques centaines de personnes, dont pas mal de femmes voilées ; des hommes improvisent une danse traditionnelle tout en conspuant le régime. Le tout est filmé par les hommes des CLC qui vont ensuite adresser la vidéo à al-Jazeera, dont le nom est d’ailleurs acclamé.

Mais le « clou » de la soirée, c’est une rencontre avec les fameux « officiers libres« , dans une ferme isolée de la région de Rastan : huit jeunes types en treillis, avec une ou deux étoiles sur leurs pattes d’épaule, tous originaires de Rastan. Ils estiment le nombre des déserteurs de tous grades à « plusieurs centaines« . Le plus gradé, un lieutenant-colonel, brandit sa carte d’identité militaire. Mais on remarque surtout un certain lieutenant Tlass, petit cousin du général Mustafa Tlass, longtemps ministre de la Défense d’Hafez al-Assad puis de son fils Bachar et un des piliers du régime bassiste – c’est le même Tlass, semble-t-il, rencontré dans des circonstances similaires, et sans doute au même endroit, fin août par le reporter d’al-Jazeera Nir Rosen (voir notre article « Al-Jazeera a – enfin – rencontré les groupes armés« , mis en ligne le 27 septembre). Ces hommes expliquent leur désertion par les exactions dont ils auraient été les témoins. Au passage, ils nient l’existence de groupes armés, affirmant que ce sont leurs troupes de l’ »Armée syrienne libre », et elles seules, qui assurent la défense des populations civiles contre les forces de répression.

Justement, celles-ci attaquent dès le lendemain et l’on apprend qu’un des huit officiers a été capturé.

Où l’on ré-exhume le cadavre d’Hamza al-Khatib

Le 8 août, Sofia Amara, son équipe et son  guide sont à Homs, la grande ville d’1,5 million d’habitants située au centre-ouest du pays. Depuis la voiture on a droit à une visite guidée et même carrément orientée : l’académie militaire serait devenue un « centre de torture » assure le guide des CLC. Un opposant donne rdv aux journalistes devant une mosquée. Sitôt l’office religieux terminé, une partie des fidèles entame une manifestation anti-Bachar, agrémentée de slogans anti-Iran et anti-Hezbollah, alliés du régime dont les opposants assurent que des miliciens participent à la répression aux côtés des forces syriennes. Il y a là 2 à 300 personnes avec le drapeau vert-blanc-noir de l’opposition. Un jeune manifestant caché par son keffieh mais jovial parle de « l’injustice de plus en plus grande« , prétend avoir été torturé à l’électricité (entre autres).

Ca permet à Sofia Amara une heureuse transition journalistique : on a droit à des inserts d’archives et on nous resert le cas de Hamza, l’enfant-martyr officiel de la « Révolution« , effectivement tué par balles dans une manifestation et dont le cadavre décomposé a été présenté par les cyber-opposants comme torturé et émasculé, un classique en somme de la propagande et du montage anti-régime (voir notre article « Le martyr que trop de gens attendaient« , mis en ligne le 1er juin). Ce qui permet d’enchaîner avec les témoignages d’un médecin de l’hôpital de Homs qui dénonce ses collègues, accusés de torturer ou carrément de tuer  les manifestants blessés qui leur sont confiés. Une jeune fille, qui se présente comme une étudiante en droit international, collationne, elle, les vidéos et photos de cadavres, ceux de manifestants victimes, assure-t-elle, de tortures raffinées et cruelles. A pros de cadavres mutilés, on portera au « crédit » de Sofia Amara de ne pas avoir (osé) nous refourguer les bébés en couveuses débranchés (par l’armée) de l’hôpital de Hama, un  des grands « hoaxes » de la cyber-dissidence syrienne.

Hama : 2012 ou 1982 ?

Le 9 août, le cirque Amara se rend à Hama : la ville, à ce moment, sort à peine d’une période de guérilla urbaine, l’armée ayant lancé, pendant une dizaine de jours, une offensive pour reprendre le contrôle de ce bastion  de la contestation islamiste. La visite à Hama est introduite par un extrait du journal de la télévision officielle syrienne, avec ces images – dont nous avons rendu compte, voir notre article « Les opposants « pacifiques et démocrates » de Hama en pleine action« , mis en ligne le 2 août – de civils tirant à l’arme automatique sur les forces de l’ordre. Ce sera la seule concession du reportage à l’objectivité. Il est vrai que l’argument des groupes salafistes a été suffisamment utilisé par le régime pour que Mlle Amara puisse l’ignorer.

On entre dans Hama : par la fenêtre de la voiture défile des images d’une ville effectivement bien abimée. Des images filmées le 31 juillet, pendant les combats, depuis une fenêtre de rez-de-chaussée, sont assez impressionnantes : appuyés par des blindés, les fantassins progressent rapidement, en files dans la rue, sans le moindre coup d’oeil aux maisons qu’ils longent.

Retour au 9 août : un dissident amène les reporter dans un jardin présenté comme un cimetière improvisé où 9 manifestants auraient été enterrés. Deux ou trois jeune gens filmés à hauteur de poitrine dénoncent les exactions des militaires. Une femme voilée, mais le visage reconnaissable, assises près de la sépulture de son fils clame que le Baas « égorge vif depuis 42 ans » les gens de Hama et traite Hafez al-Assad de « porc« . On est là en plein dans le souvenir de l’insurrection, très durement réprimée, des Frères musulmans à Hama, en 1982. Un jeune évoque d’ailleurs son oncle, tué cette année-là, et enterré dans un cimetière aussitôt rasé par les hommes de Hafez, qui aurait fait aussi construire sur l’emplacement de fosse communes.

La viste de Hama se poursuit dans un appartement où trois ou quatre jeunes gens des CLC visionnent sur leur ordi une manifestation réprimée et avancent le bilan, aussi précis qu’improbable, de « 183 tués » en cette seule circonstance par les soldats de Bachar. Ce alors que, assurent-ils en choeur, leurs manifestations sont « à 100% pacifiques« . Et bien sûr, ces jeune gens nient la présence de salafistes armés dans leurs rassemblements, ajoutant qu’eux-même ne pratiquent pas l’Islam, et ne rêvent que de libertés et de multipartisme à l’occidentale, comme de bons petits opposants Facebook homologués par notre Occident humaniste-consumériste.

Encore un témoignage – à visage découvert pour une fois – d’un jeune homme qui exhibe les traces d’un tabassage en règle et de ce qu’il présente comme des tortures, et dont il accuse les soldats.

La séquence Hama se conclut avec une interview d’ »officiers libres » qui reviennent sur un  thème cher à la cyber-opposition : l’implication de pasdarans iraniens ou de miliciens du Hezbollah libanais dans la répression des opposants syriens. Comme preuve de cette implication, les déserteurs expliquent qu’ils ont vu des barbus dans les rangs des troupes bacharistes. Ouais…

Final hollywoodien (et citoyen)

Le 13 août, Amara et sa dream team de probes journalistes français et de courageux opposants syriens regagne Damas. Jusqu’au bout on donnera le frisson aux téléspectateurs d’Arte, en agitant la menace d’un contrôle routier. Mais c’est sans encombre que tout ce beau monde rentre à Damas. Damas où, déplore Sofia Amara, « tout semble figé« , et où se terre « le dernier carré de fidèles » du régime. Ce reportage « de combat » s’achève par un plan conclusif digne d’un Goebbels (humaniste) : des enfants de cinq ans ou (pas beaucoup) plus conspuent Bachar en dansant. Selon le mode hollywoodien, des textes placés sur le générique de fin rendent hommage de façon ampoulée aux Syriens ayant aidé à la réalisation de ce film (le mot n’est pas trop fort) et nous apprenant qu’ils ont dû replonger dans la clandestinité.

Il ne reste plus qu’à Mlle Elkaim à désannoncer le film et à placer à cette occasion une ultime rengaine – une des dernières en date – de l’opposition, celle relative à la persécution des opposants… en France et en Europe, via les nervis en poste dans les ambassades. Voilà, c’est fait, et le cahier des charges a été pleinement respecté.

Une propagande par l’omission, plus encore que par le mensonge

Ce reportage a duré 55 minutes. Il a donc recyclé tous le « gimmicks » de la propagande anti-Bachar, des bilans fantaisistes de la répression aux affirmations invérifiables d’exactions, des bobards (Hamza) aux légendes urbaines – les Iraniens tirant sur les manifestants – le tout, comme on l’a dit, avec un sens consommé de la mise en scène – commentaires ou déclarations suggérant sur un ton dramatique un climat de terreur permanent – et avec les mots choisis pour magnifier les opposants forcément « admirables », et accabler le régime forcément « sanguinaire ».

Mais ce n’est pas ce qui nous gêne le plus. Non, ce qui fait, à la limite, froid dans le dos, et bien que nous soyons sans illusions sur les capacités d’objectivité de nos journalistes, c’est de voir tout ce qu’évacue ce reportage. Qui ne dit pas un mot des manifestations de soutien – encadrées si l’on veut ou encouragées – mais vraiment impressionnantes, au régime. Qui ne dit rien de l’inquiétude des chrétiens et des autres minorités face à un islamisme sunnite revanchard et intolérant. Qui n’évoque pratiquement pas les Frères musulmans. Qui ne dit rien des centaines de policiers, militaires et agents des forces spéciales tombés en mission depuis sept mois – et sans doute de milliers d’autres blessés dans ses manifestations soit-disant « pacifiques ». Qui ne fait aucune mention des réformes pourtant historiques initiées par Bachar al-Assad. Qui ne fait pas la moindre allusion aux implications étrangères, libanaise, saoudienne – via, au minimum, les envois d’armes attestés par les saisies et les articles de la presse libanaise – dans l’insurrection syrienne, alors que se donnent libre cours les fantasmes sur les snipers iraniens. Bref qui ne nous raconte, au mieux, que la « ‘moitié du film » sur la Syrie, et encore, en truquant quelque peu cette moitié-là !

Ce sont ces énormes « oublis » qui désignent à notre sens la dimension propagandiste et sectaire de ce « reportage » qui doit plus au militantisme qu’au journalisme – c’est souvent le cas en France et depuis longtemps, mais est-ce une excuse ? La propagande stalinienne niait, en son temps, Oui, la soirée thema d’Arte nous rappelle que nos démocraties occidentales n’ont souvent, en matière d’information, rien à envier aux régimes autoritaires qu’elles fustigent à longueur de temps.

Le stalinisme bobo, le bourrage de crâne droit-de-l’hommiste, ça existe décidément. Merci à Arte de nous l’avoir rappelé, et avec quel talent, en moins d’une heure !

Mais peut-être faut-il revenir à la racine des choses : Arte est, par excellence, le média véhiculant la doxa politique et géopolitique des bourgeois post-gauchistes et – au moins en politique étrangère – néo-conservateurs qui font la pluie et le beau temps éditorial dans ce pays. Arte, c’est la digne illustration sonore et visuelle de journaux comme Le Monde, Libération, Télérama, Les Inrockuptibles. Qui, dans les faits, appuient la CIA et le Pentagone au nom des immortels principes sociétaux de la génération 68. Arte, dont on ne doit jamais oublier, même si on apprécie souvent la qualité de sa programmation, qu’elle a pour président de son « Conseil de surveillance » Bernard-Henri Lévy, ce qui vaut toutes les analyses. Quant à Sofia Amara, que Syrienne libre (libre au point de divaguer un peu) nous montre en exemple , on se contentera de signaler que le fait que l’entretien qu’elle a accordé au Point.fr, le 10 octobre, à l’occasion de la sortie de son reportage, soit repris in extenso avec un chapeau majoratif par le site du CRIF – oui, le Conseil représentatif des Institutions juives de France, lui-même – renseigne assez sur son approche « citoyenne » des questions syriennes et arabes. On voit décidément que la « révolution » syrienne est dans de bonnes mains !

PS : la deuxième moitié de soirée syrienne d’Arte était occupée par un documentaire sur la dynastie des al-Assad. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce film qui avait des faux-airs d’objectivité par rapport au reportage de Sofia Amara (ça n’est guère difficile).

BHL ou la garantie ultime de la rigueur d'Arte quant au traitement des questions arabes

 
Des dizaines de milliers de personnes manifestent en Syrie en soutien au gouvernement, de remerciement du soutien de l'ALBa et contre l'ingérence.
 
Une commision a été crée en vue de la rédaction d'une nouvelle constitution.
 

 


Edité par T 34 - 13 Oct 2011 à 08:46
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Oct 2011 à 18:34

La Syrie réelle toujours là contre la Syrie virtuelle

Par Guy Delorme, le 13 octobre 2011 

Manifestation%20en%20soutien%20à%20Bachar%20al-Assad%20à%20Damas%20le%2012%20octobre%202011

Sept mois après, la mobilisation des Syriens ne faiblit toujours pas. Nous voulons parler – désolé Arte/Le Monde/L’Express/Libération/I-Télé-France-Info/RFI, etc, etc – des Syriens qui soutiennent leur président et/ou refusent l’ingérence étrangère, le mensonge médiatique et la déstabilisation du pays. Un rassemblement de soutien au gouvernement de Bachar al-Assad était organisé mercredi 12 octobre à Damas sur la grand-place de Sabe’ Bahrat (« des Sept fontaines »), sous le mot d’ordre de la »Marche du million« .

Manifestation%20en%20soutien%20à%20Bachar%20al-Assad%20à%20Damas%20le%2012%20octobre%202011

Etaient-ils un million, ces Syriens que préfèrent ignorer les bien pensants d’Arte & co ? Des centaines de milliers à tout le moins – des « milliers » concède et minimise l’AFP, mais des centaines de milliers - »hundreds of thousands » -, reconnaît la chaîne CBS - qui ont, une nouvelle fois, exprimé bruyamment leur rejet de l’ingérence. Et aussi, cette fois, leur gratitude envers la Russie, la Chine et les pays qui ont su dire non à Washington et à ses satellites européens et arabes. Des ballons auxquels étaient attachés des drapeaux de ces différentes nations amies ont été lâché en grand nombre dans le ciel damascène, tandis qu’à côté du traditionnel drapeau « kilométrique » national, des drapeaux géants russe et chinois étaient aussi de la fête.

Manifestation%20en%20soutien%20à%20Bachar%20al-Assad%20à%20Damas%20le%2012%20octobre%202011

Un détail technique qui fait sens : ce rassemblement avait été notamment initié par les jeunes cyber-patriotes du groupe « La Syrie est ma patrie », qui intervient sur le réseau Facebook, lequel n’est pas la chasse gardée des cyber-menteurs, ou des cyber-collabos du Nouvel ordre international (ou, pour être un peu plus précis, américano-sioniste).

Certains, sur notre site, ou dans la grande presse, traiteront ces foules comme ils l’ont toujours fait, par le mépris, en parlant de « brigades d’acclamations« , de « profiteurs » ou d’ »employés » captifs du régime. Mais, après sept mois de pilonnage médiatique et diplomatique incessant, nous voyons nous que le régime réussit toujours à faire descendre dans la rue des foules sans commune mesure, par leur ampleur, avec celles de l’opposition. Et ce alors que, contrairement à ce qu’avancent certains, il y a un certain danger à le faire, vu la montée en puissance du terrorisme armé.

De même que, en dépit de tout ce que raconte les opposants et leurs innombrables relais, les défections de responsables militaires, politiques et administratifs d’un niveau significatif se comptent, sur sept mois, sur les doigts d’une main, de même la mobilisation des Syriens pro-Bachar ne s’effiloche pas. C’est peut-être le plus grand échec de Washington et de l’OSDH réunis, cette persistance et cette vivacité d’une « Syrie réelle », opposée à la Syrie virtuelle que s’efforce de mettre en scène les alliés conscients ou objectifs de la Maison Blanche et du département d’Etat.

Manifestation%20en%20soutien%20à%20Bachar%20al-Assad%20à%20Damas%20le%2012%20octobre%202011

 
Première partie de la manif (on les entands gueuler contre ceux qui s'ingèrent en Syrie)
 
 
Vous pouvez voir les autres parties ici (on s'aperçoit bien de l'ambiance du pays)
Chaine youtube sur la Syrie : http://www.youtube.com/user/HananNoura
 

At last ! CBS reconnaît la force du soutien populaire à Bachar

Par Louis Denghien, le 13 octobre 2011 

Rassemblement%20de%20partisans%20dal-Assad%20le%2012%20octobre%202011%20à%20Damas

Voici la traduction d’un article important, par sa source et son contenu plus que par sa longueur. En effet, c’est l’un des principaux médias américains – et donc, par voie de conséquence, internationaux -, CBS lui-même, qui vient de rendre compte avec une objectivité et un ton assez inhabituel de ce côté de la média-sphère internationale des rassemblements populaires de soutien à Bachar al-Assad qui se sont tenus à Damas et dans d’autres villes mercredi 12 octobre (voir notre article « La Syrie réelle toujours là contre la Syrie virtuelle« , mis en ligne le 13 octobre).

C’est, à notre connaissance, la première fois qu’une major de l’information américaine reconnaît la réalité et l’importance du soutien populaire dont bénéficie toujours le régime après sept mois de tension intérieure et de pressions internationales. Et l’article de CBS ne se contente pas de témoigner de l’instant, il propose un embryon d’explications et d’analyse : rien qui surprenne les lecteurs d’Infosyrie, à vrai dire, puisque sont évoqués la peur du chaos, de l’islamisme, de la déstabilisation de toute la région, le refus des pressions de l’étranger, mais aussi l’équation personnelle de Bachar al-Assad.

Cette hirondelle américaine fera-t-elle le printemps de l’objectivité médiatique sur le dossier syrien ? Pas sûr : il ne nous semble pas qu’on ait vu beaucoup d’images de ces rassemblement-monstre sur nos chaînes à nous, les quotidiens français se contentant de diffuser quant à eux la même dépêche de l’AFP évoquant « plusieurs milliers » de partisans du régime, avec quand même des photos « parlantes ». Mais enfin cet article est une grosse pierre dans le jardin des myopes – ou borgnes – volontaires d’Arte et consorts. Au fond, la réalité est le principal antidote au mensonge, et cette foule qui pour la quatrième ou la cinquième fois depuis le printemps se mobilise dans les grandes largeurs pour rappeler que rien ne se fera en Syrie sans elle ou contre elle, oui, cette foule est, c’est le cas de le dire, une puissante manifestation de la vérité !

(Les passages en gras sont de notre rédaction)

Rassemblement%20de%20partisans%20dal-Assad%20le%2012%20octobre%202011%20à%20Damas

 

Des centaines de milliers de personnes pour soutenir Bachar

« Des centaines de milliers de partisans enthousiastes du président syrien ont envahi les rues de Damas mercredi pour montrer leur fidélité, alors que le pays demeure divisé par sept mois de manifestations sans précédent qui ont coûté la vie à près de 3 000 personnes, dans ce qui est le plus sérieux défi lancé à Bachar al-Assad en onze ans de pouvoir.

« Avec notre âme et notre sang, nous nous scarifierons pour Bachar ! » chantait la foule, agitant des drapeaux syriens et brandissant des portraits de son président, qui a choisi de défier les pressions internationales en vue de son départ.

« J’ai fait des kilomètres pour montrer à Bachar al-Assad que je le soutiendrai toujours » dit Amar, dans les trente ans, qui arbore fièrement une casquette de base-ball décorée à l’effigie de Bachar. Des jeunes femmes ont peint des coeurs sur leurs joues avec ce message pour le président : « On t’aime« .

La manifestation, retransmise en direct par les chaînes de télévision syriennes, était organisée par une soixantaine de communautés internet ainsi que par des ONG syriennes. Elle était aussi destinée à envoyer un message de remerciement à la Russie et à la Chine, qui « soutiennent le processus de réformes » que le gouvernement Assad a entrepris, selon Kareem Wared, un des organisateurs.

La manifestation de Damas, qui dénonçait les pressions croissantes contre la Syrie, était si importante qu’elle a immobilisé tout trafic, et a contraint commerces et écoles à fermer leurs portes. La dimension du mouvement est énorme, et ne se limite pas à Damas.

Les experts du Proche-Orient disent que Bachar garde le contrôle de son pays – en partie grâce à une large portion de la société qui ne s’est pas retournée contre lui ; des hommes d’affaires liés au régime à la minorité chrétienne inquiète d’une montée en puissance des islamistes en cas de chute de Bachar.

Le soutien à Bachar est particulièrement fort dans les deux principales villes syriennes, Damas et Alep, dont les habitants sont globalement plus aisés, et ont été préservés du plus dur de la répression gouvernementale.

La peur de l’après-Assad est un autre puissant motif de ralliement pour des citoyens vivant sous un régime dont la chute n’entraînerait pas seulement une guerre civile mais un bouleversement régional, étant donnés les liens étroits unissant Bachar à l’Iran, à la milice chiite libanaise du Hezbollah et au Hamas palestinien.

Le soutien quotidien de la rue a son importance aussi. Beaucoup de Syriens, de tous horizons, croient au discours gouvernemental selon lequel l’agitation et la violence sont l’oeuvre de bandes armées islamistes, et aussi qu’il y a un complot étranger contre le pays.

En dépit de certaines informations sur de – légères – dissensions dans l’armée, aucune défection de diplomate ou de ministres importants n’a été enregistrée à ce jour.

« Allah, Syrie et Bachar seul ! » scandait la foule de Damas tandis qu’au-dessus d’elle les hélicoptères vrombissaient. Hommes et femmes se donnaient la main pour danser la traditionnelle dakbeh, au son des trompettes et des tambours dabarka.

Le rassemblement intervient un  jour avant la mise en place du comité spécial chargé de rédiger une nouvelle constitution, selon Mohammed Buheytan, un dirigeant du parti Baas. Le projet constitutionnel doit être approuvé par les deux-tiers du Parlement, puis par un référendum national.

L’actuelle constitution syrienne dispose que que le Baas est la « force dirigeante » du pays. L’opposition, qui critique Bachar pour sa mauvaise volonté à concrétiser les réformes promises, a demandé à ce que la nouvelle loi garantisse un système démocratique multipartisme en Syrie. »

Rassemblement%20de%20partisans%20dal-Assad%20le%2012%20octobre%202011%20à%20Damas

Source
Chaine youtube sur la Syrie : http://www.youtube.com/user/HananNoura

Presidente sirio considera superada etapa más difícil de crisis

Edité par T 34 - 14 Oct 2011 à 00:28
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Oct 2011 à 21:09

L’OSDH – enfin – à l’heure de la guérilla

Par Louis Denghien, le 14 octobre 2011 

Une%20image%20vendeuse%20de%20la%20crise%20syrienne,%20dans%20la%20veine%20des%20Misérables%20de%20V.%20Hugo%20et%20de%20la%20répression%20à%20Tiananmen.%20Mais%20depuis%20longtemps,%20larmée%20syrienne%20est%20confrontée%20à%20des%20groupes%20armés,%20et%20non%20à%20des%20Gavroche%20citoyens

Une image "vendeuse" de la crise syrienne, dans la veine des Misérables de V. Hugo et de la répression à Tian'anmen. Mais depuis longtemps, l'armée syrienne est confrontée à des groupes armés, et non à des Gavroche "citoyens"

Chaque jour apporte son lot de morts violentes en Syrie, et elles concernent de moins en moins des victimes-civiles-pacifiques-et-désarmées. Selon l’OSDH, la journée du jeudi 13 octobre aurait fait « au moins » vingt nouvelles victimes. Mais l’organisation cyber-opposante parle de dix « civils » tués dans la province septentrionale d’Idleb, juste après avoir précisé que ces morts seraient survenues au cours d’un assaut de l’armée contre la petite ville de Binich – ou Banache, 5 kilomètres au nord-est d’Idleb (à propos, chapeau aux rédacteurs du Monde.fr qui « découplent » Banache de Binich, ça étoffe leur compte-rendu des horreurs perpétrées par le régime de Bachar) où elle (l’armée) aurait « combattu des hommes en armes et des déserteurs » – sont-ce là des « civils » lambda ?

Et, toujours selon l’OSDH, six militaires et deux déserteurs sont morts cette même journée de jeudi dans la province méridionale de Deraa. Et un autre soldat est mort à Homs.

A quand un « terrorisme citoyen » ?

De tout cela, il ressort…

-Que l’OSDH, et d’une manière générale les « correspondants » des CLC et autres « militants » ne peuvent plus cacher la réalité -quotidienne – de la guérilla extrémiste en Syrie. Les cyber-opposants restent encore « discrets » sur les assassinats de partisans du régime, qu’ils préfèrent ajouter à leur bilan pour « arrondir », à des fins de propagande, leur bilan global de la « répression » bachariste.

-Que, comme à Hama et à Jisr al-Choughour en d’autres temps, et Rastan tout récemment, l’armée et les forces de sécurité syriennes doivent livrer de véritables combats de rue pour reprendre le contrôle de certaines villes secondaires, ou certains quartiers de grandes agglomérations. L’OSDH, à propos de l’opération militaire contre la ville de Banache, parle de « destruction partielle de maisons » et de « bombardements à la mitrailleuse lourde (sic) » et d’ »explosions« . Elle fait état aussi d’un « assaut » de l’armée contre le village voisin de Taoum (2 kilomètres à l’est de Banache). Il faut, bien sûr, faire la part de l’exagération  consubstantielle aux « infos » de l’OSDH, mais il est clair qu’on n’emploie pas de tels moyens, ni on ne cause de tels dégâts, en réprimant des manifestations désarmées sinon pacifiques.

Bref, l’OSDH reconnait la réalité de la violence oppositionnelle en Syrie. La différence – enfin, un des différences – avec nous, c’est qu’elle n’en parle que depuis moins d’un mois, alors que nous, nous pointions – presque seuls en France – dès le mois de juin ce qui venait de se passer à Jisr – pour rappel, 100 à 120 policiers massacrés par des insurgés armés.

Gageons que M. Rami Abdel Rahamane et ses jeunes complices « facebookeux » auront de plus en plus de mal, dans les semaines qui viennent, à nous vendre leur « révolution » « citoyenne », « démocratique » et « pacifique« . On sait qu’ils rejetteront, de toute façon,  la faute des attentats, assassinats ciblés et embuscades sur le régime « violent et autocratique« . Et nous pensons qu’ils finiront bien par accoucher de nouveaux concepts comme « terrorisme citoyen » ou « violence humaniste et démocratique« . Nous leur faisons pleinement confiance, ils ont assez, depuis tous ces mois, prouvé qu’ils avaient une imagination fertile.

Rapport de force en Syrie : la preuve par l’image – et le son

Par Louis Denghien, le 14 octobre 2011 

DES%20DIZAINES%20DE%20MILLIERS%20DE%20MANIFESTANTS%20PRO-ASSAD%20À&#128;%20DAMAS

Nos lecteurs nous avaient précédé, mais nous mettons « officiellement » en ligne cette vidéo tournée pour la télévision syrienne Addounia, et qui concerne la manifestation-monstre de Damas du mercredi 12 octobre, en soutien au gouvernement, et contre l’ingérence et les « diffamations médiatico-diplomatiques ».

Les plans larges et aériens – même gouvernementaux – permettent d’apprécier l’ampleur réelle d’un rassemblement que l’AFP – et avec elle, les quotidiens français – a préféré réduire à « plusieurs milliers de personnes » (notons toutefois que le site de L’Express est, crédibilité minimum exige, monté jusqu’à « plusieurs dizaines de milliers« ). Il est vrai que leur tropisme anti-Bachar et pro- »révolution » fait généralement préférer à nos confrères les téléphone portables de l’OSDH, avec leurs dizaines ou centaines de manifestants d’opposition transformés en « marée humaine« . Nous l’avons déjà écrit récemment (voir notre article « Soirée Arte sur la Syrie : deux heures de stalinisme bobo« , mis en ligne le 12 octobre), il existe une manipulation « démocratique » (et occidentale) de l’information, des mots et des images. Et aussi, plus simplement, une censure, puis qu’il n’y a pas eu, à notre connaissance, d’images de cet événement sur les chaînes d’info, continue ou non, françaises.

Manifestation%20en%20soutien%20à%20Bachar%20al-Assad%20à%20Damas%20le%2012%20octobre%202011

Précisons (merci Cécilia) que le dignitaire chrétien qui prononce un discours au début de la vidéo n’est autre que le père Louqa al-Khoury, évêque grec orthodoxe de Damas, celui-là même qui a refusé, en août dernier, l’entrée de l’église al-Salib al-Muqadas (de « la Sainte-Croix ») de Damas à l’ambassadeur américain Ford (voir notre article « Le Figaro : la révolte introuvable à Damas !« , mis en ligne le 22 août).

Nous ajoutons ci-dessous (merci encore Cécilia) la traduction de son discours :

« Le Seigneur Jésus-Christ a sanctifié cette terre,
Il a donné le premier exemple de sacrifice lorsqu’il s’est sacrifié lui-même pour l’humanité.

Le Syrien est un être sincère, généreux, aime sa patrie et ses compatriotes.
Il se sacrifie toujours pour sa patrie par sa croyance et son amour.
Le Syrien apprend au mode entier comment l’homme peut gagner la bataille contre lui-même,
Et comment il peut devenir une nourriture pour les affamés, une eau pour les assoiffés, un habit pour les dénudés et un remède pour les malades.

Notre rassemblement ici si immense, sur cette terre, berceau de la civilisation, cette terre qui a appris à l’humanité la civilisation, est une déclaration sincère de notre soutien à notre président et notre chef, le docteur Bachar al-Assad.
Une déclaration de notre soutien à Bachar dans la patience et la résistance. A celui qui nous a appris comment dépasser, par l’amour, le malheur et et les envies.
Il nous a appris comment faire de la Syrie un exemple à suivre dans la fraternité, l’amour et la justice.

Notre assemblée annonce au monde entier, notamment à l’Amérique, ce qu’est le peuple syrien, le peuple de l’amour, de la dignité.
Ces renards et ces serpents n’ont pas imaginé que le peuple syrien ne voit dans leur colère que de la fumée, rien de plus!

Nous disons aux peuples et aux gouvernements notre message d’amour et de paix.
De même, nous disons à la Russie et à la Chine MERCI pour votre soutien, pour le droit contre le pouvoir discriminatoire qui vit du sang des peuples, en oubliant toute valeur humaine ou spirituelle.

Vous, la chaine Ddounia (chaîne télévisée syrienne, Ndlr), vous resterez toujours Dounia, un monde juste et sincère.
Vous êtes ceux qui ont mis à nu les hypocrites, tous ceux qui ont menti au monde pour justifier leur complot, ceux qui sont animés par Israel comme s’ils n’étaient pas les dirigeants de leurs propres pays.

Nous prions tous pour la Syrie.
Nous prions tous pour le président docteur Bachar al-Assad
Nous prions tous pour notre armée héroïque, levons la voix haute pour qu’elle résiste devant les ennemis, que Dieu lui donne la victoire, pour que la justice soit toujours faite et la paix soit sur la Syrie.
Nous prions pour l’âme de nos martyres et pour que notre liberté et indépendance restent.

Nous faisons allégeance à Bachar !
Bachar, nous te faisons allégeance !
Bachar, nous te faisons allégeance ! ».

Et donc le lien :

 
Atmosphère : un expatrié français nous raconte ses six mois de séjour à Damas

Par Louis Denghien, le 14 octobre 2011 

Damas

Nicolas a 29 ans. Avec son épouse et leur très jeune enfant, ils se sont établis, pour raisons professionnelles, à Damas voici six mois, début avril, soit trois semaines environ après le début des troubles en Syrie. Quelque 180 jours plus tard, à l’occasion d’un bref retour à Paris, il nous donne ses impressions qui, précise-t-il, concernent essentiellement Damas et la ville archéologique de Palmyre (près de la frontière irakienne). En six mois, ce jeune homme, dont ce n’est pas le premier séjour syrien, a eu en effet le temps de se forger une opinion, d’avoir une vision de ce pays et de son peuple, vision assez éloignée, on le verra, du tableau sinistre qu’en donnent les médias français.

La%20mosquée%20des%20Omeyyades,%20près%20de%20laquelle%20vivent%20Nicolas,%20sa%20femme%20et%20leur%20bébé

La mosquée des Omeyyades, près de laquelle vivent Nicolas, sa femme et leur bébé

-Infosyrie : Nicolas bonjour. Peux-tu, pour commencer, nous rappeler dans quelles circonstances tu as entrepris ce voyage et cette installation en Syrie, et d’ailleurs était-ce ton premier voyage ?

-Nicolas : Non, j’avais 8 ans quand j’ai effectué mon premier voyage en Syrie. J’avais du reste visité également, à cette occasion, la Jordanie et le Liban. J’ai de la famille en Syrie, et au Liban. Depuis j’ai dû faire, jusqu’à aujourd’hui, une quinzaine de voyages tant en Syrie qu’au Liban et en Jordanie. J’ai commencé assez jeune à m’intéresser à ce pays et, au-delà, à la culture arabe. J’ai toujours voulu travailler au Proche-Orient : d’abord je me voyais en ambassadeur de France , et puis… (rires)

-IS : En ce qui concerne ton dernier voyage, il s’agit carrément d’une installation, professionnelle et familiale… Comment avez-vous pris cette décision ?

-N : Nous sommes arrivés à Damas le 9 avril 2011. J’avais décidé avec ma femme de partir là-bas pour ce que je connaissais déjà de la qualité de vie, de l’accueil des gens, du climat, et ce malgré tout ce que pouvaient dire les journaux français de la situation sur place…

-IS : Car, encore une fois, tu arrives trois semaines après le début des troubles…

-N : Oui. Mais à notre arrivée, je n’ai pas vraiment constaté de changements par rapport à ce que j’avais pu voir dans mes précédents voyages. Je connaissais l’atmosphère des rues et de certaines villes du pays. Et je n’ai pas vu, cette fois, plus d’hommes en armes que d’habitude, pas de tension perceptible dans la rue – je parle pour Damas. A part un voyage de quatre jours à Palmyre, nous avons peu bougé de Damas. Nous ne sommes pas rendus sur le littoral, à Lattaquié ou Tartous, car on nous avait dit qu’il y avait des risques d’agression, non pas dans ces villes, mais sur la route y menant. Mais donc je peux parler de Damas, et accessoirement de Palmyre.

-IS : Et donc, six mois de Damas, qu’est-ce que ça donne ?

-N : Ca donne qu’on a entendu, bien sûr, parler de certaines rumeurs de différentes manifestations, pro ou anti-Bachar. Mais en ce qui concerne ce que nous avons vu de nos yeux, ce sont deux ou trois manifestations d’opposants qui regroupaient à chaque fois, au grand maximum, une centaine de personnes. Quant aux manifs pro-Bachar, j’en ai vue une qui se déroulait sur toute l’étendue de l’autoroute de Mezzeh, du moins le tronçon qui traverse de part en part Damas (il faut imaginer une avenue des Champs-Elysées qui serait en même temps une autoroute à plusieurs voies ! Ndlr) : il y a avait une foule immense, avec un drapeau long, je crois de 3 kilomètres et demi, et qui n’était pas du tout encadrée par quelque force policière ou politique que ce soit.

-IS : Au fait, tu parles arabe ?

-N : Un petit peu, et de mieux en mieux au fur et à mesure que mon séjour se prolonge. je l’apprends « sur le tas », au fil de mes contacts. Je le comprends globalement assez bien. Mais pas mal de Damascènes parlent anglais. Sinon, ce que nous pouvons observer quotidiennement – je précise que nous habitons le quartier chrétien de Bab Touma, au sud-est de la ville, non loin de la mosquée des Omeyyades – c’est que les Damascènes sont vraiment très accueillants, comme ils l’ont toujours été. On n’a jamais constaté d’animosité envers la France et les Français. On prend le taxi tous les jours, et les chauffeurs de taxi ne s’en sont jamais pris à nous, tout au plus ont-ils eu, le temps d’une course, quelques mots contre Sarkozy.

-IS : Mais on imagine que les Damascènes parlent des événements, ou bien est-ce qu’on exagère en Occident la place de ces mêmes événements dans la vie de tous les jours ?

-N: Oui et non. On ne parle pas ouvertement, et encore moins dans la rue, de la situation. On l’évoque en revanche chez soi. Mais ça crée des tensions car certaines personnes, pour diverses raisons, comme certains commerçants ou hommes d’affaires, préféreraient que le régime saute, tandis que d’autres croient toujours en Bachar et son régime. Mais la plupart des gens à qui j’ai pu en parler associent le régime et la sécurité. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles nous avons, ma femme et moi, décidé de nous installer en Syrie. Ca peut paraître paradoxal à un Français de France qui voit le pays comme au bord de la guerre civile, mais, désolé, on se sent beaucoup plus en sécurité à Damas qu’à Paris. Moi je n’ai aucune appréhension à laisser ma femme avec notre fils de six mois dans les rues de Damas, alors que j’aurais une inquiétude certaine si elle se baladait seule à Paris ou en banlieue, dans le métro ou le bus.

Une%20belle%20américaine%20reconvertie%20en%20taxi%20damascène

Une belle américaine reconvertie en taxi damascène

-IS : Il n’y a pas de délinquance urbaine endémique comme chez nous ?

-N : Absolument pas. Et encore maintenant : nous n’avons jamais vu la moindre bagarre de rue en six mois dans cette grande ville de 2 millions et quelque d’habitants.

-IS : Est-ce qu’il y a une présence policière ou militaire évidente ?

-N : Il y en a toujours eu, autour des ambassades et des lieux administratifs sensibles. Mais, croyez-moi ou non, on ne voit pas de patrouilles militaires du type « Vigie Pirate » comme en France.

-IS : Mais vous vous êtes rendus à Palmyre. Avez-vous constaté le même calme sur place, ou pendant le trajet, ou avez-vous noté, au contraire, des signes de tension ?

-N: Je précise que Palmyre est à 4 heures et demie de route de Damas, en direction de l’Irak et de l’est. On rencontre un check-point sur la route, à l’aller, et re-belote au retour. Nous voyageons par bus, au milieu des Syriens « de base », ce qui nous permet d’avoir un regard autre, plus vrai, sur le pays. Aux check-points, voyageurs et policiers voient bien que nous sommes français, mais tout se passe bien. On a même droit à des sourires et on nous dit « Soyez les bienvenus ». Les Syriens avec qui nous avons parlé en ces circonstances nous prenaient même à témoin de ce qui se passait vraiment sur place, c’est-à-dire pas du tout la guerre civile larvée qu’on nous décrit ici.

-IS : Mais, à ce propos, vous avez pu ressentir les fameuses tensions communautaires souvent évoquées en France ?

-N : J’avoue ne pas m’être particulièrement intéressé à cette dimension de la société syrienne. Je ne suis pas moi même quelqu’un de religieux. Je m’intéresse, en termes de culture et de société, à la religion musulmane. Mais je n’ai pas été sensible, sur place,aux implications sociales et politique des questions religieuses.

-IS : Mais si l’on devait résumer : en six mois, à Damas, tu n’a pas perçu cet état de pré-guerre civile qu’on nous dépeint à longueur de temps en France ?

-N : Je l’ai perçu, mais uniquement par le matraquage médiatique que font les chaînes françaises reçues à Damas, comme France 24, TV5 ou Euronews. Ou bien encore via les magazines européens qu’on trouve sans problèmes. Mais quant à ce que je vois tous les jours, non absolument pas. Je ne ressens aucun climat de tension ou a fortiori de terreur. Et quand j’entends ce qu’on dit à ce propos à Paris, ça me semble complètement aberrant !

C’est d’ailleurs parce que tout ce qu’on nous raconte à ce sujet est faux que ma femme et moi retournons dès demain à Damas avec notre bébé. La Syrie, ce n’est absolument pas l’Afghanistan, ou même l’Irak !

-IS : Vous avez des contacts avec d’autres membres de la communauté française de Damas ?

-N: Quelques uns. Beaucoup ont été, entre guillemets, invités par le gouvernement français à rentrer au pays, mais il reste encore beaucoup de Français à Damas, il s’agit souvent, il est vrai, de familles mixtes franco-syriennes. Et les enfants de ces familles vont normalement à l’école. Et je précise, pendant que j’y suis, que nous ne sommes soumis à aucun couvre-feu le soir venu.

Dames%20de%20Damas...

Dames de Damas...

-IS : Damas est une ville assez occidentalisée, avec des femmes vêtues à l’européenne, une vie nocturne… ?

-N : Bien sûr, night-clubs et bars abondent à Damas ; je connais, entre autres, le See Bar, le Marmar. On y consomme de l’alcool sans plus de restrictions qu’en France, avec plus de discrétion, évidemment, en période de ramadan. De ce point de vue, on n’est pas en Arabie Saoudite. Il y a quand même une ouverture d’esprit en Syrie, sans doutes due à l’orientation laïque du régime, et à la libéralisation initiée depuis une dizaine d’années par Bachar.

Il%20semble%20ici%20chez%20lui...

Il semble ici chez lui...

-IS : Justement, tu as causé de Bachar al-Assad, de sa personnalité sinon de son régime, avec des Syriens ?

-N : Oui, j’en ai parlé un petit peu. On a d’ailleurs évoqué aussi bien le père, Hafez, que son fils. Je dirais que les avis sont mitigés, parce que forcément, différents intérêts, différents vécus interviennent dans cette perception. La plupart de mes interlocuteurs sont quand même satisfaits du régime et ce qu’il a fait, ou de ce qu’il garantit. Là encore, aucun rapport avec ce qu’on nous raconte en France. Bien sûr, certains sont agacés ou las d’une situation qui ne semble aller, depuis sept mois, ni dans un sens ni dans l’autre. Mais en règle générale, à Damas, les gens sont pro-gouvernementaux, et apprécient globalement la façon qu’a Bachar de gérer le pays.

-IS : Bachar a donc une équation personnelle plutôt bien perçue…

-N : Absolument. Bien sûr, comme partout, comme en France, il y a du mécontentement, des impatiences. Il y a des choses à faire, mais on pense généralement, à Damas, en tous cas, que Bachar pourra les faire.

Une%20rue%20du%20vieux%20Damas%20:%20pas%20beaucoup%20de%20touristes%20pour%20larpenter,%20en%20ce%20moment...

Une rue du vieux Damas : pas beaucoup de touristes pour l'arpenter, en ce moment...

-IS : L’attitude des pays occidentaux a des effets sensibles sur l’économie locale, notamment le secteur touristique ?

-N : Oui, malheureusement. La plupart des touristes occidentaux suivent les recommandations des agences, des tour operators, et des ambassades. J’ai pu le constater à Palmyre, ville antique qui vit essentiellement du tourisme : la plupart des hôtels et commerces sont fermés. C’est vraiment une ville morte au niveau économique.

Palmyre%20:%20ses%20ruines%20antiques%20incomparables,%20et%20délaissées%20pour%20cause%20de%20pressions%20étrangères

Palmyre : ses ruines antiques incomparables, et délaissées pour cause de pressions étrangères

-IS : Mais y a-t-il un tourisme arabe en Syrie ?

-N : Oui. Beaucoup d’Iraniens et de Turcs – musulmans sinon arabes – des Jordaniens, des Libanais. Mais les touristes à devises sont d’avantage représentés par le Qatar, l’Arabie Saoudite, ou, bien sûr, des Libanais.

-IS : En termes de consommation, un  Occidental est-il dépaysé en Syrie ?

-N : On peut trouver de tout à Damas. Mais il y a une gêne, notamment pour le commerce, du fait que les Américains ont interdit l’usage en Syrie des cartes de crédit et de paiement Visa ou American Express. Ca veut dire qu’on ne peut plus payer par carte à Damas, que ce soit dans une boutique oui dans un restaurant. Et bien sûr, ce n’est pas du tout le régime qui est gêné par de telles mesures, ce sont les Syriens « de base ». La classe des hommes d’affaires et des bourgeois est particulièrement affectée par ça.

Lambassade%20de%20France%20:%20pas%20la%20meilleure%20vitrine%20du%20pays%20en%20Syrie,%20ces%20derniers%20temps...

L'ambassade de France : pas la meilleure vitrine du pays en Syrie, ces derniers temps...

-IS : En tant que Français, vous avez des contacts avec l’ambassade ?

-N : On s’est fait référencer à l’ambassade « au cas où », mais nous n’avons jamais été contactés par elle, en sept mois.

-IS : On trouve des journaux, des livres, des dvd français ?

-N : Oui, on trouve les principaux quotidiens - Le Monde-Le Figaro-Libération et même Le Parisien. Des livres aussi. En ce qui concerne les dvd, il y a un assez grand choix dans les grands magasins de Damas. Mais il y a beaucoup de copies pirate, la loi syrienne étant assez souple en ce domaine.

-IS : Au fait, et compte tenu de tout ce que tu viens de nous dire, comment vont tes affaires à Damas ?

-N : Comme je travaille dans l’hôtellerie et la restauration, je vous laisse imaginer ! A Damas, je suis essentiellement un homme au foyer, qui attend des jours meilleurs. D’autant qu’étant étranger, j’ai plus de difficultés à trouver une place dans un restaurant qu’un Syrien. Ma femme, elle, travaille dans une école. Pour elle, tout va bien.

-IS : Si d’un mot, après sept moins d’immersion à Damas, tu devais résumer ton sentiment sur la Syrie et les Syriens, quel serait-il ?

-N : En un mot, c’est difficile. Mais je trouve vraiment, pour m’en tenir à Damas, que ses habitants sont très ouverts d’esprit, à l’écoute d’un avis extérieur. Il sont très accueillants, chaleureux, avec le coeur sur la main. C’est vraiment une mentalité que j’apprécie, et c’est pourquoi je vais éduquer mon fils dans ce climat psychologique. Je ne regrette pas, malgré les difficultés momentanées, de m’être établi en Syrie, et ma femme non plus.

-IS : Nicolas, merci et bon voyage !

Scène%20de%20genre%20au%20souk%20de%20Damas

Scène de genre au souk de Damas

(Entretien réalisé dans l’après-midi du 14 octobre. Notre interlocuteur repartait le soir même, avec son épouse et son enfant, pour Damas.)

Rusia y China volvieron a frenar interés europeo por condenar a Siria en la ONU

Le président syrien annonce une nouvelle constitution dans quatre mois. 


Edité par T 34 - 17 Oct 2011 à 05:47
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Oct 2011 à 23:01

Ligue arabe ou anti-syrienne ?

Par Guy Delorme, le 17 octobre 2011 

Nabil%20al-Arabi%20&amp;%20Bachar,%20à%20Damas,%20le%2010%20septembre%20dernier%20:%20Gardez%20moi%20de%20mes%20amis,%20mes%20ennemis%20je%20men%20charge%20!

Nabil al-Arabi & Bachar, à Damas, le 10 septembre dernier : "Gardez moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge !"

La Ligue arabe revient à la charge. Après ces admonestations au gouvernement syrien, mi-septembre, dans le registre  » réformez tout tout de suite et arrêtez immédiatement le massacre » (voir nos articles « La Ligue arabe met – beaucoup – d’eau dans son thé » et « De la guérilla diplomatique à la guérilla de terrain« , mis en ligne les 12 et 14 septembre), la conférence diplomatique arabe a lancé, dimanche soir 16 octobre à l’issue d’une « réunion extraordinaire« , une nouvelle initiative à destination de la Syrie : elle appelle à la tenue d’une « conférence de dialogue national » entre le pouvoir et l’opposition syriens, laquelle conférence pourrait s’ouvrir dans les 15 jours au Caire.

La Ligue arabe motive son initiative par le souci de « mettre fin à la violence » et d’ »éviter une intervention étrangère« , et aussi, bien sûr, pour « réaliser les aspirations légitimes du peuple syrien et le changement souhaité« . Dans la foulée, la Ligue a annoncé la création d’une « commission ministérielle » présidée par le Qatar et regroupant plusieurs poids lourds de la diplomatie arabe, dont le secrétaire général Nabil al-Arabi, et chargée de « contacter les dirigeants syriens afin de mettre fin à tous les actes de violence« .

Derrière la ligue, le Golfe, derrière le Golfe…

On pourrait saluer ce – très relatif – assouplissement de la Ligue par rapport à sa précédente intervention : après tout, les ambassadeurs arabes appellent au dialogue et à un règlement strictement syrien ou, au maximum, arabe de la crise. Mais nous sommes obligés de remarquer les points suivants :

-C’est à la demande du Conseil de coopération du Golfe que s’est tenue la « réunion extraordinaire » sur la Syrie. Or le CCG regroupe des monarchies comme l’Arabie Saoudite, Oman, le Koweit, Bahrein, les Emirats arabes unis et le Qatar, bien connus pour leur hostilité au régime syrien – notamment via les télés al-Jazeera et al-Arabiya qu’ils contrôlent – et pour leur inféodation à Washington. Le seul fait que la « commission ministérielle » soit présidée par le Qatar, Etat propriétaire de la chaîne d’intox anti-syrienne al-Jazeera, devrait éclairer sur les buts réels de cette entreprise.

-Les mots de « changement (souhaité) » et de « violence » reflètent toujours la problématique de l’opposition radicale : le « changement » c’est le départ de Bachar al-Assad, la « violence » c’est celle des forces de l’ordre. La Ligue arabe maquille aujourd’hui en « dialogue » ses objectifs de changement de régime – et d’orientations et d’alliances géopolitiques pour la Syrie.

-Prôner le « dialogue » entre le pouvoir et l’opposition est au mieux un voeu pieux, au pire une hypocrisie diplomatique, quant on sait que l’opposition qui à la faveur de la Ligue et du CCG, celle sous influence turco-américaine du CNS qui siège à Antalya, à Istambul ou au hasard de la galaxie Facebook, réclame comme préalable le départ pur et simple de Bachar et de son équipe, et menace même de le déférer devant un tribunal d’exception. Pour dialoguer, il faut quand même être deux : Bachar a fait des gestes historiques de dialogue, en réformant la constitution dans un sens plus libéral, en autorisant la création de partis non inféodés au Front national progressiste, en libérant des opposants, en en laissant d’autres se réunir à Damas et ailleurs. Le CNS, lui, appelle invariablement au soulèvement, et donc à la guerre civile que disent redouter nos diplomates arabes. Et, du reste, il a réitéré son refus de tout dialogue avec  le pouvoir syrien.

En parlant du CNS, une dépêche de l’AFP précise que son éventuelle reconnaissance comme représentant légitime du peuple syrien a été « évoquée » par les participants de cette réunion « extraordinaire » (de cynisme et d’arrogance), mais que le « courant majoritaire » a jugé nécessaire de « donner une chance (à Nabil al-Arabi) de faire appliquer les réformes nécessaires le plus vite possible » : vraiment les émirs sont bon princes, et voilà qui est beau et comminatoire comme un communiqué d’Erdogan, et qui laisse peu d’illusions quant à une approche honnête, de la part de laLigue arabe – ne parlons pas du CCG – du dossier syrien.

-Enfin, évoquer publiquement la possibilité d’une « intervention étrangère« , quitte à en rejeter le principe, revient à la crédibiliser aux yeux et oreilles de l’opinion internationale, et à conforter dans leurs ambitions bellicistes les diplomates impérialistes et interventionnistes de l’OTAN.

La Syrie, qui en dépit de cette ambiance si particulière, fait toujours partie de la Ligue arabe, n’a pas manqué de pointer l’ambiguité de l’initiative : « Le moment choisi pour cette réunion est étrange et suspect » a déclaré Youssef Ahmad, délégué de Damas auprès de la Ligue. Suspect car il coïncide plus ou moins avec les tentatives répétés des Euro-américains d’obtenir du Conseil de sécurité un texte condamnant Damas devant la communauté internationale. Et c’est vrai qu’on a le sentiment que la Ligue, certainement arabe mais pas trop nationaliste arabe, joue sa partition dans un orchestre plus vaste, et dont le chef d’orchestre n’est, lui, pas arabe du tout. Le 10 septembre dernier, Nabil al-Arabi avait adopté, face à Bachar, un ton conciliant, protestant de l’attachement de la ligue à « la sécurité et à la stabilité de la Syrie« . Le voilà donc qui revient à la charge, un mois plus tard, guère mieux disposé qu’au début. Alors ?

C’est que la Ligue arabe c’est aussi le Conseil de coopération du Golfe, sans doute son plus gros contributeur financier, et de ces Arabes-là, il n’y a guère à espérer, si l’on est Syrien, nationaliste arabe, laïc ou simplement non aligné sur Washington. La Ligue sait que sa proposition médiatisée de « dialogue » n’a aucune chance de se concrétiser. Elle lui permet juste de se positionner « honorablement » aux yeux des Américains et des Européens.

De toute façon, et là nous sommes bien obligés de nous répéter, le gouvernement syrien, dispose, à défaut du soutien de la « Ligue arabo-atlantiste », de celui d’une majorité de Syriens, et de plusieurs gouvernements arabes,ou musulmans, libanais, iranien, irakien. La Ligue arabe est, à notre avis, coupée de la rue et de l’opinion arabes. Elle risque d’avoir du reste, en Tunisie, en Libye, au Bahrein et jusqu’en cette Egypte d’où elle pérore, pas mal d’autres chats arabes à fouetter ! (là aussi, on se répète, mais pas autant que la Ligue arabe elle-même).


Risque de « guerre civile totale »… au Conseil de sécurité

Par Guy Delorme, le 17 octobre 2011 

Faudra-t-il%20envoyer%20les%20casques%20bleus%20pour%20rétablir%20le%20calme%20au%20Conseil%20de%20sécurité%20?

Faudra-t-il envoyer les casques bleus pour rétablir le calme au Conseil de sécurité ?

Les troubles de Syrie s’étendent au… Conseil de sécurité des Nations-Unies : vendredi 14 octobre, le ton a monté entre représentants de diverses puissances qui y siègent. Au départ les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne et du Portugal sont montés au créneau pour soutenir un énième texte anti-syrien présenté par Navi Pillay, haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, exigeant une « protection internationale pour les civils » en Syrie. A vrai dire ce texte s’inscrit dans un rapport général et mensuel sur les conflits en cours dans le monde, rapport qui ne concernait donc pas exclusivement la Syrie.

Réaffirmant le rôle « moteur » de la France dans le harcèlement diplomatique occidental de Damas et des pays qui le soutiennent, l’ambassadeur Gérard Araud a sévèrement admonesté « les partisans du silence du Conseil de sécurité« , autrement dit la Russie, la Chine et les membres du BRICS. Ceux-ci, selon M. Araud, « devraient tirer les conclusions de la poursuite de la répression« . Les représentants portugais et allemand y ont été, eux aussi, de leur petite contribution, exprimant bruyamment et officiellement la « préoccupation » de leur gouvernement respectif.

L’ambassadeur-adjoint  russe à l’ONU, Alexander Pankine, leur a aussitôt objecté que ces éminents diplomates avaient, en évoquant une question ne figurant pas à l’ordre du jour de la réunion du Conseil – le rapport, on l’a vu, portant sur l’ensemble des problèmes internationaux -, violé les procédures du dit Conseil. Le représentant chinois est allé dans le même sens.

Exit le « soulèvement », bienvenue à la « guerre civile »

Dans le passage du rapport ayant trait à la situation syrienne, Navi Pillay s’inquiète d’un  risque de « guerre civile totale« . Il y en a effectivement des prémices, avec les actions et exactions quasi-quotidiennes des activistes anti-régime. Mais l’ONU, porte-parole en cette circonstances – comme dans d’autres – des desiderata de la diplomatie américaine, est-elle bien placée pour jouer les Cassandre ? Pas mieux, à notre avis, que ces diplomates européens qui répercutent depuis des mois les consignes maximalistes de leurs gouvernements, ces gouvernements qui, de Londres à Paris en passant par Bonn, ne cessent de jeter de l’huile sur le feu, refusant de prendre en compte les gestes politiques et réformateurs du pouvoir syrien, accordant leur soutien politique voire financier à l’opposition la plus radicale, ne laissant d’autre ressource à Bachar, à ses ministres et ses partisans, qu’un choix du type « la valise ou le cercueil » ?

Une fois encore, force est de constater que ceux qui se présentent comme des pompiers se comportent objectivement en pyromanes, à la manière de leurs mentors américains en Irak. A la place de M. Araud et de ses collègues, on s’efforcerait plutôt de « tirer les conclusions » de cette expérience irakienne. Mais aussi de l’essoufflement du mouvement de la rue (anti-Bachar) et de l’investissement massif et déterminé de cette même rue part les partisans du régime, comme on a pu le (re) voir le 12 octobre dernier (voir nos articles « La Syrie réelle toujours là contre la Syrie virtuelle » et « At last ! CBS reconnaît la force du soutien populaire à Bachar« , mis en ligne le 13 octobre).

Au fait, avez-vous noté qu’ils parlent à présent d’un danger de « guerre civile« , et non plus d’un « soulèvement populaire » ?  Ce glissement sémantique ne traduit-il pas, de manière contournée, la prise de conscience – tardive – de l’existence d’une Syrie bachariste qu’il n’est décidément plus possible de passer sous silence ? Eh oui, le régime conservant  décidément pas mal de partisans, les têtes parlantes de l’axe euro-américain vont faire de ceux-ci les fauteurs de la guerre civile dans laquelle ils rêvent à présent de voir s’enfoncer la Syrie. C’est ce qui s’appelle « être réactif » à l’actualité !


Des tueurs, des armes et des tués…

Par Louis Denghien, le 17 octobre 2011 

Cest%20devenu%20une%20sorte%20de%20rituel%20de%20la%20télévision%20syrienne%20:%20les%20aveux%20de%20terroristes%20capturés%20retransmis%20au%20journal%20du%20soir.%20

C’est devenu une sorte de rituel de la télévision syrienne : les aveux de « terroristes » capturés retransmis au journal du soir. Parmi les derniers en date, voici les « cas » de Omar Hamoudi Annasser et Najib Zaki Haj Najib. Le premier a reconnu avoir, avec un groupe armé, attaqué plusieurs voitures particulières sur la route Alep-Damas, près de Khan Cheykhoun : deux civils auraient péri dans cette attaque. Le second dit avoir participé à une attaque contre un local de la sécurité militaire à Jisr al-Choughour, et « tué tous les hommes  » qui s’y trouvaient : s’agit-il du raid qui a coûté la vie, le 6 juin, à plus d’une centaine de jeunes policiers ?

Autre aspect de la lutte contre les groupes armés, les saisies de dépôts ou de convois d’armes : les services de police de Homs ont annoncé, dimanche 16 octobre, avoir saisi des fusils, des RPG et des fusils à lunettes, et pas mal de munitions, à bord de deux voitures dont les 4 occupants ont été arrêtés. Les mêmes services ont annoncé qu’au total pas moins de 34 personnes impliquées dans ces trafics avaient été arrêtées ces derniers jours.

Autre%20aspect%20de%20la%20lutte%20contre%20les%20groupes%20armés,%20les%20saisies%20de%20dépôts%20ou%20de%20convois%20darmes

Et l’agence Sana d’accuser certains « milieux à l’intérieur du Liban » d’être à l’origines de l’essentiel de ces trafics et transferts d’armes et de munitions en Syrie. Une accusation étayée par plusieurs saisies à la frontière, mais aussi par l’arrestation, au Liban même de trafiquants proches du Courant du Futur, la faction libanaise du clan Hariri (voir notre article « Les armes de la rébellion : lebanese – ou plutôt Hariri – connection » mis en ligne le 8 août).

Et n’oublions pas les victimes de ces trafics et de ces tueurs : deux soldats de plus sont tombés dimanche 16 octobre dans une embuscade tendue contre eux à Hama, dans le quartier de Jarajmah. Deux de leurs camarades ont été blessés. Et le lundi 17 octobre avait lieu à l’hôpital militaire de Homs la levée des corps de l’adjudant-chef  Gheyath Youssef Makhlouf, du sergent Abdel Aziz Abdel Fattah Kheirbek et du conscrit Zaher Dhamen originaires de Hama et de Deraa et tombés victimes du devoir à Homs et Hama.

Autant de victimes dument identifiées mais qui n’auront pas d’OSDH ou d’AFP – sinon Sana et Infosyrie – pour rappeler pourquoi, quand et comment ils sont morts.

Obsèques%20de%20policiers%20syriens%20tombés%20dès%20le%20mois%20davril...%20Les%20premiers%20dune%20longue%20liste

Obsèques de policiers syriens tombés dès le mois d'avril... Les premiers d'une longue liste

 


Edité par T 34 - 18 Oct 2011 à 01:47
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Oct 2011 à 18:34

La Syrie malade – entre autres – du trafic d’armes

Par Louis Denghien, le 18 octobre 2011 

Hôpital%20militaire%20de%20Homs,%20lundi%2017%20octobre...

Hôpital militaire de Homs, lundi 17 octobre...

44 personnes auraient été tuées dans divers incidents en Syrie dans la seule journée du lundi 17 octobre. Bien sûr ces chiffres émanent, comme de coutume, de l’OSDH mais celui-ci inclut dans ce décompte 11 membres de la police et des forces armées, ce qui est donc; compte tenu de la source, une estimation a minima. Le gros de ces pertes, civiles et militaires, – 27 victimes – serait survenu dans le secteur de Homs, théâtre d’accrochages quotidiens depuis une semaine. Une partie des perte dites civiles concerne évidemment des opposants armés : l’OSDH indique d’ailleurs qu’à Homs l’armée s’est heurtée à des déserteurs.

Violences tous azimuts

L’OSDH précise que l’affrontement principal s’est déroulé à un point de contrôle de l’armée, à Sawameah, non loin de la petite ville de Qousseir (ou Al Qusayr, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Homs) : 7 soldats ont été tués là, et plusieurs autres blessés. Par ailleurs, toujours selon l’OSDH, 4 autres soldats ont péri dans un attentat près de la localité de Ehsem, dans le gouvernorat d’Idleb, au nord-ouest du pays. Dans cette même région d’Idleb, 17 soldats auraient été blessés au cours d’opérations de ratissage. L’agence Sana indiquait quant à elle ce matin (mardi 18 octobre) que trois nouveaux soldats avaient été portés en terre, après avoir été tués en opérations à Homs et Hama. En outre, le cadavre du policier Moussa al Ra’i, enlevé dimanche par un groupe armé dans le quartier de Deir B’albeh à Homs, a été retrouvé lundi 17 octobre ; on est sans nouvelles du civil enlevé en même temps que lui. Sana indique encore que six terroristes ont été tués ce même lundi dans une opération à Homs, dont le chef du groupe, un certain Jassem Afara.

Encore une fois, ces chiffres sont invérifiables, mais ils indiquent malgré tout une « échelle » de la violence : le terrorisme, et donc la lutte anti-terroriste montent en intensité depuis quelques semaines en Syrie. La faute à ces groupes de déserteurs ayant pris, en quelque sorte, le maquis ? Certainement pas uniquement : les groupes salafistes d’inspiration, plus ou moins patronnés par les Frères musulmans, n’ont pas disparu, en dépit des pertes qu’ont pu leur infliger les forces de l’ordre en sept mois. Même si, dans les arcanes médiatiques et cyber-dissidentes, les déserteurs sont plus « tendance » depuis un mois et quelque.

Nous ne pouvons que répéter ce que nous avons déjà écrit : la contestation « civile » s’étant nettement essoufflée, les radicaux jouent à fond la carte de la violence. Une guérilla, pour être efficace, n’a pas besoin de regrouper des milliers d’individus : plusieurs centaines de combattants de l’ombre, attaquant par surprise ou pratiquant la guérilla urbaine, peuvent constituer un défi à un appareil répressif nombreux.

Ces guérilléros sont-ils, pour reprendre la formule de Mao Zedong, comme « des poissons dans l’eau » dans la population ? Certainement dans certains secteurs : à Hama et Homs, l’intégrisme de certaines franges sunnites encadrées par des cheikhs sous perfusion idéologique wahabite, le souvenir entretenu et magnifié de la dure répression anti-Frères musulmans de 1982, la question sociale aussi, fournissent un environnement favorable, limité mais suffisant, à ces combattants, souvent originaires de la région où ils sévissent.


Une%20des%20toutes%20dernières%20trouvailles%20des%20policiers%20syriens

Une des toutes dernières "trouvailles" des policiers syriens


La « synergie » déserteurs-activistes-traficants

L’autre atout dont bénéficient les activistes, c’est l’abondance des armes qui circulent en Syrie : il ne se passe pas de jour sans que Sana annonce des saisies, plus ou moins conséquentes, d’armes et de munitions. A ce propos, l’expert anglo-saxon en relations internationales Peter Harling, chercheur à l’International Crisis Group (ICG) basé à Damas, a accordé dimanche 16 octobre un entretien à l’AFP, entretien dans lequel il pointe le rôle des « réseaux de trafiquants qui, de longue date, opèrent le long de la frontière » et qui « se seraient reconvertis dans les armes depuis plusieurs mois« . Peter Harling estime qu’à la faveur des troubles « un marché s’est rapidement créé dans un pays où, contrairement au Liban, à l’Irak, au Yémen ou à la Libye, il existait peu d’armes en circulation. »

Puisqu’on vient d’évoquer le Liban, restons-y : il est désormais de notoriété publique, notamment depuis l’arrestation par la police et l’armée libanaise de plusieurs trafiquants, qu’une frange de l’establishment politique libanais est impliqué dans ce business. Nous pensons évidemment à la faction de Saad Hariri, dont le leader est presqu’autant saoudien que libanais, et en tous cas un adversaire résolu de la Syrie et de ses alliés libanais qui l’ont évincé du pouvoir à Beyrouth. Cette dimension politique, ou politicienne, venant se greffer, pour l’aggraver, à une économie parallèle « traditionnelle » basée sur la contrebande d’armes. Car le trafic est devenu juteux depuis le début de l’insurrection syrienne voici six-sept mois : interrogé par un journaliste du quotidien algérien El Watan, un de ces marchands d’armes libanais le dit tout net : « Les Syriens prennent toutes les armes, faisant gonfler les prix ». Quels Syriens ? Pour Peter Harling, il s’agit moins de réseaux organisés et « sponsorisés » par l’étranger, que d’un marché de la demande individuelle, simples particuliers ou membres de communautés religieuses : « Les villages alaouites se sont beaucoup armés par peur des représailles » indique Harling, qui ajoute que cette tendance à l’ »équipement » est perceptible aussi chez les sunnites. La peur et la méfiance alimentent le marché, en quelque sorte.

Le Liban n’est pas le seul « fournisseur » : El Watan indique que les fusils de chasse semi-automatiques en provenance de Turquie connaissent un « boom ». Importés au tarif de 170 à 200 dollars l’unité, ils sont revendus en Syrie entre 4 et 500 dollars pièce. Même plus-value conséquente pour les Kalashnikov « importées » du Liban : El Watan a enquêté à ce sujet auprès d’un « vendeur » au noir »  travaillant dans le nord du Liban, et selon qui l’arme automatique d’origine russe a vu son prix doubler – de 7/800 dollars l’unité à 1 300/1 500 !

L’appât du gain + les haines politiques, c’est la combinaison tragique qui alimente la violence croissante en Syrie. Pour tarir cette source, il faudrait que les douaniers, policiers et soldats syriens se démultiplient. « Il y a plus de 50 passages illégaux entre la Syrie et le Liban. Il est impossible de déployer un soldat à chaque mètre » d’une frontière qui court sur 330 kilomètres indique Elias Hanna un expert militaire libanais interrogé par El Watan. Ce même expert estime toutefois que cet afflux d’armes légères en Syrie ne peut « inverser l’équilibre des forces« .

Sans doute pas en effet, mais il peut causer pas mal de dégâts à la société syrienne, toutes tendances confondues.

Des%20Syriens%20franchissant,%20sans%20trop%20de%20tracasseries%20administratives,%20la%20frontière%20libano-syrienne,%20en%20mai%20dernier

Des Syriens franchissant, sans trop de tracasseries administratives, la frontière libano-syrienne, en mai dernier



Rastan – et Homs – après la « bataille »

Par Guy Delorme, le 18 octobre 2011 

Rastan%20post-déserteurs

Rastan post-déserteurs

Nous mettons en ligne ci-dessous un lien présentant quelques photos récentes de Rastan, débarrassée, on l’espère durablement, des « déserteurs engagés » de l’ »Armée syrienne libre », suite aux opérations de l’armée régulière (voir notre article « A Rastan, l’ »Armée syrienne libre » a perdu la bataille« , mis en ligne le 3 octobre).

Des images inmontrables – mais oui – sur les écrans français

On sait que cette ville, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Homs, avait été promue par les médias, « renseignés » en cela par l’OSDH et les CLC, capitale de la nouvelle résistance militaire au régime de Bachar al-Assad (voir notre article « Buzz & désinformation : c’est à Rastan que ça se passe« , mis en ligne le 28 septembre). L’armée était passée à l’attaque le 27 septembre, et avait affirmé contrôler complètement la ville le 2 octobre, après avoir mis hors de combat ou contraint à la fuite ses adversaires, certainement pas plus que quelques dizaines mais bien armés et embusqués.

Les quelques photos nous montrent des scènes d’apaisement avec un responsable local (?) en train de parler à la presse, des enfants sur le chemin de l’école, des commerces ouverts, des employés de la voirie en train de nettoyer les traces des combats. De la relative violence de ceux-ci témoignent une ou deux vues de bâtiments léchés par l’incendie sinon franchement incendiés. Certes, ce reportage photographique participe à la propagande gouvernementale, mais il n’est pas inutile de suggérer au « consommateur d’infos » occidental que les villes syriennes ne sont pas autant de Sarajevo permanents !

Mais ces photos témoignent surtout du fort volume d’armement saisi sur place : fusils à pompe, fusils d’assaut, grenades, explosifs plus ou moins artisanaux, etc. La contrebande constitue une ressource pratiquement inépuisable pour la dissidence armée, compte tenu des pratiques bien enracinées dans toute la région (voir notre article « La Syrie malade – entre autres – du trafic d’armes« , mis en ligne le 18 octobre). Ci-dessous, le lien :

http://www.shukumaku.com/Content.php?id=34672

Dans le même ordre d’idées, voici une vidéo témoignant qu’à Homs, l’armée de Bachar n’est pas accueillie systématiquement par des tirs de snipers, tant s’en faut : la foule qui acclame les blindés et soldats ne semble pas agir sous la contrainte, et elle ne semble pas non plus ménager son enthousiasme à ceux qui l’ont libérée des activistes et du chaos. C’est, oui, de la propagande gouvernementale, mais ce ne sont pas des figurants payés qui crient leur joie. L’armée syrienne réprime, mais pas n’importe qui. Elle libère autant qu’elle réprime : c’est étonnant pour un lecteur de Libération ou du Monde, ou pour un fidèle téléspectateur d’Arte, mais c’est quand même comme ça. D’ailleurs, à propos de propagande, imagine-t-on un seul de nos médias « démocratiques-et-européens » relayer ces images, si contraires à leur propagande à eux ?
 
 


Edité par T 34 - 19 Oct 2011 à 04:55
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Oct 2011 à 21:34

Alep, après Damas…

Par Guy Delorme, le 19 octobre 2011 

Après Damas, c’est au tour de la grande ville d’Alep, dans le nord du pays, à une soixantaine de kilomètres de la frontière turque, d’être envahie, mercredi 19 octobre, par une marée humaine pro-Assad. L’Associated Press est obligée de concéder « des dizaines de milliers » de participants à ce rassemblement, qui à traiter l’information en deux lignes et demie. Toutefois, Reuters consacre, elle, une vingtaine de lignes – et une photo « parlante » – à l’événement, reconnaissant que le régime « est toujours capable d’organiser des rassemblements de masse en dépit des troubles qui agitent le pays depuis la mi-mars« . N’est-ce pas ?

Alep est restée totalement à l’écart du mouvement de contestation et des manifestations d’opposants, ce depuis son début. La manifestation de ce mercredi s’inscrivait sous le même mot d’ordre que celle de Damas : la « Marche du million« . Et comme à Damas, la foule déployait les couleurs de la Russie et de la Chine. Et criait « Nous t’aimons ! » à l’adresse de celui que l’information en noir et blanc d’Occident décrit comme un tyranneau assiégé par son peuple et préservé du lynchage par ses sicaires et ses blindés. Si ça continue, les éditorialistes d’Arte, de Libé et autres France 24 vont faire leur la recommandation ironique de Berthold Brecht aux dirigeants de l’Allemagne de l’Est, et selon laquelle il fallait « dissoudre le peuple » ! Si ça ne tenait qu’à ces messieurs, d’ailleurs…

Source

 


Syrie-Palestine : la liberté commence à Damas

Par Louis Denghien, le 19 octobre 2011 

C’est une reconnaissance, symbolique, du rôle joué depuis des décennies par la Syrie dans l’accueil de centaines de milliers de réfugiés palestiniens, et de son soutien politique à la résistance palestinienne, de Gaza à Jérusalem : 16 des détenus palestiniens libérés ces jours-ci par les Israéliens en échange de la libération du conscrit Shalit sont arrivés à Damas dans la nuit de mardi à mercredi. A la descente de l’avion, ces hommes, dont certains étaient détenus dans les prisons israéliennes depuis plus de dix ans, ont été accueillis par une foule nombreuse.

L’accord entre la direction du Hamas et le gouvernement de Netanyahu stipulait que, sur le millier de prisonniers politiques palestiniens libérés, une quarantaine devraient s’exiler dans des pays tiers – Turquie, Qatar et Syrie.

Parmi les hôtes – forcés mais néanmoins reconnaissants – de la Syrie, on citera les noms de Jamal Issa, un commandant du Hamas, et de Maryam Tarabine qui, à 24 ans, a passé déjà sept ans dans les geôles de l’Etat hébreu. Maryam a déclaré que bien qu’étant dans un pays étranger, elle se se sentait en Syrie comme chez ses « parents« .

Cet accueil de prisonniers politiques palestiniens a eu pour effet indirect heureux que les médias français ont dû rappeler que la Syrie bassiste avait soutenu effectivement la cause palestinienne en accueillant depuis 1967 différentes vagues de réfugiés, qui ont fait souche dans leur parti d’adoption : on estime  le plus souvent à 400 000  le nombre de ces réfugiés et de leur descendance établis en Syrie.

Et aussi, il apporte un nouveau démenti à une énième désinformation relayée dans nos gazettes atlantistes, qui voulait que les Palestiniens, et singulièrement le Hamas, prennent leurs distances avec Damas. Ce n’est par hasard que l’organisation islamiste a désigné aux Israéliens la Syrie comme terre d’accueil, d’asile plutôt que d’exil, pour plusieurs de ses  militants.

Source


Edité par T 34 - 20 Oct 2011 à 06:23
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Oct 2011 à 22:19

Le CNS se la joue décidément CNT !

Par Droits réservés, le 20 octobre 2011 

Hillary Clinton et Moustapha Abdeljalil à Tripoli : un couple "glamour" qui fait rêver le CNS syrien

L’osmose entre le Conseil national de transition libyen (CNT) et le Conseil national syrien (CNS) est devenue telle que c’est carrément depuis Tripoli, capitale d’une Libye bombardée, déstabilisée et dans une large mesure re-colonisée par l’OTAN, que l’opposition exilée et radicale syrienne a agité la menace d’une intervention militaire de la communauté internationale contre son pays.

Vous avez parlé de « zones » ?

« Si le régime continue à être irresponsable (…) dans ce cas, notre principal objectif est d’appeler à protéger les civils » a expliqué Najib Ghadbian, un des pontes du CNS en visite en Libye « normalisée » (quoique pas tout à fait encore), le seul pays, soit dit en passant, à avoir reconnu le CNS comme seul représentant légitime du peuple syrien – même les Etats-Unis n’en sont pas (encore) là ! Et Ghabdian d’expliquer que cette protection pourrait prendre la forme d’une zone-tampon ou d’une zone d’exclusion aérienne, sur le modèle de celle décrétée par les Nations-Unies en Libye.

L’invité syrien du CNT a cru devoir se fendre d’un distingo : « Ce n’est pas la même chose que d’appeler à une intervention militaire menée par des forces étrangères« . Najib Ghabdian joue – assez puérilement pour le coup – sur les mots. Les « zones tampon » ou d’ »exclusion aérienne« , les Nations-Unies, c’est-à-dire, sur le terrain, les Etats-Unis, en ont décrétées en Irak, pour soit-disant protéger les Kurdes de la répression de Saddam Hussein. On connait la suite sanglante. Une zone tampon, les Occidentaux ont essayé un moment, par Turcs et rebelles interposés, d’en créer une dans le nord du pays, du côté de Jisr al-choughour, premier terrain d’action d’envergure des activistes armés. Ce « territoire libéré » aurait servi de base, non seulement logistique mais diplomatique, à l’opposition radicale armée, qui aurait pu se prévaloir ainsi d’une représentativité après laquelle elle court encore aujourd’hui.

Qui (d’honnête) ne voit que la décision d’établir de telles « zones » ne serait qu’une première étape sur l’agenda des faucons néo-conservateurs de la Maison Blanche qui n’ont toujours pas renoncé, malgré les fiascos d’Irak et d’Afghanistan, à remodeler le monde arabe selon leurs intérêts et ceux de l’indéfectible allié israélien ? Chahuté ces derniers temps en Egypte, le « Nouveau Proche (ou Moyen)-Orient », cher hier à Bush Jr et apparemment repris aujourd’hui par le malheureux Obama, essaie de refaire surface en Libye. Si les Américains et leurs obligés européens pouvaient renverser Bachar à Damas, cela les consolerait de leurs incertitudes égyptiennes. Et dans ce projet à peine maquillé par des déclarations humanitaires, force est de constater que le CNS commence à jouer un rôle peu reluisant.

Mais redonnons la parole à Najib Ghabdian pour un nouvel exercice de tartufferie politique : « Il y a une pression grandissante depuis l’intérieur de la Syrie, venant principalement du régime, qui pousse le mouvement de protestation à prendre les armes » explique-t-il. Tiens donc ! Depuis le début des troubles, la frange radicale de l’opposition, depuis Antalya en Turquie avec les « politiques » dominés par les Frères musulmans, ou en Syrie-même avec les aspirant-djihadistes, est dans une logique maximaliste de confrontation : pas de négociation, le régime doit disparaître et Bachar abandonner le pouvoir en attendant d’être jugé et exécuté comme un Saddam Hussein. Et, sur le terrain, les activistes armés – bien avant le phénomène des « déserteurs remilitarisés » – ont attaqué et décimé les forces de police et les unités militaires – l’attaque sanglante de Jisr al-Choughour, il faut le rappeler, remonte au 6 juin. Dans ces conditions de début de guerre civile, le régime a agi en état de légitime défense. De sa personne morale comme des populations civiles prises en otage par les dissidents armés.

Qu’on se rassure, M. Ghabdian a beau agiter le spectre des avions de l’OTAN et de l’insurrection intérieure armée, il demeure un responsable… responsable : « Nous pensons, et c’est une question de principe, que conserver le caractère pacifique de la révolution est la meilleure façon de faire tomber ce régime. » A en juger par la chronique quotidienne de la violence – dont l’Etat n’a vraiment plus le monopole – en Syrie, les propos de Najib Ghabdian sont quelque peu dépassés. A moins qu’il s’agisse là encore d’hypocrisie communicante (pas impossible…)



Edité par T 34 - 21 Oct 2011 à 04:47
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34503
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Oct 2011 à 21:03

Mouammar Khadafi et Bachar al-Assad : comparaison est déraison !

Par Droits réservés, le 21 octobre 2011 

Les Mirage 2000 révolutionnaires de Sarkozy, durablement exclus du ciel syrien

 

« Kadhafi est fini. C’est ton tour Bachar ! » Il n’a pas fallu longtemps à certains opposants syriens pour tenter de « capitaliser » sur la mort ignominieuse du dirigeant libyen. Ce slogan a été scandé notamment par des manifestants à Maaret al Numaan, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest du pays.

A un autre niveau politique, Obama a estimé que la fin de Kadhafi annonçait celle de tous les pouvoirs autoritaires : il pensait évidemment d’avantage à la Syrie qu’à ses amis saoudiens, koweitiens, quataris.

Alors, Bachar al-Assad serait le « suivant sur la liste » ? Si ça ne tenait qu’à la Maison-Blanche et à ses boys européens, certainement. Mais comparaison n’est pas raison, en politique internationale.

Pas le même pays, pas le même pouvoir, pas les mêmes soutiens

D’abord, si on peut légitimement réprouver le renversement, puis l’exécution de Mouammar Kadhafi, du point de vue de la souveraineté des nations ou du simple refus des manipulations politico-médiatiques, force est de constater que rejeté par une partie importante de son peuple, et confronté à l’acharnement militaro-diplomatique de l’Amérique et de l’OTAN, il avait peu de chances d’échapper à son destin tragique. Peut-être aurait-il pu animer, pendant de semaines voire des mois, une prolongation de la lutte dans les sables du Fezzan, en s’appuyant sur des tribus fidèles. Mais un retournement complet de la situation apparaissait peu probable, en dépit du courage de ses partisans. D’autant qu’à la notable exception du Venezuela, le chef de la Jamahirya avait été lâché par tous ses alliés historiques ou potentiels.

Il en va tout autrement de la Syrie de Bachar : celui-ci, en dépit du déferlement de propagande et de désinformation brodant sur le thème du « tyran massacrant son peuple depuis son bunker« , dispose du soutien de la majorité des Syriens, soutien de coeur ou de raison. Il est considéré comme le garant de l’indépendance et de la stabilité du pays, comme un rempart contre le chaos à l’irakienne ou à la libyenne. Par  ses partisans déclarés bien sûr, mais aussi par les minorités religieuses, par les musulmans sunnites qui préfèrent vivent dans une société religieusement tolérante plutôt que sous le wahhabisme, par les très nombreux partisans de la paix civile et de la réforme raisonnable. De très récentes et impressionnantes manifestations de masse ont rappelé que, décidément, Bachar al-Assad n’était pas seul.

En face, le CNS d’Istanbul n’est pas non plus le CNT de Tripoli : il est composite comme lui, mais ne s’appuie pas vraiment sur des forces régionales ou communautaires, et parle depuis l’étranger, tandis que les opposants libyens ont pu s’appuyer tout de suite sur leur bastion de Benghazi.

Il y a aussi tout ce qui tient aux traditions nationales respectives : Kadhafi avait inventé une sorte d’ »anarchie autoritaire », un peu sur le vieux schéma féodal, avec des tribus s’administrant plus ou moins sous l’autorité tutélaire du Raïs. L’ »Etat des masses » cher à Kadhafi se caractérisait, semble-t-il, par une certaine dilution, ou marginalisation, de l’Etat. Ce qui a sans doute facilité les tendances centrifuges ou séparatistes.

En Syrie, au contraire, c’est plutôt – si l’on doit prendre des références françaises – au jacobinisme qu’à la féodalité que le baasisme s’apparente : un nationalisme, centralisateur par tempérament autant que par idéologie, qui a longtemps imprégné les élites et les masses, avant que, ces dernières années, l’islam politique lui fasse concurrence. On a construit, au forceps peut-être, une nation syrienne, qui existe, alors que c’est sans doute beaucoup moins le cas en Libye. Et d’un pays à l’autre la sociologie n’est pas la même : le fait urbain – avec un maillage de villes plus dense qu’en Libye -, l’existence d’une vraie classe moyenne, une certaine modernité sociétale – via notamment la laïcité – font là encore que la Syrie n’est pas la Libye. Il y a, bien sûr, un certain nombre d’islamistes radicaux en Syrie, mais, hormis peut-être à Hama ou à Homs, ils ne sont pas comme des poissons dans l’eau dans ce pays.

Et, last but not least, le régime de Bachar ne connait absolument pas – là aussi en dépit de tout ce qu’on nous a raconté sur les antennes d’I-Télé et de France 24 – la situation d’isolement et de marginalisation diplomatiques qui a accablé Kadhafi. On sait que Damas peut compter sur le soutien de nombreuses puissances – dont beaucoup sont vraiment puissantes -, un soutien qui interdit à l’OTAN d’y renouveler son scénario libyen.

Et puisqu’on parle décidément de la Libye, disons que la mort de Kadhafi est très loin de signifier le retour à la paix dans ce pays. Les ferments de haines, religieuses, politiques, tribales et régionales sont tels dans la Libye « libérée » qu’on ne risque pas grand chose à prédire des lendemains déchantants au CNT et à ses partisans. Et ce probable chaos rampant, qui peut faire rapidement de la Libye un nouvel Irak, peut fournir de nouveaux arguments aux partisans de Bachar al-Assad.


 


Edité par T 34 - 22 Oct 2011 à 04:17
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1 678910 46>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 0,203 secondes.