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Guinée Conakry

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Guinée Conakry
    Envoyé : 29 May 2008 à 16:23

La Guinée de nouveau sur les braises

Conakry . Nouvelle mutinerie après la décision du président Conté de renvoyer le premier ministre nommé à la suite du mouvement social de l’an dernier.

Un peu plus d’un an après le vaste de mouvement de grève et de manifestations qui avait contraint le président Conté à faire des concessions, la Guinée est de nouveau dans la tourmente. Démarré vendredi au camp militaire Alfa Yaya de Conakry, le mouvement de protestation de soldats qui réclament le paiement de leurs arriérés de salaires a également affecté les villes de Kindia et N’Zérékoré.

Séquestré lundi par les mutins, avec lesquels il était venu négocier, le chef d’état-major adjoint de l’armée, le général Mamadou Sampil, a finalement été libéré hier et contraint à rester dans le camp, sans que la crise soit résolue. Comme lors de la précédente mutinerie en mai 2007, les soldats accusent leurs supérieurs d’avoir gardé pour eux une partie de l’argent débloqué pour le paiement de leurs soldes. Par un communiqué diffusé lundi soir, le gouvernement s’est empressé de démentir l’existence de sommes détournées. Mais, dans la capitale, les rumeurs vont bon train, pour savoir qui a pu fournir cette information à l’armée, au risque de faire monter d’un cran la tension déjà à son comble depuis le renvoi le 20 mai du premier ministre de consensus.

La mutinerie a eu lieu trois jours après l’annonce par le président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984, du remplacement du premier ministre, Lansana Kouyaté, par un technocrate jugé proche du chef de l’État, Ahmed Tidiane Souaré. « Cette mesure est une violation manifeste de l’accord de février 2007 », a commenté Ibrahima Fofana, dirigeant de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG). Kouyaté était en effet arrivé à la tête du gouvernement à la suite du mois de grève du début de l’année dernière et au terme d’une répression sanglante qui avait fait au moins 180 morts. Sous la pression conjointe des syndicats et de la communauté internationale, Conté avait alors dû accepter la création d’un premier ministre et la nomination à ce poste d’un candidat choisi par la société civile.

Malgré les nombreuses déceptions générées par la gestion prudente par Kouyaté de son conflit avec le président, son limogeage unilatéral est apparu comme une reprise en main par les proches du président. « L’intercentrale ne saurait accepter le retour aux affaires de l’État des anciens dignitaires et prédateurs de l’économie nationale », ont prévenu les syndicats dans un communiqué. Un nouvel appel à la grève générale est envisagé mais fait l’objet de discussions au sein d’une intercentrale syndicale bien moins unie que l’année dernière. La réaction des syndicats dépendra sans doute en partie de la composition du futur gouvernement. S’il est jugé trop proche du président Conté, une réaction n’est pas à exclure.

Camille Bauer http://www.humanite.fr/2008-05-28_International_La-Guinee-de-nouveau-sur-les-braises

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Dec 2008 à 16:18

Les putschistes se rendent maîtres du pays

Après avoir désigné Moussa Dadis Camara chef de l’État, les auteurs du coup d’État de mardi, qui ont obtenu la reddition du gouvernement, restent confus quant à leurs intentions.

Les choses vont vite en Guinée. Après avoir pris le pouvoir, dissous le gouvernement et les institutions, et suspendu la Constitution, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), composé de 32 membres dont le chef de l’armée de terre, le général Mamadou Toto Camara, a conforté son autorité sur le pays. Mercredi, il a désigné le capitaine Moussa Dadis Camara comme président du CNDD et de la République. « Je suis convaincu, rassuré que je suis le président de la République, le président du Conseil national pour la démocratie et le développement », a déclaré, mercredi soir, le nouvel homme fort de Guinée, dans sa première conférence de presse, avant de qualifier le coup de force d’« acte civique visant à sauver un peuple en détresse ». Se présentant ensuite comme un « patriote » ayant pour qualités « la générosité », « le désintéressement vis-à-vis du matériel et de l’argent », il a assuré qu’il n’a ni « l’ambition du pouvoir » ni l’intention d’être « candidat à l’élection présidentielle ». Jeudi, après l’ultimatum lancé la veille à « tous les officiers généraux et tous les membres du gouvernement de se rendre au camp Alpha Yaya Diallo dans les vingt-quatre heures qui suivent », ces derniers ont obtempéré : hier, le premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, à la tête d’un cortège de membres de son gouvernement, s’est rendu aux militaires. Selon d’autres informations restant à confirmer, le chef d’état-major de l’armée guinéenne, Diarra Camara, et plusieurs autres généraux se seraient également rendus aux putschistes.

En outre, toujours sur ordre du CNDD, les secrétaires généraux des ministères ont été chargés d’assurer l’intérim « en attendant la formation du nouveau gouvernement », et les « commandants de garnison d’assurer la fonction de préfet », indique le communiqué lu à la radio et à la télévision d’État. Enfin, la junte a annoncé que les funérailles du président défunt, Lansana Conté, auront lieu vendredi et promis d’organiser des élections dans un délai de deux ans. De fait, hormis la promesse d’élections libres dans un délai de deux ans, le CNDD donne l’impression de ne pas trop savoir où il va. Le moins qu’on puisse dire est qu’un certain flou caractérise sa démarche.

Reste que trois jours après son coup de force, la junte, qui s’est rendue maîtresse du pays, n’a rencontré aucune opposition. Son coup de force semble avoir été bien accueilli par une partie de la population lassée sans doute par les années de corruption, d’enrichissement illicite des classes dirigeantes et les promesses non tenues, après les grèves massives de l’année 2007, d’améliorations sociales par le régime de Lansana Conté. Mercredi en tout cas, il y avait plusieurs milliers de personnes dans les rues de Conakry, la capitale guinéenne, à applaudir et escorter le convoi militaire conduisant Moussa Dadis Camara à la présidence de la République. Aucun incident n’a d’ailleurs été signalé dans la capitale guinéenne ni ailleurs. Sur le plan politique, deux partis de l’opposition au régime de Lansana Conté - la Coalition des forces vives pour le changement (CFC) d’Alpha Condé et l’Alliance nationale pour l’alternance démocratique (ANAD) de Sidya Touré - ont déclaré avoir « pris acte de la prise du pouvoir par les forces armées guinéennes et de la mise en place du Conseil national pour la démocratie et le développement », avant de l’inviter à mettre en place « une structure gouvernementale » et d’organiser, « au plus tard fin décembre 2009, des élections transparentes, libres et crédibles ».

Au plan diplomatique, en revanche, la communauté internationale continue d’exiger le retour à la légalité. Mercredi, l’Union africaine, qui a délégué une mission en Guinée, a exigé le retour à la légalité constitutionnelle et brandi des menaces de sanctions, « dans le cas où le coup d’État serait consommé ». De son côté, Washington a souhaité « le rétablissement d’un système démocratique civil ». Le porte-parole du département d’État, Robert Wood, a indiqué que les États-Unis allaient consulter leurs alliés européens et dans la région afin de « voir quelles pressions exercer ».

Hassane Zerrouky

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Sep 2009 à 19:28
Coups de dent n° 116

Le dernier Dadis Show à Conakry : 157 morts


AUTEUR:  Ayman EL KAYMAN


Cette photo, prise à Conakry le 28 septembre 2009, nous dit à peu près tout sur le rapport Nord-Sud. les 4 policiers qui arrêtent un manifestant sont vêtus de bric et de broc. L'un d'eux porte une salopette bleue défraîchie avec l'inscription POLIZEI, c'est-à-dire police en allemand. Sans doute un signe de la "générosité" de l'Europe riche, qui est prête à tout pour pouvoir continuer à s'approvisionner à vil prix en bauxite de Guinée. La Guinée de Sékou Touré avait reçu un don fraternel de brise-glaces de l'Union soviétique. La Guinée post-moderne ne reçoit que ce qu'elle mérite.

Même diversité d'accoutrements des "forces de l'ordre" dans cette autre scène du lundi 28 septembre.

Au moins 157 morts par balles, un millier de blessés, des femmes violées : Conakry, capitale de la Guinée a connu le 28 septembre un lundi noir. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour dire leur opposition à l'éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à l’élection présidentielle prévue en janvier 2010. Le capitaine Moussa Dadis Camara a pris le pouvoir en janvier, suite à la mort du président-dictateur Lansana Conté. Depuis, Captain Dadis défraie la chronique avec ses prestations ubuesques.Je vous en présente quelques-unes, qui circulent dans toute l’Afrique sous le nom de « Dadis Show ». Elles se passent de commentaire.

Tout d’abord, une interview surréaliste de Captain Dadis par RFI suite au massacre de Conakry.

Best Off des Dadis Shows

« Je suis beaucoup gêné avec les civils »


Vidéo

Captain Dadis humilie l'ambassadeur de Russie


"Nous sommes des révolutionnaires progressistes": Monologue du Captain

Vidéo





Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !


Source : Coups de dent - Chronique satirique hebdomadaire sur l'actualité politique française et mondiale

Article original publié le 29/9/2009
 
 



Edité par T 34 - 19 Oct 2009 à 22:01
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Oct 2009 à 17:52

Scènes d’horreur à Conakry

 
Guinée . Répression dans le sang de l’opposition qui protestait contre la volonté du chef de la junte militaire de se présenter à la présidentielle.

Si certains avaient encore quelques illusions sur la junte militaire en place en Guinée depuis le 23 décembre 2008, au lendemain du décès du président Lansana Conté qui régnait sans partage sur la Guinée depuis 1984, celles-ci sont tombées dans des flaques de sang. Jusqu’à présent, le capitaine Dadis Camara, chef de la junte baptisée Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), se plaisait à souligner que l’armée avait pris le pouvoir « sans effusion de sang ». Lundi, au moins 87 personnes hostiles au pouvoir en place ont été tuées par balles à Conakry et deux chefs de l’opposition blessés par des militaires au cours d’une manifestation. Sidya Touré, leader de l’Union des forces républicaines (UFR, opposition), également blessé à la tête, a affirmé de son côté qu’au moins 128 personnes ont trouvé la mort.

tirs à balles réelles

Lundi, à la mi-journée, plusieurs dizaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour dire leur opposition à l’éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à la présidentielle prévue en janvier. Dans la matinée, les forces de sécurité avaient d’abord dispersé des opposants à coups de matraques et de grenades lacrymogènes et arrêté des dizaines de personnes. Puis, le stade s’était empli d’une foule débordant jusque sur les pelouses et aux abords, et des tirs avaient été entendus. « Il y avait une volonté délibérée de nous éliminer », raconte Sidya Touré. L’ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat à l’élection présidentielle et dirigeant de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG), explique que « les soldats ont tiré à balles réelles ». Ces deux opposants ont ensuite été conduits au camp militaire Alpha Yaya Diallo, siège de la junte, avant d’être relâchés.

La soldatesque ne s’est pas contentée d’abattre les manifestants. « Les viols ont commencé au stade. Des militaires ont violé des femmes », affirme Mamadi Kaba, président de la branche guinéenne de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), une ONG basée à Dakar. « Nous avons des informations très inquiétantes de femmes détenues dans des camps militaires et des commissariats qui sont violées. » Les exactions se sont poursuivies mardi. « Les militaires entrent aussi dans les quartiers, pillent les biens et violent les femmes », dénonce-t-il. Selon Cellou Dalein Diallo, certains militaires « ont violé les femmes en enfonçant leur fusil dans leur sexe ».

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déploré l’usage excessif de la force contre les manifestants et appelé les forces de sécurité à la retenue. Ancienne puissance coloniale, la France a condamné « avec la plus grande fermeté » cette « répression violente ». Pourtant, tout le monde sentait bien que la tension ne cessait de monter à Conakry après les multiples déclarations du capitaine Dadis. Paris ne pouvait l’ignorer. Il y a deux semaines, le général Sekouba Konaté, ministre de la Défense de la junte guinéenne, a été reçu à l’Élysée. Il se murmure que le maire UMP de Levallois-Perret, Patrick Balkany, appuierait avec son ami Robert Bourgi, conseiller spécial de Sarkozy pour l’Afrique, un groupe de lobbying visant à soutenir la candidature de- Dadis à la présidentielle. Avec, dans l’ombre, Abdoulaye Wade, le président du Sénégal.

Pierre Barbancey



Edité par T 34 - 19 Oct 2009 à 22:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Oct 2009 à 17:15

DePatrick Balkany et Robert Bourgi à Bernard Kouchner

L’avertissement du Quai d’Orsay fait suite à de violents échanges verbaux entre Bernard Kouchner et Dadis Camara. On peut toutefois se demander si l’indignation tardive du premier n’a pas surtout pour but un contre-feu à certaine déclaration faite une dizaine de jours, avant le massacre, par un intime du président Sarkozy, Patrick Balkany : « La candidature présidentielle de Dadis Camara ne pose pas de problème ». Robert Bourgi, l’un des piliers de la cellule africaine de l’Elysée (patronnée par Claude Guéant), aurait argumenté dans le même sens. Le genre de gaffe qu’il faut savoir faire oublier lorsque le vent tourne. J.C.
 

Tempête de violences sur la Guinée

Après le massacre perpétré dans la capitale, la junte s’agrippe au pouvoir. Dans le collimateur, l’échéance présidentielle de janvier 2010.

La Guinée est-elle au bord de la guerre civile ? Le massacre perpétré le 28 septembre dernier d’opposants au capitaine putschiste Dadis Camara confirme que ce dernier est prêt à tout pour conserver le pouvoir. Un pouvoir qu’il s’était pourtant, au lendemain du coup d’état (23 décembre 2008), engagé à remettre à tout « civil régulièrement élu ». Et puis, l’été dernier, des manifestations n’ayant rien de spontané, lui permettaient de dire qu’il lui fallait bien écouter le peuple et que, tous comptes faits, il se résignait à faire acte de candidature à la présidentielle prévue fin janvier prochain. Résolus à bloquer ce passage en force, les partis regroupés au sein du FFVG (Forum des Forces vives de la Guinée) appelaient à une mobilisation pour le 28 septembre 2009, date anniversaire du « non » au référendum gaulliste de 1958. Ce fut la tuerie : au moins 150 morts, peut-être le double selon certaines sources.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) ont entamé samedi à Abuja une réunion au sommet pour trouver une issue à la crise à l’approche de l’expiration (samedi dernier à minuit) de l’ultimatum de l’Union africaine (UA), reprenant à son compte celui maintenu par le FFVG pour exiger des responsables de la junte qu’ils se tiennent à l’écart de la prochaine élection. Quelques jours auparavant (12 octobre), ils avaient déjà « fermement condamné » ces « tueries brutales » et le risque de « dictature » en Guinée. Et réclamé une enquête internationale pour identifier et poursuivre les coupables de ces actes « devant des juridictions guinéennes ou internationales ». De son côté, la Cour pénale internationale (CPI) déclare procéder à un « examen préliminaire » afin de déterminer si des crimes relevant de sa compétence ont été commis le 28 septembre.

Ces initiatives multiples et la mobilisation maintenue de l’opposition semblent susciter une pagaille accrue dans les rangs de la junte. D’un côté, Idrissa Cherif, conseiller personnel de Dadis Camara, déclare à la TV burkinabée : « La Guinée va bien, nous avons plus de pression extérieure qu’intérieure »… De l’autre, trois ministres du gouvernement putschiste (Agriculture, Fonction publique et Information) ont démissionné avec précipitation. Le bruit court que le départ du Premier Ministre, Kabinet Komara serait une question d’heure. Enfin une manifestation de soutien à la junte annoncée samedi dernier a été annulée au dernier moment.

Evoquant également les « actes de banditisme » multipliés ces dernières semaines, le ministère français des Affaires étrangères « recommande » aux 2.500 expatriés français de quitter le pays. Tandis que son homologue de la Défense précise que s’il n’est pas nécessaire « à l’heure actuelle » de mettre en œuvre les plans militaires d’évacuation, « il vaut mieux être prudent plutôt que d’être obligé ensuite d’agir dans l’urgence »…

Jean Chatain

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Oct 2009 à 21:23

Des sanctions contre 
les putschistes guinéens

L’Union européenne décide des mesures ciblant la junte militaire de Moussa Dadis Camara. Et soutient le principe d’une enquête internationale sur la tuerie du 28 septembre.

La journée d’hier était décrétée journée sans travail par les femmes des Forces vives, coalition de l’opposition guinéenne. Une journée de recueillement « à la mémoire des illustres victimes de la tragédie du 28 septembre ». On parle également d’une « opération pays mort » à partir du 2 novembre, qui pourrait être poursuivie jusqu’au départ du capitaine putschiste Moussa Dadis Camara.

Depuis son coup d’État de décembre 2008, la junte ne semblait guère avoir attiré l’attention des autorités de notre pays. Pas même lorsque le chef d’État autoproclamé reniait sa parole et annonçait sa candidature à la présidentielle prévue pour fin janvier 2010. Nicolas Sarkozy faisait même dire, par Balkany interposé, que « la candidature présidentielle de Dadis Camara ne pos[ait] pas de problème ».

Une dizaine de jours plus tard, l’opposition appelait à dénoncer la volte-face du capitaine putschiste, lequel fit alors envoyer les bérets rouges, appuyés par une milice dont nombre de membres s’étaient déjà illustrés lors de la guerre civile ayant ensanglanté le Liberia voisin. Plus de 150 morts et 1 200 blessés dans la répression de cette manifestation pacifique, suivie de rafles aveugles, dont les victimes sont empilées dans des prisons où tortures et viols seraient monnaie courante. Une atrocité qu’il est impossible de feindre d’ignorer.

Réunis en conseil ce début de semaine, les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de confirmer un embargo sur les armes et d’annoncer des sanctions ciblant les responsables présumés du massacre. Avec gel des avoirs et interdiction d’entrée sur le territoire des États membres.

Les ministres ont réitéré leur soutien au médiateur de la crise – le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré – et salué la volonté affirmée par les Nations unies de lancer une enquête internationale sur le massacre de Conakry.

Ces décisions font écho à des revendications de l’opposition guinéenne  : dans une conférence de presse jeudi dernier à Paris, l’ancien premier ministre (1996-1999) Sidya Touré réaffirmait l’exigence de l’élection à échéance de janvier, pour « une transition civile sous protection internationale ». Dans cette perspective, concluait-il, des sanctions internationales contre Dadis Camara et ses seconds seraient ressenties positivement par des populations ayant appris à se défier d’une armée devenue « source de peur permanente »…

Jean Chatain

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Dec 2009 à 23:45

La junte guinéenne tente de jouer l’unité

Incertitude sur l’état de santé de Dadis Camara. Le numéro deux du régime qui assure l’intérim en appelle à la discipline de l’armée.

Comment contenir les risques d’explosion de l’armée guinéenne  ? Mercredi, le général Sekouba Konaté, numéro deux de la junte, aux commandes du pays depuis que son chef, le capitaine Dadis Camara, a été l’objet d’une tentative d’assassinat de la part de son aide de camp, en a appelé à l’indivisibilité de l’institution militaire. Au cours d’une tournée dans trois casernes de la capitale, il a appelé les soldats à « revenir à la discipline » et à la « cohésion ». Par ailleurs, la junte a fait front derrière son dirigeant blessé dont la convalescence au Maroc pourrait se prolonger. Face aux appels du pied de la communauté internationale et de l’opposition guinéenne en direction de Konaté, jugé plus apte que Dadis Camara à mener des négociations avec les civils, le secrétaire permanent de la junte a assuré que le nouvel homme fort du pays « continuera d’assurer l’intérim de façon loyale, en attendant le retour du président Dadis ». Ces manifestations d’unité s’accompagnent d’une campagne de répression contre ceux qui, dans l’armée comme en dehors, sont soupçonnés être proches de l’aide de camp déchu, Toumba Diakité. Ces manœuvres ne dissipent pas l’inquiétude suscitée par la profonde division de l’institution militaire. La tendance de cette dernière à être un agrégat de bandes armées chacune fidèle à un chef semble s’être accrue depuis la prise du pouvoir par la junte. Les informations faisant état de la multiplication des camps d’entraînement au service des différentes personnalités du pouvoir font craindre le pire pour l’avenir du pays.

Camille Bauer

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jan 2010 à 14:28

Le mouvement social guinéen s’est réuni hier en assemblée générale

Le mouvement social guinéen, qui regroupe notamment les deux principales centrales syndicales du pays, s’est réuni hier en assemblée générale pour exiger de la junte au pouvoir la satisfaction de revendications sociales, un mois après la tentative d’assassinat du chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, toujours hospitalisé au Maroc. Samedi déjà, à l’occasion d’une conférence de presse, les syndicats avaient menacé de bloquer le pays et exigé la vérité sur l’état de santé de Dadis Camara.



Edité par T 34 - 08 Jan 2010 à 15:44
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jan 2010 à 15:46

Konaté sous pression syndicale

Le Mouvement social guinéen exige du dirigeant par intérim vérité sur l’état de santé du président blessé, calendrier de sortie de crise et garanties de sécurité.

Pas de répit pour le général Sekouba Konaté. à peine rentré du Maroc, où il a passé une semaine au chevet du président Dadis Camara, blessé le 3 décembre dernier par son aide de camp, l’actuel dirigeant par intérim de la Guinée devait assister hier à un conseil des ministres crucial. Le gouvernement, dont les décisions n’étaient pas connues hier à l’heure où ces lignes étaient écrites, devait en effet élaborer une réponse aux demandes formulées par le Mouvement social guinéen. Ce dernier, constitué des syndicats et d’organisations de la société civile, fait depuis quelques semaines monter la pression sur les militaires du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), qui ont pris le pouvoir en décembre 2008, à la suite du décès du dictateur Lassana Conté. Dans une lettre ouverte adressée le 
29 décembre au général Konaté, il a fait part d’une série de revendications. Il exige d’abord la vérité sur l’état de santé du président Dadis, estimant que l’absence d’informations fiables sur la question «  crée un malaise alimenté par les déclarations sans fondement médical de quelques membres du gouvernement et de la RTG (Radio télévision guinéenne)  ».

un pouvoir civil et des élections libres Le mouvement social a également demandé au dirigeant par intérim de la Guinée des mesures visant à accélérer le processus de transition destiné à permettre l’instauration d’un pouvoir civil et l’organisation d’élections libres. Ce point est l’objet d’une inquiétude particulière pour les membres du mouvement social et de l’opposition. Ils souhaitent la mise en place d’une structure neutre de gouvernement pour diriger la transition et s’opposent au dernier plan élaboré par le médiateur de la crise, le président burkinabé Blaise Compaoré, qui propose le maintien du CNDD à la tête du pays jusqu’aux élections. Au-delà de ces questions, les organisations syndicales ont insisté sur la nécessité de garantir la sécurité des Guinéens, et de revaloriser leurs conditions de vie.

un ton conciliant pour « aller au dialogue » L’enjeu est de faire pression sans fermer les portes à un dialogue avec l’actuel homme fort du pays, sur lequel beaucoup misent pour contrôler l’armée et permettre une transition sans heurt. Après une première rencontre ce dimanche entre le Mouvement social et le gouvernement, Hadja Rabiatou Serah Diallo, dirigeante de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée, a adopté un ton conciliant, saluant «  la volonté et la détermination de chaque partie à aller au dialogue  ». Après avoir menacé de lancer des actions d’ampleur, le Mouvement social, réuni mardi en assemblée générale, s’est finalement contenté d’agiter la menace d’une grève des enseignants dans les dix jours. Mais des actions plus dures peuvent être envisagées si Konaté n’était pas en mesure de répondre aux revendications des syndicalistes.

Camille Bauer

UNE SITUATION SOCIALE ENCORE DÉGRADÉE

« Une détérioration supplémentaire des conditions de vie pourrait entraîner des déplacements de populations hors et dans le pays », se sont inquiétées les organisations onusiennes et les ONG réunies mi-décembre autour de la situation humanitaire en Guinée. Alors que près de 70 % de la population vivait déjà en 2005 sous le seuil de pauvreté, la crise politique a occasionné une nouvelle hausse des prix des produits de base. Au mois d’octobre, le prix du sac de riz avait ainsi augmenté de 25 % en un mois et le kilo de sucre de 40 %. Cet été déjà, une étude réalisée par le Programme alimentaire mondial, avait estimé que 6,4 % de la population de la capitale, Conakry, ne parvenait pas à se nourrir quotidiennement.
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Les Guinéens aux urnes fin juin

Le général Sékouba Konaté, au pouvoir depuis la tentative d’assassinat du chef de la junte, Moussa Dadis Camara, a confirmé la tenue d’élections le 27 juin prochain.

Des élections imparfaites plutôt qu’un report. En Guinée-Conakry, opposition et société civile espèrent que le scrutin prévu le 27 juin prochain concrétisera le retour à un pouvoir civil promis par l’ex-numéro 2 de la junte, le général Sékouba Konaté, à la tête du pays depuis la tentative d’assassinat qui avait visé, fin 2009, le capitaine Moussa Dadis Camara, blessé par son aide de camp.

Tenu à l’écart depuis ces événements, le militaire, toujours en « convalescence » au Burkina Faso, s’était emparé du pouvoir par un putsch, le 23 décembre 2008. Ses promesses de transition démocratique, après la mort du président Lansana Conté, s’étaient vite muées en répression sanglante. Jusqu’au massacre, le 28 septembre 2009, à Conakry, de plus de 150 manifestants de l’opposition, sur lequel enquête aujourd’hui la justice internationale.

Tensions au sein de l’armée et menaces de sabotage du processus électoral par les partisans de Moussa Dadis Camara, qui réclament son retour au pays, ont nourri ces dernières semaines de vives inquiétudes quant à la tenue effective du scrutin. « Je les avertis que toute initiative contre les élections sera traitée avec une grande fermeté », prévenait, fin avril, le premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, à l’attention des amis de l’ex-chef de la junte.

Jeudi dernier, le général Sékouba Konaté publiait un décret fixant le début de la campagne électorale au 17 mai. Le lendemain, toujours par décret, il promulguait la nouvelle Constitution rédigée par le Conseil national de la transition (CNT).

Une loi fondamentale que Jean-Marie Doré, issu du Forum des forces vives de Guinée (opposition, syndicats et société civile), aurait voulu voir adoptée par référendum, quitte à retarder le processus électoral. « Dans aucun pays au monde, je n’ai entendu que la Constitution a été adoptée par décret. Pour créer un régime, on doit passer par référendum », insistait-il fin avril.

Lundi, pourtant, le Conseil des ministres a réaffirmé « sa ferme volonté d’accompagner le processus électoral et plus généralement la transition en cours, dont l’objectif ultime est de doter enfin (le) pays d’institutions fortes et librement choisies par le peuple de Guinée ».

La presse, elle, salue la perspective de la tenue des premières élections libres depuis l’indépendance, il y a plus d’un demi-siècle. « Comme un fleuve suivant tranquillement son cours, la transition guinéenne se dirige lentement mais sûrement vers le bon port », se réjouit le Pays.

Rosa Moussaoui

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Jun 2010 à 19:49

La Guinée vit à l’heure d’un grand espoir de changement

Le 27 juin, 4,2 millions de citoyens sont appelés aux urnes pour la première élection libre de l’histoire du pays.

Soixante tonnes de bulletins de vote sont arrivés samedi d’Afrique du Sud, par avion spécial, à l’aéroport de Conakry. Signe que le premier scrutin libre de l’histoire de ce pays, indépendant depuis 1958, se tiendra bien le dimanche 27 juin. Ce jour-là, plus de 4,2 millions de citoyens guinéens sont appelés aux urnes pour l’élection présidentielle, à laquelle concourent quelque vingt-quatre candidats.

l’espoir de tourner une longue page d’oppression

Dans ce pays incroyablement riche en ressources naturelles mais classé parmi les plus pauvres du monde, c’est l’espoir de tourner enfin une longue page d’oppression et de pillage. Et de revenir enfin à un pouvoir civil, après la désastreuse et sanglante parenthèse ouverte en décembre 2008, au lendemain de la mort du président Lansana Conté, par le coup d’État militaire du capitaine Moussa Dadis Camara. Cible d’une tentative d’assassinat par son aide de camp, en décembre 2009, soit trois mois après la sanglante répression qui coûta la vie à plus de 150 opposants au stade de Conakry, celui-ci est tenu à l’écart du pays. Le président par intérim qui l’a remplacé, le général Sékouba Konaté, n’est pas candidat et s’en tient, jusqu’ici, à la neutralité promise. « Les Guinéens sortent d’un long et lourd sommeil. Depuis l’indépendance, c’est la première fois qu’ils peuvent s’exprimer sans crainte. Cela suscite une véritable liesse populaire », se réjouit Taibou Diallo, une syndicaliste, membre du Conseil national de transition. Celle-ci espère toutefois que les candidats malheureux sauront concéder leur défaite pour éviter tout trouble.

Parmi les vingt-quatre candidats, dont une kyrielle d’anciens premiers ministres, un quatuor de tête semble se dégager. Diplomate, Lansana Kouyaté fut nommé premier ministre en 2007 avec l’appui des syndicats, alors qu’un puissant mouvement social faisait vaciller le régime du général Lansana Conté, avant d’être congédié au bout de onze mois. Sydia Touré a lui aussi fait un passage à la primature (1996-1999). Favori de la communauté peulhe, Cellou Dalein Diallo fut également premier ministre, de décembre 2004 à avril 2006. Dans ce peloton de tête, seul Alpha Condé peut se flatter de n’avoir jamais occupé de responsabilités sous l’ancien régime.

L’opposant historique, candidat aux élections présidentielles de 1993 et de 1998, date à laquelle il fut jeté sans procès, avant la fin de la campagne, dans les geôles de Lansana Conté, fait figure de favori. Dans un ouvrage qui vient de paraître (1), il livre sa vision du « changement »  : « Satisfaire les besoins fondamentaux de l’homme, se nourrir, se soigner, s’instruire, se loger. » Vaste chantier, dans un pays où 55 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté.

Rosa Moussaoui

(1) Un Africain engagé, Alpha Condé, Éditions Jean Picollec, 2010.

Guinée. Le scrutin suscite un engouement populaire

Aziz Diop, secrétaire exécutif du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne.

Dans quel climat se déroule la campagne électorale  ?

Aziz Diop. Jusqu’ici, dans un climat apaisé, sans incidents. Certains militants provoquent parfois des débordements, mais ce sont là des accrochages isolés. Le respect du principe de neutralité, par les autorités, par le Conseil national de transition et par le président par intérim, favorise une certaine sérénité. Surtout, ce premier scrutin libre suscite un engouement populaire extraordinaire. La société civile et le mouvement social sont très impliqués, avec plus de 2 000 observateurs déployés sur tout le territoire.

Des replis identitaires sont-ils 
à craindre  ?

Aziz Diop. Il faut se méfier des grilles de lecture qui prédisent, de l’extérieur, un vote « ethnique ». Si la tentation d’un repli identitaire peut s’exprimer, au premier tour, avec le soutien
à tel ou tel candidat en fonction de l’origine ethnique, c’est surtout parce que les citoyens guinéens ne se retrouvent pas encore dans un ensemble national, avec un projet politique clair. 
Le second tour permettra de dépasser cette tentation. Avec 24 candidats, il y aura forcément un second
 tour, donc des alliances. Il s’agit d’élire le président de tous les Guinéens.

Ce scrutin permettra-t-il de tourner
la page de la violence politique, 
moins d’un an après le massacre d’opposants, en septembre2009, 
à Conakry  ?

Aziz Diop. Le président élu aura comme première tâche la réconciliation nationale. Cela implique que les criminels, les commanditaires du massacre du 28 septembre, répondent de leurs actes, devant la justice et devant la commission d’enquête internationale.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Jun 2010 à 20:25

« Nos ressources doivent servir à sortir le peuple de la misère »

Entretien avec Rabiatou Serah Diallo, présidente du Conseil national de transition.

Comment consolider les acquis de la transition en cours 
en Guinée ?

Rabiatou Serah Diallo. Nous avons initié un processus de réconciliation nationale pour panser les plaies de tous les régimes. Les Guinéens devront se parler. Sans rien oublier, mais en pardonnant, en réparant, pour sortir des haines qui entravent notre développement. Syndicats, société civile, artistes devront continuer à véhiculer ce message de paix.

Les syndicats ont beaucoup contribué aux changements en cours. Quel devra être leur rôle dans le futur ?

Rabiatou Serah Diallo. Ils devront veiller au respect de la Constitution et rester attentifs à l’usage 
des richesses du pays pour qu’elles cessent d’être bradées. Ces ressources doivent servir à sortir le peuple de la misère. Nous exhorterons les futurs dirigeants à lutter contre la corruption, contre le trafic de drogue. Pour rester ce contre-pouvoir, nous devrons renforcer nos structures, de la base au sommet. La solidarité internationale de nos partenaires, comme la CGT, sont pour cela très précieuses. Dans les moments difficiles, leur soutien nous a donné du courage.

Comment voyez-vous l’issue 
de cette élection présidentielle ?

Rabiatou Serah Diallo. Le scrutin 
s’est globalement bien déroulé. 
Il faut préserver cet acquis dans la paix. Les leaders doivent porter l’intérêt de la nation, et non leur intérêt personnel. Le véritable vainqueur sera celui qui saura reconnaître sa défaite : il rendra service au pays, mais aussi à tout 
le continent. Quant au président élu, il devra être le président 
de tous les Guinéens, et non celui d’un parti, d’un clan, d’une ethnie. 
Il aura un travail titanesque. 
Tout est prioritaire : l’accès 
aux soins, à l’éducation, à l’eau potable, à l’électricité. Ces besoins fondamentaux doivent être satisfaits pour emprunter, enfin, la voie 
du développement.

Entretien réalisé par R. M.

À Dabondy Rail, des vies bricolées…

Dans les faubourgs de Conakry, le manque d’eau et d’électricité est la hantise des Guinéens dans un pays exsangue après des décennies de corruption et de pillage.

Envoyée spéciale.

L’enfilade de conteneurs, aménagés en boutiques ou en maisons, découpe un chaotique village de métal qu’enveloppent la poussière et l’odeur âcre des ordures brûlées. Sur le bord de la route, les femmes s’affairent, s’acquittant de la corvée d’eau qu’elles vont puiser au forage, érigeant de petites pyramides de citrons et d’oranges vendus aux passants. Suspendus à l’attente des résultats du premier tour de l’élection présidentielle, les hommes collent l’oreille aux postes de radio. À la sauvette, des jeunes proposent aux automobilistes des cartes de recharge pour téléphone mobile. Assis dans des carrioles de fortune, les malades de la poliomyélite et les accidentés de la route demandent l’aumône aux passagers, sous le regard de militaires désœuvrés.

un pays délabré, sans état

Ainsi va le quotidien des faubourgs de Conakry. Des vies bricolées dans un pays délabré, sans État, laissé exsangue par des décennies de corruption, de pillage, de prévarication.

Dans le quartier de Dabondy Rail, des baraques de bric et de broc dégringolent du haut d’un morne. «Ye mouna, te mouna !» (pas d’eau, pas d’électricité), lance Mamadou Ba, pour résumer la hantise des Guinéens, plongés dans le noir à la nuit tombée par les délestages permanents, privés d’eau par un réseau dont la ruine s’est conjuguée pour le pire avec l’explosion démographique de la capitale. «Trop de jeunes diplômés n’ont pas de vrai travail, ils ne trouvent à s’employer que dans le secteur informel», déplore le jeune homme. À ses côtés, Moutaga Ba juge sévèrement ceux qui se sont succédé à la tête du pays. «Jamais la loi n’a été appliquée. L’argent public est systématiquement détourné au profit de quelques-uns. Nous n’avons jamais connu de gestion rationnelle, dans l’intérêt de tous. C’est le règne de la discrimination et de l’arbitraire». En évoquant l’insurrection populaire de janvier et février 2007, le jeune homme se prend à rêver d’un «éveil de conscience» qui tirerait le pays de la détresse. «Nous voulons travailler, être respectés, bénéficier des services sociaux de base. Les richesses du pays doivent désormais profiter au peuple. Du citadin au paysan, nous veillerons au grain», se promet-il. Isiaga Barry, étudiant, assure qu’il est «difficile de vivre avec de l’espoir en Guinée». «Nous avons connu trop de désillusions, en particulier la jeunesse, la couche la plus marginalisée», complète-t-il.

Cette jeunesse maltraitée, exclue, désenchantée, s’est massivement rendue aux urnes dimanche dernier, s’accrochant à l’espoir d’un «changement». Un espoir fragile, partagé par le chanteur de reggae Elie Kamano, que ses paroles au vitriol ont érigé en porte-parole de la jeunesse guinéenne. Menacé par le régime militaire de Dadis Camara, qui n’appréciait guère son franc-parler et «l’engagement révolutionnaire» dont il se réclame, l’artiste, un disciple de Tiken Jah Fakoly, a mis son exil entre parenthèses pour venir voter. «Nos dirigeants se sont jusqu’ici davantage souciés du clan que du peuple. Ils ont fait tirer à la Kalachnikov sur des syndicalistes et des travailleurs en grève. Ils ont menacé des artistes pour les bâillonner. Ils ont confisqué à la jeunesse tout idéal.» Une page peut-elle, désormais, être tournée ? Comme sa génération, Elie Kamano veut le croire. Mais, glisse-t-il, «il faudra du temps et des actes pour rétablir la confiance entre le peuple et ses dirigeants».

Rosa Moussaoui

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Guinée Conakry Pénurie d’eau potable au pays de l’or bleu

Faute d’une politique cohérente de gestion et de distribution, 
la Guinée, 
pays aux ressources hydrauliques immenses, manque cruellement d’eau.

Conakry (Guinée),

envoyée spéciale.

A u pays de l’or bleu, l’eau potable est une denrée rare. Ce n’est pas là le moindre des paradoxes de la Guinée, pays aux richesses naturelles extravagantes, mais classé parmi les plus pauvres du monde. Ses terres, qui connaissent à la saison des pluies les plus fortes précipitations de la sous-région, sont arrosées par près de 1 200 rivières et fleuves. Quant aux eaux souterraines, elles sont estimées à 13 milliards de mètres cubes par an. C’est ici, sur les verdoyants plateaux du Fouta Djalon, que les fleuves Sénégal, Niger et Gambie prennent leur source, ce qui vaut au pays d’être qualifié de «château d’eau de l’Afrique occidentale». Cette abondance rend d’autant plus frappante la faillite des politiques de gestion des ressources hydrauliques et d’assainissement de l’eau. Selon l’Unicef, un enfant de moins de 5 ans sur 7 meurt chaque année en Guinée de maladies liées au manque d’hygiène et à la mauvaise qualité de l’eau. «Pourquoi, dans ce pays autrefois baptisé Royaume des rivières du Sud, sommes-nous privés de cette ressource vitale ? Sommes-nous des sous-citoyens ?» s’indigne Alia Camara, un habitant de Ratoma, dans la banlieue de Conakry. Il y a quelques mois, le jeune homme a participé à la constitution d’une «commission de l’eau» à Hamdallaye, qui a rassemblé plus de 200 jeunes de ce quartier populaire. Lesquels ont mandaté 10 délégués pour aller protester auprès de la Société des eaux de Guinée contre l’arrêt de la distribution d’eau dans le district. «Le directeur technique de la SEG a invoqué le désastreux état des canalisations, dont il fallait remplacer la majeure partie, relate Alia Camara. Nous avons obtenu de lui l’achat d’un nouveau matériel pour rénover le réseau dans le quartier. Mais le matériel de remplacement, de piètre qualité, a été très mal installé. Aujourd’hui, l’eau n’arrive que deux fois par semaine. Il faut donc faire des réserves.» Et lorsque celles-ci sont épuisées, il faut aller puiser l’eau très loin, au forage ou à l’une des rares bornes de fontaines publiques du quartier. Une corvée dévolue aux femmes, contraintes de charrier seaux et bidons après une longue attente aux abords boueux des points d’eau. C’est là le quotidien des Guinéennes, en milieu rural comme dans les 25 centres urbains (sur 34) équipés de systèmes d’alimentation en eau. Faisant mine de répondre au mécontentement populaire, la junte militaire du capitaine Moussa Dadis Camara, après le coup d’État de 2008, a bien mis les militaires à l’ouvrage pour creuser des forages dans la capitale. Mais faute d’essence pour alimenter les moteurs des pompes, ces nouveaux points d’eau sont restés inutiles. Et n’ont en rien répondu au problème de fond. Faute de maintenance et d’investissements, les 12 830 km de réseau gérés par la SEG et les 22 unités de traitement que compte le pays se sont vite trouvés submergés par la croissance démographique et l’urbanisation anarchique.

Dans ce domaine, le libéralisme économique du régime militaire de Lansana Conté, qui succéda au dirigisme des deux premières décennies d’indépendance, fut un échec complet. En 1989, sur injonction de la Banque mondiale, l’État guinéen confie la distribution de l’eau à un consortium privé étranger. Saur (groupe Bouygues) et la Générale des eaux remportent le contrat d’affermage pour Conakry et seize autres villes. Une privatisation qui laisse à l’État, via une société publique, la Société nationale des eaux de Guinée (Soneg), la responsabilité des gros investissements nécessaires à l’extension et à la modernisation du réseau. Si la qualité de l’eau s’améliore, les prix s’envolent, le nombre de nouveaux raccordements augmente peu. Les équipements, eux, se détériorent, entraînant une baisse de production alors même que la demande explose. L’État cumule les déficits, les opérateurs privés empochent les bénéfices. Jusqu’à leur départ, en 2001.

«Toute la question est de savoir si on doit laisser la gestion de l’eau aux logiques financières qui ne garantissent le droit de boire de l’eau potable qu’aux consommateurs solvables», résument les chercheurs Ahmadou Koné Bah, Amadou Diallo et Richard Morin (1) à propos de cette expérience de privatisation.

La situation n’est pas meilleure en milieu rural, où l’aménagement de nouveaux points d’eau reste dépendant de l’aide internationale, suspendue au retour à un pouvoir civil promis par la junte militaire. Mais la démocratie n’est pas la seule condition posée par les bailleurs de fonds. Ceux-ci exigent surtout de profondes restructurations des institutions publiques en charge des politiques de l’eau, sommées, par exemple, de se défaire de leurs divisions des travaux pour les confier au privé.

«Té mouna, yé mouna !» (Pas de courant, pas d’eau !) : la complainte est devenue un slogan national en ces temps de transition incertaine. «Tout est à reconstruire dans ce pays. Mais la priorité, c’est l’eau et l’électricité. C’est la base de tout développement, insiste Amadou Diallo, dirigeant du syndicat CNTG. Sans politique d’adduction d’eau, l’eau souillée véhicule des maladies mortelles, comme le choléra. Et sans électricité, tout projet industriel est voué à l’échec.» Cinquante-deux ans après l’indépendance, les Guinéens veulent, enfin, en finir avec les pénuries dans un pays d’abondance.

(1) «Approvisionnement en eau des ménages de Conakry», Afrique contemporaine 2007/1, n° 221.

Rosa Moussaoui

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Du port de Conakry aux réseaux hydrauliques et électriques : le MEDEF fait main basse sur la Guinée avec la complicité du président « démocrate » et « socialiste » Condé

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Du port de Conakry aux réseaux hydrauliques et électriques : le MEDEF fait main basse sur la Guinée avec la complicité du président « démocrate » et « socialiste » Condé

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le MEDEF français s'était frotté les mains de l'élection en novembre du 2010 d'Alpha Condé, à la tête de l’État guinéen. Après des décennies d'économie dirigée anti-colonialiste sous Sékou Touré et deux décennies d'une transition graduelle au capitalisme, mais avec des restes persistants du nationalisme guinéen, sous le régime corrompu de Lansana Conté, le patronat français y voyait l'ouverture d'une nouvelle ère pour le monde des affaires français.

Il faut dire que le président nouvellement élu a apporté des gages de son allégeance au système néo-colonial français. En mars dernier, Alpha Condé se rendait à Paris pour exhorter le gouvernement et le patronat français à investir massivement en Guinée.

Premier cadeau au patronat français, l'octroi en mars dans l'opacité la plus totale d'un marché colossal au groupe Bolloré, proche des présidents Sarkozy et Condé, celui du port à conteneurs de Conakry. Un contrat d'une valeur de 500 millions d'euros.

Le « démocrate » Condé ne s'est pas embarrassé de procédures légales pour écarter le bénéficiaire du précédent contrat, GETMA. Il a résilié unilatéralement par décret le contrat, issu d'un appel d'offres remporté par GETMA contre Bolloré, pour le remettre immédiatement entre les mains du groupe proche du président Sarkozy.

De forts soupçons de corruptions pèsent sur ce contrat. Bolloré est suspecté d'avoir financé la campagne de Condé et d'avoir ainsi obtenu en contre-partie le port de Conakry.

Ce qui est certain, c'est qu'une nouvelle ère s'ouvre bien pour le patronat français en Guinée.

Non pas que le nouveau président guinéen incarne la rupture politique avec les méthodes des dictateurs Lansana Condé et Moussa Camara – les ONG guinéennes ont récemment mis en garde contre des « dérives autoritaires » du pouvoir – mais bien parce qu'il achève la normalisation de la Guinée à l'échelle internationale, et son intégration pleine et entière dans le système mondial impérialiste.

Du 8 au 10 juin, c'est une délégation de plus de quarante chefs d'entreprises menée par le responsable de la division Afrique du MEDEF, Patrick Lucas, qui fut accueillie en grande pompe par le président Condé ainsi que par le premier ministre, le ministre de l'Industrie ou encore les dirigeants de la CPEG, le MEDEF local.

Parmi les grands groupes représentés : Alcatel-Lucent, Areva, Bouygues, Colas, EDF, Oberthur, Sanofi, la Société générale.

Sous le mot d'ordre officiel rabâché par le gouvernement guinéen et le patronat français d'un « partenariat gagnant-gagnant », il s'agissait pour ces grandes entreprises de faire main basse sur un marché total estimé à plus de 800 milliards de dollars.

Le gouvernement guinéen a tenu à rassurer les investisseurs français. Fini le temps de l'interventionnisme économique et du nationalisme étroit. Le président Condé a ainsi pu rappeler l'échec de la gestion étatique de l'économie, notamment dans l'eau et l'électricité, et regretter le départ dans les années 1990 d'EDF et de Saur de ces deux marchés juteux.

Pendant deux jours, les dirigeants patronaux français ont reçu l'assurance du développement d'un cadre favorable aux investisseurs : cadre juridique favorable aux entreprises, exonérations fiscales, création d'une agence pour la promotion de l'investissement privé, constitution de partenariats publics-privé et surtout privé-privé entre investisseurs étrangers et entreprises privatisées.

Le patronat français s'est déclaré ravi de ses déclarations d'intention. Le chef de la délégation du MEDEF, Patrick Lucas, a ainsi pu annoncer que : « Nous sommes particulièrement heureux de voir le secteur privé guinéen associé, le MEDEF plaide pour l’émergence de patronats locaux forts, unis et qui peuvent aider le développement économique du pays. Nous considérons que le retour à la stabilité politique, que l’achèvement d’une transition politique en cours est une condition qui est essentielle pour le développement et le progrès économique de votre pays ».

Si tous les entrepreneurs français présents ont affiché leur volonté d'investir dans les prochains mois en Guinée, la plupart attendent les élections législatives de novembre 2011 et le maintien de la « stabilité politique », entendre un climat favorable aux affaires avec la victoire du parti de Condé.

Entre-temps, plusieurs contrats importants ont déjà été signés, notamment dans le domaine de l'électricité (EDF), de l'eau (SAUR) et du traitement des déchets (UCO).

Il est presque superflu de rappeler que le parti du président Alpha Condé, opposant déjà du dirigeant nationaliste Sékou Touré, est membre de l'Internationale socialiste, tout comme l'étaient les partis uniques de Ben Ali ou Moubarak.

Nous, communistes français, nous insurgeons contre cette main basse sur la Guinée, cette politique de pillage du pays orchestrée par un système néo-colonialiste et impérialiste, avec la complicité de la bourgeoisie compradore locale, « socialiste » de façade.

Avec tous ses défauts et ses dérives ultérieures, la Guinée de Sékou Touré avait eu le courage de dire « Non » au système néo-colonial français émergeant. Aujourd’hui, le patronat français signe sa revanche, faisant fi des méthodes démocratiques proclamées officiellement.

Plus que jamais, le peuple Guinéen et les peuples africains ont besoin d'organisations révolutionnaires – portant haut le drapeau de l'indépendance nationale et du socialisme, de la lutte contre le colonialisme et l'impérialisme – de partis communistes ! 

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Sep 2011 à 00:56

Lourd climat de défiance à Conakry

L’opposition conteste la date choisie pour les élections. Elle est empêchée de manifester.

Alors que la Guinée est engagée dans une délicate transition démocratique, le pays est depuis plusieurs jours le théâtre d’un nouveau bras de fer entre le président Alpha Condé et l’opposition, qui conteste la fixation de la date des législatives au 29 décembre. Le calendrier de la transition prévoyant la tenue de ces élections six mois au plus tard après l’investiture du président, le 21 décembre 2010, le choix de cette date est jugé «unilatéral» par les opposants.

Hier matin, les forces de l’ordre ont empêché la tenue d’une manifestation à laquelle appelaient, entre autres, Cellou Dalein Diallo et Sydia Touré, candidats malheureux à la présidentielle, tous deux anciens premiers ministres sous la dictature militaire de Lansana Conté. Plusieurs dizaines de véhicules de police et de gendarmerie ont bouclé tous les accès au stade du 28-Septembre, lieu de sinistre mémoire où la junte militaire du capitaine Moussa Dadis Camara s’était livrée, le 28 septembre 2009, à un véritable massacre. Dans les rues de Conakry désertées, des échauffourées ont éclaté entre des jeunes et des policiers, qui ont procédé à des arrestations.

Dimanche, Alpha Condé, accusé par l’opposition de gouverner sans concertation et de céder à des «dérives autoritaires», avait appelé à «une relance immédiate du dialogue politique». Sans succès : la rencontre, lundi, entre le premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, et les représentants de l’opposition n’a pas permis d’apaiser les tensions. Un lourd climat de défiance assombrit toujours la transition guinéenne.

Rosa Moussaoui

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Oct 2011 à 00:36

Le président guinéen appelle au dialogue

Alpha Condé promet une concertation avec l’opposition sur les législatives, après les émeutes de la semaine dernière à Conakry.

«À tous les partis politiques et à leurs partisans, je renouvelle mon offre de pourparlers. Aucun obstacle n’est insurmontable, aucune divergence ne peut résister à notre engagement commun au respect des libertés et de la loi.» Samedi, dans un discours prononcé à l’occasion du 53e anniversaire de l’indépendance, le président guinéen Alpha Condé a joué la carte de la main tendue à l’opposition, après les violents affrontements du 27 septembre à Conakry.

Alors que l’opposition entendait protester contre la date et les conditions d’organisation des élections législatives, prévues le 29 décembre, sa marche avait été interdite. D’où les violences qui ont fait au moins deux morts et une quarantaine de blessés. à la suite à ces événements, 322 personnes ont été arrêtées. Trois opposants ont été condamnés à six mois de prison ferme et sept à la même peine avec sursis.

Depuis, «la situation demeure extrêmement tendue, avec une accentuation des clivages communautaires», témoigne Aziz Diop, du Conseil national des organisations de la société civile (Cnosc). «Sur tous les points d’achoppement, date du scrutin, organisation, fichier électoral, des compromis sont à portée de main. Mais les enjeux politiciens prévalent. L’opposition, qui a jusqu’ici décliné toutes les offres de dialogue, ne joue pas le jeu, assure-t-il. En réalité, de nombreux partis ne sont pas prêts à aller aux élections dans les délais, faute de cadres et de financements suffisants».

L’opposition, avec à sa tête l’UFDG du candidat malheureux à l’élection présidentielle, Cellou Dalein Diallo, dénonce de son côté «un climat de terreur, initié et entretenu par le gouvernement» et «invite la communauté africaine et internationale à agir vite pour éviter un conflit majeur de nature ethnique en Guinée».

Rosa Moussaoui

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Dec 2011 à 01:55

Banalisation de la torture en Guinée

L’Acat publie un rapport sur le phénomène tortionnaire avant les élections législatives.

Un an après l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé, saluée comme une avancée démocratique en Afrique, et à quelques semaines des élections législatives du 29 décembre, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) publie un rapport sur le phénomène tortionnaire en Guinée entre 2010 et 2011.

Rien ne semble avoir changé avec les régimes précédents. « La torture reste une pratique courante en Guinée, voire ordinaire à l’encontre des personnes arrêtées pour des crimes graves (grand banditisme, vol à main armé, coupeur de routes, assassinat, trafic de stupéfiants), afin de les faire avouer », indique l’Acat. L’association passe en revue différentes méthodes utilisées, comme la position de la « brochette » ou à « la chinoise », des techniques de ligotage particulièrement éprouvantes. Toutes les personnes rencontrées par l’Acat au cours de cette mission présentaient des traces de liens autour des membres.

« Il existe une salle de torture dans le camp de la gendarmerie avec des objets sur une table en bois. Chaque jour j’y étais torturé (...). J’ai été frappé au visage à coups de crosse de fusil », détaille un détenu accusé de meurtre. Malgré les promesses du nouveau pouvoir, la justice est toujours défaillante.

L’impunité règne. « Aucune des personnes mises en cause pour des faits de torture ou des mauvais traitements n’a jusqu’à présent été sanctionnée, ni poursuivie devant la justice, alors que beaucoup d’entre elles sont notoirement connues », déplore l’Acat.

Damien Roustel

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Dec 2011 à 22:15

Guinée, un an après. Un réveil difficile après une trop longue dictature

L’État de droit est une idée neuve en Guinée après quarante-sept ans de régimes autocratiques. À Conakry, suite à la victoire d’Alpha Condé à la présidentielle de 2010, les impatiences s’aiguisent d’autant que les législatives se font attendre.

Correspondance. Comment succéder au sanglant Sékou Touré, au désespérant général Lansana Conté, au lunatique capitaine Dadis Camara ? Tous ont mal gouverné et mal fini, mis à mal la démocratie, enfoncé le pays au dernier rang de l’Afrique de l’Ouest. « Il faudrait tout faire, et en même temps ! » : ce constat d’impuissance relative est bien partagé, du citoyen de base jusqu’aux actuels dirigeants. Les routes – encore en latérite une fois sorti de la capitale –, l’assainissement, les contrats miniers, les médias d’État, Internet, l’armée, les hôpitaux… Et plus grave peut-être que cet inventaire à la Prévert, la violence ou la réconciliation restent des choix difficiles, tant l’histoire semble encore hésiter.

La commission provisoire de réconciliation a été confiée à l’archevêque et au grand imam de la capitale, qui consultent tout en organisant des prières de masse, comme récemment au Fouta-Djalon, tant la réconciliation des cœurs et des esprits semble un préalable. Les témoignages poignants se multiplient sur les neuf crises sanglantes depuis l’indépendance : chaque famille a été touchée.

Révéler toutes les exactions, demander justice et réparation, ou encore choisir entre pardon et oubli ? Y aura-t-il, interroge Alpha Condé, une « voie guinéenne vers la réconciliation », contrairement aux diktats des organisations des droits de l’homme qui, au-delà de « leur » modèle de sortie de crise, semblent procéder d’une gouvernance mondialisée des pays en postconflit ? Que faire d’ailleurs quand les « victimes ont parfois été des bourreaux » ?

D’autres s’inquiètent à l’idée de réveiller les tensions, comme le vieux sage Naby Youla, ex-ministre et ancien ambassadeur, qui, à quatre-vingt-seize ans, est un peu la mémoire des pouvoirs dictatoriaux et des luttes incertaines.

Quant à l’opposition, qui compte bien se rattraper aux prochaines législatives (à la date repoussée et encore inconnue), son classique « ministère de la parole » adopte parfois un vocabulaire d’une grande violence symbolique. C’est le cas de Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques (UFDG) et implicite porte-parole du groupe Peuls qui, dans un entretien à l’Humanité, ne mâche pas ses mots. Florilège : déçu d’un pouvoir qui, selon lui, « n’a pas su réconcilier les Guinéens », et qui, pire, n’a pratiquement promu « que des gens de son ethnie » (les Malinkés sont le groupe d’origine du président Alpha Condé), il dénonce un gouvernement par décrets qui ne respecte pas toujours les droits de l’homme ; cette « tribalisation », selon lui, de la vie politique a culminé pendant la campagne présidentielle dans la « chasse aux Peuls », forcés ainsi de quitter la haute Guinée.

L’ancien allié du président Condé, Lansana Kouyaté, qui a été un premier ministre de transition, imposé par les luttes sociales, joue plutôt le rôle d’une opposition si modérée qu’elle semble se poser en renfort potentiel. Kouyaté, fort de ses capacités reconnues d’économiste, se fait fort de réorganiser la production et de réduire l’énorme dette extérieure ; il miserait sur l’éducation à long terme, de sorte que « l’ethnie s’efface face à la raison ».

Rappelons que, en juillet dernier, une attaque à la roquette et à l’arme lourde du palais présidentiel, attentat ou coup d’État repoussé de justesse dans lequel une faction de l’armée et de l’opposition semble avoir été impliquée – elle a donné lieu à un inquiétante attaque du Quai d’Orsay et d’une certaine presse française – rappelle bien trop la déstabilisation médiatique de la Côte d’Ivoire pour relever uniquement du hasard ! La multiplication des bailleurs (notamment le rôle de la Chine), la renégociation des contrats miniers pourraient y être pour quelque chose… L’épisode a été aussi l’occasion de rappeler le difficile retour aux casernes de militaires tout-puissants depuis cinq décennies.

Il est indéniable, pour un voyageur de retour à Conakry, que la capitale est en pleine transformation : l’immense chantier de l’Échangeur remplace dans la réalité le souvenir abominable du « pont des pendus » du terrible Sékou Touré ; les dessertes aériennes se multiplient, tandis que – symptôme encourageant – une dizaine de grands hôtels sont en chantier pour répondre au logement d’hommes d’affaires qui affluent de toute la planète, nullement découragés par la refonte du Code minier. Après les fourches caudines du FMI pour alléger la dette, l’intégration des programmes d’aides américains et européens démontre « l’attractivité » du pays pour les investisseurs.

Mais pour la population, le plus important n’est-il pas la difficulté permanente du quotidien, souligné par une presse privée parfois d’une liberté féroce, à l’instar du Lynx, ce « canard » guinéen ? Dans un numéro récent, l’hebdomadaire confronte le pouvoir à ses promesses, et à la réalité : le prix du riz est passé, en un an, de 200 000 francs guinéens à 270 000, si ce n’est plus, pour un sac de 50 kilos. C’est dire que la croissance de 4 % par an ne profite guère encore au petit peuple. Tous pourraient reprendre cette phrase désabusée d’Alpha Condé, opposant historique de soixante-douze ans, découvrant l’ampleur de la tâche : « J’ai hérité d’un pays, non d’un État ! »

À ce jour anniversaire de sa prise de pouvoir effective (21 décembre 2010), Alpha Condé tente de faire oublier les difficultés du quotidien en mettant en valeur son bilan. La population pourra-t-elle attendre les bénéfices de l’ouverture au monde qui manquait tant à la Guinée ? Un tournant social du régime, à négocier avec ses bailleurs, paraît d’autant plus probable que les législatives supposent des alliances élargies et un réenracinement du régime.

Michel Galy, politologue

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