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Economie : Ne demandons rien, prenons tout |
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T 34
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Spammeur compulsif Depuis le: 26 Sep 2007 Pays: France Status actuel: Inactif Messages: 9070 |
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Envoyé : 22 Jun 2010 à 20:09 |
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Le billet de Maurice Ulrich PenseurL’Europe, la France, ça ne va pas, et Denis Kessler n’est pas content du tout. Denis Kessler, c’est le PDG du groupe d’assurances Scor, tête pensante du grand patronat et de son personnel politique. Il avait dit pourtant ce qu’il fallait faire, il y a déjà quelque temps : se débarrasser du modèle social français. C’est bien ce qu’a entrepris Nicolas Sarkozy, avec une ardeur de démolisseur qu’il faut lui reconnaître. Mais ça traîne, ça traîne. De sales habitudes ont été prises… La France et la plupart des pays européens, explique Denis Kessler, qui fait la leçon dans ses éditoriaux du magazine Challenges, « ont poursuivi une politique économique axée sur la dépense publique, les transferts sociaux, la redistribution »… Avec ça, autant de secteurs comme la santé, les retraites, qui se refusent encore, pour partie, au capital, aux grands groupes comme Scor. « Il faut, écrit le penseur des portefeuilles d’actions, que l’Europe en général, et la France en particulier, décide enfin de réécrire son contrat social ». Enfin, de raturer ce qu’il en reste. Benchmarking : le management « no limit » de la Caisse d’épargne« Dans un monde sans objectif, la pression n’existerait pas. » Soumis à un management d’un genre nouveau, les chargés de clientèle de la Caisse d’épargne Rhône-Alpes l’ont appris à leurs dépens.
Des coups de fils à répétition, une sollicitation accrue à acheter des services souvent inutiles… Qui n’a pas connu ce sentiment en ayant son responsable clientèle au téléphone ? Les banques mettent le paquet pour faire de leurs employés des bêtes à « produit net bancaire ». Les salariés de la Caisse d’épargne Rhône-Alpes (Cera) en ont fait la douloureuse expérience. À partir de 2007, les « commerciaux » sont soumis à un nouveau management. À l’exception d’un référentiel qui, de l’avis des employés, semble atteignable, les chargés de clientèle n’ont plus d’objectifs chiffrés, contrairement aux habitudes des banques. À première vue, le système mis en place apparaît sympathique et correspond à la présentation qui leur a été faite par leur direction. Dans la grande salle de l’Espace 3 000 à Lyon, tous les salariés sont convoqués. Olivier Klein, fraîchement nommé patron de la Cera, vend sa méthode : « Je vous propose la sortie par le haut. J’ai un système qui s’appelle le benchmark, qui va nous permettre de gagner des parts de marché. Et comme on va gagner de l’argent, je vais vous payer en part variable, en intéressement », explique-t-il alors. En un an, la Cera affiche les meilleurs résultats du groupe. Mais voilà, l’objectif est pervers puisqu’il s’agit de faire mieux que le référentiel et, surtout, de réduire l’écart avec le premier. Au nom de cette « philosophie », les responsables clientèle sont réunis par leur directeur d’agence tous les matins. Un point qui a pour objectif de comparer les résultats à ceux des autres agences, ceux des salariés entre eux, sur le retard pris… Tout est minutieusement quantifié, chronométré. « Avec cette méthode, on arrive à un véritable processus d’industrialisation de notre métier », explique Éric, militant CGT, seize ans de Caisses. « Nous n’avons plus aucune prise sur notre travail. Tout est organisé à notre place. » De fait, minute par minute, un logiciel recense pour chacun l’état d’avancement du travail et émet un classement que le salarié consulte. Une hiérarchie qui détermine la part variable des rémunérations (de 5 % à 12 % des revenus brut annuels). « Les jeunes entrent en moyenne avec 1 200 euros de revenu fixe. C’est peu. Du coup, ils se prennent au jeu », confie Pierre Yves, un autre salarié de la banque. D’autant que pour faire accepter son outil de management, « Olivier Klein a fait venir de son ancienne caisse un certain nombre de cadres qu’il a mis à des postes clés et une petite dizaine de commerciaux, véritable courroie de transmission de son système, observe Marc Jeaninn, délégué SUD. Car si personne ne joue le jeu, il ne se passe rien. La preuve, c’est que la première place au benchmark est occupée depuis deux ans par un de ceux qui l’ont accompagné ». Progressivement les dangers sont apparus. Tiraillé entre la volonté « d’apporter quelque chose à mes clients, la base du métier, et le podium », les salariés craquent, estime Marc. « Quand un client entre dans l’agence, on ne sait pas forcément ce qu’il veut. S’il manque trois plans d’épargne logement, celui qui va entrer aura une tête d’épargne logement. Sauf qu’on ne vend pas des boîtes de chaussures, ironise éric. Il y a très peu de temps, un client avait 300 000 euros à entrer à la Caisse, raconte-t-il. Je me suis occupé de lui pendant deux jours. En contrepartie, je n’ai pas réalisé les ventes programmées. Pour mon directeur d’agence, j’étais en retard par rapport aux autres. Alors même que j’avais ramené 300 000 euros. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que même le dernier au benchmark rapporte de l’argent à la banque. » C’est cette pression qui pousse les salariés à ne pas demander le paiement de leurs heures supplémentaires, à raccourcir leurs congés et, de façon pernicieuse, à remettre en cause tous les acquis collectifs. Résultat : une montée en flèche du stress. Comme en témoigne une lettre qu’un médecin du travail a adressée à la direction et que l’Humanité s’est procurée. Extrait : « Le constat des médecins du travail qui écoutent les plaintes et observent les signes de souffrance au travail d’un nombre anormalement important d’agents est (…) que les performances de la Cera sont obtenues au prix d’un coût humain inacceptable. » Très critique à l’égard du benchmark, le praticien ne mâche pas ses mots : « L’objectif imposé aux agences n’est pas qu’il faut atteindre ce résultat, c’est : il faut faire mieux. Il n’est donc jamais atteint puisqu’il n’est pas défini, pas plus que ne l’est la manière d’y parvenir. La course est donc sans fin. À aucun moment un agent peut se dire “j’ai fait du bon travail”, puisqu’il pourrait faire mieux. » D’autant que le logiciel ne prend pas en compte les spécificités de la clientèle. Par exemple, les besoins des clients ne sont pas les mêmes lorsque l’agence est située en milieu rural ou dans une grande agglomération. De même, les structures des agences diffèrent du point de vue de leur capacité d’accueil, ou simplement des effectifs. Autant d’éléments négligés par le benchmark. Depuis le début de l’année, une trentaine de salariés ont démissionné. En 2008, année record, environ 250 personnes avaient quitté le groupe, qui compte 2 500 salariés. Dos au mur, la direction a dû reconnaître ses erreurs. Alors, à l’instar de nombreuses autres entreprises, elle a mis en place un numéro vert, multiplié les réunions sur la gestion du risque psychosocial, transféré un certain nombre de personnes qui étaient en souffrance. Mais jamais le système ne fut mis en cause, regrettent syndicats et médecins du travail. Pis, en avril, Olivier Klein est devenu le nouvel homme fort de la banque commerciale du nouveau groupe des Banques populaires et des Caisses d’épargne. 127 000 salariés pourront être soumis au benchmark. Clotilde Mathieu BenchmarkOutil de gestion, développé au début
des années 1980, qui consiste
à observer et à analyser les différentes pratiques utilisées par la concurrence
ou par des secteurs d’activité puis
de les réutiliser dans son entreprise,
en vue d’atteindre la meilleure performance. Cet indicateur sert à définir les objectifs
de l’entreprise. Le benchmark peut avoir trait à l’observation des pratiques managériales, mais il peut également
se faire dans le domaine des pratiques marketing. Bal masqué pour Génération précaire Le mouvement Génération précaire a organisé, samedi, un bal masqué dans un hôtel particulier du Marais, à Paris, pour obtenir une réglementation des stages, de plus en plus utilisés comme des « contrats de travail ultraflexibles ». Organisé à l’occasion du cinquième anniversaire du collectif de défense des stagiaires, le bal s’est donné pour mission de rendre visible la précarité de nombreux jeunes en pleine réforme des retraites. « Il y a encore beaucoup de stages abusifs, qui sont devenus pour les employeurs un moyen d’utiliser une main-d’œuvre pas chère mais qui empêchent les jeunes de s’insérer et de cotiser, notamment pour leur retraite », a expliqué Yannick, un militant de vingt-quatre ans. Une direction de « bandits »Liquidation boursière, mensonge, mais aussi violation du droit du travail, voilà ce que subissent les ouvriers de la filiale Mead de Châteauroux, dans l’Indre.
Cela fait maintenant plus de deux semaines que ça dure. Les ouvriers de la multinationale américaine Meadwestvaco Emballage, qui compte dans le monde plus de 23 000 salariés, occupent nuit et jour le site de Châteauroux, dans l’Indre, promis à la fermeture alors qu’un accord prévoyant d’investir dans l’usine contre une augmentation du temps de travail a été signé il y a un an. Demain, le personnel viendra manifester en région parisienne, dans les Yvelines, à l’occasion de la tenue d’un comité d’entreprise européen, présidé par le PDG. Ils pourront peut-être enfin trouver quelqu’un avec qui négocier. Car le 2 juin, après avoir annoncé la fermeture immédiate de l’usine d’emballage, la direction a pris la poudre d’escampette, à l’aide d’un plan digne des plus grands scénarios hollywoodiens, en s’échappant par une porte dérobée. Pour José Loureiro, délégué CFDT, cette fermeture n’est qu’une « liquidation boursière pure et simple ». En effet, le 29 mai 2009, un accord avait été signé devant préfet, un engagement entre la direction et ses employés, qui acceptaient « une augmentation du temps travail de 20 %, ainsi qu’une baisse des rémunérations, afin d’obtenir un investissement dans une nouvelle machine », explique Thierry Jambu, élu CGT au comité d’entreprise. Des concessions difficiles, afin de pérenniser une situation qui l’était tout autant. 700 millions d’euros de bénéfices en 2009 Les 162 salariés qui restent sur le site sont les rescapés, depuis décembre 2008, de nombreux plans de restructuration. Ils voulaient donc y croire. Mais « la direction a rompu, seulement un an après, l’engagement qui devait permettre un maintien du site pendant cinq à dix ans. L’accord avait été signé sous l’égide du préfet, donc par procuration devant l’État français », dénonce Christophe Weiss, délégué syndical FO. Avant de préciser que les employés n’ont jamais vu la couleur de la nouvelle machine, mais ont, malgré tout, vu leur temps de travail augmenter et leur salaire baisser. En fait, le réel projet de la direction est aujourd’hui révélé. Il s’agit d’une délocalisation du site en Allemagne. Or, explique Thierry Jambu, « l’entreprise n’est absolument pas en situation de crise ». Meadwestvaco a réalisé, pour l’année 2009, plus de 700 millions d’euros de bénéfices. Et Christophe Weiss précise que « le carnet de commandes était plein ». Sans négociateur en face d’eux, les ouvriers accentuent la pression sur le représentant de l’État. Mais, alors que les syndicats se battent pour que l’usine reste ouverte, le préfet accepte la fermeture et n’évoque que le plan de sauvegarde de l’emploi. Selon Thierry Jambu, « au bout d’un moment, il faut taper du point sur la table, on n’est pas là pour se laisser marcher dessus par ces bandits ». D’où la décision de monter à Paris, demain. Hugo Castanera Edité par T 34 - 22 Jun 2010 à 20:29 |
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Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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Envoyé : 22 Jun 2010 à 22:56 |
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Groland - golden parachute
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Envoyé : 24 Jun 2010 à 20:51 |
Hausse des prix du gaz comprise entre de 2% et 4,7% au 1er juillet
Les tarifs du gaz naturel pour les particuliers vont connaître une augmentation comprise entre 2% et 4,7% au 1er juillet, a annoncé jeudi la Commission de régulation de l'Energie (CRE).
Les tarifs vont augmenter de 0,228 centimes d'euros par kilowattheure (kWh) selon la CRE, qui n'était pas en mesure de fournir une hausse moyenne des prix. L'autorité de régulation a donné son aval à une demande soumise par le groupe GDF Suez, anciennement Gaz de France. La hausse des prix ne sera pas de même ampleur selon le type d'usage des abonnés au gaz. Ainsi, la facture augmentera de 2 euros sur l'année pour les 1,4 million de foyers qui n'utilisent le gaz que pour faire la cuisine. Pour ceux qui s'en servent aussi pour leur eau chaude (1,2 million de clients), la hausse sera de 8 euros par an. Enfin, pour les 6,3 millions de consommateurs qui font leur cuisine, ont leur eau chaude et se chauffent au gaz la facture va gonfler de 45 euros sur l'année. Près de 90% des 10,8 millions de foyers raccordés au gaz naturel sont soumis aux tarifs réglementés, qui sont proposés essentiellement par GDF Suez. Depuis cette année, ces tarifs ne sont plus fixés par les ministres de l'Economie et de l'Energie. C'est désormais GDF Suez qui décide des éventuels changements de prix, sous le contrôle de la CRE. Les prix du gaz avaient déjà augmenté de 9,7% le 1er avril, soit une hausse des factures annuelles allant de 12 à 85 euros pour les ménages, la première depuis août 2008 et la plus forte depuis novembre 2005. Les prix du gaz auront donc augmenté de 15% environ depuis le début de l'année 2010. La hausse des tarifs s'explique par la remontée des cours du pétrole (sur lesquels sont indexés les prix du gaz) au cours du 1er semestre. En outre, la baisse de l'euro renchérit mécaniquement le prix des hydrocarbures importés en France, vendus en dollars. |
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Envoyé : 26 Jun 2010 à 16:09 |
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La misère cachée des campagnes
En octobre 2009, 5 000 agriculteurs ont défilé à Toulouse pour protester contre la baisse de leur revenu /Photo archives DDM/X. de Fenoyl. Ils ne se taisent plus. Ils ont reçu la mort en héritage, et le dénoncent publiquement. À Cavaillon, dans le Vaucluse, Jérémie, enseignant à domicile de 37 ans, veut attaquer l'État pour le suicide de son père, arboriculteur criblé de dettes. « Je veux que les pouvoirs publics prennent conscience qu'ils conduisent les agriculteurs à des situations de faillite ». Jérémie a créé une association, l'ARSFP, l'association pour la reconnaissance de la souffrance des paysans, qui regroupe 30 familles d'agriculteurs suicidés. Au mois d'avril dernier, en Dordogne, Daniel Lemonie, agriculteur de 55 ans, a mis fin à ses jours. Son fils, Clément, 22 ans, a voulu « briser le tabou du suicide des agriculteurs », et il a révélé une partie du contenu de la lettre que son père lui a laissée : « Mon père s'excusait de me laisser avec des dettes. Je ne veux pas que sa mort passe inaperçue. Qu'on dise, c'est fini ». Non, ce n'est pas fini.
Depuis les années 1990, les crises agricoles se succèdent. Crise de la vache folle : le bétail se meurt, les hommes aussi. Plusieurs éleveurs se suicident dans l'Aveyron. La récente poussée de fièvre catarrhale vient de conduire un éleveur de la haute vallée de l'Aude à se donner la mort.
Chute des cours du vin en Languedoc-Roussillon : 25 suicides de viticulteurs en un an. Le cours du lait a tourné, lui aussi. Selon l'Apli, l'association nationale des producteurs de lait indépendants, environ 150 éleveurs se seraient suicidés en 2009. L'un d'entre eux a choisi de se tirer une balle dans la tête sur la place publique : cela s'est passé devant la statue de Jaurès à Carmaux, dans le Tarn, au mois de septembre.
Entre 2008 et 2009, le nombre d'actifs agricoles a baissé de 2 % en France. Les plus âgés prennent leur - maigre - retraite. On les croise sur les marchés. À 70 ou 80 ans, ils vendent les légumes de leur jardin. Ce jeudi, sur un marché du Gers, Antoine, retraité, vend des fèves et des petits pois. Il ramènera un peu plus de 50 € à la maison : « C'est toujours ça ».
Pour passer le cap, certains sollicitent le RSA, le revenu de solidarité active. D'autres cherchent un emploi salarié. C'est le cas d'Alain, éleveur de 42 ans, père de quatre enfants. Il s'est installé près de la ferme de ses parents, dans le Comminges. Il loue une petite maison située en lisière de forêt. Installé depuis 1991, Alain élève des vaches charolaises et des canards. Il a acheté des terres.
La tempête de 1999 a balayé un bâtiment d'élevage. Fin 2000, des corbeaux géants ont fondu sur son exploitation : « Ils se perchaient sur les chênes. Et au lever du jour, se jetaient sur les canards. Ils m'en ont tué jusqu'à 500 par jour ! », dit-il. Les corbeaux ont aussi mangé son revenu. Et très vite, Alain s'est retrouvé avec une dette de 80 000€. La ferme est en redressement judiciaire.
Chaque matin, Alain se lève à 3 h 30 pour aller travailler. Il a trouvé un emploi dans le compostage. De retour à la ferme à 13 heures, il mange et va s'occuper des vaches. « La nuit dernière, il y a eu un vêlage. Je me suis couché à 2 heures. Dormir peu, c'est une question d'habitude ». Alain ne se plaint pas.
Car dans sa longue journée, il se réserve toujours un petit moment de bonheur. À 16 heures, il va chercher son fils à l'école. Ce jeudi après-midi le garçon de dix ans revient à la maison avec le sourire et un 16,5 en maths… Il tartine de confiture une tranche de pain, qu'il mange avec gourmandise, fait ses devoirs, puis accompagne son père dans les champs : « Je fais comme papa, je sème du maïs. Et plus tard, je veux devenir réparateur de tracteurs ! », lance le bambin.
En milieu rural, les agriculteurs ne sont pas les seuls à se trouver parfois en situation précaire. À Aurignac, village médiéval de la Haute-Garonne, une petite entreprise se bat contre la crise. C'est l'association Tremplin qui, financée par le conseil général et la Caf, caisse d'allocations familiales, aide à la réinsertion. « Heureusement qu'ils sont là ! », fait Jean-François. Ce Breton de 51 ans travaillait à Brest dans le transport. « Un client ne m'a pas payé pendant six mois. J'ai fait faillite ».
En rade. « À Brest, je me suis retrouvé tout seul, sans travail. J'ai eu peur de finir à la rue. Ma fille est dans la région toulousaine. Alors je suis venu à Aurignac. Les loyers y sont moins chers que dans les grandes villes ». L'association Tremplin, qui fait une distribution de denrées alimentaires une fois par semaine, va lui permettre de rebondir. Jean-François va recréer une modeste entreprise.
À Cahors, dans le Lot, le conseil général a également mis sur pied une entreprise de réinsertion, un établissement public local.
Dans le Tarn, en milieu rural, « la pauvreté s'accroît, confirme Thierry Carcenac, le président du conseil général. Notre budget social, pour le RSA, est de 3,4 millions d'euros par mois, ce qui est énorme. L'activité est ralentie. On voit des familles quitter les villes pour s'installer dans des zones reculées, Vaour, les Monts de Lacaune. Ces familles veulent de la stabilité, un petit emploi sur place ».
Même la misère se met au vert.
-------------------------------------------------------------------------------- Le chiffre : 32 600
foyers > perçoivent le RSA attribué par la Mutualité sociale agricole en France. L'Aude et l'Hérault, régions viticoles, arrivent en tête des départements selon le nombre d'exploitants bénéficiaires du RSA. « Dans l'Aude, les viticulteurs perdent 88 % de leur revenu. Le cours du vin est au niveau de 1985. Qui accepterait de vivre avec le salaire d'il y a 25 ans ? » Philippe Vergnes, syndicaliste viticole audois.
-------------------------------------------------------------------------------- «L'élevage, cela devient le bagne »
Les agriculteurs subissent une crise sans précédent. Comment l'expliquez-vous ?
Claude Domenget, expert en diagnostic d'entreprise, Cour d'appel de Toulouse. Après guerre, les agriculteurs étaient environ quatre millions. En 2007, selon le Recensement général de l'agriculture (RGA), ils n'étaient plus que 507 000. Et selon le réseau d'information comptable agricole, il n'y aurait plus que 326 008 exploitations professionnelles dans tout le pays. La crise est économique, mais aussi psychologique. Le métier d'agriculteur n'a plus la cote dans la société.
Les producteurs de lait semblent les plus touchés. Pourquoi ?
D'importants investissements ont été mis à la charge des entreprises agricoles entre 2003 et 2006 pour les mises aux normes environnementales. Puis, en avril 2009, le marché s'est retourné et les prix ont baissé de 30 %. Les échéances des prêts étranglent quelques éleveurs. Des banques commencent à refuser le renouvellement des ouvertures de crédits.
Y a-t-il des faillites ?
J'ai créé il y a 21 ans mon cabinet d'expertise foncière et agricole, Optimes, à Saint-Orens. Je viens d'assister à trois liquidations immédiates d'entreprises agricoles qui avaient dû décapitaliser pour faire face à l'endettement. Je n'avais jamais vu cela aurapavant. Beaucoup d'agriculteurs sont obligés de travailler à l'extérieur, et parfois à plein-temps ; cela tourne au bagne ! Nous avons été confrontés à trois suicides, dont un céréalier dans la Haute-Garonne. La profession agricole compte des milliers de bénéficiaires du RSA en France.
Comment les agriculteurs peuvent-ils s'en sortir ?
Une procédure judiciaire, ce n'est pas le coup de grâce, mais le plus souvent une bouée de sauvetage ; à notre niveau, nous avons conseillé 245 entreprises agricoles en difficultés, et le taux de redressement définitif est de 80 %. Il faut prévenir, faire le bon diagnostic. Et parfois, réorienter l'entreprise agricole. Il faut de la cohérence dans le projet. Cela marche. Il y en a qui s'en sortent.
-------------------------------------------------------------------------------- Bientôt des psys pour les agriculteurs ?
La Coordination rurale a demandé ce jeudi à la MSA de remplir son « devoir d'alerte » en publiant le nombre de suicides d'agriculteurs. La dernière étude sur le sujet avait été réalisée en 1999 par l'Institut national de veille sanitaire. « La réglementation interdit à la MSA d'avoir un registre des suicides car la cause du décès fait partie du secret médical », a répondu Christophe David, médecin conseiller technique à la MSA. Laquelle Mutuelle sociale agricole a rappelé le souci de prévention qui est le sien.
Actions contre le stress dans le Lot, le Tarn et l'Aveyron. Mise en place d'un numéro vert pour les viticulteurs de l'Hérault. Les « préventeurs » de la MSA mettent en place des actions diverses, et se préoccupent de prévenir la détresse psychologique. En Haute-Garonne, on en est encore au stade du diagnostic. Mais un plan d'action sera proposé cet hiver, notamment la mise en place d'ateliers, ce qui se fait déjà dans les Pyrénées-Orientales.
Les travailleurs sociaux disent avoir parfois du mal à repérer les situations criantes car les agriculteurs ont tendance à taire leurs difficultés, surtout à leurs plus proches voisins…
Le syndicalisme agricole mène de son côté beaucoup d'actions d'entraide. Dans le Gers, la Coordination rurale a créé un SAMU social agricole, qui répond aux détresses morales. Dans la Haute-Garonne, la Confédération paysanne a initié une structure juridique pour aider les exploitants à négocier les crises, l'Adad l'association de défense des agriculteurs en difficulté. « Nous traitons habituellement une centaine de dossiers lourds par an, indique Patrick Kirchner, agriculteur et président de l'Adad 31. Mais en 2009, nous avons eu 20 % de dossiers supplémentaires ».
-------------------------------------------------------------------------------- RSA des villes et RSA des champs
Les départements, dont les recettes stagnent (+1,6% en 2009) font face à l'explosion de la demande sociale (+6,3%), selon l'Observatoire de l'action sociale décentralisée. Les départements financent notamment le RSA, attribué par la Caisse d'allocations familiales et la Mutualité sociale agricole.
Dans la région, la MSA attribue 3 559 RSA aux agriculteurs (205 dans l'Ariège, 574 dans l'Aude, 252 dans l'Aveyron, 148 dans le Lot, 898 en Lot-et-Garonne, 218 en Haute-Garonne, 281 dans le Gers, 244 dans le Tarn, 555 dans le Tarn-et-Garonne, 184 dans les Hautes-Pyrénées).
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Envoyé : 29 Jun 2010 à 18:09 |
PSA fait travailler des salariés le 14 JuilletLa direction de PSA Sochaux impose à une partie de ses salariés de travailler le jour de la Fête nationale, pour compenser une perte de production liée à un orage de grêle. Peugeot Sochaux, malgré le nombre important de voitures vendues ces temps-ci, n’a, semble-t-il, plus les moyens de s’assurer contre les pertes d’exploitation liées à une intempérie. Mercredi 10 juin, en fin d’après-midi, un violent orage de grêle s’est abattu sur le pays de Montbéliard. PSA a été obligé de fermer son usine de Sochaux le jeudi et le vendredi suivant afin de remettre les ateliers en état. Le travail n’a pu reprendre que le lundi matin suivant. Vendredi dernier, lors d’une réunion extraordinaire de la direction, les responsables de la marque au lion ont annoncé aux représentants du personnel leur décision de faire travailler environ 3 500 salariés le 14 Juillet, histoire de commémorer la Fête nationale par une journée de production de rattrapage. Tout un symbole, qui a bien sûr mis l’ensemble des syndicats de salariés en pétard. «Est-ce que la direction a prévu un feu d’artifice à la fin de cette journée de production ?» ironise le Syndicat Indépendant de l’automobile, pourtant proche de la direction. Le 14 juillet, ces salariés seront obligés de venir travailler, la direction ayant rejeté la demande des syndicats de faire exécuter cette journée de production sur la base du volontariat. La CGT a donné un avis défavorable et réitéré sa demande avant la décision finale, qui sera prise mercredi prochain, lors d’un comité d’entreprise : « La direction doit revoir sa copie et proposer du volontariat », tonne Bruno Lemerle, secrétaire CGT du site, qui évoque aussi l’urgence de créer de nouveaux postes. FO et la CFDT, qui ont également rejeté la proposition de la direction, réclament une compensation de 200 % du salaire journalier, la direction n’offrant que 170 %. Ainsi, les salariés qui seront en congé auront en moyenne sept heures payées à 100 % sans venir au travail. Les autres employés, contraints de venir travailler, auront 70 % de plus. Pour les ouvriers de PSA Sochaux ce sera donc un 14 juillet sans flonflon mais avec des boulons. Alain Cwiklinski
Edité par T 34 - 30 Jun 2010 à 18:01 |
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Envoyé : 30 Jun 2010 à 18:53 |
La justice ordonne le redémarrage de la raffinerie Total de DunkerqueLa Cour d'appel de Douai (Nord) a ordonné mercredi le redémarrage de la raffinerie Total des Flandres, près de Dunkerque, dans un délai de 15 jours, pour défaut d'information des représentants du personnel, a-t-on appris de sources concordantes. Selon Me Roger Koskas, avocat du comité central d'entreprise (CCE) de Total, le groupe pétrolier devra payer 100.000 euros d'astreinte par jour si la décision n'est pas exécutée sur le site qui comprend 367 salariés et environ autant de sous-traitants. Les avocats des salariés estiment qu'il s'agit de la première décision de réouverture d'un site industriel en France par la justice. "Total a procédé à une fermeture provisoire de la raffinerie en septembre sans consulter le CCE. La société a ensuite transformé le provisoire en définitif et ouvert la consultation alors que l'usine était déjà fermée. La Cour a considéré qu'il y avait un +trouble manifestement illicite+", selon Me Koskas. Charles Foulard, coordinateur CGT chez Total, a qualifié cette décision de "victoire historique", tout en s'attendant à ce que le groupe "cherche tous les artifices pour se sortir de ce mauvais pas". Selon M. Foulard, le redémarrage de l'usine - arrêtée depuis plusieurs mois - étant impossible rapidement pour des raisons techniques, Total va sûrement mettre en place des équipes de maintenance si le groupe décide d'exécuter la décision de la cour d'appel. "C'est un jugement qui fait honneur à la justice", s'est-il réjoui. En première instance, le tribunal des référés de Dunkerque avait condamné Total à verser 9.000 euros aux représentants des salariés au titre des frais de justice, pour non respect de la procédure d'information, mais sans ordonner la reprise du raffinage. Total peut se pourvoir en cassation mais l'arrêt de la cour d'appel de Douai est exécutoire, selon Me Patrick Tillie, autre avocat des salariés. "100.000 euros d'astreinte journalière, c'est beaucoup pour nous, mais pas pour Total", qui a fait 7,8 milliards d'euros de bénéfice en 2009, a poursuivi l'avocat. "Je ne sais pas s'ils respecteront le juge. J'espère au moins que ça mettra un peu de grain dans la négociation sociale", a-t-il ajouté, estimant que "la justice a sanctionné la désinvolture de Total et la violation caractérisée par l'entreprise du droit des représentants du personnel d'être informés et consultés sur la marche de l'entreprise et de son avenir". Le groupe pétrolier avait confirmé le 8 mars l'arrêt définitif du raffinage à Dunkerque, et avait annoncé en compensation un projet comprenant notamment un terminal méthanier avec EDF.tt La CGT appellera à la grève si Total ne rédémarre pas DunkerqueLa CGT appellera à la grève dans les raffineries de Total en France si le groupe refuse de redémarrer la raffinerie de Dunkerque sous 15 jours, comme l'a ordonné mercredi la cour d'appel de Douai (Nord), a annoncé mercredi la CGT. La CGT a précisé que Total devrait payer une amende de 100.000 euros si le groupe n'exécutait pas cette décision sous 15 jours. En février, un mouvement de grève d'une semaine dans les six raffineries de Total en France avait eu lieu pour protester contre le projet de fermeture définitif de Dunkerque, entraînant des ruptures partielles d'approvisionnement dans une centaine de stations-service. Une demande en référé pour délit d'entrave aux instances représentatives du personnel et pour arrêt illégal de la production dans cette raffinerie avait été déposée mi-mars par le comité central d'entreprise (CCE) de Total. Le groupe pétrolier n'a pas souhaité faire de commentaires dans l'immédiat. |
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Envoyé : 02 Jul 2010 à 15:11 |
La vie en miettesPar Patrick Apel-Muller
Sur les tableaux de bord de Bercy, cela ne représente qu’une ou deux lignes. Dans le budget de Mme Parisot qui sera aujourd’hui reconduite à la tête du Medef, cela ne représente rien. De l’infinitésimal rapporté aux chèques que Mme Bettencourt a accordés à ses amis de l’UMP. Mais pour des dizaines de millions de Français, cela fait la différence entre vivre et survivre, joindre les deux bouts et tirer le diable par la queue, entre des vacances au soleil et rester dans son HLM. Au Fouquet’s, personne n’y pense ou alors, l’espace d’un don, lors de vente de charité annuelle. Pour la plupart des médias audiovisuels, ce sera à peine évoqué dans la liste des mauvaises nouvelles, de doctes commentateurs prêcheront l’effort et les sacrifices, comme une antithèse du populisme. Ailleurs, là où «la vie ne se prend pas avec des gants», comme l’écrivait Romain Rolland, les augmentations de prix du 1er juillet vont lézarder un peu plus le socle sur lequel repose l’existence des familles populaires. Le gaz, après l’augmentation de 9% en avril va encore coûter 5% plus cher. Il ne suffira pas d’enfiler un gilet ! Les coupures vont être multipliées par 30 entre 2008 et 2010… Il paraît que M. Woerth ne craint rien. Les voyages SNCF, que le maquis des tarifs ont enchéris ces dernières années, seront encore un peu moins accessibles. Les timbres sont une insidieuse mais inévitable dépense supplémentaire. Tout cela coûte cher en rêves envolés, en découvertes perdues, en rires sans retenue. En vies mâchonnées par l’angoisse. Interrogé pour savoir combien il faudrait d’années d’austérité pour sortir de la crise, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France a répondu : « Je crois qu’il faudra pas mal d’années, peut-être entre cinq et dix ans probablement.» ça ne lui fait pas peur. Sa seule crainte, c’est que des impôts lui tombent sur la tête, avec ses amis des week-ends dorés et des soupers mondains. Interrogé sur une radio périphérique, il toisait de haut les ménages qui se constituent une «épargne de précaution, au détriment de la consommation et de la croissance». «Les ladres !», s’est-il retenu de s’écrier. Après tout, quelques bonnes hausses de prix conjuguées à des suppressions de services publics et au report de la retraite devraient remédier à cette avarice… Pièce après pièce, le puzzle sarkozyste dessine une France saignée à blanc par les intérêts des marchés financiers. À nouveau, les grandes fortunes explosent. Les dividendes et la protection fiscale des oligarques ont constitué le seul tabou dans les convulsions de la crise : un choix payant pour la minorité choyée par le pouvoir. La vague d’austérité forcenée qui s’abat sur le pays aura des conséquences similaires à celles que le plan de rigueur britannique infligera à ce pays. Un rapport gouvernemental secret y prévoit la destruction de 1,3 million de postes en cinq ans. La dirigeante du Parti travailliste a dénoncé hier – et bien tard après les années Blair et Brown– «la misère abjecte que ce chômage va provoquer». «Le gouvernement est entré en guerre contre les travailleurs, et nous sommes prêts», ont lancé des syndicalistes. Les ripostes syndicales prévues en Europe et en France montrent que les salariés ne sont pas prêts à courber la nuque sous le joug que leur destine un pouvoir où on démêle de plus en plus difficilement les copains, des coquins. La Fête de l’Humanité en septembre sera le grand rassemblement de la contre-offensive. Patrick Apel-Muller 1er juillet : ce qui va augmenterTous les ans, au 1er juillet, c’est la « traditionnelle » hausse des tarifs de certains services et allocations. L’essentiel sera répercuté sur les factures de gaz et les billets de transports. Les tarifs SNCF augmentent de 2,5 % en moyenne sur les Corail, Intercités et TER (entre 10 centimes et 2,30 euros selon la distance parcourue). A la RATP, l’augmentation globale est de 3,9 %. Le prix des abonnements augmente de 3,80 euros. La carte mensuelle pour les zones 1 et 2 passe par exemple de 56,60 à 60,40 euros. Le ticket à l’unité reviendra désormais à 1,70 euros (au lieu de 1,60 euros). Une baisse toutefois : celle de la prime à la casse pour les automobiles qui passe de 700 à 500 euros ! Les prix du gaz vont augmenter de 5 %, portant la hausse depuis le début de l’année à 15 %. Cela représente une hausse de la facture de huit euros par an pour ceux qui utilisent le gaz pour l’eau chaude et la cuisine et de 45 euros par an pour ceux qui l’utilisent également pour se chauffer. Une hausse de l’électricité est à prévoir pour le mois d’août. Enfin, les prix du timbre pour les plis de moins de 20 grammes passent de 56 à 58 centimes. En moyenne, les tarifs du courrier augment de 1,6 %. Les augmentations de salaires ou d’allocations suivent difficilement le rythme des hausses de tarifs dans les services. Ainsi, le salaire des 5, 2 millions de fonctionnaires augmente de 0,5 % mais sera gelé en 2011. Les deux millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi vont voir leur assurance chômage revalorisée de 1,2 %. Dans le domaine du travail, les sanctions pour les entreprises de plus de vingt salariés qui n'emploient aucune personne handicapée sont multipliées par trois, passant à environ 13 000 euros par personne manquante. Enfin, on peut noter l’entrée en vigueur d’un décret permettant aux victimes d'accidents du travail ou de maladie professionnelle de toucher une indemnité journalière dès le mois qui suit la déclaration d'inaptitude, sans attendre la seconde visite à la médecine du travail, ni la décision de reclassement ou de licenciement. Edité par T 34 - 02 Jul 2010 à 15:49 |
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Envoyé : 03 Jul 2010 à 20:25 |
Canicule : pas de mesures pour les employés du BTPDepuis 2004, un « plan canicule » a été mis en place par le gouvernement pour éviter la catastrophe de 2003 et ses 15.000 morts. Un énorme plan com’, dont il ne ressort que très peu de mesures concrètes et qui semble oublier des professions particulièrement exposées, comme le secteur des BTP. L’hyperthermie d’effort, c’est par ce nom barbare que l’on désigne le risque d’exposition à la chaleur pour les travailleurs manuels en extérieur (bâtiment, construction, travaux publics…) Et ils souffrent les ouvriers, en plein soleil, par 35 degrés. C’est une question souvent oubliée dans la communication gouvernementale autour du traditionnel « plan canicule » chaque été. Ils étaient pourtant les premières victimes de la canicule de 2003. « On sait bien qu’il ne faut jamais faire d’efforts au moment des grandes chaleurs, affirme Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (AMUF). Pour ces professions, nous avons demandé à la préfecture d’arrêter le travail de midi à 16 heures, mais cela n’a pas été suivi des faits. » Dans une intervention jeudi 1er juillet sur ITélé, il déclarait : « Caricaturer le risque de la canicule, en disant que c’est simplement les personnes âgées qui sont menacées, c’est oublier les enfants […] et tout le monde du travail, […] les travailleurs qui sont dans le bâtiment, sur la voie publique, les travailleurs de force ». Je prêche dans le désert », déplorait-il, amèrement. Maçons, charpentiers, ouvriers des travaux publics, autant de professions au travail physique exigeant, où l’exposition prolongée au soleil peut être dangereuse (insolation, déshydratation, risques pour la peau, les yeux...) Selon une étude sur le risque solaire dans le BTP coordonnée par l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP), certains professionnels du bâtiment (couvreurs, charpentiers, coffreurs…) sont particulièrement concernés par le risque de cancer de la peau. De nombreux chantiers ont lieu pendant l’été, pour rendre les équipements, routes et bâtiments opérationnels au moment des retours de vacances. Ces travaux sont par ailleurs souvent effectués par des travailleurs précaires (intérimaires) ou saisonniers. Ce sont donc les plus fragiles économiquement qui sont plus exposés au danger. Le code du travail préconise pourtant des mesures de prévention pour ces professions, difficilement vérifiables et applicables dans les faits (mettre de l’eau potable fraîche ou des locaux fermés à dispositions des employés par exemple). Thierry Dauchelle, gérant d’une entreprise de génie climatique (chauffage et climatisation) donne la possibilité à ses employés de venir plus tôt (à partir de 6 heures le matin) pour pouvoir repartir en début d’après-midi (entre 13 et 15 heures). « J’équipe mes gars de frigos, pour qu’ils puissent mettre leurs boissons au frais et je leur demande de boire beaucoup et de se protéger avec une casquette par exemple. » Les mesures de prévention du plan canicule (veilles et campagnes d’information) apparaissent donc bien peu adaptées à la situation sur le terrain. D’autant que selon Patrick Pelloux, l’hôpital n’est pas en mesure d’assurer « la continuité et la permanence des soins » voulue par la ministre (avec notamment une ouverture des lits d’hôpitaux à hauteur de 95% au mois de juillet et 90% au mois d’août). Il dénonce les « propos mensongers » de la ministre sur la fermeture des lits en période estivale : « La situation est dramatique. On annonce 30 % de fermeture de lits à Paris. Ils y a eu 4000 suppressions d’emplois. Depuis 2002 et le nouvel « hôpital-entreprise », la tarification à l’activité, les fermetures de sites, tout est à reconstruire dans l’hôpital public. C’est mathématique, l’objectif de non-fermeture de lits ne pourra pas être respecté. » Traduction, s’il y a une nouvelle canicule cette année, « Il va y avoir du sport ! » Sarah Masson |
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Envoyé : 03 Jul 2010 à 20:45 |
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Editorial par Patrick Apel-Muller L’enfer des télégalériensPar patrick Apel-Muller Le bagne des fabriques a pris de nouvelles figures sans oublier les anciennes. Le travail à la chaîne s’épanouit dans le numérique, grandit dans les hot lines, envahit les nouveaux démarchages. Les nouveaux exploités ont des casques sur les oreilles et un micro devant la bouche, surveillés par de modernes contremaîtres qui manient la cravache des sanctions et les plumeaux de l’infantilisation. Le témoignage de Louna est accablant. Et douloureux. «C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches», rappelait Victor Hugo. Des fortunes s’édifient sur les plateaux d’appels. Des salariés souvent précaires, toujours mal payés, souvent sous l’emprise d’une menace de délocalisation vers une main-d’œuvre encore moins chère, qui craignent les coups de fil pièges des faux clients. Un flicage permanent est en place. Les télégalériens subissent le moins-disant social généralisé. Phrases imposées, rabâchage obligé, éthique oubliée pour faire du chiffre… les agents craquent souvent. De nouvelles générations attendent dehors qui comblent les trous. Mais les salariés qui triment au bout d’un fil ne seront pas éligibles à une retraite anticipée pour cause de pénibilité. Il leur faudrait même, s’ils n’ont pas leur compte de cotisations, trimer jusqu’à soixante-sept ans, si les Français laissent les mains libres à Nicolas Sarkozy et aux amis de Liliane Bettencourt. Services clientèle, dépannage ou télémarketing… Des multinationales donnent des ordres et sous-traitent le travail. La façade des vedettes du CAC 40 cache des univers déshumanisés. Elles sont derrière les 830 suppressions de postes en France que Teleperformance, le leader mondial des sociétés de centres d’appels, a annoncé hier. Soit 15% des effectifs hexagonaux en moins et des sites supprimés à Marseille, Pantin, Rennes, Tours, Le Mans, Lyon, Orléans et Toulouse. En 2009 déjà, 585 postes avaient été liquidés. C’est sans doute ce que Laurence Parisot appelle la «compétitivité équitable». Tous les efforts pour les salariés et des dividendes copieux pour les actionnaires, comme pour cette amie d’Éric Woerth qui empoche un Smic toutes les trois minutes ! «Nous avons été successful», s’est récemment rengorgée l’ancienne et nouvelle présidente du Medef, dans ce franglais qui fleure bon Wall Street. Le président de la République ne sait rien lui refuser, il est vrai. Sans doute la patronne de l’Ifop n’a-t-elle pas le brio cynique du baron Seillière, mais elle travaille en terrain conquis. Avec Nicolas Sarkozy, pas besoin de centre d’appels, c’est simple comme un coup de fil sur un portable. Laurence Parisot sait cependant trouver les mots qui consolent à l’adresse des galériens de l’emploi : «La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne serait pas précaire ?» s’interrogeait-elle dans le Figaro. De quoi citer l’abbé Pierre dans ces colonnes : «Si nous sommes sans colère quand nous voyons les autres bafoués, exploités, humiliés, il est clair que nous ne les aimons pas.» L’argent-roi ne fait pas de sentiment… Patrick Apel-Muller Centres d’appels, la politique du pireContrôle permanent des flux, cahiers des charges ultrarestrictifs, dépersonnalisation et flicage des salariés : dans ce secteur en proie à un violent dumping social et aux délocalisations, les conditions de travail sont déplorables. C’est l’envers du décor. Celui des grands opérateurs comme France Télécom, SFR, Bouygues, Canal Plus ou EDF-GDF, qui délèguent les services clientèles ou dépannage pour tirer sur les prix. Les centres d’appels sont devenus, en quelques années, un modèle de dumping social et de déshumanisation du travail (voir notre témoignage). «Avec l’industrialisation du secteur tertiaire, on retrouve à présent dans les centres d’appels les mêmes méthodes de management que dans les usines», résume Frédéric Madelin, responsable des centres d’appels chez SUD-PTT. Et à bien y regarder, c’est presque pire que dans l’industrie d’antan, car la combinaison des outils informatiques et de la téléphonie permet à présent «un management panoptique». C’est-à-dire un contrôle total des flux, assorti d’un flicage permanent des actions des salariés. Travail à la chaîne Résultat : sur les plates-formes d’appels, des ouvriers version high-tech travaillent à la chaîne. Leurs conditions de travail sont délirantes, kafkaïennes. Casques sur les oreilles, ils doivent changer de postes tous les jours – ce que les directions appellent le «free sitting» – pour ne pas lier d’amitié avec leur voisin. À l’autre bout du fil, des «appels mystères» et des «clients cachés», qui sont autant de sources de pression. Et sur les serveurs, la durée et le nombre d’appels traités sont comptabilisés en temps réel, tandis que les communications sont parfois enregistrées, pour mesurer la performance de chacun. «Le mal-être des employés ne vient pas d’un cumul d’éléments négatifs. C’est tout un système, rationalisé à l’extrême, de taylorisation et de dépersonnalisation qui est à l’œuvre», confirme Alice Roupy, responsable des centres d’appels pour la FAPT CGT. La perte d’identité de l’opérateur est telle que l’appel du client peu atterrir, sans qu’il s’en rende compte, au Maghreb (voir encadré) ou même à la prison des femmes de Rennes, où B2S a installé un centre d’appels en 2009. Autre source de souffrance : la tension entre productivité et qualité. «Les critères à respecter sont contradictoires, entre le traitement d’un maximum d’appels et le respect d’un cahier des charges très restrictif. Il y a ainsi l’obligation de vendre à tout prix, mais dans le temps le plus court possible», souligne Xavier Hareng, responsable de la CFDT Télécom. Les agents doivent suivre des scripts très précis. Prendre des initiatives n’est pas permis : il faut rabâcher des phrases préécrites. Il est aussi interdit de dire «non» ou de raccrocher, ce qui donne un caractère parfois ubuesque aux conversations téléphoniques. La précarité de règle «Les évaluations individuelles ne portent que sur la partie formelle, c’est-à-dire la présentation ou encore le “climat de la communication”, sans prendre en compte les compétences des agents», déplore Xavier Hareng. Résultats de ces conditions de travail déplorables : des taux records de rotation du personnel, le plus souvent des jeunes travailleurs, et de très nombreux arrêts maladie. Tout les centres ne sont pas logés à la même enseigne.«Les opérateurs principaux achètent de la précarité aux sous-traitants de rang deux, comme Teleperformance, Webhelp ou B2S, et les poussent à employer des méthodes qu’eux refusent», analyse Xavier Hareng. Jusqu’à l’année dernière, France Télécom organisait même des «enchères inversées», pour casser le marché. ca «La pression sur les coûts est terrifiante, nous sommes dans un moins-disant permanent», indique Sébastien Crozier, délégué CFE-CGC-Unsa chez France Télécom. Selon lui, «à la limite, les conditions de travail seraient plus acceptables si les salaires étaient convenables». Mais c’est loin d’être le cas. «Il n’y a presque plus de centre d’appels en Île-de-France, car les rémunérations sont trop basses par rapport au coût de la vie, poursuit-il. Du coup, les centres d’appels s’implantent en région où ils bénéficient en plus du soutien de collectivités locales, comme à Niort, Amiens ou Bordeaux». Et quand cela ne suffit pas, les opérateurs franchissent la Méditerranée pour s’implanter dans les anciennes colonies francophones. «Là-bas, les salaires sont environ 30% plus bas que les salaires français indexés sur le smic», détaille Sébastien Crozier. En pointe de ce dumping social, SFR et France Télécom. «Ils profitent du fait que l’État attribue les fréquences hertziennes sans demander aucune contrepartie en termes d’emploi», conclut Sébastien Crozier. Mehdi Fikri Et pendant ce temps, au MaghrebPrès de 25 000 personnes travaillent à l’étranger pour des centres d’appels français, principalement au Maroc et en Tunisie. «Là-bas, cela va très loin dans la perte d’identité», affirme Alice Roupy, responsable des centres d’appels pour la FAPT CGT. Ainsi, de jeunes diplômés maghrébins employés par B2S ou encore Webhelp sont encouragés à utiliser un prénom français, suivant une logique raciste qui voudrait qu’il vaut mieux s’appeler Frédéric que Khader pour vendre. «Dans certains centres, les agents ont carrément l’interdiction de parler la langue du pays. Souvent, on les pousse à connaître les grandes lignes de l’actualité, voire la météo française, pour qu’ils puissent mieux leurrer le client», poursuit Alice Roupy. Témoignage centres d'appels, télévente: chronique d'un stress annoncéEn cette période où l’on parle beaucoup de souffrance au travail, je pensais bon de vous faire partager mon expérience de quatre semaines dans la télévente. Mon job : vendre des produits minceur. La population : à majorité féminine. Le décor : une grande salle, des « ruches » où les vendeuses sont groupées, souris en main et casque aux oreilles. Ce qui frappe au début, c’est le bruit. Celui du casque d’abord, sourd et constant. Celui des vendeuses, tout autour, répétant mécaniquement la même rengaine pendant des heures, avec ce même ton enjoué. Et puis sa propre voix, déformée par ce ridicule sourire figé que l’on doit afficher. Eh oui, «le sourire s’entend». Le soir à la débauche, il y a cette sensation de vide, comme si on nous avait ôté le cerveau : « C’est normal, ça fait toujours ça au début, tu t’habitueras. » Le management : au départ, il faut « monter en compétence », alors la manageuse c’est ta meilleure amie, elle est « super-cool », elle sourit tout le temps et elle trouve que tu progresses « vachement vite ». Elle dégouline d’une bienveillance feinte à coups de « t’as dégommé aujourd’hui, je suis fière de toi ». Toutes les nouvelles sont affublées d’un surnom ridicule (Chouchou, Loulou, Patoche…). Une familiarité mal placée qui s’estompe peu à peu, vite remplacée par une autre forme de management : celle de la politique du chiffre. Des quotas de vente à la journée sont vite établis, notés sur un papier que l’on doit signer. Petite baisse de régime sur le plateau ? Les managers débordent d’imagination pour nous inciter à vendre toujours plus : une roue fabriquée à la va-vite avec du vieux carton. La première qui fait une vente avec carte bancaire a le droit de tourner la roue. Les gains : un café, une surprise ou un bisou de la manageuse. Les carottes sont variées : chèques cadeaux, lapins en chocolat pour les meilleures vendeuses du samedi. Et puis il y a les primes : diverses, elles sont souvent dérisoires et difficilement accessibles. Les techniques de vente. Exemples choisis : pour mieux coincer le prospect au bout de fil, il faut s’adapter à lui et, surtout, « donner des exemples personnels ». Une femme est en forte obésité, il est de bon ton d’avoir un passé de grosse qui s’en est sortie. Une autre est malade, c’est le moment d’évoquer la ménopause compliquée de maman, la polyarthrite de mamie ou la chimiothérapie de tatie, c’est selon. Les produits en vente sont chers, les achats doivent être impulsifs. Alors on assène la cliente d’arguments, on « pète les barrages » qu’elle tente de nous opposer. Il faut la coincer, l’emmener dans « l’entonnoir de vente » quoi qu’elle fasse. Chasser de notre esprit tout ce qui pourrait mettre un frein à notre optique de vente, c’est-à-dire notre éthique, notre morale, notre humanité. Pour celles qui sont en difficulté financière, on nous a recommandé de penser : « Difficultés, c’est la banque de France, au minimum. Pour tous les autres, petites retraites, chômeurs, érémistes, on continue, on tente. » Les absences sont chroniques chez de nombreuses vendeuses. Seule façon pour elles de tenir moralement sur le long terme. Alors dans cette agence, c’est le turnover, on recrute toutes les semaines pour pallier les absences et les abandons. Beaucoup lâchent au bout de trois, quatre jours, d’autres tiennent un peu plus. Celles qui sont là depuis plusieurs années sont très rares. Alors, après une semaine de boulot, les visages sont fatigués. Le samedi matin, ça soupire, ça râle et ça boit des litres de café. Mais rassurons-nous, ce jour-là, exceptionnellement, la boîte offre les chocolatines à la pause de 11 heures. Si c’est pas de la chance, ça… Sauf que ces samedis-là nous achèvent, et que le lundi on reste chez soi, pour oublier l’horreur de cet esclavage des temps modernes. Louna (volontairement anonyme). Sourire au téléphoneSeule survivante de sa série de candidates, Louna a été embauchée dans un centre d’appels. Elle a tenu un mois. Et veut raconter un envers du décor impitoyable pour parvenir à tout prix à «faire du chiffre». Louna (*) se dit «soulagée» d’avoir traduit en mots son expérience au centre d’appels. Des mots forts, émouvants que, chez elle, une fois délivrée en buvant un café, elle tente d’expliquer calmement. L’embauche tout d’abord, via une agence d’intérim, le premier test en compagnie des autres candidates, la découverte des «marguerites» regroupant cinq opératrices, le premier entretien au cours duquel il faut commencer à avancer ses prétentions salariales, à «se vendre». Après l’écrémage d’une moitié des candidates, l’évaluation directement sur le poste d’appels. Sur les cinq arrivées, Louna est la seule survivante. Elle résistera un mois, c’est long. Il y a bien quelques anciennes, parce que l’entreprise ne peut se permettre un turnover total mais ces femmes, car la plupart des opérateurs sont des femmes, sont absentes assez souvent. C’est le seul moyen pour elles «de tenir». Il y a bien sûr les managers chargés de faire ami-ami avec tout le monde, qui s’incrustent au hasard depuis leur poste pour surveiller les appels. «Le stress est dû à la répétition, dit Louna, toujours dire la même chose, sur le même ton, être toujours énergique, souriante.» Oui, sourire au téléphone ! Le stress aussi, «si on ne fait pas le chiffre». Les résultats de chaque opératrice s’affichent en permanence sur deux tableaux. «Tu en arrives à oublier l’éthique, la morale. J’ai vendu un produit à une femme qui divorçait, n’avait manifestement pas d’argent. Quand j’ai raccroché, je me suis dit : Tu es pourrie. Ils arrivent à te changer.» La pause-café est l’un des rares moments où les opératrices peuvent dialoguer. Là, elles se racontent aussi leurs ventes : «Celle-là, j’ai réussi à la retourner.» Équipées d’un argumentaire détaillé, pour contourner les hésitations, les objections, les opératrices s’engagent dès le début de l’appel à un parcours du combattant, d’abord éviter l’homme qui répond le premier, demander la femme, ensuite «passer tous les barrages». Jusqu’au moment fatidique du prix du produit. Louna avait travaillé une première fois dans un centre d’appels, mais ce n’était pas pour vendre un produit. Ce centre a été délocalisé au Maroc… (*) Le prénom a été changé. Jacques Moran Edité par T 34 - 03 Jul 2010 à 20:52 |
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Envoyé : 04 Jul 2010 à 18:36 |
Revenu de solidarité active : qui en bénéficie vraiment ?Rappel des faits Un an après l’entrée en vigueur officielle du revenu de solidarité active (RSA), l’heure est au bilan. Présenté lors de son lancement comme la mesure antipauvreté du gouvernement, ce dispositif est loin d’avoir atteint ses objectifs. Entré en vigueur le 1er juin 2009, le RSA remplace le revenu minimum d’insertion (RMI) et l’allocation parent isolé (API) et apporte aux travailleurs les plus modestes (percevant au maximum un salaire de 1,04 Smic) un complément de revenu. Le RSA, subvention aux bas salaires ? Il est en tout cas manifeste que ce dispositif renforce l’emploi précaire, le temps partiel imposé ; à l’issue de la période d’expérimentation entamée en mai 2007, des études l’avaient déjà pointé. Le 6 juin 2009, dans nos colonnes, Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), soulignait ainsi que dans les zones de test, 11% des personnes retrouvant un emploi ne travaillent que neuf heures par semaine au maximum, contre 6% dans les zones témoins. Le dispositif est-il pervers par nature, ou souffre-t-il d’un manque d’encadrement ? L’encadrement est en fait bien réel… pour les allocataires, qui doivent se soumettre tous les trois mois à un questionnaire détaillé concernant les moindres évolutions de leurs ressources. En revanche, pour leurs employeurs, rien de contraignant n’est prévu, que ce soit sur la formation, la qualité des emplois, le nombre d’heures hebdomadaire, des contrats, etc. Cela étant, il est évident que pour nombre de salariés concernés, le RSA a apporté une amélioration immédiate, forcément appréciable, de surcroît en période de crise. Au 30 septembre 2009, le RSA chapeau, c’est-à-dire concernant les travailleurs pauvres, s’élevait à 157 euros mensuels en moyenne. Mais le RSA s’accompagne aussi, pour certains, de la perte ou de la révision à la baisse de certains droits, comme l’allocation logement. Au-delà, la question des moyens affectés aux départements pour assumer le RSA reste entière. Selon l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (Odas), les charges du RSA, pour les départements, ont augmenté de 310 millions d’euros en 2009, soit une hausse de 27%. D’après Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des départements de France (ADF), l’État devrait 8 milliards d’euros aux départements au titre du RSA pour la période 2008-2009. Laurent Etre Christian Favier « Le RSA n’a pas sorti de la précarité les personnes qui étaient au RMI »Par Christian Favier, président (PCF) du Conseil général du Val-de-Marne. Le RSA avait deux objectifs à son lancement : la réduction du nombre de pauvres et le retour à l’emploi des érémistes. Un an après, quel bilan faites-vous ? Christian Favier. C’est un échec. Nous sommes très loin des résultats qui étaient attendus. Le RSA n’a pas permis de faire reculer le chômage. Dans le Val-de-Marne, le taux de chômage est passé de 6,5% à 7,3% entre mars 2009 et mars 2010. Le nombre de salariés bénéficiant d’un complément de revenu avec le RSA est faible. Par contre, pour ce qui est du RSA socle, c’est-à-dire les anciens érémistes, on observe une progression de 4,17% dans le département. C’est-à-dire que nous comptons aujourd’hui plus de 28 400 ex-érémistes dans le Val-de-Marne. Donc, le RSA n’a pas vraiment contribué à sortir réellement les personnes qui étaient au RMI de leur situation de précarité. De plus, le montant de celui-ci est très en deçà (– 40 % ) du seuil de pauvreté tel que défini à l’échelle de l’Union européenne. Le principe du RSA n’est-il pas en lui-même contestable ? Le discours sur le retour à l’emploi, qui a accompagné son lancement, n’est-il pas stigmatisant par rapport aux ex-érémistes ? Christian Favier. Effectivement, il y avait quelque chose de désobligeant dans la présentation du RSA. Il y avait l’idée, insupportable, que les érémistes étaient finalement responsables de leur situation, qu’ils n’avaient pas vraiment envie de travailler. Mais la volonté de faire en sorte qu’une personne en situation d’emploi soit dans une meilleure situation financière que quand elle était privée de travail n’est pas contestable. Le problème du RSA, c’est qu’il manque d’encadrement dans son application. Le Val-de-Marne s’était porté candidat à l’expérimentation. Mais nous posions des conditions qui n’ont jamais été acceptées par la mission Hirsch. Ces conditions, c’était notamment qu’il y ait un engagement des employeurs, en particulier sur le nombre d’heures des contrats proposés, sur des dispositifs de formation afin d’avancer vers une logique d’emploi stable. Le RSA n’est-il pas une subvention aux bas salaires ? Christian Favier. Il est évident qu’il peut y avoir du côté d’un certain nombre d’employeurs la tentation d’utiliser le RSA pour contourner les revendications salariales et enfermer certains salariés dans des contrats précaires ou du temps partiel. Mais tous les employeurs ne réagissent pas forcément de la sorte. Je le répète : ce qui manque, c’est un encadrement du dispositif, avec un certain nombre d’obligations, en matière de formation des salariés, de tutorat, d’accompagnement vers de l’emploi stable, en CDI et correctement rémunéré. C’est une contrepartie bien naturelle quand de l’argent public est versé. Or, nous en sommes loin. Les seules contraintes, aujourd’hui, sont pour l’allocataire. Il doit notamment remplir un questionnaire inquisiteur, tellement inquisiteur que beaucoup de bénéficiaires potentiels préfèrent renoncer au RSA. Par ailleurs, ce dispositif s’accompagne aujourd’hui de la perte de certains droits, notamment l’exonération de la redevance télé et, dans certains cas, la perte de la CMU ou une augmentation de la taxe d’habitation. Le financement du RSA a été transféré aux départements. Quelles sont les conséquences concrètes ? Christian Favier. C’est un transfert de compétences qui pèse extrêmement lourd sur les budgets des départements. En effet, la compensation financière n’est pas intégrale, loin s’en faut. Pour le Val-de-Marne, en 2010, l’allocation RSA représente 178 millions d’euros. Or, la recette prévue par l’État n’est que de 130,6 millions d’euros. Donc, la charge nette pour le département s’élève à 47,3 millions d’euros. Et il faut savoir que l’écart se creuse, d’année en année. Les préfets nous disent que c’est la loi. Effectivement, la loi est bien appliquée. Les compensations que nous recevons de la part de l’État sont celles qui étaient prévues au moment du transfert du RMI en 2003. Ces compensations sont restées fixes. Or, le nombre de bénéficiaires du RSA socle ne diminue pas ! S’il y avait eu une chute brutale, nous ne serions évidemment pas dans la même situation. Avec la crise, nous sommes passés de 25 000 à plus de 28 400 ex-érémistes. Donc, nos charges ne cessent de s’alourdir. C’est pour cette raison que nous allons déposer une proposition de loi, à l’automne, pour exiger une compensation intégrale à l’euro près de ce qu’on appelle les allocations nationales de solidarité, à savoir le RSA, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH). Dans les trois cas, il s’agit d’allocations dont les montants sont fixés par l’État, ce qui est absolument normal du point de vue de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire. Le problème, c’est que ce sont les départements, et donc les contribuables locaux, qui paient et qui doivent s’ajuster aux revalorisations souhaitables de ces allocations. Quels devraient être les moyens de financement de l’ensemble des allocations de solidarité ? Christian Favier. Pour les élus communistes, il s’agit que l’État trouve de nouvelles recettes. Pour commencer, il faut supprimer le bouclier fiscal, qui a été offert par Nicolas Sarkozy aux plus riches. Au-delà, nous portons l’idée d’une taxation des placements financiers, qui s’élèvent aujourd’hui à 500 milliards d’euros. Une taxe de 0,5% permettrait déjà de dégager 25 milliards d’euros. Or, actuellement, le déficit des départements sur l’ensemble des allocations nationales de solidarité représente 5,5 milliards d’euros au plan national. Le problème du RSA est-il simplement un problème de financement ? Christian Favier. Non. La loi créant le RSA, mise en place dans des délais beaucoup trop courts, a modifié quelque chose de très important : désormais, le fait de se trouver dans une situation de précarité n’emporte pas automatiquement le bénéfice d’un dispositif de solidarité. Celui-ci peut être soumis à des conditions de ressources incluant la mise à contribution de dispositifs d’épargne de précaution ou des revenus exceptionnels générés par la mise en situation de précarité. Par ailleurs, le travail d’insertion professionnelle ne relève plus des départements mais de Pôle emploi. Or, Pôle emploi, avec la fusion Assedic-Anpe et les réductions d’effectifs qui l’ont accompagnée, s’est retrouvé dans une situation extrêmement difficile. Par conséquent, il ne peut y avoir d’accompagnement de qualité des allocataires du RSA. L’autre aspect du problème, c’est que le RSA est versé par l’intermédiaire des CAF. Or, les CAF subissent le même processus de désorganisation, de coupes budgétaires, de réduction de personnel. Du coup, elles sont dans l’incapacité de justifier les appels de fonds qu’elles adressent aux départements. Il y a clairement un problème de suivi, qui a aussi des répercussions sur les budgets des départements. Chaque mois, la CAF du Val-de-Marne nous demande en moyenne 13 millions d’euros pour le RSA. Mais elle ne sait pas nous dire si cela correspond effectivement aux besoins. Dès lors, comment planifier le budget ? Comment savoir si l’on ne va pas exiger brutalement une somme plus importante que le mois précédent ? Le lancement du RSA témoignait d’un volontarisme de la part de Martin Hirsch, mais derrière, rien n’a suivi. Cette situation exige aujourd’hui des dispositions rétablissant et garantissant pour les départements leurs capacités à être les boucliers sociaux dont ont besoin les populations. Entretien réalisé par L. E. |
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Patria socialismo o muerte
Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, le Vénézuela, la Bolivie, etc |
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Vladimir
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Envoyé : 06 Jul 2010 à 22:55 |
Artus mieux que le NPA: 20% d'augmentation pour tous!Emmanuel Lévy- Marianne | Mardi 6 Juillet 2010 à
17:01 |
Le chef économiste de Natixis aurait-il pris sa carte au Parti de gauche? Dans une récente publication, Patrick Artus, aimable régulationniste, appelle les Etats à imposer une hausse autoritaire de 20% des salaires dans la zone euro. Il leur prescrit d'obliger la BCE à laisser l’euro se déprécier de 20%...Hétérodoxe.
Capture d'écran Daylimotion (conférence du Codice)
On se frotterait presque les
yeux à la lecture de la note datée du
1er juillet ciglée Natixis et signée de la main de Patrick Artus.
Celle-ci, publiée à la veille de la rencontre annuelle du Cercle des
économistes à Aix-en-Provence, ou ce professeur à l’X (l’une de ses
multiples casquettes) a son rond de serviette, se voulait-elle une
pierre dans le jardin de cette réunion d’ordinaire bien consensuelle ? Certes, cela fait maintenant quelques temps que
Patrick Artus insiste sur la nécessaire hausse des salaires (1) couplée
par ailleurs à une hausse des
prélèvements sur le capital. Mais de là à exiger 20 % tout de suite
et sans discussion, il y avait un pas qu’il a franchi. Tout en se
gardant bien de ne pas trop s’impliquer dans son propos : « Comment
éviter l’étouffement de la zone euro par la dette (publique et privée) :
une proposition non-orthodoxe (et qui n’a aucune chance d’être
acceptée) », tel est le titre de la note. Pourtant, la hausse de 20% des salaires accompagnée
de la baisse de 20% de la parité de l’euro aurait de nombreuses vertus :
« maintien de la compétitivité-prix, réduction des taux
d’endettement avec les taux d’intérêt réels négatifs, relance de la
demande et de l’investissement. » Que demande le peuple ? A
l’inverse, si rien n’est fait, tel que les choses sont en place, il y a
un important risque d’étouffement de la zone euro par l’endettement. Comme Patrick Artus n’a rien d’un
révolutionnaire, se pose alors la question du sens de cette publication.
« Ce mec est socialement intelligent et son truc est très bien
perçu par le monde corporate qui souhaite un retour au compromis
fordiste », explique un connaisseur du bonhomme. Traduction : dans
nombre d’entreprises, et même au sein de certains top management, la
crise a laissé des traces : l’éloge sans fin de la mondialisation
heureuse a sans doute montré ses limites. L’Europe
reste, en effet, la zone la plus importante en termes de pouvoir
d’achat. En moyenne, ses 500 millions d’habitants disposent d’un revenu
17 fois important qu’un Chinois. Et ce demi-milliard d’habitants
constitue pour les principales entreprises de la zone leur marché
domestique, leur débouché naturel. La paupérisation de leurs salariés
considérée comme un facteur secondaire quasi dans l’ordre des choses
s’est petit à petit traduit par l’affaiblissement de la demande la plus
solvable pour leurs produits. Exactement le contraire de ce qu’avait
formalisé Ford : l’augmentation du pouvoir d'achat des ouvriers pour
stimuler la demande de biens et in fine la consommation. Si même des orthodoxes comme Patrick
Artus commencent se risquent à des papiers pro-fordistes, c’est que le
vent est peut-être en train de tourner. (1) : Pourquoi il faut
partager les revenus Le seul antidote à
l'appauvrissement collectif Edité par Vladimir - 06 Jul 2010 à 22:56 |
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Évoque l’ombre des Gracchus, Des Publicola, des Brutus, Qu’ils te servent d’enceinte ! |
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T 34
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Envoyé : 06 Jul 2010 à 23:32 |
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T 34
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Envoyé : 07 Jul 2010 à 21:13 |
Un budget qui taille dans les dépenses socialesPendant les « affaires », le gouvernement présente la facture aux plus pauvres et aux salariés. Et épargne les grandes fortunes. «La France n’a jamais accompli un effort aussi considérable !» Avant même la présentation des orientations budgétaires devant l’Assemblée nationale, François Baroin a livré le projet gouvernemental au quotidien les Échos. Pour parvenir à ramener le déficit public de 8% à 6% l’an prochain, le ministre du Budget a une recette simple : tailler dans les dépenses sociales comme l’aide au logement, l’emploi de salariés à domicile ou l’allocation adulte handicapé. L’ensemble des mesures annoncées va frapper les ménages les plus pauvres et les salariés. Y compris, quand il est question de «raboter» ces fameuses «niches fiscales» dont le coût est estimé au total à 74,8 milliards d’euros. Ceux qui pensaient qu’on allait revenir sur le bouclier fiscal (700 millions d’euros), sur la suppression de la taxe professionnelle (12 milliards d’euros), sur les baisses de la TVA consenties à l’hôtellerie (3 milliards d’euros), sur le crédit impôt recherche (4 milliards d’euros) ou, dans un autre registre, sur les exonérations de cotisations des entreprises (30 milliards d’euros) auront eu tout faux. «Je suis prête à me battre pour défendre le crédit impôt recherche», a prévenu Christine Lagarde, lundi. La ministre de l’Économie estime que cette niche «a démontré toute son efficacité», contrairement à la Cour des comptes qui a montré que la déduction d’une part des investissements de recherche sur les impôts des sociétés profitait essentiellement aux établissements financiers et aux banques, sans effet évident sur le développement de la recherche. Plus généralement, la ministre de l’Économie avait annoncé : «Je veillerai à préserver les instruments de notre politique de soutien à l’emploi», c’est-à-dire de soutien à la rentabilité des grandes entreprises. Elle aura été entendue. Où le gouvernement espère-t-il alors dénicher les «40 milliards d’euros qu’il faut trouver» entre 2010 et 2011 ? D’abord, répond François Baroin, dans la réforme des retraites, sans laquelle «il est totalement illusoire de penser que l’on pourra redresser nos finances publiques». On sait l’objectif du gouvernement de relancer la Révision générale des politiques publiques, qui vise à supprimer chaque année 30 000 postes de fonctionnaires (enseignants, infirmiers et soignants des hôpitaux, agents des collectivités locales...) et de geler les salaires de l’ensemble des fonctionnaires, en tout cas pour 2011. Nicolas Sarkozy avait annoncé une diminution de 10% des interventions de l’État. Les «lettres de cadrage» du premier ministre viennent de confirmer l’objectif. Mais si on ne touchera pas aux budgets de la Défense, du ministère de l’Intérieur et de celui de la Recherche, l’aide au logement, les services à domicile et l’emploi sont particulièrement visés. Ainsi, François Fillon ampute la politique du logement de plus d’un milliard d’euros, avec comme mesure emblématique la fin du cumul entre l’aide personnalisée au logement (APL), versée pour le logement étudiant, et la demi-part fiscale par enfant à charge. 700 000 étudiants sont concernés et beaucoup risquent de devoir abandonner leurs études. Le gouvernement rabote sur le nombre d’emplois aidés, qui passerait de 400 000 à 340 000. Concernant les aides pour l’emploi des personnes à domicile, il veut supprimer l’abattement de 15% sur les charges sociales quand le salarié est déclaré au salaire réel, le statut le plus protecteur. Et pour faire bonne mesure, alors que les associations étaient vent debout contre la hausse limitée à 4,5% de l’allocation aux adultes handicapés, le gouvernement la ramène à 3%. Jusqu’où ira-t-il pour préserver les grandes fortunes ? Olivier Mayer Le gouvernement se trompe de ciblePlutôt qu’une politique de rigueur frappant les plus démunis, il faut s’attaquer aux marchés financiers et à la fraude fiscale, et revaloriser le travail. «Votre cible n’est pas la bonne !» a lancé le député communiste Jean-Claude Sandrier au ministre du Budget lors du débat à l’Assemblée nationale. Selon lui, ce n’est pas en s’attaquant aux plus pauvres, aux salariés en général, aux collectivités locales et aux associations que le gouvernement résoudra le déséquilibre dans les comptes de l’État. Tout le monde convient que la première cause des déséquilibres budgétaires, c’est la crise économique provoquée par l’explosion de la bulle financière. «Il faut arrêter cette déréglementation et cette concurrence qui tourne au délire», affirment des économistes comme Bernard Stiglitz et Patrick Artus. Il faut s’en prendre aux marchés financiers et à leur mainmise sur l’économie. Il y a dix ans, montre le député communiste, les 500 plus grosses fortunes françaises représentaient 6% du PIB. Aujourd’hui, c’est 14%. «Il y a trente ans, poursuit-il, les revenus des grands patrons étaient au maximum de 40 fois le smic, ils sont aujourd’hui de 500 fois le smic.» Selon la CGT finances, entre 2004 et 2007, les revenus du patrimoine ont augmenté de 46%, les revenus exceptionnels comme les plus-values et les levées d’options de plus de 55%, tandis que les revenus du travail n’ont augmenté que de 11%. La part des salaires dans la valeur ajoutée des sociétés a perdu 10% depuis 1980. C’est ce déséquilibre qui met le pays en crise. «Ce à quoi il faut s’attaquer, ce sont les gaspillages privés, la spéculation, les privilèges d’une caste et non la dépense publique utile aux Français», affirme Jean-Claude Sandrier. En dix ans, les recettes de l’État ont reculé de 80 milliards d’euros, soit 4,2 points de PIB, pour l’essentiel grâce aux cadeaux consentis aux plus fortunés. Mais aussi à la fraude et à l’évasion fiscales, estimées entre 30 et 50 milliards par an, soit 10% de l’ensemble des recettes fiscales. Mais la Direction nationale des vérifications de situations fiscales, chargée des contribuables ayant des revenus importants et des dossiers complexes, compte moins de 100 vérificateurs. Une affaire d’économies ? O. M. Edité par T 34 - 07 Jul 2010 à 21:15 |
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Envoyé : 08 Jul 2010 à 19:48 |
Près de 4 millions de salariés privés de droit syndicalLe projet de loi sur le dialogue social dans les très petites entreprises est arrivé en débat à l’Assemblée nationale hier, amputé de son article 6 qui instituait un droit de représentation syndicale par la création de commissions paritaires. C’est un feuilleton parlementaire de plus pour Éric Woerth. Le ministre du Travail a dû se résoudre à présenter hier soir un amendement contre une décision de son camp, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur le dialogue social dans les très petites entreprises (TPE) à l’Assemblée nationale. Non que les désaccords soient si importants entre le gouvernement et sa majorité parlementaire, mais à l’heure où l’UMP serre les rangs pour sauver le poste du ministre en chef sur la réforme des retraites, il apparaît de mauvais goût de se diviser sur l’opportunité d’offrir aux salariés de TPE le droit à une représentation syndicale. Réparer une injustice Ce projet de loi est en fait un complément législatif à la loi du 20 août 2008, qui a profondément modifié les règles du dialogue social et de la représentativité syndicale, dorénavant fondée sur le vote des salariés. Pour les TPE, la loi du 20 août établit deux objectifs, liés entre eux : «renforcer l’effectivité de la représentation collective» des personnels et leur permettre de participer au vote de représentativité syndicale. Voilà qui promettait de réparer une injustice puisqu’en France, les entreprises de moins de 11 salariés n’ont aucune obligation légale de mettre en place des institutions représentatives du personnel, élection de délégués du personnel ou mise en place d’un comité d’entreprise. Plus de 4 millions de salariés, soit un quart de la population active, sont, de fait, privé de droit syndical dans leur entreprise et n’ont jamais l’occasion de participer à une élection professionnelle. Qu’à cela ne tienne ! Les deux principales organisations patronales, le Medef et la Confédération générale des petites entreprise (CGPME), ont mené un lobbying d’enfer pour interdire aux syndicats de pousser la porte des petites entreprises. Avec des arguments dignes d’un antisyndicalisme primaire. Alors que 80% des contentieux prud’homaux concernent les TPE, Stéphan Brousse, président du comité TPE-PME du Medef, veut croire « u’il n’existe pas de problème de dialogue social entre les salariés et les employeurs dans les très petites entreprises. Pourquoi vouloir rajouter des contraintes et de la bureaucratie ?» ose-t-il questionner. Quant à la CGPME, son président, Jean-François Roubaud, s’effraie de «voir s’immiscer au sein des TPE des personnes extérieures à l’entreprise» et considère que «là où règnent la franchise et le dialogue direct, on va introduire la suspicion et la bureaucratie». En commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, ces organisations patronales ont fait ami-ami avec l’UMP au point que la majorité présidentielle, emmenée par son chef de file, Jean-François Copé, s’est autorisé à supprimer l’article 6 du projet de loi instituant la mise en place de commissions paritaires territoriales. Le Sénat avait déjà passablement raboté cette mesure en la rendant facultative, ce qui, selon Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, «constituait d’ores et déjà un scandale car cela signifiait que la liberté syndicale, droit fondamental censé constituer une contrepartie au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre de l’employeur, ne pouvait s’exercer qu’avec l’accord… de l’employeur». L’esprit de la loi Les députés communistes et socialistes ont donc, chacun de leur côté, redéposé des amendements pour tenter de réintroduire dans le texte un droit de négociation sociale pour les salariés des très petites entreprises. «Nous avons proposé de réintégrer l’article 6, avec des dispositions renforcées, notamment pour rendre obligatoire la création de commissions paritaires et favoriser leur implantation à tous les niveaux, local, départemental, régional et national», explique Roland Muzeau. De son côté, pour ne pas perdre la face et tenter de respecter l’esprit de la loi d’août 2008, Éric Woerth a présenté un amendement du gouvernement vidant encore un peu plus de leur contenu les commissions paritaires. Elles ne seraient plus chargées du «suivi de l’application des accords collectifs» mais n’auraient qu’une fonction de conseil. Même «light», il n’est pas sûr que l’article soit rétabli. Pas sûr en fait que le gouvernement en ait réellement envie. Selon Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy a fait savoir que «c’est à l’Assemblée de trancher la question». Le président du groupe UMP a pris ce message comme un feu vert pour continuer alors d’affirmer qu’il voterait contre cette disposition si elle était réintroduite dans le texte. Paule Masson Edité par T 34 - 14 Jul 2010 à 22:18 |
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Envoyé : 14 Jul 2010 à 22:17 |
Les horaires atypiques minent la santéLe travail de nuit, qui concerne 20 % des salariés et qui continue de progresser en France, réduit l’espérance de vie. Des scientifiques préconisent un départ anticipé en retraite. Selon la dernière enquête officielle sur les conditions de travail (Sumer), quelque 2,5 millions de salariés sont soumis à des horaires alternants : 1 million de salariés (6%) travaillant en poste, avec un horaire variable d’un jour à l’autre, et 1,5 million (8,7%) en équipe fixe. Le travail de nuit touche 20% des salariés, et «tend à progresser en France», notamment chez les femmes, constate le Conseil économique et social dans un récent «avis». Comme les contraintes physiques (port de charges lourdes, postures pénibles, etc.), de rythme (travail à la chaîne) ou encore l’exposition à des produits toxiques, les horaires atypiques ont réduit l’espérance de vie. Outre des troubles du sommeil et nutritionnels, le travail de nuit ou posté entraîne des risques cardio-vasculaires et une usure prématurée. S’il n’est pas possible de fixer, pour l’ensemble des pénibilités reconnues, «de manière scientifique indiscutable», des niveaux ou durées d’exposition pouvant être considérés comme des seuils de risque, le professeur Gérard Lasfargues, auteur avec Yves Struillou de deux rapports de référence sur le sujet, n’en juge pas moins «justifié» de mettre en place un dispositif de bonification de durée d’assurance pour la retraite ou de cessation anticipée d’activité pour les travailleurs qui y sont soumis. S’appuyant sur les critères retenus dans certains secteurs qui accordent d’ores et déjà une cessation anticipée (15 ans de nuit ou en horaire alternant avec au moins 200 nuits par an), il recommande «de fixer par la négociation des durées d’exposition ouvrant droit» à des compensations pour la retraite. Soit, exactement, ce que revendiquent les syndicats et les partis de gauche, ce que suggère aussi le Conseil économique et social, en affirmant «la nécessaire prise en compte de la pénibilité du travail de nuit dans le droit à la retraite». Et pourtant ce que rejette le projet de loi gouvernemental, qui se limite à prévoir un départ anticipé pour les seules victimes de pénibilité physique atteintes de 20% d’incapacité, soit 10 000 personnes. Yves Housson |
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Envoyé : 15 Jul 2010 à 17:37 |
501 jours d’occupation et la victoire au boutLa lutte des 45 salariés de l’UNM permet à la réparation navale lourde, enterrée par la droite, de redémarrer sur le port de Marseille-Fos. L’emploi est sauvegardé. Marseille (Bouches-du-Rhône), envoyé spécial. Un émule marseillais de Christian Estrosi, fantomatique ministre de l’Industrie dans cette affaire, avait espéré qu’avec la liquidation judiciaire de l’union navale Marseille (UNM) «la racaille CGT (sic) serait éradiquée sur le port de Marseille». Cinq cent un jour après, c’est fièrement que, par cette chaude après-midi du 13 juillet, les salariés de l’UNM, bientôt rebaptisé CNM (Chantiers navals de Marseille) ont effectué une rentrée victorieuse dans ce qui est plus que jamais leur entreprise. «Vous êtes l’honneur du monde du travail !» leur a lancé Marc Bastide, responsable de la fédération CGT de la métallurgie. Ils ont d’ailleurs été accueillis par une haie d’honneur formée par des délégations CGT et leurs drapeaux venus de tout le département. À leur tour vêtus de tee-shirts blanc et rouge siglés d’un «la Navale vivra à Marseille», ils se sont alignés dans le grand hangar surchauffé de feu l’UNM pour applaudir et remercier tous ceux qui les avaient soutenus et aidés, notamment les élus et militants communistes. Un fort et beau moment de fraternité. Un autre moment de grande émotion a parcouru le rassemblement lorsque Noël Kouici, le jeune secrétaire de la section CGT, a dit qu’il allait «retrouver le goût du bifteck avec ses enfants». Car, durant ces quelque douze mille heures d’occupation, jour et nuit, sur un quai désertique du port, il y eut des instants particulièrement rudes, des petits matins «où on se demande vraiment pourquoi on continue», comme le raconte Olivier. «Si nous avons tenu pendant 501 jours, c’est grâce à la solidarité et à la force de nos propositions», estime Noël Kouici. Propositions qui se concrétiseront le 19 juillet, avec la remise des clés par les autorités du port au repreneur de l’UNM, le chantier naval San Giorgio de Gênes. «C’est le combat victorieux de ceux qui, dès le premier jour, ont préféré le travail à l’enveloppe», résume Patrick Castello, le populaire secrétaire général CGT de la réparation navale. La victoire est cependant, pour lui, teintée d’un peu d’amertume, car, précise-t-il, «2 des 45 salariés ne seront pas repris». Il n’en reste pas moins que, globalement, l’emploi est sauvegardé. Et, surtout, la Navale, que la droite locale et les milieux financiers avaient déjà enterrée vivante, est relancée à Marseille. Mireille Chessa, secrétaire départementale de la CGT, ne s’y trompe d’ailleurs pas en estimant que «le courage et la ténacité» des gars de l’UNM permettent d’envoyer ce «message d’espoir» aux travailleurs : « Même avec un gouvernement et un patronat comme on les connaît en France, il est possible d’inverser les choix économiques et sociaux.» Philippe Jérôme France Télécom assume enfin...Le directeur général a classé le suicide d’un salarié en accident du travail. Il aura fallu près de 35 suicides entre 2008 et 2009, et 17 depuis début 2010, pour que la direction de France Télécom consente à faire un geste fort. Mardi, le nouveau directeur général, Stéphane Richard, a pris la décision symbolique de classer le suicide d’un salarié en accident du travail. Le 13 juillet 2009, cet employé marseillais s’était donné la mort, en laissant une lettre accusant un «management par la terreur». Ce décès avait marqué le début de la crise qui s’était soldée par la mise au placard de l’ex-PDG, Didier Lombard, devenu président non exécutif. Malgré les avis défavorables de l’inspection générale des affaires sociales (Igas) et d’une commission paritaire interne, qui ont estimé qu’il n’y avait pas de lien entre le décès et l’entreprise, «Stéphane Richard a décidé d’assumer le devoir de mémoire et d’assistance du groupe vis-à-vis du disparu», a expliqué un porte-parole de la direction. En coulisse, le nouveau directeur général a dû batailler ferme. Car pour les fonctionnaires, la décision de classer un suicide en accident de service doit être paraphée par l’autorité de tutelle, en l’occurrence le président du conseil d’administration. Qui n’est autre que Didier Lombard. En pratique, le salarié n’ayant ni conjoint, ni enfant, le groupe n’aura à verser aucune pension. «C’est avant tout un geste en direction des autres salariés», estime Sébastien Crozier, de la CGC-Unsa. D’autres actions sont en cours. «Stéphane Richard a notamment déclaré qu’il allait faire cesser la censure exercée par France Télécom contre l’Observatoire du stress et des mobilités forcés», indique Sébastien Crozier. Jusqu’ici, les salariés du groupe ne pouvaient pas accéder depuis leur poste de travail au site Internet de cet organisme, créé par SUD et la CGC-Unsa. Mehdi Fikri |
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Envoyé : 16 Jul 2010 à 22:19 |
Quelles mesures pour combattre les fraudes fiscales ?Un filet qui retient les petits poissons et laisse filer les gros, voilà le système fiscal français. Au-delà de l’imbroglio médiatico-judiciaire, l’affaire Bettencourt-Woerth a révélé cette injustice : pour un patrimoine estimé à 17 milliards, et des dividendes compris entre 200 et 300 millions d’euros annuels, l’héritière de L’Oréal ne paie que 40 millions d’euros d’impôts, soit 0,17% de son capital. Et un chèque de 30 millions d’euros en 2008, au titre du bouclier fiscal. Qui dit mieux ? «L’administration fiscale a été conçue en priorité pour contrôler les salariés, les retraités», explique Michel Fontaine, fiscaliste et membre de la commission exécutive de la fédération des finances CGT. Pour les «petits contribuables», le contrôle «de masse, dont la déclaration préremplie est le dernier avatar, suffit», rapporte un fonctionnaire. Mais selon Michel Fontaine, il existe «un “défaut structurel” qui fait que les entreprises et les patrimoines importants sont moins contrôlés». Seulement 4000 examens de situation fiscale par an Il y a «deux types de contrôle», nous rappelait récemment Vincent Drezet, secrétaire général du Syndicat national unifié des impôts (lire notre édition du 3 juillet). Sur pièces, l’administration vérifie «la cohérence entre les déclarations déposées par les contribuables et les documents qu’elle a à sa disposition». Sur place, «on vérifie toutes les pièces de la comptabilité de l’entreprise, dans ses propres locaux», explique Michel Fontaine. Bien entendu, le premier est privilégié, car moins coûteux en temps et en personnel. Révision générale des politiques publiques (RGPP) égale moins de personnel (lire ci-dessous) et moins de temps pour vérifier les dossiers. Pour l’examen de situation fiscale personnelle, déclenché «lorsqu’il y a soupçon d’irrégularité», avec vérification des comptes bancaires personnels, c’est pire. Il est décidé par l’inspecteur lorsque «la vérification de (la) seule activité professionnelle ne lui permet pas de cerner et d’expliquer complètement (la) situation fiscale», explique l’avocat fiscaliste Serge Luciani. Mais cette procédure reste marginale : Vincent Drezet la chiffre à seulement «4 000» par an. «Pour vous donner une idée, pour contrôler tous les assujettis à l’ISF, il nous faudrait 141 années», ironisait-il dans le Monde du 12 juillet. Mauvais outils et chausses-trappes Surtout, face à ces «grands contribuables», les syndicalistes s’estiment «mal outillés sur le plan juridique». Un contrôle externe, censé vérifier point par point l’intégralité des comptes d’une entreprise est «très procédurier», selon Michel Fontaine. Quant aux personnes physiques, elles sont «conseillées par des fiscalistes très pointus, de sorte qu’avant d’en arriver à les contrôler, on multiplie les chausse-trappes pour l’inspecteur». Conclusion : «L’administration fiscale est empêchée, légalement, de travailler efficacement.» Il suffit d’user des facilités mises en place par la droite. Un exemple, cité par Michel Fontaine : le crédit d’impôt recherche (CIR), «devenu invérifiable. La dérive du coût est estimée à 5,8 milliards d’euros en 2010». À tel point que le Conseil des prélèvements obligatoires, qui dépend de la Cour des comptes, écrit que le CIR est «une baisse déguisée du taux d’impôt sur les sociétés» ! Dernier écueil : la pénalisation de la fraude fiscale. Car en la matière, la justice ne peut pas s’autosaisir. «La pénalisation est inscrite dans le Code général des impôts et pas dans le Code de procédure pénale», déplore Michel Fontaine. C’est donc l’administration fiscale qui transmet les dossiers à la justice. «Très peu», soupire-t-il. La Commission des infractions fiscales, qui traite ces dossiers, n’est «dimensionnée» que pour en vérifier 900 à 1 000 par an. Dur aux faibles et doux aux puissants. Au-delà des collusions entre pouvoir et argent révélées par l’affaire Woerth-Bettencourt, c’est un « défaut structurel » dans le système fiscal qui permet aux riches de fuir la solidarité nationale, que les syndicats dénoncent. Arnaud Montebourg : « Une fiscalité complaisante pour les riches contribuables »Arnaud Montebourg, député (PS), président du conseil général de Saône-et-Loire, donne son opinion sur la politique fiscale. La justice fiscale est aujourd’hui au cœur du débat politique. Quel est votre regard sur la politique fiscale du gouvernement ? Arnaud Montebourg. C’est une politique de favoritisme pour les hauts patrimoines et les très grandes fortunes. Dans une période où l’effort collectif pour désendetter le pays, reconstruire un bon niveau de services publics, financer sur le long terme, où notre solidarité nationale est nécessaire, les choix du gouvernement de baisse d’impôts pour ses clientèles électorales (les restaurateurs, les bénéficiaires du bouclier fiscal) sont une atteinte à l’égalité de traitement des contribuables. Pendant que le ministre du Budget fait un chèque de 30 millions à celle qui dispose d’un patrimoine de 17 milliards, le même ministre demande des efforts supplémentaires aux gens ordinaires. Le dossier des retraites en est un exemple. Celui des départements mis en difficulté par l’État en est un autre, tout aussi significatif. Les départements sont obligés d’augmenter les impôts locaux pour financer les allocations universelles nationales que l’État ne veut pas payer. Donnez-moi les 30 millions qu’on ristourne à Mme Bettencourt et je soulagerai la peine des contribuables de mon département de Saône-et-Loire. Pourquoi tant de contribuables fortunés passent-ils au travers des mailles des contrôles fiscaux ? Arnaud Montebourg. Le système de contrôle fiscal est impitoyable pour l’homme de la rue, mais d’une complaisance inacceptable pour les très riches contribuables. Ainsi, là où le président Obama a criminalisé les instruments de lutte contre la fraude fiscale dans les paradis fiscaux, le pouvoir actuel dépénalise le droit fiscal. Pire, l’affaire Woerth a mis à nu un système d’échange de services entre les très grandes fortunes françaises et le pouvoir actuel : usage de sociétés écran et de paradis fiscaux, inertie de l’administration fiscale, appartenance au Premier Cercle des grandes fortunes qui financent l’UMP. Le rapport de l’inspection générale des finances vient d’ailleurs de montrer que la cellule fiscale du cabinet du ministre du Budget, Éric Woerth, avait eu entre les mains 6 000 dossiers individuels. La droite reconstitue les privilèges dans une période où il serait nécessaire d’en appeler au civisme fiscal pour désendetter le pays. Quelles sont vos propositions pour une plus grande justice fiscale ? Arnaud Montebourg. L’existence même des paradis fiscaux doit être posée. Ils font perdre au budget de l’État entre 40 et 50 milliards chaque année, soit l’équivalent de ce que l’État a perdu comme recettes dans la crise. Ces territoires ont fait perdre par la pression de leur moins-disant fiscal 15 points en moyenne de fiscalité sur les revenus du capital, conduisant les États à reporter leurs prélèvements sur les revenus du travail. L’inversion de cette tendance passe forcément par la fermeture des paradis fiscaux. Rétablir l’équilibre entre ménages et entreprises, entre revenus du capital et du travail, entre prélèvements sur la finance et sur l’économie réelle est le deuxième objectif politique. La remise à plat de tout notre système fiscal s’impose en raison de la nouvelle donne que constituent la dette publique et l’abus des privilèges fiscaux dans la dernière période. Un vaste compromis politique sur le redressement du pays et sur la façon de le financer devra être noué avec toutes les forces en présence. Entretien réalisé par Max Staat Chez Technicolor, la grève est mise sur « pause »Après quatre semaines, les grévistes de Grass Valley ont cessé leur mouvement le temps des vacances. Pour mieux le reprendre à la rentrée, assurent les syndicats. Hier, une assemblée générale tendue avait lieu sur le site de Grass Valley à Rennes. «Nos collègues sont très mécontents contre nous. On a fait ce qu’on a pu, mais nous n’avons pas réussi à obtenir les indemnités de licenciement qu’ils demandent», déplore Jean-Pierre Ottavi, délégué CFDT. Les salariés exigent 45 000 euros chacun, plus un mois de salaire brut par année d’ancienneté. De son côté, la direction propose deux options : soit une prime à l’ancienneté qui s’échelonnerait entre 20 000 euros et 45 000 euros, soit une prime liée à l’âge qui irait jusqu’à six mois de salaire brut, plus l’indemnité légale. Le bras de fer est loin d’être fini, car l’avis du comité central d’entreprise (CCE) a été reporté à la semaine prochaine, la direction de Technicolor n’ayant pas fourni les documents nécessaires. La grève, qui dure depuis un mois, a été interrompue hier, le temps des vacances. «Vu le comportement de Technicolor, elle reprendra encore plus violemment à la rentrée», assure Jean-Pierre Ottavi, qui dénonce une direction qui ne lâche rien, fermement décidée à liquider Grass Valley, sa filiale spécialisée dans l’équipement de studios de télévision, le matériel de diffusion et de transmission d’images. Depuis plusieurs mois, Technicolor déroule implacablement son plan. Première étape : faire subir une sévère cure d’amaigrissement à Grass Valley, qui compte 900 employés en France. Près de 329 suppressions de postes, pour la plupart sur le site de Rennes, mais aussi à Brest et à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Deuxième étape : tronçonner Grass Valley en trois activités séparées, pour mieux les vendre à la découpe. Les projets de cession des trois entités sont déjà en cours dans les autres pays (États-Unis, Japon, Allemagne et Pays-Bas). La direction met en avant des pertes de 87 millions d’euros en 2009. «Son objectif n’est pas financier, il est stratégique. La direction veut restructurer à tout prix le groupe», assure Jean-Pierre Ottavi. «Toutes nos propositions ont été refusées, poursuit le cédétiste. Dans un premier temps, le CCE a mis sur la table un plan économique alternatif comprenant le maintien de l’usine rennaise, pour un coût de 2,2 millions d’euros, contre 8,5 millions d’euros pour la restructuration. Mais la direction a refusé. Ensuite, nous avons proposé de plafonner les indemnités de licenciement des cadres dirigeants à 120 000 euros, toujours afin d’économiser et de sauver Grass Valley. Mais la direction a encore refusé.» Mehdi Fikri Le groupe Total entame un bras de fer judiciaireLe pétrolier a lancé deux procédures : un pourvoi en cassation contre le jugement qui le force à rouvrir la raffinerie des Flandres et une assignation des syndicats devant le TGI de Nanterre pour statuer sur le fond. Condamné à redémarrer bientôt sa raffinerie des Flandres, sous astreinte de 100 000 euros par jour de retard, Total a décidé de contre-attaquer. Les manœuvres sont complexes mais l’objectif est simple : trouver, coûte que coûte, un juge qui valide la procédure de fermeture de la raffinerie. Le 22 avril, Total avait été condamné une première fois pour délit d’entrave. Ce jugement a ensuite été confirmé il y a deux semaines, par la cour d’appel de Douai, qui a considéré qu’il y avait bien un «trouble manifestement illicite». Une bataille d’interprétation «Total a procédé en septembre à une fermeture provisoire de la raffinerie sans consulter le CCE (comité central d’entreprise). La fermeture provisoire est devenue définitive et Total a ouvert la consultation alors que la décision était déjà prise, ce qui est illicite. La cour a donc ordonné la remise en état des installations», explique Roger Koskas, l’avocat des salariés. Pour les syndicats, c’est un «jugement historique». Mais, Total a une tout autre lecture du verdict. Dans un communiqué, la direction estime que «l’achèvement de la procédure d’information-consultation autorise Total à procéder à l’arrêt définitif des opérations de raffinage à Dunkerque. Ceci n’est pas remis en question par la décision de la cour d’appel de Douai. Cependant, dans la même décision, la cour d’appel enjoint de façon contradictoire à Total de reprendre ses activités de raffinage sur le site de Flandres». Autrement dit, pour la multinationale, le tribunal aurait ordonné la réouverture, sans pour autant invalider la procédure qui permet la fermeture. Le groupe pétrolier veut donc contester le jugement de la cour d’appel de Douai devant la Cour de cassation. En parallèle, l’entreprise a assigné les syndicats devant une instance supérieure, le tribunal de grande instance de Nanterre. «Nous voulons que le TGI statue sur le fond du dossier», explique un porte-parole de la direction. Le groupe souhaite notamment faire constater que la procédure a été «menée à son terme» et que les «instances représentatives du personnel ont pu exercer l’ensemble des prérogatives qui leur sont dévolues». Le groupe est au pied du mur «D’une part, l’arrêt de la cour d’appel de Douai n’est absolument pas contradictoire, estime maître Koskas. Le juge, en ordonnant la remise en état de l’activité, n’avait pas à statuer sur la procédure en elle-même. D’autre part, en allant devant le TGI de Nanterre pour faire valider cette procédure, Total reconnaît implicitement qu’elle n’avait pas été validée par le tribunal de Douai.» Pour Éric Sellini, délégué central CGT, «Total joue sur les mots et va chercher par tous les moyens à faire valider la procédure par un juge.» «Le groupe est au pied du mur et va bien être obligé d’appliquer le jugement de la cour d’appel», estime Philippe Wullens, secrétaire SUD du comité d’entreprise de la raffinerie des Flandres. L’autre option serait de négocier avec les syndicats, en attendant l’audience au TGI de Nanterre, qui aura lieu le 17 septembre. Mehdi Fikri Total. La crise du raffinagePour justifier sa volonté de fermer la raffinerie des Flandres, Total souligne « de fortes réductions des consommations de produits pétroliers en France, en Europe et aux États-Unis ». Le groupe pétrolier oublie de préciser que la crise actuelle est aussi le résultat d’une stratégie à courte vue. Total est déficitaire en diesel et sa production n’est donc pas adaptée au parc automobile français, faute d’avoir réalisé les investissements nécessaires. Edité par T 34 - 16 Jul 2010 à 22:50 |
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Envoyé : 19 Jul 2010 à 20:34 |
La potion à dividendes de L’OréalMalgré des résultats en baisse, la multinationale augmente ses versements aux actionnaires. L’an dernier, les ventes de L’Oréal, le numéro un mondial des cosmétiques, ont subi les effets de la crise, reculant de 0,4%. Le résultat d’exploitation et le bénéfice net ont baissé encore plus fortement (respectivement de – 5,4% et de – 8%) tout en restant à des niveaux très confortables. Qui donc a fait les frais de cette légère dégradation ? Si les effectifs salariés dans le monde ont été réduits de plus de 3 000 postes en 2009, en dépit de bénéfices en baisse, les dividendes versés aux actionnaires sont passés de 817 à 840 millions d’euros, augmentant de 22,6 millions d’euros et de 2,8%. Dans le cadre de ce geste généreux en faveur des investisseurs malgré la rigueur des temps, les dividendes payés par L’Oréal à Liliane Bettencourt par le biais de Téthys sont passés de 256,2 en 2008 à 267,3 millions d’euros en 2009, augmentant de 11,1 millions d’euros et de 4,3%. Cette progression particulièrement forte de la rémunération de la principale actionnaire du groupe s’explique pour partie par la légère augmentation de sa participation au capital qui est passée de 30,8 à 31%. La bonne fortune de l’héritière de L’Oréal ne s’arrête pas là. Même si la somme est modeste comparée à la masse des dividendes perçus, le montant de jetons de présence pour sa participation aux six réunions du conseil d’administration de 2009 a été revalorisé de 70 000 à 75 000 euros. À fin décembre 2009, on peut évaluer la valeur de la participation de Liliane Bettencourt et de sa fille au capital de L’Oréal à 14,4 milliards d’euros. Depuis le début des années 1990, elle a été multipliée par plus de 7. Depuis la fin 2009, le cours de l’action L’Oréal est remontée, passant de 77,57 euros à 82,52 euros entre le 23 décembre de l’année dernière et le 16 juillet de cette année. Cela a eu pour effet de valoriser le portefeuille de titres des héritières L’Oréal de près d’un milliard d’euros. P. I. Total. La raffinerie des Flandres repartContraint et forcé par la justice, Total reprend une activité sur ses installations de Dunkerque. Pour les syndicats qui continuent de défendre leur site promis à la fermeture, c’est une première « victoire ». Pour éviter de payer de lourdes astreintes de 100 000 euros par jour et pour se mettre en conformité avec la justice, la direction de Total va lancer lundi des opérations de dégazage à la raffinerie des Flandres à Dunkerque (Nord). Pour les 367 salariés et les sous-traitants c’est «une victoire» et aussi «la première étape du redémarrage du site», mais la direction souligne de son côté que «son objectif reste toujours la mise en œuvre du plan de reconversion du site décidé en juin». La porte-parole de Total a annoncé, que «le dégazage des installations devrait débuter à partir de lundi» et qu’«il s’agit d’un préalable indispensable, quel que soit le scénario pour l’avenir de la raffinerie, c’est-à-dire soit le redémarrage de l’activité, soit la mise en œuvre du plan de reconversion du site». Ces opérations ont pour but d’évacuer des unités et des tuyaux de la raffinerie, les produits et gaz qui avaient été introduits en septembre afin de maintenir les installations en état. «Ces opérations prendront plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et seront suivies d’une inspection visant à déterminer si le site est à nouveau en état de fonctionner en toute sécurité», a expliqué la direction de Total. Pour le syndicat SUD, majoritaire à la raffinerie des Flandres, il faut rester «vigilant sur la mise en œuvre du redémarrage et la poursuite des procédures judiciaires», même si Total «se plie ainsi à la décision de justice de la cour d’appel de Douai, qui ordonnait le redémarrage de site de Dunkerque». Tous les salariés et les sous-traitants devraient reprendre le travail dès lundi à 14 heures. «Ce n’est pas négligeable, et pour nous, c’est avant tout un grand soulagement», ajoute Philippe Wullens, délégué SUD à la raffinerie des Flandres. En septembre, Total avait procédé à une fermeture provisoire de la raffinerie sans consulter le comité central d’entreprise (CCE). «Cette fermeture est devenue définitive et Total a ouvert la consultation, alors que la décision était déjà prise, ce qui est illicite», expliquait la semaine dernière dans l’Humanité Roger Koskas, l’avocat des salariés. Mais, saisie par les syndicats, la justice a mis son grain de sable en ordonnant «la remise en état des installations dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 000 euros par jour de retard». Total a cherché à contre-attaquer, mais n’a pas réussi à trouver un juge pour valider la procédure de fermeture. Pour Philippe Wullens, «le groupe est au pied du mur et va bien être obligé d’appliquer le jugement de la cour d’appel». Pour l’heure, le projet de reconversion qui prétend transformer la plate-forme en centre de formation et d’assistance technique est gelé. Mirela Bakleva
Edité par T 34 - 21 Jul 2010 à 21:13 |
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Envoyé : 23 Jul 2010 à 22:06 |
Les riches plus nombreux en 2010Alors que les Français sont appelés à se serrer la ceinture, 562 000 contribuables ont rempli une déclaration d’ISF, soit 23 000 de plus que l’an dernier. À lui seul, le chiffre dit tout des inégalités de patrimoines qui se creusent en France : 23 000 contribuables de plus que l’an dernier à la même époque ont rempli une déclaration d’impôt sur la fortune (ISF). C’est ce que révèlent les premiers chiffres des déclarants de l’ISF 2010 publiés par le ministère du Budget. À un bout de l’échelle, à peine un contribuable sur deux paye l’impôt sur le revenu. Sont exonérées les personnes dont le revenu net est inférieur à 9 080 euros par an pour les plus de soixante-cinq ans et 8 310 euros pour les autres. À l’autre bout, déjà 562 000 contribuables possédant un patrimoine de plus de 790 000 euros ont envoyé au fisc une déclaration d’ISF, contre 539 000 à la même date l’an dernier. Les riches sont plus nombreux. Et déclarent des revenus plus importants, puisque le montant total de l’impôt s’élève à 3,29 milliards d’euros contre 3,13 milliards en juillet 2009. Petite baisse de régime en 2009 Dans un communiqué, François Baroin, ministre du Budget, précise que «les statistiques exhaustives et définitives seront établies en début d’année 2011». Après le record absolu établi en 2007 (4 milliards de revenus provenant de l’ISF), une bonne tenue en 2008 malgré l’arrivée de la crise (3,81 milliards d’euros), les riches ont connu une petite baisse de régime en 2009 mais devraient se ressaisir cette année. Alors que les Français sont invités à se serrer la ceinture pour réduire la dette publique, les gros patrimoines sont les principaux bénéficiaires des niches fiscales. François Baroin avoue même que les réductions d’impôts prévues par la loi Tepa «progressent», citant notamment la mesure qui permet d’obtenir une réduction de près de 75% sur des sommes investies dans une PME. Les 140 043 réductions d’ISF obtenues à ce titre révèlent un manque à gagner pour l’État de 838 millions d’euros ! Créé en 2007 avec le bouclier fiscal, ce dispositif est de plus en plus utilisé par les riches patrimoines qui cherchent à obtenir des ristournes. Renvoi de balle entre patrons Souvent, le Medef prend les choses en main pour aider les investisseurs à sélectionner les dossiers. Le Medef Lyon-Rhône a par exemple organisé une rencontre en mars dernier entre des personnes redevables l’ISF et des entrepreneurs. L’idée, défendue par l’organisation patronale régionale, c’est qu’il vaut mieux pour un riche qui a «réussi» renvoyer la balle à un patron plus jeune plutôt que de donner « fonds perdus» à l’État. Le bouclier fiscal est aussi connu pour fournir un certain nombre de gros chèques aux plus riches. En 2009, plus de 99% des sommes remboursées sont allés à des contribuables assujettis à l’ISF. La troisième fortune de France, Liliane Bettencourt, a ainsi récupéré 30 millions d’euros, soit plus de 5% du coût budgétaire total. Paule Masson Liliane paie peu d’impôtsL’héritière de L’Oréal bénéficie d’un taux d’imposition de 9%. Liliane Bettencourt avait bénéficié du bouclier fiscal, soit 30 millions d’euros en 2008. L’avocat du gestionnaire de fortune de l’héritière de L’Oréal, Patrice de Maistre, précisait hier au Canard enchaîné que c’est «au total 100 millions d’euros» que la milliardaire aurait reçus à ce titre. Un beau cadeau de Bercy. Sans doute pour la dissuader de placer son magot en Suisse (raté, elle y aurait transféré 78 millions d’euros), comme le livre l’avocat : «En 2005, les Bettencourt envisageaient de quitter la France.» Autre «surprise», le fisc exonérerait d’impôts les 31% de capital de L’Oréal gérés par la holding Thétys pour la milliardaire. Elle ne paierait d’impôts que sur «les fonds sortis pour couvrir ses besoins personnels» (145 millions en 2009, selon le Canard). Soit, sur les 280 que lui ont rapportés ses parts de L’Oréal, seulement 25 millions. Un taux d’imposition de 9% qui laisse rêveur. Grégory Marin Edité par T 34 - 23 Jul 2010 à 22:25 |
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Envoyé : 23 Jul 2010 à 22:31 |
Que devons-nous exiger des banques pour relancer l'économie ?Les banques centrales des 27 pays vont rendre publics les tests pratiqués auprès de 91 banques de l'Union européenne afin d'évaluer leur capacité à résister en cas de nouvelle crise. L'objectif est de rassurer les marchés à la suite des crises successives de 2007-2008 et de l'euro, et éventuellement d'apporter de nouveaux soutiens publics aux établissements les plus fragiles. Quatre établissements français sont concernés. Certains spécialistes des questions bancaires s'interrogent cependant sur la fiabilité de ces tests. Ne faudrait-il pas créer des conditions pour que le système bancaire européen ne soit pas lui-même facteur de crise ? Demain dans l'Humanité, les enjeux de ces "stress tests" et l'analyse de Dominique Plihon, professeur d'économie financière à l'université Paris-XIII et président du conseil scientifique de l'association Attac. |
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