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Comment bien utiliser la violence politique ?

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Comment bien utiliser la violence politique ?
    Envoyé : 04 Mar 2009 à 16:06
salut

Je me permets cette question pratique. j'espère qu'il n'y aura pas de problèmes étant donné que le forum est hébergé chez nos amis cubains, car la question me semble inévitable pour tous ceux qui veulent avoir une pratique politique véritablement conséquente dans nos pays impérialistes où syndicats et partis du camps "progressiste" peuvent se permettre le luxe de la collaboration de classe, du corporatisme (qui n'est que la conséquence et symptôme de l'absence de rapports de forces inscrits sur le long terme) et le luxe de rejeter a priori toute forme de lutte armée ( le fameux "socialisme du XXIe siècle")

J'aurais pu tourner la question ainsi: "comment concevoir et organiser une
violence politique offensive, et pas seulement en cas d'autodéfense ?".


C'est une question à laquelle il faut répondre en faisant des bilans pour éviter toute tentation "gauchiste":


1) Le contexte actuel semble pré-révolutionnaire, car il y a à la fois convergence des luttes entre professions, secteurs et parfois même des solidarités transfrontalières (ex: mouvement universitaire contre les contre-réformes européennes), les revendications dans chaque secteur sont soutenues par des fronts syndicaux sur des bases qui me semblent claires. DONC: multiplication de rapports de forces qui s'inscrivent dans la durée

2) La motivation des mouvements sociaux pour quitter les préoccupations corporatistes et rentrer dans un rapport de force politique (désigner les coupables, faire un bilan des contre-réformes et des processus européistes qui les amènent), BREF rentrer dans un rapport de force politique semble être une grande préocupation populaire actuellement. Les rangs des "anti-sarkozystes" ne cessent de grossir selon les sondages, et c'est aussi ce qu'on constate quand on parle avec des grévistes étudiants et travailleurs pourtant non-syndiqués et/ ou non-politisés, voire qui n'ont jamais participé à aucun mouvement social ! Cette maturation de la conscience politique est d'autant plus visible quand des syndicalistes de la base, étudiants et travailleurs organisent des convergences et des coordinations nationales en dehors des directions "syndicales"



3)Comment être offensif dans ce contexte de maturation pré-révolutionnaire?
-En Grèce et en Italie des organisations en marge des mouvements sociaux prolongent le rapport de force en s'en prenant directement à la police et aux journalistes. En France, un centre de rétention a été incendié, et les seules "offensives" se résument à des occupations
-La CGT avait encore des caches d'armes jusuqe dans les années 90, on se demande bien pourquoi
-Le bilan de groupes gauchistes a toujours clairement négatif (exepté RAF sur le terrain anti-impérialiste) étant donné leur instrumentalisation contre les mouvements sociaux et politiques


Après ce rapide bilan (j'ai oublié des points internationaux, les évènements récents dans les DOM et des évolutions qualitatives constatées mais j'espère que ça donne un aperçu assez juste de la situation actuelle en Europe), mon avis non-définitif personnel c'est que les violences spontannées qui naissent de manière non coordonnée politiquement, non organisée politiquement et qui ne sont pas destinées à créer un rapport de force durable en faveur des mouvements sociaux actuels, sont contre-productifs... pour l'instant du moins, dans un contexte de construction politique des forces de gauche et d'unification (lente) des forces communistes. Mais ça ne veut pas dire qu'on doive pour autant évacuer cette question de la violence OFFENSIVE à utiliser dans le contexte actuel

Organiser la guerre de classe permanente ne peut se concevoir qu'avec un contexte où les forces politiques sont dans un front commun sur le terrain de l'Europe pour commencer, puis national pourquoi pas (voir qu'il y ait un parti communiste unique majoritaire, mais rien ne bouge de ce côté). Bref, poser la question des formes de violence offensive à utiliser, c'est poser la question de l'organisation durable, ce qui nous ramène à des problèmes de choix idéologiques et politiques, cette question se ramenant elle-même à la nécessité de combattre les idéologies petites-bourgoises sociales-démocrates dans les mouvments sociaux ET dans les partis "de gauche"


Edité par AllXS - 04 Mar 2009 à 16:13
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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2009 à 16:55
Je suis d'accord avec toi.
J'ajouterai toutefois une chose qui me parait importante concernant la violence.
Il y a deux approches de la violence révolutionnaire, comme tu le dis: gauchiste et communiste.
- la première est celle des "minorités agissantes", qui aboutit au ridicule et contre-productif AD, en pensant créer seuls "l'étincelle". C'est une forme de mépris du peuple que je qualifierai de "pré-léniniste". Les groupes nostalgiques des militants inorganisés type AD en font partie. Ils posent la question de la violence sous la forme "quelle violence pouvons-nous exercer pour qu'elle mène à un changement de rapport de force?"
- la deuxième est celle des climats comme tu dis pré-révolutionnaires ou révolutionnaires. Ils posent la question à l'envers: "comment développer le rapport de force dans un sens favorable quand le peuple se manifeste de façon de plus en plus violente?". C'est à ce moment qu'il faut chercher une théorie de la violence révolutionnaire. A ce titre les vrais communistes soutiennent Djamila Bouhired mais pas Nathalie Ménigon. Pendant que Vergès par exemple passe de l'un à l'autre dans le soutien sans comprendre la vrai différences qualitative entre ces deux contextes.
Les trotskistes? Nous avons pris des mesures contre ces gens qui ne représentent rien (...) et continuent sur des positions d'extrême gauche à gêner le développement de notre Révolution - Che Guevara
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2009 à 19:28
Je rajouterais que:

-1) Comme en 68, la formation spontanée de groupes marginaux à l'extérieur des mouvements sociaux et politiques est la conséquence directe de l'incapacité des communistes à construire une unité politique sur la base de prises de positions en écho direct avec les mouvements sociaux, l'évolution de leurs revendications et de leur radicalisation

-2) Je ne suis pas d'accord avec toi quand tu dis qu'il faut rechercher une théorie de la violence révolutionnaire. La réponse à la question de l'utilisation de la violence politique comme beaucoup de questions pratiques est ORGANISATIONNELLE. C'est l'unité communiste qu'il faut, elle seule et les capacités d'organisations d'un parti sont à mêmes de prendre des positions politiques en faveur de la violence révolutionnaire en fonction des contextes, et à l'organiser à grande échelle.

-3) POur s'unir les orgas communistes devraient appliquer le centralisme démocratique entre elles, c'est le seul moyen de dépasser les fluctuations de lignes politiques selon les contextes, voire de dépasser les faux clivages de type idéologique et historique entre orga communiste (puisque ça semble être la seule raison pour laquelle il y a pas d'unité aujourd'hui)

-4) Toi qui a l'expérience du CNU tu me contrediras sûrement car je n'ai pas encore lu le bilan fait par le RCC, mais il me semble qu'il y a une différence fondamentale entre la construction de l'unité dans les mouvements sociaux et mouvements de grèves, et la construction de l'unité communiste. Il me semble qu'il y a une réelle nécessité à DECRETER l'unité chez les communistes pour se donner les moyens de l'action révolutionnaire (par "communistes" j'entends tout ce qui est CeL, CommunisteS et autres oppositionnels du PCF, URCF, PRCF, RocML etc etc etc...)

-5) malgré ce que je viens de dire sur les constructions organisationnelles, je relance mes questions sur les formes de violence (offensives) qui sont envisageables actuellement, le risque étant toujours de se marginaliser (comme quand on fait un blocage dans les facs, c'est toujours le noyau actif qui bloc ou qui filtre, même si c'est soutenu par 1 vote d' AG). Quelle marge de manoeuvre donc ???

Edité par AllXS - 19 Dec 2009 à 14:55
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2009 à 21:41
sur le 2) j'ai envie de dire que toute théorie marxiste se décline forcément d'un point de vue organisationnel. Il n'y a pas de frontière métaphysique entre analyse politique-théorique et forme d'organisation. L'internationale elle même a évolué organisationnellement de la première à la troisième, jusqu'au kominform.
sur le 3-4) d'un point de vue matérialiste, "l'échec" du CNU est la preuve matérielle que l'unité ne se décrète pas. La meilleure preuve c'est qu'à ce stade ("s'unir hors des luttes et sans mouvement, c'est à dire avec ceux avec qui nous sommes d'accord formellement") le centralisme démocratique a été l'instrument d'exclusions. Dès qu'il a fallut installer un débat idéologique, la peur de l'afforntement à provoqué des exclusions. Ce que tu proposes a un peu l'air d'une "solution miracle" (pense tu vraiment que parmi tous les communistes de ces organisations citées, personne n'aie déjà pensé à celà?).
L'unité se construit, même lentement. en tout cas elle ne se "décrète" pas.

PS: En ce qui concerne le bilan de l'exclusion du CNU par le RCC, tu le trouveras dans la brochure de présentation du RCC
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2009 à 22:40
-1) c'est bien à ce document que je faisais référence. Votre conception de l'unité au RCC est très intéressante sur le plan théorique/ historique. Toutefois je n'ai pas vu de BILAN des causes de l'échec des expériences d'unification (CNU, CAC), l'analyse est donc incomplète. Les conceptions de l'unité par étape (cercle puis parti) est très intéressante mais elles ne font que fixer des principes, elle ne tire pas de leçon politique/ historique (les théories de la violence de Marx et Engels, mais si elles n'avaient pas de finalité pratiques étaient beaucoup plus concrètes et précises dans l'analyse historique/politique des contextes d'émergence des formes de violence)

-2) peux-tu en dire plus sur l'échec du CNU et de la CAC (bien qu'elle va être relancée je crois), qu'est-ce qui a cloché ??? tu dis : "dès qu'il a fallu installer un débat idéologique, la peur de l'affrontement a provoqué des exclusions"=> c'est un peu sibyllin pour moi qui n'était pas dans ces collectifs. par "application du centralisme démocratique dans ces collectifs" j'entendais la dissolution de fait des orgas constitutives, dont je ne reconnais pas la légitimité (ces orgas se sont constituées par défaut à cause du PCF)

-3) L'intérêt de construire l'unité par un accord "constitutionnel" commun aux orgas, c'est de pouvoir prendre pleinement ses responsabilités historiques pour les militants. Je le dis net, je n'ai pas envie d'attendre que des conditions (dont on ne sait d'où elles viendront) soient réunies ou d'attendre que les travailleurs soient assez conscients pour s'organiser de manière durables, pour réagir aux attaques incessantes de la réaction et de la bourgeoisie. de plus je suis conscient qu'en France nous sommes un genre d'avant-garde dans la révolution en Europe (comparé à la plupart des pays européen, et surtout aux Us où le parti "communiste" a récemment déclaré qu'une ère nouvelle était venue et que pour la première fois ils n'auront plus besoin d'être sur la défensive, voir leur déclaration sur le forum "soviet empire)


-4) la conception léniniste d'apporter la conscience communiste "par l'extérieur" , et qui souligne le caractère insuffisant de la seule action syndicale me suffit comme référence théorique, comme bilan historique pour me guider dans l'organisation. Je me pose donc légitimement la question de la marge de manoeuvre, des formes de violence à utiliser pour créer un rapport de force permanent avec la réaction et la bourgeoisie sans tomber dans l'enfermement sectaire

Edité par AllXS - 04 Mar 2009 à 22:45
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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2009 à 22:59
concernant le texte mentionné, tu as sans doute mal lu, car c'est en soi un bilan. avec des leçons et des principes. La fondation du RCC est en soi un bilan pratique, intégré dans le même document d'ailleurs.
D'autres éléments de bilan sont indiqués, en particulier la nécessité d'une formation marxiste des cadres dans les luttes.
point 2: "dont je ne reconnais pas la légitimité"; j'avoue ne pas comprendre cette phrase. ces orga existent. certaines depuis longtemps. Comment peux-tu poser la question de cette manière? On a l'impression que tu cherches dans le verbe des solutions au morcellement des marxistes léninistes!
Ton approche ne peut s'expliquer qu'à condition de croire que les contradcitions entre orgas ne sont dues qu'à des "querelles de personnes". Si c'est celà, c'est trés idéaliste et réducteur, car contrairement à ce que tu penses, il y a beaucoup de camaraderie entre les militants de ces orgas! La question n'est pas là.

Il y a au moins un bilan qui est facilement résumable dans les déboires des différentes formes d'organisation ou d'unification: on ne peut pas mettre les charrues avant les boeufs. Ca c'est matérialiste.

enfin, je n'ai rien compris du tout à ton paragraphe en rouge. Peux-tu etre plus clair?
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2009 à 23:26
ah bon, à part le bilan pratique sur le PCF je n'ai pas encore vu l'équivalent sur le CNU/CAC

N'ayant pas vécu les expériences unitaires je suis obligé de poser des questions à ceux qui l'ont vécu de l'intérieur. Je pose des questions, je ne prends pas position ! (même si la formulation est effectivement très tranchée)

Quant aux "contradictions" entre orgas elles font objectivement le jeu de la bourgeoisie et de la réaction. Peut-être est-il temps de réévaluer l'échelle des priorités ? Comme je l'ai précisé plus haut, "POur s'unir les orgas communistes devraient appliquer le centralisme démocratique entre elles, c'est le seul moyen de dépasser les fluctuations de lignes politiques selon les contextes, voire de dépasser les faux clivages de type idéologique et historique entre orga communiste (puisque ça semble être la seule raison pour laquelle il y a pas d'unité aujourd'hui) "

ma position n'est donc pas idéaliste, elle est sans doute trop abstraite n'yant pas l'expérience.



je reformule le paragraphe ne rouge:
la position marxiste sur le combat syndical c'est que c'est insuffisant (agir sur les effets), lénine conseillait de développer la conscience communiste par l'extérieur des organisations spontanées de travailleurs (formation marxiste des cadres syndicaux par ex.). ce principe est du au constat qu'on ne peut compter sur les seuls travailleurs pour mener le combat communiste.


DONC, pour rejoindre mon topic: quelles formes de violence les militants politiques de gauche peuvent-ils utiliser dans le contexte actuel, violence offensive j'entends, peuvent-ils d'ailleurs choisir des moyens offensifs pour prolonger le rapport de force actuel (le LKP a déjà obtenu satifaction et va peut-être stopper le mouvement, ce qui laisse présager rien de bon pour la suite dans notre frileuse métropole)

Edité par AllXS - 04 Mar 2009 à 23:26
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2012 à 21:29

Reformes et Revolution

 
 
Robert GIL

Tant que le capitalisme peut pratiquer l’exploitation sociale dans un cadre dit « démocratique », il tolère des ilots de liberté. Mais dès lors que cette exploitation sociale devient compliquée, le capitalisme impose ses lois de façon plus autoritaire. Le capitalisme contient toujours en lui cette propension à durcir ses institutions. Tout le malentendu vient du fait que l’on a appelé « démocratie » ces espaces de liberté qui sont la presse, les élections, l’assemblée parlementaire, etc…. En fait, ces espaces de « liberté » n’existent que s’ils sont dûment contrôlés par le système. Autant dire que ces espaces de liberté ne subsistent que tant qu’ils sont des leurres.

Tandis qu’on fait gentiment voter les citoyens sur des « programmes » réformistes, les officines prennent la température quant au risque d’éventuels mouvements sociaux de grande ampleur. Ces officines détiennent un authentique savoir quant à la situation sociale et anticipent les réponses à opposer. Ne doutons pas un seul instant de leur capacité à pouvoir maîtriser des situations « risquées ». Il n’est plus question du beau gosse formé par les grandes écoles à papa et faisant rempart de son attaché-case. Mais bel et bien d’une police et d’une armée formées à l’anti-insurrection, augmentées de structures parallèles et beaucoup moins amateurs que les SAC et les CDR. Tout parti révolutionnaire se devrait d’évoquer cette grave question. Il en va de la liberté, voire de la vie, des militants engagés.

Le capitalisme fonctionne doublement sur le couple oppression/exploitation. C’est son état « naturel ». Et l’on parle de fascisme à partir d’une quantité (trop) voyante d’oppression, mise en place pour continuer l’exploitation. On définit trop souvent le fascisme comme une rupture, or il n’est pas rupture, mais l’aménagement des conditions de l’exploitation qui continue dans un contexte autre. Le fascisme est la roue de secours du capitalisme.

C’est proprement ce qui s’appelle la lutte des classes. Les salariés, avec la classe ouvrière, luttent pour gagner des droits sociaux. Le patronat inlassablement tente (et parvient) de/à récupérer ce qu’il a dû concéder. Toute l’Histoire des sociétés humaines est l’Histoire de cette lutte des classes. C’est encore le cas aujourd’hui.

C’est pourquoi il importe de ne pas céder aux sirènes réformistes qui s’appuient sur l’idée que nous avons atteint un niveau de démocratie permettant de conquérir des droits nouveaux par le jeu électoral et institutionnel. L’Etat est l’Etat de la grande bourgeoisie qui ne se laissera JAMAIS déposséder. Les conquêtes (toutes les conquêtes) s’obtiendront par la lutte de classe consciente et agissante. Et plus le niveau d’exigence des travailleurs sera élevé, plus le risque d’affrontement violent augmentera. Car en définitive se posera INELUCTABLEMENT la question du renversement du capitalisme et de son remplacement par le socialisme. Ce renversement sera social (ce sont les salariés qui imposeront une société conforme à leurs intérêts) et politique (il sera nécessaire de renverser l’Etat pour lui substituer l’Etat socialiste).

Aussi ai-je un regard critique vis-à-vis du phénomène Front de Gauche : il ne pose pas du tout la question du soulèvement populaire dans la lutte pour renverser le système capitaliste et l’Etat bourgeois. Au contraire, il crée l’illusion que la « démocratie » permettra des conquêtes sociales. La bourgeoisie ne renonce jamais et elle ne renoncera pas. Le Front de Gauche ne suffit pas. Il faut aller plus loin. Ce qui fait hésiter les travailleurs, c’est la peur précisément, de l’affrontement violent. Le peuple se laisse convaincre par ces illusions sociale-démocrates car il espère faire l’économie de l’affrontement de classe et de la révolution.

Mais le recours à la violence révolutionnaire n’est pas un rêve romantique, c’est une nécessité historique.

Ecrit par Yapadaxan sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/03/30/democratie-reforme-et-revol...

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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Ecnaroui allez vers le bas
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2012 à 22:15
Il ne suffit plus d'en appeler "à la lutte des classes" pour en définir les arcanes.
J'ai moi aussi un regard critique sur le Front de Gauche mais je me garde de le résumer à un "phénomène" sinon ce serait réduire l'engagement des millions de militants depuis toujours (et principalement depuis 1789) à un vœux pieux.
La révolution n'a (à part pour nos adversaires capitalistes) rien de violent. La violence est un thème récurent agité sous le nez des bonnets pour faire peur (Parisot remet la "terreur" au goût du jour). Que peut bien-être plus violent que l'impérialisme sinon l'impérialisme lui-même? Je reste persuadé qu'accoler le mot révolutionnaire et le mot violence n'a vraiment aucune signification car ceux qui remettent ce couvert occultent totalement la violence initiale des marchands du temple qui, sur ce coup, sont de vrais marchands de sable.
La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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