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Economie : Ne demandons rien, prenons tout

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Nov 2012 à 01:41

Florange: Montebourg abat une nouvelle carte face à ArcelorMittal

Le ministre du Redressement productif a annoncé ce mercredi soir avoir trouvé un repreneur pour la totalité du site ArcelorMittal de Florange, dans son bras de fer pour obliger le géant mondial de l'acier à céder davantage d'activité qu'il n'est disposé à le faire.

Le ministre du Redressement productif a indiqué être "prêt" à aller jusqu'à la nationalisation provisoire du site de Florange si les négociations avec ArcelorMittal n'aboutissent pas d'ici vendredi, veille de la date-butoir fixée par le groupe pour la fin des négociations. "Nous sommes prêts parce que nous avons un repreneur qui est un aciériste, un industriel, qui n'est pas un financier, qui, par ailleurs, souhaite investir son argent personnel, et, excusez du peu, est disposé à investir jusqu'à près de 400 millions", a affirmé Arnaud Montebourg à l'Assemblée nationale.

"Quelqu'un de la partie"

Philippe Verbeke, responsable CGT, a déclaré à l'issue d'une réunion à Bercy entre le ministre, des élus de Moselle et des responsables syndicaux du site qu'il "semblerait" que le repreneur annoncé "soit quelqu'un de la partie qui aurait une certaine cohérence sur l'approvisionnement minier, en amont et en aval." Michel Liebgott, député socialiste de Moselle, a ajouté sur BFM-TV qu'il s'agissait d'un "industriel crédible".

Pour financer la nationalisation de l'ensemble des activités du site de Florange, Arnaud Montebourg a précisé que le gouvernement pourrait mobiliser des participations "dormantes" de l'Etat pour financer une éventuelle nationalisation, sans coût pour le budget. Selon plusieurs syndicalistes, l'Etat français serait prêt à vendre 1% de GDF Suez, ce qu'Arnaud Montebourg a par la suite démenti dans un communiqué.

Fermeté

Arnaud Montebourg a indiqué que l'entretien mardi entre François Hollande et le PDG d'ArcelorMittal Laksmi Mittal avait été "rude et ferme", signalant que les deux parties étaient loin d'un accord. La fermeté affichée par le ministre du Redressement productif a été saluée par Edouard Martin, responsable CFDT d'ArcelorMittal Florange, qui, avec une délégation de syndicalistes, a entrepris de camper sous les fenêtres du ministère de l'Economie jusqu'à l'expiration du délai. "Il attend que M. Mittal fasse des propositions autres que celle de la fermeture, sinon le gouvernement (est) bien décidé à nationaliser temporairement le site", a dit le leader syndical.

Face à cette alternative, ArcelorMittal pourrait aussi proposer au gouvernement de nouveaux projets ou des alternatives pour maintenir l'emploi et pérenniser le site.

Un pas de trop pour Chérèque. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé mercredi, avant de passer le relais à son successeur, qu'Arnaud Montebourg avait fait "un pas de trop" face à ArcelorMittal. "Quand on a 23.000 salariés (en cause) et qu'on n'a pas les moyens de reprendre toute la branche, c'est une erreur", a-t-il déclaré en marge d'une assemblée générale des cadres de la CFDT.

Florange : « Passer aux actes face au blocage de Mittal et aux moulinets de Parisot » (PCF)

Laurence Parisot s'est insurgée ce matin sur RTL contre la possibilité d'une nationalisation du site de Florange en Moselle. Pour elle, une telle intervention de l'État « est tout simplement et purement scandaleuse ». Mais où était la patronne des patrons quand Mittal s'est livré a un dépeçage en règle de la sidérurgie Française ? Aux abonnés absents.
Qu'importe pour Mme Parisot si l'indépendance de la France en fourniture d'acier est menacé. Seuls comptent son portefeuille et celui de ses amis.

Le scénario du gouvernement envisagé par le gouvernement  et présenté par Arnaud Montebourg hier soir aux syndicats (une nationalisation temporaire, un investissement de 400 millions d'euros pour redémarrer Florange et favoriser un repreneur) est un premier pas mais il reste du chemin avant samedi. Des milliers de salariés, des familles vivent dans la peur du chômage et de la casse depuis des mois. François Hollande qui sera au final le décideur, doit passer aux actes face au blocage de Mittal et aux moulinets de Mme Parisot. Il doit tenir les engagements de la France vis à vis des sidérurgistes.

Parti communiste français

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Florange doit revenir au public

L’idée d’une nationalisation temporaire du site lorrain de Mittal gagne du terrain.

Longtemps décriée, à droite mais aussi à gauche, au sein du PS, l’idée d’une nationalisation du site sidérurgique d’ArcelorMittal à Florange gagne chaque jour de nouveaux soutiens sur tout l’échiquier politique. Elle a reçu, hier, des appuis aussi divers que ceux du député UMP Henri Guaino, du président du Modem, François Bayrou, ou du coprésident du Parti de gauche. « Les 20 000 salariés savent faire de l’acier sans Mittal. Mittal, il ne sait pas faire sans eux. Alors si M. Mittal veut s’en aller, que voulez-vous qu’on fasse ? On lui dit au revoir », déclarait Jean-Luc Mélenchon. « C’est bien pourquoi je soutiens Montebourg dans cette hypothèse de la nationalisation temporaire », ajoutait-il. Avant de noter : « Je n’ai pas de mal, le premier qui l’a demandée, c’est Bernard Thibault. » « Ponctuellement, rien n’interdit au niveau européen qu’un établissement industriel, bancaire, fasse l’objet d’une prise de participation de l’État », a admis, de son côté, le commissaire européen, Michel Barnier, se contentant de noter qu’elle aurait à respecter les règles de l’Union européenne… Dans la même journée de mardi, 40 députés PS ont rendu public un appel de soutien à la proposition Montebourg. « Il est temps d’arrêter de considérer comme la seule qui vaille la parole d’un dirigeant industriel dont les intérêts ne sont manifestement pas ceux de la France, de son tissu industriel, de ses emplois », jugent les signataires. Restait à savoir, hier, quel sort réserverait à cette parole François Hollande qui recevait le PDG de Mittal en fin d’après-midi.

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Edité par T 34 - 30 Nov 2012 à 02:35
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Nov 2012 à 00:09

Sanofric, encore et toujours davantage

En plus d’aides de l’État, Sanofi bénéficie également des largesses de l’Europe.

Alors que la direction de Sanofi persévère dans ses projets de restructuration pour la recherche en France, les Sanofi ne lâchent rien. Après un rassemblement prévu ce mardi devant le siège du groupe, l’intersyndicale, qui demande aux pouvoirs publics d’intervenir et de légiférer pour interdire les suppressions d’emplois à visée boursière, sera reçue ce soir à l’Élysée par le cabinet du président de la République. Comme la direction de Sanofi, les syndicats campent sur leurs positions et exigent toujours « le retrait du plan et le maintien de tous les sites, toutes les activités et tous les emplois ».

Pour les syndicats, l’implication de l’État est d’une portée capitale. Et pour cause : Sanofi a un besoin impérieux de l’État français, la quasi-totalité de son chiffre d’affaires réalisé en France, soit 3,1 milliards d’euros en 2011, étant assuré par l’assurance maladie. Et le laboratoire est l’un des premiers bénéficiaires du crédit impôt recherche : Sanofi touche quelque 130 millions d’euros par an.

Mais ce n’est pas tout. Le premier groupe pharmaceutique européen a aussi perçu une contribution financière, cette fois émanant de l’Union européenne, d’un montant de 4,3 millions d’euros dans le cadre du septième programme-cadre (2007-2013) pour des actions de recherche, a-t-on appris par l’entremise d’une question posée par le député européen (GUE-NGL) Patrick Le Hyaric. Quand tout le monde crie haut et fort que « la recherche interne est en panne », le montant de ces aides a de quoi faire tousser, d’autant que le groupe a engrangé un bénéfice net de près de 8,8 milliards en 2011. « Avec ces milliers d’emplois menacés et l’abandon d’un pan de la recherche, c’est toute la santé publique dans l’Union européenne en danger », s’inquiète Patrick Le Hyaric.

Alexandra Chaignon

Budget

Des alternatives anti-austérité existent

Il y a un an, toute la gauche adoptait au Sénat des mesures faisant payer le capital 
et les plus aisés des contribuables. Aujourd’hui, les sénateurs communistes républicains et citoyens (CRC) font valoir 
la pertinence 
de ce projet face à la crise.

La gauche sénatoriale aura-t-elle de la mémoire à l’heure où le Sénat examine le projet de loi de finances 2013 que l’Assemblée nationale a adopté il y a quelques jours ? Se souviendra-t-elle qu’en décembre 2011, après avoir conquis, une première historique sous la Ve République, la majorité au Sénat, elle a eu le courage politique, dans le cadre du vote du budget 2012, de voter des mesures taxant le capital et faisant revenir dans le giron de l’État près de 30 milliards d’euros ?

C’était sous le gouvernement de François Fillon et la présidence de Nicolas Sarkozy. La France, selon le gouvernement de l’époque, vivait « au-dessus de ses moyens », devait réduire les dépenses de l’État, faire payer le plus grand nombre avec, en perspective pour l’automne 2012, la TVA sociale, et maintenir les privilèges du capital et des plus fortunés avec, par exemple, le bouclier fiscal de triste mémoire.

Alors dans l’opposition dans le pays, la gauche majoritaire au Sénat, comme pour donner à voir ce que pourrait être demain une politique de gauche au plan national, votait un train de mesures : l’augmentation du rendement de l’impôt sur les sociétés pour 20 milliards d’euros, l’imposition des plus hauts patrimoines pour 2 milliards d’euros, le retour à l’impôt sur la fortune comme avant son affadissement par Nicolas Sarkozy pour 2 milliards d’euros, une plus forte progression de l’impôt sur les revenus des plus aisés pour 3 milliards d’euros (voir si contre ) et... la suppression du bouclier fiscal.

Elles sont loin les belles promesses

Le 6 décembre 2011, toute la gauche sénatoriale, socialiste, communiste, Front de gauche, écologiste, avait voté ces propositions. Pour Nicole Bricq, sénateur PS, alors rapporteure générale de la commission des Finances, « notre conception est à l’exact opposé de la droite, qui a consisté à sacrifier les recettes publiques pour ensuite contenir les dérapages en taxant à tout va et en détruisant les services publics...». Et de poursuivre à propos des efforts demandés : « Je serais surprise que, quel que soit le gouvernement au pouvoir en 2012, ce ne soit pas le montant minimal d’effort pour respecter l’objectif de déficit de 4,5 % de PIB en 2012. » De son côté, Thierry Foucard (PCF) expliquait le vote positif du Front de gauche par ces mots : «Démonstration est faite que l’on pouvait solliciter des ressources nouvelles pour répondre aux défis de notre temps, qu’il s’agisse de la rénovation des politiques publiques ou la réduction des déficits... faisant ainsi de la dépense publique le moteur de la croissance. » C’était en décembre 2011.

Aujourd’hui la gauche socialiste et écologique est au pouvoir. Et pourtant... Le projet de budget 2013 ne reprend pas, ou trop peu, les avancées de la gauche sénatoriale de 2011. Au contraire, ce budget 2013 s’inscrit, lui, dans une démarche d’austérité avec, par exemple, vingt milliards de prélèvements supplémentaires dont dix sur les ménages et dix de réduction des dépenses publiques. Auquel il convient d’ajouter l’annonce du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en faveur de la compétitivité des entreprises avec la mise en place du crédit d’impôt à hauteur de 20 milliards d’euros. Crédit qui sera financé par un tour de vis supplémentaire sur les dépenses publiques et une nouvelle hausse des prélèvements dont, en 2014, la TVA. C’est dire...

Nous sommes loin des appels du candidat François Hollande « contre l’ennemi invisible, la finance ». Nous sommes aussi en déphasage avec le projet de loi de finances rectificatives 2012 présenté en juillet dernier. Il prévoyait notamment huit milliards d’euros de recettes nouvelles venant à 45 % de prélèvements sur le capital, à 22 % de remises en cause de niches fiscales dont bénéficiaient les entreprises, et à 18 % d’impositions exceptionnelles sur les banques... Une fois encore, toute la gauche, y compris le Front de gauche, avait, « parce que cela va dans le bon sens », explique le député (PCF) André Chassaigne, voté ce projet de loi rectificatif 2012.

Le sacro-saint dogme de la réduction de la dette

Force est de constater qu’aujourd’hui le gouvernement et sa majorité ont, depuis la rentrée, pris le tournant de l’austérité. Avec l’adoption à marche forcée du traité austéritaire européen par le Parlement, la croyance en ce sacro-saint dogme auquel le gouvernement s’accroche de réduire à tout prix la dette et pour parvenir à 3 % de déficit dès 2013 et 0 % en 2017, participe du caractère de ce budget. Ce malgré les expériences européennes (Grèce, Espagne, Portugal) et les avertissements venant de toutes parts à gauche que la dette n’est pas en soi un problème et que l’austérité conduit à la récession.

Mais les causes de ce tournant austéritaire sont à rechercher aussi dans les difficultés voire, parfois, l’incapacité du gouvernement à faire front face aux pressions du patronat et des marchés financiers. Comme le montrait le président François Hollande lors de sa conférence de presse du 13 novembre qui affirmait, à propos du rapport Louis Gallois en faveur des entreprises, que la patronne du Medef, Laurence Parisot, soutient des deux mains: «jamais, depuis trente ans, un gouvernement n’a pris aussi rapidement des décisions pour réduire la dette publique et favoriser les investissements des entreprises. » Mais cela fait plus de trente ans que, tous gouvernements confondus, l’État donne de l’argent aux entreprises pour favoriser l’investissement et développer l’emploi. Chacun voit le résultat.

Pierre Laurent, sénateur et secrétaire national du PCF, rencontrait, avec les parlementaires du Front de gauche, le premier ministre pour lui demander d’écouter les propositions qui viennent de sa gauche. Il est temps.

Max Staat

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Alternatives anti-austérité Décryptage

1. Plafonner l’avantage fiscal sur les intérêts des prêts des sociétés : 13 milliards de recettes

Selon les règles fiscales en vigueur, les entreprises ont la possibilité de déduire de leur bénéfice net imposable leurs intérêts d’emprunts, contractés notamment pour acquérir d’autres entreprises. Cet avantage fiscal est accordé jusqu’alors sans plafonnement et présente plusieurs effets pervers. En particulier, « il confère un avantage aux secteurs les plus capitalistiques et aux grandes entreprises, compte de tenu du poids de leur endettement dans la valeur ajoutée », indiquait la rapporteure générale du budget au Sénat, Nicole Bricq (PS), le 17 novembre 2011, dans sa présentation du budget 2012 à la Haute Assemblée. Selon la direction générale du Trésor, l’avantage procuré par les intérêts d’emprunts est ainsi quatre fois supérieur pour les entreprises de plus de 5 000 salariés que pour les PME, contribuant pour moitié aux 20 points d’écart au taux d’imposition réel entre elles (39,5 % pour les PME, contre 18,6 % pour les grandes entreprises). Sur proposition de la rapporteure, la majorité de gauche avait plafonné cet avantage, en limitant la déduction des intérêts d’emprunts à 30 % du résultat brut des sociétés, dans la limite de 3 millions d’euros. Une « innovation fiscale » qui représenterait « un rendement potentiel supplémentaire pour l’impôt sur les sociétés (IS) de 17 milliards d’euros ». Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac (PS), n’a repris qu’une version très édulcorée de cette proposition dans le budget 2013, en proposant de plafonner à 85 %, puis à 75 % à compter de 2014, la part des charges financières que les entreprises soumises à l’IS peuvent déduire de leur résultat imposable. Rendement attendu de la mesure : 4 milliards de recettes en 2013, soit un manque à gagner de 13 milliards d’euros par rapport à la mesure votée par le Sénat en 2011.

2. L’amendement «pigeons» 
coûte 750 millions d’euros à l’État

250 millions d’euros « seulement » seront récoltés par la taxe sur les plus-values de cession d’entreprise. Le projet de loi de finances 2013 prévoyait initialement de renforcer cette taxation pour un montant total d’environ 1 milliard d’euros. Actuellement, avant que n’entre en application ce budget 2013 et ses dispositions, la plus-value réalisée lors d’une telle vente est taxée à 19 %, plus 15,5 % de cotisations sociales. Le projet du gouvernement consistait à porter ce premier taux à 45 % pour ceux dont les revenus annuels dépassent, s’ils sont célibataires, 150 000 euros, et 450 000 pour les familles.

Une mesure de justice visant à aligner la taxation des revenus financiers sur celle des revenus du travail qui a suscité la fronde ultra-médiatisée des patrons « pigeons » (sic). Face à cette offensive, le gouvernement n’a pas tenu bon. Dans la foulée, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a annoncé des modifications de cette taxation des plus-values de cession. Ainsi, des dispositifs dérogatoires permettant aux chefs d’entreprise, sous certaines conditions, de continuer à s’acquitter du taux de 19 %, une exonération pour ceux qui réinvestissent, et un abattement progressif en fonction de la durée de détention de l’entreprise ont notamment été décidés.

Soit un manque à gagner de 750 millions d’euros pour l’État du fait de cet amendement.

Le dispositif dans son ensemble a été supprimé vendredi au Sénat, mais sera rétabli à l’Assemblée nationale, a promis dès samedi le président du groupe PS, Bruno Le Roux.

3. L’ISF, rétabli avec un seuil d’entrée encore trop haut et un manque de progressivité

La création de l’impôt de solidarité sur la fortune, qui a touché 562 000 foyers fiscaux en 2010, est emblématique pour la gauche, qui l’a mis en place en 1982. Dans la discussion sur le budget 2012, la gauche majoritaire au Sénat souhaitait le rétablissement intégral de l’ancien barème, modifié par Nicolas Sarkozy. Une mesure qui devait rapporter 1,9 milliard d’euros. Or, le projet de budget 2013 ne rétablit que partiellement ce barème. D’après le document rédigé par le groupe CRC, le fait que le gouvernement ne revienne pas sur le seuil d’entrée de l’ISF, passé sous Sarkozy de 800 000 euros à 1,3 million d’euros, exonère 300 000 foyers fiscaux du paiement de cet impôt. Un manque à gagner de 300 millions pour 2014 (les foyers déclarant un patrimoine net imposable compris entre 800 000 et 1,3 million d’euros au 1er janvier 2012 seront soumis à l’impôt pour 2013).

Pire, le gouvernement, malgré le rétablissement des cinq tranches d’imposition, passe à côté de possibles recettes, équivalentes à 600 millions d’euros, en ne modifiant pas les tranches moyenne et haute de l’ISF. Le pouvoir sarkozyste avait réduit le nombre de tranches, avec un barème « simplifié » en 2011, à seulement deux. La progressivité – le Front de gauche milite pour fixer l’ISF à 14 tranches – en avait pâti. Il avait également abaissé la tranche la plus haute de 1,8 % à 1,5 % au-delà de 10 millions d’euros de patrimoine, qui ne sera pas touchée par le gouvernement. Le Sénat a en effet voté, hier, l’article 9 du projet de loi de finances qui consacre cette mesure.

4. Encore un effort à faire pour renforcer 
la progressivité de l’impôt sur le revenu

L’impôt sur le revenu, considéré comme le plus juste, a vu depuis plusieurs années sa proportion dans les recettes de l’État reculer alors que sa progressivité diminuait. En commission des Finances, Éric Bocquet, sénateur communiste, notait « une tendance structurelle à la réduction de la contribution des plus hauts revenus et à l’accroissement relatif de la contribuion des bas et moyens revenus ». C’était justement le sens d’un amendement déposé par son groupe, mais rejeté en commission, que de renforcer cette progressivité en créant deux nouvelles tranches sur les plus hauts revenus. L’une à 45 % pour les revenus compris entre 100 000 euros et 250 000 euros par an. L’autre à 50 % pour les revenus supérieurs à 250 000 euros.

La première de ces deux tranches figure dans le projet du gouvernement. Mais celui-ci n’a pas voulu de la seconde, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, estimant que « s’il est normal de solliciter davantage que d’autres les hauts revenus, il faut aussi rester raisonnable ». Éric Bocquet estime que « l’orientation est la bonne », mettant notamment en exergue la mise à niveau de l’imposition des revenus du travail, sur celle des revenus du capital. Pour autant, reste le regret de ne pas être allé plus loin dans la progressivité : le groupe CRC avait estimé que la mise en place d’une tranche à 50 % aurait permis d’augmenter le rendement de l’impôt sur le revenu de 2 milliards d’euros.

5. L’imposition des dividendes, encore limitée,
 ne rapportera pas les 630 millions promis

La baisse de l’abattement sur le montant des dividendes perçus, de 40 % à 20 %, c’est-à-dire en fait une augmentation de l’imposition sur les dividendes, aurait pu alimenter le budget de l’État à hauteur de 630 millions d’euros supplémentaires. C’est en ce sens que les sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) ont déposé l’un de leurs nombreux amendements au projet de loi de finances 2013.

« Cet amendement est inspiré par une proposition du Conseil des prélèvements obligatoires. Le taux de l’impôt sur les sociétés n’est plus de 50 %, loin s’en faut, il serait plutôt de 12 ou 13 %, voire 8 % pour les entreprises du CAC 40. Des bénéfices substantiels échappent au prélèvement », a justifié Marie-France Beaufils, au nom de son groupe, lors de la discussion au Sénat.

« Si l’abattement sur les dividendes se justifie, la diversité du taux réel acquitté par les entreprises, de quasi rien à 35 %, rend aléatoire la fixation d’un taux précis. Aucun ne saurait être vraiment juste. (...) 
Cet amendement durcit encore la fiscalité de l’épargne », a estimé en réponse le rapporteur PS de la commission des Finances, François Marc. Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, a renchéri suivant la même logique : « Le taux a déjà été abaissé de 50 % à 40 %, ce qui semble être un taux loyal », a dit-il jugé en émettant un avis défavorable à l’amendement des sénateurs communistes, qui pourtant faisait partie des principales dispositions adoptées un an auparavant par la majorité de gauche sénatoriale.

Sébastien Crépel, Julia Hamlaoui, Grégory Marin et 
Adrien Rochaleou

Source

Éric Bocquet « Le budget encourage une visée spéculative au lieu de l’investissement »

Éric Bocquet, sénateur communiste, membre de la commission des Finances, juge le budget 2013 déséquilibré, au détriment des ménages et de l’investissement.

Le Sénat examine en ce moment le projet de loi de finances 2013 (PLF). Quelle est votre appréciation à ce sujet ?

Éric Bocquet. Ce PLF s’inscrit dans une longue ligne ouverte par le traité européen, la loi organique, qui en a découlé, la loi de programmation des finances publiques. Nous entrons dans la phase où cette logique se traduit concrètement.

Vous avez obtenu le rejet de l’amendement « pigeon ». Est-ce une avancée significative ?

Éric Bocquet. Nous demandions la suppression de l’article 6, l’amendement « pigeon », pour revenir au texte initial, qui prévoyait une taxation à hauteur d’un milliard d’euros de recettes. Or, avec l’épisode de ces représentants des start-up qui sont intervenus assez bruyamment dans tous les médias, le gouvernement a reculé, pour aboutir à un résultat qui ne s’élevait plus qu’à 250 millions d’euros. L’État perdait ainsi 750 millions d’euros de recettes d’un seul coup. C’est ce que nous n’approuvons pas et que nous avons sanctionné par notre vote de vendredi soir. Même si l’article devrait tout de même être rétabli par l’Assemblée. Cahuzac a été clair en expliquant que le supprimer compromettait l’équilibre du budget.

On vous a alors accusés d’une alliance de circonstance avec l’UMP…

Éric Bocquet. Évidemment, l’orientation du vote de l’UMP était totalement différente ! Elle voulait carrément sa suppression, car elle ne voulait d’aucune taxation sur les plus-values de cession des entreprises. Notre vote, à l’inverse, visait à sanctionner le recul du gouvernement. Nous voulions une plus forte taxation, la droite n’en voulait aucune : ce sont deux votes diamétralement opposés, qui ont amené au rejet de ce fameux article 6.

Au-delà de cet article 6, quels sont les points qui posent problème ?

Éric Bocquet. Nous avions proposé de nombreux amendements. Nous ne l’avons d’ailleurs pas fait de manière isolée, mais avec le groupe RDSE, le groupe écologiste et même avec Marie-Noëlle Lienemann, pour le groupe socialiste. Elle proposait de ramener le taux de TVA, pour les constructions de logements sociaux, à 5,5 %. Le gouvernement l’a rejeté, sans hésiter. Cela a donné lieu à une discussion extrêmement tendue avec le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. Nous avons assisté à une scène assez invraisemblable, au cours de laquelle des sénateurs socialistes se sont désolidarisés d’une des leurs, qui présentait un amendement au nom du groupe PS. Notre amendement, qui était le premier à être examiné, a été rejeté avec assez peu de voix de différence : 14 pour, 16 contre. Marie-France Beaufils, pour notre groupe, est intervenue pour dire qu’il était assez déroutant que, d’un côté, le gouvernement présente le logement comme une priorité et, de l’autre, sur un tel amendement, on s’entende répondre que ce n’est pas possible parce que ça coûterait trop cher.
Nous avions aussi proposé un amendement pour que soient défiscalisées les indemnités journalières versées aux salariés victimes d’un accident du travail. Jérôme Cahuzac n’en a pas voulu, arguant que s’il était accepté, cet amendement coûterait 170 millions d’euros et mettrait en péril l’équilibre budgétaire et l’objectif de réduction des dépenses publiques. D’un côté, on fiscalise les victimes d’un accident du travail, sous prétexte que ne pas le faire ferait perdre 170 millions d’euros ; de l’autre côté, on fait un cadeau de 750 millions aux dirigeants de start-up, qui revendent très rapidement leurs sociétés quand elles ont pris de la valeur avant qu’elles n’en perdent. On encourage cette visée spéculative, au lieu de privilégier l’investissement effectif dans la durée.

Dans ces conditions, le groupe CRC, avec sa place charnière, pourra-t-il faire rejeter le budget ?

Éric Bocquet. Aujourd’hui, aucun élément ne peut nous permettre de voter pour ce budget. Mais son acceptation, ou non, dépendra de l’attitude du groupe centriste. Tous ne sont pas encore fixés sur leur vote. Sur 32, une vingtaine seraient prêts à voter contre, alors que 12 s’abstiendraient. Il en faudrait une quinzaine pour que le texte soit entériné. J’imagine que des tractations ont cours en ce moment car l’enjeu pour le gouvernement est lourd : voir son premier budget retoqué au Sénat avec une majorité de gauche, même si c’est au final l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot, serait assez gênant.

Entretien réalisé par Adrien Rouchaleou

Source

Le pacte de compétitivité entre mystification et aveuglement stratégique

La campagne en faveur d’une baisse 
des prélèvements sur les entreprises, 
à laquelle le gouvernement a cédé, 
s’appuie sur une mystification 
et un aveuglement stratégique.

La mystification consiste à tromper l’opinion sur la réalité des contributions patronales au financement de la protection sociale. Contrairement à ce qui est affirmé, elles sont proportionnellement en recul. En premier lieu parce que, depuis le milieu des années 1990, une part croissante des ressources des différents organismes de Sécurité sociale provient de l’impôt, principalement de la CSG. En 1980, la part de l’ensemble des cotisations sociales dans leurs recettes était de 97 %, 
elle est tombée à 89,8 % en 1995 et à 68,3 % en 2011. La CSG a suivi le chemin inverse, 
elle est passée de 6 % du total des recettes 
en 1995 à 18,6 % en 2011.

Le poids des cotisations dites patronales dans la richesse créée par les entreprises non financières a aussi suivi une pente descendante : 19,2 % de la valeur ajoutée en 1980, 17,9 % 
en 1990, 16,5 % en 2000, 16,6 % en 2011.

La baisse de 20 milliards d’euros des prélèvements sur les entreprises décidée par 
le chef de l’État peut-elle permettre de redresser la balance commerciale française ? On peut 
en douter. L’étude publiée par le cabinet 
ROE-Rexecode, pourtant inféodé au Medef, 
montre que, parmi l’ensemble des secteurs 
d’activité, l’industrie, secteur confronté 
à la concurrence internationale, devrait être l’un de ceux qui tireraient le moins parti du crédit d’impôt. À l’opposé, les services aux particuliers et le commerce, pourtant à l’abri, devraient être les principaux bénéficiaires de la mesure. 
En vérité, le dispositif gouvernemental constitue un plan de soutien sans précédent aux profits.

C’est en cela qu’il témoigne d’un aveuglement stratégique. Les soutiens du pacte 
de compétitivité se trompent d’époque. 
Ils affirment que la hausse des marges du capital permettra de relancer l’investissement matériel et la compétitivité. Mais nous ne sommes plus aux temps où la reconquête des marchés pouvait être corrélée seulement à la capacité d’un pays 
à aligner des parcs de machines ou à couler 
du béton en considérant que les dépenses 
pour les hommes suivront éventuellement.

L’humanité est aujourd’hui dans les préludes d’une formidable mutation impulsée par 
les nouvelles technologies de l’information, où désormais le progrès est rythmé essentiellement par la capacité des hommes à mettre en œuvre de la façon la plus efficace les technologies 
les plus avancées. Une option incompatible avec les politiques de déréglementation, de baisse du coût du travail et des dépenses publiques.

Pierre Ivorra

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Edité par T 34 - 29 Nov 2012 à 00:14
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Nov 2012 à 20:49

Editorial Par Paule Masson

Question de crédibilité

Est-ce parce qu’il n’a plus le choix 
ou par conviction politique 
que le gouvernement envisage 
la possibilité d’affronter la toute-puissance d’un grand patron ? Depuis que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a évoqué publiquement, en fin de semaine 
dernière, la possibilité d’un « contrôle public, même temporaire » du site ArcelorMittal de Florange, une onde de soulagement se propage. Les salariés et syndicats réclament depuis des mois que l’État prenne 
ses responsabilités pour sauver un site sidérurgique que tous les rapports d’expertise jugent viables. Samedi, 
des élus de Moselle, de tous bords politiques, ont écrit 
à François Hollande pour appuyer cette solution. 
Au sein du Parti socialiste, les soutiens se multiplient. Claude Bartolone, François Rebsamen, Marie-Noëlle Lienemann, représentatifs de courants différents, appuient la solution de fermeté. On aimerait croire qu’une chape de plomb se soulève, qu’enfin, sur un dossier au moins, la voie du bon sens l’emporte sur 
les projets mortifères du patronat vis-à-vis de l’industrie.

Le président de la République, dit-on, ne serait pas défavorable à une prise de contrôle par l’État 
(que les syndicats réclament à hauteur 
de la minorité de blocage), quitte, ensuite, à revendre à un repreneur. Jean-Marc Ayrault aurait plus 
de réticences, par peur 
de s’attirer les foudres 
des employeurs. 
À n’en pas douter, 
une intrusion 
de la puissance publique dans les affaires d’une entreprise, même temporaire, déclencherait un lobbying patronal immédiat. 
Que gagnerait la gauche à y céder une fois de plus ?

Lakshmi Mittal est le PDG aux pleins pouvoirs d’un groupe sidérurgique mondial. Depuis des années, il usurpe les profits considérables de l’entreprise et utilise les aides publiques pour gonfler les dividendes. Il a floué tous les engagements pris au moment de l’OPA hostile de 2006. Il a poussé les feux d’une stratégie 
de prédation financière au détriment des conditions 
de travail et de l’investissement dans la recherche. 
Il va là où la rentabilité est immédiate, lâche l’acier pour se jeter sur le minerai de fer, ferme des sites en France 
et en Belgique. Cette gestion est emblématique de tout 
ce qui fait suffoquer l’économie et plonger l’industrie.

Voilà pourquoi le gouvernement joue sa crédibilité
avec ce dossier. Jusqu’à présent, il a échoué à obtenir un compromis, en demandant à Mittal de céder 
la totalité de l’activité, la filière liquide, dont le groupe veut se débarrasser mais aussi le traitement de l’acier qu’il souhaite garder. Aucun repreneur n’est intéressé 
par une vente à la découpe. Or, tout se joue cette semaine. 
Le gouvernement est acculé. Soit il renonce et le message politique qu’il envoie constitue un blanc-seing 
à la désindustrialisation du pays, soit il opte pour 
la fermeté face au financier, prend les commandes 
et il lance le signal, même timide, que la gauche n’est pas impuissante face au pouvoir de la finance. Poussé sur sa gauche, notamment par le PCF qui planchait ce week-end sur l’avenir de l’industrie, le pouvoir socialiste aurait tout intérêt à affirmer avec les salariés du secteur qu’il n’y a pas de relance de l’industrie sans sidérurgie forte. Ce qui ne signifie pas un statut quo en matière d’infrastructures ou de production face aux besoins de demain et défis écologiques. Mais pour l’heure, l’urgence consiste 
à préserver les deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine.

Paule Masson

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À Florange, le verrou de l’expropriation vient de sauter

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Pour le sauver, le gouvernement n’écarte plus l’hypothèse d’une mise sous contrôle public du site sidérurgique lorrain. Mais les heures sont comptées, et François Hollande a déjà perdu du temps en cédant au patronat sur la loi obligeant les groupes à vendre les usines qu’ils veulent fermer.

L’une est dans la vallée de l’Orne, et l’autre dans la vallée de la Fensch, mais entre Gandrange et Florange (Moselle), il n’y a que quelques kilomètres. Sur le plan politique, c’est moins simple : entre le cimetière des promesses de Nicolas Sarkozy et entre le champ du « changement, c’est maintenant » de François Hollande, tout reste encore à mesurer. Et la semaine qui commence promet, à cet égard, d’être extrêmement instructive. À quelques jours de l’échéance concédée par le groupe ArcelorMittal – au 1er décembre, les candidats au rachat des hauts-fourneaux de Florange doivent être connus –, le ton monte entre le gouvernement français et Lakshmi Mittal. François Hollande et ses ministres jouent leur crédibilité dans cette affaire industrielle emblématique, au point que des solutions telles que l’expropriation et la nationalisation provisoire d’unités industrielles stratégiques, comme ces installations sidérurgiques en Lorraine, n’apparaissent plus totalement taboues dans le camp socialiste.

Jeudi après-midi, au Palais du Luxembourg, s’adressant, lors des questions au gouvernement, au ministre du Redressement productif, le sénateur socialiste de Moselle, Jean-Marc Todeschini, se demande s’il « n’est pas temps d’écrire le changement et de se donner des moyens législatifs face à la famille Mittal », évoquant une « prise de contrôle publique de l’usine de Florange ».

« Le problème de Florange, c’est la défaillance de Mittal »

Dans la foulée, avant d’abonder, avertissant que « l’éventualité d’un contrôle public même temporaire doit faire l’objet d’une étude sérieuse par le gouvernement », Arnaud Montebourg se livre à un réquisitoire contre les dirigeants du groupe qui, argue le ministre, ont, à l’occasion de leur OPA hostile, mis la main sur le secteur de l’acier rendu compétitif grâce à l’argent injecté pendant des décennies par les contribuables européens. « Le problème des hauts-fourneaux de Florange, ce n’est pas la défaillance des hauts-fourneaux de Florange, c’est la défaillance de Mittal, attaque Arnaud Montebourg. Les gouvernements européens que j’ai rencontrés, le Luxembourg, la Belgique, en ont assez d’être menés par le bout du nez par ArcelorMittal...»

Vendredi matin, sur LCI, Michel Sapin, ministre du Travail, tente de freiner le mouvement : « On n’est plus dans une époque où on nationalise la sidérurgie. » Tout en admettant, malgré tout, qu’il pourrait y avoir une intervention de l’État pendant « une période de transition entre aujourd’hui et après-demain ». Alors qu’une vingtaine d’élus lorrains, de gauche mais aussi, pour quelques-uns, de droite, ont adressé, samedi, une lettre ouverte à François Hollande dans laquelle ils demandent une prise de contrôle de l’État sur les installations sidérurgiques de Florange (lire notre Tel quel ci-contre), de plus en plus de dirigeants socialistes se déclarent partisans d’une expropriation. « Il faut lancer sans tarder l’étude et s’engager vers une nationalisation, fût-elle temporaire », encourage Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de Paris. « Pour sauver l’emploi, il ne doit y avoir aucun tabou », insiste Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale. « Faire rentrer temporairement l’État dans le capital est une bonne solution, car elle oblige Lakshmi Mittal à bouger », estime Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et élue de Moselle.

Pour les socialistes, l’évolution est notable. Le 30 septembre dernier, c’est Arnaud Montebourg lui-même qui écartait l’hypothèse d’une nationalisation : « Ce n’est pas à l’ordre du jour, disait-il sur un plateau de télé. À chaque fois qu’on a nationalisé, l’État n’a pas été un très bon gestionnaire. Et il n’a pas d’argent non plus. » Le problème, cependant, de cette prise de conscience tardive, c’est que le gouvernement ne s’est pas doté d’outils permettant de faire plier le groupe ArcelorMittal. Pendant la campagne électorale, juché sur un camion de l’intersyndicale, François Hollande avait promis aux sidérurgistes de Florange un arsenal législatif qui permettrait de contraindre un groupe à céder, plutôt que fermer, les sites qu’il entend abandonner. Mais, lors de la conférence sociale début juillet, le gouvernement Ayrault a cédé à la pression du patronat et renvoyé ce sujet, tout comme l’encadrement des licenciements dans les groupes bénéficiaires, à la saint-glinglin du dialogue social... Ce qui risque de rapprocher encore Gandrange et Florange... Et au bout du compte, de rassembler Sarkozy et Hollande dans un même échec cinglant face à Mittal !

Thomas Lemahieu

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ArcelorMittal doit céder le site lorrain dans son ensemble, pas à la découpe

Tout le monde est d’accord : il n’y a pas d’avenir pour Florange si on laisse Mittal saucissonner les activités. Syndicats, gouvernement et candidats à la reprise font pression.

Il n’y a pas d’avenir pour Florange (Moselle) en cas de séparation des installations sidérurgiques entre les hauts-fourneaux et la filière froide. Le rapport Faure, commandé par le gouvernement et rendu public au cœur de l’été, a établi que l’usine lorraine était viable en tant que site intégré, qu’elle avait, dans sa globalité, une pertinence industrielle, économique et commerciale, mais qu’elle risquait de la perdre en cas de vente à la découpe. Tout le monde le pense désormais : c’est l’ensemble du site de Florange qui doit être cédé, pas ses deux hauts-fourneaux pris isolément. Les syndicats le savent et le clament depuis toujours. Les deux industriels qui seraient prêts, d’après le ministère du Redressement productif, à faire des offres de rachat semblent également convaincus puisqu’ils s’intéressent à un périmètre plus large que celui accordé au départ par Mittal. Et le gouvernement qui, jusqu’à présent, n’avait pas eu l’air de s’inquiéter véritablement de cet aspect pousse désormais la multinationale à accepter de mettre en vente son site lorrain dans son intégralité. « C’est au groupe ArcelorMittal qu’il revient de prendre ses responsabilités et d’accepter d’envisager un processus de cession de l’ensemble du site », ont écrit Michel Sapin et Arnaud Montebourg, vendredi, dans un communiqué.

Dès lors, tout l’enjeu, cette semaine, pour les syndicats comme pour le gouvernement, consiste à tordre le bras de Mittal, qui est manifestement prêt à fermer les hauts-fourneaux à Florange mais qui voudrait quand même garder des secteurs très rentables comme la production de tôles pour l’automobile ou les boîtes de conserve. Il s’agit donc à la fois d’élargir le périmètre de la cession à toutes les unités de Florange et de faire sauter le couperet fixé pour toute décision au 1er décembre par la multinationale dirigée par Lakshmi Mittal. La tâche s’annonce rude car la direction d’ArcelorMittal répond d’ores et déjà par un nouveau chantage. Dans un communiqué paru en fin de semaine, elle considère que la vente de ses activités à froid de 
Florange, alimentées par des brames venant de Dunkerque et produisant des « produits à forte valeur ajoutée » pour l’automobile, « mettrait en péril la viabilité du reste des activités d’ArcelorMittal en France où le groupe emploie 20 000 salariés ».

« Le site de Florange n’a de sens que s’il demeure intégré, rétorque Jacques Minet, secrétaire de la CFDT sur le site lorrain. Si on le découpe en petits morceaux, ça ne peut pas être pérenne à long terme. » Pour la fédération CGT de la métallurgie, les marques d’intérêt des industriels « démontrent la viabilité du site et ne peuvent que (nous) conforter : la sidérurgie lorraine et la sidérurgie française ont de l’avenir, pour peu qu’on se sorte des griffes d’un financier qui s’en désengage pour se réorienter vers l’exploitation minière, faisant fi des enjeux industriels français et européens. Il serait incohérent et dangereux pour toute l’industrie française de laisser Lakshmi Mittal fermer la phase à chaud de Florange au 1er décembre, sous prétexte qu’il n’y aurait pas de repreneur sur cette partie du site ».

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Le PCF a un plan pour l’avenir de l’industrie

Le Parti communiste français a présenté, samedi, à Lille, par la voix de son secrétaire national, Pierre Laurent, ses propositions pour la relance d’une industrie soucieuse d’écologie.

Lille (Nord), envoyée spéciale. Après avoir reçu les sidérurgistes de Florange et avoir interpelé François Hollande dans une lettre ouverte, le PCF a présenté, samedi, son « plan pour l’industrie française ». C’est dans l’une des salles du Grand Palais de Lille, en présence de plusieurs centaines de militants, qu’a eu lieu cette 2e rencontre nationale du PCF dans le cadre de la préparation de son 36e Congrès. L’objectif ? « Repartir à l’offensive et montrer que la condition de la transformation écologique et sociale passe par la renaissance d’une industrie puissante », explique le porte-parole Patrice Bessac, quelques minutes avant l’ouverture des deux tables rondes de l’après-midi conclues par un discours du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

Si les ambitions des communistes sont fortes concernant la question industrielle, c’est que leur diagnostic est tranché : « Un pays sans usine est un pays mort », lance Pierre Laurent, en appelant à déconstruire plusieurs « mythes », tels celui du « coût du travail », ou encore le « vieil attrape-couillon » de la compétitivité « forte avec les faibles et faible avec les forts ». Et de résumer : « La désindustrialisation de notre pays n’est pas simplement une conséquence de la crise. Elle est le fruit de l’échec cuisant de mauvaises politiques menées depuis trente-cinq ans. » Un constat largement partagé par les syndicalistes, économistes, élus invités à s’exprimer. À l’instar de l’économiste Jean-Christophe Le Duigou, qui estime que « la transformation de l’industrie ne peut s’accomplir sous les contraintes des règles financières qui se sont imposées depuis trente ans ».

À contre-courant de ces logiques, « notre plan est simple », annonce Pierre Laurent. Dénonçant la « stratégie des niches » qui a « permis aux grands groupes du CAC 40 de faire de juteux profits en affaiblissant la cohérence du tissu industriel français », le dirigeant communiste en appelle au « redéploiement des grandes filières » et à « un coup d’arrêt immédiat aux prédateurs ». À la clé : moratoire sur les licenciements, loi contre les licenciements boursiers et suppression des niches fiscales et sociales. Mais le plan présenté fait aussi place à l’écologie, car « industrie et écologie sont solidaires, l’une ne progressera plus sans l’autre », explique Pierre Laurent, évoquant non seulement « la transition énergétique » mais surtout « la transformation écologique » qui nécessite d’en finir avec « l’économie du jetable ». Une « révolution copernicienne » qui pourrait être à l’origine de « centaines de milliers d’emplois ».

Au-delà, c’est un modèle de « coopération » et de « partage » qui place « l’humain d’abord » que les communistes entendent opposer à celui de la concurrence et du profit. « Nouveaux droits et pouvoirs aux salariés », « système de sécurisation de l’emploi et de la formation », protection « des savoirs et savoir-faire de toute privatisation », « constitution de pôles publics industriels à l’échelle de l’Europe », « protection intelligente » contre le dumping social, « effort de recherche »… ne sont que quelques-unes des pistes, appuyées sur une autre utilisation de l’argent, avancées par le secrétaire national lors de son discours.

« L’industrie n’est pas une question réservée aux experts ni la seule affaire des patrons, elle concerne l’ensemble des citoyens », a estimé Bertrand Péricaud, conseiller régional PCF. Une conclusion reprise par Pierre Laurent qui, proposition de campagne anti-austérité de son parti à l’appui, a lancé : « En temps de crise, le sursaut doit venir du peuple. »

Le PCF interpelle sur le cas Mittal 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, 
a de nouveau appelé ce week-end 
le gouvernement à asseoir Mittal à la table 
pour l’avenir de Florange. « Nous pouvons 
arrêter le faux suspense du repreneur. 
L’État doit réunir avant le 30 novembre 
tous les acteurs impliqués ou intéressés 
par cette affaire », a-t-il estimé hier lors 
du meeting de la Fête de l’Humanité Normandie, 
à Rouen, tout en reformulant des propositions telle la « prise de contrôle des actifs sidérurgiques mosellans d’ArcelorMittal ».

Julia Hamlaoui

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Politique industrielle Points de vue

« Pour nos emplois, il faut passer aux actes » Olivier Leberquier, syndicaliste, Fralib.

« Nous sommes en lutte depuis 788 jours pour essayer de maintenir notre industrie. Nous faisons tout pour garder notre outil 
de travail, maintenir l’activité industrielle d’infusion et de thé à Marseille, et donc conserver la marque Éléphant. C’est essentiel puisqu’elle a cent vingt ans d’existence, qu’elle est née à Marseille et le groupe Unilever (son propriétaire – NDLR) veut la liquider pour la faire passer à terme sous la marque Lipton. Nous portons avec force l’idée que cette marque doit être réquisitionnée. Des positions très claires en ce sens ont été prises pendant la campagne électorale, notamment par le candidat qui est devenu depuis président de la République. Donc maintenant, il faut passer aux actes. On a déjà obtenu le bâtiment, le terrain, les machines, 
il nous faut la marque ! »

 « L’industrie automobile n’est pas morte »  Cédric Brun, syndicaliste, PSA Valenciennes.

« L’industrie automobile serait en crise, 
il y aurait surcapacité en Europe et surtout en France, et donc pas d’autres choix 
que de fermer les usines. Le groupe PSA, qui aujourd’hui annonce des pertes considérables, 
a d’abord, pendant dix ans, redistribué à ses actionnaires 6 milliards d’euros. Maintenant, ils tentent de faire croire que l’entreprise est morte. Mais par surcapacité, 
ils entendent simplement que leurs usines ne tournent pas à 150 %. Un prétexte pour fermer des usines, comme celle d’Aulnay, non pas parce qu’il n’y a plus de produits à fabriquer, mais pour surcharger les autres sites. Les véhicules seront quand même produits, mais avec moins d’usines et moins de travailleurs. Dans les boîtes qui font des milliards de bénéfices, des salariés d’à peine trente-cinq ans ne peuvent plus porter leurs enfants parce que leur santé est bousillée : voilà ce qu’est la productivité. »

« Sortir des griffes des patrons financiers »  Philippe Verbeke, syndicaliste, ArcelorMittal.

« Le marché de l’acier existe et a de l’avenir. L’enjeu, aujourd’hui, c’est de sortir des griffes de patrons financiers comme Mittal. Car au-delà de ce qui passe à la télévision – les fermetures de lignes ou de sites, les menaces sur Florange –, nous sommes confrontés au jour le jour à une désorganisation totale de notre travail. À tel point que si l’on n’arrête pas cette descente infernale, c’est l’incapacité à fournir de l’acier de qualité qui nous pend au nez. Un autre enjeu majeur est lié à la question des compétences. Nous sommes actuellement 45 000 salariés de la sidérurgie en France, 24 000 chez ArcelorMittal. D’ici trois ans, 25 % de ces effectifs partiront en retraite. Soit 11 000 emplois avec des compétences 
à renouveler. Mais l’embauche est actuellement gelée. »

« Le marché ne doit plus décider qui doit vivre »  Jacky Hénin, député européen PCF.

« L’Europe n’a pas de politique industrielle. Sa ligne de conduite est que seul 
le marché décide qui doit vivre ou mourir. Si cette tendance n’est pas inversée, nous serons au cœur d’énormes difficultés qui se traduiront par de nouvelles et massives suppressions d’emplois. Il est indispensable de concevoir l’industrie en tant que service à rendre aux populations pour les abonder en biens dont elles ont besoin pour vivre. L’industrie doit être socialement utile pour développer les territoires. (...) 
C’est un combat de longue haleine, mais essentiel. Car quand on détruit une industrie, on détruit de bons salaires, de la production de richesse, et on s’appauvrit, car c’est la collectivité qui supporte la charge de 
la recherche du profit maximum pour quelques-uns. »

Propos recueillis par J. H.

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Edité par T 34 - 28 Nov 2012 à 19:33
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Les Sanofi attendent des actes

Quelque 300 à 400 salariés du groupe pharmaceutique se sont rassemblés devant le siège de Sanofi, rue de la Boétie, à Paris, cet après-midi. Un « coup de pression » avant le rendez-vous prévu ce soir avec l’Elysée, où l’intersyndicale demandera une nouvelle fois le retrait du plan.

« Tant qu’on se bat, il y a de l’espoir. » A l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, CFE-CGC, CFTC, FO), 350 à 400 salariés de sites parisiens de Sanofi se sont rassemblés cet après-midi devant le siège du géant pharmaceutique, rue de la Boétie, dans le très chic 8e arrondissement de Paris. Batucada improvisée avec des bidons en plastique et des bouts de bois, et cornes de brume en veux-tu-en-voilà, les « Sanofi en colère », « fatigués de Sanofric », entendaient « marquer le coup » et « mettre la pression à l’Elysée », avant le rendez-vous prévu ce soir, à 18 heures, avec les conseillers de François Hollande. « On en est à la 4e manif nationale, le 21e jeudi de la colère et toujours le même mot d’ordre : le retrait du plan de restructuration », résume Philippe Guérin-Pétrement, coordonnateur FO. « On a déjà vu pas mal de ministre. Maintenant, on attend de l’Elysée qu’il tape plus fort que le ministre du Redressement productif. » « On en marre de la parlote », tranche Thierry Bodin, coordonnateur CGT. « On veut une intervention forte de l’Etat, car l’entreprise s’occupe de santé publique, touche des crédits impôts recherche, et sans la sécu, ne gagnerait pas d’argent. On estime que l’Etat peut exiger de la direction soit le retrait du plan et au minimum qu’il oblige la direction à geler la procédure, faire que l’ensemble des intervenants (direction, syndicats, Etat) se retrouve pour discuter sur les enjeux. »

Dans les rangs des militants, tous syndicats confondus, l’aménité est palpable. « Tout ce cirque dure depuis juillet. Il faudrait que ça bouge. D’autant qu’on ne croît toujours pas aux promesses de la direction sur les départs volontaires, sur les zéro licenciements et les non fermetures de sites », témoigne Stéphane Nivelle, militant CFDT, qui travaille à Paris Sud aux opérations commerciales. Alors que la direction évoque 914 suppressions de postes, les syndicats parlent, eux, d’un « impact minimum de 2 000 postes supprimés ». « L’objectif, c’est de passer de 3 à 5 milliards d’euros distribués aux actionnaires. Ce sont les 2 milliards d’euros du plan d’économie », confie Francis Lobbé, responsable CFTC.

« Ce plan n’a d’autre visées que financières, insiste Philippe Guérin-Pétrement, de FO. D’ailleurs, sur les chiffres de postes supprimés, la direction ne nous a jamais démontré qu’on avait tort. » « C’est la raison pour laquelle on demande aux députés de proposer un projet de loi contre les suppressions d’emploi à visée boursière. Maintenant que le PS est dans la majorité, il doit propose une loi allant dans ce sens. On ne peut pas accepter que le gouvernement ne fasse rien et soit seulement dans des dénonciations gentilles », poursuit Thierry Bodin. « Plus globalement, l’Etat doit s’engager aux côté des entreprises qui font les frais de la financiarisation », ajoute pour sa part Pascal Vially, coordonnateur CFDT. Et de souligner que « pour la première fois, tous les métiers sont concernés par ce plan ». « Les commerciaux, la recherche et la production de vaccins. Il en va de l’intérêt thérapeutique. Sanofi compte arrêter sept vaccins, dont celui de la rougeole, alors même qu’il y a une recrudescence de la maladie. Sans Sanofi, il y aura un manque cruel dans les traitements. Sanofi est en train de nier ses responsabilités en termes de santé public. »

« Les réponses qui nous seront apportées ce soir et la semaine prochaine, le 5 décembre, jour où nous serons auditionnés par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, détermineront la suite de la mobilisation. Il y a risque, face à l’absence de mesures concrètes, que la mobilisation prenne un autre tournant, plus fort », prévient le responsable CFDT, qui parachève son discours d’un « on ne lâchera rien ».

  • Lire aussi :

Sanofi, bientôt première entreprise du CAC 40
Les Sanofi de Toulouse ne lâcheront rien !
L’unanimité contre Sanofi : "Nous sommes tous au côté des salariés"

Alexandra Chaignon

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Un autre budget de gauche est possible

Il y a un an, toute la gauche adoptait au Sénat des mesures faisant payer le capital et les plus aisés des contribuables. Aujourd'hui, les sénateurs communistes républicains et citoyens (CRC) font valoir la pertinence de ce projet face à la crise.

par Maurice Ulrich

"Donc ce qui était juste et bon pour les sénateurs socialistes avant les élections présidentielle et législatives ne l’est plus. Ils sont en passe de rejeter désormais les amendements qu’ils avaient eux-mêmes proposés avec le Front de gauche, quand la droite était au pouvoir. Il ne s’agit pas là de chipotages et de bouts de ficelle. L’ensemble des mesures de ce contre-budget porte sur trente milliards ! C’est précisément le montant des économies que le gouvernement est censé faire dans le prochain budget.

Peu importent les mots qui viennent pour qualifier le fait. La réalité, c’est que la gauche qui gouverne passe délibérément à côté d’une occasion historique, oui, on dit bien historique, de mettre en œuvre une vraie politique de gauche telle qu’elle l’appelait elle-même de ses vœux et telle qu’elle semblait la concevoir dans une co-élaboration avec ses partenaires. Et, dans le même temps, une occasion de s’appuyer sur ceux qui l’ont élue et de retrouver leur confiance tout en répondant à une partie de leurs attentes.

On le sait, cette conversion qui fait que ce qui était blanc devient noir et inversement va rencontrer l’approbation de tous ceux, commentateurs, politiques 
et milieux patronaux, qui sommaient François Hollande et son gouvernement 
de se rendre enfin 
au « réalisme économique ». 
On a compris tout autant que nombre d’entre 
eux trouveront que ce n’est pas encore assez que cette politique budgétaire, comme ils trouvent insuffisant le pacte 
de compétitivité et comme ils trouvent toujours trop pesant le modèle social français, ou ce qu’il en reste 
et qu’ils veulent faire sauter.

Ainsi, nous expliquait hier matin sur France Inter, Nicolas Beytout, ancien directeur du Figaro 
et ancien directeur puis PDG du groupe Les Échos, 
la dégradation par l’agence de notation Moody’s 
de la note de la France, la semaine passée, signifie qu’elle doit faire plus, et notamment en réformant 
son marché du travail comme sa protection sociale. 
Signe des temps : aucun journaliste de l’Humanité, soit dit en passant, n’a une chronique sur France Inter, 
ni même n’y est invité régulièrement. Nicolas Beytout si, qui a une chronique hebdomadaire. C’est un expert bien sûr, puisqu’il a dirigé aussi bien le journal de Serge Dassault que le groupe de presse de Bernard Arnault !

Mais donc, évoquant la perte du triple A, il disait ceci 
à propos des négociations sociales à venir entre le patronat et les syndicats : « Désormais ce genre de réformes se conduira sous le regard d’un juge totalement insensible à l’opinion publique du pays et aux problèmes politiques du gouvernement. Ce juge, c’est les agences 
de notation et les marchés. » On ne saurait mieux dire, à cela près que, pour Nicolas Beytout, cela ne semble pas poser de problème, c’est simplement la nouvelle donne. La démocratie, les élections, les choix politiques ? Caduques. Le problème c’est qu’il n’est pas le seul, désormais, à le penser et que c’est bien sur les marchés que François Hollande et son gouvernement semblent dorénavant régler leur politique. Mais l’autre versant du problème c’est que ce sont les marchés qui mènent les peuples d’Europe dans le mur. Quel signe ce serait pourtant, quel levier du changement, maintenant, en France et en Europe, si ceux que la gauche a élus écoutaient la gauche !

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Tirs croisés des sénateurs sur les pigeons

Pour des raisons différentes, droite, centre et communistes ont rejeté l’amendement « pigeons ».

Les « pigeons » n’auront pas obtenu gain de cause jusqu’au bout. Sous la pression de ce groupe de patrons, l’Assemblée nationale avait voté, le 19 octobre, un assouplissement du régime de taxation des plus-values de cession d’entreprises : alors que le texte initial prévoyait 60 % de taxation lors de la vente d’une entreprise, cet aménagement faisait tomber l’impôt à 34,5 %. Mais vendredi, les sénateurs ont supprimé cet article de la loi.

Y a-t-il eu une « alliance de circonstance » entre UMP, centristes (UDI-UC) et communistes, qui ont « mis en minorité » le gouvernement et la majorité PS, écologistes et PRG (RDSE) par 190 voix contre 154 ? Droite et gauche n’ont évidemment pas voté pour les mêmes raisons. UMP et UDI-UC avaient voulu faire adopter une série d’amendements pour assouplir encore le système. Pour eux, la plus-value sur la vente d’une entreprise « ne constitue pas des revenus à proprement parler car ils échappent à la notion de régularité », estime l’UMP Louis Duvernois. Peine perdue, malgré leur soutien à des amendements RDSE allant dans leur sens.

Le groupe communiste se positionnait sur un autre registre, refusant d’emblée de voter l’article. Éric Bocquet fustigeait un « cadeau fiscal de plusieurs centaines de millions d’euros », pour lui « parfaitement injustifié ». Citant les « aventures d’un Charles Beigbeder (...) déjà débarrassé de Poweo » ou d’un « Pierre Kosciusko-Morizet, dont le site PriceMinister a dû être vendu à un fonds japonais », il estimait que ces « créateurs d’entreprises à durée limitée, pressés de se débarrasser de leurs sociétés » ne pouvaient bénéficier d’un « régime de faveur ».

S’il était facile aux observateurs de railler une « alliance » qui fragilisait le gouvernement, la motivation des divers groupes, sensiblement différente, n’a pas bénéficié de la même attention.

Grégory Marin

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SFR prépare un plan de 1 100 « départs »

L’opérateur téléphonique du groupe 
Vivendi recentrerait sa vente sur Internet.

Alors que SFR doit transmettre, mercredi, son plan de départs volontaires aux représentants du personnel, avant un comité central d’entreprise (CCE) prévu les 6 et 7 décembre prochains, les grandes lignes du projet ont déjà filtré dans la presse ce week-end. D’après la Tribune, l’opérateur téléphonique, filiale de Vivendi, devrait annoncer un plan de 1 100 départs volontaires qui s’accompagnerait d’un recentrage de tous les canaux de vente sur le Web. Cet objectif serait toutefois compensé par la promesse de la création de 300 postes, ce qui ramènerait à 800 le nombre de destructions d’emplois sur 10 000, soit 8 %. « Nous serons très vigilants sur la réalité du volontariat, quand l’alternative est de déménager à l’autre bout de la France », a pointé Vanessa Jereb (Unsa), qui reste méfiante sur les créations de postes annoncées puisque, en 2008, lors de la fusion avec Neuf Télécom, SFR avait prévu 400 créations d’emplois qui ont débouché, selon elle, sur moins de 
100 embauches.

D’après la Tribune, le PDG aurait déclaré que la vente de SFR n’est pas exclue, ce qui expliquerait la volonté d’aller vite avec les suppressions d’emplois, pour « tout régler » avant l’assemblée générale de Vivendi en juin 2013, d’après un délégué cité par le site Internet.

Fanny Doumayrou

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SFR confirme la suppression de 1 123 postes

D'après les syndicats de l'opérateur téléphonique du groupe 
Vivendi, 1 123 emplois vont être supprimés dans le cadre d'un plan de départs volontaires, compensés par le création de 267 postes, soit la suppression de 856 postes nets. L'intersyndicale a vigoureusement dénoncé cette annonce.

Au cours d'un Comité central d'entreprise (CCE), le PDG du groupe, Stéphane Roussel, a informé les syndicats du détail de ce plan annoncé en juillet pour "sauvegarder sa compétitivité"  et "accélérer sa mutation vers le numérique" dans un marché très concurrentiel, ont indiqué l'Unsa, la CFDT et la CFE-CGC alors que la réunion se poursuivait. L'intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CGT, SUD et UNSA) a vigoureusement dénoncé cette annonce: "Ces suppressions de postes et l'atteinte au droit à l'emploi sont d'autant moins justifiées que SFR reste une des entreprises les plus bénéficiaires du territoire national", soulignent les organisations syndicales dans un communiqué.

Ces annonces sont conformes aux estimations des principaux syndicats du deuxième opérateur télécoms français, qui s'attendaient à ce que le plan concerne environ 10% des effectifs, quelque 10.000 salariés. Le groupe avait annoncé en juillet son intention de lancer un tel plan pour réagir à la concurrence sur le marché de la téléphonie mobile, marqué notamment par l'arrivée de Free en janvier.

Dans la foulée de l'arrivée de ce quatrième opérateur, les deux autres opérateurs historiques, Bouygues Telecom et France Télécom-Orange, ont également annoncé des mesures sur l'emploi. Le premier a annoncé un plan de départs volontaires concernant 556 postes tandis que France Télécom va également supprimer des postes via des départs non remplacés.

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Edité par T 34 - 28 Nov 2012 à 21:34
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Nov 2012 à 20:33

Florange : la nationalisation défendue par les élus locaux

Dans une lettre ouverte, les élus de Moselle demandent à François Hollande de nationaliser temporairement l'usine ArcelorMittal de Florange pour sauver ses deux hauts fourneaux et les 629 emplois qui y sont attachés. Ce qui relance à gauche la question de la prise de contrôle par l'Etat initiée mercredi par Arnaud Montebourg et porté depuis longtemps par les syndicats.

"Comme le Ministre du Redressement Productif, nous demandons une prise de contrôle public temporaire de l'Etat pour permettre à un opérateur industriel de reprendre l'activité de l'ensemble du site", écrivent les élus lorrains dans une lettre ouverte adressée samedi au président de la République. Le courrier est co-signé par Jean-Pierre Masseret, président socialiste du conseil régional de Lorraine, Patrick Weiten, président UMP du conseil général de Moselle, les responsables départementaux de l'UMP, du PS, d'Europe Ecologie-Les Verts et du Parti communiste, par divers élus du bassin sidérurgique et par l'intersyndicale du site de Florange.
Les signataires justifient leur position par les enjeux "humains, territoriaux, industriels, technologiques et stratégiques" du dossier de Florange, dernière usine sidérurgique de Lorraine assurant l'ensemble du cycle de production de l'acier.  "Plus que jamais, nous sommes convaincus que l'industrie sidérurgique est hautement stratégique pour la France en particulier et pour l'Europe en général", "faute de quoi c'est toute une région qui risque, une fois encore, d'être victime alors que l'outil de production reste performant et porteur d'avenir", poursuivent-ils.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait évoqué cette éventualité mercredi, en raison du refus d'ArcelorMittal de vendre l'intégralité du site, seule solution à même d'intéresser un éventuel repreneur. Le ministre du Travail, Michel Sapin, avait ensuite désamorcé cette position en estimant sur LCI qu'"on (n'était) plus dans une époque où on nationalise la sidérurgie". La démarche des élus lorrains intervient à cinq jours de la fin du délai accordé par ArcelorMittal au gouvernement pour trouver un repreneur intéressé par la filière liquide (hauts-fourneaux, cokerie, aciérie).

Florange: la nationalisation est la "seule solution viable économiquement"

L’espoir suscité par le ministre Montebourg et la nationalisation envisagée du site de Florange est certain chez les syndicats, d'autant plus que le consensus autour de cette décision se renforce. Mais une question demeure : "On sent un réel volontarisme du gouvernement et de la majorité présidentielle, mais oseront-ils aller jusqu'au bout?" s’inquiète un syndicaliste CFDT.

Car le constat est assez partagé : "nationaliser la totalité du site de Florange, usine à chaud, usine à froid, seule solution viable économiquement comme stipulé dans le rapport Faure" rappelle encore ce lundi un communiqué de FO. Samedi encore, la CFDT, FO et la CGT avaient cosigné une lettre ouverte à François Hollande pour lui demander de nationaliser provisoirement l'usine sidérurgie, également paraphée par des élus mosellans PS, UMP, UDI et PCF.

Montebourg ferme, en paroles

Ainsi renforcé et légitimé, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a pu affirmer ce lundi après-midi : "Une prise de contrôle public temporaire est une option parfaitement raisonnable, qui est en train de s'imposer, parce qu'elle est à coût nul pour le contribuable, qu'elle est respectueuse de l'Etat de droit français et européen".
Le ministre avait auparavant déclaré dans les Echos : dans Les Echos "ne plus vouloir de Mittal en France". "Le problème des hauts fourneaux de Florange, ce n'est pas les hauts fourneaux de Florange, c'est Mittal" a tranché fermement le ministre, ajoutant que  "les mensonges de Mittal depuis 2006 sont accablants" et que le groupe n'a "jamais tenu ses engagements" vis-à-vis de l'Etat français. Il a tempéré quelque peu ses propos ce lundi : "Quand j'ai déclaré +nous ne voulons plus de Mittal en France+, j'ai voulu dire que nous ne voulons plus des méthodes de Mittal en France, des méthodes qui relèvent du non-respect des engagements, du chantage et des menaces".

Les syndicats prudents

Un discours ferme, mais qui ne rassure pas totalement les syndicats. "On sent un réel volontarisme du gouvernement et de la majorité présidentielle, mais oseront-ils aller jusqu'au bout?", s'est interrogé auprès de l'AFP le secrétaire adjoint CFDT du site, Frédéric Weber. La CGT, qui a toujours appelé à une nationalisation de l'ensemble du site, reste en revanche montrée plus prudente après les propos du ministre. "Pour nous, c'est un effet d'annonce. Tant qu'on n'aura pas vu de l'acier couler, tant que je ne retravaillerai pas dans les hauts-fourneaux, je n'y croirai pas", a insisté le responsable CGT. "Pour l'instant, il n'y a rien de concret. Après, que notre patron s'appelle Mittal ou autre qu'importe", a-t-il ajouté.

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Sauver Florange, une urgence

L'ultimatum imposé à l'Etat par Mittal pour trouver un repreneur arrive à échéance le 1er décembre. L'idée d'une prise de contrôle par l'Etat recueille de plus en plus de soutiens. Le PCF présente son plan pour relancer l'industrie. Dans son éditorial, Paule Masson pose la question de la crédibilité du gouvernement dans cette affaire.

Est-ce parce qu’il n’a plus le choix 
ou par conviction politique 
que le gouvernement envisage 
la possibilité d’affronter la toute-puissance d’un grand patron ? Depuis que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a évoqué publiquement, en fin de semaine 
dernière, la possibilité d’un « contrôle public, même temporaire » du site ArcelorMittal de Florange, une onde de soulagement se propage. Les salariés et syndicats réclament depuis des mois que l’État prenne 
ses responsabilités pour sauver un site sidérurgique que tous les rapports d’expertise jugent viables. Samedi, 
des élus de Moselle, de tous bords politiques, ont écrit 
à François Hollande pour appuyer cette solution. 
Au sein du Parti socialiste, les soutiens se multiplient. Claude Bartolone, François Rebsamen, Marie-Noëlle Lienemann, représentatifs de courants différents, appuient la solution de fermeté. On aimerait croire qu’une chape de plomb se soulève, qu’enfin, sur un dossier au moins, la voie du bon sens l’emporte sur 
les projets mortifères du patronat vis-à-vis de l’industrie.

Le président de la République, dit-on, ne serait pas défavorable à une prise de contrôle par l’État 
(que les syndicats réclament à hauteur 
de la minorité de blocage), quitte, ensuite, à revendre à un repreneur. Jean-Marc Ayrault aurait plus 
de réticences, par peur 
de s’attirer les foudres 
des employeurs. 
À n’en pas douter, 
une intrusion 
de la puissance publique dans les affaires d’une entreprise, même temporaire, déclencherait un lobbying patronal immédiat. 
Que gagnerait la gauche à y céder une fois de plus ?

Lakshmi Mittal est le PDG aux pleins pouvoirs d’un groupe sidérurgique mondial. Depuis des années, il usurpe les profits considérables de l’entreprise et utilise les aides publiques pour gonfler les dividendes. Il a floué tous les engagements pris au moment de l’OPA hostile de 2006. Il a poussé les feux d’une stratégie 
de prédation financière au détriment des conditions 
de travail et de l’investissement dans la recherche. 
Il va là où la rentabilité est immédiate, lâche l’acier pour se jeter sur le minerai de fer, ferme des sites en France 
et en Belgique. Cette gestion est emblématique de tout 
ce qui fait suffoquer l’économie et plonger l’industrie.

Voilà pourquoi le gouvernement joue sa crédibilité
avec ce dossier. Jusqu’à présent, il a échoué à obtenir un compromis, en demandant à Mittal de céder 
la totalité de l’activité, la filière liquide, dont le groupe veut se débarrasser mais aussi le traitement de l’acier qu’il souhaite garder. Aucun repreneur n’est intéressé 
par une vente à la découpe. Or, tout se joue cette semaine. 
Le gouvernement est acculé. Soit il renonce et le message politique qu’il envoie constitue un blanc-seing 
à la désindustrialisation du pays, soit il opte pour 
la fermeté face au financier, prend les commandes 
et il lance le signal, même timide, que la gauche n’est pas impuissante face au pouvoir de la finance. Poussé sur sa gauche, notamment par le PCF qui planchait ce week-end sur l’avenir de l’industrie, le pouvoir socialiste aurait tout intérêt à affirmer avec les salariés du secteur qu’il n’y a pas de relance de l’industrie sans sidérurgie forte. Ce qui ne signifie pas un statut quo en matière d’infrastructures ou de production face aux besoins de demain et défis écologiques. Mais pour l’heure, l’urgence consiste 
à préserver les deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine.

Paule Masson

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Edité par T 34 - 26 Nov 2012 à 18:19
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Nov 2012 à 23:41

Editorial Par Maurice Ulrich

L’offensive

Au fond, ce n’est pas vraiment 
la compétitivité 
qui est en jeu. 
C’est le profit.

Renault a commencé son opération en Espagne et la poursuit désormais en France. C’est 
un chantage, il n’est pas d’autre mot. Alors que l’Espagne comptera bientôt 6 millions de chômeurs, le groupe avait la partie belle pour, en échange de quelques centaines d’embauches, obtenir une baisse générale des salaires de 27,5 % et une généralisation de la flexibilité. Il ne s’agit pas de mesures propres à la situation espagnole. Il prend appui sur cette bataille gagnée pour mener sa bataille de France et a dévoilé ses batteries voici quelques jours. Le maintien 
des sites de production contre des renoncements en matière de salaires, de contrats de travail, etc. C’est de ce point de vue, à juste titre, que le président du groupe communiste à l’Assemblée nationale pose cette question : quelle est la position du gouvernement alors que l’État est actionnaire de Renault à 15 % ? On peut aussi se souvenir que Louis Schweitzer, qui a été lui-même le patron 
de Renault, déclarait, voici quelques jours, que le coût 
du travail n’était pas le seul critère de la compétitivité.

Mais, au fond, ce n’est pas vraiment 
la compétitivité qui est en jeu. C’est le profit.
Il n’y a pas un cas Renault, spécifique à la situation 
de l’automobile en France. Nous sommes sous 
le coup d’une offensive du capitalisme absolument sans précédent, en France, 
où elle est revendiquée par le Medef, et à l’échelle 
de l’Europe. Elle vise 
à faire baisser, on vient de le voir, le coût du travail d’une manière drastique. À exploser la notion même de contrat de travail 
et les limitations horaires, à généraliser la liberté de licencier. Ils appellent cela faire sauter les verrous. En Espagne, où de telles mesures ont été adoptées, cela s’est traduit, dans la dernière période, par 300 000 suppressions d’emplois.

En réalité, les dettes publiques, qui justifient les politiques d’austérité, la récession économique et donc, de nouveau, le gonflement des dettes, 
ne sont pas la cause de la situation que connaît l’Europe. 
Ce n’est pas pour y faire face qu’il faudrait prendre de telles mesures concernant le travail. Non, c’est l’inverse. Les dettes publiques et les politiques d’austérité sont mises à profit (c’est bien le mot) pour imposer aux peuples de l’Europe une régression sociale sans égale. 
Et, il faut l’ajouter, une formidable régression démocratique. La dégradation de la note de la France par l’agence Moody’s est un programme économique et politique que les marchés financiers entendent nous imposer. Mais c’est aussi ce qui se passe au niveau européen où sont aux commandes, à de multiples niveaux, les mandataires de ces mêmes marchés.

Le prochain sommet budgétaire des 22 et 23 novembre buterait, dit-on, sur l’intransigeance de Londres, qui voudrait une politique de restrictions. Mais c’est aussi la position de madame Merkel, c’est aussi sur certains aspects celle du président du Conseil européen, le navrant M. Rompuy. Où est la politique de relance de la croissance que François Hollande se faisait fort d’avoir obtenue en échange de son ralliement au traité d’austérité ? La semaine passée, l’ampleur des manifestations en Europe avait amené plusieurs commentateurs, même libéraux, à s’inquiéter 
de ces politiques d’austérité. C’est sans doute la preuve qu’il n’y a d’autre chemin, face à cette offensive, 
que la résistance et la mobilisation des peuples.

Maurice Ulrich

Les impasses de la stratégie de Ghosn

En Europe, où les ventes ont baissé de 7% en 2012, Renault, comme ses concurrents, souffre d’abord de la baisse du pouvoir d’achat.

Les maux de l’industrie auto ? Selon le schéma de Carlos Ghosn, le PDG de Renault, rien de plus simple : tout tiendrait à un « coût du travail » excessif. Pas l’ombre d’une interrogation, par exemple, sur la stratégie qui a conduit les constructeurs à se spécialiser dans le bas de gamme, où la concurrence est la plus forte, et les marges les plus faibles. Dans le discours de M. Ghosn, pas de trace non plus d’un autre coût, celui du capital, que l’on imagine pourtant important (en termes de charges d’intérêts) pour Renault, endetté à hauteur de plus de 800 millions d’euros. D’autres questions encore peuvent être soulevées sur les surcapacités des usines françaises, alors que ces dernières années ont vu augmenter fortement, au fil des délocalisations, le nombre de Renault montées à l’étranger… et pour une part réimportées en France. Admettons pourtant, un instant, que l’on réduise le « coût du travail » en baissant de 5 points les cotisations sociales : sur un véhicule vendu 10 000 euros, cela représenterait une réduction de 80 euros, selon un calcul des économistes de la CGT. Comment imaginer que cela permette de gagner des parts de marché significatives ? Car ce que M. Ghosn feint d’ignorer, c’est l’impact majeur de la crise économique qui secoue l’Europe et de ses conséquences sur le pouvoir d’achat. Sur les dix mois écoulés de 2012, les immatriculations dans l’Union européenne toutes marques confondues ont reculé de 7,3 %, comparées à 2011. Outre la France (– 13,3 %), les chutes les plus fortes sont enregistrées en Grèce (– 39,9 %), au Portugal (– 38,3 %), en Italie (– 19,7 %), en Espagne (– 11,9 %). Soit les pays soumis aux plus dures cures d’austérité et où la croissance baisse le plus. Pur hasard ?

Yves Housson

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Renault passe à l’attaque sur la flexibilité

Dans la droite ligne de l’offensive du Medef, le groupe automobile tente d’imposer un accord de compétitivité en exerçant un chantage à la fermeture de sites en France. 
Pour parvenir à ses fins, Renault met en avant les concessions qu’il a arrachées à ses salariés espagnols.

« Donnant donnant », « compromis », « concessions »… Derrière ces qualificatifs consensuels se prépare une agression patronale sans précédent. En voulant imposer aux salariés de l’ensemble de ses sites français des reculs sociaux au nom de la sauvegarde de la compétitivité, en plein milieu des négociations syndicats-patronats sur la sécurisation de l’emploi, Renault s’avance comme le cheval de Troie du Medef. Si le constructeur automobile n’a pas encore complètement abattu ses cartes sur l’ampleur des régressions sociales qu’il entend obtenir en échange d’un engagement au conditionnel « à ne pas fermer d’usines en France », l’orientation qui se dégage des deux premières réunions de négociations avec les syndicats a tout d’un chantage à l’emploi.

Le groupe comme le cheval de Troie du Medef

Dans la lignée de l’« accord de la peur » conclu récemment avec les syndicats espagnols pour tirer salaires et conditions de travail à la baisse (voir page 3), Renault joue de la sinistrose ambiante sur le marché automobile européen et du traumatisme généré par l’annonce de la fermeture du site PSA d’Aulnay-sous-Bois pour tenter de faire plier les salariés français pour qu’ils s’alignent, ou du moins se rapprochent, des conditions de travail de ses travailleurs espagnols. « L’amélioration de la compétitivité de Renault est un sujet de survie pour la France », assénait fin septembre dans les colonnes du Figaro le PDG du groupe, Carlos Ghosn. Se gardant bien de communiquer sur les 324 millions d’euros versés cette année en dividendes aux actionnaires au titre de l’exercice 2011, ou sur ses propres émoluments frôlant les 3 millions d’euros l’an dernier, le patron de choc ne ménage pas ses efforts quand il s’agit de taper sur le « coût » du travail… des salariés.

obliger plutôt qu’inciter à la mobilité intersites

Si le gros des discussions sur la flexibilité du temps de travail et des salaires devrait avoir lieu dans les semaines qui viennent, la direction a déjà posé quelques propositions pour le moins inquiétantes sur la table : mutualisation des fonctions support (formation, suivi qualité, comptabilité, maintenance, logistique, communication…) sur un seul site pour faire la « chasse aux doublons » et supprimer des postes au passage, regroupement des sites de production en deux pôles et « fluidification » des mouvements du personnel, comprendre : obliger plutôt qu’inciter les salariés à la mobilité intersites. « La direction ne trouve pas assez de volontaires pour aller travailler dans une usine autre que la leur, et quand il y en a, ce ne sont pas forcément les profils qu’ils cherchent. Et surtout, ça leur coûte cher, puisqu’ils versent une prime qui peut aller jusqu’à 1 000 euros aux salariés en mobilité », explique Fabien Gâche, délégué CGT central, qui affirme que la direction veut rendre le principe de mobilité « opposable » aux salariés. Certaines usines, comme celle de Flins, étant surchargées et d’autres, comme celle de Douai, manquant chroniquement de volumes de production, tout l’intérêt de cet accord serait de permettre à la direction de déplacer à son bon vouloir les flux de travailleurs sur les sites manquant de bras, en diminuant le recours à l’intérim ou à d’autres mesures jugées coûteuses. « (Un tel dispositif) représenterait une solution pour limiter le recours au chômage partiel, éviter les licenciements économiques et donc préserver l’emploi et les compétences », fait valoir la direction de Renault dans un communiqué. Intention faussement louable, si l’on en croit Fabien Gâche, qui juge au contraire qu’un tel mécanisme risque de « rendre les usines qui souffrent déjà du manque de volume à produire encore plus déficitaires », appelant à l’inverse au rééquilibrage de l’activité entre les sites. « Ce dispositif, c’est l’inverse d’une garantie de maintien de l’emploi », souligne le syndicaliste, qui y voit au contraire le prélude à une fermeture d’usine sous-utilisée.

Si ces négociations vers un accord de compétitivité constituent une étape décisive dans l’offensive patronale, cette mise en concurrence des salariés de différents pays ne risque pas de s’arrêter avec la conclusion de cet accord. « L’internationalisation de Renault a toujours consisté à mettre en concurrence les salariés français et espagnols d’un côté et les salariés roumains et marocains de l’autre », explique Aziz Khensous, représentant CGT au comité de groupe, appelant ses collègues étrangers à ne pas céder au chantage, mais au contraire à « maintenir leurs acquis dans l’intérêt de tous ».

La Direction veut aller plus vite

Pressée d'en finir avec les négociations, la Direction qui espérait conclure son accord de compétitivité pour Janvier, veut accélérer le mouvement. "nous devons aller plus vite. En termes de réduction des coûts, nous n'y sommes pas encore.Nous sommes toujours une grande bureaucratie. Nous devons être plus flexibles" a déclaré mardi le numéro deux du groupe, Carlos Tavares. "On est déjà en phase de préparation à l'offensive, on ne va pas rester là à encaisser les coups", a prévenu Aziz Khensous , de la CGT

Loan Nguyen

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Haute tension chez Arkema

À Pierre-Bénite, la direction du groupe refuse une proposition de médiation.

Le bras de fer continue chez Arkema à Pierre-Bénite (Rhône). La semaine dernière, le groupe a prétexté un mouvement de grève, à l’appel de la CGT, pour retirer une promesse d’investissement de 70 millions d’euros sur ce site. Un « chantage » selon l’organisation syndicale. En début de semaine, le préfet de région a proposé sa médiation mais, mardi soir, la direction d’Arkema a décliné l’offre : « Nous sommes sensibles à la proposition, mais la médiation n’est pas dans notre culture de travail », a expliqué au Progrès le directeur général du groupe.

Selon la direction d’Arkema, « la situation de l’usine et son avenir doivent être analysés sereinement au cours des mois qui viennent ». Côté CGT, Nicolas Avinin rappelle : « Nous sommes prêts à discuter. Nous ne sommes pas contre les investissements, mais contre la réorganisation qu’ils impliquent : il n’y a pas assez de créations de postes, cela poserait des problèmes de sécurité. »

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Le labo profite, l’emploi déguste

Hier, à Paris, une centaine de salariés d’Eurofins, un groupe français qui vient d’installer son siège social au Luxembourg, protestaient contre un plan de licenciements boursiers qui frappe les laboratoires.

Place de la Bourse, à Paris, hier après-midi, quelques salariés d’Eurofins, un groupe français de biotechnologies, se retrouvent. Pour beaucoup, ils ne se connaissent pas, sont un peu perdus. Ils seraient bien allés devant l’Assemblée, mais un policier en civil le leur déconseille vivement, faute d’autorisation. Ils viennent des quatre coins du pays : Lille, Montpellier, Forbach, Bordeaux et Lorient. Ils travaillent tous dans de petits laboratoires spécialisés dans les analyses de l’eau, des produits agroalimentaires et pharmaceutiques. Le groupe, qui vient de transférer son siège social de Nantes au Luxembourg, taille dans les effectifs, alors que, dans toutes ses communications financières, il promet le doublement de son chiffre d’affaires en cinq ans, met en avant les plus de 100 millions d’euros de profits déjà dégagés en 2012 ou vante l’augmentation de « + 5 000 % » du cours de son action depuis son entrée en Bourse en 1997.

Alors, devant le palais Brongniart, qui n’abrite plus la place financière de Paris, ils se sentent au bon endroit. De leurs bouches ne sortent que dénonciations des profits contre l’emploi ou description du paradis fiscal en « enfer des salariés ». Pour Firat Celebi, délégué CGT à Forbach (Moselle), un laboratoire où un premier plan a fait fondre les effectifs de 140 salariés à 40, « c’était un peu notre idée de rassembler tout le monde à Paris. On est tous confrontés aux mêmes pratiques : les patrons envoient des spécialistes pour nettoyer nos laboratoires ». Maître Marion Descamps, avocate des salariés lorrains, confirme : « Eurofins expédie des consultants qui, très vite, prennent les rênes à la place des directions et lancent les procédures de licenciements. »

Secrétaire SUD du comité d’entreprise du labo Eurofins de Bordeaux (100 salariés, 80 licenciements envisagés), Nicolas Gaspard démonte la stratégie du groupe. « On fait des analyses sanitaires dans de nombreux domaines, pour les blocs opératoires des cliniques, les eaux de baignade ou les plats cuisinés… Le but du groupe, c’est de transformer tous les labos acquis au fil des années en plates-formes logistiques qui enverraient les échantillons à des usines pour les analyses. » Avec ses collègues, il décrit un processus qui, couplé à la délocalisation du siège social, impute les coûts aux petits labos et centralise les profits au Luxembourg. « Partout, ils ferment les services de comptabilité et virent les commerciaux, et ils nous facturent des coûts de structure extrêmement chers pour plomber nos comptes et tout justifier… » Non loin, Nicolas Audignon, délégué CGT à Montpellier, va dans le même sens : « Eurofins, c’est vraiment du zéro social et un max pour les profits… Il n’y a que les dividendes qui les intéressent. »

La Bourse ou la vie

Ils se battent contre les licenciements sur les sites français 
du groupe Eurofins et, attachés à leurs missions de service 
public de contrôle sanitaire, donnent l’alerte sur les risques liés 
à la disparition de leurs laboratoires de proximité. « Il y a 
une dimension sanitaire importante dans cette affaire, disent 
ces analystes de Bordeaux et de Lorient. Si on n’a pas rapidement les résultats, en cas de légionelle dans des aliments, par exemple, cela peut avoir des conséquences néfastes… »

Thomas Lemahieu

Source

André Chassaigne « Un laboratoire de l’État sur la compétitivité »

député PCF du Puy-de-Dôme.

On assiste à un chantage qui conditionnerait le maintien de tous les sites en France à l’acceptation d’un accord présenté par Renault. Et c’est une promesse très hypothétique. On a l’expérience de ce type de chantage dans de très nombreuses entreprises, comme Continental, qui ont finalement fermé ou supprimé des emplois. C’est d’autant plus grave à Renault dans la mesure où l’État est actionnaire à 15 %. C’est une forme de laboratoire pour l’État dans l’accompagnement d’une soi-disant compétitivité : c’est-à-dire la flexibilité sur la durée du temps de travail et les conditions de travail, sur des mesures de salaire ou de mobilité. Derrière tout cela, le gouvernement cède à la logique financière en ne s’attaquant pas au coût du capital dans la production industrielle, et, pour l’essentiel, écoute plus les exigences du grand patronat que les propositions des salariés. Nous proposons une autre politique industrielle, qui soit une véritable stratégie de développement publique, et qui doit être négociée avec toutes les parties concernées, en particulier les organisations syndicales. Le premier levier consisterait à donner de nouveaux pouvoirs aux salariés pour qu’ils puissent intervenir sur les orientations de l’entreprise. Pour que l’État soit partie prenante des politiques industrielles, il doit donc être davantage présent dans les entreprises en termes de participation avec un droit de regard et d’intervention qui n’existe pas actuellement. Ce qui pose la nécessité d’un pôle public du crédit qui permettrait à l’État de mettre en œuvre ces politiques publiques au sein des entreprises dans lequel il serait représenté.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Nov 2012 à 22:21

Sapin à propos de Florange : "les nationalisations dans la sidérurgie sont du passé"

Par cette sinistre déclaration, le ministre du Travail risque surtout de signifier que c’est la sidérurgie française qui appartient au passé. Il recadre par la droite son collègue Arnaud Montebourg qui brandissait, enfin, la menace d’un contrôle public des installations d’ArcelorMittal.

"Mittal aujourd'hui est redevable aux yeux de l'administration fiscale française d'une dette fiscale que nous considérons comme astronomique" déclarait jeudi soir devant le Sénat Arnaud Montebourg, déplorant la gestion calamiteuse de l’homme d’affaire indien Mittal depuis son OPA sur le groupe français Arcelor. "L'éventualité d'un contrôle public, même temporaire, doit faire l'objet d'une étude sérieuse par le gouvernement, et c'est (...) ce à quoi nous nous sommes attelés depuis plusieurs mois".

Le ministre du Redressement productif avait annoncé que le gouvernement avait reçu "deux offres et marques d'intérêts" pour le site, mais dans un "périmètre plus large que celui octroyé par Mittal" et demandait à ce dernier d'aller plus loin.  Il réclamait à Mittal d'inclure dans la cession non seulement la filière liquide, qu'ArcelorMittal souhaite fermer, mais également les autres installations, notamment de traitement et finition de l'acier, dont le groupe ne souhaite pas se séparer. La mise sous tutelle part l’Etat permettrait de débloquer la situation. Yves Fabbri, délégué CGT, ne si trompait pas, puisqu’il commentait suite aux déclarations de Montebourg : "Le poids des mots est important, mais à une semaine de l'ultimatum, on attend autre chose de Montebourg que des mots, on attend une position radicale". Il craint toujours "que le 1er décembre on ne se retrouve autour d'une table pour discuter d'un plan de sauvegarde de l'emploi".

La douche froide

"Ce que voulait exprimer Arnaud Montebourg, c'est la volonté gouvernementale qu'il y ait une solution là-bas, pour qu'on continue à faire fonctionner les hauts fourneaux" a recadré le ministre du Travail Michel Sapin. "La bonne solution c'est d'examiner les propositions qui sont faites par d'autres entreprises pour faire en sorte qu'ArcelorMittal accepte de vendre pas cher cet ensemble et de manière qui soit cohérente, qui soit tenable. Alors si ensuite il y a une période de transition entre aujourd'hui et après-demain, pourquoi pas, mais on n'est plus dans une époque où on nationalise la sidérurgie".

Au nom du crédo libéral qu’a fait sien le ministre du Travail, le sauvetage de la sidérurgie française est de plus en plus compromis, d’autant qu’il y a urgence, le gouvernement, qui s’est fait imposer un ultimatum par Mittal, n’a plus qu’une semaine pour trouver un repreneur. Et pourtant des solutions existent, proposées par les salariés, à ce sujet lire "Non, la sidérurgie n’est pas archaïque", par Lionel Burriello, délégué du personnel CGT chez ArcelorMittal. La gauche avance également des solutions, il y a quelques jours Pierre Laurent a écrit à François Hollande une lettre ouverte avançant un ensemble de propositions pour sortir la sidérurgie française du mauvais pas dans lequel elle se trouve et ouvrir la voie à une solution d'avenir.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Nov 2012 à 20:42

Aujourd'hui dans l'Humanité : Renault donne le LA

Le constructeur automobile pousse les feux de la flexibilité du travail. Il tente d'imposer en France "l'accord de la peur" signé en Espagne. C'est une véritable offensive, un chantage, selon les mots de Maurice Ulrich qui signe l'éditorial.

Renault a commencé son opération en Espagne et la poursuit désormais en France. C’est 
un chantage, il n’est pas d’autre mot. Alors que l’Espagne comptera bientôt 6 millions de chômeurs, le groupe avait la partie belle pour, en échange de quelques centaines d’embauches, obtenir une baisse générale des salaires de 27,5 % et une généralisation de la flexibilité. Il ne s’agit pas de mesures propres à la situation espagnole. Il prend appui sur cette bataille gagnée pour mener sa bataille de France et a dévoilé ses batteries voici quelques jours. Le maintien 
des sites de production contre des renoncements en matière de salaires, de contrats de travail, etc. C’est de ce point de vue, à juste titre, que le président du groupe communiste à l’Assemblée nationale pose cette question : quelle est la position du gouvernement alors que l’État est actionnaire de Renault à 15 % ? On peut aussi se souvenir que Louis Schweitzer, qui a été lui-même le patron 
de Renault, déclarait, voici quelques jours, que le coût 
du travail n’était pas le seul critère de la compétitivité.

Mais, au fond, ce n’est pas vraiment 
la compétitivité qui est en jeu. C’est le profit.
Il n’y a pas un cas Renault, spécifique à la situation 
de l’automobile en France. Nous sommes sous 
le coup d’une offensive du capitalisme absolument sans précédent, en France, 
où elle est revendiquée par le Medef, et à l’échelle 
de l’Europe. Elle vise 
à faire baisser, on vient de le voir, le coût du travail d’une manière drastique. À exploser la notion même de contrat de travail 
et les limitations horaires, à généraliser la liberté de licencier. Ils appellent cela faire sauter les verrous. En Espagne, où de telles mesures ont été adoptées, cela s’est traduit, dans la dernière période, par 300 000 suppressions d’emplois.

En réalité, les dettes publiques, qui justifient les politiques d’austérité, la récession économique et donc, de nouveau, le gonflement des dettes, 
ne sont pas la cause de la situation que connaît l’Europe. 
Ce n’est pas pour y faire face qu’il faudrait prendre de telles mesures concernant le travail. Non, c’est l’inverse. Les dettes publiques et les politiques d’austérité sont mises à profit (c’est bien le mot) pour imposer aux peuples de l’Europe une régression sociale sans égale. 
Et, il faut l’ajouter, une formidable régression démocratique. La dégradation de la note de la France par l’agence Moody’s est un programme économique et politique que les marchés financiers entendent nous imposer. Mais c’est aussi ce qui se passe au niveau européen où sont aux commandes, à de multiples niveaux, les mandataires de ces mêmes marchés.

Le prochain sommet budgétaire des 22 et 23 novembre buterait, dit-on, sur l’intransigeance de Londres, qui voudrait une politique de restrictions. Mais c’est aussi la position de madame Merkel, c’est aussi sur certains aspects celle du président du Conseil européen, le navrant M. Rompuy. Où est la politique de relance de la croissance que François Hollande se faisait fort d’avoir obtenue en échange de son ralliement au traité d’austérité ? La semaine passée, l’ampleur des manifestations en Europe avait amené plusieurs commentateurs, même libéraux, à s’inquiéter 
de ces politiques d’austérité. C’est sans doute la preuve qu’il n’y a d’autre chemin, face à cette offensive, 
que la résistance et la mobilisation des peuples.
Au fond, ce n’est pas vraiment 
la compétitivité 
qui est en jeu. 
C’est le profit.

Maurice Ulrich

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Albany France : plus de 200 emplois supprimés

Malgré les promesses de campagne de François Hollande "l’outil industriel performant made in Limousin mondialement reconnu" devrait perdre plus de la moitié de ses employés. La coupe est de même ampleur dans l’usine de Sélestat (Bas-Rhin).

Le groupe Albany, spécialisé dans les tissus techniques et textiles pour industrie, vient de confirmer la suppression de plus de 200 emplois sur ses sites de Sélestat (Bas-Rhin) et Saint-Junien (Haute-Vienne). Lors d'un comité central d'entreprise en Suisse, la direction Europe d'Albany international, a ainsi annoncé la suppression de 127 emplois sur l'usine de Sélestat, qui compte 227 salariés, et 75 à Saint-Junien, qui en compte près de 130, a indiqué à l'AFP Christophe Sardin, délégué CGT au comité d'entreprise, présent mercredi à la réunion. Selon les syndicats, les suppressions d'emplois annoncées mercredi ont été présentées par Albany International comme la conséquence d'"un problème de rentabilité sur la production à l'échelle européenne". Elles interviendraient à échéance 2014. La direction s'est engagée à reclasser "un maximum de personnel" et a indiqué notamment qu'elle ouvrirait 60 postes sur un site de Commercy (Meuse).

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait pourtant rencontré les salariés vendredi dernier à Limoges, appelant à une table ronde. Le ministre avait été interpellé par une délégation de salariés et d’élus de Saint-Junien venus lui rappeler les promesses de campagne de François Hollande quant à l’avenir de leur usine de tissus techniques, «outil industriel performant made in Limousin mondialement reconnu». Le 8 mars dernier, sous la pression des élus politiques de gauche, des salariés et de la population, la direction d’Albany, le groupe américain Albany International, avait renoncé à fermer le site. «Mais début octobre, la direction Europe Albany International a de nouveau exprimé son intention de transférer une partie de la production du site en Amérique du Nord et en Asie», laissant craindre un nouveau plan social, explique Christophe Sardin, de la délégation CGT.

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Le congrès des maires de France envahit par les salariés d’Aulnay

Une centaine de salariés du site de PSA à Aulnay-sous-bois, dont la fermeture est programmée pour 2014, ont envahi ce jeudi la salle où se tenait le congrès des maires de France. Ils ont interrompu le discours à la tribune de la ministre Marylise Lebranchu.

Aux cris de "Non aux licenciements", ils ont couvert la voix de la ministre de la Réforme de l'Etat et de la décentralisation, contrainte d'interrompre son allocution de clôture du congrès des maires, puis sont montés à la tribune. Le délégué syndical central CGT Jean-Pierre Mercier a demandé au micro à Mme Lebranchu de pouvoir rencontrer "immédiatement" des membres du gouvernement.
"On demande un rendez-vous express avec le gouvernement pour se mettre autour de la table et garantir l'emploi et les salaires des salariés de Peugeot", a déclaré M. Mercier, tandis que les manifestants scandaient : "salariés licenciés, communes asphyxiées"."Avec les élus locaux, nous considérons que nous avons un intérêt commun face aux licenciements et aux fermetures de site". Les manifestants, qui ont aussi scandé "de l'argent, il y en a dans les caisses de PSA", ont distribué et répandu un tracts signé des "salariés en lutte de PSA Aulnay", et intitulé: "maires et élus, les salariés de PSA Aulnay s'adressent à vous".
M. Mercier s'est aussi insurgé contre "les promesses non tenues de Hollande" qui, juste après l'annonce avant le 14 juillet dernier de la fermeture du site d'Aulnay, avait jugé "inacceptable" cette décision de la direction du groupe.

Les manifestants sont resté une petite demi-heure et sont repartis peu avant 16H00. Juste après leur départ, Mme Lebranchu a affirmé à la tribune: "nous sommes solidaires des gens qui perdent leur travail" et les a "remerciés" d'être repartis. Les salariés d’Aulnay ont obtenu un rendez-vous mardi prochain au ministère du Travail.

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Budget 2013, une logique d’austérité handicapante

Les députés se prononcent sur le projet de loi de finances 2013 qui, avec 20 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, dont 10 sur les ménages, et 10 milliards de dépenses publiques en moins, amorce le tournant de la rigueur.

Le projet de loi de finances pour 2013, marqué du sceau de la rigueur voulue par le chef de l’État et le gouvernement, est soumis, cet après-midi à l’Assemblée nationale, au vote des députés.

Vingt milliards d’euros de ponctions supplémentaires au titre des recettes nouvelles dont 9,1 milliards de hausses d’impôts sur les ménages et 10,8 sur les entreprises. Et dix milliards d’économies sur les dépenses publiques. Si cette augmentation des prélèvements sur les entreprises est réelle, elle n’en représente pas moins qu’une goutte d’eau quand on sait, par exemple, que les seules entreprises du CAC 40 ont réalisé, pour la seule année 2011, plus de 74 milliards d’euros de profits. Elle ne marquera pas de véritable rupture. Ainsi, la taxation des grandes entreprises est toujours trois fois moins importante que celle des PME (11 et 33 %) et la taxation du capital n’égale toujours pas celle du travail.

Un régime de vaches maigres

Concernant l’impôt sur les ménages, si l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est partiellement réaménagé, sans abroger la totalité des avantages obtenus par les plus riches contribuables sous Sarkozy (ISF à partir de 1,3 million d’euros et non plus 800 000 euros). De même, la taxation de 75 % des sommes au-dessus d’un million d’euros de revenus par an (qui ne touchera que peu de personnes) ne peut masquer le fait que la réforme fiscale instituant une réelle progressivité des prélèvements reste à faire. Car, de fait, beaucoup de ces neufs milliards d’impôts nouveaux se feront sur le dos des contribuables. Contribuant à fragiliser encore un peu plus un pouvoir d’achat en berne depuis maintenant plusieurs années. À cela s’ajoute la baisse de 10 milliards des dépenses publiques. Hormis les priorités annoncées par le gouvernement – l’éducation, la sécurité et la justice –, c’est le régime des vaches maigres pour l’ensemble des autres secteurs de l’action publique. C’est préoccupant quant à la capacité du gouvernement à répondre aux besoins des Français et du pays. D’autant qu’ajouté aux 20 milliards d’euros de crédit d’impôt en faveur des entreprises au titre de la compétitivité que les Français paieront, en 2014, via l’augmentation de la TVA et l’annonce faite par François Hollande, lors de sa conférence de presse, de diminuer de 60 milliards d’euros la dépense publique jusqu’en 2017… Ce n’est plus de la rigueur mais une véritable cure d’austérité qu’amorce le projet de loi de finances pour 2013.

Le chef de l’État justifie cette politique au nom du redressement des comptes publics, de l’objectif des 3 % de déficit public en 2013 et pour gagner la bataille de l’emploi « en inversant la courbe du chômage fin 2013 ». Seulement le taux de croissance de 0,8 % prévu en 2013 a du plomb dans l’aile. François Hollande lui-même le conditionnant à « la sortie de crise dans la zone euro, au soutien des économies américaine et asiatique et à la maîtrise des coûts de l’énergie », ce qui rend la prévision très hypothétique. La probabilité d’un taux de croissance de 0,4 %, voire moins, aggrave la perspective de sortie de la crise. D’autant que la baisse de la dépense publique, outre le recul quant à la réponse aux besoins sociaux, ne peut qu’entraver la relance par l’investissement. Surtout quand elle se traduira par une baisse des dotations aux collectivités qui réalisent 70 % des investissements publics en France. De même que la mise à mal du pouvoir d’achat des Français joue contre un des éléments indispensables de la relance et de la croissance.

Dès lors, le risque est grand que la logique même de ce projet de loi de finances pour 2013 et ses conséquences ne conduisent à de nouveaux tours de vis budgétaires au cours même de l’année 2013, révélant l’impasse de l’austérité.

La vigilance d’Angela Merkel 

Visiblement, l’élaboration budgétaire de la France est l’objet 
de toutes les attentions du Conseil européen et particulièrement de la chancelière allemande Angela Merkel. Chancelière qui, pour mémoire, avait signé début 2012, avec l’ancien président de la république Nicolas Sarkozy, le fameux traité austéritaire européen, « Merkozy », que le gouvernement français s’est empressé de faire ratifier par le Parlement sans en changer une ligne. La sollicitude d’Angela Merkel, souhaitant un « plein succès aux mesures prises par le gouvernement français » et affirmant « nous travaillons ensemble à la compétitivité de l’Europe », ressemble à une invitation aux dirigeants français à aller toujours plus loin dans la rigueur.

Max Staat

Source


Budget: le Front de gauche avance des solutions

S’appuyant sur le travail collectif de la gauche, les parlementaires ont trouvé 30 milliards d'euros de marges budgétaires, sans accroitre la pression fiscale sur les couches populaires. Ses propositions sont à disposition du gouvernement.

Est-il possible de faire autrement que de réduire la dépense publique et d’accentuer la pression fiscale sur les ménages, particulièrement dans les catégories populaires et les couches moyennes ? Les parlementaires du Front de gauche en sont convaincus.

Pour preuve notamment les propositions fiscales remises par les sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC), lors de leur rencontre avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 8 novembre. Toutes ont été votées par la majorité du Sénat (socialistes, communistes et écologistes), au lendemain de son basculement à gauche en septembre 2011. Elles représentent près de 30 milliards d’euros et témoignent d’une possibilité : si la gauche a pu les voter hier dans l’opposition, elles peuvent d’autant plus être adoptées aujourd’hui avec la gauche au pouvoir.

Les propositions:

  • Rétablissement complet de l’ISF à partir de 800 000 euros,
  • suppression des niches fiscales abaissant le rendement de l’ISF ainsi que la niche dite « Copé »,
  • tranche supplémentaire de l’impôt de 45 % à partir de 100 000 euros et non 150 000 euros comme prévu dans le budget 2013,
  • augmentation de l’imposition sur les plus-values,
  • majoration de l’impôt sur les sociétés pétrolières…

Autant de propositions que, pour l’heure, le gouvernement et sa majorité ont refusé de prendre en compte dans l’élaboration du projet de loi de finances 2013.

Vote contre

Une attitude qui a amené les parlementaires du Front de gauche, faute de voir repris leurs amendements, à voter contre la loi de programmation des finances 2012-2017, et à s’abstenir sur le volet recettes du projet de loi de finances 2013. Alors que l’Assemblée nationale se prononce aujourd’hui sur la totalité du projet de budget 2013, avant son passage au Sénat, les députés du Front de gauche devraient à nouveau s’abstenir sur celui-ci.

Source

Les régions pour une loi anti-licenciements

Après la Bourgogne et l’Auvergne, la région Midi-Pyrénées a adopté un vœu en faveur d’une loi interdisant les licenciements boursiers.

Toulouse, correspondance. Le résultat du vote est clair et net : par 67 voix pour et 0 contre, le conseil régional de Midi-Pyrénées vient d’adopter un vœu qui appelle à une loi interdisant les licenciements boursiers, proposée par le Front de gauche et votée également par le PS, le PRG et Europe Écologie-les Verts. La droite a préféré l’abstention ou le refus de vote. Le vœu interpelle à la fois le président de la République, le gouvernement et les parlementaires.

Midi-Pyrénées, après la Bourgogne et l’Auvergne, passe à son tour à l’offensive contre les licenciements boursiers. Le texte fait référence à des entreprises présentes en Midi-Pyrénées : « Après Molex, Thales et Freescale, c’est maintenant Sanofi, dont les actionnaires ont perçu 3,5 milliards d’euros de dividendes en 2011, qui procède à des suppressions d’emplois à visées boursières. » Le licenciement boursier, selon la définition donnée par le texte, est « le résultat d’une course cynique au rendement financier » dans des entreprises pourtant en bonne santé économique.

Le 8 novembre, le groupe PS, majoritaire, a hésité plusieurs heures, demandé quelques modifications du texte avant de l’adopter. « L’adoption de ce vœu est un message d’espoir, se réjouit Christian Picquet (Gauche unitaire-Front de gauche), rapporteur du texte. Le curseur politique peut évoluer de manière positive. Par rapport à la politique de changement, la messe n’est pas dite. Le mécontentement, la colère contre les licenciements boursiers, tout ce qui monte du pays, et notamment de Toulouse et Midi-Pyrénées, ne peut pas ne pas impacter le PS. » Pour ­Marie-Pierre Vieu (PCF-Front de gauche), présidente du groupe Front de gauche, « ce vœu fournit un point d’appui aux salariés de Sanofi qui manifestent. C’est une avancée qui en appelle d’autres ».

Bruno Vincens

 

Les salariés d’Eurofins manifestent 

En grève, des salariés du groupe de biotechnologies Eurofins (plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires) viendront de Nîmes, Montpellier, Lille, Forbach 
et Bordeaux, manifester devant la Bourse à Paris, demain, en présence de leurs avocats. Plusieurs procédures judiciaires sont en cours. En cause : « Une politique de croissance externe et de restructuration quasi permanente », suivant des méthodes « d’une brutalité incroyable ». Au sein du groupe, « les lois sociales sont allègrement violées, et les droits des salariés sacrifiés », commente l’avocat Ralph Blindauer.

Source

Malgré la crise, les marges des groupes progressent
 

Une étude montre que, contrairement au discours alarmiste des grands patrons du CAC, les entreprises ont dopé leurs marges grâce aux restructurations et aux baisses drastiques des coûts.

C’était un grand cri d’alarme. À la veille des arbitrages sur la compétitivité, les grands patrons membres de l’Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe la majorité des groupes du CAC 40, avaient adressé une lettre ouverte au président de la République et alerté sur le niveau extrêmement bas « des marges de nos entreprises ». Une étude du cabinet FactSet-Primeview réalisée auprès des multinationales cotées aux États-Unis, en France et en Europe prend le contre-pied du discours patronal et tend à prouver le contraire, du moins pour les entreprises du CAC 40. Du fait des réductions drastiques des coûts qu’elles ont opérées, « les marges nettes des entreprises qui appartiennent aux grands indices boursiers (CAC 40 en France, Euro Stoxx 50 en Europe, S&P 500) culminent à des niveaux élevés partout en Europe », expliquent les Échos dans leur édition de jeudi. En France, par exemple, la marge nette médiane, qui indique la rentabilité d’un groupe en fonction de ses coûts de production, pourrait atteindre 6,32 % en 2013 contre 5 % en 2012, aux États-Unis frôler les 10 % et en Europe dépasser les 7 %. En comparaison, les entreprises ciblées par l’étude réalisaient en 2005 des taux médians autour des 8 %. Mais les auteurs de l’étude mettent un petit bémol : « La hausse des marges attendues en 2013 en Europe et aux États-Unis est loin d’être acquise. Le consensus va devoir réviser ses estimations, compte tenu de l’environnement morose. » En 2012, Sanofi, qui envisage de supprimer 914 postes essentiellement dans les unités de recherche, affiche des rentabilités très supérieures, plus proches de celles des grands groupes américains, à 22,73 %, suivi de près par BNP Paribas avec 18,58 %. Sans surprise, le géant du luxe LVMH émet un taux de marge net de 13 %, quand le constructeur Renault réalise plus de 4 % de rentabilité. À l’exception de PSA ou Crédit agricole SA pris dans le désastre Emporiki, les entreprises françaises cotées créent beaucoup de richesses, et ce, malgré la crise et la récession. Des richesses qui satisferont en priorité les actionnaires, si la même logique est poursuivie. Dans sa radiographie des résultats des grandes entreprises françaises de l’indice parisien, de 2006 à 2011, l’agence de communication Euro RSCG estime que la part redistribuée aux actionnaires a augmenté de 31 % de 2006 à 2011. Quant aux investissements, ils se sont écroulés de 24 %. Selon FactSet-Primeview, les 40 groupes de l’indice phare envisagent de verser 38,3 milliards d’euros à leurs actionnaires au titre de l’exercice 2012, soit une progression d’environ 5 % par rapport à 2011.

Clotilde Mathieu



Edité par T 34 - 21 Nov 2012 à 19:59
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Préretraites au rabais chez PSA

 
 
Jeudi, la direction n’envisage d’aider que 300 salariés seniors de Rennes et d’Aulnay.

Des miettes : c’est tout ce que la direction de PSA semble disposée à proposer aux milliers de salariés qu’elle entend débarquer dans le cadre de son gigantesque plan social. Alors que les syndicats avaient demandé, lors de la première réunion de négociation, début novembre, que soient étudiées des mesures de préretraite pour les salariés seniors, les dirigeants du constructeur automobile ont indiqué jeudi, à l’occasion d’une deuxième réunion de négociation, n’envisager qu’une indemnisation de dix-huit mois pour 300 salariés des usines de Rennes et d’Aulnay-sous-Bois. Cette période, comprenant deux mois de reclassement et seize mois d’indemnisation à 80 % du salaire net, serait censée permettre à ces 300 salariés, identifiés comme étant à dix-huit mois d’une retraite à taux plein, de faire la jonction pour obtenir tous les trimestres nécessaires.

Dans sa grande bonté, la direction de PSA laisserait également à ces salariés l’opportunité de revenir effectuer une mission de six mois dans le groupe ou dans une entreprise extérieure pendant ces dix-huit mois. Une goutte d’eau, qualifiée de « provocation » par la CGT, au vu de la pénibilité des tâches que subissent 10 500 salariés de plus de cinquante-cinq ans qui travaillent à la division automobile du groupe. Sans compter les risques de période de carence qu’un tel dispositif pourrait créer si un allongement de l’âge légal de départ à la retraite intervenait avant que ces travailleurs seniors arrivent à la retraite, comme cela a été le cas pour plusieurs dizaines de salariés seniors de Renault partis en plan de départ volontaire entre 2008 et 2009.

La CGT continue de demander que de véritables mesures de préretraite soient ouvertes pour les plus de cinquante-cinq ans, voire pour les plus de cinquante ans que PSA ne pourrait reclasser. La CFE-CGC, la CFTC, FO et le GSEA ont demandé à la direction qu’elle sollicite une aide de l’État pour les seniors.

Loan Nguyen

Albany France est à nouveau en danger

Après une accalmie, la menace d’un plan social revient. Montebourg prépare une table ronde direction-syndicats-élus-administration.

Àl’occasion de sa visite, vendredi, dans l’usine limougeaude de prêt-à-porter de luxe Smuggler, où il a loué le made in France, le ministre du Redressement productif a été ­interpellé par une délégation de salariés d’Albany-Cofpa et d’élus de Saint-Junien venus lui rappeler les promesses de campagne de François Hollande quant à l’avenir de leur usine de tissus techniques, « outil industriel performant made in Limousin mondialement reconnu », ont-ils souligné. Le 8 mars dernier, sous la pression des élus politiques de gauche, des salariés et de la population, la direction d’Albany, du groupe américain Albany International, avait renoncé à fermer le site de Saint-Junien. « Mais début octobre, la direction Europe Albany International a de nouveau exprimé son intention de transférer une partie de la production du site en Amérique du Nord et en Asie », laissant craindre un nouveau plan social, explique Christophe Sardin, de la délégation CGT. Crainte qui se confirme avec la convocation d’un comité central d’entreprise extraordinaire, mercredi. À l’ordre du jour, l’annonce d’un plan de licenciement sur les deux sites de l’usine, à Saint-Junien et à Sélestat, en Alsace. Selon le délégué syndical, « le PDG d’Albany juge les sites trop peu rentables ». « Or, rétorque-t-il, en un an, le prix des commandes a augmenté d’environ 4 %. La rentabilité de Saint-Junien reste la même. Rien ne justifie de licencier. »

Réaffirmant son engagement auprès des salariés, Arnaud Montebourg a confirmé qu’à la suite du CCE, il organiserait une table ronde réunissant direction, élus, administration et salariés, pour notamment « éclaircir la stratégie future du groupe », qu’il admet « ne pas saisir ». Christophe Sardin de conclure : « Nous espérons que le gouvernement nous soutiendra, d’autant que des moyens de pression existent. En effet, l’État est actionnaire à 30,20 % dans le projet de la direction avec Safran. Il y a aussi des investissements publics de l’ordre de 15 %. Le gouvernement peut donc exiger qu’Albany renonce aux licenciements pour continuer à bénéficier des aides. »

Eva Sala

Merck, le plan social validé
 

La justice avalise la fermeture du site d’Éragny, dans l’Oise, du géant pharmaceutique.

«L’appréciation de la cause économique (est) en l’état actuel de la législation sans incidence sur la validité du plan de sauvegarde de l’emploi. » C’est en ces termes que le tribunal de grande instance de Nanterre a débouté vendredi le comité d’établissement de Schering-Plough Diosynth (Merck) d’Éragny-sur-Epte (Oise) de sa demande d’annulation du plan social. À la suite de la fusion avec Schering Plough, Merck avait lancé un projet de 32 suppressions d’emplois dans son site de l’Oise en décembre 2010, envisageant alors de céder l’établissement, avant de décider un an plus tard de totalement fermer le site, laissant ses 249 salariés sur le carreau. Malgré des bénéfices net de 6,3 milliards de dollars en 2011, le géant pharmaceutique a donc reçu l’aval de la justice pour son plan de licenciements. « Le TGI a manqué de courage », a critiqué l’avocat du comité d’établissement, maître Philippe Brun, qui contestait la validité du plan social pour absence de motif économique, rappelant qu’en 2011, la même chambre avait annulé le plan social du fabricant de matériel chirurgical Ethicon sur cette base. Le CE va interjeter appel.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Nov 2012 à 21:08

ArcelorMittal: sombre horizon pour Florange et Dunkerque

Prévisions d'activités "plus moroses en 2013 qu'en 2012", pas de redémarrage du haut fourneau numéro 2 de Dunkerque et aucune nouvelle concernant un éventuel repreneur pour Florange... Le comité central d'entreprise extraordinaire d'ArcelorMittal, qui s'est tenu à Paris ce lundi, n'augure rien de bon pour l'avenir, selon les syndicats.

Le détail des inquiétudes autour des activités européennes du géant sidérurgique ArcelorMittal:

  • Mauvaises prévisions économiques

Lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire à Paris, portant sur la situation économique et industrielle de la zone "Atlantique et Lorraine", la direction a dépeint "un tableau assez sombre", selon Jean-Marc Vécrin (CFDT). Elle a indiqué que "la situation serait encore plus morose en 2013 qu'en 2012" dans la "BD Nord", zone qui inclut le nord de la France, Allemagne et la Belgique, comprenant 11 hauts fourneaux, dont cinq actuellement à l'arrêt (2 à Florange, 2 à Liège en Belgique, 1 à Dunkerque), selon François Pagano (CFE-CGC).

Au troisième trimestre, le leader mondial de la sidérurgie s'est enfoncé dans le rouge, enregistrant une perte nette de 709 millions de dollars.

"On s'inquiète vraiment pour toute la sidérurgie, pas seulement pour Florange", a commenté M. Vécrin.

  • Dunkerque: pas de reprise d'activité

La direction a annoncé que "le haut fourneau n°2 de Dunkerque (à l'arrêt pour maintenance depuis août, ndlr) ne redémarrerait pas en janvier", a ajouté François Pagano, car "pour l'instant, les six hauts fourneaux en activité dans la zone suffisent à répondre à la demande", selon elle.

ArcelorMittal a confirmé la poursuite des arrêts du haut fourneau de Dunkerque et de la ligne de traitement de l'acier "packaging" de la partie "aval" de Florange, ainsi que des mesures de chômage partiel les accompagnant, arguant d'une situation économique dégradée.

  • Florange: inquiétant statu quo

Alors que début novembre, la direction évoquait une poignée de candidats potentiels en lice pour la reprise des hauts fourneaux de Florange, ce lundi, "ils nous ont dit que la situation n'avait absolument pas évolué et qu'il n'y avait eu aucune visite du site", a rapporté Jean-Marc Vécrin. "A 10 jours de la date de clôture (du dépôt des dossiers prévue le 30 novembre, ndlr), nous sommes très inquiets".

"La direction ne nous a pas donné de nouvelle date de CCE, il n'y a plus de calendrier fixé, ce qui nous laisse très perplexes", a renchéri François Pagano. Le scepticisme des syndicats s'explique aussi par le périmètre de l'offre: il ne concerne que la "phase liquide" - processus de fabrication de l'acier depuis les matières premières (fer et charbon) jusqu'à l'obtention d'acier brut non traité- qui comprend hauts fourneaux, cokerie, aciérie et agglomération.

"C'est difficilement viable: il faut un site intégré qui inclut le train à chaud et des activités de packaging" (fabrication de boîtes de conserves notamment), plaide François Lopéra (CGT).

Par ailleurs, la direction ne s'est pas prononcée sur un report du délai pour les candidatures, que syndicats et élus locaux réclament dans l'attente, en décembre, de la position de Bruxelles sur le financement d'un projet de captage/stockage de CO2 Ulcos. Lundi, les élus du CCE ont de nouveau appelé le gouvernement à faire pression sur Lakshmi Mittal, patron du groupe. Une intersyndicale doit se réunir mardi à Florange.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), a quant à lui interpellé François Hollande au sujet de l'avenir de la sidérurgie française.

  • Grève à Liège

A Liège, des salariés ont rejeté le plan social qui accompagne la fermeture de la "phase à chaud", actée en octobre 2011, et ont entamé une grève de 24 heures lundi.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Nov 2012 à 19:26
La surprenante vérité sur la durée du travail et la richesse produite par salarié en Europe
 

Après les pigeons, voici les vautours

 
 

Les pigeons ont gagné ; cela donne des idées aux vautours. Les "pigeons" sont ce groupe de patrons qui ont lancé l’offensive sur la toile contre le projet gouvernemental d’augmentation (très limitée) d’imposition sur la plus-value des cessions d’actions (voir la Lettre du CE et du CHSCT n° 177). Leur victoire rapide inspire les patrons des plus grands groupes français, regroupés dans l’Association française des entreprises privées (Afep) présidée par Pierre Pringuet, PDG de Pernod-Ricard.

Dans le Journal du dimanche du 28 octobre, ils publient un appel "pour relancer la croissance et l’emploi" dont les recettes relèvent bien du dépeçage, domaine spécialisé des vautours. Leur cible c’est la compétitivité des entreprises, pour laquelle ils tiennent beaucoup à un "choc". En effet.
Pour l’Afep la première urgence concerne la dépense publique qu’il faut mettre au pain sec :"L’État doit réaliser 60 milliards d’euros d’économie au cours des cinq prochaines années". Le gouvernement en a annoncé 50 milliards ; ça ne suffit pas ! Peu importe aux yeux de ces grands capitaines que la seule brise qui souffle encore dans les voiles du navire économique français soit les dépenses publiques (d’investissement, de santé, d’éducation et de protection sociale), tant la consommation est en panne avec l’érosion des revenus et l’explosion du chômage. Avec cette recette, on ne va vers la récession on y plonge !

L’autre recette concerne les entreprises qui leur tiennent tant à cœur. "Il faut baisser le coût du travail d’au moins 30 milliards d’euros sur deux ans en réduisant les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires moyens (2 Smic et plus)". Et par quel moyen, s’il-vous-plaît ? "Un transfert financé pour moitié par un relèvement de la TVA de 19,6% à 21% et l’autre moitié par une baisse des dépenses publiques". Cette hausse de la TVA n’étant pas sans effet sur les prix, la consommation déjà en berne en pâtira forcément. Que restera-t-il "pour relancer la croissance et l’emploi" ?
La présidente du Medef, furieuse de s’être fait voler la vedette par l’Afep, renchérit : "Nous pouvons comprendre un étalement de la mesure sur deux ou trois ans, mais dans ce cas, il faudrait aller jusqu’à 70 milliards de transferts" (Les Échos, 29 octobre). Dans la compétition du "choc de compétitivité", qui dit mieux ?

Il faut quand même prendre tout ça au sérieux, car la question est discutée. Dans les sphères gouvernementales, on a compris que l’affaire n’est pas très populaire ; on préfère désormais parler de "trajectoire", de "parcours de compétitivité" plutôt que de "choc". Mais l’idée est toujours sur la table – même si le rapport Gallois (qui plaide pour ce "choc") est enterré avant d’avoir vu le jour.

Compétitivité : qu’est-ce que c’est ?

La base de tous ces raisonnements est que les entreprises françaises souffrent d’un défaut de compétitivité. Cela se voit dans les chiffres. La part de la France dans le commerce mondial a reculé de 42% de 2000 à 2011 et sa part dans les exportations européennes de 25% sur cette dizaine d’années. La France perd donc des parts de marché à l’international et la contribution de son industrie à la production de richesse ne cesse de reculer sur le territoire, sous les coups de boutoirs des importations en provenance d’Asie pour les biens de consommation courants et d’Allemagne notamment pour les biens d’équipements industriels.

Donc, dans cette acception communément admise, la compétitivité renvoie aux parts de marché international dans les secteurs concernés par les exportations, c’est-à-dire principalement les produits de l’industrie manufacturière (et presque pas des services). Cette définition mérite discussion, car il est loin d’être évident que la finalité de l’économie soit de vendre à l’étranger toujours plus de marchandises. On pourrait facilement soutenir que son but doit être de satisfaire les besoins prioritaires de la population dans des conditions de qualité et de coût optimales.
Mais dans le monde tel qu’il est, admettons que tels sont aujourd’hui les instruments de mesure de la compétitivité. Il est clair que, sur ce plan, la France n’est pas en forme.

On en arrive ainsi au second élément du raisonnement. Cette perte de compétitivité serait due aux coûts de production et singulièrement au "coût du travail". Rien n’est moins sûr, même en comparant – comme c’est toujours fait – avec l’Allemagne.

"Coût du travail" : vraiment ?

Les faits sont têtus, n’en déplaise à l’Afep et à tous les médias qui lui emboîtent le pas.

 Malgré les 35 heures tant honnies par le patronat, les Français travaillent plus que les Allemands : en moyenne 1 476 heures par an, contre 1 413 en Allemagne. La durée de travail hebdomadaire effective, en moyenne pour les actifs, est de 38 heures (les 35 heures ont été effacées depuis longtemps) en France contre 35,7 heures pour les actifs allemands, en raison des nombreux emplois à temps partiel et petits boulots qui fleurissement outre-Rhin.

 Par heure travaillée, la productivité est plus élevée en France : 45,4 € de richesse produite (valeur ajoutée) par heure, contre 42,3 € en Allemagne.

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Source : Insee, Eurostat et OCDE (données 2011)

 Le coût de la main d’œuvre (salaire brut plus cotisations sociales des employeurs) global apparaît plus élevé en France (35,3 € de l’heure) qu’en Allemagne (32 €), mais c’est parce qu’une partie des cotisations sociales jadis versées par les employeurs y ont été transférées aux salariés sous formes d’impôts et taxes divers, voire d’assurances privées (le rêve des grands patrons français !). Mais dans l’industrie manufacturière, celle qui exporte, les coûts sont voisins (36,8 contre 36,2 €) et la microscopique différence (6 centimes !) ne peut rien expliquer.
Admettons un instant qu’on applique les préconisations des pétitionnaires du grand patronat. Quels en seraient les effets ?

Effet nul à l’export

Selon les secteurs industriels, les coûts de main d’œuvre représentent entre 20 et 40% du coût final du produit – lequel incorpore en plus le profit de la firme fabricante. Le transfert de cotisation sociale des employeurs vers la TVA ou la CSG à hauteur de 2% du coût du travail aurait ainsi un impact maximum de 0,4 à 0,8% sur le prix (en comptant large). Autrement dit, pour une voiture moyenne de 15 000 €, par exemple, la réduction théorique du prix à l’export se situerait entre 60 et 120 €. Et pour une machine industrielle de 150 000 €, de 600 à 1 200 €. Peut-on croire sérieusement que cela aurait une quelconque incidence à l’export ? Évidemment non. La réalité se charge d’apporter une implacable réponse à ce faux débat.
Les produits allemands, pour continuer à filer la comparaison, sont plus chers que les produits français. Dans l’automobile, la différence est de l’ordre de 7 à 8%. Dans les biens d’équipement industriels, elle est encore supérieure. Et pourtant le « made in Germany » se vend bien. Parce qu’il est porteur et garant d’une qualité qui justifie son prix aux yeux des acheteurs.

Par contre, le positionnement moyen des productions françaises (à quelques exceptions près) les empêche de se situer sur ce créneau haut de gamme et, par conséquent, de revaloriser leur prix. A fortiori, les baisser ne résout pas ce problème.

Retour en arrière : les salaires vraiment (bis) ?

En France, sur les 25 dernières années, il est intéressant de comparer l’évolution de la compétitivité (mesurée par l’écart des coûts salariaux unitaires en France vis-à-vis de la concurrence, comme le préconisent les auteurs du texte patronal) avec la performance à l’exportation (mesurée par la part de marché, PM Export sur le graphique).

Ceci explique-t-il cela ?

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Source : OCDE (données traitées par Michel Husson, note du 18 octobre 2012)
La comparaison permet de distinguer trois phases sur ce graphique :

 Entre 1995 et 2001, la compétitivité-salaires s’améliore de 15 points environ. Malgré cela la performance à l’exportation n’augmente pas.

 Entre 2001 et 2005, la perte de compétitivité-salaires entraîne une baisse de performance à l’exportation, partiellement en raison de la hausse du cours de l’euro durant cette période, qui renchérit les productions françaises hors de la zone euro.

 À partir de 2004, le décrochage à l’export est continu. Pourtant la compétitivité-coût de la France est restée stable. On ne peut donc lui imputer les pertes de parts de marché export.
Première conclusion : la perte de parts de marché de la France n’est pas mécaniquement liée à des coûts salariaux "excessifs". Tout projet de redressement de la performance, effectivement déclinante du pays, axé sur une « baisse du coût du travail » repose sur une analyse erronée.

Cotisations sociales des employeurs : trop lourdes ?

Les cotisations sociales des employeurs (CSE) sont trop lourdes, disent en chœur leurs porte-paroles et leurs idéologues plus ou moins attitrés. Par rapport à l’Allemagne les CSE représentent en France environ 2% de plus en proportion de la richesse produite sur le territoire (PIB) et 10% par rapport au Royaume-Uni et aux États-Unis. Mais l’écart renvoie à des écarts dans les couvertures sociales (maladie, vieillesse, chômage). Faut-il prendre pour modèle des prestations réduites dans ces domaines et transférées aux contribuables qui en auraient les moyens ? Car il s’agit bien de cela derrière la jonglerie des chiffres.

Si on réduit le financement public de la protection sociale, c’est alors la porte ouverte (déjà entr’ouverte) aux assurances privées qui feront contribuer les adhérents non en fonction du revenu, comme aujourd’hui, mais selon le risque qu’elles estimeront encourir. Les pays qui pratiquent déjà cela en sont une illustration : s’assurer en cas de maladie chronique ou de situation précaire a un coût tellement élevé que des pans entiers de la population n’y ont plus accès. Drôle de choix de société !

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a publié fin octobre une note de l’économiste Henri Sterdyniak, intitulée : "Compétitivité, le choc illusoire..." Sur la base de la comptabilité nationale accessible via l’Insee, on y trouve une comparaison entre les parts respectives dans la valeur ajoutée (VA) des CSE et des dividendes nets (dividendes versés moins dividendes reçus). Très parlante.

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Source : Insee, comptes nationaux.

 Depuis 1984, du fait des multiples exonérations de cotisations, la part des employeurs (CSE) a diminué assez nettement, de près de 17% à un peu plus de 15% avant la crise ; depuis 2009 elle est remontée à presque 16%. On ne peut donc guère accuser les CSE d’être responsables des pertes de compétitivité de l’économie française...

 Par contre, la part de valeur ajoutée basculée vers les dividendes des actionnaires a plus que triplé sur la même période (de 1,5% à 5% de la VA).

Parmi les pourfendeurs zélés de la « lourdeur des charges sociales », personne ne mentionne ce fait. Sans doute parce qu’il est une manifestation, entre autres, de la déformation du partage de la richesse produite depuis une trentaine d’années – au profit des grandes entreprises et des privilégiés, au détriment des salariés.

Seconde conclusion : les cotisations sociales des employeurs (CSE) ne sont pas à l’origine des pertes de compétitivité.

Compétitivité : d’autres facteurs.

La compétitivité réelle ne peut se résumer au « coût du travail » qui n’en est qu’une composante et pas la principale. Sinon où faudrait-il prendre des références ? En Asie, en Amérique Latine, en Europe centrale ? Certes les salaires y sont inférieurs mais, d’une part, ils augmentent sous la pression des salariés de ces pays et, d’autre part, ils ne font pas de ces zones des foyers d’innovation, compétiteurs dans le peloton de tête – du moins pour le moment.

Le cas de la Slovaquie (volontairement incluse dans les 3 premiers graphiques) est parlant. On y travaille plus longtemps mais avec une productivité par tête nettement plus basse. Si l’Allemagne y a construit plusieurs plates-formes de production et y sous-traite beaucoup, c’est quand même l’Allemagne la référence et non la Slovaquie. À moins, pour la France, de songer à faire de même avec l’Espagne et l’Italie, ce qui est loin d’être possible et souhaitable.

Les facteurs cruciaux de compétitivité sont autres.

Depuis des dizaines d’années le sous-investissement de l’appareil industriel français est patent, ce qui retentit sur la qualité et le positionnement de ses productions. Certains faits tout à fait modernes en attestent fortement (étude Xerfi de septembre 2012) :

 L’industrie a raté le virage de la robotisation et de l’automatisation. Elle compte moins de 35 000 robots en France, contre plus de 62 000 en Italie et 150 000 en Allemagne. Un peu plus de 3 000 nouveaux robots ont été installés en France en 2011, en Allemagne près de 20 000. Ce parc réduit est complètement dépassé. Un robot dure plus d’une vingtaine d’années en France, contre une dizaine ailleurs.

 En matière d’informatisation professionnelle lourde, la France compte à peine plus de 23 000 serveurs sécurisés. Rapporté au nombre d’habitants pour corriger de l’effet taille des pays, la France compte 4 serveurs informatiques sécurisés pour 10 000 habitants, le Japon 7, l’Allemagne 10, le Royaume-Uni et les États-Unis 16. Soit un rapport de 1 à 4.

 Vu l’âge et la saturation de ces systèmes, 14 millions d’heures de travail sont perdues dans les entreprises françaises de plus de 50 salariés, en raison des pannes informatiques (enquête CA Technologies, 2011). Rapporté au parc d’entreprises c’est plus de 1 000 heures par entreprise, soit 20% de plus qu’en Espagne et 2 fois plus qu’en Allemagne, en Angleterre ou en Italie. Pendant ces pannes, la productivité évidemment chute ; selon la même enquête elle est alors à 57% de son niveau normal, avec tous les coûts induits.

 La France est en retard dans le domaine de la recherche et développement. Elle est désormais au 12e rang mondial, selon le dernier classement de l’OCDE, loin derrière les grands pays développés (USA, Allemagne, Japon) et en dessous de la moyenne de l’ensemble. Pour la seule recherche des entreprises privées, l’effort allemand est supérieur de 70% au français. L’industrie concentre plus des 4/5 de cet effort privé, mais en Allemagne elle représente 21% de la production de richesse (le PIB), en France à peine 11%. Comment s’étonner, dans ces conditions, du manque d’innovation et par conséquent de compétitivité ?

Deux éléments qualitatifs pour compléter ce tableau :

 Les filières de formation techniques sont dévalorisées en France et ne produisent chaque année qu’un filet réduit de techniciens et ingénieurs. Cette dévalorisation se perpétue sur le marché du travail, en termes de rémunération des ingénieurs, techniciens et ouvriers qualifiés dont l’industrie a besoin. Ce n’est pas le cas en Allemagne ou même en Italie.

 Les PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont sous la coupe réglée de leurs donneurs d’ordre des grands groupes. Il y en a donc moitié moins en France qu’en Allemagne et 1/3 de moins qu’en Italie. Pourvoyeurs d’emploi théorique par le nombre, elles sont devenues un réservoir de chômage avec la crise. Leur situation et leur position sont notoirement différentes en Allemagne et en Italie, où elles sont une pièce importante du dispositif de production.

Finalement le déficit de la balance commerciale (différence entre exportations et importations) avoisinera fin 2012 les 75 milliards d’euros. Dans ce cadre le seul solde industriel sera négatif de plus de 45 milliards (60% du déficit total). Fin 2011 l’excédent industriel frise 270 milliards d’euros en Allemagne et 60 milliards en Italie. Compétitivité, mais pas principalement par les coûts.
Troisième conclusion : une politique de renforcement de la compétitivité devrait s’adresser prioritairement à ces questions clés. Education et formation, informatisation et automatisation, recherche et innovation, politique fiscale et ressource financière bon marché pour les PME-ETI. Les sujets ne manquent pas et le « coût du travail » ne figure pas en tête de cette liste.

"Matraquage fiscal" et "racisme anti-entreprises"

Après des années de cadeaux aux entreprises, de pression sur les salaires, de déréglementation, de licenciements massifs, mais aussi de scandales sur la rémunération du management des grands groupes, Laurence Parisot, présidente du Medef, ose dénoncer un"racisme anti-entreprises" ! Ces dernières en effet seraient victimes d’un "matraquage fiscal".

Pourtant même avec les mesures annoncées, on est encore loin du compte pour ce qui concerne les impôts des grandes entreprises. En moyenne, en 2011 elles payaient environ 8% d’impôt sur les bénéfices, quand le taux nominal était de 33% et alors que la majorité des entreprises petites ou moyennes payaient 20 à 30%. Selon une commission du Sénat (rapport de juillet 2012), parmi les 12 000 entreprises de plus de 2 000 salariés, moins de 500 acquittaient l’impôt sur les bénéfices, soit moins de 5% du total. Il est vrai que la majorité fait partie des grands groupes, qui savent ce qu’optimisation fiscale veut dire.

Ces grands groupes justement se retrouvent dans l’Afep et derrière son appel.

Qui trouve-t-on entre autres, parmi la grosse centaine de signataires ? Les principaux groupes industriels (dont Total, Vinci, L’Oréal) dont on a du mal à croire que le coût salarial français pèse lourdement sur leur compétitivité, y compris en France. Des grandes sociétés de services, des banques, des institutions financières, GDF-Suez ou des entreprises de très haute technologie – pour tous ceux-là, la complainte sur le « coût du travail » paraît assez déplacée. Mondialisés, ayant depuis longtemps réparti leurs investissements et leurs sites sur toute la planète, ces groupes ne sont nullement confrontés en France à un problème de compétitivité à l’exportation.

Ce vol de "vautours", après celui précurseur des "pigeons", a le sens d’une offensive politique contre l’actuel gouvernement bien sûr, mais au-delà contre les salariés, ceux qui travaillent pour eux et tous les autres. Le ton employé, les excès d’invective et l’ampleur des coupes et transferts préconisés sont la marque de fabrique de la volonté qui les anime : culpabiliser les salariés en les rendant responsables des errements passés et présents de la conduite industrielle défaillante dont on voit les brillants résultats ; et les habituer à l’idée qu’ils doivent régler et régleront l’addition. Ce n’est pas encore fait, heureusement.

Document de l’APEX, transmis par la FASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique).
http://lafederation.org/index.php?lang=fr

APEX / ISAST
Qui sommes-nous ?
Apex, les clés pour anticiper
Des experts au service des élus et des CE
Le groupe Apex-Isast rassemble des spécialistes en économie, finance, comptabilité, gestion, droit du travail et droit collectif. Tous nos collaborateurs sont recrutés selon leurs compétences et leur volonté d’être au service des salariés et de leurs représentants. Par son activité, sa taille et l’offre complète qu’il présente, le groupe Apex-Isast est aujourd’hui le troisième cabinet d’expertise comptable au service des CE des élus et des représentants du personnel. Apex assiste plusieurs centaines de comités animés par des équipes de tout horizon syndical ou par des élus non syndiqués.
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Apex offre une assistance permanente et suivie. Ses interventions sont préparées avec les CE, qui sont régulièrement tenus au courant de ses travaux. Les collaborateurs d’Apex sont disponibles pour répondre aux demandes des élus, les informer régulièrement et les conseiller autant que de besoin.

http://www.apex.fr/actualites/l-actualite-eco-sociale/185-ap...

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Les syndicats remontés contre le texte du Medef

Lors de la négociation hier, le patronat a présenté un document qui pousse les feux de la déréglementation du travail. Le volet de sécurisation des salariés est quasi absent du texte.

Alors que la cinquième séance de négociation sur la sécurisation de l’emploi s’ouvrait hier, entre le patronat (Medef, CGPME et UPA) et les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FO et CFE-CGC), le texte patronal a cristallisé le mécontentement. Après avoir tardé à présenter son document, faisant piétiner la discussion, le Medef a exigé un maximum de flexibilité. En proposant de faciliter la rupture du CDI, de simplifier le licenciement économique et de cadrer les accords de compétitivité-emploi, sans réelle contrepartie pour le salarié, il a poussé le bouchon trop loin, estiment les négociateurs syndicaux. « Le Medef veut sécuriser la rupture du contrat de travail », s’enflamme Agnès Le Bot pour la CGT.

Pour Patrick Pierron, de la CFDT, « la flexibilité est très présente dans le texte alors qu’il reste très vague sur le recul de la précarité sur les salariés ». Les deux syndicats ont constaté que le patronat n’apparaissait pas très « calé » sur ses propositions. Le désaccord entre le Medef et la CGPME sur la taxation des contrats courts ne semble pas apaisé. La modulation des cotisations d’assurance chômage pour les contrats précaires ne figure pas clairement dans le document. Elle constitue pourtant l’une des grandes attentes des syndicats dans la négociation. Stéphane Lardy, de FO, estime qu’« il n’y a aucune contrepartie pour les salariés dans ce texte ».

En effet, les propositions comme l’élargissement de la couverture complémentaire prévoyance pour les salariés et les chômeurs, la facilitation de l’accès au logement pour les CDD ou le rattachement du compte individuel de formation à la personne paraissent déséquilibrées face aux sacrifices imposés par le patronat aux salariés. Pour ­Marie-Françoise Leflon, de la CGC, ce document « vise à détricoter le droit du travail en période de crise économique. On est vraiment loin, loin, loin de ce que l’on pouvait attendre du ­patronat ». Pour Joseph Thouvenel, de la CFTC, le temps presse. « Avec 5 millions de chômeurs, il y a le feu au lac et le patronat veut remettre de l’huile sur le feu. » Prenant le contre-pied de François Hollande, Agnès Le Bot estime que la négociation se dirige plutôt vers « une régression historique. Le Medef a obtenu son pacte de compétitivité la semaine dernière et fait de la surenchère ! Or on a besoin de repartir sur d’autres bases dans cette discussion ». La CGT aurait souhaité s’attarder sur la question des droits attachés aux salariés.

Les syndicats ont demandé au patronat de préciser son texte. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la négociation n’est pas terminée. Si le dialogue de sourds perdure, il ne risque pas de déboucher sur un accord d’ici à la fin de l’année, comme le souhaite le président de la République. « Si on n’y arrive pas, il ne faudra pas se plaindre et ça sera au législateur de faire son travail », conclut Joseph Thouvenel. Prochaine séance le 30 novembre.

« Une casse du code du travail » 

Le secrétaire national du PCF commente ainsi le texte du Medef qui, « n’a qu’un objectif : pouvoir licencier à tout-va et sans contrainte ». « Quel sens peut avoir dans ces conditions l’appel du président de la République à un compromis historique ? Il n’y a pas de donnant-donnant possible avec des propositions telles que celles-ci », 
ajoute Pierre Laurent, invitant le gouvernement « à se tourner vers les salariés et leurs syndicats plutôt que vers le grand patronat ».

Cécile Rousseau

Commerce : la flexibilité contestée

L’intersyndicale de Paris réclame un accord sur les ouvertures nocturnes et dominicales des magasins.

«Flexibilité, précarité, ça ne peut plus durer, ça va péter», ont scandé jeudi matin quelque deux cents salariés du commerce, qui ont défilé à Paris entre les grands magasins et le siège de l’organisation patronale UCV (Union du grand commerce de centre-ville) à Opéra, pour dénoncer la spirale des ouvertures nocturnes et dominicales, mais aussi les bas salaires et les temps partiels imposés.

À l’initiative du défilé, le Clic-P, autrement dit l’intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, FO et SUD du commerce de Paris, qui s’est constituée il y a trois ans pour faire front contre les employeurs du secteur. Par des actions devant les tribunaux, le Clic-P a fait condamner des supérettes parisiennes qui ouvraient le dimanche après 13 heures ou ne respectaient pas l’obligation de fermer un jour par semaine. En juin, il a aussi empêché les Galeries Lafayette et le BHV d’imposer des nocturnes pendant la période des soldes. Hier matin, c’est l’enseigne Sephora qui était assignée en référé par le ­collectif qui conteste l’ouverture de son magasin des Champs-Élysées jusqu’à 2 heures du matin, et celle du magasin de Bercy le dimanche.

« Entre enseignes, c’est la course à celui qui ouvrira 
7 jours sur 7, 24 heures sur 24, et cette concurrence se fait sur le dos des salariés », déplore Laurent Dégousée, de SUD commerce. « Ce n’est pas normal que les syndicats soient obligés de jouer la police, de faire la tournée des magasins pour les attaquer en justice, estime Karl Ghazi de la CGT. La seule solution, c’est la même règle pour tout le monde, et des contrôles par l’État. » Le Clic-P réclame l’ouverture d’une négociation avec les employeurs, pour déboucher sur un accord limitant les ouvertures des magasins à Paris. Texte qui devrait ensuite faire l’objet d’un arrêté préfectoral, pour s’imposer à toutes les enseignes de la capitale.

Fanny Doumayrou


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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Nov 2012 à 23:41

Un point contre le travail du dimanche

Le patron de Point S se prononce contre l’ouverture dominicale des magasins.

« Pour moi, le bilan de la loi Maillié est négatif. Elle produit des exceptions arbitraires qui font que, dans la même ville par exemple, une enseigne de jardinage pourra ouvrir le dimanche, mais pas une de bricolage », dénonce, dans un entretien à l’AFP, Christophe Rollet, patron de Point S, enseigne de montage de pneus et d’entretien automobile. De plus, « pour les commerçants, ouvrir le dimanche induit des charges supplémentaires, comme l’électricité, les salaires du personnel et la communication sur cette ouverture », fait-il valoir. « Cela coûte et ne rapporte pas assez », a-t-il constaté dans ses propres magasins qui ont tenté d’ouvrir les dimanches dans certaines zones commerciales, avant de fermer ce jour-là.

Évoquant la question clé du pouvoir d’achat, il ajoute : « La crise aidant, les clients peuvent au mieux répartir sur sept jours les mêmes dépenses qu’ils font sur six jours. » Quant à l’impact sur les salariés, « travailler le dimanche c’est charger la mule encore davantage, et la qualité du travail s’en ressent », note le patron. En conséquence, il préconise « un retour en arrière par rapport à la loi de 2009, sauf dans les secteurs et grandes villes où ces ouvertures sont importantes pour les touristes ». Et trouve plus pertinent que l’État incite les magasins à avoir des amplitudes d’ouverture un ou plusieurs jours en semaine.

Yves Housson

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Nov 2012 à 04:12

L’innovation, elle aussi, victime du plan PSA

Le cabinet d’experts Secafi a relevé lundi les risques liés à la baisse brutale d’effectifs en recherche et développement prévue par le plan social du constructeur automobile.

Au-delà de la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois et des 1 400 suppressions de postes prévues sur le site de Rennes, le plan de restructuration chez PSA prévoit aussi de tailler dans le vif de la recherche et développement (R & D). Le cabinet d’expertise Secafi mandaté par le comité central d’entreprise s’est penché lundi soir sur le volet du plan social concernant ces activités. Preuve que le fameux argument des surcapacités de production n’est pas le seul motif derrière cette saignée de 8 000 emplois, 1 588 postes doivent disparaître dans les quatre sites du groupe concentrant entre autres les activités de design et d’ingénierie : La Garenne (Hauts-de-Seine), Rennes (Ille-et-Vilaine), Sochaux (Doubs) et Vélizy (Yvelines). Soit une baisse de 17 % des dépenses de R & D d’ici 2014, relève la CGT dans un communiqué. « À partir de suppressions d’emplois basées sur une simple logique mathématique de réduction des coûts, on risque d’arriver à de véritables problèmes de sous-effectifs et d’efficacité des services, au détriment de l’avenir du groupe », fustige en outre le syndicat. Cette baisse d’effectifs brutale laisse craindre aux syndicats un recours accru à la sous-traitance. « Le plan de restructuration actuel masque sans doute une volonté d’externalisation future », redoute la CGT, qui note que les dépenses consacrées aux prestataires extérieurs devraient passer de 9 % à 20 ou 25 % des dépenses de R & D. « S’il y a une reprise du marché, on peut craindre que les emplois se créent soit dans la sous-traitance soit à l’étranger. Comme dans les postes supprimés en production, il faut avoir conscience que ce qu’on perd là est perdu à jamais », prévient Franck Don, délégué central CFTC. Le cabinet d’expertise aurait par ailleurs une fois de plus critiqué l’ampleur des suppressions d’emplois prévues par la direction de PSA, d’après les syndicats. « 45 des 181 postes de la direction de recherche et développement supprimés à Rennes doivent être sortis du PSE puisqu’il s’agit d’activités qui ne disparaissent pas mais qui ont vocation à être reprises par d’autres sites », souligne la CGT, portant le total des emplois qui devraient être sauvegardés sur le site breton à 555, dont 360 en production, sur les 1 400 suppressions d’emplois envisagées.

Le mariage bat déjà de l’aile 

L’alliance entre PSA et General Motors (GM), censée renforcer le constructeur automobile européen, serait perturbée par les remous que connaît PSA 
en Europe, révélait hier l’AFP. 
« Il y a une sorte de pause 
à l’heure actuelle », a déclaré une source proche du dossier. La piste d’une fusion avec Opel, filiale européenne de GM, 
au sein d’une coentreprise, 
ne serait plus à l’ordre du jour. « Un renforcement des liens 
est improbable avant 2014 », 
a indiqué une des sources.

Loan Nguyen

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Nov 2012 à 18:14

Chantage à l’emploi chez Renault

Le constructeur automobile français s’engage à ne pas fermer d’usines en échange d’un accord de compétitivité. "Comme à son habitude, le chantage reste la seule voie que connaissent nos dirigeants », a critiqué Fabien Gâche, délégué central CGT.

Comme chez PSA, à ­Sevelnord, le « dialogue social » chez Renault a surtout des allures de racket. Surfant sur le traumatisme de l’annonce de la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay, la direction de Renault s’est voulue, en contraste, rassurante, hier, à l’occasion d’une deuxième réunion de négociation avec les syndicats représentatifs (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO), conditionnant son engagement à ne pas fermer d’usine en France à la signature d’un accord de compétitivité. Si les plus gros reculs sociaux (flexibilisation de la durée du temps de travail et des rémunérations) devraient faire l’objet de séances ultérieures, la direction a esquissé hier plusieurs perspectives de rationalisation des coûts : concentration des sites de production en pôle régionaux industriels, mutualisation des activités de back-office (management, ressources humaines, communication, comptabilité…), et recours accru à la mobilité interne des salariés ont notamment été mis sur la table.

« Dans le cadre d’un accord global sur l’ensemble des mesures proposées au cours du cycle de négociations, (la direction) pourrait s’engager à ne pas fermer d’usine en France, malgré un marché européen sans véritable croissance », a fait savoir le constructeur automobile, dans un communiqué. « Comme à son habitude et comme en Espagne, le chantage reste la seule voie que connaissent nos dirigeants », a immédiatement critiqué Fabien Gâche, délégué central CGT, lors d’une conférence de presse, hier. Rappelant que la marque au losange a engrangé 786 millions d’euros de bénéfice net au premier semestre 2012, le syndicaliste a insisté sur l’idée que « c’est précisément cette logique qui appauvrit les salariés et les peuples et ferme, à moyen terme, des débouchés de vente pour notre entreprise ».

Loan Nguyen

La France, leader européen des faibles coûts, selon une agence officielle

«L’attractivité de la France est en hausse » : ce constat établi en mars 2012 par la chambre de commerce américaine en France est mis en exergue de son rapport annuel par l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii). Dans un rapport précédent, cette agence affirmait : « En termes de coût global d’une entreprise, la France est leader européen des faibles coûts. En France, les coûts d’implantation d’une entreprise, incluant la main-d’œuvre, l’immobilier, le transport, les services publics et les taxes, sont très compétitifs. » L’Afii n’est pourtant pas un repère de syndicalistes. Elle a été créée en 2001, par un gouvernement de droite, alors que Jacques Chirac était président de la République. L’Afii fait en outre référence à l’étude biennale « Choix concurrentiels » du cabinet anglo-saxon KPMG, qui compare les coûts d’exploitation d’une entreprise dans plus de 100 villes dans 9 pays. La France s’y distingue par des coûts globaux particulièrement avantageux pour l’implantation d’une entreprise. Ces coûts concernent la main-d’œuvre, l’installation, les transports, les services publics (électricité, gaz naturel, télécommunications), l’impôt sur les bénéfices…

Et il est vrai que notre pays attire nombre de capitaux internationaux. Depuis 2007, la France a accueilli 256,2 milliards d’euros d’investissements étrangers, contre près de 200 milliards pour l’Allemagne.

Ces arguments exposés par l’Afii à l’adresse d’investisseurs étrangers contredisent singulièrement la campagne de la droite et du Medef – à laquelle le gouvernement cède – présentant une économie française plombée par un coût du travail. Il est vrai que la France a des atouts, notamment grâce à ses services publics mais, pour autant, elle perd des parts de marché à l’international et son déficit extérieur devient béant. Cherchez l’erreur.

Nous avons déjà pointé cette contradiction 
dans le discours de la droite et du Medef : 
pour eux l’entreprise, ce sont les patrons, 
mais quand il s’agit d’évaluer les coûts 
de production, il n’y a plus que les salariés et le coût du travail. En vérité, la notion de compétitivité ne peut déboucher sur autre chose, elle est piégée dans la mesure où son véritable critère d’évaluation est la rentabilité des capitaux, leur rémunération. Est compétitif un pays qui « rapporte ». À l’opposé, si l’on se place du point de vue du peuple travailleur, 
c’est le critère d’efficacité sociale qui doit prévaloir : comment faire pour que les ressources soient utilisées de la manière 
la plus efficace en termes d’emploi, de valeur ajoutée, de développement humain ? 
Telle est la bonne question.

Pierre Ivorra

Télécoms : prêts à tout pour leurs marges

Les employés des opérateurs téléphoniques se mobilisent aujourd’hui 
et demain pour sauver l’emploi dans le secteur 
et revoir la stratégie des groupes.

Les salariés des télécoms sur le pied de guerre. Aujourd’hui et demain, l’intersyndicale CFDT, CGT, Sud et Unsa appelle à la mobilisation dans ce secteur plombé par les suppressions d’emplois. En septembre, Bouygues annonçait un plan de 556 départs volontaires pour économiser 300 millions d’euros. Chez SFR, un plan social est dans les tuyaux. Les disparitions de postes oscilleraient entre 500 et 2 000 d’après les syndicats. Même topo chez France ­Télécom qui table sur 10 000 postes supprimés entre 2013 et 2015 contre 4 000 embauches.

Pour justifier cette saignée, les opérateurs mettent en avant la concurrence du quatrième opérateur mobile, Free, sur un marché déjà mature. Mais ­l’argument a fait long feu. Comme le précise Damien Bornerand, délégué syndical CGT chez SFR, « seulement 30 % de la part du recul du chiffre d’affaires sont dus à Free, le reste est lié principalement à des modifications réglementaires concernant les taxes et coûts de connexion. Il faut arrêter ! SFR reste bénéficiaire, même si son chiffre d’affaires s’est contracté. Les départs volontaires sont prévus pour maintenir le taux de profit ».

L’entreprise semble prête à sacrifier sa masse salariale pour conserver ses dividendes. Le syndicaliste précise que leur montant restera le même en 2012. Chez France Télécom, pour faire illusion, la direction avait annoncé une baisse de son dividende à 0,80 centime contre 1,40 euro. Mais 2 milliards seront tout de même distribués aux actionnaires. Christian Pigeon, de la fédération SUD PTT, constate que « le montant des dividendes chez France Télécom est équivalent au coût de l’emploi dans le pays ».

Une obsession de la marge difficilement compatible avec les exigences d’un secteur en pleine mutation. Toute la ­filière est concernée par les suppressions de postes, chez les opérateurs, les centres d’appels ou les équipementiers comme Alcatel-Lucent. Pour Christian Pigeon, « il y a un problème de stratégie dans les entreprises comme SFR, Bouygues et France Télécom qui retardent des investissements dans la 4G et dans les fibres optiques pour maintenir leur niveau de rentabilité. Il faut améliorer la régulation dans le secteur et l’accès à la communication pour tous dans le pays. Et pour répondre à ces priorités, on aura besoin de salariés » !

Ce matin, les syndicalistes seront reçus au ministère du Redressement productif pour faire part de leurs revendications et réfléchir à un développement durable du secteur. Pour Jean-Paul Gristi, de la FAPT-CGT, « il est essentiel de demander au gouvernement de développer la 4G et de nouvelles fréquences, mais en contrepartie d’engagements fermes sur l’emploi ».

Cécile Rousseau



Edité par T 34 - 14 Nov 2012 à 19:40
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Nov 2012 à 19:28

Bloquer les fermetures de sites rentables », Rachid Aït Ouakli, délégué syndical CGT 
de l’usine Pilpa de carcassonne.

« Vendredi, s’est tenue la dernière réunion du comité d’entreprise dans la procédure de plan de sauvegarde 
de l’emploi. Les 123 salariés de l’usine vont commencer 
à recevoir leurs lettres de licenciement la semaine prochaine. Nous allons nous battre sur le plan juridique pour contester ce plan social et nous envisageons de monter une Scop. Le cabinet du ministre Montebourg nous parle de trois repreneurs intéressés, mais sans donner de noms, 
ni le nombre d’emplois concernés.

Ce que nous disons, c’est qu’il y a urgence à voter une loi pour protéger 
les entreprises comme la nôtre, qui sont rentables et dont la fermeture a pour seul but de faire plus de profit 
au détriment des salariés, sans tenir compte que deux cents familles vont se retrouver sur le carreau, alors que le taux de chômage est déjà à 13 % dans le bassin d’emploi. Le groupe R&R (qui a racheté l’entreprise il y a neuf mois – NDLR) est venu piller l’entreprise, il nous a rachetés pour avaler son principal concurrent et récupérer nos licences, puis se débarrasser de nous. Nous avons prouvé – et la direction ne le conteste même plus – qu’il n’y a pas de motif économique à ce plan, que les ventes de glaces en France augmentent, contrairement à ce qu’elle affirme, et que notre site est rentable. Il faudrait une loi pour bloquer ce type de plans sociaux et pour donner plus de pouvoir aux élus des comités d’entreprise pour pouvoir dire non. »

Source


Écrémage chez le laitier Candia
 

Afin de gagner en compétitivité, le groupe coopératif prévoit la fermeture de trois usines. Une restructuration inacceptable, 
qui s’accompagne de la suppression de 313 emplois.

L’annonce, par la direction de Candia, de la fermeture de trois de ses sites, compte parmi les plus brutales. Elle prévoit la suppression de 20 % des 1 450 salariés employés par la coopérative laitière. Vendredi, les 185 salariés du site du Lude, dans la Sarthe, appelé à mettre la clé sous la porte mi-2014, ont entamé des débrayages, de même que les 106 employés de l’usine de Saint-Yorre, dans l’Allier, dont la fermeture a été programmée pour fin 2013. Seul le site de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône (23 salariés), lui aussi promis à fermeture en 2013, n’avait pas entrepris d’action. « Cette restructuration est inacceptable, la direction doit revoir sa position », notait la CFDT, majoritaire dans l’entreprise. « Le système coopératif dans son ensemble a échoué à anticiper les changements de marchés », commente pour sa part Yvon Gérard, délégué central du syndicat. « Nous payons ses erreurs. »

Le fait est que Candia se trouve dans une sale passe. Le groupe coopératif prévoit d’enregistrer 26 millions d’euros de perte opérationnelle en 2012. Baisse continue de la consommation de lait en France et hausse du prix des matières premières ont fragilisé l’entreprise. La concurrence acharnée du lait allemand, qui déferle depuis quelques mois à 50 centimes d’euro le litre dans les grandes surfaces, serait sur le point de l’achever. « C’est environ 5 centimes moins cher que notre lait vendu en marque distributeur (MDD) ou premier prix », note ainsi Jean-Baptiste Froville, directeur associé chez Candia. Un vrai problème pour le groupe, qui réalise 60 % de son chiffre d’affaires en MDD. « Impossible de faire le poids », poursuit-il quand, en Allemagne, à 450 kilomètres de Paris, est implantée une usine de lait dont la capacité de production annuelle égale 1,3 milliard de litres… soit l’équivalent de la capacité annuelle des huit usines de Candia. Seule solution avancée par le groupe : concentrer, avec la volonté affichée de gagner en compétitivité. « Malheureusement, le site du Lude n’offre aucune extension possible. Alors que celui de Cambon, à 200 km de là, peut être agrandi et modernisé », poursuit Jean-Baptiste Froville.

Problème de stratégie ?

Reste que Candia est loin d’être un veau sans mère, ayant pour appui le groupe coopératif Sodiaal, cinquième laitier européen aux 4,42 milliards de chiffre d’affaires (1), dont 37 % réalisés dans le lait. Propriétaire de Candia (Grandlait, Candy Up, Viva), il détient également CFR (Cœur de Lyon, Le Rustique, Richemont), la moitié de Yoplait et la totalité d’Entremont, racheté en 2009 – non sans avoir, là encore, procédé à une « rationalisation » de ses coûts en fermant une usine au passage. En septembre, en outre, Sodiaal signait un contrat avec le groupe chinois Synutra, lequel lui garantit une livraison annuelle de 280 millions de litres de lait et de 30 000 tonnes de lactosérum.

La direction de Candia, enfin, se voit interrogée, alors que le groupe avait décidé d’acquérir les usines de Saint-Yorre et Villefranche il y a deux ans à peine. Problème « de stratégie ou de gouvernance ? » s’interrogeait Stéphane Le Foll, en visite, vendredi, sur le site du Lude. Le ministre de l’Agriculture, qui se dit lui aussi surpris par l’annonce de Candia, 
affirme qu’elle ne sera pas acceptée sans plus d’explication de la part de Sodiaal ni une contre-expertise. Insuffisant, estime Yvon Gérard : « Nous exigeons que tous les acteurs de la filière lait se réunissent immédiatement pour remédier à ce démantèlement. »

(1) Chiffres 2011.

Marie-Noëlle Bertrand

Le CCE débouté face à Sanofi

Le juge des référés d’Évry a rejeté, vendredi, la demande du comité central d’entreprise (CCE) de Sanofi recherche et développement, qui avait assigné l’entreprise 
pour qu’elle revoie ses projets de réorganisation.
Le laboratoire avait en effet annoncé la suppression 
de 914 postes en France d’ici à 2015, sur la base 
du volontariat. Le CCE a décidé de faire appel 
de cette décision. Ironie du sort, la veille, 
la capitalisation boursière de Sanofi a supplanté Total 
et trône désormais au sommet du CAC 40.

À Rennes, PSA prétend reclasser
 

Avec la fermeture du site automobile breton, 400 salariés seraient concernés par une réindustrialisation du site et 1 000 par un dispositif de mobilité interne et externe.

La direction de PSA s’acharne à communiquer sur des solutions de reclassement pour les salariés des usines d’Aulnay-sous-Bois, promise à la fermeture, et de La Janais, près de Rennes, où 1 400 suppressions d’emplois sont prévues d’ici à 2014. La CGT rappelle qu’aucune garantie concrète n’existe pour l’instant. À l’issue d’une réunion tripartite en préfecture de Rennes, vendredi, regroupant direction, syndicats, État et élus locaux au sujet de l’avenir de l’usine bretonne, le directeur industriel du groupe automobile, Denis Martin, a déclaré à l’AFP que « 400 mobilités (seront proposées) aux salariés de La Janais sur l’ensemble des sites de PSA », ainsi que « 400 (postes dans le cadre de la) réindustrialisation et 600 mobilités vers l’extérieur, que nous accompagnerons ». Si plusieurs syndicats ont trouvé matière à réconfort dans ces déclarations – à l’image du représentant FO, Pascal Steinbach, qui s’est dit « plutôt satisfait de l’ouverture de cette réunion qui va permettre de construire » –, la CGT n’y a vu aucune avancée. « La seule chose que j’ai ressentie, c’est que Martin est venu pleurer auprès des élus locaux pour avoir de l’argent », a commenté Michel Bourdon, secrétaire de la CGT. « Les 400 volontaires pour la 
mobilité, faudrait déjà les trouver ! Et les 600 emplois externes, ils les trouvent où, alors que le chômage est déjà fort en Bretagne et que les boîtes comme Doux licencient aussi ? » a en outre critiqué le syndicaliste. Rappelant que la CGT s’était battue, mercredi, à l’occasion d’une première réunion de négociations concernant l’ensemble du plan de 8 000 suppressions d’emplois à l’échelle du groupe pour que des dispositifs de préretraite soient discutés pour les plus de cinquante-cinq ans, Michel Bourdon évalue à 943 le nombre de salariés rennais qui correspondent à ce critère d’âge. « Avec les 360 postes que l’expertise du cabinet Secafi a estimé qu’on pourrait sauver grâce à l’arrivée de la remplaçante de la Citroën C5, on pourrait presque boucler le plan », note le délégué CGT, qui déplore que la direction ait pour l’instant choisi d’ignorer ces paramètres. Prochaine réunion tripartite concernant La Janais prévue en 2013.

Loan Nguyen

« Le juge a remis en cause le management d’Airbus »

Délégué central CGT, Xavier Pétrachi revient sur la suspension du système d’évaluation d’Airbus en 2011. Une première.

Le 21 septembre 2009, la justice infligeait un désaveu sévère à Airbus en interdisant au constructeur aéronautique de retenir certains critères de comportement pour décider des primes à octroyer à ses cadres en France. La cour d’appel de Toulouse avait en effet suspendu le système d’évaluation des 5 000 cadres des usines Airbus en France car il intégrait des « critères comportementaux non conformes aux exigences légales ». « Le juge a remis en cause la façon de manager le personnel et rappelé qu’on ne peut pas juger une personne à partir de son comportement mais sur des objectifs de travail. Sur ce point-là, on peut dire qu’on a fait avancer le débat, car au-delà d’Airbus, ce sont tous les systèmes d’évaluation basés sur des critères comportementaux qui ont été reconnus illicites », raconte Xavier Pétrachi, délégué syndical central CGT d’Airbus. Et pour cause, l’arrêt de la cour d’appel de Toulouse fait désormais jurisprudence.

Et s’il y a encore aujourd’hui peu de batailles juridiques portant sur l’évaluation des salariés, de nombreux syndicats se penchent sur la question. « On est régulièrement contactés par des militants du privé et du public. On sent que cette idée d’évaluer les salariés dans leur travail fait des émules. Les directions s’orientent vers l’individualisation des salaires et la rémunération au mérite. C’est oublier qu’un travail se fait collectivement », déplore le syndicaliste d’Airbus.

Lui-même avoue d’ailleurs ne pas être « satisfait à 100 % » de ce jugement. « Personnellement, je suis pour la suppression de tous les systèmes d’évaluation. Cette méthode note non pas la réalité du travail, mais ce que veut la hiérarchie. »

Les systèmes d’évaluation dans le collimateur des syndicats

Les systèmes d’évaluation suscitent de plus en plus de contentieux, notamment en raison d’introduction de critères comportementaux. Chez General Electric Medical Systems (GEMS), les syndicats CGT et FO, ainsi que le CHSCT se battent depuis des années contre ces pratiques anxiogènes.

« Agir avec courage », « faire preuve d’imagination », « oser prendre des risques »… Les critères comportementaux sont devenus la bête noire des syndicats, qui, de plus en plus, contestent les systèmes d’évaluation mis en place par les directions. Alors qu’auparavant, celles-ci se basaient essentiellement sur des critères quantitatifs, elles veulent aujourd’hui évaluer aussi l’engagement des salariés et leur adhésion aux valeurs de l’entreprise. Snecma, Hewlett Packard, Mornay, IBM, Airbus, 
Sanofi… les exemples de contentieux ne manquent pas. Dernier en date, la contestation, par les syndicats CGT et FO et le CHSCT, du système d’évaluation de General Electric Medical Systems (Gems). Cette méthode, à laquelle chaque salarié est confronté une fois par an sous la forme d’un entretien individuel, était dénoncée par les syndicats qui la considéraient comme « illicite » car basée sur le comportement et non uniquement sur le travail accompli. Mais, contrairement aux attentes des syndicats, la cour d’appel de Versailles a de nouveau estimé, dans un arrêt d’octobre dernier, que les compétences évaluées, « dans la mesure où elles sont développées en relation avec le travail effectué, entrent dans le cadre de l’évaluation professionnelle au sens strict du terme ».

En contestant la légalité de cette méthode devant la cour d’appel de Versailles, les syndicats espéraient créer une jurisprudence qui établirait que ce genre de méthode d’évaluation, fondée sur trop de critères 
comportementaux, est illicite et nocive pour la santé des salariés. La méthode d’évaluation du géant mondial des technologies et des services médicaux repose sur des critères tels que l’ingéniosité, l’engagement, l’énergie ou encore l’imagination. Les mieux notés ont droit à une augmentation, tandis que ceux qui sont jugés trop mauvais doivent se soumettre à un « plan d’amélioration ». « À l’origine, General Electric a créé ce système pour faire tourner les effectifs en poussant vers la sortie 10 % du personnel par an, à coups de licenciements pour insuffisance professionnelle », affirme Jocelyne Chabert, élue CGT au CHSCT.

D’ailleurs, la militante n’entend pas en rester là. « Laisser une telle décision en suspens serait préjudiciable à toutes les autres entreprises qui envisagent d’aller en justice », assène-t-elle. Une ligne de conduite partagée par son syndicat. La CGT de cette filiale française de General Electric, tout comme FO, a l’intention de se pourvoir en cassation. Et tout laisse à penser que le CHSCT de Gems, qui doit se réunir d’ici à la fin novembre, pourrait lui aussi s’associer à cette démarche. « Nous sommes convaincus que la question du système d’évaluation est à double entrée : il y a cette question de droit – est-ce licite ou non ? Mais il y a aussi et surtout les conséquences de ce système sur la santé des salariés », expose l’élue CGT.

C’est d’ailleurs la conclusion de 
l’expertise du cabinet Isast, mandaté par le CHSCT, qui a mis en évidence, lors de son enquête en 2009, des problèmes d’irritabilité, des troubles du sommeil et de l’alimentation en lien avec le système mis en place. Un rapport d’expertise rendu fin 2006 pointait déjà la responsabilité du système d’évaluation des salariés comme l’une des causes du mal-être au travail. « L’avocate de la direction entretient une confusion entre le jour de l’entretien, qui occasionnerait du stress, et le reste de l’année, où rien ne se passerait. Nous, nous soutenons que c’est l’ensemble du système qui est pervers. Nous parlons d’un système anxiogène, qui met en concurrence les salariés toute l’année. Or, les juges ont balayé cet aspect-là », déplore Jocelyne Chabert.

« Un entretien doit évaluer le travail effectué par un salarié, son savoir-faire et non son savoir-être », précise David Métin, avocat spécialisé dans le droit du travail, qui défend les syndicats de Gems. « Or actuellement, chez Gems, l’important n’est pas de faire, mais de faire savoir qu’on sait faire », a argumenté l’avocat, qui insiste sur l’importance de « déconnecter 
compétences et comportement ». De son côté, le directeur des ressources humaines de Gems, 
Matthieu Willot, assure pourtant qu’il ne s’agissait pas d’évaluer des « éléments personnels ». « Nous avons défini des comportements professionnels et on s’est efforcés de les rendre les plus précis possible en fonction des métiers. »

Le fond du problème, c’est que la loi n’encadre pas les entretiens d’évaluation. En 2002, la Cour de cassation en a fait un droit de l’employeur, dont les limites sont fixées au fur et à mesure de la jurisprudence. L’an passé, c’est Airbus qui a dû suspendre les siens, après que la CGT a porté l’affaire devant la justice. Elle considérait comme illicites des éléments de ces entretiens d’évaluation visant à apprécier le comportement des cadres. La cour d’appel lui a donné raison (lire ci-contre). En 2008, le tribunal de grande instance de Nanterre avait débouté le groupe de presse Wolters Kluwer France, qui utilisait des critères « flous basés sur des valeurs » pour évaluer ses employés. Parmi elles, l’intégrité, la responsabilité ou le travail en équipe.

En juillet, plusieurs syndicalistes de Renault avaient fait le déplacement à Versailles pour assister à l’audience de Gems. Pour s’informer. « Dans nos entretiens individuels, quand on est notés E ou F, on est soumis à un plan de progrès individuel. Ça signifie qu’on est coachés avec un audit tous les trois mois. Je ne vous dis pas la pression et les conséquences au niveau des risques psychosociaux », témoigne William Audoux, secrétaire CGT du CHSCT du département fonderie de Renault Cléon. « Du coup, on se renseigne sur la procédure, on cherche la bonne porte d’entrée », renchérit Didier Carbon, membre du CHSCT tertiaire sur le même site.

Repères

Novembre 2007, arrêt Mornay : la mise en place d’un système d’évaluation des salariés doit être soumise à la consultation du CHSCT.

Mars 2008, arrêt Snecma : 
un juge peut suspendre la mise 
en œuvre d’une réorganisation 
du travail s’il considère que celle-ci ne garantit pas la santé 
et la sécurité des salariés.

Septembre 2008 : le tribunal 
a jugé illicite un système d’évaluation individuel des salariés basé sur les comportements 
et autres critères « flous » 
chez le groupe de presse Wolters Kluwer France (WKF).

Janvier 2012 : le dispositif 
de « reconnaissance et d’évaluation de la performance » des cadres de Sanofi a été jugé illicite par le tribunal de grande instance de Paris.

Alexandra Chaignon

GALLOIS, LE PERE NOEL DU PATRONAT !

 
Alex

C’est Noël en novembre pour le patronat ! Le gouvernement lui offre 20 milliards d’euros, soit une baisse de moitié de l’impôt sur les sociétés. C’est un cadeau sans contrepartie. Le gouvernement prétend que ces milliards doivent « inciter » le patronat à investir, mais depuis des années, les grandes entreprises, celles qui exportent et qui n’ont que le mot « compétitivité » à la bouche, dépensent plus en dividendes reversés qu’elles n’investissent !

« Choc », « pacte », « compétitivité », « confiance »…, depuis des semaines ces mots tournent en boucle, du patronat au gouvernement, en passant par les « économistes ». Après traduction, il faut comprendre que les salariés dans ce pays sont trop payés, ne travaillent pas assez et profitent indûment d’une des meilleures protections sociales encore existantes en Europe. S’il y a du chômage, des licenciements, des fermetures d’entreprises, des suppressions d’emplois, ne cherchez plus, c’est parce qu’on n’est pas assez « compétitifs » !

Le rapport Gallois, d’un ancien patron de la SNCF et d’EADS, épaulé par un responsable de l’UMP dans son travail « d’expert », a été applaudi par le MEDEF qui n’en peut plus de satisfaction : normal, c’est un rapport de patron pour les patrons ! Ces 20 milliards d’exonération de cotisations sociales pour le patronat ouvrent la voie à un véritable hold-up sur la partie de nos salaires versée directement par les employeurs, pour assurer à chacun des services sociaux de qualité. Et Gallois voudrait nous faire avaler cela au nom d’un prétendu « pacte social » et de la « solidarité nationale » ! Il parle même de « patriotisme », un vocabulaire qui rappelle le temps des guerres : c’est en l’occurrence une vraie guerre sociale qui est ainsi lancée contre les classes populaires.

Ayrault n’a pas tardé pour annoncer qu’il suivrait la quasi-totalité des « recommandations » de Gallois. 20 milliards de cotisations sociales sur les salaires entre 1 et 2,5 fois le SMIC seront offerts aux patrons sous forme de crédit d’impôt dès 2013 ! Ce manque à gagner pour l’Etat sera financé à moitié par une augmentation des taux de TVA, cet impôt le plus injuste car il frappe les pauvres de la même manière que les riches. Et l’autre moitié sera financée par une baisse supplémentaire de la dépense publique. Les couches populaires sont attaquées sur trois fronts : les dépenses quotidiennes, la protection sociale et l’accès aux services publics. Le changement promis par Hollande, c’est en pire !

Depuis plusieurs semaines, pas un jour où ne sortent des statistiques plus ou moins manipulées sur le coût du travail en France, sans que personne ne parle des dividendes records que s’octroient les actionnaires (9 % de la valeur ajoutée des sociétés non-financières, du jamais vu depuis 1949 selon l’Insee). Hollande a dit qu’il souhaitait un « compromis historique », un accord « gagnant-gagnant », « donnant-donnant ». Tout ça, c’est bien sûr du vent, mais surtout un coup de massue pour celles et ceux qui, six mois après la défaite de Nicolas Sarkozy, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d’austérité.

Pour financer son cadeau au patronat, le gouvernement piétine sans vergogne son engagement de ne pas augmenter la TVA. Mais si cette TVA était injuste sous Sarkozy, elle le reste avec Hollande ! Les travailleurs vont payer à double titre : par l’augmentation de la TVA et par la réduction des dépenses publiques qui va encore dégrader les hôpitaux, l’Éducation, les transports, et priver les collectivités de ressources indispensables pour la population. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le gouvernement socialiste montre à quel point il est prêt à s’aplatir face au patronat, et est capable des pires attaques contre les travailleurs.


Ces mesures
partent du principe qu’il faut financer l’investissement du privé de façon prioritaire, mais au détriment de l’investissement public. D’une part, on fait l’impasse complète sur le coût du capital et les prélèvements financiers des entreprises, c’est-à-dire les intérêts et les dividendes aux actionnaires. D’autre part, pourquoi cette mesure concerne-t-elle toutes les entreprises, alors que logiquement la compétitivité ne concerne que celles qui sont impactées par la mondialisation ? L’on peut craindre que ce crédit d’impôts sur les sociétés serve une nouvelle fois la distribution de dividendes et non l’investissement.


Alex d’après des communiqués du NPA de LO et du FDG

http://2ccr.unblog.fr/2012/11/12/gallois-le-pere-noel-du-pat...



Edité par T 34 - 14 Nov 2012 à 15:58
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Les patrons brasseurs veulent profiter de la hausse de la TVA sur la bière

Les grands patrons des brasseries alsaciennes profitent de la prochaine hausse des taxes sur la bière pour faire pression sur l'emploi et les salaires de leurs employés, afin de conserver leurs bénéfices.

C'est ce que dénonce la fédération du Bas-Rhin du  Parti Communiste Français, dans un communiqué publié ce lundi. Les communistes alsaciens démontent la "campagne d’enfumage lancée par les grands patrons des brasseries alsaciennes". Selon eux, ces patrons usent de la prochaine augmentation de 160% des taxes sur la bière, contenue dans le projet de financement de la Sécurité Sociale pour l’année 2013, pour faire pressions sur leurs salariés.

Compressions d'emploi et de salaires

"Les communistes s’opposent à ce que cette hausse de la taxe sur la bière soit répercutée sur les consommateurs et servent d'alibi à de nouvelles compressions de l’emploi et des salaires dans la filière brassicole qui au nom de la rentabilité financière a déjà subi de nombreuses vagues de plans sociaux. C’est sur les revenus du capital, sur les dividendes des actionnaires des grands groupes brassicoles que cette taxe doit être prélevée", insiste le communiqué.

"Rappelons que les grands patrons brasseurs n’ont pas attendu cette taxe pour "mettre en bière" les brasseries, pour liquider notre patrimoine régional. Depuis des années, les salariés subissent diminutions de salaires, aggravations des conditions de travail et licenciements alors que des bénéfices sont réalisés et que les actionnaires réclament toujours plus de dividendes. Rappelons à la droite alsacienne revancharde qui pleure aujourd'hui des larmes de crocodiles en s’inquiétant du sort des travailleurs des brasseries, qu'elle n'a rien fait hier pour défendre ce secteur important de notre économie régionale."

Label "bière d'Alsace"

La fédération PCF du Bas-Rhin appelle à la mise en place d'un contrôle sur toutes les aides publiques perçues par les grands brasseurs. Elle propose aussi la création d'un label "bière d'Alsace", pour "empêcher les délocalisations, garantir la qualité des productions, l’emploi, le pouvoir d’achat, le contrôle de la production (localisations des productions, de la main d’oeuvre etc…) et des prix à la consommation".

  • A lire aussi:

Face aux stratégies patronales, les salariés des brasseries ne doivent pas trinquer (PCF Bas-Rhin)

Source


Automobile: Faurecia supprime 1500 emplois en Europe

L'objectif de l'équipementier détenu à 57,4% par PSA Peugeot-Citroën est de réduire ses coûts en Europe occidentale alors que son chiffre d'affaires y baisse.

Faurecia n'a pas dévoilé les sites concernés par cette restructuration, lors d'une réunion pour les investisseurs à Londres ce lundi. "Le nouveau contexte européen impacte les objectifs financiers à moyen terme du groupe, la réduction significative des perspectives de production appellent un plan d'action supplémentaire", a indiqué le groupe dans une présentation aux analystes.

Remonter ses marges

Il a ainsi retardé de deux ans son objectif d'une marge opérationnelle supérieure à 5%, désormais envisagé pour 2016. A cet horizon, Faurecia compte réaliser un chiffre d'affaires de 22 milliards d'euros, grâce surtout au marché nord-américain et à la demande des constructeurs asiatiques.

Le groupe avait annoncé cet été qu'il engagerait de nouvelles mesures de restructuration sur le continent, mais sans apporter de précision sur les emplois concernés. Les charges de restructuration, estimées juqu'ici à 80-90 millions d'euros pour l'année en cours, atteindront 100 millions, contre 60 millions en 2011. Faurecia prévoit également 90 millions d'euros de charges supplémentaires en 2013, ce qui affectera sa trésorerie l'an prochain et l'année suivante.

Source
Patria socialismo o muerte

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Compétitivité, piège à salariés !

 
Didas Kalos

Qu’elle doive s’imposer par un « choc » (Laurence Parisot) ou progressivement (François Hollande), elle fait consensus au Medef et à l’UMPS.

Le raisonnement est simple : si la casse de l’emploi (notamment industriel) s’accélère en France (où 500. 000 postes d’ouvriers ont déjà disparu sous Sarkozy…), c’est parce que la force de travail y est trop chère. Les entreprises ne peuvent donc pas faire face à la concurrence.

Ce raisonnement présuppose que nous sommes en compétition – ce qui est indéniable en économie capitaliste. Il suppose également que cette compétition est complètement ouverte, et qu’il est impossible, par exemple, de protéger la production nationale aux frontières – ce qui est indéniable dans l’Europe des traités supranationaux.

Il oublie soigneusement un détail : c’est que la première cause du « manque de compétitivité » des entreprises françaises est la surévaluation de l’euro, dont toutes les économies d’Europe souffrent – sauf celle de l’Allemagne, dont l’industrie assemble des produits achetés en Europe centrale… hors zone euro !

« Modèles »

Sans compter que le Kapital d’outre-Rhin a tellement comprimé les salaires que 25% des travailleurs y touchent moins de 9 € 15 de l’heure (brut !). Sans parler de la précarité, qui y a littéralement explosé. Tout cela sans qu’on l’accuse de concurrence déloyale – l’Allemagne est intouchable, et l’inénarrable Montebourg, ministre du « redressement productif », préfère faire diversion avec la Corée…

Au passage, économistes et journalistes osent maintenant vanter les progrès réalisés en matière de compétitivité par l’Italie et… l’Espagne (mais oui !). Il faut dire que dans ce dernier pays, le taux de chômage officiel dépasse maintenant les 25 % : l’arme absolue contre les salaires ! D’ici à ce qu’on nous vante le modèle grec…

Le cri d’alarme sur la « compétitivité » n’est donc rien d’autre que la remise au goût du jour du refrain de la « concurrence » entonné par les capitalistes dès le 19ème siècle, transposé dans l’économie mondialisée : les patrons de tous les pays sont d’accord pour se livrer à une concurrence effrénée, qui les oblige à casser les salaires – c’est-à-dire que la concurrence entre patrons s’impose aux salariés. Dans cette compétition, le travailleur de France (qu’il soit français ou immigré d’ailleurs), est sommé d’accepter une amputation de son salaire et de sa retraite, une dégradation de son statut et de ses conditions de travail, etc., pour rester « compétitif » avec les travailleurs allemands, italiens, espagnols, polonais, chinois…

« Naïveté »

Remarquons au passage que lesdits Chinois dopent leurs exportations – donc leur production – qvec une monnaie non-convertible et administrée par eux-mêmes. Ce qui fait dire à nos économistes en vue : « nous avons été naïfs… », et d’ajouter tout bas : « … et nous le resterons ! ». Car la mise en concurrence soi-disant « libre et non faussée » de produits vendus dans une monnaie sous-évaluée comme le yuan avec des produits vendus dans une monnaie surévaluée comme l’euro est d’une redoutable efficacité pour laminer les salaires en Europe.

Ce qui se cache derrière la « compétitivité », c’est donc la guerre. Non pas une guerre de l’Europe contre la Chine, ni de la France, contre la Pologne, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne. Non : c’est la bonne vieille guerre du capital contre le travail.

Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Warren Buffet, l’homme d’affaires multimilliardaire étasunien : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. » (25 mai 2005, sur CNN).

Et tant que la France sera dans la zone euro, qui plombe ses exportations et sa production ; tant qu’elle sera dans l’Union Européenne, qui organise la « concurrence libre et non faussée » (en réalité : forcée et truquée) entre les salariés d’Europe et du monde entier, les travailleurs de France se feront écraser dans cette guerre de classe.

Mais pour qu’ils la gagnent, il faudra qu’ils cessent d’être perpétuellement sommés d’accroître leur « compétitivité », et donc qu’ils mettent fin à la compétition… c’est-à-dire au capitalisme.

Didas Kalos

Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-competitivite-pie...


France : Le “Pacte avec les Loups

 
Pedro da Nóbrega
 

Il est des images qui valent parfois bien des analyses : celle de voir en première ligne la patronne des patrons français, Laurence Parisot herself, rendre un hommage appuyé aux dernières décisions annoncées par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans le cadre de ce qu’il a souhaité aimablement intituler « pacte de compétitivité » pour, semble-t-il, atténuer le « choc traumatique ».

Au vu de ce satisfecit du patronat, vite passé des effarouchements de pigeons philanthropiques aux « dents de la mer » des requins du capital avec l’ultimatum des 98 grands patrons du CAC40, pas sûr que les travailleurs de France lui sachent gré de ses précautions oratoires au regard du contenu de ce « Pacte ».

Car bien évidemment, si la cheftaine Parisot se félicitait de voir le gouvernement prendre enfin en compte les analyses patronales sur le supposé déficit de compétitivité dû, bien sûr, à un « coût du travail » qui serait trop élevé en France, c’est bien que le contenu de ce pacte vise d’abord à répondre aux exigences patronales plus qu’à réellement prendre la mesure des attentes sociales pourtant fortes en ces temps de licenciements massifs et de précarisation accrue.
 
On pourrait à cet égard rappeler benoîtement à Monsieur Ayrault le propos sans ambiguïté de Paul Krugman, prix Nobel d'économie, « contre la “dangereuse obsession” de compétitivité de l’Union européenne » car « la compétitivité est un mot vide de sens lorsqu’il est appliqué aux économies nationales ». Mais aussi insister sur le fait que c’est le travail qui crée de la richesse et donc que les salaires et les cotisations sociales ne constituent pas des coûts mais la rémunération d’une ressource qui est à la base de la création de valeur.
 
Donc pourquoi continuer à évoquer, contre toute évidence, le « coût du travail » ?
 
Certainement pour mieux masquer une évidence que s’acharnent à masquer tous les « chiens de garde » experts du barnum médiatique, à savoir que ce qui coûte effectivement très cher, c’est la rémunération du Capital. En effet, les revenus nets distribués représentent aujourd’hui 9 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières, niveau historique record depuis la Seconde Guerre mondiale, contre 5,6% en 1999. En trente ans, la masse salariale des entreprises a été multipliée par 3,6 alors que la somme des dividendes versés aux actionnaires a été multipliée par 20. Le rapport de la Commission Européenne sur "L'emploi en Europe" (2007) indiquait déjà que la part des revenus du travail dans le PIB a chuté de 10 points depuis 1981, ce qui correspond environ à 100 Milliards d'euros par an ! Ces chiffres permettent de mieux mesurer l’arnaque du discours patronal visant à rendre le niveau des rémunérations du travail, cotisations sociales inclues, responsable de la baisse des investissements.
 
Céder au diktat patronal exigeant un transfert massif des cotisations sociales vers les ménages et les salariés, par le biais de la TVA et de la CSG, c’est refuser de s’attaquer à ce « pouvoir de la finance », que pourfendait pourtant avec ardeur le candidat Hollande lors de son discours du Bourget, pour qui l’essentiel reste de préserver à un niveau toujours plus élevé la rémunération des actionnaires. D’ailleurs, en 2011, selon l'INSEE, les dividendes distribués aux actionnaires des sociétés non financières plus les intérêts versés aux banques totalisaient 309 milliards d'euros, alors que les cotisations sociales ne coûtaient que 145 milliards d'euros ! Et pour ce qui est du bilan des exonérations actuelles de cotisations sociales et leurs incidences sur l’emploi, voilà ce qu’en disait la Cour des Comptes en 2009 : « La Cour avait relevé que les nombreux dispositifs d’allègement des charges sociales étaient insuffisamment évalués en dépit de la charge financière croissante qu’ils représentaient pour les finances publiques (27,8 milliards d’euros en 2007, soit 1,5 % du PIB). S’agissant des allègements généraux sur les bas salaires, leur efficacité sur l’emploi était trop incertaine pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité. »
 
Sans parler de la mesure jamais réalisée des incidences sur l’emploi des 170 milliards d’euros d’aides publiques diverses versées aux entreprises.
 
Mais c’est pourtant bien là que réside la première cause réelle de la baisse des investissements, dans cette volonté inébranlable de garantir au capital le plus haut niveau de rémunération, quel qu’en soit le coût social comme aussi dans sa vision à court terme.
 
Car il est surprenant, ou peut-être pas justement, que les thuriféraires de la liturgie néo-libérale et de la compétitivité à tout prix omettent d’évoquer à ce sujet d’autres facteurs que ces salariés qui « coûteraient » trop cher. S’agissant d’un de leurs exercices préférés, la comparaison avec l’Allemagne, le niveau insuffisant de la Recherche et Développement en France : 2,1 % du PIB contre 2,8 %. Ce différentiel est également très marqué si l’on considère les dépenses en R&D du secteur privé : 15 milliards d’euros de ce côté-ci du Rhin, contre 31 milliards de l’autre en 2008. La faute aux salaires, Madame Parisot ? Hélas pour vous non, les dividendes sur la richesse créée par les sociétés non financières s’élevaient en 2010 à près de 230 milliards d’euros soit plus que l’investissement.
 
Mais avant que la nostalgie de l’époque dorée du sarkozysme ne vous étreigne trop intensément, Monsieur Ayrault à tenu à vous rassurer sur le caractère peu « dangerous » de sa politique à l’égard de vos intérêts avec un Pacte de compétitivité. Un « Pacte avec les loups » venant après l’adoption en catastrophe du Traité d’austérité Merkozy qu’il vouait pourtant aux gémonies six mois auparavant.
Pour en revenir à cette fumeuse injonction de compétitivité, il serait bon de rappeler à certains qui semblent l’avoir oublié le temps d’une élection, qu’elle relève de la compétition et non pas de la compétence. Quelle est donc cette logique absurde qui vise à instaurer une compétition féroce entre des peuples parties d’un même ensemble qui prétend vouloir instaurer un mieux vivre entre ces mêmes peuples ? Qui plus est par l’instauration autoritaire de politiques d’austérité socialement dévastatrices qui détruisent l’emploi, généralisent la précarité, remettent en cause l’accès à des droits aussi fondamentaux que la santé, l’éducation, le travail et le logement, asphyxient la consommation et étouffent l’investissement au sein de pays dont l’essentiel des échanges s’effectue pourtant entre eux ? En exacerbant au passage tous les particularismes les plus chauvins. 
 
 
Et pour parler d’austérité, qui dit mieux qu'un orfèvres en la matière comme le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, dans ses « Quatre leçons sur la Crise » en décembre 2011 :
 
« Les investisseurs financiers sont schizophréniques s’agissant des plans de rigueur et de la croissance. Ils réagissent d’abord positivement aux annonces de plans de rigueur, mais négativement ensuite lorsque la rigueur conduit à une plus faible croissance – ce qui est souvent le cas. Les estimations du FMI suggèrent ainsi que la rigueur peut conduire à une hausse plutôt qu’à une baisse des taux d’intérêts sur la dette souveraine. »
 
Malheureusement les situations de récession que subissent les peuples de l’Espagne, de la Grèce, de l’Italie ou encore du Portugal, ne font que confirmer ce scénario catastrophe auquel la France risque d’être confrontée faute de courage politique pour s’attaquer aux fondements de cette logique destructrice. Un certain Karl Marx écrivait en son temps : « Le Capital a horreur de l'absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime. » Chacun pourra mesurer l’actualité de cette phrase et ce n’est certainement pas en se soumettant à cette logique carnassière ni à la rhétorique patronale que les peuples trouveront une issue.

Et pour ce qui est du changement, pour l’instant c’est surtout sur le plan du vocabulaire et des postures qu’il se manifeste mais certainement pas au niveau de la perspective.

L’Amérique Latine offre pourtant un contre-exemple riche d’enseignements d'un processus d’intégration régionale solidaire, fondé sur la coopération et le respect des souverainetés populaires. Mais il a fallu pour cela avoir le courage de s’affranchir de la tutelle des marchés financiers et faire aussi grandir les processus participatifs d’intervention populaire dans la mise en marche de ce processus.

Il serait bon de s’en inspirer tant en France qu’en Europe, aussi bien pour les formations politiques que pour le mouvement social, afin de fermer la porte à la montée de toutes les logiques totalitaires et xénophobes, qu’elles portent le col blanc ou aient la nostalgie de la chemise brune.
 
Date de parution de l'article original: 10/11/2012


Edité par T 34 - 11 Nov 2012 à 17:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Nov 2012 à 18:49

France : le FMI prône de nouvelles mesures ultralibérales

 
 
Capitaine Martin

Le rapport Gallois qui vient à peine d’être dévoilé a reçu un sérieux renfort avec la publication du rapport annuel du FMI (Fonds monétaire international), lequel prône à son tour des mesures ultralibérales.

Selon une antienne désormais bien connue, l’institution financière, partant du constat que la compétitivité de notre pays était en perte de vitesse, a en effet tiré la manche de l’Élysée et du gouvernement pour que ces derniers suivent ses recommandations… Sous peine de voir l’Italie et l’Espagne, qui ont par ailleurs entrepris des réformes si profondes que la pauvreté et le chômage y explosent à vue d’œil, nous damer le pion.

« Les perspectives de croissance de la France demeurent fragiles en raison de la faiblesse des conditions économiques en Europe, mais la capacité de la France à rebondir est aussi contrainte par un problème de compétitivité », a ainsi annoncé le FMI dans son rapport du 29 octobre 2012 et publié le 5 novembre 2012.

Pour l’essentiel, l’organisation mondialiste basée à Washington estime que le redressement de notre compétitivité passe par trois chantiers :

- la réduction de la dette publique (autrement dit, le démembrement de tous les services publics),

- la correction des dysfonctionnements du marché du travail qui entravent l’investissement, l’emploi et, en fin de compte, la croissance pour accroître la concurrence dans le secteur des services (on ne peut pas être plus clair). Le FMI suggère ainsi de transférer le coût des allégements de cotisations patronales vers les taxes indirectes (par exemple la TVA)… au risque de voir l’addition devenir encore plus salée pour les classes populaires,

- une rationalisation de la fiscalité de l’épargne pour assurer un financement adéquat à long terme des entreprises, y compris le financement en actions. Un non-sens quand on sait que la masse salariale a été multipliée par 3,5 en trente ans alors que les dividendes versés aux actionnaires l’ont été par 20 sur la même période (données Insee).

Les technocrates de la finance ne manquent pas au passage de distribuer des bons points en « saluant particulièrement le gouvernement sur le dialogue social qu’il a mené jusqu’ici (sic) avec la participation des partenaires sociaux. Ce dialogue doit constituer une chance unique, qui ne doit pas être ratée, de parvenir à une masse critique de réformes qui permettra d’améliorer la compétitivité de l’économie française et d’accroître sa capacité à créer des emplois ».

Autrement dit, le mot d’ordre que les argentiers lancent à Paris est de continuer la politique menée jusqu’ici par le gouvernement socialiste et de créer un système dans lequel l’embauche et le licenciement seront terriblement facilités au détriment des salariés et des jeunes arrivant sur le marché de l’emploi. Le FMI exigera à terme, on peut lui faire confiance, un marché du travail très flexible et moins coûteux pour le patronat avant d’imposer toute une série de réformes impopulaires destinées à porter un coup fatal au code du travail.

Autre mesure suggérée par l’organisation mondialiste basée à Washington aux instances dirigeantes françaises : « la modération salariale, notamment en matière de réévaluation du SMIC ». « Comme le montrent de nombreuses études (faites par qui et pour qui ? – NDLR), le niveau du SMIC, son uniformité sectorielle, et son mécanisme d’indexation contribuent aux difficultés que connaissent les personnes peu qualifiées et les jeunes à entrer dans le monde du travail ». Il faut se pincer pour le croire ! Le chancelier allemand Gerhard Schröder (social-démocrate de son état…) n’avait-il pas libéralisé le marché du travail en son temps, permettant aux employeurs de payer des salaires de 400 euros mensuels aux salariés ou d’un euro par jour aux chômeurs de longue durée ? Ce n’est ni plus ni moins la même rengaine que le FMI nous ressert dix ans après.

Rien de neuf donc sous le soleil plombé de la finance internationale qui veut imposer des sacrifices aveugles aux travailleurs français après s’être fait la main en Grèce et en Espagne. Gageons que le retour du bâton sera pour nos banquiers, nos bourgeois et leurs collaborateurs à hauteur des préjudices subis.

Capitaine Martin

Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-france-le-fmi-pro...


Le laitier Candia ferme trois usines et supprime 313 emplois

Nouveau séisme pour l'industrie agroalimentaire française. Après Doux, c'est au tour de Candia, premier producteur de lait de consommation en France, qui va fermer trois de ses usines avec à la clé, 313 emplois supprimés.

La fermeture des sites de Saint-Yorre (Allier) et de Villefranche-sur-Saône (Rhône) est planifiée fin 2013 et celle de Lude (Sarthe) mi-2014, a détaillé Maxime Vandoni, directeur général de Candia, hier, aux partenaires sociaux lors d'un comité d'entreprise. Pas moins de 313 emplois sur un total de 1 465 sont ainsi menacé. "On s'attendait à une restructuration, mais pas de cette ampleur" a confié Yvon Gérard, délégué syndical central CFDT chez Candia. "On ne comprend pas pourquoi la direction a repris il y a deux ans l'usine de Villefranche et récemment Saint-Yorre, deux sites qui marchaient bien, pour les fermer aujourd'hui", a regretté de son côté Rik Deraeve, délégué syndical central FO.

Pour la direction du numéro un français du lait en bouteille, détenue par le groupe coopératif Sodiaal (Yoplait), "ce projet de réorganisation et de modernisation est nécessaire pour améliorer nos coûts de production et lutter contre nos concurrents" les Allemands notamment et Lactalis en France (marque Lactel). Candia affirme que sa première préoccupation est le devenir des 313 salariés qui seraient concernés par ce projet de réorganisation. Dans le cadre de la concertation sociale qui s'ouvre, la société s'engage à proposer à chacun d'eux "une offre de reclassement au sein des autres sites industriels du groupe et examinera par ailleurs toutes les options possibles pour préserver la vocation industrielle des sites concernés", précise le communiqué de la direction de Candia.

L'usine de Lude, dans la Sarthe, occupée par les salariés

Depuis ce matin, l'usine du Lude est à l'arrêt, une trentaine de salariés se trouvaient devant l'entrée de l'usine où ils ont disposé des palettes et deux braseros, empêchant la collecte du lait. Une vingtaine d'autres salariés attendaient à l'intérieur des locaux. Ils ont disposé devant l'usine un mannequin avec un autocollant Candia sur le T-shirt et l'inscription: "Vandoni tête de mort". En outre, ils ont écrit à la bombe de peinture sur des cartons les mots suivants: "Ici cimetière Candia", au pied d'un grillage face à l'usine. Des vestes de travail étaient posées sur le grillage. Des représentants des salariés doivent rencontrer à 16H30 en préfecture le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, ancien député du département.

La marque appartient à Sodiaal, coopérative laitière qui détient entre autre Entremont ou Yoplait. Sodiaal emploie près de 7.000 salariés en France et travaille avec plus de 12.000 producteurs de lait auprès desquels il récupère le lait pour le transformer. Candia produit environ 1,5 milliard de litres de lait par an, 500 000 sous marque Candia et 1 milliard sous marque distributeur. Ses ventes s'élèvent à quelque 1,2 milliard d'euros par an. Candia  précise que la collecte du lait auprès des 12.400 producteurs de la coopérative resterait inchangée.

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est exprimé en marge de l'inauguration du salon Made in France après l'annonce de fermeture des trois sites, "la France a une économie qui a des difficultés. Il faut une mobilisation de la nation autour du système productif", a-t-il déclaré à des journalistes. "Les dégâts que nous constatons aujourd'hui sont le fruit de dix ans d'immobilité des gouvernements précédents", a-t-il estimé, soulignant que l'heure était "venue de se redresser et de se ressaisir".

Source
Renault prépare ses salariés à des sacrifices
 

Arguant d’une conjoncture défavorable, le groupe veut amener les syndicats à signer un accord de compétitivité d’ici à janvier.

Pas à pas, Renault pose les jalons d’un accord de compétitivité dans ses usines françaises, en mettant en avant un « contexte automobile européen durablement déprimé », dans un communiqué. Après plusieurs réunions d’un groupe de réflexion paritaire lancé en juin, la direction a décidé d’accélérer le calendrier en tenant une première séance de négociations avec les organisations syndicales représentatives (CFDT, CFE-CGC, CGT et FO) mardi après-midi, dans le but d’aboutir à un accord écrit pour janvier 2013. « Toutes les propositions et solutions seront étudiées et débattues, qu’il s’agisse d’organisation et de temps de travail, de qualité de vie au travail, d’efficacité des organisations ou de politique de rémunération », explique la direction. Dans le même esprit que les reculs sociaux – flexibilisation du temps de travail, gel des salaires, notamment – sur fond de chantage à l’emploi imposés par la direction de PSA dans l’usine de Sevelnord, Renault a d’entrée de jeu cadré la négociation en ces termes : « Si Renault considère que les engagements pris par les uns et par les autres dans la négociation sont compatibles avec les besoins de l’entreprise, la direction générale pourra s’engager sur des garanties : concernant des affectations de véhicules permettant d’assurer un niveau d’activités minimum et nécessaire au fonctionnement des usines (…), concernant une définition claire et stable du cœur de métier de Renault en ingénierie et fonctions tertiaires que l’on doit maintenir en France (…), relative à un plan d’action sur l’amélioration de la qualité de vie au travail », rapporte la CGT dans un communiqué. Le syndicat rappelle que ces soi-disant contreparties avancées par la direction ne relèvent pourtant que de ses « obligations encore inscrites dans notre Code du travail ».

Loan Nguyen

Le plan social chez Ethicon validé
 

Alors que les 350 ex-salariés du fabricant de matériel chirurgical Ethicon, à Auneau (Eure-et-Loir), étaient parvenus en première instance en 2011 à faire invalider le plan de licenciements dont ils étaient victimes 
pour absence de motif économique, la cour d’appel 
de Versailles a finalement validé hier le contenu 
du PSE, après avoir donné gain de cause à la direction sur le principe de la mise en place d’un plan social 
en juin dernier. Le groupe propriétaire Johnson & Johnson cherche manifestement à délocaliser sa production 
à moindre frais en Amérique du Sud.


Blocage d’un abattoir Doux

Environ 250 ex-salariés du groupe volailler Doux 
ont bloqué hier l’abattoir de Pleucadeuc (Morbihan), rejoints par des employés du site, pour exiger 
le paiement des salaires dus et de leurs indemnités 
de licenciement. « Nous ne lèverons pas le camp tant qu’il n’y aura pas d’engagement écrit, sinon on ira 
à Châteaulin (le siège du groupe Doux dans le Finistère – NDLR) allumer le feu comme on le fait ici », a mis en garde un délégué CFDT, Gérard Gillet. L’abattoir de Pleucadeuc fait partie des cinq sites du pôle frais de Doux ayant fait l’objet de reprises partielles après le placement de ce pôle en liquidation judiciaire.


Le groupe Parisot dans la tourmente 

Le groupe d’ameublement Parisot, dont trois oncles 
de l’actuelle patronne du Medef sont actionnaires, a été placé en procédure de sauvegarde mardi par le tribunal de commerce de Vesoul (Haute-Saône) pour six mois 
en raison d’un « retournement brutal du marché ». Plus de 2 000 salariés, dont 1 400 en France, sont concernés. L’une des filiales vosgiennes du groupe spécialisée dans les meubles de cuisine, qui emploie 380 personnes, 
a même été placée en redressement judiciaire hier.

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Edité par T 34 - 09 Nov 2012 à 22:38
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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