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Hommage aux Résistants du colonialisme français

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    Envoyé : 02 Nov 2014 à 14:46

Le colonel Déhilès dit Si Sadek, un Révolutionnaire incontestable

Le 05 novembre est l’anniversaire de la disparition de cet homme né pour servir l’Algérie.

Le Parcours de Déhilès Slimane dit le colonel Si Sadek de la deuxième guerre mondiale à la guerre d’Algérie

.

Il a écrit avec d’autres parmi les plus belles pages de nos maquis anticolonialistes.
Le 14 novembre 1920, né Déhilès Slimane dans le petit village de Aït Berdjal dans un piémont du Djurdjura surnommé les Ouadhias. Le jeune Slimane grandira dans l’onde de choc de la Première Guerre mondiale qui venait de s’achever deux années auparavant. Les Algériens (dénommés indigènes à l’époque) étaient directement investis dans cette confrontation des puissances occidentales qui emporta le monde entier dans la tourmente. Orphelin dès l’âge de 15 ans, son père Ramdane décèdera après son retour de la première guerre mondiale 14-18.


Une expérience de baroud

Ce contexte des lendemains apocalyptiques met tous les sens du jeune Slimane en éveil. Il se résigne à quitter l’école, de toute façon non prometteuse, pour aller travailler dans la plaine d’Alger chez un riche colon. L’expérience renouvelée dans les vendanges n’est pas heureuse et Slimane reprend, par à-coups, des activités dans le village marqué par l’agriculture de montagne ; autant dire une vie à moitié désœuvrée. La vingtaine d’années bien sonnée, le jeune Slimane, las de vivoter entre les fermes de Rouiba et le bricolage à Aït Berdjal, décide, coûte que coûte, de prendre son destin en main.

Il reprend la route vers l’Algérois mais cette fois hors des chemins battus des fermes coloniales. .En 1942, il franchit la porte d’une caserne à Maison-Carrée (El Harrach), puis il sera orienté vers la grande caserne de tri et de sélection à Khmiss Miliana pour s’engager résolument dans l’armée qui, de toute façon, allait le cueillir. Arrivé à Khmiss Miliana il trouve un attroupement de jeunes Algériens comme lui faisant la queue à l’entrée de cette grande caserne coloniale. Il y’avait une grande tente à l’intérieur de laquelle un officier Français était assis à une chaise, et à ses côtés sur un tapis, un autochtone qui servait de traducteur , et deux grandes gamelles remplies de dattes et de petit lait à même le sol. Venu son tour, il fonça à l’intérieur de cette tente et le goumi l’invita à s’assoir puis lui demanda son nom, prénom et d’oû il venait.

Il remarqua rapidement le regard persistent de l’officier Français qui l’invita à s’abreuver et manger quelques datte, Slimane Dehiles, plutôt que de plonger dans la gamelle il fustigea de son regard l’officier qui souri en hochant la tête en disant au goumi : « c’est bon on le prend ».C’était le test de sélection. Il faut dire qu’à l’époque aucune autre issue n’était offerte aux jeunes autochtones justes bons pour servir les intérêts des plus forts et, la France, engagée dans un nouveau conflit avec l’Allemagne, avait besoin de renforts pour ne pas dire chaire à canon.

Très vite, il débarque avec les troupes alliées, Anglo-Américaines sous le commandement du général Eisenhower, au sud de l’Italie, près de Naples, à Monté Casino, une ville qui venait tout juste de subir de lourds bombardements allemands et une révolte populaire sans précédent contre le nazisme et le fascisme. Octobre 1943, il vit sa première grande expérience de baroud dans la lutte contre l’occupant allemand la fameuse Wermacht dans la province de Veneto au nord-est de l’Italie. Durant plus de trois mois, les combats ont été d’une rare intensité. Le 20 août 1944, le jeune soldat Slimane rejoint, avec son bataillon, la France au prix de très lourdes pertes. . En août 1944, Slimane Dehilès et son 161 ème bataillon entrent en France, après avoir perdu beaucoup d’hommes tirailleurs Algériens face à une résistance farouche, ils arrivent à Strasbourg le 24 décembre 1944.

En mai 1945, il était mobilisé à Obstad, en Allemagne. Slimane se distingue par son courage et cette guerre le façonne de manière irréversible pour le prédestiner à une vie de combat. Alors que les événements de mai 1945 éclatent dans la Kabylie sétifienne et le nord constantinois, Slimane est encore mobilisé dans l’Allemagne libérée du führer. A peine le nazisme vaincu, il se rend vite compte que le regard des officiers français sur les soldats indigènes n’est plus le même. Il vire à la suspicion. Loin de comprendre le désir des Algériens de s’émanciper à leur tour, l’armée française vit la révolte du 8 mai 1945 comme un acte de sédition.

Le fossé entre les deux communautés s’agrandit et ce qui devait arriver, arriva : certains ont été envoyés au Vietnam et d’autres qui ont pu refuser cette option ont été démobilisés. L’armée française le contraint de rester pour rejoindre un autre champ de bataille qui sera le Vietnam. Il refusera et demandera la démobilisation qui lui sera refusé. Par conséquent, il sera soumit à des travaux quotidiens au sein de sa base, mais voilà qu’un jour le colonel Français de son bataillon viendra inspecter sa base à dos de cheval, il demandera au jeune tirailleur de ramasser une crotte de cheval jonchant le sol avec ses mains. Il fustigera le colonel Français de son regard perçant en lui jetant la crotte de cheval à la figure devant toute l’instance d’officiers français.

Il sera rapidement neutralisé et envoyé au cachot pendant trois mois pour insubordination à la hiérarchie supérieure et surtout d’avoir manqué de respect à un officier supérieur de l’armé Française. C’était sa première anecdote et après cela il sera démobilisé.

Un chef incontesté

Libéré de l’uniforme français, il gagne Paris où il s’engage comme ouvrier dans les usines Simca près de Nanterre, ville connue pour ses «célèbres» bidonvilles où s’entassent les familles algériennes. Très vite, le jeune soldat devenu ouvrier rejoint les rangs du PPA-MTLD dirigé par Messali El- Hadj et dont l’écrasante majorité de militants vient de Kabylie comme Slimane. En 1946, il adhère au MTLD et active sous l’égide de la Fédération de France. En 1953, il est arrêté et écope de 8 mois d’emprisonnement et 70.000 anciens francs d’amende et frappé d’interdiction pendant 5 ans en Algérie pour avoir distribué des tracts hostiles à la présence française en Algérie.

Dès novembre 1954,exactement le 05 novembre il rentre clandestinement à son village en Kabylie, il fut l’un des premiers à rejoindre les rangs de l’ALN (Armée de libération nationale). En juin 1955, il participa à la réunion d’Ath Dwala, ayant regroupé le colonel Amirouche Aït Hamouda, Krim Belkacem, Mohammedi Saïd, Yazourène (Vriruc), Abderahmane Mira et Amar Ouamrane. Laquelle réunion avait débouché sur une grande offensive contre l’armée française, au cours de laquelle ils avaient récupéré 1200 armes, 627 millions en argent liquide et des milliers de cartouches. Fort de son expérience militaire, c’est à lui qu’échut le devoir de former la première compagnie en Kabylie. Ce qu’il fit avec brio : «En moins de six mois, l’organisation politico-militaire était une réalité.» Mais il n’est pas resté longtemps en wilaya III.

Aguerri dans le combat contre l’ennemi, il entraîne activement ses troupes à récupérer des armes et des fonds pour mener une vraie guerre contre l’armée coloniale. C’était la préparation de l’opération l’Oiseau Bleu initiée par les chefs Kabyles qui allait pour la première fois humilier l’armée Française depuis le début du déclenchement. Fort de son expérience dans les troupes alliées, il lui incombe le devoir de lever et former la première compagnie en Kabylie. En moins d’un an, il est à la tête d’une véritable organisation politico-militaire. Entre-temps, sorti de prison en janvier 1955, Abane Ramdane rejoint les rangs du FLN et s’impose tout de suite comme chef naturel de l’insurrection. Entre Abane et Déhilès, c’est tout de suite la grande entente. Tout se passe comme si le côté stratège d’Abane et le côté baroudeur de Déhilès entraient en symbiose.

Après la Wilaya III, Abane le charge de prendre en main la Wilaya IV et participe avec lui au congrès de la Soummam. L’Algérois et le massif blidéen avaient besoin de renforts en hommes et en armes en ces premières années de la guerre d’indépendance. «La Wilaya IV, dont j’avais la charge, était devenue une wilaya intellectuelle, avec tous les étudiants qui y affluaient. Forcément, elle gênait. Surtout le groupe d’Oujda qui avait juré de liquider les intellectuels pour réduire les effectifs de l’intérieur. C’était un plan sordide», disait-il. Une année plus tard, appelé par Krim Belkacem, il rejoint Tunis. Le colonel Si Sadek était le soutien fidèle d’Abane Ramdane dans l’état-major de la révolution à l’extérieur. Il payera cette fidèlité par une espèce de marginalisation.
L’assassinat d’Abane le traumatise irrémédiablement.

Le colonel Sadek ne s’était jamais remis de l’assassinat d’Abane Ramdane. Jusqu’aux derniers jours de sa vie, il parlait de ce dirigeant de la révolution. Le colonel Si Sadek devient membre du Conseil national de la révolution Algérienne (CNRA) de 1957 jusqu’en 1962. Abane assassiné, Si Sadek refusa d’appartenir aux différents clans qui se sont constitués à l’extérieur. L’homme était de nature rebelle et tranchant, il n’aimait pas les faux-semblants. Aussi, il n’hésitait pas à le faire savoir. Il avait confié à des proches qu’il était étroitement surveillé par les hommes de Boussouf au Maroc.

L’année 1959, la révolution algérienne a connu l’une des périodes les plus terribles de sa jeune histoire. Multiplication des opérations militaires française, pertes énormes de moudjahidine et d’officiers de valeur. Et surtout, une crise au sommet. En décembre 1959, Si Sadek participe à la fameuse réunion des 10 colonels à Tunis. Celle-ci avait pour objectif de remanier les organismes extérieurs du CNRA et du GPRA, pour tenter de résoudre le différend entre l’état-major et le GPRA, qui était d’après lui « monté de toutes pièces par Boussouf qui voulait tout contrôler en mettant les hommes du MALG aux postes sensibles.» La réunion avait duré 33 jours et débouché sur la création de l’état-major général, dont le commandement est confié à Houari Boumediene. Il a été désigné au commandement des opérations militaires spéciales et occupa le poste d’adjoint du colonel Houari Boumediene sur le front ouest jusqu’à l’indépendance.


Il prend conscience que souvent les révolutions dévorent leurs propres enfants. L’élimination de cet illustre dirigeant par des apparatchiks du FLN ALN a laissé une blessure collective profonde mais aussi, hélas, une culture de violence au sein des «élites» politiques. Il finit par épouser la veuve Abane en 1958 avec laquelle il partage le reste de sa vie. En 1959, il fait partie des 10 colonels réunis à Tunis pour remanier le CNRA dont il est membre et le GPRA mais, de l’aveu du Colonel Sadek, il était difficile d’obtenir le consensus. Boussouf, disait-il, avait une lourde responsabilité dans les divisions au sein de la révolution. Ce poulain de Fethi Dib, chef des services secrets égyptiens, a été pour beaucoup dans l’assassinat d’Abane et dans l’instrumentalisation du Malg (ancêtre de la Sécurité militaire).

Il adorait débattre et avoir le point de vue des plus jeunes. Il avait de l’admiration pour les études, sans doute parce qu’il en a été sevré mais aussi parce qu’il a encadré de nombreux intellectuels qui ont rejoint le maquis de la Wilaya IV, il ne mâchait pas ses mots pour dire tout le mal qu’il pense de ses compagnons d’armes responsables de crimes contre leurs propres frères comme il n’hésitait pas à dénoncer le système dictatorial de Boumediène. Toujours plein d’énergie et polémiste, il adore discuter avec des universitaires.

L’homme de tous les temps forts

L’indépendance de l’Algérie ne signifie pas une paix retrouvée. Le coup de force du groupe d’Oujda qui place Ben Bella à la tête de l’Etat algérien signe la volonté de ce groupe d’assujettir la société. La grande espérance est déçue. Alors, le colonel Sadek, député de Tizi-Ouzou en 1962, allait immanquablement reprendre les armes. Dès septembre 1963,il a fait partie des membres fondateurs du Front des forces socialistes. Il a été chargé avec le commandant Lakhdar Bouregaa d’organiser le mouvement dans l’Algérois.

Lakhdar Bouragaa et ses compagnons ayant déposé les armes en novembre 63, à la faveur d’un premier accord avec Ben Bella, le colonel Sadek s’est retrouvé isolé. En 1964, il rejoint la Kabylie où il a fait partie de l’état-major du FFS avec Aït Ahmed dont il admire l’intelligence et la grande culture mais avec lequel le courant ne passe toujours pas, Yaha Abdelhafidh, le commandant Moussa Ben ahmed chef de la wilaya 5, et quelques autres. Mais l’insurrection armée du FFS ne tient pas ses promesses.

Hocine Aït Ahmed est arrêté à Aït Zelal avec quatre autres militants. Dépité, le colonel Si Sadek rejoint la France clandestinement où le FFS avait une puissante Fédération. L’armée de Ben Bella commandée par Boumediène ne fait pas de quartier. En Kabylie, bastion du maquis FFS, elle se comporte en armée coloniale, c’était l’avènement du néocolonialisme. Cette nouvelle guerre contre la nouvelle tyrannie finit en queue de poisson suite à l’arrestation de Hocine Aït Ahmed et au ralliement du colonel Mohand ou Lhadj soucieux de livrer bataille à la frontière algéro-marocaine violée par les troupes royales. C’est lui, le colonel Sadek, accompagné du commandant Abdelhafid Yaha dit Si Lhafid, un homme de droiture, qui signe les accords entre Ben Bella et le FFS.

Sans le coup d’Etat militaire de Boumediène qui viole ce fragile accord, peut-être aurions-nous connu le multipartisme dès 1965 ? La prise de pouvoir de Boumediène replonge l’Algérie dans une interminable nuit noire : assassinat des opposants (Mohamed Khider, Krim Belkacem, Medeghri, Mohamed Khmisti, le colonel Chaâbani, le colonel Saïd Abid, le colonel Chabou et la liste est très longue), autocratie, clientélisme, socialisme arabo-centrique, violence institutionnelle en tout genre ! Boumediène a fait des institutions et organisations de masse non pas l’ossature d’un Etat, mais des organes de prédation ce qui n’a pas échappé au colonel Sadek fin et averti et connaissant bien Boumediène pour avoir été son adjoint à l’état-major général. il reprend brièvement du service au côté du commandant Si Lhafid, une autre grande figure de la résistance, et créent le nouveau FFS mais ce parti comme tant d’autres ne fera pas long feu.


Au printemps 1965, le colonel Sadek et Yaha Abdelhafidh négocient la fin des combats avec les hommes du régime. D’abord à Paris, au domicile de Mourad Oussedik, avocat et militant du FFS. Yaha poursuit les négociations à Alger après le coup d’Etat du 19 juin avec Cherif Belkacem pour la libération des détenus. L’insurrection du FFS avait fait plus de 400 soldats morts dans les rangs du FFS et plus de 1000 dans les rangs de l’armé des frontières .

A partir de 1966, il se retire de l’activité politique et finit par rentrer en Algérie.
Dans un entretien datant de 2006, le colonel Sadek dira de Ben Bella qu’il «est devenu le Bon Dieu en 1962. Nous avions fait la guerre pour arracher notre liberté et nous nous trouvions devant un régime qui faisait régner la terreur, la peur et l’injustice. A-t-on combattu et fait tant de sacrifices pour en arriver là ?».
Il décèdera le 05 novembre 2011 à son domicile à El-Biar, et sera inhumé dans son village natale à Ouadhias à 30 km au sud de Tizi-Ouzou, c’était son vœu le plus cher.



Edité par AllXS - 02 Nov 2014 à 14:46
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Oct 2014 à 16:27

Mehdi Ben Barka assassiné le 29 octobre 1965 avec l’aide du gouvernement français

1 complément

http://rebellyon.info/Mehdi-Ben-Barka-assassine-le-29-octobre.html

À la veille de son enlèvement et de son assassinat, il présidait le comité préparatoire de la Conférence de la Tricontinentale qui devait réunir à la Havane, en janvier 1966, les représentants des mouvements de libération des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. Figure intellectuelle et politique du mouvement anticolonialiste et opposant au roi Hassan II du Maroc, Mehdi Ben Barka est assassiné le 29 octobre 1965 près de Paris. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Où a-t-on trouvé le corps mort ?
Qui a trouvé le corps mort ?
Le corps était-il mort quand on l’a trouvé ?
Comment a-t-on trouvé le corps mort ?
Qui était le corps mort ?
Qui était le père ou la fille ou le frère
Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils
Du corps mort et abandonné ?
Le corps était-il mort quand on l’a abandonné ?
Le corps était-il abandonné ?
Par qui a-t-il été abandonné ?
Le corps mort était-il nu ou en costume de voyage ?
Quelle raison aviez-vous de déclarer le décès du corps mort ?
Avez-vous déclaré la mort du corps mort ?
Quels étaient les liens avec le corps mort ?
Comment avez-vous su la mort du corps mort ?
Avez-vous lavé le corps mort
Lui avez-vous fermé les deux yeux
Avez-vous enterré le corps
L’avez- vous laissé abandonné
Avez-vous embrassé le corps mort

(Harold Pinter)

Le 29 octobre 1965

Ce vendredi-là, à 12h15, Mehdi Ben Barka a rendez-vous devant la brasserie Lipp, 151 Boulevard Saint-Germain à Paris, avec le cinéaste Georges Franju qui envisage de réaliser un film sur la décolonisation intitulé “Basta !”. Il s’agit en réalité d’un piège, monté par le journaliste Philippe Bernier et un producteur de cinéma ancien repris de justice, Georges Figon, lié aux milieux intellectuels parisiens mais aussi à une bande de truands recrutée par les services secrets marocains. Et voici que deux policiers de la brigade mondaine, Louis Souchon et Roger Voitot, exhibant leur carte de police, invitent Ben Barka à monter à bord d’une voiture où se trouve également Antoine Lopez, un agent du SDECE (les services du contre-espionnage français de l’époque). Il est conduit à Fontenay le Vicomte (Essonne) dans la villa de Georges Boucheseiche, truand du gang des tractions avant. Dès lors, on perd sa trace. Nul ne le reverra vivant.

Ben Barka, militant de la cause pour la libération des peuples du tiers-monde

Né en 1920 à Rabat dans une famille de petits fonctionnaires, Mehdi Ben Barka a fait des études de mathématiques à Alger et réussit à devenir enseignant en mathématiques. Il enseignera notamment au Collège Royal du Maroc, où il dispensera sa science au futur roi Hassan II.

Parallèlement, il s’engage en politique contre le « protectorat » français sur le Maroc. Dès 1943, il participe à la création du parti de l’indépendance. En 1945, il est l’un des responsable de l’Istiqlal, le parti nationaliste qui a mené le Maroc à l’indépendance. En 1955, il participe aux négociations qui aboutiront au retour du roi Mohammed V que les autorités française avait exilé à Madagacar et, en 1956, à la fin du protectorat. De 1956 à 1959, Mehdi Ben Barka est président de l’Assemblée consultative du Maroc.

Représentant de l’aile gauche d’un parti qu’il juge trop conservateur, il provoque une scission et fonde en 1959 l’Union nationale des forces populaires du Maroc, de tendance socialiste, et se place dans l’opposition au régime de Hassan II : il dénonçait « ce régime médiéval qui tendrait à ressusciter les structures médiévales de la société marocaine ».

En novembre 1962, Mehdi Ben Barka doit échapper à un attentat mené contre lui par deux officiers du roi Mohammed V, notamment le général Mohammed Oufkir. Lorsque Hassan II décrête l’Etat de Siège le 16 juillet 1963, Mehdi Ben Barka s’enfuit du Maroc pour rallier l’Algérie. En automne 1963, Mehdi Ben Barka dénonce le conflit frontalier qui oppose le Maroc et l’Algérie et se met du côté des Algériens qu’il considère aggressés par le royaume marocain. Le royaume du Maroc le condamne ainsi à mort par contumace en novembre 1963.

C’est à Alger d’abord qu’il s’exile où durant les quelque six mois passés en 1964, il s’emploie à donner une perspective mondiale à une convergence des luttes de libération nationale. Son inspiration provient de Frantz Fanon, mais aussi du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, de Portrait du colonisateur (1957) et Portrait du colonisé d’Albert Memmi. Elle s’est nourrie dans les échanges avec la pensée contestatrice face à la puissance impériale britannique en Afrique de Jomo Kenyatta, Kwame Nkrumah et Julius Nyerere. Il désire créer une publication anticolonialiste "La Revue africaine", ainsi qu’un centre de documentation sur les mouvements de libération nationale.

La capitale algérienne était devenue le foyer intellectuel de la contestation révolutionnaire internationale. On y retrouvait les dirigeants des mouvements de libération et, en premier lieu, après les troubles en Angola (1961), en Guinée-Bissau (1963) et au Mozambique (1964), les exilés des colonies portugaises. Métis et minoritaires, les intellectuels du Cap Vert, notamment Amilcar Cabral, faisaient écho aux courants libérateurs venus du continent américain. L’une des figures les plus puissantes du mouvement noir aux Etats-Unis, Malcolm X, séjournait à Alger en 1964 ; Ernesto Che Guevara, avant d’aller au contact des maquis du Congo, y passe également au printemps 1965.

Puis Le Caire en Egypte l’accueille, suivi de Rome, Genève et La Havane à Cuba, villes où il est notamment chargé d’organiser avec d’autres la participation des mouvements de luttes révolutionnaires du tiers monde à la Conférence Tricontinentale (Asie, Afrique et Amérique latine) qui doit se réunir à La Havane en janvier 1966.

Hassan II, le roi du Maroc, commanditaire du rapt de Ben Barka

Le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, Ahmed Dlimi, directeur de la sûreté nationale marocaine, et un certain Chtouki, chef des brigades spéciales marocaines, se trouvaient à Paris à cette date-là, le 29 octobre 1965. C’est d’ailleurs Oufkir qui a torturé Ben Barka et Georges Figon affirmera avoir vu Oufkir tuer Ben Barka avec un poignard dans la villa d’un des hommes de main, Boucheseiche, qui a affirmé que Mehdi Ben Barka, une fois son cadavre ramené au Maroc, fut dissout dans une baignoire emplie d’acide.

Le roi Hassan II refuse que son ministre de l’Intérieur, Oufkir, comparaisse devant la justice française. Le roi Hassan II, probable commanditaire du rapt ne sera jamais mis en cause. La justice française condamna par contumace les exécutants marocains, qui ne furent jamais inquiétés par la justice du Maroc. Le général Oufkir a trouvé une mort camouflée en suicide en 1972 et le colonel Dlimi, ancien directeur de la sûreté du Maroc, a été assassiné en 1983.

Le 5 octobre 2005, le ministre de la Justice auprès du nouveau roi du Maroc, Mohammed VI, désigne un juge d’instruction pour faire le point sur l’affaire. L’instruction est toujours en cours, même s’il ne fait désormais presque aucun doute que le crime a été ordonné au plus haut niveau de l’Etat marocain par le roi Hassan II lui-même et exécuté à Paris par des truands et des barbouzes avec la complicité des services de la République française.

De Gaulle, président français, complice de l’assassinat de Ben Barka

Ben Barka n’a manifesté aucune résistance lors de son enlèvement, croyant de bonne foi aux assurances exprimées par le biais des circuits politiques qui lui garantissaient la protection et la sécurité durant son séjour en France. En pleine campagne électorale pour la réélection du général De Gaulle à la présidence de la République, l’affaire soulève l’indignation des milieux politiques francais, notamment de l’opposition de gauche, François Mitterrand en tête. De Gaulle, dans une conférence de presse du 22 février 1966, minimise la part des services secrets français, qualifie l’enlèvement d’opération qui "n’a rien que de vulgaire et de subalterne", et fait porter toute la responsabilité sur le général Oufkir.

On ne dit pas officiellement jusqu’à quel niveau la République française a été impliquée dans l’assassinat de l’opposant marocain, alors que l’enquête judiciaire mène rapidement à des hommes politiques français proches du gouvernement, des policiers et des truands. Toute une série de procès auront lieu dans une parodie de justice. De façon bizarre, juste avant le procès qui commence le 5 septembre 1966, Figon est retrouvé mort, ainsi que les avocats de la famille Ben Barka. En 1967, c’est Fossati, un agent du Sdece partie prenante dans l’opération pour des transports aériens qui est aussi retrouvé mort de façon louche.

Le 5 juin 1967 la justice française condamne Oufkir par contumace, mais acquitte Dlimi, et tous les protagonistes français, à l’exception de Lopez et Souchon, à qui on fait porter le chapeau, et qui sont condamnés respectivement à huit et six ans de prison.

Le gouvernement français de l’époque a tout fait pour que la vérité soit cachée, et les gouvernements successifs n’ont pas véritablement aidé à ce qu’elle soit connue. Ce qui est sûr c’est que Foccart, le secrétaire de De Gaulle pour les affaires africaines est parfaitement au courant, tout comme Papon, le préfet de police de Paris. Ce qui est sûr, c’est que toutes les retranscriptions des écoutes téléphoniques de la bande des assassins de Ben Barka, qui ont été retrouvées, ont été données avant l’accomplissement de l’assassinat à Roger Frey, ministre de l’intérieur et à Georges Pompidou, le premier ministre de De Gaulle. De Gaulle a donc bien laissé effectuer ce crime sur le sol français avec les services de la police française.

Même si par trois fois, au fil des années et des changements de gouvernement, le "secret défense" sera levé par petits bouts, cependant, jamais la justice ne pourra se prononcer définitivement. Et 43 ans plus tard, l’affaire Ben Barka n’est toujours pas véritablement élucidée, n’est toujours pas classée, alors que presque tous ceux qui pourraient parler et être ainsi très gênants pour le gouvernement de notre pays ont été liquidés physiquement, ou sont désormais décédés. Une commission rogatoire a encore été lancée en mai 2005 à la demande de la famille Ben Barka. Les protagonistes français sont tous morts, alors le 23 octobre 2007, le juge d’instruction Patrick Ramaël a envoyé cinq mandats d’arrêt internationaux contre des Marocains : trois chefs de la gendarmerie royale marocaine de l’époque et deux barbouzes. Seront-ils inquiétés ?...

L’assassinat de Ben Barka encouragé par les dirigeants impérialistes

Mehdi Ben Barka aurait été suivi, traqué lors de ses déplacements par la C.I.A américaine et le Mossad israélien qui communiquait ces informations aux gouvernements marocains et français, à Rabat et Paris. Ben Barka refusait par exemple l’installation de bases militaires américaines sur le sol marocain. Il n’y a rien d’étonnant pour les dirigeants des États-Unis et leurs alliés de travailler la main dans la main en vue de l’aboutissement de ce crime.

Pour les dirigeants mondiaux capitalistes, mettre en convergence les mouvements de libération du tiers-monde est un réel danger. Or, c’est ce qu’entreprend Ben Barka. Au moment de son assassinat, le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka préparait la Conférence Tricontinentale, qui devait se tenir à La Havane du 3 au 13 janvier 1966. La décision est prise de l’éliminer physiquement.

Il faut savoir que de nombreuses secousses se sont produites quelques années auparavant et qu’ils font tout pour préserver le navire du capitalisme. En avril 1955, la conférence Asie-Afrique de Bandung, avait annoncé l’essor des mouvements d’émancipation nationale, avant que l’embrasement ne se propage en Amérique latine, puis gagne les colonies portugaises d’Afrique. En 1956, ce fut Varsovie, Budapest au sein du bloc communiste, ainsi que l’échec de l’expédition franco-britannique de Suez après la nationalisation du canal par Nasser et les luttes pour l’indépendance de l’Égypte. Le 14 juillet 1958, la monarchie est renversée et la République proclamée en Irak. Le FLN fait traîner en longueur la guerre d’Algérie. La Guinée se sépare de la France en 1958. Le Congo veut s’affranchir de la Belgique. Kennedy échoue au renversement de Fidel Castro, dans la baie des Cochons en 1961...

D’autre part, face à l’impérialisme, des peuples d’Afrique et d’Asie s’organisent en créant un fonds de solidarité à Accra, au Ghana en 1957, dont Ben Barka est vice-président. Doit-il s’ouvrir à l’Amérique latine ? La question est posée au Caire en mars 1961 par Ben Barka, qui préside la commission sur le néocolonialisme, et l’alliance avec l’Amérique latine sera décidée en 1965. Rompre le sous-développement est non seulement un projet d’indépendance nationale, mais aussi une action concertée contre la dépendance du système capitaliste. Par rapport à l’hégémonie des Etats-Unis, « l’Afrique est l’Amérique latine de l’Europe », répète Ben Barka. Travailler à fédérer le Maghreb et l’Afrique prend une dimension anti-impérialiste.

Mais Ben Barka entend développer une dynamique autonome de la mouvance soviétique. Ce qui l’enthousiasme à Cuba, c’est le succès de la campagne d’alphabétisation dont il rêve pour le Maroc, et il trace l’esquisse d’une université tricontinentale. Ben Barka déclare le 3 octobre 1965 qu’à la Conférence de La Havane, la première située en Amérique latine, « les deux courants de la révolution mondiale y seront représentés : le courant surgi avec la révolution d’Octobre et celui de la révolution nationale libératrice ». Ce qui n’est pas pour plaire aux États-Unis.

Malgré deux défections importantes, la perte du pouvoir de Ben Bella en Algérie avec le coup d’état de Boumediène le 19 juin 1965, et la perte du pouvoir de Sukarno en Indonésie le 30 septembre 1965, il définit les objectifs de cette Conférence Tricontinentale fondatrice : aide aux mouvements de libération nationale, notamment au mouvement palestinien ; intensification des luttes, y compris armées, sur les trois continents ; soutien à Cuba ; liquidation des bases militaires étrangères ; opposition aux armes nucléaires, à l’apartheid et à la ségrégation raciale. La finalité est la « libération totale ».

C’est en recourant à la force armée et aux commandos assassins, en imposant des dictateurs ou en déclenchant des guerres comme en Algérie et au Vietnam que le système impérialiste pense se maintenir. C’est dans cet élan révolutionnaire de la Tricontinentale que se trouve la cause profonde de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka. Pour la même cause d’autres ont aussi été assassinés. En 1965 : le premier ministre d’Iran, Ali Mansour, est tué le 22 janvier ; un des chefs de l’opposition portugaise, Humberto Delgado, le 13 février ; Malcolm X, le 21 février ; le vice-ministre de la défense du Guatemala, Ernesto Molina, le 21 mai. Che Guevara sera abattu le 9 octobre 1967, Martin Luther King le 4 avril 1968, Amilcar Cabral le 20 janvier 1973, Henri Curiel le 4 mai 1978...

Éliminer Ben Barka était devenu une exigence majeure dans la répression internationale des insurrections du tiers-monde, qui ne recule devant aucune ignominie.

C’est cette perspective de libération mondiale ...qu’on a voulu tuer
en assassinant Mehdi Ben Barka !

P.-S.

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Mehdi Ben Barka « Option révolutionnaire au Maroc » Rapport au secrétariat de l’UNFP, avant le 2° congrès, Rabat, le 1° mai 1962.
numérisation : Journal Al mounadhil-a -> http://www.al-mounadhil-a.info

L’affaire Ben Barka a inspiré deux films : L’Attentat d’Yves Boisset (1972) et J’ai vu tuer Ben Barka de Serge Le Péron (2005).



Edité par AllXS - 31 Oct 2014 à 16:28
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jun 2014 à 19:24
Cela s’est passé un 19 juin 1956, l’exécution du Chahid Ahmed Zabana


Zabana chahid guillotiné par la vermine socialiste, Guy Mollet et François Mitterrand le 19 juin 1956.

C'est un certain François Mitterrand, ministre de la justice dans ce même gouvernement, Guy Mollet qui refuse la demande de grâce déposée par l'avocat, qui supervise ce procès et l'exécution de Zabana.

http://www.babzman.com/2014/cela-sest-passe-un-19-juin-1956-lexecution-du-chahid-ahmed-zabana/



Ahmed Zabana, fut un militant de l’indépendance algérienne, et le premier résistant à mourir guillotiné en 1956, aux termes d’un simulacre de procès conduit par un tribunal colonial. 

Zabana fut le premier martyr depuis le déclenchement de la guerre de libération nationale à monter sur l’échafaud, le 19 juin 1956, dans l’enceinte de la prison de Barbarousse, sur les hauteurs d’Alger. Son exécution ainsi que celle de Ferradj avaient été réclamées à cor et cri par les milieux colonialistes dits « ultra », qui en firent un motif de satisfaction. Mais l’événement provoqua dans l’opinion algérienne un mouvement de colère si puissant qu’il ne tarda pas à se traduire par une série d’actions anticolonialiste.

Parcours d’un martyr 

Ahmed Zahana, plus connu sous le nom de Zabana, est né en 1926 dans le quartier d’El-Hamri, à Oran. Il y fit ses études primaires, obtient son certificat d’études et s’inscrit dans un centre de formation professionnelle, où il apprit le métier de soudeur.

En 1949, Ahmed Zahana adhérait au Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD.) Son dynamisme ne tarda pas à attirer sur lui l’attention de la police française qui l’arrêta le 2 mars 1950.

Il fut condamné par la justice coloniale à trois ans de prison et trois ans d’interdiction de séjour. Dès sa libération, il reprit ses activités politiques avec autant d’ardeur que par le passé et participa aux préparatifs du déclenchement de la guerre de libération nationale.

Dans la nuit du 1er novembre 1954, il organisa avec un groupe de patriotes l’attaque contre le poste des gardes forestiers d’Oran. Le 11 novembre de la même année, à l’issue d’un accrochage meurtrier au cours duquel il fut d’ailleurs blessé, à Gharboudjlid, il fut prisonnier et conduit d’abord à l’hôpital, ensuite à la prison d’Oran.

Jugé sommairement et condamné à mort, il fut le premier martyr depuis le déclenchement de la guerre de libération nationale à monter sur l’échafaud, le 19 juin 1956, dans l’enceinte de la prison de Barbarousse, sur les hauteurs d’Alger. 

Exécution d’un homme, immortalité d’un chahid

L’exécution du Chahid Ahmed Zabana, le 19 juin 1956, est un crime contre l’humanité », les révélations sur la façon dont il avait été exécuté, ainsi que le déroulement de son procès qui avait été entaché d’irrégularités, demeurera un point noir pour l’administration coloniale Française. Certains défenseurs d’Ahmed Zabana avaient été menacés par des colons.

Pour l’histoire, l’on retiendra que la première fois, la lame de la guillotine s’était arrêtée à cinq centimètres de la nuque du Chahid. L’officier chargé de l’exécution, malgré le refus de certains membres du jury présents, avait ordonné aux bourreaux d’actionner la lame jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais «Tahya El Djazaïr» retentira  toujours dans les subconscients des survivants qui n’oublieront jamais c’est certain.

Exposée au Musée central de l’armée, la guillotine qui a fait tomber la tête du héros de la guerre de libération rappellera jusqu’à la fin des temps l’atrocité coloniale. Cette machine de la mort restera un témoin irremplaçable des crimes commis par le colonialisme pendant la révolution algérienne. Plus de 200 militants de la cause nationale, sur les 2 000 condamnés à mort, ont été exécutés entre 1956 et 1962. Mais Zabana exécuté, d’autres hommes n’en continueront pas moins de suivre la voie tracée par ce héros et des milliers d’autre déterminés à chasser l’envahisseur de la terre algérienne et, pour l’éternité, le nom du martyr Ahmed Zabana restera rattaché à l’usage de la guillotine en Algérie.

Le 19 juin 1956 se souviendra également de l’exécution d’Abdelkader Ferradj, un autre martyr de l’Algérie. D’autres Algériens comme des Français solidaires de la cause nationale furent tout aussi impitoyablement exécutés. De  nombreux survivants et témoins garderont  en mémoire cette date d’où l’amer souvenir des moments passés à la prison de Barberousse, des moments chargés de souffrances, d’humiliations et de terreur.

D’autres rescapés de la guillotine ont retracé les moments terribles de l’attente de la mort, et  chaque minute qui passait en attendant l’aube s’égrenait comme une éternité en se demandant qui allait être le prochain  Aujourd’hui, ces femmes et ces hommes sont immortalisés dans la mémoire de chaque Algérien. Ces condamnés à mort, se sont donné corps et âme à la cause nationale, c’est pour cela qu’il faut se les remémorer à chaque occasion. 

Ahmed Zabana quittera le monde des vivants, non sans avoir laissé son nom gravé à jamais dans la mémoire de ceux qui lui ont survécu, et dans l’histoire. Il laissera à la prospérité, outre son combat pour la liberté, et pour lequel il paiera de sa vie; un message poignant à travers une lettre d’adieu des plus émouvantes, adressée à ses parents :


«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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Marcel Manville (1922-1998)

http://www.une-autre-histoire.org/marcel-manville-biographie/



Marcel Manville est né en 1922 à Trinité (Martinique).

À 21 ans, il quitte son île avec son ami Frantz Fanon pour aller libérer la France de l’occupant nazi (la mère de Fanon, en pleurs, lui a confié son fils parce qu’il est l’aîné).

Ils débarqueront tous deux pour participer à de terribles combats et aussi pour découvrir le racisme au sein des forces françaises libres.

Revenu en Martinique, Marcel Manville décide de la quitter de nouveau pour aller étudier le droit à Paris. En 1947, il devient avocat.

Dès lors, son engagement affirmé et intransigeant contre la colonisation lui vaudra, parfois au péril de sa vie, de prendre en charge les dossiers les plus difficiles et de secourir ses compatriotes venus de l’Outre-mer, dans le cadre du Bumidom, et livrés aux avanies racistes.

Dès 1954, comme son ami Fanon, Manville prend résolument parti pour l’indépendance de l’Algérie, de même qu’il luttera pour la cause palestinienne.

En 1984 il créée le PKLS (parti communiste pour l’indépendance de la Martinique).

C’est Marcel Manville qui s’est battu en 1998 pour que l’on reconnaisse enfin le caractère criminel de l’esclavage pratiqué et codifié par la France dans ses colonies.

De même que Molière est mort en scène, Manville est mort au palais de Justice de Paris le 2 décembre 1998, alors qu’il allait plaider pour les victimes algériennes des massacres racistes (alors occultés) perpétrés dans la capitale en octobre 1961.

«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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Lucien Sportisse : un pionnier de la lutte communiste en Algérie contre le colonialisme, assassiné il y a soixante-dix ans



"Fils du peuple, fidèle à son origine, le Parti perd en Sportisse le militant dévoué, désintéressé autant que valeureux. Tous les camarades du Parti qui l’ont connu jurent de le venger en s’inspirant de son sublime exemple"

Lucien Sebah.

Lucien Sportisse est un pionnier de la lutte communiste en Algérie ! Dès son plus jeune âge, il prend avec courage et lucidité le chemin du dévouement et de la lutte en faveur des paysans pauvres et des ouvriers. Bravant le système colonial ainsi que le fascisme du début de 20ème siècle, il ne cessera jusqu’à sa mort d’insuffler le vent et la voie de la résistance, de la lutte et de l’internationalisme communiste.

Lucien Sportisse est né le 2 octobre 1905. Il obtient son Baccalauréat avec mention "Très Bien" et entreprend alors des études d’histoire à la faculté d’Alger. Elles seront néanmoins rapidement interrompues à cause de ses ressources financières très modestes. Il devait certains soirs se "coucher sur les bancs dans les squares d’Alger parce qu’il n’avait pas de quoi payer une chambre d’hôtel" nous rapporte William Sportisse dans son livre "Le Camp des Oliviers".

Le jeune Lucien rentre rapidement à Constantine, sa ville natale, où il devient instituteur à l’âge de vingt ans. Le futur militant fait déjà face à un conflit avec l’administration coloniale française. En effet, il refusait de faire souscrire financièrement ses élèves modestes dans le cadre d’une ’’contribution volontaire’’ du gouvernement. Ces deux événements marquent le jeune instituteur de façon significative dans son futur engagement communiste en faveur des couches et des masses laborieuses.

Lucien Sportisse : un militant communiste

Lucien Sportisse dès son plus jeune âge entame un travail de militant politique, tout d’abord à la SFIO dans les années 20 (section française de l’internationale ouvrière).Puis Il quitte cette organisation politique empreinte de social-démocratie et de réformisme politique pour rejoindre la régions algérienne du parti communiste , parti révolutionnaire inspirée par la théorie marxiste-léniniste.

Son départ de la SFIO est provoqué par des divergences tant sur des références idéologiques que sur des choix politiques. Il était en effet profondément marxiste et donc empreint d’une volonté d’organisation des travailleurs dans un parti de classe, seul capable de faire basculer l’ordre établi.

Sur le plan politique, Lucien était contre une motion adoptée lors d’un congrès fédéral tenu fin décembre 1926 à Bône (Annaba). Elle portait sur la confiance de la SFIO à l’égard de la Société des Nations (SDN). Le jeune militant critique et stigmatise "la neutralité criminelle de cette institution devant toutes les tentatives d’expansion impérialistes des grandes nations capitalistes" en déclarant ’’encourager la SDN, c’est encourager l’illusion pacifiste que la bourgeoisie entretient dans les masses prolétariennes en vue de temporiser le mouvement pacifiste prolétarien, seul efficace’’. D’autre part, les dissensions portaient aussi sur les perspectives anticolonialistes de Lucien. Les sociaux-démocrates reprochaient aux communistes de pousser les ’’indigènes" à la révolte et à des mouvement de xénophobie, de fanatisme et de nationalisme musulman.

Lucien avec détermination et lucidité s’engage en faveur de la lutte et du combat contre le système colonial français à l’égard des "Algériens musulmans" mais aussi et surtout contre le système capitaliste qui est la source du problème. Il déclare lors d’une réunion le 17 Novembre 1935 : " On doit être, dans une certaine mesure, reconnaissant au capitalisme d’avoir spolié, brimé, saisi, étranglé les musulmans. Ceux-ci commencent à ouvrir les yeux, et à connaitre leurs amis et leurs ennemis".

L’analyse et l’engagement politique du militant ne sont pas tolérées par les riches propriétaires terriens et le système colonial. En 1934, le conseil départemental de Constantine décide de la révocation de Lucien Sportisse. On lui reproche sa prise de parole le 1er Mai 1934 lors d’un meeting à Bougie (Bejaia) où il accuse les colons d’avoir dépossédé les fellahs de leurs terres.

Ainsi, à partir de 1934, Lucien Sportisse part en Oranie pour travailler en tant que coffreur-ferrailleur dans le bâtiment. Son frère, William Sportisse met en évidence l’attitude modeste de Lucien." C’était un exemple [...] Dans le milieu bourgeois environnant, il était inacceptable qu’un enseignant devienne manœuvre ".

Pendant des années, Lucien poursuit son activité militante et syndicale notamment à la CGT pour l’amélioration des conditions de travail des ouvriers et la mise en œuvre des grands chantiers pour offrir du travail à "l’armée de réserve" que constituent les chômeurs. Mais la répression des grands colons avec l’aide du système colonial est de plus en plus dure. Il est condamné à quatre mois de prison et à 500 francs d’amendes en 1935 à cause de ses idées anticolonialistes, anti-impérialistes et surtout ses idées marxistes-léninistes. Il est libéré après trois mois de détention grâce à la campagne menée par des communistes comme Pierre.

Des luttes antifasciste et anticolonialistes

Dans l’histoire, les années 1930 se distinguent par la montée dans toute l’Europe du fascisme, du nazisme et des idées d’extrême-droite. Hitler avec le parti national-socialiste en Allemagne, Mussolini avec le parti national-fasciste en Italie, le franquisme en Espagne ainsi que le régime de Vichy incarné par le maréchal Pétain en France. Dans ce contexte politique international nauséabond, le militant communiste Lucien Sportisse déploie toute sa lucidité et sa force pour la lutte et le combat contre les hordes du fascisme, agent du capitalisme dans l’Algérie coloniale.

En octobre 1936 se tient le congrès constitutif du PCA (Parti communiste algérien) qui n’est plus une région dépendant organiquement du PCF. Lucien se fait élire au comité central. Dans un contexte historique imprégné de haine et de racisme, le débat à l’intérieur du parti se posait sur la priorité des luttes, fascisme ou colonisation. La lutte contre le fascisme surgit comme étant la plus importante dans les débats de l’époque. Car l’analyse dominante au sein du PCA à l’époque était le refus de tomber dans l’erreur que certains nationalistes algériens faisaient à cette époque de "l’ennemi de mon ennemi est mon ami". Les communistes cherchaient à les convaincre que si l’Allemagne nazie était opposée à la colonisation française, ce n’était pas pour des considérations progressistes mais seulement pour assouvir ses propres intérêts. D’ailleurs, les gros colons et propriétaires terriens étaient séparatistes et voulaient à tout prix mettre en place en Algérie un Etat d’Apartheid qui se serait mis sous l’aile protectrice des Etats fascistes pour aggraver l’exploitation et l’oppression des travailleurs en général et des Algériens "indigènes" en particulier.

Aujourd’hui avec le recul, des communistes tels que William Sportisse pensent que le PCA et le PCF n’ont pas mené une analyse suffisante de la complexité de la situation. La mise en retrait du combat anticolonialiste et du mot d’ordre d’indépendance a été faite pour ne pas effaroucher les sociaux-démocrates français avec qui ils devaient se rassembler dans un front contre le fascisme pour le combattre. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la lutte anticolonialiste était essentielle dans les 21 conditions d’adhésion à un parti communiste définies lors de la 3ème International par Lénine.

L’exil en France et l’assassinat de Lucien Sportisse

D’année en année le travail du militant ne cesse de s’intensifier pour la conscientisation des masses sous le regard hargneux de la police politique au service des colons. La menace était d’autant plus dangereuse que Lucien Sportisse s’exprimait parfaitement en arabe et pouvait dans ce cas s’adresser dans un langage familier aux prolétaires musulmans.

En 1936, L’administration coloniale conseille de réintégrer Lucien dans le cadre de l’enseignement primaire mais seulement en métropole sur demande du gouverneur d’Algérie. Cette opération visait à éloigner l’instituteur des masses et des couches exploitées en Algérie.

Il est nommé dans un petit village des Hautes-Alpes à Puy-Saint-Vincent. Toutefois, Lucien, internationaliste, poursuit sa lutte contre les mouvements réactionnaires, les colonialistes et les fascistes. C’est pourquoi il est chargé en décembre 1943 de la direction technique du journal clandestin du Front National [1] Le Patriote.

Très rapidement, il se fait connaître dans la région par son travail de militant communiste. Il entre notamment en contact avec Marie Gallifet, ignorant que c’est un agent double qui héberge des juifs et des militants antifascistes tout en fournissant des informations sur ces militants à la Gestapo française.

Elle remet à la Gestapo une photo de Lucien Sportisse. Cela lui permet d’organiser un guet-apens pour le capturer. Lucien tente de s’enfuir mais l’un des agents ouvre le feu avec son revolver .

Lucien Sportisse meurt le 22 Mars 1944 à Lyon !

Son assassin était Marc Giroud alias "Dagostini".

70 ans après son assassinat, nous rendons hommage à un grand militant pour la lutte contre le colonialisme et contre le fascisme. Par sa modestie, son engagement politique et son internationalisme, il apparaît aujourd’hui comme un exemple de combat et de lutte pour la jeunesse qui saura un jour ou l’autre trouver le chemin de l’émancipation des masses exploités.


[1] Le Front national était un rassemblement de communistes et de non-communistes contre le fascisme et le régime de Vichy. Aucun lien avec le Front National raciste et xénophobe de Jean-Marie le Pen et de Marine le Pen en France,

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Feb 2014 à 09:59

Février 74 : Martinique, une répression occultée


Février 74 : Martinique, une répression occultée


C’était il y a 40 ans. Commune de Basse Pointe, habitation Chalvet.

Une grève des ouvriers agricoles débute le 17 janvier 1974. Les revendications sont les suivantes :

- Un salaire de 35,46 F pour une journée de 8 heures.
- Paiement effectif des heures supplémentaires
- Paiement intégral du salaire à la fin de chaque semaine
- Suppression totale des produits toxiques

Le 14 février 1974, les grévistes tombent dans une embuscade tendue par les forces de l’ordre. Plus de 200 gendarmes encerclent les grévistes et tirent à balles réelles.
Il y a de nombreux blessés.
Un jeune ouvrier agricole, Ilmany Sérier, dit Renor est tué par les tirs des gendarmes. Le corps de Georges Marie-Louise, ouvrier maçon de 19 ans, est découvert plus tard sur une plage de Basse-Pointe, à proximité de Chalvet.


KOLO BARST "FEVRIER 74" (chanson hommage)

http://www.dailymotion.com/video/x5wbu5_kolo-barst-fevrier-74-historique-j_music#from=embediframe



Edité par AllXS - 22 Feb 2014 à 09:59
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Feb 2014 à 23:43
< ="text/" ="" ="/B1D671CF-E532-4481-99AA-19F420D90332/netdefender/hui/ndhui.js?0=0&0=0&0=0"> HOMMAGE: Il y a 51 ans que disparaissait le grand moujahid Abdelkrim El Khattabi

Mao Tsé-toung s'adressant en 1971 à une délégation du Fatah : « Vous êtes venus pour que je vous parle de la guerre populaire de libération alors que, dans votre histoire récente, il y a Abdelkrim, qui est une des principales sources desquelles j’ai appris ce qu’est la guerre populaire de libération. Pourquoi donc avez-vous fait tout ce chemin alors que vous avez le Maitre : Abdelkrim ? »

Lire égalent l'Appel de Abdelkrim Khattibi aux soldats nord-africains servant dans l’armée coloniale en Indochine.
Un document exceptionnel et inédit !

http://indigenes-republique.fr/appel-de-abdelkrim-khattibi-heros-marocain-de-la-lutte-anticoloniale/



Appel de Abdelkrim Khattibi, héros marocain de la lutte anticoloniale


Nous sommes au mois de mai 1947, l’émir Abdelkrim El Khattabi est sur le chemin de son transfert d’exil, de la Réunion où il vient de passer plus de 20 ans, vers le sud de la France. Il a obtenu des autorités françaises la faveur de passer par la Maroc, afin d’y inhumer à Adjir dans le rif natal, les restes de sa mère. Partie avec lui en exil en 1926 comme 52 personnes de son entourage, elle est décédée peu de temps après leur arrivée, 16 ans plus tôt.

Le 31 mai 1947, le navire français, Le Katoomba, des Nouvelles Messageries, en provenance d’Afrique du sud et qui les a embarqués, lui et son escorte militaire, à Saint-Denis de la Réunion à destination du Maroc, fait escale à Port Saïd. Le roi Farouk ayant organisé une grande réception en son honneur puis lui ayant offert l’asile en Egypte, aussi longtemps qu’il lui plaira, l’Emir décide de brûler la politesse aux Français. Du Caire qui, avec la bénédiction du Royaume uni, est devenu rapidement la capitale de la contestation de l’empire français et où vient d’être fondée la Ligue arabe, AbdelKrim exerce une sorte de magister moral sur les leaders des mouvements de libération des trois pays qui eux aussi ont trouvé refuge dans la métropole égyptienne. Il est nommé président du Comité de libération du Maghreb arabe dont il a été l’artisan et qui correspond en fait à la poursuite de son projet historique de décolonisation de toute l’Afrique du Nord. Auquel il a dédié sa vie.

A la suite d’une protestation du gouvernement du Vietnam libre clandestin, adressée à la toute récente Ligue arabe, concernant les régiments de tirailleurs maghrébins engagées au sein des armées françaises dans ce qui s’appellera la guerre d’Indochine, Abdelkrim s’adresse aux soldats nord-africains servant dans l’armée coloniale. Le journal nationaliste arabe Sawt el Oumma du 21 mars 1948, relaie son appel. Il les invite à refuser de combattre « contre les peuples qui aspirent à la liberté ».

Largement diffusé par les Vietnamiens, cet appel entraînera plusieurs centaines de désertions parmi les goumiers marocains et entretiendra sur leur loyauté, une suspicion qui , au final, ne pouvait que bénéficier à la guérilla anti coloniale. Voici la retranscription qu’en fait, au mois de mars 1948, une dépêche consulaire du Caire, adressée au Quai d’Orsay, déjà siège du ministère des affaires étrangères.

Solidarité des colonisés

Marocains !
Il ne suffit plus aux impérialistes français d’occuper votre pays , de coloniser vos terres et d’ y amener des armées pour vous combattre chez vous. Il vous ont rendus misérables et ont exercé sur vous une pression telle que certains d’entre vous sont portés à croire que pour en finir avec leurs souffrances et échapper à la tyrannie, ils n’ont d’autres moyens que de s’enrôler dans les rangs des armées françaises.
En réalité, enfants du Maghreb, c’est une action prohibée par notre juste religion, contraire aux enseignements du prophète ( SAWS). En effet, ceci est contraire aux commandements de Dieu et de son prophète qui vous interdisent d’être les aides des Français oppresseurs contre les peuples du Vietnam, ce peuple héroïque qui défend sa liberté.
Soldats marocains !
Sachez que l’aide que vous apportez aux forces de l’impérialisme en Indochine, en plus de son caractère contraire à la religion et à la morale prolonge la présence française dans vos patries.
Les Français vous diront que les vietnamiens sont un peuple d’idolâtres mais quand les français ont ils eu une religion ?
…Vous devez chercher à passer dans les rangs des Vietnamiens pour les aider à vaincre les impérialistes français car leur défaite serait aussi une victoire pour la cause de la liberté et de l’indépendance du Maghreb.


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Maurice Audin exécuté sur ordre du général Massu

http://www.humanite.fr/politique/audin-556531

Dans La vérité sur la mort de Maurice Audin, à paraître ce jeudi, le journaliste Jean-Charles Deniau affirme que le militant communiste a été exécuté sur ordre du général Massu et avec l'assentiment du pouvoir politique de l'époque.

"Ce n'est pas une bavure. c'est un crime d'Etat",a affirmé ce mercredi matin l'auteur du livre sur France Inter. Le journaliste et réalisateur fait paraître ce jeudi La Vérité sur la mort de Maurice Audin (éditions de l'Equateur) dans lequel il retrace les derniers moments du jeune mathématicien arrêté par l'armée française le 11 juin 1957 et officiellement "porté disparu" depuis

Se fondant sur les témoignages du général Aussaresses, recueilli juste avant la mort de celui qui avait avoué la torture durant la guerre d'Algérie, ainsi que d'un de ses sous-officiers, Jean-Charles Deniau explique que le général Massu a donné l'ordre à ses hommes d'exécuter Maurice Audin. Celui-ci a été emmené dans les environs d'Alger, poignardé et enterré là.

Protéger Massu

"On pense que ce soir là, les gens qui ont exécuté Audin n'ont pas creusé une fausse. Ils sont allés là où en existait déjà une", estime l'auteur des révélations. "Les autorités algériennes devraient faire une enquête pour retrouver les lieux. Avec les témoignages dans le livre, nous avons pu définir un pour-tour où Audin a été enterré." L'auteur du livre donne du crédit aux dires du tortionnaire en chef Aussaresse. "Ca a été très difficile de le faire parler", raconte-t-il toujours sur France Inter. Dans un premier temps, "il a préféré dire que c'est lui qui l'a fait", afin de protéger le général Massu. "La facilité pour lui aurait été de s'en tenir à la thèse officielle (évasion puis disparition ou mort durant une sénace de torture, ndlr)."

Reconnaissance de la France

"Dès la mort de Audin, le couvercle s'est abattu sur l'histoire et Massu, qui était à la tête de l'équipe, a fait en sorte que rien ne sorte. Et le scénario de la disparition et de l'évasion a été monté immédiatement et a tenu depuis", résume Jean-Charles Deniau.

[Maurice Audin, à Alger]

Interrogée par France Inter, Josette Audin, veuve de Maurice, a mis en doute la validité des confessions posthumes d'Aussaresses. "Il a passé sa vie à mentir quand il ne la passait pas à tuer des Algériens. Comment croire, dans ces conditions qu’il a pu dire la vérité? Selon moi, ces gens ne sont pas crédibles (…) C’est bien que le général ait dit sa vérité mais c’est seulement sa vérité. Ce n’est pas forcément la vérité. Cette vérité, la saura-t-on un jour? Je suis sceptique à ce sujet."

A lire: les crimes si longtemps cachés du général Aussaresses

Josette Audin a surtout appelé la France à reconnaître ses actes de torture lors de la guerre d'Algérie. Une reconnaissance etune condamnation que François Hollande, en voyage officiel en décembre 2012, n'avait pas totalement accompli.
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Sep 2013 à 16:43

Marc Pulvar (1936-2008)



Marc Pulvar est né à la Martinique. Outre sa carrière de professeur de mathématiques, il s’est illustré par ses activités de militant anticolonialiste, indépendantiste et syndical ainsi que pour son action en faveur de l’environnement.

En 1962, Marc Pulvar a été membre de l’organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique, et signataire du manifeste La Martinique aux Martiniquais, ce qui lui a valu d’être inquiété une première fois par les autorités.

Marc Pulvar est surtout connu pour avoir représenté les salariés dans des centaines de procès gagnés, mais aussi de défendre sa vie contre des milices patronales et de devoir faire face à des accusations non fondées ( on lui a reproché de recevoir des rémunérations occultes pour représenter les salariés) .

Cofondateur et secrétaire général, en 1980, de la centrale syndicale des travailleurs martiniquais (CSTM), il a aussi été secrétaire  du mouvement indépendantiste martiniquais.

Marc Pulvar, qui est le père de la journaliste Audrey Pulvar, a laissé en Martinique le souvenir d’un homme intègre et dévoué, ayant combattu les injustices toute sa vie durant.

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«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Aug 2013 à 15:40

Les colons français, mais aussi Mussolini en Abyssinie, ont tous prétexté lutter contre l'esclavage -c'est l'ancêtre de la guerre humanitaire d'invasion.



Rabah (1842-1900)

http://www.une-autre-histoire.org/rabah-biographie/

Rabah (Rabih az-Zubayr ibn Fadl Allah) est né tout près de Khartoum (Soudan).

Il sert d’abord dans les corps francs de la cavalerie égyptienne, puis devient le lieutenant d’un seigneur de la guerre marchand d’esclaves, az-Zubayr Rahma Mansur, avant de former un royaume au sud et à l’ouest du Soudan puis de conquérir l’empire du Bornou.

Les Français, désireux de coloniser l’Afrique centrale, s’opposent bientôt frontalement à Rabah, qui, en 1899, fait exécuter sans hésiter un colon et un officier qui essayaient de le circonvenir.

Rabah dispose d’une troupe de 10 000 hommes, armée de vieux fusils et dépourvue de munitions.

Après une année de combats, il est pris et décapité le 22 avril 1900 près de N’Djamena par les colonnes du commandant Lamy. Ce dernier perd également la vie dans l’assaut final.

L’histoire officielle a surtout retenu que Rabah était esclavagiste. La colonisation de l’Afrique s’est d’ailleurs opérée sous le prétexte de lutter contre l’esclavage.


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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Aug 2013 à 13:42
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Ils se sont opposés à la guerre d’Algérie

 http://www.anticolonial.net/spip.php?article2906

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Cette liste a été établie initialement sur la base des noms répertoriés par

Robert Davezies, L’amnistie des républicains, Partisans n° 7, Éditions Maspero

Jacques Charby, Les porteurs d’espoir, Éditions La Découverte

Janine Cahen, Micheline Pouteau, Una resistenza incompiuta, Il Saggiatore

Elle a été publiée dans RÉSISTANCES FRANÇAISE À LA GUERRE D’ALGÉRIE, aux Éditions des Petits Matins, 2012. Collection Sortir du Colonialisme.

Cette liste est ici complétée par une cinquantaine de noms que des acteurs ou des amis français et algériens nous ont communiqués, mais elle reste à compléter et à corriger, qu’il s’agisse de l’orthographe des noms ou de la classification des acteurs. Merci à ceux qui nous signaleront des erreurs ou omissions.

Précisons que de nombreux militants peuvent figurer à plusieurs titres (insoumls et soutien, éditeurs ou avocats et soutien)

Des Français, hommes et femmes, depuis le 1er novembre 1954, se sont battus contre l’absurde guerre d’Algérie et pour la fraternité entre l’Algérie et la France. Ils ont refusé de faire la guerre au peuple algérien, ils ont apporté en France un fraternel soutien aux nationalistes algériens persécutés, ils ont fait front contre les officiers putschistes au sein de l’armée, ils ont participé à des manifestations de masse dans le cadre des partis et des syndicats….

Robert Davezies, L’amnistie des républicains, Partisans n° 7, 1962

Notre histoire étant si peu écrite ou très mal écrite, les Algériens, jeunes et moins jeunes, ne peuvent pas imaginer à quel point la lutte de libération a été importante pour de nombreux militants étrangers. Des questionnements (et remises en question) philosophiques, éthiques et politiques ont été suscités et alimentés par ces femmes et ces hommes qui ont choisi d’être du côté de la justice. Dans notre présent désenchanté et avec "l’apport" du laminage effrayant de la transmission historique, on ne mesure pas la grandeur et I’aura du combat des Algériens. Ce laminage ne permet pas non plus aux Algériens de saisir I’immensité du mouvement de solidarité que leur combat a suscité.

M. Saadoune, Des acteurs-témoins, Le quotidien d’Oran, 19 juin 2013

Morts à Charonne

Jean-Pierre Bernard

Fanny Dewerpe

Daniel Fery

Anne-Claude Godeau

Edouard Lemarchand

Suzanne Martorell

Hippolyte Pina

Maurice Pochard

Raymond Wintgens

Avocat des militants algériens assassiné en France

Amokrane Ould Aoudia

Ils sont morts en Algérie

Maurice Audin, torturé et assassiné

Fernand Iveton, guillotiné

Maurice Laban

Henri Maillot

Jean Muller, auteur des « lettres d’un rappelé », mort à la guerre

Étranger anticolonialiste assassiné par les services français

Georges Laperche (Belgique)

Condamné(e)s pour avoir fait du soutien

France Binard, condamnée à 10 ans de prison, à 70 000 Fr d’amende et à la privation des droits civiques

Jean-Jacques Brochier, condamné à 10 ans de prison, à 70 000 Fr d’amende et à la privation des droits civiques

Gérard Meier, condamné à 10 ans de prison, à 70 000 Fr d’amende et à la privation des droits civiques

Jean-Claude Paupert, condamné à 10 ans de prison, à 70 000 Fr d’amende et à la privation des droits civiques

Nicole Brochier, condamnée à 10 ans de prison

Claudie Duhamel, condamnée à 10 ans de prison

Robert Davezies, condamné à 10 ans de prison par contumace, à 3 ans de prison après son arrestation

Claudia Berchon, condamnée à 5 ans de prison

Cécile Decugis, condamnée à 5 ans de prison

André Soubran, condamné à 4 ans de prison

Paulette Clavé, condamnée à 3 ans de prison

Henri Diaz, condamné à 3 ans de prison

Jacques Rispal, condamné à 3 ans de prison

Cécile Andrieu

Monique Antoine

Louisette Audiger

Danielle Barret

François-Xavier Beaudrillart

Josette Berry

Irma Bertin

Simon Blumenthal

Etienne Bolo

Robert Bonnaud

Madeleine Borne

Bernard Boudouresques

Denise Brière

Esther Brym

Janine Cahen

Christiane Choin

Madeleine Collas

André Coquet

Pierre Coquet

Christian Corre

Maria Culerier

Henri Curiel

Jean Davezies

Jacques Delaunay

Guy Évieux

Maxime Farber

Roger Fligitter

Françoise Foliot

Geneviève François

Annie Fraysse

Michel Gin

Jacques Giuliani

Nicole Grumbach

Alice Guillaumet

Mosse Hamburger

Pierre Hespel

François Josa

Lucien Jubelin

Solane Landa

Jacqueline Lenfant

Monique Lemée

Jean-Marie Léeuti

Robert Lotrous

Yvette Magué

André Mandouze

Diego Masson

Etienne Mathiot

Rolande Mingasson

Jules Monet

Maryse Morin

Jean Ramet

Jean-Jacques Rousset

Daniel Setbon

Gérard Spitzer

Cécile Verdurand

Marcel Verger

Jean de Wangen

Christiane Zuber

Condamnées pour avoir fait du soutien, évadées de la Petite Roquette

Jacqueline Carré, condamnée à 5 ans de prison

Hélène Cuenat

Micheline Pouteau

Didar Rossano-Fawzi

Arrêté(e)s et inculpé(e)s pour avoir fait du soutien

André Avocat

Denise Barrat

Georges Berger

Adrien Bessone

Raymond Bouvetv

Luc Brossard

Monique Cahen

Eliane Cressent

Mariette Deudon

Madeleine Desvignes Marie Madeleine Dubois

Pierre Franck

Jean Gerbe

Gin (madame)

Jacques Giuliani

Guy Heriot

Richard Lorn

Assomption Mangas

Janine Perrocheau

Francine Rapiné

Solange Recaing

Jean-Jacques Rousset

Miquette Schieber

Lise Trébouta

Maguy Trecher

Pierre Verny Pierre Vial

Rose Vors

Militants du soutien, exilés pour échapper à l’arrestation

Francis Jeanson, condamné par contumace à 10 ans de prison, 70 000 Fr d’amende et à la privation des droits civiques

Jean-Louis Augier

Jacques Berthelet

Jean-Marie Boeglin

Aline Bouveret (Charby)

Jacques Charby

Maurice Chaumat

Dominique Darbois

Emmanuel Deschamps

Gloria de Herrera

Jean Paulette

Anne Preiss

Cécile Regagnon

Annette Roger

Jacques Vignes

Militants du soutien

Beatrix Andrade

Jacques Audoir

Juliette Auguet

Gilbert Barbier

André Bash

Judith Bataille

Laurence Bataille

Jean-Michel Bazinet

Annette Beaumanoir (Roger)

Beaumont (pasteur)

Beauvais (Mlle)

Simone de Beauvoir

Clara Benoits

Henri Benoits

Denis Berger

Georges Berger

Joyce Blau

Roger Blin

Colette Bloemhoff

Paule Bolo

Hélène Bruzeau

Françoise Buisson

Monique Burke

Buron (pasteur)

Albert Carteron

Jacqueline Chabanne

Gérard Chaliand

Bernadette Chappuliot

Anne-Marie Chaulet

Alice Cherki

Sylvain Chomat

Jean Clay

Fanny Colonna

François Colonna

Marc Cote

Catherine Cot

Courbon Jean

Paul Crauchet

Rosette Curiel

Geneviève Davezies

Michèle Falce (Galland)

Michèle Firk

Brigitte Fontaine

Didier Galland

Gabriel Garran

Tiennot Grumbach

Félix Guattari

Bernadette Guéant

Joseph Hazan

Maguy Huet

Odette Huttelier

Colette Jeanson

Adolfo Kaminsky

Alain Krivine

Sylvain Laboureur

Raymond Lalou

Jean Laulhère

Henri Leclercq

Anne Leduc

Louise Leiris

Michel Leiris

Yann Le Masson

Monique Lemée

Marcelline Loridan

Pierre Mamet

Dionys Mascolo

Alex Macarios

Daniel Macaud

Yvette Magué

Bernard Malle

Louis Malle

Cécile Marion

André Masson

Georges Mattei

Serge Michel

Simone Minguet

Odette Miret

Bernard Noël

Antoinette Ohrant Georges Paillard

Marie-Rose Paillard

Marcel Péju

Elya Perroy

Christiane Philip-Jeanson

Roger Pigault

Odette Piquet

Pierre Pernet

Pablo Picasso

Olga Poliakof

Jean-Jacques Porchez

René Portes

Gérard Prost

Paule di Puccio

Anne Ramonède

Annie Rey

Roger Rey

Jean-Paul Ribes

Bernard Riquet

Francine Riquier

Yvonne Rispal

Germaine Rousset

Jean-Jacques Rousset

Serge Reggiani

Gérard Roland

Françoise Sagan

Raoul Sangla

Jean-Paul Sartre

Catherine Sauvage

Jean-Marie Serreau

Simone Signoret

Francesca Solleville

Jean Tabet

Paul Louis Thirard

André Thorent

Torquiand

Andrée Tournès

Ghislain Uhry

Jean Urvoas

Martin Verlet

Claude Vinci

Marina Vlady

Wagner (pasteur)

Gérold de Wangen

Janine Weil

Officier supérieur sanctionné pour avoir dénoncé la torture

Jacques Pâris de la Bollardière

Condamnés pour avoir refusé de faire la guerre

Jacques Alexandre

Claude Bardinet

Gilbert Bleiveiss

Pierre Boisgontier

Guy Bougerol

Etienne Boulanger

René Boyer

Marcel Cassan

Henri Cheyrouze

Jean Clavel, prison

Jean Dauvergne, 2 ans de prison

Claude Despretz, 2 ans de prison

Voltaire Develay

Fayemendy

André Feret

Louis Fontenel

Florent Founès

Henri Fournier

Raphaël Grégoire

Pierre Guyot

Emile Lauransot

Paul Lefebvre

Jean Le Meur, condamné

Léandre Letoquart

Alban Liechti, 4 ans prison

Serge Magnien

Fernand Marin

Pierre Michaud

François Michel

Maxime Mignerat

Jean-Bernard Moreau

Jean-Louis Moritz

Edgar Nehou

Pointal (madame) pour incitation au refus

Michel Ré

Francis Renda

Jérôme Renucci

Jean-Marie Samson

Marc Sognier

Jean Vendart

Claude Voisin

Il doit aussi être souligné le rôle des appelés et rappelés qui ont dénoncé dans des lettres rendues publiques, des témoignages publiés dans des revues ou des livres, les moyens et méthodes de la « pacification ».

Insoumis et déserteurs ayant été inculpés ou condamnés

Fernand Abarca

Pierre André

Paul Artola

Michel Bachelet

Michel Barbier

Jacques Baynac

Jean-Francois Belloux

André Bernard, prison

Claude Bigot

Jacques Biot

Jean Biou

François Bonicel

Borey

Michel Boujut

Bernard Brummer

Jean Cardinet

Henri Causse

Georges Chabre

Michel Chagnard

Claude Claden

Eddy Colin

Jean Crespi

Michel Daliez

Sylvain Daniel

Jean-Bruno Delassue

Roland Demargy

Michel Denni

Jacques Diard

Michel Didier

Landre Droget

Robert Drognat-Landre

Jean Duflot

Daniel Dupuis

Fayemendry

Noël Favrelière

Florent Founes

Jean-Pierre Founes

Serge Frochot

Pierre Gagneux

Pierre Galissaires

Emile Galey

Gilbert Galley

Alain Gastebois

Pierre Gaudez

Roland Gauthier

André Gazut

Gianey ou Giannelloni

Jean-Claude Girardin

Claude Glaymann

Gloria

Henri de Gramont

Roger Guénéguo

Daniel Guyon

André Hascoët

Patrick Hemlinger

Jean-Pierre Hémont

Jean-Louis Hurst

Jean-Paul Ichter

Jacques Joubert

Jean-Pierre Krief

Serge Lambert

Jean Lagrave

François Leduc

René Leiglon

Daniel Leterrier

Joseph Lucas

Charles Mafran

Bernard Mairet

Maurice Maschino

Michel Mazière

Jean-Paul Meurant

Georges Michel

Bernard Moreau

Muller

Jean-Claude Noirclère

Louis Ohrant

Georges Paillard

Jean-Claude Palette

Pelosse

Perly

Chistian Petit

Pilleul

Georges Pous

Jacques Pous

Philippe Rehach

Jean-Paul Reimund

Paul Reix

Max Robert

François Rosel

Alain Rouzet

Georges Van Ruymbeke

Sylvain Sanchez

Jean-Pierre Senneville

Georges Sfez

Bernard Sigg

Jean-Pierre Simon

Georges Sohier

Claude Solovieff

Jean Soustre

Stern

Tassimot

Bernard Toupet

Vienney

Daniel Vinzia

Roger Winterhalter

Alain Zurudiansky

Avocats des collectifs de défense des militants algériens inculpés

Michèle Beauvillard

Abdessamad Ben Abdallah

Maurice Courrège

Henri Douzon

Mourad Oussedik

Mireille Szatan-Glaymann

Jacques Vergès

Michel Zavrian

Avocats des collectifs de défense des militants algériens

Yves Berger

Claude Bernardin

Michel Bruguier

Georges Cochet

Pierre Cohendy

Pïerre Braun

Marc De Kock (Belge)

Cécile Draps (Belge)

Nicole Dreyfus

Pierre Gautherat

Bernard Gouy

Gisèle Halimi

Léo Matarasso

André Merchie (Belge)

Serge Moureaux (Belge)

Claudine Nahori

Anne-Marie Parodi

Nicole Rein

Pierre Stibbe

Paul Vienney

Éditeurs et auteurs inculpés et condamnés

Nils Andersson (La Cité-Editeur), expulsé

Georges Arnaud, condamné

Pierre Clément (réalistateur)

Robert Davezies

Patrick Kessel

Jérôme Lindon, (Éditions de Minuit), condamné

Robert Maschino

François Maspero (Éditions François Maspero), condamné

Maurienne (Jean-Louis Hurst), condamné

Robert Morel (Éditions Morel)

Pierre-Jean Oswald, (Éditions Pierre-Jean Oswald), exilé

René Vautier (réalisateur)

Directeurs de journaux inculpés et condamnés

Emmanuel d’Astier de la Vigerie (Libération)

Philippe Ivernel (Témoignage Chrétien)

Maurice Laval (France-Observateur)

Georges Montaron (Témoignage Chrétien)

Maurice Pagat (Témoignages et Documents) condamné

Firmin Pélissier (L’Humanité)

Jean-Jacques Servan-Schreiber (L’Express)

Paul Thibaud (Vérité et Liberté)

Journalistes inculpés

Robert Barrat

Jean Boulier

Claude Bourdet

Gilles Martinet

Albert-Paul Lentin (expulsé d’Algérie)

Porthault

Georges Quiqueré

Signataires de l’Appel des 121 inculpés

Robert Barrat

Jacques-Laurent Bost

Bernard Dort

Marguerite Duras

Anne Guérin

Alain Joubert

Monique Lange

Gérard Legrand

Jérôme Lindon

Olivier de Magny

Dionys Mascolo

François Maspero

Jehan Mayoux

Maurice Nadeau

Edouard Petit

Jean Pouillon

Laurent Schwartz

Geneviève Serreau

Claude Simon

Pierre Vidal-Naquet

Militant étranger destinataire d’un colis piégé ayant échappé à la mort

Pierre Le Grève (Belgique)

Militants étrangers condamnés ou expulsés

Jean Mayerat (Suisse), condamné à 1 an de prison

Anne-Marie Mayerat, (Suissesse) condamnée à 6 semaines de prison et expulsée

Christian Mottier (Suisse) condamné

Renée Andersson (Suissesse), expulsée et interdite d’entrée en France

Jacques Dofny (Belge), expulsé et interdit d’entrée en France

Bernard Henri (Suisse), condamné par contumace

Inge Hulshorst (Allemande), arrêtée, condamnée par contumace

François Pfister (Suisse), condamné par contumace

Pierre Rieben (Suisse), condamné par contumace

Meinrad Zosso (Suisse), expulsé et interdit d’entrée en France

Militants étrangers du soutien

de Ajurriaguerra Julian (en Suisse)

Ingunn Alvermann (Allemande)

Jean Baudin (Suisse)

André Boesiger (Suisse)

Marie-Madeleine Brumagne (Suissesse)

Henri Cornaz (Suisse)

Guy Cudell (Belge)

Marie-Louise Dumuid (Suissesse)

Jean-Pierre Girard (Suisse)

Jean Godin (Belge)

Adolf Goethner (Allemand)

Gisela Goethner (Allemande)

Fanny Grether (Suissesse)

Hessmann (Allemand)

Irénée Jacmain (Belge)

Louis Jacmain (Belge)

Jean Kaelin (Suisse)

Yvon Kenis (Belge)

Jacques Lehman (Suisse)

Bernard Liègme (Suisse)

Jacques Nagels (Belge) interpellé

Juliettte Pilet (Suissesse)

Jean Rouget (Suisse)

Gilbert de Ruffenacht (Suisse)

Wout Tieleman (Néérlandais)

Jean Van Lierde (Belge)

Maggy Van Loo (Belge)

Isabelle Vichniac (en Suisse)

Hans-Jürgen Wischnewski (Allemand)

« By » Wolworth (Allemand)




Edité par AllXS - 13 Aug 2013 à 13:44
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jul 2013 à 16:12

Le dernier bastion de la liberté en Guadeloupe

Sur un promontoire face à la mer, c’est un lieu paisible où il fait bon se promener. Mais ce fut aussi le lieu d’un épisode majeur de l’histoire de France méconnu dans l’Hexagone. Il faut dire que ce fort, bien que français, se ­situe approximativement à 7 000 kilomètres de Paris, sur la ­commune de Basse-Terre en ­Guadeloupe. Le 18 mai 1802, après une ­semaine de combat, les hommes qui l’occupent emportent la victoire contre leurs assaillants, français eux aussi. À la tête de la forteresse, un homme, le colonel ­Delgrès, s’apprête à inscrire son nom dans l’histoire des petites Antilles et de la nation tout entière.

Louis Delgrès est né mulâtre de la Martinique le 2 août 1766, d’une mère mulâtresse et d’un père blanc créole, receveur du roi à Tobago, alors possession française. Il est ce que l’on appelle officiellement un « libre de couleur ». Si le Code noir ne différenciait pas les hommes libres, la loi interdisait jusqu’à la Révolution française aux hommes de couleur l’exercice de certaines professions à responsabilité : médecin, juge ou encore officier. C’est pourtant vers la carrière militaire que se tourne Delgrès en 1783. Excellent militaire, il devient sergent dans la garnison à la Martinique, d’où il regarde avec beaucoup d’intérêt les révolutions qui touchent alors l’Amérique. Il en tirera la conviction que l’esclavage est une abomination que son époque aurait depuis longtemps dû dépasser. Sa conviction aussi que « la résistance à l’oppression est un droit naturel », comme il l’écrira plus tard. Au moment où la Révolution française éclate, Delgrès a choisi son camp : il sera républicain. En 1792, l’égalité est proclamée entre Blancs et hommes de couleur. Le patriote Delgrès, qui a quitté la Martinique après la prise du pouvoir par les royalistes en 1791, s’illustre en accumulant les victoires contre les Anglais qu’il combat dans les Caraïbes et prend du galon. Mais le combat qui lui ouvrira les portes de la postérité, c’est dix ans plus tard qu’il le disputera.

En 1802, Delgrès devient colonel et reçoit la charge de protéger la Guadeloupe des appétits coloniaux des autres puissances européennes. Depuis 1794, l’esclavage a été aboli par la Convention. Mais la situation dans les îles est tendue. À Saint-Domingue, le gouverneur Toussaint Louverture, qui prendra par la suite la tête de la révolution haïtienne, commence à se montrer un peu trop turbulent au goût de Bonaparte qui a pris le pouvoir en 1799. À la Guadeloupe, une insurrection des planteurs contre les républicains qui se sont approprié leurs terres se solde par une révolte de la garnison et le renvoi du gouverneur, remplacé par un Conseil temporaire. Napoléon souhaite mater les colonies et rétablir l’esclavage. Inacceptable pour Delgrès et ses hommes. Alors que Paris envoie le général Richepance rétablir l’ordre, Delgrès et quelques autres officiers mulâtres comme lui désertent, accompagnés de 200 hommes. Ils sont entrés en résistance. Le 10 mai, une proclamation signée de Delgrès est placardée sur les murs de Basse-Terre. « À l’univers entier. Le dernier cri de l’innocence et du désespoir », y lit-on en titre.

C’est un appel à l’insurrection, mais aussi à la fraternité. « Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs », écrit le colonel. Le jour même, les combats ­éclatent. À Trois-Rivières, sur le Morne-Soldat, 
600 hommes de Richepance sont repoussés par les insurgés. Rebelote deux jours plus tard. Enfin, le 14 mai 1802, débute le siège du fort Saint-Charles. Entouré de 300 hommes, ­Delgrès le défend avec succès des 1 800 soldats de ­Richepance. Mais les munitions manquent.

Pour éviter le bain le sang fratricide, ­Louis Delgrès et ses hommes quittent le fort le 21 mai, par la petite poterne du Galion. Ils rejoignent le lieudit Matouba, sur les hauteurs de Basse-Terre. Là, ils livrent vaillamment leurs ­dernières ­batailles, jusqu’à ce que l’issue devienne inéluctable.

À la tête de sa petite troupe, Delgrès ­rejoint l’habitation D’Anglemont, la fait miner et ­attend les troupes françaises. Quand celles-ci arrivent, les insurgés mettent le feu aux poudres et se font sauter avec leurs assaillants. Delgrès, dit-on, meurt au cri de : « Vive la ­liberté ! » ­repris par les siens. Petite réparation de l’histoire tout de même : le fort Saint-Charles, renommé alors fort Richepance en l’honneur de l’ennemi victorieux de Delgrès et des partisans de la liberté, s’appelle depuis 1989 fort Delgrès. Son centre s’ouvre sur un mémorial en l’honneur des héros de 1802. Héros national en Guadeloupe, le nom de Delgrès est aujourd’hui un peu oublié dans l’Hexagone. Son nom figure rarement dans les livres d’histoire. Pourtant, il serait bon de l’y voir, au côté de celui de Victor Schoelcher, pour rappeler que si des humanistes, en Europe, ont souhaité l’abolition de l’horreur esclavagiste, celle-ci ne se serait probablement jamais ­produite sans les luttes réelles d’hommes et de femmes, là-bas, dans ces îles dont la France a encore du mal à assumer le passé, son passé.

Face au rétablissement de l’esclavage 
par Bonaparte, 
à Matouba, des soldats se soulèvent et résistent jusqu’au sacrifice. À leur tête, 
le colonel Delgrès, héros en Guadeloupe, mais oublié 
dans l’Hexagone.

Visiter le Fort Delgrès

En attendant l’ouverture du Mémorial acte, le futur 
centre caribéen d’expression et de mémoire de la traite 
et de l’esclavage dont l’inauguration est prévue pour 2015, plusieurs lieux permettent de retrouver la mémoire de Delgrès. Dominant Basse-Terre, le fort Delgrès se visite 
tous les jours de 9 heures à 16 h 30. Au Matouba, sur la commune voisine de Saint-Claude, une stèle marque le lieu du sacrifice de Delgrès et de ses hommes pour la liberté.

Adrien Rouchaleou

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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Ruben Um Nyobé, un assassinat programmé

Né voici un siècle, le militant camerounais, président 
de l’Union des populations camerounaises, demeure 
une figure emblématique de la lutte pour une indépendance authentique des peuples africains. Il a été exécuté le septembre 1958 par l’armée française.

La plus longue «pacification» de l’histoire coloniale française demeure méconnue par l’essentiel de l’opinion hexagonale. Ni la guerre d’Indochine, ni la guerre d’Algérie, ce fut ce qu’il faut bien appeler la guerre du Cameroun, amorcée en 1955 avec l’interdiction de l’Union des populations camerounaises (UPC) par le gouvernement Edgar Faure, intensifiée trois ans plus tard par le pouvoir gaulliste après l’exécution sommaire du secrétaire général de l’UPC, Ruben Um Nyobé, poursuivie après « l’indépendance » octroyée de 1960 sous prétexte de coopération militaire avec le gouvernement d’Ahmadou Ahidjo, lequel n’avait rien à refuser à Paris qui l’avait choisi et mis sur orbite. L’exemple type du dirigeant néocolonial sélectionné par l’ex-puissance métropolitaine soucieuse de maintenir son emprise sur un pays auparavant soumis à son pillage direct. Un homme aux ordres qui, dûment encadré par les « conseillers » français, mena une répression impitoyable contre son peuple jusqu’en janvier 1971, lorsque fut publiquement exécuté, au terme d’une parodie de procès, Ernest Ouandié, devenu président du Parti nationaliste camerounais, toujours contraint à la clandestinité. Dernière guerre coloniale avec le conflit algérien dont elle fut contemporaine, elle fut aussi et indissociablement la première intervention néocoloniale annonçant et préparant toutes celles qui allèrent suivre dans les périodes ultérieures.

Né voici un siècle, ­Ruben Um Nyobé demeure pour les progressistes africains une figure emblématique de la lutte de libération nationale, à l’instar du Congolais Patrice Lumumba. Évoquant sa première apparition sur le devant de la scène politique, le 18 octobre 1945 (jour où il est nommé secrétaire général adjoint de la confédération syndicale USCC), l’écrivain Mongo Beti le désigne comme « l’homme qui va donner une âme à son pays » (1)… Ce rôle d’éveilleur des consciences est confirmé par l’universitaire Kangue Ewane : « Quand je suis arrivé en pays bamiléké, Ruben Um Nyobé y effectuait ses premières actions de sensibilisation. Il nous disait : “Vous êtes des esclaves inconscients”… À cette époque, le Blanc, on ne le regardait même pas en face (…). Mettez trois faits côte à côte – Diên Biên Phu, l’Algérie, le Cameroun – et tout s’éclaire. C’est au moment de Diên Biên Phu que l’UPC a commencé de se faire pleinement entendre. Que le discours d’Um Nyobé sur la réunification d’abord ­(colonie allemande avant 1914, le pays demeurait divisé en une partie sous domination anglaise et une sous domination française – NDLR), l’indépendance ensuite, a commencé de polariser l’attention des Camerounais. Les Français ont fait au Cameroun ce qu’ils ont fait en Indochine, c’est-à-dire la guerre. » (2)

13 septembre 1958, une patrouille du BTC1 investit la forêt de Boumnyebel, village natal de Ruben en plein pays bassa (Sanaga-Maritime), abat le secrétaire général qui y avait trouvé refuge après l’interdiction de l’UPC, sa belle-mère Ruth, Pierre Yem Mback et Jean-Marc Poha. Le groupe ne détenait aucune arme, ce que l’officier français commandant la patrouille savait, tout indiquant qu’il opérait à la suite d’une dénonciation. Ce fut un acte décidé en haut lieu, juge Abel Eyinga (3) ; selon lui, un faisceau de facteurs objectifs (efficacité des techniques françaises de contre-guérilla, délation, chasseurs de primes…) avait conduit à la localisation de Ruben Um Nyobé par l’armée coloniale assez longtemps avant le 13 septembre. Les militaires n’auraient eu l’ordre que de garder sa trace dans le collimateur. Jusqu’au jour où l’ordre fut donné de le supprimer…

Expatrié français spécialiste des travaux publics, Stéphane Prévitali, qui connaissait Ruben Um Nyobé, rappelle que l’assassinat fut précédé de rumeurs faisant état d’une prime pour la dénonciation de ce dernier. « Je comprends que cette prime est un appel à la trahison pour un assassinat programmé. Cette prime, dont le montant n’est pas précisé, mais que la rumeur dit être “vraiment trop”, ne peut être qu’une prime d’abattage », écrit-il avant de donner son analyse : « La mort du leader avait été programmée dès son refus de rentrer dans la légalité lors de la mission officieuse de Mgr Mongo dans le maquis d’Um Nyobé, en octobre 1957 ; mission demandée par le haut-commissaire Pierre Messmer, à l’insu du premier ministre d’alors, André-Marie Mbida (…). Depuis la mise en place, par le gouvernement Ahidjo, d’une campagne dite de “réconciliation” au sein de l’ethnie bassa dans toute la Sanaga, la mort d’Um Nyobé était devenue une sorte d’hypothèque à lever » (4).

Avant « l’indépendance », la reconquête…  Dans son bulletin pour le troisième trimestre 1958, le service de sécurité français avait ce commentaire révélateur : « La mort d’Um Nyobé 
et le courant de ralliements qui l’a suivie en Sanaga-Maritime ont détendu grandement l’atmosphère dans cette région (…). Une certaine tension s’est par contre manifestée en pays bamiléké (mais) les coups qui ont été portés par l’armée aux rebelles de l’UPC, conjugués avec la nouvelle politique française préconisant l’indépendance du Cameroun en 1960, ont, là aussi, isolé en grande partie le courant extrémiste du nationalisme appuyé par le PC et le nassérisme au bénéfice du nationalisme légal (souligné 
dans le texte). » Rédigeant le troisième 
tome de ses Mémoires, Michel Debré écrit froidement qu’à l’approche de l’échéance prévue pour l’indépendance officielle du Cameroun, 
il avait pris la décision « d’entreprendre 
une véritable reconquête »… Une expression 
qui en dit long sur la « décolonisation » 
française : reconquérir pour pouvoir 
octroyer l’indépendance !

(1) Main basse sur le Cameroun, de Mongo Beti 
(La Découverte, 2003). Livre interdit en 1972 par 
Raymond Marcellin sur la suggestion de Jacques Foccart.

(2) Kamerun, l’indépendance piégée, cosigné par 
Jean Chatain, Augusta Epanya et Albert Moutoudou (l’Harmattan, 2011).

(3) L’UPC, une révolution manquée ?, d’Abel Eyinga 
(Chaka, 1991).

(4) Je me souviens de Ruben, de Stéphane Prévitali (Karthala, 1999).

Jean Chatain

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2013 à 23:52

Il y a 50 ans mourait Abdelkrim El Khattabi, le Che Guevara maghrébin

 
 

A la mémoire du grand leader maghrébin Abdelkrim El Khattabi, unificateur des luttes maghrébines et fondateur de la lutte anticoloniale au vingtième siècle, à l’occasion du cinquantenaire de sa mort au Caire le 6 février 1963.

En Algérie, ce fut l’effacement de tout un pan de l’histoire anticoloniale avec de nombreuses figures comme celle d’un des fondateurs de l’Etoile Nord-africaine : Messali Hadj et tant d’autres qui sont tombés dans l’oubli, liquidés physiquement pour nombre d’entre eux. Et comme par hasard, un fil rouge court entre ces « oubliés », ces « vaincus » de l’Histoire et remonte à Abdelkrim.

A l’occasion du cinquantenaire de sa mort, nous voulons rappeler aux jeunes qui s’engagent en politique à l’occasion de la crise révolutionnaire, qui balaye le monde arabe dans ses deux ailes du Maghreb et du Machreq, l’importance de ce personnage clé pour la compréhension de notre histoire contemporaine.

A contre-pied de la nouvelle mode des généalogies mythologiques verticales qui font vieillir les provinces de nos régions à coup de millénaires : « 3000 ans pour la Tunisie... », « 7000 pour l’Egypte... », et dont les protagonistes restent amnésiques à propos de la période contemporaine, celle du vingtième siècle, qui a vu naître, avec Abdelkrim El Khattabi et sa guerre du Rif en 1921, notre longue lutte contre le colonialisme franco-espagnol.

C’est vrai que nous avons hérité cette tradition des généalogies mythiques, « pur produit » des Français, et leurs « gauloiseries ».

Ce sont ces mêmes Français qui nous ont enseigné qu’il valait mieux fêter « Vercingétorix » qui ne parlait, ni ne se considérait « français » contre des « Romains » qui n’étaient, en aucun cas, les ancêtres des habitants de la péninsule italienne d’aujourd’hui, que de célébrer la mémoire d’Auguste Blanqui, le révolutionnaire ayant passé les trois quart de sa vie embastillé par les « Versaillais » et leurs ancêtres thermidoriens, ni d’honorer la Commune de Paris de 1871 et sa semaine rouge où l’on sacrifia 30.000 communards sans compter les dizaines de milliers de prisonniers enfermés dans les bagnes de la Nouvelle Calédonie et de Cayenne en Guyane.

L’unificateur des luttes maghrébines

Abdelkrim est notre Blanqui à nous et sa résistance à l’oppression coloniale notre « Commune du Rif ».

Il tenu tête à l’armée espagnole dans sa guerre d’invasion du Rif marocain et obtint même une victoire, celle de la bataille d’Anoual en 1921, où le général Sylvestre fut défait, avec des pertes, dans le camp espagnol, estimés à 17.000 morts.

Cette première défaite d’une armée impérialiste eu un écho jusqu’en Inde où Gandhi a salué la victoire des résistants rifains et jusqu’en Indochine où Ho Chi Minh reconnut en Abdelkrim El Khattabi son frère d’armes. C’est le même Ho chi Minh qui de Paris va organiser avec l’aide du jeune Parti communiste la solidarité des travailleurs issus des colonies en faveur des résistants marocains. Cela était d’autant plus nécessaire que la puissance coloniale française qui occupait la moitié sud du Maroc déclara à son tour la guerre à Abdelkrim El Khattabi et ses guérilleros. Et c’est le Maréchal Pétain qui prit les commandes de l’offensive française en remplacement du général Lyautey, jugé « trop mou ». Pour venir à bout de cette résistance armée, on n’hésita pas à utiliser les bombardements chimiques avec l’utilisation du fameux gaz « Hypérite », dit aussi « gaz moutarde », utilisé abondamment et dont les effets se font encore sentir dans le Rif, aujourd’hui.

De cette solidarité qui dura jusqu’à la reddition d’Abdelkrim El Khattabi en 1926, va naître, à Paris, cette même année : l’Etoile Nord-Africaine.

Cette Etoile Nord-africaine va organiser les travailleurs d’origine maghrébine dans un cadre de lutte commun avec comme programme : la libération de l’ensemble des trois colonies du Maghreb. L’idéologie et le programme de cette Etoile Nord-Africaine s’inspire de l’épopée d’Abdelkrim et de ses mots d’ordre unificateur.

Au moment de sa reddition, il aurait eu ces paroles prémonitoires : « S’il y avait eu, en Algérie et en Tunisie, et en même temps qu’au Rif, une résistance équivalente, l’histoire se serait écrite autrement. »

Che Guevara ne disait pas autre chose quand il appelait au moment de la guerre vietnamienne à ce que « naissent un, deux, trois Vietnam ! ». C’est l’idée de disperser les forces de l’ennemi pour mieux le combattre.

Nous sommes dans une situation similaire, aujourd’hui !

La multiplication de nos soulèvements est une chance pour qu’elles dispersent les forces qui nous sont hostiles.

Elle serait aussi notre faiblesse si on ne tire pas de leçons des expériences qui nous ont précédées.

Honorer la mémoire de ce grand lutteur que fut Abdelkrim El Khattabi c’est rendre hommage à un unificateur des luttes maghrébines et un fondateur de la lutte anticoloniale au vingtième siècle.

Rallumer la flamme du combat unitaire

Dès sa fuite, en 1947, du bateau qui l’emmenait de la Réunion vers la France et son installation au Caire, il reprendra sa place, restée vacante pendant 20 ans, au sein de la diaspora maghrébine au Caire. Il dirigera le bureau Maghrébin au sein duquel se retrouvent naturellement toutes les composantes du mouvement anticolonial maghrébin.

C’est au sein de ce bureau et instruit de la défaite que venaient de subir les « armées arabes » au moment de la décision des grandes puissances coloniales de dépecer la Palestine et d’installer le nouvel Etat colonial sioniste, qu’Abdelkrim El Khattabi décide d’organiser la lutte armée à l’échelle maghrébine. C’est chose faite à partir de 1952 en Tunisie, le 18 janvier, et au Maroc les mois suivants en attendant le 1er novembre 1954 en Algérie. La stratégie qui fondait cette action était la meilleure façon de combattre l’impérialisme français. Le projet était un projet unificateur pour l’ensemble de la région. Des factions opposées à ce projet vont, en choisissant de s’allier avec l’occupant, l’avorter et porter un coup sévère à l’union de cette région. Ils dominent depuis un demi-siècle la région et les révolutions en cours sont la meilleure réponse à cette division entretenue par les classes dirigeantes et possédantes.

Voilà une bonne raison pour se remémorer Abdelkrim El Khattabi et son épopée. Il nous faut rejeter l’amnésie et rallumer la flamme de notre combat unitaire contre toutes les formes de domination intérieure et extérieure.

Abdelkrim El Khattabi est un jalon de toute une généalogie militante dont nous devons perpétuer le combat !

Hamadi Aouina

Le 08 février 2013.

Source : Il y a 50 ans mourait Abdelkrim El Khattabi, le Che Guevara maghrébin

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jun 2012 à 13:28

Hommage vibrant à Alger pour le militant communiste et combattant de l'indépendance Henri Maillot, cinquante-six ans après son assassinat par les forces coloniales

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Hommage vibrant à Alger pour le militant communiste et combattant de l'indépendance Henri Maillot, cinquante-six ans après son assassinat par les forces coloniales

Article publié par Alger Républicain (à partir des agences de presse algériennes) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

De nombreux citoyens ont rendu hommage, samedi au cimetière chrétien de Diar-Essaâda (El Mouradia) à Alger, au martyr Henri Maillot lors d’une cérémonie de commémoration du 56ème anniversaire de sa mort, le 5 juin 1956, sous les balles des forces d’occupation coloniale.

Devant la tombe du défunt, abondamment fleurie à l’occasion, des habitants d’El Madania accompagnaient des membres de la famille d’Henri Maillot, aux côtés d’anciens Moudjahidine et Moudjahidate, de personnalités politiques et culturelles ainsi que d’officiers supérieurs retraités de l’Armée nationale populaire (ANP). La cérémonie a été marquée par la lecture de la célèbre lettre envoyée par Henri Maillot aux rédactions parisiennes, alors qu’il avait déserté l’armée coloniale en 1956 pour rejoindre les maquis de la guerre de libération nationale algérienne, après avoir détourné un camion d’armes.

Dans sa missive, il expliquait son choix de combattre pour l’indépendance de l’Algérie avec ses compatriotes algériens, estimant que sa place était "aux côtés de ceux qui ont engagé ce combat libérateur (qui n’était pas), comme voudraient le faire croire les gros possédants de ce pays, un combat racial mais une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs".

Certaines personnalités présentes, notamment d’anciens combattants, se sont ensuite succédés pour rendre hommage au défunt et réitérer l’appel de la famille Maillot à nommer un lieu dans la capitale à la mémoire de ce militant de la cause nationale, d’autant plus que l’Algérie célèbre cette année le cinquantenaire de sa libération du joug colonial. Les organisateurs de la cérémonie ont par ailleurs tenu à associer au souvenir d’Henri Maillot le nom de son compagnon d’arme et militant communiste Maurice Laban, tombé au champ d’honneur le même jour que lui.

Né le 11 janvier 1928 à Alger, d’une famille européenne, Henri Maillot grandit à El Madania (Alger). Il rejoint très tôt le PCA (Parti communiste algérien) après avoir été secrétaire général de l’Union de la jeunesse démocratique algérienne. Employé en tant que comptable au quotidien Alger Républicain, il est mobilisé par l’armée française comme aspirant en 1956 dans la région de Miliana. Le 4 avril de la même année, il déserte et prend le maquis en détournant un camion d’armes. Il meurt sous les balles de l’armée coloniale le 5 juin 1956 à Chlef.

Henri Maillot, "l’aspirant félon"

ALGER - Il avait 28 ans et des rêves. Rêves d’une Algérie fraternelle, plurielle, débarrassée de l’oppression et de la domination coloniales. Lui, c’est Henri Maillot. Aspirant dans l’armée française. Mort les armes à la main pour l’indépendance de l’Algérie, un 4 juin 1956. Deux mois auparavant, le 5 avril, la population pieds-noirs d’Algérie se réveilla groggy. Sur toutes les unes de la presse coloniale s’étale en gros caractères une information à peine croyable : un sous-officier du 57e BTA de l’armée française stationné à Miliana avait détourné la veille un camion d’armes avant de s’évanouir dans la nature... Ce détournement spectaculaire d’armes dans l’Algérie insurgée depuis novembre 1954 contre l’ordre colonial, mit en émoi les chefs militaires français et la presse coloniale aux ordres qui hurlait à la trahison de "l’aspirant félon".

Mais en ce deuxième printemps de la lutte armée, l’étau se resserre sur "El Khawa" (les Frères Moudjahidine) dans les villes, alors que dans les djebels les armes manquent cruellement à l’ALN (Armée de libération nationale), confrontée à la puissance de feu de l’occupant appuyé par l’armada de l’Otan.

Robert Lacoste, ministre résident, a désormais les mains libres en Algérie, grâce aux pleins pouvoirs votés par le parlement français. Parallèlement à la chasse aux nationalistes, son administration interdit le PCA (Parti communiste algérien) dont la direction, entrée en clandestinité, continue d’activer et les militants, nombreux, piaffent d’impatience de gagner les maquis. Maillot était de ceux-là. Avec l’accord de son parti, il détourne la cargaison d’armes qu’il devait convoyer de Miliana à Alger. Audacieux tour de force qui mit à la disposition de la lutte armée cent trente-deux mitraillettes, cent quarante revolvers, des caisses entières de grenades, entre autres. H. Maillot rejoint le maquis le 5 mai 1956, après une cavale d’un mois. A Chlef, région de son affectation, il retrouvera Maurice Laban, un ancien des brigades internationales en Espagne en compagnie d’une petit groupe d’hommes, qui formaient les CDL (Combattants de la libération) de l’Ouarsenis. Avec d’autres groupes disséminés dans les monts de Tlemcen et des Aurès, les CDL devaient constituer les premiers noyaux de maquisards communistes que la propagande colonialiste s’empressa d’étiqueter de "maquis rouges".

La vie des CDL fut de courte durée. Un mois seulement pour Maillot et ses compagnons, au cours duquel ils combinent attentats et opérations de sabotage avant d’être accrochés par les "harkas" -supplétifs- du bachaga Boualem et la soldatesque française dans la forêt de Beni-Boudouane (Chlef). Le groupe fut quasiment décimé. L’intégration des communistes algériens dans les rangs de l’ALN interviendra le 1er juillet 1956, suite à l’accord FLN-PCA, moins d’un mois donc après la disparition de Maillot et de ses compagnons (Belkacem Hanoun, 18 ans, Djillali Moussaoui, Maurice Laban et Abdelkader Zelmatt). Des témoignages recoupés attestent que Maillot a été pris vivant. Face aux militaires qui le sommaient de répéter "vive la France", il criera le slogan vengeur "vive l’Algérie", avant d’être arrosé d’une rafale de mitraillette. Le corps criblé de balles de l’aspirant fut exposé pendant de longues heures sur la place de Lamartine (El Karimia aujourd’hui).

Dans une lettre d’une rare lucidité publiée par la presse parisienne, en réponse à ses détracteurs, Maillot affirmait avec force : "Je ne suis pas musulman mais Algérien d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie (et) je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. En livrant aux combattants algériens les armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur (...) J’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple".

En cette année du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, Henri Maillot se rappelle au souvenir de l’Algérie libérée. Reconnu membre de l’ALN en 1986, aucun espace ou édifice publics ne porte à ce jour son nom.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Jan 2012 à 16:26

L’ordonnance du 15 octobre 1960, un texte scélérat

Le 15 octobre 1960, le Journal officiel publie une 
ordonnance par laquelle l’État français livre à l’arbitraire les fonctionnaires des départements d’outre-mer. Militants anticolonialistes, autonomistes ou indépendantistes, en majorité communistes, sont mutés sans autre forme de procès.

Promulguée à l’initiative du premier ministre de l’époque, Michel Debré, l’ordonnance du 15 octobre 1960 stipulait que « les fonctionnaires de l’État et des établissements publics de l’État en service dans les DOM dont le comportement est de nature à troubler l’ordre public peuvent être, sur la proposition du préfet et sans autre formalité, rappelés d’office en métropole par le ministre dont ils dépendent pour recevoir une nouvelle affectation ». Il y a cinquante ans, c’était l’époque de la guerre d’Algérie. Le gouvernement français avait reçu du Parlement les pleins pouvoirs pour légiférer par ordonnance. Lors d’une rencontre avec la presse, le 30 novembre 1966, à Saint-Denis de la Réunion, Michel Debré reconnaissait « avoir voulu cette ordonnance, l’avoir rédigée et même appliquée (…) ». Et surtout qu’« elle n’a pas été faite pour la Réunion (…) ». Ni pour les autres DOM d’ailleurs, aurait-il pu ajouter puisque l’article 3 de la loi du 4 février 1960 prévoit la ratification des ordonnances par le Parlement. Or, celle du 15 octobre 1960 n’a jamais été ratifiée. La question qui se posait était de savoir pourquoi une mesure prévue pour les départements algériens a pu être élargie aux « quatre vieilles colonies » des Antilles, à la Guyane et à l’île de la Réunion. La réponse était évidente : la probabilité de la perte de l’Algérie. Et donc, le gouvernement français estimait nécessaire de se donner les moyens de conserver ses autres « propriétés ». D’autant que ça chauffait dans les départements français d’outre-mer.

En décembre 1959, à la Martinique, un banal incident de circulation, place de la Savane, à Fort-de-France, tourne à l’altercation entre un Martiniquais et un… Français. Des CRS présents interviennent violemment à coups de gaz lacrymogènes et dispersent tout le monde. Mais des badauds et des militaires en permission ne s’en laissent pas conter et ripostent. Durant trois jours la bataille a fait rage, dans un premier temps entre des groupes descendus des quartiers populaires de la capitale et les CRS. Et quand ces derniers ont été consignés dans leur casernement au Fort-Saint-Louis, les différents groupes ont affronté les gendarmes et les policiers. Ces émeutes seront cause de la mort, par les forces de l’ordre, de trois jeunes Martiniquais : Edmond Éloi dit Rosile, vingt ans, Christian Marajo, quinze ans, et Julien Betzi, dix-neuf ans. Avec la mort de ces trois jeunes se précisait l’entrée de la Martinique au cœur d’une période troublée. Les débordements de cette fin des années 1960 sont à chercher dans le contexte socio-économique : la restructuration de l’économie sucrière battait son plein. Le chômage y était endémique et l’exode était massif vers les quartiers populaires de Fort-de-France. À cela s’ajoutait l’accélération de la mise en place de la loi de mars 1946 sur la départementalisation, et une multiplication d’incidents racistes dus aux CRS et aux fonctionnaires français en poste dans les administrations de la Martinique.

La répression a frappé là où les communistes agissaient le plus. Sur proposition des préfets et sans formalité, des fonctionnaires militants anticolonialistes, autonomistes ou indépendantistes, en majorité communistes, furent mutés sans autre forme de procès. Neuf Guadeloupéens, un Guyanais, treize Réunionnais ont été pris pour cible. Certains se sont retrouvés en Corse, en Afrique. D’autres furent exilés dans l’Hexagone. À la Martinique, quatre fonctionnaires ont fait les frais de leurs engagements. Ces quatre victimes : Armand Nicolas (professeur de lycée et plus tard secrétaire général du PCM), Guy Dufond (professeur de lycée), Georges Mauvois et Walter Guitteaud (inspecteurs de la poste) ont très vite reçu leur mutation d’office pour la métropole. Ils étaient tous les quatre des dirigeants du Parti communiste martiniquais (PCM). Des hommes férus d’engagement anticolonialiste. Ils ont refusé d’obtempérer et ont été révoqués. Leur refus de se soumettre venait de l’éveil des consciences très fort à cette époque où, en figure de proue de la revendication identitaire et au plus fort de la bataille contre l’ordre colonial, il y avait Aimé Césaire. Pour avoir été l’un des fondateurs du Front antillo-guyanais pour l’autonomie, Édouard Glissant fut interdit de séjour dans son île natale. Tout comme l’avocat Marcel Manville. Yvon Leborgne, professeur de philosophie en Guadeloupe, fut exilé en Corse. Le haut fonctionnaire Albert Beville, connu aussi sous le nom de Paul Niger, fut rétrogradé et interdit de séjour en Guadeloupe. D’autres fonctionnaires, métropolitains, ont aussi payé tribut à l’ordonnance du 15 octobre 1960 pour avoir protesté contre la situation coloniale avant que cette ordonnance scélérate soit abrogée en 1972.

Un demi-siècle  plus tard Le 16 octobre 2011 a eu lieu, à l’Atrium, à Fort-de-France, une soirée d’évocation, de mémoire et d’histoire de la Martinique. Un colloque bien symbolique, pour rappeler qu’il y a cinquante ans la répression coloniale frappait durement des citoyens en se servant de l’ordonnance du 15 octobre 1960. À cette occasion, un film documentaire d’un jeune réalisateur martiniquais, Jonaz Joslen, retraçant cet épisode douloureux, a été projeté lors de cette soirée. La manifestation était placée sous la présidence du docteur Michel Yoyo, avec la participation d’Armand Nicolas, Georges Mauvois et Guy Dufond. Trois des quatre victimes martiniquaises de cette ordonnance (le quatrième, Walter Guitteaud, est décédé). Cinquante ans plus tard, cette soirée d’échange était une invitation à revivre une page importante de l’histoire du pays, mais aussi une invite à la population à continuer de plus belle le combat pour une Martinique martiniquaise.

Fernand Nouvet

Source

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L’Homme Africain n’est pas entré dans l’Histoire ?

 
 
SAYID

Doit on rappeler à notre président, excusez moi, notre "roi soleil" que l’histoire du point de vue des vainqueurs n’est pas celle des vaincus.

- Alors père Sarko raconte moi une histoire !
- Non , mon enfant, l’homme africain n’est pas encore entré dans l’histoire !

Après cette brève plaisanterie, parlons de l’histoire et de l’homme (ou la femme) en Afrique.

Souvent l’inconscient colonial qui nous ronge veut que l’on attribue le militantisme simplement à des hommes politiques comme Thomas Sankara ( 1949-1987)ou Patrice Lumumba ( 1925-1961). N’oublions pas qu’un homme comme Ruben Um Nyobe ( 1913-1958) a été le précurseur des indépendances en Afrique Francophone. Comment Sarkozy peut-il nous l’apprendre alors que la France nie la guerre secrète entreprise au Cameroun entre 1947 et 1971, voir la biographie suivante :

Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971), 2011, La Découverte.

Main basse sur le Cameroun : Autopsie d’une décolonisation, auteur : Mongo Béti

Bref, refaire le passé colonial ne m’intéresse pas , il y a tant de personnalités qui ont marqué l’histoire en Afrique que je préfère montrer au "roi soleil gouverneur de France jusqu’en mai 2012" que des femmes ont marqué l’histoire qu’il nous cache .

Prenons un cas parmi tant d’autres en Afrique :

Aline Sitoé Diatta (1920-1944)

Son nom a été donné à un quartier de Dakar situé à proximité de l’Université Cheikh Anta Diop (la Cité Aline Sitoé Diatta), à un stade de Ziguinchor (le stade Aline Sitoé Diatta), ainsi qu’à diverses écoles et organisation. Surnommée « la Jeanne d’Arc d’Afrique », c’est une héroïne de la résistance casamançaise (région historique du Sénégal) contre toute forme de domination.
Devant le nombre de plus en plus important de gens qui venaient en « pèlerinage » ou qui se réclamaient de ses « idées » ou qui désobéissaient aux toubabs, les colons sentant le danger grandir de plus en plus, se lancèrent à sa recherche... L’administration coloniale décréta qu’elle était rebelle et insoumise, qu’elle prônait une insurrection rampante, qu’elle s’opposait à la France et qu’elle était à abattre.

« Je n’ai aucune forme de justification à vous faire. C’est vous qui me devez des explications et des réparations. Si vous n’en êtes pas convaincus, allez interroger mon peuple. » Aline Sitoé Diatta

Quelques dates :

1939 : Elle va quitter la Casamance pour Dakar, où elle sera bonne à tout faire chez un colon du nom de Martinet, Régisseur des produits de base dans l’Ouest africain.

1941 : Pour certains elle eut sa première révélation à Dakar, lui demandant de rentrer chez elle, d’où elle mènerait une lutte pour sauver le « Sénégal » du colon. Elle demanda à son peuple le refus catégorique de toute activité imposée par les colons (refus de payer l’impôt en espèces ou en nature, rejet de la culture d’arachide au détriment de celle du riz, recrutements/enrôlements pour la guerre) et engagea celui-ci sur le chemin de la résistance.

8 mai 1943 : Elle fut arrêtée, le 8 mai 1943. On mit aussi son mari aux arrêts. Il sera libéré des années plus tard. Elle alla d’une prison à l’autre au Sénégal et en Gambie et finalement fut déportée à Tombouctou, au Mali, où elle sera déclarée morte en 1944. Elle a probablement succombé aux brimades, aux tortures aux privations de nourriture et au refus de la soigner lorsqu’elle tombait malade.

2007 : Une exposition lui a été consacrée.

Bibliographie : W. J. Toliver-Diallo, « The Woman Who Was More Than a Man" : Making Aline Sitoe Diatta into a National Heroine in Senegal », Canadian Journal of African Studies, 2005.

Alors ces hommes et femmes militants ou militantes de l’histoire, monsieur le Président "roi soleil", sont morts(es) pour la patrie qui n’a jamais était reconnaissante.
A bon entendeur salut !

Sayid, un citoyen du monde( toujours pas convaincu de la fin de la monarchie française)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Dec 2011 à 03:23

Tribune : N’oublions jamais Fernand Iveton, communiste algérien

Le Centre culturel algérien honorait, cette semaine, la mémoire du militant communiste et patriote algérien Fernand Iveton, guillotiné le 11 février 1957, poursuivi par la haine tenace d’un gouvernement dont le ministre de la « Justice », et donc principal décideur, s’appelait François Mitterrand. Par Alain Ruscio, historien

Son « crime » ? Avoir projeté de poser une bombe pour saboter une tuyauterie dans l’usine à gaz d’Alger. L’engin avait été programmé pour exploser à 19 h. 30, c’est-à-dire à un moment où les lieux étaient déserts. Il ne pouvait donc pas faire de victime. Il avait d’ailleurs été découvert avant l’heure et désamorcé. En temps « normal », la sanction aurait dû être de quelques années de prison. Oui, mais… la guerre d’Algérie a été une permanente anormalité dans l’histoire française et, en particulier, de la justice.

Fernand Iveton faisait partie de ces militants du Parti communiste algérien – plus nombreux que ce que veut bien dire une certaine historiographie – qui avaient épousé très tôt la cause de l’indépendance de son pays. Oui, son pays. Car Iveton, cela fut rappelé avec force lors de cette soirée, était un fils de ce peuple, un Algérien à part entière, sans formule complémentaire (du type « d’origine européenne »). Avec ses camarades Maurice Laban, Henri Maillot, Maurice Audin, Henri Alleg, bien d’autres encore, il ne se posait pas la question des « origines » de ses camarades de combat : son pays, l’Algérie, était la proie d’un système honni, le colonialisme, il fallait l’en débarrasser, c’était aussi simple que cela.

Lorsque Fernand Iveton fut arrêté, la propagande coloniale, haineuse, accentua  immédiatement ses accusations anticommunistes : elle tenait la « preuve » de la manipulation par le PCF, donc par Moscou, du mouvement patriotique algérien. Est-ce cette situation qui amena ce Parti à faire preuve de prudence et à ne pas s’engager dans la défense militante d’Iveton ? Jean-Luc Einaudi, auteur il y a vingt-cinq années d’une histoire de ce drame, maintint sa sévère analyse de cette attitude. D’autres présents, dont de nombreux anciens cadres du FLN, nuancèrent cette sévérité et rappelèrent la fraternité d’armes d’antan, malgré les divergences politiques.    

Si le contexte particulier de cette époque permet de comprendre (approuver est une autre question) cette prudence, il faut que la mémoire communiste, aujourd’hui, se réapproprie Fernand Iveton. Il fut un pur héros, mort pour son idéal. Au pied de l’échafaud, il ne baissa pas les yeux. Il embrassa ses deux compagnons d’infortune, eux aussi condamnés à mort, Mohamed Ouenouri et Mohamed Lakhnèche. Puis jeta aux yeux de ses bourreaux – et de la France colonialiste – un vibrant « Vive l’Algérie ! ».

Cette affaire reste en tout cas une tache indélébile dans l’histoire de la France contemporaine. Mais la particularité du cas Iveton ne doit pas faire oublier que le sang a été répandu à flots durant cette période : 221 autres patriotes algériens, classés, eux « musulmans », furent guillotinés, dont 44 durant la période où François Mitterrand était Garde des Sceaux.

En ces temps de réhabilitation tous azimuts du colonialisme, en ces temps où un pouvoir sarkozyste aux abois utilise le mythe Bigeard pour chasser sur les terres du Front national, il est bon de rappeler que ce système, né dans la violence, ne s’est perpétué que par le sang, avant de s’écrouler lamentablement.

Alain Ruscio

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Oct 2011 à 23:27

Une stèle pour les victimes de l’OAS

La Ville de Paris a dévoilé une stèle à la mémoire des victimes de l’OAS, 
première commune à le faire quand tant d’honneurs sont faits aux criminels.

Elle pleure, Suzette, cinquante après, comme au lendemain du 8 février 1962. Dans la foule, Hélène Orlando sèche des larmes. Celle qui a perdu au métro Charonne sa copine Suzanne Martorell, trente-six ans, employée à l’Humanité, est là « pour transmettre » cette mémoire si longtemps tue, et qu’une stèle inaugurée jeudi au Père-Lachaise rappelle. Pour dire que l’OAS a fait 2 700 victimes selon les estimations des historiens, dira Jean-François Gavoury. Avec Suzette, poursuit Hélène Orlando, « on a tellement couru à cette époque avec les matraques au-dessus de nos têtes »...

La stèle dévoilée dit aujourd’hui l’histoire, c’est-à-dire, selon les mots de Jean-François Gavoury (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS), que « l’OAS a empêché par ses attentats la seule issue possible, l’indépendance algérienne ». Que ce véritable «syndicat du crime», poursuit-il, fut le creuset des extrêmes droites, «monarchistes, pétainistes, catholiques intégristes nostalgiques de l’empire colonial français et autres ennemis de la République».

« Une organisation criminelle et barbare »

« Les victimes que nous honorons aujourd’hui sont des femmes, des hommes, des enfants, des militaires, des Français et Algériens morts parce qu’une organisation a contesté et voulu abattre l’ordre démocratique», lancera Bertrand Delanoë en inaugurant la stèle. Tout autant maire de Paris pour le coup que «rapatrié, j’en suis un», dira-t-il, il exprimera, sans notes, sa «fierté que Paris soit la première ville à inaugurer une stèle aux victimes de l’OAS, organisation idéologiquement criminelle et barbare dans ses actes, mais avec le regret que cela n’ait pas été fait plus tôt ». La stèle, réplique en somme aux tentatives d’hommages aux assassins qui ont fleuri à Perpignan, Béziers ou Marignagne, ne peut pas simplement se situer dans l’enjeu de mémoire, ajoute le maire de Paris. «Il ne peut y avoir d’unité du peuple français s’il n’y a pas de vérité. On ne peut pas penser son avenir si subsistent ambiguïtés ou lâchetés vis-à-vis de l’histoire.»

Il faut d’abord pour cela «cesser de renvoyer dos à dos» ceux qui sont en réalité les victimes et leurs criminels, comme l’évoquera Delphine Renard, défigurée à l’âge de quatre ans par une charge de plastic qui visait André Mal-raux. Henri Alleg se félicite qu’enfin «ce pan d’histoire de France ait sa place», et que l’on cesse, au moins symboliquement, de considérer les assassins de l’OAS comme des «combattants d’une orientation patriotique». «Pourvu, dit le militant de la cause algérienne, à quatre-vingt-dix ans sonnés, que cela soit utile aux plus jeunes. »

Cette stèle est aussi un début de retour à la simple justice, selon Alban Liechti, condamné à quatre ans de prison pour avoir refusé de prendre les armes et avoir écrit à Guy Mollet et René Coty que «dans cette guerre, ce sont les Algériens qui défendent leurs femmes, leurs enfants, leur patrie, ce sont les Algériens qui combattent pour la paix et la justice». «Les gens de l’OAS, poursuit-il, ont été réintégrés dans leurs grades, indemnisés pour certains, cette injustice est insupportable.» Tandis qu’un simple cessez-le-feu dure depuis 1962 du point de vue du droit international entre la France et l’Algérie, il plaide pour qu’un «traité de paix et d’amitié entre les peuples» soit signé entre les deux pays pour signifier la vraie fin de la guerre d’Algérie, à ceux qui, cinquante ans après, continuent de le menacer de mort.

Une initiative très attendue

La stèle dévoilée jeudi au Père-Lachaise est le fruit d’un long travail des associations telles que l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo), ou encore l’Arac. Réclamée à Paris depuis 2008, obtenue en cette année 2011, année du cinquantième anniversaire de la création de l’organisation criminelle OAS, la stèle «en hommage à toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France. Civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République» se situe juste à côté de celle des soldats parisiens morts en Afrique du Nord. Les commémorations désormais incluront des dépôts de gerbes conjoints, se félicite Catherine Vieu-Charier, adjointe chargée de la mémoire et du monde combattant.

Lionel Venturini

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2011 à 19:04

Commémoration de l’anniversaire du martyre de Fernand Iveton, militant communiste mort pour l’indépendance de l’Algérie

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Commémoration de l’anniversaire du martyre de Fernand Iveton, militant communiste mort pour l’indépendance de l’Algérie


Article de William Sportisse pour Alger Républicain repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


« Pour l’Algérie de demain avec la lutte de classe qui s’annonce nous aurons besoin de tous les camarades … »(Extrait d’une lettre de prison de Fernand Iveton)

Après son arrestation le 14 novembre 1956 par les forces répressives du colonialisme français, Fernand Iveton a entretenu, avant son exécution le 11 février 1957, une correspondance suivie (une lettre par semaine) avec Maître Joë Nordmann, juriste international membre du Parti communiste Français qui prit en charge la défense de ses intérêts au côté de Maître Smadja alors membre du Parti communiste Algérien.

Le pouvoir colonial voulait impressionner les militants européens anticolonialistes qui désiraient s’engager dans la lutte armée. L’exemple donné par Iveton ne devait pas se reproduire. Il accéléra le rythme de la procédure en désignant d’office un avocat, Me Lainé, pour défendre Iveton qui fut traduit devant le tribunal et condamné à mort dix jours après son arrestation. Le directeur de la prison de Barberousse où il est placé en détention le 19 novembre 1956 après avoir subi d’horribles tortures, l’informe le 2 décembre « qu’il n’a pas le droit de correspondre avec ses avocats » (lettre du 8 décembre à Joë Nordmann). Mais Iveton ne tient pas compte de ce mensonge du directeur de la prison, exige du vaguemestre que ses lettres soient recommandées afin qu’un récépissé de transmission lui soit remis et qu’un accusé de réception lui confirme l’arrivée à leurs destinataires.

Dans son ouvrage qui dresse le bilan de sa vie professionnelle et politique intitulé « Aux vents de l’histoire » Maître Joë Nordmann écrit : « Parmi les affaires que j’eus à plaider pendant « les événements d’Algérie », une, entre toutes, m’a laissé le plus fort souvenir. Triste souvenir parce que mon client, mon camarade, est mort sur l’échafaud. Mais souvenir fervent, aussi, que celui de Fernand Iveton. Sa droiture, sa clarté d’esprit, sa fidélité aux principes de liberté et d’indépendance m’impressionnèrent lorsque pour la première fois je le rencontrai à la prison de Barberousse d’Alger. Il avait trente ans.  » [1]

Joë Nordmann écrit encore que le Président de la République Française René Coty qui« était bien convaincu de l’injustice de la condamnation à mort de Fernand Iveton l’a néanmoins envoyé à la guillotine. L’Algérie Française l’exigeait.  » La bourgeoisie capitaliste française et la grosse colonisation terrienne ne pouvaient pas lui pardonner de s’être dressé contre l’oppression d’un peuple. Sa conscience de classe que partageaient tous ses camarades du Parti communiste Algérien ne pouvait que le conduire à comprendre les liens étroits existant entre la lutte contre l’oppression des peuples et l’exploitation de l’homme par l’homme. Sa conscience de classe l’amenait à distinguer les peuples de leurs oppresseurs et de leurs exploiteurs. Elle l’avait éveillé à cette idée que seule la lutte des peuples sur leur sol national et leur union à l’échelle internationale dans le combat contre leurs oppresseurs et exploiteurs étaient décisives pour les vaincre. Enfin, il était convaincu que le socialisme était la solution pour se débarrasser de l’exploitation et de l’oppression. Des passages de ses correspondances à Maître Joë Nordmann le confirment.

En effet, dans sa lettre du 25 janvier 1957 à propos des illusions de compagnons de détention on relève cette phrase : « Tous ici attendent l’ONU. Quant à moi je suis sûr que cela ne changera rien car notre lutte se joue sur le sol algérien avec nos alliés les plus sûrs, le peuple de France et son P.C.F  ». Toujours dans cette lettre, il ajoute : « Pour l’Algérie de demain avec la lutte de classe qui s’annonce nous aurons besoin de tous les camarades, et les Algériens d’origine européenne doivent y participer. Mais quand je dis cela, dans mon esprit il n’y a pas de distinction raciale car les Musulmans aussi savent qu’ils auront à lutter pour leurs revendications sociales ». Enfin, dans sa lettre du 31 janvier 1957 il exprime à son avocat son ferme espoir « d’une libération prochaine avec la paix retrouvée dans la fraternité de nos deux peuples, gages certains de nos victoires futures pour le socialisme et la paix mondiale.  »

Le combat qu’a mené Iveton n’est pas encore achevé, il est vrai. Il se poursuit encore sous nos yeux de nos jours. Les soulèvements populaires de Tunisie et d’Égypte qui ont chassé du pouvoir des exploiteurs bourgeois corrompus et corrupteurs qui se sont vendus à l’impérialisme et qui l’ont servi annoncent les victoires de demain contre l’exploitation et l’oppression pour l’émancipation des peuples de notre planète.



Edité par T 34 - 19 Feb 2011 à 19:04
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