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Histoires et Questions syndicales |
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AllXS
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Sujet: Histoires et Questions syndicalesEnvoyé : 30 Mar 2010 à 16:08 |
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«Force ouvrière» à la lumière des archives Américaines Article Documents Communistes note : L'article retrace le parcours de deux syndicalistes anti-communistes appartenant à la minorité FO (Lafond, un trotskiste de la SFIO, et La Bourre, un ex-communiste) tous deux appuyés par le syndicalisme Américain (AFL-CIO), par la politique extérieure Américaine de « containment » du communisme en Europe et par la CIA dans leurs actions au sein du syndicalisme européen (FOSE) et français (FO)- des mouvements syndicaux dits « apolitiques » - (mais qui se sont pourtant bien alignés sur les stratégies des classes dominantes à travers l'acceptation du Plan Marshall contre la « bataille de la production et de la reconstruction » défendue par le PCF et la CGT, l'hostilité aux luttes de décolonisations, l'anti-communisme, et l'accompagnement d'un marché unique européen ...) Contre la co-gestion appliquée comme dispositif anti-lutte de classes et contre l'accompagnement politique aveugle des directions syndicales, les communistes doivent dénoncer l'hypocrisie des directions qui prétendent être « politiquement indépendantes », et doivent donc encadrer les choix politiques des syndicats ! Revue d'histoire Critique : Tania Régin, « Force Ouvrière à la lumière des archives américaines », Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique http://chrhc.revues.org/index1666.html#bodyftn13 Les relations entre Force ouvrière et le syndicalisme américain sont parfois évoquées mais restent encore relativement peu étudiées. Les archives de l’AFL-CIO, déposées au Centre George Meany (Silverspring, états-Unis), permettent un nouvel éclairage sur le sujet. Cet article présente aussi les principaux correspondants du département international de l’AFL—CIO au sein de FO de la Libération à la fin des années 1950. Télécharger l'article en format .pdf : http://chrhc.revues.org/pdf/1666 SiglesAFL — American federation of Labor (en 1955, elle fusionne avec le CIO) CFTC — Confédération française des travailleurs chrétiens CGT — Confédération générale du travail CIA — Central intelligence agency CIO — Congress industrial organization CNC — Centre national du cinéma CISL — Confédération internationale des syndicats libres CNT — Confédération nationale du travail FO — Force ouvrière FOSE — Forces ouvrières syndicalistes européennes FSM — Fédération syndicale mondiale SFIO — Section française de l’internationale ouvrière UAW — Syndicats des travailleurs de l’automobile Après une courte période d’unité dans l’immédiat après-guerre, la Guerre froide instaure dans le mouvement ouvrier un climat de défiance, de conflits et de division. Tour à tour, la Belgique, la France, l’Allemagne et l’Italie sont frappées par des scissions syndicales et bientôt c’est la Fédération syndicale mondiale (FSM) 1, fondée en 1945 qui connaît le même sort. L’American Federation of Labor (AFL) a joué un rôle essentiel dans ces événements. En France, elle a encouragé et soutenu la création de la confédération Force ouvrière. L’étude des relations entre ces deux organisations permet à la fois de comprendre l’articulation entre la politique nationale et internationale d’une centrale syndicale, d’évaluer son degré d’autonomie dans le mouvement syndical international, de s’interroger sur l’« importation » des modèles ou de redéfinir le sens de la solidarité internationale. Plus modestement, cet article qui s’appuie sur l’historiographie et sur les archives du département international de l’AFL-CIO (l’American Federation of Labor fusionne en 1955 avec le Congress Industrial Organization) 2 se propose de revenir sur les liens qui unissent l’AFL et Force ouvrière dans les premières années du syndicat français. De la création de Force ouvrière…Comme le signalait René Mouriaux dans son « État des travaux sur Force ouvrière » 3, la littérature sur cette organisation est assez réduite. Le poids secondaire de FO (en comparaison de celui de la CGT ou de celui de la CFDT) dans le paysage syndical français est-il à l’origine du désintérêt des chercheurs ? A cette hypothèse s’ajoute le manque d’archives accessibles en France. En effet, le service de documentation de FO ne met pas à la disposition des chercheurs des archives internes mais seulement des documents imprimés officiels comme la presse ou les rapports de congrès. Le Centre d’histoire du travail à Nantes, le Centre d’histoire sociale à Nanterre ainsi que la Fédération FO de la métallurgie viennent cependant combler le vide. De plus, l’ouverture des fonds de la Confédération internationale des syndicats libres (l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam — IISG), de la Confédération européenne des syndicats (IISG Amsterdam) et du département international de l’AFL-CIO (Centre George Meany, Silverspring) offrent de nouvelles perspectives. Dans l’historiographie française, FO est interprétée comme une résurrection de la CGT de l’entre-deux-guerres. Le préfixe CGT accolé à Force ouvrière indique d’ailleurs cette volonté de continuité, réaffirmée en 1995 lors du centenaire de la CGT 4 et deux ans plus tard dans un ouvrage historique réalisé par l’Union départementale FO de Seine-Saint-Denis sur la création de la centrale 5. Dans ce livre, Denis Lefebvre insiste sur la continuité entre la CGT confédérée d’avant guerre et la CGT-FO. Alain Bergounioux, avant lui, faisait remonter les origines de Force ouvrière à l’existence d’un courant syndical réformiste antérieur à la guerre. Pour cet historien, « des forces profondes expliquent la scission » 6 et il serait erroné « de se limiter au pur événement » 7. Même si cette analyse nous paraît fondée, il est nécessaire de revenir sur l’événement pour appréhender le rôle de l’AFL dans la création de la nouvelle centrale. S’il est avéré que FO a bénéficié de l’aide financière de l’American Federation of Labor, cette relation a fait l’objet de fantasmes, de rumeurs et de polémiques. Le Parti communiste français et la CGT l’ont ainsi largement exploitée pour dénigrer la nouvelle organisation syndicale, dont le maître mot était l’indépendance à l’égard des partis et des gouvernements. Dans la monographie qu’il consacre à FO, Alain Bergounioux évoque les emprunts non remboursés, les dons de machines à écrire, de voitures, l’appui direct aux fédérations 8 ; Jean-Yves Sabot fait le même constat pour la Fédération CGT-FO de la métallurgie 9, ou encore Jack Kantrowitz 10, en s’appuyant sur les rapports financiers des congrès, sur des entretiens menés avec des dirigeants syndicaux ou encore sur des déclarations parues dans la presse 11. Mais aucune étude précise, chiffrée et exhaustive n’a été publiée pour le moment. Les archives du département international de l’AFL pourraient permettre de progresser dans cette voie puisqu’on y découvre de nombreux bilans de l’aide financière, des récépissés, des lettres de remerciements des organisations de FO, etc. Mais compte tenu des relations particulières entre la CIA et Jay Lovestone 12, il conviendrait de consulter également les archives du gouvernement américain et celle de la Fondation Hoover à qui Lovestone a vendu une partie de son fond personnel. L’historiographie française n’ignore pas l’importance du soutien américain à FO, mais elle a tendance à minimiser cette aide en rappelant celle apportée par d’autres centrales nationales d’Europe ainsi que par la Confédération internationale des syndicats libres (CISL). L’historiographie américaine, dont Annie Lacroix-Riz a rendu compte dans un article du Mouvement social, est plus audacieuse 13. Pour Radosh et Godson, il ne fait pas de doute que sans l’AFL, FO n’aurait sans doute pas vu le jour. Ronald Radosh 14 présente le
mouvement syndical américain comme le promoteur en Europe de la
politique étrangère américaine et le propagandiste d’un modèle syndical
américain, tandis que Roy Godson15, dont le
propos est plus nuancé, défend l’idée que la stratégie du syndicat
américain était autonome vis-à-vis du gouvernement. Cependant, il
confirme le rôle de l’AFL dans la constitution de FO, en l’expliquant
notamment par le faible degré d’organisation du syndicalisme français.
Les entretiens qu’il a menés avec des responsables de l’AFL montrent la
fierté que ceux-ci tirent d’avoir participé à la création de FO. Des
hommes comme Brown 16, Lovestone,
Meany 17 et même
Reuther 18 du Congress
Industrial Organization, concurrent direct de l’AFL à l’époque,
n’hésitent pas à prétendre que sans leur intervention, la scission
n’aurait sans doute pas eu lieu. Si les soutiens financiers dont a pu bénéficier FO indiquent une certaine dépendance de l’organisation nationale à l’égard de « l’extérieur », ceux-ci n’impliquent pas nécessairement une emprise idéologique ou du moins ne nous renseignent pas sur le degré de cette possible influence 19. Sans chercher à répondre à une question aussi vaste, il nous a semblé utile, pour comprendre la nature des relations entre le syndicat français et le syndicat américain, de nous concentrer sur les relais de l’AFL au sein de FO. Lorsqu’il arrive en France en 1945, Irving Brown, représentant de l’AFL en Europe, est effrayé par la puissance des communistes. Il demande alors à sa direction que des efforts soient consentis pour lutter contre le communisme dans ce pays. Au congrès de la CGT en 1946, il prend contact avec l’opposition 20. Ses espoirs sont mis dans Robert Bothereau qui dirige un groupe oppositionnel, Résistance ouvrière, et dans Auguste Largentier (qui n’appartient pas à l’équipe de Bothereau) de la fédération du livre. Bothereau est d’avis que la scission n’est possible qu’avec le soutien de Léon Jouhaux. Largentier, lui, compose un groupe de militants actifs, mais la situation est difficile. Certains confédérés se sont compromis dans le gouvernement de Vichy. L’opposition au communisme est divisée et sans programme. Au regret de Brown, le congrès de 1946 ne voit pas naître de scission de ce côté 21. Au contraire, les communistes renforcent leur pouvoir et dirigent six fédérations. Brown tente de consolider une opposition en apportant une aide financière à la minorité de la CGT. Il place ses espoirs dans les fédérations des cheminots, des mineurs, des PTT et des imprimeurs. Depuis son arrivée, Irving Brown prend contact avec de multiples organisations (associations, clubs de pensée, partis politiques…). Il entre ainsi en relation avec la minorité de la CFTC, mais sans résultat probant. Il cherche aussi à tisser des liens avec des intellectuels, des étudiants socialistes et avec la SFIO, et particulièrement avec des socialistes syndiqués ou appartenant à des groupes socialistes d’entreprise. En décembre 1947, Brown demande à sa direction qu’une aide soit accordée au Populaire, le journal des socialistes car, selon lui, les socialistes sont extrêmement actifs dans le développement d’un nouveau mouvement syndical séparé et indépendant des communistes 22. Si, momentanément, une aide est octroyée au journal et si, dans divers pays européens, Brown a des contacts avec les socialistes, il ne s’agit pour l’AFL que d’une alliance tactique, ce que Annie Lacroix-Riz rapporte comme étant la Non Communist Left Policy, politique menée par Washington pour « rendre définitive la rupture politique de la gauche qui consacrait la restauration des classes dirigeantes françaises, non pour renforcer ces alliés acquis sur la base de l’antibolchévisme » 23. Effectivement, Jay Lovestone, secrétaire exécutif de l’AFL, conseille à Brown de ne pas poursuivre cette aide, considérant les socialistes français comme incapables de lutter efficacement contre les communistes faute de base sociale étendue. L’AFL s’appuie d’abord sur des syndicalistes autonomes dont André Lafond constitue une pièce maîtresse. C’est par l’entremise de Guy Jerram, rédacteur au Populaire, que Brown rencontre André Lafond, secrétaire national à la presse et à la propagande des groupes socialistes d’entreprise chez les cheminots. Lafond s’est violemment affronté aux communistes durant les grèves et, en juin 1947, il prétend que la scission est inévitable 24. En 1948, André Lafond entre au Bureau confédéral de Force ouvrière au titre des autonomes 25. Dans un courrier adressé à Lovestone le 10 avril 1948, Brown exprime toute la confiance qu’il accorde à ce personnage : « Le prochain congrès FO donnera une majorité à Jouhaux mais ce n’est pas nécessairement la tendance réelle du mouvement. L’opposition sera menée par André Lafond qui luttera contre le maintien du nom Force ouvrière, contre l’affiliation à la FSM, et proposera une organisation unie, ou au tout moins l’unité d’action avec les autres syndicats non-communistes tels que la CFTC ou la CNT. De plus, nous défendrons une approche apolitique du syndicat, au contraire de l’orientation du parti socialiste de Bouzanquet et d’autres. » 26 …À la scission de la Fédération syndicale mondialeack Kantrowitz a donc raison lorsqu’il écrit que « ce que les Américains attendaient, c’est que les Français soutiennent fermement leur politique internationale et s’opposent à la FSM » 27. En 1944, l’AFL avait cherché vainement à ressusciter la Fédération syndicale internationale 28. Lorsque la Fédération syndicale mondiale fut constituée, l’AFL refusa de s’y associer alors que sa rivale, le CIO, en devint membre. Dès la reconstitution de l’internationale, l’AFL mena sans répit une offensive contre la FSM, espérant sa faillite, ou tout au moins une scission. Pour mener à bien cette œuvre, Léon Jouhaux représentait alors un obstacle. Ce dernier, dont la légitimité était nécessaire à la constitution de Force ouvrière, s’était montré réticent à une scission de la CGT et restait attaché à la FSM. Aussi, lors du congrès constitutif de FO, il présenta une motion pour le maintien de l’affiliation à la FSM, motion qui obtint alors une majorité mais qui ne fut pas suivie d’effet, se heurtant à un refus du comité exécutif de la FSM, tenu à Paris du 28 janvier au 1er février 1949. Cette demande avait été examinée lors de la seconde session du Bureau exécutif de la FSM à Paris (17 au 21 janvier 1949) à un moment où le Trade Union Congress britannique venait de proposer la suspension de la FSM. Les chances de FO d’intégrer la FSM étaient donc minces. Autant pour un homme comme Léon Jouhaux la création de FO n’induisait pas nécessairement celle d’une nouvelle Internationale, autant pour Irving Brown il s’agissait d’un préalable à la scission de la FSM. La stratégie de division des mouvements ouvriers italien et français en vue de créer une alternative aux syndicats communistes était une version internationale de ce que Lovestone avait déjà tenté de faire dans le syndicat de l’automobile dans les années 1930 29. En mai 1949, le secrétaire général de FO, Robert Bothereau, invite les membres de son organisation à renoncer à la FSM et à rejoindre les syndicats libres (une réunion qui jettera les bases d’un nouvel organisme international est prévue les 25 et 26 juin à Genève) : « Même phénomène que la création de Force ouvrière, mêmes causes, mêmes effets, mêmes inclinaisons, et je pense que ce comité confédéral national ratifiera non moins unanimement la position unanime prise par notre comité exécutif, à savoir qu’il mandatera ses militants pour prendre les contacts nécessaires – ils ne vous ont pas attendus, je m’en excuse – avec les autres centrales pour la création de cette future internationale. » 30 Bothereau rend alors « hommage » à des initiatives « privées » prises par certains militants organisés dans un groupe, les Forces ouvrières syndicalistes européennes (FOSE), ayant permis de tisser des liens sur le plan international. À l’origine, la confédération française n’avait pas cru bon de s’engager officiellement dans ce groupe, de peur de porter ombrage à la création d’une nouvelle Internationale. En mai 1949, alors que la création de la Confédération internationale des syndicats libres est imminente, Bothereau déclare : « Le moment vient où l’on pourra considérer que les Forces ouvrières syndicalistes européennes se transformeront, de la chrysalide seront devenues papillon. » S’agit-il d’une reconnaissance du travail accompli par les FOSE ? Ou bien d’une invitation à la dissolution du groupe ? Les FOSE 31 s’organisent en 1948, en réaction au congrès de La Haye dont l’ambition est jugée trop limitée. L’objectif de ce groupe est de populariser l’idée d’Europe fédérale auprès des travailleurs. La plupart de ses leaders sont membres de FO. C’est le cas du secrétaire général des FOSE, Raymond Le Bourre, par ailleurs secrétaire général de la fédération FO du spectacle, de son vice-président, Roger Lapeyre, qui est aussi secrétaire général de la fédération FO des travaux publics. Pour asseoir leur légitimité, les FOSE s’appuient sur les traditions internationaliste et pacifiste du mouvement ouvrier. Cependant, la cohésion du groupe est d’abord assurée par un anticommunisme viscéral. Certains membres sont des ex-communistes ayant rompu suite au Pacte germano-soviétique, d’autres sont des socialistes désillusionnés et quelques-uns ont un passé pétainiste Ce groupe disparaît lorsque FO prend elle-même en charge les questions européennes avec la création d’une commission européenne du travail 32, en attendant que la CISL mette en place une section européenne. L’Europe devient donc rapidement un terrain d’entente pour les opposants au communisme. L’opposition des communistes au plan Marshall ayant provoqué (ou accéléré) la scission dans la CGT comme dans la FSM, FO s’empare de la thématique européenne pour se forger une identité. L’adhésion à la Confédération internationale des syndicats libres, née du congrès de Londres (25 novembre-8 décembre 1949), relève de la même logique : assurer un ancrage idéologique et des ressources financières à une centrale en quête de légitimité, tout en l’éloignant de la tentation unitaire. L’expérience des FOSE permet à son secrétaire général, Raymond Le Bourre, d’accéder au Secrétariat confédéral de FO à partir de 1952. Le Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français indique dans la notice qui lui est consacrée, qu’il « y fut le porte-parole du courant le plus proche de la Fédération américaine du travail (AFL), le plus antisoviétique » 33. Les archives de Brown et de Lovestone conservées au Centre George Meany montrent qu’effectivement Le Bourre avait des contacts réguliers avec l’AFL. Brown se serait-il servi des FOSE pour pousser Jouhaux et aider Bothereau à abandonner au plus vite leurs espoirs de réintégrer la FSM ? Pour préparer la création d’une nouvelle Internationale ? Parmi les membres des FOSE, on retrouve quelques responsables de fédérations comme Roger Lapeyre des travaux publics, Léon Chevalme des métaux, Jean Mathé des PTT. Sans conclure à une instrumentalisation des FOSE par Brown, on peut penser que ce groupe recevait le soutien de l’AFL car il lui offrait des alliés potentiels (syndicalistes européens et anticommunistes) à différents niveaux de l’organisation syndicale. La principale motivation de la présence de l’AFL en Europe est incontestablement la volonté d’endiguer le communisme. Mais sur qui cette stratégie s’appuie-t-elle ? Comment Irving Brown navigue t-il dans les courants qui traversent FO ? Les relais de l’AFL au sein de FOBrown a conservé une multitude de lettres reçues de militants dans les fédérations, dans les unions départementales, dans les localités parfois. Il s’agit souvent de lettres de remerciements consécutives à l’obtention d’une aide. De ces multiples courriers émergent deux figures : André Lafond et Raymond Le Bourre, tous deux membres du bureau confédéral 34. De 1948 à 1952, le bureau confédéral est composé de Léon Jouhaux (1948-1954) 35, Robert Bothereau (1948-1963), Albert Bouzanquet (1948-1952), Pierre Neumeyer (1948-1954), Georges Delamarre (1948-1952), Rose Etienne (1948-1963), André Lafond (1948-1959), René Richard (1948-1969), Charles Veillon (1948-1969), Gabriel Ventejol (1950-1977) et Raymond Le Bourre (1952-1959). Dans le cadre de leurs attributions, certaines personnes sont amenées à être en contact avec l’AFL : c’est d’abord le cas du président Léon Jouhaux, du secrétaire général Robert Bothereau et du trésorier Pierre Neumeyer. Au premier congrès de la confédération, le président Léon Jouhaux est chargé des questions internationales. Par sa longue expérience en la matière 36, cette fonction lui incombe légitimement. Cependant, Léon Jouhaux n’est pas du tout apprécié d’Irving Brown. Ce dernier lui reproche sa mollesse, sa complaisance à l’égard des communistes, sans doute ses espoirs de réunification. Une polémique très dure éclate d’ailleurs entre les deux hommes au moment de l’affaire Démocratie combattante 37 au début des années 1950. Robert Bothereau est en meilleurs termes avec le représentant de l’AFL. Animateur du groupe central Force ouvrière avant la scission, Bothereau préconisait alors une stratégie de reconquête de la CGT. Mais, favorable au plan Marshall, il accepte la scission ainsi que le soutien financier de l’AFL tout en craignant d’être compromis par cette aide 38. Il devient membre du conseil d’administration du Bureau international du Travail (BIT), puis vice-président de la Confédération internationale des syndicats libres (1953-1964), et assure la liaison avec les « autres organisations ou groupements en relation avec la CGT-Force ouvrière ». Proche de Léon Jouhaux, il semble néanmoins mieux disposé à l’égard d’Irving Brown, sans toutefois entretenir de relations particulières avec celui-ci. Certes Brown et Bothereau se rencontrent pour discuter du plan de productivité 39. Bothereau lui écrit parfois pour solliciter une aide financière. Mais la correspondance entre les deux hommes est réduite 40. Gabriel Ventejol est chargé des expériences « productivité » ; à ce titre, il rencontre Irving Brown et des Labor attachés 41, proches de l’AFL. Rose étienne, en qualité de responsable du Centre confédéral d’éducation ouvrière, est aussi en contact avec l’Américain. Il le rencontre de temps en temps. En revanche, Albert Bouzanquet, socialiste et franc-maçon, semble ne pas partager avec Brown sa conception des rapports entre syndicat et parti politique. Grâce aux archives du département international de l’AFL, on peut suivre les relations, plus soutenues cette fois, qu’Irving Brown et Jay Lovestone entretiennent avec André Lafond et Raymond Le Bourre. L’un comme l’autre n’appartiennent pas à la tendance de Bothereau. Issu des cheminots, André Lafond entre au Bureau confédéral au titre des autonomes. Il est chargé des affaires économiques et des liaisons avec les territoires d’outre-mer. De son côté, Raymond Le Bourre n’accède au Bureau confédéral qu’au congrès de 1952. André Lafond a 37 ans en 1948. Dans l’entre-deux-guerres, il fut militant socialiste sympathisant des bolcheviks-léninistes à l’intérieur de la SFIO, démissionna en 1936 et adhéra officiellement au Parti communiste internationaliste. Après la Libération, il devint secrétaire général de l’Association interalliée des résistants du rail et secrétaire de l’Union des cheminots du Sud-Est, puis de la Fédération nationale CGT des cheminots 42. Privé de ses mandats dès 1946, il devient, en juillet 1947, secrétaire du Comité d’action syndicaliste des cheminots et s’affirme comme l’un des principaux animateurs, avec Raymond Le Bourre, du comité d’entente des organisations autonomes. À partir de 1950, sa correspondance avec Brown et Lovestone devient très régulière 43. Raymond Le Bourre a 36 ans en 1948. Il milita au Parti communiste jusqu’à ce que le Pacte germano-soviétique d’août 1939 le décide à rompre son engagement. Syndicaliste depuis 1930, secrétaire du syndicat des employés du spectacle de 1936 à 1939, il entra au bureau de sa Fédération à la Libération. Ses sympathies vont alors au courant Force ouvrière. De 1945 à 1947, il est délégué général de l’Office du cinéma puis il devient sous-directeur du Centre national du cinéma jusqu’en 1952 44. Entre 1948 et 1952, il est secrétaire général de la Fédération FO du spectacle. Dans le même temps, il est aussi secrétaire général des FOSE. Au début des années 1950, Le Bourre et Lafond travaillent ensemble pour unifier le mouvement syndical anticommuniste. Au 2e congrès de FO en 1950, Le Bourre dépose une résolution sur le recrutement des syndicats libres et Lafond fait accepter par la commission de réunification un texte pour l’ouverture de pourparlers avec les autres organisations (à l’exception évidemment de la CGT) 45. Il affirme que FO se doit de réussir l’unification syndicale sans quoi la Quatrième République risquerait d’être emportée. Cette stratégie d’unification des syndicats libres menée sur un plan national et international exploite l’anticommunisme et l’idée européenne. Par son expérience passée dans les FOSE, Le Bourre est donc un élément utile. Lafond (note: trotskiste de la SFIO) quant à lui, cherche à rassembler les minoritaires, les autonomes et dans une moindre mesure les chrétiens. Au cours des années 1951-1952, il s’investit d’ailleurs dans la récupération du journal Unité, animé par des « syndicalistes révolutionnaires qui se tâtent pour venir à FO » 46. Rassembler les anticommunistes, telle est la première tâche. La France de l’après-guerre voit la diffusion du « modèle » américain, davantage dans la culture de masse que dans les formes traditionnelles et élitistes 47. Le PCF exerce d’ailleurs une attraction importante sur les intellectuels. L’affrontement idéologique est violent. Des entreprises anticommunistes regroupant des intellectuels venus d’horizons divers sont menées, soutenues par les fonds secrets américains. L’AFL y joue sa partition. Irving Brown participe ainsi à la constitution du Congrès pour la liberté de la culture. Signalons également la contribution de André Lafond (note: trotskiste de la SFIO) à la première conférence nationale et internationale des Amis de la liberté à Paris en 1952 sur thème : « le totalitarisme et la classe ouvrière » 48. Au niveau de la fédération du spectacle qu’il dirige, Le Bourre rencontre des difficultés. Le combat de la Fédération CGT contre les accords Blum-Byrnes, signés en 1946 et révisés deux ans plus tard, a contribué au renforcement de la solidarité corporative et au maintien d’une certaine unité de la profession 49. De ce fait, la scission a peu d’impact et la fédération FO est peu représentative, au point même de ne pas parvenir à s’imposer comme principale interlocutrice française auprès des autres syndicats libres d’Europe. Certains d’entre eux répondent même aux invitations de la Fédération CGT du spectacle, ce que ne manque pas de dénoncer Le Bourre, comme c’est le cas en 1951 avec la participation des techniciens britanniques au congrès européen pour les acteurs organisé par la CGT 50. Le Bourre presse alors Brown d’intervenir auprès de la Confédération internationale des syndicats libres. Il fait la même démarche en direction de Bothereau pour obtenir une intervention expresse auprès du bureau de l’Internationale, ce qui explique sans doute que Le Bourre soit associé, lors du 3e congrès de la CISL, à la délégation FO traditionnellement composée de Bothereau, Jouhaux et Lafond. Raymond Le Bourre souhaite donc faire contrepoids à l’influence qu’exercent les communistes, à travers la CGT, auprès des professions du spectacle. Alors que la chasse aux sorcières bat son plein aux états-Unis, Le Bourre tente d’importer le phénomène en France. En 1951, il mène campagne contre la « stalinisation du cinéma français ». Une brochure intitulée « Les naufrageurs du cinéma français » est éditée, dénonçant la gestion du CNC et le monopole syndical à l’embauche dans les studios. Le Bourre dénonce les aides publiques au cinéma français. En 1952, il est révoqué du CNC. Bien que les syndicats du cinéma, FO, CFTC et autonomes, réunis en cartel, créent un Centre européen du spectacle regroupant des éléments patronaux et des salariés de la profession, Le Bourre ne parvient pas à faire de sa fédération une concurrente sérieuse de la Fédération CGT. André Lafond adresse de nombreuses informations tant à Brown qu’à Lovestone sur la situation syndicale française, la situation en Europe (Allemagne de l’Est, Pologne, Tchécoslovaquie, Espagne) et la situation dans les pays coloniaux. Il entretient d’excellents rapports avec Brown qu’il sollicite pour des services aux exilés, ou pour favoriser l’embauche de certains salariés dans les compagnies américaines. En février 1952, il demande à Brown d’intervenir auprès du gouvernement des états-Unis pour qu’il fasse pression sur le gouvernement franquiste dans le but d’éviter la peine de mort requise contre dix anarchistes de la CNT 51 : « J’avais pensé télégraphier à Washington. Mais je crois que tu as le moyen d’agir de toute urgence », lui écrit-il 52. Au moment de l’affaire de Yougoslavie, Lafond ((note: trotskiste de la SFIO) prend position « en faveur » de Tito. Comme Louis Major de la Fédération générale des travailleurs belges, il pense que le contact avec les syndicats yougoslaves doit être maintenu et préconise même leur affiliation à la Confédération internationale des syndicats libres 53. Matthew Woll, personnalité influente au sein de l’AFL 54, demande alors à Lafond de revenir sur sa position. En effet, George Meany, le président de l’AFL, considère qu’on ne peut se permettre d’opérer des distinctions entre les syndicats du bloc soviétique au risque de créer une brèche. Lafond n’insiste pas et conserve, malgré cet épisode, sa position de correspondant privilégié de l’AFL. Lafond et Le Bourre, comme Lovestone, sont des « transfuges » du communisme. Jay Lovestone (né Jacob Liebstein) est issu d’une famille juive émigrée de Russie. D’abord proche de la gauche du parti socialiste, il se radicalise sous l’influence de la révolution russe et participe à la fondation du parti communiste américain, dont il devient secrétaire à la mort de Ruthenberg. En 1937, il rompt avec Staline. D’anti-stalinien, il devient anti-communiste. Ayant rejoint l’AFL en 1941, il crée avec quelques hauts responsables le Comité des syndicats libres (Free trade unions committee) dont il devient le secrétaire exécutif, et dont le but est d’assister les syndicats libres à l’étranger. Formé dans le mouvement communiste international d’avant-guerre, il connaît bien les communistes et transforme cette expérience en capital dans la lutte qu’il mène contre le communisme. Le choix de Lafond et de Le Bourre, tous deux passés par le communisme, n’est donc sans doute pas fortuit. Suite à un article de l’Union des cercles d’études syndicalistes paru à la fin de l’année 1953, dans lequel Le Bourre attaque Lafond, une polémique oppose les deux hommes. Lafond se plaint auprès de Brown et de Lovestone. Ce dernier semble prendre position en faveur de Lafond. Il s’agace de voir Le Bourre critiquer le MacCarthysme aux états-Unis tout en le reproduisant en France 55. Brown, pour sa part, voudrait éviter de diviser les deux Français afin de les faire travailler ensemble. Si Lafond est utile, Le Bourre l’est aussi. Malgré son tempérament, il est actif et capable, d’après Brown, de mener un front anticommuniste 56. De Le Bourre et de Lafond, le second est sans doute le plus proche de l’AFL. Tandis que le syndicat américain dénonce la domination coloniale française, Le Bourre et Lafond voient d’un mauvais oeil la décolonisation. Devant le congrès de la CISL, ils défendent la politique du gouvernement français en Algérie. Sur cette question, les minoritaires que sont Le Bourre et Lafond se retrouvent en phase avec la majorité de leur organisation jusqu’à la fin des années 1950 57. Jusque-là et ce, en dépit de leurs prises de position, les deux Français demeurent les correspondants privilégiés du syndicat américain. Dans les années 1950, les priorités de Lovestone évoluent de l’Europe vers les pays colonisés, vers la Tunisie, le Maroc et l’Algérie notamment 58. L’Afrique devient l’un des terrains privilégiés de l’affrontement des blocs. Lovestone crée alors une agence de renseignements et trouve dans la CIA une alliée. En ayant la responsabilité des territoires d’outre-mer au sein du Bureau confédéral de FO, André Lafond dispose d’une certaine influence auprès des syndicats FO dans les colonies, et de nombreuses informations qu’il peut communiquer à Brown et à Lovestone. Il s’efforce aussi de convaincre des syndicats CGT en Afrique de passer à FO. L’influence de Lafond sur Force ouvrière ou sur la Confédération internationale des syndicats libres est certes réduite (il est minoritaire au bureau confédéral de FO et représente une petite centrale nationale aux congrès de la CISL) mais ses qualités d’informateur expliquent sans doute l’intérêt que lui porte Lovestone 59. Au terme de cette présentation du profil des relais de l’AFL-CIO à l’intérieur de Force ouvrière, il apparaît que le syndicat américain s’est appuyé sur les minoritaires de FO. On peut se demander dans quelle mesure ce choix n’a pas limité son influence sur la centrale française. Certes, l’AFL peut se féliciter d’avoir contribué à la création de Force ouvrière et à son affiliation à la Confédération internationale des syndicats libres. En revanche, est-elle réellement parvenue à imprimer sa marque sur FO ? A travers Raymond Le Bourre et André Lafond, l’AFL espérait-elle renverser la tendance majoritaire ? Cherchait-elle à faire contre-poids à Bothereau et à Jouhaux dans la Confédération internationale des syndicats libres ? Les trajectoires politiques de Le Bourre et Lafond, leur passage par le communisme et/ou le trotskisme, nécessiteraient également des approfondissements. Il serait en effet intéressant de comparer les relais de l’AFL dans les divers syndicats d’Europe pour vérifier l’existence (ou non) d’une culture commune à ces hommes. Notes : 1 La Fédération syndicale mondiale est constituée en 1945. Elle rassemble à l’origine la quasi totalité des syndicats du monde, à l’exception de l’American Federation of Labor. L’autre syndicat américain, le Congress Industrial Organization,en est membre. Cependant, l’unité est de courte durée. Les divergences sur la forme du mouvement et sur le Plan Marshall provoquent une scission en 1949. 2 Ces archives sont consultables au Centre George Meany (Silverspring, États-Unis). Nous faisons référence dans cet article aux fonds Brown, Lovestone, Meany. 3 René Mouriaux, « État des travaux sur Force ouvrière », Syndicalisme et société, ISERES VO éditions, vol. 1, n°2, 1998, 475—491. 4 En février 1996, Force ouvrière Hebdo, le journal officiel de la CGT-FO publie un hors série intitulé « La force de l’histoire - 200 ans de luttes entre patronat et salariat, 100 ans de CGT que continue Force ouvrière », 82 p. 5 Denis Lefebvre (dir.), 19 décembre 1947 : Force ouvrière réalisé par l’UD FO de Seine-Saint-Denis, éditions Bruno Leprince, collection Synthèses, 1997, 351 p. 6 Alain Bergounioux, Force ouvrière, Éditions du Seuil, 1975, p. 86. 7 Alain Bergounioux, Force ouvrière, op. cit., p. 236. 8 Ibidem, p. 92. 9 Jean-Yves Sabot, « Annexe : la Fédération CGT-FO de la métallurgie Organisation, audience, syndicalisation de 1948 à 1995 », dans Dominique Labbé (dir.), La syndicalisation en France, CERAT, novembre 1995. 10 Jack Kantrowitz, « L’influence américaine sur Force Ouvrière : mythe ou réalité ? », Revue française de science politique, vol. 28, n°4, août 1978, p. 717—739. 11 Kantrowitz cite par exemple les déclarations de George Meany et de David Dubinsky. 12 Jay Lovestone fut un élément actif du mouvement communiste américain jusqu’à la signature du Pacte germano-soviétique. David Dubinsky l’employa un temps dans l’Industrial Lady Garment Workers Union (ILGWU) qu’il dirigeait, organisation qui constitua après 1933 un réseau d’aide aux militants juifs qui voulaient quitter l’Allemagne, puis, il lui confia la responsabilité du département international de l’AFL. Au cours de la Seconde guerre mondiale, le gouvernement américain recrutait dans les rangs de l’ILGWU des experts pour son organisme de renseignement étranger, l’Office of Strategic Service (transformé en 1946 en Central Intelligence Group puis en Central Intelligence Agency). Les premiers contacts entre Jay Lovestone et la CIA datent de cette période. Par la suite, Jay Lovestone profita des fonds de la CIA pour mener à bien son activité syndicale. À ce sujet, voir Anthony Carew, « The American Labor Movement in Fizzland : the Free Trade Union Committee and the CIA », Labor History, Vol. 39, N°1, 1998, p. 25—42. (Le mouvement ouvrier américain au Fizzland : le comité des syndicats libres et la CIA) 13 Annie Lacroix-Riz, « Autour d’Irving Brown : l’AFL, le Free Trade Union Committee, le département d’État et la scission syndicale française (1944-1947) », Le Mouvement social, 1990, n°151, avril-juin, p. 79—119. 14 Ronald Radosh, American labor and United States foreign policy - The cold war in the Unions from Gompers to Lovestone, Random House, New York, 1969, 463p. (Mouvement ouvrier américain et politique étrangère des États-Unis - La Guerre froide dans les syndicats de Gompers à Lovestone.) 15 Roy Godson, American labor and European politics - The AFL as a transnational force, Crane, Russak & company, New York, 1976, 230p. (Mouvement ouvrier américain et politique européenne - L’AFL, une force transnationale) 16 Irving Brown fut le représentant de l’AFL en Europe de 1945 à 1955. Après que l’AFL ait fusionné avec le CIO (1955), il conserva ce même poste encore deux ans puis élargit son périmètre d’intervention à l’Afrique (1958-1977). 17 George Meany fut élu président de l’AFL en 1952. De 1955 à 1979, il fut élu président de l’AFL-CIO. Joseph C. Goulden, Meany, The unchallenged strong man of American labor, New York, Atheneum, 1972, 504 p. (Meany, l’homme fort et incontesté du syndicalisme américain) 18 Victor Reuther était le représentant du Congress industrial organization en Europe. Fils d’émigré allemand, Victor et ses frères jouèrent un rôle important dans les syndicats américains de l’automobile. Cf. Victor Reuther, The brothers Reuther and the story of the UAW / a memoir, Houghton Mifflin company, Boston, 1978, 523 p. (Les frères Reuther et l’histoire du syndicat des travailleurs de l’automobile / mémoires ) 19 A ce sujet, voir Jack Kantrowitz, « L’influence américaine sur Force ouvrière : mythe ou réalité ? », op. cit. 20 Ronald Radosh, American labor and United States foreign policy - op. cit. (p. 310-325 consacrées à l’AFL en France). 21 Les anarcho-syndicalistes fondent la Confédération nationale du travail en décembre. 22 Lettre de Irving Brown à David Dubinsky - 16.12.47 - Brown 29/5 (Centre G. Meany). 23 Annie Lacroix, « Autour d’Irving Brown : l’AFL, le Free Trade Union Committee, le département d’État et la scission syndicale française (1944-1947) », op. cit., p. 118. 24 Brown, 28. 25 Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français , Éditions de l’Atelier, 1997. 26 « The coming FO congress will, of course, see a majority for the Jouhaux group but this is not necessarily the real tendency of the movement. The opposition will be led by André Lafond who will fight against the retention of the name Force Ouvrière, against WFTU affiliation, and for a unified organization or at least united action with other non-communist trade union organizations such the CFTC and the CNT. Furthermore, we will stress more of the syndicalist non-political party approach as against the somewhat socialist party orientation of Bouzanquet and others », Brown 29/4. 27 Jack Kantrowitz, « L’influence américaine sur Force Ouvrière : mythe ou réalité ? », op. cit. p. 720. 28 Créée en 1913, la Fédération syndicale internationale était d’orientation social-démocrate. Dans l’entre-deux-guerres, elle vit deux autres internationales concurrentes se constituer : la Confédération internationale des syndicats chrétiens et l’Internationale syndicale rouge. Cf. Tania Régin, Serge Wolikow (dir.), Les syndicalismes en Europe à l’épreuve de l’international, Paris, Syllepse, 2002, 202 p. 29 Ted Morgan, A covert life - Jay Lovestone : communist, anti-communist and spy, Random House, 1999, p. 177. [advance uncorrected proof] (Une vie secrète, Jay Lovestone : communiste, anticommuniste et espion). 30 Intervention de Bothereau - CCN 29 mai 1949 - Dossier Brown 15/15. 31 Hélène Roussel, « La CGT-FO et la construction européenne - histoire d’un anticommunisme syndical européen 1947-1953 », Mémoire de maîtrise sous la direction de M. Dreyfus et de J.L. Robert, Université de Paris 1, CRHMSS, 2000, 292 p. 32 Rapport confédéral du 2e congrès, 1949. 33 Claude Pennetier (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Paris, éditions de l’Atelier (version CD-rom). 34 On se limitera aux relations de l’AFL au sein du Bureau confédéral. Ainsi nous n’évoquerons pas le rôle de Ferri-Pisani, dirigeant du comité méditerranéen lequel, sous l’égide de la fédération internationale des transports et de l’AFL, menait une propagande anticommuniste pendant la Guerre froide. 35 Les dates entre parenthèses indiquent la période de présence au sein du Bureau confédéral. 36 Il devient président du groupe ouvrier au BIT en 1919 et vice-président de la Fédération syndicale internationale la même année. Pour plus de détails, voir sa notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Éditions de l’Atelier. 37 Après avoir obtenu le prix Nobel de la Paix en 1951, Jouhaux tente de lancer un mouvement international qui prône la démocratie politique, sociale et économique, le développement de la conscience internationale et le dépassement de la politique des blocs. En octobre 1952, il déclare dans la presse avoir obtenu le soutien de l’AFL pour cette entreprise. Irving Brown dément et contre attaque. Ainsi éclate une vive polémique dont rendent compte Le Figaro, Le Monde, Combat, L’Humanité dans la première semaine de novembre. 38 Cité par Ronald Radosh, American labor and United States foreign policy - op. cit. 39 Dans le cadre du programme de relèvement de l’Europe, les syndicats furent associés à des missions de productivité. Pour plus de détails voir Jean-Marie Pernot, Dedans, Dehors. La dimension internationale dans le syndicalisme français, thèse de science politique, sous la direction de Guillaume Devin, Université Paris X Nanterre, 2001, volume 2, p. 412-418. 40 Nous nous référons ici au fonds du département international de l’AFL-CIO. 41 Le Département d’État des États-Unis crée le service des labor attachés en 1943. Ce corps de fonctionnaires attachés aux Ambassades américaines fut spécialisé dans les questions économiques et sociales. Pour s’adapter aux missions de productivité que prévoyait le plan de reconstruction de l’Europe, les services de labor attachés se composaient de trois divisions : travail, productivité et documentation. Le Centre George Meany dispose d’entretiens menés avec des labor attachés dans le cadre d’un programme d’histoire orale. 42 Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, op. cit. 43 Dans le fonds de Brown, les dossiers qui vont de 28/9 à 28/12 y sont entièrement consacrés ; dans le fonds Lovestone, il s’agit des dossiers 46/27, 46/28 et 47/1. 44 Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français ,op. cit. 45 Fonds Lovestone, 46/27 Lafond 1950. 46 Fonds Brown, 28/9 Lafond 1947-54. 47 Serge Bernstein, Pierre Milza, Histoire de la France au xxe siècle 1945-1958, éditions Complexe, collection Questions au xxe Siècle, 1991, p. 209-237. 48 Pierre Gremion, Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la liberté de la culture à Paris 1950, Fayard, 1975, p75. 49 Tanguy Perron, « Travelling sur les rails d’une histoire », dans E. Breton, M. Guilloux, T. Perron, J. Roy, Nous avons tant à voir ensemble, Cinéma et mouvement social, VO éditions, Montreuil, 2000, p. 63-68. 50 Brown 16/15 51 Il s’agit ici de la Confederation Nacional del Trabajo d’Espagne. 52 Brown 28/9 Lafond, 1947-54 53 A. Carew, M. Dreyfus, G. Van Goethem, R. Gumbrell-McCormick, M. Van der Linden (ed.), The international Confederation of Free Trade Unions, Peter Lang, Bern, 2000, p. 240. 54 Il est président du Free trade unions committee. 55 Lettre du 24 décembre 1953 - Brown 29/16 Lovestone, 1953-55 56 Brown 29/16 57 Le Bourre renonce même à son mandat syndical pour militer en faveur de l’Algérie française en 1959. 58 Ted Morgan, A covert life - Jay Lovestone : communist, anti-communist and spy, op. cit., p. 285. 59 Compte tenu des activités troubles de celui-ci, on peut se demander s’il n’a pas utilisé André Lafond pour ses activités en liaison avec la CIA. Edité par AllXS - 30 Mar 2010 à 18:04 |
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AllXS
Camarade assidu
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Envoyé : 12 Apr 2010 à 00:03 |
(Suite sur FO) Extraits de La C.I.A. en France : 60 ans d'ingérences dans les affaires françaises![]() http://www.bakchich.info/article2289.html 1947. La Guerre froide bat son plein. L’URSS veut pousser ses pions en Europe, notamment en France et en Italie, où les partis communistes disposent de bases électorales et syndicales solides. Créée sur instruction du président américain Truman, la CIA entend bien contrer cette offensive. Elle envoie pour cela à Paris l’un de ses agents d’influence les plus actifs, Irving Brown, nommé officiellement délégué général pour l’Europe du puissant syndicat américain AFL (American federation of labor). C’est lui qui se charge de soutenir la scission du syndicat ouvrier CGT, dominé par les communistes, pour créer Force ouvrière (FO). « Depuis 1946, Brown intrigue et manœuvre pour rompre l’hégémonie communiste à la direction de la CGT. Dans ce but, il appuie la fraction Force ouvrière qui s’est constituée depuis 1944, dirigée par Léon Jouhaux et surtout Robert Bothereau, un militant syndicaliste aguerri qui, depuis le 27 août 1944, siège au bureau et au secrétariat général de la CGT, réinstallée dans ses locaux historiques de la rue Lafayette. Divisée avant la guerre, la CGT s’est réunifiée lors d’une réunion clandestine qui s’est déroulée au Perreux en 1943. Or, les anciens clivages sont toujours vivaces. Beaucoup de militants n’ont jamais admis cette réunification. Depuis décembre 1944, Robert Bothereau encadre une fraction anticommuniste regroupée autour d’un journal intitulé Résistance ouvrière, et, en septembre 1946, il suscite des groupe baptisés « les amis de FO », qui formeront bientôt Force ouvrière. Car la scission est en route. Officiellement, Robert Bothereau défend une stratégie de reconquête de la CGT. Mais les chances que ses amis et lui puissent prendre le contrôle de l’appareil dirigeant, où ils restent minoritaires, sont minces. Officieusement, le but poursuivi est plus réaliste : entraîner dans une scission le plus grand nombre de militants de la CGT, objectif atteint à la fin de 1947. La conférence nationale des Amis de FO se prononce le 18 décembre pour la création d’une nouvelle centrale. Bothereau remet sa démission du secrétariat confédéral de la CGT le 29 décembre 1947. Tout au long de la crise, il a chroniqué l’événement dans la rubrique « Le drame confédéral » de Force ouvrière. Il y passe sous silence le soutien logistique et financier que les scissionistes ont reçu d’Irving Brown, mais aussi du puissant syndicat allemand DGB et des trade-unions britanniques qui servent de relais à l’AFL (…)" En 1949, la CIA intervient dans la foulée, via l’AFL et l’une de ses branches étrangères, le Free Trade Union Committee (FTUC) dirigée par un agent de la CIA, Jay Lovestone, et son ami Irving Brown, pour diviser la Fédération syndicale mondiale. L’AFL et le FTUC envoient régulièrement de l’argent à Force ouvrière, qui peine à boucler ses fins de mois, comme le prouvent les documents inédits que Bakchich a exhumé de ses cartons, évoquant des versements de 25 000 dollars à FO et des soutiens financiers à certaines fédérations(voir doc joints). Or l’argent de l’AFL et du FTUC provient notamment des officines de la CIA et des crédits détournés du plan Marshall, qui aident à la reconstruction de l’Europe. "De 1948, les fonds du plan Marshall alimentent aussi le FTUC, qui peut compter sur au moins 5% des 13 milliards de dollars destinés à l’Europe occidentale. En fait bien davantage, puisque ce sont 800 millions de dollars qui seront finalement attribués aux opérations de l’AFL à travers le monde. Ces largesses s’expliquent par les relations amicales qu’entretiennent à Paris, Irving Brown et Averell Harriman, le responsable du plan Marshall, dont les bureaux, d’abord installés dans l’hôtel de Talleyrand place de la Concorde, non loin de l’ambassade américaine, émigreront dans un appartement plus discret de la rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIème arrondissement (…) Lorsque la manne du plan Marshall se tarit, en 1951, la CIA prend le relais : sa division des organisations internationales subventionne les activités clandestines de l’AFL, comme le révélera publiquement Thomas Braden, qui a tenu les cordons de la bourse pendant quelques années (…) Braden a fait l’aveu de ces financements non pour les critiquer, mais pour en faire l’éloge. De 1951 à 1954, sa division a versé à Lovestone et Brown 1 million de dollars par an, et même 1 600 000 dollars en 1954. Ces fonds étaient destinés à Force ouvrière, mais aussi aux syndicats italiens, aux dockers de Marseille et d’autres ports méditerranéens et à d’autres opérations à caractère syndical. Œcuménique, Braden a reconnu avoir fourni des fonds à la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) et en a même précisé le cheminement. » (suite de l'article) Des fonds secrets pour la presse socialisteDurant la même période, la CIA n’hésite pas à soutenir, outre les syndicats « réformateurs », les partis politiques capables de barrer la route au communisme. Parmi eux, figurent, à leur yeux, les socialistes français de la SFIO (ancêtre de l’actuel Parti socialiste, né en 1971) qui se débattent, eux aussi, dans de sombres difficultés financières, notamment pour éditer leurs journaux. Heureusement, ses dirigeants, dont Léon Blum, savent frapper aux portes de la CIA, ou plus exactement de ses guichets que sont, via l’OPC (une antenne du Département d’Etat), le syndicat FTUC et l’ILGWU, un syndicat américain dirigé par David Dubinsky, proche de la centrale de renseignements. « Depuis la Libération, certains journaux français ne survivent que grâce aux subsides du plan Marshall. En particulier ceux du groupe de presse socialiste de la SFIO. Le FTUC, dont l’OPC est un des bailleurs de fonds, a versé 20 000 dollars, puis 15 000 supplémentaires. Ces aides remplissent les caisses vides et permettent de faire face aux échéances critiques, sans néanmoins apporter un remède au mal chronique dont souffre la presse socialiste. Le 16 juin 1948, Léon Blum appelle de nouveau à la rescousse le président de l’ILGWU, David Dubinsky, et l’informe que sans aide urgente, Le Populaire risque d’affronter une tempête qui pourrait lui être fatale. La même année, Léon Blum tente d’obtenir de Dubinsky qu’il finance en remplacement du Populaire un nouveau quotidien socialiste. Le projet n’aura aucune suite. Dans les années d’après-guerre, hormis les fonds secrets gouvernementaux, d’ailleurs le plus souvent d’origine américaine, David Dubinsky et son syndicat ont été une source régulière de financement pour le quotidien de la SFIO. Sans doute ont-ils sauvé la presse socialiste française du naufrage. » Un appui direct aux mouvements pro-européensLa CIA multiplie les contacts avec les milieux intellectuels, soutenant des revues, des journaux, des agences de presse, de symposiums, des rencontres, des congrès où l’on croise notamment le sociologue Raymond Aron. Elle soutient surtout les mouvements politiques pro-européens, où officient des leaders tels que l’ancien résistant Henri Frenay, le futur père de l’Europe Jean Monnet, ou le jeune ministre François Mitterrand. « A l’échelon politique, Washington appuie et finance donc les courants de pensée proeuropéens, alors représentés par les fédéralistes et les partisans d’une union européenne. Il s’agit en fait de donner une substance politique à l’esprit de reconquête, de consolider le bloc occidental qui, en cas de conflit, sera naturellement en première ligne (…) En novembre 1947, se crée un comité de coordination qui rassemble l’UEF (Union européenne des fédéralistes (présidée par Henri Frenay), l’United Europe Movement de Winston Churchill, le Mouvement pour les Etats-Unis socialistes d’Europe de Jean Monnet et les Nouvelles équipes internationales. Du 7 au 10 mai 1948, le Comité international de coordination organise à La Haye un congrès international, sous la présidence d’honneur de Winston Churchill et en présence des souverains des Pays-Bas. Trois ans seulement après l’armistice en Europe, ce congrès marque la naissance du Mouvement européen, qui n’existera officiellement que le 5 janvier 1949, à la suite d’une réunion solennelle qui se tiendra à New York sous les auspices de la fondation Woodrow Wilson, du nom de l’ancien président des Etats-Unis. Présidées par l’Anglais Enthony Eden et le Hollandais Paul Van Zeeland, les séances plénières (du congrès de mai 1948) se déroulent dans un ancien relais de chasse, la Ridderzaal, dite salle des chevaliers du château de La Haye. Dix-sept pays sont représentés, dont la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-bas, l’Italie et l’Allemagne, les même qui vont en 1949 créer l’OTAN et signer le Pacte atlantique. Près d’un millier de délégués sont présents, dont douze anciens premiers ministres (parmi eux les Français Paul Ramadier et Paul Reynaud), de nombreux ministres et parlementaires (dont François Mitterrand), ainsi que des intellectuels qui, pour la plupart, participeront l’année suivante à la fondation du Congrès pour la liberté et la culture. (…) Quelques fonds du plan Marshall ont servi à l’organisation du congrès de la Haye, couvrant les frais d’hébergement des 750 participants. Mais s’il veut s’inscrire dans la durée , le Mouvement européen a besoin d’aides financières importantes, régulières et d’un camouflage approprié pour ses canaux de financement. Ainsi apparaît en 1949 le Comité américain pour l’Europe unie (CAEU). Son staff dirigeant comprend notamment plusieurs anciens pontes du renseignement comme William Donovan (ex-patron de l’OSS, ancêtre de la CIA) qui en est le président, et son vice-président Allen Dulles, directeur des plans à la CIA (…) A partir du printemps 1949, la machine se met en place. Les subventions pleuvent sur les mouvements proeuropéens. Le Comité et la CIA, son principal bailleurs de fonds, débloquent une première tranche d’un peu moins de 14 millions de francs, qui permet de financer les premières réunions du Conseil de l’Europe de Strasbourg. Peu à peu et par le biais de circuits financiers labyrinthiques, les proeuropéens empochent entre 1949 et 1951 l’équivalent de 5 millions d’euros. » Edité par AllXS - 12 Apr 2010 à 00:05 |
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gayraud de mazars
Intervenant régulier
Depuis le: 14 Feb 2010 Status actuel: Inactif Messages: 111 |
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Envoyé : 12 Apr 2010 à 16:10 |
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Si je ne m'abuse le FBI a aussi joué en France un rôle, avez vous des infos ? |
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Le Socialisme, on est pour nous les communistes, nous sommes des partisans, des résistants, cette "hardi bande de camarades", les prolétaires "n'ont à y perdre que leurs chaines" !
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Fidelista
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Depuis le: 21 Sep 2007 Status actuel: Inactif Messages: 2468 |
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Envoyé : 12 Apr 2010 à 17:26 |
Oui, lis les sujets auxquels tu réponds.
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Les enfants qui naissent à Gaza n'ont aucun droit, ni passeport, ni pays, aucune nationalité, et n'ont pas le droit de partir.
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AllXS
Camarade assidu
Depuis le: 25 Jan 2008 Status actuel: Inactif Messages: 908 |
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Envoyé : 12 Apr 2010 à 17:46 |
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pour ma part, non. Je sais juste que le FBI et des tas d'autres agences
fédérales, publiques "indépendantes" (sans compter les agences privées)
ont l'habitude d'étendre leur "juridiction" dans les Etats recolonisés
et les Etats sous influence néo-coloniale
Les seules ingérences du FBI qui concerne directement la France dont j'ai connaissance se sont passées dans le cadre des coopérations judiciaires et policiaires de l'Union Européenne (hors accord politique avec les représentants d'Etat européen). Par exemple le FBI avait convoqué une réunion des polices européennes pendant les accords Shengen, et depuis en a convoqué d'autres et a réussi à imposer plusieurs réformes aux conseils des Ministres européens (ex: sur la question du "mandat d'arrêt européen", des paquets de "sécurité anti-terroristes", de l'extension des tribunaux militaires à des affaires civiles en GB je crois aussi ...). Sur ces questions, lire le sociologue et juriste belge Jean Claude Paye |
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