Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs Fil RSS : Le capitalisme vert
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Actualités > Actualités françaises

Le capitalisme vert

 Répondre Répondre Page  <1234>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Oct 2009 à 16:17

Les idées malthusiennes les plus ultra sont d’autant plus à la mode que la propagande écologiste a envahi les ondes .  

« Le député des Verts Yves Cochet a profité, au printemps dernier, d’un colloque de la revue de la décroissance Entropia, à Paris, pour apporter une solution surprenante à l’actuelle crise économique et écologique.

Selon lui, un enfant européen ayant «un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York», il faudrait faire voter une directive baptisée «grève du troisième ventre» qui inverserait l’échelle des prestations familiales.

En d’autres termes, dissuader financièrement les familles qui envisageraient de concevoir un trop-plein d’enfants. «Aujourd’hui, plus on a d’enfants, plus on touche. Je propose qu’une famille continue de percevoir des aides pour les deux premiers enfants, mais que ces aides diminuent sensiblement à partir du troisième», a déclaré le député devant les 150 participants des milieux écologistes et altermondialistes. »

http://www.liberation.fr/societe/0101560404-yves-cochet-pour-la-greve-du-troisieme-ventre

ouf avec Europe écologie le libéralisme à de longs jours devant lui !


Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Oct 2009 à 13:59
 
Décroissant et du café

Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit

Intervention de la journaliste Sophie Divry, du mensuel "La décroissance".

Enregistrement réalisé lors du second contre-grenelle de l’environnement à Lyon le 2 mai 2009.

Mise en image après les élections du 7 juin 2009.



Edité par T 34 - 22 Oct 2009 à 14:03
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Oct 2009 à 20:32
Ceux qui prétendent que la croissance démographique est le gros problème environnemental sont en train de blâmer les pauvres pour les péchés des riches

Le mythe de la surpopulation

 

George MONBIOT

Au début des années soixante, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) tint à Genève une réunion peu publicisée mais capitale, dont le but était d’examiner un danger majeur pour l’espèce humaine : la surpopulation du globe. Nous étions en train d’atteindre les six milliards et rien, désormais, ne pouvait plus freiner l’explosion exponentielle. Ni épidémies ni guerres n’allaient y suffire. Alerte rouge. Que faire ?

Assistaient à ce mémorable brainstorming des représentants de la science en marche et un peu aussi du capital, dont, entre autres, des cadres d’I.B.M., alors objet des attentions détonantes de la Rote Armee Fraktion (plus connue sous le nom de Bande à Baader - NDR), et feu Robert McNamara, occupé quant à lui à résoudre la quadrature du cercle au moins au Vietnam, à l’aide de napalm, de défoliants et d’agent orange.

N’y assistaient pas les Chinois, qui allaient opter chez eux pour la solution pragmatique d’un seul enfant autorisé par famille (fin des années 70).

N’y assistait pas non plus l’écrivain anglais John Cowper Powys, qui venait de mourir (1961) et qui aurait pu être pourtant de bon conseil, car il avait écrit, en substance : « La terre ne produit-elle pas assez de fruits pour nourrir tous les enfants des hommes ? Bien sûr que si. Il suffirait que ces fruits soient répartis entre eux équitablement et que certains hommes cessent d’accaparer stérilement ce qui est nécessaire à la survie de tous. » (Nous résumons.)

Au moment où les progrès foudroyants de la technologie ont rendu inutiles à ces « certains hommes » le travail fourni par la majeure partie des autres, mais où cette majeure partie, devenue improductive, va avoir le mauvais goût de continuer à manger...

Au moment où l’OMS semble avoir renversé ses priorités et, au coude à coude avec les détenteurs abusifs des moyens chimico-biologiques de sauver ou d’exterminer leurs semblables, prétend nous protéger, par la force, d’une pandémie fantôme...

Il devient urgent, pour la « majeure partie », d’identifier correctement les dangers réels qu’elle court et de prendre elle-même les mesures adéquates pour y faire face. Le révérend Swift étant mort, M. George Monbiot, pour sa modeste part, s’y est collé (le 28 septembre dernier, dans le Guardian). C.L.


Ce n’est pas une coïncidence si ceux qui sont obsédés par la croissance démographique sont d’opulents hommes de race blanche, qui ont passé l’âge de se reproduire : c’est bien la seule question environnementale pour laquelle ils ne sont pas à blâmer. Le brillant spécialiste des systèmes de la terre, James Lovelock, par exemple, a prétendu le mois dernier que « ceux qui ne voient pas que la croissance démographique et le changement de climat sont deux faces d’une même médaille, sont soit ignorants, soit refusent de voir la vérité. Ces deux énormes problèmes environnementaux sont inséparables, et discuter de l’un en ignorant l’autre est irrationnel. » (1) Eh bien, c’est Lovelock qui est ignorant et irrationnel.

Un article publié hier dans la revue Environment and Urbanization (Environnement et Urbanisation) montre que les endroits où la population a augmenté le plus vite sont ceux où l’émission de carbone dioxide a augmenté le plus lentement, et vice versa. Entre 1980 et 2005 par exemple, l’Afrique Sub-Saharienne a produit 18,5% de la croissance démographique mondiale, et à peine 2,4% de l’augmentation de CO2. L’Amérique du Nord n’a produit que 4% de population en plus, mais 14% des émissions de carbone excédentaires. Soixante-trois pour cent de la croissance démographique mondiale sont à imputer à des endroits du globe où l’émission de CO2 est très faible.

Même ceci ne rend pas une image exacte de la réalité. L’étude souligne qu’à peu près un sixième de la population est si pauvre qu’elle ne produit aucune émission de carbone significative. C’est aussi ce groupe dont la croissance en population est susceptible d’être la plus forte. Aux Indes, des foyers où l’on gagne moins de 3.000 roupies par mois (± 43 €) consomment, par tête, un cinquième de l’électricité et un septième du carburant d’un foyer où l’on gagne 30.000 roupies ou plus. Ceux qui dorment dans les rues ne consomment pratiquement rien. Ceux qui vivent de la récupération des déchets (2) (une grande partie de la sous-classe urbaine) économisent souvent plus de gaz à effet de serre qu’ils n’en produisent.

Beaucoup des émissions pour lesquelles les pays les plus pauvres sont blâmés devraient, en bonne justice, nous être attribuées. Les torchères des compagnies exportatrices de pétrole du Nigéria, par exemple, ont produit plus de gaz à effet de serre que toutes les autres sources de l’Afrique Sub-Saharienne mises ensemble. Même la déforestation, dans les pays pauvres, est causée principalement par les opérations de livraison de bois, de viande et de fourrage aux consommateurs des pays riches. Les paysans pauvres font infiniment moins de mal.

L’auteur de l’article, David Satterthwaite, de l’Institut International pour l’Environnement et le Développement, fait remarquer que la vieille formule enseignée à tous les étudiants en développement selon laquelle l’impact total (du CO2 sur l’environnement) équivaut à la population x la richesse x la technologie (I =PRT), est fausse. L’impact total devrait être mesuré ainsi : I = CRT, c. à d. consommateurs x richesse x technologie. Beaucoup de gens dans le monde consomment si peu qu’ils ne figureraient pas dans cette équation. Or, ce sont eux qui ont le plus d’enfants.

Alors qu’il y a une corrélation faible entre le réchauffement global et la croissance de la population, il y a une corrélation forte entre le réchauffement global et la richesse. Je suis allé jeter un coup d’oeil à quelques super yachts, me disant que je pourrais avoir besoin d’un endroit où traiter les ministres du Labour dans le style auquel ils sont habitués. D’abord, j’ai jeté mon dévolu sur le RFF 135 de la Royal Falcon Fleet, mais quand j’ai découvert qu’il ne consommait que 750 litres de fuel à l’heure, je me suis rendu compte que je n’allais pas impressionner Lord Mandelson avec ça. Je n’en mettrais non plus plein la vue à personne du côté de Brighton avec l’Overmarine Mangusta 105, qui ne pompe que 850 litres à l’heure. Le rafiot qui m’a tapé dans l’oeil est fabriqué par Wally Yachts à Monaco. Le Wally Power 118 (qui donne aux wallies – lisez tarés - une sensation de puissance) consomme ses 3400 litres à l’heure, quand il voyage à 60 noeuds. C’est presque un litre à la seconde. Une autre façon de le dire est : 31 litres au km.

Évidemment, pour faire un vrai tabac, il me faudra l’équiper en teck et en acajou, embarquer quelques jet skis et un mini-sous-marin, amener mes invités à la marina en jet privé et en hélicoptère, les nourrir de sushis au thon à nageoires bleues et de caviar beluga, et conduire la bête à une allure telle que la moitié de la vie sous-marine méditerranéenne sera réduite en purée. Propriétaire d’un de ces yachts, je ferai plus de mal à la biosphère en dix minutes que la plupart des Africains n’en font dans toute leur vie. Là, oui, on peut dire que ça chauffe, baby !

Une de mes connaissances, qui fréquente les gens de la haute, me dit que, dans la ceinture banquière de la vallée de la Tamise Inférieure, il y a des gens qui chauffent leur piscine extérieure à la température du bain d’un bout de l’année à l’autre. Ils aiment y regarder les étoiles en faisant la planche par les belles nuits d’hiver. Le carburant de chauffage leur coûte 3.000 £ par mois (soit ± 3200 €). Une centaine de milliers de personnes, vivant comme ces banquiers, épuiseraient les écosystèmes nécessaires à notre survie plus rapidement que 10 milliards de gens vivant comme la paysannerie africaine. Au moins les super-friqués ont-ils le tact de ne pas trop se reproduire, si bien que les riches vieillards qui jettent l’anathème sur la reproduction leur fichent la paix.

En mai, le Sunday Times a fait paraître un article intitulé : « Un club de milliardaires se mobilise pour faire rendre gorge à la surpopulation ». Il révélait que « certains éminents milliardaires américains se sont rencontrés secrètement » pour décider quelle bonne cause ils pourraient soutenir. « Un consensus a émergé pour adopter une stratégie stygmatisant la croissance démographique en tant que menace environnementale, sociale et industrielle potentiellement désastreuse ». En d’autres termes, les ultra-riches ont décidé que c’étaient les très pauvres qui étaient en train de saloper la planète. On se défonce pour trouver une métaphore adéquate, mais en vain : c’est au-delà de toute caricature.

James Lovelock est, avec Sir David Attenborough et Jonathan Porrit, un des parrains d’OPT (Optimum Population Trust, ou « Trust pour une Population Optimale »). C’est là une des douzaines d’organisations « caritatives » (3) dont le seul but est de décourager les gens de faire des enfants, au nom du sauvetage de la biosphère. Mais je n’ai pas été capable d’en trouver une seule dont le but fût de mettre en cause l’impact sur la biosphère du comportement des très riches.

Les pinailleurs pourraient me rétorquer que ceux qui se reproduisent rapidement aujourd’hui pourraient, demain, devenir plus riches. Mais, comme les super-riches accaparent une part toujours plus grande du gâteau et que les ressources comment à être à sec, cette éventualité diminue de jour en jour. Il y a de fortes raisons sociales d’aider les gens à contrôler leur procréation, mais de très faibles raisons environnementales. Sauf chez les populations les plus opulentes.

L’Optimum Population Trust feint d’ignorer que le monde va vers une transition démographique : les taux de croissance de la natalité baissent à peu près partout, et le nombre d’êtres humains a des chances, d’après un article paru dans Nature, de culminer, en ce XXIe siècle, aux alentours de 10 milliards. La plus grande partie de cette croissance se fera chez ceux qui ne consomment presque rien.

Mais personne ne prévoit une transition dans la consommation. Les gens font moins d’enfants au fur et à mesure qu’ils deviennent plus riches, mais ils ne consomment pas moins, ils consomment davantage. Comme le montrent les habitudes des super-riches, il n’y a pas de limites à l’extravagance humaine. On peut s’attendre à ce que la consommation augmente, de pair avec la croissance économique, jusqu’à emboutir les amortisseurs de la biosphère. Quiconque comprend ceci et continue à considérer que c’est la population et non la consommation qui représente LE gros problème, refuse, comme le dit Lovelock, de voir la vérité. (4) C’est la pire espèce de paternalisme : celle qui blâme les pauvres pour les excès des riches.

Mais où sont donc les mouvements de protestation contre la richesse puante qui détruit nos systèmes de vie ? Où est l’action directe contre les super yachts et les jets privés ? Où est cette fichue lutte des classes, quand on a besoin d’elle ?

Il serait temps que nous ayons assez de coeur au ventre pour mettre le doigt sur la vraie plaie. La plaie n’est pas le sexe, c’est l’argent. Ce ne sont pas les pauvres, ce sont les riches.

George Monbiot

http://www.monbiot.com

The Guardian, 29.9.2009, relayé par Information Clearing House
http://www.informationclearinghouse.info/article23624.htm

Traduction : C.L. pour le Grand Soir

(1) Voir notes justificatives des citations sur www.monbiot.com

(2) C’est-à-dire qui se nourrissent dans les dépôts d’ordures. (NdT)

(3) C’est-à-dire exemptées d’impôts.

(4) Ou, comme disait Mme la Comtesse de Ségur, née Rostopchine : se met à l’abri de la pluie dans la mare.



Edité par T 34 - 28 Oct 2009 à 20:36
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Nov 2009 à 14:57
Autour du sommet de Copenhague :
 
Chanter pour le climat ?
Par Eric Le Lann

Les organisateurs du gala du 22 novembre 2009 Ultimatum pour le climat [1] n’ont rien trouvé de mieux que d’inviter en artiste vedette Yannick Noah. Un aller-retour Paris-New York [2], pour une soirée de mobilisation sur les enjeux climatiques, il y avait sans doute mieux à faire. Certes, le mode de vie planétaire de personnalités telles que Yannick Noah ou Yann Artus-Bertrand, qui prennent l’avion comme d’autres le métro, ne disqualifie pas leurs prises de position. Leur exemple démontre néanmoins que la meilleure volonté du monde ne suffit pas pour adopter un comportement vertueux. Cela vaut pour tous ceux qui ont besoin de la voiture pour se rendre à leur travail, avec bien sûr des émissions moindre que les habitués de l’avion. Il ne sert donc à rien de les culpabiliser : seul un pouvoir juste, respectable et respecté, pourra répartir et mettre en oeuvre une politique efficace de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Au-delà de cette anecdote, l’initiative du 22 novembre pose de nombreuses questions sur le fond comme sur la forme.

Sur le fond, l’appel adressé à Nicolas Sarkozy par les organisateurs de la soirée mérite réflexion. Ce texte met en avant la nécessité d’une réduction drastique des émissions de CO2. Il se prononce pour le maintien de l’année 1990 comme base de référence, ce qui n’est pas négligeable dans un contexte où les Etats-Unis manœuvrent pour imposer une base moins contraignante, en retrait sur le protocole de Kyoto, manoeuvre qui aurait sans doute été dénoncée avec plus de force si Georges W. Bush était encore président. Il admet cependant que les émissions puissent encore croître d’ici 2015 [3] , c’est à dire pour toute la période qu’un accord à Copenhague serait censé couvrir.

Mais surtout, il me semble qu’il ne tire pas vraiment les leçons de l’échec du Protocole Kyoto. Car tout le problème est que l’exploitation des combustibles fossiles a augmenté depuis sa signature, et donc évidemment les émissions de gaz à effet de serre. On peut douter qu’une perspective de diminution de cette exploitation puisse s’affirmer sans leur contrôle et ce contrôle ne peut voir le jour sans une autre répartition de ces ressources aujourd’hui vitales. Il s’agit de considérer le pétrole, en particulier, comme un bien commun à l’échelle de l’humanité. Une telle conception est absente de l’appel, qui aborde les relations entre les pays les plus riches et les autres en termes d’aide, mais non de biens communs ou de réparation. Autre faiblesse majeure qui explique que le Protocole de Kyoto soit resté lettre morte : il ne prévoyait pas de sanction. L’angélisme n’a pas de place en ce monde : pour être appliqué, un nouvel accord devrait prévoir des mesures de rétorsions, celles notamment qu’auraient pu encourir les Etats-Unis qui ont défié la communauté internationale. Qu’il soit fort improbable qu’un tel accord sorte du sommet de Copenhague, soit. Au moins, s’adressant à Nicolas Sarkozy, aurait-il fallu poser ces exigences. Faute de quoi, il laisse le champ libre à une des envolées médiatiques dont celui-ci est coutumier lors du sommet de Copenhague, alors que la France brille par son silence dans les négociations préparatoires, ménageant à l’évidence les Etats-Unis, qui restent aujourd’hui encore, et de loin, le principal obstacle à un bon accord et de loin le principal émetteur par habitant [4].

On peut enfin regretter que cet appel ne mentionne pas les mesures que Nicolas Sarkozy devrait prendre au plan national pour une politique de réduction radicale des émissions : pensons en premier lieu à l’annulation du plan de liquidation d’une grande partie des infrastructures de fret ferroviaire [5], et à l’annulation de la construction de nouvelles centrales à charbon.

Cet appel méritait donc débat, mais la forme de l’initiative du 22 novembre ne permettra pas qu’il ait lieu. Et l’on peut se demander si la place prépondérante donnée à la partie artistique, qui couvre toutes les autres dimensions de l’événement, est le moyen le plus adéquat de mobilisation sur cet enjeu, dans la situation actuelle ! La vague des concerts caritatifs pour l’Afrique laisse le souvenir d’avoir surtout contribué à éviter que les responsabilités des uns et des autres ne soient posées : faut-il vraiment reprendre la tradition, au risque d’étouffer les confrontations qui mettront l’humanité en capacité de faire face à ces problèmes inédits ?

[1] L’initiative est organisée par une dizaine d’organisations, dont Grennpeace, WWF, la Fondation Nicolas Hulot, Les Amis de la Terre...

[2] Signalons que cet aller-retour représente à peu près la dose annuelle maximale de CO² par habitant qui pourrait éviter que l’accroissement de la concentration en CO² de l’atmosphère

[3] Si le Groupe International des Experts sur le climat évoque 2015 comme année butoir pour la poursuite de la croissance des émissions, c’est parce qu’il suppose qu’aller au-delà ferait courir des risques graves de bouleversement

[4] Et c’est encore plus vrai si l’on prend en compte les émissions cumulées, car le CO² reste des décennies dans l’atmosphère

[5] La création annoncée d’autoroutes ferroviaires pour le frêt est peut-être une solution idéale pour un pays comme la Suisse marqué par une circulation de transit, mais pas pour la circulation poids lourd qui irrigue un territoire



Edité par Jef. - 06 Nov 2009 à 14:57
Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Nov 2009 à 11:40

Sur le site d’El diablo

« - Communauté : les anti-capitalistes

Madame Voynet, maire Montreuil, débaptise l'esplanade Benoit Frachon

 

Madame Voynet maire Montreuil, a décidé de donner le nom d'Aimé Césaire à un espace public de la ville de Montreuil. C'est une grande et bonne idée.

Montreuil et son historique diversité de population et son ancrage progressiste et communiste valide la proposition.
D'autant
qu'Aimé Césaire grand intellectuel du XXème siècle était de ceux pour
qui  la pensée, la création et le monde du travail dont Montreuil est un des symboles en Ile de France allait de soi.

Ses rencontres permanentes avec le mouvement syndical ici en métropole comme aux Antilles en témoignent. Batailles contre le colonialisme, luttes pour le droit des peuples, combats contre l'exploitation, tout a contribué à forger des liens  par les combats commun depuis  la Résistance jusqu'à sa disparition. Aimé Césaire est lié à notre peuple.

Madame Voynet a décidé pour cela de rayer du centre de la ville un nom, celui de Benoit Frachon, un des plus célèbre Montreuillois du 20ème siècle puisqu'il fut aussi secrétaire général de la CGT, figure de la résistante ouvrière dirigeant Clandestin de la CGT avant d'en devenir le Secrétaire Général, cette CGT et son secrétaire général qui alors s'investirent tant dans le Musée d'Histoire dont la ville peut légitimement s'enorgueillir.

Exit l'esplanade Benoit Frachon, camarade de combat d'Aimé Césaire  pour l'émancipation, contre le fascisme contre le colonialisme et leur racisme consubstantiel.

Comme dans certaines municipalités basculées à droite les édiles de Montreuil maire en tête débaptisent les rues qui ne plaisent pas à la couleur nouvelle de la municipalité en place. A tous les coups, dans ces cas là, ce sont les camarades de Benoit Frachon qui en font les frais. Opposer Frachon à Césaire piètre méthode pour masquer une crasse prévention de classe de tout ce qui fait référence au monde ouvrier et ses organisations.

Un des débaptisés au gré des évolutions de la carte politique, Lénine, disait que toute pratique est pratique d'une théorie.

Ne me faites pas dire que je prétendrais que madame Voynet est réactionnaire.
Par contre rien ne vous empêche de penser que ses pratiques historico-culturel
le
s le démontrent.

Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Dec 2009 à 11:51

Copenhague

André Chassaigne : Un accord Canada Dry

Président de l’ANECR et député du Puy-de-Dôme.

J’ai l’impression d’un décalage entre la gravité de la situation pour les pays les plus exposés et la place prise par les grands États et d’un décalage entre le chaudron du Bella Center et l’extérieur. On n’est pas informé des manifestations. Parfois, c’est en téléphonant en France qu’on apprend les événements qui se passent à quelques mètres de l’endroit où l’on est. J’ai le sentiment que l’on risque de s’orienter vers un accord Canada Dry. Un accord qui en a l’aspect et la couleur, mais qui ne répondra fondamentalement à aucun problème. Dans les négociations, la France a un rôle volontariste, en particulier en direction des pays africains. Mais il y a deux obstacles. L’intervention des pays riches est prise à contresens.

J’ai eu des contacts avec les délégués africains. Ils disent que l’Afrique n’est pas le problème, mais une solution. L’Afrique peut être un puits de carbone. La question est : est-ce que ce puits de carbone va être un levier pour le développement ? On peut penser que ce puits de carbone va être considéré comme les ressources naturelles qui ont été prises à l’Afrique par les pays riches. Et on pourrait avoir un système comparable avec la lutte contre la déforestation. Cette dernière serait une sorte de monnaie d’échange, notamment en libérant des disponibilités en carbone pour un quota.
Les pays africains ne se considèrent pas comme un problème, mais comme une solution. Il faut pour cela que les pays développés prennent leurs responsabilités. Le deuxième problème, c’est que pas une fois la France et les pays riches ne posent la question fondamentale  : le type de système économique, le capitalisme qui est un frein à la prise en compte des questions liées au réchauffement climatiques.
Cette contradiction fondamentale a en fait été évoquée par le président vénézuélien Hugo Chavez qui dans son discours a dit : « Si le climat était une banque, le problème serait résolu depuis longtemps. »

Propos recueili par Gaël de Santis

Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Dec 2009 à 10:25

L’équipe Duflot en piste dans la région capitale

La secrétaire nationale des Verts a présenté, vendredi, une liste large et hétéroclite, avec l’objectif d’être « majoritaire dans la majorité » régionale en mars prochain.

Il n’y a pas à dire, les Verts sont « tendance ». D’autant plus à la mode que les problématiques écologiques se sont imposées, ces dernières années, comme des questions majeures. D’où l’attrait exercé par le rassemblement Europe Écologie, après le succès de cette recette aux dernières élections européennes. Vendredi, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, qui espère conquérir la région Île-de-France, a présenté une liste éclectique où figureront, « à parité », Verts et non-Verts. Parmi les têtes d’affiche, Augustin Legrand, le très médiatique porte-parole des Enfants de Don Quichotte ; Robert Lion, ex-président de Greenpeace France et ex-directeur de cabinet de Pierre Mauroy, ou encore Emmanuelle Cosse, ancienne présidente d’Act Up. Du côté des socialistes, les écologistes ont confié la tête de liste des Hauts-de-Seine à Pierre Larrouturou, ex-membre du conseil national du PS. Stéphane Hessel, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, ainsi que la cinéaste Coline Serreau rejoignent, eux aussi, cette liste, à des positions non éligibles. Mais c’est surtout sur le ralliement de deux élus communistes que Cécile Duflot a insisté. C’est confirmé, Stéphane Gatignon, maire de Sevran, conduira la liste Europe Écologie en Seine-Saint-Denis. Quant à Jacques Perreux, élu conseiller général de Vitry-sur-Seine sous l’étiquette communiste en 2008, après avoir dirigé la campagne de José Bové en 2007, il a finalement quitté le PCF pour seconder la secrétaire nationale des Verts dans le Val-de-Marne. Deux recrues censées attirer un électorat très ancré à gauche dans des départements où l’influence du PCF demeure non négligeable. Dans le même esprit, Cécile Duflot a convaincu des militants venus de banlieue de la rejoindre. Comme Safia Lebdi, de l’association féministe les Insoumises dans le Val-d’Oise, et Ali Meziane, un des membres d’Aclefeu, collectif formé à Clichy-sous-Bois dans la foulée des révoltes de 2005. Signe que les Verts espèrent atténuer leur image « bobo » pour séduire une frange de cet électorat populaire qui leur a toujours fait cruellement défaut.

Les ressorts de ce rassemblement large et hétéroclite ? D’abord, le climat d’alarme et de consensus sur les questions écologiques. Dans ce contexte aggravé par la crise globale, l’écologie politique prétend incarner, en soi, un projet de société alternatif, enraciné dans un « changement des modes de vie ». La dynamique d’ascension dont bénéficient les écologistes nourrit aussi l’idée d’un creuset à partir duquel pourrait se reconstruire une gauche mal en point. Reste à savoir si cette dynamique résistera aux résultats des régionales, traditionnellement moins favorables aux écologistes que les européennes.

Rosa Moussaoui

Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Dec 2009 à 14:43
2 000 litres de fioul par jour pour chauffer la pelouse du stade de Nancy
 
Par temps de grand froid, l'AS Nancy-Lorraine (L1) utilise jusqu'à 2 000 litres de fioul par jour pour éviter que la pelouse du stade Marcel-Picot ne gèle, l'amende en cas de match annulé au dernier moment pouvant atteindre 250 000 euros, a indiqué le club lundi 21 décembre.
 
La pelouse du club lorrain est ainsi bâchée et chauffée depuis le 12 décembre, et les quatre moteurs diffusant l'air chaud sous la bâche consomment environ 2 000 litres de fuel par jour, explique son directeur général, Nicolas Holveck.

S'il ne met pas tout en œuvre pour maintenir un terrain praticable et que la rencontre est annulée au dernier moment, le club risque de recevoir une amende de la Ligue de football de 40 000 euros, plus les frais de dédommagement de l'équipe adverse. En cas de match télévisé, les frais peuvent s'élever à 250 000 euros, poursuit M. Holveck.

PELOUSE CHAUFFANTE À SOCHAUX

A Metz (L2), le stade Saint-Symphorien est bâché et chauffé depuis le 14 décembre afin d'être maintenu à 1,5 °C. Avec les températures descendues à - 15 °C, 1 200 litres de fuel (à 60 centimes le litre) ont été utilisés pour le match prévu lundi soir, indique Jean-François Girard, responsable du stade. Le match a finalement été reporté en raison des chutes de neige qui ont rendu le terrain impraticable.

"Cela peut paraître irraisonnable, mais si nous ne faisons pas tout pour conserver un terrain praticable, la ligue nous met une amende" de 30 000 euros, voire plus si le match devait être télévisé, les frais totaux pouvant grimper jusqu'à 50 000 euros en comptant le dédommagement à l'équipe adverse, souligne-t-il, précisant que la bâche coûte à elle seule 30 000 euros.

Sochaux (L1) est le seul club français équipé d'une pelouse chauffante. Près de 28 km de câbles en aluminium sont installés sous la pelouse du stade Bonal, chauffée dès que la température extérieure descend à 3 °C, expliquent les responsables. Environ 60 000 euros d'électricité par an sont ainsi nécessaires, avec un investissement initial de 350 000 euros pour le câblage.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Dec 2009 à 18:50

Les papetiers d’Alizay ne sont pas à court d’idées

Les salariés de l’usine M-Real combattent l’arrêt de la production de pâte à papier en avançant une série de propositions économiquement et écologiquement responsables.

« Même s’il ne reste plus beaucoup d’espoir, on n’en est pas encore à se battre pour les indemnités de licenciement. » Pour Thierry Philippot, secrétaire (CGT) du comité d’entreprise, et Jean-Yves Lemahieu, délégué syndical CGT, les salariés de l’usine de papier M-Real d’Alizay (Eure) ont toutes les raisons de contester la décision tombée le 16 décembre. Ce jour-là, la direction annonçait l’arrêt définitif de la production de pâte à papier et le licenciement de 99 personnes. Cette pâte était produite à partir du bois des forêts du nord-ouest de la France, contribuant au maintien de plus d’un millier d’emplois de l’industrie forestière, du coup eux aussi menacés. La pâte servait à fabriquer le papier « écriture » produit sur le même site d’Alizay, qui emploie au total 415 personnes. Multinationale finlandaise, M-Real invoque la « non-rentabilité » de l’usine normande. « Le problème économique est fabriqué », accusent les syndicalistes, dénonçant des charges financières exorbitantes imposées par la maison mère (notamment sous forme d’une location-gérance à 25 millions d’euros) et des choix de gestion pour le moins douteux. Actuellement, en effet, pour produire le papier, l’usine d’Alizay importe de la pâte de Suède et d’Uruguay, à un prix plus élevé (de 30 euros la tonne) que celle qu’elle produisait sur place. S’y ajoute de la pâte dite « écologique », produite à partir de papier recyclé et désencré, en provenance d’Angleterre. Chaque jour, 32 semi-remorques sillonnent les routes pour livrer cette marchandise. Étrange manière de pratiquer l’écologie…

Social, économique, autant qu’environnemental, ce gâchis n’est pourtant pas fatal. Pour les syndicats (CGT, majoritaire, et CGC), l’usine de pâte serait viable si M-Real investissait dans une station de désencrage pour utiliser le papier recyclé, si elle obtenait l’autorisation de vendre à EDF l’électricité verte qu’elle produit à l’aide de la biomasse, et si l’État, comme il l’a déjà fait ailleurs, subventionnait le prix du bois acheté en France. C’est pour imposer la prise en compte de ces propositions qu’un collectif, créé par les syndicats et le maire PCF d’Alizay, Gaëtan Levitre, regroupant tous les partis de gauche, se mobilise et réclame des pouvoirs publics l’organisation d’une table ronde.

Yves Housson

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Dec 2009 à 18:07

Taxe carbone : camouflet vert pour Sarkozy


Le Conseil constitutionnel a annulé la loi qui instituait la taxe carbone, jugée inefficace écologiquement et inéquitable socialement. Revers cinglant pour Nicolas Sarkozy

Le gouvernement aura eu, cette année, l’estomac retourné avec deux jours d’avance sur le lendemain de fête. Le Conseil constitutionnel lui a servi le « vert » de trop mardi, tard dans la soirée, en retoquant son projet d’instituer une taxe carbone. Visant à une réduction des émissions de gaz à effet de serre « afin de lutter contre le réchauffement de la planète », celle-ci aurait dû s’appliquer à compter du 1er janvier, autrement dit dès demain.

Mais ce qui devait être l’une des mesures fiscales phares du projet de loi de finances 2010 n’a pas été du goût des neufs sages, lesquels ont décidé d’annuler in extremis la mesure, jugée socialement inéquitable et écologiquement inefficace. Épinglées : les nombreuses exemptions qui devaient accompagner sa mise en place. « Ainsi étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions de 1 018 sites industriels les plus polluants, tels que les raffineries, cimenteries, cokeries et verreries, les émissions de l’industrie chimique utilisant de manière intensive de l’énergie (…), celles du transport aérien et du transport routier de passagers », souligne le Conseil constitutionnel dans son rapport.
Pointant également l’exonération des centrales thermiques ainsi que les réductions accordées aux activités agricoles, de pêche, de transport routier de marchandises et au transport maritime (75 % pour chacun), il estime qu’au total, « 93 % des émissions d’origine industrielle, hors carburant, (auraient été) exonérée de contribution carbone ». In fine, « moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre auraient été soumises à la contribution », laquelle n’aurait donc porté que sur « les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l’une des sources de dioxyde de carbone ». Des régimes de faveur « contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique », résume le Conseil, qui note, surtout, que cela « aurait créé une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques ».

Deux motifs majeurs qui l’ont donc conduit à censurer la loi, faisant écho aux critiques entendues depuis juillet, quand le débat avait été lancé. Censée répondre aux engagements pris en 2008 lors du Grenelle de l’environnement, la taxe carbone ou contribution climat énergie devait inciter les entreprises, les ménages et les administrations à diminuer leur consommation d’énergie fossile gaz, fuel, essence, charbon via un « stimulus prix ». En juillet, la commission Rocard proposait de fixer le tarif de la taxe à 32 euros la tonne de CO2. Les parlementaires avaient finalement retenu celui de 17 euros la tonne, accompagnant la mesure d’un « chèque vert » reversé aux ménages en guise de compensation et, donc, d’une kyrielle d’exemptions. Dès lors, les critiques s’étaient multipliées. Á celles entendues depuis le début, portant sur le bien-fondé même d’une nouvelle taxe imposée aux ménages, 5 centimes de plus par litre de carburant et de fioul, 3,14 euros de plus par MWh de gaz venaient s’ajouter celles des organisations écologistes, reprochant au gouvernement de ne pas être allé jusqu’au bout de son idée. Deux lignes d’oppositions que l’on retrouve dans les réactions entendues depuis hier. Majoritairement, les organisations de défense de l’environnement saluent cette censure en ce qu’elle doit permettre au gouvernement de revoir sa copie.

« La décision du Conseil constitutionnel doit donner l’occasion au gouvernement de créer une véritable contribution climat énergie, conforme au vœu des acteurs du Grenelle de l’environnement et non des lobbies qui ne pensent qu’en termes d’exonérations et de chantage à l’emploi », estime ainsi Sébastien Genest, président de France nature environnement. Un point de vue repris, côté politiques, par le Parti socialiste (à l’origine de la saisine du Conseil constitutionnel) et par les Verts qui exigent, en substance, une contribution ambitieuse et socialement équitable. Député communiste du Nord, Jean-Jacques Candelier reste quant à lui fermement opposé au principe même d’une taxe. « Elles représentent déjà les deux tiers du prix à la pompe, souligne-t-il, dans un communiqué. Comment quelques milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires (3 milliards NDLR) pourraient changer les comportements, alors que les 50 milliards d’euros de l’actuelle fiscalité environnementale n’y arrivent pas ? » Le gouvernement, enfin, se montre déterminé à ne pas lâcher le morceau. François Fillon présentera un nouveau texte le 20 janvier. Un délai court, quand les entreprises dans le collimateur sont, elles aussi, déjà reparties à la charge pour défendre leur bout d’os.

Marie-Noëlle Bertrand


Taxe carbone, la taxe qui réchauffe la finance

La taxe carbone épargne les gros consommateurs d’énergie aux dépens des ménages. Réduire les émissions de gaz à effet de serre implique de remettre en cause la rentabilité financière.

La taxe carbone, un outil inefficace

Selon la commission des experts présidée par Michel Rocard, la taxe carbone permettra de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Le principe est apparemment évident. La création d’une taxe carbone à un taux conséquent devrait provoquer « un signal prix » qui inciterait le consommateur à se reporter sur des biens de consommation ou des services économes en énergie, peu émetteurs et moins coûteux pour lui. A priori séduisant, ce mécanisme n’est pas vérifié (voir tableau). Et pour cause ! Pour qu’un automobiliste renonce à l’usage de son véhicule, il est nécessaire que s’offre à lui un mode de transport alternatif fiable et efficace. Ce qui est souvent loin d’être le cas, en particulier en milieux rural ou périurbain, où la voiture demeure l’outil principal de déplacement. Par ailleurs, on notera qu’en l’état, le projet de taxe carbone épargne les industriels des secteurs gros consommateurs d’énergie et fortement émetteurs, comme la sidérurgie et la chimie, qui devraient être exonérées au prétexte de « la préservation de la compétitivité économique de l’industrie française ».

Un hold-up sur les ménages

La contribution climat-énergie programmée est en outre, comme l’UFC-Que choisir l’a qualifiée, un véritable « hold-up fiscal » de 4 milliards d’euros sur les ménages. Michel Rocard, président de la commission des experts sur la création de la taxe carbone, évalue lui-même la facture autour de 300 euros par an et par ménage. La taxe est en fait un « paravent vert » visant à dissimuler un transfert de prélèvements des entreprises vers les salariés. Côté cour, on institue la taxe carbone et côté jardin on supprime la taxe professionnelle, payée surtout par le patronat. Christine Lagarde ne déclarait-elle pas en août : « Le manque à gagner pour l’État lié à la réforme de la taxe professionnelle… pourrait être compensé en partie par les recettes de la future taxe carbone. » Le journal les Échos, pour sa part, notait hier que « la suppression de la taxe professionnelle devrait à elle seule représenter un gain de trésorerie de 10 à 12 milliards pour les entreprises », la taxe carbone devant, elle, rapporter au total 8 milliards.

À vrai dire, le projet s’inscrit tout à fait dans l’ensemble des mesures prises par la droite depuis le début de la crise financière qui secoue la planète. Tout est fait pour relancer la rentabilité et la croissance financière, mises à mal par la tourmente. L’effet risque d’être à contre-emploi des objectifs affichés et de nourrir la crise, la taxe écrasant un peu plus un pouvoir d’achat des ménages déjà passablement étrillé. Par ailleurs, cette nouvelle baisse des prélèvements sur les entreprises va inciter les plus grandes d’entre elles à pousser à nouveau les feux de leurs opérations financières.

Dans la crise également, la taxe est envisagée par Nicolas Sarkozy comme un moyen de pression sur les pays émergents, le chef de l’État ayant déclaré à leur propos : « Soit ils font un effort comme nous, soit on rééquilibrera les conditions de la concurrence », réaffirmant, de plus, son intention d’aborder la question au G20, de concert avec les États-Unis.

Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre

Contenir le réchauffement climatique dans la limite de deux degrés, comme le préconise le Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, implique de diviser les émissions de gaz à effet de serre par deux au niveau mondial d’ici à 2050 par rapport à leur niveau de 1990. Selon ces mêmes experts, pour les pays

fortement émetteurs, cela implique une division par trois, voire par quatre. Pour y parvenir, une transformation radicale du système économique et une remise en cause des mécanismes de la mondialisation capitaliste sont nécessaires. La surexploitation des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), la hausse constante et exponentielle des échanges commerciaux sont en effet à l’origine d’une croissance sans précédent des émissions de gaz à effet de serre.

Dans l’immédiat, des politiques efficaces, notamment en matière d’énergie et de transports, pourraient être mises en oeuvre à l’échelle nationale et européenne. Mais celles-ci se heurtent à l’insuffisance des investissements publics dans les infrastructures ou la recherche et aux politiques de libéralisation.

Énergie, l’exception française

Le secteur de l’énergie en Europe est l’un des principaux pourvoyeurs de gaz à effet de serre. Dans la plupart des pays membres de l’UE, il représente un tiers des émissions en raison de l’utilisation massive de centrales thermiques, en particulier celles consommant du charbon. Avec une part de seulement 13 % (en 2005) de ses émissions, la France fait exception. Un rang qu’elle doit au choix historique du développement de la filière nucléaire.

Transports, la concurrence réchauffe le climat

Les transports sont le principal secteur émetteur de gaz à effet de serre en France et le second en Europe (respectivement 35 % et 26 % des émissions en 2005). Une situation qui découle de l’hégémonie du transport routier (79 % du fret en 2005 en France, 73 % en Europe). En France, le rééquilibrage en faveur de mode alternatif à la route implique une remise en état du réseau ferroviaire et le choix de développer le fret ferroviaire en lieu et place de sa libéralisation, qui incite les opérateurs à se replier sur les marchés les plus rentables. Entre 2003 et 2008, la part du fret ferroviaire a reculé de 3 %.

Des normes et des critères écologiques

La révolution écologique est encore à faire. La fiscalité peut être l’une de ses armes, c’est ainsi qu’il pourrait être possible d’établir une modulation incitative de l’impôt sur les sociétés. Mais la vraie bataille ne se gagnera que sur le terrain, dans les entreprises et les services publics. Pour cela, il s’agirait de mettre en oeuvre de nouveaux critères de gestion visant à économiser les matières premières et le capital matériel grâce à de nouvelles technologies non polluantes.

Cela suppose de donner la priorité au développement humain, à l’emploi, la formation, la qualification, qui, seuls, peuvent permettre une utilisation efficace de ces nouvelles technologies. Les banques pourraient aussi apporter leur note au concert en mettant en oeuvre un crédit sélectif réduisant d’autant les taux d’intérêt que le projet permettrait de financer des investissements réduisant les pollutions et les émissions de gaz carbonique. De même, les services publics pourraient mettre en musique des mesures, un cadre pour favoriser ces changements et contribuer à des coopérations internationales. C’est donc à toute une transformation progressive du système productif qu’il faut s’atteler.

Pierre Ivorra et Pierre-Henri Lab

Un tour de passe-passe fiscal au bénéfice des patrons

L’instauration de la taxe carbone vise à faire payer aux Français une partie de la taxe professionnelle que ne paieront plus les entreprises.

Assiste-t-on en direct à un véritable hold-up ? On est en droit de se le demander quand sont publiées simultanément les premières dispositions concrètes pour réformer la taxe professionnelle, dont les principaux bénéficiaires seront les entreprises, et les premières préconisations de la taxe carbone, dont les premiers victimes seront les consommateurs. Le lien n’est pas fortuit, il a pour origine les propos en début d’année de Nicolas Sarkozy. Dans sa volonté « d’alléger les charges des entreprises » pour maintenir et développer l’emploi, il a proposé de « supprimer la taxe professionnelle » et, devant la levée de boucliers des élus locaux, a annoncé tout de go que celle-ci serait remplacée par la taxe carbone. Outre le fait que jamais un allégement de charge pour une entreprise (dégrèvement sur la taxe professionnelle ou sur les charges sociales) n’a conduit celle-ci à ne pas licencier ou ne pas délocaliser si l’intérêt de ses actionnaires est en jeu, nombre d’associations d’élus avaient fait remarquer que le remplacement de la taxe professionnelle par la taxe carbone équivaudrait à un transfert d’imposition vers les ménages. En effet, de 30 % à 40 % de cette taxe carbone pourrait, en fait, être supporter par les Français.

Certes, aujourd’hui, les propositions du gouvernement en matière de réforme de la taxe professionnelle ne sont plus la suppression totale de la taxe professionnelle ni son remplacement pur et simple par la taxe carbone. Il entend supprimer une large partie de la taxe professionnelle, celle sur les équipements et les biens mobiliers, et la remplacer par, notamment, une taxe sur la valeur ajoutée progressive en fonction du chiffre d’affaires réalisé, plus le transfert de quelques autres taxes. Ce dont se réjouit le MEDEF, car c’est tout bénéfice pour les entreprises. quand à l’emploi… Cependant, ces dispositions ne suffiront pas, loin s’en faut à compenser les pertes fiscales pour les collectivités locales. Celles-ci devront être compensées par des dotations d’État dont les élus savent, par expérience, qu’elles baissent chaque année en valeur relative, avec toutes les conséquences prévisibles sur la qualité et la diversité des services publics locaux et sur les impôts des ménages pour compenser ses pertes.

Mais, pour abonder ces dotations d’État, le gouvernement, qui refuse d’aggraver le déficit public, a besoin de recettes nouvelles. Celles-ci proviennent des Français et non de ces « chères » entreprises. D’où la taxe carbone qui serait en partie payée par les ménages et qui suppléera pour partie ce que ne paieront plus les entreprises grâce à la réforme de la taxe professionnelle Et la boucle est bouclée. Moins d’impôts pour les entreprises, c’est plus d’impôts pour les ménages.

Max Staat

Réactions des partis de gauche

Jean-Jacques Candelier, député PCF du Nord, a jugé "urgent que le gouvernement change sa logique de taxation des ménages et d’exonération des grands groupes capitalistes" et suggéré de "moduler l’impôt sur les sociétés selon le bilan des rejets des entreprises et selon leurs investissements et productions propres"

Marie-Noëlle Lienemann (PS), ex-vice-présidente du Parlement européen, se réjouit d’une "claque salutaire" pour le président. "Une pareille usine à gaz qui taxe aveuglément et injustement l’ensemble des Français en multipliant simultanément les exonérations et les compensations- qui plus est arbitraires et inégalitaires- atteignait le comble de l’absurde et s’éloignait des principes de base de notre fiscalité"

François de Rugy, député Verts, estime que cette annulation fournit "l’occasion d’adopter une vraie contribution climat énergie", car après l’échec de Copenhague, "il n’y aurait rien de pire que d’abandonner le principe" de cette contribution "comme levier des changements de comportement"

Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris, estime que la décision des Sages "sanctionne un dispositif à la fois trop complexe, inefficace et injuste sur le plan social et fiscal". "Un tel camouflet, quelques jours après l’échec de Copenhague, pose légitimement une question : quelle est la stratégie environnementale de ce pouvoir ?", ajoute-t-il, dénonçant le "silence absolu" de Nicolas Sarkozy depuis son retour du Danemark

Martine Billard, députée de Paris et porte-parole du Parti de gauche, juge que "après l’échec de la méthode Sarkozy à Copenhague, après l’échec de cette taxe carbone, injuste socialement et inefficace environnementalement, il est temps de comprendre que ce n’est ni le bricolage politicien, ni les attitudes de Rambo qui construiront une véritable réponse au défi climatique"

Réactions des syndicats

CGT : "La CGT se réjouit de voir reportée une imposition supplémentaire qui aurait pesé, dès le 1er janvier, sur la consommation des ménages les plus modestes (…) La décision du conseil constitutionnel rouvre le débat sur les instruments à privilégier pour lutter contre le réchauffement climatique (…) ce qui implique de faire payer les vrais pollueurs, de favoriser la mise au point de technologies alternatives et d’organiser une transition juste vers une économie à bas carbone"

CFDT : "Le gouvernement doit revoir sa copie en respectant les engagements du Grenelle de l’environnement et de la Commission Rocard : une contribution énergie climat suffisament importante pour changer les comportements et socialement équitable car compensée en particulier pour ceux qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler" (…) La CFDT demande l’ouverture d’un "débat européen" sur le sujet et "apprécie particulièrement" que le conseil constitutionnel ait souligné la "nécessité d’une égalité des citoyens devant l’impôt".

FO : "En plus d’être inégalitaire, le principe même d’une taxe à l’échelle d’un seul pays est un non sens. Plutôt que de créer des taxes à vocation de communication venant pénaliser les salariés et les ménages sans produire d’effets aux niveaux des enjeux écologiques, le gouvernement doit s’attacher à réformer la fiscalité publique, de façon juste et redistributive, privilégiant l’égalité et la progressivité, y compris pour les politiques environnementales"

Solidaires (qui comprend notamment les syndicats Sud) : "L’Union syndicale Solidaires se félicite d’une décision qui annule une taxe injuste socialement et inefficace écologiquement. (…) Une taxe carbone peut être un instrument de lutte contre le réchauffement climatique à deux conditions : d’une part l’ensemble des secteurs industriels doivent y être assujettis. D’autres part, le prix de la tonne de carbone doit être assez élevé pour forcer les entreprises à investir dans des moyens de production moins polluants et inciter les particuliers à changer de comportements"

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Jan 2010 à 16:50

Mauvais climat pour Sarkozy

Le%20Conseil%20constitutionnel%20carbonise%20la%20loi%20sur%20la%20taxe%20carbone

La taxe carbone met en valeur une 
politique incompatible avec l’environnement 
et la justice fiscale.

Lourde défaite, immense camouflet, échec, fiasco… Les commentaires, au lendemain de la décision du Conseil constitutionnel d’annuler les dispositions de la taxe carbone, deux jours avant l’application au 1er janvier, révèlent la nature profonde du régime. Il s’agit bien d’un sérieux revers politique pour Nicolas Sarkozy, lequel s’était autoproclamé porte-drapeau de la lutte contre le réchauffement climatique au nez et à la barbe des écologistes et de la gauche, qui dénonce, depuis sa naissance, une taxe socialement injuste, et pire, inutile. Car à force de choyer les actionnaires des entreprises, de faire la révérence au grand patronat, Nicolas Sarkozy s’est fait rappeler à l’ordre. Ce grand patronat, qui avait entrepris une discrète pression pour refuser la contribution carbone, avait obtenu, sans trop de difficulté, l’approbation du gouvernement. Le résultat devait être à la hauteur de ses espérances  : 93 % des émissions d’origine industrielle exonérées de la taxe, créant « une rupture caractérisée de l’égalité », c’était vraiment trop pour le Conseil constitutionnel.

La sévère remontrance des sages du Conseil arrive au mauvais moment pour le président. Onze jours après l’échec de Copenhague, l’annulation de la taxe verte, considérée par l’Élysée comme une réforme historique, redistribue les cartes, à deux mois et demi des élections régionales. Il est possible que la nouvelle mouture annoncée par le premier ministre pour le 20 janvier réintègre quelques gros pollueurs dans le dispositif, ce qui est loin d’être acquis. Elle ne devrait pas modifier fondamentalement la politique du gouvernement. Les écologistes, ravis de l’aubaine, profitent du faux pas pour revendiquer une véritable contribution énergie, « conforme au vœu des acteurs du Grenelle de l’environnement et non des lobbys qui ne pensent qu’en termes d’exonérations et de chantage à l’emploi », a déclaré Sébastien Genest, président de France Nature Environnement. Ségolène Royal en a profité pour se réjouir de l’annulation d’une taxe qu’elle avait dénoncée, dit-elle, « dès le mois d’août et ce malgré le consensus général qui entourait cette mesure ». Un consensus général donc, du Parti socialiste qui, hier, a dénoncé une taxe injuste mais pour revendiquer également un « dispositif juste et efficace ». Le député communiste du Nord Jean-Jacques Candelier s’est en revanche prononcé clairement « contre toute taxe carbone supplémentaire ». Le revers de Sarkozy prouve que le libéralisme économique qu’il prône est incompatible avec une politique sociale de l’environnement.

Jacques Moran

Taxe carbone  : le vert de trop

Le Conseil constitutionnel a annulé, mardi soir, la loi qui instituait la taxe carbone, jugée inefficace écologiquement et inéquitable fiscalement.

Le gouvernement aura eu, cette année, l’estomac retourné avec deux jours d’avance sur le lendemain de fête. Le Conseil constitutionnel lui a servi le « vert » de trop mardi, tard dans la soirée, en retoquant son projet d’instituer une taxe carbone. Visant à une réduction des émissions de gaz à effet de serre « afin de lutter contre le réchauffement de la planète », celle-ci aurait dû s’appliquer à compter du 1er janvier, autrement dit dès demain.

une rupture caractérisée de l’égalité

Mais ce qui devait être l’une des mesures fiscales phares du projet de loi de finances 2010 n’a pas été du goût des neufs sages, lesquels ont décidé d’annuler in extremis la mesure, jugée socialement inéquitable et écologiquement inefficace.

Épinglées  : les nombreuses exemptions qui devaient accompagner sa mise en place. « Ainsi étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions de 1 018 sites industriels les plus polluants, tels que les raffineries, cimenteries, cokeries et verreries, les émissions de l’industrie chimique utilisant de manière intensive de l’énergie (…), celles du transport aérien et du transport routier de passagers », souligne le Conseil constitutionnel dans son rapport. Pointant également l’exonération des centrales thermiques ainsi que les réductions accordées aux activités agricoles, de pêche, de transport routier de marchandises et au transport maritime (75 % pour chacun), il estime qu’au total, « 93 % des émissions d’origine industrielle, hors carburant, (auraient été) exonérée de contribution carbone ». In fine, « moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre auraient été soumises à la contribution », laquelle n’aurait donc porté que sur « les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l’une des sources de dioxyde de carbone ».

Des régimes de faveur « contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique », résume le Conseil, qui note, surtout, que cela « aurait créé une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques ».

Deux motifs majeurs qui l’ont donc conduit à censurer la loi, faisant écho aux critiques entendues depuis juillet, quand le débat avait été lancé. Censée répondre aux engagements pris en 2008 lors du Grenelle de l’environnement, la taxe carbone – ou contribution climat énergie – devait inciter les entreprises, les ménages et les administrations à diminuer leur consommation d’énergie fossile – gaz, fuel, essence, charbon – via un « stimulus prix ». En juillet, la commission Rocard proposait de fixer le tarif de la taxe à 32 euros la tonne de CO2. Les parlementaires avaient finalement retenu celui de 17 euros la tonne, accompagnant la mesure d’un « chèque vert » reversé aux ménages en guise de compensation et, donc, d’une kyrielle d’exemptions. Dès lors, les critiques s’étaient multipliées. À celles entendues depuis le début, portant sur le bien-fondé même d’une nouvelle taxe imposée aux ménages – 5 centimes de plus par litre de carburant et de fioul, 3,14 euros de plus par MWh de gaz – venaient s’ajouter celles des organisations écologistes, reprochant au gouvernement de ne pas être allé jusqu’au bout de son idée.

Un nouveau texte le 20 janvier

Deux lignes d’oppositions que l’on retrouve dans les réactions entendues depuis hier. Majoritairement, les organisations de défense de l’environnement saluent cette censure en ce qu’elle doit permettre au gouvernement de revoir sa copie. « La décision du Conseil constitutionnel doit donner l’occasion au gouvernement de créer une véritable contribution climat énergie, conforme au vœu des acteurs du Grenelle de l’environnement et non des lobbies qui ne pensent qu’en termes d’exonérations et de chantage à l’emploi », estime ainsi Sébastien Genest, président de France Nature Environnement. Un point de vue repris, côté politiques, par le Parti socialiste (à l’origine de la saisine du Conseil constitutionnel) et par les Verts qui exigent, en substance, une contribution ambitieuse et socialement équitable. Député communiste du Nord, Jean-Jacques Candelier reste quant à lui fermement opposé au principe même d’une taxe. « Elles représentent déjà les deux tiers du prix à la pompe, souligne-t-il, dans un communiqué. Comment quelques milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires (3 milliards – NDLR) pourraient changer les comportements, alors que les 50 milliards d’euros de l’actuelle fiscalité environnementale n’y arrivent pas  ? »

Le gouvernement, enfin, se montre déterminé à ne pas lâcher le morceau. François Fillon présentera un nouveau texte le 20 janvier. Un délai court, quand les entreprises dans le collimateur sont, elles aussi, déjà reparties à la charge pour défendre leur bout d’os.

Marie-Noëlle Bertrand

Christophe Aguiton « C’est une bonne nouvelle »

Christophe Aguiton, membre du conseil scientifique d’Attac.

La taxe carbone est pour l’heure enterrée, c’est une bonne nouvelle fiscale. Est-ce une bonne nouvelle environnementale  ?

Christophe Aguiton. La censure de la taxe carbone telle que conçue par le gouvernement est une bonne nouvelle. D’abord, son montant était trop faible pour contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ensuite et surtout, elle ne concernait ni les principaux pollueurs ni les industriels. L’énergie électrique en était elle aussi exonérée, ce qui aurait incité les ménages à s’équiper de radiateurs électriques, dont le bilan énergétique est très mauvais. Plus généralement, enfin, une taxe s’inscrit dans une politique fiscale globale. Or, celle en œuvre aujourd’hui s’attache à protéger les plus nantis et occasionne des injustices que la taxe carbone n’aurait fait qu’accentuer. Par exemple, un gros contribuable bénéficiant du bouclier fiscal aurait pu l’en déduire. Bref, on ne peut parler de taxe carbone sans l’inscrire dans une fiscalité globale redistributive.

C’est-à-dire  ?

Christophe Aguiton. Une fiscalité qui taxe les revenus les plus élevés. Cela s’est déjà fait, y compris aux États-Unis où, après la grande crise de 1929 et jusque dans les années soixante-dix, la tranche d’impôts maximale était taxée de 80 % à 90%. Et quitte à parler de taxe, il faut aussi parler des « taxes mondiales » sur les revenus financiers ou la spéculation monétaire…

Faut-il forcément passer par une taxe 
pour réduire nos gaz à effet de serre  ?

Christophe Aguiton. Il y a des tas d’autres leviers d’actions, à commencer par des normes environnementales très précises. Je pense aux transports ou à tout ce qui relève de la construction publiques. On dispose là de sources de réduction considérables  : dans un pays comme la France, la consommation liée au bâtiment représente plus de 40 % des émissions de GES.

entretien réalisé par M.N.B.



Edité par T 34 - 04 Jan 2010 à 15:43
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jan 2010 à 13:26
Message posté par T 34

Les papetiers d’Alizay ne sont pas à court d’idées

Les salariés de l’usine M-Real combattent l’arrêt de la production de pâte à papier en avançant une série de propositions économiquement et écologiquement responsables.

« Même s’il ne reste plus beaucoup d’espoir, on n’en est pas encore à se battre pour les indemnités de licenciement. » Pour Thierry Philippot, secrétaire (CGT) du comité d’entreprise, et Jean-Yves Lemahieu, délégué syndical CGT, les salariés de l’usine de papier M-Real d’Alizay (Eure) ont toutes les raisons de contester la décision tombée le 16 décembre. Ce jour-là, la direction annonçait l’arrêt définitif de la production de pâte à papier et le licenciement de 99 personnes. Cette pâte était produite à partir du bois des forêts du nord-ouest de la France, contribuant au maintien de plus d’un millier d’emplois de l’industrie forestière, du coup eux aussi menacés. La pâte servait à fabriquer le papier « écriture » produit sur le même site d’Alizay, qui emploie au total 415 personnes. Multinationale finlandaise, M-Real invoque la « non-rentabilité » de l’usine normande. « Le problème économique est fabriqué », accusent les syndicalistes, dénonçant des charges financières exorbitantes imposées par la maison mère (notamment sous forme d’une location-gérance à 25 millions d’euros) et des choix de gestion pour le moins douteux. Actuellement, en effet, pour produire le papier, l’usine d’Alizay importe de la pâte de Suède et d’Uruguay, à un prix plus élevé (de 30 euros la tonne) que celle qu’elle produisait sur place. S’y ajoute de la pâte dite « écologique », produite à partir de papier recyclé et désencré, en provenance d’Angleterre. Chaque jour, 32 semi-remorques sillonnent les routes pour livrer cette marchandise. Étrange manière de pratiquer l’écologie…

Social, économique, autant qu’environnemental, ce gâchis n’est pourtant pas fatal. Pour les syndicats (CGT, majoritaire, et CGC), l’usine de pâte serait viable si M-Real investissait dans une station de désencrage pour utiliser le papier recyclé, si elle obtenait l’autorisation de vendre à EDF l’électricité verte qu’elle produit à l’aide de la biomasse, et si l’État, comme il l’a déjà fait ailleurs, subventionnait le prix du bois acheté en France. C’est pour imposer la prise en compte de ces propositions qu’un collectif, créé par les syndicats et le maire PCF d’Alizay, Gaëtan Levitre, regroupant tous les partis de gauche, se mobilise et réclame des pouvoirs publics l’organisation d’une table ronde.

Yves Housson

 
Ca c'est de l'écologie rouge, où sont donc nos bobos écolos d'Europe-écologie !
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jan 2010 à 14:35

La vraie écologie c'est comme les pastèques, vert à l'extérieur et rouge à l'intérieur.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jan 2010 à 20:08

Taxe carbone  : les industriels exemptés

Censuré, le gouvernement maintiendra des dérogations dans son nouveau texte.

Le compte à rebours a commencé pour le gouvernement, après la décision du Conseil constitutionnel d’annuler la contribution énergie climat, qui créait une « rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques ». L’exécutif a jusqu’au 20 janvier pour proposer un nouveau projet de loi.

Peu enclin à la défaite, le gouvernement n’est pourtant pas résolu à supprimer les exonérations partielles pour certains secteurs (agriculture, transports…) et totales pour les entreprises industrielles soumises au régime européen des quotas de CO2, décriées par les sages du Conseil constitutionnel. Hier, sur RMC, la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno a annoncé que les grandes entreprises devraient bénéficier, comme les autres, d’un système de compensations à partir du moment où elles s’acquitteront de la taxe carbone. « Pour les autres entreprises, on avait supprimé la taxe professionnelle en échange de la mise en place de la taxe carbone, a-t-elle expliqué. Il faut qu’on trouve le même équilibre pour ces grands groupes. » Confirmant ainsi les propos du ministre du Budget, Éric Woerth, qui, la veille, déclarait  : « Bien sûr qu’on va maintenir des dérogations. La taxe carbone n’est pas faite pour nuire à la compétitivité de l’industrie mais pour mieux produire. »

Mais la position de Bercy n’est que partiellement partagée dans la majorité. Le rapporteur général du Budget à l’Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP), dans un entretien à la Tribune, souhaite une « contribution carbone généralisée », sans exception, « sur une même base pour chaque agent économique ». À condition que cette fiscalité soit appliquée de manière « neutre pour la grande industrie », ce qui revient dans les faits à dispenser les plus pollueurs de contribution.

Clotilde Mathieu

Lifting en vue pour faire passer la taxe carbone

Bercy travaille sur une nouvelle formule de la contribution climat énergie retoquée par
 le Conseil constitutionnel. Une « imposition différenciée » est promise aux grandes entreprises.

Depuis le début de la semaine, pas un jour ne passe sans qu’un membre du gouvernement ne dessine les contours de la taxe carbone nouvelle formule, après que le Conseil constitutionnel a annulé la première mouture de la contribution énergie climat.

À la sortie du premier Conseil des ministres de l’année, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, s’est contenté d’indiquer que « plusieurs scenarii » étaient à l’étude pour contourner l’avis des sages. Lesquels ont vu dans la taxe carbone version UMP, qui devait peser exclusivement sur les ménages, tout en exonérant les 1 018 entreprises dont les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont les plus importantes, une transgression du principe d’égalité devant l’impôt. Hier, après les annonces d’Éric Woerth, ministre du Budget, sur de possibles « dérogations » pour les entreprises (voir notre édition d’hier), la ministre de l’Économie et des Finances, Christine Lagarde, a défendu l’idée d’un « mécanisme d’imposition différencié » en fonction de l’exposition de certaines industries « à la concurrence internationale et en fonction de l’intensité énergétique de leur production ». Un léger fléchissement par rapport à l’exemption totale du projet initial. Mais la volonté de préserver au maximum les grandes entreprises et les multinationales de ce nouvel impôt reste manifeste. « J’ai le souci de la compétitivité de ces entreprises et il n’est pas question de taxer à tout-va des secteurs à l’équilibre économique fragile », a insisté Christine Lagarde pour rassurer les industriels. Rappelant au passage que « le principe même de la taxe, son niveau et la redistribution pour les ménages ne sont pas remis en cause » et que « le volet ménages de la contribution carbone et celui les professionnels les plus exposés, tels que les routiers, les agriculteurs ou les pêcheurs (…) peuvent donc être conservés ». La nouvelle version de la taxe carbone doit être présentée au Conseil des ministres le 20 janvier. Un délai que le rapporteur du budget à l’Assemblée, Gilles Carrez (UMP), a jugé « difficile » à respecter, doutant des possibilités pour le gouvernement « de bâtir quelque chose d’intelligent » d’ici à la mi-janvier. Le chef de l’État, de son côté, ne veut rien lâcher. Après la Berezina de Copenhague, Nicolas Sarkozy tient à se refaire une virginité verte. Déjà, le gouvernement promet une « concertation » longue de « plusieurs semaines » avec les « acteurs concernés ». Au final, la nouvelle version de la taxe carbone ne devrait pas entrer en vigueur avant le 1er juillet 2010. Soit après les élections régionales  : tempo parfait pour l’UMP.

Clotilde Mathieu



Edité par T 34 - 06 Jan 2010 à 15:23
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jan 2010 à 16:19

Installer des jeunes pour une agriculture durable

René Louail est éleveur dans les Côtes-d’Armor. Pour cet ancien dirigeant syndical, c’est clair : l’agriculture doit changer de cap.

Militant et ancien porte-parole national de la Confédération paysanne, René Louail élève des moutons et de la volaille fermière à Saint-Mayeux dans les Côtes-d’Armor.

De quels maux souffre l’agriculture bretonne aujourd’hui ?

René Louail. Ses maux résultent du productivisme agricole. Nous occupons moins de 7 % du territoire et produisons près de 60 % des porcs élevés en France, environ le tiers des volailles et des œufs et un cinquième de la production laitière. Pour ce qui est du revenu agricole par actif, nous étions au 17e rang des régions en 1998 au lieu du 15e rang en 1991. Nous sommes désormais à la vingtième place, juste devant la Corse. Pourtant, la production par actif se situe à 33 % au-dessus de la moyenne nationale. L’aval est plutôt moderne, ses travailleurs sont très compétents, bien que mal payés. Malgré cela, l’agriculture bretonne perd 3 000 emplois par an.

Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

René Louail. Les élevages de porcs et de volaille en hors-sol ont nécessité la construction de bâtiments coûteux. Leur rentabilité ne dépend pas seulement de la compétence des éleveurs mais aussi de plusieurs facteurs liés à la conjoncture nationale et internationale, à quoi s’ajoutent les pressions que les distributeurs exercent en permanence sur leurs fournisseurs. Les productions volaillères, porcines et laitières dégagent peu de valeur ajoutée ici car elles sont gourmandes en capital fixe et trop positionnées sur des produits d’entrée de gamme de plus en plus mal payés par la grande distribution et le hard discount. Faute de marge, une autre partie est vendue à l’exportation à l’aide de restitutions. Le volailler Doux a perçu l’an dernier 63 millions d’euros d’aides de l’Union européenne sur les 772 millions perçus par l’agriculture bretonne.

Quelles sont les conséquences les plus visibles des ratés du « modèle productiviste breton » ?

René Louail. Outre la pollution par 
les nitrates et la baisse du revenu paysan, l’outil de production n’est plus entretenu. Les banques ne prêtent plus pour construire de nouveaux bâtiments en raison 
des incertitudes économiques et des marges 
de plus en plus faibles que dégagent 
les éleveurs en hors-sol. Avec la fin annoncée des quotas, la production laitière est davantage fragilisée en Bretagne que dans les autres régions de France car les entreprises laitières n’ont pas assez diversifié en produits frais le lait livré par les paysans.

Quelle serait la voie d’une sortie de crise pour l’agriculture bretonne ?

René Louail. Il faut rompre avec la course à l’agrandissement des fermes et à d’illusoires économies d’échelle dans l’agriculture comme dans l’agroalimentaire. Nous avons chaque année en Bretagne un potentiel de 1 100 jeunes gens bien formés avec bac + 3 à bac + 5. Ils sont allés dans d’autres pays pour acquérir de l’expérience et n’ont pas envie de s’engager dans le modèle productiviste pour être des façonniers de l’agro-industrie. Seuls 600 arrivent à s’installer chaque année. Il faut mieux partager les hectares qui se libèrent pour installer des jeunes dans des exploitations plus diversifiées, créatrices de valeur ajoutée sur l’exploitation. Nous devons nous servir des nombreux départs en retraite pour installer les générations qui recréeront une agriculture durable en Bretagne. Ce qui suppose aussi une autre répartition des aides européennes, car aujourd’hui elles favorisent le productivisme polluant.

Entretien réalisé par G. L. P.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jan 2010 à 18:29

Medef et taxe carbone

« Au moment où nous sommes tous mobilisés, gouvernement, syndicats, patronat, pour défendre nos industries, la taxe carbone telle qu’elle est envisagée est incohérente. Donnons-nous du temps pour faire bien », a déclaré Laurence Parisot, présidente du Medef, après la déclaration de la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, qui envisage une taxe différenciée aux industriels les plus polluants. De son côté, l’Union des industries chimiques (UIC) souhaite un taux réduit pendant trois ans et la création d’une liste d’investissements qui permettrait d’être exonérée.
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2010 à 17:15

le vert de trop

 

«Rupture d’égalité devant les charges publiques.» Par ces quelques mots de motivation sans équivoque, le Conseil constitutionnel, en retoquant sévèrement le projet de loi sur la «taxe carbone», a caractérisé la nature profonde du sarkozysme : une «rupture d’égalité».

 

Mais ce n’est pas tout. Au passage, le Conseil inflige l’un des plus retentissants échecs personnels du président en exercice. Ne boudons pas notre contentement. Le choc ressenti à l’Élysée, juste avant l’entrée en vigueur du dispositif législatif présenté comme la « mesure phare du projet de budget 2010 », et à trois mois d’une échéance électorale, sonne comme le glas d’un plan de com surjoué dont la principale victime restera l’environnement…

 

Il était en effet injustifiable que 93 % des émissions d’origine industrielle soient dispensées par cette nouvelle taxe et que, au final, cette « contribution carbone » soit devenue un impôt supplémentaire sur les carburants. Les pauvres de nouveau taxés ; les puissants épargnés. Même pour les sages, peu exempts de reproches ces dernières années, trop c’était trop. Qu’attendent-ils, d’ailleurs, pour interdire le bouclier fiscal ou la taxation des indemnités journalières des accidentés du travail ?

 

Reste toutefois la vraie question : après le fiasco du sommet de Copenhague, dont Sarkozy porte la coresponsabilité, la France est-elle capable d’enfanter une fiscalité qui respecte l’égalité des contribuables tout en étant cohérente avec des objectifs de développements sociaux respectueux de l’environnement ? Avec les logiques actuelles de taxation des ménages et d’exonération des grands groupes capitalistes, poser la question, c’est déjà y répondre…

 

Le Conseil constitutionnel n’avait pas d’autre solution que de censurer cette taxe carbone injuste : la loi ne peut créer des inégalités flagrantes entre les citoyens ! En ce domaine, 2010 promet de nombreux rendez-vous importants. Du dossier des retraites à la « réforme » des territoires, en passant par celle des lycées ou la carte judiciaire, etc., l’année promet quelques batailles sérieuses. Nous éloigneront-elles pour autant du pseudo-débat sur l’identité nationale, qui ne sert qu’à détourner l’opinion de la question sociale ?

Face au gouvernement le plus réactionnaire depuis Pétain, rien n’est moins sûr. Car pour Sarkozy, un lien idéologique existe entre la revendication identitaire et l’atomisation sociale en cours, entre l’exaltation d’une France définitivement chrétienne et un élitisme entrepreneurial. Dans les deux cas, c’est l’exacerbation d’une pensée profondément ultradroitière qui opère. Une sélection par le sang et l’argent…

 

Choc de classes, choc des civilisations, choc des mémoires : le néonationalisme à l’œuvre (française) conduit à la stigmatisation, à la division des uns contre les autres, à la haine, autrement dit à une griffure insupportable à notre pacte républicain. Or, que souhaiter de mieux sinon un retour ardent et impérieux aux obligations sociales et républicaines ? L’an III du sarkozysme débute par un revers. Certes. Mais notre résistance et nos combats doivent s’intensifier.

Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2010 à 17:28
A propos "d'un vert de trop", un des menteurs d'Europe écologie pris au piege :
 
Haut de la page
Jef. allez vers le bas
Pilier du FUC
Pilier du FUC
Avatar

Depuis le: 28 Sep 2007
Pays: DDR
Status actuel: Inactif
Messages: 2547
  Citer Jef. Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Jan 2010 à 13:56

Verts et Europe Ecologie sont de véritables chantres du pragmatisme et du consensus.

La très médiatisée présidente des Verts, Cécile Duflot qui est tête de liste des Verts/Europe Ecologie aux élections régionlaes en Ile de France a présenté ses voeux à la presse mardi dernier entourée de nombreux colistiers et en présence de Philippe Meirieu, tête de lliste Europe Ecologie en Rhône Alpes.
Elle a déclaré : " Après 2009, qui a vu la population prendre la mesure des enjeux écologiques, avec de premies résultats aux élections européennes, nous voulons en 2010 gagner la transition écologique et sociale."
La ligne de mire est clairement définié : les élections régionales de mars prochain.
Notons toutefois que Cécile Duflot exclut pratiquement de son vocabulaire le mot " gauche " et le mot " droite " comme si l'écologie se situait sur un terrain neutre.
Comme nous l'avons déjà écrit dans nos articles, l'écologie ne peut être prise en compte, car elle a un coût, que dans une politique sociale et éconmique audacieuse et en rupture avec les pratiques capitalistes....
Nous avons constaté l'échec de Copenhague avec le poids de lobbies qui défendent les profits exclusifs des monopoles industriel et financiers....Nous avons pu voir les limites des grands Etats quant à leur volonté de mettre en place des moyens pour les pays pauvres ou émergeants et leur refus de définir des règles contraignantes pour éviter le réchauffement, la déforestation et bien d'autres fléaux pour notre planète....
En fait, Cécile Duflot est à l'écologie ce que le MoDem est à la politique générale, elle veut ratisser large en rejetant gauche et droite dos à dos...
Elle veut essayer de " rassembler " dit-elle dans une démarche qui sur chaque problème serait " consensuelle et pragmatique ".
Rien de plus sur les propositions concrètes !...Mais l'ambition quant à elle est beaucoup plus claire : arriver devant le socialiste Jean-Paul Huchon en Ile de France et au deuxième tour gagner en ne rejetant pas le MoDem  (et Bayrou le pot de Cohn-Bendit ), " si celui-ci se reconnaît dans notre projet " dit-elle.
A quand le fauteuil rouge de Drucker sur France 2 le dimanche après-midi pour l'intronisation médiatique supprême ?....A qaund un petite émission alarmante et remplie d'émotion de la part d'Arthus Bertrand à quelques jours de l'élection ?...
Pendant ce temps les médias aux ordres n'ont pas dit un mot sur le meeting du 10 janvier du Front de Gauche...Dérangerait-il autant que cela l'ordre établi entre le pouvoir, les opposants consuels et les médias aux manettes pour orchestrer la désinformation générale....
Heureusement qu'il y a le peuple. Il a su démontré comme lors du référendum sur le traité constitutionnel sa capacité à  se soulever et faire entendre sa " voix " avec un NON massif. Avec le Front de Gauche, il pourra à nouveau la faire entendre pour préparer son avenir en matière d'emploi, de salaire, de formation, de retraite, de service public, de culture et d'environnement écologique.


Jean-Marie Bernardi. http://pcfcuers.over-blog.com/article-verts-et-europe-ecologie-pragmatisme-et-consensus-42970232.html

Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar
Spammeur compulsif

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 9018
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Jan 2010 à 19:12
 
(source :http://www.bastamag.net/spip.php?article864   par Julien Brygo 25 janvier 2010)
 
Le groupe Total envisage de fermer la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, pour délocaliser son activité en Arabie Saoudite. Laissés sur le carreau, les salariés bloquent l’usine depuis le 12 janvier et attendent dans l’inquiétude d’être fixés sur leur sort. Les élus locaux, impuissants, jurent qu’ils ne laisseront pas faire. Et Total fait miroiter aux salariés des reconversions dans les énergies renouvelables, tout en délocalisant ses émissions de CO2 pour augmenter ses profits et pouvoir polluer plus tranquillement. Reportage.

C’est une petite brève parue dans Le Figaro qui a provoqué la colère des ouvriers. À Mardyck, dans le Nord, les 385 salariés de la raffinerie Total, les 450 entreprises de sous-traitance (soit plus de 600 travailleurs, dont beaucoup en intérim), ainsi que les ouvriers des usines situées autour de la raffinerie se sont pris un coup sur la tête. « Pour le moment rien n’est encore officiel, mais Total s’apprête à trancher pour sa raffinerie des Flandres, située à la périphérie de Dunkerque », écrit Le Figaro .« Rien d’officiel » ? « Tout est prêt, l’usine est prête à être démontée. On nous a dit de finir nos dossiers et de cesser les projets », témoigne un ingénieur, loin de la raffinerie. Il confirme ainsi que des quatre hypothèses avancées par la direction (maintien du site, fermeture, mise en cocon ou transformation en dépôt), celle de l’arrêt définitif est plausible. « Ils veulent fermer la raffinerie des Flandres car elle n’est pas assez rentable. Il y a deux ou trois ans, les bénéfices étaient encore conséquents, mais avec la chute de la consommation d’essence, qui est bien réelle, le groupe perd de l’argent avec cette unité. » Produisant 7 millions de pétrole brut par an, celle-ci est la dernière construite en France, dans la foulée du premier choc pétrolier de 1973. La décision de Total sera prise le 1er février.

Le groupe Total, dont la raffinerie des Flandres était en « arrêt conjoncturel » depuis le 15 septembre dernier, a donc choisi le quotidien de Serge Dassault pour « tester » la réaction syndicale à une éventuelle fermeture de cette unité. Le lendemain de cet « indiscret », repris instantanément par l’AFP puis par les radios, les salariés de la raffinerie des Flandres entrent en grève. Ils sont suivis par les salariés de la quasi-totalité des six raffineries françaises de Total. Habituellement dociles, les salariés de Mardyck, syndiqués à moins de 20%, sont indignés par le « flou » dans lequel les patrons les laissent. 300 d’entre eux ont décidé le 13 janvier d’envahir des locaux de la direction. Ils n’auront droit qu’à de belles phrases : « la situation n’est pas simple et l’analyser prend du temps (…). Je me sens désemparé face à votre cri du cœur, mais non, je n’ai aucune réponse », leur a répondu Éric Guillotin, le directeur du site [1].

« Faire plus de fric, un point c’est tout. »

Les salariés savent que les réserves de pétrole diminuent, mais que l’« or noir » sera exploité pendant encore plusieurs décennies. Ils savent que l’avenir du raffinage en France est plus que jamais compromis. Ils savent aussi que le groupe Total a réalisé en 2008 des bénéfices records : 12,2 milliards d’euros. Le prétexte du « manque de marges » est assez difficile à digérer.

« En trente-cinq ans de travail ici, je n’ai jamais vu une direction aussi autiste », confie Didier Demuyter, l’ancien secrétaire de la CGT, aujourd’hui retraité. « Christophe de Margerie, directeur général de Total, est le financier de Desmaret : son objectif est de faire plus de fric, un point c’est tout. » Pour l’ancien syndicaliste, la décision de Total est directement liée aux futures taxes dont devront s’affranchir les groupes les plus polluants. « Total ne veut pas payer les taxes écologiques européennes qui lui tomberont bientôt dessus, comme la taxe carbone. L’entreprise préfère aller là où on extraie le pétrole brut et où les charges sont les moins élevées, pour conserver et augmenter ses marges. » Didier Demuyter déplore les effets indirects de cette fermeture pour le tissu économique local. « Ça aura un coût terrible pour la région. Total est extrêmement lié aux entreprises du coin et, mine de rien, l’entreprise finançait beaucoup de projets. Ça va faire mal au tissu économique mais aussi social [2]. » À Dunkerque, 20 000 emplois sont liés à cette industrie.

Lutte des classes et développement durable

« Il y a dix ans, on disait que Total faisait 7 à 8 milliards de bénéfices. Mais c’étaient des francs. Aujourd’hui le groupe fait 12 milliards de bénéfices, mais ce sont des euros ! Jusqu’où ira cette logique du profit à tout prix ? », s’indigne Marcel Croquefer, délégué CGT Chimie. Il a réussi à faire entrer quelques 60 salariés de Total et d’autres entreprises dans les locaux de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) pour exiger un moratoire sur l’avenir de la raffinerie. Face à eux, en ce 19 janvier, dans la salle de conférence aux couleurs blafardes, quatre pros de la politique locale. Tous au service de Michel Delebarre, maire de Dunkerque depuis 21 ans, président de la CUD, député (PS), sept fois ministre (entre 1984 et 1993)… Le « prince » de Dunkerque a son dada : les énergies renouvelables et le développement durable. Alors que Dunkerque détient le record de la plus grande densité de sites Seveso en France (15 !) et du nombre de cancers professionnels, mais aussi un nombre impressionnant de victimes de l’amiante [3]. En 1996, la ville signait la Charte d’Aalborg (Charte adoptée par les participants à la Conférence européenne sur les villes durables d’Aalborg, Danemark). En 1997, Dunkerque a accueilli la première centrale éolienne française de production d’électricité, à Mardyck. Un champ de 45 hectares, capable d’alimenter une ville de 15 000 habitants et géré par… le groupe Total.

Ce soir-là, à la CUD, tous les amis de Michel Delebarre ont juré « partager les analyses des syndicats de Total ». L’un promet de « manifester avec les syndicats le 1er février à La Défense », un autre de « distribuer des tracts avec les syndicats ». Et de railler ces « patrons-terroristes », selon l’expression de Marcel Croquefer (CGT). Claude Nicolet, assistant parlementaire du député Christian Hutin (groupe Socialiste, Radical, Citoyen), parle de son côté de raffermir les liens « des partis politiques de gauche avec le mouvement ouvrier » et se demande si la « lutte des classes n’est pas en train de refleurir à nouveau dans un merveilleux bouquet, mais qui ne profite qu’à quelques-uns », au micro de Delta FM , la radio locale. On est à deux doigts de chanter l’Internationale. Les élus se savent impuissants face à un groupe comme Total, mais dans leurs mots et leurs regards, font semblant d’être du côté des ouvriers. Total fera ce qu’il a décidé de faire. Dunkerque est ainsi : colonisée par l’industrie qui fait la pluie et le beau temps, quoi qu’en disent les « élus du peuple ».

Réactions en chaîne

« On est tous des pères de famille, on a tous des crédits sur le dos et Total n’ose même pas nous avouer à quelle sauce on va être mangés, alors qu’ils le savent déjà », dénonce un salarié. En face de la raffinerie, sur un des quinze sites Seveso que compte le port, des palettes et des pneus brûlent. La fumée lèche les vitres des bureaux de la direction, qui redoute une séquestration. Les portraits des dirigeants de la société sont détournés sur des affiches du film Asterix & Obélix (« ça va être votre fête ! ») et le visage moustachu de Christophe de Margerie est incrusté dans le corps d’un nabab aux tétons percés de boucles d’or et au torse couvert de médailles clinquantes. « Non, pas d’argent pour les victimes de la raffinerie des Flandres », indique la légende. La petite phrase fait référence à l’attitude du groupe Total qui a fait appel de sa condamnation pour délit de pollution dans l’affaire de l’Erika [4]. Les cargaisons de brut, en 1999, avaient été chargées dans cette raffinerie, avant de se répandre sur les côtes bretonnes.

Pour beaucoup, le « choix » se fera entre chômage et mutation au sein du groupe, chez Total ou ses gros sous-traitants comme GDF Suez ou Vinci. Si la raffinerie devient un dépôt, ce seront quelques dizaines d’emplois tout au plus qui seront conservés. Dunkerque a déjà connu une longue période de chômage partiel avec ArcelorMittal, Ascométal, Valdunes, Tim… Et une vague impressionnante de suppressions d’emplois industriels en 2009 (Betafence, Aluminium Dunkerque – groupe Rio Tinto, Rexam, Isocab – groupe ThyssenKrupp…). La crise a fortement impacté cette ville industrielle : le chômage y a augmenté de 17 % entre mars 2008 et mars 2009. La fermeture de la raffinerie aura un impact réel sur les entreprises du tissu industriel dunkerquois, déjà fragilisé par une année de « crise financière ». Polimeri Europa (polyéthylène et plastiques), ArcelorMittal (acier), Lesieur (huiles)… Beaucoup d’usines avaient bâti des synergies avec la raffinerie. Il va désormais leur falloir trouver du « jus » ailleurs. Ce qui aura forcément un impact sur leurs comptes.

Solaire, éolien, hydrolien, biomasse… combien d’emplois au final ?

D’autres évoquent un avenir avec les énergies renouvelables. Le groupe Total, via la filiale Total Energie (possédée à 35% par Total et 45% par EDF), participe au capital de deux sociétés spécialisées dans le photovoltaïque : Photovoltech produit des cellules photovoltaïques à partir de silicium cristallin et Tenesol des systèmes photovoltaïques. Du coup, comme les dirigeants ont évoqué une « activité parallèle » pour les victimes de son plan social, les salariés sentent le vent du « durable » souffler dans leurs oreilles. « On a quand même une belle façade maritime ici, les énergies renouvelables, parlons-en ! Il y a l’éolien, mais il parait que c’est pas beau dans le paysage. Il y a l’hydrolien (éoliennes de mer qui fonctionnent avec les courants marins), mais les fonds marins sont déjà encombrés avec les câbles. En fait, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. On ne sait pas ce qui va se passer mais on a l’impression qu’on ne va pas finir notre carrière dans le raffinage », souffle un agent instrumentiste qui a barré au feutre rouge le mot « Total » sur son manteau d’hiver.

Christophe, 37 ans, calaisien d’origine, travaille à l’inspection de la raffinerie depuis dix ans. Son métier consiste à superviser la distillation du pétrole brut dans les grandes cheminées de production. En haut, c’est le GPL, au milieu, le gazole et en bas, restent les résidus retraités qui sont revendus à des dizaines d’entreprises avoisinantes, comme Polimeri, Lesieur. « Le pétrole, il y en a encore, dit-il. On ne conteste pas le fait que les stocks diminuent et que l’or noir est de plus en plus rare. Mais que l’on ne vienne pas nous dire qu’il n’y en a plus et que c’est à cause de ça qu’on se retrouve sur le carreau. Dans ce cas-là, pourquoi est-ce que Total construit une méga-raffinerie à Jubail ? » Le groupe pétrolier a lancé en 2006 la construction de la « méga-raffinerie » du XXIe siècle, dans la ville de Jubail, en Arabie Saoudite. Un investissement de 9,6 milliards de dollars, en partenariat avec Saudi Arabian Oil Company (Saudi Aramco). Avec une capacité de 400 000 tonnes par jour, cette unité, qui doit entrer en fonctionnement fin 2011, permettra à Total de continuer à raffiner du pétrole, plus près des lieux d’extraction… Tout en tenant des discours « écologiques » en France.

Délocaliser la pollution et les émissions de CO²

Pour Total, qui reste un des plus gros pollueurs français de la planète, avec ArcelorMittal et EDF (tous trois sont présents dans le port de Dunkerque), l’opération pourrait bien ressembler à du green-washing. Ou du moins à un contournement des règlementations internationales : fermer des raffineries en France, où le groupe est soumis depuis le protocole de Kyoto à des « droits à polluer » concernant les émissions de CO², pour les délocaliser en Arabie Saoudite, pays qui n’est pour l’instant pas concerné par les quotas d’émissions de gaz à effet de serre. Cela permet en tout cas au groupe de continuer à marteler un discours éco-responsable aussi inique que mensonger : « Tout en poursuivant la croissance de ses activités, Total a la volonté de contribuer à l’effort international de lutte contre le changement climatique. Le Groupe s’inscrit dans l’esprit du protocole de Kyoto sur le long terme et poursuivra les efforts réalisés pour atteindre ses objectifs volontaires de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre », peut-on lire dans un document mis en ligne par le groupe. « L’esprit » du protocole de Kyoto (s’échanger des droits à polluer) convient donc assez bien à Total, qui polluera moins en France, mais davantage en Arabie Saoudite, en toute légalité.

« On n’a qu’une terre, non ? C’est pas comme un ordinateur qu’on peut débarrasser d’un virus ! », s’insurge Christophe. Accepter une mutation à Jubail ? « Pour rien au monde », répond-il, la face rougie par les lancers de pneus dans le brasier. « Imaginez-vous : on est des centaines à avoir notre vie ici, nos femmes ont des emplois ici, on a des crédits sur le dos, pour la voiture, la maison… et on nous demande d’aller travailler sur un site complètement parqué, en vase clos, comme les vieilles cités industrielles, le tout sous barrage militaire ? Non merci ! » Pour lui comme pour ses collègues, une seule solution : forcer Total à revenir sur sa décision, en continuant de bloquer les entrées et les sorties de produits pétroliers.

Julien Brygo

Notes

[1] La Voix du Nord, 13.01.10

[2] Le sponsoring du Basket Club Maritime (BCM), l’aide à l’association Les papillons blancs, association philanthropique de Dunkerque… le pétrolier a toujours aimé se poser en faiseur de bien, à l’image des grandes entreprises paternalistes, Péchiney et consorts, qui ont émaillé l’histoire de la cité nordiste. Dernière opération de lavage d’image : la rénovation de la façade des Bains dunkerquois, un bâtiment centenaire à l’entrée de la ville.

[3] La ville compte au moins 700 victimes de l’amiante, rien que chez les dockers. La Communauté urbaine est aussi celle qui touche, en France, le plus d’argent issu de la taxe professionnelle. Malgré ce sombre tableau, Dunkerque accueillera en mai prochain la 6e Conférence européenne des villes durables.

[4] Le jugement sera rendu fin mars 2010

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1234>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by AWDig Forums® version v8m6r15
Copyright © 2000-2008 AWDig

Cette page a été affichée en 0,077 secondes.