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Le capitalisme vert |
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T 34
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Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 10 Jun 2010 à 15:09 |
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Philippe Lelong, Coopérative Atanka
Qui fait la loi ?La loi est l’expression du pouvoir en place. Même s’il est auréolé d’une légitimité plus ou moins démocratique (c’est un autre débat), ce pouvoir a pour vocation essentielle le maintien du système économique actuel, coûte que coûte ! Et les petits ajustements de gauche ou de droite ne changent rien aux vraies règles du jeu : tout doit devenir marchand ! Mais il faut respecter la loi !?La loi est bonne aux yeux de ceux qui la font. Elle ne l’est jamais dans l’absolu. Il fut un temps, en France, où la loi obligeait certains d’entre nous à porter une étoile jaune. Où elle refusait le droit de vote aux femmes et "accordait" celui de travailler aux enfants... Aujourd’hui, elle autorise la culture de certains OGM alors que 70 à 80% des français y sont opposés. Elle interdit la diffusion des semences anciennes et plus des trois quarts des variétés de tomates autorisées à la vente sont des "hybrides F1" stériles dont il faut racheter les graines tous les ans, et 98% sont sous brevet ! Vous êtes d’accord ? Pourtant il y a de la bio dans les hypermarchés !?Le capitalisme néolibéral possède en effet une étonnante capacité à tout récupérer... Deux approches existent aujourd’hui : Depuis cette date, le label "AB" français ne signifie plus vraiment la même chose. De plus, il devra progressivement s’effacer au profit du label européen... D’où l’importance des autres labels privés ou coopératifs (Demeter, Nature & Progrès) et l’émergence en France d’un nouveau label (privé) "Bio Cohérence". Cette démarche est perçue comme dangereuse par le pouvoir en place car, inévitablement, elle aboutit à une remise en cause des règles du jeu économique, à une approche différente des relations entre les hommes et la nature, et entre les hommes eux-mêmes. La loi est l’un des outils dont dispose le pouvoir en place pour réagir, en criminalisant cette bio militante pour justifier la répression, et en harcelant les paysans qui s’engagent dans cette voie. Vive la résistance !Des paysans, des scientifiques et différentes organisations se mobilisent, en prenant le risque de s’opposer à la loi, qu’elle soit française ou européenne. Ils le payent au prix fort (convocations à la gendarmerie, procès, amendes, suicides...). En première ligne de la lutte contre un système néolibéral devenu fou, leur courage est exemplaire. Ils font partie des nouveaux résistants. Comment les soutenir ? Comment agir ?Le système en place essaye de nous faire croire qu’il n’y a pas d’alternative. Or si, il y en a. Un peu partout en France, dans nos campagnes et sur Internet, la résistance s’organise pour construire un autre monde. Et vous pouvez y prendre part : Ensemble, nous en remporterons d’autres !
Pour en savoir plus : |
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Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 21 Jul 2010 à 22:41 |
Quand le business recycle la bioImportations massives, bio « diluée », hégémonie de la grande distribution… La bio commence à connaître les mêmes travers que l’agriculture conventionnelle. Des dérives dues à l’explosion du marché des produits biologiques. Le business est-il en train de rattraper l’agriculture biologique ? La question se posait dès le 1er janvier 2009 avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation européenne, jugée plus laxiste que les cahiers des charges nationaux. Le 1er juillet, c’est au tour du nouveau logo européen d’entrer en scène. Il cohabitera avec un logo français AB vidé de son sens, puisque les normes correspondantes n’existent plus. Cette petite différence a son importance : l’Europe tolère la présence de 0,9 % d’OGM et l’utilisation – dans certains cas – de pesticides. Elle autorise aussi l’introduction d’ingrédients non bio dans les produits bio, ainsi que d’animaux non bio dans les troupeaux bio. Quant au volet social, il est tout simplement inexistant. « On adapte le règlement au marché, plutôt que l’inverse », résume Lionel Labit, un des administrateurs de l’association Nature et progrès. D’où une réglementation « taillée sur mesure pour offrir un pont d’or à la “bio” industrielle », confirment les auteurs de l’ouvrage collectif De la bio alternative aux dérives du « bio »-business. La loi permet d’apposer le précieux label sur des produits pas franchement en accord avec l’éthique bio : de l’huile de palme bio issue de terres « gagnées » sur la forêt amazonienne, des poulets bios élevés durant 71 jours (les poulets fermiers label rouge sont abattus à 81 jours minimum), des céréales et des biscuits bio contenant des OGM… « Le jus d’oranges bio espagnol est très bon, explique le président de la Fnab (1), Dominique Marion. Mais à la dernière gorgée, il a le goût de la sueur des travailleurs immigrés, sans papier et exploités qui ont récolté ces oranges. » 45 % des produits bio sont vendus en grandes surfaces Les consommateurs les moins avertis ne voient pas la différence… et continuent à ouvrir leur portefeuille de plus en plus grand. 72 % plus grand en l’occurrence : c’est le surcoût moyen des produits bios par rapport à leurs équivalents conventionnels, d’après le magazine Linéaires de novembre 2009. Deux mois plus tard, l’UFC-Que choisir sortait aussi sa calculette. Résultat : un panier de produits bios 57 % plus cher que celui composé de marques distributeurs non bio. « Une partie de cet écart est justifiée », reconnaît l’association de consommateurs… avant de préciser que les grandes surfaces doublent leurs marges sur les pommes bio ! D’après l’Agence bio, 45 % des produits bios achetés en France passent par les grandes surfaces. Plusieurs enseignes se sont récemment lancées dans la bataille du bio bon marché. Or les centrales d’achat ne s’embarrassent pas de savoir si le producteur qui leur vend ses fruits vit de son travail. Un des objectifs de la bio est pourtant de « redonner aux paysans une place dans la société », affirme Dominique Marion. Malgré la crise, le marché de la bio a doublé en 4 ans Qui dit grande distribution dit aussi importations massives. L’année dernière, elles représentaient 38 % des produits bios. Des échanges contradictoires avec les principes de la bio pour au moins deux raisons : la pollution engendrée par les transports, et le dumping environnemental et social pratiqué dans certains pays peu regardants. Ainsi, en 2008, la coopérative Terrena a importé près de 300 tonnes de soja chinois contaminé à la mélamine. Cette résine plastique (utilisée dans les meubles en formica) gonfle artificiellement le taux de protéines des produits alimentaires. Le moteur de toutes ces dérives ? L’explosion du marché des produits bio, plus que jamais plébiscités par les consommateurs. Entre 2005 et 2009, le marché français des aliments bio a doublé. Quel autre secteur a connu en 2009 – malgré la crise ! – une croissance de 19 % ? « Si on laisse faire, on risque d’aller vers ce qu’a vécu l’agriculture conventionnelle », reconnaît Dominique Marion. L’agriculteur appelle de ses vœux « une bio qualitative et solidaire, pas une bio de marché ». Seule alternative pour les vertueux de la bio : se regrouper derrière des labels privés, aux cahiers des charges plus exigeants que la réglementation. C’est le cas des produits étiquetés « Demeter », « Nature et progrès » ou encore « Bio cohérence ». Mais pour Lionel Labit, de Nature et progrès, il faut aller plus loin : « Les consommateurs doivent chercher à savoir d’où viennent leurs aliments. Et plus les circuits de vente seront courts, plus ils en sauront. » (1) Fédération nationale d’agriculture biologique. Yannick Groult Entretien avec Emmanuel Antoine, président de l’association MingaPour le président de l’association Minga, pas question d’évoquer les dérives de la bio sans faire le parallèle avec celles de l’agriculture productiviste. Il dénonce les travers d’une économie uniquement basée sur une vision marchande. D’où la nécessité de politiser le débat sur l’alimentation. La Terre : Peut-on parler d’une dérive de l’agriculture biologique ? Emmanuel Antoine : « Dérive » n’est pas le bon terme. C’est plutôt l’évolution de la bio qu’il faut replacer dans le débat sur l’agriculture dans son ensemble. Nous sommes face à un système productiviste qui est en train de s’effondrer, tant du point de vue de l’emploi, du revenu agricole, des territoires que de l’environnement et de la santé. Mais cette dérive n’est pas l’échec de la bio, c’est l’échec de l’approche uniquement marchande. Cette vision a transformé un engagement professionnel en un argument de vente, un produit. C’est-à-dire ? Avant, les cahiers des charges de l’agriculture biologique étaient faits par les paysans, ce qui leur permettait d’échanger et de faire évoluer les pratiques. Aujourd’hui, les certificateurs, Ecocert et d’autres, sont devenus des sociétés anonymes complètement éloignées des préoccupations des professionnels. Ces entreprises gèrent la mise en marché d’un produit et ne s’interrogent plus sur la pertinence écologique et sociale des cahiers des charges. Par exemple, Ecocert a accordé le label bio à de l’huile de palme produite en Colombie, dans de grandes exploitations latifundiaires qui s’appuient sur des paramilitaires pour « virer » les populations locales. Bref, de la bio au détriment de la souveraineté alimentaire des peuples et qui légitime une violation des droits de l’Homme. Vous plaidez donc pour une certification publique de la bio… Oui, c’est une problématique de régulation de marché, donc du ressort de l’Etat, pas des prestataires privés. Il faut même aller plus loin et créer des structures participatives au lieu de ce business de la certification. Dans ces sociétés transparentes, les représentants de l’Etat, des paysans et des consommateurs seraient associés aux choix de gestion, d’égal à égal. Pourquoi une telle ouverture ? Parce que la bio est un projet de société, et non un enjeu de business. L’agriculture biologique doit participer à la relocalisation des productions, dans l’intérêt de la souveraineté alimentaire des peuples. Son développement ouvre des perspectives d’emploi importantes. Des circuits courts peuvent être mis en place entre paysans et collectivités. La bio doit être accessible pour tous : des produits frais, de qualité, de saison et produits localement, ce ne doit pas être du luxe. La bio dérivera si elle oublie ses priorités, qui sont la souveraineté alimentaire et la préservation de la biodiversité. C’est pourquoi il faut politiser le débat sur l’alimentation. Comment faire émerger un tel débat ? Nous avons lancé pendant les élections deux appels : « Alimentons l’Europe » et « Alimentons les régions ». Aujourd’hui, nous poursuivons cette action en ramenant le débat à des choses très concrètes : l’accès au foncier, l’emploi des jeunes… Nous venons d’interpeller les élus de tous bords via une lettre ouverte aux conseillers régionaux. On durcit un peu le ton, en demandant aux politiques qu’ils passent aux actes. Tout le monde est d’accord pour développer la bio. Mais dès que ça devient concret, qu’on parle d’accès au foncier par exemple, les choses deviennent plus compliquées… Pourquoi est-ce si facile d’installer une grande surface alors qu’il est si difficile d’installer de jeunes agriculteurs ? Pour l’instant, personne ne nous a répondu. Propos recueillis par Yannick Groult Ce qui se cache sous les logos « bio »Consommation. Ce 1er juillet 2010, le logo « bio » européen à la feuille de chêne étoilée remplace le logo national AB sur les étiquettes des produits biologiques. Sous cette nouvelle marque se cache un cahier des charges européen soumis à la loi du marché « bio » comme nous allons le découvrir dans ce dossier. Quoiqu’il en soit, seuls le logo européen et quatre marques privées certifient que c’est du « bio ». Depuis le 1er juillet 2010, les produits « bio » notamment alimentaires sont reconnaissables par un logo vert à la feuille de chêne étoilée (voir en haut à gauche) sur leurs étiquettes. Il s’agit là de la marque européenne des produits « bio » qui remplace les marques nationales et donc la marque « AB » pour la France. La marque « AB » ne disparaît pas pour autant puisqu’elle peut continuer d’être apposée à côté du logo européen. Mais ne nous y trompons pas, le cahier des charges de l’agriculture « bio » n’est plus celui de la marque « AB » mais celui imposé par le logo européen... depuis le 1er janvier 2009 ! Avant d’examiner ce cahier des charges, précisons qu’il ne s’impose pas aux marques privées telles que « Demeter », « Nature et Progrès », « Bio équitable » et la petite dernière « Bio Cohérence ». Ces marques imposent leurs propres cahiers des charges plus « bio » que la marque européenne. Levons enfin une confusion : « Ecocert » n’est pas une marque privée mais celle d’un des organismes certificateurs c’est-à-dire qui contrôle la bonne application du cahier des charges européen par les agriculteurs « bio » comme il le faisait avant pour la marque « AB ». Les autres organismes certificateurs sont « Qualité France », « Certipaq/ Aclave », « Agrocert », « SGS ICS ». Le bio sous le logo européen Le logo « bio » européen atteste que les produits alimentaires sont composés de 95 % à 100 % d’ingrédients « bio ». Cela signifie qu’il est toléré dans le « bio » : - jusqu’à 5% d’ingrédients non « bio », - Jusqu’à 0,9% d’OGM (non mentionné sur l’étiquette puisque ce n’est pas une obligation de l’indiquer !), - des intrants parmi une liste officielle et certains pesticides par dérogation, - des additifs et des auxiliaires non « bio ». Le règlement européen « bio » autorise par ailleurs : - la mention d’ingrédients « bio » sur l’étiquette d’un produit composé de moins de 95% d’ingrédients « bio ». Ces produits n’ont pas le droit d’avoir le logo européen mais rien ne les empêche de mettre la mention « bio » sur les étiquettes. - 10 à 40% d’animaux non « bio » dans les élevages « bio » ! C’est la controverse que nous expliquons par ailleurs. La mention de l’origine L’origine des matières premières agricoles composant les produits alimentaires « bio » doit être indiquée sur l’étiquette estampillée du logo « bio » européen. Elle apparaît de façon suivante : - « Agriculture UE » lorsque la matière première agricole est produite dans un pays de l’Union européenne ; - « Agriculture non UE » lorsque la matière première agricole est produite dans un pays tiers hors Union européenne ; - « Agriculture UE/non UE » lorsqu’une partie de la matière première agricole est produite dans un pays membre de l’Union européenne et l’autre partie dans un pays tiers, ou lorsque l’origine des matières premières diffère d’un lot à l’autre. A noter que si au moins 98 % des matières premières agricoles proviennent d’un seul pays, le nom du pays de provenance peut être apposé sur l’étiquette à la place de la mention « Agriculture UE ». Cependant, durant une période de transition qui court jusqu’au 1er janvier 2012, les étiquettes actuelles attestant que le produit est « bio » sont toujours valables. Les animaux qui produisent le « bio » Nous avons lu que seuls les produits issus de l’agriculture sont « bio » s’ils contiennent au moins 95 % d’ingrédients « bio ». Il n’en est pas de même des animaux qui les produisent ainsi que de l’alimentation animale. Le règlement européen permet en effet aux élevages « bio » de détenir dans le cheptel jusqu’à : - 10 % d’équidés et bovins femelles adultes non « bio » ; - 20 % de porcins, ovins, caprins femelles adultes non « bio » ; - 40 % de bovins, ovins, caprins, porcins non « bio » lors d’une extension d’élevage « bio », d’un changement de race, d’une nouvelle spécialisation du cheptel et en cas de menace d’abandon de certaines races. De même les ruchers « bio » peuvent accueillir jusqu’à 10 % par an de reines et d’essaims non « bio » lors de leur renouvellement. Concernant l’alimentation des animaux sur une exploitation « bio », elle doit provenir à 50 % de cette exploitation et être composée, pour les herbivores, à 60 % de fourrages grossiers, frais, séchés ou ensilés (50 % pour les laitières durant 3 mois en début de lactation). Ces fourrages devront également être ajoutés à la ration journalière des porcs et volailles. Les produits vétérinaires aussi poussent la dose des antibiotiques et les délais pour mener les animaux à l’abattoir raccourcis. Les règles de conversion du non « bio » en « bio » La conversion d’une exploitation conventionnelle en exploitation « bio » obéit aux règles suivantes du nouveau règlement européen référencé à la fin de ce dossier : - les végétaux et produits végétaux destinés à la consommation humaine et animale sont considérés convertis en « bio » à l’issue d’une période d’observation des règles propres à l’agriculture « bio » de deux ans au moins (3 ans pour les cultures pérennes). Cependant cette période peut être réduite si les parcelles concernées ont déjà fait l’objet de mesures garantissant la non-utilisation des produits interdits en « bio » ou que les parcelles sont en zones naturelles ou agricoles non traitées avec des produits interdits en « bio ». A l’inverse, cette période peut être prolongée si les parcelles ont été contaminées par des produits non-autorisés en « bio » ; - les animaux non « bio » introduits dans une exploitation « bio » peuvent être vendus comme produits « bio » si les règles propres à l’agriculture « bio » ont été mises en oeuvre dans les 12 mois pour les équidés, bovins et bisons à viande, dans les 6 mois pour les petits ruminants, les porcs et les animaux laitiers, dans les 10 semaines pour les volailles de chair introduites avant l’âge de trois jours, dans les 6 semaines pour les volailles pondeuses. Concernant les animaux présents sur une exploitation au début de la période de conversion, leurs produits sont considérés comme « bio » s’il est procédé à la conversion simultanée de l’ensemble de l’unité de production (animaux/pâturages-terres utilisées pour l’alimentation animale). Le délai est de 24 mois minimum. Pour l’information du consommateur, les produits végétaux, issus de la conversion, peuvent porter sur l’étiquetage l’indication « produit en conversion vers l’agriculture bio »… sous certaines conditions : respect d’une période de conversion d’au moins 12 mois avant la récolte, indication de mêmes caractères (ou plus petits) que la dénomination de vente du produit, un seul ingrédient végétal, numéro de code de l’organisme certificateur ou de l’autorisation du ministère. Daniel Roucous Il y a « bio » et « bio »Les rayons des grandes surfaces regorgent de produits alimentaires, emballés, en boîtes ou frais, « bio ». Il faut dire que la grande distribution qui assure près de 50% des ventes, épaulée par une LME (Loi de modernisation de l’économie) et le nouveau règlement « bio » européen sur mesure, s’est emparée de ce marché « bio ». Il faut savoir qu’entre 2005 et 2008, le marché alimentaire « bio » français a augmenté de 66% générant une valeur estimé à 2,6 milliards de francs. Ce chiffres ont doublé en 2009 ! Le dindon de l’histoire : le consommateur. 46 % des Français ont consommé du « bio » en 2009 ! En effet, le label européen cache un cahier des charges en recul par rapport au cahier des charges national « AB » qui prévalait jusqu’au 1er janvier 2009. Vous l’avez lu dans ce dossier, le non « bio » est de plus en plus présent dans le « bio », les OGM y sont acceptés et les normes nationales caduques. Et puis les infractions sont en hausse puisque la DGCCRF a relevé trois types d’infraction : - du bio qui n’en est pas, par exemple un produit mentionnant en gros le terme BIO alors qu’il ne l’est pas ; - du bio avec des pesticides alors qu’ils sont interdits ou du moins relèvent de l’autorisation ministérielle dans des cas stricts ; - du bio non certifié par un des cinq organismes certificateurs agréés. Ainsi un produit alimentaire « bio » comme nous l’expliquons dans ce dossier doit comporter une étiquette avec : - le logo européen (le logo « AB » pouvant continuer à figurer à ces côtés) ou un des logos des marques privées telles que Nature et Progrès, DEMETER, Bio équitable et Bio Cohérence ; - la marque de l’organisme certificateur (ECOCERT par exemple) et le numéro de code de cet organisme ; - la mention d’origine des matières premières agricoles ; - et bien sûr la liste des ingrédients en précisant s’ils sont « bio » ou pas (pour ceux autorisés). Par contre, si le seuil de 0,9% d’OGM n’est pas atteint, ce n’est pas une obligation de l’écrire sur l’étiquette. Les produits « bio » sous logo « bio » européen peuvent donc comporter jusqu’à 0,9% d’OGM sans que le consommateur le sache. Il est donc important de bien lire l’étiquette pour ne pas se faire avoir et attirer par les lettres BIO ou ECO, le miroir aux alouettes de la grande distribution. Daniel Roucous |
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Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 27 Jul 2010 à 21:58 |
Huile de palme : l'huile de la discordeL’huile de palme, cet ingrédient obscur venu de contrées lointaines, est présent partout dans les produits de consommation courante. On connaît plus ou moins la menace qu’il représente pour l’environnement dans les pays producteurs. Quelques spécialistes pointent ses dangers pour la santé. Bref, l'huile controversée suscite toujours autant de débats. Décryptage. « Toutes les dix secondes, une superficie de forêt équivalente à un terrain de football disparaît en Indonésie », déplore l’association les Amis de la Terre, qui « œuvre pour des sociétés durables au Nord comme au Sud ». Le principal problème lié à la culture de l'huile de palme est la déforestation massive en Indonésie et notamment son impact sur les orangs-outangs. Greenpeace l'a violemment dénoncé dans un spot de pub sanglant, où l'on nous explique que manger une barre chocolatée revient à tuer des orangs-outans. Dans les pays occidentaux, on s’inquiète des conséquences qu’elle pourrait avoir sur la santé des consommateurs. Qu'en est-il vraiment?
Où trouve-t-on de l’huile de palme ? Issue du palmier à huile cultivé en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie, l’huile de palme est la plus consommée dans le monde (25%), devant l’huile de soja (24%), de colza (12%) et de tournesol (7%). La production a été multipliée par deux tous les dix ans depuis trente ans pour atteindre près de 45 millions de tonnes cette année. Les Amis de la Terre précisent qu’en Europe, elle est devenue indispensable à la fabrication de nombreux produits de consommation courante. Leur enquête, effectuée en 2007 dans trois grands supermarchés français, montre qu’elle se trouve dans la composition de biscuits, de glaces, de pâtes à tartiner, de viennoiseries, de soupes, de chips, de plats cuisinés... Mais elle est aussi utilisée pour la fabrication de détergents et de produits cosmétiques. Elle est présente dans près d’un produit alimentaire transformé et emballé sur deux en magasin, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Est-elle réellement mauvaise pour la santé ? L’huile de palme contient 50 % d’acides gras saturés. Le nutritionniste Raphaël Gruman, interrogé par Le Figaro, explique que « Consommée sur le très long terme, elle provoque des dépôts de graisse dans les artères, qui grossissent, forment des caillots et favorisent les infarctus ». Donc, a priori, vade retro. Mais il s’agit surtout de ne pas l’utiliser en trop grande quantité. Selon un communiqué de presse de l’Anses (Agence nationale de sécurité alimentaire), « pour prévenir les principales pathologies potentiellement liées aux habitudes alimentaires (maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité, cancer), la règle première est d’équilibrer les apports et les besoins énergétiques. » En gros, il faut en consommer « ni trop, ni trop peu ». Comme l’explique Alain Rival, correspondant pour la filière palmier à huile au Cirad (Centre international de recherche agronomique pour le développement), « Ce sont des questions que se posent les sociétés bien nourries, gavées comme les nôtres. Une problématique de bobos. » Effectivement, l’huile de palme n’a pas d’intérêt diététique, c’est une huile monolithique, nous explique Alain Rival. Par exemple, elle ne contient pas d’Oméga 3, ces acides gras aux vertus miraculeuses (ils permettent de prévenir les accidents cardio-vasculaires et selon des études moins sérieuses, de lutter contre la dépression). L’huile de palme est même très utile dans les pays du sud, poursuit Alain Rival, car c’est « un produit de stockage naturel d’énergie, tout comme les bosses du chameau. Au Niger ou au Bangladesh, on aimerait bien se poser le problème du stockage de graisses… ». « L’huile de palme n’est pas un poison, au contraire, elle comporte l’avantage d’être hydrogénée à l’état naturel », ajoute Alain Rival. Or, c’est lorsqu’une huile est artificiellement hydrogénée qu’elle peut devenir dangereuse : elle produit alors des acides gras « trans » qui sont cancérigènes. Ils sont d’ailleurs interdits aux Etats-Unis. Pourquoi est-elle si massivement utilisée ? Quels avantages comporte-t-elle ? Pour les pays du sud, « elle est facilement et abondamment disponible, à bon marché », rappelle Alain Rival. « L’huile de palme a un rendement six fois plus élevé que le colza et dix fois plus que le soja. Ça permet quelques économies d’échelle », soulignait Hubert Omont, délégué à la filière tropicale du Cirad, sur le site TerraEco.net. Mardi, elle s’établissait à 618 euros la tonne à Kuala Lumpur (source Les Echos) contre environ 1000 euros la tonne pour l’huile de tournesol. L’INSEE établissait le prix moyen mensuel de l’huile d’olive à 2376 euros par tonne au mois de juin. Enfin, elle a des vertus qualitatives : « Cette huile est solide à température ambiante, explique Hubert Omont. Cela permet aux industriels d’éviter l’hydrogénation [artificielle]. Elle résiste aussi mieux à la chaleur que les autres huiles ». Alors, présente-t-elle de réels dangers qui justifieraient une interdiction ou un boycott ? Le 22 juillet dernier, le groupe Findus France a annoncé la suppression de l’huile tant décriée de ses aliments surgelés. On peut penser que pour Findus, l’une des plus grandes marques de surgélés, il s’agit plutôt de redorer son image. Plusieurs industriels (Casino, Nestlé, Unilever…) veulent se détacher de cette huile, mais son prix très bas reste très attractif. L’huile de palme apparaît plutôt comme un bouc-émissaire. Alain Rival estime que la présence des lobbies du soja ou du colza (largement subventionnés en Union Européenne) laissent la part belle aux huiles continentales européennes, aux dépens de l'huile tropicale d'importation. Une huile de palme durable ou biologique ? « Un boycott total de l’utilisation d’huile de palme en France ne réglera pas le problème de la déforestation », explique le WWF sur son site. L'organisation ne condamne pas l’huile de palme mais la façon dont elle est produite. Elle appelle à mettre en place une filière d’huile de palme durable en France. Quant à l’huile de palme bio, elle comporte des critères très stricts, les mêmes que pour ceux de l’agriculture bio en France (un équilibre écologique local fondé sur la diversité des cultures, sans utilisation de pesticides et d’engrais chimiques…). Mais elle représente seulement 0,3 % de la production mondiale, explique Michel Reynaud, responsable de la certification internationale d’Ecocert (un organisme de contrôle et de certification des aliments biologiques). Ecocert prend en charge la gestion de cinq fermes certifiées, toutes en dehors de l’Indonésie (Ghana, Colombie, Madagascar, Inde et Cambodge). Ce qui est essentiel, selon Michel Reynaud est de « préserver la diversité des cultures», de ne pas utiliser une huile aux dépens d’une autre. Sarah Masson |
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Envoyé : 11 Aug 2010 à 20:59 |
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Editorial par Maurice Ulrich Maîtres de nous-mêmesL’ambition affichée par Descartes de voir l’homme «comme maître et possesseur de la nature» n’est pas pour demain. Elle avait atteint Arthur Rimbaud lui-même comme une sorte de fièvre du progrès. «Nous monterons sur tout, écrivait-il, comme sur un cheval.» Mais l’animal est rétif. Tremblements de terre, tsunamis, volcans… Des milliers, certaines années des dizaines de milliers de morts sont en effet imputables à la nature mais ce que nombre de catastrophes révèlent c’est que, loin d’être maîtres de la nature, nous ne le sommes même pas de nous-mêmes. Nombre de décisions majeures nous échappent. Elles sont prises dans les salons ministériels, dans les conseils d’administration, où le secret se cultive avec le même soin que les dividendes, et ceux qui les prennent ne semblent pas d’abord préoccupés par l’avenir de notre maison commune, quand bien même nous n’en avons pas de rechange. Ainsi, alors que s’accumulent les preuves du réchauffement climatique avec les catastrophes annoncées que sont la montée des eaux, l’avancement des déserts, la fonte des glaciers qui déjà, en Amérique latine par exemple, menace de priver d’eau des millions de personnes, où sont les décisions que chacun feint désormais de vouloir adopter ? Certes, nous sommes tous responsables, ne serait-ce que par insuffisance de protestation, mais certains, tout de même, plus que d’autres. Car dans nombre de catastrophes, il y a des responsabilités. En France même, combien de sinistres, dramatiques comme pour la tempête Xynthia, sont dus à des constructions en zones inondables, à des digues mal entretenues, à la déforestation… Spéculation immobilière, économies dans les services publics. La marée noire du golfe du Mexique est due bien évidemment à BP. Les énormes majors du pétrole sont de fantastiques machines à profit. La gestion de ses conséquences pose autant de questions que la catastrophe elle-même. Le gouvernement américain a-t-il, quoi qu’il en dise, ménagé la compagnie ? Les dispersants utilisés ont-ils servi à lutter réellement contre la pollution ou, littéralement, à noyer le poisson ? Déjà, on songe à exploiter le pétrole de l’Arctique par 4 000 mètres de fond, mais des apprentis sorciers bardés de technologie ont mis trois mois à boucher une fuite par 1 500 mètres… Ce n’est pas Vladimir Poutine qui a mis le feu aux tourbières. Mais ce qui commence désormais à se savoir, c’est que les réformes de la gestion des forêts des dernières années les ont privatisées, que les politiques de prévention ont été abandonnées, que les milliardaires et les oligarques qui se les sont appropriées se sont souciés comme d’une guigne de leur entretien, que les pompiers en Russie ne sont pas plus nombreux qu’en France pour un territoire sans mesure commune, parce que les pompiers sont un service public qui coûte et ne rapporte pas. Ce n’est pas Poutine qui a mis le feu mais c’est la soumission de la société russe à l’argent qui a généré l’ampleur de la catastrophe. Nous ne sommes pas maîtres, collectivement, de nous-mêmes, c’est la réalité d’aujourd’hui. Mais il appartient à chacun, que ce soit en France, en Louisiane, en Russie, en Chine, au Pakistan, où que ce soit, non seulement de demander des comptes, mais d’exiger la participation de tous aux décisions qui les concernent et parfois les condamnent. La nature n’a que faire de la démocratie. C’est notre affaire. Maurice Ulrich |
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Administrateur
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Envoyé : 12 Aug 2010 à 21:28 |
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Les éco-Tartuffe - Nicolas HULOT
Qu'est ce qu'un éco-Tartuffe et qui sont-ils ?
"[...] Cher Nicolas Hulot, je vous enjoins de vous retirer de l’écologie politique à laquelle vous avez fait plus de mal en un an que toutes les forces productivistes, droite et gauche confondues, depuis les années 1970, lorsque l’écologie est entrée en politique. Bien sûr, vous êtes avant tout le produit des forces qui vous manipulent : E. Leclerc, L’Oréal, Bouygues, TF1 et plus largement les multinationales qui vous financent, mais aussi la droite néolibérale de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas à votre personne que nous en voulons mais à l’offensive idéologique dont vous êtes le cheval de Troie le plus abouti. Vous incarnez de manière pratiquement parfaite la capacité du néolibéralisme à digérer sa contestation et à semer la confusion chez ceux qui lui résistent. Vous êtes d’autant plus efficace que vous en semblez totalement inconscient. L’idéologie dont vous êtes le vecteur conduit à dépolitiser l’enjeu écologique et la réflexion sur le productivisme. Elle amène à penser que la société de consommation ou le néolibéralisme sont compatibles avec la préservation de la planète. [...]" |
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Patria socialismo o muerte
Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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T 34
Administrateur
Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 02 Sep 2010 à 18:08 |
« Population Puzzle » déforme la réalité, par Simon ButlerGreen Left Weekly (http://www.greenleft.org.au/node/45217) Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société L’article qui suit traite d’ un documentaire raciste diffusé à la télévision australienne. L’auteur du film y soutient que la solution à tous les problèmes sociaux, mais aussi et surtout environnementaux, se situe dans une réduction de l’immigration, les étrangers étant présentés comme responsables de tous les maux. Il est significatif que, lors du débat qui a suivi le documentaire, la droite et la « gauche » australiennes, à travers leurs portes paroles attitrés, ne se soient finalement distinguées que par…d’invisibles nuances! A quand un mariage entre Europe-Ecologie et l’Union pour les Méfaits Présidentiels (UMP)? (Marc Harpon) Population Puzzle de Dick Smith, un documentaire diffusé sur ABC 1 le 12 Août, ne fait pas dans la dentelle. Il va droit au but. Son message : « La réduction de l’immigration en Australie est un bon produit et vous devriez l’acheter ». Il soutient qu’une Australie plus faiblement peuplée résoudrait non seulement un ou deux problèmes sociaux, mais des dizaines. Le documentaire prétend que diminuer l’immigration réduirait la surpopulation de nos villes, les embouteillages et rendrait le logement moins cher. Cela réduirait les files d’attente dans les hôpitaux et la criminalité, améliorerait la santé publique et arrêterait le développement non-durable. Cela aiderait à prévenir les pénuries d’eau, à éviter les coûteuses importations de carburant, arrêterait la transformation de l’Australie en une sorte de Bangladesh et chasserait la perspective d’une grande famine pour 2050. Moins de monde en Australie améliorerait également le transport public, arrêterait le changement climatique et aiderait les économies du Tiers-Monde à se développer. Smith a même évoqué des chômeurs australiens qui, dit-il, perdent leurs emplois au profit d’immigrés mieux qualifiés. Il a consacré peu de temps à essayer de prouver les relations entre la population et ces diverses questions. Au lieu de cela, il alarme un pays en surchauffe. « Nous sommes au milieu d’un boum démographique, tel qu’on n’en a pas vu depuis les années 1950. » a affirmé Smith. « L’Australie a la médaille d’or de la croissance démographique. Aucune autre économie majeure n’a un rythme de croissance démographique comparable au nôtre. » En tant que nation, l’Australie (22 millions d’habitants) donne « un exemple affreux à une planète qui se bat déjà avec une population trop importante » en « surpassant même certaines des nations les plus pauvres. » Smith a affirmé que l’Australie avait besoin d’un plan pour stabiliser la population : l’immigration devrait être réduite (de 270 000 arrivants en 2009) à 70 000 arrivants par an, a-t-il affirmé. Immédiatement après ce documentaire d’une heure, l’émission Q&A d’ABC accueillait un débat sur la population avec Smith pour invité ; Scott Morrison, le ministre de l’immigration du cabinet fantôme libéral ; le dirigeant des Verts Bob Brown ; le ministre travailliste chargé de la population soutenable, Tony Burke ; l’ancien président du Parti Libéral, John Elliot et Suvendrini Perera de l’Université de Curtin. Morrison, Burke et Brown ont tous affirmé que le documentaire de Smith présentait des arguments recevables, mais Perera a demandé au public de considérer la thèse du documentaire. Elle ‘la comparée à une « publicité plutôt longue et négative ». « Je pense que [le documentaire est] ingénieux en ce qu’il répond à de vraies préoccupations sur l’environnement, sur le surdéveloppement. Mais je pense qu’il les fond dans un point de vue simpliste sur la population. Et, pour cette raison, je pense qu’il est plutôt une manipulation et qu’il est plutôt dangereux. » a-t-elle affirmé. Le documentaire de Smith relève de la manipulation parce qu’il avance une fausse solution pour résoudre de vrais problèmes. Les questions soulevées reflètent beaucoup de choses inquiétantes pour notre société : la chute des investissements publics dans les services et les infrastructures, l’influence profonde des multinationales sur le gouvernement, les lois de planification antidémocratiques et la poursuite de l’usage des carburants fossiles. Mais Smith essaie de dire qu’il a la panacée, un moyen facile pour régler ces problèmes d’un seul coup : arrêter l’arrivée de migrants. Le documentaire est dangereux parce qu’il détourne l’attention des véritables causes de la détérioration sociale et environnementale. Il fait jouer aux migrants le rôle de bouc-émissaire, bien qu’ils soient les moins responsables des problèmes de l’Australie. Une partie de la technique de Smith consistait à ignorer tout fait qui contredisait son appel à la panique. Mais le fait est que les projections de l’ONU concernant la population mondiale prévoient une hausse au milieu du siècle puis un déclin. Les taux de natalité dans la plupart des pays occidentaux, Australie comprise, sont tombés à des niveaux inférieurs au seuil de renouvellement. La « bombe démographique » mondiale a été désamorcée. Pourtant, l’impact de l’homme sur la planète s’accroît. La crise écologique s’aggrave. Les émissions de gaz à effet de serre augmentent. Les calottes glaciaires des pôles sont en train de fondre. Les événements météorologiques extrêmes se multiplient…et pendant ce temps les taux de croissance démographique chutent. Cela contredit l’idée que la croissance démographique est le principal facteur dans la crise écologique. Perera a également signalé que Smith a négligé l’énorme niveau de consommation et de gaspillage des pays comme l’Australie. « Il me semble que le véritable éléphant dans le film et peut-être dans cette pièce est la consommation, parce que nous parlons de la population mais pas du besoin pour nous, dans le monde riche, de réduire la consommation. »a-t-elle dit. Et il est vraiment incroyable que le documentaire ait oublié ça. L’Australie est le premier exportateur de charbon et a les émissions de gaz a effet de serre par personne les plus élevées de l’OCDE. Les Australiens sont le peuple le plus gros du monde, mais la nourriture que nous jetons constitue plus de 40% de nos décharges. Les australiens ont des maisons plus grandes que n’importe quel autre nation au monde. Nous avons les plus grandes capacités en matière d’énergie solaire, mais nous les utilisons à peine. Si le reste du monde consommait comme les australiens, il nous faudrait les ressources de quatre ou cinq planètes Terre. Devant cette consommation non-durable, suggérer que la population est le facteur-clé qui explique l’empreinte écologique élevée de l’Australie trahit une vision déformée de la réalité. La consommation élevée sert un but plus profond : maintenir la croissance économique sans fin qui est la politique déclarée de la plupart des gouvernements et le but supérieur de toutes les entreprises. Le haut niveau de consommation de l’Australie est tiré par les besoins du système du profit, qui a un besoin intrinsèque de croissance et ne peut accepter de limite à cette expansion. Pour régler le problème de la consommation nous devons régler celui de sa cause économique profonde. Au fond, c’est une lutte pour le contrôle de la production : les entreprises ou les gens? La question est de savoir qui décide si nous devons creuser pour du charbon ou construire des centrales solaires, construire de nouvelles autoroutes à coup de bulldozer ou prévoir des lignes de chemin de fer et des pistes cyclables? La question est celle du contrôle populaire sur des décisions qui vont du développement de nos communautés locales jusqu’au rôle international de l’Australie. Les problèmes soulevés par Smith ne sont pas causés par la surpopulation, mais reflètent une crise plus profonde liée à l’ensemble de notre système basé sur le profit, qui menace de nous faire sombrer dans l’oubli. L’autre terme de l’alternative consiste à refondre notre économie, de façon à ce qu’elle serve au maintien des écosystèmes et à l’amélioration du bien-être humain. Mais cela signifie aussi une confrontation politique avec les élites économiques qui ne renonceront pas volontairement à leur pouvoir et à leurs privilèges. Le documentaire de Smith tire l’essentiel de son effet de la façon dont il exploite les sentiments d’impuissance et d’aliénation compréhensibles qu’ont les gens sur ces grands dilemmes. La tragédie du film est qu’il essaie de jeter la faute sur les migrants- un autre groupe de gens impuissants. Durant le débat de Q&A, Smith a reconnu que la croissance économique capitaliste n’est pas durable. « Le problème est que nous avons 150 ans de dépendance à la croissance » a-t-il dit. « Le Dieu du capitalisme est la croissance, mais un faux dieu parce que c’est un monde fini et que l’on ne peut pas toujours utiliser les ressources pour la croissance. C’est impossible. » Il est vrai qu’une croissance sans fin est impossible. Mais l’assertion de Smith suivant laquelle la réduction de l’immigration aiderait aussi à résoudre ce problème est la plus folle affirmation du monde. Il laisse de côté les vrais coupables de la croissance capitaliste- les entreprises qui tirent le plus grand parti du statu quo sont saufs. Le documentaire de Smith obscurcit le plus important « problème démographique » d’Australie. La scandale devrait être qu’une si petite partie aisée de la population ait un pouvoir et une influence si écrasants sur nos vies et notre futur. Pour gagner un futur durable, l’ennemi est non la jeune famille immigrée, qui, dans un mélange d’angoisse et d’excitation, prévoit de commencer une nouvelle vie en Australie. Notre véritable cible « démographique » devrait être le PDG de la compagnie minière, le cadre dirigeant dans le secteur pétrolier, le roi de la finance et le magnat des médias. |
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